Loi – capacité des entités publiques ou privées essentielles à prévenir, gérer et se remettre d'incidents…
De quoi traite ce texte ?
Cette loi vise à renforcer la capacité des entités publiques ou privées essentielles à prévenir, gérer et se remettre d'incidents perturbant leurs services. Elle transpose une directive européenne pour assurer un niveau élevé de résilience de ces entités.
Pour qui: Les entités publiques ou privées désignées comme "critiques" fournissant des services essentiels; Le Haut-Commissariat à la Protection nationale et la Commission de surveillance du secteur financier.
L’essentiel
- Pays
- Luxembourg
- Domaine du droit
- Autres dispositions légales
- Articles
- 55
- Source
- legilux.public.lu
- Texte récupéré le
- Explication mise à jour le
Que réglemente ce texte ?
- La définition et le champ d'application des "entités critiques" et de la "résilience".
- Les autorités compétentes chargées de veiller à l'application de la loi.
- L'élaboration d'une stratégie nationale pour renforcer la résilience des entités critiques.
- L'évaluation des risques et le recensement des entités critiques.
Qui est concerné par ce texte ?
- Les entités publiques ou privées désignées comme "critiques" fournissant des services essentiels.
- Le Haut-Commissariat à la Protection nationale et la Commission de surveillance du secteur financier.
Quels sont les points clés ?
- La loi ne s'applique pas aux questions couvertes par la directive sur la cybersécurité (UE) 2022/2555.
- Les exigences d'actes juridiques sectoriels de l'Union européenne priment si elles sont au moins équivalentes aux obligations de cette loi.
- Le Haut-Commissariat à la Protection nationale élabore une stratégie de résilience et effectue une évaluation des risques au moins tous les quatre ans.
- Les entités critiques sont désignées par arrêté grand-ducal, en tenant compte de l'évaluation des risques et de la stratégie, si elles fournissent des services essentiels, opèrent au Luxembourg, et qu'un incident aurait des effets perturbateurs importants.
Autres dispositions légales
Texte de loi
Texte de loi
Sommaire (55)
- Art. 2 Pour l'application de la présente loi, on entend par
- Art. 3 La Commission de surveillance du secteur financer est l'autorité compé
- Art. 4 Le Haut-Commissariat à la Protection nationale constitue le point de c
- Art. 5 Le Haut-Commissariat à la Protection nationale élabore, après consulta
- Art. 6 (1) Le Haut-Commissariat à la Protection nationale effectue une évalua
- Art. 7 (1) Les autorités compétentes recensent les entités critiques pour les
- Art. 8 L'article 10 et les chapitres 4, 5 et 6 ne s'appliquent ni aux entités
- Art. 9 (1) Les autorités compétentes aident les entités critiques à renforcer
- Art. 10 Chaque fois que cela est approprié, les autorités compétentes se consu
- Art. 11 (1) Sans préjudice de l'article 7, paragraphe 4, deuxième alinéa, les
- Art. 12 (1) Les entités critiques prennent des mesures techniques, des mesures
- Art. 13 (1) La Police grand-ducale est chargée de procéder à des vérifications
- Art. 14 (1) Dans le cadre de l'établissement de l'identité de la personne visé
- Art. 15 (1) La Police grand-ducale met en place un système informatique centra
- Art. 16 (1) Les entités critiques notifient sans retard injustifié à l'autorit
- Art. 17 (1) Une entité est considérée comme une entité critique d'importance e
- Art. 18 (1) Afin d'évaluer le respect des obligations découlant de la présente
- Art. 19 (1) Lorsque l'autorité compétente concernée constate une violation des
- Art. 20 Dans l'article 22, paragraphe 10, de la loi modifiée du 25 mars 2015 f
- Art. 21 La loi modifiée du 23 juillet 2016 portant création d'un Haut-Commissa
- Art. 22 La référence à la présente loi se fait sous la forme suivante : «loi d
- Art. 9bis Le Haut-Commissariat à la Protection nationale élabore une stratégie n
- Art. 15bis (1) Le personnel de l'ANSSI, du CERT Gouvernemental et du SCC est repr
- Art. 23 La présente loi entre en vigueur le premier jour du deuxième mois qui
- Art. 27 Projet de loi
- Art. 28
- Art. 29 65
- Article 2 Définitions
- Article 3 Harmonisation minimale
- Article 4 Stratégie pour la résilience des entités critiques
- Article 5 Évaluation des risques par les États membres
- Article 6 Recensement des entités critiques
- Article 7 Effet perturbateur important
- Article 8
- Article 9 Autorités compétentes et point de contact unique
- Article 10 Soutien des États membres aux entités critiques
- Article 11 Coopération entre États membres
- Article 12 Évaluation des risques par les entités critiques
- Article 13 Mesures de résilience des entités critiques
- Article 14 Vérification des antécédents
- Article 15 Notification d'incidents
- Article 16 Normes
- Article 17 Recensement des entités critiques d'importance européenne particulière
- Article 18 Missions de conseil
- Article 19 Groupe sur la résilience des entités critiques
- Article 20 Soutien de la Commission aux autorités compétentes et aux entités crit
- Article 21 Supervision et exécution
- Article 22 Sanctions
- Article 23 Exercice de la délégation
- Article 24 Comité
- Article 25 Rapports et réexamen
- Article 26 Transposition
- Article 27 Abrogation de la directive 2008/114ICE
- Article 28 Entrée en vigueur
- Article 29 Destinataires
LE GOUVERNEMENT DU GRAND-DUCHÉ DE LUXEMBOURG Haut-Commissariat à la protection nationale Projet de loi portant transposition de la directive (UE) 2022/2557 du Parlement européen et du Conseil du 14 décembre 2022 sur la résilience des entités critiques, et abrogeant la directive 2008/114/CE du Conseil, et modifiant :
1° la loi modifiée du 25 mars 2015 fixant le régime des traitements et les conditions et modalités d'avancement des fonctionnaires de l'État;
2° la loi modifiée du 23 juillet 2016 portant création d'un HautCommissariat à la Protection nationale Texte du projet de loi Chapitre ler — Définition et champ d'application Art. ler. (1) La présente loi ne s'applique pas aux questions couvertes par la directive (UE) 2022/2555 du Parlement européen et du Conseil du 14 décembre 2022 concernant des mesures destinées à assurer un niveau élevé commun de cybersécurité dans l'ensemble de l'Union, modifiant le règlement (UE) n° 910/2014 et la directive (UE) 2018/1972, et abrogeant la directive (UE) 2016/1148, sans préjudice de l'article 8.
Art. 2Pour l'application de la présente loi, on entend par
10 « entité critique » : une entité publique ou privée qui a été désignée conformément à l'article 7 comme appartenant à l'une des catégories qui figurent dans la troisième colonne du tableau de l'annexe ;
2° «résilience »: la capacité d'une entité critique à prévenir tout incident, à s'en protéger, à y réagir, à y résister, à l'atténuer, à l'absorber, à s'y adapter et à s'en rétablir ;
1 30 « incident » : un événement qui perturbe ou est susceptible de perturber de manière importante la fourniture d'un service essentiel, y compris lorsqu'il affecte les systèmes nationaux qui préservent l'état de droit ;
4° «infrastructure critique » : un bien, une installation, un équipement, un réseau ou un système, ou une partie d'un bien, d'une installation, d'un équipement, d'un réseau ou d'un système, qui est nécessaire à la fourniture d'un service essentiel ;
5° «service essentiel »: un service qui est crucial pour le maintien de fonctions sociétales ou d'activités économiques vitales, de la santé publique et de la sûreté publique, ou de 1' environnement ;
6° «maintien de fonctions sociétales vitales »: la disponibilité de services indispensables à la sauvegarde des intérêts vitaux ou des besoins essentiels de tout ou partie du pays ou de la population;
7° «risque » : le potentiel de perte ou de perturbation causé par un incident, à exprimer comme la combinaison de l'ampleur de cette perte ou de cette perturbation et la probabilité que l'incident se produise ;
8° «évaluation des risques » : l'ensemble du processus permettant de déterminer la nature et l'étendue d'un risque en déterminant et en analysant les menaces, les vulnérabilités et les dangers potentiels pertinents qui pourraient conduire à un incident et en évaluant la perte ou la perturbation potentielle de la fourniture d'un service essentiel causée par cet incident;
9° «entité de l'administration publique » : toute entité, à l'exclusion de l'organisation judiciaire, de la Chambre des députés et de la Banque centrale du Luxembourg, qui satisfait aux critères suivants :
Chapitre 2 — Autorités compétentes et point de contact national unique
Art. 3La Commission de surveillance du secteur financer est l'autorité compétente chargée
de veiller à l'application correcte de la présente loi pour le secteur bancaire et le secteur des 2 infrastructures des marchés financiers, figurant aux points 3 et 4 du tableau de l'annexe, ainsi que le secteur des infrastructures numériques, figurant au point 8 du tableau de l'annexe, pour les activités qui tombent sous la surveillance de la Commission de surveillance du secteur financer.
Le Haut-Commissariat à la Protection nationale est l'autorité compétente chargée de veiller à l'application correcte de la présente loi pour les autres secteurs visés à l'annexe, ainsi que le secteur des infrastructures numériques, figurant au point 8 du tableau de l'annexe, pour les activités qui ne tombent pas sous la surveillance de la Commission de surveillance du secteur financier.
L'obligation au secret professionnel prévue par l'article 16 de la loi modifiée du 23 décembre 1998 portant création d'une Commission de surveillance du secteur financier ne fait pas obstacle à l'échange d'informations confidentielles entre les autorités compétentes dans le cadre et aux seules fins de la présente loi et des mesures prises pour son exécution.
Art. 4Le Haut-Commissariat à la Protection nationale constitue le point de contact national
unique chargé d'exercer une fonction de liaison afin d'assurer la coopération transfrontière avec les points de contact uniques des autres États membres et avec le groupe sur la résilience des entités critiques visé à l'article 19 de la directive (UE) 2022/2557 du Parlement européen et du Conseil du 14 décembre 2022 sur la résilience des entités critiques, et abrogeant la directive 2008/114/CE du Conseil. En outre, le point de contact national unique exerce une fonction de liaison avec la Commission européenne et assure la coopération avec les pays tiers.
Chapitre 3 — Cadre national pour la résilience des entités critiques
Art. 5Le Haut-Commissariat à la Protection nationale élabore, après consultation de la
Commission de surveillance du secteur financier, une stratégie visant à renforcer la résilience des entités critiques qui définit des objectifs stratégiques et des mesures politiques, en s'appuyant sur des stratégies nationales et sectorielles, des plans ou des documents similaires pertinents existants, en vue d'atteindre et de maintenir un niveau élevé de résilience des entités critiques et de couvrir au moins les secteurs figurant à l'annexe.
La stratégie contient les éléments suivants :
10 les objectifs stratégiques et les priorités aux fins de renforcer la résilience globale des entités critiques, compte tenu des dépendances et des interdépendances transfrontières et transsectorielles ;
2° un cadre de gouvernance permettant d'atteindre les objectifs stratégiques et les priorités, y compris une description des rôles et des responsabilités des différentes autorités, entités critiques et autres parties participant à la mise en œuvre de la stratégie ;
30 une description des mesures nécessaires pour renforcer la résilience globale des entités critiques, y compris une description de l'évaluation des risques visée à l'article 6;
4° une description du processus par lequel les entités critiques sont recensées ;
3 5° une description du processus de soutien aux entités critiques conformément au présent chapitre, y compris les mesures visant à renforcer la coopération entre le secteur public, d'une part, et le secteur privé et les entités publiques et privées, d'autre part;
6° une liste des principales autorités et parties prenantes concernées, autres que les entités critiques, participant à la mise en oeuvre de la stratégie ;
7° un cadre d'action pour la coordination entre les autorités compétentes au sens de la présente loi et les autorités compétentes en vertu de la directive (UE) 2022/2555 du Parlement européen et du Conseil du 14 décembre 2022 concernant des mesures destinées à assurer un niveau élevé commun de cybersécurité dans l'ensemble de l'Union, modifiant le règlement (UE) n° 910/2014 et la directive (UE) 2018/1972, et abrogeant la directive (UE) 2016/1148 aux fins du partage d'informations sur les risques, menaces et incidents en matière de cybersécurité ainsi que sur les risques, menaces et incidents non liés à la cybersécurité, et de l'exercice des tâches de supervision;
8° une description des mesures déjà en place visant à faciliter la mise en œuvre des obligations prévues au chapitre 4 par les petites et moyennes entreprises au sens de l'annexe de la recommandation 2003/361/CE de la Commission du 6 mai 2003 concernant la définition des micro, petites et moyennes entreprises recensées en tant qu'entités critiques.
À la suite d'une consultation qui est, dans la mesure du possible en pratique, ouverte aux parties prenantes concernées, le Haut-Commissariat à la Protection nationale met à jour la stratégie au moins tous les quatre ans.
Art. 6(1) Le Haut-Commissariat à la Protection nationale effectue une évaluation des risques
sur base des services essentiels identifiés par la Commission européenne. Cette évaluation des risques est utilisée pour recenser les entités critiques conformément à l'article 7 et pour aider les entités critiques à adopter des mesures en vertu de l'article 12.
10 l'analyse des risques qui tient compte des risques naturels et d'origine humaine pertinents, y compris ceux qui revêtent un caractère transsectoriel ou transfrontière, des accidents, des catastrophes naturelles, des urgences de santé publique et des menaces hybrides ou autres menaces antagonistes, lesquelles comprennent les infractions terroristes prévues par le Code pénal ;
2° l'évaluation des risques générale effectuée en vertu de l'article 6, paragraphe 1', de la décision n° 1313/2013/UE du Parlement européen et du Conseil du 17 décembre 2013 relative au mécanisme de protection civile de l'Union européenne ;
3° d'autres évaluations des risques pertinentes effectuées conformément aux exigences des actes juridiques sectoriels pertinents de l'Union européenne, y compris le règlement (UE) 2017/1938 du Parlement européen et du Conseil du 25 octobre 2017 concernant des mesures visant à garantir la sécurité de l'approvisionnement en gaz naturel et abrogeant le règlement (UE) n° 994/2010 et le règlement (UE) 2019/941 du Parlement européen et du Conseil du 5 juin 2019 sur la préparation aux risques dans le secteur de l'électricité et 4 abrogeant la directive 2005/89/CE, ainsi que la loi modifiée du 19 décembre 2008 relative à l'eau et la loi du 28 avril 2017 concernant la maîtrise des dangers liés aux accidents majeurs impliquant des substances dangereuses ;
4° les risques pertinents découlant de la mesure dans laquelle les secteurs figurant à l'annexe dépendent les uns des autres, y compris de la mesure dans laquelle ils dépendent d'entités situées dans d'autres États membres et des pays tiers, et l'incidence qu'une perturbation importante dans un secteur peut avoir sur d'autres secteurs, y compris tout risque important pour les citoyens et le marché intérieur ;
5° toute information sur les incidents notifiés conformément à l'article 16.
Aux fins du premier alinéa, point 4, le Haut-Commissariat à la Protection nationale coopère avec les autorités compétentes d'autres États membres en vertu de la directive (UE) 2022/2557 du Parlement européen et du Conseil du 14 décembre 2022 sur la résilience des entités critiques, et abrogeant la directive 2008/114/CE du Conseil et les autorités compétentes de pays tiers, s'il y a lieu.
Art. 7(1) Les autorités compétentes recensent les entités critiques pour les secteurs et soussecteurs figurant à l'annexe
La désignation d'une entité critique fait l'objet d'un arrêté grand-ducal.
1° l'entité fournit un ou plusieurs services essentiels ;
2° l'entité exerce ses activités sur le territoire luxembourgeois et son infrastructure critique est située sur ledit territoire; et 3° un incident aurait des effets perturbateurs importants, déterminés conformément au paragraphe 3 du présent article, sur la fourniture par l'entité d'un ou de plusieurs services essentiels ou sur la fourniture d'autres services essentiels dans les secteurs figurant à l'annexe qui dépendent dudit ou desdits services essentiels.
L'entité critique est tenue de mettre à la disposition de l'autorité compétente toutes les données sollicitées aux fins du recensement, de la désignation et de la protection des entités critiques.
1° le nombre d'utilisateurs tributaires du service essentiel fourni par l'entité concernée ;
2° la mesure dans laquelle les autres secteurs et sous-secteurs figurant à l'annexe dépendent du service essentiel en question;
5 3° l'impact que des incidents pourraient avoir, du point de vue de l'ampleur et de la durée, sur les activités économiques et sociétales, l'environnement, la sûreté et la sécurité publiques, ou la santé de la population;
4° la part de marché de l'entité sur le marché du ou des services essentiels concernés ;
5° la zone géographique susceptible d'être affectée par un incident, y compris toute incidence transfrontière, compte tenu de la vulnérabilité associée au degré d'isolement de certains types de zones géographiques ;
6° l'importance que revêt l'entité pour le maintien d'un niveau suffisant de service essentiel, compte tenu de la disponibilité de solutions de rechange pour la fourniture de ce service essentiel.
Le chapitre 4 s'applique aux entités critiques concernées à l'expiration d'un délai de dix mois à compter de la date de la notification visée au premier alinéa du présent paragraphe.
De même, cette notification précise, le cas échéant, que les entités critiques concernées sont des entités des secteurs figurant au point 8 du tableau de l'annexe et qu'elles ne sont soumises à aucune des obligations prévues aux chapitres 4 et 5, pour les activités qui tombent sous la surveillance de la Commission de surveillance du secteur financier.
6
Art. 8L'article 10 et les chapitres 4, 5 et 6 ne s'appliquent ni aux entités critiques recensées
dans les secteurs figurant aux points 3 et 4 du tableau de l'annexe, ni aux entités critiques recensées dans le secteur figurant au point 8 du tableau de l'annexe, pour les activités qui tombent sous la surveillance de la Commission de surveillance du secteur financier.
Art. 9(1) Les autorités compétentes aident les entités critiques à renforcer leur résilience
Art. 10Chaque fois que cela est approprié, les autorités compétentes se consultent avec les
autorités compétentes des autres États membres au sujet des entités critiques aux fins d'assurer l'application cohérente de la présente loi. Ces consultations ont lieu en particulier au sujet des entités critiques qui :
10 utilisent des infrastructures critiques qui sont physiquement connectées entre deux États membres ou plus;
2° font partie de structures d'entreprise qui sont connectées ou liées à des entités critiques dans d'autres États membres ;
3° ont été recensées en tant qu'entités critiques dans un État membre et fournissent des services essentiels à ou dans d'autres États membres.
Chapitre 4 — Résilience des entités critiques
Art. 11(1) Sans préjudice de l'article 7, paragraphe 4, deuxième alinéa, les entités critiques
procèdent à une évaluation des risques dans un délai de neuf mois suivant la réception de la notification visée à l'article 7, paragraphe 4, selon les besoins par la suite et au moins tous les quatre ans, sur la base de l'évaluation des risques visée à l'article 6 et d'autres sources d'informations pertinentes, afin d'évaluer tous les risques pertinents qui pourraient perturber la fourniture de leurs services essentiels (ci-après dénommée « évaluation des risques d'entité critique »).
Lorsqu'une entité critique a réalisé d'autres évaluations des risques ou établi des documents en vertu d'obligations prévues dans d'autres actes juridiques qui sont pertinents pour son évaluation des risques d'entité critique, elle peut utiliser ces évaluations et documents pour satisfaire aux exigences énoncées dans le présent article. Dans l'exercice de ses fonctions de supervision, l'autorité compétente peut déclarer qu'une évaluation des risques existante réalisée par une entité critique qui porte sur les risques et le degré de dépendance visés au premier alinéa du présent paragraphe respecte, en tout ou en partie, les obligations prévues par le présent article.
Art. 12(1) Les entités critiques prennent des mesures techniques, des mesures de sécurité et
des mesures organisationnelles appropriées et proportionnées pour garantir leur résilience, sur la base des informations pertinentes fournies par les autorités compétentes concernant l'évaluation des risques visée à l'article 6 et les résultats de l'évaluation des risques d'entité critique, y compris des mesures nécessaires pour:
10 prévenir la survenance d'incidents, en tenant dûment compte de mesures de réduction des risques de catastrophe et d'adaptation au changement climatique ;
2° assurer une protection physique adéquate de leurs locaux et infrastructures critiques;
30 réagir et résister aux conséquences des incidents et les atténuer, en prenant dûment en considération la mise en œuvre de procédures et protocoles de gestion des risques et des crises et de procédures d'alerte ;
4° se rétablir d'incidents, en prenant dûment en considération des mesures assurant la continuité des activités et la détermination d'autres chaînes d'approvisionnement, afin de reprendre la fourniture du service essentiel ;
5° assurer une gestion adéquate de la sécurité liée au personnel, en prenant dûment en considération des mesures telles que la définition des catégories de personnel qui exercent des fonctions critiques, l'établissement de droits d'accès aux locaux, aux infrastructures critiques et aux informations sensibles, la mise en place de procédures de vérification des antécédents conformément aux articles 13 à 15, la désignation des catégories de personnes tenues de faire l'objet de telles vérifications des antécédents et la définition d'exigences et de qualifications appropriées en matière de formation;
6° sensibiliser le personnel concerné aux mesures visées aux points 1 à 5, en tenant dûment compte des séances de formation, du matériel d'information et des exercices.
Aux fins du premier alinéa, point 5, les entités critiques tiennent compte du personnel des prestataires de services extérieurs lorsqu'ils définissent les catégories de personnel qui exercent des fonctions critiques.
Art. 13(1) La Police grand-ducale est chargée de procéder à des vérifications des antécédents
et en est le responsable du traitement tel que défini par le règlement (UE) 2016/679 du Parlement européen et du Conseil du 27 avril 2016 relatif à la protection des personnes physiques à l'égard du traitement des données à caractère personnel et à la libre circulation de ces données, et abrogeant la directive 95/46/CE. Elle procède, sur demande des entités critiques et dans le seul but d'évaluer un risque potentiel pour la sécurité de l'entité concernée, à des vérifications des antécédents des personnes :
10 qui occupent des fonctions sensibles au sein de l'entité critique ou au bénéfice de celleci, notamment en ce qui concerne la résilience de l'entité critique;
2° qui occupent la fonction de responsable du système informatique ou du système de contrôle de l'entité critique;
30 dont le recrutement est envisagé à des postes répondant aux critères énoncés aux points 1 à2.
Préalablement à l'introduction de la demande visée au paragraphe 1er, les catégories de personnes tenues de faire l'objet d'une vérification des antécédents désignées dans le cadre des mesures prévues à l'article 12, feront l'objet d'un avis favorable par l'autorité compétente. Une copie de cet avis sera transmise à la Police grand-ducale.
1° l'identité de la personne visée au paragraphe 1" : noms et prénoms, date et lieu de naissance, résidence, nationalité, numéro d'identification national et numéro de la pièce d'identité ainsi qu'une photographie récente ;
2° la nature du contrat de travail ou de la relation juridique liant la personne visée au paragraphe 1el. à l'entité critique;
3° la déclaration écrite ou électronique de la personne visée au paragraphe 1", contenant l'autorisation de procéder à une vérification des antécédents et de demander toute information relative à la demande disponible et directement accessible aux autorités compétentes nationales, ou tout document équivalent auprès des autorités des pays de résidence des cinq dernières années ou dont il a la nationalité ;
40 une liste des lieux de résidence des cinq dernières années et un certificat de résidence datant de moins de trois mois ;
50 un extrait du casier judiciaire des pays énoncés au point 3, à l'exception du Luxembourg, datant de moins de trois mois ;
9 6° l'accord de la personne visée au paragraphe 1", que le bulletin N° 2 du casier judiciaire puisse être délivré directement à la Police grand-ducale ;
7° la signature de la personne visée au paragraphe 1" ;
8° le cachet et la signature de l'entité dont relève la personne visée au paragraphe 1", précédés d'une attestation de ladite entité certifiant le bien-fondé et les motifs de la demande ;
9° une documentation concernant les emplois, les études et les interruptions au cours des cinq dernières années ;
10° une photocopie de la carte d'identité ou du passeport en cours de validité ;
11° un questionnaire biographique dûment rempli.
La Police grand-ducale procède à la vérification des antécédents sur une période de cinq ans précédant la demande. Lorsque la personne visée au paragraphe 1" est âgée de moins de vingttrois ans au moment de l'introduction de la demande, la Police est autorisée à consulter le registre spécial prévu par l'article 15 de la loi modifiée du 10 août 1992 relative à la protection de la jeunesse.
Toute demande incomplète est retournée à l'entité critique requérante et non traitée.
La décision de renouvellement de la vérification des antécédents prend effet à la fin de validité de la décision antérieure.
Art. 14
10
10 commis ou tenté de commettre une des infractions contre la sûreté de l'État visées aux articles 101 à 135-17 du Code pénal ;
2° commis ou tenté de commettre une des infractions de corruption visées aux articles 246 à 250 du Code pénal ;
3° fait des fausses déclarations en relation avec la demande de vérification des antécédents.
Art. 15(1) La Police grand-ducale met en place un système informatique centralisé permettant
de faciliter la gestion administrative des demandes de vérification des antécédents.
Art. 16(1) Les entités critiques notifient sans retard injustifié à l'autorité compétente les
incidents qui perturbent ou sont susceptibles de perturber de manière importante la fourniture de services essentiels. Sauf à être dans l'incapacité de le faire pour des raisons opérationnelles, les entités critiques présentent une première notification au plus tard vingt-quatre heures après avoir pris connaissance d'un incident, suivie, s'il y a lieu, d'un rapport détaillé au plus tard un mois après. Afin de déterminer l'importance de la perturbation, les paramètres suivants sont, en particulier, pris en compte :
10 le nombre et la proportion d'utilisateurs affectés par la perturbation;
2° la durée de la perturbation;
3° la zone géographique concernée par la perturbation, en tenant compte de son éventuel isolement géographique.
Les paramètres permettant de déterminer l'importance de la perturbation sont précisés par règlement grand-ducal.
11 Le point de contact unique qui envoie et reçoit des informations en vertu du premier alinéa traite ces informations de manière à en respecter la confidentialité et à préserver la sécurité et les intérêts commerciaux de l'entité critique concernée.
Chapitre 5 — Entités critiques d'importance européenne particulière
Art. 17(1) Une entité est considérée comme une entité critique d'importance européenne
particulière lorsqu'elle:
10 a été désignée en tant qu'entité critique conformément à l'article 7, paragraphe 1" ;
2° fournit les mêmes services essentiels ou des services essentiels similaires à ou dans six États membres ou plus ; et 3° a fait l'objet d'une notification de la part de la Commission européenne, par l'intermédiaire de son autorité compétente, qu'elle est considérée comme une entité critique d'importance européenne particulière.
Chapitre 6 — Supervision et exécution
Art. 18(1) Afin d'évaluer le respect des obligations découlant de la présente loi, les autorités
compétentes sont autorisées à:
1° procéder à des inspections sur place de l'infrastructure critique et des locaux utilisés par l'entité critique pour fournir ses services essentiels afin de s'assurer de la mise en oeuvre des mesures prises par les entités critiques conformément à l'article 12;
2° procéder à la supervision à distance des mesures prises par les entités critiques conformément à l'article 12;
3° ordonner un audit visant à contrôler la mise en œuvre effective des mesures prises par les entités critiques conformément à l'article 12.
Les inspections sur place prévues au point 1 se font entre huit heures et dix-sept heures, moyennant préavis d'au moins deux semaines, par un agent du groupe de traitement ou du 12 groupe d'indemnité Al ou A2 de l'autorité compétente. Ces inspections pourront se dérouler en dehors de cette plage horaire, en cas d'accord de l'entité critique.
Les agents visés à l'alinéa 2 signalent leur présence à l'agent de liaison de l'entité critique ou, le cas échéant, à son remplaçant. Ce dernier peut les accompagner et leur prêter concours, le cas échéant, pour mener à bien les inspections.
L'agent visé à l'alinéa 2 est tenu de dresser un rapport relatif à l'inspection opérée. Une copie de ce rapport est transmise à l'agent de liaison de l'entité critique.
10 les informations nécessaires pour évaluer si les mesures prises par ces entités pour garantir leur résilience satisfont aux exigences énoncées à l'article 12;
2° la preuve de la mise en oeuvre effective de ces mesures, y compris les résultats d'un audit effectué par un auditeur indépendant et qualifié sélectionné par ladite entité et effectué à ses frais.
Ces données comprennent toutes les informations qui sont nécessaires dans le contexte de la prévention ou de la gestion d'une crise en vertu de la loi modifiée du 23 juillet 2016 portant création d'un Haut-Commissariat à la Protection nationale.
Lorsqu'elles requièrent ces informations, les autorités compétentes mentionnent la finalité de la demande et précisent les informations exigées.
Art. 19(1) Lorsque l'autorité compétente concernée constate une violation des obligations
prévues par les articles 11, 12, 16 et 18 elle peut frapper l'entité critique concernée d'une ou de plusieurs des sanctions suivantes :
10 un avertissement ;
2° un blâme ;
30 une amende administrative, dont le montant est proportionné à la gravité du manquement, à la situation de l'intéressé, à l'ampleur du dommage et aux avantages qui en sont tirés sans pouvoir excéder 250 000 euros.
Chapitre 7 — Dispositions modificatives
Art. 20Dans l'article 22, paragraphe 10, de la loi modifiée du 25 mars 2015 fixant le régime
des traitements et les conditions et modalités d'avancement des fonctionnaires de l'État, les mots «pour assurer l'opérationnalité permanente du Centre national de crise» sont insérés après les mots « soumis à une obligation de permanence ou de présence ».
Art. 21La loi modifiée du 23 juillet 2016 portant création d'un Haut-Commissariat à la
Protection nationale est modifiée comme suit:
14 1° A l'article 1, alinéa 1er, les termes « infrastructures critiques » sont remplacés par ceux de « entités critiques »;
2° L'article 2, point 4, est remplacé par le texte suivant : «4. «entité critique »: une entité au sens de la loi du XXX sur la résilience des entités critiques; »;
3° L'article 3 est modifié comme suit:
40 L'intitulé du chapitre 4 est remplacé par l'intitulé suivant : «Chapitre 4 — La protection des entités critiques » ;
5° Les articles 4 à 8 sont abrogés ;
6° A l'article 9, alinéa 1", les termes «infrastructure critique » sont remplacés par ceux de «entité critique » et le terme « infrastructure » est remplacé par celui de « entité ».
Chapitre 8 — Intitulé de citation
Art. 22La référence à la présente loi se fait sous la forme suivante : «loi du XXX sur la
résilience des entités critiques ».
15 ANNEXE Secteurs, sous-secteurs et catégories d'entités 1.
Secteurs Énergie Sous-secteurs
règlement (UE) no 910/2014 du Parlement européen et du Conseil du 23 juillet 2014 sur l'identification électronique et les services de confiance pour les transactions électroniques au sein du marché intérieur et abrogeant la directive 1999/93/CE Fournisseurs de réseaux de communications électroniques publics au sens de l'article 2, point 8, de la loi du 17 décembre 2021 sur les réseaux et les services de communications électroniques services de Fournisseurs de communications électroniques au sens de l'article 2, point 4, de la loi du 17 décembre 2021 sur les réseaux et les services de communications dans la mesure où leurs services sont accessibles au public Entité de l'administration publique telle que définie à l'article 2, point 9 Exploitants d'infrastructures au sol, détenues, gérées et exploitées par des États membres ou par des parties privées, qui soutiennent la fourniture de services spatiaux, à l'exclusion des de réseaux fournisseurs de électroniques communications publics au sens de l'article 2, point 8, de la loi du 17 décembre 2021 sur les réseaux et les services de communications
Le but primaire de la directive et du projet de loi y afférent est la protection des entités critiques, c'est-à-dire des entités qui assurent un service qui est indispensable pour assurer des fonctions sociétales ou des activités économiques vitales, dénommé « service essentiel ». Ces entités sont critiques dans un double sens. D'une part, ces entités et les services essentiels qu'elles fournissent sont en eux-mêmes cruciaux pour nos sociétés, et, d'autre part, vu les interdépendances entre différents entités et secteurs, la défaillance d'une entité risque de mettre en péril d'autres entités dites critiques.
Vu que la directive 2008/114/CE ne s'applique qu'aux infrastructures critiques européennes, le Luxembourg s'est doté, comme de nombreux autres pays européens, d'une loi destinée à assurer la protection des infrastructures critiques nationales.4 A l'instar du règlement grandducal du 12 mars 2012, cette loi attribue au Haut-Commissariat à la Protection nationale (HCPN) la mission de procéder au recensement et à la protection des infrastructures critiques.
Cette loi, qui définit l'infrastructure critique comme «tout point, système ou partie de celui-ci qui est indispensable à la sauvegarde des intérêts vitaux ou des besoins essentiels de tout ou partie du pays ou de la population » se distingue fondamentalement du règlement grand-ducal de 2012 en ce qu'il ne prend non seulement en compte les secteurs de l'énergie et des transports, mais aussi ceux des technologies de l'information et de la communication, des finances, de la santé, de l'alimentation, de l'eau, de l'industrie chimique et de l'administration publique.5 La Directive 2008/114/CE du Conseil du 8 décembre 2008 concernant le recensement et la désignation des infrastructures critiques européennes ainsi que l'évaluation de la nécessité d'améliorer leur protection, JO.U.E., L 345 du 23 décembre 2008, p. 75.
2 Règlement grand-ducal du 12 mars 2012 portant application de la directive 2008/114/CE du Conseil du 8 décembre 2008 concernant le recensement et la désignation des infrastructures critiques européennes ainsi que l'évaluation de la nécessité d'améliorer leur protection, Mém. A n° 45, 15 mars 2012, P. 449.
3 Art. 3, lettre b), du règlement grand-ducal du 12 mars 2012, o. c., (v. note 2).
4 Loi modifiée du 23 juillet 2016 portant création d'un Haut-Commissariat à la Protection nationale, Mém. A n° 137, 28 juillet 2016, p. 2342.
5 Règlement grand-ducal du 21 février 2018 déterminant les modalités du recensement et de la désignation des infrastructures critiques, Mém. A n°152, 1er mars 2018.
26 loi impose aux opérateurs d'une infrastructure critique, dans l'optique de la mise en œuvre d'un concept de protection nationale efficace, d'informer les autorités en cas d'incident risquant de perturber le fonctionnement de l'infrastructure. Les opérateurs sont par ailleurs tenus d'élaborer, sur base d'une évaluation des risques, des plans de sécurité et de continuité de l'activité qui comportent les mesures visant à prévenir, à atténuer ou à neutraliser le risque d'une discontinuité de la disponibilité du service.
Au niveau européen, la directive 2008/114/CE a fait l'objet d'une évaluation en 2019 qui a montré qu'en raison du caractère de plus en plus interconnecté et transfrontier des services critiques, une protection des entités individuelles n'était plus adéquate. En effet, il faudrait se réorienter sur une approche qui met d'abord l'accent sur la gestion des risques, qui définit ensuite clairement les responsabilités des entités critiques et qui met finalement en place des règles européennes sur la résilience des entités critiques.6 Ce dernier point était d'autant plus important qu'il y avait une forte fragmentation au niveau du recensement des infrastructures critiques. Puisque chaque État membre procédait à la protection des infrastructures critiques à travers sa législation nationale, il y avait de divergences considérables au niveau des secteurs et catégories d'entités concernées. Partant, une entité pouvait être considérée comme critique dans un État membre, mais pas dans un autre. La directive CER se donnait donc pour but de palier à ces discordances et à créer un niveau élevé d'harmonisation au niveau des secteurs et des catégories d'entités concernées.' La directive CER étend le champ d'application de la directive 2008/114/CE à trois égards.
Avant tout, la directive CER ne se limite pas aux entités critiques européennes, mais s'applique à toute entité critique, nationale ou européenne. De surcroît, la directive CER remplace la notion d' «infrastructure critique » par celle d' «entité critique ». En effet, la nouvelle directive ne veut non seulement protéger l'infrastructure, c'est-à-dire l'installation qui sert à fournir le service essentiel, mais elle souhaite mieux équiper les entités qui exploitent ces infrastructures contre les risques qu'elles sont appelées à confronter. Enfin, la directive CER prescrit un recensement dans onze secteurs, à savoir le secteur de l'énergie, des transports, le secteur bancaire, le secteur des infrastructures des marchés financiers, de la santé, de l'eau potable, des eaux résiduaires, des infrastructures numériques, de l'administration publique, de l'espace et de la production, de la transformation et de la distribution de denrées alimentaires.
Notons que la directive CER est en étroite relation avec la directive (UE) 2022/2555 du Parlement européen et du Conseil du 14 décembre 2022 concernant des mesures destinées à assurer un niveau élevé commun de cybersécurité dans l'ensemble de l'Union, modifiant le règlement (UE) n° 910/2014 et la directive (UE) 2018/1972, et abrogeant la directive (UE) 2016/1148 (Network and Information Security Directive, ci-après «directive NIS 2 »).8 En effet, alors que la directive NIS 2 règlemente la résilience cyber des «entités essentielles » et des «entités importantes », la directive CER se charge de la résilience physique des «entités critiques ». Vu qu'une même entité pourrait à la fois être considérée comme entité essentielle et comme entité critique et en vue d'éviter tout double emploi, les deux directives prévoient une coopération étroite entre les autorités en charge de la mise en oeuvre des deux directives.
Afin d'assurer au mieux la résilience des entités critiques, la directive CER procède par trois étapes. En premier lieu, elle impose aux États membres de mettre en place un cadre stratégique propice à la résilience des entités critiques (2.). Deuxièmement, elle impose aux entités Consid. (2) directive CER.
Consid. (3) directive CER.
8 ..0 UE., L 333 du 27 décembre 2022, p. 80.
7 27 critiques d'évaluer les risques auxquels elles sont exposées et de prendre des mesures techniques et organisationnelles adaptées à ces risques (3.). Enfin, la directive formalise la coopération entre États membres (4.).
Sur le plan national, le Haut-Commissariat à la Protection nationale (HCPN) et la Commission de surveillance du secteur financier (CSSF) sont à considérer comme autorités compétentes chargées de veiller à l'application correcte des règles énoncées dans la directive CER. D'un côté, vu l'expérience du HCPN en matière d'infrastructures critiques, il a été jugé opportun de lui confier un rôle majeur dans la mise en oeuvre de la directive CER. Dès lors, le HCPN est responsable du recensement et de la supervision des entités critiques des secteurs de l'énergie, des transports, de la santé, de l'eau potable, des eaux résiduaires, de l'administration publique, de l'espace et de la production, de la transformation, de la distribution de denrées alimentaires et des infrastructures numériques pour lesquelles la CSSF n'est pas compétente. D'un autre côté, vu les spécificités de ces secteurs, la CSSF est en charge du secteur bancaire, du secteur des infrastructures des marchés financiers et des infrastructures numériques, pour les activités qui tombent sous la surveillance de la CSSF. Il est à noter que ce secteur est déjà aujourd'hui soumis à des règles équivalentes à celles inscrites dans la directive CER. L'application de ces règles relève déjà aujourd'hui de la compétence de la CSSF pour les activités qui tombent sous sa surveillance, de sorte qu'il est indiqué de laisser cette compétence auprès de la CSSF.
La directive CER charge les autorités compétentes de recenser les entités critiques pour les secteurs relevant de leur compétence et d'assurer que ces entités se conforment aux prescriptions de la directive. Par conséquent, la directive leur permet de formuler des instructions contraignantes.
Bien que la CSSF ait été désignée comme autorité compétente pour le secteur bancaire, le secteur des infrastructures des marchés financiers et le secteur des infrastructures numériques qui tombent sous sa compétence, l'impact de la directive sur ces secteurs reste relativement modeste en termes de nouvelles obligations. Etant donné que ces secteurs sont d'ores et déjà soumis à un grand nombre d'obligations en vertu d'autres législations sectorielles, la directive CER se limite au recensement de ces entités, sans que les chapitres sur les mesures de supervision et d'exécution ne leur soient applicables puisque la directive CER prévoit de telles exemptions pour les secteurs qui doivent respecter des règles équivalentes.
En ligne avec l'expérience que le HCPN a pu acquérir en matière d'infrastructures critiques, la fonction de point de contact unique est assurée par le HCPN. Par conséquent, il revient au HCPN d'exercer une fonction de liaison afin d'assurer la coopération transfrontière avec les autres États membres et l'Union européenne.
28 La directive exige par ailleurs que les États membres se dotent d'une stratégie pour la résilience des entités critiques. Cette stratégie a pour but de définir les objectifs stratégiques et les priorités à mettre en œuvre en vue de renforcer la résilience des entités critiques. Vu l'expertise du HCPN en matière d'infrastructures critiques, il reviendra à ce dernier d'élaborer cette stratégie.
Dernièrement, la directive exige des États membres qu'ils procèdent à une évaluation des risques pouvant affecter la fourniture de services essentiels. Cette évaluation des risques sera utilisée ultérieurement pour recenser les entités critiques et pour permettre aux entités critiques de prendre des mesures de résilience adéquates. Etant donné que l'analyse des risques nationale relève déjà aujourd'hui des attributions du HCPN,9 il a été jugé utile de le charger de cette évaluation.
Une entité est recensée comme entité critique si trois conditions sont remplies cumulativement : l'entité fournit un ou plusieurs services essentiels ; l'entité exerce son activité au Luxembourg et son infrastructure critique se situe sur le territoire du Grand-Duché ; et un incident aurait des effets perturbateurs importants. Cet effet perturbateur se mesure à l'aide de critères tels que le nombres d'utilisateurs tributaires du service essentiels, de l'interdépendance entre ce service essentiel et d'autres secteurs critiques ou encore la part de marché de l'entité ou du service essentiel concerné.
Après avoir été recensée comme critique par l'autorité compétente, plusieurs obligations s'imposent aux entités critiques.
Les entités critiques sont d'abord tenues à faire une évaluation des risques qui pourraient perturber la fourniture de leur service essentiel. En ce faisant, les entités critiques prennent notamment en compte l'évaluation des risques élaborée par le HCPN. Cette obligation est similaire à l'analyse des risques que les infrastructures critiques font aujourd'hui dans le contexte de l'élaboration du plan de sécurité et de continuité de l'activité.
De plus, les entités critiques devront prendre des mesures techniques, des mesures de sécurité et des mesures organisationnelles appropriées et proportionnées aux risques préalablement identifiés dans le cadre de leur évaluation des risques. Ces mesures sont également similaires à celles que les entités doivent inscrire dans leur plan de sécurité et de continuité de l'activité.
Finalement, les entités critiques sous soumises à une obligation de notification, de sorte que ces entités devront informer les autorités compétentes des incidents qui perturbent ou sont susceptibles de perturber de manière importante la fourniture de leurs services essentiels.
Remarquons que, pour éviter des doubles emplois et des charges inutiles, les dispositions précitées ne s'appliquent pas aux entités soumises à des législations sectorielles qui leur imposeraient des mesures au moins équivalentes en termes de renforcement de leur résilience.
Les autorités compétentes sont en charge de veiller au respect des mesures imposées aux entités critiques. Ainsi, la directive CER leur accorde le pouvoir de formuler des instructions contraignantes, ainsi qu'un véritable pouvoir de sanction.
D'un côté, la Commission apporte son soutien aux États membres et aux entités critiques dans la mise en oeuvre de la directive, notamment en élaborant une vue d'ensemble, au niveau européen, des risques transfrontières et transsectoriels qui pèsent sur la fourniture de services essentiels et en facilitant l'échange d'informations entre États membres et experts dans l'ensemble de l'Union.
D'un autre côté, la directive instaure le groupe sur la résilience des entités critiques, plateforrne d'échange pour les experts nationaux et européens. Entre autres, ensemble avec la Commission, ce groupe assiste les États membres dans l'implémentation de la directive et facilite l'échange de bonnes pratiques dans le domaine de la mise en oeuvre de la directive.
Puisque les dispositions de la directive relatives au soutien de la Commission et au groupe sur la résilience des entités critiques se suffisent à elles-mêmes, elles n'ont pas été transposées en droit luxembourgeois.
I° Règlement grand-ducal du 28 juillet 2018 portant exécution de l'article 26 de la loi du 18 juillet 2018 sur la Police grand-ducale pour les institutions de l'Union européenne, Mém. A n° 647, 3 août 2018.
30 Commentaire des articles Ad art. 1"
D'abord, l'article 1" du projet de loi définit son champ d'application. Vu l'étroite relation entre le présent projet et la directive (UE) 2022/2555 du Parlement européen et du Conseil du 14 décembre 2022 concernant des mesures destinées à assurer un niveau élevé commun de cybersécurité dans l'ensemble de l'Union, modifiant le règlement (UE) no 910/2014 et la directive (UE) 2018/1972, et abrogeant la directive (UE) 2016/1148,1 ci-après «directive NIS 2 », il convient de veiller à ce que le champ d'application de chacun des deux textes soit clairement délimité. Ainsi, le premier paragraphe pose que la loi sous projet ne s'applique pas aux questions couvertes par la directive NIS 2, qui impose aux entités essentielles et importantes des exigences en matière de cybersécurité.
Le deuxième paragraphe de l'article 1" prévoit que lorsque des dispositions d'actes juridiques sectoriels de l'Union européenne exigent des entités critiques qu'elles prennent des mesures pour renforcer leur résilience, et lorsque ces exigences ont un effet au moins équivalent aux obligations correspondantes prévues par la présente loi, les dispositions pertinentes de la présente loi ne s'appliquent pas, de manière à éviter tout double emploi ou charge inutile. Dans un tel cas, les dispositions pertinentes de cet acte juridique sectoriel s'appliquent.2 Remarquons que la terminologie utilisée à l'article ler, paragraphe 2, de la directive (UE) 2022/2557 du Parlement européen et du Conseil du 14 décembre 2022 sur la résilience des entités critiques, et abrogeant la directive 2008/114/CE du Conseil, ci-après « directive CER », a été légèrement adapté dans le texte de transposition. En effet, il a été opté, dans un souci de cohérence, pour la terminologie « ont un effet au moins équivalent » reprise de la loi du 28 mai 2019 portant transposition de la directive (UE) 2016/1148 concernant des mesures destinées à assurer un niveau élevé commun de sécurité des réseaux et des systèmes d'information dans l'Union.3 Le dernier paragraphe de l'article 1" souligne l'importance accordée à la protection des données à caractère personnel et prévoit que le présent projet ne déroge aux dispositions du règlement (UE) 2016/679 du Parlement européen et du Conseil du 27 avril 2016 relatif à la protection des personnes physiques à l'égard du traitement des données à caractère personnel et à la libre circulation de ces données.
Notons que les auteurs du projet de loi ont fait le choix de ne pas reprendre l'option donnée par la directive d'exclure les secteurs de la sécurité nationale, de la sécurité publique et de la défense du champ d'application du projet de loi vu que déjà aujourd'hui, certaines entités de ces secteurs ont été recensées comme critiques.
1 JO.U.E., L 333 du 27 décembre 2022, P. 80.
2 Consid. (10), directive (UE) 2022/2557 du Parlement européen et du Conseil du 14 décembre 2022 sur la résilience des entités critiques, et abrogeant la directive 2008/114/CE du Conseil, J.O.U.E., L 333 du 27 décembre 2022, p. 164, ci-après « directive CER ».
3 Loi du 28 mai 2019 portant transposition de la directive (UE) 2016/1148 du Parlement européen et du Conseil du 6 juillet 2016 concernant des mesures destinées à assurer un niveau élevé commun de sécurité des réseaux et des systèmes d'information dans l'Union européenne et modifiant 10 la loi modifiée du 20 avril 2009 portant création du Centre des technologies de l'information de l'État et 2° la loi du 23 juillet 2016 portant création d'un Haut-Commissariat à la Protection nationale, Mém. A n°372, 31 mai 2019.
31 Ad art. 2 L'article 2 reprend la définition des termes employés dans le projet de loi. Remarquons que la grande majorité des définitions fait preuve d'une transposition fidèle de la directive CER.
La définition sous l'article 2, point 1, définit l'entité critique, qui a une fonction-clé dans le maintien de fonctions sociétales ou d'activités économiques vitales et qui constitue dès lors l'acteur principal de la directive CER. Une entité critique est une entité publique ou privée : appartenant à l'une des catégories qui figurent dans la troisième colonne du tableau de l'annexe, fournissant un ou plusieurs services essentiels, exerçant ses activités sur le territoire luxembourgeois et son infrastructure critique est située sur ledit territoire, et dont un incident aurait des effets perturbateurs importants sur la fourniture par l'entité d'un ou de plusieurs services essentiels ou sur la fourniture d'autres services essentiels dans les secteurs figurant à l'annexe qui dépendent dudit ou desdits services essentiels.
Alors que la directive 2008/114/CE4 plaçait «l'infrastructure critique » au centre de la directive, la directive CER procède à un changement de paradigme en faisant de «l'entité critique» l'acteur principal de la directive. Ainsi, au lieu d'augmenter la résilience de l'infrastructure critique, qui vise essentiellement l'installation ou l'équipement, cette nouvelle directive veut que l'entité qui exploite cette infrastructure dispose des moyens nécessaires afin de pouvoir faire face aux risques qui pourraient porter préjudice à la fourniture des services essentiels.5 Le deuxième point énonce ce que la loi comprend par «résilience ». La résilience des entités critiques est mise au coeur de la directive CER. Les entités critiques doivent être capables de prévenir tout incident qui pourrait perturber la fourniture de leurs services, de s'en protéger, d'y réagir, d'y résister, de l'atténuer, de l'absorber, de s'y adapter et de s'en rétablir, en adoptant une approche basée sur les risques. Tous les risques doivent être pris en compte, notamment les risques naturels, d'origine humaine, y compris ceux qui revêtent un caractère transsectoriel ou transfrontière, les accidents, les catastrophes naturelles, les urgences de santé publique, les menaces hybrides ou encore les menaces terroristes.
Un incident, défini au point 3 de l'article 2, se réfère à un événement qui cause ou est susceptible de causer une perturbation significative dans la fourniture d'un service essentiel.
Les entités critiques doivent être capables de prévenir les incidents les touchant ou susceptibles de les toucher.
Le service essentiel est défini au point 5 du même article et constitue « un service qui est crucial pour le maintien de fonctions sociétales ou d'activités économiques vitales, de la santé publique et de la sûreté publique, ou de 1 'environnement ». Remarquons que, contrairement à la directive CER, le projet de loi rajoute, sous un point 6, la définition du «maintien de fonctions sociétales vitales ». Cette définition a été introduite afin de faire le lien entre le présent projet de loi et la loi modifiée du 23 juillet 2016 portant création d'un HautDirective 2008/114/CE du Conseil du 8 décembre 2008 concernant le recensement et la désignation des infrastructures critiques européennes ainsi que l'évaluation de la nécessité d'améliorer leur protection, J.O.U.E., L 345 du 23 décembre 2008.
5 Consid. (2) et (3) directive CER.
32 Commissariat à la Protection nationale.6 En effet, cette loi relie la notion de la « crise » et de «entité critique » en les définissant à travers la sauvegarde des intérêts vitaux et des besoins essentiels de tout ou partie du pays ou de la population. Afin de garder cette cohérence entre les différents domaines d'attribution du Haut-Commissariat à la Protection nationale, le présent projet de loi rajoute les intérêts vitaux et les besoins essentiels du pays et de la population dans la définition des fonctions sociétales vitales.
Le point 9 de l'article 2 reprend la définition de l'entité de l'administration publique. Faute de définition de l'administration publique dans le droit luxembourgeois, la référence au droit national a été omise dans le texte de transposition. En outre, alors que la directive CER exclut les entités de l'administration publique qui exercent leurs activités dans les domaines de la sécurité publique, la défense ou de l'application de la loi du champ d'application de la directive, une telle exclusion n'est pas prévue par le projet de loi. Ainsi, chaque entité étatique qui répond aux critères de l'article 2, point 9, est susceptible d'être recensée comme entité critique, si elle répond en outre aux critères de l'article 7 ci-après.
Ad art. 3 L'article 3 détermine les autorités compétentes chargées de veiller à l'application correcte du présent projet de loi. D'une part, vu l'expertise et la compétence de la Commission de surveillance du secteur financier (CSSF) en matière bancaire et financière, il a été jugé cohérent de lui confier le rôle d'autorité compétente pour le secteur bancaire et le secteur des infrastructures des marchés financiers, ainsi que pour le secteur des infrastructures numériques pour les activités qui tombent sous la surveillance de la Commission de surveillance du secteur financier, telles que les activités des PSF de support. D'autre part, vu que le Haut-Commissariat à la Protection nationale (HCPN) est, depuis l'entrée en vigueur du règlement grand-ducal du 12 mars 20127 et de la loi du 23 juillet 20168, l'autorité compétente en matière d'infrastructures critiques nationales et européennes, la loi sous projet s'insère dans cette logique en lui attribuant la fonction d'autorité compétente pour les secteurs pour lesquels la CSSF n'a aucune compétence (énergie, transports, santé, eau potable, eaux résiduaires, activités des infrastructures numériques pour lesquelles la CSSF n'a aucune compétence, administration publique, espace, production, transformation et distribution de denrées alimentaires, gestion des déchets).
Afin d'assurer une bonne coopération entre les autorités compétentes et d'assurer une approche cohérente en matière de désignation des entités critiques et d'évaluation de leur résilience, le troisième alinéa de l'article 3 prévoit une exception au secret professionnel inscrite dans la loi portant organisation de la CSSF, afin de permettre aux autorités compétentes de s'échanger des informations en cas de besoin.
Loi modifiée du 23 juillet 2016 portant création d'un Haut-Commissariat à la Protection nationale, Mém. A n° 137, 28 juillet 2016, P. 2342.
7 Règlement grand-ducal du 12 mars 2012 portant application de la directive 2008/114/CE du Conseil du 8 décembre 2008 concernant le recensement et la désignation des infrastructures critiques européennes ainsi que l'évaluation de la nécessité d'améliorer leur protection, Mém. A n° 45, 15 mars 2012, p. 449. g Loi modifiée du 23 juillet 2016, o. c., (v. note 6).
6 33 Ad art. 4 A l'instar du règlement grand-ducal du 12 mars 2012,9 le projet de loi accorde la mission de point de contact unique au HCPN.
En tant que point de contact unique, le HCPN a pour mission de faciliter la coopération et la communication transfrontières et de permettre la mise en oeuvre effective de la présente loi sous projet. Dans la mise en oeuvre de cette mission, le HCPN assure la coordination de la communication et la liaison avec les autorités compétentes nationales, ainsi qu'avec les points de contact uniques des autres États membres et le groupe sur la résilience des entités critiques, constitué au niveau de l'Union européenne.1° Ad art. 5 L'article 5 prévoit que le HCPN élabore, après consultation de la Commission de surveillance du secteur financier, une stratégie visant à renforcer la résilience des entités critiques couvrant au moins les secteurs et sous-secteurs visés à l'annexe du projet de loi. La stratégie vise à garantir une approche globale de la résilience des entités critiques en définissant les objectifs stratégiques et les mesures politiques à mettre en oeuvre. Dans un souci de cohérence et d'efficacité, la stratégie intégrera harmonieusement les politiques existantes, en s'appuyant sur des stratégies nationales et sectorielles, des plans ou des documents similaires pertinents existants11, tels que : la stratégie nationale de cybersécurité 2021-2025; la stratégie pour l'adaptation aux effets du changement climatique au Luxembourg 2018-2023; la stratégie nationale à long terme en matière d'action climat « Vers la neutralité climatique en 2050; la stratégie nationale en matière d'hydrogène, la stratégie nationale biogaz ; la stratégie « Null Offall Utzebuerg » ; la stratégie pour une mobilité durable (2018-2025) ; la stratégie nationale pour les réseaux à ultra-haut débit 2021-2025; les Lignes directrices de la Défense luxembourgeoise à l'horizon 2035.
Un élément important de la stratégie est le cadre d'action pour une coordination renforcée entre les autorités compétentes en vertu du présent projet de loi et les autorités compétentes en vertu de la directive NIS 2. Afin d'assurer que ces autorités fonctionnent de manière complémentaire, la stratégie a pour objectif d'encourager le partage d'informations sur les risques, menaces et incidents cybernétiques et non-cybernétiques et d'inciter une collaboration au niveau de l'exercice des tâches de supervision.12 Cette stratégie fera l'objet d'une révision et d'une mise à jour au moins tous les quatre ans.
9 Règlement grand-ducal du 12 mars 2012, o. c., (v. note 7).
10 Consid. (23) directive CER.
11 Consid. (13) directive CER.
12 Consid. (13) directive CER.
34 Ad. art. 6 L'article 6 du présent projet de loi prévoit que le HCPN est compétent pour effectuer une évaluation des risques sur base des services essentiels identifiés par la Commission européenne.
En effet, le HCPN est l'unique autorité compétente pour effectuer l'évaluation des risques et ce peu importe le secteur concerné. Cette approche va de pair avec la compétence du HCPN au niveau de la gestion de crise, qui s'étend sur tous secteurs confondus.
Cette évaluation des risques tient d'abord compte de l'analyse des risques générale que le HCPN effectue en vertu de sa loi-cadre° et qui prend en considération les risques naturels et d'origine humaine pertinents, y compris ceux qui revêtent un caractère transsectoriel ou transfrontière, les accidents d'envergure, les catastrophes naturelles, les urgences de santé publique, telles que les pandémies et les menaces hybrides et autres menaces antagonistes, telles que le risque terroriste, l'infiltration par les réseaux criminels et le sabotage.
Lorsqu'il procède à une telle évaluation, le HCPN tient aussi compte d'autres évaluations des risques générales ou sectorielles effectuées en vertu d'autres actes juridiques de l'Union et examine la mesure dans laquelle les secteurs dépendent les uns des autres, y compris de secteurs d'autres États membres et de pays tiers. Les résultats de l'évaluation des risques sont utilisés aux fins de recenser les entités critiques.14 Ad art. 7 L'article 7 décrit le processus de recensement et de désignation des entités critiques pour les secteurs et sous-secteurs visés à l'annexe du projet de loi. Ce processus a pour objet de garantir que toutes les entités critiques soient soumises aux exigences en matière de résilience posées par la présente loi sous projet et de réduire les divergences à cet égard.15 A l'instar de la loi du 23 juillet 2016, les entités critiques sont désignées moyennant arrêté grand-ducal.16 Plusieurs critères cumulatifs entrent en compte dans le processus de recensement :
D'abord, ne sont recensées que les entités qui fournissent un ou plusieurs services essentiels, c'est-à-dire « un service qui est crucial pour le maintien de fonctions sociétales ou d'activités économiques vitales, de la santé publique et de la sûreté publique, ou de l'environnement ».17 Ensuite, il faut que l'entité exerce ses activités sur le territoire du Grand-Duché et que son infrastructure critique soit située sur ledit territoire. Une entité est considérée comme exerçant des activités sur le territoire de l'État membre dans lequel elle exerce les activités nécessaires pour le ou les services essentiels en question et dans lequel se trouve l'infrastructure critique de cette entité, qui est utilisée pour fournir ce ou ces services.18 13 V. art. 3, para. 1 er, point 3, de la loi modifiée du 23 juillet 2016, 14 Consid. (15) directive CER.
15 Consid. (16) directive CER.
16 Art. 7 de la loi modifiée du 23 juillet 2016, o.c., (v. note 6).
17 Art. 2, point 5, du projet de loi.
18 Consid. (16) directive CER.
35 o.c., (v. note 6).
Finalement, une entité est critique si un incident avait des effets perturbateurs importants soit sur la fourniture d'un ou de plusieurs services essentiels, soit sur la fourniture d'autres services essentiels dans les secteurs figurant à l'annexe qui dépendent dudit ou desdits services essentiels.
Le deuxième alinéa du paragraphe 2 exige la mise à disposition par les entités critiques de toutes les données nécessaires pour le recensement, la désignation et la protection desdites entités. Dans le but de maintenir une cohérence entre le régime actuel applicable aux infrastructures critiques et le futur régime applicable aux entités critiques, le paragraphe 2 est rédigé en s'inspirant de l'article 6, paragraphe 1', de la loi portant création d'un .HautCommissariat à la Protection nationale. L'article précité sera abrogé lorsque le présent projet entrera en vigueur.
Le paragraphe 3 de l'article 7 fixe les critères à prendre en compte afin de déterminer l'importance de l'effet perturbateur causé par un incident en vue du recensement des entités critiques. Les critères en question répondent en grande partie aux critères inscrits dans le règlement grand-ducal du 21 février 2018 déterminant les modalités du recensement et de la désignation des infrastructures critiques. Ces critères sont appréciés et analysés en fonction des spécificités de chaque secteur par un des groupes de travail interministériels qui procèdent à l'identification des infrastructures critiques en vue de leur désignation par arrêté grand-ducal.
Notons que, vu que les infrastructures critiques recensées et désignées en application de la loi modifiée du 23 juillet 20161° répondent toutes aux critères ci-avant, celles-ci seront considérées comme entités critiques en vertu de la présente loi sous projet.
Le paragraphe 4 exige, d'une part, que les autorités compétentes dressent une liste des entités recensées et désignées critiques et, d'autre part, que les entités critiques reçoivent une notification les informant de leur statut d'entité critique endéans un mois à compter de leur désignation. En outre, ces entités sont informées des obligations qui leur incombent en vertu des chapitres 4 et 5. Remarquons que les entités critiques des secteurs figurant aux points 3 et 4 de l'annexe, ainsi que les entités critiques figurant au point 8 de l'annexe pour les activités qui tombent sous la surveillance de la Commission de surveillance du secteur financier, ne sont pas soumises à ces obligations. Ce bout de phrase est en étroite relation avec le libellé de l'article 8 et sera donc approfondi dans le commentaire de cet article.
Le cinquième paragraphe de l'article 7 vise le cas spécial de l'entité critique qui fournirait des services essentiels à ou dans six États membres ou plus. En effet, puisque les entités critiques exercent leurs activités dans le cadre d'un réseau de fourniture de services et d'infrastructures de plus en plus interconnecté et fournissent souvent des services essentiels dans plus d'un État membre, certaines de ces entités critiques revêtent une importance particulière pour l'Union et son marché intérieur. Ainsi, afin de tenir compte de cette réalité, la directive et le projet de loi ont introduit la notion d'« entité critique d'importance européenne particulière » et accordent à celle-ci un soutien renforcé au niveau de l'Union, telles que les missions de consei1.2° Au niveau du recensement, si une entité critique se retrouve à fournir des services essentiels dans six États membres différents au moins, ladite entité en informe, conformément au paragraphe 5, son autorité compétente.
19 Loi modifiée du 23 juillet 2016, o.c., (v. note 6).
20 Consid. (35) directive CER.
36 Afin d'assurer la cohérence entre la transposition de la directive CER et la directive NIS 2, les autorités compétentes notifient aux autorités compétentes de la directive NIS 2 l'identité des entités critiques qu'ils ont recensées et désignées.
Finalement, l'article 7 prévoit dans son dernier paragraphe une revue régulière de la liste des entités critiques.
Ad art. 8 L'article 8 vise à tenir compte du statut spécial dont jouissent les entités qui tombent sous la surveillance de la Commission de surveillance du secteur financier. En effet, le droit de l'Union et le droit national imposent aux entités concernées des exigences étendues visant à ce que tous les risques auxquels elles sont confrontées soient gérés et à garantir la continuité des activités.
Ce droit comprend les règlements (UE) 648/2012,21 (UE) 575/201322 et (UE) 600/2014,23 ainsi que la loi modifiée du 5 avril 1993 relative au secteur financier24 et la loi modifiée du 30 mai 2018 relative aux marchés d'instruments financiers.25 Ce cadre juridique est complété par le règlement (UE) 2022/2554 du Parlement européen et du Consei1,26 qui fixe des exigences applicables aux entités financières en matière de gestion des risques liés aux technologies de l'information et de la communication (TIC), y compris en matière de protection des infrastructures physiques des TIC. Étant donné que la résilience de ces entités est dès lors entièrement couverte, l'article 10 et les chapitres 4, 5 et 6 de la présente loi sous projet ne devraient pas s'appliquer à ces entités, afin d'éviter des doubles emplois et des charges administratives inutiles.27 Toutefois, la directive estime que vu l'importance des services fournis par les entités du secteur financier et bancaire à des entités critiques appartenant à tous les autres secteurs, les autorités compétentes devraient recenser les entités de ces secteurs en tant qu'entités critiques. Par conséquent, les stratégies, les évaluations des risques des autorités compétentes et les mesures de soutien énoncées au chapitre 3 leur seraient entièrement applicables.28 En ce qui concerne les infrastructures numériques visées par le point 8 du tableau en annexe, les auteurs du projet de loi estiment que la directive devrait leur être partiellement applicable lorsque leur activité tombe sous la surveillance de la CSSF. Ces activités sont, en effet, entièrement couvertes par les dispositions du secteur financier, énoncées ci-dessus. En ce qui concerne les activités des infrastructures numériques qui ne tombent pas sous la surveillance de la CSSF, la présente loi sous projet leur devrait être pleinement applicable, dans la mesure 21 Règlement (UE) 648/2012 du Parlement européen et du Conseil du 4 juillet 2012 sur les produits dérivés de gré à gré, les contreparties centrales et les référentiels centraux, J.O.U.E., L 201 du 27 juillet 2012, p. 1.
22 Règlement (UE) 575/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 concernant les exigences prudentielles applicables aux établissements de crédit et aux entreprises d'investissement et modifiant le règlement (UE) 648/2012, J.O.U.E., L 176 du 27 juin 2013, p. 1.
23 Règlement (UE) 600/2014 du Parlement européen et du Conseil du 15 mai 2014 concernant les marchés d'instruments financiers et modifiant le règlement (UE) 648/2012, J.O.U.E., L 173 du 12 juin 2014, p. 84.
24 Mém. A n° 27, 10 avril 1993, p. 462.
25 Mém. A n° 446, 31 mai 2018.
26 Règlement (UE) 2022/2554 du Parlement européen et du Conseil du 14 décembre 2022 sur la résilience opérationnelle numérique du secteur fmancier et modifiant les règlements (CE) 1060/2009, (UE) 648/2012, (UE) 600/2014, (UE) 909/2014 et (UE) 2016/1011, JO.U.E., L 333 du 27 décembre 2022, p. 1.
27 Consid. (21) directive CER.
28 Consid. (21) directive CER.
37 où la directive CER donne la possibilité aux États membres d'adopter ou de maintenir des dispositions de droit national afin d'atteindre un niveau de résilience plus élevé. Alors qu'il est vrai que ces activités tombent sous l'égide de la loi portant transposition de la directive NIS 2, celle-ci ne visera que la résilience cybernétique.
Si dans le futur, il y avait des législations sectorielles qui s'appliquaient aux infrastructures numériques, dont l'activité ne tombe pas sous la surveillance de la CSSF, et qui avaient un effet au moins équivalent aux obligations du projet de loi sous rubrique, l'article 1', paragraphe 2, aurait pour effet de dispenser l'application du projet de loi à ces entités.
Ad art. 9 Sans préjudice de la propre responsabilité juridique qui incombe aux entités critiques de garantir le respect des obligations prévues par le projet de loi, les autorités compétentes aident les entités critiques à renforcer leur résilience. En particulier, lesdites autorités élaborent des documents d'orientation et des méthodologies, apportent leur soutien à l'organisation d'exercices visant à tester la résilience des entités critiques, dispensent des formations et fournissent des conseils au personnel des entités critiques.29 Il est à noter que déjà à l'heure actuelle, le HCPN apporte un soutien aux infrastructures critiques. En effet, sont actuellement en place: un guide pour l'élaboration d'un plan de sécurité et de continuité de l'activité ; des recommandations sectorielles sur la protection, la continuité de l'activité, la gestion de crise et la résilience ; des recommandations sur les mesures de protection, de continuité de l'activité, de gestion de crise et de résilience contenues dans les plans de sécurité et de continuité de l'activité de différents opérateurs d'infrastructures critiques; des guides pour la protection et la résilience face à des risques spécifiques (intempéries, inondation, ...) ; des colloques d'échanges sur les retours d'expériences et les leçons apprises entre opérateurs d'infrastructures critiques; des conseils particuliers sur demandes ponctuelles des opérateurs ; et le partage de lettres de veille, telles que la newsletter « Critical Infrastructure Resilience: News, Updates and Events » de la Commission européenne, avec les opérateurs d'infrastructures critiques.
Ad art 10 L'article 10 règle la coopération entre États membres dans les cas où une entité critique exerçait ses activités dans plusieurs États membres. Dans cette hypothèse, il importe de transmettre des exigences convergentes aux entités critiques afin que celles-ci puissent augmenter leur résilience sans pour autant accroitre leur charge administrative.30 29 Consid. (25) directive CER.
30 Consid. (26) directive CER.
38 Ad art. 11 L'article 11 impose aux entités critiques de procéder à une évaluation des risques. En effet, afin de pouvoir augmenter leur résilience, ces entités doivent avoir une connaissance approfondie des risques pertinents auxquels elles sont exposées. À cette fin, elles procèdent à une première évaluation des risques neuf mois suivant la réception de la notification qui les informe qu'elles ont été désignées en tant qu'entité critique. Ensuite, cette évaluation des risques est mise à jour chaque fois que cela s'avère nécessaire compte tenu de leurs circonstances particulières et de l'évolution de ces risques et, en tout cas, tous les quatre ans.31 Ad art. /2 Après avoir évalué les risques les concernant, l'article 12 du projet de loi invite les entités critiques à mettre en place des mesures techniques, des mesures de sécurité et des mesures organisationnelles appropriées et proportionnées aux risques auxquels elles sont confrontées.
Les mesures en question répondent en grande partie aux mesures que les infrastructures critiques doivent déjà aujourd'hui détailler et mettre en place en vertu des plans de continuité et de sécurité de l'activité prévus à l'article 8 de la loi modifiée du 23 juillet 2016 portant création d'un Haut-Commissariat à la Protection nationale.
D'abord, ces mesures sont destinées à prévenir tout incident et à s'en protéger. En ce qui concerne la protection physique de l'infrastructure, les entités pourraient prendre en considération, par exemple, des clôtures, des barrières, des outils et procédures de surveillance des enceintes, et des équipements de détection et de contrôle des accès.32 Ensuite, les mesures techniques visent à réagir et à résister aux incidents et devraient servir à faire une gestion adéquate de la sécurité liée au personnel. Finalement, il faut que ces mesures permettent à l'entité de se remettre des incidents. Il découle en outre de l'article que le personnel de l'entité devra être sensibilisé adéquatement des mesures mises en place.
Le deuxième paragraphe stipule que les entités critiques devraient décrire les mesures qu'elles prennent avec un niveau de détail suffisant, eu égard aux risques identifiés, dans un plan de résilience ou dans un ou plusieurs documents équivalents, et appliquer ce plan dans la pratique.
A l'instar de ce qui est prévu pour l'évaluation des risques effectuée par les entités critiques et pour éviter les doubles emplois, l'article 12 permet aux entités critiques d'utiliser les mesures prises en vertu d'autres actes juridiques, afin de satisfaire aux exigences du présent article.
Notons que la directive énonce quelques exemples de mesures dans les domaines de l'aviation, du transport maritime, du réseau routier et du secteur ferroviaire qui pourraient satisfaire à ces exigences.33 Ad art. 13 L'article 13 met en place un système de vérification des antécédents pour des catégories spécifiques de personnel employé par les entités critiques, visées dans au paragraphe 1, afin de pallier au risque que des membres du personnel utilisent, par exemple, de manière abusive leurs fonctions ou encore leurs droits d'accès au sein de l'organisation de l'entité critique.
31 Consid. (28) directive CER.
32 Art. 13, para. 1el., lettre b), directive CER.
33 Consid. (31) directive CER.
39 Plus précisément, à l'instar du système de vérification des antécédents mis en place par la loi modifiée du 18 juillet 2018 sur la Police grand-ducale,34 le règlement grand-ducal du 28 juillet 2018 portant exécution de l'article 26 de la loi du 18 juillet 2018 sur la Police grand-ducale pour les institutions de l'Union européenne35 et le projet de loi 747536 et son projet de règlement grand-ducal d'exécution,37 la Police grand-ducale est l'autorité étatique en charge des demandes de vérification des antécédents introduites par les entités critiques. Ainsi, la Police grand-ducale est à considérer comme responsable du traitement au sens de la législation sur la protection des données à caractère personnel. Avec la compétence de la Police grand-ducale, ce système se distingue fondamentalement des procédures de « contrôle d'honorabilité » mises en place par le projet de loi n° 769138 qui confient cette mission au Ministre de la Justice, voire au procureur général d'État.
Le paragraphe 1" de l'article 13 reprend la finalité du traitement, à savoir l'évaluation du risque potentiel pour la sécurité de l'entité concernée, et les catégories de personnes occupant une fonction sensible au sein de l'entité pour lesquelles une demande de vérification des antécédents peut être introduite. En vertu de l'article 12, paragraphe 1", point 5, l'entité critique devra informer l'autorité compétente quelles fonctions considérées « sensibles » au sein de son entité nécessitent une vérification des antécédents. Vu qu'il reviendra à l'autorité compétente, dans sa fonction de supervision, de se prononcer par rapport aux mesures de résilience proposées par l'entité critique en vertu de l'article 12, le texte sous projet précise que les catégories de personnes au sujet desquelles une vérification est demandée devra, préalablement à l'introduction de la demande, faire l'objet d'un avis favorable par l'autorité compétente. Les auteurs du projet de loi veulent ainsi assurer qu'il y ait, à travers les entités critiques, une certaine cohérence par rapport aux catégories de personnes au sujet desquelles une vérification des antécédents est demandée.
Le deuxième paragraphe se base sur le système mis en place par le projet de loi n° 7475 en énumérant les informations qui devront figurer dans le dossier introduit par l'entité critique.
Notons que cette énumération a été largement reprise du projet de règlement grand-ducal portant exécution du projet de loi n° 7475.
34 Art. 26 de la loi modifiée du 18 juillet 2018 sur la Police grand-ducale, Mém. A no 621, 28 juillet 2018.
35 Règlement grand-ducal du 28 juillet 2018 portant exécution de l'article 26 de la loi du 18 juillet 2018 sur la Police grand-ducale pour les institutions de l'Union européenne, Mém. A no 647, 3 août 2018.
36 Projet de loi portant modification de la loi modifiée du 26 juillet 2002 sur la police et sur l'exploitation de l'aéroport de Luxembourg ainsi que sur la construction d'une nouvelle aérogare, doc. pari. n° 7475.
37 Projet de règlement grand-ducal relatif à la sûreté de l'aviation civile et aux conditions d'accès à l'aéroport de Luxembourg.
38 Projet de loi portant modification 10 du Code de procédure pénale 2° du Nouveau Code de procédure civile 3° de la loi du 7 juillet 1971 portant en matière répressive et administrative, institution d'experts, de traducteurs et d'interprètes assermentés et complétant les dispositions légales relatives à l'assermentation des experts, traducteurs et interprètes 4° de la loi modifiée du 9 décembre 1976 relative à l'organisation du notariat 5° de la loi modifiée du 20 avril 1977 sur les jeux de hasard et les paris sportifs 6° de la loi modifiée du 7 mars 1980 sur l'organisation judiciaire 7° de la loi modifiée du 7 novembre 1996 portant organisation des juridictions de l'ordre administratif 8° de la loi du 30 décembre 1981 portant indemnisation en cas de détention préventive inopérante 9° de la loi modifiée du 15 mars 1983 sur les armes et munitions 10° de la loi modifiée du 2 mars 1984 relative à l'indemnisation de certaines victimes de dommages corporels résultant d'une infraction et à la répression de l'insolvabilité frauduleuse 11° de la loi modifiée du 4 décembre 1990 portant organisation du service des huissiers de justice 12° de la loi du 31 janvier 1998 portant agrément des services d'adoption et définition des obligations leur incombant 13° de la loi du 6 mai 1999 relative à la médiation pénale et portant modification de différentes dispositions a) de la loi modifiée du 7 mars 1980 sur l'organisation judiciaire, b) du code des assurances sociales 14° de la loi du 12 novembre 2002 relative aux activités privées de gardiennage et de surveillance 15° de la loi modifiée du 7 juin 2012 sur les attachés de justice, doc. pari, n° 76917.
40 D'après le troisième paragraphe, la Police grand-ducale informe l'entité critique si la personne concernée a commis ou tenté de commettre une des infractions décrites à l'article 14, paragraphe 3. Notons que le rôle de la Police se limitera à vérifier si la personne a des antécédents et, le cas échéant, d'analyser ces antécédents au regard des trois types de critères.
H s'agit de cette manière d'assurer que la Police n'ait à répondre que par rapport à l'existence des critères ciblés et spécifiques et que l'entité critique n'obtienne pas de données personnelles.
Finalement, le quatrième paragraphe détermine la durée de validité des vérifications et précise les modalités de renouvellement de celles-ci.
Ad art. 14 Le premier paragraphe de l'article 14 précise que la Police grand-ducale pourra, afin d'établir l'identité de la personne visée par la vérification des antécédents, prendre contact avec les autorités policières étrangères. En outre, si la personne au sujet de laquelle une vérification est effectuée ne dispose pas de la nationalité luxembourgeoise ou est résidente d'un pays étranger, la Police grand-ducale a le droit d'adresser une demande motivée au procureur général d'État en vue d'obtenir un extrait de son casier judiciaire du pays dont elle a la nationalité ou du ou des pays dans lesquels elle a résidé au cours des cinq dernières années.
Selon le deuxième paragraphe, la Police grand-ducale a le droit de consulter tout employeur ou établissement d'éducation antérieur ou actuel, afin de vérifier l'authenticité des informations fournies.
Ensuite, le troisième paragraphe permet à la Police grand-ducale de prendre contact avec la personne au sujet de laquelle une vérification est effectuée afin de demander tout renseignement complémentaire qu'elle juge nécessaire par rapport aux éléments fournis dans la demande de vérification des antécédents.
Enfin, le quatrième paragraphe fait état des critères pris en compte par la Police grand-ducale dans son avis adressé à l'entité critique. Ainsi, la Police grand-ducale indique dans son avis, d'une part, si la personne concernée a commis ou tenté de commettre une des infractions contre la sûreté de l'État ou une des infractions en matière de corruption et, d'autre part, si elle a fait de fausses déclarations dans le cadre de la demande de vérification des antécédents.
Remarquons que l'avis de la Police grand-ducale se limite à indiquer si, oui ou non, la personne tombe dans un des trois points énumérés au quatrième paragraphe, sans spécifier quel serait le point concerné ou donner davantage de détails.
Ad art. 15 L'article 15 autorise la mise en place d'un système informatique centralisé permettant la gestion administrative des demandes de vérification des antécédents et règle la protection des données personnelles des personnes soumises à une vérification des antécédents. Le projet de loi essaye de trouver un équilibre entre le droit de la personne soumise à la vérification et la nécessité pour la Police grand-ducale d'avoir accès aux vérifications antérieurement effectuées.
Ainsi, la loi prévoit que la Police conserve les données concernées pendant une année à partir de la notification de l'avis à l'entité critique.
41 Ad art. 16 L'article 16 met en place un mécanisme de notification d'incidents afin de permettre aux autorités compétentes de réagir rapidement et de manière adéquate aux incidents d'une certaine importance et de disposer d'une vue d'ensemble complète de l'impact, de la nature, de la cause et des conséquences éventuelles d'incidents auxquels les entités critiques sont confrontées.39 Ainsi, les entités critiques notifient, sans retard injustifié, aux autorités compétentes les incidents qui perturbent ou sont susceptibles de perturber de manière importante la fourniture de services essentiels. Alors que le texte du projet de loi précise trois critères à prendre en compte pour déterminer l'importance de la perturbation, il est prévu qu'un règlement grandducal précisera ces critères pour chaque secteur retenu en annexe.
À moins qu'elles n'en soient empêchées sur le plan opérationnel, les entités critiques présentent une notification initiale au plus tard vingt-quatre heures après avoir pris connaissance d'un incident. La notification initiale ne devrait inclure que les informations strictement nécessaires pour porter l'incident à la connaissance de l'autorité compétente et permettre à l'entité critique de demander une assistance, si nécessaire. Une telle notification devrait indiquer, lorsque cela est possible, la cause présumée de l'incident. La notification initiale est suivie, s'il y a lieu, d'un rapport détaillé au plus tard un mois après l'incident. Le rapport détaillé devrait compléter la notification initiale et fournir une vue d'ensemble plus complète de l'incident.40 Ad art. 17 Alors que le projet de loi ne reprend le détail des obligations qui incombent à la Commission européenne dans ce contexte, l'article 17 se limite, dans son paragraphe 1", à définir les entités critiques d'importance européenne particulière et impose à celles-ci d'accorder aux missions de conseil organisées par la Commission accès à leurs informations, systèmes et installations, en son paragraphe 2.
Ad art 18 Afin que la bonne application et l'exécution de la présente loi sous projet soient assurées, le premier paragraphe de l'article 18 stipule que les autorités compétentes jouissent du pouvoir d'effectuer des inspections et des audits, de superviser les mesures mises en place par les entités critiques, voire d'exiger des entités critiques qu'elles fournissent des informations et des éléments de preuve concernant les mesures qu'elles ont prises pour respecter leurs obligations et, lorsque c'est nécessaire, d'adresser des injonctions afin qu'il soit remédié aux violations constatées.
Le deuxième alinéa du premier paragraphe encadre les pouvoirs de police administrative prévus par le premier alinéa. Ainsi, les inspections ne peuvent avoir lieu qu'à des plages horaires prédéfinies, moyennant préavis de deux semaines, par un agent des groupes de traitement ou d'indemnité Al ou A2 de l'autorité compétente. Ces inspections pourront aussi se dérouler en dehors des plages horaires prédéfinies dans le présent projet avec l'accord de 39 Consid. (33) directive CER.
40 Consid. (33) directive CER.
42 l'entité critique. Notons que puisque le chapitre 6 sur la supervision et l'exécution ne s'applique au secteur bancaire, aux infrastructures des marchés financiers et aux infrastructures numériques pour lesquels la CSSF est l'autorité compétente, seul le HCPN sera concerné par ces inspections.
Dans un souci de transparence, il est prévu que lorsqu'ils procèdent à une inspection, les agents du HCPN signalent leur présence à l'agent de liaison désigné par l'entité critique en vertu de l'article 12, paragraphe 3, du projet de loi. L'agent de liaison peut accompagner les agents du HCPN lors de l'inspection. Cet article s'inspire de la loi modifiée du 19 mai 199941 qui prévoit des garanties similaires dans le cadre de pouvoirs de contrôle accordés aux agents de la Direction de l'aviation civile.
Finalement, les agents procédant à l'inspection dressent un rapport relatif à l'inspection opérée, qui est transmis à l'agent de liaison de l'entité.
Le deuxième paragraphe fait le lien entre la directive CER et la directive NIS 2. En effet, comme évoqué précédemment, il se pourrait qu'une entité essentielle sous l'égide de la directive NIS 2 soit aussi recensée en tant qu'entité critique. Ainsi, ces entités sont tenues de fournir aux autorités compétentes de la loi sous projet les informations nécessaires pour évaluer leurs mesures de résilience, ainsi que des éléments prouvant la mise en oeuvre effective de ces mesures.
Dans un but de cohérence entre le régime actuellement applicable aux infrastructures critiques et le futur régime applicable aux entités critiques, la formulation du paragraphe 2, alinéa 1", s'inspire du libellé de l'article 6 de la loi portant création d'un Haut-Commissariat à la Protection nationale qui sera abrogé avec l'entrée en vigueur du présent projet.42 Dans la même lignée, le deuxième alinéa du paragraphe 2 est repris de la même loi du 23 juillet 2016. Cette disposition permettra au HCPN, qui porte la double casquette de gestionnaire de crises et d'autorité compétente en matière d'entités critiques, de faire le lien entre ces deux compétences.
Le troisième paragraphe permet aux autorités compétentes d'adresser des injonctions aux entités critiques afin que celles-ci remédient aux violations constatées au présent projet de loi.
A nouveau, cette disposition trace un parallélisme avec l'article 9, paragraphe 2, de la loi du 28 mai 2019,43 qui impose un régime similaire aux opérateurs de services essentiels. Ainsi, le projet de loi vise à instaurer une égalité de traitement entre entités critiques et opérateurs de services essentiels.
Les pouvoirs dont les autorités compétentes jouissent en vertu des paragraphes 1 à 3 ne peuvent s'exercer que sous réserve de garanties appropriées. Ainsi, ces pouvoirs devront être exercés de manière objective, transparente et proportionnée, tout en tenant compte des droits et les intérêts légitimes des entités critiques concernées, tels que la protection des secrets