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Arrêté du Gouvernement de la Communauté française fixant le plan communautaire opérationnel de promotion de la santé au sein de la Communauté français

En bref

Cet arrêté fixe le plan communautaire opérationnel de promotion de la santé pour les années 2008-2009 au sein de la Communauté française. Il met à jour un plan précédent et définit les priorités d'action en matière de santé publique.

Ce qu'il réglemente

Qui il concerne

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📄 Texte de loi
MINISTERE DE LA COMMUNAUTE FRANÇAISE 13 JUIN 2008. - Arrêté du Gouvernement de la Communauté française fixant le plan communautaire opérationnel de promotion de la santé au sein de la Communauté française pour les années 2008-2009 Le Gouvernement de la Communauté française, Vu le décret du 14 juillet 1997 portant organisation de la promotion de la santé en Communauté française, tel que modifié, et notamment l'article 2, § 2; Vu l'arrêté du Gouvernement de la Communauté française du 17 juillet 1997 fixant la date d'entrée en vigueur du décret du 14 juillet 1997 portant organisation de la promotion de la santé en Communauté française, et certaines mesures de son exécution, tel que modifié ultérieurement; Vu l'arrêté du Gouvernement de la Communauté française du 30 avril 2004 approuvant le programme quinquennal de promotion de la santé 2004-2008; Vu l'arrêté du Gouvernement de la Communauté française du 20 octobre 2005 fixant le plan communautaire opérationnel de promotion de la santé pour 2005-2006 au sein de la Communauté française; Vu l'avis du Conseil supérieur de promotion de la santé rendu le 15 février 2008; Vu l'avis de l'Inspection des Finances donné le 30 mai 2008; Vu l'accord du Ministre du Budget donné le 13 juin 2008; Sur proposition de la Ministre de l'Enfance, de l'Aide à la Jeunesse et de la Santé; Vu la délibération du Gouvernement de la Communauté française en date du 13 juin 2008, Arrête : Article 1er.Le Gouvernement arrête le plan communautaire opérationnel de promotion de la santé pour les années 2008-2009, repris en annexe. Art. 2.L'arrêté du Gouvernement de la Communauté française du 20 octobre 2005 fixant le plan communautaire opérationnel de promotion de la santé pour 2005-2006 au sein de la Communauté française est abrogé. Art. 3.La Ministre ayant la Santé dans ses attributions est chargée de l'exécution du présent arrêté. Art. 4.Le présent arrêté produit ses effets au 1er janvier 2008. Bruxelles, le 13 juin 2008. Par le Gouvernement de la Communauté française : La Ministre de l'Enfance, de l'Aide à la Jeunesse et de la Santé, Mme C. FONCK Annexe Plan communautaire opérationnel de Promotion de la Santé pour les années 2008-2009 Sommaire 1. Approche globale 1.1. Introduction - Pourquoi un Plan communautaire opérationnel ? 1.2. Finalité de santé communautaire 1.3. Structures et acteurs en Promotion de la santé, y compris en médecine préventive 1.3.1. Les organes consultatifs en Promotion de la santé, y compris en médecine préventive 1.3.2. La Direction générale de la santé 1.3.3. Les structures et acteurs en promotion de la santé, y compris en médecine préventive a) Les services agréés b) Les associations et institutions publiques et privées subventionnées 1.4. Principes d'actions (pour rappel) 1.5. Milieux de vie 1.6. Moyens 2. Développement par problématique 2.1. La prévention des cancers 2.1.1. Dépistage du cancer du sein a) Bilan b) Perspectives 2.1.2. Dépistage du cancer colorectal a) Perspectives 2.2. Programme de vaccination a) Introduction b) Eléments du bilan du PCO précédent c) Objectifs du PCO d) Orientations proposées et axes d'actions 2.3. Prévention du SIDA et des IST - Education à la vie relationnelle, affective et sexuelle (EVRAS) 2.3.1. La prévention du SIDA et des autres IST a) Problématique et contexte b) Eléments de bilan du PCO précédent c) Objectifs du nouveau PCO d) Orientations proposées et axes d'action 2.3.2. Education à la vie relationnelle, affective et sexuelle (EVRAS) a) Introduction b) Bilan du précédent PCO c) Objectifs du nouveau PCO - orientations proposées et axes d'actions 2.4. Lutte contre la tuberculose a) Bilan b) Objectifs du nouveau PCO c) Orientations proposées et axes d'action 2.5. Prévention des traumatismes et promotion de la sécurité a) Contexte b) Bilan c) Objectifs Axes de travail à poursuivre Priorités de publics et de santé d) Perspectives 2.6. Promotion de la santé cardiovasculaire 2.6.1. Volet Promotion et dépistage a) Bilan b) Perspectives 2.6.2. Plan de promotion des attitudes saines en termes d'alimentation et d'exercice physique chez les jeunes a) Bilan b) Perspectives 2.7. Stratégie en matière de santé environnementale a) Contexte b) Perspectives 2.8. Dépistage néonatal de la surdité Schéma de l'organisation du dépistage Création d'un Centre de référence 2.9. Dépistage des anomalies congénitales Finalité du programme Objectif du programme Fonctionnement du programme 2.10. Prévention des assuétudes a) Cadre général : la prévention des assuétudes dans une approche de promotion de la santé b) Populations cibles c) Les stratégies d) Actions dans les milieux de vie e) La réduction des risques f) Le Sous-point focal g) Le plan national Alcool 3.Evaluation a) Les données de la Direction Générale de la Santé b) L'Enquête de santé par interview (HIS - Health Interview Survey) c) Les données SIPES (HBSC) d) L'enquête ESPAD e) La banque de données médico-sociales de l'ONE f) Les registres et les autres bases de données g) La collecte des données sanitaires par les PSE h) Les données collectées par Eurotox i) Les données des Observatoires de la Santé j) Le réseau des médecins vigies Perspectives Glossaire - liste des principales abréviations 1.Approche globale 1.1. Introduction - Pourquoi un Plan communautaire opérationnel ? Le Plan communautaire opérationnel (PCO) a pour base légale le décret du 17 juillet 2003 modifiant le décret du 14 juillet 1997 portant organisation de la promotion de la santé en Communauté française. Le programme quinquennal de promotion de la santé 2004-2008 (1) définit des problématiques de santé prioritaires. Le programme quinquennal définit 10 problématiques de santé prioritaires. 1. La prévention des assuétudes 2.La prévention des cancers 3. La prévention des maladies infectieuses - la promotion de la vaccination - la prévention du SIDA et des MST - la lutte contre la tuberculose 4.La prévention des traumatismes et la promotion de la sécurité 5. La promotion de l'activité physique 6.La promotion de la santé bucco-dentaire 7. La promotion de la santé cardiovasculaire 8.La promotion du bien-être et de la santé mentale 9. La promotion de la santé de la petite enfance 10.La promotion d'un environnement sain Le Gouvernement de la Communauté française a approuvé le PCO le 20 octobre 2005. Le présent document constitue une mise à jour de ce PCO. Dans le cadre de la politique définie en Communauté française et compte tenu des moyens limités dont elle dispose, la Ministre en charge de la santé a proposé au Gouvernement de la Communauté française de choisir des axes prioritaires au sein de ces thématiques. Ces choix sont essentiellement fondés sur l'incidence, la prévalence des problèmes de santé et leur vulnérabilité. Dans le cadre du présent PCO, les priorités seront définies comme suit : - prévention des cancers - programme de vaccination - prévention du SIDA et des IST - Education à la vie relationnelle, affective et sexuelle (EVRAS) - lutte contre la tuberculose - prévention des traumatismes et promotion de la sécurité - promotion de la santé cardiovasculaire - stratégie en matière de santé environnementale - dépistage néonatal de la surdité - dépistage des maladies congénitales - prévention des assuétudes Par ailleurs, plusieurs des problématiques prioritaires du Programme quinquennal 2004-2008 sont transversales et se retrouvent induites dans les thématiques priorisées par le pouvoir politique. C'est le cas de « la promotion de l'activité physique » qui joue un rôle dans « la promotion de la santé cardiovasculaire », de « la promotion du bien-être et de la santé mentale » et de « la promotion d'un environnement sain » qui sont des conditions au développement de l'état de santé des individus et donc aussi à l'instauration de programmes de prévention plus thématiques. La promotion de la santé de la petite enfance, outre les mesures particulières dans le PCO, est également induite dans les différents thèmes abordés puisque les enfants constituent un des publics cibles en promotion de la santé. L'ONE, Organisme de référence en Communauté française pour toutes les questions relatives à l'enfance et aux politiques de l'enfance sans préjudice d'autres dispositions légales et règlementaires, développe de nombreuses actions de promotion de la santé à l'intention des futures mères et futurs parents, des nouveau-nés et des jeunes enfants et de leurs parents. L'Office de la Naissance et de l'Enfance a pour missions de service public : - l'accompagnement médico-social de l'enfant et de la future mère, dans et en relation avec son milieu familial et son environnement social. - l'accueil de l'enfant en dehors du milieu familial. Dans ce cadre, l'ONE met notamment en oeuvre les missions transversales suivantes : le soutien à la parentalité et la promotion de la santé. Les orientations et les modalités selon lesquelles l'ONE exerce ses missions ainsi que les moyens qui sont mis à sa disposition sont définis dans un contrat de gestion établi avec le Gouvernement de la Communauté Française. Ce PCO s'inscrit dans la poursuite du précédent PCO 2005-2007. Par ailleurs, la négociation du nouveau programme quinquennal de promotion de la santé devra aboutir en 2008 et sera l'occasion d'une nouvelle réflexion sur ces priorités et sur les modalités d'intervention spécifiques à la Communauté française. 1.2. Finalité de santé communautaire Le PCO détermine des objectifs opérationnels (2) pour des problématiques de santé prioritaires (3) avec pour finalité d'améliorer la qualité de vie et la santé des personnes : ? en agissant sur les déterminants de la santé (4) et en initiant un processus de santé communautaire. Les déterminants se situent dans 4 catégories : - modes de vie : développement de compétences psychosociales (information, formation, participation communautaire, concertation, développement des relais promotion santé, réorientation des services, ); - facteurs biologiques : développement du système de protection (vaccination,); - état de santé (système de soins) : dépistage (cancer, tuberculose, risques cardiovasculaires, HIV,); - environnement physique ou social (qui inclut les environnements administratif et institutionnel : développement de réseaux d'intervenants/ de soutien,; mais également l'offre alimentaire, la pollution intérieure, l'accessibilité aux infrastructures sportives, ) ? en s'appuyant sur les structures et acteurs (intervenants directs ou partenaires) existants (démarche intersectorielle); ? en veillant à réduire les inégalités devant la santé et en s'appuyant sur les stratégies de promotion de la santé (5) : - la participation communautaire; - l'action sur le milieu de vie; - le développement des aptitudes personnelles et sociales; - la réorientation des services; - la concertation et l'action intersectorielles; - l'information et la formation continue. La réduction des inégalités devant la santé. De multiples études montrent que les personnes défavorisées (difficultés économiques, psychosociales, ) sont davantage confrontées à la maladie que d'autres. Mises à part quelques très rares exceptions, les gradients sociaux de santé se retrouvent pour chaque problématique de santé, et sont visibles tant en termes de mortalité (dont par exemple l'espérance de vie) que de morbidité (santé physique mais aussi santé mentale et bien-être). Le rapport de la Fondation Roi Baudouin publié en 2007 nous montre à quel point cette problématique reste d'actualité. Pour comprendre l'impact négatif de la précarité socio-économique sur la santé, il est nécessaire de mieux cerner les conditions et situations de vie des personnes défavorisées. Elles sont souvent confrontées à de multiples difficultés (insalubrité des logements, pouvoir d'achat réduit, surendettement, problème d'insertion professionnelle, difficultés pour se chauffer, etc.) qui les amènent à vivre, voire à survivre, au jour le jour. Centrées sur les tracas du présent et les besoins de première nécessité, elles n'arrivent pas à se projeter positivement dans l'avenir, à penser à préserver leur capital santé ou tout simplement à être réceptives aux messages d'information en promotion de la santé. Confinées en marge de la société, elles accèdent moins aisément aux services de santé et de soins ainsi qu'à l'information et développent plus volontiers un mal-être (mauvaise estime de soi, déficit de confiance en soi, anxiété majeure quant à l'avenir de leurs enfants, etc.). Il convient, dès lors, que les programmes de promotion de la santé tiennent compte des publics vulnérables. Outre ses interventions, le secteur de la promotion de la santé doit pouvoir également rendre compte de la relation entre les problèmes de santé et les situations vécues par certaines populations (problèmes socio-économiques, disqualifications sociales, discriminations sociales, culturelles, de genre, d'orientation sexuelle, privation de libertés, ) qui participent à la détérioration de leur santé. Ces constats doivent aider l'ensemble des pouvoirs publics à prendre les décisions adéquates qui s'imposent. 1.3. Structures et acteurs en Promotion de la santé, y compris en médecine préventive La Communauté française a fait le choix de soutenir des programmes/projets visant au développement de la promotion de la santé et de ses 5 stratégies (Charte d'Ottawa). Ces projets et programmes sont développés par différents types de structures et d'acteurs : services agréés en promotion de la santé y compris en médecine préventive, associations et institutions publiques et privées. Par ailleurs, un grand nombre d'acteurs issus de secteurs très diversifiés (associations, communes, provinces,) agissent en promotion de la santé sans pour autant être financés par la Communauté française. Cette diversité et cette multiplicité témoignent de la transversalité et de la multisectorialité des interventions en promotion de la santé. La Communauté française s'est dotée aussi d'organes consultatifs lui permettant de développer sa politique de santé. 1.3.1. Les organes consultatifs en Promotion de la santé, y compris en médecine préventive a) Conseil supérieur de promotion de la santé (CSPS) b) Commissions issues du CSPS : ? Commission d'avis « programmes d'action et de recherche en promotion de la santé ? Commission « campagnes radiodiffusées » ? Commission épidémiologie c) Commission d'avis des projets locaux d) Commission de promotion de la santé à l'école e) Commission de promotion de la santé dans la pratique du sport 1.3.2. La Direction générale de la santé L'administration, par ses activités, assure un suivi de l'ensemble des actions mises en place par les acteurs de terrain en veillant au respect de la législation (et des priorités politiques) dans un souci de cohérence de l'ensemble du secteur de promotion de la santé, en ce inclus les programmes de médecine préventive. La Direction générale de la santé (DGS) assure également le suivi et le contrôle administratif et budgétaire des services PSE. Enfin, la DGS santé assure une fonction importante de surveillance de la santé. La Direction générale de la santé anime un site Internet en vue de mettre en évidence les politiques menées et de relayer, auprès des acteurs relais, professionnels de la santé et grand public, les activités des différents secteurs santé de la Communauté française (www.sante.cfwb.be). 1.3.3. Les structures et acteurs en promotion de la santé, y compris en médecine préventive a) Les services agréés ? Les Centres locaux de promotion de la santé (CLPS) Les missions des CLPS sont fixées par le décret du 14 juillet 1997 portant organisation de la promotion de la santé en Communauté française, modifié par le décret du 17 juillet 2003 : 1.élaborer un programme d'actions coordonnées pluriannuel, décliné en objectifs annuels; ce programme est soumis à l'avis du Conseil supérieur de promotion de la santé et à l'approbation du Gouvernement; 2. coordonner l'exécution de ce programme d'actions au niveau des organismes ou personnes qui assurent les relais avec la population ou les publics-cibles, sans distinction de tendances philosophique, politique ou religieuse, et en tenant compte des spécificités du plan communautaire opérationnel;3. apporter une aide méthodologique aux organismes ou personnes qui développent des actions de terrain dans le domaine de la Promotion de la santé, y compris la médecine préventive, et de mettre à leur disposition les ressources disponibles en matière de promotion de la santé et de prévention, notamment en documentation, formation, outils d'information et expertise;4. initier au niveau de leur ressort territorial des dynamiques qui encouragent le développement de partenariats, l'intersectorialité et la participation communautaire, et qui permettent de définir des priorités d'actions spécifiques pour les politiques locales de santé, en particulier par la réalisation des Conférences locales de promotion de la santé. Ces missions mettent les CLPS dans une position centrale pour favoriser l'émergence des actions locales et les accompagner. Leur connaissance du terrain leur permet d'établir des liens entres acteurs, mais aussi entre les acteurs, le programme quinquennal et le plan opérationnel communautaire. Ils sont : - une ressource pour les acteurs de terrain (aide méthodologique, documentation, partenariats, contacts avec d'autres relais, création de réseaux intersectoriels,); - un acteur d'observation, d'analyse et de relais des réalités locales auprès des décideurs politiques locaux, provinciaux, régionaux, communautaires, fédéraux, afin que ces réalités puissent être prises en compte dans les choix politiques; - des acteurs de promotion de la santé par une analyse de la situation locale et la mise en place d'un programme pluriannuel d'actions coordonnées; - des promoteurs d'initiatives telles que les conférences locales; - un soutien à l'élaboration de différents projets de niveau local ou communautaire de promotion de la santé en tant que partenaires. Dans le cadre de ce programme opérationnel 2007-2008, l'action des CLPS sera orientée vers les priorités suivantes : - accompagnement des équipes PSE dans l'élaboration et la mise en oeuvre de leur projet de service Au cours de ces deux dernières années, l'accompagnement des services PSE a constitué une priorité majeure pour les CLPS en termes de concertation et d'accompagnement à l'élaboration du projet de service. Pour les CLPS, il s'agit, durant les deux années à venir, d'aider les services PSE à mettre en oeuvre ces projets de service (concertation, accompagnement, mise à disposition d'outils méthodologiques et pédagogiques, ); - concertation InterCLPS La concertation InterCLPS permet une meilleure représentation des CLPS dans les différentes commissions et groupes de travail. Ce travail de concertation sera poursuivi et renforcé durant les années à venir; - conférences locales Ces conférences locales, initiées en 2002, sont aujourd'hui inscrites dans les missions des CLPS et se sont progressivement muées en un processus continu de dynamiques encourageant le développement des partenariats et favorisant la concertation sectorielle et intersectorielle; - Points d'appui assuétudes Des Points d'appui « assuétudes » ont été mis en place, dans chaque CLPS, au cours de l'année 2007. Ils ont pour vocation de renforcer et de faciliter l'interface entre les acteurs de la communauté scolaire et les acteurs « assuétudes » sur un territoire donné. ? Les Services communautaires de promotion de la santé (SCPS) Ce sont des organismes agréés qui ont pour mission d'apporter une assistance logistique et méthodologique permanente en matière de formation, de documentation, de communication, de participation, de recherche ou d'évaluation, au Conseil supérieur de promotion de la santé, à l'administration, aux Centres locaux de promotion de la santé, au système d'informations sanitaires et aux organismes ou personnes qui développent des actions de terrain dans le domaine de la Promotion de la santé, y compris la médecine préventive (6). Ils sont au nombre de 4. Leurs missions sont schématiquement résumées ci-dessous : - UCL-RESO : documentation, recherche, formation; - SIPES-ULB : appui méthodologique à la collecte, l'utilisation et la diffusion de données en promotion de la santé; - APES-ULg : méthodes d'intervention et d'évaluation en promotion de la santé et plus particulièrement pour la promotion de la santé à l'école; - Question Santé asbl : méthodes de communication en promotion de la santé. De par leurs missions, leur composition, leur insertion dans le paysage institutionnel et stratégique, les SCPS fournissent des ressources scientifiques, méthodologiques et techniques pour la construction et la régulation des politiques de promotion de la santé. Ces ressources peuvent être situées sur plusieurs plans : - elles sont scientifiques, notamment en matière de collecte, de consultation, de synthèse et d'interprétation de la littérature scientifique et des ouvrages de référence sur les stratégies et méthodes efficaces et pertinentes en promotion de la santé, médecine préventive et communication; - elles sont méthodologiques : il s'agit de définir, sur la base d'une analyse large des expériences et pratiques reflétées par les scientifiques et les professionnels de diverses contrées et de divers secteurs d'activités, les démarches et outils les plus adaptés à un contexte et à un objectif particulier; - elles sont techniques : il s'agit de savoir-faire fondé sur la compétence et l'expérience dans les domaines spécifiques à chaque SCPS : communication, évaluation, documentation (bases de données, dossiers techniques, recueils documentaires, ), collecte et diffusion de données socio-sanitaires. Les SCPS doivent être considérés comme des ressources prioritairement au service des structures et organismes développant des programmes en promotion de la santé et médecine préventive à l'échelon de l'ensemble de la Communauté française, d'une partie de celle-ci incluant plusieurs zones CLPS, des CLPS eux-mêmes. En effet l'organisation des interventions sur le territoire de la Communauté française pose des problèmes spécifiques qui ne peuvent être résolus par la juxtaposition des interventions locales. ? Les services de Promotion de la Santé à l'Ecole (PSE) Depuis la promulgation des deux décrets qui régissent la promotion de santé à l'école, le champ d'intervention des Services PSE/ Centres PMS se situe dans le cadre de la promotion de la santé. Les Services/Centres poursuivent la réalisation des bilans de santé, prennent les mesures qui s'imposent en cas de survenue de maladies transmissibles, invitent les parents à régulariser la situation vaccinale de leur enfant en leur proposant, le cas échéant, de procéder avec leur accord aux vaccinations telles que recommandées par Provac. Ils enregistrent des données socio-sanitaires strictement standardisées selon un échéancier déterminé. Ils contribuent à la promotion d'un environnement scolaire favorable à la santé et organisent des points santé dans l'enseignement supérieur non universitaire. La notion de projet de santé au sein de chaque établissement scolaire ayant été abandonnée pour des raisons de faisabilité, les Services/Centres ont développé un ou plusieurs projets de service reprenant les priorités que chaque Service/Centre s'assigne en matière de promotion de la santé dans la réalisation des missions décrétales. Si certains projets abordent spécifiquement des problématiques thématiques, d'autres privilégient une approche populationnelle ou des stratégies précises. Les objectifs prioritaires du secteur (Services/Centres, Commission de promotion de la santé à l'école) sont pour les prochaines années : a) Poursuivre l'opérationnalisation des deux décrets qui réglementent la promotion de la santé à l'école dans ses multiples composantes.A titre indicatif : - élaboration de l'anamnèse spécifique - élaboration d'un arrêté relatif à la promotion d'un environnement favorable à la santé prenant en compte tant le bien-être des élèves/étudiants que les aspects de sécurité, salubrité et hygiène - révision de l'arrêté relatif aux maladies transmissibles - poursuite de la standardisation et de l'harmonisation des pratiques - réflexion relative à d'éventuelles normes de personnel et au statut du médecin scolaire - actualisation des propositions de vaccination - adaptation de l'enregistrement des données socio-sanitaires aux classes d'âge plus élevé La plupart des objectifs mentionnés ci-dessus seront pris en considération au sein de la Commission de promotion de la santé à l'école. b) Mettre en oeuvre d'une procédure visant à l'auto-évaluation des divers aspects décrétaux.Parmi les éléments à évaluer, on peut citer : - procédure mise en place pour la gestion des urgences sanitaires - procédure d'enregistrement des données socio-sanitaires - points santé - projet de service. c) Veiller à rendre utiles, utilisables et utilisées les données socio-sanitaires enregistrées par les Services/Centres.d) Intégrer harmonieusement dans leurs projets de service les éventuelles sollicitations émanant des divers programmes prioritaires promus par la Communauté française dans le cadre du PCO.e) Veiller à l'appropriation et à l'opérationnalisation du projet de service (en ce compris l'actualisation de la planification des objectifs et des stratégies prioritaires) notamment par le recours à la formation continue.f) Dans le cadre d'une approche globale de la santé, renforcer des stratégies concertées et des démarches partenariales, notamment avec les Centres PMS subventionnés, l'ONE, les plannings familiaux, les Points assuétudes.De même, optimiser les collaborations entre les directions d'établissement scolaire et leur administration de tutelle avec les équipes de santé scolaire et leur administration de tutelle. ? Le Centre de référence pour le dépistage du cancer du sein Ces associations et institutions publiques ont été mises en place dans le cadre du programme de dépistage du cancer du sein par mammographie (cf. point 2.1). b) Les associations et institutions publiques et privées subventionnées Les associations et institutions publiques et privées subventionnées pour des programmes d'action et/ou de recherche en promotion de la santé qui travaillent au niveau communautaire et local, couvrent divers champs d'actions tels que les services aux intervenants, l'expertise thématique, la mise à disposition de ressources, l'approche par milieu de vie, la spécialisation en démarche d'intervention, etc. Les programmes/projets ne ciblent pas toujours des problématiques « maladies » spécifiques mais visent plutôt à agir sur des déterminants de santé et sur les capacités des personnes et des groupes à faire des choix favorables à leur santé; ce qui est également important comme travail de prévention pour préserver la santé et éviter l'apparition de maladies. C'est au sein des organes consultatifs et des CLPS que la concertation entre les associations et institutions publiques et privées peut s'organiser. 1.4. Principes d'actions (pour rappel) Le programme quinquennal de promotion de la santé 2004-2008 détermine des principes d'action qui servent de base au plan communautaire opérationnel : a) adapter les stratégies pour faire face aux inégalités devant la santé;b) intégrer les stratégies de médecine préventive dans une approche de promotion de la santé;c) promouvoir la participation citoyenne, impliquer les populations concernées dans la conception, la réalisation et l'évaluation des actions qui les concernent;d) développer le travail en réseau et le partenariat intersectoriel;e) développer des procédures d'assurance de qualité;f) augmenter les compétences et les capacités d'action en promotion de la santé des relais et de la population par l'éducation permanente et la formation;g) articuler le champ de la promotion de la santé et les autres champs d'action politique. 1.5. Milieux de vie Les milieux de vie sont les lieux où les projets de promotion de la santé peuvent s'ancrer et d'où ils peuvent émerger. C'est en effet là que les acteurs et les publics entrent en contact et en interaction dans un environnement qui se prête bien à une stratégie de promotion de la santé (l'écoute des attentes et besoins, l'échange de messages adaptés, l'appropriation des ressources, le développement de compétences individuelles et sociales et d'une participation citoyenne,). C'est aussi cela qui nous permet d'agir sur l'environnement, sur le milieu de vie afin de faciliter les choix sains. Les milieux de vie sont également à mettre en lien direct avec la promotion d'un environnement sain. Les liens entre environnement et santé sont nombreux et il importe que l'on identifie les sources de problèmes éventuels afin d'y rendre attentifs les différents utilisateurs de ces milieux de vie et de prendre les mesures adéquates pour les pallier. L'action dans ces milieux de vie, à l'échelon local, permet d'appuyer également les programmes de médecine préventive organisés au niveau communautaire (par ex. le programme de dépistage du cancer du sein est décliné localement par des initiatives visant à une réflexion sur l'adaptation du message notamment). Ces milieux de vie décrits dans le programme quinquennal de promotion de la santé 2004-2008 sont étroitement associés aux acteurs et constituent la base d'action de ce PCO. 1.6. Moyens Certains principes sont communs à l'utilisation de l'ensemble des ressources : a) se baser sur les structures et acteurs existants et développer leurs compétences et parfois leurs moyens (en réponse à des besoins mis en évidence par une analyse de situation);b) collaborer avec les autres niveaux de pouvoir (sensibilisation, accords interministériels, partenariats,);c) combiner les ressources locales avec des dispositifs mis en place au niveau communautaire (notamment CLPS, SCPS, mandataires communaux,) afin de créer des synergies;d) encourager les partenariats publics-privés dans un cadre balisé. 2. Développement par problématique 2.1. La prévention des cancers Pour être efficace en termes de réduction de la mortalité, pour que les effets négatifs soient réduits au minimum et pour qu'il atteigne un maximum d'individus, le dépistage des cancers doit être « organisé » c'est-à-dire réalisé dans le cadre d'un « programme ». ? Cancer du sein : un programme a été mis en place. Il concerne les femmes de 50 à 69 ans. ? Cancer colorectal : la Ministre a soumis au Gouvernement une proposition d'organisation d'un dépistage « organisé » ? Cancer du col de l'utérus : des actions d'informations relatives tant à la vaccination qu'au dépistage seront organisées par le Gouvernement vis-à-vis des femmes et des médecins. De plus, dans le cadre de la mise en oeuvre du Plan National Cancer, une complémentarité et une cohérence avec le PCO seront recherchées. La Communauté française continuera à contribuer au financement du travail réalisé par le Registre du Cancer. 2.1.1. Dépistage du cancer du sein Le programme de dépistage du cancer du sein est né du protocole d'accord visant une collaboration entre l'Etat fédéral, les Communautés et les Régions en matière de dépistage de masse du cancer du sein par mammographie signé en octobre 2000. Les femmes de 50 à 69 ans reçoivent, tous les 2 ans, une invitation personnelle à se présenter dans une unité de mammographie agréée pour le programme. Le programme répond aux recommandations du Conseil de l'Union Européenne de décembre 2003 (2003/878/EC) ainsi qu'à celles du KCE (7). En Communauté française, la mammographie réalisée dans le cadre du programme s'appelle « mammotest ». Il a pour objectif d'identifier, parmi les femmes de 50 à 69 ans, celles qui présentent une anomalie radiologique. Dans ce cas, des examens complémentaires sont réalisés dans un 2ème temps. Ils ne devraient concerner que 5 à 7 % des femmes (8). a) Bilan Le programme de dépistage du cancer du sein a mis en oeuvre différentes actions en vue de rencontrer les objectifs fixés par le PCO : ? Points positifs : - le contrôle de qualité réalisé au niveau des installations de mammographie ainsi que le contrôle de la qualité des clichés ont permis d'améliorer considérablement la performance des examens mammographiques, y compris de ceux qui sont réalisés en dehors du programme - la double lecture des clichés a permis de détecter des cancers qui n'avaient pas été identifiés par le 1er radiologue : l'analyse des résultats du Programme indique que 11 % (9) des cancers ont été « récupérés » par la double lecture. - des indicateurs « intermédiaires » ont été définis afin de prédire l'efficacité du programme en termes de réduction de la mortalité liée au cancer du sein (10) : taux de détection, proportion des petits cancers sans envahissement ganglionnaire. L'analyse des résultats du Programme montre qu'ils sont conformes et même supérieurs aux recommandations européennes. - une concertation entre radiologues a permis de développer un outil afin d'harmoniser l'interprétation des clichés. Celui-ci a été largement diffusé. - une concertation entre radiologues, gynécologues et anatomo-pathologistes afin d'arriver à un consensus dans la mise au point des mammotests « positifs » est en voie de finalisation. - une collaboration s'est développée avec la Fondation du Registre du Cancer afin d'évaluer le programme. - toutes les femmes de la « population éligible » ont été invitées. ? Points négatifs : - l'objectif de participation n'est pas atteint. Cela s'explique en partie par le fait qu'avant le début du programme, 50 % des femmes de la « population-cible » bénéficiaient déjà de bilans sénologiques de dépistage. Ces femmes hésitent à entrer dans le programme, d'autant plus qu'elles ne sont généralement pas encouragées par les médecins quelle que soit leur spécialité. Ceux-ci ont des difficultés à accepter qu'une « simple » mammographie, réalisée dans le cadre d'un programme d'assurance de qualité, donne autant, voire plus de sécurité qu'un bilan sénologique dont la qualité n'est pas contrôlée. Cette difficulté est due, entre autres, au manque de formation des médecins aux enjeux et aux exigences d'un programme de santé publique. Par ailleurs, la différence d'honoraires perçus pour une mammographie réalisée dans le cadre du programme (55,17 euros) et pour un bilan sénologique (90,95 euros) n'est pas de nature à encourager les radiologues à recommander la mammographie réalisée dans le cadre du programme. Enfin, le consensus scientifique à ce jour n'a pas pu être rencontré par tous les intervenants. - Pour les 50 % de femmes qui ne participent pas au programme de dépistage et ne bénéficient pas non plus du bilan sénologique, les freins sont nombreux : manque de connaissances pratiques relatives à l'examen, le sentiment d'être peu informées, le manque de suivi médical régulier, la peur, le faible niveau d'instruction, les facteurs culturels,. - le « taux de rappel » pour mise au point est trop élevé. Il varie entre 7,5 et 14,4 %, selon les Provinces. Ce taux devrait se situer entre 5 et 7 % (11). Ce taux élevé s'explique par le fait que les radiologues ont peur de passer à côté d'une anomalie qui pourrait être le signe d'un cancer. Ils privilégient la sensibilité par rapport à la spécificité. La formation des radiologues doit être poursuivie. - Le suivi épidémiologique des mammotests « positifs », par les Centres de Coordination Provinciaux, est insuffisant sauf dans une Province. - la gestion informatique a posé des problèmes en début de programme, mais ce point est actuellement résolu. - problématique du programme - une communication insuffisamment persuasive - le peu de résultats issus de la mobilisation du corps médical - le dépistage « hors programme » très important b) Perspectives La numérisation Différentes études indiquent que les performances de la mammographie numérique et celles de la mammographie analogique sont identiques. L'équipement en mammographie numérique se développe de façon importante en Communauté française. La mammographie numérique présente les avantages suivants : - réduction du délai entre la réalisation du mammotest et la transmission des résultats au médecin référent car les transferts d'images, des fiches de lecture et de résultats se font par voie informatique sécurisée; - renforcement du contrôle de qualité; - réduction des risques de perte inhérents aux transferts postaux; - archivage centralisé : il permet une comparaison avec les anciens clichés. Il permet aussi de constituer une base de données pour la formation des radiologues; - impact écologique via la suppression des films argentiques et des bains de développement et de fixation. L'utilisation de la mammographie numérique entraînera une modification des modalités de fonctionnement du Programme. La gestion du Programme sera effectuée dans un Centre unique où seront réalisées les 2èmes lectures. La numérisation du Programme va permettre un archivage centralisé et donc une base de données informatisée du mammotest, élément fondamental dans l'efficacité du dépistage. Le suivi épidémiologique des mammotests « positifs » est une priorité; il est réalisé par le CCR et par les CCP jusque fin 2008. Ces données sont capitales pour convaincre les médecins de l'efficacité du Programme. Augmenter la participation des femmes Un travail important est à réaliser afin de lever les freins à la participation des femmes au programme de dépistage dans la population qui ne bénéficie d'aucune mammographie (environ 45 %) et dans celle des femmes qui bénéficient d'une mammographie hors programme. Par ailleurs, une information sur les limites du dépistage (performances, faux positifs, faux négatifs), dans et en dehors du programme, doit être développée. Une réelle concertation avec les médecins traitants et les gynécologues doit être relancée. Ce n'est que s'ils sont entendus et convaincus qu'ils pourront convaincre les femmes de participer. Une collaboration avec les Provinces, les mouvements d'éducation permanente, les CLPS et Question Santé est indispensable. L'ensemble de la communication concernant ce programme fera l'objet d'une réflexion concertée sous l'égide du SCPS Question Santé. L'aspect communication de ce programme sera également discuté et coordonné avec le niveau fédéral dans le cadre du Plan national Cancer. 2.1.2. Dépistage du cancer colorectal a) Perspectives Dans la déclaration de politique communautaire pour les années 2004 à 2009, il est prévu d'améliorer la prévention et le dépistage du cancer par le renforcement de l'accessibilité aux campagnes de dépistage.La mise en oeuvre d'autres dépistages que celui du cancer du sein est prévue et notamment le dépistage du cancer du colon pour la population âgée de 50 à 74 ans. En effet, à ce jour, aucun programme de dépistage organisé du cancer colorectal n'est en place. Le cancer colorectal représente en Belgique environ 7.700 nouveaux cas par an; il s'agit du cancer digestif le plus fréquent. Il arrive en troisième position chez l'homme après le cancer du poumon et de la prostate et en deuxième position chez la femme après le cancer du sein. Il reste associé à une mortalité élevée (40 à 50 % des personnes atteintes décèdent dans les 5 ans). Le nombre de nouveaux cas est faible avant 50 ans pour augmenter, ensuite, de façon rapide. L'objectif d'un dépistage de masse du cancer colorectal est de réduire la mortalité par un diagnostic précoce. Ce cancer est précédé dans l'immense majorité des cas par la présence de polypes bénins (80 %). La détection et la résection de ces polypes, qui sont les lésions précancéreuses les plus fréquentes, réduit donc fortement le risque de développer un cancer. Par ailleurs, détecté précocement, le cancer colorectal a les meilleures chances de survie à 5 ans. Dans son rapport sur le dépistage du cancer colorectal, le KCE fournit les bases scientifiques pour la mise en place du programme. Tous les guidelines recommandent d'offrir le dépistage du cancer colorectal aux patients à risque moyen, c'est-à-dire asymptomatiques et sans antécédents familiaux ou personnels, de 50 à 74 ans. Pour qu'on puisse constater un effet mesurable du dépistage de masse sur la mortalité, il faudra atteindre un taux de participation au programme de 50 %. Fort de l'expérience acquise, lors du programme de dépistage du cancer du sein, l'élaboration de ce programme a dès le départ été fondée sur la collaboration des spécialistes en gastro-entérologie et des médecins généralistes. En effet, un groupe de travail a été mis en place, composé des représentants des associations de médecins généralistes et des spécialistes gastro-entérologues, qui ont élaboré et approuvé les modalités du programme. La Communauté française se basant sur les expériences qui furent menées en France, a opté pour le lancement d'un programme généralisé à toute la Communauté française. Le programme garantit la gratuité pour le public cible qui est estimé à +/- 910.000 personnes en Région wallonne (hommes et femmes de 50 à 74 ans) auquel il faudra ajouter les francophones de la même tranche d'âge de la Région de Bruxelles Capitale (+/- 200.000). Le test utilisé est le test au gaïac par recherche de sang occulte dans les selles. Ce test est réalisé par le médecin généraliste. Le programme sera piloté par le Centre communautaire de Référence pour le programme de dépistage du cancer (du sein actuellement) dans le respect du décret du 7 juillet 1997. Un protocole est en cours de rédaction et sera intégré au prochain PCO. Phasage : Le lancement de la pratique généralisée des actes de dépistage standardisés démarrera début 2009. Mais entre-temps, une phase préparatoire du Programme a déjà débuté et sera étendue à l'ensemble des médecins dès le début 2008. Cette phase comprend les étapes suivantes : - conception et préparation des formations des médecins généralistes - mise à disposition d'outils pour les formateurs - information et formation des médecins généralistes - conception et préparation des outils de communication et d'information destinés au public - mise en place de l'infrastructure au sein du Centre communautaire de référence - communication et diffusion de l'information : - rappel pour les professionnels déjà formés - information pour le public - début de la campagne de dépistage du cancer colorectal. 2.2. Programme de vaccination a) Introduction Le programme de vaccination de la Communauté française a pour finalité : la réduction de la mortalité et de la morbidité des maladies infectieuses évitables par la vaccination.Il repose sur les recommandations et avis scientifiques du Conseil supérieur de la Santé (anciennement Conseil supérieur d'Hygiène). Ces recommandations scientifiques sont confrontées aux divers éléments du contexte (faisabilité, données socio-économiques), possibilité d'implantation via les vaccinateurs - ONE, Services PSE, médecins généralistes et pédiatres, objectifs européens en prévention vaccinale...) avant d'être traduites en priorités stratégiques. Vu la multiplicité des intervenants et la volonté d'atteindre tous les groupes cibles, le programme doit donc s'appuyer sur des démarches intersectorielles et transversales. La prévention vaccinale concerne toute la population à différents moments de l'existence. Les différents moments-clés de la vaccination concernent les nourrissons, les enfants et adolescents en âge scolaire, les adultes et les personnes âgées. Pour les nourrissons, depuis 2007, grâce au recours aux vaccins combinés, 12 maladies peuvent être évitées (la poliomyélite, la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, les infections invasives à haemophilus influenzae de type b, méningocoque C et pneumocoque, l'hépatite B, la rougeole, la rubéole, les oreillons, et enfin les infections à rotavirus). Les vaccinations de rappel et de rattrapage sont proposées à tous les enfants de 5-6 ans, de 11-12 ans et aux adolescents. Ces publics sont la cible prioritaire en matière d'accessibilité aux vaccins. Pour les adultes, l'objectif prioritaire est d'assurer une information sur la périodicité des rappels pour tous (diphtérie et tétanos) et l'intérêt de vaccins spécifiques pour les plus vulnérables d'entre eux (grippe et pneumocoque) ou les plus à risque tels les toxicomanes, les prostituées et les détenus (hépatite B). b) Eléments du bilan du PCO précédent. L'adhésion de la population et des professionnels aux recommandations vaccinales a été soutenue par la réalisation de divers outils de promotion : ? Pour la vaccination des nourrissons : développement d'une brochure « Vacciner ? mieux comprendre pour décider. » en collaboration avec le Collège des pédiatres et le Service Education pour la santé de l'ONE et testée auprès de parents et de professionnels de terrain, en cours d'élaboration de l'outil. ? Pour la vaccination des enfants en âge scolaire : mise à jour annuelle du dépliant de promotion « L'âge des rappels de vaccination ». ? Pour l'adhésion à l'objectif européen d'élimination de la rougeole en 2010 : diffusion d'un spot télévisuel lors de la « semaine européenne de vaccination » en 2005. ? Pour la vaccination grippe des adultes : développement annuel d'une campagne de promotion centrée simultanément sur les groupes cibles d'adultes et de professionnels de santé ? Pour les médecins généralistes nouvellement promus : remise d'un « kit vaccination » leur présentant les aspects pratiques du programme de vaccination. ? Pour les services PSE : élaboration d'un guide « Pour une vaccination de qualité en milieu scolaire » et travail sur le projet de service. Les couvertures vaccinales des nourrissons sont en constante amélioration : en 2006, 84 % des enfants ont reçu chacune des doses de vaccins recommandées dans le schéma vaccinal. La couverture RRO atteint près de 90 % et chacune des vaccinations contenues dans le vaccin hexavalent plus de 93 %. La vaccination de rappel des enfants 5-6 ans et la vaccination hépatite B à 11-12 ans atteignent 69 %. La couverture pour le RRO2 en sixième primaire poursuit également son amélioration : en juin 2006, elle s'élève à 70,5 %. En 2007, l'introduction de la vaccination contre le pneumocoque a mobilisé d'importantes ressources financières et nécessité de nouvelles actions de promotion et d'organisation. Les services préventifs de la Communauté française : ONE et Services PSE/CPMS de la Communauté française sont indispensables pour identifier et atteindre tous les nourrissons et enfants en âge scolaire, publics - cibles du programme. c) Objectifs du PCO En 2006, l'association interuniversitaire Provac a introduit un projet quinquennal 2006-2011 qui actualise les objectifs du PCO pour la vaccination et précise pour chaque objectif, dans les grandes lignes, les actions à entreprendre au cours de ces années. L'objectif global pour le programme de vaccination est : ? de répondre aux objectifs d'élimination de la rougeole définis par l'OMS à l'horizon 2010 et de mettre en place les stratégies pour y arriver ? de préparer les stratégies opérationnelles d'implantation des nouveaux vaccins ? de poursuivre l'information tant des professionnels que des publics concernés afin de maintenir une bonne adhésion aux recommandations vaccinales ? de poursuivre la mise en application du décret de juillet 2003 qui organise les conditions d'une politique coordonnée et continue de la médecine préventive. d) Orientations proposées et axes d'actions ? Le Comité de Concertation intersectoriel Vaccination (CCIV) mis en place en décembre 2006, réunit des représentants des autorités, services et associations suivantes : - le cabinet de la Ministre de la CF ayant la santé dans ses compétences - la Cellule Vaccination de la Direction générale de la santé - le Collège des Pédiatres de l'ONE - la Société Scientifique de Médecine générale - le Groupement belge des Pédiatres de langue française - la Commission Promotion de la Santé à l'école, médecins et infirmiers - les Services de Promotion de la Santé des Mutuelles - le Service communautaire de communication : Question Santé - l'Institut de Santé Publique, Comité d'élimination de la rougeole - le Service de surveillance des maladies transmissibles - l'Inspection des services PSE et l'inspection des infirmières CPMS. - l'équipe de chercheurs de Provac. Le CCIV doit favoriser la concertation et la coordination de l'ensemble des partenaires pour améliorer la cohérence transversale du programme de vaccination et en opérationnaliser les objectifs de santé publique. ? Les axes d'actions particulièrement importants pour les deux années à venir, sont : - la stabilisation des protocoles d'accords entre les entités fédérées, pour assurer la viabilité d'un programme de vaccination de qualité en lui garantissant l'accès aux vaccins idoines - le renforcement de la « culture vaccinale » auprès des différents secteurs de la population, avec une attention particulière au public des jeunes de 15-16 ans et aux adultes - la participation aux projets de Semaine Européenne de la Vaccination, en coordination avec l'OMS et sous un angle d'approche intersectorielle - l'organisation d'une réflexion autour de l'harmonisation du recueil de données vaccinales par les différents vaccinateurs et l'ouverture de travaux permettant à terme la mise en place d'un registre de vaccination pour l'ensemble de la communauté - le calendrier vaccinal actualisé en 2008 du Conseil Supérieur de la Santé inclut deux nouvelles recommandations : un rappel du vaccin coqueluche chez les 14-16 ans ainsi que la vaccination HPV pour les jeunes filles de 10-13 ans. Ces deux nouvelles recommandations devront être examinées dans le cadre du groupe de travail vaccination coordonné par le SPF. 2.3. Prévention du SIDA et des IST - Education à la vie relationnelle, affective et sexuelle (EVRAS) 2.3.1. La prévention du SIDA et des autres IST a) Problématique et contexte Les données épidémiologiques relatives aux modes de transmission mettent en évidence des publics cibles qui cumulent divers facteurs de vulnérabilité : les personnes migrantes, les homo-/bisexuels masculins et les injecteurs de drogues.D'autres groupes présentant également un cumul de vulnérabilités ont été identifiés comme groupes cibles d'intervention : les femmes enceintes et les femmes séropositives ayant récemment accouché, les personnes prostituées (de sexe féminin et masculin), les détenu(e)s, le public festif, les enfants et les jeunes et enfin les femmes qui ont des rapports sexuels avec des femmes. Des actions de prévention restent nécessaires pour la population générale, car elle inclut les différents groupes précités mais aussi des individus qui peuvent traverser des situations de vulnérabilité. Par ailleurs, des actions doivent concerner les personnes séropositives et leurs partenaires. En effet, les conséquences de la séropositivité constituent une vulnérabilité supplémentaire et les personnes séropositives peuvent jouer un rôle actif dans la prévention des nouvelles contaminations. Depuis 2005, le secteur de la prévention IST/SIDA poursuit un processus participatif de planification et de gestion de la qualité qui s'ancre dans la durée, notamment en réalisant des mises à jour régulières des diagnostics et des plans d'action. Ce processus s'intitule « Stratégies concertées du secteur de la prévention IST/SIDA ». b) Eléments de bilan du PCO précédent Les objectifs, stratégies et activités définis dans le cadre des « Stratégies concertées » sont validés par les intervenants du secteur sur base d'un consensus et constituent leur cadre de référence pour les deux années à venir (12).Le processus participatif vise une plus grande adéquation entre les besoins des publics cibles, les activités mises en oeuvre et les décisions politiques. C'est pourquoi ces objectifs, stratégies et activités devraient être intégrés dans le cadre du nouveau PCO. La démarche innovante de planification participative actuellement en cours permet entre autres le développement d'une culture de l'évaluation. Elle montre un impact sur le travail général de prévention : le cadre de référence qui y est défini sur base de consensus est progressivement utilisé par les acteurs dans divers contextes (construction des programmes spécifiques, mise en place des dispositifs d'évaluation, élaboration de pratiques réflexives, concertations diverses). c) Objectifs du nouveau PCO L'objectif spécifique est de contribuer à diminuer l'incidence et la prévalence des infections sexuellement transmissibles (IST) et plus particulièrement du VIH, de réduire les vulnérabilités des différents publics cibles, de lutter contre les discriminations envers les publics vulnérables et plus particulièrement les personnes séropositives, et de promouvoir la solidarité.Pour l'ensemble des publics cibles, trois objectifs opérationnels transversaux sont définis : ? améliorer le recours adéquat et l'accès au dépistage de qualité du VIH et des autres IST ? augmenter et/ou améliorer l'utilisation du préservatif lors de la prise de risque ? contribuer à réduire les discriminations vis-à-vis des publics vulnérables et plus particulièrement des personnes séropositives. Des objectifs complémentaires et les activités qui s'y rapportent sont également formulés pour ces différents publics (voir la brochure « Stratégies concertées 2007-2008 »). d) Orientations proposées et axes d'action ? En ce qui concerne le processus des « Stratégies concertées » En plus des publics cibles précités, les « Stratégies concertées » identifient, selon une vision systémique, d'autres acteurs en lien avec la problématique IST/SIDA.Trois axes stratégiques sont définis selon les acteurs, services ou milieux de vie concernés par les interventions. Ces axes sont complémentaires et se renforcent mutuellement. Ils sont formulés comme suit : 1) un axe stratégique centré sur les publics cibles : cet axe consiste notamment à renforcer les connaissances et les capacités des individus et des groupes afin d'améliorer leur bien-être et à réduire la transmission du VIH et des autres IST 2) un axe stratégique centré sur les services, milieux de vie et acteurs spécifiques (les acteurs qui exercent une activité directement et spécifiquement liée au public cible considéré) : il s'agit globalement de faire en sorte que ces milieux de vie et acteurs intègrent davantage la prévention du VIH et des autres IST dans leurs activités 3) un axe stratégique centré sur les services, milieux de vie et acteurs généralistes ou tous publics (acteurs de différents secteurs de la vie sociale qui s'adressent à l'ensemble de la population) : il s'agit globalement de faire en sorte que ces différents milieux de vie intègrent davantage la prévention du VIH et des autres IST, mais aussi les spécificités des différents publics cibles. La vision systémique, incluant un nombre important de publics cibles et d'acteurs spécifiques et généralistes en lien avec ces publics, doit être maintenue pour définir des réponses adéquates face à une problématique complexe. L'une des priorités pour les deux années à venir réside dans le renforcement de la participation des publics cibles dans le cadre de la mise à jour des diagnostics et de la définition des réponses en termes d'intervention. ? En ce qui concerne les objectifs, stratégies et activités Plusieurs initiatives collectives en lien avec les Stratégies concertées se développeront dans l'avenir, toujours dans un souci d'amélioration de la qualité des interventions. On peut citer entre autres le renforcement de la cohérence de certains messages de prévention (risques de transmission liés aux pratiques bucco-génitales, accessibilité du traitement prophylactique après exposition non professionnelle [Nonopep]) et l'amélioration de la qualité concernant la communication relative aux données épidémiologiques dites « sensibles » car concernant des publics stigmatisés (homo-/bisexuels, usagers de drogues, migrants). 2.3.2. Education à la vie relationnelle, affective et sexuelle (EVRAS) a) Introduction Amener les jeunes à mieux se connaître, à entendre parler autrement de sexualité, à apprendre à dialoguer sur ce sujet, à acquérir une meilleure image de soi et une meilleure capacité à négocier ses attentes voire ses exigences dans le cadre d'une relation affective et/ou sexuelle, a démontré son efficacité aux côtés d'autres mesures telles que : - l'accès aisés à des centres de planning familial - l'accès aisé et peu coûteux aux moyens d'information et de prévention (préservatifs, contraceptifs, contraception d'urgence, ) b) Bilan du précédent PCO Depuis de nombreuses années, des initiatives d'EVRAS ont lieu dans les écoles sans être pour autant instituées.Une étude réalisée par PROMES-ULB et les FUNDP a mis en évidence, en 2002-2003, la disparité de ces initiatives; disparité des thématiques abordées, disparité du temps octroyé à ces initiatives, disparité des intervenants, disparité entre écoles avec une lacune importante du côté des écoles professionnelles qui semblent aborder, moins que les autres, ces thématiques alors que les jeunes qui suivent cet enseignement semblent cumuler plusieurs facteurs de risques. Suite à cet état des lieux, une expérience a été menée, à titre pilote, dans 200 écoles de la Communauté française, tous types de réseaux et d'enseignement confondus. Cette expérience consistait à proposer une base de 4 animations de 2 heures réparties sur l'ensemble du cursus scolaire (2 animations durant les études primaires et 2 autres durant les études secondaires). L'évaluation de cette expérience-pilote s'étant révélée très positive, cette expérience aurait dû être étendue à l'ensemble des écoles implantées sur le territoire de la Communauté française. Des démarches sont en cours pour rencontrer cet objectif. D'autres initiatives ont néanmoins été entreprises : ? la formations des acteurs en « Vie Affective et Sexuelle » (V.A.S) et la diffusion de brochures en milieu scolaire se sont poursuivies ? des cellules pluridisciplinaires V.A.S. ont été mises en place dans différentes écoles accueillant une population fragilisée et susceptible de s'exposer à différents risques liés à la vie relationnelle, affective et sexuelle. Cette expérience, très positive pour ces écoles, est relatée dans un cahier pédagogique et un DVD ? un programme de prévention a été initié, dans les milieux festifs, afin de cibler plus particulièrement les jeunes femmes et hommes susceptibles d'adopter des conduites à risques liés au contexte dans lequel ils se trouvent (consommation importante d'alcool et parfois découverte d'autres produits psychotropes, relations sexuelles ponctuelles sans protection, premières relations sexuelles dans des conditions peu propices, relations sexuelles sans réelle conscience et/ou sans réel consentement). c) Objectifs du nouveau PCO - orientations proposées et axes d'actions 1° Les négociations interministérielles seront poursuivies, en vue d'une implantation dans toutes les écoles de la Communauté française, d'un programme de base en matière d'EVRAS. ? La vie relationnelle et le respect dans les relations devraient faire l'objet d'une animation avec les enfants de quatrième primaire; ? La puberté et toutes les modifications liées à cette étape de la vie devraient faire l'objet d'une seconde animation en sixième primaire; ? Les premières relations sexuelles, le dialogue nécessaire pour aborder cette étape de la vie ainsi que les diverses préventions (grossesse, IST-SIDA, vaccination HPV) seront abordés, lors d'une animation qui sera organisée en début de cycle secondaire; ? Les éventuelles difficultés rencontrées par les uns et les autres dans leurs relations amoureuses et éventuellement sexuelles (difficultés de compréhension, violences, discrimination, sexisme, homophobie, difficultés de prévention, ) seraient abordées, lors d'une quatrième animation, au cours du cycle secondaire, en fonction des besoins et/ou des attentes des jeunes. Idéalement, ces animations devraient être réalisées par un ensemble complémentaire d'intervenants : enseignants, a …

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