Loi du 28 juillet 2000 portant approbation – de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, conclue à Montego Bay, le 10 décembre 1982; – de l’Accord relatif à l
De quoi traite ce texte ?
Cette loi luxembourgeoise du 28 juillet 2000 approuve la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer de 1982 et deux accords y relatifs, établissant ainsi le cadre juridique international pour les activités maritimes. Elle vise à réguler l'utilisation des océans et de leurs ressources, ainsi que la navigation et la protection du milieu marin.
Pour qui: Le Grand-Duché de Luxembourg, en tant qu'État partie à ces conventions; Les États côtiers et les États sans littoral, ainsi que les navires battant leur pavillon.
L’essentiel
- Pays
- Luxembourg
- Domaine du droit
- Droit de l'environnement et agricole
- Articles
- 319
- Source
- legilux.public.lu
- Texte récupéré le
- Explication mise à jour le
Que réglemente ce texte ?
- Les différentes zones maritimes sous juridiction nationale (mer territoriale, zone contiguë, plateau continental, zone économique exclusive).
- Le régime de la haute mer, ouverte à tous les États.
- La conservation et la gestion des stocks de poissons, y compris les stocks chevauchants et les poissons grands migrateurs.
- Les droits d'accès à la mer pour les États sans littoral et la liberté de transit.
Qui est concerné par ce texte ?
- Le Grand-Duché de Luxembourg, en tant qu'État partie à ces conventions.
- Les États côtiers et les États sans littoral, ainsi que les navires battant leur pavillon.
Quels sont les points clés ?
- La mer territoriale peut s'étendre jusqu'à 12 milles marins, avec un droit de "passage inoffensif" pour les navires étrangers.
- La zone contiguë peut s'étendre jusqu'à 24 milles marins, permettant le contrôle pour prévenir les infractions douanières, fiscales, sanitaires ou d'immigration.
- Le plateau continental s'étend généralement jusqu'à 200 milles marins, mais peut atteindre 350 milles dans certains cas, avec des droits souverains sur les ressources naturelles.
- La zone économique exclusive s'étend à 188 milles à partir de la mer territoriale ou à 200 milles au-delà du littoral, où l'État côtier exerce des droits souverains et des pouvoirs de juridiction.
Droit de l'environnement et agricole
Droit de l'environnement et agricole
Texte de loi
Texte de loi
Sommaire (319)
- Article 2
- Article 3 Largeur de la mer territoriale
- Article 4 Limite extérieure de la mer territoriale
- Article 5 Ligne de base normale
- Article 6 Récifs
- Article 7 Lignes de base droites
- Article 8 Eaux intérieures
- Article 9 Embouchoure dans les fleuves
- Article 10 Baies
- Article 11 Ports
- Article 12 Rades
- Article 13 Hauts-fonds découvrants
- Article 14 Combinaison de méthodes pour établir les lignes de base
- Article 15 Délimitation de la mer territoriale entre Etats dont les côtes
- Article 16 Cartes marines et listes des coordonnées géographiques
- Article 17 Droit de passage inoffensif
- Article 18 Signification du terme ,,passage”
- Article 19 Signification de l’expression ,,passage inoffensif’
- Article 20 Sous-marins et autres véhicules submersibles
- Article 21 Lois et règlements de l’Etat côtier relatifs au passage inoffensif
- Article 22 Voies de circulation et dispositifs de séparation du trafic
- Article 23 Navires étrangers à propulsion nucléaire
- Article 24 Obligations de l'Etat côtier
- Article 2.5 Droits de protection de l’Etat côtier
- Article 26 Droits perçus sur les navires étrangers
- Article 27 Juridiction pénale à bord d’un navire étranger
- Article 28 Juridiction civile à l’égard des navires étrangers
- Article 29 Définition de ,,navire de guerre“
- Article 30 Inobservation par un navire de guerre des lois et règlements de 1’Etat
- Article 31 Responsabilité de l’Etat du pavillon du fait d’un navire de guerre
- Article 32 Imm unités des navires de guerre et autres navires d ‘Etat
- Article 33 Zone contiguë
- Article 34 Régime juridique des eaux des détroits servant
- Article 3.5 Champ d’application de la présente partie
- Article 36 Routes de haute mer ou routes passant par une zone économique
- Article 37 Champ d’application de la présente section
- Article 38 Droit de passage en transit
- Article 39 Obligations des navires et aéronefs pendant le passage en transit
- Article 40 Recherche et levés hydrographiques
- Article 41 Voies de circulation et dispositifs de séparation du trafic dans les d
- Article 42 Lois et règlements des Etats riverains de détroits relatifs au passage
- Article 43
- Article 44 Obligations des Etats riverains de détroits
- Article 4.5 Passage inoffensif
- Article 46 Emploi des termes
- Article 47 Lignes de base archipélagiques
- Article 48
- Article 49 Régime juridique des eaux archipélagiques et de l’espace aérien surjac
- Article 50 Délimitation des eaux intérieures
- Article 51 Accords existants, droits de pêche traditionnels et câbles sous-marins
- Article 52 Droit de passage inoffensif
- Article 53 Droit de passage archipélagique
- Article 54 Obligations des navires et des aéronefs pendant leur passage, recherch
- Article 55 Régime juridique particulier de la zone économique exclusive
- Article 56 Droits, juridiction et obligations de l’Etat côtier dans la zone écono
- Article 57 Largeur de la zone économique exclusive
- Article 58 Droits et obligations des autres Etats dans la zone économique exclusi
- Article 59 Base de règlement des conflits dans le cas où la Convention n’attribue
- Article 60 Iles artificielles, installations et ouvrages dans la zone économique
- Article 61 Conservation des ressources biologiques
- Article 62 Exploitation des ressources biologiques
- Article 63 Stocks de poissons se trouvant dans les zones économiques exclusives d
- Article 64 Grands migrateurs
- Article 65 Mammiferes marins
- Article 66 Stocks de poissons anadromes
- Article 67 Espèces catadromes
- Article 68 Espèces sédentaires
- Article 69 Droit des Etats sans littoral
- Article 70 Droit des Etats géographiquement désavantagés
- Article 71 Cas où les articles 69 et 70 ne sont pas applicables
- Article 72 Restrictions au transfert des droits
- Article 73 Mise en application des lois et règlements de 1’Etat côtier
- Article 74 Délimitation de la zone économique exclusive entre Etats dont
- Article 75 Cartes marines et listes des coordonnées géographiques
- Article 76 Définition du plateau continental
- Article 77 Droits de 1’Etat côtier sur le plateau continental
- Article 78
- Article 79 Câbles et pipelines sous-marins sur le plateau continental
- Article 80 Iles artificielles, installations et ouvrages sur le plateau continent
- Article 81 Forages sur le plateau continental
- Article 82 Contributions en espèces ou en nature au titre de l’exploitation du
- Article 83 Délimitation du plateau continenta1 entre Etats dont les côtes
- Article 84 Cartes marines et listes des coordonnées géographiques
- Article 85 Creusement de galeries
- Article 86 Champ d’application de la présente partie
- Article 87 Liberté de la haute mer
- Article 88 Affectation de la haute mer à des fins pacifiques
- Article 89 Illégitimité des revendications de souveraineté sur la haute mer
- Article 90 Droit de navigation
- Article 91 Nationalité des navires
- Article 92 Condition juridique des navires
- Article 93 Navires battant le pavillon de l’Organisation des Nations Unies, des i
- Article 94 Obligations de l’Etat du pavillon
- Article 95 Immunité des navires de guerre en haute mer
- Article 97 Juridiction pénale en matière d’abordage ou en ce qui concerne tout au
- Article 98 Obligation de prêter assistance
- Article 99 Interdiction de transport d’esclaves
- Article 100 Obligation de coopérer à la répression de la piraterie
- Article 101 Définition de la piraterie
- Article 102 Piraterie du fait d’un navire de guerre, d’un navire d’Etat ou
- Article 103 Définition d’un navire ou d’un aéronef pirate
- Article 104 Conservation ou perte de la nationalité d’un navire ou d’un aéronef pi
- Article 105 Saisie d’un navire ou d’un aéronef pirate
- Article 106 Responsabilité en cas de saisie arbitraire
- Article 107 Navires et aéronefs habilités à effectuer une saisie pour raison de pi
- Article 108 Trafic illicite de stupéfiants et de substances psychotropes
- Article 109 Emissions non autorisées diffusées depuis la haute mer
- Article 110 Droit de visite
- Article 111 Droit de poursuite
- Article 112 Droit de poser des câbles ou des pipelines sous-marins
- Article 113 Rupture ou détérioration d’un câble ou d’un pipeline sous-marin
- Article 114 Rupture ou détérioration d’un câble ou d’un pipeline sous-marin
- Article 115 Indemnisation des pertes encourues pour avoir évité de détériorer
- Article 116 Droit de pêche en haute mer
- Article 117 Obligation pour les Etats de prendre à l’égard de leurs ressortissants
- Article 118 Coopération des Etats à la conservation et à la gestion
- Article 119 Conservation des ressources biologiques de la haute mer
- Article 120 Mammifères marins
- Article 121 Régime des îles
- Article 122 Définition
- Article 123 Coopération entre Etats riverains de mers fermées ou semi-fermées
- Article 124 Emploi des termes
- Article 125 Droits d’accès à la mer et depuis la mer et liberté de transit
- Article 126 Exclusion de l’application de la clause de la nation la plus favorisée
- Article 127 Droits de douane, taxes et autres redevances
- Article 128 Zones franches et autres facilités douanières
- Article 129 Coopération dans la construction et l’amélioration des moyens de trans
- Article 130 Mesures destinées à éviter les retards ou les difficultés de caractère
- Article 131 Egalité de traitement dans les ports de mer
- Article 132 Octroi de facilités de transit plus étendues
- Article 133 Emploi des termes
- Article 134 Champ d’application de la présente partie
- Article 13.5 Régime juridique des eaux et de l’espace aérien surjacents
- Article 136 Patrimoine commun de l’humanité
- Article 137 Régime juridique de la Zone et de ses ressources
- Article 138 Conduite générale des Etats concernant la Zone
- Article 139 Obligation de veiller au respect de la Convention et responsabilité en
- Article 140 Intérêt de l’humanité
- Article 141 Utilisation de la Zone à des fins exclusivement pacifiques
- Article 142 Droits et intérêts légitimes des Etats côtiers
- Article 143 Recherche scientifique marine
- Article 144 Transfert des techniques
- Article 145 Protection du milieu marin
- Article 146 Protection de la vie humaine
- Article 147 Compatibilité des activités menées dans la Zone et des autres activité
- Article 148 Participation des Etats en développement aux activités menées dans la
- Article 149 Objets archéologiques et historiques
- Article 150 Politique générale relative aux activités menées dans la Zone
- Article 151 Politique en matière de production
- Article 152 Exercice des pouvoirs et fonctions
- Article 153 Système d’exploration et d’exploitation
- Article 154 Examen périodique
- Article 155 Conférence de révision
- Article 156 Création de l‘Autorité
- Article 157 Nature de l’Autorité et principes fondamentaux régissant son fonctionn
- Article 158 Organes de l’Autorité
- Article 159 Composition, procédure et vote
- Article 160 Pouvoirs et fonctions
- Article 161 Composition, procédure et vote
- Article 162 Pouvoirs et fonctions
- Article 163 Organes du Conseil
- Article 164 La Commission de planification économique
- Article 165 La Commission juridique et technique
- Article 166 Le Secrétariat
- Article 167 Personnel de l’Autorité
- Article 168 Caractère international du Secrétariat
- Article 169 Consultations et coopération avec les organisations internationales
- Article 170 L’Entreprise
- Article 171 Ressources fïnancières de l'Autorité
- Article 172 Budget annuel de l’Autorité
- Article 173 Dépenses de l'Autorité
- Article 174 Capacité de l’Autorité de contracter des emprunts
- Article 175 Vérification annuelle des comptes
- Article 176 Statut juridique
- Article 177 Privilèges et immunités
- Article 178 Immunité de juridiction et d’exécution
- Article 179 Exemption de perquisition et de toute autre forme de contrainte
- Article 180 Exemption de tout contrôle, restriction, réglementation ou moratoire
- Article 181 Archives et communications officielles de l’Autorité
- Article 182 Privilèges et immunités des personnes agissant dans le cadre de l’Auto
- Article 183 Exemption d’impôts ou taxes et de droits de douane
- Article 184 Suspension du droit de vote
- Article 185 Suspension de l’exercice des droits et privilèges inhérents à la quali
- Article 186 Chambre pour le règlement des différends relatifs aux fonds marins du
- Article 187 Compétence de la Chambre pour le règlement des différends relatifs aux
- Article 188 Soumission des différends à une chambre spéciale du Tribunal
- Article 189 Limitation de compétence en ce qui concerne les décisions de l’Autorit
- Article 190 Participation
- Article 191 Avis consultatifs
- Article 192 Obligation d’ordre général
- Article 193 Droit souverain des Etats d’exploiter leurs ressources naturelles
- Article 194 Mesures visant à prévenir réduire et maîtriser la pollution du milieu
- Article 195 Obligation de ne pas déplacer le préjudice ou les risques et de ne pas
- Article 196 Utilisation de techniques ou introduction d’espèces étrangères ou nouv
- Article 197 Coopération au plan mondial ou régional
- Article 198 Notification d’un risque imminent de dommage ou d’un dommage effectif
- Article 199 Plans d’urgence contre la pollution
- Article 200 Etudes, programmes de recherche et échange de renseignements et de don
- Article 201 Critères scientifiques pour l’élaboration de règlements
- Article 202 Assistance aux Etats en développement dans les domaines
- Article 203 Traitement préférentiel à l’intention des Etats en développement
- Article 204 Surveillance continue des risques de pollution et des effets de la pol
- Article 205 Publication de rapports
- Article 206 Evaluation des effets potentiels des activités
- Article 207 Pollution d’origine tellurique
- Article 208 Pollution résultant des activités relatives aux fonds marins
- Article 209 Pollution résultant d’activités menées dans la Zone
- Article 210 Pollution par immersion
- Article 211 Pollution par les navires
- Article 212 Pollution d’origine atmosphérique ou transatmosphérique
- Article 213 Mise en application de la réglementation relative à la pollution d’ori
- Article 214 Mise en application de la réglementation concernant la pollution
- Article 215 Mise en application de la réglementation internationale relative à la
- Article 216 Mise en application de la réglementation relative à la pollution par i
- Article 217 Pouvoirs de l'Etat du pavillon
- Article 218 Pouvoirs de l’Etat du port
- Article 219 Mesures de contrôle de la navigabilité visant à éviter la pollution
- Article 220 Pouvoirs de l’Etat côtier
- Article 222 Mise en application de la réglementation relative à la pollution
- Article 223 Mesures visant à faciliter le déroulement d’une action
- Article 224 Exercice des pouvoirs de police
- Article 225 Obligation pour les Etats d’éviter les conséquences néfastes que peut
- Article 226 Enquêtes dont peuvent faire l’objet les navires étrangers
- Article 227 Non-discrimination à l'encontre des navires étrangers
- Article 228 Suspension des poursuites et restrictions à l’institution de poursuite
- Article 229 Action en responsabilité civile
- Article 230 Peines pécuniaires et respect des droits reconnus de l’accusé
- Article 231 Notification à 1’Etat du pavillon et aux autres Etats concernés
- Article 232 Responsabilité des Etats du fait des mesures de mise en application
- Article 233 Garanties concernant les détroits servant à la navigation internationa
- Article 234 Zones recouvertes par les glaces
- Article 235 Responsabilité
- Article 236 Immunité souveraine
- Article 237 Obligations découlant d’autres conventions sur la protection
- Article 238 Droit d’effectuer des recherches scientifiques marines
- Article 239 Obligation de favoriser la recherche scientifique marine
- Article 240 Principes généraux régissant la conduite de la recherche scientifique
- Article 241 Non-reconnaissance de la recherche scientifique marine en tant que fon
- Article 242 Obligation de favoriser la coopération internationale
- Article 243 Instauration de conditions favorables
- Article 244 Publication et diffusion d’informations et de connaissances
- Article 245 Recherche scientifique marine dans la mer territoriale
- Article 246 Recherche scientifique marine dans la zone économique
- Article 247 Projets de recherche réalisés pur des organisations internationales ou
- Article 248 Obligation de fournir des renseignements à l’Etat côtier
- Article 249 Obligation de satisfaire à certaines conditions
- Article 250 Communications concernant les projets de recherche scientifique marine
- Article 251 Critères généraux et principes directeurs
- Article 252 Consentement tacite
- Article 253 Suspension ou cessation des travaux de recherche scientifique marine
- Article 255 Mesures visant à faciliter la recherche scientifique marine et
- Article 256 Recherche scientifique marine dans la Zone
- Article 257 Recherche scientifique marine dans la colonne d’eau
- Article 258 Mise en place et utilisation
- Article 259 Régime juridique
- Article 260 Zones de sécurité
- Article 261 Obligation de ne pas créer d’obstacle à la navigation internationale
- Article 262 Marques d’identification et moyens de signalisation
- Article 263 Responsabilité
- Article 264 Règlement des différends
- Article 265 Mesures conservatoires
- Article 266 Promotion du développement et du transfert des techniques marines
- Article 267 Protection des intérêts légitimes
- Article 268 Objectifs fondamentaux
- Article 269 Mesures à prendre en vue d’atteindre les objectifs fondamentaux
- Article 270 Cadre de la coopération internationale
- Article 271 Principes directeurs, critères et normes
- Article 272 Coordination des programmes internationaux
- Article 273 Coopération avec les organisations internationales et l'Autorité
- Article 274 Objectifs de l'Autorité
- Article 275 Création de centres nationaux
- Article 276 Création de centres régionaux
- Article 277 Fonctions des centres régionaux
- Article 278 Coopération entre organisations internationales
- Article 279 Obligation de régler les différends par des moyens pacifiques
- Article 280 Règlement des différends par tout moyen pacifique choisi par les parti
- Article 281 Procédure à suivre lorsque les parties ne sont pas parvenues à un règl
- Article 282 Obligations résultant d’accords généraux, régionaux ou bilatéraux
- Article 283 Obligation de procéder à des échanges de vues
- Article 284 Conciliation
- Article 285 Application de la présente section aux différends soumis en vertu de l
- Article 286 Champ d’application de la présente section
- Article 287 Choix de la procédure
- Article 288 Compétence
- Article 289 Experts
- Article 290 Mesures conservatoires
- Article 291 Accès aux procédures de règlement des différends
- Article 292 Prompte mainlevée de l’immobilisation du navire ou
- Article 293 Droit applicable
- Article 294 Procédures préliminaires
- Article 295 Epuisement des recours internes
- Article 296 Caractère définitif et force obligatoire des décisions
- Article 297 Limitation à l’application de la section 2
- Article 298 Exceptions facultatives à l’application de la section 2
- Article 299 Droit des parties de convenir de la procédure
- Article 300 Bonne foi et abus de droit
- Article 301 Utilisation des mers à des fins pacifiques
- Article 302 Divulgation de renseignements
- Article 303 Objets archéologiques et historiques découverts en mer
- Article 304 Responsabilité en cas de dommages
- Article 305 Signature
- Article 306 Ratification et confirmation formelle
- Article 307 Adhésion
- Article 309 Réserves et exceptions
- Article 310 Déclarations
- Article 311 Relation avec d’autres conventions et accords internationaux
- Article 312 Amendement
- Article 313 Amendement par procédure simplifiée
- Article 314 Amendements aux dispositions de la Convention portant exclusivement
- Article 315 Amendements: signature, ratification, adhésion et textes faisant foi
- Article 316 Entrée en vigueur des amendements
- Article 317 Dénonciation
- Article 318 Statut des annexes
- Article 319 Dépositaire
- Article 320 Textes faisant foi
- Article 1 Ouverture de la procédure
- Article 35 Composition
- Article 25 Formes de la coopération avec les Etats en développement
- Article 45 Amendement
1477 MEMORIAL MEMORIAL Journal Officiel du Grand-Duché de Luxembourg Amtsblatt des Großherzogtums Luxemburg RECUEIL DE LEGISLATION A –– N° 76 17 août 2000 Sommaire DROIT DE LA MER Loi du 28 juillet 2000 portant approbation
Nous JEAN, par la grâce de Dieu, Grand-Duc de Luxembourg, Duc de Nassau;
Notre Conseil d’Etat entendu De l’assentiment de la Chambre des Députés;
Vu la décision de la Chambre des Députés du 28 juin 2000 et celle du Conseil d’Etat du 7 juillet 2000 portant qu’il n’y a pas lieu à second vote;
Avons ordonné et ordonnons:
Article unique. Sont approuvés
1478 - l’Accord aux fins de l’application des dispositions de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer du 10 décembre 1982 relatives à la conservation et à la gestion des stocks de poissons dont les déplacements s’effectuent tant à l’intérieur qu’au-delà de zones économiques exclusives (stock chevauchants) et des stocks de poissons grands migrateurs, ouvert à la signature, à New York, le 4 décembre 1995.
Mandons et ordonno ns que la présente loi soit insérée au Mémorial pour être exécutée et observée par tous ceux que la chose concerne.
Le Ministre des Affaires Etrangères et du Commerce Extérieur, Lydie Polfer Palais de Luxembourg, le 28 juillet 2000.
Pour le Grand-Duc:
Son Lieutenant-Représentant Henri Grand-Duc héritier Le Ministre des Transports, Henri Grethen Dot. parl. 4614; sess. ord. 1999-2000.
I. CONVENTION DES NATIONS UNIES SUR LE DROIT DE LA MER DU 10 DECEMBRE 1982 A) Analyse de la Convention La Convention comporte 320 articles divisés en 17 parties et 9 annexes.
II convient de souligner que la plupart des dispositions de la Convention, à l’exception de la partie XI, reflètent l’état du droit coutumier actuel (p.ex. l’utilisation de principes équitables pour la délimination du plateau continental et de la zone économique exclusive, la largeur de la mer territoria le portée à 12 milles marins ou le concept de zone économique exclusive).
Le préambule proclame également la nécessité d’un ordre économique juste et équitable, dans lequel il est tenu compte des intérêts et des besoins de l’humanité tout entière et, en particulier, des intérêts et des besoins spécifiques des pays en voie de développement, côtiers ou sans littoral.
La mer territoriale est régie par la partie II et peut s’étendre sur une largeur de douze milles (article 3). Les navires étrangers y jouissent du droit de ,,passage inoffensif“ (article 17).
La zone -_-_ contiguë, régie par l’article 33, peut s’étendre jusqu’à une largeur de vingt-quatre milles marins à partir du littoral. Cet article autorise un Etat côtier à exercer le contrôle nécessaire en vue de 1479 préveni r et de réprimer les infractions à ses règlements douaniers, fiscaux, sanitaires ou d’immigration sur son terri toire ou dans sa mer territoriale.
Au-delà de sa mer territoriale, 1’Etat côtier peut exercer des droits souverains sur la partie des fonds marins que l’on nomme plateau continental (cf. partie VI), afin d’en explorer et d’en exploiter les ressources naturelles. Cela vise les ressources minérales et les autres ressources non biologiques des fonds marins et de leur sous-sol, ainsi que les organismes vivants, qui appartiennent aux espèces sédentaires. Déjà reconnus par la Convention de 1958, ces droits sont ainsi confirmés, mais la Convention de 1982 a modifié la détermination de l’étendue du plateau continental. En règle générale, le plateau continental s’étend jusqu’à 200 milles marins de lignes de base à partir desquelles est mesurée la mer territoriale (article 76). Il convient néanmoins de signaler que, dans certains cas, le plateau continental d’un Etat côtier peut atteindre jusqu’à 350 milles.
Une commission, la Commission des limites du plateau continental, est instituée conformément à l’annexe II de la Convention afin d’examiner les données scientifiques sur la base desquelles un Etat côtier a déterminé l’étendue de son plateau continental, lorsque celui-ci excède 200 milles.
La zone économique exclusive, consacrée par la partie V de la Convention, s’étend à 188 milles à partir de la mer territoriale ou à 200 milles au-delà du littoral (article 55). Dans cette zone, l'Etat côtier peut exercer certains droits souverains et certains pouvoirs de juridiction (cf. article 56).
La Convention reconnaît aux Etats sans littoral le droit de participer, moyennant certaines conditions, à l’exploitation d’une quotité à déterminer des ressources biologiques des zones économiques exclusives des Etats côtiers de la même sous-région ou région. C’est dans le cadre de cette exploitation que les poissons et mammifères marins classés grands migrateurs par l’annexe I de la Convention jouissent d’une protection spéciale (article 69 et 70).
1480
Cet article relatif à l’esclavage mérite un certain nombre de développements. Il convient de rappeler que le Luxembourg a approuvé la Convention supplémentaire des Nations Unies, relative à l’abolition de l’esclavage, de la traite des esclaves et des institutions et pratiques analogues à l’esclavage, en date, à Genève, du 7 septembre 1956. Cette Convention qui fait suite à une autre convention de Genève, datée du 25 septembre 1926, tend à l’abolition de l’esclavage et des institutions et pratiques analogues à l’esclavage.
Elle comporte, entre autres, l’obligation pour les Etats contractants d’ériger en infractions au regard de leur droit pénal le fait de transporter ou de tenter de transporter des esclaves d’un pays à l’autre par un moyen de transport quelconque, le fait de réduire autrui en esclavage ou d’inciter autrui à aliéner sa liberté ou celle d’une personne à sa charge, pour être réduit en esclavage, l’entente formée dans ce dessein ainsi que la tentative et la complicité des faits susmentionnés.
A l’époque de l’approbation de la Convention du 7 septembre 1956 précitée, le Gouvernement avait fait remarquer que, si le Luxembourg ne voulait pas se maintenir à l’écart de la lutte contre l’esclavage, la Convention visait néanmoins des états de choses qui ont disparu de notre pays depuis un temps immémorial. Le Conseil d’Etat, de son côté, avait jugé que l’intérêt du Luxembourg à la ratification de la convention et l’utilité de cette ratification sur le plan international paraissaient extrêmement réduits.
Aussi le législateur s’est-il contenté, à l’époque, d’adopter la Convention de Genève du 7 septembre 1956 sans autre mesure de transposition.
Depuis 1990 toutefois, le Luxembourg s’est doté d’un registre public maritime national et d’une législation détaillée pour la navigation en mer sous pavillon luxembourgeois. Au regard de ce fait, la question de l’incidence pratique de notre pays de la Convention du 7 septembre 1956, ratifiée le ler mai 1967, peut apparaître sous un jour nouveau.
Le fait que les auteurs de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer du 10 décembre 1982 ont jugé nécessaire d’y insérer également une disposition visant à prévenir et à réprimer le transport d’esclaves, de même que les récits récemment publiés sur l’esclavage qui continue à être pratiqué dans certains pays, montrent par ailleurs que la pratique de l’esclavage qui sévit depuis l'Antiquité, n’a toujours pas, même à l’aube de ce nouveau millénaire, disparu complètement de la face du monde.
Dès lors, à titre préventif et pour parer à toute éventualité même difficilement concevable de nos jours, il est proposé, dans le cadre de la loi d’approbation de la Convention du 10 décembre l982, de compléter les dispositions du code pénal sanctionnant les atteintes à la liberté individuelle par un texte qui rend passible de peines d’emprisonnement et d’amende les différents comportements visés au paragraphe ler et des articles 3 et 6 de la convention précitée du 7 septembre 1956.
Il est proposé d’ajouter au titre VIII du livre II du code pénal, à la suite du chapitre IV consacré aux attentats à la liberté individuelle et à l’inviolabilité du domicile, commis par des particuliers, et du chapitre IV-I qui traite de la prise d’otages, un nouveau chapitre IV-II, intitulé ,,De l’esclavage“, comportant un article 442-2 nouveau.
Le premier paragraphe de cet article proposé punit d’un emprisonnement de six mois à trois ans et d’une amende de 10.001.- à 10.000.000.- francs plusieurs comportements distincts, énumérés aux points 1) à 4), qui sont liés à la pratique de l’esclavage et à la traite d’esclaves.
Le phénomène communément appelé ,,la traite des blanche s“ étant apparenté à celui de l’esclavage, les peines d’emprisonnement proposées son t inspirées des pei nes que l’article 379bis prévoit à l’égard 1481 de faits de proxénétisme. Le maximum plus élevé du taux d’amende a pour objectif de décourager l’esprit de lucre sous-tendant la traite d’ esclaves.
Les points 1) et 2) du paragraphe ler de l’article 442-2 nouveau visent les comportements qui ont pour effet ou pour finalité de réduire une personne en esclavage ou de la maintenir dans cet état. Ils correspondent ainsi aux exigences du paragraphe ler de l’article 6 de la Convention précitée du 7 septembre 1956.
Le point 3) vise tous les comportements inhérent à la traite des esclaves telle qu’elle se trouve définie à l’article 7 de la convention précitée du 7 septembre 1956.
Le point 4) vise les personnes qui assurent, par un moyen quelconque, le transport d’esclaves. Il permet d’assurer le respect des obligations qui incombent au Luxembourg en vertu de l’article 3 paragraphe ler de la Convention précitée du 7 septembre 1956 et de l’article 99 de la Convention sur le droit de la mer du 10 décembre 1982.
Enfin, le point 5) qui rend punissable la tentative des comportements visés aux quatre points précédents, répond aux exigences respectives des articles 3 paragraphe 1er et 6 paragraphe ler de la Convention précitée du 7 septembre 1956.
La complicité dans le cadre des infractions susvisées est punissable sur base des articles 67 à 69 du code pénal. D’autre part, la participation à une entente formée dans le dessein de commettre l’une des infractions susvisées est susceptible d’être punie par application des articles 322 et suivants du code pénal concernant les associations de malfaiteurs.
Par analogie aux dispositions prévues en matière de proxénétisme, le paragraphe 2 de l’article 442-2 tel que proposé, relève le maximum du taux de la peine d’emprisonnement encourue pour les infractions visées au paragraphe ler lorsque celles-ci sont accompagnées de violences, menaces, abus d’autorité ou de tout autre moyen de contrainte sur la victime. Le terme ,,victime“ s’entend à la fois de la personne que l’on tente de soumettre à un état d’esclavage que de la personne sur laquelle il est fait pression pour qu’elle laisse une personne à sa charge être soumise à un état d’esclavage.
Le paragraphe 3 définit ce qu’il faut entendre par le terme ,,esclavage“. Cette définition est fondée sur celle prévue au paragraphe ler de l’article 7 de la Convention précitée du 7 septembre 1956.
Le mécanisme de règlement des différends prévu par la Convention comporte un certain nombre d’innovations: conciliation obligatoire, Tribunal international du droit de la mer, nécessité d’assumer la ou les procédure(s) de règlement choisie(s), . . . La Convention confère une large autonomie aux Etats quant au choix des procédures destinées à régler leurs différends et leur impose, dans une certaine mesure, l’obligation de soumettre leurs litiges à une juridiction internationale.
1482 La Convention rappelle tout d’abord l’obligation prévue pour les Etats de régler pacifiquement leurs différends conformément à l’article 2, paragraphe 3 de la Charte des Nations Unies (article 279). Le règlement des différends prévu dans la partie XV comporte deux phases: la première inclut des procédures aboutissant à des décisions facultatives (négociations diplomatiques, conciliation); la seconde est celle des procédures obligatoires mises en oeuvre en cas d’échec de la première phase.
L’obligation de procéder à des échanges de vues (article 283) fait des négociations diplomatiques la première démarche à accomplir lorsque survient un différend.
La conciliation (facultative) qui fait l’objet de l’article 284 (et de l’annexe V), se définit comme la méthode de règlement des différends consistant à les faire examiner par un organe constitué à cet effet ou accepté par les parties, et chargé de faire à celles-ci des propositions en vue d’une solution.
Les procédures obligatoires aboutissant à des décisions obligatoires sont traitées à la section 2 de la partie XV. Elles s’appliquent à ,,tout différend relatif à l’interprétation ou à l’application de la Convention qui n’a pas été réglé par les moyens pacifiques choisis par les parties“ (article 286).
Conformément à l’article 287 § 1, un Etat partie est libre de choisir, par une déclaration écrite, lorsqu’il signe ou ratifie la Convention ou y adhère, ou à n’importe quel moment-par la suite, entre les quatre moyens suivants pour le règlement des différends relatifs à l’interprétation ou à l’application de la Convention: le Tribunal international du droit de la mer constitué conformément à l’annexe VI, la Cour internationale de Justice, un tribunal arbitral constitué conformément à l’annexe VII, un tribunal arbitral spécial constitué conformément à l’annexe VIII pour une ou plusieurs catégories de différends qui y sont spécifiées.
Lors de la signature de la Convention, le Luxembourg n’a pas fait de choix de procédure conformément à ce paragraphe. Dès lors, au cas où le Luxembourg serait partie à un différend, c’est la procédure d’arbitrage de l‘annexe VII qui s’appliquerait.
B) Partie XI de la Convention (la Zone) (articles 133491)
La Convention entend par le terme ,,Zone“, les fonds marins et leur sous-sol au-delà des limites du platea .u continental1 La Zone et ses ressources sont le patrimoine commun de l’humanité (article 136). La Zone ne peut faire l’objet d’aucune revendication de souveraineté (article 137), elle doit être exploitée dans l’intérêt de l’humanité tout entière (article 140) et être utilisée à des fins exclusivement pacifiques (article 141).
Afin de veiller à l’exploitation de la Zone dans l’intérêt de l’humanité tout entière, une nouvelle organisation internationale, l’,,Autorité internationale des fonds marins“, est créée. L’Autorité est une organisation par l’intermédiaire de laquelle les Etats parties organisent et contrôlent les activités menées dans la Zone, notamment aux fins de l’administration des ressources de celle-ci (article 157).
Les principaux organes de l’Autorité sont l’Assemblée, le Conseil, le Secrétariat ainsi que l’Entreprise qui est l’organe par l’intermédiaire duquel l’Autorité mène des activités de prospection, 1483 d’exploration, d’exploitation, de transport, de traitement et de commercialisation des minéraux tirés de la Zone, directement ou en coopération avec des contractants (articles 158, 153, 170) L’Autorité a son siège à la Jamaïque (article 156,4).
La Convention établit un système dit ,,parallèle“ d’exploration et d’exploitation des grands fonds marins. En vertu de ce système, les activités sont menées dans la Zone soit par l’Entreprise, organe de l’Autorité, soit, en association avec l’Autorité, par des Etats parties ou des entreprises d’Etat ou par des personnes physiques ou morales possédant la nationalité des Etats parties ou effectivement contrôlées par eux ou leurs ressortissants, lorsqu’elles sont patronnées par ces Etats (artide 153, paragraphe 2).
Le Conseil est l’organe exécutif de l’Autorité. Il joue un rôle particulièrement important puisque, entre autres, il a pour fonction générale de surveiller et de coordonner l’application de la partie XI pour toutes les questions et tous les sujets relevant de la compétence de l’Autorité. Il recommande à l’Assemblée l’ensemble des règles concernant les activités dans la Zone et les applique provisoirement, élabore et soumet à l’Assemblée le projet de budget annuel de l’Autorité, donne des directives à l’Entreprise, approuve les plans de travail présentés par celle-ci et par les contractants menant des activités dans la Zone (article 162).
Le Conseil comprend 36 membres de l’Autorité élus par l’Assemblée et dispose de deux organes: la Commission de planification économique et la Commission juridique et technique qui constitue l’instrument de gestion et d’expertise du Conseil et qui est chargée notamment d’examiner les plans de travail concernant les activités menées dans la Zone et de contrôler les incidences écologiques desdites activités (article 163).
En tant qu’organisation internationale, l’Autorité jouit de privilèges et d’immunités (article 182). Ses biens et ses revenus sont exempts de tout impôt direct et les Etats parties ne peuvent percevoir aucun impôt ayant pour base les traitements et émoluments du personnel de l’Autorité (article 183).
Le règlement des différends portant sur des activités menées dans la Zone est assuré par la Chambre pour le règlement des différends relatifs aux fonds marins du Tribunal international du droit de la mer prévu à la partie XV (articles 186-187) et à l’annexe VI.
Cette Chambre n’a pas compétence pour se prononcer sur l’exercice par l’Autorité de ses pouvoirs discrétionnaires ou sur la conformité des règles et procédures de l’Autorité par rapport à la Convention (article 189). Elle connaît des différends relatifs auxdites activités entre les Etats parties, entre un Etat partie et l’Autorité ou entre parties à un contrat, y compris les personnes physiques ou morales.
1484 C) Développements ultérieurs à l’adoption de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (1982 à 1994) 1. Commission préparatoire de l’Autorité internationale des fonds marins et du Tribunal du droit de la mer Lors de l’adoption du texte de la Convention de 1982, deux résolutions importantes ont également été adoptées par la troisième Conférence des Nations Unies.
La résolution I institua la ,,Commission préparatoire de l’Autorité internationale des fonds marins et du Tribunal du droit de la mer“ (Prepcom) qui était chargée de préparer l’entrée en vigueur de la Convention et d’adopter les projets de réglementation nécessaires au fonctionnement des institutions qu’elle crée. Dans l’esprit des pays industrialisés, ce forum devait servir à obtenir une renégociation de la partie XI de la Convention. Mais, après la clôture des travaux de la Prepcom en 1994, le clivage entre les pays industrialisés et les pays en voie de développement a subsisté.
Pour répondre aux préoccupations d’un certain nombre de pays industrialisés occidentaux, dont les consortiums privés avaient déjà commencé à explorer les fonds de la haute mer, la Conférence a adopté la résolution II. Celle-ci prévoit la possibilité de mener des activités préliminaires dans la zone, sans attendre l’entrée en vigueur de la Convention. Le droit de mener ces ,,activités préliminaires“ peut ainsi être concédé à des ,,investisseurs pionniers“, c’est-à-dire soit aux Etats désignés comme tels par la résolution, soit à des entreprises publiques ou privées relevant de ces Etats (France, Inde, Japon, URSS ainsi que quatre entités relevant des Etats suivants: Belgique, Canada, USA, Italie, Japon, Pays-Bas, RFA, Royaume-Uni).
C’est dans ce contexte qu’ont été organisées les ,,consultations informelles sur le droit de la mer“, menées sous l’égide du Secrétaire général des Nations Unies. Celles-ci avaient pour objectif de rapprocher les points de vue et de permettre l’entrée en vigueur d’une convention ,,universellement acceptable“. Ces consultations ont permis d’identifier les problèmes liés à la partie XI et de rédiger une liste de principes qui devraient guider un réaménagement de la Convention de 1982. Sur cette base, un projet de texte d’accord a été rédigé en 1993, qui, après plusieurs réunions, a abouti en 1994 à l’Accord relatif à l’application de la partie XI de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer.
II. ACCORD relatif a l’application de la partie XI de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer du 10 décembre 1982 L’accord précité a été adopté le 28 juillet 1994 par la résolution 48/263 de l’Assemblée générale des Nations Unies. L’accord proprement dit ne renferme que des dispositions de nature formelle. Les modifications apportées à la Convention de 1982 sont énoncées dans une Annexe à l’accord, qui fait partie intégrante de ce dernier.
A) Remarque sur la forme de l’Accord En réalité, l’accord n’énonce que des clauses formelles (signature, entrée en vigueur . . .). Les engagements concrets sont contenus dans l’annexe de cet accord. Il convient, à ce propos, de souligner que l’intitulé de l’accord, de même que le langage utilisé dans l’annexe, traduisent un compromis quant à la portée des obligations souscrites. En effet, pour les pays industrialisés, il s’agissait de rédiger un accord 1485 modifiant la partie XI de la Convention tandis que pour les pays en voie de développement, l’accent était mis sur la notion d’accord. Il est clair que certaines dispositions contenues dans l’annexe excèdent le cadre d’une interprétation (suppression de l’obligation de financer l’Entreprise, suppression de l’obligation d’assurer un transfert obligatoire des techniques . . .). Mais, dans le but de trouver une formule acceptable pour les uns et pour les autres, l’on a évité d’utiliser les termes ,,modification“ ou ,,amendement“.
Dès lors, l’accord se présente comme une convention relative aux ,,modalités d’application“ de la partie XI et, le texte de l’annexé, lorsqu’il écarte une disposition incluse dans la Convention de 1982, se contente d’affirmer que cette disposition ,,n’est pas applicable“.
B) Présentation des clauses formelles de l’accord Afin de présenter le contenu de l’accord, l’on se limitera aux caractéristiques suivantes:
La période d’application à titre provisoire est affectée d’un terme. L’article 7 §3, prévoit en effet que celle-ci prend fin ,,dans tous les cas“ le 16 novembre 1998 si à cette date la condition requise pour l’entrée en vigueur de l’Accord, à savoir la ratification de l’accord par les 7 Etats désignés dans la résolution II n’est pas satisfaite.
L’Accord est entré en vigueur le 28 juillet 1996, conformément à son article 6 §1.
A la même date, aux termes de son article 7 §3, l’application à titre provisoire de l’Accord a cessé.
Conformément au § 12a) de la section 1 de l’annexe à l’Accord, les Etats et entités visés à l’article 3 qui appliquaient l’Accord à titre provisoire et vis-à-vis desquels il n’était pas entré en vigueur, pouvaient moyennant une notification au dépositaire à cet effet, continuer à participer à l’Autorité en qualité de membres à titre provisoire jusqu’à l’entrée en vigueur de l’Accord à leur égard. Le Luxembourg a procédé à une telle notification.”
1486 Conformément au § 12a), le statut de membre de l’Autorité à titre provisoire prend fin le 16 novembre 1996 ou à la date à laquelle l’Accord et la Convention entrent en vigueur à l’égard du membre concerné si celle-ci est antérieure.
En outre, le Conseil de l’Autorité peut, à la demande de 1’Etat ou de l’entité intéressée, proroger son statut de membre à titre provisoire pendant une ou plusieurs périodes en dépassant pas deux ans au total s’il considère que ledit Etat ou ladite entité s’est efforcé de bonne foi de devenir partie à l’Accord et à la Convention.
C) Annexes
Cela signifie qu’au départ l’Autorité ne sera constituée que sous une forme réduite et qu’elle exercera des fonctions limitées (voir $5).
Sur le plan budgétaire, il est prévu qu’au cours de la période d’application provisoire les dépenses de l’Autorité seront couvertes par le budget des Nations Unies. Cela évite les difficultés liées au financement d’une organisation internationale par des Etats qui n’ont pas encore obtenu l’approbation de l’accord par leurs autorités législatives internes.
En l’absence de l’Entreprise, certaines fonctions spécifiques seront confiées au secrétariat de l’Autorité (section 2, §1). Cela dit, même si l’Entreprise est un jour créée, l’accord additionnel a pour effet de réduire les craintes sérieuses que les pays industrialisés avaient à l’égard d’une ,,Entreprise internationale“ financée par des fonds publics, chargée d’activités économiques (exploitation minière) et dotée d’un statut privilégié par rapport aux opérateurs privés (ce qui était la situation de l’Entreprise selon la Convention de 1982).
En effet, l’accord additionnel a apporté les modifications suivantes:
La règle de base est celle du consensus. Mais il est évident que c’est en l’absence de consensus que les dispositions prévues prennent tout leur relief. Lors des consultations, l’objectif des pays industrialisés était de s’assurer une position forte dans le Conseil afin de pouvoir s’opposer à des décisions qui leur étaient défavorables. Cet objectif a été atteint par l’accord additionnel lequel institue différentes ,,chambres“ ou catégories d’Etats au sein desquelles une majorité peut s’opposer à ce qu’une décision soit adoptée par le Conseil.
L’accord additionnel modifie cette situation en ayant recours aux clauses générales de la Convention de 1982 (articles 314, 315, 316). Les garanties obtenues découlent du rôle central joué par le Conseil.
Des propositions d’amendements doivent en effet être approuvées par le Conseil avant d’être adoptées par l’Assemblée, et le Conseil statue ici par consensus (article 161.8.d de la Convention), ce qui permet à un Etat membre du Conseil de s’y opposer.
Ces règles ont été écartées par l’accord (§7) et ont été remplacées par des dispositions transposant à l’exploitation des fonds marins les principes du GATT. Le contenu de cette section a été accepté par la Communauté européenne qui jouit d’une compétence exclusive pour ces matières.
III. ACCORD AUX FINS DE L’APPLICATION DES DISPOSITIONS DE LA CONVENTION DES NATIONS UNIES sur le droit de la mer du 10 décembre 1982 relatives à la conservation et à la gestion des stocks de poissons dont les déplacements s’effectuent tant à l’intérieur qu’au-delà de zones économiques exclusives (stocks chevauchants) et des stocks de poissons grands migrateurs Cet accord a été adopté le 4 août 1995 par la Conférence des Nations Unies et comporte 50 articles divisés en 13 parties et 2 annexes.
L’accord sera analysé en trois parties, la première étant consacrée à son Préambule, la seconde au corps même de l’Accord et enfin la troisième traitera de ses annexes.
A) Préambule Le préambule rappelle les dispositions de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer du 10 décembre 1982 et proclame la nécessité d’améliorer la coopération entre Etats en vue d’assurer la conservation à long terme et l’exploitation durable des stocks chevauchants de poissons et des stocks de poissons grands migrateurs. Le préambule oblige également les Etats parties à pratiquer une pêche raisonnable afin d’éviter de causer des dommages au milieu marin, à préserver la diversité biologique, à maintenir l’intégrité des écosystèmes marins et à réduire au minimum le risque d’effets néfastes à long terme ou irréversibles des opérations de pêche.
B) Corps de l’Accord La partie I, intitulée Dispositions générales, définit certains termes et détermine l‘objectif de l’Accord qui est ,,d’assurer la conservation à long terme et l’exploitation durable des stocks de poissons 1488 chevauchants et des stocks de poissons grands migrateurs grâce à l’application des dispositions pertinentes de la Convention” (article 2).
L’article 3 délimite le champ d’application de l’Accord en stipulant que celui-ci s’applique à la conservation et à la gestion des stocks de poissons chevauchants et des stocks de poissons grands migrateurs dans les zones qui ne relèvent pas de la juridiction nationale.
En ce qui concerne la nature de l’Accord, il s’agit d’un accord interprétatif de la Convention sur le droit de la mer de 1982. En effet, l’article 4 stipule que l’Accord est ,,interprété et appliqué dans le contexte de la Convention et d’une manière compatible avec celle-ci“.
Bien que les dispositions de l’Accord s’appliquent en principe exclusivement à la conservation et à la gestion des stocks de poissons dans les zones qui ne relèvent pas de la juridiction nationale, la partie II (articles 6 et 7) s’applique de manière exceptionnelle aussi à la conservation et à la gestion des stocks de poissons dans les zones relevant de la juridiction nationale.
Afin d’assurer la conservation et la gestion des stocks de poissons chevauchants et grands migrateurs, l’article 5 impose toute une série de principes généraux aux Etats côtiers (dans leurs zones relevant de la juridiction nationale ou non) et aux Etats qui se livrent à la pêche en haute mer.
On y trouve, notamment, l’obligation d’adopter des mesures pour assurer la durabilité à long terme des stocks de poissons, de réduire au minimum la pollution, de prendre des mesures pour empêcher ou faire cesser la surexploitation, de protéger la diversité biologique dans le milieu marin . . .
L’approche de précaution prévue par l’article 6 impose aux Etats de prendre un certain nombre de mesures préventives et de précaution afin d’assurer la perpétuité et l’équilibre des ressources biologiques marines et du milieu marin.
La partie III (articles 8-16) stipule que les Etats côtiers et les Etats qui se livrent à la pêche en haute mer coopèrent, soit directement entre eux, soit par l’intermédiaire d’organisations ou d’arrangements de gestion des pêcheries sous-régionaux ou régionaux compétents, afin d’assurer la conservation et la gestion des stocks de poissons en tenant compte des caractéristiques de la région ou de la sous-région.
L’article unique de la partie IV prévoit que les Etats qui ne sont pas membres d’organisations de pêcheries, qui ne participent pas à des arrangements de gestion des pêcheries sous-régionaux ou régionaux et qui par ailleurs n’acceptent pas d’appliquer les mesures de conservation et de gestion instituées par ces organisations ou ces arrangements, sont néanmoins obligés de coopérer pour assurer la conservation et la gestion des stocks de poissons concernés.
Ainsi, interdiction est faite à ces Etats d’autoriser des navires battant leur pavillon à se livrer à la pêche de stocks de poissons grands migrateurs soumis aux mesures de conservation et de gestion instituées par l’organisation ou l’arrangement.
La partie V énumère un certain nombre d’obligations pesant sur 1’Etat du pavillon. Ainsi, les Etats dont les navires pêchent en haute mer, doivent prendre les mesures nécessaires pour que les navires battant leur pavillon respectent les mesures sous-régionales et régionales de conservation et qu’ils ne mènent aucune activité qui n’en compromette l’efficacité. Parmi ces mesures, figurent notamment le contrôle des navires en haute mer au moyen de licences, d’autorisations et de permis de pêche, la tenue d’un registre national des navires de pêche autorisés à pêcher en haute mer, l’établissement de règles pour la vérification des relevés des captures d’espèces, l’observation, le contrôle et la surveillance de ces navires et de leurs activités de pêche.
Afin d’assurer efficacement le respect des mesures de conservation et de gestion des stocks de poissons, la partie VI reconnaît aux Etats du pavillon certains pouvoirs de police qui permettent notamment à 1’Etat du pavillon de mener une enquête, d’engager des poursuites, ou encore d’immobiliser le navire ayant commis l’infraction. L’article 19 précise que les sanctions encourues pour les infractions doivent être suffisamment rigoureuses pour avoir un caractère dissuasif.
Pour permettre une coopération internationale en matière de police, l’article 20 stipule que les Etats se prêtent assistance mutuelle pour la conduite d’une enquête et pour identifier les navires qui se seraient livrés à des activités compromettant l’efficacité des mesures sous-régionales, régionales ou mondiales de conservation et de gestion de stocks de poissons. Dans ce sens également, l’article 21 met en place des mesures de coopération sous-régionale et régionale en matière de police.
L’article 23 oblige 1’Etat du port de prendre des mesures pour garantir l’efficacité des mesures sous-régionales, régionales et mondiales de conser vati on et de gestion . Cette disposition permet à 1’Etat 1489 du port de contrôler les documents, les engins de pêche et les captures à bord des navires de pêche lorsque ceux-ci se trouvent volontairement dans ses ports ou dans ses installations terminales au large.
La partie VII oblige les Etats d’aider les pays en voie de développement à mieux conserver et à mieux gérer les stocks de poissons et à mettre en valeur leurs propres pêcheries nationales pour ces stocks en tenant compte du fait que ces Etats sont tributaires des ressources biologiques marines pour répondre aux besoins alimentaires de leur population.
La partie VIII énonce l’obligation pour les Etats de ,,régler leurs différends par voie de négociation, d’enquête, de médiation, d’arbitrage, de règlement judiciaire, de recours aux organismes ou accords régionaux ou par d’autres moyens pacifiques de leurs choix“ (article 27).
L’article 29 stipule qu’en cas de différend touchant une question technique, les Etats concernés ont la possibilité de saisir un groupe d’experts ad hoc créé par eux qui s’efforce de régler le différend sans recourir à des procédures obligatoires de règlement des différends.
Concernant les procédures de règlement des différends, l’article 30 prévoit que ce sont les dispositions de la partie XV de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer de 1982 qui s’appliquent mutatis mutandis à tout différend entre Etats parties à l’Accord concernant l’interprétation ou l’application de l’Accord ou des accords sous-régionaux, régionaux ou mondiaux de gestion des pêcheries de stocks, que lesdits Etats soient ou non parties à la Convention sur le droit de la mer de 1982.
La partie X oblige les Etats parties de remplir de bonne foi les obligations découlant de l’Accord.
La partie XV stipule que ,,les Etats parties sont responsables conformément au droit international des pertes ou dommages qui leur sont imputables au regard de l’Accord“.
La partie XIII, consacrée aux Dispositions finales, prévoit dans son article 40 que l’Accord entre en vigueur 30 jours après la date de dépôt du trentième instrument de ratification ou d’adhésion en précisant que pour 1’Etat qui ratifie l’Accord ou y adhère après le dépôt du trentième instrument de ratification ou d’adhésion, l’Accord entre en vigueur à son égard le trentième jour qui suit la date de dépôt de l’instrument de ratification ou d’adhésion.
Conformément à l’article 42, l’Accord n’admet ni réserves, ni exceptions. Néanmoins cette disposition n’interdit pas à un Etat partie de formuler une déclaration à condition que celle-ci ,,ne vise pas à exclure ou à modifier l’effet juridique des dispositions de l’Accord dans leur application à cet Etat“ (cwticle 43).
C) Annexes L’annexe Z détermine les normes nécessaires à la collecte et la mise en commun des données pour assurer la conservation et la gestion efficaces des stocks de poissons chevauchants et des stocks de poissons grands migrateurs.
L’annexe II donne des directives pour 1’ application de points de référence de précaution aux fins de la conservation et de la gestion des stocks de poissons.
1490 CONVENTION DES NATIONS UNIES SUR LE DROIT DE LA MER LES ETATS PARTIES A LA CONVENTION, Animés du désir de régler, dans un esprit de compréhension et de coopération mutuelles, tous les problèmes concernant le droit de la mer et conscients de la portée historique de la Convention qui constitue une contribution importante au maintien de la paix, à la justice et au progrès pour tous les peuples du monde, Constatant que les faits nouveaux intervenus depuis les Conférences des Nations Unies sur le droit de la mer qui se sont tenues à Genève en 1958 et en 1960 ont renforcé la nécessité d’une convention nouvelle sur le droit de la mer généralement acceptable, Conscients que les problèmes des espaces marins sont étroitement liés entre eux et doivent être envisagés dans leur ensemble, Reconnaissant qu’il est souhaitable d’établir, au moyen de la Convention, compte dûment tenu de la souveraineté de tous les Etats, un ordre juridique pour les mers et les océans qui facilite les communications internationales et favorise les utilisations pacifiques des mers et des océans, l’utilisation équitable et efficace de leurs ressources, la conservation de leurs ressources biologiques et l’étude, la protection et la préservation du milieu marin, Considérant que la réalisation de ces objectifs contribuera à la mise en place d’un ordre économique international juste et équitable dans lequel il serait tenu compte des intérêts et besoins de l’humanité tout entière et, en particulier, des intérêts et besoins spécifiques des pays en développement, qu’ils soient côtiers ou sans littoral, Souhaitant développer, par la Convention, les principes contenus dans la résolution 2749 (XXV) du 17 décembre 1970, dans laquelle l’Assemblée générale des Nations Unies a déclaré solennellement, notamment, que la zone du fond des mers et des océans, ainsi que de leur sous-sol, au-delà des limites de la juridiction nationale et les ressources de cette zone sont le patrimoine commun de l’humanité et que l’exploration et l’exploitation de la zone se feront dans l’intérêt de l’humanité tout entière, indépendamment de la situation géographique des Etats, Convaincus que la codification et le développement progressif du droit de la mer réalisés dans la Convention contribueront au renforcement de la paix, de la sécurité, de la coopération et des relations amicales entre toutes les nations, conformément aux principes de justice et d’égalité des droits, et favoriseront le progrès économique et social de tous les peuples du monde, conformément aux buts et principes des Nations Unies, tels qu’ils sont énoncés dans la Charte,
Affirmant que les questions qui ne sont pas réglementées par la Convention continueront d’être régies par les règles et principes du droit international général, SONT CONVENUS de ce qui suit:
PARTIE I Introduction Article premier Emploi des termes et champ d’application Aux fins de la Convention:
1491
2.
PARTIE II Mer territoriale et zone contiguë
Section I. Dispositions générales
Article 2
Régime juridique de la mer territoriale et de l'espace aérien surjacent, ainsi que du fond de cette mer et de son sous-sol 1. La souveraineté de 1’Etat côtier s’étend, au-delà de son territoire et de ses eaux intérieures et, dans le cas d’un Etat archipel, de ses eaux archipélagiques, à une zone de mer adjacente désignée sous le nom de mer territoriale.
Section 2. Limites de la mer territoriale
Article 3Largeur de la mer territoriale
Tout Etat a le droit de fixer la largeur de sa mer territoriale; cette 1argeur ne dépasse pas 12 milles marins mesurés à partir de lignes de base établies conformément à la Convention.
1492
Article 4Limite extérieure de la mer territoriale
La limite extérieure de la mer territoriale est constituée par la ligne dont chaque point est à une distance égale à la largeur de la mer territoriale du point le plus proche de la ligne de base.
Article 5Ligne de base normale
Sauf disposition contraire de la Convention, la ligne de base normale à partir de laquelle est mesurée la largeur de la mer territoriale est la laisse de basse mer le long de la côte, telle qu’elle est indiquée sur les cartes marines à grande échelle reconnues officiellement par 1’Etat côtier.
Article 6Récifs
Lorsqu’il s’agit de parties insulaires d’une formation atollienne ou d’îles bordées de récifs frangeants, la ligne de base à partir de laquelle est mesurée la largeur de la mer territoriale est la laisse de basse mer sur le récit, côté large, telle qu’elle est indiquée sur les cartes marines reconnues officiellement par 1’Etat côtier.
Article 7Lignes de base droites
Article 8Eaux intérieures
1493 2. Lorsque le tracé d’une ligne de base droite établie conformément à la méthode décrite à l’article 7 inclut dans les eaux intérieures des eaux qui n’étaient pas précédemment considérées comme telles, le droit de passage inoffensif prévu dans la Convention s’étend à ces eaux.
Article 9Embouchoure dans les fleuves
Si un fleuve se jette dans la mer sans former d’estuaire, la ligne de base est une ligne droite tracée à travers l’embouchure du fleuve entre les points limites de la laisse de basse mer sur les rives.
Article 10Baies
1.
Le présent article ne concerne que les baies dont un seul Etat est riverain.
Article 11Ports
Aux fins de la délimitation de la mer territoriale, les installations permanentes faisant partie intégrante d’un système portuaire qui s’avancent le plus vers le large sont considérées comme faisant partie de la côte. Les installations situées au large des côtes et les îles artificielles ne sont pas considérées comme des installations portuaires permanentes.
Article 12Rades
Lorsqu’elles servent habituellement au chargement, au déchargement et au mouillage des navires, les rades qui normalement se trouveraient entièrement ou partiellement au-delà de la limite extérieure de la mer territoriale sont considérées comme faisant partie de la mer territoriale.
1494
Article 13Hauts-fonds découvrants
Article 14Combinaison de méthodes pour établir les lignes de base
L’Etat côt ier peut, en fonction des différentes situations, établir les lignes de base selon une ou plusieurs des méthodes prévues dans les articles précédents.
Article 15Délimitation de la mer territoriale entre Etats dont les côtes
sont adjacentes ou se font face Lorsque les côtes de deux Etats sont adjacentes ou se font face, ni l’un ni l’autre de ces Etats n’est en droit, sauf accord contraire entre eux, d’étendre sa mer territoriale au-delà de la ligne médiane dont tous les points sont équidistants des points les plus proches des lignes de base à partir desquelles est mesureé la largeur de la mer territoriale de chacun des deux Etats. Cette disposition ne s’applique cependant pas dans le cas où, en raison de l’existence de titres historiques ou d’autres circonstances spéciales, il est nécessaire de délimiter autrement la mer territoriale des deux Etats.
Article 16Cartes marines et listes des coordonnées géographiques
Section 3. Passage inoffensif dans la mer territoriale
sous -section A. Règles applicables à tous les navires
Article 17Droit de passage inoffensif
Sous réserve de la Convention, les navires de tous les Etats, côtiers ou sans littoral, jouissent du droit de passage inoffensif dans la mer territoriale.
1495
Article 18Signification du terme ,,passage”
1.
On entend par ,,passage“ le fait de naviguer dans la mer territoriale aux fins de:
Article 19Signification de l’expression ,,passage inoffensif’
Article 20Sous-marins et autres véhicules submersibles
Dans la mer territoriale, les sous-marins et autres véhicules submersibles sont tenus de naviguer en surface et d’arborer leur pavillon.
Article 21Lois et règlements de l’Etat côtier relatifs au passage inoffensif
1496
3.
L’Etat côtier donne la publicité voulue à ces lois et règlements.
Article 22Voies de circulation et dispositifs de séparation du trafic
dans la mer territoriale 1. L’Etat côtier peut, lorsque la sécurité de la navigation le requiert, exiger des navires étrangers qui exercent le droit de passage inoffensif dans sa mer territoriale qu’ils empruntent les voies de circulation désignées par lui et respectent les dispositifs de séparation du trafic prescrits par lui pour la régulation du passage des navires.
Article 23Navires étrangers à propulsion nucléaire
et navires transportant des substances radioactives ou autres substances intrinsèquement dangereuses ou nocives Les navires étrangers à propulsion nucléaire, ainsi que ceux transportant des substances radioactives ou autres substances intrinsèquement dangereuses ou nocives, sont tenus, lorsqu’ils exercent leur droit de passage inoffensif dans la mer territoriale, d’être munis des documents et de prendre les mesures spéciales de précaution prévus par des accords internationaux pour ces navires.
1497
Article 24Obligations de l'Etat côtier
Article 2.5Droits de protection de l’Etat côtier
Article 26Droits perçus sur les navires étrangers
Sous-section B. Règles applicables aux navires marchan ds
et aux navires d’Etat utili sés à des fins commerciales
Article 27Juridiction pénale à bord d’un navire étranger
1498
Article 28Juridiction civile à l’égard des navires étrangers
Sous-section C. Règles applicables aux navires de guerre et autres navires
d’Etat utilisés à des fins non commerciales
Article 29Définition de ,,navire de guerre“
Aux fins de la Convention, on entend par ,,navire de guerre“ tout navire qui fait partie des forces armées d’un Etat et porte les marques extérieures distinctives des navires militaires de sa nationalité, qui est placé sous le commandement d’un officier de marine au service de cet Etat et inscrit sur la liste des officiers ou un document équivalent, et dont l’équipage est soumis aux règles de la discipline militaire.
Article 30Inobservation par un navire de guerre des lois et règlements de 1’Etat côtier
Si un navire de guerre ne respecte pas les lois et règlements de 1’Etat côtier relatifs au passage dans la mer territoriale et passe outre à la demande qui lui est faite de s’y conformer, 1’Etat côtier peut exiger que ce navire quitte immédiatement la mer territoriale.
1499
Article 31Responsabilité de l’Etat du pavillon du fait d’un navire de guerre
ou d’un autre navire d’Etat L’Etat du pavillon porte la responsabilité internationale de toute perte ou de tout dommage causé à 1’Etat côtier du fait de l’inobservation par un navire de guerre ou par tout autre navire d’Etat utilisé à des fins non commerciales des lois et règlements de 1’Etat côtier relatifs au passage dans la mer territoriale ou des dispositions de la Convention ou d’autres règles du droit international.
Article 32Imm unités des navires de guerre et autres navires d ‘Etat
utilisés à des fins non commerciales Sous réserve des exceptions prévues à la sous-section A et aux articles 30 et 31, aucune disposition de la Convention ne porte atteinte aux immunités dont jouissent les navires de guerre et les autres navires d’Etat utilisés à des fins non commerciales.
Section 4. Zone contiguë
Article 33Zone contiguë
PARTIE III Détroits servant à la navigation internationale
Section 1. Dispositions générales
Article 34Régime juridique des eaux des détroits servant
à la navigation internationale 1. Le régime du passage par les détroits servant à la navigation internationale qu’établit la présente partie n’affecte à aucun autre égard le régime juridique des eaux de ces détroits ni l’exercice, par les Etats riverains, de leur souveraineté ou de leur juridiction sur ces eaux, les fonds marins correspondants et leur sous-sol ainsi que sur l’espace aérien surjacent.
Article 3.5Champ d’application de la présente partie
Aucune disposition de la présente partie n’affecte:
1500
Article 36Routes de haute mer ou routes passant par une zone économique
exclusive dans les détroits servant à la navigation internationale La présente partie ne s’applique pas aux détroits servant à la navigation internationale qu’il est possible de franchir par une route de haute mer ou une route passant par une zone économique exclusive de commodité comparable du point de vue de la navigation et des caractéristiques hydrographiques; en ce qui concerne ces routes, sont applicables les autres parties pertinentes de la Convention, y compris les dispositions relatives à la liberté de navigation et de survol.
Section 2. Passage en transit
Article 37Champ d’application de la présente section
La présente section s’applique aux détroits qui servent à la navigation internationale entre une partie de la haute mer ou une zone économique exlcusive et une autre partie de la haute mer ou une zone économique exclusive.
Article 38Droit de passage en transit
Article 39Obligations des navires et aéronefs pendant le passage en transit
1.
Dans l’exercice du droit de passage en transit, les navires et aéronefs:
1501
2.
Pendant le passage en transit, les navires se conforment:
3.
Pendant le passage en transit, les aéronefs:
Article 40Recherche et levés hydrographiques
Pendant le passage en transit, les navires étrangers, y compris ceux qui sont affectés à la recherche scientifique marine ou à des levés hydrographiques, ne peuvent être utilisés pour des recherches ou des levés sans l’autorisation préalable des Etats riverains.
Article 41Voies de circulation et dispositifs de séparation du trafic dans les détroits
servant à la navigation internationale 1. Conformément à la présente partie, les Etats riverains de détroits peuvent, lorsque la sécurité des navires dans les détroits l’exige, désigner des voies de circulation et prescrire des dispositifs de séparation du trafic.
1502 7. Pendant le passage en transit, les navires respectent les voies de circulation et les dispositifs de séparation du trafic établis conformément au présent article.
Article 42Lois et règlements des Etats riverains de détroits relatifs au passage en transit
3.
Les Etats riverains donnent la publicité voulue à ces lois et règlements.
Article 43
Installations de sécurité, aides à la navigation et autres équipements, et prévention, réduction et maîtrise de la pollution Les Etats utilisateurs d’un détroit et les Etats riverains devraient, par voie d’accord, coopérer pour:
Article 44Obligations des Etats riverains de détroits
Les Etats riverains de détroits ne doivent pas entraver le passage en transit et doivent signaler par une publicité adéquate tout danger pour la navigation dans le détroit ou le survol du détroit dont ils ont connaissance. L’exercice du droit de passage en transit ne peut être suspendu.
Section 3. Passage inoffensif
.
Article 4.5Passage inoffensif
2.
L’exercice du droit de passage inoffensif dans ces détroits ne peut être suspendu.
PARTIE IV Etats archipels
Article 46Emploi des termes
Aux fins de la Convention, on entend par:
Article 47Lignes de base archipélagiques
3.
Le tracé de ces lignes de base ne doit pas s’écarter sensiblement du contour général de l’archipel.
1504 9. L’Etat archipel donne la publicité voulue aux cartes ou listes des coordonnées géographiques et en dépose un exemplai re auprès du Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies.
Article 48
Mesu res de la largeur de la mer territoriale, de la zone contiguë, de la zone économique exclusive et du plateau con tinen tal La largeur de la mer territoriale, de la zone conti guë, de la zone économique exclusive et du p lateau continental est mesurée à partir des lignes de base archipélagiques conformément à l’article 47.
Article 49Régime juridique des eaux archipélagiques et de l’espace aérien surjacent ainsi
que des fonds marins correspondants et de leur sous-sol 1. La souveraineté de 1’Etat archipel s’étend aux eaux situées en deçà des lignes de base archipélagiques tracées conformément à l’article 47, désignées sous le nom d’eaux archipélagiques, quelle que soit leur profondeur ou leur éloignement de la côte.
3.
Cette souveraineté s’exerce dans les conditions prévues par la présente partie.
Article 50Délimitation des eaux intérieures
A l’intérieur de ses eaux archipélagiques, 1’Etat archipel peut tracer des lignes de fermeture pour délimiter ses eaux intérieures, conformément aux articles 9, 10 et 11.
Article 51Accords existants, droits de pêche traditionnels et câbles sous-marins déjà en place
Article 52Droit de passage inoffensif
1505 2. L’Etat archipel peut, sans établir aucune discrimination de droit ou de fait entre les navires étrangers, suspendre temporairement, dans des zones déterminées de ses eaux archipélagiques, l’exercice du droit de passage inoffensif de navires étrangers si cette mesure est indispensable pour assurer sa sécurité. La suspension ne prend effet qu’après avoir été dûment publiée.
Article 53Droit de passage archipélagique
1506 12. Si 1’Etat archipel n’a pas désigné de voies de circulation ou de routes aériennes, le droit de passage archipélagique peut s’exercer en utilisant les voies et routes servant normalement à la navigation internationale.
Article 54Obligations des navires et des aéronefs pendant leur passage, recherche et
levés hydrographiques, obligations des Etats archipels et lois et règlements de l'Etat archipel concernant le passage archipélagique Les articles 39, 40, 42 et 44 s’appliquent mutatis mutandis au passage archipélagique.
PARTIE V Zone économique exclusive
Article 55Régime juridique particulier de la zone économique exclusive
La zone économique exclusive est une zone située au-delà de la mer territoriale et adjacente à celle-ci, soumise au régime juridique particulier établi par la présente partie, en vertu duquel les droits et la juridiction de 1’Etat côtier et les droits et libertés des autres Etats sont gouvernés par les dispositions pertinentes de la Convention.
Article 56Droits, juridiction et obligations de l’Etat côtier dans la zone économique exclusive
1.
Dans la zone économique exclusive, 1’Etat côtier a:
Article 57Largeur de la zone économique exclusive
La zone économique exclusive ne s’étend pas au-delà de 200 milles marins des lignes de base à partir desquelles est mesurée la largeur de la mer territoriale.
1507
Article 58Droits et obligations des autres Etats dans la zone économique exclusive
Article 59Base de règlement des conflits dans le cas où la Convention n’attribue ni
droits ni juridiction à l’intérieur de la zone économique exclusive Dans les cas où la Convention n’attribue de droits ou de juridiction, à l’intérieur de la zone économique exclusive, ni à 1’Etat côtier ni à d’autres Etats et où il y a conflit entre les intérêts de 1’Etat côtier et ceux d’un ou de plusieurs autres Etats, ce conflit devrait être résolu sur la base de l’équité et eu égard à toutes les circonstances pertinentes, compte tenu de l’importance que les intérêts en cause présentent pour les différentes parties et pour la communauté internationale dans son ensemble.
Article 60Iles artificielles, installations et ouvrages dans la zone économique exclusive
1508 5. L’Etat côtier fixe la largeur des zones de sécurité compte tenu des normes internationales applicables. Ces zones de sécurité sont conçues de manière à répondre raisonnablement à la nature et aux fonctions des îles artificielles, installations et ouvrages et elles ne peuvent s’étendre sur une distance de plus de 500 mètres autour des îles artificielles, installations ou ouvrages, mesurés à partir de chaque point de leur bord extérieur, sauf dérogation autorisée par les normes internationales généralement acceptées ou recommandées par l’organisation internationale compétente. L’étendue des zones de sécurité est dûment notifiée.
Article 61Conservation des ressources biologiques
Article 62Exploitation des ressources biologiques
1509 2. L’Etat côtier détermine sa capacité d’exploitation des ressources biologiques de la zone économique exclusive. Si cette capacité d’exploitation est inférieure à l’ensemble du volume admissible des captures, il autorise d’autres Etats, par voie d’accords ou d’autres arrangements et conformément aux modalités, aux conditions et aux lois et règlements visés au paragraphe 4, à exploiter le reliquat du volume admissible; ce faisant, il tient particulièrement compte des articles 69 et 70, notamment à l’égard des Etats en développement visés par ceux-ci.
5.
L’Etat côtier notifie dûment les lois et règlements qu’il adopte en matière de conservation et de gestion.
Article 63Stocks de poissons se trouvant dans les zones économiques exclusives de
plusieurs Etats côtiers ou à la fois dans la zone économique exclusive et dans un secteur adjacent à la zone 1. Lorsqu’u n même stock de poissons ou des stocks d‘espèces associées se trouvent dans 1 es zones économiques exclusi ves de plusieurs Etats côtiers, ces Etats s’efforcen t, directement ou par 1510 l’intermédiaire des organisations sous-régionales ou régionales appropriées, de s’entendre sur les mesures nécessaires pour coordonner et assurer la conservation et le développement de ces stocks, sans préjudice des autres dispositions de la présente partie.
Article 64Grands migrateurs
2.
Le paragraphe 1 s’applique en sus des autres dispositions de la présente partie.
Article 65Mammiferes marins
Aucune disposition de la présente partie ne restreint le droit d’un Etat côtier d’interdire, de limiter ou de réglementer l’exploitation des mammifères marins plus rigoureusement que ne le prévoit cette partie, ni éventuellement la compétence d’une organisation internationale pour ce faire. Les Etats coopèrent en vue d’assurer la protection des mammifères marins et ils s’emploient en particulier, par l’intermédiaire des organisations internationales appropriées, à protéger, gérer et étudier les cétacés.
Article 66Stocks de poissons anadromes
3.
En ce qui concerne la pêche au-delà des limites extérieures des zones économiques exclusives, les Etats concernés se consultent en vue de s’entendre sur les modalités et conditions de cette pêche, en tenant dûment compte des exigences de la conservation et des besoins de 1’Etat d’origine pour ce qui est des stocks en question.
1511