📄 Texte de loi
già
CHAMBRE DES SALARIÉS
LUXEMBOURG
Avis 111/69/2020
18 novembre 2020
Projet de budget de l'État pour l'exercice 2021
Programmation financière pluriannuelle pour la
période 2020-2024
Règlements d'exécution du projet de loi
« budget 2021 »
relatif au
Projet de loi concernant le budget des recettes et des dépenses de l'État pour
l'exercice 2021 et modifiant :
10 la loi modifiée du 7 août 1920 portant majoration des droits
d'enregistrement, de timbre, de succession, etc.;
2°
la loi générale des impôts modifiée du 22 mai 1931
(« Abgabenordnung ») ;
3°
la loi modifiée du 27 novembre 1933 concernant le recouvrement des
contributions directes, des droits d'accise sur l'eau-de-vie et des cotisations
d'assurance sociale ;
4°
la loi modifiée du 9 juillet 1937 sur l'impôt sur les assurances ;
5°
la loi modifiée du 1er février 1939 sur l'impôt dans l'intérêt du service
d'incendie ;
6°
la loi modifiée du 28 janvier 1948 tendant ä assurer la juste et exacte
perception des droits d'enregistrement et de succession ;
70
la loi modifiée du 22 juin 1963 fixant le régime des traitements des
fonctionnaires de l'État ;
8°
la loi modifiée du 4 décembre 1967 concernant l'impôt sur le revenu ;
9°
la loi modifiée du 12 février 1979 concernant la taxe sur la valeur ajoutée ;
10 0 la loi modifiée du 25 février 1979 concernant l'aide au logement ;
11° la loi modifiée du 14 mai 1997 relative ä la participation ä des institutions
financières internationales ;
12 0 la loi modifiée du 27 juillet 1997 sur le contrat d'assurance ;
13° la loi modifiée du 28 avril 1998 portant
a) harmonisation de l'enseignement musical dans le secteur communal ;
b) modification de l'article 5 de la loi du 24 mai 1989 sur le contrat de travail
c) modification de la loi modifiée du 22 juin 1963 fixant le régime des
traitements des fonctionnaires de l'Etat ;
CSL
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14° la loi modifiée du 21 décembre 1998 concernant le budget des recettes et
des dépenses de l'État pour l'exercice 1999 ;
15 0 la loi modifiée du 23 décembre 2004 établissant un système d'échange de
quotas d'émission de gaz ä effet de serre ;
16° la loi modifiée du 11 mai 2007 relative ä la création d'une société de gestion
de patrimoine familial (« SPF ») ;
17 0 la loi modifiée du 16 décembre 2008 concernant l'intégration des étrangers au
Grand- Duché de Luxembourg;
18° la loi du 19 décembre 2008 portant révision du régime applicable ä certains
actes de société en matière de droits d'enregistrement, portant transposition
de la directive 2008/7/CE du Conseil du 12 février 2008 concernant les impôts
indirects frappant les rassemblements de capitaux, modifiant: la loi modifiée du
7 août 1920, portant majoration des droits d'enregistrement, de timbre, de
succession, etc., la loi modifiée du 20 décembre 2002 concernant les organismes
de placement collectif, la loi du 22 mars 2004 relative ä la titrisation, la loi
modifiée du 15 juin 2004 relative ä la société d'investissement en capital ä risque
(SICAR), la loi modifiée du 13 juillet 2005 relative aux institutions de retraite
professionnelle sous forme de sepcav et assep, la loi du 13 février 2007 relative
aux fonds d'investissement spécialisés, et abrogeant la loi modifiée du 29
décembre 1971 concernant l'impôt frappant les rassemblements de capitaux
dans les sociétés civiles et commerciales et portant révision de certaines
dispositions législatives régissant la perception des droits d'enregistrement ;
19°Ia loi modifiée du 17 décembre 2010 concernant les organismes de
placement collectif ;
20 0 la loi modifiée du 17 décembre 2010 fixant les droits d'accise et les taxes
assimilées sur les produits énergétiques, l'électricité, les produits de tabacs
manufacturés, l'alcool et les boissons alcooliques ;
21° la loi modifiée du 25 mars 2015 fixant le régime des traitements et les
conditions et modalités d'avancement des fonctionnaires de l'Etat ;
22° la loi du 23 juillet 2016 portant création d'un impôt dans l'intérêt des services
de secours ;
23° la loi modifiée du 23 décembre 2016
1.
instituant un régime d'aides pour la promotion de la durabilité, de
l'utilisation rationnelle de l'énergie et des énergies renouvelables dans le
domaine du logement ;
2. modifiant la loi modifiée du 23 décembre 2004 établissant un système
d'échange de quotas d'émission de gaz ä effet de serre ;
24° la loi modifiée du 20 juillet 2017 ayant pour objet la mise en place d'un régime
d'aide ä l'investissement ä finalité régionale ;
25° la loi modifiée du 28 juillet 2018 relative au revenu d'inclusion sociale et portant
abrogation de la loi modifiée du 22 décembre 1 993 ayant pour objet la relance
de l'investissement dans l'intérêt du développement économique
Projet de loi relatif ä la programmation financière pluriannuelle pour la période 20202024
Projet de règlement grand-ducal portant abrogation du règlement grand-ducal du 2 juin
1994 déterminant la composition et le fonctionnement de la commission prévue ä
l'article VI paragraphe 2 (2) de la loi du 22 décembre 1993 ayant pour objet la relance
de l'investissement dans l'intérêt du développement économique (régime fiscal pour
les certificats d'investissement en capital-risque)
Projet de règlement grand-ducal portant exécution de l'article 115, numéro 13b de la
loi modifiée du 4 décembre 1967 concernant l'impôt sur le revenu
Projet de règlement grand-ducal portant modification du règlement grand-ducal
modifié du 28 décembre 1968 portant exécution des articles 155 et 178 de la loi
concernant l'impôt sur le revenu
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Projet de règlement grand-ducal portant exécution de l'article 143 de la loi modifiée du
4 décembre 1967 concernant l'impôt sur le revenu et abrogeant le règlement grandducal modifié du 21 décembre 2012 remplaçant le règlement grand-ducal modifié du
21 décembre 2007 portant exécution de l'article 143 de la loi modifiée du 4 décembre
1967 concernant l'impôt sur le revenu
Projet de règlement grand-ducal portant modification du règlement grand-ducal
modifié du 8 juillet 2002 portant exécution de l'article 143, alinéa 3 de la loi modifiée
du 4 décembre 1967 concernant l'impôt sur le revenu
Projet de règlement grand-ducal modifiant le règlement grand-ducal modifié du 19
novembre 1999 portant exécution de l'article 106, alinéas 3 et 4 de la loi modifiée du 4
décembre 1967 concernant l'impôt sur le revenu (base d'amortissement forfaitaire et
taux d'amortissement pour immeubles locatifs)
Projet de règlement grand-ducal modifiant le règlement grand-ducal modifié du 30
juillet 2002 concernant l'application de la taxe sur la valeur ajoutée ä l'affectation d'un
logement ä des fins d'habitation principale et aux travaux de création et de rénovation
effectués dans l'intérêt de logements affectés ä des fins d'habitation principale et fixant
les conditions et modalités d'exécution y relatives
Projet de règlement grand-ducal modifiant le règlement grand-ducal modifié du 17
décembre 2010 fixant les taux applicables en matière de droits d'accise autonomes sur
les produits énergétiques
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Appel de la CSL ä gérer socialement la pandémie et ä
retourner l'évolution des inégalités
1. Résumé exécutif
9
2. Situation économique
14
2.1. Projections macroéconomiques pour les années ä venir
14
2.2. Éléments de réflexion concernant les projections macroéconomiques
19
3. La situation budgétaire
26
3.1. Les critères européens respectés
26
3.2. Un solde structurel peu fiable
28
3.3. Évolution du solde public
30
3.4. Comparaison internationale du solde public nominal avant et après investissements
32
3.5. La dette publique brute
34
3.6. La dette nette
36
3.7. Investissements publics
38
3.7.1. Évolution générale des investissements publics selon la comptabilité nationale
3.7.2. Investissements au sens de la loi budgétaire : les fonds spéciaux de l'État
3.7.3. Évolution générale
3.7.4. Fonds des routes
3.7.5. Fonds du rail
3.7.6. Focus sur les efforts d'investissement en faveur de l'environnement
3.7.7. Investissement dans les compétences de la main-d'oeuvre
3.7.8. Focus sur les dépenses en matière de santé et de lutte contre la pandémie
40
43
43
44
45
46
48
49
4. Les inégalités, la pauvreté et l'exclusion sociale au Luxembourg
54
4.1. Mise en contexte
54
4.2. Nécessaire plan de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale
57
4.3. Urgente revalorisation des prestations familiales
57
4.5. Revalorisation pleine de l'allocation vie chère (AVC)
61
4.6. Adaptation des plafonds d'accès au complément accueil gérontologique
63
5. Emploi et chômage
65
5.1. L'évolution de l'emploi salarié au Luxembourg
65
5.2. L'évolution du chômage
69
5.3. Le taux de chômage et les effets de son « halo »
74
5.4. Le chômage partiel
76
5.5. Le fonds pour l'emploi
78
5.6. Action pour 2021 : prolongation de la durée d'indemnisation de chômage
79
6. Introduction d'une taxe carbone
80
6.1. La situation actuelle en matière d'accises
80
6.2. La nouvelle taxe carbone
82
6.3. Les enjeux sociaux de la taxe CO2
85
6.3.1. Les propositions d'équilibrage
6.3.2. Éléments statistiques autour de ces enjeux sociaux
6.3.3. Éléments budgétaires autour de ces dispositifs de compensation
86
87
94
6.4. Effets concrets sur les ménages de la hausse des accises sur les produits énergétiques 96
6.4.1. Dépenses supplémentaires des ménages
6.4.2. Compensation sociale
97
98
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6.4.3. Cas-types
101
6.5. Un défaut d'analyse d'impact budgétaire et écologique de la taxe carbone
6.5.1. Un impact budgétaire flou
6.5.2. Des résultats écologiques globalement mitigés
104
104
107
6.6. La neutralisation inopportune de la taxe CO2 au niveau de l'échelle mobile des salaires109
6.7. Appréciation générale et recommandations de la CSL
112
7. Mesures fiscales diverses
114
7.1. La réduction de la taxe d'abonnement sur les actifs investis dans le domaine de la
finance durable
114
7.2. Le régime des impatriés
115
7.3. L'intéressement des collaborateurs par une prime participative
118
7.4. Résorber les inégalités par le truchement de la fiscalité
121
7.5. Fiche d'impôt pluriannuelle
122
8. Mesures en matière de politique du logement
9.
123
8.1. Mise en contexte
123
8.2. L'insuffisance d'une politique du logement qui ne tourne qu'autour du paradigme de
l'augmentation de l'offre
125
8.3. L'augmentation du budget du ministère du Logement
126
8.4. Pour une réduction de la rentabilité exorbitante de l'investissement immobilier
spéculatif
127
8.5. La réforme de l'amortissement accéléré pour les investisseurs
128
8.6. L'amortissement accéléré des « rénovations énergétiques durables » pour les
investisseurs
130
8.7. Immobilier : les mesures annoncées visant l'objectif de justice fiscale
8.7.1. La réforme de l'imposition des revenus locatifs et plus-values provenant de biens
immobiliers sis au Grand-Duché de Luxembourg (FIS, FIAR, OPC) - une question de
justice fiscale
8.7.2. Le renchérissement du « share deal »
132
Annexe : Les agences de notation sont-elles vraiment transparentes?
137
132
136
Sommaire des graphiques
Graphique 1 :
Graphique 2 :
Variation du PIB par rapport au même trimestre de l'année précédente
Comparaison des prévisions d'été et d'automne 2020 de la Commission
européenne
Graphique 3 :
Évolution du PIB réel et de ses composants
Graphique 4 :
Projections de croissance du PIB de l'OCDE ; indice base 100 au quatrième
trimestre 2019
Graphique 5 :
Projections de croissance du PIB des pays du G20 par l'OCDE ; indice base
100 au quatrième trimestre 2019 ;
Graphique 6 :
Prévisions de croissance du Fonds monétaire international
Graphique 7 :
Indicateur combiné de l'ECDC, situation au cours des semaines 42/43 et
43/44
Graphique 8 :
Indicateurs de confiance dans la construction, l'industrie et des
consommateurs
Graphique 9 :
Utilisation actuelle des capacités dans l'industrie manufacturière
Graphique 10 : Indicateur d'activité du secteur de l'artisanat depuis 2007 et prévision pour le
quatrième trimestre 2020
Graphique 11 : Anticipations de l'évolution de l'emploi au cours des trois prochains mois par
secteur d'activité
Graphique 12 : Évolution des faillites
14
16
17
18
18
18
20
21
21
22
22
23
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Graphique 13 : Appréciation de (1) la situation financière au cours des douze mois ä venir, (2)
de l'intérêt ä faire actuellement des achats importants, ainsi que (3) de
l'opportunité ä épargner par les ménages luxembourgeois
23
Graphique 14 : Dépôts des ménages et institutions sans but lucratif au service des ménages
auprès des établissements de crédit au Luxembourg ; en millions d'euros
24
Graphique 15 : Répartition du surcroît d'épargne accumulé en 2020 selon le décile de
dépenses des ménages en 2019 ; France
24
Graphique 16 : Déficit/surplus public en pourcentage du PIB au Luxembourg et dans la
zone euro, 2008-2019
26
Graphique 17 : Dettes publiques en pourcentage du PIB au Luxembourg et dans la zone euro,
2008-2019
27
Graphique 18 : Estimations du solde structurel de l'année 2013 réalisées successivement par
la Commission européenne, Luxembourg, pourcentage du PIB
29
Graphique 19 : Prévisions pluriannuelles du déficit/surplus public en pourcentage du PIB au
Luxembourg, 2019-2024
31
Graphique 20 : Solde public, 2018 et 2019 (besoin net ou capacité nette de financement du
secteur consolidé des Administrations publiques, en % du PIB)
32
Graphique 21 : Épargne nette, 2018 et 2019 (solde du compte courant après les opérations
courantes et avant les opérations en capital, en % du PIB)
33
Graphique 22 : Dette publique, 2018 et 2019
34
Graphique 23 : Prévisions pluriannuelles de la dette publique en pourcentage du PIB au
Luxembourg, 2019-2024
35
Graphique 24 : Dette publique brute
36
Graphique 25 : Montant absolu de la réserve de compensation du 31 décembre 2019
(en millions d'euros)
37
Graphique 26 : Dette publique et position nette en % du PIB, 2010-2020
38
Graphique 27 : Formation de capital (investissements directs) et transferts en capital
(investissements indirects) de l'Administration centrale ; en millions d'euros
41
Graphique 28 : Décomposition des investissements par secteur au Luxembourg ; en
pourcentage du PIB
41
Graphique 29 : Comparaison des niveaux d'investissements publics et privés ;
en pourcentage du PIB
42
Graphique 30 : Investissement net des Administrations publiques ; en pourcentage du PIB
42
Graphique 31 : Évolution des avoirs des fonds spéciaux de l'État
43
Graphique 32 : Évolution des dépenses des fonds spéciaux de l'État
43
Graphique 33 : Évolution des recettes des fonds spéciaux de l'État
44
Graphique 34 : Recettes (à gauche) et dépenses (à droite) du fonds des routes
45
Graphique 35 : Recettes (à gauche) et dépenses (à droite) du fonds du rail
46
Graphique 36 : Évolution des investissements environnementaux et climatiques ; en millions
d'euros
46
Graphique 37 : Répartition des investissements environnementaux et climatiques en 2020
47
Graphique 38 : Évolution des avoirs du Fonds pour le financement des infrastructures
hospitalières
50
Graphique 39 : Évolution des recettes du Fonds pour le financement des infrastructures
hospitalières
50
Graphique 40 : Évolution des dépenses du Fonds pour le financement des infrastructures
hospitalières
51
Graphique 41 : Composition de l'indicateur « Europe 2020 » de pauvreté ou d'exclusion
sociale pour le Luxembourg en 2019
54
Graphique 42 : Personnes en risque de pauvreté ou d'exclusion sociale
55
Graphique 43 : Taux de risque de pauvreté monétaire de 2010 ä 2019
56
Graphique 44 : Évolution du coefficient de Gini au Luxembourg
56
Graphique 45 : Taux de risque de pauvreté par types de ménage
60
Graphique 46 : Taux de pauvreté en fonction de divers seuils de pauvreté par types de ménage60
Graphique 47 : Pauvreté des familles monoparentales dans l'Union européenne
61
Graphique 48 : Perte de valeur de l'AVC résultant de la désindexation du coût de la vie
61
Graphique 49 : Baisse exceptionnelle de l'emploi salarié au 2e trimestre 2020
65
Graphique 50 : Postes déclarés vacants ä l'ADEM en septembre 2020
69
Graphique 51 : Demandeurs d'emploi résidents disponibles
69
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Graphique 52 : Demandeurs d'emploi disponibles bénéficiant de l'indemnité de chômage
complet
70
Graphique 53 : Durée d'inscription des demandeurs d'emploi
71
Graphique 54 : Les jeunes sur le marché du travail sont plus touchés par les effets de la crise
du covid-19
73
Graphique 55 : Le « halo du chômage » se compose des « personnes en sous-emploi » et
de la « force de travail potentielle »
75
Graphique 56 : Chômage partiel pour cas de force majeures de mars ä juin 2020
77
Graphique 57 : Évolution des recettes au titre de l'IS/IRPP et IS/IRC de 2000 ä 2017 (euros) ...79
Graphique 58 : Taux effectif des taxes carbones dans l'OCDE
84
Graphique 59 : Gaz - part des taxes et impôts payés par les ménages, deuxième semestre
2019
85
86
Graphique 60 : Montant mensuel de l'AVC selon le type de ménage
Graphique 61 : Comparaison de la distribution du CIS/P et du gain relatif dans l'échelle de
revenus
87
Graphique 62 : Le mazout est une charge plus lourde pour les ménages les moins aisés
89
Graphique 63 : Les carburants pèsent plus lourd dans le revenu des ménages modestes
90
Graphique 64 : Les dépenses en carburant augmentent avec le revenu sauf pour les plus aisés .90
Graphique 65 : Un usage plus intense des transports publics par les ménages les moins aisés...91
Graphique 66 : La part des ménages ayant des dépenses de transport public est la plus
élevée dans les cantons de Diekirch, Mersch et Luxembourg
91
Graphique 67 : Au total, les mesures prises dans le domaine des transports soulagent les
dépenses des ménages, et davantage celles des moins aisés
92
Graphique 68 : Presque tous les ménages les plus aisés utilisent une voiture personnelle
contre uniquement 64% des ménages les plus démunis
93
Graphique 69 : L'impact diffère fortement selon le recours aux différents moyens de transport 93
Graphique 70 : Un gain moins prononcé pour les cantons plus éloignés du centre
94
Graphique 71 : Allocation intégrale par type de ménages (2018)
100
Graphique 72 : Niveau de vie moyen par décile
100
Graphique 73 : Les ventes de carburants tirées vers le bas par la hausse des accises
107
Graphique 74 : Décomposition des émissions du Luxembourg par usage
107
Graphique 75 : Les émissions de CO2 au Luxembourg
108
Graphique 76 : Objectif des émissions de CO2 au Luxembourg
109
Graphique 77 : Incidence de la neutralisation de certaines taxes sur le pouvoir d'achat
111
Graphique 78 : Évolution des recettes TABO et des actifs nets sous gestion de fonds
luxembourgeois (Indice 100 = 2000)
114
Graphique 79 : Évolution du taux d'effort moyen des locataires selon le niveau de vie des
ménages de 2010 ä 2018 (en %)
124
Graphique 80 : Prix enregistrés des immeubles bâtis destinés au logement
129
Graphique 81 : Rendements des obligations d'État ä 10 ans
141
Graphique 82 : Dette publique en pourcentage du PIB pour l'année 2019
142
Sommaire des tableaux
Tableau 1 :
Tableau 2 :
Tableau 3 :
Tableau 4 :
Tableau 5 :
Tableau 6 :
Tableau 7 :
Tableau 8 :
Tableau 9 :
Tableau 10 :
Tableau 11 :
Tableau 12 :
Les soldes des Administrations publiques
30
Aperçu des aides Covid-19 ; en millions d'euros sauf si spécifié autrement
31
Effets de la politique d'investissements publics sur le solde budgétaire
33
Codification comptable des dimensions du PNEC
47
Éléments budgétaires relatifs aux allocations familiales et ä leur revalorisation 59
Comparaison des montants d'allocation de vie chère
62
Fort recul du nombre des salariés en mars et avril 2020
66
Les activités spécialisées et services de soutien les plus touchés par la crise
66
Poids de l'emploi intérimaire dans les flux de la main-d'œuvre salariée,
au Luxembourg, entre juin 2019 et juin 2020
68
Evolution du nombre des demandeurs d'emploi, des personnes en mesure
et des offres d'emploi entre septembre 2019 et septembre 2020
71
Nombre de demandeurs d'emploi résidents disponibles en 2020, selon leur
durée d'inscription
72
Le « halo du chômage » représente presque 25.000 personnes au Luxembourg 75
Page 7 de 143
Tableau 13 :
Tableau 14 :
Tableau 15 :
Tableau 16 :
Tableau 17 :
Tableau 18 :
Tableau 19 :
Tableau 20 :
Tableau 21 :
Tableau 22 :
Tableau 23 :
Tableau 24 :
Tableau 25 :
Tableau 26 :
Tableau 27 :
Tableau 28 :
Tableau 29 :
Tableau 30 :
Tableau 31 :
En prenant en compte le « halo du chômage », le taux de chômage serait
76
plus que doublé au Luxembourg
Évolution prévisionnelle de la situation financière du fonds pour l'emploi
(en milliers d'euros)
77
81
Décomposition du prix du gasoil ä la pompe
Accises autonomes par produit : hausse de tarif applicable en 2021 par
82
rapport ä 2020
84
Diesel et essence avant et après la taxe carbone
Mazout et gaz naturel avant et après la taxe carbone
85
Répartition de la consommation finale des ménages par type d'énergie et
usage
88
Crédit non limitatif alloué ä l'allocation de vie chère en faveur des ménages ä
revenu modeste
95
95
Recettes budgétaires liées aux « accises climatiques »
Effet moyen de la taxe carbone sur les dépenses des ménages
97
Surcoût annuel en euros (2021/2020) de la taxe carbone par profil de
ménages
98
Répartition des bénéficiaires de l'allocation de vie chère en 2018 par année de
demande et évolution de la cote d'application par rapport ä l'année de la
première demande
99
99
AVC : montant annuel proposé
100
Seuil/plafond de revenu équivalent par quintile
105
Structure des accises sur les produits énergétiques
106
Impact de la hausse des accises sur les produits pétroliers
110
Incidence de la taxe carbone sur l'inflation
116
Tableau comparatif du statut d'impatrié
120
Illustration de l'avantage fiscal découlant de la prime participative (PP)
Page 8 de 143
1. Résumé exécutif
1. Situation économique : prendre les mesures ä la hauteur des défis
Une situation économique fortement dégradée par la crise de la covid-19 est l'image qui s'est
répandue ä travers le monde en 2020. Dans tous les pays, les indicateurs macroéconomiques se sont
effondrés et il règne actuellement une grande incertitude concernant la reprise économique. Ainsi,
au Luxembourg, le PIB s'est replié de -8% au deuxième trimestre 2020 et de -14% au sein de la
zone euro. L'incertitude sur la reprise économique se manifeste parmi les autorités, qui présentent
souvent des chiffres divergents dans leurs estimations. Les estimations récentes sont généralement
plus optimistes pour 2020, comme le montrent les révisions du Statec ou encore les publications de
la Commission européenne ou du Fonds monétaire international. Cependant, la reprise économique
est remise en question par la reprise de la propagation de la covid-19 de façon diffuse dans
l'ensemble des pays européens.
Par ailleurs, on peut constater que le Luxembourg s'en sort pour l'instant de manière générale mieux
que la plupart des autres pays européens, notamment en raison de la structure de son économie en
grande partie télétravaillable.
Comme toutes les prévisions de croissance économique faites depuis le printemps 2020 attirent
l'attention sur l'incertitude radicale ä laquelle ces exercices font actuellement face, il convient dès
lors d'adopter une approche prospective en matière de politique budgétaire.
D'une part, en ce qui concerne les dépenses d'investissements publics d'avenir - comme par exemple
en matière de protection de l'environnement et du climat, d'éducation et de formation initiale et
continue, de santé publique, de transport public -, ou les dépenses sociales afin d'amoindrir l'impact
des conséquences économiques de la pandémie sur la situation financière des ménages, celles-ci
doivent nécessairement être maintenues ä un haut niveau afin de préparer le Grand-Duché aux défis
d'avenir et de continuer ä soutenir l'activité économique.
Mais d'autre part il est nécessaire que la politique budgétaire prévoie suffisamment de marges de
manœuvre budgétaire et crée, le cas échéant, de nouvelles recettes en mettant fin ä des injustices
fiscales existantes (et n'hésite surtout pas ä y recourir de façon massive !) afin de pouvoir faire face
ä une éventuelle aggravation de la situation sanitaire, économique et sociale et ä la nécessité
subséquente de soutenir plus fortement les entreprises et les ménages jusqu'à une normalisation
progressive de l'activité.
2. Situation budgétaire : le Luxembourg reste dans une situation confortable en
comparaison internationale
Concernant le déficit public, l'État ne pourra pas respecter le seuil de -3% du PIB en 2020. Avec 7,4%, le Statec estime le déficit public nettement en-dessous du seuil imposé par les textes
eitrnpAenc, tandis-que la-CommissioR ettrepéenne-se montre--en revanche- plus—o-Titimistê sel-On ses
dernières prévisions avec seulement -5,1%. Toutes les prévisions coïncident sur le fait que le
Luxembourg respectera de nouveau le seuil de -3% ä partir de 2021. Concernant la dette publique,
le seuil de 60% sera respecté dans tous les scénarios, grâce au niveau extrêmement faible de la
dette publique luxembourgeoise. Elle tournera autour de l'objectif auto-imposé par l'Accord de
coalition de 30% dans les années ä venir. Suite ä l'activation de la « general escape clause », les
autorités européennes tolèrent cependant temporairement le non-respect des critères de Maastricht.
Le déficit élevé en 2020 n'entraîne donc pas de sanctions pour le Luxembourg.
En ce qui concerne le solde structurel, qui ajuste le solde public en fonction des évolutions
conjoncturelles, le ministère des Finances se montre plutôt pessimiste par rapport ä la Commission
européenne. Les autorités luxembourgeoises estiment le solde structurel ä -4,5% pour l'année 2020,
tandis que la Commission l'estime seulement ä -2,2% et même ä +0,8% en 2021. D'après la
Commission européenne, l'objectif budgétaire ä moyen terme (OMT), qui est fixé ä +0,5%, serait
donc de nouveau respecté ä partir de 2021.
La fixation d'un OMT pour la période 2023-2025 semblable voire inférieur ä celui de la période 20172019 (-0,5%) serait saluée par la CSL. En effet, une augmentation du OMT comme c'était le cas
entre la période 2017-2019 et la période actuelle risque de provoquer la non-réalisation
d'investissements ou de dépenses sociales qui sont actuellement nécessaires afin de relancer
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l'économie. Dans ce cadre, une diminution de l'OMT serait cruciale afin d'augmenter la marge de
manœuvre du gouvernement.
Dans ce contexte, la CSL salue le niveau élevé d'investissements publics afin de soutenir et de
relancer l'économie luxembourgeoise. Les investissements de l'Administration centrale sont avec 3
471 millions d'euros en 2020 nettement plus élevés qu'en 2019 (2 288 millions d'euros). Ces
dépenses ne constitueront pas de difficultés financières dans les années ä venir, puisque l'État a su
respecter de loin les critères de Maastricht dans les années passées, et a ainsi créé une certaine
marge budgétaire. Force est de constater qu'une partie considérable des aides financières mises ä
disposition par l'État dans le contexte de la crise du coronavirus n'ont pas été utilisées par les
entreprises luxembourgeoises. En effet, le montant annoncé dans le projet de plan budgétaire
équivaut ä 930 millions d'euros, tandis que le montant utilisé (au 19/10/2020) correspond seulement
ä 264 millions d'euros, soit ä 28% du total.
La Chambre des salariés (CSL) souligne qu'outre le soutien économique, la politique
d'investissements publics et de relance du gouvernement doit rester tributaire des évolutions
sanitaires et de la protection de la santé des salariés et de la population en général. La Commission
européenne va dans la même direction et appelle les gouvernements ä renforcer la résilience du
système sanitaire en garantissant une disponibilité appropriée du personnel sanitaire. Dans cette
optique, la CSL estime qu'une révision rapide du plan hospitalier s'impose en vue d'un renforcement
des capacités sanitaires du système hospitalier. De même des actions concrètes et urgentes
s'imposent pour faire face ä la pénurie évidente en personnel médical et soignant. De plus, une
coopération sanitaire transfrontalière structurée s'impose plus que jamais et le Luxembourg doit
pleinement jouer son rôle dans cette coopération qui est dans l'intérêt de toutes les composantes de
la Grande Région.
D'autres priorités restent les investissements dans la production d'énergie ä zéro émission,
l'amélioration de l'efficacité énergétique des bâtiments et le développement des zones vertes. Enfin,
il convient également de prendre en compte l'importance du travail frontalier et de la coopération
interrégionale pour l'économie luxembourgeoise. Afin de renforcer les relations entre le Grand-Duché
et les autres composantes de la Grande Région, une participation luxembourgeoise aux projets
d'infrastructures dans la Grande Région et notamment dans les territoires frontaliers serait
importante dans le but de redynamiser les économies locales, de réduire les différences économiques
et sociales entre le Luxembourg et ses voisins les plus proches et pour renforcer la coopération au
sein de la Grande Région.
3. Les inégalités continuent de se creuser : nécessité de prendre les choses en main
p un plan d'action concret
La CSL constate que les inégalités sociales au Luxembourg continuent d'augmenter au vu des
statistiques officielles les plus récentes et risquent de s'amplifier encore sous l'impact de la crise
sanitaire. Ainsi, le taux des personnes en risque de pauvreté ou d'exclusion sociale a augmenté de
69,4% durant la période entre 2010 et 2020, tandis que la population totale au Luxembourg a
seulement augmenté de 24,7% sur la même période. La CSL demande au Gouvernement d'élaborer
un plan d'action concret de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale moyennant un timing et des
objectifs chiffrés ä atteindre. Ce plan devrait comporter notamment les mesures suivantes :
•
•
•
•
•
•
•
la revalorisation des prestations familiales ;
un meilleur soutien aux familles monoparentales ;
la revalorisation de l'allocation de vie chère (AVC) ;
l'adaptation des plafonds pour pouvoir bénéficier du complément accueil gérontologique ;
la prolongation de la durée d'indemnisation de chômage pour les demandeurs d'emploi ;
l'augmentation structurelle de la pension minimale ;
la prise de mesures fiscales visant ä réduire les iniquités existantes.
4. Emploi et chômage : maintenir le régime de chômage partiel et prolonger la durée
d'indemnisation du chômage complet
Si le marché de l'emploi n'a connu que des variations trimestrielles positives durant les dernières
années, il a connu une baisse de 0,7% au deuxième trimestre 2020 et même une baisse de 1,3%
d'un mois sur l'autre, ä la suite du confinement le 16 mars 2020. Le taux de chômage est, quant ä
lui, passé de 5,8% au quatrième trimestre 2019 ä 6,4% au deuxième trimestre 2020.
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Particulièrement frappant est l'évolution du chômage des moins de 25 ans, ceux-ci étant davantage
touchés par les effets de la crise du COVID-19 que les autres catégories d'âge. À ce propos, notre
Chambre demande que les apprentis puissent ä nouveau bénéficier du chômage partiel, dont ils ont
été exclus depuis le 1er juillet 2020.
De plus, il faut que le gouvernement mobilise plus les mesures en faveur de l'emploi dans le cadre
de la Garantie pour la jeunesse ou d'autres dispositifs en faveur des jeunes et des chômeurs de
longue durée.
Par ailleurs, notre Chambre salue l'annonce du Gouvernement de prolonger l'éligibilité au chômage
partiel des secteurs les plus touchés par la crise sanitaire au-delà du 31 décembre 2020. Ce dispositif
a fait ces preuves, ä la fois pour les salariés concernés que pour les entreprises. Les incertitudes
économiques et sociales qui caractérisent les mois ä venir rendent indispensables la garantie
gouvernementale de prolonger les mesures nécessaires pour assurer le mieux possible la pérennité
du tissu économique et social luxembourgeois. Le chômage partiel lié ä l'assurance du maintien dans
l'emploi constitue l'instrument majeur pour faire face ä ces défis.
Au vu de l'augmentation du chômage de longue durée, une prolongation de l'indemnisation devient
néanmoins indispensable.
5. Introduction d'une taxe carbone : des compensations sociales insuffisantes et une
neutralisation dans l'index ä rejeter
Parmi les règlementations qui prendront effet ä partir de 2021 figure notamment l'introduction d'une
taxe carbone. Cette taxe CO2 constitue une mesure phare du projet budgétaire. Pour l'année 2021,
le prix du carbone au Luxembourg tournera autour de 20 euros par tonne ; elle passerait ä 25 euros
en 2022, puis ä 30 euros en 2023.
Notre Chambre regrette que les fiches d'évaluation qui accompagnent les projets restent muettes
quant ä l'impact concret de ces hausses de prix tant sur la consommation des produits énergétiques
et la réalisation des objectifs écologiques, que sur les recettes publiques en comparaison ä une
trajectoire sans taxe carbone. Même si le gouvernement semble conscient des effets sociaux
délétères que peut produire l'introduction de la taxe carbone, il ne chiffre toutefois rien non plus ni
quant ä l'impact social de la taxe, ni quant ä l'impact compensateur des mesures prévues.
Les mesures de compensation sociale qui ont été délibérément couplées par le gouvernement ä
l'entrée en vigueur de cette taxe sur le gaz carbonique sont :
•
•
•
•
•
•
une hausse permanente de 10% de l'allocation annuelle de vie chère (AVC) ;
l'augmentation du crédit d'impôt salarié de 96 euros ;
la gratuité des transport publics ;
la prolongation jusqu'au 31 décembre 2021 des subventions ä l'épargne d'énergie ;
un taux de TVA réduit ä 3% applicable aux bâtiments ä rénover âgés de 10 ans et plus ;
le soutien fiscal ä l'installation de panneaux photovoltaïques.
Ici, la CSL remarque que les trois dernières mesures ne sont pas neuves. En outre, elles requièrent
la capacité d'investir sur fonds propres ou empruntés et permettent le cas échéant des déductions
au niveau de l'impôt sur le revenu avec le risque d'une redistribution du bas vers le haut. De plus,
l'augmentation de 10% de l'allocation de vie chère ne peut pas être considérée comme
compensation, puisque cette augmentation est inférieure ä l'évolution de l'inflation depuis la création
de l'AVC en 2009. En fait, il s'agit même d'une diminution du montant déjà applicable en 2020.
Les crédits d'impôts rehaussés ne jouent pleinement que jusqu'à un salaire annuel de 40.000 C.
Notons que le quart de son augmentation de 96 euros (maximum) doit en fait être considérée comme
compensation de la perte de pouvoir d'achat au cours des dernières années et donc pas d'une
compensation de la taxe carbone. La CSL estime que les ménages les plus affectés par la nouvelle
taxe carbone pourraient vivre davantage en périphérie, ne pas recourir aussi facilement aux
transports publics gratuits que dans l'axe centrale du pays ou avoir des enfants, phénomènes dont
la mesure ne tient pas compte.
La CSL montre ä travers des exemples que même les bénéficiaires d'une pension minimale ou du
salaire social minimum ne sont pas entièrement couverts par les compensations sociales. Dès qu'un
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ménage n'a pas droit ä l'allocation de vie chère, il risque d'être perdant et, comme souligné ci-dessus,
l'augmentation de celle-ci ne peut être considérée comme compensation valable.
Notre Chambre recommande donc vivement au gouvernement de s'assurer que les compensations
sociales soient maximales et les plus larges possibles et d'utiliser l'intégralité du produit de la taxe
carbone ä des fins de redistributions.
En tout cas, la CSL ne peut pas donner son accord ä la taxe carbone telle que prévue en raison du
mécanisme de compensation sociale largement insuffisant.
Finalement, la CSL rejette la neutralisation de la taxe carbone dans l'index. La Chambre des salariés
considère l'échelle mobile des salaires comme un instrument préservant le pouvoir d'achat des
salariés et des retraités. Des neutralisations artificielles de hausses de prix sont de ce fait ä éviter.
La CSL constate d'ailleurs un certain manque de cohérence dans la politique gouvernementale en
matière de prise en compte de l'évolution de certains prix au niveau de l'index. En effet, la hausse
des prix due ä la taxe CO2 serait neutralisée, alors que la gratuité des transports publics, donc une
baisse des prix a été prise en compte et retarde d'autant plus l'échéance de la prochaine tranche
indiciaire.
6. Régime des impatriés et prime participative pour salariés : consécration
d'injustices fiscales existantes
Le législateur propose que le régime des impatriés soit conservé, aménagé mais doté d'une base
légale (article 115-13b LIR) et réglementaire d'exécution. Les modifications concernent entre autres
une hausse du seuil d'entrée ä 100.000 euros de revenus fixes bruts, la simplification de l'ancienne
indemnité forfaitaire en nouvelle prime d'impatriation ou encore l'étendue du régime fiscal de
l'impatrié ä un maximum de neuf ans. Notre Chambre ne perçoit pas positivement l'instauration de
traitements de faveur destinés ä une minorité privilégiée de salariés.
En fin de compte, alors qu'un régime commun existe déjà, les projets sous avis proposent la création
d'un régime exorbitant pour couvrir les charges extraordinaires d'un salarié dit impatrié. Sur
demande, un contribuable peut déjà obtenir un abattement de revenu pour charges extraordinaires
qui sont inévitables et qui réduisent de façon considérable sa faculté contributive. L'impatrié ne
pourrait-il pas trouver sa place dans de la cadre de ce régime de droit commun préexistant, avec, le
cas échéant, quelques aménagements spécifiques ? Enfin, la CSL critique le manque de transparence
concernant l'impact sur les recettes publiques, aucune évaluation sur la population concernée n'étant
d'ailleurs communiquée.
L'abrogation du régime des stock-options est largement saluée par la CSL. Par contre, l'introduction
d'une nouvelle « prime participative » soulève des questions, comme elle pourra créer de nouvelles
injustices fiscales. Même si ce nouveau régime est ouvert ä l'ensemble des salariés, il est ä douter
que ce soit le cas en pratique. Cette prime ainsi que les avantages fiscaux exagérés inhérents risquent
d'être réservés ä certains profils de salariés privilégiés, comme c'était le cas précédemment.
De manière générale, la Chambre des salariés a soulevé ä de nombreuses reprises que
l'affaiblissement tendanciel de la cohésion sociale, qu'illustre le renforcement manifeste des
inégalités, trouvait également ses origines dans la question fiscale, et particulièrement de la
différence de traitement entre l'imposition des patrimoines ainsi que des revenus du capital et celle
des revenus du travail. C'est pourquoi, la CSL regrette que la question de l'imposition des patrimoines
et, singulièrement du foncier, ne soit plus du tout ä l'ordre du jour.
7. Les annonces en matière de politique du logement : un timide premier pas dans la
bonne direction
Quant ä la crise du logement, marquée par une évolution faramineuse et inacceptable des prix
immobiliers et des loyers, la CSL salue la proposition d'augmenter les crédits du ministère du
Logement pour 2021 par rapport au budget voté 2020 de près de 26 millions d'euros (+11%). La
répartition du budget du ministère du Logement, avec notamment une importante partie dédiée au
développement de logements abordables en main publique, ainsi que dans la poursuite de la création
d'une certaine réserve foncière, est également soutenue par la CSL.
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Les avantages fiscaux, comme par exemple la déductibilité des intérêts sur les emprunts
hypothécaires pour les multipropriétaires ou encore l'amortissement accéléré, qui ont été introduits
au cours de années, provoquent dans un certain sens un double effet négatif. D'un côté, ils favorisent
le comportement spéculatif des investisseurs et dynamisent la croissance déjà fulgurante des prix,
de l'autre côté ils augmentent les inégalités en provoquant une redistribution du bas vers le haut. La
CSL est donc d'avis qu'un tel régime fiscal doit être modifié immédiatement et de manière
conséquente. Dans ce contexte, la CSL salue tout ä fait subsidiairement la réduction ä la fois du taux
d'amortissement (de 6% ä 5%) et la durée de ce dernier de 6 ä 5 ans. Notre Chambre est d'avis que
ces mesures sont loin de constituer une réforme ambitieuse et proportionnée. En effet,
l'amortissement accéléré n'a plus aucune raison d'être au vu de la surchauffe des prix immobiliers
et des taux d'intérêt historiquement bas. Par conséquent, la CSL plaide pour la suspension intégrale
et temporaire du système de l'amortissement accéléré.
Concernant la politique de logement durable, notre Chambre salue la réduction de la condition d'âge
du logement, pour que les travaux effectués puissent bénéficier de l'application du taux super-réduit.
L'introduction du taux d'amortissement accéléré de 6% pendant 10 ans applicable aux dépenses
d'investissement relatives ä une rénovation énergétique durable est en général également ä saluer.
Malgré l'aspect positif, il y a aussi des points ä critiquer, puisque le propriétaire profite d'un point de
vue financier ä trois niveaux d'une rénovation énergétique : (1) il reçoit des subventions pour
financer les rénovations qui augmentent la valeur de son bien, (2) il peut augmenter son revenu
locatif sur base des investissements réalisés et (3) le coût résultant de cet assainissement peut être
amorti de manière accélérée. La CSL demande donc que la quote-part subventionnée des rénovations
énergétiques et durables ne puisse pas être amortie et neutralisée dans le contexte de la formation
des prix de loyers.
Par ailleurs la CSL salue l'introduction d'un prélèvement ä hauteur de 20% sur les revenus provenant
des biens immobiliers sis au grand-duché de Luxembourg auquel seront soumis des fonds
d'investissements spécialisés (FIS), les organismes de placement collectif (OPC) ainsi que les fonds
d'investissement alternatifs réservés (FIAR) ; cette disposition met fin ä une grave injustice fiscale
en matière d'imposition des plus-values et des revenus locatifs. La CSL indique toutefois dans son
avis que parallèlement ä l'abolition d'autres mesures injustes, l'imposition des revenus des FIS doit
augmenter en conséquence au cours des années ä venir.
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2. Situation économique
Suite ä la propagation fulgurante dans le monde du virus Sars-Cov-2 ä l'origine de la covid-19 au
printemps 2020 et les mesures drastiques de réduction des activités économiques et de confinement
des populations qui s'en sont suivies, les dernières données économiques disponibles font état d'un
choc inédit depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale sur les économies européennes.
En effet, au deuxième trimestre 2020, le PIB en volume de la zone euro a connu une contraction de
14% par rapport au 2ème trimestre 2019, tandis qu'au Luxembourg, ce même indicateur ne s'est
replié « que » de -8%. Les pays voisins ont eux aussi connu des coups de freins brutaux ä la création
de richesses se situant entre -10% pour l'Allemagne et -19% pour la France.
Graphique 1 : Variation du PIB par rapport au même trimestre de l'année précédente
10,0%
en valeur
en volume
5,0°A
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Source : Eurostat
Si les chiffres ne sont pas encore connus pour tous les pays, l'été 2020 devrait être marqué par un
rebond considérable de l'activité économique dans un contexte de ralentissement notable du nombre
de nouvelles contaminations et de relance économique.
Ainsi, les dernières estimations de l'Inseel font état d'un rebond de du PIB en volume au troisième
trimestre (+18,2% par rapport au deuxième trimestre) mais qui n'empêche pas le PIB hexagonal de
rester 4,3% sous son niveau du troisième trimestre 2019. Le rebond s'explique surtout par un
redressement presque jusqu'au niveau d'avant-crise des dépenses des ménages et des
Administrations publiques, tandis que les investissements (formation brute de capital fixe) restent
nettement en retrait, témoignant des incertitudes auxquelles font face les entreprises. La situation
ne devrait pas se redresser en fin d'année avec les nouvelles mesures (quoique assouplies) de
couvre-feu localisé puis de reconfinement national mises en œuvre dès la fin du mois d'octobre.
L'acquis de croissance pour 2020 s'élève selon l'Insee ä -8,3%.
2.1. Projections macroéconomiques pour les années ä venir
L'exemple français présenté ci-avant permet de comprendre pourquoi les prévisions
macroéconomiques doivent être maniées avec beaucoup de prudence et être interprétées plus
comme des scénarios favorables, partant d'une situation où, ä l'instar des mois estivaux, la
propagation ä petit feu et relativement maîtrisée de l'épidémie, et de retour ä la quasi-normale des
activités ä partir de la rentrée de septembre.
Ainsi, dans les projections servant de base au projet de budget pour 2021, le Statec table sur une
forte diminution de -6% du PIB en volume en 2020 puis sur un rebond de 7% en 2021.
I https://www. in see.fr/fr/stati stiq ues/4925348
Page 14 de 143
Lors de leur passage ä la commission des Finances et du Budget de la Chambre des députés2 en date
du 26 octobre 2020, les experts du Statec ont légèrement revu leurs prévisions à la hausse pour
2020 (-5%) et légèrement ä la baisse pour 2021 (« un peu en deçà des 7% ») avec toutefois la
précision que « des mesures anti-covid plus fortes pourraient remettre en question ces prévisions ».
La Commission européenne a publié le 5 novembre 2020 ses projections de croissance d'automne
pour les pays de l'Union européenne3.
Globalement, les économistes de l'institution européenne, sont ä la fois plus optimistes et plus
pessimistes que lors de leurs prévisions de l'été. En effet, ils tablent, pour l'ensemble de l'UE, pour
2020 sur une situation légèrement meilleure qu'escompté ä l'été et pour 2021 sur une situation plus
dégradée que prévue. Globalement, les PIB de la zone euro et de l'UE ne devraient rejoindre leurs
niveaux de fin 2019 qu'en 2022.
Cette révision ä la hausse des prévisions pour 2020 s'explique par un rebond qui aurait été plus fort
qu'attendu au cours de l'été (3enie trimestre) tandis qu'au dernier trimestre de l'année la croissance
devrait caler.
Pour les années 2021 et 2022, la Commission européenne s'attend à une persistance des mesures
d'endiguement de la propagation de la covid-19, celles-ci étant cependant graduellement allégées
au fil du temps et ayant par ailleurs un impact économique décroissant au fur et ä mesure que les
agents économiques et les systèmes de santé continuent à s'adapter.
Par ailleurs, les tractations autour du statut du Royaume-Uni ä partir du le' janvier 2021 semblent
aller dans le sens d'un accord moins favorable qu'escompté, impliquant des coûts économiques tant
pour le Royaume-Uni, que, mais dans une moindre mesure, pour l'UE.
2 httos://chd.luivvos/Dortal/oublic/Accueil/Actualite/ALaUne/?current-true&urile=wcm°/03Apath%3Aactualite.oublic.chd.lu/STwww.chd.lu/sa-actualites/c02f18c949a1-4e7d-8fd8-39f93d37fe24
3 Cependant, pour formuler ses prévisions, la Commission a arrêté ses compteurs au 22 octobre, c'est-à-dire qu'elle n'a a priori
pas pris en considération les nombreuses mesures qui n'étaient pas encore envisagées, voire actées, ä ce moment (entre autres :
reconfinements en Belgique et en France, renforcement des restrictions d'activité et de déplacement en Allemagne).
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Graphique 2 : Comparaison des prévisions d'été et d'automne 2020 de la Commission européenne
•
PIB vol.
•
• Automne
•
• Eté
•
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15
10
0
LU (édd.)
Source : Annexe statistique des prévisions d'automne 2020 de la CE Notes : édd. = échelle de droite
Les données des prévisions d'été 2020 pour le Luxembourg présentés dans Ies graphiques ci-dessus
(losanges) et reprises dans l'annexe statistique des prévisions d'automne 2020 diffèrent de celles
affichées par le Statec dans le tableau présenté en début de cette partie et tiré de l'annexe 8 du
projet de loi de programmation financière pluriannuelle 2021-2024.
Concernant plus spécifiquement les prévisions pour le Grand-Duché, force est de constater que le
pays a connu un impact moindre des mesures de confinement que ses voisins. Cela s'explique par la
contribution des services financiers, qui ont relativement peu été affectés grâce au rebond rapide
des marchés financiers et ä la possibilité de recourir massivement au télétravail, dans la production
de richesses.
Plus encore, selon la Commission européenne, l'échange de services financiers ont connu une hausse
depuis le début de l'année et ont ainsi contribuer ä limiter la casse en termes d'exportations nettes
du pays tirée vers le bas par un écroulement des échanges internationaux de biens et de services
non financiers.
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Graphique 3 : Évolution du PIB réel et de ses composants
Graph 11.1 2. I: Luxembourg- Real GDP growth and
pps.
8
contributions, output gap
% of pot. GDP - 8
forecast
6
6
4
4
2
2
0
-2
-2
-4
-4
-6
-6
-8
-8
13
14
15
16
17 18 19 20 21 22
Caela Output gai) (rhs)
Inventories
=Net exports
Investment
Public consumption
=1 Pnvat consumption
Real GDP (y-o-y%)
Source : CE, projections économiques d'automne 2020
La consommation privée a connu un effondrement de près de 20% au 2ème trimestre par rapport au
même trimestre de 2019 et ä tirer vers le bas la demande domestique et cela malgré les mesures
de stabilisation économiques du gouvernement.
Si la mise en œuvre du chômage partiel a permis de largement préserver l'emploi, les experts de la
Commission européenne attirent l'attention sur les résultats des enquêtes conjoncturelles, qui
pointent vers des perspectives médiocres en la matière, et sur une hausse probable des faillites au
cours des mois ä venir.
Par ailleurs, si les marchés financiers ont jusqu'à présent relativement bien encaissé le choc cela est
dû ä l'injection massive de liquidités par les banques centrales. Si cela permet de maintenir les
bourses ä flot et de limiter la hausse du taux d'intérêts des dettes souveraines, cela accentue
également le découplage entre marchés financiers d'une part et l'économie réelle d'autre part.
Qui plus est, ces liquidités ont aussi permis aux banques, encouragées par des garanties d'État, de
soutenir par des crédits les entreprises non financières en manque de liquidités et ont ainsi contribué
ä la continuité de l'activité économique et ä éviter un nombre important de faillites au plus fort de la
crise sanitaire. Toutefois, au fur et ä mesure que les garanties et aides d'État sont retirées, les
nombre de faillites et de prêts non remboursés risque d'augmenter, pesant ainsi sur les performances
des banques européennes et sur leur capacité ä alimenter en liquidités les économies nationales.
Du côté de l'OCDE, face ä l'incertitude radicale concernant l'évolution de la pandémie et, partant,
des activités économiques et sociales, l'institution a décidé de publier deux scénarios de croissance
pour fin 2020 et 2021 :
•
L'un, plus favorable et désigné par « single hit », part de l'hypothèse d'une normalisation
progressive des activités économiques qui reste certes sous la coupe des contraintes
sanitaires, mais sans que celles-ci n'aient ä terme un impact majeur. Dans ce scénario, au
Luxembourg, le PIB en volume au quatrième trimestre 2021 ne serait que de -1,9 points de
pourcentage (pp.) inférieur ä celui du même trimestre 2019. Le PIB en valeur serait quant ä
lui +1,3pp. supérieur au dernier trimestre 2019.
•
L'autre scénario se base sur l'hypothèse d'une recrudescence de l'épidémie ä la fin de l'année
2020 qui obligerait les pays ä reprendre des mesures plus drastiques de limitation des
contacts sociaux pour enrayer la propagation de la covid-19 et éviter la saturation des
systèmes hospitaliers. Ce scénario, baptisé « double hit », prévoit pour le Grand-Duché une
diminution du PIB de -7,7% en 2020 et une stagnation en 2021 (+0,2%) pour en rester au
quatrième trimestre 2021 ä un PIB en volume -7,5pp. inférieur ä celui de fin 2019.
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Graphique 4 : Projections de croissance du P1B de l'OCDE ; indice base 100 au quatrième trimestre
2019
105,00
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double hit
101,31
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100,00
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•i• ••
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90,00
93,53
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PIB volume
PIB valeur
Source : Economic Outlook 107, juin 2020 :
Au mois de septembre, l'OCDE a mis ä jour ses prévisions de juin pour les pays du G20. Si celles-ci
sont moins défavorables que prédit au mois de juin, c'est parce qu'elles se basent sur un scénario
de lent retour ä la normale sans résurgence notable du virus.
Graphique 5 : Projections de croissance du PIB des pays du G20 par l'OCDE ; indice base 100 au
quatrième trimestre 2019 ;
106
Novae« 2019
formats
104
102
Upside
100
98
Cermet forecasts
96
94
N'amide
sourie
92
90
88
2021-03
2020-04
2020-02
2019-03
Source : Economic Outlook 107, mise ä jour de septembre 2020
Les projections du FMI suivent elles aussi les mêmes tendances que celles du Statec, de l'OCDE ou
de la Commission européenne, même s'il s'agit lä de prévisions les plus récentes puisque publiées
au mois d'octobre 2020.
Graphique 6 : Prévisions de croissance du Fonds monétaire international
8,0
5,9
6,0
4,0
2,0
BE
0,0
-FR
-2,0
-4,0
DE
-6,0
LU
-8,0
-10,0
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2018
2019
2020
2021
2022
2023
2024
o
A er
2025
Source : FMI, Economic outlook, octobre 2020
Pour l'année 2020, le FMI table sur une chute du PIB en volume de -5,8% au PIB, proche des
projections du Statec. Toutefois, les économistes du Fonds monétaire sont moins optimistes que le
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Statec pour l'année 2021 puisqu'ils ne prédisent qu'une croissance de l'ordre de 5,9% (contre un
peu moins de +7% pour le Statec).
2.2. Éléments de réflexion concernant les projections macroéconomiques
Globalement, toutes les projections de croissance pour fin 2020 et 2021 se basent sur une hypothèse
forte : celle d'une maîtrise du nombre de nouvelles contaminations ä la covid-19 qui permettrait, ä
condition de pouvoir respecter les règles d'hygiène de base et les mesures de distanciation physique,
un lent retour ä la normale de la très grande majorité des activités économiques.
Or, les récentes évolutions de la pandémie, notamment en France, Allemagne et en Italie, font état
d'une situation plus inquiétante que celle vécue au printemps. En réponse ä cette dégradation, les
pays européens multiplient ä l'heure actuelle les mesures de restriction des déplacements et des
contacts sociaux, allant jusqu'à contraindre ä la fermeture les activités ouvertes au public jugées non
essentielles (commerces de détail non alimentaires, Horeca, etc.) tout en maintenant ouvertes les
écoles et les activités de production, contrairement ä ce qui avait été le cas dans la plupart des pays
au printemps 2020.
En Allemagne, par exemple, des pronostiqueurs économiques tablent ainsi désormais sur le fait que
l'économie atteindra son niveau d'avant-crise qu'en 2023.
4
Ainsi, concernant les évolutions ä court et moyen terme de la croissance du PIB de la zone euro, la
présidente de la Banque centrale européenne Christine Lagarde a, lors de la conférence de presse
suivant la réunion du Conseil des gouverneurs en date du 29 octobre 2020,
5 constaté que, face ä la
recrudescence de la pandémie de covid-19, la reprise économique de la zone euro s'essouffle plus
vite qu'escompté après un « rebond fort, quoique partiel et inégal, de l'activité économique pendant
l'été ». Les restrictions d'activités économiques afin de limiter la propagation de la maladie entraînent
selon elle une dégradation des perspectives économiques ä court terme, et cela surtout pour les
services, celui-ci étant le plus touché par les restrictions et les consommateurs ayant globalement
une attitude prudente du fait des répercussions de l'épidémie sur l'emploi et le revenu.
En résumé, la reprise économique est remise en question par la reprise de la propagation
de la covid-19 de façon diffuse dans l'ensemble des pays européens. L'indicateur combiné
de l'agence européenne prévention et le contrôle des maladies (ECDC) qui résume la
situation en matière de nombre de cas par 100 000 habitants, de nombre de tests effectués
ainsi que de taux de positivité des tests montre que la quasi-totalité des pays de l'UE font
face ä une situation fortement dégradée par rapport ä l'accalmie estivale et se voient
contraints de prendre des mesures fortes d'endiguement de la propagation de la maladie.
httos://www.soiegel.de/wirtschaftioroanos-szenario-deutsche-wirtschaft-erst-2023-wieder-auf-vorkrisenniveau-a-2e9fe57c62c5-4750-a879-425db290fb4b
5 https://www.ecb.europa.euloress/oressconf/2020/html/ecb.is201029-80b00b5789.fr.html
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Graphique 7 : Indicateur combiné de l'ECDC, situation au cours des semaines 42/43 et 43/44
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Source : ECDC
Même en l'absence de restrictions légales des activités, la maladie est de nature ä avoir un impact
important sur ces dernières par sa propagation rapide et la nécessité de mettre en quarantaine, voire
d'hospitaliser, les malades, ce qui entraîne rapidement une relative désorganisation des processus
de production.
De plus, les consommateurs redoublent de vigilance. Ainsi, si les indicateurs de confiance sont ä la
hausse dans la construction et l'industrie, celui des consommateurs reste nettement en deçà de son
niveau du début de l'année du fait de l'impact économique et social de la pandémie.
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Graphique 8 : Indicateurs de confiance dans la construction, l'industrie et des consommateurs
30
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Source : Eurostat
Le regain de confiance dans la construction et l'industrie luxembourgeoises témoignent du fait que
ces deux secteurs d'activité ont relativement rapidement pu reprendre leur activité suite au
confinement. Selon les données issues d'enquêtes européennes, l'industrie manufacturière
luxembourgeoise atteindrait au quatrième trimestre 2020 un niveau d'activité de près de 77% de
ses capacités, contre environ 81% en moyenne du premier …
Explication IA à partir du texte officiel de la loi. Indicatif, ne remplace pas un conseil juridique.