📄 Texte de loi
LE GOUVERNEMENT
DU GRAND-DUCHÉ DE LUXEMBOURG
Ministère d'État
Le Ministre aux Relations avec le Parlement
Madame la Présidente
du Conseil d'État
Luxembourg
Personne en charge du dossier:
Luxembourg, le 9 avril 2019
Jean-Luc Schleich
lit 247 - 82954
SCL : L 5594 / L 5593 — 490 / nb
V/réf. 53.291 / 53.290
Doc. parl. 7451 / 7450
Objet : 1.
Projet de loi relatif à la programmation financière pluriannuelle pour la période 2018-2022.
2. Projet de loi concernant le budget des recettes et des dépenses de l'État pour l'exercice
2019 et modifiant :
10 le Code de la sécurité sociale ;
2' le Code du travail ;
3° la loi générale des impôts modifiée du 22 mai 1931 (« Abgabenordnung ») ;
4° la loi modifiée du 30 juin 1947 portant organisation du Corps diplomatique ;
5° la loi modifiée du 4 décembre 1967 concernant l'impôt sur le revenu ;
6° la loi modifiée du 12 février 1979 concernant la taxe sur la valeur ajoutée ;
7° la loi modifiée du 10 décembre 1998 portant création de l'établissement public
dénommé « Fonds d'assainissement de la Cité Syrdall » ;
8° la loi modifiée du 8 juin 1999 sur le budget, la comptabilité et la trésorerie de l'État ;
9° la loi modifiée du 24 décembre 1999 concernant le budget des recettes et des dépenses
de l'État pour l'exercice 2000 ;
10°Ia loi modifiée du 22 décembre 2006 concernant le budget des recettes et des dépenses
de l'État pour l'exercice 2007 ;
11°la loi modifiée du 14 décembre 2016 portant création d'un Fonds de dotation globale
des communes.
Madame la Présidente,
Comme suite à mes lettres respectives du 5 mars 2019, j'ai l'honneur de vous faire parvenir en annexe les
avis de la Chambre des métiers et de la Banque centrale du Luxembourg sur les deux projets de loi sous
rubrique.
Veuillez agréer, Madame la Présidente, l'assurance de ma haute considération.
Pour le Ministre aux Relations
avec le Parlement
John Dann
Directeur
43, boulevard F.-D. Roosevelt
L-2450 Luxembourg
Tél. (+352) 247-82952
Fax (+352) 46 74 58
scl@scl.etat.lu
www.gouvernement.lu
www.luxembourgiu
CHAMBRE
DES METIERS
CdM/05/04/2019 - 19-019
Projet de loi relatif à la programmation financière pluriannuelle pour la période
2018 - 2022
et
Projet de loi concernant le budget des recettes et des dépenses de l'Etat pour
l'exercice 2019 et modifiant :
•
•
•
•
•
•
•
•
•
•
•
10 le Code de la sécurité sociale ;
20 le Code du travail ;
3 la loi générale des impôts modifiée du 22 mai 1931 (« Abgabenordnung ») ;
4 la loi modifiée du 30 juin 1947 portant organisation du Corps diplomatique ;
5 la loi modifiée du 4 décembre 1967 concernant l'impôt sur le revenu ;
6 la loi modifiée du 12 février 1979 concernant la taxe sur la valeur ajoutée ;
7 la loi modifiée du 10 décembre 1998 portant création de l'établissement
public dénommé « Fonds d'assainissement de la Cite Syrdall » ;
80 la loi modifiée du 8 juin 1999 sur le budget, la comptabilité et la trésorerie de
l'Etat ;
9 la loi modifiée du 24 décembre 1999 concernant le budget des recettes et des
dépenses de l'Etat pour l'exercice 2000 ;
10 la loi modifiée du 22 décembre 2006 concernant le budget des recettes et
des dépenses de l'Etat pour l'exercice 2007 ;
110 la loi modifiée du 14 décembre 2016 portant création d'un Fonds de
dotation globale des communes
Avis de la Chambre des Métiers
Résumé structuré
Une amélioration suivie d'une détérioration du solde des finances publiques.
Tout d'abord la Chambre des Métiers salue la situation favorable des finances
publiques en 2018, l'administration centrale affichant le premier excédent depuis
dix ans. Les causes sont à rechercher dans un environnement conjoncturel porteur,
une sous-estimation importante de certaines recettes, comme l'impôt sur le revenu
des collectivités - en partie due à l'encaissement massif d'arriérés - et la
surestimation de certains postes de dépenses, notamment les investissements
publics. Ainsi, les résultats reposent partiellement sur des facteurs non
nécessairement récurrents.
Par contre, le projet de budget 2019 fait également état d'une dégradation de la
situation en 2019, le solde positif de l'administration centrale de 121. millions
euros se transformant en déficit de 650 millions euros, ce qui représente une
2, Circuit de la Foire Internationale L-1347 Luxembourg-Kirchberg • B.P 1604 L-1016 Luxernbourg
T:1+352142 67 67-1 • F: (+352142 67 87 contact1Bcdmiu
www.cdm.lu
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Chambre des Métiers du Grand-Duché de Luxembourg
détérioration de 771 millions euros. Le degré de réalisme de certaines recettes et
dépenses prévues est toutefois difficile à apprécier.
Des mesures à soutenir
Les mesures ayant pour effet de maintenir, voire de renforcer l'attractivité du pays
d'un point de vue économique sont saluées, parmi lesquelles les modifications au
niveau de la fiscalité, des investissements publics, notamment ceux dans les
infrastructures de transport, et les crédits prévus dans l'intérêt de l'innovation, de
la digitalisation et de la recherche.
Devant l'optimisme ambiant, la prudence est toujours requise, alors que la stabilité
et la santé des finances publiques sont exposées à deux risques, /es uns de type
conjoncturel, /es autres de type structurel.
Pour ce qui est des premiers, la Chambre des Métiers considère que le projet de
budget 2019 se base sur des hypothèses relativement optimistes surtout face aux
incertitudes au niveau international le flou entourant le Brexit, la propagation de
tendances protectionnistes, les tensions commerciales entre les Etats-Unis et la
Chine, de même qu'entre les USA et l'Union européenne.
Des prévisions économiques optimistes ?
Aussi, la Chambre des Métiers tient à relever que les prévisions de croissance
économique de la Commission européenne pour le Luxembourg sont moins
favorables que celles du STATEC pour l'année 2019 ; l'écart étant plus important
encore pour l'évolution estimée du P1B en 2020.
Un retournement conjoncturel risque d'avoir un impact important sur les finances
publiques en raison de l'effet « ciseaux » qu'il est susceptible de provoquer à
politique inchangée. D'un côté une baisse des recettes, suite à un recul des
bénéfices des entreprises, une diminution de la consommation des ménages et
une moindre hausse de l'emploi et des salaires. D'un autre côté, une progression
des dépenses en raison de l'augmentation du chômage (Fonds pour l'Emploi,
Revis, ...)»
Dans la mesure où les investissements dans nos infrastructures sont une
nécessité, une diminution de ces dépenses en cas de conjoncture défavorable,
serait en tout cas un mauvais levier.
Une évolution du budget social soutenable ?
Sur le plan structurel, la Chambre des Métiers regrette la politique du « toujours
plus » sur le plan des dépenses sociales, se traduisant par l'introduction, au fil du
temps, de nouveaux transferts sociaux et, en parallèle, l' « amélioration » de
transferts existants. 11 en résulte une hausse des dépenses qualifiées de
« difficilement compressibles » qui confine la politique budgétaire future dans un
carcan de plus en plus rigide. En fait, la rigidité accrue du budget social réduira
proportionnellement la marge de manœuvre des gouvernements.
Dans ce contexte, la Chambre des Métiers regrette l'introduction de mesures
structurelles, ayant un effet budgétaire à long terme, justifiée par une situation
conjoncturelle actuellement (encore) favorable.
CdM/D0/nf/Avis_19-019_Budget_d'EtaL2019/05.04.2019
Chambre des Métiers du Grand Duché de Luxembourg
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Si la Chambre des Métiers comprend que dans un des pays les plus riches du
monde l'Etat accompagne, d'une manière généreuse, les changements sociétaux,
comme le désir d'une meilleure conciliation entre vie professionnelle et vie privée,
la politique du « toujours plus », financièrement gérable en temps de boom
économique, ne mènera-t-elle pas inévitablement à un « mauvais réveil » en temps
de retournement conjoncturel ou pire de taux de croissance durablement plus bas
dus à des mutations structurelles de l'environnement international (p. ex. au niveau
de la fiscalité) ?
Dans l'optique que « gouverner, c'est prévoir », la Chambre des Métiers se demande
si les responsables politiques seraient prêts à revenir, pour préserver des finances
publiques saines, à des mesures moins généreuses que ce n'est le cas dans l'état
actuel des choses ?
Par sa lettre du 5 mars 2019, Monsieur le Ministre des Finances a sollicité l'avis de
la Chambre des Métiers aux sujets des projets de loi sous rubrique.
1.
Chiffres-clés du projet de budget 2019
L'analyse des chiffres-clés du projet de budget 2019 révèle une situation favorable
des finances publiques en 2018, l'administration publique et l'ensemble des
entités la composant dégageant un excédent, ce dont la Chambre des Métiers se
réjouit.
Or, les données font également état d'une dégradation de la situation en 2019, le
solde positif de l'administration publique passant de 1.514 millions euros à
632 millions euros, ce qui représente une détérioration de 882 millions euros.
Soldes de l'Administration publique et des sous-entités (+ : excédent ; - : déficit)
Unsté : millions €
2018
2019
Variation
1.514
632
-882
Administration centrale
121
-650
-771
Administrations locales
334
285
-49
1.059
997
-62
Administration publique
-
-
Sécurité sociale
Source : Ministère des Finances ; calculs Chambre des Métiers
Le tableau reproduit ci-avant montre que cette évolution est avant tout imputable à
l'administration centrale dont le solde positif de 121 millions en 2018 se
transforme en déficit de 650 millions euros en 2019, soit une dégradation de
771 millions euros.
Avant d'analyser plus en détail le projet de budget 2019, il convient cependant de
s'attarder à l'exercice 2018, pour déterminer les raisons de l'amélioration
mentionnée ci-avant et d'évaluer son caractère durable ou non.
COM/DO/nf/Avis_19-019_Budget_d'Etat_2019/05.04.2019
Chambre des Métiers du Grand-Duché de Luxembourg
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2.
Situation favorable des finances publiques en 2018
Sur la dernière décennie, l'effet de la crise économique est clairement perceptible
pour les exercices de 2009 à 2012, avec des déficits proches du milliard d'euros. A
partir de 2013 la situation se détend quelque peu, le solde négatif se rétrécissant
de façon importante au cours de cette année pour se maintenir autour de
200 millions euros entre 2014 et 2016. Les principaux facteurs explicatifs résident
dans l'embellie sur le plan conjoncturel et l'impact du « Zukunftspak » qui visait à
mieux maîtriser les dépenses et à augmenter certaines recettes pour compenser
les pertes de recettes de TVA issues du commerce électronique. Au cours de
l'exercice 2017 le déficit se creuse encore quelque peu, probablement sous
l'incidence de la réforme fiscale.
Administration centrale: solde budgétaire (en mio C)
600
400
200
-200
-400
11
600
-800
1 000
2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019
Source: STATEC, Ministère des Finances
Si l'administration centrale dégage en 2018 le premier excédent depuis 10 ans, un
facteur-clé qui explique cette évolution est à rechercher dans une situation
conjoncturelle favorable.
Ainsi, le PIB aurait affiché une croissance de 3% l'année passée après 1,7%2 en
2017, ce qui devrait aller de pair avec une hausse des bénéfices des entreprises et
donc des recettes plus élevées au titre de l'impôt sur le revenu des collectivités
(IRC) notamment.
L'emploi quant à lui a progressé de 3,7% en 2018, ce qui est synonyme d'une
hausse des recettes concernant l'impôt sur le revenu des personnes physiques. Par
ailleurs, l'augmentation de l'emploi devrait avoir stimulé la consommation et par
conséquent le produit de la TVA.
D'après les dernières estimations, elle s'établirait à 2,6% (Conjoncture Flash Mars 2019 ; STATEC).
2 Conjoncture Flash Mars 2019 : STATEC. Le STATEC rappelle • que l'année 2017 - marquée par un pic d'expansion pour la
plupart des pays de la zone euro - avait souffert au Luxembourg de phénomènes à caractère technique qui avaient tiré la
croissance vers le bas •
CdM/00/nf/Avis_19-019_Budget_dltat_2019/05.04.2019
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Chambre des Mébers du Grand-Duché de Luxembourg
Parallèlement à la création d'emplois, le nombre de chômeurs a baissé de 4%,
15.500 personnes étant toujours touchées par ce phénomène. Or, cette évolution
devrait faire baisser les dépenses en relation avec le chômage.
Une deuxième raison de la bonne tenue de l'administration centrale est liée à la
variation parfois importante entre les données présentées en automne 2017 dans
le cadre du dépôt du projet de budget 2018 et celles figurant au projet de loi sous
avis pour certains postes budgétaires.
Ainsi, la Chambre des Métiers constate une sous-estimation notable de certaines
recettes. A titre d'exemple, on peut citer l'IRC.
Si le budget pour l'exercice 2018 prévoyait des recettes de 1.715 millions euros, le
compte prévisionnel pour ce même exercice estime celles-ci à 2.302,9 millions
euros. Ceci correspond à un écart de l'ordre de 588 millions euros ou à une sousestimation de ce poste de 34%.
Sous-estimation importante de l'IRC au titre de l'exercice 2018
Unité ; millions € (si pas spécifié autrement)
IRC prévu
Montant de l'IRC
IRC réalisé
1.715,0
Var en €
2.302,9
+588
Var. en %
34%
Source : Projets de budget pour les exercices 2018 et 2019 ; calculs Chambre des Métiers
Cette différence très importante semble étre liée à deux causes essentiellement.
Tout d'abord, l'obligation du dépôt électronique des déclarations de la part des
collectivités et l'imposition automatique des revenus de la collectivité ont permis
d'accélérer la procédure d'imposition3.
Par ailleurs, la hausse des recettes est imputable à un « encaissement massif
d'arriérés» lors du deuxième semestre 2018, un fait dont les répercussions
ressortent clairement du graphique reproduit ci-dessous.4
Finances publiques
EvOlLMON DES RECEnu FK.11F
48
46
44
'eg4
110
38
36
311
32
30
r‘f
ra
w'
R.
t.)
el
e
11,
IOIJ
Sources &de,e.stratont Ilsca et STATEC foonnees deuesonnaesteel
3 Analyse des données fiscales au Luxembourg : CES ; 22 novembre 2018
Conjoncture Flash ; 1-2019 : STATEC
CdM/DO/nf/Avts_19 019_13udgeLd'Etat_2019/05 04 2019
1-
Chambre des Métiers du Grand-Duché de Luxembourg
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Si certaines recettes ont été largement sous-estimées, il semble à la Chambre des
Métiers que, de l'autre côté, des postes de dépenses aient été surestimés lors du
dépôt / vote du budget pour l'exercice 2018.
Or, une telle analyse se révèle impossible au stade actuel, vu que la Chambre des
Métiers dispose seulement des données relatives au a budget voté », et non pas de
ceux du « compte provisoire ». Toutefois, le volume des investissements réalisé,
dont les données sont publiées dans les chapitres introductifs du projet de loi
révèle, à travers une comparaison avec les chiffres relatifs aux investissements
prévus, et publiés dans le projet de budget pour 2018, un écart de 142 millions
euros. Sur ce poste, l'Etat a donc réalisé une économie. Il demeure que le taux de
réalisation reste élevé en atteignant 94%.
Ecart entre les investissements prévus et réalisés en 2018
Unité : m Ilions € si pas spécifié autrement)
Investissemen s Investissements
réalisés
prévus
Variation en
€
Taux de
réalisation
Investissements
directs
1.514
1.467
-47
97%
Investissements
indirects
851
756
-95
89%
2.365
2.222
-142
94%
Total
Source : Projets de budget pour les exercices 2018 et 2019 ; calculs Chambre des Métiers
De l'analyse qui précède il découle que la bonne tenue des finances publiques en
2018 repose en partie sur des facteurs non nécessairement récurrents comme
l'encaissement massif d'arriérés et le dépôt électronique des déclarations qui en
combinaison avec l'imposition automatique pourrait réduire le volume des arriérés,
et partant la marge de manœuvre du Gouvernement pour lisser à l'avenir les
recettes fiscales. Les excédents dégagés en 2018 risquent donc de ne pas
présenter un caractère durable.
3.
Déficit de 650 millions C prévu en 201,9 et amélioration au-delà
Comme il a été relevé ci-avant, le solde de l'administration centrale devrait, d'après
les estimations du projet sous avis, se détériorer de manière importante entre
l'exercice 2018 et celui de 2019. L'analyse des accents de la politique budgétaire à
mener pendant l'année en cours donne une réponse partielle quant aux causes de
cette dégradation.
CdM/DO/nf/Avis_19-0193udget_d'Etat_2019/05 04 2 1
Chambre des Métiers du Grand-Duché de Luxembourg
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3.1. Les accents de la politique budgétaire en 2019
Budget « social »
Le budget « social »5, représentant quelque 48% des dépenses totales, constitue le
plus grand poste de dépenses.
En analysant les données y afférentes, la Chambre des Métiers constate que
différentes réformes ont un impact très significatif sur l'évolution des dépenses en
cause.
Suite à la réforme du congé parental, les crédits prévus à ce titre se chiffrent à
237 millions euros, soit une hausse de 43% par rapport à 2018. Pour les chèques
services accueil, les dépenses sont estimées à 421 millions euros, une progression
de 9,5% face à l'année passée.
Au niveau de l'adaptation du salaire social minimum (SSM), le « coût » lié à
l'introduction du nouveau crédit d'impôt s'élève à 60 millions euros.
La Chambre des Métiers se doit également de rappeler qu'une partie non
négligeable des dépenses sociales revêt un caractère difficilement compressible et
qu'elles augmentent en plus de façon mécanique. A titre d'illustration on peut citer
les « transferts de l'Etat à la Sécurité sociale ». Ainsi, les contributions de l'Etat au
profit des différents régimes de la Sécurité sociale (assurances pension, maladiematernité, dépendance, accidents, Mutualité des employeurs, à l'exclusion des
crédits pour prestations familiales qui relèvent du Ministère de la Famille) affichent
une hausse de 213 millions euros ou de 6,5%. Elles varient en fonction de
l'évolution de l'emploi et des salaires individuels.
Politique d'investissement de l'Etat
Un poste de dépenses important de l'administration centrale concerne la politique
d'investissement de l'Etat.
Investissements réalisés / prévus sur la période 2014-201.9
Investissements directs (Formation de capital)
Investissements indirects (Transferts en capital)
Total .
Variation .
En °o du PIB
2014
1 146
591
1 737
3-5°*
2015
1 330
581
1 910
—10.0°0
3.7"o
1016
1017
1 336
680
2 016
÷5.5°0
3.8°0
1 335
735
2 070
+2.ro
3.7°.
2019
1 467
1 596
756
962
2 222
2 557
+7.4°0 —15.1°0
le.
4.2°0
1018
Note : Les chiffres de ce tableau sont expnmés en nnlhons d'erres
D'après les données du projet sous avis, les investissements publics devraient
dépasser la barre des 2,5 milliards euros en 2019, ce qui représenterait une
hausse de 15%. Ce sont avant tout les investissements indirects qui contribuent à
cette augmentation.
La Chambre des Métiers constate que les dépenses du Fonds du rail, du Fonds des
routes et celles en relation avec l'infrastructure du tram se situent à 626 millions
euros.
5 Prestations sociales, subsides. subventions, transferts à la sécuhté sociale, autres transferts de revenus
COM/DO/nt/Avis_19-019_Budget_d'Etat_2019/05.04.2019
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Chambre des Métiers du Grand Ductte ae Luxembourg
investissements dans le rail, la route et le tram
Umté. n eons eurou
Type de dépenses
201.8
201.9
2020
2021
2022
Participation aux frais d'investissement liés à la ligne du
tramway à Luxembourg entre la Gare Centrale et le Circuit de la
Foire Internationale au Kirchberg.
35,6
12,3
21,8
12,9
0,0
Participation aux frais d'investissement liés à l'extension du
tramway de la Gare Centrale vers la Cloche d'Or.
3,0
1,4
26,5
35.0
23,6
3.6
166,8
435,0
644,0
0,1
199,0
413,7
626,6
5,8
234,4
450,8
739,3
15,7
277,7
530,5
871,8
31,4
317,3
480,8
853,1
Participation aux frais d'investissement liés à l'extension du
tramway du Circuit de la Foire Internationale au Kirchberg vers
raéroport du Findel.
Fonds des routes
Fonds du rail
Total
Source: Projet de budget plunannuel 2019
La Chambre des Métiers regrette que le projet de budget de l'Etat ne prévoie pas de
tableau synoptique avec une catégorisation des investissements à réaliser dans
différents domaines, ce qui permettrait par exemple de mieux identifier ceux qui
sont primordiaux pour le développement économique du pays.
Mesures en faveur de rattractivité du site économique
Certaines mesures sont susceptibles de maintenir, voire de renforcer, la
compétitivité de l'économie.
Dans le domaine de la fiscalité, le taux nominal de l'IRC connaîtra une baisse de
er janvier 2019. La tranche d'application du
1.8% à 1.7%, et ce rétroactivement au l
taux de 15% passe de 25.000 à 175.000 euros.
Le projet sous avis renseigne le lecteur que « au-delà de l'abaissement du taux de
l'1.R.C. proposé dans le cadre du présent projet de loi, et tel que prévu par l'accord
de coalition, le Gouvernement continuera en outre à tenir compte des
répercussions des changements en cours au niveau de la fiscalité internationale et
européenne, et proposera, le cas échéant, des ajustements complémentaires
visant à maintenir la compétitivité du pays. "A
Par ailleurs, le Gouvernement entend soutenir de façon accrue l'innovation et la
recherche. Ainsi, l'Université du Luxembourg, le Fonds National de la Recherche et
les centres de recherche LIH, LISER et LIST se verront allouer des dotations
financières s'établissant à 342 millions d'euros pour l'exercice 2019.
3.2. L'évolution sur la période 2017-2022
Du côté des dépenses publiques, « les autres transferts courants » représentent de
loin la catégorie la plus importante avec 42% des dépenses totales, suivi de la
« rémunération des salariés », représentant 23% des dépenses.
Projet de budget ; p. 42
CdM/DO/nr/Avis_19 019_Budget_cl'Etat_2019/05.04,2019
Chambre des Métiers du Grand Duché de Luxembourg
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Dépenses de l'administration centrale (millions euros)
Consommation intermédiaire
Formation de capital
Rémunération des salariés
Autres impôts sur la production
Subventions à payer
Revenus de la propriété
impôts cour. s/ le rev.. le patrimoine, ...
Prestations sociales en espèce
Prestations sociales en nature
Autres transferts courants
Transferts en capital à payer
Acquisitions moins cessions d'actifs
Dépenses totales
PIB en valeur
2017
2018
2019
1381
1449
1579
1335
1467
1596
4 584
3 911
4 263
1
0
0
616
714
701
191
190
161
0
1
1
1676
1738
1630
63
71
60
7 298
7 891
8 201
735
756
962
31
42
63
17 202 18 541 19 611
55 299 58 790 61210
2021
2022
2020
1618
1649
1715
1908
1665
1965
4 838
5 052
5 294
0
0
0
718
706
721
161
128
131
0
0
0
1795
J. 840
1. 904
61
60
61
8 646
9 130
9 511
1118
1141
1008
24
9
20
20 530 21 671 22 394
64 740 68 180 71 740
Source STATEC: PrOjet de budget ounannue
Suivent les « prestations sociales en espèce », la « formation de capital » et la
« consommation intermédiaire » avec des crédits situés dans une fourchette allant
de 1.500 à 2.000 millions euros sur la période 2019-2022 et représentant autour
de 9% de l'ensemble des dépenses.
Dépenses de l'administration centrale (201.7=100)
Consommation intermédiaire
Formation de capital
Rémunération des salariés
Autres impôts sur la production
Subventions à payer
Revenus de la propriété
impôts cour. s/ le rev., le patrimoine. ...
Prestations sociales en espèce
Prestations sociales en nature
Autres transferts courants
Transferts en capital à payer
Acquisitions moins cessions d'actifs
Dépenses totales
PIB en valeur
2017
100
100
100
n/a
100
100
nia
100
100
100
100
100
100
100
2018
105
110
109
167
116
99
280
103
111
108
103
149
108
106
2019
114
120
117
0
114
84
0
107
94
112
131
73
114
111
2020
117
125
124
0
117
84
0
110
94
118
137
47
119
117
2021
119
147
129
0
115
67
0
113
95
125
152
56
126
2022
124
143
135
0
117
68
0
117
97
130
155
22
130
123
130
Source: STATEC. Projet de budget ptunannuel. calcUs Chambre des Mébers
Le tableau précédent montre que l'ensemble des dépenses devrait augmenter en
moyenne au même rythme que le PIB en valeur, à savoir de 30%. En analysant les
différentes catégories la Chambre des Métiers constate toutefois que certaines
affichent une hausse bien plus dynamique que le PIB ou le total des dépenses : les
« transferts en capital à payer » (+55%), la « formation de capital » (+43%) et la
« rémunération des salariés » (+35%).
Si la hausse importante des deux premières catégories est en principe à saluer,
alors qu'il s'agit d'investissements publics, encore faudrait-il analyser de quels
types d'investissements il s'agit - soutiendront-ils le développement économique
ou non ? - et quel sera le taux des investissements prévus qui seront effectivement
réalisés. En ce qui concerne les « transferts en capital à payer » les données font
CdM/DO/M/Avls_19 019_Budget_d'Etet_2019/05 04 2019
Chambre des Métiers du Grand Duché de Luxembourg
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état d'une forte hausse de 27% en 2019, tandis que la « formation de capital » fait
un bond de 18% en 2021, lié à l'acquisition d'un avion militaire.
Par contre, la Chambre des Métiers constate la progression importante des coûts
de personnel qui font partie des frais de fonctionnement de l'Etat. Cette évolution
devrait être attribuable tant à un effet volume (hausse du nombre d'agents de
l'Etat) qu'à un effet « prix » (augmentation du coût salarial par personne).
Recettes de l'administration centrale (millions euros)
2017
Production marchande
Production pour usage final propre
Production non marchande
Impôts sur la production et les importations
Revenus de la propriété
Impôts cour, s/ le revenu, le patrimoine,
Cotisations sociales
Autres transferts courants
Transferts en capital à recevoir
Recettes totales
PM en valeur
156
263
569
6 523
335
7 734
2018
137
283
668
7 039
290
8 876
884
129
266
16 858
55 299
931
182
257
18 662
58 790
2019
131
300
670
7 172
311
8 974
984
215
206
18 962
61210
2020
137
320
655
7 567
318
9 557
1036
216
209
20 014
64 740
2021
136
340
713
7 998
325
10 174
1. 080
223
200
21188
68 180
2022
143
360
668
8 438
332
10 874
1127
228
181
22 350
71740
Source: STATEC: Projet OE budget plunannuei
Du côté des recettes, le tableau reproduit ci-avant montre que l'écrasante majorité
des recettes est imputable à deux catégories : les « impôts courants sur le revenu,
le patrimoine, ... » et les « impôts sur la production et les importations ». Ensemble
elles représentent en 2019 85% du total des recettes.
Recettes de l'administration centrale (2017=1.00)
2017
Production marchande
Production pour usage final propre
Production non marchande
Impôts sur la production et les importations
Revenus de la propriété
Impôts cour. s/ le revenu, le patrimo ne, ...
Cotisations sociales
Autres transferts courants
Transferts en capital à recevoir
Recettes totales
PIB en valeur
1.00
100
100
100
100
100
100
100
100
2018
88
107
118
108
86
115
105
142
96
2019
84
114
118
110
93
116
111
167
77
100
100
111
106
112
111
2020
88
122
115
116
95
124
117
168
78
119
117
2021
87
129
125
123
97
132
122
174
75
2022
91
137
118
129
99
141
128
178
68
126
123
133
130
Source: STATEC. Projet de budget pluriannuel. calculs Chambre des Métiers
Or, leur évolution sur la période 2017 - 2022 est très différente. Alors que les
impôts sur la production et les importations » (+29%) évoluent en phase avec le
PIB en valeur (+30%), ceci n'est pas le cas des « impôts courants sur le revenu, le
patrimoine, ... ». Ces derniers progressent, d'après les estimations du projet de loi
sous avis, de 41%, soit un différentiel de 11 points de pourcentage par rapport à
l'évolution du PIB. La Chambre des Métiers se pose la question de savoir quelle est
l'origine de cet écart significatif. Rappelons que la très forte hausse entre 2017 et
2018 (+15%) s'explique à travers l'encaissement massif d'arriérés et les effets du
passage au dépôt électronique des déclarations d'impôt et l'imposition
automatique.
CdM/D0/M/Avis_19-019_Budget_d'Etat_2019/05.04.2019
Chambre des Mébers du Grand-Duché de Luxembourg
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3.3. Evolution prévisible de la dette
Après une forte augmentation de la dette en 2017, celle-ci se stabilise. En effet,
comme il a été relevé ci-avant l'administration centrale dégage pour la première
fois en 10 ans un excédent en 2018, de sorte qu'il n'y a pas de besoin pour
accroître la dette.
Dette publique (en mio C)
14 000 ,
12 000
10 000
8 000
6 000
4 000
2 000
19
OC) 0
0>
62, cb
eo QD
e"
ÇP'
el, 1, I, `1 , I,
y
9,
Source: STATEC, Mnistere des finances
La Chambre des Métiers estime cependant que pendant des années à forte
croissance économique il devrait être possible de réduire la dette.
Exprimé en pourcentage du PIB, la dette devrait baisser de 23% en 2017 à 20,2%
en 2019.
Selon la Chambre des Métiers, le ratio « dette / PIB » constitue un indicateur qu'il
convient d'interpréter avec prudence, alors qu'il revêt un caractère pro-cyclique. En
période de conjoncture favorable il a tendance à baisser, vu que le PIB augmente et
parallèlement la dette devrait stagner ou s'accroître de façon moins dynamique
(dans le cas idéal elle diminuera). L'inverse étant vrai en cas de retournement
conjoncturel. Par ailleurs, le passé récent a clairement montré que le PIB
luxembourgeois peut varier dans de grandes proportions suite à des opérations
exceptionnelles de quelques groupes multinationaux implantés au Grand-Duché.
4.
Analyse de la Chambre des Métiers
4.1. Des mesures à soutenir
Tout d'abord, la Chambre des Métiers salue la situation favorable des finances
publiques en 2018, et notamment le premier excédent dégagé au niveau de
l'administration centrale depuis 10 ans. Comme il a été relevé ci-avant, ce résultat
repose cependant partiellement sur des facteurs qui risquent de ne pas être
durables.
Concernant le projet de budget pour l'exercice 2019, elle salue les rnesures
destinées à maintenir, voire à renforcer, la compétitivité de l'économie en général
et de l'Artisanat en particulier.
CdM/DO/nf/Avis_19-0193udgeLd' Etal_2019/05.04.2019
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Chambre des Métiers du Grand Duché de Luxembourg
La baisse du taux de l'impôt sur le revenu des collectivités de 18% à 17% est
accueillie positivement et constitue un pas dans la bonne direction, alors que les
mesures que le Luxembourg s'est engagé à transposer en droit national mènent
progressivement à une harmonisation, et par là même, à un élargissement de
l'assiette imposable. Or, en l'absence d'une réduction des taux crimposition, celui-ci
conduirait à une charge fiscale plus élevée. Il s'agit donc de maintenir par cette
mesure l'attractivité et par conséquent la compétitivité du pays.
Dans ce même contexte, la Chambre des Métiers salue l'augmentation du plafond
du taux réduit de 15% qui passe de 25.000 euros à 175.000 euros, en ce que cette
hausse constitue une mesure susceptible d'amenuiser la charge fiscale des PME
artisanales et d'améliorer ainsi leur capacité d'autofinancement.
Par ailleurs, les efforts du Gouvernement visant à soutenir davantage la recherche
et l'innovation au Luxembourg vont dans la bonne direction, alors qu'il s'agit de
leviers facilitant la transition de l'économie nationale vers des niches de
compétences. Les tendances du passé récent, notamment sur le plan de la
fiscalité, montrent que l'exploitation de niches de souveraineté s'avérera de plus en
plus difficile à l'avenir. Il conviendra donc de diversifier davantage l'économie tout
en essayant de se démarquer par des produits et services de qualité et présentant
un caractère innovateur.
Finalement, la Chambre des Métiers approuve l'effort d'investissement du
Gouvernement dont le volume devrait dépasser les 2,5 milliards euros au cours de
l'année 2019. Une politique d'investissement conséquente est en effet
indispensable pour rattraper les retards accumulés par le passé, notamment en
matière d'infrastructures de transport. Au contraire, une politique de sousinvestissement constituerait à terme un frein au développement économique du
Luxembourg.
Ces mesures en faveur de la compétitivité risquent cependant d'être atténuées par
certaines mesures en droit du travail, notamment l'introduction d'un nouveau jour
férié légal et d'un jour de congé supplémentaire.
4.2. Le revers de la médaille
Tout d'abord, la Chambre des Métiers regrette la détérioration de la situation des
finances publiques par rapport à 2018, cette évolution étant imputable à la
dégradation du solde de l'administration centrale qui passe d'un excédent de
121 millions euros en 2018 à un déficit de 650 millions euros en 2019.
Or, il reste à voir si ce dernier chiffre est réaliste ce qui dépend de l'évolution
conjoncturelle réelle et de la possible sous-estimation de certaines recettes ou de
la surestimation de dépenses.
Ce qui inquiète la Chambre des Métiers, alors qu'il s'agit d'une tendance qu'on
observe sur les dernières décennies est la politique du « toujours plus » au niveau
du budget « social ». Pour illustrer, on peut citer des mesures récentes comme la
réforme du congé parental ou celle des chèques services, ou encore l'introduction
du nouveau crédit impôt SSM. S'il est tout à fait compréhensible que l'Etat, sur
base d'une évolution économique favorable et des changements sociétaux au
niveau des modes de vie, augmente le volume des transferts sociaux pour
accompagner ces mutations, tout est question de dosage.
CdM/DO/M/Avi _ 9-019, Budget_crEtat_2019/05.04.2019
Chambre des Métiers du Grand-Duché de Luxembourg
page 13 de 20
Dans le domaine de la politique environnementale, la Chambre des Métiers regrette
que la stratégie en matière d'accises sur les carburants ne soit au stade actuel pas
encore définie dans les détails. Plus concrètement elle se demande jusqu'à quel
point il est envisagé de réduire le différentiel de prix avec les pays voisins.
Il est clair que cette stratégie aura un impact sur les recettes d'accises qui
atteignent actuellement encore des montants appréciables. Toutefois, une baisse
notable de celles-ci suite à une taxation plus élevée rendrait nécessaire la réduction
des dépenses publiques et / ou l'introduction de mesures visant des recettes
supplémentaires, à moins que les responsables politiques acceptent que le déficit
public ne se creuse, ce qui ne serait point compatible avec une politique des
finances publiques prudente.
4.3. Des questions subsistent
Les paramètres économiques sur lesquels se fonde le projet de budget pour
l'exercice 2019 et les estimations pour les années suivantes peuvent paraître
optimistes.
Prévisions de croissance pour le Luxembourg
2018
2019
2020
3,0%(1)
3,0%
3,8%
Commission européenne
3,0%
2,5%
2,6%
Différentiel (en pts de %)
0,0
-0,5
-1,2
STATEC
(1) D'après les dernières estimations du STATEC la croissance serait de 2.6%
Ainsi, la Commission européenne prévoit pour l'année courante pour le Luxembourg
une croissance moindre (2,5%) que le STATEC (3%).
L'OCDE, quant à elle, a révisé les perspectives de croissance pour la zone euro
massivement vers le bas, ces dernières passent de 1,8% à 1%. Or, il serait étonnant
si une évolution beaucoup moins dynamique que prévue au sein de la prédite zone
n'affecterait point le Luxembourg.
Par ailleurs, l'IMF lance un avertissement par rapport aux changements à introduire
en matière fiscale. Par la transposition de nouvelles règles, le Luxembourg risque
de devenir moins attractif et de connaître par voie de conséquence une érosion des
recettes fiscales du secteur financier.
Une autre question que la Chambre des Métiers se pose est de savoir quel est le
degré de réalisme des données affichées dans le projet de budget, sachant que les
recettes et dépenses prévues dans le budget de 2018 étaient loin de la réalité ;
alors que le Gouvernement tablait initialement sur un déficit de 890 millions euros,
l'administration centrale affiche un excédent de 121 millions euros.
Plus concrètement, on est par exemple en droit de se demander quel est l'ordre de
grandeur des arriérés d'exercices précédents au titre de l'IRC, alors qu'il y a eu un
encaissement massif au cours du deuxième semestre 2018.
Le Gouvernement a annoncé le recrutement de 950 agents. Est-ce que tous ces
postes seront effectivement occupés ? Dans le cas contraire, 11 en résultera une
CdM/DO/nt/Avis_19-019_Budget_dltat_2019/05.04.2019
page 14 de 20
Chambre des Mébers du Grand-Duché de Luxembourg
moins-value de dépenses, donc des économies. Reste-il une « réserve » dans
laquelle l'Etat pourrait puiser ?
L'expérience montre également que l'ensemble des investissements publics prévu
ne sera pas réalisé, et ce pour des raisons diverses (retards dans les procédures
d'autorisation, conditions météorologiques défavorables, difficultés au niveau de la
maîtrise du foncier, ...). De ce fait, ces dépenses en capital certes prévues, mais
non réalisées représentent aussi une économie.
Parmi d'autres questions qui se posent : les recettes estimées au titre de la taxe
d'abonnement tiennent-elles compte de l'impact d'une dégradation éventuelle des
marchés boursiers suite au Brexit et aux autres incertitudes auxquelles le monde
est confronté ?
5.
Conclusions de la Chambre des Métiers : Projet de budget de l'Etat
2019 : un brin trop optimiste ?
De prime abord, la Chambre des Métiers accueille favorablement l'évolution
positive des finances publiques en 2018 par rapport à celle prévue dans le projet
de budget y relatif, notamment en ce qui concerne l'administration centrale. Une
analyse des causes de cette amélioration montre cependant qu'elle résulte en
partie de facteurs non récurrents, comme l'encaissement massif d'arriérés
d'impôts.
Pour l'exercice 2019 et au-delà, elle entrevoit toutefois des risques pour la stabilité
et la santé des finances publiques, les uns de type conjoncturel, les autres de type
structurel. Il est par conséquent essentiel d'adapter à l'avenir une démarche de
prudence au niveau des finances publiques.
De ce qui précède, la Chambre des Métiers constate que le projet de budget de
2019 se base sur des hypothèses relativement optimistes ; surtout face aux
incertitudes existant au niveau international, telles que le Brexit, les tendances
protectionnistes qui risquent d'affecter particulièrement les pays se caractérisant
par une petite économie au degré d'ouverture élevé, ainsi que les tensions
commerciales entre les Etats-Unis et la Chine, d'une part et les Etats-Unis et l'UE,
d'autre part.
Ainsi, un retournement conjoncturel risquerait d'avoir un impact important sur les
finances publiques en raison de l'effet « ciseaux » qu'il génère à politique
inchangée.
D'un côté, les recettes pourraient baisser, ou du moins stagner, suite à une
diminution des bénéfices des entreprises (impact sur l'IRC), de la consommation
des ménages (incidences sur les recettes de TVA) et une moindre hausse de
l'emploi et des salaires (impact défavorable sur l'IRPP).
D'un autre côté, certaines dépenses augmenteront dans le sillage d'une hausse du
chômage, comme celles du Fonds pour l'Emploi, du Revis ou encore les frais de
fonctionnement de l'ADEM.
Le danger qui se présente en cas d'une conjoncture défavorable est que le
Gouvernement décide une baisse du volume des investissements pour améliorer la
position budgétaire. Or, un nombre important d'investissements présente un
caractère crucial pour le développement économique du pays.
CdM/D0/nf/Ams_19-019_,8udget_crEtat_2019/05.04.2019
Chambre des Métiers du Grand-Duché de Luxembourg
page 15 de 20
Mis à part les risques conjoncturels, la Chambre des Métiers, comme d'ailleurs
d'autres acteurs, perçoit des risques d'ordre structurel, la matérialisation desquels
touchant tant les recettes que les dépenses publiques.
Au sujet de la fiscalité, le Comité économique et financier national déclare ce qui
suit.
« La mise en oeuvre des diverses mesures décidées au niveau de l'UE et de l'OCDE
(BEPS, ATAD 1 et 2, etc.) ainsi que d'éventuelles nouvelles mesures à venir (CCCTB)
ont notamment pour conséquence de réduire la marge de manoeuvre nationale en
matière de fiscalité, de sorte qu'à politique inchangée, le Luxembourg risque de
perdre son attractivité en tant que terre d'accueil pour des entreprises
internationales. L'impact de BEPS n'étant pas chiffrable à l'heure actuelle en
raison de la complexité de la matière, la Commission européenne a toutefois
estimé que l'impact de l'initiative CCCTB serait de 1% du PIB pour le Luxembourg,
soit 600 millions d'euros par an. Il faut finalement noter que les recettes issues des
impôts sur les sociétés (IF, IRC/ICC, etc.) connaissent un degré de concentration
très important, leur évolution étant intimement liée au comportement d'un nombre
de contribuables très restreint. »7
Toujours au niveau des recettes, la Chambre des Métiers constate que le plan
national intégré en matière d'énergie et de climat qui devra être adoptée jusqu'en
décembre 2019 et la politique affichée par le Gouvernement dans son programme
gouvernemental tendant à limiter les effets du « tourisme à la pompe » risqueront
d'avoir un impact plus ou moins important sur le produit des droits d'accises sur les
huiles minérales en fonction des décisions prises.
La Chambre des Métiers voudrait tout d'abord rappeler que le prédit phénomène ne
représente qu'une infime quantité du volume des carburants vendus sur le territoire
national. Dans son avis sur la fiscalité de 2018, le CES écrit ce qui suit :
« Dans l'avis de 2015, le CES avait tiré la conclusion que le « tourisme à la pompe »
est un concept qui est employé, à tort, pour désigner l'ensemble des achats
effectués auprès des stations-service, notamment celles situées sur nos autoroutes
et le long de nos frontières. Les produits concernés sont surtout les carburants, le
tabac et l'alcool. Le CES réitère qu'il n'est pas correct de considérer toutes ces
ventes comme du « tourisme à la pompe ». C'est pourquoi le CES avait donné une
définition de ce qu'il y a lieu d'entendre par « tourisme à la pompe ».
Partant du principe que l'ensemble des ventes réalisées auprès des stationsservices se font par deux catégories de clients, à savoir, d'une part, par les
professionnels du transport routier et d'autre part, par des personnes privées, le «
tourisme à la pompe » se retrouve essentiellement dans la deuxième catégorie.
En effet, le « tourisme à la pompe » devrait représenter les ventes de produits aux
personnes privées qui se déplacent au Luxembourg exclusivement dans le but
d'acheter à moindre prix des produits comme le carburant, le tabac et l'alcool.
Il n'y a pas lieu d'inclure dans la définition du « tourisme à la pompe », les clients
professionnels car leur itinéraire passe généralement de toute façon par le
'Source : Note au formateur : p. 15 : Comité économique et financier national (14 novembre 2018)
CdM/DO/nMAvis_19 0193udget_d'Etat_2019/05.04,2019
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Chambre cies Métlers du Grand-Duché de Luxembourg
Luxembourg. En ce qui concerne les frontaliers, l'approvisionnement en produits
accisés n'est en général pas leur principale raison pour venir au Luxembourg.
Bien qu'il soit difficile de chiffrer exactement la part des ventes liée au « tourisme à
la pompe », on peut considérer qu'elles représentent une partie très marginale du
total des ventes faites auprès des stations-services au Luxembourg. »8
Par ailleurs, la Chambre des Métiers est d'avis qu'une réduction du volume des
ventes de carburants ne pourra se faire que de façon graduelle, et donc prudente,
et que de toute manière, la promotion de l'électromobilité devrait diminuer la
demande envers ces produits.
En matière de fiscalité des personnes physiques, la Chambre des Métiers se
demande quel sera l'impact de la mise en œuvre de l'imposition individuelle
annoncée dans l'accord gouvernemental
« Les efforts engagés sur la voie de l'imposition individuelle seront poursuivis de
manière conséquente. Une généralisation progressive, couplée à l'introduction d'un
barème d'impôt unique nouveau garantira à terme un modèle fiscal neutre quant
au mode de vie des personnes.
Un tel changement de paradigme conduira à ne plus décourager l'un des deux
conjoints à exercer une activité professionnelle, tel que c'est le cas dans le système
actuel. L'introduction d'un barème d'impôt unique nouveau évitera à terme les
changements de classe d'impôts auxquels se trouve actuellement confrontée une
personne en fonction des évolutions de sa situation familiale (mariage, partenariat,
divorce, décès, ...). L'introduction du barème d'impôt unique nouveau vise
également à alléger la charge fiscale des personnes physiques et en particulier des
catégories de personnes vulnérables, tout en tenant dûment compte de la
présence d'enfants à charge. Dans un souci d'équité et de prévisibilité, des
mesures compensatoires appropriées et des phases de transition seront
prévues. »9
En effet, si l'ensemble des contribuables était imposé selon l'actuelle classe
d'impôt 2, la Chambre des Métiers estime que le déchet fiscal en résultant devrait
être très important.
e Analyse des données fiscales au Luxembourg - 2018 ; CES : 22 novembre 2018 : p. 182
° Accord de coalition 2018-2023 P. 119
Cam/D0/nf/Avis_1
Budget_dttat_2019/05.04 2019
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Chambre des Mébers du Grand Duché de Luxembourg
Exemples de risques pouvant détériorer les finances publiques'
Recette concernée
Risque
IRC
impact
Mesures décidées au BEPS/ATAD :
niveau de l'UE et OCDE difficile à évaluer
(BEPS, ATAD) et possibles
CCCTB: 600 mio €
mesures à venir (CCCTB)
Accises
Respect
des Hausse d'l ct = déchet
engagements climatiques fiscal de 75 mio €
et environnementaux
Alternative :
achat
de
certifications d'émissions
de CO2
Dépense concernée
Risque
Contributions au budget Proposition
de
la
de l'UE
Commission européenne
Impact possible
Impact possible
200 - 300 mio €/an
(supplémentaires) à partir
de 2021
« chômage » Prise en charge des 100 - 200 mio €/an
Dépenses
(indemnités + frais fct demandeurs
d'emploi
ADEM)
frontaliers
D'autres mesures qui seront décidées au niveau international risqueront d'affecter
le volet des dépenses publiques, comme la révision des contributions des Etatsmembres au budget de l'UE - la proposition de la Commission européenne étant
synonyme de dépenses supplémentaires de 200 à 300 millions euros par an à
partir de de 2021 - ou la prise en charge des demandeurs d'emploi frontaliers,
mesure dont le coût est estimé se situer dans une fourchette de 100 à 200 millions
euros.
Une tendance qui inquiète la Chambre des Métiers est le volume croissant des
transferts sociaux qui enferme le budget de l'Etat dans un carcan de plus en plus
rigide par l'introduction successive de nouveaux transferts et l' « amélioration »
récurrente des transferts existants. Elle est synonyme d'une hausse des dépenses
qu'on qualifie généralement de « difficilement compressibles ». Ainsi, un revirement
d'une telle politique semble difficilement envisageable à l'avenir, ne serait-ce que
pour des raisons politiques (ex. réforme du congé parental).
Concernant la politique budgétaire, le principal reproche de la Chambre des Métiers
est que l'introduction de mesures « sociales » structurelles, qui auront un effet sur
le budget à long terme, soit justifiée par une situation conjoncturelle
(momentanément) favorable.
Si la Chambre des Métiers comprend que dans un des pays les plus riches du
monde l'Etat accompagne, d'une manière généreuse, les changements sociétaux,
comme le désir d'une meilleure conciliation entre vie professionnelle et vie privée,
la politique du « toujours plus », financièrement gérable en temps de boom
Le tableau s'inspire de celui reproduit dans la • Note au formateur par le Comité économique et financier national.
Cdre/00/nf/Avis_19-019_Budgeuntat_2019/05.04.2019
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Chambre des Métiers du Grand Duché de Luxembourg
économique, ne mènera-t-elle pas inévitablement à un « mauvais réveil » en temps
de retournement conjoncturel ou pire de taux de croissance durablement plus bas
dus à des mutations structurelles de l'environnement international ?
Dans l'optique que « gouverner, c'est prévoir », la Chambre des Métiers se pose la
question si les responsables politiques seraient prêts à revenir, pour préserver des
finances publiques saines, à des mesures moins généreuses que ce n'est le cas
dans l'état actuel des choses ?
En outre, elle se demande si les mesures « sociales » ne pouvaient pas revêtir un
caractère plus sélectif. Tout en pouvant marquer son accord avec une politique
familiale consistant à flexibiliser le temps de travail dans l'intérêt des salariés, la
Chambre des Métiers dénonce toutefois une flexibilisation unilatérale, laissant les
entreprises en proie à un cadre légal qui date d'une autre époque.
Par ailleurs, la Chambre des Métiers constate que le sujet de la soutenabilité des
finances publiques à plus long terme n'est pas abordé. Or, le vieillissement
progressif de la population conduira inévitablement à des déséquilibres au niveau
du financement des pensions en particulier, alors que les dépenses en matière de
maladie et de soins augmenteront en parallèle.
6.
Commentaire des articles
6.1 Art. 3. Modification du titre 1 de la loi modifiée du 4 décembre 1967
concernant l'Impôt sur le revenu
Il est proposé d'introduire dans la loi modifiée du 4 décembre 1967 un nouveau
crédit d'impôt salaire social minimum (« CISSM »). Le crédit a pour but de soutenir
tous les salariés gagnant un salaire brut mensuel qui est proche de l'actuel salaire
social minimum.
Le crédit est de 70 euros par mois pour ceux qui ont un salaire brut mensuel entre
1.500 et 2.500 euros et d'un montant qui diminue progressivement jusqu'à 0
euros (lissé) pour des salaires bruts mensuels compris entre 2.500 et 3.000 euros.
L'idée du CISSM est que chaque salarié rérnunéré au salaire social minimum et
également ceux qui touchent des salaires bruts mensuels jusqu'à 3.000 euros
puissent bénéficier d'une augmentation nette d'au-moins 100 euros par mois. Pour
tous les salariés qui ne travaillent pas à temps plein, le CISSM est ajusté
proportionnellement aux heures effectivement rémunérées et calculé en fonction
d'un salaire brut mensuel fictif qui est obtenu en convertissant le salaire brut
mensuel en salaire brut mensuel fictif en supposant que le salarié aurait travaillé à
temps plein.
La Chambre des Métiers rappelle que chaque salarié se trouve dans une situation
particulière quant à sa rémunération et ses heures prestées, ces dernières pouvant
également inclure des heures supplémentaires. Ceci a comme conséquence une
charge administrative considérable dans le chef des entreprises, alors que le
CISSM devra être calculé individuellement pour chaque salarié dont le salaire se
situe entre 1.500 et 3.000 euros. Par ailleurs, le calcul se complexifie pour les
salariés qui travaillent à temps partiel et pour lesquels un salaire brut mensuel fictif
devra être établi. Se pose également la question quel serait le cas de figure d'un
salaire brut mensuel (fictif) n'atteignant pas au moins 1.500 euros.
Ce4/00/nf/Avis_19-019_BudgeLd'Etat_2019/05.04 2019
Chambre des Métiers du Grand-Duché de Luxembourg
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Les revenus non périodiques ne sont toutefois pas à prendre en considération pour
le CISSM. La Chambre des Métiers regrette que le libellé du projet de loi soulève un
certain nombre de questions importantes qui devront être clarifiées dont
notamment :
Est-ce que le salaire brut mensuel inclut aussi les suppléments payés pour heures
supplémentaires eV ou travail de nuit/ dimanche/ jour férié ?
Ne serait-il pas opportun de fournir une définition de la notion de « revenu non
périodique » pour les besoins de ce crédit d'impôt ? Si les primes sont exclues,
qu'en est-il des commissions commerciales et des primes au-delà de 3.000 euros
(en totalité ou seulement pour la différence dépassant 3.000 euros)?
L'Administration des contributions directes (« ACD ») doit pouvoir faire la vérification
des crédits d'impôt salaire social minimum accordés par les employeurs. Pour cette
raison, l'ACD dépend du Centre commun de la sécurité sociale qui transmet par
voie informatique, toutes les informations nécessaires permettant de prouver qu'un
salarié a droit au CISSM. Il s'agit des nom, prénom, matricule des salariés et de
leurs employeurs, du montant de la rémunération brute et du nombre exact des
heures de travail qui correspondent à la rémunération de base et des heures y
assimilées avant indication séparée des heures supplémentaires et de la
rémunération y relative.
Si la Chambre des Métiers comprend qu'il faut prendre des mesures pour éviter des
abus, elle est d'avis que cette procédure pourra entraîner des retards dans le
remboursement des CISSM aux employeurs qu'ils ont déjà avancé à leurs salariés.
D'après les auteurs, un règlement grand-ducal préciserait les modalités
d'application de l'article 3 du projet de loi. Il est indiqué qu'il y aura compensation
ou remboursement des crédits d'impôt dus au titre des mois de janvier 2019 à juin
2019. Cette rétroactivité risque cependant d'être problématique vu la difficulté du
calcul du montant exact du CISSM qui reviendrait aux salariés concernés. Sans le
support d'une fiduciaire, les entreprises risquent des retards pour lesdits
remboursements ou compensations, puisqu'elles doivent d'abord déterminer les
salariés qui sont en droit de bénéficier d'un crédit d'impôt salaire social minimum
et calculer dans chaque cas le montant du crédit d'impôt.
6.2 Art. 7. Modification de la loi modifiée du 1_2 février 1.979 concernant
la taxe sur la valeur ajoutée
L'article 7 du projet de loi prévoit de rajouter plusieurs points dans les annexes A et
B de la loi modifiée du 12 février 1.979.
Pour ce qui est de la liste A, liste qui contient tous les biens et services soumis à un
taux de TVA réduit de 8%, est rajouté un point 9° qui concerne les produits
phytopharmaceutiques qui sont autorisés en agriculture biologique. Il s'agit de
promouvoir la protection de plantes et l'élimination de pesticides d'une façon plus
environnementale comparé aux méthodes et produits traditionnels.
Pour ce qui est de la liste B, liste qui contient tous les biens et services soumis à un
taux de TVA super-réduit de 3%, sont rajoutés les points suivants :
• Le point 5° rajoute les livres, journaux et périodiques sous format électronique
au taux super-réduit. Restent exclues les publications consacrées entièrement
CdM/DOMMAvis_19-019_Budget_d'Etat_2019/05.04 2019
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Chambre des Métiers du Grand Duché de Luxembourg
ou d'une manière prédominante à la publicité, les publications consistant pour la
plupart dans un contenu vidéo ou musique audible ainsi que tout contenu
pornographique. Cette mesure trouve l'approbation de la Chambre des Métiers.
• Le point 8° inclura les produits utilisés à des fins de contraception et de
protection hygiénique féminine dans les produits pharmaceutiques normalement
utilisés pour les soins de la santé, la prévention de maladies et le traitement à
des fins médicales et vétérinaires. Ce point ne suscite pas de commentaire de la
Chambre des Métiers.
• Le point 17° inclut, pour l'aligner sur la première mesure citée, la location dans
les bibliothèques de publications numériques listées sous le point 5°. Ce point
ne suscite pas de commentaires de la Chambre des Métiers.
Luxembourg, le 5 avril 2019
Pour la Chambre des Métiers
IRION
To
Directeur Général
,
,,_..-/Térn'OBERWEIS
Président
CdM/DO/nf/Avis_19-019_8uriget_dEtat_2019/0504
AVIS de la Banque centrale du Luxembour2 (BCL)
sur les PROJETS DE LOI
concernant
LE BUDGET DES RECETTES ET DES DEPENSES DE L'ETAT POUR
L'EXERCICE 2019
et
LA PROGRAMMATION FINANCIERE PLURIANNUELLE POUR
LA PERIODE 2018-2022
1
Sommaire'
1.
Le contexte macroéconomique au Luxembourg et dans la zone euro
7
1.1.
Le contexte macroéconomique depuis la crise financière
7
1.1.1.
La croissance économique
7
1.1.2.
Le revenu national brut
14
1.1.3.
Le revenu disponible brut des ménages
18
1.1.4.
La balance courante
19
1.1.5.
Le chômage et l'emploi
26
1.1.6.
Les coûts salariaux unitaires et le coût salarial moyen
36
1.I .7.
L 'inflation
39
1.2.
Les perspectives de croissance ä court terme
44
1.2.1.
La zone euro
44
1.2.2.
Le Luxembourg
45
1.3.
Les finances publiques
51
1.3.1.
La politique budgétaire au cours des années récentes
51
1.3.1.1. L'évolution de la situation budgétaire des administrations publiques
51
1.3.1.2. L'administration centrale
52
1.3.2.
La situation budgétaire estimations pour l'administration centrale en 2018
55
2.
Les grandes lignes du projet de budget 2019
57
2.1.
Rapprochement entre la comptabilisation suivant les règles du SEC2010 et la loi
sur la comptabilité de 1 'Etat de 1999
57
2.2.
La présentation globale du projet de budget 2019
59
2.3 .
L'analyse détaillée des recettes
64
2.3.1.
Impôt sur le revenu des personnes physiques
66
2.3.1.1. Revue historique de l'impôt sur le revenu des personnes physiques
66
2.3.1.2. Evaluation du projet de budget 2019
69
I Cet avis de la BCL ne contient pas et ne doit pas être interprété comme contenant des informations en
rapport ä la politique monétaire et en particulier avec des décisions du Conseil des gouverneurs de la BCE.
2
2.3.2.
71
Impôt sur le revenu des sociétés
2.3.2.1. Données historiques et projections budgétaires
71
2.3.2.2. Mesures nouvelles
73
2.3.2.3. Analyse des projections budgétaires
76
2.3.2.4. Perspectives et facteurs de risque
81
2.3.3.
Droits de douanes et accises
85
2.3.4.
Taxe d'abonnement
89
2.3.5.
TVA
94
2.3.6.
Les recettes en provenance des participations de l'État
97
2.4.
L'analyse détaillée des dépenses
100
2.4.1.
Les dépenses directes
100
2.4.2.
Les dépenses fiscales
110
3.
La programmation pluriannuelle
114
3.1.
Le volet macroéconomique
114
3.2.
Le volet finances publiques
119
3.2.1.
Les engagements nationaux
122
3.2.2.
Les engagements européens
123
4.
La Trésorerie de l'Etat et le Fonds de la dette
126
4.1.
La Trésorerie de l'Etat
126
4.2.
Le Fonds de la dette
128
5.
Les administrations locales
131
6.
Analyse des risques et soutenabilité ä long terme des finances publiques
138
luxembourgeoises
6.1.
Analyse des risques
138
6.2.
Soutenabilité ä long terme des finances publiques
140
6.2.1.
Approche comptable (PENELOPE)
141
6.2.2.
Modèle d'équilibre général (LOLA3)
142
6.2.3.
Scénario de référence
144
6.2.4.
Résultats
147
3
6.2.5.
Analyses additionnelles
148
6.2.6.
Cotisations d'assurance pensions et soutenabilité ä moyen terme
152
6.2.7.
Conclusion
154
7.
Eléments additionnels
156
7.1.
Les ménages : leur revenu disponible et leurs relations avec l'Etat
156
7.1.1.
La séquence des comptes des secteurs
157
7.1.2.
Le revenu disponible brut des ménages : considérations méthodologiques
158
7.1.3.
Le revenu disponible brut ajusté des ménages : données récentes (2016)
163
7.1.4.
Les relations entre 1 'Etat et les ménages — redistribution des revenus primaires par
l'Etat
165
7.1.5.
Les transferts de l'Etat vers les ménages et les prélèvements obligatoires sur les
revenus des ménages : importance pour les agrégats des administrations publiques 167
7.1.6.
L'évolution du RDB ajusté des ménages au cours des années récentes
169
7.1.7.
Le revenu disponible et le pouvoir d'achat moyen
1 72
7.1.8.
Le pouvoir d'achat moyen et le marché du travail
1 74
7.1.9.
Le lien entre le RDB des ménages et le solde public : les mesures budgétaires et la
croissance économique
I 76
7.1.9.1. Progression « spontanée » des impöts (et des cotisations sociales)
1 77
7.1.9.2. Simulation contrefactuelle
178
7.1.9.3. Implications de la simulation pour la politique budgétaire
180
7.1.10. Mesures fiscales et budgétaires de 201 7
181
7.1.11. Approche prospective et conclusion
183
7.2.
La fiscalité environnementale
185
7.2.1.
Introduction
185
7.2.2.
Définitions et méthodologie
186
7.2.3.
Présentation des données pour le Luxembourg
187
7.2.3.1. Composition des recettes en 201 7
188
7.2.3.2. Evolution et mesures récentes
189
7.2.4.
194
Comparaison européenne
4
7.2.5.
Objectifs « Europe 2020 » et recommandations de l'UE
200
7.2.6.
Conclusion
204
7.3.
Les droits d'enregistrement
205
7.4.
Le niveau de l'OMT pour la période 2020-2022
210
7.4.1.
L 'objectf à moyen terme (OMT)
210
7.4.2.
Fixation de l'OMT
211
7.4.3.
Calcul de l'OMT minimal par la Commission européenne et fixation de l'OMT par
212
le gouvernement
7.4.3.1. Dispo …
Explication IA à partir du texte officiel de la loi. Indicatif, ne remplace pas un conseil juridique.