📄 Texte de loi
LE GOUVERNEMENT
DU GRAND-DUCHÉ DE LUXEMBOURG
Ministère d'État
Le Ministre aux Relations avec le Parlement
Monsieur le Président
Conseil d'État
Luxembourg
Luxembourg, le 23 novembre 2016
Personne en charge clu dossier:
Roland Gaasch
247 - 82953
SCL : L 5285 / L 5286 — 1716 / ya
V/réf. 51.959 / 51.960
Doc. parl. 7050 / 7051
Objet :
1. Projet de loi concernant le budget des recettes et des dépenses de l'État pour l'exercice 2017 et
modifiant :
1) la loi modifiée du 4 décembre 1967 concernant l'impôt sur le revenu
2) la loi modifiée du l
er décembre 1936 sur l'impôt foncier
3) la loi modifiée du 27 novembre 1933 concernant le recouvrement des contributions directes, des
droits d'accise sur l'eau-de-vie et des cotisations d'assurance sociale
4) la loi modifiée du 12 février 1979 concernant la taxe sur la valeur ajoutée
5) la loi modifiée du 17 décembre 2010 fixant les droits d'accise et les taxes assimilées sur les produits
énergétiques, l'électricité, les produits de tabacs
6) la loi modifiée du 21 décembre 2001 concernant le budget des recettes et des dépenses de l'État
pour l'exercice 2002
7) le Code de la sécurité sociale
8) la loi du 18 décembre 2015 concernant le budget des recettes et des dépenses de l'État pour
l'exercice 2016
9) la loi modifiée du 25 février 1979 concernant l'aide au logement
10)1a loi modifiée du 18 février 2010 relative à un régime d'aides à la protection de l'environnement et
à l'utilisation rationnelle des ressources naturelles
11)la loi modifiée du 5 juin 2009 relative à la promotion de la recherche, du développement et de
l'innovation
12)Ia loi du 12 juillet 2014 relative à la coordination et à la gouvernance des finances publiques.
2. Projet de loi relatif à la programmation financière pluriannuelle pour la période 2016-2020.
Monsieur le Président,
À la demande du Ministre des Finances, j'ai l'honneur de vous faire parvenir en annexe l'avis de la de la Chambre de
commerce sur les deux prolets de loi sous rubrique.
Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'assurance de ma haute considération.
Pour le Ministre aux Relations
avec le Parlement
John Dann
Directeur
43, boulevard F.-D. Roosevelt
L-2450 Luxembourg
Tél. (+352) 247-82952
Fax (+352) 46 74 58
scl@scl.etat.lu
www.legilux.lu
www.gouvernement.lu
www.luxembourg.lu
CHAMBRE DE
COMMERCE
LUXEMBOURG
g`tx.ci()Of-
Avis de la Chambre de Commerce
relatif au projet de loi n°7050
concernant le budget
des recettes et des dépenses
de l'Etat pour l'exercice 2017
relatif au projet de loi n°7051
de programmation financière
pluriannuelle 2016-2020
Un budget quantitatif pour
une croissance qualitative ?
__
Projet de loi n°7050 concernant le budget des recettes et des
dépenses de l'Etat pour l'exercice 2017 (473300H/WMR)
Projet de loi n°7051 relatif à la programmation financière
pluriannuelle pour la période 2016-2020 (4734BMUNVMR)
AVIS DE LA
CHAMBRE DE COMMERCE
Un budget quantitatif pour une
croissance qualitative ?
18 novembre 2016
Les éléments d'analyse essentiels
L'avis de la Chambre de Commerce porte à la fois sur le projet de budget 2017 (doc. parl. 7050)
et sur le projet de loi de programmation financière pluriannuelle 2016-2020 (ci-après PLPFP 20162020) (doc. parl. 7051), Le PLFPF renferme notamment les trajectoires à moyen terme des soldes
nominaux et structurels des Administrations publiques. Les points saillants de l'avis de la Chambre
de Commerce sont présentés infra.
1) Le scénario macroéconomique
Le scénario macroéconomique qui sert d'assise au PLPFP 201 7-201 9 est synthétisé au tableau
suivant, directement extrait de ce dernier.
Tableau 1 : Contexte macroéconomique
PIB en valeur iui,a EI , R
PIE1 en valeur
P113 mi volume
PII3 potentieI (en oInme)
0115011111lanoll finale de, ména
Consommation finak cle.. adm Publtques
Fonnatioll bnue de capind tixe
Ewonations de blens ei :;:ervice,
Import.durms de Imens et osenice
Emplot rotal mteneur
fd to: de c11,.,mage i détini tIon DEM en ''., t
Indiee ts pux À la
on (1PCN)
Leltelle wornle de, ialatre,
1.- 2015
2016
2017
201S
2019
51,23
39
3.5
3.1
0.1
3.0
-:!..'S
7,1
6.0
, .ç
hii
0.5
-,' c 17
53.39
4,2
3.1
3.2
3,5
-1.4
11,9
49
6.2
7.0
6.4
03
775.j7
57'.02
6,ti
4.6
3,2
3.2
2-5
5.9
6.9
6,S
3,2
6.2
1.4
792.93
6n.90
6,5
4.9
3.2
4,0
1.1
0,5
6,1
6,3
33
6.0
1:7
50' S2,
64.4$
5.9
3.5
3,1
_-,
,..
1.7
11
-.
:
6.1
6.1
3.1
6.0
1.9
S17.70
1
2020
6/.41
4.6
2.3
_
06
1.6
2 t
: -.;
55
6,1
2.0
534.o
Source : PLPFP 2016-2020.
Ce qui frappe d'emblée dans ce tableau est le scénario de croissance volontariste pour les
années 2017 et 2018, le PIB en volume étant censé s'accroître de respectivement 4,6 et
4,9% au cours de ces deux années. Cette croissance soutenue se répercuterait bien
évidemment sur divers agrégats conditionnant étroitement l'évolution des recettes publiques, à
savoir en particulier l'emploi, la consommation privée et la formation brute de capital fixe. Ou
encore le taux de chômage, qui affecte directement les importantes dépenses transitant par le
Fonds pour l'emploi.
La Chambre de Commerce est par ailleurs interpelée par le fait que les taux de croissance
escomptés pour 2017 et 2018 s'inscrivent dans la foulée d'une « pente de croissance » d'à peine
plus de 3% en 2015 et 2016. Proches de 5% l'an, ces deux taux sont pratiquement identiques à
ceux qui avaient été retenus dans la 1 7ème actualisation du Programme de stabilité du Luxembourg
en avril dernier. lls pouvaient alors sembler relativement « raisonnables », car ils s'inscrivaient
dans la foulée d'une croissance censée s'établir à quelque 4,8% en 2015. Or on sait actuellement,
depuis début octobre, que la croissance s'est en définitive limitée à 3,5% en 2015. Lui succéderait
en outre, selon le budget, une croissance limitée à 3,1% en 2016.
En d'autres termes, le scénario de croissance retenu pour 2017 et 2018 repose sur une brusque
accélération de la croissance. ll est difficile, à la lecture des documents budgétaires, de déceler
les origines d'un tel sursaut. Aussi, l'exposé des motifs du projet de budget mentionne une
multitude de facteurs susceptibles d'expliquer une décélération de la croissance en 2017. On
citera des indicateurs de confiance mitigés ou encore des perspectives économiques
ii
internationales en demi-teinte comportant notamment une légère décélération de la croissance
au sein de la zone euro.
Enfin, selon les estimations du STATEC, le volet « ménages » de la réforme fiscale ne se traduirait
au total que par un surcroît de croissance de l'ordre de 0,2 point de pourcentage (pp), en raison
de l'importance des effets de fuite par l'épargne, par les importations et les achats à l'étranger des
particuliers. Ce facteur « fiscal » n'expliquerait donc qu'à peine plus d'un dixième de l'accélération
précitée de la croissance sur l'horizon 2017-2018.
L'exposé des motifs du projet de budget 2017 cite, certes, ce catalyseur de croissançe que
constituerait une hausse des marchés boursiers en 2017 — un facteur crucial au Luxembourg, du
fait notamment de l'importance de l'industrie des fonds d'investissement. II est cependant périlleux
de baser des projections macro-économiques et, au-delà, un budget, sur cet élément volatil par
excellence que constituent les cours boursiers.
En outre, dans ses prévisions d'automne 2016 récemment publiées, la Commission européenne
envisage un taux de croissance du PIB en volume de 3,8% en 2017, soit 0,8 pp de moins que
dans le projet de budget. L'écart serait plus manifeste encore pour 2018, la Commission
européenne escomptant alors une croissance économique de 3,6%, inférieure à raison de
quelque 1,3 pp à ce que postulent pour la même année les autorités budgétaires
luxembourgeoises. La Commission serait en particulier plus mesurée en ce qui concerne
l'évolution de la formation brute de capital fixe, surtout en 2018 avec une hausse prévue de 3,0%
contre 6,5% dans le PLPFP sous avis.
En ce qui concerne davantage la forme et pour les raisons apparaissant en filigrane ci-avant, la
Chambre de Commerce est d'avis que les futurs PLPFP devraient comprendre non seulement
une description des projections servant de fondations à la PLPFP, mais également une batterie
de scénarios alternatifs (« stress tests »). II est, dans une même perspective, impératif de pouvoir
appréhender la justification des révisions passées d'indicateurs, notamment afin de pouvoir
évaluer avec précision le positionnement actuel du Luxembourg dans le cycle économique. Le
solde structurel (c'est-à-dire l'étalon de mesure de la politique budgétaire nationale à l'échelon
européen), notamment, en dépend fortement.
2) Evolution des recettes
La présente section vise à faire le point sur l'évolution des principales recettes et de dépenses de
l'Administration centrale et de la sécurité sociale - faute d'informations relatives aux pouvoirs
locaux sur l'horizon 2017-2020. II convient de noter que la Chambre de Commerce ne peut se
prononcer à ce stade, compte tenu notamment de l'absence de données suffisamment détaillées
sur les réalisations budgétaires en 2016, quant au caractère approprié de la base de départ 2016
considérée dans les documents budgétaires. Or, le fait de disposer d'une base de départ aussi
proche de la réalité que possible est essentiel afin de pouvoir mener une analyse rigoureuse. La
CC estime qu'une étude approfondie devrait être menée afin d'élucider les raisons des écarts de
prévisions qu'on a pu observer par le passé.
II importe également de souligner que l'estimation des recettes est particulièrement entachée
d'incertitudes cette année, en raison de la mise en ceuvre d'une réforme fiscale qui n'a jusqu'à
présent fait l'objet que d'une estimation d'impact statique, sans considération a priori des
possibles « effets de retour » économiques et de l'incidence de la réforme sur le comportement
des ménages et des entreprises. L'impact budgétaire de la réforme fiscale a par ailleurs fait l'objet
d'estimations quelque peu contradictoires par diverses institutions. Quant à la réforme des
finances communales, également en cours de procédure, elle prévoit qu'une grande partie de
l'impôt commercial communal (ICC), qui était alloué directement aux communes jusqu'en 2016,
transite à partir de 2017 via un Fonds de dotation globale des communes (FDG). Par conséquent,
même si l'effet sur le solde de l'administration centrale est neutre, tant les recettes que les
dépenses de ce Fonds augmentent, et les recettes et dépenses de l'Administration centrale sont
ainsi artificiellement gonflées, à hauteur de 604 millions EUR en 2017.
Les recettes de l'Administration centrale
Tableau d'ensemble
Le tableau ci-dessous se réfère à l'Administration centrale. II a été « corrigé » afin de neutraliser
un impact à la hausse sur les recettes (et sur les dépenses, par ailleurs) de 604 millions EUR,
découlant de la réforme envisagée pour 2017 des finances communales ou plus précisément de
la mise en place envisagée d'un Fonds de dotation globale des communes.
Tableau 2 : Evolution des recettes de l'Administration centrale
En millions EUR et taux de progression en %
Croissance Croissance Croissance
moyenne
moyenne
moyenne
2000
2007
2015
2016
2017
2018
2019
2020 2000a 2007 2008 à 2016 2017 à 2020
Production marchande
68
115
170
154
165
170
191
186
_17,9
2 3,4
, 4,8
Production pour usage final propre
24
85
231
240
245
265
285
305
.,5:
19
12,2
_,6,2
Paiements pour autre production non marchande
300
367
543
490
488
485
501
512
_. 3,0
J 3,3
1,1
lmpàts sur la production et les importations
3025
4759
6179
6200
6383
6529
6556
6696
-16,7
:,' 3,0
1,9
Re‘enus de la propriété
291
285
286
310
338
341.
343
348
-0,3
0,9
2,9
lmpôts courants sur le re\enu et le patrimoine
2819
4336
6844
7335
7546
7888
8416
9066
. .i 6,3
6,0
-I 5,4
-I 5,5
Cotisations sociales
338
512
781
802
857
895
942
994
-..] 6,1
7,15,1
Autres transferts courants
119
168
336
352
140
163
166
153
--i 5,0
117,6
-.,
J 6,2
1
:.._8,5 Elle18,8
.9,6
j -6,6
Transferts en capital à recesnir
Recettestotales
43
71
124
163
150
163
164
124
7027
10699
15494
1604-6
16312
16899
17564
18384
; 4,6
3,5
p.m. croissance des recettestotales hors réforme fiscale de 2017 à 2020
p.m. croissance du PIB en valeur (%)
3,9
4,2
6,8
5,8
5,9
4,6
.
4,2
_ 6,D
Sources : PLPFP 2016-2020 ; STATEC, comptes nationaux.
A cette aune, la progression des recettes (3,5% l'an) découlant du projet de budget pluriannuel
peut a priori sembler prudente. II convient cependant de tenir compte de l'incidence de la
réforme fiscale sur les recettes. Selon le Gouvernement, l'impact budgétaire de cette dernière
serait en effet de 373 millions EUR en 2017, de 503 millions EUR en 2018 et de 524 millions les
années ultérieures. Après neutralisation de ce coût et en supposant que les estimations
gouvernementales en la matière sont correctes, les recettes totales de l'Administration centrale
progresseraient « spontanément » de 4,2% en moyenne de 2017 à 2020 (contre 3,5% avant la
« correction réforme fiscale »).
Par ailleurs, 11 convient de considérer les éléments suivants
•
La croissance du PIB nominal sur la période du PLPFP est le reflet de projections
macroéconomiques résolument volontaristes, comme indiqué ci-dessus.
iv
o
En ce qui concerne le poste « impôts courants sur le revenu et le patrimoine», une
certaine surestimation semble perceptible, comme souligné infra pour leurs deux grandes
composantes, concernant respectivement les personnes physiques et les sociétés.
Les impöts directs sur les revenus des personnes physiques
II apparaît qu'avant et après neutralisation de l'incidence de la réforme fiscale telle qu'estimée par
le Gouvernement, le « pô/e » personnes physiques, constitué de l'IRPP, de la RTS et de l'impôt
de solidarité correspondant évoluerait comme indiqué au graphique suivant :
Graphique 1 : Variations annuelles de l'IRPP, de la RTS et de l'impôt de solidarité
correspondant
En %
10
9
8
7
6
4
3
2
1
o
2017
2018
2019
2020
Impôt sur le revenu des personnes physiques PLPFP
—0-.•Impôt sur le revenu des personnes physiques PLPFP sans réforme fiscale
Impôt sur le revenu des personnes physiques, moyenne 2000 à 2016
Impôt sur le revenu des personnes physiques "théorique"
Sources : PLPFP 2016-2020 ; STATEC, comptes nationaux.
II apparaît au graphique qu'en 2019 et 2020, la croissance des impôts directs sur le revenu des
personnes physiques corrigée pour tenir compte de la réforme fiscale (courbe bleue claire) serait
supérieure à la progression moyenne de ces impôts observée de 2000 à 2016 (courbe verte en
pointillés). Cette même croissance excéderait, pour les trois années 2018 à 2020, l'évolution
« théorique» de ces recettes recalculée par la Chambre de Commerce à partir des
déterminants macro-économiques sous-jacents (emploi et salaire nominal moyen). Sur
l'ensemble de l'horizon, la Chambre de Commerce estime cependant la surestimation des
impôts directs sur les personnes physiques à 60 millions EUR (valeurs à l'horizon 2020).
•
Cet écart de 60 millions ne constitue qu'une partie de la possible surestimation des impôts sur
le revenu des personnes physiques. Son évaluation repose en effet sur le coût budgétaire de
la réforme fiscale tel qu'il a été intégré au PLPFP. Selon les documents budgétaires, la réforme
fiscale se traduirait au total par un coût de 0,65% du PIB en 2017 et de 0,8% de 2018 à 2020.
Or dans son Bulletin 2016/1, la BCL a annoncé que le coût effectif de la réforme serait de
l'ordre de 1,5% du PIB. La surestimation correspondante des recettes en cause, non
captée par le graphique 1, serait de quelque 340 millions EUR par an en moyenne sur
l'horizon couvert par le PLPFP.
•
En outre, les courbes du graphique prennent comme donnée de base les projections
macroéconomiques volontaristes figurant dans la PLPFP. Or à titre d'exemple, une
diminution de 1% par an de la croissance de cette base, se répartissant de manière
équivalente entre l'évolution des rémunérations et celle de l'emploi, donnerait lieu par rapport
au scénario du PLPFP à une moins-value supplémentaire d'impôts directs sur les
personnes physiques de quelque 350 millions EUR en 2020.
•
Une estimation des impôts sur le revenu des personnes physiques associant une croissance
moins forte, un coût plus élevé qu'escompté de la réforme fiscale et l'évaluation dynamique
par la Chambre de Commerce de l'évolution de ces impôts pourrait donc au total se traduire
par une perte de recettes de quelque 750 millions EUR à l'horizon 2020. Ces calculs
montrent que l'évolution du produit des impôts sur le revenu des persopnes physiques
constitue un risque majeur pour la trajectoire budgétaire. Ce risque est accentué par
l'incidence de la réforme fiscale non seulement sur le produit budgétaire de ces impôts (effet
statique), mais également sur leur dynamique d'évolution (effet dynamique), résultant par
exemple de la refonte des barèmes d'imposition, de la hausse de certains abattements et du
conditionnement aux revenus de divers crédits d'impôt. L'ampleur de cet « effet
dynamique», de même d'ailleurs que son sens, sont difficiles à évaluer au présent
stade, faute d'un recul approprié et de données suffisantes. La Chambre de Commerce
en appelle à une grande vigilance, à travers notamment un suivi régulier et proactif de
l'évolution des impôts concernés.
Les impôts directs sur les sociétés
•
Une analyse similaire s'impose en ce qui concerne les impôts directs sur les sociétés
(rubrique comprenant, pour rappel, l'IRC, le prélèvement « Fonds pour l'emploi »
correspondant et l'impôt sur la fortune). Cette analyse est synthétisée au graphique 2.
Graphique 2 : lmpôts directs sur les sociétés
En % ; avec intégration de l'impôt de solidarité correspondant
7
6
5
4
3
2
0
2017
2018
2019
2020
IRC avec impôt de solidarité + impôt sur la fortune PLPFP
IRC avec impôt de solidarité + impôt sur la fortune PLPFP sans réforme fiscale
IRC avec impôt de solidarité + impôt sur la fortune, moyennes 2000 à 2016
Sources : PLPFP 2016-2020 ; STATEC, comptes nationaux.
vi
•
Le graphique 2 met en relief une incidence de la réforme fiscale nettement plus réduite
que dans le cas des personnes physiques en 2017 (voir le graphique 1). L'allégement du
taux d'affiche global standard de l'impôt des sociétés est assez modéré et l'incidence
budgétaire de cette réduction du taux serait totalement (en 2017) ou partiellement (par la suite)
compensée par l'augmentation de l'impôt minimum sur la fortune frappant les Sociétés de
participation financière.
•
A l'aune des recettes exprimées après neutralisation de l'impact de la réforme fiscale (courbe
bleue claire), il apparaît un optimisme certain en 2017 et en 2020, tandis que les
estimations relatives aux années intercalaires 2018 et 2019 paraissent empreintes d'une
certaine prudence (comparaison avec la ligne verte).
Impôts sur la production et les importations («. immits indirects »)
Les impôts sur la production et les importations, qui reposent essentiellement sur trois
prélèvements, à savoir la TVA avec 56% du total de la catégorie, les droits d'accise (21%) et la
taxe d'abonnement (15%), inspirent les commentaires suivants :
•
Ces recettes devraient en moyenne progresser de 1,9% par an sur l'horizon 2017-2020, soit
un taux nettement inférieur à une progression de 6,7% l'an « avant crise » et de 3,0% de 2007
à 2016. Cette modération apparente cache cependant des évolutions contrastées.
•
Les recettes de TVA devraient augmenter de 0,6% l'an sur la période 2017-2020. Ce taux
paraît modeste, mais il convient de rappeler que les recettes de la TVA liée au commerce
électronique vont, suite au changement des règles européennes en la matière, se réduire
automatiquement en 2017 et en 2019. Cette déperdition devrait représenter chaque fois de
l'ordre de 150 millions EUR (en 2017 et 2019). En l'absence de ce facteur, les recettes de TVA
figurant au PLPFP augmenteraient de 3,1% et non de 0,6% l'an de 2017 à 2020.
•
La taxe d'abonnement atteindra un niveau absolu élevé en 2017, en dépassant pour la
première fois 1 milliard EUR, ce montant continuant à augmenter d'un peu plus de 3% par an
sur la période 2017 à 2020 selon le PLPFP. Cette montée en signifie qu'une part croissante
des impôts indirects repose sur une composante directement exposée à d'éventuelles
fluctuations sur les marchés financiers. La Chambre de Commerce en appelle à la plus
grande prudence dans ce domaine.
•
Les autorités budgétaires font apparemment preuve de prudence en ce qui concerne les
recettes d'accises, avec en particulier un recul de quelque 12% anticipé pour 2017 qui est
difficilement explicable en l'absence d'informations à cet égard dans les documents
budgétaires.
Les recettes de la sécurité sociale
Les recettes de la sécurité sociale se sont montées à 10.137 millions EUR en 2016. Ces recettes
se composent surtout de transferts de revenus en provenance de l'Administration centrale, de
cotisations sociales et de revenus de la propriété en rapport avec la réserve de compensation du
régime général de pension.
vii
Tableau 3 : Evolution des recettes de la sécurité sociale
En millions EUR et taux de progression en %
Croissance Croissance Croissance
moyenne
2000
2007
2015
2r1 15
2017
2018
2019
Production marchande
17
22
24
32
37
40
40
41 1
Paiements pour autre production non marchande
0
o
o
o
o
o
o
o
Re \ienus de la propriété
189
327
383
108
441
469
490
504
Cotisations sociales
2186
3635
5451
5535
5914
6196
6529
6847
Autres transferts courants
1699
2747
3978
1309 .
4223
4356
4510
4677
11
9
13
13
18
17
18
20
4102
6740
9849
10137
10633
11078
11586
3,9
4,2
6,8
6,8
5,9
Transferts en capital à rece \ioir
Recettestotales
p.m. croissance du PIB en valeur (%)
moye nne
moyenne
2020 2000 à 2007 2008 à 2016 2017 à 2020
i„8,1
4,4
6,1
-7,5
2,5
5,4
5,0
5,0
_7,1
4,4
3,7
-2,0
; -- ----12088 :
74
4,4
10,0
4,6
i
.
'
3,5
4,6
-
4,5
6,0
Sources : PLPFP 2016-2020 ; STATEC, comptes nationaux.
•
Les cotisations sociales progresseraient de 5% l'an sur la période du PLPFP, soit
exactement le taux enregistré sur la période 2017 à 2016. Ce taux est en ligne avec la
principale composante de la base cotisable, c'est-à-dire la masse salariale qui progresserait
de 5,3% l'an en moyenne sur la période 2017-2020. A cette lumière, les estimations de
cotisations sociales en question semblent assez réalistes.
•
Les revenus de la propriété connaîtraient une augmentation plus marquée, puisqu'ils
s'accroîtraient au total de près de 100 millions EUR de 2016 à 2020. Selon la Chambre de
Commerce, ces estimations ne sont susceptibles d'être réalisées que si le taux de
rendement implicite des réserves du régime général de pension auqmente légèrement
sur la période couverte par le PLPFP. Or les taux d'intérêt historiquement bas risquent de
compliquer cette convergence vers des taux de rendement implicites plus élevés. La Chambre
de Commerce considère qu'il s'impose de prendre en compte ces gains boursiers
potentiels avec la plus grande parcimonie.
•
Transferts courants en provenance de l'Administration centrale : selon le PLPFP
(« autres transferts courants » du tableau 3), ils connaîtraient une croissance de 3,7% l'an en
moyenne sur l'horizon 2017-2020, soit un taux en retrait de ceux observés de 2000 à 2016.
Les transferts de l'Etat aux administrations de sécurité sociale se composent en particulier des
« cotisations » versées par l'Etat au régime général de pension (soit les 8% de la masse
cotisable qui sont à charge de l'Etat ; 38% du total), des cotisations pour soins de santé en
nature (25%) et de la prise en charge par l'Etat des allocations familiales (21%). Les transferts
liés respectivement aux pensions du régime général et à l'assurance maladie maternité sont
des cotisations calculées proportionnellement à la base cotisable, dont la principale
composante est la masse salariale. De 2018 à 2020, les transferts de pension et de soins
de santé en nature calculés au PLPFP évolueraient largement en ligne avec la
rémunération totale des salariés. 11 en serait cependant tout autrement en 2017 - année
au cours de laquelle les deux transferts en question semblent par contre sous-estimés par
rapport à la masse salariale. Ce qui donnerait lieu à une possible sous-évaluation des
transferts de l'Administration centrale à la sécurité sociale.
•
La prise en charge des allocations familiales par l'Etat stagnerait quant à elle tout au long de
la période couverte par le PLPFP, ce qui semble curieux au regard des déterminants des
prestations financées (en partie) par le truchement de cette prise en charge. II s'agit
notamment du fait que les prestations familiales seront adaptées tous les deux ans, à
partir de 2018, à l'évolution du salaire médian.
viii
3) Evolution des dépenses
Les dépenses de l'Adtninistration centrale
Les dépenses de l'Administration centrale vont être abordées sous trois perspectives différentes,
l'analyse de leur évolution dynamique de 2000 à 2020, puis un examen statique plus ciblé, portant
sur le niveau des dépenses en 2017 et enfin une étude de la composition de ces dépenses depuis
2000.
Evolution dynamique des dépenses de l'Adrninistration centrale de 2000 à 2020
II convient d'examiner au plus près la progression annuelle des dépenses prévue au PLPFP 20172020 :
Tableau 4 : Dépenses de l'Administration centrale
En millions EUR et taux de progression en %
Croissance Croissance Croissance
rnoyenne
2015
2016
2017
2018
2019
2020 2000 à 2007 2007 à 2016 2017 à 2020
1189
1272
1339
1370
1397
1413
841
1385
1-167
1542
1560
1505
1394
Rémunération des salariés
1493
2306
3528
3643
3838
3984
4159
4358
Subventions
242
397
636
666
709
681.
649
636
211
221
227
230
226
240
1571
1390
1631
1657
1704
1762
Autres transferts coumnts
2737
4275
6645
6837
7188
7442
7786
8169
Transferts en capital à payer
267
577
596
792
826
899
970
962
Autres
-15
-26
-90
-35
-7
19
-27
20
6358
10180
15670
16453
17295
17843
18369
18954
4,2
6,8
6,8
5,9
4,6
-1,1
2,1
2,6
4,6
5,0
‘11
95
955
Cri CO
79
522
4,6
I
,13
Charges d'intérêt
Prestations sociales
2,7
-1,3
tri Lri
760
530
cn
Lri
504
CO
Consommation intermédiaire
p.m. croissance du PIB en valeur (%)
moyenne
2007
Fonnation de capital
Dépensestotales
moyenne
2000
›
3,6
6,0
Sources : PLPFP 2016-2020 ; STATEC, comptes nationaux.
Divers enseignements se dégagent du tableau :
•
Les dépenses totales de l'Administration centrale (optique SEC 2010) connaîtraient sur la
période 2017-2020 une significative décélération. Alors que cette progression moyenne
atteignait 7% l'an au cours de la période « pré 2007 », le taux correspondant se limiterait à
3,6% « seulement » sur la période couverte par le PLPFP sous avis. Ce taux serait inférieur à
la progression du PIB nominal sur cette même période 2017-2020 - soit 6% l'an. Ces résultats
doivent cependant être interprétés avec prudence.
•
La décélération la plus marquée des taux de croissance se rapporte à la formation de capital,
soit un poste décisif pour l'économie luxembourgeoise tant à court qu'à moyen terme
(adaptation aux besoins d'une population et d'un nombre de frontaliers croissants). La
progression moyenne de cette catégorie passerait de 6,4% de 2007 à 2016 à -1,3%, soit
un basculement de presque 8 pp, qui contredit les discours évoquant un important effort
d'investissernent public. A elle seule, cette décélération explique plus d'un tiers du
ralentissement de l'augmentation moyenne des dépenses totales.
*
Les subventions, qui sont pour l'essentiel canalisés vers des sociétés de transport en
commun, se caractériseraient également par un substantiel ralentissement. Le « gisement
ix
d'économies » est cependant substantiel en la matière, les subventions en question ayant
quasiment triplé (certes en termes nominaux) de 2000 à 2016.
•
Enfin, les « prestations sociales » tendraient à se contracter « automatiquement » grâce à
l'évolution favorable que connaît le marché du travail luxembourgeois - notamment un taux de
chômage s'inscrivant, jusqu'à nouvel ordre, en recul.
Evolution statique des dépenses de l'Adlninistration centrale : l'année 2017 dans les
prograrnrnes pluriannuels successifs
La première PLPFP ayant été déposée en octobre 2014, la PLPFP sous avis est déjà la troisième
du nom. II est dès lors désormais possible de cerner l'évolution du niveau des dépenses pour
l'année 2017 à travers trois exercices budgétaires différents.
Tableau 5 : Evolution des dépenses 2017 entre les différents PLPFP
En millions EUR
600
• Autres
octobre
500
2016
400
• Transferts en capital
à payer
• Autres transferts
courants
Prestations sociales
PLPFP
PLPFP
PLPFP
octo bre
octobre
2014
2015
Consommation intermédiaire
1244
1416
1339
Formation de capital
1640
1479
1542
4-362
300
Rémunération des salariés
3462
3833
3838
Subventions
806
636
709
Charges crintérêt
190
182
227
100
Prestations sociales
1574
1769
1631
o
- Subventions
95
Autres transferts courants
7224
7221
7188
Transferts en capital à payer
835
847
826
-100
Autres
-41
-31
-7
-200
16933
17353
17295
Dépe nses tota les
- Charges d'intérêt
200
-300
ifflummennummegor
-96
w Rémunération des
salris
Formation de capttal
- Consommation
intermédiaire
Différence: PLPFP d'octobre 2016 moins celui
de 2014
Sources : STATEC, comptes nationaux ; PLPFP déposés en 2014, 2015 et 2016 ; Calculs de la Chambre de
Commerce.
•
Les résultats confirment l'impression générale d'un relâchement des efforts
budgétaires depuis l'annonce du Zukunftspak en fin 2014. Ainsi, le PLPFP d'octobre 2015
s'est en effet traduit, pour l'année de référence 2017, par des dépenses totales en
augmentation de plus de 400 millions EUR par rapport à la toute première mouture du PLPFP
(octobre 2014).
•
Par rapport au premier PLPFP, le PLPFP se traduit par une sensible hausse des
dépenses, de quelque 362 millions EUR. Ce montant est dominé par une seule catégorie,
à savoir la rémunération des salariés. Alors que cette composante était censée s'établir à
3.462 millions EUR dans le PLPFP d'origine, elle se monterait à quelque 3.838 millions EUR
dans le PLPFP sous avis, soit 376 millions EUR de plus (en un an, soit 2017).
•
Les prestations sociales accuseraient une hausse également, en dépit de leur tassement
prévu dans le récent PLPFP par rapport au PLPFP précédent à la faveur de l'amélioration de
la situation du marché du travail. La Chambre de Commerce s'étonne par ailleurs de voir les
charges d'intérêt augmenter par rapport aux planifications budgétaires précédentes, à
concurrence de 37 millions EUR depuis la PLPFP « originelle » et ce dans un contexte de
déclin généralisé des taux d'intérêt.
•
Enfin, un « chassé-croisé » malencontreux peut être observé entre la consommation
intermédiaire, qui progresse de près de 100 millions EUR par rapport à la PLPFP de
2014, et la formation brute de capital dont le niveau est en retrait de 100 millions EUR
environ. Les dépenses d'investissement sont pourtant autrement plus prometteuses en
termes de croissance à long terme et d'effet multiplicateur.
•
Notons pour finir que les dépenses connaîtraient un léger tassement dans le PLPFP sous avis
par rapport à celui d'octobre 2015, mais cette évolution est dans une large mesure imputable
à une conjoncture relativement favorable, qui devrait induire une diminution « automatique »
et non discrétionnaire des dépenses associées au sous-emploi.
La composition des dépenses de l'Adrninistration centrale
Le tableau suivant restitue l'évolution de la composition des dépenses de l'Administration centrale
depuis l'an 2000.
Graphique 3 : Composition des dépenses de l'Administration centrale
En % des dépenses totales
7,1-Uga
2020
2019
11:17-Ule]
2018
_
2017
.._9U171111M1M11
2016
MOYENNE 2011-2015
1103 —
MOYENNE 2006-2010
343
MIDEIIIIMMIIIKEUM11111111111k
Mell111111111•1111EFUMMIEZI
MOYENNE 2000-2005
• Consornmation Mtermédiaire • Forrnation de capital
» Rémunération des salariés
a Subventions
• Charges d'intérêt
a Prestations sociales
• Autres transferts courants
• Transferts en capital à payer
Sources : PLPFP 2016-2020 ; STATEC, comptes nationaux.
Le constat, qui apparaît déjà en filigrane dans les propos figurant aux sections précédentes, est
limpide :
•
En termes relatifs, l'effort d'investissement de l'Administration centrale tend à décliner
au fil du temps. Alors que la FBCF atteignait encore 9,5% des dépenses totales sur la période
2000-2005, ce ratio est revenu à 8% en moyenne de 2011 à 2015 et le ratio s'établirait à 7,4%
en 2020. Au cours de l'ensemble de la période de 20 ans envisagée, seules les années 2006
et 2013 se sont caractérisées par un effort d'investissement public aussi bas.
xi
•
Si la part de la FBCF est supposée se réduire de 1,5 pp de 2016 à 2020 selon le présent
PLPFP, les dépenses de rémunération passeraient de 22,1% du total en 2016 à 23,0%
en 2020. Enfin, les transferts courants afficheraient une forte progression, alors qu'il s'agit
déjà et de loin de la composante la plus importante.
•
De tels glissements paraissent en contradiction avec le message d'un « Luxembourg à
1,1 million d'habitants». Un tel scénario suppose en effet une augmentation marquée de la
population (et corrélativement du nombre de frontaliers), non pas seulement à moyen terme
mais bel et bien dès maintenant. Selon le scénario démographique « officiel », 60.000
personnes s'ajouteraient à la population sur l'horizon 2017-2020 et 80.000 personnes
supplémentaires de 2021 à 2025. La Chambre de Commerce insiste vivement sur la nécessité
de préparer d'ores et déjà une telle mutation d'envergure, qui requiert des investissements
substantiels et efficaces notamment dans le domaine des transports, de l'éducation, du
logement et des télécommunications.
Quelques priorités de dépenses du Gouvernement saluées par la Chambre de Commerce
La Chambre de Commerce salue les initiatives prises par le Gouvernement en matière de :
•
« Single Window for Logistics », à savoir la poursuite de la mise en place d'un guichet
unique pour le secteur de la logistique visant à coordonner les activités d'importation,
d'exportation ou de transit en vue de permettre aux acteurs économiques d'accomplir en un
seul lieu l'ensemble des formalités réglementaires et administratives.
•
« Digital Letzebuerg », via l'attribution de crédits budgétaires plus importants que dans le
passé.
•
FinTech : la création d'une « House of FinTech » témoigne de l'importance accordée à ce
pilier. Des efforts accrus en matière de promotion de ce secteur clé de l'économie
luxembourgeoise seront mis en ceuvre, notamment avec le soutien de la Chambre de
Commerce.
•
Sciences et technologies spatiales : un nouveau programme devrait voir le jour et les
ressources supplémentaires seront utilisées dans le cadre de l'initiative spaceresources.lu.
•
PAKT Pro Commerce : afin de soutenir et de renforcer le secteur du commerce de détail, un
crédit de 750.000 EUR est inséré pour l'année 2017, et ce suite à un accord entre le Ministère
de l'Economie, la Chambre de Commerce et la Confédération luxembourgeoise du Commerce
(CLC).
•
Tourisme : la création d'un guichet unique ou « convention bureau » servant d'interlocuteur
privilégié pour les organisateurs de congrès est une des initiatives à relever dans le secteur
du tourisme. L'année 2017 verra le renforcement du « Luxembourg Convention Bureau »
(LCB) géré par le « Luxembourg-Convention and Tourist Office » (LCTO) de la Ville de
Luxembourg, pour aboutir à la création, à partir de 2018, d'une nouvelle structure.
•
Logement : les crédits du Ministère du Logement enregistrent une progression de 4% par
rapport au budget voté 2016
xii
•
Marché du travail : Selon l'exposé des motifs, « eaccord [dit « entreprises partenaires pour
l'emploi »I avec le Patronat en matière de création d'emplois fonctionne bien et porte ses
fruits ». Le Gouvernement souhaite en outre agir sur le développement des compétences et
des connaissances des travailleurs non qualifiés en général et cibler ses actions sur les jeunes
demandeurs d'emploi. Ainsi un crédit supplémentaire de 609.400 EUR est prévu, pour 2017,
pour le « Nenforcement des capacités des acteurs du secteur de la jeunesse dans le domaine
de la transition des jeunes vers le marché de l'emploi » et 46.000 EUR supplémentaires sont
alloués aux « mesures dans le cadre de la mise en ceuvre de la Garantie pour la jeunesse ».
•
Recherche et l'innovation : au cours de la période 2014-2017 (qui correspond aux contrats
de performances des acteurs publics), il est prévu un investissement de 1,15 milliard EUR
dans la recherche et l'enseignement supérieur.
•
Education plurilingue : le projet de loi sur l'éducation plurilingue, qui a pour objectif
d'encourager le développement langagier, la familiarisation et l'apprentissage précoce des
langues dans les structures de la petite enfance, prévoit la mise en place d'un programme
d'éducation et d'accueil, qui s'adressera aux enfants de 1 à 4 ans n'ayant pas encore atteint
l'âge de l'obligation scolaire, pour lequel 22,6 millions EUR est prévu pour 2017.
•
Prospection économique : suite à la création du GIE Luxembourg for business and
innovation, qui reprend notamment les activités de « Luxemburg for business », un nouveau
crédit 2,5 millions EUR apparaît pour 2017 pour les frais de fonctionnement du « Trade and
Investment Board » (1,7 millions EUR) et de Luxinnovation (800.000 EUR).
Les dépenses des Administrations de sécurité sociale
L'autre sous-secteur des Administrations publiques pour lequel des données suffisantes sont
fournies dans le PLPFP est la sécurité sociale.
Tableau 6 : Dépenses de la sécurité sociale
En millions EUR et taux de progression en %
Croissance Croissance Croissance
rnoyenne
Prestations sociales en nature
Autres prestations sociales
Consommation intermédiaire
Rémunération des salariés
Autres
Dépenses totales
p.m. croissance du PIB en valeur (%)
rnoyenne
moyenne
2000
2007
2015
2.1.L5
2017
2018
2019
2020 2000 à 2007 2008 à 2016 zor à 2020
856
2515
49
58
45
3522
1589
4076
49
81
59
5855
2287
6391
93
113
209
9092
2377
2516
6929
104
123
78
9750
6,8
2619
7243
105
128
75
10170
2751
7606
107
132
80
10677
2886
4,6 11111 5,0
7998 =
111
,1
5,5 111111 4,9
109
0,3 01.0,5 1.1 3,7
138 11111 5,1 1. 4,111.11 4,3
81
3,8 11111 3,81
-0,4
11213
s
5,3 Cit 4,8
6,8
5,9
6617
95
11 ?
33
9238
4,2
CIII
mr
1111
4,6
,8
4,2
6,0
Sources : PLPFP 2016-2020 ; STATEC, comptes nationaux.
•
Les dépenses totales des administrations de sécurité sociale devraient selon le PLPFP
augmenter de manière conséquente sur la période 2017-2020, de 4,8% l'an en moyenne soit
approximativement le même rythme que de 2008 à 2016.
Ces chiffres sont globalement en ligne avec les attentes. La Chambre de Commerce aurait
cependant apprécié un complément d'informations à trois égards.
•
Pensions : selon le rapport général sur la sécurité sociale de l'IGSS, publié en novembre 2015,
qui se cantonne au régime général de pension, les prestations de pension se seraient en
moyenne accrues de 6,3% de 2010 à 2014, soit précisément le taux escompté sur la période
2017 à 2020 dans le PLPFP sous avis. Cependant, la forte augmentation du nombre de
travailleurs frontaliers au cours des récentes décennies de même que le vieillissement de la
population devraient par ailleurs augmenter dans les années à venir la pression s'exerçant sur
les dépenses du régime général de pension.
•
Le projet de budget mentionne explicitement, en tant que facteur modérateur des dépenses
de l'assurance dépendance, l'effet des mesures de restructuration des autorités ainsi que le
ralentissement du nombre de bénéficiaires. Or la fiche financière du Projet de loi n°7014
« portant réforme de l'assurance dépendance » révèle que les « restructurations » en question
induiraient des économies nettes trop faibles pour expliquer le fort ralentissement supposé au
PLPFP des dépenses de l'assurance dépendance. D'autant que le rapport général sur la
sécurité sociale de l'IGSS révèle que les dépenses de l'assurance dépendance ont en
moyenne progressé de 6,6% par an de 2010 à 2014 et de 5,2% en 2014 par rapport à
2013, ce qui excède nettement le taux de 3,8% mentionné pour la période 2017-2020
dans le PLPFP.
•
Les économies en prestations familiales prévues au « Zukunftspak » seront neutralisées,
dans une large mesure, par l'adaptation de ces dernières aux salaires médians. En se
basant sur la fiche financière du projet de loi « Portant création d'un mécanisme d'adaptation
des prestations familiales en espèces et en nature », la Chambre de Commerce estime le
surcoût budgétaire à l'horizon 2020 à quelque 61 millions EUR. S'ajouterait l'incidence de
l'impact des nouvelles mesures envisagées en matière de « flexibilisation du congé parental ».
Selon l'exposé des motifs du PLPFP sous avis, l'incidence de la réforme du congé
parental se monterait à 10 millions EUR en 2016 et entre 35 et 43 millions EUR les
années suivantes.
Ces indications montrent que les autorités devront faire preuve de la plus grande résolution afin
de réaliser l'effort de maîtrise des prestations sociales postulé au PLPFP.
4) Les soldes budgétaires
Les sections précédentes n'ont pu être appréhendées pour l'ensemble des Administrations
publiques à défaut de données sur les Administrations locales de 2017 à 2020. Une perspective
d'ensemble est en revanche possible pour les soldes budgétaires.
La Chambre de Commerce regrette le fossé statistique entre l'assise sectorielle des
recettes et dépenses, d'une part, et celle des soldes, d'autre part. Cette dichotomie ne permet
pas de relier les soldes des Administrations publiques, qui constituent les indicateurs clefs de la
politique budgétaire, avec les agrégats correspondants de recettes et de dépenses. Une autre
carence est le manque de description détaillée et chiffrée des étapes donnant lieu au calcul du
solde structurel.
S'agissant en particulier de l'Administration centrale, un problème majeur et récurrent est
l'augmentation tendanciellement plus rapide des dépenses que des recettes, avec à la clef un
espacement entre les deux tendances. 11 résulte de ces tendances un « effet ciseau », qui ne
xiv
tend pas à se refermer durablement. Alors que selon les prévisions issues du budget 2015, l'
« effet ciseau » devait se réduire et disparaître, les nouvelles perspectives pluriannuelles ne
prévoient plus cette amélioration, bien du contraire puisque, en raison de la réforme fiscale, l'écart
entre les dépenses et les recettes atteint un record en 2017.
Graphique 4 : Evolution absolue et tendancielle des recettes et des dépenses de
l'Administration centrale
En millions EUR
4
9110
5 000
300
11199
Receltes aarn centrale
2009
00
01
— LIPpenses adm cenvale
0
3013
- - - bnear IRecetles adm cenvalel
3015
1015
1016
2011 9,9i913•
prêvisions
13..391
- - - Onear• alépenses adm centrale,
Sources : STATEC, comptes nationaux ; Projet de loi concernant le budget des recettes et des dépenses de l'Etat pour
l'exercice 2017.
S'agissant de l'ensemble des soldes budgétaires effectifs ou nominaux, ils sont illustrés cidessous.
Graphique 5 : Soldes effectifs des Administrations publiques luxembourgeoises
En % du P1B
: 8
-6
iNm
11:3
N
CO
o
Lll
1./.
1
1:1"
1,
1
./
5-•••
CO
Cr1
N
O 0 0
00000000000000000000
0
N rN N rN N rN M3 rN N rN rN N N
rN
CIDAdministration centrale
liallSécurité sociale
eigAdrninistrations locales
—.—Administrations publiques
publiques: Allemagne
Sources : Base de données macroéconomique AMECO de la Commission européenne ; PLPFP 2016-2020 ;
Notification EDP de l'Allemagne ; STATEC, comptes nationaux.
XV
•
Le graphique met en évidence une détérioration tendancielle des soldes budgétaires. Le
Luxembourg afficherait certes un surplus des Administrations publiques toujours supérieur à
celui de l'Allemagne en 2016, les deux excédents étant censés s'établir respectivement à 1,2
et 0,6% du PIB. L'écart en faveur du Luxembourg, de 0,6 point de PIB en 2016, serait
cependant le plus faible depuis 2000.
•
Sauf brusque détérioration de la situation des finances publiques allemandes, l'année 2017
devrait représenter un jalon décisif dans cette évolution, puisque pour la première fois le
Luxembourg risque d'afficher des performances moins favorables que son voisin.
•
Selon les estimations figurant dans le PLPFP sous avis, le surplus des Administrations
publiques luxembourgeoises passerait de 1,2% du PIB en 2016 à 0,3% l'année suivante,
et ce en dépit d'une estimation apparemment assez « étriquée » du coût de la réforme fiscale
(0,7% du PIB en 2017, 0,8% à partir de 2018), qui contraste avec le coût de 1,5% du PIB
estimé par la BCL.
•
Selon le PLPFP, le solde effectif s'améliorerait quelque peu au cours des années succédant
à 2017, pour atteindre +0,7% du PIB en 2020. Cette légère amélioration sur l'horizon du
PLPFP dépend cependant de manière cruciale de l'hypothèse d'un taux de croissance du PIB
en 2017 et en 2018, avec respectivement +4,6 et +4,9% escomptés dans le PLPFP.
•
Afin d'illustrer l'enjeu d'une possible surestimation du taux de croissance, la Chambre de
Commerce s'est livrée à une analyse de sensibilité, établie « toutes autres choses
égales par ailleurs » et en supposant également que les données budgétaires de départ,
soit celles de 2016, refléteront bien la réalité. Cette analyse de sensibilité revient à tabler
sur un taux de croissance du PIB réel se limitant en définitive à 3% tant en 2017 qu'en 2018,
ce qui serait en ligne avec les progressions du PIB en volume observées en 2015 (+3,5%) et
en 2016 (+3,1% selon le PLPFP). L'impact sur la trajectoire des soldes effectifs serait
considérable sur l'horizon du PLPFP, comme l'illustre le graphique suivant.
Graphique 6 : Analyse de sensibilité : solde effectif des Administrations publiques
En % du P1B
1,5
2016
2017
2018
2019
2020
effectifs PLPFP 2017-2019 •••11 ,Soldes PLPFP si croissance moindre
Sources : PLPFP 2016-2020 ; Calculs de la Chambre de Commerce.
xvi
•
Les soldes structurels ne seraient quant à eux pas affectés par une croissance moindre en
2017 et en 2018, puisqu'ils sont par définition indépendants de la conjoncture. Selon le PLPFP
sous avis, ces soldes passeraient de 2,3% du PIB en 2016 à 0,8% en 2017 et ils reviendraient
à un étiage de 0,2% du PIB en 2018 et en 2019. Un redressernent marqué surviendrait
cependant en 2020, le solde structurel des Administrations publiques passant alors
soudainement de +0,2 à +0,9% du PIB. Cette dernière estimation dépend de l'hypothèse d'un
écart de production négatif en 2020 — c'est-à-dire repose sur un PIB effectif inférieur au PIB
« potentiel » ou d'équilibre. Or, ce PIB potentiel n'est pas une variable observable et il est
largement conditionné par les méthodes et hypothèses détaillées ayant présidé à son
calcul. C'est la raison pour laquelle la Chambre de Commerce regrette que le PLPFP ne
renferme pas des tableaux détaillés de passage des soldes effectifs (observables) aux
soldes structurels, ces derniers étant peu « tangibles » en tant que tels.
•
Ces informations permettraient de mieux apprécier l'importance de l'indispensable marge de
sécurité des soldes structurels par rapport à l'objectif à moyen terme (ou OMT). Une marge
de sécurité est pourtant nécessaire, d'autant que le nouvel OMT est particulièrement peu
exigeant puisqu'il consiste en un déficit structurel de 0,5% du PIB à partir de 2017, alors qu'un
surplus d'au moins 0,5% était précédemment visé. La Chambre de Commerce est surprise
par le fait que le Gouvernement ait adopté le nouvel OMT tel qu'il est ressorti des calculs
mécaniques de la Commission européenne, alors que l'objectif global est l'assainissement
soutenable des finances publiques. En s'alignant sur l'OMT minimal européen, les auteurs de
la PLPFP ont par ailleurs pleinement endossé le scénario démographique à 1,1 million
d'habitants.
•
Ce choix ne tient en outre pas compte des spécificités du Luxembourg. Le Grand-Duché
est en effet confronté à une forte volatilité de la croissance économique et des recettes
publiques. II engrange en outre de nombreuses recettes pouvant être considérées comme
fragiles à moyen terme et volatiles à court terme (Tanktourismus, taxe d'abonnement et impôts
des sociétés, notamment). Le Luxembourg doit enfin préfinancer les importants coûts futurs
du vieillissement et doit être en mesure de financer à l'avenir les substantiels investissements
publics qui seront requis afin d'accompagner un dynamisme démographique déjà palpable,
de même qu'une augmentation soutenue du nombre de frontaliers. Enfin, seuls des surplus
structurels importants permettront au Luxembourg de maintenir une situation patrimoniale
favorable. A défaut de la fixation d'un OMT positif approprié qui aurait constitué le « first best »,
la Chambre de Commerce recommande vivement dans ce contexte la mise en ceuvre de ce
« second best » que constituerait une substantielle marge budgétaire par rapport à un OMT
quant à lui particulièrement peu ambitieux.
•
II est également frappant de constater que la différence entre +0,5% et -0,5% — soit 1% du
PIB ou environ 500 millions EUR — correspond peu ou prou au coût affiché de la réforme
fiscale. Or ce dernier coût pourrait être sous-estimé par les autorités, comme le suggère
la BCL en affirmant qu'il serait de l'ordre de 1,5% du PIB, contre 0,8% à partir de 2018 (0,7%
en 2017) selon les auteurs de la PLPFP sous avis. Si cette estimation de la BCL devait se
matérialiser, le solde structurel ne serait pas en 2020 un surplus de 0,9% du PIB, mais un
solde à peine équilibré.
•
Par ailleurs, l'OMT et le solde structurel s'apprécient sur l'ensemble des administrations
publiques. Or au Luxembourg, les excédents des administrations publiques reposent (et
même au-delà) sur les surplus de la sécurité sociale. Or ces surplus sont à politique inchangée
xvii
« condamnés » à se résorber au fil du temps, avant de laisser la place à des déficits croissants,
comme le montrera la section suivante.
5) L'endettement et la soutenabilité à long terme des finances publiques
Soutenabilité à terme de la sécurité sociale
Les surplus de la sécurité sociale devraient se résorber et laisser la place à des déficits
croissants à politique inchangée. Sont en cause principalement l'incidence du vieillissement
démographique prévisible sur les dépenses de santé, de pension et de l'assurance dépendance,
ou encore l'arrivée graduelle à l'âge de la retraite des importants contingents de travailleurs
frontaliers embauchés au Luxembourg au cours des dernières décennies. La fixation des OMT
au Luxembourg ne devrait pas sous-estimer ces éléments.
Afin de permettre de mieux appréhender ces défis, la Chambre de Commerce a dérivé des travaux
du Groupe de travail sur le vieillissement (GTV) le graphique suivant. II est empreint d'un certain
« optimisme », puisqu'il repose sur un scénario démographique favorable — qui dilue l'impact sur
les dépenses du vieillissement — tout en considérant un taux d'intérêt nul sur l'endettement futur
de la sécurité sociale.
Graphique 7 : Soldes de la sécurité sociale sous un scénario démographique dynamique
(« Luxembourg à 1 million d'habitants en 2045 »)
En % du PIB
5%
3%
1% 1,3% oscy.
W W v
-1%
-0,5% -1,4%
-2,1%
-2,7% -2,9% _3,1%
-3%
-4,4%
-5%
2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050 2055 2060
Solde total sécurité sociale ä politique inchangée
- Incrément ratio des dépenses par rapport à 2020 (GTV)
w Revenus patrimoine
Sources : Groupe de travail sur le vieillissement, 2015 ; PLPFP 2016-2020 ; Calculs de la Chambre de Commerce.
•
Sous ce scénario, les revenus du patrimoine, qui alimenteraient en 2020 l'essentiel de
l'excédent de la sécurité sociale selon le PLPFP sous avis, déclineraient graduellement
et seraient quasi totalement annulés vers 2040. Sous l'effet de cette volatilisation graduelle
des revenus du patrimoine et de la « poussée » des dépenses liées au vieillissement identifiée
par le GTV (histogrammes rouges), les surplus de la sécurité sociale s'étioleraient
rapidement, passant de 1,3% du PIB en 2020 à zéro entre 2025 et 2030. Ils se mueraient
ensuite en déficits, avoisinant 1% du PIB entre 2030 et 2035 et bien davantage encore par la
suite. C'est une manière nouvelle d'illustrer les problèmes de soutenabilité à terme de la
xviii
sécurité sociale, qui montre que les problèmes de financement devraient surgit plus tôt que
souvent admis.
Dette brute consolidée : une réeIle stabilisation ?
•
A la fragilité des soldes de la sécurité sociale s'ajouteraient des déficits récurrents de
l'Administration centrale qui, s'accumulant au fil du temps, donneraient lieu à une dette brute
consolidée des Administrations publiques de l'ordre de 23% du PIB sur l'horizon 20172020 selon le PLPFP. Cette dette serait certes toujours inférieure au « seuil Maastricht » de
60% du PIB (et a fottoridu seuil de 30% prévu au programme gouvernemental) et elle tendrait
par ailleurs à se stabiliser.
•
La Chambre de Commerce tient cependant à attirer l'attention sur deux réserves de
taille, qui reposent sur deux scénarios macroéconomiques concurrents.
o
En premier lieu, une dette publique stagnant à 23% serait un résultat peu
satisfaisant si, comme l'estiment les autorités budgétaires, la croissance
s'avérait très soutenue de 2017 à 2019. Dans une optique budgétaire contracyclique, il aurait alors été justifié de procéder à un assainissement des finances
publiques, permettant d'enfin amorcer une décrue du ratio d'endettement public.
o
En second lieu, le plafonnement de la dette publique à 23% du PIB dépend intimement
de l'évolution des soldes effectifs de l'Administration centrale. Or ces derniers
encaisseraient de plein fouet une croissance éventuellement moins favorable
qu'escomptée, notamment en 2017 et en 2018. Selon des simulations de la Chambre
de Commerce effectuées en intégrant également un coût de la réforme fiscale de
1,5% du PIB (BCL), la dette publique se rapprocherait du seuil
« gouvernemental » des 30% du PIB sur l'horizon 2017-2020 (voir le graphique
suivant).
Graphique 8 : Evolution du ratio de dette publique
En % du PIB
28%
27%
26%
25%
24%
23%
22%
21%
20%
2016
2017
2018
2019
Ratio PLPFP croissance moindre et coût de 1,5% du P18 de la réforme fiscale
- Ratio PLPFP avec croissance moindre
Ratio PLPFP
Sources : PLPFP 2016-2020 ; Calculs de la Chambre de Commerce.
2020
xix
6) L'objectif budgétaire structurel et la trajectoire vers cet objectif
Cette soutenabilité compromise renforce la pertinence du débat relatif au choix d'un objectif
budgétaire à moyen terme suffisamment ambitieux. La Chambre de Commerce estime, sur base
de considérations intégrant l'incertitude inhérente à la méthode de calcul des soldes structurels,
la forte volatilité des variables de finances publiques dans une petite économie ouverte, le
nécessaire préfinancement d'une partie de l'impact du vieillissement démographique et la
nécessité du maintien à un niveau élevé du patrimoine financier net des Administrations
publiques, que ces dernières devraient viser un objectif de solde structurel plus ambitieux
que dans les documents budgétaires.
Mesures de consolidation recommandées par la Chambre de Commerce
Selon le PLPFP, le solde budgétaire structurel des Administrations publiques se situerait à +0,9%
du PIB. En supposant cependant que le coût budgétaire de la réforme fiscale s'avère plus élevé
que prévu, en s'établissant à 1,5% du PIB au lieu de 0,8% du PIB retenu dans les documents
budgétaires, des économies additionnelles s'élevant à 450 millions EUR à l'horizon 2020
s'imposeraient pour simplement respecter l'objectif gouvernemental en termes de solde structurel
en 2020. Ce dernier objectif est au demeurant, la Chambre de Commerce s'en félicite, largement
supérieur à l'OMT de -0,5% du PIB.
Le critère d'endettement public donnerait toutefois lieu à une exigence de consolidation
plus élevée. Toujours sous l'hypothèse d'une réforme fiscale coûtant 1,5% du PIB et
conditionnellement à une croissance du PIB en volume de 3% tant en 2017 qu'en 2018 (contre
respectivement 4,6 et 4,9% dans le PLPFP), le critère d'une simple stabilisation du ratio
d'endettement à la fin de l'horizon 2017-2018 donnerait lieu à un effort requis de quelque 670
millions EUR, qui pourrait certes être mis en ceuvre graduellement de 2017 à 2020. Ce
montant de 670 millions EUR est en outre évalué en base « PIB 2020 », ce qui a pour effet de le
« gonfler» quelque peu.
La Chambre de Commerce avance dans son avis diverses mesures permettant de financer
l'essentiel du montant précité de 670 millions EUR. Ces mesures seraient les suivantes :
•
Dépenses fiscales : le projet de Loi de programmation financière pluriannuelle renseigne
une liste (toujours un peu limitative) des dépenses fiscales, ce dont la Chambre de
Commerce se félicite. 11 lui semble raisonnable de diminuer certaines de ces dépenses
fiscales de moitié sur un horizon de trois ans (de 2018 à 2020) et d'y ajouter un léger
recadrage de l'abattement pour frais de déplacement (via un relèvement du seuil des
unités d'éloignement ne donnant pas lieu à abattement). 11 en résulte, par rapport à cette
nouvelle base de calcul que constitue la réforme fiscale en gestation, une économie
globale excédant 100 millions EUR, qui permettrait en prime de contenir plus efficacement
la demande de logements, donc les prix correspondants.
•
Impôt foncier : la Chambre de Commerce propose une augmentation du poids de cet
impôt dans le financement des communes, leur permettant de ne plus dépendre autant
de cet impôt très volatil qu'est l'ICC, via le cas échéant un ajustement des valeurs unitaires
(qui ne sont plus révisées depuis 1941, ou du moins de manière très parcellaire). 11
convient de noter que même après une telle augmentation, le produit de cet impôt
demeurerait bien inférieur, par rapport au PIB, aux proportions similaires observées dans
XX
les trois pays limitrophes (où l'impôt foncier représente environ 1% du PIB en moyenne
arithmétique contre 0,1% actuellement au Luxembourg). La Chambre de Commerce
souhaite cependant que l'augmentation proposée s'effectue de manière équilibrée
et non de manière linéaire. II importe en particulier d'éviter que cet ajustement repose
excessivement sur certaines entreprises privées. La Chambre de Commerce note en
parallèle que l'efficacité de la mesure en tant qu'instrument de maîtrise de l'évolution des
prix des terrains serait accrue si était davantage mise à contribution la catégorie de l'impôt
foncier portant spécifiquement sur les « terrains à bâtir à des fins d'habitation » (catégorie
B6).
•
Forfait d'éducation : la Chambre de Commerce estime que le forfait d'éducation devrait
être supprimé. La Chambre de Commerce propose un « phasing out » du forfait
d'éducation sur trois ans, de 2017 à 2020. Ce « phasing out » se justifie particulièrement
suite à l'abolition de l'allocation d'éducation dans le cadre du Zukunftspak.
•
Freinaqe des recrutements dans l'Administration centrale : à rebours du projet de budget
2017, qui prévoit un renforcement de l'ordre de 1.000 personnes des effectifs de l'Etat, soit
bien davantage que lors des deux précédents exercices (370 et 750 pour 2015 et 2016,
respectivement), la Chambre de Commerce recommande une décélération de la
progression des effectifs de l'Administration centrale par rapport à son évolution
passée. La Chambre de Commerce propose de limiter les embauches nouvelles aux
remplacements naturels et à des missions stratégiques et prioritaires à définir, certes en
prenant en compte l'accroissement de la population mais également la nécessaire
augmentation de la productivité dans le secteur public.
•
Suppression qraduelle de l'allocation de fin d'année des pensionnés : la Loi du 21
décembre 2012 portant réforme des pensions ne réglant que partiellement le problème du
financement futur des pensions et en attendant l'adoption de nouvelles dispositions
structurelles, la Chambre de Commerce plaide, dans une optique d'équité
intergénérationnelle et au vu des niveaux très élevés des pensions au Luxembourg,
pour une participation des pensionnés actuels à l'effort d'assainissement des
régimes de pension, en abrogeant graduellement mais dès 2017 l'allocation de fin
d'année des pensionnés (environ 2% du montant total des pensions du régime général).
•
Neutralisation de la moitié de l'ajustement des pensions aux salaires réels : dans le même
esprit intergénérationnel, u …
Explication IA à partir du texte officiel de la loi. Indicatif, ne remplace pas un conseil juridique.