📄 Texte de loi
VOLUME 2
Budget pluriannuel
2025 - 2028
5
Projet de loi relative à la programmation financière pluriannuelle
pour la période 2024-2028
Table des matières
A. Exposé des motifs ...................................................................................................................7
1.
Introduction ................................................................................................................................7
2.
Cadre de la loi de programmation financière pluriannuelle ......................................................8
3.
La trajectoire pluriannuelle des finances publiques .................................................................10
4.
Évolution de la situation financière des Administrations publiques ........................................16
5.
Évolution de la situation financière de l’Administration centrale ............................................20
6.
Évolution de la situation financière des Administrations locales .............................................24
7.
Évolution de la situation financière de la Sécurité sociale .......................................................26
8.
Explications par catégorie de dépenses SEC ............................................................................32
9.
Explications par catégorie de recettes SEC ..............................................................................46
10. Évolution de la dette publique .................................................................................................50
11. Analyse de sensibilité ...............................................................................................................53
12. Soutenabilité à long terme des finances publiques .................................................................56
B. Texte du projet de loi ............................................................................................................. 59
C. Commentaire des articles ....................................................................................................... 61
Annexes
1.
Programme pluriannuel des recettes et des dépenses 2024-2028 ..........................................63
2.
L’évolution de la situation financière des fonds spéciaux de l’État .......................................389
3.
Emprunts, prêts et lignes de crédit bénéficiant de la garantie financière de l’État ...............483
4.
La situation financière des services de l’État à gestion séparée (SEGS) .................................491
5.
Le passage du solde administratif au solde d’après le SEC2010 ............................................493
6.
Le passage des soldes nominaux aux soldes structurels ........................................................517
7.
Comparaison entre les prévisions de la Commission européenne et celles du STATEC ........519
8.
Indications sur les dépenses fiscales et leur impact sur les recettes .....................................521
9.
Lexique ...................................................................................................................................533
7
A. Exposé des motifs
1. Introduction
La mise en place, dès 2014, d'une programmation financière pluriannuelle, s'est faite pour permettre
une plus grande transparence et une meilleure prévisibilité sur l'évolution des finances publiques, audelà du budget annuel considéré. Tenant compte des incertitudes liées au contexte géopolitique et à
la situation conjoncturelle auxquelles le Luxembourg est confronté, les projections et extrapolations
sont susceptibles de connaître certaines variations, y compris en fonction de l'évolution des choix
politiques et des indicateurs économiques. La portée du présent projet de loi s'en trouvera impactée.
1.a. Approche
La partie 2 de l’exposé des motifs établit le cadre relatif à la programmation financière pluriannuelle
pour la période 2024-2028. Elle permet d’avoir une meilleure compréhension des chiffres et des
périmètres considérés d’après le Système européen des comptes (SEC). L’annexe 5 explique le passage
du solde administratif de l’État établi suivant la loi modifiée du 8 juin 1999 sur le budget, la comptabilité
et la trésorerie de l’État au solde de l’Administration centrale suivant le SEC.
L’exposé des motifs expose ensuite les grandes lignes de la programmation financière pluriannuelle,
en partant des données agrégées des Administrations publiques, déclinées par la suite entre les
secteurs de l’Administration centrale, des Administrations locales et des Administrations de Sécurité
sociale.
Les trajectoires des soldes nominaux et structurels annuels successifs des comptes des Administrations
publiques sont exposées dans la partie 3. Les principales données reprises pour la période 2024-2028
sont comparées à celles figurant dans la loi du 26 avril 2024 relative à la programmation financière
pluriannuelle pour la période 2023-2027 dans la partie 4.
L’évolution de la dette publique et l’analyse de sensibilité sont présentées respectivement dans les
points 10 et 11. L’exposé des motifs termine par des explications sur la soutenabilité à long terme des
finances publiques.
1.b. Le contexte macroéconomique
Le tableau ci-après résume les principales prévisions macroéconomiques élaborées en septembre
2024 par le STATEC qui ont servi de base à l’élaboration de la trajectoire de la programmation
financière pluriannuelle pour la période 2024-2028. Le contexte macroéconomique est détaillé dans
le chapitre A du volume 1 du projet de budget.
2024
81,85
2025
86,68
2026
91,21
2027
95,88
2028
101,26
PIB en valeur (en %)
3,2
5,9
5,2
5,1
5,6
PIB en volume (en %)
1,5
2,7
2,0
3,2
3,0
Emploi total intérieur
0,9
1,5
1,6
2,2
2,5
Taux de chômage (définition ADEM en %)
5,9
6,0
6,1
5,8
5,6
Indice des prix à la consommation (IPCN)
2,3
2,6
1,7
1,5
1,8
Écart de production (en %)
-2,7
-2,4
-2,8
-2,0
-1,4
PIB en valeur (mia EUR)
Notes : - Les explications sur l’évolution macroéconomique se trouvent dans le chapitre A de l’exposé des motifs du projet de budget 2025.
- Sauf indication contraire, les chiffres présentent des variations en %.
8
1.c. Les orientations pluriannuelles de la politique budgétaire
Les orientations de la programmation pluriannuelle 2024-2028 s’inscrivent dans les priorités que le
Gouvernement s’est fixé. Dans son accord de coalition, le Gouvernement précise ainsi :
« Au vu d’une situation conjoncturelle difficile et du contexte de polycrise auquel notre pays est
confronté, le Gouvernement doit mener une politique de relance économique :
-
en continuant à soutenir les ménages par des mesures supplémentaires en termes de pouvoir
d’achat ;
en maintenant les investissements publics à un niveau élevé afin de répondre aux défis actuels et
futurs liés à l’évolution démographique et à la double transition durable et digitale ;
par le biais de mesures visant à renforcer la compétitivité de l’économie en général et de la place
financière en particulier ;
en créant un cadre favorable à une construction de logements mieux adaptée à la demande.
Dans la mise en œuvre de cette politique, le Gouvernement veillera à maintenir la notation AAA du
Luxembourg. Cette notation, signe de la solidité financière du Luxembourg et garant de son attractivité
économique, permet au Luxembourg d’emprunter à des taux d’intérêt raisonnables.
Le Gouvernement mènera une politique budgétaire responsable et soutenable.
À la lumière et en complément des règles européennes, le Gouvernement mettra à jour le cadre
budgétaire national avec l’objectif de définir une trajectoire soutenable en termes de dette publique ».
2. Cadre de la loi de programmation financière pluriannuelle
2.a. Principes généraux
En vertu de la loi modifiée du 12 juillet 2014 relative à la coordination et à la gouvernance des finances
publiques, les lois de programmation pluriannuelle font partie intégrante de l’encadrement législatif
des finances publiques.
Les lois de programmation ont pour finalité de définir les orientations financières pluriannuelles des
trois sous-secteurs des Administrations publiques : Administration centrale, Administrations locales et
Administrations de Sécurité sociale. Ces orientations pluriannuelles s’insèrent dans l’objectif
d’équilibre des comptes des Administrations publiques.
Le principal mérite des lois de programmation financière réside dans le fait qu’elles présentent une
vision globale ainsi qu’une vision pluriannuelle des finances des trois secteurs des Administrations
publiques. La programmation pluriannuelle a donc pour objectif d’encadrer la trajectoire globale des
Administrations publiques, c’est-à-dire de l’État, des organismes de Sécurité sociale et des
Administrations locales. La loi de programmation des finances publiques constitue ainsi un moyen
efficace pour prendre en compte et pour apprécier les finances publiques dans leur globalité.
Le programme pluriannuel, qui fait l’objet du présent projet de loi, permet donc non seulement de
renforcer la maîtrise des dépenses publiques, mais il permet également de renforcer les débats autour
de la fixation des objectifs de la politique budgétaire. La procédure budgétaire annuelle ne porte ainsi
pas seulement sur une période annuelle, mais sur une période mobile de cinq ans, sans pourtant
remettre en cause le principe de l’annualité du vote du budget par le parlement.
9
2.b. Le Système européen des comptes (SEC)
Le cadre de référence applicable est donné par le Système européen des comptes (SEC). Ce système a
pour vocation de décrire le fonctionnement global d'une économie qui est composée de secteurs qui
regroupent les unités institutionnelles qui ont un centre d'intérêt économique sur le territoire de
chaque État membre.
Le SEC est basé sur un ensemble de concepts et de règles obéissant à une logique propre et distincte
de ceux qui sont à la base de l'établissement des budgets et des comptes des États centraux des
différents États membres.
Au Luxembourg, les règles de la comptabilité publique à la base de la présentation administrative du
budget de l’État sont définies par la loi modifiée du 8 juin 1999 sur le budget, la comptabilité et la
trésorerie de l’État.
Le SEC se base de son côté sur les règles de la comptabilité nationale qui diffèrent en de multiples
points des règles de la comptabilité publique.
C'est ainsi que le SEC est basé sur les principes d’une comptabilité des droits constatés (accruals) alors
que la comptabilité de l’État luxembourgeois est essentiellement une comptabilité de caisse. C'est ainsi
également que le solde d’après le SEC englobe toutes les entités et tous les secteurs appartenant aux
Administrations publiques (Administrations locales, Sécurité sociale, établissements publics etc.), alors
que le solde budgétaire ne fournit par définition que des renseignements sur les activités de l'État, au
sens de la législation sur la comptabilité de l'État, c'est-à-dire qu'il ne comprend que les recettes et les
dépenses des ministères, des administrations et autres services de l’État.
La présentation économique des recettes et des dépenses des Administrations publiques est donc
nécessairement différente de la présentation administrative des recettes et des dépenses de l'État.
Les deux présentations obéissent à des règles différentes et répondent donc à des lectures différentes.
L’annexe 5 détaille amplement le passage de la présentation administrative du budget de l'État à la
présentation des comptes de l’Administration centrale d'après les règles du SEC.
2.c. La délimitation du secteur des Administrations publiques
Le secteur des Administrations publiques est subdivisé en quatre sous-secteurs :
1.
2.
3.
4.
Administration centrale ;
Administrations locales ;
Administrations de Sécurité sociale ;
Administrations d’États fédérés (sans objet au Luxembourg).
Les dépenses des Administrations publiques comprennent les opérations suivantes :
− consommation intermédiaire ;
− formation brute de capital ;
− rémunération des salariés ;
− autres impôts sur la production ;
− subventions à payer ;
− revenus de la propriété ;
− impôts courants sur le revenu, le patrimoine, etc. ;
− prestations sociales autres que les transferts sociaux en nature ;
10
transferts sociaux en nature, correspondant aux dépenses consacrées à l'achat de produits fournis
aux ménages par l'intermédiaire de producteurs marchands ;
autres transferts courants ;
ajustement pour variation des droits des ménages sur les fonds de pension ;
transferts en capital à payer ;
acquisitions moins cessions d'actifs non financiers non produits.
−
−
−
−
−
Les recettes des Administrations publiques comprennent les opérations suivantes :
− production marchande ;
− production pour usage final propre ;
− paiements au titre de l'autre production non marchande ;
− impôts sur la production et les importations ;
− autres subventions sur la production à recevoir ;
− revenus de la propriété ;
− impôts courants sur le revenu, le patrimoine, etc. ;
− cotisations sociales ;
− autres transferts courants ;
− transferts en capital.
La différence entre les recettes et les dépenses des Administrations publiques représente le solde du
secteur des Administrations publiques. Un solde positif correspond à une capacité de financement
tandis qu’un solde négatif représente un besoin de financement.
En règle générale, le SEC enregistre les opérations conformément au principe des droits constatés. La
mise en œuvre de ce principe comporte deux aspects : le moment de l’enregistrement et le montant
à enregistrer. Les opérations sont enregistrées au moment où la valeur économique est créée et où les
droits relatifs à cette valeur sont clairement établis. Ainsi, la vente d’un actif est comptabilisée lorsque
la propriété de l’actif est transférée et non lorsque le paiement est effectué.
3. La trajectoire pluriannuelle des finances publiques
Les graphiques ainsi que le tableau ci-après résument la trajectoire pluriannuelle des finances
publiques :
Solde nominal des Administrations publiques
0
2023
2024
2025
2026
2027
2028
14%
12%
-300
-400
-500
-600
Taux de croissance
en millions
-100
-200
Évolution des recettes et dépenses des
Administrations publiques
10%
8%
6%
4%
2%
0%
Dépenses
2023
2024
2025
Recettes
2026
2027
2028
11
3.a. Solde nominal
Le tableau suivant résume l'évolution du solde consolidé des trois secteurs des Administrations
publiques pour la période 2023-2028. Ces prévisions tiennent compte des données économiques et
financières connues au moment de l'établissement de la programmation financière pluriannuelle.
2023
2024
en
mio
en %
du
PIB
en
mio
Administration centrale
-1 462
-1,8%
Administrations locales
-264
-0,3%
+1 173
-552
2025
en %
du
PIB
en
mio
-1 421
-1,7%
+20
+0,0%
+1,5%
+937
-0,7%
-464
2026
en %
du
PIB
2027
en
mio
-1 288
-1,5%
-1 083
-1,2%
-685
-0,7%
-667
-0,7%
+68
+0,1%
+145
+0,2%
+168
+0,2%
+234
+0,2%
+1,1%
+657
+0,8%
+478
+0,5%
+228
+0,2%
-15
-0,0%
-0,6%
-563
-0,6%
-460
-0,5%
-289
-0,3%
-448
-0,4%
en
mio
en %
du
PIB
2028
en %
du
PIB
en
mio
en %
du
PIB
1) Solde nominal :
Sécurité sociale
Administrations publiques
2) Solde structurel :
Administrations publiques
3) Dette publique
+0,6%
+0,7%
+0,2%
+0,3%
+0,2%
-0,2%
20 262
25,5%
22 545
27,5%
23 795
27,5%
24 845
27,2%
25 595
26,7%
26 345
26,0%
Administration centrale
19 000
24,0%
21 137
25,8%
22 387
25,8%
23 437
25,7%
24 187
25,2%
24 937
24,6%
Administrations locales
1 188
1,5%
1 328
1,6%
1 328
1,5%
1 328
1,5%
1 328
1,4%
1 328
1,3%
74
0,1%
80
0,1%
80
0,1%
80
0,1%
80
0,1%
80
0,1%
Sécurité sociale
Le déficit des Administrations publiques s’élèverait à -464 millions d’euros en 2024 (-0,6% du PIB) et
se creuserait légèrement en 2025 pour atteindre -563 millions d’euros (-0,6% du PIB). L’origine de cette
baisse se trouve notamment dans la détérioration du solde de la Sécurité sociale. Le taux de croissance
des recettes (+5,7%) pour l’exercice est légèrement inférieur à celui des dépenses (+5,8%).
L’effet ciseaux redevient ensuite positif et le solde s’améliore progressivement jusqu’en 2027 avant de
se détériorer pour atteindre -448 millions d’euros en 2028 (-0,4% du PIB). Cette détérioration est due
d’une part, à la dégradation du solde de la Sécurité sociale et d’autre part, à la nette croissance des
investissements en 2028.
Tandis que le solde de l’Administration centrale s’améliore de manière très conséquente sur la période
2024-2028 (amélioration de +754 millions d’euros, soit +1 point de pourcent), le solde de la Sécurité
sociale se détériore de -952 millions d’euros soit de -1,1 point de pourcent.
Le solde de l’Administration centrale s’établit à -1 288 millions d’euros en 2025 et s’améliore
progressivement au cours de la période de prévision pour atteindre -667 millions d’euros en 2028. En
termes de pourcentage du PIB, le solde de l’Administration centrale passe de -1,5% en 2025 à -0,7%
en 2028.
Le solde de la Sécurité sociale, se détériore graduellement au cours de la même période sous l’effet
des dépenses de pensions augmentant de façon plus importante que les cotisations. Alors que le solde
se chiffre encore à +657 millions d’euros en 2025 (+0,8% du PIB), il dégrade à -15 millions d’euros en
2028 (- 0,0% du PIB).
Le solde des Administrations locales se stabilise autour des +0,2% du PIB sur la période de prévision.
12
3.b. Solde structurel
La trajectoire établie par le présent projet de loi aboutit à un solde structurel de +0,2% en 2025. De ce
fait, les Administrations publiques atteindront leur objectif budgétaire à moyen terme (OMT) en 2025.
3.c. Comparaison avec les projections financières de la loi pluriannuelle 2023-2027
Entre la loi de programmation financière 2023-2027 et le projet de loi de programmation financière de
2024-2028, les déficits des exercices 2024 à 2027 ont été substantiellement revus à la baisse. Même si
les prévisions de dépenses ont été revues à la hausse, les prévisions de recettes ont été réévaluées de
manière plus importante sur toute la période (voir détails au point 4).
Alors que la loi relative à la programmation financière pluriannuelle (LPFP) 2023-2027 prévoyait un
solde de -1,2% du PIB pour les exercices 2024 et 2025, les dernières estimations tablent sur un solde
de - 0,6% pour les deux exercices. Les soldes de 2026 et 2027 sont également meilleurs que ceux
prévus dans la loi relative à la programmation financière pluriannuelle (LPFP) 2023-2027.
2024
En millions
2025
2026
2027
LPFP
23-27
PLPFP
24-28
LPFP
23-27
PLPFP
24-28
LPFP
23-27
PLPFP
24-28
LPFP
23-27
PLPFP
24-28
Administrations publiques
-987
-464
-1 082
-563
-833
-460
-921
-289
Administration centrale
-1 910
-1 421
-1 810
-1 288
-1 436
-1 083
-1 293
-685
Administrations locales
+62
+20
+101
+68
+108
+145
+111
+168
Sécurité sociale
+861
+937
+628
+657
+495
+478
+261
+228
2024
En % du PIB
2025
2026
2027
LPFP
23-27
PLPFP
24-28
LPFP
23-27
PLPFP
24-28
LPFP
23-27
PLPFP
24-28
LPFP
23-27
PLPFP
24-28
Administrations publiques
-1,2%
-0,6%
-1,2%
-0,6%
-0,9%
-0,5%
-0,9%
-0,3%
Administration centrale
-2,3%
-1,7%
-2,0%
-1,5%
-1,5%
-1,2%
-1,3%
-0,7%
Administrations locales
+0,1%
+0,0%
+0,1%
+0,1%
+0,1%
+0,2%
+0,1%
+0,2%
Sécurité sociale
+1,0%
+1,1%
+0,7%
+0,8%
+0,5%
+0,5%
+0,3%
+0,2%
+0,0%
+0,7%
-0,3%
+0,2%
-0,3%
+0,3%
-0,6%
+0,2%
Solde Nominal
Solde structurel
En ce qui concerne le solde structurel, les prévisions actuelles prévoient une amélioration desdits
soldes. Le solde structurel pour 2025 devrait passer de -0,3% pour la LPFP 2023-2027 à +0,2% pour le
PLPFP actuel.
13
3.d. Politique inchangée
Le solde des Administrations publiques évolue comme suit par rapport à une situation théorique à
politique inchangée :
2025
2026
2027
2028
En % du PIB :
- Solde à politique inchangée
+0,5%
+0,5%
+0,7%
+0,7%
- mesures nouvelles (impact net)
-1,2%
-1,0%
-1,0%
-1,1%
- Solde PLPFP 2024-2028
-0,6%
-0,5%
-0,3%
-0,4%
- Solde à politique inchangée
438,3
441,4
641,3
673,6
- mesures nouvelles (impact net)
-1 000,9
-901,5
-930,1
-1 121,6
-562,6
-460,2
-288,7
-447,9
En millions :
- Solde PLPFP 2024-2028
Le solde à politique inchangée ne tient pas compte des nouvelles décisions politiques prises après le
vote du budget voté 2024.
Les diminutions des recettes pour les principales mesures peuvent être résumées comme suit :
(en millions d’euros, différence par rapport à une situation à politique inchangée)
Libellé
Adaptation supplémentaire du barème d’imposition de 2,5 tranches indiciaires
Adaptation au niveau de la classe 1a
Adaptation du crédit s'impôt salaire social minimum (CISSM) et Introduction d’un
crédit d’impôt heures supplémentaires (CIHS)
Augmentation du crédit d’impôt monoparental (CIM) et Augmentation des
abattements pour charges extraordinaires en raison des enfants ne faisant pas partie
du ménage
Adaptation des primes : prime participative, régime des impatriés, prime jeune salarié
Réduction de l’impôt sur le revenu des collectivités (IRC)
Augmentation de la déductibilité des intérêts pour l’année de la fixation de la valeur
locative et la suivante
Crédit d'impôt barème
CGDIS - Nouveau mode de financement
Total
2025
-225
-55
2026
-275
-70
2027
-300
-75
2028
-300
-75
-20
-20
-20
-20
-2
-23
-56
-7
-23
-63
-7
-23
-70
-7
-23
-70
-40
-10
-30
-461
-40
0
-30
-528
-40
0
-30
-565
-40
0
-30
-565
14
Les augmentations des dépenses pour les principales mesures peuvent être résumées comme suit :
(en millions d’euros, différence par rapport à une situation à politique inchangée)
2025
2026
2027
2028
Ministère des Affaires étrangères et européennes, de la Défense, de la Coopération
et du Commerce extérieur
Fonds militaire - support Ukraine
80,0
0,0
0,0
0,0
Changement de la trajectoire de l'Effort de Défense
27,1
18,6
74,7
69,5
Présidence luxembourgeoise du Conseil de l’UE
0,1
0,6
9,3
25,1
Autres
6,3
2,2
2,3
2,6
Total
113,5
21,5
86,4
97,2
Ministère des Affaires intérieures
Reclassement Police : Rémunération du personnel
42,8
7,0
7,0
7,0
Participation en capital de l'État aux frais de réalisation d'équipements collectifs de
base
18,0
17,5
17,0
17,0
Autres
4,9
9,8
8,3
5,0
Total
65,7
34,3
32,3
29,0
Ministère de la Culture
Recherches historiques et travaux de caractère archéologique
4,4
4,3
4,1
3,8
Autres
2,2
1,8
2,2
1,4
Total
6,5
6,1
6,2
5,2
Ministère de l'Économie
Nouveau régime d'aides / production d'hydrogène renouvelable
0,0
1,0
5,0
10,0
Application de la législation en matière d'aides aux entreprises industrielles
20,3
28,4
5,1
-8,4
Participation aux frais d'infrastructure pour le centre de contrôle IRIS2
21,0
7,4
0,0
0,0
Alimentation du Fonds de l'innovation
7,0
10,0
10,0
7,0
Régime d'aide pour bornes de recharge / projets de décarbonisation
3,6
13,8
20,0
12,5
Autres
0,0
0,0
0,0
0,0
Total
51,9
60,7
40,1
21,1
Ministère de l'Éducation nationale, de l'Enfance et de la Jeunesse
Transposition de l'accord salarial du 9/12/2022 dans le secteur de l'ASFT
36,1
5,5
5,5
5,5
Participation de l'État aux frais des mesures d'aide à l'enfance
13,3
7,1
6,0
7,6
Autres
4,9
4,8
4,5
4,6
Total
54,3
17,4
16,1
17,7
Ministère de l'Egalité des genres et de la Diversité
Transposition de l'accord salarial du 9/12/2022 dans le secteur de l'ASFT
1,1
0,2
0,2
0,2
Total
1,1
0,2
0,2
0,2
Ministère de l'Environnement, du Climat et de la Biodiversité
Mécanisme de compensation (stabilisation du prix de l'électricité)
119,2
0,0
0,0
0,0
Traitement des boues d’épuration
0,5
1,8
6,5
12,0
Autres
5,6
4,0
1,6
1,1
Total
125,3
5,8
8,1
13,1
Ministère de la Famille, des Solidarités, du Vivre ensemble et de l'Accueil
Transposition de l'accord salarial du 9/12/2022 dans le secteur de l'ASFT
10,7
1,8
1,9
2,0
Allocation de vie chère
44,2
44,2
44,3
44,9
Dépenses relatives au secteur conventionné
17,6
17,6
17,6
17,6
Autres
2,4
2,7
2,9
3,4
Total
75,0
66,3
66,8
68,0
Ministère de la Mobilité et des Travaux publics
Tram rapide vers Belval
0,3
9,6
-18,9
87,1
Centre de remisage et de maintenance Sud à la Cloche d’Or
0,9
6,0
3,4
11,6
Construction d'une nouvelle tour de contrôle à l'aéroport de Luxembourg
2,0
2,0
16,0
16,0
Dépenses du Fonds du rail + CFL
50,2
150,0
120,5
210,4
Autres
7,5
8,2
4,4
3,3
Total
60,8
175,8
125,5
328,4
Ministère de la Santé et de la Sécurité sociale
Transposition de l'accord salarial du 9/12/2022 dans le secteur de l'ASFT + autres
dépenses du secteur conventionné
10,4
7,4
7,6
7,8
Indemnisation médecins en voie de formation
3,9
7,9
8,0
8,2
Autres
1,9
2,0
1,8
1,4
Total
16,2
17,4
17,5
17,4
Ministère des Sports
Participation à l'indemnisation des cadres administratifs et des entraîneurs nationaux
des fédérations sportives agréées
3,8
5,7
6,1
5,4
Autres
3,7
4,7
6,0
6,3
Total
7,5
10,4
12,1
11,7
Ministère du Travail
Fonds pour l'emploi
7,7
7,7
7,7
7,7
Autres
3,3
1,5
1,4
1,5
Total
11,0
9,1
9,1
9,1
Capacité/besoin de financement
Recettes
438
43 062
+0
286
239
Autres tra ns ferts coura nts
Tra ns ferts en ca pi ta l à recevoi r
-1 001
-431
+0
+0
11 297
Coti s a ti ons s oci a l es
-563
42 631
239
286
11 297
16 526
1 319
+0
-431
1 319
16 957
Revenus de l a propri été
Impôts coura nts s ur l e revenu, etc.
11
10 585
1 276
398
694
43 194
-31
1 183
3 716
3 076
14 905
342
1 079
1
10 496
4 165
4 262
PB 2025
11
+0
+0
10 585
1 276
Impôts s ur l a producti on
Autres s ubventi ons s ur l a producti on
à recevoi r
Producti on non ma rcha nde
+0
+0
694
398
Producti on ma rcha nde
Producti on pour us a ge fi na l propre
+0
+570
-31
42 624
Dépenses
Acqui s i ti ons moi ns ces s i ons d’a cti fs
+136
3 580
1 074
Autres tra ns ferts coura nts
Tra ns ferts en ca pi ta l à pa yer
+109
+0
3 076
Pres ta ti ons s oci a l es en na ture
+0
+48
342
14 857
+126
+50
952
1
10 447
+88
+13
Mesures
2025
Pres ta ti ons s oci a l es en es pèce
Revenus de l a propri été
Subventi ons à pa yer
Autres i mpôts s ur l a producti on
Rémunéra ti on des s a l a ri és
4 249
4 077
Cons omma ti on i ntermédi a i re
Forma ti on de ca pi ta l
Po. Inch.
PB 2025
441
45 324
228
354
11 876
17 841
1 344
11
11 214
1 319
412
724
44 882
2
1 142
3 745
3 260
15 759
419
1 068
1
10 860
4 251
4 374
Po. Inch.
PB 2025
-902
-498
+0
+0
+0
-498
+0
+0
+0
+0
+0
+404
+0
+46
+81
+0
+52
+0
+10
+11
+193
+11
Mesures
2026
-460
44 826
228
354
11 876
17 343
1 344
11
11 214
1 319
412
724
45 286
2
1 188
3 826
3 260
15 811
419
1 079
1
10 871
4 445
4 384
PB 2025
641
47 448
222
264
12 389
18 843
1 374
11
11 827
1 364
412
743
46 807
1
1 186
3 821
3 471
16 539
497
1 083
1
11 305
4 388
4 514
Po. Inch.
PB 2025
2028
-930
-535
+0
+0
+0
-535
+0
+0
+0
+0
+0
+395
+0
+27
+142
+0
+52
+0
+10
+19
+132
+13
-289
46 913
222
264
12 389
18 308
1 374
11
11 827
1 364
412
743
47 202
1
1 212
3 963
3 471
16 592
497
1 093
1
11 325
4 520
4 527
674
49 882
218
259
12 996
19 978
1 397
11
12 451
1 393
412
768
49 208
-6
1 321
3 974
3 649
17 441
551
1 101
1
11 767
4 730
4 678
-1 122
-535
+0
+0
+0
-535
+0
+0
+0
+0
+0
+587
+0
+5
+143
+0
+53
+0
+7
+36
+331
+12
Po. Inch.
Mesures PB 2025
Mesures
PB 2025
2027
-448
49 347
218
259
12 996
19 443
1 397
11
12 451
1 393
412
768
49 795
-6
1 326
4 117
3 649
17 494
551
1 108
1
11 803
5 061
4 689
PB 2025
15
L’évolution des recettes et dépenses des Administrations publiques se présente comme suit :
16
4. Évolution de la situation financière des Administrations publiques
4.a. Vue globale
0
13%
12%
-0.1%
-100
11%
-0.2%
10%
-200
9%
en millions
8%
7%
6%
5%
-0.3%
-300
-0.4%
-0.5%
-400
-0.6%
-500
4%
-0.7%
Recettes
Solde
2028
2027
2026
2025
2028
2027
2026
2025
2024
2023
Dépenses
-0.8%
2024
-600
3%
2023
Taux de croissance
0.0%
en % du PIB (échelle de droite)
Le déficit des Administrations publiques s’élèverait à 464 millions d’euros en 2024 (-0,6% du PIB). Par
rapport à l’exercice 2023 le solde s’améliorerait en raison d’un taux de croissance des dépenses
inférieur à celui des recettes.
L’exercice 2024 est caractérisé par une progression des dépenses de +7,5%. Il s’agit d’un taux
nettement inférieur à celui de 2023 (+11,7%) mais toujours supérieur au taux de croissance moyen sur
la période 2014-2022 (+6,2%). La croissance des dépenses en 2024 est en effet toujours influencée par
les mesures qui ont été prises pour lutter contre les effets de la hausse des prix énergétiques et de
l’inflation pour les ménages et les entreprises. Le dynamisme de l’emploi, les indexations successives
et l’accord salarial dans la fonction publique contribue également à une hausse importante des
dépenses de rémunérations.
Les recettes augmenteraient de +7,8% en 2024, soit une progression supérieure à la moyenne annuelle
sur la période 2014-2022 (+5,8%). La croissance des recettes résulte principalement des recettes en
matière d’impôts courants sur le revenu (impôts sur le revenu des collectivités, impôts sur traitements
et salaires, etc.) qui s’élèveraient à 15,9 milliards d’euros en 2024, soit une progression de +10,9%
(croissance moyenne de +7,8% sur la période 2014-2022). Et ce malgré, l’adaptation des barèmes de
4 tranches indiciaires et les mesures relatives au logement. Ensuite, la reprise de l’activité économique
en 2021 s’est répercutée avec un certain décalage sur les impôts payés par les sociétés. Les impôts sur
la production (accises, TVA, taxe d’abonnement, etc.) atteindraient un niveau de 9,7 milliards d’euros
en 2024, soit une croissance de +8,7%. Cette évolution positive est essentiellement due au dynamisme
des recettes de TVA qui bénéficient d’un regain de l’activité économique par rapport à 2023 et de la
fin de la réduction d’un point de pourcentage de certains taux.
L’exercice 2025 se caractérise par une croissance des recettes de +5,7%, contre une croissance des
dépenses de +5,8%. Le solde 2025 se chiffrerait à -563 millions d’euros, ce qui constitue une
dégradation de 99 millions d’euros par rapport à l’estimation pour l’exercice 2024.
17
Ceci résulte d’un taux des dépenses légèrement supérieur à celui des recettes bien qu’en baisse par
rapport à 2024. Le taux de croissance moindre par rapport à 2024 est notamment dû à l’arrêt de la
plupart des mesures tripartites destinées à limiter l’impact de la pression inflationniste, tandis que la
croissance des recettes est influencée par les mesures fiscales prises en faveur des ménages et des
entreprises (« Entlaaschtungs-Pak ») telles que l’indexation des barèmes de 2,5 tranches indiciaires,
l’augmentation de la déductibilité des intérêts de prêt hypothécaire ou la baisse du taux de l’IRC. La
hausse de la masse salariale qui passe de 3,7% à 4,7% en 2025 contribue à l’évolution des cotisations
sociales en 2025.
Entre 2025 et 2027, les recettes progresseraient plus rapidement que les dépenses entrainant une
amélioration du solde des Administrations publiques qui s’établirait à -0,3% du PIB en 2027.
La nette croissance des investissements (formation de capital et transferts en capital) prévue en 2028
en raison de plusieurs projets de grande envergure (p.ex. Tram rapide, A4 multimodal, CHL, Südspidol)
pèserait quelque peu sur le solde en 2028. Toutefois, la dégradation du solde des Administrations
publiques en 2028 est essentiellement due à la dégradation du solde de la Sécurité sociale.
Le tableau ci-après présente l’évolution des différentes catégories de recettes et de dépenses des
Administrations publiques d’après la classification SEC2010 :
Administrations publiques
Dépenses
Consommation intermédiaire
Formation de capital
Rémunération des salariés
Autres impôts sur la production
Subventions à payer
Revenus de la propriété
Impôts courants sur le revenu, le patrimoine, etc.
Prestations sociales en espèce
Prestations sociales en nature
Autres transferts courants
Transferts en capital à payer
Variation sur actifs non financiers non produits
2023
2024
2025
2026
2027
2028
37 968
40 814
43 194
45 286
47 202
49 795
+11,7%
+7,5%
+5,8%
+4,8%
+4,2%
+5,5%
3 688
4 045
4 262
4 384
4 527
4 689
+6,4%
+9,7%
+5,3%
+2,9%
+3,2%
+3,6%
3 748
3 823
4 165
4 445
4 520
5 061
+14,8%
+2,0%
+9,0%
+6,7%
+1,7%
+12,0%
8 834
9 863
10 496
10 871
11 325
11 803
+11,4%
+11,6%
+6,4%
+3,6%
+4,2%
+4,2%
1
1
1
1
1
1
+6,5%
-22,2%
+6,4%
+0,0%
+0,0%
+0,0%
1 246
1 192
1 079
1 079
1 093
1 108
+40,9%
-4,4%
-9,5%
-0,0%
+1,3%
+1,4%
237
286
342
419
497
551
+101,0%
+21,0%
+19,3%
+22,6%
+18,7%
+10,8%
1
0
0
0
0
0
-67,4%
-100,0%
+0,0%
+0,0%
+0,0%
+0,0%
13 145
14 013
14 905
15 811
16 592
17 494
+9,0%
+6,6%
+6,4%
+6,1%
+4,9%
+5,4%
2 548
2 895
3 076
3 260
3 471
3 649
+2,5%
+13,6%
+6,3%
+6,0%
+6,5%
+5,1%
3 284
3 410
3 716
3 826
3 963
4 117
+17,4%
+3,8%
+9,0%
+3,0%
+3,6%
+3,9%
1 049
1 173
1 183
1 188
1 212
1 326
+17,5%
+11,8%
+0,9%
+0,4%
+2,0%
+9,4%
185
114
-31
2
1
-6
+148,3%
-38,8%
-127,1%
-105,7%
-32,4%
-605,0%
18
Administrations publiques
2023
2024
2025
2026
2027
2028
37 416
40 350
42 631
44 826
46 913
49 347
+9,6%
+7,8%
+5,7%
+5,1%
+4,7%
+5,2%
Recettes
Production marchande
Production pour usage final propre
673
673
694
724
743
768
+1,1%
+0,1%
+3,0%
+4,4%
+2,5%
+3,4%
382
385
398
412
412
412
+5,4%
+0,9%
+3,5%
+3,5%
+0,0%
+0,0%
1 173
1 216
1 276
1 319
1 364
1 393
+4,4%
+3,7%
+4,9%
+3,4%
+3,4%
+2,1%
8 970
9 747
10 585
11 214
11 827
12 451
-0,6%
+8,7%
+8,6%
+5,9%
+5,5%
+5,3%
15
12
11
11
11
11
+10,3%
-22,9%
-6,9%
+0,0%
+0,0%
+0,0%
1 264
1 377
1 319
1 344
1 374
1 397
+41,4%
+8,9%
-4,2%
+1,9%
+2,2%
+1,7%
14 308
15 873
16 526
17 343
18 308
19 443
+15,5%
+10,9%
+4,1%
+4,9%
+5,6%
+6,2%
10 247
10 455
11 297
11 876
12 389
12 996
+10,0%
+2,0%
+8,1%
+5,1%
+4,3%
+4,9%
Production non marchande
Impôts sur la production et les importations
Autres subventions sur la production à recevoir
Revenus de la propriété
Impôts courants sur le revenu, le patrimoine, etc.
Cotisations sociales
Autres transferts courants
147
367
286
354
264
259
+12,7%
+149,6%
-22,1%
+23,8%
-25,4%
-2,0%
Transferts en capital à recevoir
236
245
239
228
222
218
+7,2%
+3,7%
-2,3%
-4,9%
-2,6%
-1,8%
Solde
-552
-464
-563
-460
-289
-448
en % du PIB
-0,7%
-0,6%
-0,6%
-0,5%
-0,3%
-0,4%
PIB en valeur
79 310
Note : Les chiffres de ce tableau sont exprimés en millions d'euros.
81 853
86 675
91 207
95 884
101 261
4.b. Comparaison avec la loi pluriannuelle 2023-2027
Évolution du solde des Administrations publiques
0.0%
2023
2024
2025
2026
2027
2028
0
-0.2%
2024
2025
2026
2027
2028
-200
-0.4%
-400
-0.6%
en millions
en % du PIB
2023
-0.8%
-1.0%
-600
-800
-1.2%
-1 000
-1.4%
-1 200
LPFP 2023-2027
PLPFP 2024-2028
LPFP 2023-2027
PLPFP 2024-2028
19
Le tableau suivant compare l’évolution des recettes et dépenses de la loi relative à la programmation
financière pluriannuelle (LPFP) 2023-2027 et du projet de loi relatif à la programmation financière
pluriannuelle de 2024-2028 (PLPFP).
2024
2025
2026
2027
2028
LPFP
23-27
PLPFP
24-28
LPFP
23-27
PLPFP
24-28
LPFP
23-27
PLPFP
24-28
LPFP
23-27
PLPFP
24-28
PLPFP
24-28
Recettes
variations budget 2024 - 2025
Dépenses
variations budget 2024 - 2025
Solde
En % du PIB
39 333
41 701
-921
46 913
+2,7%
47 202
+1,3%
-289
49 347
-833
44 826
+2,5%
45 286
+1,6%
-460
45 674
-1 082
42 631
+2,2%
43 194
+1,0%
-563
43 728
-987
40 350
+2,6%
40 814
+1,2%
-464
Recettes
Dépenses
Solde
46,8%
48,0%
-1,2%
49,3%
49,9%
-0,6%
47,1%
48,3%
-1,2%
49,2%
49,8%
-0,6%
47,2%
48,1%
-0,9%
49,1%
49,7%
-0,5%
46,9%
47,9%
-0,9%
48,9%
49,2%
-0,3%
48,7%
49,2%
-0,4%
PIB
84 064
81 853
88 567
86 675
92 693
91 207
97 291
95 884
101 261
Administrations publiques
En millions
40 319
42 783
Note : Les chiffres de ce tableau sont exprimés en millions d’euros.
44 561
46 595
49 795
-448
Entre la loi de programmation financière 2023-2027 et le projet de loi de programmation financière de
2024-2028, les déficits des exercices 2024 à 2027 ont été substantiellement revus à la baisse. Ces
améliorations du solde s’élèvent à 523 millions d’euros pour l’exercice 2024 et atteint même près de
632 millions d’euros en 2027. Même si les prévisions de dépenses ont été revues à la hausse, les
prévisions de recettes ont été réévaluées de manière plus importante sur toute la période.
La révision à la hausse des recettes en 2024 (+1 milliard d’euros soit +2,6%) est principalement
imputable à des rentrées de recettes plus importantes que prévues des impôts courants sur le revenu
dont la hausse par rapport à la programmation financière 2023-2027 s’élèverait à près de 600 millions
d’euros (+3,9%). Cette évolution favorable est tirée par l’impôt sur le revenu des collectivités (IRC) et
l’impôt commercial communal (ICC) qui ont été revus à la hausse de respectivement +17% et +16%.
Les impôts sur la production et les importations ont été revus à la hausse de 218 millions d’euros en
raison d’une hausse au niveau de la TVA (+2,9%) et dans une moindre mesure de la taxe d’abonnement
(+3,8%). Les revenus de la propriété et les transferts courants ont également contribué à la révision
positive des recettes.
En ce qui concerne la révision à la hausse des dépenses pour l’exercice 2024 (+495 millions d’euros soit
1,2%), celle-ci résulte essentiellement d’une augmentation des rémunérations (+168 millions d’euros),
des prestations en espèces (+138 millions d’euros) et des investissements directs (+58 millions
d’euros).
Pour les exercices 2025 à 2027, les prévisions de recettes fiscales ont été révisées structurellement à
la hausse par rapport aux prévisions de la loi de programmation financière 2023-2027 afin de tenir
compte d’une part, de l’effet de base induit par les performances désormais prévues pour 2024 et
d’autre part, pour réduire davantage le risque de sous-estimations à l’avenir. Il ne faut toutefois pas
négliger les incertitudes entourant plus généralement les prévisions fiscales dans le cas d’une petite
économie ouverte, surtout dans le cas des prévisions des recettes de l’IRC et de l’ICC dans le contexte
de l’application de l’imposition minimale (Pilier 2) et au vu de la forte concentration et des
comportements des contribuables.
20
La revue à la hausse des dépenses pour les exercices 2025 à 2027 provient d’une revue à la hausse de
l’ensemble des catégories. Les variations les plus importantes se situent au niveau des prestations
sociales en espèces, des transferts courants et des investissements.
5. Évolution de la situation financière de l’Administration centrale
5.a Vue globale
0
12%
-200
-400
-1 400
2028
2027
2026
2025
2024
2023
0%
Solde
-1 600
2028
Recettes
2024
Dépenses
-1 200
2023
2%
-1 000
2027
4%
-800
2026
6%
-600
2025
8%
en millions
Taux de croissance
10%
Le solde nominal de l’Administration centrale s’établirait à -1,4 milliard en 2024 (-1,7% du PIB) soit une
légère amélioration par rapport à l’exercice 2023. Par la suite, le déficit diminuerait progressivement
et passerait de 1,3 milliard en 2025 (-1,5% du PIB) à 667 millions d’euros (-0,7% du PIB) en fin de
période de prévision. Le déficit se réduirait donc de moitié entre 2025 et 2027. L’amélioration du solde
de l’Administration centrale s’explique par un effet ciseaux qui redeviendrait positif dès 2024. Ainsi, le
taux de croissance des dépenses diminuerait au point d’être inférieur au taux de croissance des
recettes sur toute la période 2024-2028.
En 2024, les dépenses de l’Administration centrale se chifferaient à 29,5 milliards d’euros et
progresseraient de +8,6% par rapport à 2023. Ce taux de croissance élevé par rapport à la moyenne
historique (+6,2% pour la période 2014-2022) résulte de la croissance élevée des transferts courants
(+7,9%), des dépenses de rémunération (+11,7%), de consommation intermédiaire (12,6%) et de
formation de capital (+13%). Le dynamisme de l’emploi dans la fonction publique et les effets de
l’accord salarial expliquent la hausse importante des dépenses de rémunération. La progression des
dépenses de consommation intermédiaire est due à une croissance des frais de fonctionnement et de
digitalisation. À noter que presque 50% de la consommation intermédiaire se fait toutefois au niveau
des établissements publics (et SEGS). En outre, les mesures prises afin de lutter contre les effets de
l’inflation pour les ménages et les entreprises continuent d’exercer une pression sur les dépenses pour
un total estimé de 1,2 milliard d’euros en 2024.
En ce qui concerne les recettes, elles progresseraient de +9,3% pour atteindre 28,1 milliards d’euros
en 2024. L’évolution positive des recettes est tirée par la croissance des revenus des impôts courants
sur le revenu et le patrimoine (+10,8%) ainsi que par les impôts sur la production et les importations
(+8,8%). Comme mentionné dans la partie relative aux Administrations publiques, ces impôts ont
bénéficié d’un regain de l’activité économique et d’une surperformance de l’IRC due à des soldes
d’impôts d’années antérieures.
21
La croissance des dépenses estimée pour l’exercice 2025 devrait baisser et s’élèverait à +4,5%. Cette
décélération des dépenses est due à l’arrêt des mesures précédemment citées ainsi qu’à un certain
ralentissement de la croissance des dépenses de consommation intermédiaire et de rémunération.
L’échelle mobile des salaires serait en effet plus basse par rapport à 2024. Du côté des recettes, la
progression s’établirait à +5,2%. Celle-ci est principalement due à l’augmentation des impôts sur la
production et les importations (+8,5%) qui bénéficie d’un regain de l’activité économique par rapport
à 2023. Les impôts courants sur le revenu et le patrimoine augmenteraient de seulement 4% sous
l’effet de base de 2024 et du déchet fiscal des mesures prises dans le cadre du « Entlaaschtungs-Pak »
présenté en juillet dont le coût s’élève à 421 millions d’euros en 2025.
Entre 2025 et 2028, les dépenses seraient caractérisées par une croissance annuelle moyenne de
+4,4% tandis que la croissance moyenne des recettes s’élèverait à +5,3%. De ce fait, le solde de
l’Administration centrale continuerait de s’améliorer. Force est toutefois de constater qu’en 2028
l’effet ciseaux devrait se fermer de nouveau, au vu de la progression importante des dépenses
d’investissement en fin de période.
La croissance moyenne des dépenses d’investissements directs et indirects s’établit à +5,8% sur la
période 2025-2028, ce qui équivaut à un taux d’investissement moyen annuel de 4,5% du PIB
nettement supérieur à celui de la période 2014-2022 (3,8% du PIB). Ces investissements élevés
répondent aux priorités que le Gouvernement s’est fixées en matière de transition énergétique, de
mobilité, de logement et de modernisation de l’économie générale ainsi que d’un effort de défense
orienté à la hausse sur les années à venir (voir chapitre 8 point 8.b.iv. pour plus de détails sur les
investissements)
Le tableau ci-après présente la trajectoire d’évolution de la situation financière de l’Administration
centrale au cours de la période 2023 à 2028 :
Administration centrale
Dépenses
Consommation intermédiaire
Formation de capital
Rémunération des salariés
Subventions à payer
Revenus de la propriété
Impôts courants sur le revenu, le patrimoine, etc.
Prestations sociales en espèce
Prestations sociales en nature
Autres transferts courants
Transferts en capital à payer
Acquisitions moins cessions d’actifs non financiers
non produits
2023
2024
2025
2026
2027
2028
27 187
+11,3%
29 527
+8,6%
30 858
+4,5%
32 228
+4,4%
33 359
+3,5%
35 146
+5,4%
2 103
2 368
2 476
2 542
2 623
2 718
+0,6%
+12,6%
+4,6%
+2,7%
+3,2%
+3,6%
2 002
+16,0%
2 263
+13,0%
2 489
+10,0%
2 710
+8,9%
2 567
-5,3%
2 876
+12,1%
6 333
7 072
7 549
7 845
8 206
8 589
+11,1%
+11,7%
+6,8%
+3,9%
+4,6%
+4,7%
1 230
1 175
1 060
1 060
1 074
1 089
+42,0%
-4,5%
-9,8%
-0,0%
+1,4%
+1,4%
206
237
327
404
482
536
+85,3%
+15,1%
+37,7%
+23,6%
+19,4%
+11,1%
1
-
0
-
0
-
0
-
0
-
0
-
2 584
2 628
2 770
2 886
2 972
3 077
+7,6%
+1,7%
+5,4%
+4,2%
+3,0%
+3,5%
329
360
373
391
409
425
+7,4%
+9,4%
+3,6%
+4,7%
+4,6%
+4,0%
11 041
11 915
12 385
12 892
13 426
14 063
+9,3%
+7,9%
+3,9%
+4,1%
+4,1%
+4,7%
1 280
1 510
1 460
1 496
1 599
1 778
+18,0%
+17,9%
-3,3%
+2,5%
+6,9%
+11,2%
77
0
-31
2
1
-6
+288,2%
-100,2%
-
-105,7%
-32,4%
-605,0%
22
Administration centrale
Recettes
Production marchande
Production pour usage final propre
Production non marchande
Impôts sur la production et les importations
Autres subventions sur la production à recevoir
2023
2024
2025
2026
2027
2028
25 726
28 106
29 570
31 145
32 675
34 478
+8,6%
+9,3%
+5,2%
+5,3%
+4,9%
+5,5%
107
86
91
100
92
89
-15,2%
-19,3%
+5,3%
+10,2%
-8,1%
-2,8%
382
385
398
412
412
412
+5,4%
+0,9%
+3,5%
+3,5%
+0,0%
+0,0%
894
896
944
970
996
1 011
+4,1%
+0,2%
+5,4%
+2,7%
+2,7%
+1,5%
8 899
9 684
10 507
11 136
11 749
12 373
-0,6%
+8,8%
+8,5%
+6,0%
+5,5%
+5,3%
1
0
0
0
0
0
-
-
-
-
-
-
569
635
619
630
646
663
+65,1%
+11,7%
-2,5%
+1,8%
+2,5%
+2,7%
13 006
14 416
14 987
15 753
16 667
17 741
+14,3%
+10,8%
+4,0%
+5,1%
+5,8%
+6,4%
1 260
1 325
1 398
1 472
1 545
1 623
+9,9%
+5,2%
+5,5%
+5,3%
+4,9%
+5,1%
300
361
338
388
293
294
+20,7%
+20,5%
-6,5%
+14,9%
-24,4%
+0,2%
310
317
288
284
275
271
+9,1%
+2,2%
-9,1%
-1,6%
-3,1%
-1,3%
Solde
-1 462
-1 421
-1 288
-1 083
-685
-667
en % du PIB
-1,8%
-1,7%
-1,5%
-1,2%
-0,7%
-0,7%
PIB en valeur
79 310
Note : Les chiffres de ce tableau sont exprimés en millions d’euros.
81 853
86 675
91 207
95 884
101 261
Revenus de la propriété
Impôts courants sur le revenu, le patrimoine, etc.
Cotisations sociales
Autres transferts courants
Transferts en capital à recevoir
5.b Comparaison avec la loi pluriannuelle 2023-2027
0
Évolution du solde de l'Administration centrale
en millions
-500
-1 000
-1 500
-2 000
-2 500
2023
2024
LPFP 2023-2027
2025
2026
2027
PLPFP 2024-2028
2028
23
Entre la loi de programmation financière 2023-2027 et le projet de loi de programmation financière de
2024-2028, les déficits des exercices 2024 à 2027 ont été nettement revus à la baisse. Ces
améliorations du solde oscillent sur la période entre 353 et 608 millions d’euros. Les prévisions de
dépenses n’ont été peu revues à la hausse tandis les prévisions de recettes ont été réévaluées de
manière substantielle sur toute la période 2024-2027.
Les dernières prévisions disponibles pour 2024 indiquent une variation des recettes de +2,4% (655
millions d’euros) par rapport à la loi relative à la programmation financière pluriannuelle (LPFP) 20232027. Les principales variations se trouvent au niveau des impôts courants sur le revenu et le
patrimoine (+424 millions d’euros) ainsi qu’au niveau des impôts sur la production (+233 millions
d’euros).
Au niveau des impôts courants, la révision provient essentiellement des impôts sur le revenu des
collectivités (+15%). Les révisions les plus importantes côté impôts sur la production ont été
enregistrées au niveau de la taxe sur la valeur ajoutée (+2,9%) et dans une moindre mesure de la taxe
d’abonnement (+3,8%).
En ce qui concerne les dépenses, la révision par rapport à la loi relative à la programmation financière
pluriannuelle (LPFP) 2023-2027 s’élève en 2024 à 0,6% (166 millions d’euros). Toutes les catégories de
dépenses contribuent à la révision à la hausse sauf les subventions et la consommation intermédiaire
qui ont été légèrement revues à la baisse.
Le solde de l’Administration centrale pour l’exercice 2024 s’est en conséquence amélioré de 489
millions d’euros par rapport au montant prévu dans la loi relative à la programmation financière
pluriannuelle (LPFP) 2023-2027.
Pour l’exercice 2025, les prévisions de recettes de l’Administration centrale ont été révisées à la hausse
de +2,4%. Sous l’effet de base de 2024, la croissance des recettes est imputable en premier lieu à une
révision à la hausse des estimations au niveau des impôts sur la production (+532 millions d’euros). La
revue des impôts courants se chiffre à +213 millions d’euros et peut sembler faible au regard de la
révision pour l’exercice 2024. Ceci s’explique par les mesures du « Entlaaschtungs-Pak » présenté en
juillet dont le déchet fiscal estimé s’élève à 421 millions d’euros en 2025, de sorte que l’amélioration
aurait été de 634 millions en l’absence de mesures.
En ce qui concerne les dépenses, le taux de révision est similaire à celui de 2024. Toutefois, les
composantes principales sont les autres transferts courants qui augmentent de 162 millions d’euros
sous l’effet notamment du dynamisme de la TVA qui entre dans le calcul de la dotation de l’État aux
communes. La revue à la hausse du taux de chômage depuis le projet de budget 2024 contribue
également à une révision à la hausse des prestations sociales en espèces (+114 millions d’euros).
La même tendance de révision se poursuit au niveau des exercices 2026-2027. La révision des dépenses
est de +1,4% et +1%, alors que les recettes ont été révisées de +2,6% et +3%. Les facteurs explicatifs
sont similaires à ceux de 2025.
Le tableau suivant compare l’évolution des recettes et des dépenses ajustées selon la loi relative à la
programmation financière pluriannuelle de 2023-2027 (LPFP) et selon le projet de loi relative à la
programmation financière pluriannuelle de 2024-2028 (PLPFP).
24
2024
2025
2026
2027
2028
LPFP
23-27
PLPFP
24-28
LPFP
23-27
PLPFP
24-28
LPFP
23-27
PLPFP
24-28
LPFP
23-27
PLPFP
24-28
PLPFP
24-28
Recettes
variations budget 2024 - 2025
Dépenses
variations budget 2024 - 2025
Solde
En % du PIB
27 451
28 876
-1 293
32 675
+3,0%
33 359
+1,0%
-685
34 478
-1 436
31 145
+2,6%
32 228
+1,4%
-1 083
31 734
-1 810
29 570
+2,4%
30 858
+0,6%
-1 288
30 354
-1 910
28 106
+2,4%
29 527
+0,6%
-1 421
Recettes
Dépenses
Solde
PIB
32,7%
34,9%
-2,3%
84 064
34,3%
36,1%
-1,7%
81 853
32,6%
34,6%
-2,0%
88 567
34,1%
35,6%
-1,5%
86 675
32,7%
34,3%
-1,5%
92 693
34,1%
35,3%
-1,2%
91 207
32,6%
33,9%
-1,3%
97 291
34,1%
34,8%
-0,7%
95 884
34,0%
34,7%
-0,7%
101 261
Administration centrale
En millions
29 361
30 686
31 791
33 027
35 146
-667
6. Évolution de la situation financière des Administrations locales
6.a. Vue globale
Recettes
200
4%
2028
-200
2028
2027
2026
2025
2024
2023
2%
0%
-100
2027
6%
0
2026
8%
100
2025
10%
2024
12%
en millions
Taux de croissance
300
Dépenses
14%
2023
16%
-300
Solde
Les prévisions du secteur des Administrations locales ont été établies sur base d’une estimation
globale, par catégories SEC des recettes et dépenses, des évolutions antérieures, adaptées en fonction
de l’incidence des facteurs modificatifs escomptés de même qu’en tenant compte de prévisions
obtenues des plans pluriannuels de financement des communes.
Sur base des prévisions, le solde des Administrations locales s’améliorerait en 2024 et resterait positif
tout au long de la période de prévision. L’évolution positive du solde en 2024 résulte d’une croissance
des recettes (+11,7%) nettement supérieure à celle des dépenses (+4,7%). En 2025, les recettes et les
dépenses progresseraient moins rapidement (respectivement +3% et +2%) et toujours avec un effet
ciseaux positif de manière que le solde continue de s’améliorer sur la période de prévision.
L’évolution des recettes du secteur communal est influencée par les transferts en provenance du
budget de l’État. Rappelons à cet égard que la contribution de l’État dans le Fonds de dotation globale
des communes est déterminée en grande partie par le produit de trois impôts, à savoir : 18% du produit
de l’impôt prélevé sur les personnes physiques, 10% de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et 20% de la
taxe sur les véhicules automoteurs. De ce fait, l’évolution de ces impôts explique en grande partie la
progression des transferts courants reçus par les Administrations locales.
25
La deuxième recette du secteur communal, en termes d’importance relative, est l’impôt commercial
communal. Tout comme l’IRC, les recettes de cet impôt augmenteraient substantiellement en 2024 et
sont généralement révisées à la hausse par rapport aux prévisions précédentes.
Les recettes au titre de la production marchande et non marchande, qui représentent pour l’essentiel
les produits des taxes communales et qui dépendent donc des décisions afférentes des conseils
communaux, constituent la troisième catégorie en importance des recettes du secteur communal.
Les transferts en capital versés par l’État dans le cadre des différents régimes de subventionnement
d’investissements forment également une catégorie de revenus non négligeables.
Les dépenses de fonctionnement (rémunérations des salariés et consommation intermédiaire)
représentent la première catégorie de dépenses suivie par les investissements directs.
Administrations locales
2023
2024
2025
2026
2027
2028
4 479
+15,2%
1 031
+15,3%
1 561
+11,6%
1 481
+14,2%
1
+10,8%
16
-10,4%
28
+346,2%
21
+12,8%
35
+9,9%
188
+11,8%
19
+8,3%
4 689
+4,7%
1 099
+6,6%
1 425
-8,7%
1 669
+12,7%
1
+11,8%
17
+8,3%
59
+112,9%
22
+7,8%
44
+26,2%
215
+14,4%
24
+27,8%
4 784
+2,0%
1 161
+5,6%
1 565
+9,9%
1 734
+3,9%
1
+6,4%
19
+9,0%
25
-57,7%
21
-5,3%
41
-7,7%
189
-12,0%
28
+16,3%
4 918
+2,8%
1 204
+3,7%
1 610
+2,9%
1 773
+2,2%
1
+0,0%
19
+0,0%
25
+0,0%
21
+0,0%
41
+0,0%
189
+0,0%
36
+28,6%
5 113
+4,0%
1 246
+3,5%
1 715
+6,5%
1 816
+2,5%
1
+0,0%
19
+0,0%
25
+0,0%
21
+0,0%
41
+0,0%
189
+0,0%
40
+11,1%
5 285
+3,4%
1 293
+3,8%
1 790
+4,4%
1 861
+2,5%
1
+0,0%
19
+0,0%
25
+0,0%
21
+0,0%
41
+0,0%
189
+0,0%
45
+12,5%
101
+161,6%
Recettes
4 216
+13,0%
Production marchande
327
+1,7%
Production non marchande
187
-0,9%
Impôts sur la production et les importations
72
-0,6%
Autres subventions sur la production à recevoir
12
+11,6%
Revenus de la propriété
98
Impôts courants sur le revenu, le patrimoine, etc.
1 303
+29,2%
Cotisations sociales
4
+1,0%
Autres transferts courants
1 996
+7,7%
Transferts en capital à recevoir
219
-8,1%
Solde
-264
en % du PIB
-0,3%
PIB en valeur
79 310
Note : Les chiffres de ce tableau sont exprimés en millions d’euros.
114
+12,8%
4 709
+11,7%
334
+2,1%
230
+23,3%
63
-12,2%
12
+1,2%
91
-7,0%
1 457
+11,9%
4
+8,3%
2 242
+12,3%
276
+26,0%
20
0,0%
81 853
0
-100,0%
4 851
+3,0%
329
-1,4%
235
+2,0%
78
+24,2%
11
-6,9%
42
-53,7%
1 539
+5,6%
4
-0,2%
2 358
+5,2%
255
-7,4%
68
0,1%
86 675
0
0,0%
5 063
+4,4%
334
+1,5%
245
+4,3%
78
+0,0%
11
+0,0%
42
+0,0%
1 590
+3,3%
4
+0,0%
2 501
+6,1%
258
+1,0%
145
0,2%
91 207
0
0,0%
5 281
+4,3%
339
+1,5%
255
+4,1%
78
+0,0%
11
+0,0%
42
+0,0%
1 641
+3,2%
4
+0,0%
2 648
+5,9%
263
+1,9%
168
0,2%
95 884
0
0,0%
5 519
+4,5%
344
+1,5%
260
+2,0%
78
+0,0%
11
+0,0%
42
+0,0%
1 702
+3,7%
4
+0,0%
2 828
+6,8%
250
-4,9%
234
0,2%
101 261
Dépenses
Consommation intermédiaire
Formation de capital
Rémunération des salariés
Autres impôts sur la production
Subventions à payer
Revenus de la propriété
Prestations sociales en espèce
Prestations sociales en nature
Autres transferts courants
Transferts en capital à payer
Acquisitions moins cessions d’actifs non financiers non
produits
26
6.b. Comparaison avec la loi pluriannuelle 2023-2027
Évolution du solde des Administrations locales
400
300
en millions
200
100
0
-100
-200
-300
2023
2024
2025
2026
LPFP 2023-2027
2027
2028
PLPFP 2024-2028
Le tableau suivant compare l’évolution des recettes et dépenses de la dernière loi relative à la
programmation financière pluriannuelle et du projet de loi relative à la programmation financière
pluriannuelle de 2024-2028.
Administrations locales
En millions
Recettes
variation budget 2024 - 2025
Dépenses
variation budget 2024 - 2025
Solde
En % du PIB
Recettes
Dépenses
Solde
PIB
LPFP
23-27
2024
4 432
PLPFP
24-28
2025
LPFP
23-27
LPFP
23-27
PLPFP
24-28
PLPFP
24-28
4 780
5 063
+5,9%
4 918
+5,3%
+145
4 949
5 281
+6,7%
5 113
+5,7%
+168
5 519
5,2%
5,0%
+0,1%
92 693
+62
+101
4 851
+5,1%
4 784
+6,0%
+68
5,3%
5,2%
+0,1%
84 064
5,8%
5,7%
+0,0%
81 853
5,2%
5,1%
+0,1%
88 567
5,6%
5,5%
+0,1%
86 675
Note : Les chiffres de ce tableau sont exprimés en millions d’euros.
2028
PLPFP
24-28
4 614
4 513
2027
LPFP
23-27
4 709
+6,2%
4 689
+7,3%
+20
4 370
2026
PLPFP
24-28
4 672
+108
4 838
+111
5 285
+234
5,6%
5,1%
5,5%
5,5%
5,4%
5,0%
5,3%
5,2%
+0,2% +0,1% +0,2%
+0,2%
91 207 97 291 95 884 101 261
Tout comme pour l’Administration centrale, les dépenses et les recettes ont été révisées à la hausse
par rapport à la programmation pluriannuelle 2023-2027.
Comme mentionner dans le point 13.b. du volume 1 du projet de budget 2025, en ce qui concerne le
mode de financement du CGDIS, les recettes du produit de l’augmentation de la TVA attribuées au
CGDIS seront désormais considérée comme étant une contribution des communes.
7. Évolution de la situation financière de la Sécurité sociale
7.a. Vue globale
Le solde de la Sécurité sociale se dégrade progressivement à partir de 2023, passant de 1 173 millions
d’euros en 2023 à un solde déficitaire de l’ordre de -15 millions d’euros à l’horizon 2028.
La crise sanitaire et la crise inflationniste ont successivement pesé sur le marché du travail. Le
ralentissement de l’emploi associé à une accélération des départs à la retraite a un impact considérable
sur le solde de la Sécurité sociale.
27
Les prévisions de la loi relative à la programmation financière pluriannuelle pour 2023-2027 votée en
parallèle au programme de stabilité et de croissance d’avril 2024 (en raison des élections législatives
d’octobre 2023) prévoyaient une trajectoire allant de 1 055 millions d’euros en 2023 à 261 millions
d’euros en 2027.
10%
Dépenses
Solde
1 200
8%
2028
2028
2027
0
2026
3%
2025
200
2024
4%
2027
400
2026
5%
600
2025
6%
800
2024
7%
2023
en millions
1 000
2023
Taux de croissance
9%
1 400
Recettes
Pour la période 2024-2028, le total des dépenses s’accroît de +6,6% en moyenne, contre une
croissance moyenne estimée des recettes de +5,0% sur la même période. Cet effet ciseaux négatif
explique largement la trajectoire du solde prémentionné. Lesdites évolutions résultent du
développement des grandes catégories de recettes et dépenses qui se présentent comme suit :
La plus grande partie des recettes est constituée par les cotisations sociales ainsi que par les
contributions de l’État aux assurances maladie-maternité et pension, établies en fonction de
l’évolution des cotisations. L’évolution globale des recettes est donc largement marquée par
l’évolution de l’emploi et de la conjoncture économique avec, en particulier, une révision à la baisse
de l’estimation de croissance de l’emploi salarié réalisée par le STATEC en septembre (pour 2025
évolution de 1,5%, contre 2,1% au projet de budget pour 2024).
Au vu du grand degré d’ouverture de l’économie luxembourgeoise et des révisions récurrentes aux
projections, l’élaboration des prévisions pour la Sécurité sociale s’avère également périlleuse. Par
conséquent, il peut être utile d’apprécier son évolution suivant différents scénarios.
Tel que précisé ci-dessus, le facteur emploi joue un rôle déterminant dans le fragile équilibre de la
Sécurité sociale. Une analyse de sensibilité, empruntant comme hypothèse +0,5 ou -0,5 point de
pourcentage par rapport à l’hypothèse de base, qui est le scénario central actuel du STATEC avec une
croissance annuelle moyenne de l’emploi salarié estimée à +1,7% entre 2024 et 2028, illustre la
sensibilité du solde à une variation de la croissance de l’emploi.
28
Le tableau ci-après présente la trajectoire d’évolution de la situation financière de la Sécurité sociale
au cours de la période 2023 à 2028 :
Sécurité sociale
2023
2024
2025
2026
2027
2028
15 104
+8,3%
555
+15,4%
185
+32,8%
1 020
+9,0%
2
10 540
+9,3%
2 184
+1,6%
489
+10,3%
120
-12,0%
16 312
+8,0%
579
+4,3%
135
-27,0%
1 123
+10,0%
0
11 363
+7,8%
2 491
+14,1%
532
+8,7%
90
-24,8%
17 394
+6,6%
625
+8,0%
111
-17,6%
1 213
+8,1%
0
12 114
+6,6%
2 662
+6,9%
584
+9,9%
84
-7,1%
18 436
+6,0%
638
+2,1%
125
+11,8%
1 253
+3,3%
0
12 904
+6,5%
2 828
+6,2%
604
+3,4%
84
-0,2%
19 515
+5,9%
658
+3,1%
238
+91,2%
1 302
+3,9%
0
13 599
+5,4%
3 021
+6,8%
633
+4,7%
64
-23,8%
20 744
+6,3%
678
+3,0%
395
+65,8%
1 353
+3,9%
0
14 397
+5,9%
3 183
+5,4%
664
+4,9%
74
+15,8%
0
8
-50,6% -100,0%
16 277
17 249
+8,7%
+6,0%
0
18 051
+4,7%
0
18 914
+4,8%
0
19 743
+4,4%
0
20 729
+5,0%
Capacité/besoin de financement
en % du PIB
240
+9,8%
93
+20,3%
3
-4,2%
597
+16,2%
8 984
+10,0%
6 285
+5,7%
77
+73,7%
1 173
1,5%
253
+5,8%
90
-3,1%
0
-100,0%
661
+10,6%
9 125
+1,6%
7 016
+11,6%
104
+34,7%
937
1,1%
274
+8,1%
97
+7,9%
0
668
+1,1%
9 894
+8,4%
7 034
+0,3%
84
-18,9%
657
0,8%
290
+6,0%
104
+7,9%
0
682
+2,0%
10 400
+5,1%
7 324
+4,1%
113
+35,0%
478
0,5%
312
+7,3%
113
+7,9%
0
696
+2,1%
10 841
+4,2%
7 608
+3,9%
175
+53,9%
228
0,2%
334
+7,3%
121
+7,9%
0
701
+0,8%
11 369
+4,9%
7 935
+4,3%
267
+53,1%
-15
0,0%
PIB en valeur
79 310
81 853
86 675
91 207
95 884
101 261
Dépenses
Consommation intermédiaire
Formation de capital
Rémunération des salariés
Revenus de la propriété
Prestations sociales en espèces
Prestations sociales en nature
Autres transferts courants
Transferts en capit …
Explication IA à partir du texte officiel de la loi. Indicatif, ne remplace pas un conseil juridique.