📄 Texte de loi
già
CHAMBRE DES SALARIÉS
LUXEMBOURG
Avis 111/57/2021
16 novembre 2021
Projet de budget de l'État pour l'exercice
2022 + Amendements
Programmation financière pluriannuelle
pour la période 2021-2025 +
Amendements
Règlements d'exécution du projet de loî
« budget 2022 »
relatif au
Projet de loi et aux amendements gouvernementaux concernant le budget des recettes et des
dépenses de l'État pour l'exercice 2022 et modifiant :
10 le Code de la sécurité sociale ;
2° la loi modifiée du 16 octobre 1934 concernant l'évaluation des biens et valeurs
(« Bewertungsgesetz ») ;
ler décembre 1936 concernant l'impôt commercial
3° la loi modifiée du
(« Gewerbesteuergesetz ») ;
4° la loi modifiée du 17 avril 1964 portant réorganisation de l'administration des
contributions directes ;
5° la loi modifiée du 4 décembre 1967 concernant l'impôt sur le revenu ;
6° la loi modifiée du 24 décembre 1996 portant introduction d'une bonification d'impôt sur
le revenu en cas d'embauchage de chômeurs ;
7° la loi modifiée du 28 avril 1998 portant
a) Harmonisation de l'enseignement musical dans le secteur communal ;
b) Modification de l'article 5 de la loi du 24 mai 1989 sur le contrat de travail ;
L-1950 LUXEMBOURG
T +352 27 494 200 - F +352 27 494 250
CSL
18 RUE AUGUSTE LUMIÈRE
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c) Modification de la loi modifiée du 22 juin 1963 fixant le régime des traitements des
fonctionnaires de l'État ;
8° la loi modifiée du 21 décembre 1998 concernant le budget des recettes et des dépenses
de l'État pour l'exercice 1999 ;
9° la loi du 7 décembre 2007 autorisant l'État à fournir une garantie bancaire pour la
réalisation et l'exploitation d'un réseau de chaleur urbain ;
100 la loi modifiée du 17 décembre 2010 fixant les droits d'accise et les taxes assimilées sur
les produits énergétiques, l'électricité, les produits de tabacs manufacturés, l'alcool et les
boissons alcooliques ;
110 la loi modifiée du le' août 2019 concernant les mutuelles
Projet de loi et amendements gouvernementaux relatifs à la programmation financière
pluriannuelle pour la période 2021-2025
Projet de règlement grand-ducal portant modification du règlement grand-ducal modifié du 6
novembre 2009 fixant l'organisation de l'administration des contributions directes
Projet de règlement grand-ducal portant modification de l'ordonnance d'exécution modifiée du 2
février 1935 relative à la loi sur l'évaluation des biens et valeurs — Durchführungsverordnung zum
Bewertungsgesetz (BewDV)
Projet de règlement grand-ducal portant exécution de l'article 137, alinéa 5a et de l'article 143,
alinéa ler de la loi modifiée du 4 décembre 1967 concernant l'impôt sur le revenu
Projet de règlement grand-ducal modifiant le règlement grand-ducal du 26 avril 2019 portant
exécution de l'article 139quater, alinéa 8 de la loi modifiée du 4 décembre 1967 concernant l'impôt
sur le revenu
Projet de règlement grand-ducal modifiant le règlement grand-ducal modifié du 26 mars 2014
portant exécution de l'article 145 de la loi modifiée du 4 décembre 1967 concernant l'impôt sur
le revenu
Projet de règlement grand-ducal modifiant le règlement grand-ducal modifié du 28 décembre
1990 portant exécution de l'article 153 de la loi modifiée du 4 décembre 1967 concernant l'impôt
sur le revenu
Projet de règlement grand-ducal modifiant le règlement grand-ducal du 23 décembre 2016
portant exécution de l'article 154quater, alinéa 5 de la loi modifiée du 4 décembre 1967
concernant l'impôt sur le revenu
Projet de règlement grand-ducal portant modification du règlement grand-ducal du 25 juillet 2002
portant exécution de l'article 111bis, alinéa ler de la loi modifiée du 4 décembre 1967 concernant
l'impôt sur le revenu
Projet de règlement grand-ducal modifiant le règlement grand-ducal modifié du 17 décembre
2010 fixant les taux applicables en matière de droits d'accise autonomes sur les produits
énergétiques
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Un budget à court d'ambition et qui manque de
transparence face aux principaux défis du pays
1.
2.
Résumé exécutif/Conclusion
La situation économique
7
10
2.1. Les évolutions conjoncturelles récentes et les projections pour 2022
10
2.1.1. Le PIB en volume
2.1.2.
12
L'emploi
13
2.1.3. Le chômage
14
2.1.4.
15
L'inflation
2.2. Les risques et incertitudes entourant les projections économiques
16
3. Les inégalités, la pauvreté et l'exclusion sociale au Luxembourg
24
3.1. L'élaboration d'un plan de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale
27
3.1.1.
Revalorisation de toutes les allocations relatives aux prestations familiales
27
3.1.2.
Revalorisation de l'allocation vie chère (AVC)
29
3.1.3.
Adaptation des plafonds d'accès au complément accueil gérontologique
31
3.1.4.
Soutien renforcé aux familles monoparentales
33
3.1.5.
Hausse structurelle du revenu d'inclusion sociale (Revis) et du salaire social minimum
35
3.1.6.
Hausse structurelle de la pension minimale
36
3.2. La lutte contre le chômage
38
3.2.1.
Les mesures prévues par le gouvernement
38
3.2.2.
L'état des lieux et les prévisions
39
3.2.3.
La situation avant la crise sanitaire
41
3.2.4.
Le chômage de longue durée et non indemnisé à partir de 2020
44
3.2.5.
En conclusion
49
4. Finances publiques
51
4.1. Toutes les obligations budgétaires européennes respectées dès 2022
51
4.1.1.
Le solde de l'Administration publique
51
4.1.2.
La dette publique du Luxembourg
52
4.1.3.
Le solde structurel de l'Administration publique
55
4.2. Appel à une réforme des obligations budgétaires européennes
56
4.3. Focus sur le solde des administrations publiques généralement meilleur que prévu
et sur des recettes publiques sous-estimées pour 2021 et 2022
57
5. Investissements publics
61
5.1. Les investissements publics selon la comptabilité nationale
61
5.2. Les investissements selon la loi budgétaire : les fonds spéciaux de l'État
63
5.2.1. Les avoirs des fonds spéciaux
63
5.2.2. Focus sur le fonds des routes
65
5.2.3.
65
Focus sur le fonds du rail
5.2.4. L'explosion des investissements dans les capacités et moyens militaires
66
5.3. Les mesures en matière de transition écologique
67
5.4. Le Logement
71
5.4.1. La flambée du taux d'effort des locataires
71
5.4.2. Le sous-développement du logement social
73
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75
5.4.3. Pour une constitution poussée d'une réserve foncière étatique
5.5. Dépenses pour la numérisation
75
5.6. L'investissement dans la santé publique
77
5.7. Le volet « santé au travail »
82
5.8. La politique budgétaire en matière de formation
84
5.8.1.
84
La formation initiale
85
5.8.2. La formation continue
6.
7.
Dispositions concernant la sécurité sociale
88
6.1. Dotation annuelle de l'État à la CNS en matière de financement des prestations
maternité
88
6.2. Participation de l'État au financement de l'assurance-maladie : dotation pour
dépenses liées aux mesures covid-19
88
La fiscalité des personnes physiques
90
7.1. Nouvelles mesures fiscales ponctuelles concernant les personnes physiques
introduites par le projet de budget
90
7.1.1
90
Imposition forfaitaire de certains intérimaires
7.1.2. L'épargne-logement
92
7.1.3. Le nouveau produit paneuropéen d'épargne-retraite individuelle
95
7.1.4. L'exonération des indemnités d'expert
96
7.1.5. La hausse de la taxe carbone
97
103
7.2. Mesures structurelles urgentes autour du barème des revenus imposables
7.2.1
103
Première mesure : la revalorisation du tarif
104
7.2.2. L'adaptation des dispositifs de tempérament de l'impôt
7.2.3. La bosse fiscale touchant les couches moyennes et inférieures de revenus : den
Mettelstandsbockel
104
7.2.4. L'imposition des revenus du capital
106
Sommaire des graphiques
Moyennes mobiles sur 7 jours de l'évolution de la fréquentation de certains lieux par
rapport aux cinq premières semaines de 2020
Nombre de faillites par mois (au 13 septembre 2021)
Graphique 2 :
Pertes d'emploi dues aux faillites (au 13 septembre 2021)
Graphique 3 :
Nombre de liquidations par mois (au 13 septembre 2021)
Graphique 4 :
Taux de croissance du PIB réel dans la zone euro
Graphique 5 :
PIB en volume, indice base 100 en 2019
Graphique 6 :
Évolution du PIB à prix constants 2015-2022
Graphique 7 :
Emploi intérieur, indice base 100 en 2019
Graphique 8:
Taux de croissance de l'emploi intérieur
Graphique 9 :
Graphique 10: Taux de chômage
Graphique 11 : Taux d'inflation (IPCN)
Graphique 12 : Proportion de personnes vaccinées contre la covid-19 au 15 octobre 2021
Graphique 13 : Nombre de doses promises et livrées par les pays donateurs dans le cadre de l'initiative
COVAX (au 22/10/2021)
Graphique 14 : Facteurs limitant la production dans la zone euro ;
Graphique 15 : Facteurs pesant sur l'activité industrielle au Luxembourg (à gauche) et évolution du
prix des biens en zone euro (à droite)
Graphique 16 : Prix du gaz naturel (à gauche) et contributions à l'inflation (à droite)
Graphique 17 : Composition de l'indicateur « Europe 2020 » de pauvreté ou d'exclusion sociale pour le
Luxembourg en 2020
Graphique 18 : Taux de risque de pauvreté monétaire et coefficient de Gini
Part des ménages joignant les deux bouts avec difficulté (%)
Graphique 19
Graphique 20 : Incapacité à faire face à des dépenses financières imprévues (%)
Graphique 21 : Perte cumulée en euros de l'AVC résultant de la désindexation du coût de la vie
Graphique 22 : Taux de risque de pauvreté par types de ménage
Graphique 23 : Taux de pauvreté en fonction de divers seuils de pauvreté par types de ménage
Graphique 1 :
10
11
11
11
12
12
13
14
14
15
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20
20
24
25
26
26
30
33
33
Page 4 de 113
Graphique 24 :
Graphique 25 :
Graphique 26 :
Graphique 27 :
Graphique 28 :
Graphique 29 :
Graphique 30 :
Graphique 31 :
Graphique 32 :
Graphique 33 :
Graphique 33 :
Graphique 34 :
Graphique 35 :
Graphique 36 :
Graphique 37 :
Graphique 38 :
Graphique 39 :
Graphique 40 :
Graphique 41 :
Graphique 42 :
Graphique 43 :
Graphique 44 :
Graphique 45 :
Graphique 46 :
Graphique 47 :
Graphique 48 :
Graphique 49 :
Graphique 50 :
Graphique 51 :
Graphique 52 :
Graphique 53 :
Graphique 55 :
Graphique 56 :
Graphique 57 :
Graphique 58 :
Graphique 59 :
Graphique 60 :
Graphique 61 :
Graphique 62 :
Graphique 63 :
Graphique 64:
Graphique 65:
Graphique 66 :
Pauvreté des familles monoparentales dans l'Union européenne
34
Budget de référence, seuil de risque de pauvreté, SSM net et REVIS au ler janvier 2020
35
Répartition et cumul des pensions de vieillesse des résidents par tranches de montants
mensuels
37
Évolution du taux de chômage
41
Demandeurs d'emploi selon statut spécifique
42
Évolution des demandeurs d'emploi résidents selon statut spécifique
42
Évolution de la part des différents chômeurs selon niveau d'éducation
43
Évolution des demandeurs d'emploi résidents selon le niveau d'éducation
44
Évolution de la part des chômeurs selon durée d'inscription
45
Envolée du chômage de longue durée
46
Évolution de la part des chômeurs par niveau d'éducation
46
47
Proportion de femmes au chômage de longue durée
Répartition des chômeurs selon leur durée d'inscription auprès de l'ADEM, décembre 2020 47
Répartition des chômeurs avec et sans statut spécifique selon leur niveau de diplôme,
Luxembourg, décembre 2020
48
Chômeurs de longue durée selon l'âge, moyenne 2020
48
Part des demandeurs d'emploi résidents indemnisés et non indemnisés inscrits auprès de
l'ADEM
49
Solde des administrations publiques en % du PIB
51
Solde des administrations publiques (en % du PIB)
52
L'évolution projetée du solde de l'Administration publique (en % du PIB, 2020-2025)
52
Dette publique (en % du PIB)
53
L'augmentation des dettes publiques au sein de la ZE (2019-2021, en % du PIB)
54
L'évolution projetée de la dette publique du Luxembourg (en % du PIB, 2020-2025)
54
L'évolution projetée du solde structurel de l'Administration publique (en % du PIB, 202055
2025)
Estimations successives du solde des administrations publiques selon la comptabilité
nationale (en millions d'euros)
58
Formation de capital (investissements directs) et transferts en capital (investissements
indirects) de l'administration centrale ; en millions d'euros
62
Décomposition des investissements par secteur au Luxembourg ; en pourcentage du PIB
62
Comparaison des niveaux d'investissements publics et privés ; en pourcentage du PIB
63
Investissement net des administrations publiques ; en pourcentage du PIB
63
Évolution des avoirs des fonds spéciaux de l'État
64
Évolution des dépenses des fonds spéciaux de l'État
64
Évolution des recettes des fonds spéciaux de l'État
64
Dépenses (à gauche) et recettes (à droite) du fonds du rail ; en millions d'euros
66
Évolution des investissements environnementaux et climatiques ; en millions d'euros
68
Dépenses publiques liées à la mise en œuvre du PNEC ; en millions d'euros
68
Évolution des dépenses du fonds climat et énergie (ancien fonds Kyoto) ; en millions
d'euros
70
Dépenses dédiées à la promotion des véhicules routiers à zéro ou à faibles émissions
de CO2 ; en millions d'euros
71
Évolution du taux d'effort moyen des locataires selon le niveau de vie des ménages
de 2010 à 2018 (en %)
72
Évolution de la proportion des ménages locataires dont le taux d'effort est supérieur
à 40% entre 2010 et 2018 selon le niveau de vie (en %)
72
Proportion des logements sociaux locatifs dans le stock des logements (2017)
74
Recettes du Fonds hospitalier
80
Dépenses du Fonds hospitalier
81
Part du revenu locatif dans le revenu brut total selon le revenu ou le patrimoine du
ménage
109
Prix enregistrés des immeubles bâtis destinés au logement
110
Sommaire des tableaux
Tableau 1 :
Tableau 2 :
Tableau 3 :
Tableau 4 :
Tableau 5 :
Tableau 6 :
Tableau 7 :
Tableau 8 :
Tableau 9 :
Tableau 10 :
Tableau 11 :
Évolution des prix de gros et de détail du gaz naturel et de l'électricité ; 2019 à 2021
Éléments budgétaires relatifs aux allocations familiales et à leur revalorisation
Comparaison des montants d'allocation de vie chère
Dotation au Fonds national de solidarité aux fins de l'accueil gérontologique (en euros)
Les dépenses du ministère du Travail, de l'Emploi et de l'Économie sociale et solidaire
Indicateurs conjoncturels récents
Projections à moyen terme 2021-2025
Erreurs moyennes et biais statistiques par rapport à l'année t+1 dans les estimations
du solde des administrations publiques
Variations des recettes courantes et en capital (en millions d'euros)
Évolutions pluriannuelles des recettes et des dépenses (en milliards d'euros)
Structure des dépenses du Fonds climat et énergie (en euros)
21
28
30
32
39
40
40
58
59
60
69
Page 5 de 113
Tableau 12 :
Tableau 13 :
Tableau 14 :
Tableau 15 :
Tableau 16 :
Tableau 17 :
Tableau 18 :
Tableau 19 :
Tableau 20 :
Tableau 21 :
Tableau 22 :
Tableau 23 :
Tableau 24 :
Tableau 25 :
76
Ministère de la Digitalisation - Dépenses pour la digitalisation (en euros)
77
Ministère d'État - Dépenses pour la digitalisation (en euros)
79
Évolution prévisionnelle de la situation financière du Fonds hospitalier
81
Dépenses ajustées du Fonds pour le financement des infrastructures hospitalières
Mise en perspective du plafond de gain horaire pour l'imposition forfaitaire des intérimaires.90
91
Taux de recours au travail intérimaire et au SSM par branche d'activités
98
Structure du « prix à la pompe » au 2 novembre 2021
Taxes supplémentaires en €-cent/L I-ITVA découlant de la hausse de 5 euros du prix du
98
carbone en 2022
100
Prévisions du produit de la taxe carbone (millions d'euros)
103
Effet d'une tranche indiciaire sur le revenu dans un barème non ajusté
104
Effet de la revalorisation de certaines mesures de tempérament fiscal
105
Illustration de la progressivité trop concentrée (« bosse fiscale »)
106
Imposition comparée d'un salaire et de revenus mixtes (capital-travail)
107
Imposition (partiellement) rééquilibrée des dividendes : une illustration
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Par courriel en date du 13 octobre 2021, M. Pierre Gramegna, ministre des Finances, a soumis à
l'avis de la Chambre des salariés (CSL) les projets sous rubrique. Le présent avis couvre également
les amendements aux projets de loi n° 7878 et 7879 introduits par le gouvernement et qui nous ont
été adressés en date du 15 novembre 2021.
Un budget à court d'ambition et qui manque de
transparence face aux principaux défis du pays
1. Résumé exécutif/Conclusion
Le projet de budget pour l'exercice 2022 n'est pas à qualifier de budget d'austérité. Dont acte.
C'est pourtant la moindre des choses. Il semble évident qu'une politique d'austérité serait
contreproductive en ce moment (comme la plupart du temps), ceci non seulement eu égard à la
situation économique et sociale du pays et dans la zone euro, mais également pour celle des finances
publiques dont l'évolution favorable dépend largement d'une bonne conjoncture économique.
Il importe de ne pas répéter les erreurs postérieures à la crise de 2009 où les dirigeants européens
et luxembourgeois, par une politique restrictive, ont cassé la relance économique ainsi que le
redressement de la situation sociale et des finances publiques.
Par ailleurs, face aux défis énormes qui se présentent devant nous en termes de lutte contre les
inégalités, de numérisation, de logement et de transition écologique - qui constituent des priorités
affichées par le gouvernement dans le cadre du projet de budget -, il est évident que des moyens
budgétaires considérables doivent y être consacrés, alors que ce projet manque, à tout le moins, soit
d'ambition ou, a minima, de transparence.
Une situation économique favorable en comparaison internationale
En ce qui concerne la situation économique au Luxembourg, elle reste relativement favorable,
notamment en comparaison internationale ; les caractéristiques de l'économie luxembourgeoise ont
permis au pays de tirer son épingle du jeu en matière de croissance économique. Dans la zone euro,
en 2020, seules la Lettonie et l'Irlande affichent un taux de croissance supérieur à celui du GrandDuché. En 2021, la croissance devrait être supérieure à la moyenne de la zone euro. Si l'on considère
la croissance du PIB en valeur, le Luxembourg devrait même figurer en tête du classement européen
en 2021. L'année 2022 devrait être marquée par des taux de croissance supérieurs à 3% (voire
proches de 4% selon le FMI), et qui dépassent donc ceux connus entre 2017 et 2019, mais en ligne
avec la moyenne historique du quart de siècle passé.
Si la progression de l'emploi reste vigoureuse, quoique à un rythme un peu moins effréné qu'à
l'accoutumé, ce sont surtout, à côté du fait que la crise sanitaire n'est pas encore surmontée, les
problèmes d'approvisionnement et notamment les tensions inflationnistes (y liées) qui inquiètent.
L'explosion des prix énergétiques ne constitue pas seulement une menace pour la reprise
économique, mais, avant tout, aussi pour la situation financière de nombreux ménages (déjà
lourdement impactés par l'explosion des prix du logement).
Le projet de budget reste muet quant à cette problématique brûlante, et la CSL demande qu'un
élément crucial de l'action publique pour 2022 soit la compensation sociale de cette flambée des prix
énergétiques pour les ménages modestes et moyens, par exemple :
•
•
•
•
assurer la continuité de l'approvisionnement en électricité et gaz même en cas d'impayés
geler temporairement les prix de l'énergie à un niveau raisonnable pour les ménages les plus
vulnérables
augmenter de façon significative les montants de l'allocation de vie chère afin qu'ils soient
en adéquation avec les prix énergétiques actuels
contrebalancer la hausse de la taxe CO2 nationale prévue pour le ler janvier 2022 en
renforçant de façon significative les compensations sociales de la taxe CO2 nationale à
destination des ménages les plus modestes ;
revoir à la baisse (du moins de façon temporaire) la taxation des produits énergétiques en
agissant sur les niveaux d'accises et/ou de TVA prélevés.
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Une situation sociale toujours à la traîne
Une attention particulière à accorder à cette évolution des prix énergétiques s'avère d'autant plus
importante que la situation sociale ne connaît pas d'évolution propice au Luxembourg. Si certains
indicateurs témoignent d'une stabilisation à un haut niveau défavorable en 2020, d'autres laissent
entendre une dégradation supplémentaire de la situation.
La CSL reste convaincue de la nécessité d'un véritable plan de lutte contre les inégalités sociales,
alors que les mesures annoncées sont décevantes. La CSL demandes des augmentations structurelles
de plusieurs prestations sociales, à l'instar des prestations familiales, du REVIS, de l'allocation de vie
chère, du complément d'accueil gérontologique, de la pension minimale et du salaire social minimum
ainsi que des adaptations fiscales au bénéfice surtout des familles monoparentales.
Il convient également de garder à l'oeil l'évolution inquiétante du chômage de longue durée ; notre
Chambre demande un allongement de la durée normale d'indemnisation (hors prolongations déjà
prévues, notamment pour les chômeurs de plus de 50 ans et difficiles à placer) au-delà des 365 jours
au maximum par période de 24 mois. Il faut d'ailleurs rappeler que le Luxembourg bénéficie d'une
durée maximale relativement courte par rapport à ses voisins.
Des finances publiques considérablement plus solides qu'anticipé et des prévisions assez
timides
Les finances publiques luxembourgeoises sont structurellement saines, même si elles ont
évidemment été fortement impactées par la crise. Toutefois, au vu des projections budgétaires à
moyen terme établies dans le cadre du Projet de loi relatif à la programmation financière pluriannuelle
pour la période 2021-2025, il appert que le Luxembourg respectera tous les critères européens dès
2022, à savoir en termes de déficit public, de dette publique et de solde structurel et reste un élève
modèle en la matière. Rappelons que ces critères ne sont pas applicables en 2020, 2021 et 2022.
Leur non-application pendant ces années a certes permis aux États membres de réagir de manière
adéquate ; néanmoins une révision fondamentale de ces règles au niveau européen s'impose afin de
pouvoir réaliser les investissements nécessaires pour préparer nos sociétés aux transitions
écologique et numérique. La CSL plaide pour une règle d'or en termes de finances publiques qui
traite à part les dépenses d'investissements nécessaires pour préparer l'avenir.
Finalement, la CSL estime que le déficit budgétaire en 2021, mais aussi en 2022, sera moins élevé
que prévu, ceci en raison d'une sous-estimation des recettes fiscales et de la non-réalisation de
certaines dépenses d'investissement.
Des investissements maintenus à un niveau élevé, mais partiellement mal orientés
Dans un contexte de sortie de crise et de relance, les investissements publics revêtent un caractère
encore plus important que d'habitude : il s'agit là en effet de l'outil par excellence dont disposent les
pouvoirs publics afin de stabiliser et renforcer l'activité économique. Qui plus est, dans un tel
contexte, les politiques de relance par le biais des investissements publics sont particulièrement
efficaces.
La CSL soutient donc le gouvernement dans sa politique d'investissement ambitieuse, mais elle donne
toutefois à considérer que tous les investissements annoncés ont rarement pu être réalisés. Ceci
devrait s'avérer encore plus compliqué dans une situation connaissant de fortes pénuries en termes
d'approvisionnement des matières premières.
Face au manque de clarté et de transparence concernant les dépenses et les investissements publics
en matière de transition écologique et à l'urgence croissante de la mise en oeuvre de mesures fortes
et pertinentes pour - à défaut de contrer - au moins atténuer le changement climatique, la CSL
appelle le gouvernement à ne pas se contenter d'annoncer des sommes globales, aussi faramineuses
soient-elles, mais à détailler les projets financés par leur biais ainsi que leurs impacts escomptés.
Ceci afin d'éviter qu'on ne puisse conclure que les montants dédiés aux dépenses environnementales
s'apparentent plutôt à une forme de greenwashing qu'à une réelle prise de conscience de l'ampleur
de la tâche et de la contribution que le Grand-Duché peut et doit apporter à la lutte mondiale contre
la montée des dérèglements climatiques.
La CSL dénonce également le manque de détails concernant l'impact budgétaire des différents plans
et initiatives afin de lutter contre le clivage numérique qui constitue, à ses yeux, une priorité.
Si la CSL salue la poursuite active d'acquisitions de terrains destinés à l'habitat, conformément au
programme gouvernemental 2018-2023, qui sera accélérée davantage, ainsi que l'augmentation,
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par rapport au budget voté 2021, de la part de la dotation du Fonds spécial de soutien au
développement du logement réservée aux acquisitions par l'État, les efforts restent décevants, voire
dérisoires, par rapport à l'envergure du déséquilibre entre le poids de la main publique et des acteurs
privés en matière de détention du foncier constructible. D'ailleurs, sur la même période, la dotation
du Fonds d'équipement militaire, qui sert au paiement de dépenses occasionnées par les
investissements dans les capacités et moyens militaires augmente nettement plus vite en passant
de 129 millions d'euros, selon le budget 2021 voté, à 245 millions en 2025, ce qui équivaut à une
croissance de 97%. La CSL est interpellée par cette évolution et rejette catégoriquement cette
répartition des moyens budgétaires qui reflètent une priorisation politique absolument inacceptable.
La CSL estime finalement que les dépenses d'investissements dans les domaines de la santé
publique, de la santé au travail et en matière de formation initiale et continue ne sont pas à la hauteur
des enjeux. Il en est de même en ce qui concerne la prise en charge de certaines dépenses
préfinancées par la CNS et qui devraient être intégralement remboursées par le budget de l'Etat.
Des augmentations fiscales prévues alors que des allégements pour les classes moyennes
et à faible revenu seraient de mise
Alors que la réforme fiscale annoncée par le gouvernement est reportée, il convient néanmoins de
relever que son inaction engendre une augmentation fiscale à deux niveaux.
Premièrement, la taxe CO2 continue d'augmenter dans un contexte d'explosion des prix énergétiques,
alors que les compensations sociales introduites en 2021 lors de la création de cette taxe, ne sont
pas adaptées en conséquence. Par ailleurs, la CSL dénonce le manque total de transparence quant à
l'utilisation des recettes générées par cette taxe ; rappelons qu'il avait été originellement promis que
la moitié de ces recettes serait affectée à des mesures de compensation sociale. La CSL suppose
qu'on est loin du compte.
Deuxièmement, la non-adaptation du barème d'imposition à l'inflation depuis des années constitue,
de fait, une augmentation de la pression fiscale, notamment pour les classes à faible et à moyen
revenu.
La CSL demande une telle adaptation du barème à laquelle s'ajoute la nécessité d'une adaptation
des crédits d'impôts et des mesures de tempérament fiscal qui, pour ces dernières, n'ont plus été
adaptées depuis une éternité.
En outre, de manière générale, l'imposition des revenus du capital reste faible. Une imposition plus
forte de ces revenus, et au moins égale à celle des salaires, serait non seulement socialement plus
juste, mais permettrait également de contribuer à financer les allègements demandés par ailleurs.
Page 9 de 113
2. La situation économique
2.1. Les évolutions conjoncturelles récentes et les projections pour 2022
Les deux dernières années ont été marquées par l'émergence, la propagation et la lutte contre la
maladie covid-19 avec des conséquences importantes tant en matière sociale qu'économique.
La propagation en Europe du virus s'est en effet accompagnée de mesures de confinement à domicile
de la population dans la quasi-totalité du continent au printemps 2020, y compris au Grand-Duché.
Ainsi, au Luxembourg, les données de téléphonie mobile mises à disposition par Google font état
d'une fréquentation en chute de 80% des commerces ainsi que des lieux de travail et de loisirs par
rapport à la période de référence que sont les 5 premières semaines de l'année 2020 au cours de
cette première phase de la gestion de la pandémie.
Avec l'assouplissement des mesures et la mise en œuvre de plans de vaccination massive, la
fréquentation de ces lieux a à nouveau augmenté, mais force est de constater que selon les dernières
données disponibles, celle des lieux de travail est toujours de près de 10% inférieure à la normale.
Graphique 1 : Moyennes mobiles sur 7 jours de l'évolution de la fréquentation de certains lieux par rapport
aux cinq premières semaines de 2020 ; Données mobilité Google du 15/02/20 au 30/10/21
— Commerces et loisirs
— Epiceries et pharmacies
— Lieux de transit
Lieux de travail
— Quartiers résidentiels
2020-03 2020-05 2020-07 2020-09 2020-11 2021-01
g
2021-03 2021-05 2021-07 2021-09 2021-11
En ce qui concerne plus particulièrement le monde du travail, le passage forcé au télétravail de bon
nombre de salariés au printemps 2020 est susceptible de laisser des traces durables en démontrant,
d'un côté, par la pratique que le télétravail n'a pas forcément un impact délétère sur la productivité
des salariés et, de l'autre côté, en permettant un meilleur équilibre entre vies professionnelle et
privée, à condition bien sûr qu'il puisse être mis en œuvre dans de bonnes conditions. De plus, pour
nombre de travailleurs la possibilité de travailler à domicile signifie un gain de temps parfois
considérable du fait de l'absence de trajet vers le lieu de travail.
Le recours au télétravail est donc susceptible de se pérenniser avec à la fois ses effets bénéfiques,
mais aussi des effets potentiellement délétères sur les commerces, cafés et restaurants dont l'activité
est dépendante de la fréquentation des lieux de travail environnants.
Le Luxembourg étant une économie axée sur la prestation de services, le recours au télétravail a
permis d'atténuer l'impact économique du confinement. À cela s'ajoutent les mesures d'aides aux
entreprises et notamment la mesure-phare du recours massif au chômage partiel pour les activités
ne pouvant pas être effectuées en distanciel.
Du côté des entreprises, les mesures sanitaires se sont accompagnées de nombre de mesures d'aides
sous différentes formes : extension du chômage partiel, aides d'urgence pour indépendants et PME,
avances de liquidités remboursables, prêts garantis par l'État. La mise en oeuvre de ces mesures a
permis la survie de nombreuses entreprises qui étaient sous la coupe de fermetures administratives
pour raisons sanitaires et donc la préservation de nombreux emplois. Ainsi, au 22 septembre 2021,
ce sont environ 444 millions d'euros non remboursables1 qui ont été versés aux entreprises auxquels
s'ajoutent 171 millions d'aides remboursables, des prêts garantis par l'État octroyés par les banques
Premières, deuxièmes et troisièmes indemnités pour les indépendants et pour les PME ; aide spécifique pour les
commerces de détail ; aide pour la lutte contre la covid-19 ; Fonds de relance et de solidarité ; aide coûts non
couverts ; aide pour investissements durables dans l'ère de la covid-19 ; aide salaire social minimum
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pour un montant de 189 millions d'euros, ainsi que (au 20 mai 2021) 860 millions d'euros d'avances
au titre du chômage partiel étendu (dont 463 millions réellement dus).
Toutes ces mesures ont empêché une explosion du nombre de faillites d'entreprises, les données
2020 et 2021 affichant une certaine stabilité par rapport aux années précédentes en la matière.
Graphique 2 : Nombre de faillites par mois (au 13 septembre 2021) ; Source : Statec
180
150
160
140
Si
133
132
131
118
120
110
100
80
60
40
20
Janvier
Février
Mars
Juin
Mai
Avril
Juillet
Août
Septembre
Octobre
Novembre
Décembre
• 2018 al 2019 •2020 • 2021
Si ce sont principalement les sociétés de holding et les fonds de placement qui sont concernés par
les faillites (environ un tiers du total entre janvier 2020 et août 2021), force est de constater que le
début de l'année 2021 est marqué par un nombre anormalement élevé de pertes d'emploi liées aux
faillites : 1 266 postes détruits contre environ 1 000 aux premiers semestres 2018 et 2019.
Graphique 2 Pertes d'emploi dues aux faillites (au 13 septembre 2021); Source : Statec
1400
1200
1.043 1.042 1. 009
1. 192 1.266
1.169
4%
10094
2%
90%
Services /meuler (6446. r compris 642 el
64.31
80%
1000
70%
800
600
400
200
O
mi
E
l'
E
,;,''
iil
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tai
E
cOn
2018
":'
::'
'E'
‘E'
‘`',1"
°, i'
2019
• Industrie rOS 391
60%
• lloresca 159.161
40%
8152
mi
e4
—
E:
2020
• tonstruction (41.43,
3096
er,
mr
11
'id
E
`ji
11
té
E
Ci
2021
• Commerce 145 40/
20%
10%
• Autres ormets non linancimi 9.53 5896.
hom 65 56.84.64661
1
0%
Senestre 1 Semer,ì Semestre 1 S,rr,.90r4 Semestre 1 sen,eu. 2 Semestre 1
1)1?
0020
2021
Ce phénomène est principalement le fait de la construction, secteur à la source de près de 40% des
pertes d'emploi au cours des deux derniers semestres.
Les liquidations quant à elles connaissent un bond au cours de l'année 2020 : 965 entreprises ont
été liquidées contre environ 570 les deux années précédentes. Cette accélération semble se
poursuivre au cours des huit premiers mois de 2021 avec 690 liquidations déjà enregistrées (contre
396, 372 et 636 au cours de la même période en 2018, 2019 et 2020).
Graphique 3 : Nombre de liquidations par mois (au 13 septembre 2021) ; source : Statec
200
181
180
160
142
140
118
120
100
80
60
40
20
Janvier
Février
Mars
Avril
Mai
Juin
Juillet
Août
Septembre
Octobre
Novembre
Décembre
• 2018 • 2019 • 2020 • 2021
Page 11 de 113
2.1.1. Le PIB en volume
Les caractéristiques de l'économie luxembourgeoise ont permis au pays de tirer son épingle du jeu
en matière de croissance économique. Dans la zone euro, en 2020, seule la Lettonie et l'Irlande
affichent un taux de croissance supérieur à celui du Grand-Duché et en 2021 la croissance devrait
être supérieure à la moyenne de la zone euro. Si l'on considère la croissance du PIB en valeur, le
Luxembourg devrait figurer en tête du classement européen en 2021.
Graphique 4 : Taux de croissance du PIB réel dans la zone euro , source AMECO
5-
)) d
Année
mu 2020
MB 2021
-10 -
1111 I
l
i
il I
ll l
i
l
l
Ili g
ES IT EL FR PT MT AT ZE19 BE SL CY DE SK NL LV EE FI LU LT IE
Pays
À cet égard, il convient de garder à l'esprit que pour les pays dont les économies ont été le plus
affectées par la pandémie, les taux de croissance exceptionnels qu'ils devraient connaître en 2021
sont à peine suffisants pour se hisser au niveau d'activité économique d'avant-pandémie : pour la
zone euro et les pays voisins, le PIB en volume devrait encore être de 2 à 3 points de pourcentage
inférieur à sa valeur 2019 à la fin de l'année 2021.
Graphique 5 : PIB en volume, indice base 100 en 2019 ; source : AMECO
Zone euro
(19 pays)
— Luxembourg
Belgique
Allemagne
France
105 -
100
95
90 2015
2016
2017
2018
2019
2020
2021
2022
En effet, malgré les importantes mesures de préservation de l'activité économique et des emplois,
la reprise économique plus précoce et vigoureuse que prévue par la plupart des observateurs est
bridée par tout un ensemble de difficultés et de défis (cf. ci-après la section « Risques et incertitudes
entourant les projections économiques »).
Pour ce qui est du Grand-Duché, celui-ci devrait rapidement renouer avec des niveaux de croissance
réelle légèrement supérieurs à ceux connus au cours des dernières années.
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Graphique 7 • Évolution du P1B à prix constants 2015-2022
6 -
s432-
— PIB (en volume)
Moyenne
1995-2020
—2 -
1
1
l
l
l
l
l
2015
2016
2017
2018
2019
2020
2021
PIB en volume
2020
2021
2022
Statec / PB 2022
-1,8%
+6,0%
+3,5%
Commission européenne
-1,3%
+4,8%
+3,3%
OCDE
-1,3%
+4,8%
+2,8%
FMI
-1,3%
+5,5%
+3,8%
i
2022
Ainsi, pour l'année en cours, les experts du Statec (et donc le projet de budget pour 2022), de la
Commission européenne et de l'OCDE tablent sur une croissance se situant dans une fourchette allant
de 4,8 à 6%, contre un peu plus de 3% par an en moyenne sur la période 1995-2020.
Il convient cependant de noter que les institutions internationales divergent du Statec sur les
prévisions pour 2021 en raison d'une appréciation plus optimiste des évolutions du PIB en volume
en 2020 : ainsi, tant la Commission européenne, que l'OCDE et le FMI, estiment que cet indicateur
n'a chuté que de 1,3% en 2020, contre -1,8% retenus par le Statec et dans les projections servant
de base à l'établissement du budget de l'État pour 2022.
L'année 2022 devrait être marquée par des taux de croissance supérieurs à 3% (voire proches de
4% selon le FMI), et qui dépassent donc ceux connus de 2017 à 2019, mais en ligne avec la moyenne
historique du quart de siècle passé.
2.1.2. L'emploi
En termes d'emploi, la pandémie ne semble pas avoir particulièrement affecté l'économie grandducale, contrairement à ce que l'on peut observer dans les pays voisins. Si chez ces derniers l'emploi
devrait connaître une diminution en 2020 et 2021 pour un retour à la situation pré-pandémique (ou
presque) en 2022, le Grand-Duché n'a de cesse de créer de nouveaux postes de travail à un rythme
soutenu.
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Graphique 8:
Emploi intérieur, indice base 100 en 2019 ; source : AMECO
Zone euro
— (19 pays)
— Luxembourg
Belgique
Allemagne
France
105,0
102,5
100,0
97,5
95,0
92,5
90,0
87,5
2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022
Cette progression se fait toutefois à un rythme un peu moins effréné qu'à l'accoutumé, avec, selon
le Statec, dont les projections servent de base au projet de budget, des taux de croissance de 2%
en 2020 puis de 2,5% en 2021 et 2022, soit 0,5 à 1 point de pourcentage en moins que la moyenne
historique.
Graphique 9 : Taux de croissance de l'emploi intérieur source: Statec
Emploi total intérieur
Moyenne
1995-2020
3,50 3,25 3,00 2,75 2,50 2,25 2,00 -
'
'
1 2022
'
2015 2016 2017
'
2018
'
2019
2020
2021
Les experts des institutions internationales que sont la Commission européenne et l'OCDE sont quant
à eux plus prudents en la matière et ne prédisent au mieux que des croissances de 2% en 2021 et
2020.
Emploi
Statec / PB (2022)
2020 2021 2022
+1,9% +2,5% +2,5%
Commission européenne +2,0% +1,9% +2,0%
OCDE
+ 1,7% +1,3% +1,9%
2.1.3. Le chômage
Le chômage, qui se situait encore à des niveaux relativement élevées (environ 5,5%) par rapport à
ses niveaux historiques (4,5% en moyenne entre 1995 et 2020) avant la pandémie, a interrompu sa
lente décrue entamée en 2014 pour bondir d'un point de pourcentage en 2020 et atteindre 6,3%.
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Graphique 10: Taux de chômage ; source: Statec
6,5 -
6,0
5,5
5,0 — Taux de chômage (en %)
Moyenne
1995-2020
4,5 g
g
g
g
l
g
2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022
Concernant les institutions internationales, les avis pour 2021 et 2022 sont très divergents. Sur base
du taux de chômage harmonisé, la Commission européenne craint une forte hausse du taux de
chômage en 2021 (qui ne semble toutefois pas se réaliser pour le moment) qui perdurerait au cours
de l'année 2022.
Du côté de l'OCDE, la situation devrait rester relativement stable au cours des années 2020 à 2022
avec un taux de chômage harmonisé évoluant dans une fourchette de 6,2 à 6,4%.
Pour ce qui est du FMI, dont les prévisions datent d'octobre 2021, la situation en termes de chômage
devrait considérablement s'améliorer pendant l'année en cours pour se stabiliser en 2022 à un taux
de chômage de 5,5%, en ligne avec le taux connu en 2019.
Taux de chômage
2020
2021
2022
Statec / PB2022 (déf. ADEM)
6,4%
6,5%
6,3%
Commission européenne (harm.)
6,8%
7,4%
7,3%
OCDE (harm.)
6,3%
6,4%
6,2%
FMI (harm.)
6,3%
5,6%
5,5%
Toutefois, les chiffres publiés par l'ADEM à la fin de l'été semblent pointer vers une inadéquation
croissante entre offre et demande de travail : alors même que le chômage est à un niveau
relativement élevé, les offres d'emploi déclarées par les entreprises atteignent des niveaux record.
Nous renvoyons aussi à l'analyse plus détaillée ainsi qu'aux mesures de lutte contre le chômage au
chapitre 2.
2.1.4. L'inflation
Après avoir marqué le pas en 2020 (+0,8% contre près de +1,8% en moyenne entre 1995 et 2020),
l'inflation resurgit en 2021 avec un pic à un peu plus de 2,2% sous l'effet combiné des tensions en
matière d'approvisionnement de certains produits (gaz, produits importés d'Asie, automobile) et de
hausses de prix de certains services (par exemple les coiffeurs) qui sont censées compenser les coûts
induits par la mise en œuvre des mesures sanitaires et/ou les manques à gagner induits par les
différentes périodes de fermeture administrative.
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Graphique 11 Taux d'inflation (IPCN) ; source: Statec
2,25 2,00 1,75 1,50 1,25 1,00 0,75
Indice des prix à la consommation
(IPCN)
Moyenne
1995-2020
0,50
0,25
'
' 2022
2015 2016 2017 2018
'
2019
'
2020
2021
Du côté de l'OCDE, les projections tablent sur une persistance durable de la faiblesse de l'inflation :
ainsi, le taux d'inflation harmonisé devrait croître de 1,2% par an pour 2020, 2021 et 2022. La
Commission européenne estime quant à elle que l'IPCH a stagné en 2020, que l'année 2021 devrait
finalement être marqué par un pic d'inflation à 2,5% qui se résorberait en 2022 pour n'atteindre plus
que 1,7%. Les prévisions de la Commission concernant l'inflation dans sa définition nationale (IPCN)
divergent de celles du Statec par leur ampleur que par leur profil. En effet, les économistes de
Bruxelles tablent sur une progression des prix de 1,7% en 2021 et de 1,9% en 2022, soit de 0,5
point de pourcentage (pp.) inférieure aux projections nationales en 2021 et de 0,2 pp. supérieure en
2022.
Les projections les plus récentes, celles du FMI en octobre 2021, tablent sur une inflation
modérément élevée en 2021 sous l'effet des tensions dans les chaînes d'approvisionnement
mondiales et de l'explosion des prix énergétiques, et en premier lieu de ceux du gaz naturel. En 2022
cependant, les prévisions du FMI restent en ligne avec celles des autres institutions, à savoir une
inflation qui se situe dans une fourchette de 1,5% à 2%, en ligne avec les objectifs de la Banque
centrale européenne.
Inflation
2020
2021
2022
Statec / PB 2022 (IPCN)
+0,8%
+2,2%
+1,7%
(IPCN)
+0,8%
+1,7%
+ 1,9%
(IPCH)
+0%
+2,5%
+1,7%
OCDE (IPCH)
+1,2%
+1,2%
+1,2%
FMI (IPCH)
+0%
+2,7%
+1,4%
Commission européenne
Dans cette analyse, il faut toutefois tenir compte d'un effet de base résultant de la faible inflation en
2020.
2.2. Les risques et incertitudes entourant les projections économiques
Suite au lancement des plans de vaccination de la population contre la covid-19 à la fin de l'année
2020 (principalement dans les pays développés), l'activité économique a connu une reprise plus
rapide qu'attendue par la plupart des observateurs.
De cette reprise plus rapide et vigoureuse que prévu découlent un certain nombre de tensions qui
constituent autant de risques susceptibles de brider la relance.
Concernant la vaccination, celle-ci semble atteindre un plafond dans les pays plus avancés. Ainsi,
dans l'Union européenne (UE) environ deux tiers de la population sont totalement vaccinés contre la
maladie, alors même que selon les estimations des scientifiques il est nécessaire d'atteindre des taux
de vaccination de 80% à 90% de la population afin de pouvoir lever la quasi-totalité des restrictions
sanitaires sans mettre en péril le système hospitalier.
Page 16 de 113
Graphique 12 : Proportion de personnes vaccinées contre la covid-19 au 15 octobre 2021 ;
source : https://ourworldindata.org/covid-vaccinations?countly=0WID_WRL
• Share of people fully vaccinated against COVID-19 • Share of people only partly vaccinale against COVID•19
European Union
68%
Luxembourg
65%
South America
65%
North America
59%
Europe
58%
Aala
54%
Oceanla
53%
World
47%
Africa
7.7%
0%
10%
20%
30%
40%
50%
60%
Toutefois, dans l'Union européenne et dans d'autres régions du monde, la vaccination a déjà permis
la levée des restrictions les plus contraignantes et de normaliser dans une certaine mesure la vie
quotidienne et l'activité économique. Ces développements restent cependant largement tributaires
du taux de vaccination et de la potentielle apparition de nouveaux variants contre lesquels les vaccins
actuels seraient moins efficaces. Au Luxembourg, ce sont près de deux tiers de la population totale
qui sont vaccinés (dont la quasi-totalité a obtenu ses deux doses). Si l'on raisonne en termes de
population éligible à la vaccination (personnes de 12 ans ou plus), ce sont, au 31 octobre 2021, un
peu plus des trois quarts de personnes vaccinables qui ont obtenu un schéma de vaccination complet.
Dans ce contexte, la CSL insiste sur le fait que la vaccination contre la covid-19 ainsi que
la médication à venir restent toujours entièrement gratuites pour la population, et cela
quel que soit le nombre de doses vaccinales ou de pilules nécessaires pour garantir une
protection optimale et durable contre cette maladie.
La situation dans certaines zones géographiques, notamment en Afrique et en Asie (hors Chine),
risque de provoquer une nouvelle flambée épidémique. C'est pour contrer une telle menace que
plusieurs institutions internationales ont lancé l'initiative COVAX pour un accès équitable à la
vaccination dans les pays les moins développés et en développement. L'initiative rencontre
cependant un succès qu'on peut au mieux qualifier de très modeste. En effet, les pays développés
semblent plus enclins à procéder dès fin 2021 à une campagne de rappels vaccinaux (3e dose) alors
même que plus de la moitié de la population mondiale ne bénéficie d'aucune protection vaccinale. À
cela se rajoutent les difficultés et retards récurrents dans la production des vaccins ainsi que les
difficultés logistiques de mise en œuvre de campagnes de vaccination dans des lieux difficiles d'accès
et dépourvus d'infrastructures.
Page 17 de 113
Graphique 13 : Nombre de doses promises et livrées par les pays donateurs dans le cadre de l'initiative
COVAX (au 22/10/2021) ; source : https://ourworldindata.org/grapher/covax-donations
COVID-19 vaccine doses donated to COVAX
íiiI
irl 1
,à
Shown is the number of vaccine doses donated to the COVAX initiative by each country. Donations are broken
down by whether they have been announced, donated, or delivered.
• Doses delivered • Doses donated but not yet delivered
United States 108 molion
610.3 million
European Union
167.35 million
Japan I
Doses announced but not yet donated
800 million
345.55 million
60 million
United Kingdom
100 million
Canada I
40.8 million
New Zealand 2.3 million
SwItzeriand 4 million
Hong Kong
7.5 million
ji
United Arab Emirates 1 million
0
100 million
300 million
500 million
700 million
OurWorldInData.orglcoronavirus • CC BY
Source: COVAX, ACT-Accelerator Hub. Data as of October 22, 2021.
Note: COVAX is a worldwide initiative aimed at equitable access to COVID-19 vaccines. Il is directed by Gavi, CEPI, and the WHO.
Note : le Luxembourg a fait don d'environ 500 000 vaccins dans le cadre de l'initiative COVAX.
Malgré cela, il semble improbable que l'on assiste dans les pays développés, et a fortiori au
Luxembourg, à un retour à des mesures sanitaires et à des restrictions d'activité telles qu'elles ont
été implémentées au printemps 2020.
Mais un retour en force de la pandémie dans les pays producteurs d'Asie pourrait brider la relance
économique des pays développés de façon indirecte. Ainsi, au cours de l'année 2021, les autorités
chinoises n'ont pas hésité à fermer à plusieurs reprises l'un ou l'autre de leurs principaux ports
maritimes pour empêcher une nouvelle propagation de l'épidémie suite à la découverte de quelques
cas de covid-19 auprès des agents portuaires, retardant ainsi de plusieurs semaines les livraisons de
marchandises pour l'Europe et les États-Unis.
En Europe, certains pays affichent au début du mois de novembre 2021 des premiers signes de
résurgence d'une nouvelle vague de contaminations et reportent la levée de mesures sanitaires ou
viennent à nouveau les durcir après les assouplissements estivaux afin d'éviter une trop forte
propagation de la maladie et une fréquentation potentiellement trop importante des hôpitaux.
Dans ce même contexte de chaînes de valeur globales, force est de constater que certains choix
effectués au plus fort de la pandémie viennent se répercuter négativement sur la capacité de
certaines entreprises à réagir rapidement à la demande. En effet, en 2020, bon nombre de
producteurs automobiles, n'entrevoyant pas la lumière au bout du tunnel, ont annulé leurs
commandes de puces électroniques qui sont désormais nécessaires pour assurer une bonne partie
des fonctionnalités d'une voiture moderne. En parallèle, les confinements ont entraîné une explosion
de la demande d'ordinateurs, tablettes et autres gadgets électroniques, les producteurs de ces biens
augmentant donc leurs commandes auprès des producteurs de puces et comblant ainsi les trous
dans les carnets de commande.
Avec la reprise de la demande, et la diminution de leurs stocks de puces électroniques, les
producteurs automobiles se trouvent désormais dans une situation où ils se ne sont plus en mesure
de produire à un rythme normal et ne produisent au mieux que les modèles à marge élevée afin de
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renflouer leur trésorerie en attendant une normalisation de la situation. Selon l'institut allemand Ifo,
83% des entreprises de l'industrie automobile allemande (constructeurs et sous-traitants) sont
affectés par cette pénurie dont la fin n'est prédite que pour fin 20222.
Au-delà de l'industrie automobile, c'est de façon plus générale l'ensemble des activités économiques
européennes qui fait face aux défis liés à la reprise post-pandémique. Si les capacités de production
et la main d'œuvre ont largement pu être préservés malgré les arrêts d'activité prolongés, le décalage
entre l'Europe, les États-Unis et la Chine dans la chronologie de la reprise des activités économiques
jouent en défaveur des européens. En effet, le relatif retour à la normale ayant été plus précoce en
Amérique du Nord et surtout en Chine, les producteurs de ces pays se sont assuré la priorité
d'approvisionnement en matières premières et biens intermédiaires au détriment des entreprises
européennes. Ainsi, depuis le début de l'année 2021, le manque de matériel, d'espace ou
d'équipement est devenu un facteur majeur limitant la production pour l'industrie de la zone euro.
Graphique 14 Facteurs limitant la production dans la zone euro ; source Banque centrale européenne Economic bulletin n°6/20213
(percentages of respondents, difference relative to long-term average)
In Shortage of material, space or equipment
Shortage of labour
• Insufficient demand
• Financial constraints
• Other
SerAces
Manufacturing
111111 Iiiii1
-20
2020
2021
2020
2021
Source: European Commission.
Notes: The long-term average is computed for the period between 2003 and 2019. Quarterly survey carrled out ln
the first month of the quarter. The latest observations are for July 2021.
2 httos://www.euronews.com/next/2021/08/03/global-semiconductor-shortage-more-challenaina-times-ahead-for-europe-smajor-carmakers
3 https://www.ecb.europa.eu/oub/econornic-bulletinhtml/eb202106.fr.html
Page 19 de 113
20
8(
15
6(
10
2(
5
10
a
Variation an nue l le en %
En % des entreprises interrogées
Graphique 15 : Facteurs pesant sur l'activité industrielle au Luxembourg (à gauche) et évolution du prix
des biens en zone euro (à droite) ; sources : Statec, Conjoncture Flash d'octobre 2021 et août 2021
LI
2
-2
-LI
O
cu
a)
a)
1-t
1-1
>
cc
c
co
cu
cu
Manque de main-d'oeuvre
—
—
Insuffisance de l'équipement
Insuffisance de la demande (éch. droite)
C) 01 C3 0 0 0 0 1-1 ri
g71
cu
cu
cu
cu
>
aj
5
>
C >
co
co
o
co
>
co
Prix à la production, biens intermédiaires
Prix à la production, biens de consommation (hors alim.)
Prix à la consommation, biens industriels non-énerg.
—
—
Sources: Eurostat. Banque centrale européenne [moyennes mobiles sur 3 moisl
Source: STATEC [enquétes de conjoncture - données lissées sur 3 trimestres]
Si pour l'heure les prix à la consommation évoluent de façon relativement modérée dans un contexte
de reprise économique vigoureuse, les hausses de prix des matières premières et des biens
intermédiaires, si elles perdurent dans le temps, finiront tôt ou tard par se répercuter sur les prix à
la consommation au détriment du pouvoir d'achat des ménages déjà affecté par d'autres facteurs
(logement, prix du gaz et énergétiques).
En parallèle, les prix énergétiques sont eux aussi fortement orientés à la hausse, en particulier ceux
du gaz naturel. Si les facteurs énoncés ci-avant jouent également un rôle dans ce contexte, si
rajoutent la faiblesse des stocks de gaz (période de froid inhabituellement prolongée en Europe) et
des enjeux géopolitiques (moyen de pression russe pour la mise en service de Nord Stream 2)4.
120
35
115
30
110
25
105
20
100
15
95
10
90
5
85
uJ
80
O
Lf,
1-1
co
CD CO
CO CD 0, 0
ri 1-1 1-1 cu
È
È = È
cc
cu
c,
Contr ibutions en points de %
(Ir
LIO
Indice 2015= 100
Graphique 16 : Prix du gaz naturel (à gauche) et contributions à l'inflation (à droite) source Statec, Conjoncture
Flash de juillet 2021 et octobre 2021
3.0
2.5
2.0
1.5
1.0
0.5
0.0
-0.5
-1.0
-1.5
0 1-1 g--I ri g-I 1-1
0
0/ 10 0 0
CU 0.1 CU CU CU CU CU CU CU CU CM
C
co
co
Gaz naturel néerlandais TTF
—Prix à la consommation du gaz au Luxembourg (éch. droite)
Sru trres. Marrnhond STATFC
"ri 4 ta.
76 '." a à È e2
v, c ,«,
,22
o
e'
— É E
t E
Energie
Biens industriels non-énergétiques
Services
m'Alimentation [yc alcool et tabac)
—Indice général [var. ann, en %)
Source: STATEC
Dans son Conjoncture Flash d'octobre 2021, le Statec fait état d'une inflation en hausse de 2,7% en
septembre 2021, dont un peu plus de la moitié (1,4 point de pourcentage) est directement attribuable
à la hausse des prix de l'énergie, et plus particulièrement à celle des prix pétroliers : entre septembre
2020 et 2021 on a ainsi assisté à une hausse de +30% du prix des carburants fossiles, de +74% du
mazout et de 18% du gaz.
4 https://www.soieciel.de/wirtschaft/erdgasoreise-schnellen-hoch-geht-europa -der-brennstoff-aus-a-a7404f22- b4ef-4fb9-9fea-
8199d5143fda?d=16323293778Lsara ecid=soci upd wbMbihOSvViISic8RPU89NcCvtIFc.1
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Toujours selon le Statec, la taxe CO2 contribue avec 0,3 point de pourcentage à la hausse des prix.
Un cinquième de la hausse des prix de l'énergie (0,3pp / 1,4pp) serait ainsi imputable à cette seule
taxe.
L'institut statistique table sur une contagion de la hausse des prix énergétiques à ceux de la
production et craint que la remontée de l'inflation ne soit pas qu'un phénomène transitoire comme
le pensaient de nombreux experts et institutions internationales il y a encore quelques mois, mais
que la hausse des prix prenne un caractère durable. Ainsi, un représentant d'une entreprise de
distribution de gaz luxembourgeoises s'attend à une hausse de l'ordre de 20 à 25% des prix à la
consommation du gaz en janvier 2022 qui vient se rajouter à la hausse de 55% déjà enregistrée de
janvier à septembre 2021.
Selon la Commission européennes, les prix de gros du gaz luxembourgeois seraient (avec la Belgique
et les Pays-Bas) ceux qui ont connu la plus forte hausse par rapport à 2019. Le même constat serait
valable pour les prix de gros de l'électricité.
Tableau I : Évolution des prix de gros et de détail du gaz naturel et de l'électricité ; 2019 à
2021 ; source : Commission européenne, COM(2021) 660 final
FIR
IT
CY
LV
11% 370% 562%
NA
406%
NA
171%
28%
5%
14%
NiA
25%
306% 122% 227% 245% 259% 151% 343% 121% 271% 281% 153% 210%
NA
153%
BE
BG
CZ
DK
DE
EE
IE
592% 159% 565% 554% 559% 264% 100%
Wholesale gas2
38%
Retail gas2
Wholesale
electricity3
Retail electricitv2
Wholesale gas2
Wholesale
electricity3
Retau e1ec1ric1ty2
7%
51%
5%
-12%
0%
ES
4%
FR
25%
21%
8%
15%
16%
5%
23%
14%
19%
-8%
5%
3%
-2%
-2%
4%
LT
LIT°
HU
MT
NL
AT
PL
PT
RO
SI
SK
FI
SE
Eile
'83% 572% 410%
- -
NA
572% 462% 504%
0%
-41%
52%
37% 289%
7%
429%
NA
29%
-4%
103% -1%
-8%
6%
14%
8%
Retail gas2
23%
EL
17%
-6%
19%
-2%
NIA
154% 259% 143% 171% 273% 258% 83% 271% 121% 151% 206% 83% 135% 230%
17%
7%
-5%
0%
-20%
14%
3%
-4%
48%
5%
9%
5%
17%
7%
Source: Hubs data and ECROSTAT datest available data). The latest available data is September 2021 for conntries with a
funcfioning hub (BE, BG, CZ, DK, DE, EE. ES, FR, IT, L V LT, HU, NL, AT,PL, FI )
For the other Member States the data is from June 2021 (EUROSTAD with the exception of SE (May 2021).
Source: VAASAETT (September 2021).
' Source: ENTSO-E and mulfiple sources (September 2021).
Luxembourg wholesale data is based on Germany data for electricity and the Netherlands data for gas.
Digèrent proxies were used for estimating Elj benchmarks based on the data availability
Cependant, ces évolutions ne se répercutent pour l'heure que partiellement sur les prix de vente au
détail avec, pour le Grand-Duché, une hausse de 17% du prix du gaz par rapport à 2019 et de 7%
du prix de l'électricité sur la même période.
Ces développements se feront dès lors ressentir sur le budget des ménages, et tout particulièrement
des plus modestes, au cours des mois à venir, d'autant plus que les consommations énergétiques
tendent à être des dépenses relativement incompressibles. Selon Caritas7, près de 20 000 personnes
ne parviennent pas à chauffer leur logement de façon adéquate en hiver. Outre les difficultés qu'ont
déjà nombre de ménages à joindre les deux bouts, ce phénomène viendra réduire les dépenses dans
d'autres postes de leur budget, potentiellement brider la demande intérieure et, in fine, la reprise de
l'activité économique.
5 httos://www.rtl.lu/news/national/a/1808471.html
6 COM(2021) 660
final du 13 octobre 2021.
7 https://www.rtl.lu/news/national/a/1808894.html
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Dans le même temps, face à l'explosion des prix énergétiques, la Commission européenne a clarifié8
les mesures que les États membres peuvent potentiellement mettre en œuvre tout en respectant les
contraintes du cadre légal européen. Ainsi, les pays de l'Union peuvent :
•
fournir des mesures d'indemnisation et un soutien direct limités dans le temps aux
utilisateurs finaux en situation de précarité énergétique, notamment par le biais de bons ou
en couvrant une partie de la facture énergétique ;
•
mettre en place (s'ils n'existent pas déjà) des garde-fous pour éviter les coupures du réseau
énergétique ou procéder à des reports temporaires de paiement ;
•
réduire la taxation (accises, TVA, taxe carbone) pour les populations vulnérables de manière
limitée dans le temps. Dans ce contexte, la Commission européenne précise que la directive
sur la taxation de l'énergie autorise d'accorder des exonérations ou des réductions de la
taxation de l'électricité, du gaz naturel, du charbon et des combustibles solides utilisés par
les ménages ;
•
envisager de financer les régimes de soutien aux énergies renouvelables par le biais de
prélèvements autres que ceux prélevés par le biais des factures énergétiques.
Dès lors, un élément crucial de l'action publique pour 2022 doit être la compensation
sociale de cette flambée des prix énergétiques pour les ménages modestes et moyens :
•
assurer la continuité de l'approvisionnement en électricité et gaz même en cas
d'impayés9
•
geler temporairement les prix de l'énergie à un niveau raisonnable pour les
ménages les plus vulnérables
•
augmenter de façon significative les montants de l'allocation de vie chère afin qu'ils
soient en adéquation avec les prix énergétiques actuels (à ce sujet, voir section
« 2.1.2 Revalorisation de l'allocation de vie chère » ci-après)
•
neutraliser la hausse de la taxe CO2 nationale prévue pour le ler janvier 2022 en
renforçant de façon significative les compensations sociales de la taxe CO2
nationale à destination des ménages les plus modestes ;
•
revoir à la baisse (du moins de façon temporaire) la taxation des produits
énergétiques en agissant sur les niveaux d'accises et/ou de TVA prélevés.
Par ailleurs, il convient de rappeler que la taxe CO2 est soumise à la TVA, et que toute
hausse de la première génère non seulement direc …
Explication IA à partir du texte officiel de la loi. Indicatif, ne remplace pas un conseil juridique.