📄 Texte de loi
LE GOUVERNEMENT
DU GRAND-DUCHÉ DE LUXEMBOURG
Ministère d'État
Le Ministre aux Relations avec le Parlement
Monsieur le Président
du Conseil d'État
Luxembourg
Luxembourg, le 12 septembre 2016
Personne en charge du dossier:
Roland Gaasch
tir 247 - 82954
SCL : L 5270 — 1307 / sp
Objet : Projet de loi relatif aux établissements hospitaliers et à la planification hospitalière.
Monsieur le Président,
JTai l'honneur de soumettre à l'avis du Conseil d'État le projet de loi sous rubrique, élaboré par la Ministre
de la Santé.
Je joins en annexe le texte du projet, l'exposé des motifs, le commentaire des articles, la fiche d'évaluation
d'impact, la fiche financière ainsi que les avis de l'Association des médecins et médecins-dentistes, de la
Chambre des salariés, de la Caisse Nationale de Santé, du Collège médical, de la Commission permanente
pour le secteur hospitalier, de la Fédération des Hôpitaux Luxembourgeois et du Syndicat Santé, Services
sociaux et éducatifs de l'OGBL.
Sont également joints en annexe quatre documents en rapport avec la carte sanitaire de même que le
document intitulé « Document de travail : évaluation des besoins ».
Madame la Ministre saurait gré à votre Haute Corporation de bien vouloir accorder un traitement
prioritaire au projet émargé étant donné que l'entrée en vigueur est prévue pour le 1" janvier 2017.
Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'assurance de ma haute considération.
Pour le Premier Ministre
Ministre d'État
Le Secrétaire d'État
à la Culture
Guy Arendt
43, boulevard F.-D. Roosevelt
L-2450 Luxembourg
Tél. (+352) 247-82952
Fax (+352) 46 74 58
scl@scl.etat.lu
www.gouvernement.lu
www.legilux.lu
www.luxembourgt u
(r
Cssociation
-des médecins
Lit médecins-dentistes
Luxembourg, le 20 avril 2016
29, rue de Vianden
L-2680 LUXEMBOURG
Tél.: (352) 44 40 33-1 - Fax: (352) 45 83 49
24084/a/16/S
DE LA SANI E
CaKnet du Ministre
FnP":-e le
Réic.u.-)nce. nO
Transmis à
Madame la Ministre
Lydia MUTSCH
Ministre de la Santé
Ministère de la Santé
1-2935 Luxembourg
pc.ur
nurn. le 2 6 AVR.
21115
Madame la Ministre,
Par la présente, nous avons l'honneur de vous transmettre l'avis et les commentaires
cle l'Association des Médecins et Médecins-Dentistes sur l'avant-projet de loi relative
aux établissements hospitaliers et à la planification hospitalière.
Nous vous prions de croire, Madame la Ministre, à l'expression de notre très haute
considération.
Pour le conseil d'administration,
le président,
le secrétaire général,
(s) Dr Alain Schmit
(s) Dr Claude Schummer
1 annexe
(
Association des médecins
et médecins-dentistes
Avant-projet de loi relative aux établissements hospitaliers et à la
planification hospitalière
Résumé
L'AMMD :
1.revendique la présence des services de base dans chaque établissement hospitalier.
2. propose un calcul du nombre de lits par établissement hospitalier proportionnel à la
population résidente et non résidente couverte et s'oppose à un chiffre fixe imposé par une loi.
3. revendique une définition précise des services nationaux et demande qu'ils soient
obligatoirement cogérés par les quatre groupes hospitaliers, y compris au niveau d'un conseil
d'administration séparé dans lequel les quatre groupes hospitaliers sont représentés.
4. n'approuve pas le concept actuel de centre de compétence et continue à s'opposer à la
notion de filière de soins.
5. revendique la création d'entités distinctes spécifiquement dédiées à la chirurgie ambulatoire
et ceci dans chaque établissement hospitalier.
6. s'oppose toujours à la notion de médecin coordinateur imposé par la hiérarchie hospitalière
et demande que les rnédecins hospitaliers puissent nommer eux-mêmes leur médecin
coordinateur.
7. revendique avec la plus grande insistance une représentation effective et permanente des
conseils médicaux dans l'organisation hospitalière, comportant une présence obligatoire au
sein du conseil d'administration des établissements et un accès aux données clés aussi bien en
ce qui concerne l'activité médicale ainsi que les ressources humaines des autres professions de
santé, l'occupation des lits et des plages d'activité médicale, la revue des dotations financières
de l'établissement ainsi que les organigrammes médicaux.
8. exige que toute réglementation et toute procédure censées être opposables aux médecins
soient non seulement avisées mais surtout approuvées par le conseil médical.
9. propose de documenter l'activité médicale moyennant les classifications internationalement
reconnues, à savoir ICD 10CM et ICD 10PCS.
10.exige une rémunération juste des gardes et astreintes légalement imposées aux médecins.
11.défend avec insistance le statut libéral des médecins. Sans s'opposer au principe du calcul
de coûts globaux, l'AMMD insiste sur la facturation séparée des honoraires rnédicaux purs.
12.demande avec insistance la création d'un fonds d'indemnisation des dommages sans faute.
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Préambule
L'avant-projet de loi hospitalière est actuellement sur la table de discussion. L'AMMD se
donne la liberté de cornmenter cet APL mais se réserve le droit de compléter lavis suivant
l'évolution des discussions.
En amont de toute modification de la loi hospitalière, une analyse de fond sur le système de
santé s'impose. Chaque pays de l'OCDE a développé un système de santé qui le rend unique
en son genre, tant sur le plan du fonctionnement, que de l'articulation entre le secteur
hospitalier et le secteur extrahospitalier et du financement respectif.
Le système de santé luxembourgeois actuel peut être caractérisé selon les points suivants :
1. Assurance maladie — accident et grossesse — en position monopolistique
2. Libre choix du médecin par le patient
3. Financement mixte du systèlne de santé par les cotisations (assurés et employeurs) et
les impôts
4. Coûts pour soins de santé contrôlés en comparaison avec pays limitrophes
5. Financement hospitalier par budgets globaux plafonnés (depuis 2011)
6. Exercice médical en mode libéral mais obligatoirement et entièrement conventionné
7. Liberté de prescription des médecins
8. Activité de médecine spécialisée non sectorisée entre l'ambulatoire et le stationnaire
9. Activité personnalisée de la médecine spécialisée hospitalière
10. 70 % de médecins spécialistes pour 30 % de médecins généralistes
11. Démographie fortement croissante de la population assurée résidente et non-résidente
12.Nombre important et croissant de médecins étrangers exerçant au Luxembourg
Au Grand-Duché de Luxembourg, le système en place est financé en partie par des cotisations
(environ 50 % partagées entre assurés et employeurs) et par des impôts (autres 50 %). Le fait
que près de la moitié des assurés vivent à l'étranger constitue une caractéristique typiquement
luxembourgeoise étant donné que bon nombre d'assurés sont des frontaliers (y compris des
non-résidents co-assurés).
Les dépenses pour soins de santé s'élèvent en 2014 à 2.128.200.000 e pour une population
protégée de 773.067 personnes, ce qui revient à une dépense de 2753 e par an et par personne.
En comparaison avec nos pays voisins, ce sont des dépenses plutôt contenues.
Les chiffres OCDE montrent un niveau largement surestimé des dépenses par personne et par
an comme les dépenses de santé sont divisées par le nombre d'habitants et non par le nombre
d'assurés du pays respectif, ce qui est une nuance de taille quand on compare le Luxembourg
aux autres pays de l'OCDE. En termes de variations des dépenses, le Luxembourg affiche des
résultats très intéressants en comparaison avec les autres pays.
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Panorama de la santé 2015
Lg Dépenses de santé et financement
LDepenses de santé par habitant
Graphique 9.1 Dépenses de santé par habitant, 2013 (ou année la plus proche)
ing Deépe,,e, priveas
Dternsts pu0ter.tact
USD PPA
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000
: 000
6 000
5 000
000
o 000
o 000
1 000
flp
Note : Les dépenses exduent les evestssernents. sauf indeation conearre.
1. lnclut les investesernents.
2. Les donnšes se rappoffent 9 2012.
Sourca
Statistiques rto rOCDE sur la santš 2015. relp lrtx ier w-g,10 17971-..]th-eara-t, Base de cloreses oe roms sor les doPensas da ssnlfr fnorld101Os
Panorama de la santé 2015
L9 Dépenses de santé et financement
Ldépenses de santé par habitant
Graphique 9.2 Variation des dépenses de santé par habitant, en termes réels, 2005 à 2013 (ou année la plus proche)
2000-11
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1 indrce des prix du P1B pour la Norvége continentate utilisé comme dettateur
2. indee des pnx a ia consortunaten utillse cornme déflateur.
Source : Slabstiques de rOCDE sur la santê 2015. niip eidx.00, Cefgi 10 I 7 07-ter, alth 11a13 rr
Il est constaté que le l'évolution du nombre de personnes protégées est en croissance soutenue
depuis de très nombreuses années. Ainsi, le nombre d'assurés passe de 681958 en 2009 à
773061 en 2014 ce qui correspond à une augmentation de 11,8 % en 5 ans ! L'augrnentation
du nombre des assurés est répartie entre les résidents (+ 9,2%) et les non-résidents (+ 17,1%)
entre 2009 et 2014. Ainsi nous constatons que d'une part, le nombre d'assurés est en
progression constante et importante et ce sont les non-résidents qui prennent le pas sur les
résidents.
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Le présent APL néglige tout développement ou attraction de patients issus de la Grande
Région en bétonnant l'existant pour une durée indéterminée. En revoyant les performances du
système de santé luxembourgeois (voir ci-dessous), l'on peut se demander s'il est
stratégiquement intéressant de vouloir limiter tout développement en attirant davantage une
patientèle hors frontière sachant que notre système de santé pourra offrir d'autres prestations
en majorant le nombre de patients.
La densité de médecins praticiens est certes un indicateur important qui servira non seulement
de comparaison avec d'autres pays, mais qui indique si la couverture en médecins est
suffisante pour pallier aux besoins de la population assurée. 11 faut également distinguer entre
les 3 groupes de médecins, à savoir les médecins généralistes, les médecins spécialistes et les
médecins dentistes. On sait que le Luxembourg est un pays où la densité médicale des
médecins praticiens est relativement faible avec 2,9 médecins praticiens pour 1000 habitants.
Ce chiffre doit toutefois être corrigé par rapport au nombre d'assurés non-résidents, qui sont
en partie traités au Luxembourg et non dans leur pays d'habitation. On peut donc conclure
que la densité médicale est encore acceptable au Luxembourg. On dénombre ainsi 1108
médecins spécialistes en 2014 pour 489 médecins généralistes et 484 médecins dentistes. La
plupart des médecins spécialistes sont agréés à un établissement hospitalier. Le nombre de
médecins spécialistes est toutefois en hausse importante. En 2014, les hôpitaux comptent
1014 médecins spécialistes agréés (un accroissement de près de 17 % depuis 2010). Les
hôpitaux sont libres d'engager les médecins qu'ils estiment utiles et prennent donc une place
cruciale pour « réguler » le nombre de médecins spécialistes du pays et l'offre des spécialités
correspondantes. Or, dans un environnement concurrentiel entre les différents établissements
hospitaliers, stimulé par les messages du « pas tout partout » et par le crédo des centres de
compétences, les hôpitaux essaient d'étoffer leur staff de médecins pour pouvoir revendiquer
ainsi dans le sens « winner takes it all ».
Les hôpitaux prennent ainsi le pas sur tout pilotage du système de santé en agréant librement
les médecins souhaités. Il est clair que si le nombre de médecins spécialistes augmente plus
rapidement que les besoins de la population, une concentration de certaines activités si elles
s'avèrent rnédicalement utiles, aura un avenir sans succès.
Piloter les dépenses du secteur hospitalier revient en partie à engager avec parcimonie et
grande efficience du personnel des professions de santé aux postes médicalement justifiés
mais aussi de contrôler le nombre de médecins agréés.
Entre 2010 et 2014, le nombre de médecins agréés dans les établissements hospitaliers est
passé de 868 à 1014 médecins, ce qui représente un accroissement de 16,8 % !
1111 Médecins agréés
1100
+16.8 %
825
550
275
2014
2010
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Par le règlement Grand-ducal de 2003, le Conseil Médical joue un rôle de conseil aux
Conseils d'Administration de même qu'aux Directions des établissements hospitaliers en
donnant des avis quant à des médecins candidats à une agréation. Malheureusement ce rôle
n'est pas suffisamment pris en considération par les autorités de tutelle ou les gestionnaires
des hôpitaux. Or malgré l'augmentation substantielle des médecins durant les dernières
années, on constate que les frais pour soins hospitaliers augmentent uniquement pour la partie
des frais fixes et non pour les frais variables directement imputées aux prescriptions des
médecins (cf graphique ci-dessous).
Evolution des frais pour soins hospitaliers au
Luxembourg
700 000 000
600 000 000
500 000 000
.11/0 000 000
1-100 000 000
200 000 000
100 000 000
0
2006
2007
2000
2009
- Frins fixes
2010
2011
7 017
20111
2011
Frais variables
Sur la période affichée, on note une progression de 12,8 % pour les frais variables contre
38,1% au dépens des frais fixes. Depuis la loi du 17 décembre 2010 portant réforme du
système de soins de santé, les établissernents hospitaliers sont financés non plus par budget
négocié individuellement mais par un budget global à croissance plafonnée. A l'analyse fine,
on constate toutefois que la dynamique des dépenses n'est pas répartie d'une manière
homogène entre frais fixes et frais variables. En effet, depuis 2011, l'augmentation pour la
part des frais fixes s'élève à 9,1 % pour une augmentation de seulement 0,28 % au dépens des
frais variables ! Comme ces chiffres ne sont pas indexés ni ajustés par rapport à la population
assurée, on peut déduire que le coût des frais variables a chuté depuis 2011. De ces chiffres,
on conclut indéniablement que ce sont les frais fixes qui sont plus difficiles à contrôler que les
frais variables.
Si la pilotabilité du secteur hospitalier est un enjeu, penser profitabilité des établissements
serait un naufrage. Nonobstant des différentes entités juridiques gérant les établissements
hospitaliers au Luxembourg, ils sont tous financés quasi exclusivement par l'argent public, et
ils ne peuvent dès lors pas être assimilés à des entreprises privées et à but lucratif. Les
réflexions autour d'une gouvernance devront en tenir compte.
Au sujet du gain d efficience possible, l'AMMD s'est fait fort depuis de nombreuses années
pour développer la chirurgie ambulatoire. Or la chirurgie ambulatoire reste l'enfant pauvre
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des anciens Plans Hospitaliers malgré les revendications répétées de l'AMMD, et plus
récemrnent aussi d'autres partenaires du secteur. En effet, d'après les demières données issues
du rapport de l'IGSS, on compte 17192 hospitalisations de jour sans nuitée. Si l'on
considérait que 80 % de ces hospitalisations de jour pourraient d'organiser selon un mode de
chirurgie ambulatoire, environ 13700 interventions pourraient en bénéficier. Actuellement, les
13700 hospitalisations de jour sont facturées à la CNS au prix total d'environ 10 millions €.
L'AMMD regrette à ce titre que les données de la carte sanitaire récemment rééditée
expressément à la demande du Conseil d'Etat et dont les données auraient servi de base à
Pélaboration du présent APL sous rubrique, reste occulte et subreptice aux partenaires
impliqués dans la discussion. Les données de la carte sanitaires devraient permettre
d'expliquer les décisions des autorités de tutelle voire d'entendre les raisonnements pour une
planification future cohérente. Comme le contenu de la carte sanitaire actualisée en version
2015 n'est pas connu, et nonobstant des défauts des données quant aux diagnostics de sortie
de même que des actes techniques réalisés actuellement en séjours stationnaires, nous
ignorons la qualité et la pertinence des autres données recensées. Or la pierre angulaire à toute
réflexion devrait être de se donner une méthodologie commune pour mesurer certains
paramètres essentiels. Nous doutons que Pensemble des paramètres recensés reflète
qualitativement et quantitativement Penvironnement hospitalier.
Le présent avant-projet de loi s'aligne sur une volonté politique déjà annoncée par le projet
précédent dans une version de règlement grand-ducal.
L'essentiel de plan hospitalier (PH) inclus dans cet avant-projet de loi hospitalière, vise à
limiter l'offre de soins hospitaliers tout en excluant que des prestataires hospitaliers privés à
buts lucratifs ne puissent s'installer.
Le PH est censé de couvrir la totalité des besoins nationaux.
D'après l'avis du Conseil d'Etat du mai 2015, qui se base sur les articles 49 et 52 du traité sur
le fonctionnement de l'Union Européenne, il est impératif de respecter des conditions à une
restriction de l'offre :
1. restriction non discriminatoire
2. restriction justifiée par un motif légitime ou une raison impérieuse d'intérêt général
3. restriction garantissant la réalisation de l'objectif poursuivi
4. restriction n'allant pas au-delà de ce qui est nécessaire à atteindre le but recherché
Toujours d'après le CE,
« ...l'essentiel du cadrage normatif doit résulter de la loi, y compris les fins, les conditions et
les modalités suivant lesquelles des éléments moins essentiels peuvent être réglés par des
règlements ou arrêtés pris par le Grand-Duc... »
Actuellement, l'offre « hospitalière » des établissements existants dépasse de loin les
prestations dites stationnaires. En d'autres termes, les établissements hospitaliers et leurs
services qui sont censés être autorisés, offrent bien une partie de soins non-stationnaires. A la
question, quel serait le champ d'action des prestations hospitalières, le texte sous rubrique ne
donne pas de réponse précise. 11 se limite à cadrer le nombre de lits sans aucune allusion aux
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prestations connexes (activités de policliniques en l'occurrence). Par la façon que l'avantprojet est libellé les auteurs mettent le voile sur ces activités.
Vu que les budgets alloués par le public aux différents établissements hospitaliers sont élevés,
on comprend la volonté politique de limiter certaines offres, notamment en termes de nombre
de lits. La révision de la loi hospitalière de 1998 a été nécessaire suite aux revendications du
Conseil d'Etat. Celui-ci avait critiqué dans son avis du 19 mai 2015 que des restrictions
normatives de l'offre médicale doivent être inscrites dans une loi et non dans un règlement
grand-ducal comme il était coutume de faire pour les « plans hospitaliers » précédents.
Afin de connaître les besoins nationaux, il revient une place cruciale à l'élaboration de
données chiffrées fiables. C'est ainsi que la Carte Sanitaire est considérée comme un élément
clé en amont de toute nouvelle planification hospitalière. 11 faut toutefois souligner que le
texte de loi sous objet définit déjà les nombre de lits autorisables au niveau national comme
au niveau des services médicaux, services nationaux et différents centres de compétence alors
que les détails de la nouvelle mouture de la Carte Sanitaire ne sont toujours pas publiés. Par
ailleurs, on doit douter de la qualité de certaines données chiffrées étant donné que le pays ne
dispose pas des outils transparents et fiables pour établir des statistiques cohérentes.
L'AMMD soutient tout effort de rendre transparent le fonctionnement intra-hospitalier et
soutient en particulier et depuis de nombreuses années une documentation hospitalière des
diagnostics selon CIM 10 CM et ICD 10 PCS avec à la clé une comptabilité analytique
et demande que les accords chiffrés entre la CNS et les hôpitaux soient communiqués au
Conseil Médical. Il est indispensable que le Conseil Médical soit mis au courant des
possibilités structurelles, financières et des dotations en personnel, pour garantir des
prestations médicales de qualité. Sans ces informations, le Conseil médical ne pourra pas
donner d' avis circonstancié. Théoriquement, le CM est informé mais en réalité il est
délibérément tenu à l'écart. L'AMMD insiste ainsi sur une modification du règlement GrandDucal reprenant les missions et attributions du Conseil Médical.
L'AMMD a toujours revendiqué une implication meilleure des médecins dans le processus
organisationnel des établissements hospitaliers dans le but d'améliorer une pilotabilité au
profit des patients et du contribuable. Des longues discussions autour du médecin
coordinateur ont finalement abouti à un règlement grand-ducal malheureux car construit sur
un mode hiérarchique. Contrairement aux « Diktat » de certains hiérarchistes, d'autres modes
de gestion existent et ont fait leur preuve, en particulier dans le monde hospitalier non à but
lucratif. Une gestion responsable des activités et des ressources tant humaines que matérielles
ne pourra pas être mis en main d'une Direction orpheline d'idées.
Contrairement à certaines idées préconçues, l'implication des médecins n'est pas un
« danger » mais devra être comprise comme opportunité visant à fortifier le fonctionnement
homogène des établissements hospitaliers. Jusqu'à présent, les arguments d'une meilleure
implication du corps médical dans l'organisation n'ont pas été entendus, ni compris et ni
considérés car opposés aux idées d'une gestion « top down ».
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Commentaires au sujet de l'exposé des motifs
1. Lits autorisables au niveau national
L'AMMD a revendiqué depuis de nombreuses années une diminution de lits aigus en faveur
d'un développement cohérent et conséquent de la chirurgie ambulatoire.
Toutefois, les chiffres du taux d'occupation des lits aigus dans les établissements hospitaliers
de 71,6% en 2014 d'après les chiffres de la carte sanitaire récemment mise à jour mais dont le
détail reste confidentiel, ne correspondent pas au vécu des réalités du quotidien des nombreux
médecins de garde, cherchant souvent désespérément des lits dans les établissements
hospitaliers, devant parfois renvoyer des patients en situation précaires, ou de pas admettre
certains patients pourtant en situation délicate, et endossant ainsi des risques professionnels en
partie secondaires à une mauvaise gestion des ressources et ceci malgré une souplesse relative
de l'occupation de lits par des patients souffrant de pathologies différentes de celles pour
lesquelles les lits sont « attribués ».
2. Lits autorisables par service au niveau national
Nous regrettons une fois de plus que les données de la carte sanitaire 2015 ne sont pas mises à
la disposition, alors qu'il serait primordial de pouvoir analyser les informations y inclues
quant à la pertinence et qui sont à la base des indications de l'APL sous rubrique. Si les
Ministères de tutelle décident qu'il faut autoriser un nombre précis de lits par service et par
hôpital, nous tournons le dos vers une certaine flexibilité de Pattribution de lits en fonction
des besoins urgents, pourtant indispensable au bon fonctionnement des établissements du
pays. Cette flexibilité est probablement encore plus indispensable pour les 2 établissements du
pays qui assurent un service de garde 24h/24.
Au sujet du nombre de lits par service actuellement disponibles dans les différents
établissements, force est de constater que les chiffres figurant dans l'exposé des motifs doivent
être mises en doute. Nous nous posons la question, par quelle méthode le nombre des lits par
service et par hôpital a été établie, comme certains chiffres sont soit étonnant (car variant
assez bien d'un hôpital à un autre) ou ne semblent tout simplement pas correspondre aux
réalités. Nous y reviendrons plus tard.
S'il est exact que le texte de l'exposé des motifs le précise lui aussi, que bon nombre de
services accueillent des patients dont les diagnostics sont à cheval sur plusieurs chapitres du
catalogue ICD 10, les conclusions qui devraient en être tirées ne se retrouvent nullement dans
les prospections projetées. De ce fait il s'avère difficile de pouvoir partager entre patients
ayant hébergé par manque de place dans les services à vocation autre ou si les patients ont
bien séjourné dans le service approprié à leur besoin. 11 est en outre certain que les services ne
fonctionnent pas comme des forteresses imperméables aux patients ne portant pas la bonne
« étiquette ». Par l'exercice de fixer par voie légale (ou ministérielle) le nombre de lits par
service, nous risquons justement que la flexibilité d'attribution risque de se perdre, au prix de
difficultés croissantes de gérer les patients admis en urgence.
11 faut rajouter qu'il ne fait aucun doute que bon nombre de patients admis en urgence à
l'hôpital relèvent de plus en plus de la discipline de la gériatrie. Or l'importance de l'activité
de la gériatrie n'est guère reflétée par les codages ICD 10, qui probablement a pris pour
beaucoup a repris l'activité de médecine inteme générale dans le pays. L'importance de cette
activité n'est pas recensée avec la précision nécessaire en amont de toute nouvelle
planification de lits d'hospitalisation.
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En toute logique, il s'avère délicat, nous osons affirmer même dangereux, de déduire sur base
des codages ICD 10, établis en outre sans règle de codage, les besoins nationaux de lits
autorisables par service.
En outre, les « services » hospitaliers de jour ou de semaine mettent à disposition aux
chirurgiens des lits qui ne sont pas attribuables à une certaine spécialité. Or, comment ces lits
sont comptés dans l'arsenal global des lits aigus des différents établissements ? 11 en est de
même pour les lits de middle care. Sont-ils répertoriés dans les lits des spécialités ? Et au sujet
des lits d'addictologie, il ne s'agit pas de lits dits « aigus ». Or, ils sont comptés parmi les lits
aigus des établissements qui en disposent. D'une manière générale, les comptes des lits ne
semble pas correspondre au nombre de lits « officiels », ce qui met en doute tout l'exercice
effectué par les auteurs du texte en question.
A. Cardiologie, cardiologie interventionnelle, chirurgie cardiaque, chirurgie
vasculaire, neurologie, neuro-vasculaire et neurochirurgie
a. Cardiologie :
Comme une bonne partie de l'activité de cardiologie et de neurologie d'ailleurs se
déroule en unité « intermediate care » ou en soins intensifs, il n'est pas
compréhensible pour quelle raison, les auteurs de l'APL ne prévoient pas de
définir en tant que tel les lits de réanimation, pourtant autrement plus demandeuses
en ressources humaines.
11 ne ressort pas non plus des données de l'exposé des rnotifs s'il existe des
explications aux variances entre différents établissements en termes d'activité.
b. Chirurgie vasculaire
c. Neurologie, stroke unit et neurochirurgie
B. Gastroentérologie et chirurgie viscérale
Le nombre de lits respectivement occupés par la gastroentérologie médicale et la
chirurgie viscérale n'est pas connu, ce qui rend évidemment très difficile le
partage entre les 2 disciplines.
C. Orthopédie, rhumatologie, traumatologie
Le nombre de lits en orthopédie-traumatologie du CHEM semble anormalement
élevé (erreur ?).
L'activité en rhumatologie stationnaire est manifestement limitée comme le
nombre de lits attribués au niveau national reste très cantonné. Comme cette
activité est de fait essentiellement ambulatoire, il faut se poser la question de la
justification que ce domaine fasse l'objet des activités choisies par le Ministère
comme « centre de compétence » éventuel.
D. Ophtalmologie
Si l'AMMD déplore l'inertie en termes de développernent de chirurgie
ambulatoire, le texte sous rubrique ne donne malheureusement toujours pas
d'indication claire pour faciliter l'activité de chirurgie de la cataracte selon un
rnode ambulatoire pur dans les 4 établissements. L'AMMD peut toutefois
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comprendre l'idée de vouloir centraliser certaines activités de chirurgie
ophtalmologique plus poussées de même que la centralisation d'une garde
ophtalmologique au sein de ce site.
E. Oto-rhino-laryngologie
Si le nombre d'interventions ORL ne peut pas être précisé actuellement par les
données à disposition, il est certain que bon nombre d'interventions pourraient se
faire en mode de chirurgie ambulatoire. Les interventions dites plus lourdes et
nécessitant des lits d'hospitalisations ne demandent pas un nombre de lits suffisant
pour en faire un service d'hospitalisation non partagé avec une autre discipline.
F. Pneumologie
Il est étonnant de voir les disparités du bilan de lits recensés, sachant qu'il existe
en outre de fortes variations saisonnières de lits, il faut se douter que bon nombre
de patients relevant de pathologies pneumologiques sont en réalité hospitalisés
dans des services hôtes.
G. Urologie, néphrologie, gynécologie, obstétrique, procréation médicalement
assistée
Encore une fois, il faut constater des variations fortes de lits recensés surtout en
urologie. Est-ce que ces variations sont corrélées avec des variations en termes
d'activité ?
H. Néonatologie intensive
I. Hématologie et immunologie
Une bonne partie des admissions pour le compte de l'hématologie peut également
se faire dans les services d'oncologie.
J. Maladies infectieuses et tropicales
Nul ne conteste l'existence du service national d'infectiologie en soi mais
l'analyse des auteurs du texte mérite quelques réflexions. D'abord, il est difficile
de comprendre si l'ensemble de l'activité infectiologique recensée du pays
corresponde à peu près au nombre de lits dont dispose le CHL, sachant que la
plupart des diagnostics concernés (gastroentérites et érysipèles) sont bien entendu
également pris en charge dans les 3 autres établissements hospitaliers. Quelles sont
donc les motifs d'hospitalisation du service d'infectiologie du CHL et quel est le
besoin réel en lits pour ce service ?
K. Pédiatrie, chirurgie pédiatrique, soins intensifs pédiatriques et urgences
pédiatriques
L. Chirurgie plastique
Plusieurs questions sont à soulever quant à l'objectif des auteurs de vouloir
restreindre le nombre de service de chirurgie plastique autorisé à 1 seul.
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D'abord l'AMMD estime que les chirurgiens plasticiens, peuvent se prévaloir de
compétences spécifiques en matière de reconstruction complexes, autrement, ils
n'auraient pas acquis ce diplôme sanctionnant cette formation spécifique. Ces
interventions de reconstruction pour la large part dédiée à la reconstruction
mammaire après mastectomie, sont actuellement réalisées par une partie seulement
des chirurgiens plasticiens reconnus. 11 faut dès lors se poser la question pourquoi
limiter cette activité à un seul service national n'hébergeant de toute évidence pas
l'ensemble des chirurgiens concemés.
Ensuite, si le nombre de 4000 interventions de chirurgie plastique est plausible, le
texte reste muet comment on voudrait regrouper de l'ensemble de ces
interventions au bénéfice d'un seul service de chirurgie plastique.
M. Oncologie
N. Psychiatrie aiguë, psychiatrie infantile et psychiatrie juvénile
O. Soins intensifs
11 apparaît que les auteurs du texte n'ont pas considéré les lits de soins intensifs de
type « middle care » ou « intermediate care », parfois associés à d'autres services
comme la neurologie ou la cardiologie. D'après le recensement, le nombre total de
lits de soins intensifs serait de 94 lits (seulement). Le nombre de lits de type
middle care reste inconnu.
P. Gériatrie aiguë
Il est très difficile d'évaluer les besoins en lits pour la gériatrie aiguë en s'appuyant
uniquement sur les codes ICD 10. Et tout patient « âgé » ne relève pas
nécessairernent de cette discipline. Par contre, il est certain que d'une part le
nombre de patients nécessitant une prise en charge gériatrique en 1 ère ligne est
grand mais que les besoins réels n'ont pas été réellement étudiés à notre
connaissance. Cette inconnue se rajoute aux nombreuses questions mettant en
doute la cohérence d'une planification des lits sur base des codages ICD 10.
Q. Médecine interne générale
Alors que le domaine de la médecine interne joue encore un rôle variable au sein
des différents établissements hospitaliers si l'on croit aux chiffres des lits y
attribués, les pathologies relevant de la prise en charge en médecine interne est par
définition variable et les données du codage de sortie ICD 10 ne permet nullement
de formuler une conclusion et de définir les besoins en lits. Comme bon nombre de
médecins spécialistes en médecine interne se sont surspécialisés en cours du
temps, il sera également difficile de considérer les codes ICD 10 faits par leurs
soins comme ceux-ci peuvent être le reflet d'un profil particulier à ces médecins.
R. Réhabilitation post oncologique, réhabilitation physique
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L'AMMD ignore s'il existe un besoin réel et substantiel en réhabilitation post
oncologique mais il est certain que pour bon nombre de patients souffrant soit de
pathologies cardiaques ou orthopédiques doivent partir à l'étranger pour se faire
soigner en post aigu. 11 est difficile de comprendre pour quelle raison, une nouvelle
offre de réhabilitation post oncologique trouve le soutien des autorités de tutelle
alors que Pensemble des patients nécessitant des soins de rééducation ne trouvent
pas d'offre cohérente au sein du pays depuis déjà des décennies.
S. Rééducation gériatrique
Sachant que bon nombre de patients nécessitant une rééducation doivent s'orienter
vers des prestataires étrangers, il serait utile de revoir les besoins réels en
rééducation de tout genre pour avoir des idées plus précises quant à une
planification de ce type de lits.
T. Imagerie médicale
U. Médecine de l'environnement
V. Douleurs chroniques
L'AMMD reste de l'avis que la prise en charge de douleurs chronique doit être
organisée d'une manière décentralisée (4 établissements hospitaliers).
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Commentaires des articIes
Article er :
La finalité des établissernents hospitaliers devrait se concentrer sur les prestations nécessitant
des soins lourds et complexes. Le présent texte ne délimite absolument pas les types de
prestations ambulatoires hospitaliers qui seraient propres aux hôpitaux et qui de cette façon
pourraient leur être réservés à condition qu'il y eût une motivation d'intérêt public qui puisse
être valablement opposée aux acteurs extra hospitaliers. L'AMMD se réserve le droit de
revoir sa position après avoir pu prendre connaissance de l'avis du Conseil d'État sur cette
question. Le terme de « centre de diagnostic » est trop vaste comme il dépasse nettement le
cadre des analyses offertes par l'établissement visé.
Article 2 :
L'AMMD propose la classification suivante des lits :
1. Lits de réanimation et de middle care
2. Lits aigus
3. Lits de moyen séjour
4. Lits d'hospitalisation de longue durée
5. Lits porte
6. Lits de traitement ambulatoire (il faudra éviter le terme d « hospitalisation de jour »)
En particulier :
• 11 serait opportun de rajouter les lits de réanimation et de middle care (stroke unit etc)
comme des lits distincts des lits « aigus ». En effet, les lits de réanimation (et a fortiori
leur nombre) impliquent une organisation bien différente, une localisation dans une
structure adaptée et des coûts autrement plus conséquents que les autres lits aigus.
• 11 serait également nécessaire de préciser que chaque type de lit aura bien une
localisation spécifique aux besoins y relatifs.
•
Au sujet du nombre des lits, il est fondamental de préciser que la population assurée
par la CNS n'est pas constante. De fait elle est en progression constante d'environ 2 %
par an. Il est dès lors hasardeux de définir un plafond fixe pour chaque lit, d'autant
plus que le texte n'esquisse pas le fameux virage ambulatoire indispensable. En
d'autres termes, comme aucun élément dynamique du nombre de lits par population
assurée n'est prévu, il est certain que d'ici quelques années seulement, le carcan
imposé par cette loi étouffera les structures hospitalières ou imposera une modification
de loi.
•
Sachant que bon nombre d'assurés sont soignés à l'étranger pour des besoins de
rééducation (orthopédique, cardiologique en l'occurrence), I'AMMD met en doute que
le nombre total de lits de moyen séjour figurant dans l'annexe 1 soit suffisant. La
présente loi arrête donc l'existant sans vouloir prendre en compte les patients
actuellement traités à l'étranger sur le sol national.
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•
Le but des lits portes est de désengorger le service d'urgence des patients en attente
d'un lit aigu dans l'hôpital et des patients qui ne nécessitent qu'une petite surveillance
avant de quitter l'établissement.
Article 3 :
•
En comparaison par rapport à la loi abrogée de 1998, le Ministère de la Santé
n'assurerait plus de mission de coordination entre les établissements hospitaliers. Or,
telle pourrait justement être une des missions du futur Commissaire de Gouvernement
aux hôpitaux.
•
On renvoie à la remarque ci-dessus qu'il n'est pas opportun de fixer les nombres de
lits par pays, par hôpital, par service sans tenir compte de la démographie de la
population et sans tenir compte du virage ambulatoire. Adapter le nombre à une
situation nouvelle revient à devoir modifier la loi.
•
11 faut mettre en doute que le nombre de lits par service puisse actuellement être déduit
des statistiques de sortie de l'hôpital. Imposer un nombre strict de lits par service
donnera lieu à des discussions difficiles en cas de pénurie prévisible de lits.
•
Dans la planification des lits aigus, il est primordial de distinguer les hospitalisations
pour besoins de pathologies aiguës des activités de médecine élective. Ce point est
retrouvé sous c) du contenu de la Carte Sanitaire. Il est évident que dans les hôpitaux
de garde 24h/24, l'organisation interne est d'autant plus complexe. Le taux
d'occupation d'un service pourra être élevé en cas de médecine purement élective
mais ne devra pas dépasser un certain seuil (75-80 %) en cas de médecine d'urgence
pour pouvoir prendre en charge en sécurité les patients concernés. En résumé, il serait
indispensable que chaque hôpital puisse distinguer les admissions urgentes des
admissions électives et communiquer ces chiffres aux autorités de tutelle afin de
permettre une planification adaptée et pondérée des lits aigus.
•
Si l'on comprend la démarche de vouloir autoriser les services médicaux des hôpitaux,
il n'est pas clair de quelle manière, le Ministre procèdera à l'avenir pour assurer les
points 1-5 de l'article sous rubrique. Par une modification de la loi par exemple ?
L'AMMD propose que la loi définisse une adaptation du nombre de lits autorisable
pour chaque type en fonction de l'évolution démographique. Par exemple, x lits aigus
par 1000 assurés. Ceci évite de devoir légiférer à outrance. Quant à la liste des
équipements et appareils médicaux soumis à planification, une telle liste n'est pas utile
dans un texte de loi. Si l'on veut planifier, il faut inscrire un montant indexé au-delà
duquel, un hôpital doit demander l'autorisation. En effet, il faut éviter que le progrès
en médecine soit plombé à l'avenir par des impératifs législatifs aussi lourds que lents.
•
Le point 5 en particulier implique que les pathologies concernées doivent
obligatoirement être prises en charge dans le Centre de Compétence respectif. Qu'en
est-il des hôpitaux qui n'ont pas de CC d'autant plus que l'article 30 évoque des
pathologies courantes.
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Article 4 :
•
L'AMMD est d'avis que les hôpitaux qui sont obligés d'assurer des gardes, devront
disposer de l'ensemble des services et annexes indispensables pour que les médecins
de garde puissent assurer efficacement cette mission de santé publique. Ils devraient
donc disposer impérativement des services suivants :
o
o
o
o
o
o
o
Chirurgie vasculaire
Gynécologie
Neurologie
Stroke Unit de grade 1 c'est-à-dire excluant les techniques d'ernbolectomie
Oncologie
Pneumologie
Urologie
Au sujet de la prise en charge des AVC, il semble prudent que chaque hôpital de garde
puisse assumer cette pathologie aiguë. En cas de besoin d'embolectomie, technique
relativement récente et impossible à mettre en place partout, une centralisation est
opportune.
La spécialité de gynécologie obstétrique est une entité indissociable dans le secteur
hospitalier. 11 n'y a donc pas lieu de les dissocier du point de vue autorisation.
Si l'ensemble des hôpitaux ne dispose plus des services médicaux de base, il ne faudra
pas s'étonner qu'à l'avenir, ces hôpitaux se retrouvent en difficulté pour recruter les
spécialistes des disciplines concemées et ne pourront plus assurer leur rôle de garde
respectif. 11 ne faut pas perdre de vue que la liste ci-dessus n'est pas exhaustive. En
effet, d'autres disciplines non citées interviennent également dans le fonctionnement
des gardes.
En outre, il faudra se poser la question du sort des gardes « volontaires » des services
non énumérés, dorénavant plus autorisés. Depuis de nombreuses années en effet,
chaque hôpital affiche un nombre impressionnant de médecins spécialistes qui
assurent les gardes. 11 serait fort dommage que le présent projet de loi entraîne une
déstabilisation profonde du fonctionnement de structures hospitalières par le fait de les
amputer de certains services.
•
L'AMMD est très critique au sujet des définitions des « services nationaux ». En
particulier :
o Chirurgie pédiatrique : la définition d'un service national implique que les
hôpitaux n'oseront plus offrir une chirurgie pédiatrique pour des raisons
légales. Est-ce qu'il est voulu par le législateur de centraliser toute activité de
chirurgie pédiatrique ?
o Chirurgie plastique : iI n'est pas compréhensible pourquoi vouloir concentrer
l'activité de cette chirurgie au sein d'un service national. Cette activité
chirurgicale importante en termes de nombre d'actes est actuellement assurée
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par chacun des hôpitaux et l'on ne comprend pas comment le législateur
voudrait la concentrer.
o Hémato-oncologie : si certaines techniques et prises en charge en hématologie
pourront avantageusement être concentrées, il n'est pas logique de vouloir
établir un service national pour l'ensemble des patients souffrant de telles
maladies.
o Immuno-allergologie : fait-on allusion à une activité ambulatoire ou
stationnaire ? En cas d'activité ambulatoire, iI n'est pas compréhensible de
vouloir établir un service national. II faut savoir que les dermatologues,
pneumologues et autres médecins spécialistes prennent en charge une large
partie des patients souffrant de pathologie allergique. Pourquoi en faire un
service national ?
o Maladies infectieuses : si certaines maladies infectieuses sont en effet
avantageusement centralisées dans une infrastructure adaptée, l'ensemble des
pathologies infectieuses ne pourra pas être l'apanage d'un service national.
o Médecine de l'environnement : pas de remarque
o Néonatologie intensive : pas de remarque comme une centralisation est en effet
logique
o Néphrologie : à l'exclusion de la transplantation rénale (qui se gère
évidemment ensemble avec un service d'urologie), l'activité en néphrologie est
concentrée autour des patients dialysés nécessitant par ailleurs aussi des
hospitalisations pour affections aiguës diverses. Un service national de
transplantation rénale peut se justifier si tel est le souhait.
o Neurochirurgie : iI faudra également bien différencier de quelles pathologies
on parle. Les quatre hôpitaux pratiquent de la neurochirurgie (en l'occurrence
de la chirurgie de la colonne). Par contre, une concentration de la chirurgie du
cerveau pourra faire l'objet d'un service national.
o Ophtalmologie : il faudra différencier entre la chirurgie courante de la
cataracte (qui ne doit pas être nécessairement être réalisé dans un service
national) et la chirurgie de la rétine par exemple.
o Pédiatrie : la dénomination de service national de la pédiatrie donnera lieu à un
afflux non gérable de pathologies pédiatriques courantes vers ce service
national.
o Procréation médicalement assistée : pas de remarque (en effet, il s'agit ici
d'une activité particulière de la gynécologie — obstétrique)
o Psychiatrie infantile : pas de remarque (activité particulière de la psychiatrie)
o Psychiatrie juvénile : pas de rernarque (activité particulière de la psychiatrie)
o Rééducation physique post-oncologique : il faut se demander sur quelle base le
législateur estime nécessaire une telle activité au sein d'un service national. On
a l'impression qu'un plan peut en cacher un autre
o Soins intensifs pédiatriques : pas de remarque
o Urgence pédiatrique : voir commentaires sous pédiatrie ou chirurgie
pédiatrique
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En résumé, il n'est pas raisonnable de vouloir définir des services nationaux pour des
disciplines toutes entières (d'autant plus que certaines disciplines sont des disciplines
de base). 11 serait la Iogique même de définir quel type précis d'activité serait
utilement proposé dans un contexte de service national. L'AMMD attend avec intérêt
la position du Conseil d'Etat au sujet des restrictions évoquées.
En outre, cornme ces services nationaux jouissent d'une position monopolistique au
pays, l'AMMD exige pour ceux-ci une cogestion des quatre établissements
hospitaliers.
Article 5 :
• L'idée de vouloir rattacher l'INCCI au CHL d'une part et le Centre Baclesse au
CHEM d'autre part met fin au principe de cogestion par les 4 hôpitaux. L'AMMD
regrette fortement cette intention. En effet, on avait l'impression que les patients des 4
hôpitaux trouvaient ainsi leur accès facilité par une cogestion de ces structures
nornmés établissements hospitaliers spécialisés.
•
D'après nos informations, le Centre national de rééducation fonctionnelle pourrait être
arnénagé pour accueillir un nombre plus important de patients requérants d'une
rééducation. En conséquence, il pourrait s'avérer peu flexible de vouloir limiter le
nombre de lits dans cette structure sachant qu'un nombre important d'assurés CNS se
font traiter à létranger.
• Considérant que Colpach aura 60 lits de réhabilitation physique, la question d'une
concordance politique en rnatière de rééducation est posée.
• Au sujet du nombre précis de lits autorisés conformément à l'article sous rubrique, il
faut s'attendre que le carcan imposé ne permette pas de donner suite aux besoins
actualisés (et sans doute déjà largement sous-estirnés par une offre trop restreinte).
Article 6 :
•
En rapport avec le Centre de diagnostic en matière de génétique, l'étendue des
prestations n'est pas précisée.
• Jusqu'à présent, le LNS a bénéficié de l'atout de monopoliste mais cette position n'a
pas nécessairement suivi les attentes. Même si l'on peut comprendre les argurnents d'y
centraliser certaines activités, l'AMMD craint que les gains de qualité affirmés
tarderont.
Article 7 :
• « Sur base de l'évaluation des besoins (...) seuls seront autorisés : » impliquent que
tous les projets sous a) b) et c) seront automatiquement autorisés, ce qui ne correspond
sans doute pas à la volonté du législateur.
• 11 faudrait préciser le terme « modernisation ». A défaut de critère exact, une
modernisation ne saurait être normative.
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•
Qu'en est-il des conditions citées par le Conseil d'Etat dans son avis du 19 mai 2015
au sujet des justifications de limitation de l'offre hospitalière ?
Article 8 :
• 11 faut se poser la question si la procédure de sollicitation d'autorisation d'exploitation
sur base du projet d'établissement corresponde à une création d'un établissement
hospitalier comme le mentionne l'alinéa premier de l'article sous rubrique.
•
II faudrait enlever la référence « tel que mentionné à Particle 22 » qui est erronée et
superflue comme il ne faut pas confondre le projet d'établissement du règlement
général de l'hôpital.
Article 9 :
•
Point 5 : Filière de prise en charge. L'AMMD a toujours insisté qu'une filière de soins
impliquant une perte de choix du médecin par le patient, n'est pas cornpatible avec
l'exercice libéral de médecin. 11 faudrait mentionner « La prise en charge
».
L'AMMD estime que l'ensemble de l'avant projet de Ioi va très loin et par endroits
trop loin dans une étatisation de la médecine hospitalière au Luxembourg. Le concept
de filière se soins est un bel exemple de pensée doctrinaire. L'instauration de filières
de soins n'apportera pas les avantages escomptés, bien au contraire. Elles entraînent
une dilution des responsabilités au préjudice du patient. Elles mettent les médecins au
niveau de pur technicien ou du personnel administratif ou administré. Elles remplacent
définitivement une gestion intelligente et adaptée au patient par une organisation
étouffante à rebord. L'AMMD s'oppose de manière catégorique au concept de filière
de soins qu'elle juge contre-productive.
•
Au sujet des « antennes de service », il faut dire que ces antennes sont nées
d'impératifs organisationnels et parfois politiques. Sous c) iI faut dire que bon nombre
d'antennes actuelles fonctionnent parfois avec des équipes différentes de médecins
pour des raisons pratiques. Une tournante des médecins par une seule « équipe »
poserait davantage de soucis pratiques. 11 serait mieux de laisser à la discrétion des
hôpitaux et des médecins agréés de trouver le chemin optimal d'organisation déjà
difficile en cas d'hôpitaux multi-sites et des antennes malaimées de tous.
Article 10 :
•
L'article se réfère à Pensemble des services mentionnés à l'article 4.
•
L'article sous rubrique met bien en exergue la volonté d'étatiser à outrance la
médecine hospitalière. Par cet article, les auteurs dévoilent une drôle de façon de voir
la médecine, exercée majoritairement sous forme libérale. Réglementer les aspects
cités, revient à contrer tout avantage à l'autogestion des services concernés, animés
jusqu'à présent par les progrès en médecine toujours en évolution. 11 faut se demander
en outre, de quelles compétences les auteurs de pareils textes futurs se prévalent pour
s'estimer à la hauteur de telle tâche. En bref, cet article est totalement inacceptable
pour les médecins. Dans le contexte des observations relatives aux articles 34 et 35
nous reviendrons à cette problématique.
Article 11 :
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•
En phase avec l'article précédent, les auteurs sous-estiment l'énergie dont on a besoin
pour créer un service et avec quelle facilité ils peuvent refuser un service ne répondant
plus aux critères éventuellement critiquables de l'article 10. Toutes les créations de
services du passé ont abouti non pas grâce au plan hospitalier mais malgré celui-ci !
Article 12 :
•
Sans comrnentaire
Article 13 :
•
Sans commentaire
Article 14 :
• 11 n'est pas logique de vouloir tout programmer, étatiser et de ce fait étouffer toute
initiative émanant d'un établissement hospitalier ou établissement hospitalier
spécialisé. Etablir une liste d'équipements et appareils coûteux ne donne pas de sens.
Si autorisation et financement seront requis par les pouvoirs publics, il faut définir un
seuil au-delà duquel, une demande y relative est requise.
•
L'article souligne bien la volonté de rnettre en concurrence les différents hôpitaux
« au cas où plusieurs établissements hospitaliers ou services hospitaliers entraient en
ligne de compte, preférence sera donné à l'établissement ou au service hospitalier
répondant aux meilleurs critères de qualité ».
Article 15 :
•
Sans commentaires
Article 16 :
•
Sans conmientaires
Article 17 :
• Sans cornmentaires
Article 18 :
•
Sans commentaires
Article 19 :
•
Sans commentaires
Article 20 :
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•
Sans commentaires
Article 21 :
•
Sans commentaires
Article 22 :
•
Sans commentaires
Article 23 :
•
Sans commentaires
Article 24 :
•
Sans commentaires
Article 25 :
•
Il manque absolument (I) un article portant sur Ia création d'un fonds d'indemnisation
sans faute professionnelle. Ce fonds a été promis depuis la loi portant sur les droits et
devoirs des patients du 14 juillet 2014. Depuis lors : calme plat.
Article 26 :
•
Sans commentaires
Article 27 :
•
Sans commentaires
Article 28 :
•
Sans commentaires
Article 29 :
•
Sans commentaires
Article 30 :
•
L'AMMD reste très critique quant au concept de centres de cornpétences. 11 s agit
plutôt, dans l'optique du ministère, d'organiser des filières de soins autour de certaines
pathologies. Le concept n'a toujours pas abouti, bien qu'à l'heure actuelle, son
organisation ne dépend plus des autorités publiques, mais a été dévolue à des
arrangements entre hôpitaux. Depuis le temps que l'idée du CC a été Iancée, sans
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qu'une solution adéquate et acceptable n'ait été trouvée, iI faut bien se poser la
question si cette idée ne cause pas plus de problèmes qu'elle n'en résout. Cette
interrogation est davantage soulignée si l'on considère les pathologies énumérées.
o Accidents vasculaires cérébraux : il serait certes utile de concentrer l'activité
d'embolectomie à un endroit (Stroke Unit de niveau 2). Ne plus accepter un
patient avec un AVC dans les autres hôpitaux est critiquable d'un point de vu
rapidité de prise en charge.
o
Cancer du sein et certains autres cancers intégrant le service de radiothérapie :
la Société de Gynécologie et d'Obstétrique a longtemps insisté que la
centralisation de la chirurgie mammaire ne donne pas de preuve ni par la
complexité de l'acte chirurgical, ni pas les chiffres qualitatifs à disposition de
conclure à un éventuel déficit. L'expression « certains autres cancers » n'est
pas judicieuse.
o Affections rachidiennes à traitement chirurgical : quid de l'argumentaire ?
o
Diabète de l'adulte et de l'enfant : iI s'agit d'une maladie de société très
répandue et en faire un CC n'est pas défendable. Au sujet des enfants, la prise
en charge sera de toute façon organisée à part des prises en charge adultes.
o Obésité morbide : iI serait opportun de connaître les chiffres des interventions
réalisées par rapport au « besoin » de la population.
: pas de commentaire
o
Problèmes cardiaques de nature
o
Immuno-rhumatologie de l'adulte et de l'enfant : en ce qui concerne la
pathologie rhumatismale de l'adulte, il n'est pas compréhensible pourquoi en
faire un CC.
o Maladies psychosomatiques : s'agit-il de prise en charge ambulatoire ou
stationnaire ou les deux ?
o Douleur chronique : la prise en charge de la douleur chronique devrait se faire
d'une manière décentralisée. Seulement certaines techniques bien particulières
se prêtent à une centralisation de l'offre. Au sein du plan cancer, ces
discussions ont été abordées par la Société d'Algologie.
•
Les filières de soins fussent-elles déguisées en prétendus centres de compétence ne
sont pas compatibles avec I'exercice libéral de la profession de médecin, pourtant
souhaitée par les instances politiques.
Article 31 :
•
Sans commentaires
Article 32 :
•
Sans comrnentaires
Article 33 :
•
L'AMMD insiste que les médecins coordinateurs soient proposés par les médecins du
service concemé pour être nomrnés par le gestionnaire.
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•
Le concept du médecin coordinateur actuellement en vigueur met en difficulté les
autres médecins des services concernés dans leur pratique.
Article 34 et 35 :
L'AMMD entend commenter ensemble ces deux dispositions majeures appelées à régler la
collaboration entre les deux partenaires que sont l'hôpital et son corps médical. L'AMMD
estime d'emblée que les dispositions éparses actuellement en vigueur, nées au fil des
dernières années, doivent être revues dans le sens d'une plus grand influence des médecins
dans les prises de décisions concernant l'exercice de leur profession et de celles qui leur
imposent des obligations supplémentaires. En effet de loin la majorité des médecins
hospitaliers travaillent sous le régime dit libéral et tous les médecins engagent au moins leur
responsabilité pénale, quel que soit leur statut.
L'AMMD constate, on le verra ci-après, que le statut actuel créé au fil des années, étape par
la responsabilité du patient. 11 n'a plus aucune
étape, n'a de libéral plus que le nom et
liberté de ses honoraires imposés par un conventionnement qui est obligatoire et soumis à de
fréquents redressements par le fait du prince, ni le choix des collaborateurs dont il est pourtant
partiellement responsable, ni du choix du personnel des autres professions de santé avec
lequel le médecin doit travailler, ni le choix ou l'ampleur des investissements techniques
hospitaliers, l'exécution de son travail est soumis de plus en plus à des réglementations
administratives du gestionnaire hospitalier et des interventions du législateur.
Ainsi la relation Hôpital-médecins hospitaliers est souvent inconfortable voire tumultueuse
car les préoccupations de part et d'autre ne se recoupent pas sur tous les points, et les moyens
dont dispose le corps médical à se faire entendre sont désuets, inefficaces. L'AMMD relève
cependant que l'hôpital n'est pas une fin en soi : son objet est principalement celui de
permettre l'exercice de la médecine, qui est le fait et la profession des médecins y attachés.
Dès lors il serait logique que ceux-ci soient appelés à jouer pleinement leur rôle de
partenaires, et ceci d'autant plus que c'est leur savoir et leur expérience qui attire la
patientèle. Malheureusement les dernières décennies ont connu un renversement de la
situation suite à l'afflux de personnels à formation économique, sociale, ou encore d'origine
politique et encore à formation technique spécialisée, dont l'activité évolue loin des
préoccupations des médecins dont ils ignorent les relations avec les patients. Ce cercle de
personnes constitue une large maj orité par rapport aux médecins ; la gouvernance de l'hôpital
ne doit cependant nullement se faire selon des règles de majorité, mais selon son objet qui est
le traitement des patients par les médecins.
Dès lors il faut confier au corps médical de l'hôpital non seulement le traitement, les soins et
la responsabilité de ceux-ci, mais également le droit de participer, comme partenaire
principal du gestionnaire, à l'administration et à l'organisation de l'entité. L'objection que les
médecins ne sont pas les propriétaires de l'hôpital et ne devraient donc pas disposer d'un
pouvoir de codécision ne tient pas : l'hôpital n'est pas un objet de propriété au sens du Code
civil, ni même, à défaut d'objet lucratif, une entreprise purement économique : c'est
primordialement une institution formant le cadre pour l'exercice de la médecine, soumis à des
régimes statutaires ou légaux différents. Le fait qu'elle doit évidemment respecter des
données économiques n'y change primordialement rien. 11 en est de même du fait qu'un
hôpital puisse fonctionner sous le régime légal d'une société par exemple d'une société
anonyme : pareil hôpital n'est commerçant que par la forme, mais nullement par son objet.
Bref l'établissement hospitalier n'est pas une fin en soi. Dans cet hôpital les médecins sont les
acteurs principaux et en tant que tels offrent leur collaboration et leur expérience à laquelle le
gestionnaire ne saurait renoncer.
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Il est cependant navrant de constater le rôle et l'influence minimes que les textes légaux
réservent aux médecins : ce n'est que via les conseils médicaux que les médecins peuvent
faire entendre leur voix et ceci uniquement à titre consultatif, même pour les matières sujettes
à « avis renforcé » qui malgré son appellation pompeuse ne peut que retarder de quelques
mois une décision du gestionnaire. La présence au conseil d'administration du gestionnaire
est également purement consultative, toute comme La possibilité de présenter des
propositions au gestionnaire. ( Cf r.g.-d. du 22.08.2003 relatif au conseil médical des
hôpitaux. Art 7 et 8 ) Finalement on a l'impression que les données statistiques ou autres sont
régulièrement cachées aux membres des conseils médicaux de sorte qu'une discussion
fructueuse n'est guère possible.
L'AMMD exige que les autorités du pays mettent fin à cette situation de marginalisation d …
Explication IA à partir du texte officiel de la loi. Indicatif, ne remplace pas un conseil juridique.