📄 Texte de loi
LE GOUVERNEMENT
DU GRAND-DUCHÉ DE LUXEMBOURG
Ministère d'État
Le Ministre aux Relations avec le Parlement
Monsieur le Président
du Conseil d'État
Luxembourg
Personne en charge du dossier:
Jean-Luc Schleich
247 - 82954
Luxembourg, le 31 mars 2017
SCL : R 5597 - 417 / ak
Objet : Projet de règlement grand-ducal portant établissement du cadre de référence national « Éducation
non formelle des enfants et des jeunes ».
Monsieur le Président,
J'ai l'honneur de soumettre à l'avis du Conseil d'État le projet de règlement grand-ducal sous rubrique,
élaboré par le Ministre de l'Éducation nationale, de l'Enfance et de la Jeunesse.
Je joins en annexe le texte du projet, l'exposé des motifs, le commentaire des articles, la fiche d'évaluation
d'impact ainsi que la fiche financière.
Les avis de la Chambre de commerce, de la Chambre des fonctionnaires et employés publics et de la
Chambre des salariés ont été demandés et vous parviendront dès réception.
Monsieur le Ministre de l'Éducation nationale, de l'Enfance et de la Jeunesse saurait gré à votre Haute
Corporation de bien vouloir accorder un traitement prioritaire au projet émargé, étant donné que d'ici le 2
octobre 2017, les prestataires (à savoir les services d'éducation et d'accueil et les assistants parentaux, soit
1500 prestataires) sont tenus de mettre en place leurs instruments de qualité respectifs, qui doivent être en
conformité avec le cadre de référence national « Éducation non formelle des enfants et des jeunes » afin de
bénéficier de l'aide accordée dans le cadre du dispositif du chèque-service accueil (articles 25, 32 et 42 de la
loi modifiée du 4 juillet 2008 sur la jeunesse).
Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'assurance de ma haute considération.
Pour le Premier Ministre
Ministre d'État
Le Ministre aux Relations
avec le Parlement
Fernand Etgen
43, boulevard F.-D. Roosevelt
L-2450 Luxembourg
Tél. (+352) 247-82952
Fax (-1-352) 46 74 58
scl@scl.etat.lu
www.legilux.lu
www.gouvernement.lu
www.luxembourglu
Projet de règlement grand‐ducal du *** portant établissement du cadre de référence national
« Education non formelle des enfants et des jeunes »
Exposé des motifs
Le règlement grand‐ducal portant établissement du cadre de référence national « Education non formelle
des enfants et des jeunes » est une prise en exécution de l’article 31 de la loi modifiée du 4 juillet 2008
sur la jeunesse, qui vise l’élaboration par la Commission du cadre de référence d’un cadre de référence
national « Education non formelle des enfants et des jeunes » qui est arrêté par règlement grand‐ducal.
Le présent projet de règlement grand‐ducal s’inspire du règlement grand‐ducal du 11 août 2011 fixant le
plan d’études pour les quatre cycles de l’enseignement fondamental.
Le cadre de référence national « Education non formelle des enfants et des jeunes » constitue le
document de référence pour la mise en œuvre du dispositif assurance qualité au niveau des structures
d’accueil pour enfants et jeunes y compris des assistants parentaux. Il se penche en première ligne sur les
buts pédagogiques fondamentaux, qui doivent être respectés dans les structures d’accueil pour enfants.
Afin de bénéficier de la reconnaissance comme prestataire du chèque‐service accueil et donc de
bénéficier du dispositif du chèque‐service accueil, les services d’éducation et d’accueil, de même que les
assistants parentaux doivent établir respectivement un concept d’action général, voire un projet
d’établissement qui soit conforme au cadre de référence national. Aux termes de l’article 42 de la loi
modifiée du 4 juillet 2008 sur la jeunesse, la mise en place de ces instruments de qualité en conformité
avec le cadre de référence national « Education non formelle des enfants et des jeunes » doit se faire en
amont du 2 octobre 2017.
Commentaire des articles
Article 1er.
L’article 1er rappelle les éléments composant le cadre de référence national « Education non formelle des
enfants et des jeunes », qui a été élaboré par la commission du cadre de référence, qui a été créée par
arrêté ministériel (publié au Journal officiel B 809 du 2 mars 2017) du 13 janvier 2017 portant nomination
de la Commission du cadre de référence national en exécution de l’article 31 de la loi modifiée du 4 juillet
2008 sur la jeunesse.
Article 2.
L’article 2 définit le contenu des quatre annexes, faisant partie intégrante du présent règlement grand‐
ducal, qui définissent les quatre éléments composant le cadre de référence national« Education non
formelle des enfants et des jeunes» tels que définis par l’article 31 de la loi modifiée du 4 juillet 2008 sur
la jeunesse, à savoir:
(1) A l’annexe I portant l’intitulé «Lignes directrices sur l’éducation non formelle des enfants et des
jeunes» figurent les objectifs généraux, les principes pédagogiques fondamentaux y compris les
lignes directrices pour le développement et le soutien des compétences linguistiques et l’intégration
sociale pour l’action des services d’éducation et d’accueil pour enfants, des assistants parentaux et
des services pour jeunes.
(2) A l’annexe II figurent les lignes directrices pour l’élaboration du concept d’action général et du
journal de bord applicables aux services d’éducation et d’accueil pour enfants.
(3) A l’annexe III figurent les lignes directrices pour l’élaboration du concept d’action général et du
journal de bord applicable aux services pour jeunes.
(4) A l’annexe IV figurent les lignes directrices pour l’élaboration du projet d’établissement et du
rapport d’activité pour les assistants parentaux.
Ces annexes sont importantes dans la mesure où elles fournissent les indications nécessaires pour les
services d’accueil pour enfants et jeunes, ainsi que pour les assistants parentaux, dont ils auront besoin
pour mettre en place les instruments de qualité afin d’améliorer la qualité de l’encadrement relatif à
l’éducation non formelle des enfants au niveau de leurs structures.
Article 3.
L’article 3 fait obligation aux gestionnaires des services d’éducation et d’accueil, aux assistants parentaux
et aux services pour jeunes d’établir leurs instruments de qualité en conformité avec le cadre de
référence, qui constitue le document de référence permettant par ailleurs aux agents régionaux
« jeunesse » prévus par l’article 35 de la loi d’effectuer leurs contrôles de qualité.
Article 4.
L’article 4 précise la durée de validité du cadre de référence tout en précisant la prorogation de plein droit
de la durée de validité dudit cadre de référence au cas où la publication du nouveau cadre de référence
n’a pas pu intervenir avant l’expiration de l’ancien cadre de référence.
Article 5.
Sans commentaire.
***
Projet de règlement grand-ducal du *** portant établissement du cadre de référence
national « Education non formelle des enfants et des jeunes »
Nous Henri, Grand-Duc de Luxembourg, Duc de Nassau,
Vu la loi modifiée du 4 juillet 2008 sur la jeunesse;
Vu le règlement grand-ducal du 27 juin 2016, concernant l’assurance de la qualité dans l’activité
de l’assistance parentale, dans les services d’éducation et d’accueil pour enfants et dans les
services pour jeunes;
Vu l’avis de la Chambre de commerce;
Vu l’avis de la Chambre des salariés;
Vu l’avis de la Chambre des fonctionnaires et employés publics;
Notre Conseil d’Etat entendu;
Sur le rapport de Notre Ministre de l’Education nationale, de l’Enfance et de la Jeunesse et après
délibération du Gouvernement en conseil;
Arrêtons:
Art. 1er. Le cadre de référence national « Education non formelle des enfants et des jeunes »
élaboré et confirmé par la commission du cadre de référence est constitué de quatre parties
différentes, à savoir 1. les objectifs généraux et les principes pédagogiques fondamentaux pour
l’action des services d’éducation et d’accueil pour enfants, des assistants parentaux et des
services pour jeunes 2. les lignes directrices pour l’élaboration des concepts d’action généraux et
des projets d’établissement 3. les lignes directrices pour la tenue d’un journal de bord
respectivement d’un rapport d’activité de l’assistant parental documentant les procédures internes
et les activités de ces services et 4. les lignes directrices pour le développement et le soutien des
compétences linguistiques et l’intégration sociale.
Art. 2. Les quatre annexes qui constituent les parties différentes du cadre de référence national
« Education non formelle des enfants et des jeunes », font partie intégrante du présent règlement
grand-ducal.
(1) A l’annexe I portant l’intitulé « Lignes directrices sur l’éducation non formelle des enfants
et des jeunes » figurent les objectifs généraux, les principes pédagogiques fondamentaux y
compris les lignes directrices pour le développement et le soutien des compétences
linguistiques et l’intégration sociale pour l’action des services d’éducation et d’accueil pour
enfants, des assistants parentaux et des services pour jeunes.
(2) A l’annexe II figurent les lignes directrices pour l’élaboration du concept d’action général
et du journal de bord applicables aux services d’éducation et d’accueil pour enfants.
(3) A l’annexe III figurent les lignes directrices pour l’élaboration du concept d’action général
et du journal de bord applicable aux services pour jeunes.
(4) A l’annexe IV figurent les lignes directrices pour l’élaboration du projet d’établissement et
du rapport d’activité pour les assistants parentaux.
Art. 3. Les instruments de qualité imposés aux gestionnaires des services d’éducation et
d’accueil, aux assistants parentaux et aux services pour jeunes en application des dispositions
légales du chapitre 5 de la loi modifiée du 4 juillet 2008 sur la jeunesse doivent être établis en
conformité avec les objectifs, les principes pédagogiques et les lignes directrices définis par le
cadre de référence national « Education non formelle des enfants et des jeunes ».
Le cadre de référence national « Education non formelle des enfants et des jeunes » constitue le
document de référence aux agents du ministre ayant l’Enfance et la Jeunesse dans ses
attributions en charge des opérations de contrôle à effectuer dans le cadre de l’exécution de la
loi du 4 juillet 2008 sur la jeunesse.
Art. 4. En principe le cadre de référence national « Education non formelle des enfants et des
jeunes » est valable pour une période de trois ans à compter de sa validation par le ministre. La
durée de validité du cadre de référence est prorogée de plein droit jusqu’au jour de l’entrée en
vigueur du règlement grand-ducal portant publication du nouveau cadre de référence national, au
cas où cette publication n’a pu intervenir avant l’expiration de l’ancien cadre de référence.
Art. 5. Notre Ministre de l’Education nationale, de l’Enfance et de la Jeunesse est chargé de
l’exécution du présent règlement grand-ducal qui sera publié au Journal officiel du Grand-Duché
de Luxembourg.
Annexe I
«Lignes directrices sur l’éducation non formelle des enfants et des jeunes»
Sommaire
A.
I.
II.
II.1
II.2
II.3
II.4
II.5
B.
I.
I.1
I.2
I.3
I.4
I.4.1
I.4.2
I.4.3
I.4.4
I.4.5
I.4.6
II.
II.1
II.2
II.3
II.4
II.4.1
II.4.2
II.4.3
II.4.4
II.4.5
II.4.6
III.
III.1
III.2
III.3
III.4
III.4.1
PARTIE GÉNÉRALE .................................................................................................... 5
INTRODUCTION .......................................................................................................... 5
ORIENTATION PÉDAGOGIQUE .................................................................................6
Image de l’enfant / du jeune .......................................................................................... 6
Rôle des pédagogues ................................................................................................... 8
Notion de l’éducation .................................................................................................. 11
Principes éducatifs généraux ...................................................................................... 17
Caractéristiques de l’éducation non formelle .............................................................. 19
PARTIES SPÉCIFIQUES À L’ÂGE ............................................................................ 25
PETITE ENFANCE ..................................................................................................... 25
Introduction au groupe d’âge ...................................................................................... 25
Rôle des pédagogues ................................................................................................. 27
Conditions-cadres pour les processus éducatifs dans les institutions non formelles.. 30
Champs d’action de l’éducation non formelle ....................................................... 33
Émotions et relations sociales .................................................................................... 33
Valeurs, participation et démocratie ............................................................................ 36
Langue, communication et médias ............................................................................. 39
Esthétique, créativité et art ......................................................................................... 44
Mouvement, conscience corporelle et santé ............................................................... 47
Sciences naturelles, technique ................................................................................... 50
ÂGE SCOLAIRE .........................................................................................................54
Introduction au groupe d’âge ...................................................................................... 54
Rôle des pédagogues ................................................................................................. 56
Conditions-cadres pour les processus éducatifs dans les institutions non formelle ... 59
Champs d’action de l’éducation non formelle ....................................................... 62
Émotions et relations sociales .................................................................................... 62
Valeurs, participation et démocratie ............................................................................ 67
Langue, communication et médias ............................................................................. 71
Créativité, art et esthétique ......................................................................................... 77
Mouvement, conscience corporelle et santé ............................................................... 80
Science et technique ...................................................................................................85
JEUNESSE ................................................................................................................. 89
Introduction au groupe d’âge ...................................................................................... 89
Le travail en milieu ouvert avec les jeunes, un lieu d’éducation non formelle ............ 95
Rôle des pédagogues ............................................................................................... 102
Conditions-cadres des processus éducatifs ............................................................. 107
Structures et ressources éducatives des institutions de travail en milieu ouvert avec
les jeunes .................................................................................................................. 107
III.4.2 Approches et concepts des institutions de travail en milieu ouvert avec les jeunes . 111
III.5
Champs d’action ....................................................................................................... 118
III.5.1 Émotions, relations sociales ..................................................................................... 118
III.5.2 Valeurs, démocratie, participation ............................................................................. 122
III.5.3 Langue, communication, médias .............................................................................. 126
III.5.4 Créativité, art, culture ................................................................................................ 128
III.5.5 Mouvement, conscience corporelle, santé ................................................................ 131
III.5.6 Sciences naturelles, environnement, technique ....................................................... 135
III.5.7 Transitions ................................................................................................................ 138
Bibliographie – Petite enfance et enfants d’âge scolaire ............................................... 140
Bibliographie – Jeunesse / Adolescence ......................................................................... 156
A PARTIE GÉNÉRALE
I. INTRODUCTION
Le cadre de référence national ci-présent sur l’éducation non formelle des enfants et des jeunes,
constitue la partie majeure de différents dispositifs d’assurance qualité dans les structures
d’éducation et d’accueil pour enfants et dans les maisons des jeunes. Si la qualité structurelle est
réglée pas la loi dite ASFT1, la nouvelle loi sur la jeunesse (loi modifiée du 4 juillet 2008 sur la
jeunesse), introduira une série de dispositifs dans le domaine de la qualité du processus.2 Le
cadre de référence national se penche en première ligne sur les buts pédagogiques
fondamentaux, qui doivent être respectés dans les structures d’éducation et d’accueil pour
enfants ainsi que dans les maisons de jeunes. Il est contraignant pour les services pour jeunes
bénéficiant d’un soutien financier de l’Etat, pour les différents services d’éducation et d’accueil
pour enfants, ainsi que les assistants parentaux dans la mesure où ils participent au système du
chèque-service accueil.3 Les objectifs, qui comprennent des champs d’action particuliers, sont de
caractère général: Un cadre sera créé qui sera considéré comme directive ainsi comme une
motivation dans les structures respectives. Ainsi, le cadre laisse consciemment beaucoup
d’espace aux structures pour intégrer leurs propres concepts et directives.
En tant que «co-constructeurs du savoir, de l’identité, de la culture et des valeurs», les enfants et
les jeunes contribuent activement à la conception tant de leurs propres processus éducatifs que
de la culture d’apprentissage au sein des institutions non formelles. Par éducation s’entend la
confrontation active et dynamique d’un individu à lui-même et à son environnement. L’autoapprentissage constitue l’aspect central dans le sens que le travail éducatif part du principe de
l’action autonome des enfants dans le processus d’assimilation. L’incitation consciente de
l’assimilation enfantine par les adultes est d’une importance pédagogique capitale. Conjointement
avec l’image de l’orientation vers les ressources des enfants ainsi que des jeunes, cette nouvelle
notion de l’éducation est le modèle de la définition et de la mise en œuvre des objectifs
pédagogiques et en général de l’attitude pédagogique ainsi que du contact avec l’enfant
respectivement le jeune.
Dans les domaines de la formation, de l’éducation et de l’encadrement, qui se situent entre le
domaine «école» et le domaine «famille», on évoque en tant que notion de l’éducation le terme
de l’éducation non-formelle. On sous-entend par ce terme le travail éducatif organisé en dehors
du système scolaire formel, qui s’adresse à un public cible bien défini et qui poursuit des objectifs
éducatifs spécifiques.4 Dans le cadre de référence présent, le concept de l’éducation sera
expliqué de manière plus précise et la spécificité de ce type d’éducation sera décrite. En
s’appuyant sur les critères de l’éducation non formelle et sur l’importance des processus
d’apprentissage dans les structures d’accueil et dans le travail avec les jeunes, le cadre de
référence aborde l’importance centrale des pédagogues au niveau de l’accompagnement du
parcours éducatif des enfants et des jeunes.
1
Loi du 8 septembre 1998 réglant les relations entre l’Etat et les organismes œuvrant dans les domaines social, familial et thérapeutique
En ce qui concerne le processus de qualité, les questions autour des méthodes et les approches pédagogiques nécessaires pour atteindre les
buts définis figurent au premier plan. Les questions à l’issu de la qualité d’aménagement et de l’exécution comprennent des questions sur les
interactivités entre les enfants ou bien les jeunes selon les activités sélectionnées et en général selon la position des pédagogues
3
3 «Pour chaque service d’éducation et d’accueil pour enfants participant au chèque‐service accueil et pour chaque service pour jeunes
bénéficiant d’un soutien financier de l’Etat, le gestionnaire doit établir un concept d’action général conforme au cadre de référence décrit ... »
(article 28 de la loi modifiée du 4 juillet 2018 sur la jeunesse)
4
Education formelle: L’éducation qui est dispensée par le système éducatif classique, hiérarchiquement structuré et organisé selon les paliers
successifs, de l’enseignement primaire à l’enseignement secondaire.
Education informelle: L’éducation informelle est non planifiée et ne suit pas de cadre défini. Elle se fait au quotidien, que ce soit au sein de la
famille, du groupe de pairs ou via différents médias. Les individus concernés la perçoivent rarement comme une extension de leurs connaissances
et de leurs capacités. Selon Unesco: Jeunesse, éducation et action au seuil du siècle prochain et au‐delà, Unesco 24 juillet 1998.
2
Dans les parties distinctes pour les différentes tranches d’âge, le cadre de référence national
décrit les champs d’actions de l’éducation non-formelle. Les différents thèmes de l’éducation nonformelle sont aménagés de façon commune, cependant les champs d’action sont le résultat des
objectifs généraux et des défis spécifiques dans les différentes catégories d’âge décrites dans les
discussions scientifiques.
Les questions clés sont les suivantes: Dans quel domaine, le pédagogue peut ou doit soutenir les
enfants et les jeunes et comment des processus d’apprentissage peuvent avoir lieu ici? Les
pédagogues accompagnent les processus de développement et d’éducation des enfants et des
jeunes en témoignant de l’empathie et de la sensibilité pour leurs besoins et intérêts, tout en
tenant compte des particularités propres à chaque catégorie d’âge5.
Le cadre de référence constitue la base pour l’élaboration des concepts pédagogiques dans les
différentes structures d’accueil et d’éducation et dans le travail avec les jeunes. Avec la
description des objectifs généraux et des principes pédagogiques, les méthodes et les voies du
travail éducatif non-formel sont fixés dans ces structures et donne des impulsions éducatives pour
la pratique pédagogique de tous les jours. Les réalisations des mises en œuvre des objectifs
pédagogiques, comme p.ex. dans les parties qui portent sur les champs d’actions, sont tenues
volontairement exemplaires et générales .Ce sont les structures de l’éducation non-formelle qui
sont responsables d’adapter la mise en œuvre en fonction des circonstances locales et régionales
et de la population cible ainsi que de mettre en avant les lignes directrices spécifiques aux
organisme gestionnaires de la structure dans leurs conceptions6. Dans ce sens, le cadre
référence est à considérer comme cadre d’orientation, qui renonce de manière délibérée à des
mises en œuvre détaillées d’action.
Afin de soutenir les mises en œuvre du cadre de référence sur le plan local et régional ainsi que
d’élaborer les mesures de l’assurance qualité externe de manière la plus objective et transparente
possible, les lignes directrices du développement de la conception ainsi que les lignes directrices
de l’élaboration des «journaux de bord» font également partie du cadre de référence.
Un cadre de référence national qui aborde le concept du travail éducatif dans des domaines tant
diversifiés comme la prise en charge des enfants et le travail avec les jeunes, doit dûment tenir
compte des circonstances nationales et développements ainsi que des résultats scientifiques et
des références internationales présents dans ses exigences et ses définitions. Le cadre de
référence ci présent, se réfère à la convention internationale des droits de l’enfant (voir p.ex.
l’article 18.2. selon lequel l’Etat devrait, en raison de garantir et de promouvoir les droits des
enfants, soutenir les parents et le tuteur dans l’accomplissement de leur tâche d’éduquer l’enfant
et veiller à l’expansion d’institutions, de structures et de services nécessaires à l’encadrement des
enfants)7.Pour élaborer le cadre de référence national ci présent et développer les dispositifs
d’assurance qualité , différentes recommandations internationales pour la qualité de la prise en
5
On distingue entre trois catégories d’âge: 1. «La petite enfance» qui regroupe les enfants entre 0 et 4 ans. 2. «L’âge scolaire» pour les enfants
scolarisés entre 4 et 12 ans. 3. «La jeunesse» qui regroupe les adolescents et jeunes adultes entre 13 et 30 ans.(voir loi modifiée du 4 juillet 2008
sur la jeunesse)
6
Sur le site enfancejeunesse.lu on peut trouver comme aide supplémentaire des exemples de bonne pratique, des références bibliographiques
et des documents pédagogiques se référant aux champs d’actions respectifs.
7
La citation d’un article de la convention des droits de l’enfant sert d’illustration. On pourrait évoquer d’autres parties de la convention comme
p.ex. les droits sur les objectifs de l’éducation (article 29) ou sur la participation aux loisirs et à la vie culturelle et artistique (article 31)
charge des enfants et le travail avec les jeunes comme p.ex. des suggestions du conseil de
l’Europe8, de la commission européenne9 ou de l’OECD10, ont été invoquées.
II. ORIENTATION PÉDAGOGIQUE
II.1 Image de l’enfant/ du jeune
L’image qu’on a de l’enfant / du jeune détermine l’approche éducative. Elle forme ainsi le point
de départ du choix des méthodes et de l’aménagement de l’environnement d’apprentissage dans
l’éducation non formelle. Les enfants et les jeunes sont considérés comme des individus uniques
qui font partie intégrante des systèmes sociaux, mais aussi comme des citoyens et citoyennes
égaux de la société – une perspective qui se reflète également dans la notion d’éducation sous
– tendant le présent cadre de référence.
Les enfants et les jeunes sont des individus compétents qui ont chacun un parcours
(éducatif) unique. Dès leur plus jeune âge, ils apprennent avec chacun de leurs sens. Leur
développement est mu par leur curiosité, leur créativité, leur plaisir de jouer et d’apprendre ainsi
que par leur quête d’un sens et d’une signification dans le monde. Leur envie d’exploration est
révélatrice de leur soif de découvertes et de leur besoin de relever de nouveaux défis(1) Pour les
jeunes, le développement est avant tout synonyme de quête d’une identité propre dans les
conditions-cadres de la société. Le potentiel éducatif des enfants et des jeunes se base, en
interaction avec leurs ressources et conditions-cadres sociales, sur leurs intérêts et talents
individuels, leurs idées et leurs théories intuitives(2) En acquérant de plus en plus de
compétences, ils diversifient leur répertoire de formes d’expression symboliques, telles que la /
les langue(s), la créativité ou la musique. En outre, à l’adolescence, les valeurs des jeunes se
consolident et ils prennent de plus en plus d’autonomie et de responsabilité, un processus qui
leur permet d’exprimer leur personnalité unique de diverses manières et d’engager un dialogue
avec les autres.
Le bien-être des enfants et des jeunes dépend de la satisfaction de leurs besoins fondamentaux;
ceux-ci couvrent tant les besoins physiologiques – tels que l’alimentation, le calme et le
mouvement – qu’une sensation de sécurité et de protection. La possibilité de la réalisation de
soi acquiert de plus en plus d’importance(3) La quête d’appartenance, d’échange et de
participation est tout aussi essentielle que le désir d’autonomie et d’indépendance.
Les enfants et les jeunes sont des êtres sociaux et culturels, qui apprennent avec les
autres et des autres en interagissant avec eux. En tant que «co-constructeurs du savoir, de
l’identité, de la culture et des valeurs»(4), ils contribuent activement à la conception tant de leurs
propres processus éducatifs que de la culture d’apprentissage au sein des institutions non
formelles. Dans le cadre de ce processus de co-construction11, les enfants et les jeunes sont des
partenaires égaux des adultes, qui profitent de leurs expériences et compétences individuelles.
Ils génèrent un savoir et façonnent leur identité par leurs interactions et leur participation à
différents contextes qui ont une importance pour eux sur le plan culturel. (5)
Les enfants et les jeunes étendent leur répertoire de rôles en participant activement à différents
systèmes, tels que la famille ou les institutions de l’éducation formelle et non formelle. Ils
P.ex. Le conseil REC8 (2002) du comité des ministres pour les états membres concernant la prise en charge de jour des enfants.
P.ex. Le message de la Commission KOM (2011): prise en charge infantile, formation et éducation : le meilleur départ possible pour tous nos
enfants dans le mode de demain.
10
P.ex. Starting strong II: Early Childhood and Care
11
La co‐construction désigne les processus d’action et de pensée entrepris en commun par les enfants / jeunes et les adultes, qui leur permettent
d’acquérir des connaissances et de donner un sens aux processus en cours dans leur environnement (Fthenakis, 2008)
8
9
s’intègrent dans des processus relevant de la dynamique de groupe et trouvent leur place au
sein du groupe de pairs.
Les enfants et les jeunes sont des membres égaux de la société et jouissent de leurs
propres droits. Ceux-ci portent notamment sur la liberté d’expression, l’information, la santé et la
sécurité, le repos, les loisirs et le jeu, ainsi que l’éducation.(6) À cet égard, l’éducation s’entend
comme un épanouissement complet de la personnalité, du talent et des aptitudes intellectuelles
et physiques de l’enfant ou du jeune..(7)
L’enfance et la jeunesse sont des phases autonomes de la vie, qui occupent une place
significative au sein d’une société. C’est pour cette raison que les enfants et les jeunes ont à leur
disposition des structures de qualité, adaptées à leur âge et à leur développement, qui leur
permettent de participer et d’assumer des responsabilités.
II.2 Rôle des pédagogues
Les pédagogues occupent une position centrale au niveau de l’accompagnement du parcours
éducatif des enfants et des jeunes. Leur rôle est étroitement lié à l’image de l’enfant ou du jeune
ainsi qu’à la notion d’éducation dans des schémas non formels. Ce sont dans une large mesure
les compétences personnelles et professionnelles des pédagogues qui détermineront si et dans
quelle mesure les potentiels de chaque enfant ou jeune pourront s’épanouir au sein des
institutions de l’éducation non formelle. Pour accompagner les enfants et les jeunes de manière
compétente, les pédagogues doivent notamment faire preuve d’une réflexion continue sur leur
propre parcours (éducatif)(8) et sur l’éducation en général, mais aussi avoir envie d’apprendre
tout au long de leur vie et de poursuivre leur développement personnel. Il est fondamental que
les pédagogues aient conscience du rôle important de modèle qui leur revient, pour les enfants
surtout, mais aussi pour les jeunes. Une attention particulière sera portée à la manière réfléchie
dont les pédagogues géreront le multilinguisme sur le terrain.
Les pédagogues sont d’importantes personnes de référence pour les enfants et les
jeunes. Ils montrent à ces derniers qu’ils les respectent et leur font confiance et veillent à leur
bien-être. La sérénité et le sens de l’humour sont deux qualités fondamentales qui permettent
de créer une atmosphère positive et qui favorisent le sentiment d’appartenance, la créativité,
l’imagination et la motivation.(9) Les pédagogues accompagnent les processus de
développement et d’éducation des enfants et des jeunes en témoignant de l’empathie et de la
sensibilité pour leurs besoins et intérêts, tout en tenant compte des particularités propres à
chaque catégorie d’âge. Ils focalisent toutefois aussi leur attention sur le groupe dans son
ensemble et sur sa dynamique, afin d’équilibrer au mieux les besoins individuels et les exigences
spécifiques au groupe.(10) Ils mettent en place des processus de négociation, surtout mais pas
uniquement pour les jeunes, et établissent des conditions-cadres structurelles d’apprentissage
tout en leur laissant leur espace de liberté.
Les pédagogues sont les partenaires du processus de co-construction. Ils explorent le
savoir et la culture avec les enfants et les jeunes par le biais d’échanges et de coopération. Les
situations quotidiennes sont perçues comme une occasion d’apprendre qui peut être utilisée pour
étendre les compétences des enfants et des jeunes.(12)
Dans le sens d’une pédagogie inclusive, ils exploitent leurs observations régulières et leurs notes
pour mettre sur pied des programmes d’apprentissage et de jeu ouverts adaptés à
l’environnement de vie et aux intérêts des enfants et des jeunes. La prise en considération et
l’exploitation conscientes des différences individuelles au sein du groupe offrent également un
potentiel éducatif considérable pour l’ensemble des parties prenantes. L’éducation non formelle
a également pour mission de prendre en compte et d’exploiter au niveau pédagogique les
différents acquis et compétences linguistiques des enfants et des jeunes. Les processus
éducatifs de qualité favorisent l’action propre, l’autonomie et l’efficacité personnelle et offrent
diverses possibilités de participation. Le fait d’offrir suffisamment de temps et d’espace à l’action
autonome permet aux enfants et aux jeunes d’apprendre à leur propre rythme.
Les pédagogues coopèrent avec toutes les personnes et institutions impliquées dans le
domaine de l’éducation. En font notamment partie, au niveau de l’éducation non formelle, les
familles des enfants et des jeunes, le personnel qualifié externe ainsi que l’école ou les autres
institutions (éducatives) locales. L’objectif premier de cette coopération est l’aménagement en
commun de champs d’action favorisant l’apprentissage et le développement et au sein desquels
les enfants et les jeunes peuvent s’épanouir. Cette coopération et les échanges avec les parents
sont particulièrement importants pour l’enfant lors de transitions12.(13) Pour les jeunes, c’est
l’ouverture à l’espace social, aux autres institutions pour jeunes et aux associations qui se trouve
à l’avant-plan. Une collaboration de qualité requiert la présence de structures fiables et se
caractérise par un intérêt mutuel. Il est souhaitable que les institutions impliquées discutent
ouvertement de leur notion d’éducation et qu’elles élaborent une culture d’apprentissage
commune.(14)
II.3 Notion de l’éducation
Par éducation s’entend la confrontation active et dynamique d’un individu à lui-même et
à son environnement.
L’éducation doit répondre à trois exigences(15):
l’autodétermination,
la participation au développement social et
la prise de responsabilités13
L’éducation s’acquiert d’une part au moyen de processus d’apprentissage formels qui se
déroulent au sein d’institutions éducatives comme l’école et qui aboutissent à des diplômes et
des qualifications reconnus. D’autre part, l’éducation englobe également des processus non
formels et informels qui peuvent aussi bien avoir lieu dans la vie quotidienne qu’au sein
d’institutions.
Éducation non formelle
Par éducation non formelle s’entend toute forme d’éducation organisée suivie sur une base
volontaire et revêtant un caractère d’offre. Elle renvoie au travail éducatif organisé en dehors du
système scolaire formel, qui s’adresse à un public cible bien défini et qui poursuit des objectifs
éducatifs spécifiques. S’agissant des objectifs, de la durée et des outils d’apprentissage,
l’éducation non formelle fonctionne de manière systématique. Toutefois, les objectifs, les
contenus et les méthodes sont en grande partie aménagés par les participants eux-mêmes.(16)
Les institutions éducatives non formelles ont la chance de pouvoir offrir aux enfants et aux jeunes
12
La «transition» désigne toute réorganisation profonde dans la vie d’un individu, y compris les efforts adaptations et processus
d’apprentissage générés par celle‐ci. À cet égard, tous les systèmes impliqués contribuent à la réussite de la transition (Griebel & Niesel, 2004).
13
Ces droits édictés au cours du siècle des Lumières européennes, sont toujours applicables de nos jours.
la possibilité de jouer, de s’amuser et de se détendre tout en leur proposant des espaces libres
où intégrer leurs intérêts propres.(17)
Tout comme pour les processus éducatifs formels, les adultes de référence et les pairs jouent
un rôle essentiel dans le processus de co-construction. Les institutions de l’éducation non
formelle attachent une importance particulière à la transmission de «compétences sociales et
personnelles ainsi qu’à la promotion et au renforcement de l’implication dans les processus
politiques et sociétaux»(18) Les schémas non formels peuvent également servir d’organe de
communication entre la famille, l’école et l’univers des enfants et des jeunes.(19) Ils permettent
par ailleurs de promouvoir le multilinguisme sans que celui-ci soit lié à des objectifs didactiques
prédéfinis et offrent aux enfants et aux jeunes l’espace dont ils ont besoin pour acquérir par euxmêmes et approfondir leurs compétences linguistiques individuelles.
Éducation informelle
L’éducation informelle est non planifiée et ne suit pas de cadre défini. Elle se fait au quotidien,
que ce soit au sein de la famille, du groupe de pairs ou via différents médias. Les individus
concernés la perçoivent rarement comme une extension de leurs connaissances et de leurs
capacités.(20)
Les processus éducatifs non formels et informels prennent de plus en plus d’importance au
niveau de l’organisation de la vie des enfants et des jeunes.(21)
Éducation intégrale
Éducation ne signifie pas seulement acquisition de connaissances. Elle est le fruit de processus
d’assimilation basés sur la co-construction et se manifeste dans le développement de
compétences individuelles qui permettent de relever de nouveaux défis. L’éducation contribue à
responsabiliser(22) l’individu et le rend apte à gérer sa vie de manière autonome ainsi qu’à
exploiter les possibilités d’auto-apprentissage.(23) «Dans ce sens, l’éducation représente pour
tous les enfants la principale ressource pour affronter leur vie quotidienne et façonner leur
avenir.»(24)
Au sens de l’éducation intégrale, il est important que les processus éducatifs qui se déroulent
pendant la journée au sein de schémas formels, non formels et informels se réfèrent les uns aux
autres. Les enfants et les jeunes peuvent ainsi étendre et approfondir leurs intérêts individuels
de manière volontaire et autonome. Les connaissances nouvellement acquises ne peuvent être
comprises qu’en s’appuyant sur des expériences personnelles(25) et, ainsi, devenir davantage
pertinentes pour le développement de la personnalité et des compétences propres.
Les processus éducatifs s’entendent comme des processus d’interaction entre l’individu et
l’environnement, qui s’étendent tout au long de la vie. L’individu modifie son environnement, qui,
à son tour, agit différemment sur lui.(26) Il est ici question du positionnement central de l’être
humain au sein du processus d’assimilation du monde, ainsi que de l’intégration des expériences
propres et de la réflexion sur celles-ci en regard de l’évolution de l’image que l’on a du monde et
de soi-même.(27)
Jouer et apprendre, des processus éducatifs de premier plan
La capacité d’assimiler le monde par le jeu et l’apprentissage constitue le fondement de
l’éducation. Jouer et apprendre sont des processus indissociables l’un de l’autre, surtout pour
les enfants.
L’importance des processus d’apprentissage dans les institutions de l’éducation
non formelle
Les processus d’apprentissage modifient et élargissent le répertoire de comportements.
L’apprentissage permet aux enfants et aux jeunes de répondre de mieux en mieux aux exigences
changeantes de leur environnement.(28) L’individu, avec ses expériences spécifiques et ses
acquis bien définis, est au cœur de tous les processus d’apprentissage. La réussite des
processus d’apprentissage dépend donc de ses conditions, pistes et objectifs d’apprentissage
personnels. L’individualisation et la différenciation, la participation et l’orientation sur le
processus sont autant de mécanismes qui permettent d’engranger des expériences
d’apprentissage qui sont significatives pour eux et viennent s’ajouter aux connaissances et
compétences déjà acquises.
L’apprentissage est aussi un processus social. L’expérience et l’exploration en commun aident
considérablement à acquérir une compréhension approfondie des choses et à assimiler de
nouvelles compétences, non seulement dans l’interaction entre les adultes et les enfants /
jeunes, mais surtout au sein du groupe de pairs.(29) Les enfants et les jeunes apprennent avec
les autres et des autres en interagissant avec leur environnement. Dans les schémas de coconstruction, ils s’investissent pleinement et poursuivent activement leurs intérêts.
L’apprentissage peut se faire de différentes manières : en expérimentant, en questionnant et en
explorant, en jouant, en apprenant sur un modèle, en essayant et en se trompant, par le biais du
hasard, en réfléchissant, en s’exerçant et en reproduisant, en testant ses limites, etc. Les
institutions de l’éducation non formelle offrent la possibilité d’engranger des expériences
diversifiées, sans aucune contrainte en termes d’objectif ou de temps, et d’expérimenter
différentes pistes d’apprentissage.
L’importance du jeu dans les institutions de l’éducation non formelle
Les processus de jeu représentent à tout âge une source d’expérience indispensable à tous les
niveaux du développement de la personnalité. Le jeu est une forme d’apprentissage
fondamentale qui est active, riche en découvertes et structurante et qui génère un nouvel
apprentissage lors de son exécution.(30) La capacité à jouer est innée chez chaque être humain
et procure un sentiment jouissif. Elle permet aux enfants d’appréhender réellement leur
environnement avec tous leurs sens et d’apprendre de nouvelles choses. Un jeu diversifié permet
aux enfants d’acquérir des connaissances et de les structurer de manière autonome. Les jeux
de rôle permettent d’utiliser, de tester et d’exercer les langues en fonction de la situation et de la
personne. Pour les jeunes, jouer signifie se positionner par rapport aux autres, s’essayer à
différents rôles et se lancer dans des activités expérimentales. Le jeu leur permet de tester la vie
d’adulte de façon ludique et d’en retirer leurs propres expériences.
Il est fondamental que les schémas non formels intègrent des formes de jeu libre. Celui-ci stimule
de façon optimale la motivation, l’acquisition de compétences socio-communicatives et la pensée
divergente des enfants et des jeunes.(31) Par ailleurs, dans les institutions non formelles, le jeu a
également une fonction psycho-hygiénique, dans le sens qu’il permet aux enfants et aux jeunes
de se détendre après l’école et d’évacuer leur stress.
Les processus de jeu répétitifs permettent aux enfants et aux jeunes d’affiner sans cesse leur
compréhension du monde.(32)
Les compétences, fondement de la capacité à juger et à agir
Les compétences allient le savoir au savoir-faire et représentent ainsi le fondement d’une action
réussie et responsable.(33) Plus un individu approfondira sa capacité à juger et à agir, plus il
adoptera un comportement flexible et approprié dans des situations quotidiennes, mais aussi
face aux défis de la vie en société. (34)
Les compétences sont le fruit de la mise en réseau des capacités intellectuelles, des acquis
spécifiques à un domaine, des aptitudes et routines, de la motivation à agir et des valeurs
personnelles.(35) C’est la combinaison de tous ces facteurs qui permettra de mettre les acquis en
œuvre de façon responsable et appropriée à la situation.
Le travail éducatif orienté vers les compétences en appelle aux ressources des enfants et des
jeunes et leur ouvre diverses expériences d’apprentissage. Les compétences se développent à
travers l’apprentissage autonome, généré par les interactions entre l’individu et son
environnement. Un lien étroit entre les différents environnements d’apprentissage est
indispensable au développement continu de ces compétences, au-delà de toute institution
éducative.
Les compétences acquises par les enfants et les jeunes sont les suivantes: la compétence
individuelle, la compétence sociale, la compétence technique et la compétence
méthodologique.(36) Ces quatre types de compétences sont interdépendants et étroitement liés
les uns aux autres.
La compétence individuelle se fonde sur la confiance en soi, l’esprit d’initiative et une image
positive de soi. Elle couvre la capacité et la volonté d’approfondir et d’épanouir ses talents et
son potentiel.(37) Les enfants et les jeunes dotés d’une haute compétence individuelle se fient
à leurs capacités et peuvent évaluer de manière réaliste les défis auxquels ils font face. C’est
sur cette base que se développe la résilience14 qui permet aux enfants et aux jeunes de rester
aptes, même dans des situations difficiles.(38) Parmi les autres compétences individuelles
figurent l’initiative de nouer des contacts, la prise de responsabilité et les stratégies de
résolution des difficultés.
La compétence sociale englobe la capacité à juger et à agir dans diverses situations
sociales. Elle se fonde sur la capacité et la volonté d’aller à la rencontre d’autres personnes
de manière empathique et responsable. Le comportement des enfants et jeunes socialement
compétents est basé sur les relations et guidé par des valeurs. Ils font preuve, par exemple,
d’une capacité à coopérer et à communiquer, d’une capacité à travailler en équipe et à gérer
les conflits ainsi que d’une compréhension des notions de démocratie et d’interculturalité. Ces
aptitudes s’appuient sur la capacité à se confronter de manière constructive aux règles et aux
normes ainsi qu’à leur définition, déterminée dans une large mesure par les compétences
linguistiques.
Par compétence technique s’entend la capacité à juger et à agir dans différents champs
d’action. Cette compétence repose sur l’assimilation de termes et concepts pertinents qui
peuvent être réutilisés de manière autonome et approfondis. Les enfants et jeunes disposant
14
La résilience désigne la capacité de résistance psychique d’un individu, c’est‐à‐dire sa capacité à gérer avec succès les événements susceptibles
de perturber son développement biologique, psychologique et psychosocial (Wustmann, 2011)
de compétences techniques manipulent activement les différents matériaux et se prêtent à
des formes variables d’expérimentation et d’exploration. Plus la compétence technique
s’accroît, plus les enfants et les jeunes parviennent à développer des stratégies – y compris
créatives – pour résoudre les problèmes et prendre leurs propres décisions.
La compétence méthodologique est étroitement liée à la compétence technique et peut
uniquement être assimilée à l’aide de contenus concrets. Ainsi, pour chaque champ d’action,
des techniques et méthodes de travail spécifiques ou des stratégies d’assimilation et
d’apprentissage sont considérées comme efficaces et utiles. En général, les compétences
méthodologiques englobent la capacité à résoudre les problèmes, la capacité de réflexion, la
pensée en réseau et en particulier les compétences relatives aux méthodes d’apprentissage.
Ces dernières se basent sur la réflexion relative aux contenus d’apprentissage et aux
processus d’apprentissage propres. L’individu prend ainsi conscience du fait «qu’il apprend,
de ce qu’il apprend et de comment il l’apprend».(39) La capacité croissante à planifier, exécuter
et évaluer des processus d’apprentissage ad hoc favorise l’apprentissage tout au long de la
vie.
On attirera par ailleurs l’attention sur la méta-compétence, qui désigne la capacité à évaluer le
stade de développement de ses compétences propres et la nécessité de les développer
encore.(40)La méta-compétence se développe à mesure que la capacité de réflexion se renforce.
Le fait de donner régulièrement aux enfants et aux jeunes l’occasion de réfléchir aux
conséquences de leurs actes fait naître chez eux la capacité à s’autoévaluer de manière réaliste.
Ils sont ainsi mieux à même de relever les défis auxquels ils font face, par exemple les différentes
transitions au sein du système éducatif. Ils comprennent immédiatement s’ils peuvent gérer une
situation d’eux-mêmes ou s’ils ont besoin de l’aide d’autres personnes, ou encore s’ils peuvent
déjà y arriver maintenant ou s’ils n’y parviendront qu’après avoir renforcé leurs compétences. La
capacité à gérer les défis et à les relever avec succès contribue au développement d’une image
positive de soi et, ainsi, à une plus grande efficacité personnelle et capacité d’action.
La compétence démocratique illustre bien l’interaction complexe entre les différents types de
compétences. Elle s’appuie sur des compétences techniques liées aux processus sociétaux et
politiques.(41) Les compétences individuelles et sociales, telles que la capacité à adopter une autre
perspective, à gérer les conflits et à participer, permettent également d’utiliser les possibilités
d’implication. En sa qualité de compétence méthodologique, l’analyse sociologique constitue par
ailleurs une condition essentielle à la prise de décisions démocratiques. Les bases du
développement de la compétence démocratique sont jetées dès la petite enfance.
II.4 Principes éducatifs généraux
L’aménagement de programmes d’apprentissage dans les institutions éducatives pour les
enfants et les jeunes obéit à des principes éducatifs généraux qui sont en adéquation avec
l’image de l’enfant / du jeune ainsi qu’avec la notion d’éducation sous-tendant le présent cadre
de référence:
Individualisation et différenciation
Chaque enfant / jeune est unique en termes de personnalité, de contexte socio-culturel, de
besoins et potentiels d’apprentissage et de rythme de développement. L’individualisation signifie
que les programmes d’apprentissage et les processus éducatifs sont aménagés en fonction des
caractéristiques de la personnalité et des compétences de chaque enfant / jeune. À travers une
observation continue et systématique, un dialogue et une écoute attentive, les pédagogues
peuvent découvrir les intérêts des enfants et jeunes et s’en inspirer dans leur travail éducatif
différencié.(42) La diversification des méthodes et des formes d’apprentissage, un équipement
vaste et adapté au développement, doté d’outils éducatifs et de matériel de jeu ainsi qu’un
espace suffisant aménageable de manière flexible constituent des aspects essentiels de la
différenciation.
Diversité
La diversité d’une société pluraliste se reflète dans ses institutions éducatives. La diversité
signifie que chaque personne est unique et qu’elle se distingue des autres tant par des
caractéristiques immuables telles que le sexe, l’ethnie ou les capacités physiques que par des
caractéristiques variables, telles que la religion, le statut social, la / les langue(s) ou
l’éducation.(43) Cette diversité joue un rôle précieux en pédagogie, en ce qu’elle constitue une
ressource fondamentale qui vient enrichir les processus éducatifs. Au sein d’une société
multilingue, la diversité linguistique revêt une importance particulière. La pédagogie de la
diversité vise à favoriser l’égalité et l’équilibre des chances tout en préservant les différences
individuelles, à «supporter les ambivalences et à développer la coopération en dépit des
différences initiales.»(44)
La remise en question permanente par les pédagogues de leurs propres pensées et actions
s’inscrit par conséquent pleinement dans une pédagogie de la diversité. Ils doivent se confronter
consciemment à leurs propres préjugés en étant conscients de l’influence considérable que leurs
valeurs et normes exercent notamment sur les jeunes enfants.(45)
Inclusion
L’inclusion part du postulat que tous les êtres humains, avec leurs différences individuelles, leurs
besoins particuliers et leurs talents propres, sont des êtres «normaux».
Le fondement de la pensée inclusive est de faire en sorte que les enfants et les jeunes perçoivent
la diversité et sachent l’apprécier.(46) Une pédagogie inclusive crée un environnement
d’apprentissage qui tient compte des besoins et dispositions de chacun en matière
d’apprentissage et qui permet à chaque enfant ou jeune de développer son potentiel. Cela
signifie pouvoir réagir aux différences entre les enfants et jeunes en concevant des programmes
d’apprentissage et des offres pédagogiques qui les incitent à s’investir avec leurs expériences
et compétences individuelles. «Une pédagogie de l’inclusion ne pourra réussir que si elle
reconnaît véritablement l’individualité et les besoins de l’ensemble des apprenants.»(47)
Multilinguisme
Le multilinguisme est une réalité sociale au Luxembourg, et une ressource importante pour la
société. Avec les trois langues officielles du pays et le grand nombre de citoyens qui parlent
encore une autre langue à la maison, il est tout naturel que le multilinguisme intègre pleinement
la vie quotidienne et professionnelle. Cette «écologie multilingue»(48) est à la fois une chance et
un défi pour le système éducatif.
Au Luxembourg, il est primordial de maîtriser plusieurs langues pour mener à bien son parcours
éducatif. L’utilisation consciente et permanente du multilinguisme est donc un aspect essentiel
de l’éducation intégrale. D’après les résultats de diverses recherches internationales, la première
langue joue un rôle essentiel dans l’acquisition d’autres langues.(49) En faisant preuve de
considération pour la première langue des enfants et des jeunes et en la sollicitant
volontairement, les pédagogues renforcent le développement de la personnalité et de l’identité
de ces derniers, ce qui offre à chacun d’entre eux, quelle que soit sa première langue, un atout
sur le plan éducatif. Une éducation multilingue réunit les conditions essentielles à l’acquisition
de compétences interculturelles, telles que l’empathie, la capacité à modifier sa perspective ainsi
que le dépassement de l’ethnocentrisme.(50) Elle favorise par ailleurs les compétences
translinguistiques (par exemple les transferts d’une langue à l’autre) ainsi que les compétences
métalinguistiques et cognitives(51), qui enrichissent la capacité générale à s’exprimer et le
parcours éducatif d’un individu.
Le concept ouvert et holistique des institutions de l’éducation non formelle, en particulier, offre à
tous les enfants et jeunes la possibilité d’apprendre et de vivre le multilinguisme en permanence.
Ainsi, un lien est immédiatement fait avec la pratique du multilinguisme dans toutes les autres
situations du quotidien des enfants et des jeunes et au sein de leur famille.
II.5 Caractéristiques de l’éducation non formelle
L’éducation non formelle se distingue par certaines caractéristiques qui s’orientent à l’image de
l’enfant / du jeune ainsi qu’à la notion d’éducation sous-tendant le présent cadre de référence.
En sus des principes éducatifs généraux, ces caractéristiques guident également la mise en
place de l’ensemble des programmes d’apprentissage tout au long de la journée, et ce afin
d’aider les enfants et les jeunes à exprimer leurs intérêts et à se confronter activement à leur
environnement.
Base volontaire
La participation aux activités et projets des institutions de l’éducation non formelle se fait sur une
base volontaire. Si pour les jeunes enfants, ce sont les parents qui décident d’accepter ou non
l’offre, cet aspect revêt davantage d’importance pour les adolescents, car c’est essentiellement
à eux que revient cette décision. Cela accroîtra leur motivation intrinsèque et leur volonté de
participation.
Ouverture
En fonction de la composition du groupe, de l’équipe, des circonstances locales et des réflexions
conceptuelles, c’est la structure ou le gestionnaire responsable d’une institution non formelle qui
décide de la mise en œuvre concrète des objectifs pédagogiques. L’ouverture à l’égard des
enfants et des jeunes et de leurs besoins donne naissance à une multitude de modèles
conceptuels de base.
En sus de cette ouverture en matière d’objectifs et de méthodologie, l’ouverture comme principe
de travail signifie que les crèches, maisons relais ou maisons de jeunes s’ouvrent vers l’extérieur,
c’est-à-dire qu’elles cherchent à échanger avec les autres organisations et institutions,
«impliquent les personnes issues de l’environnement de l’institution dans le travail pédagogique
et permettent aux enfants d’explorer leur environnement»(52).
Participation
La co-responsabilité et la co-décision sont tant des objectifs du travail avec les enfants et les
jeunes que des principes méthodologiques fondamentaux.
On peut établir une distinction entre les différents degrés de participation(53) (la participation
sporadique, la participation réelle ou l’autodétermination), mais également entre les différents
modèles de participation (formes parlementaires, par exemple le parlement des enfants et des
jeunes, formes ouvertes, par exemple les forums de discussion, et formes de participation
orientées vers le projet). Même si le choix des formes de participation dépend des enfants et des
jeunes ainsi que des intérêts, besoins et conditions sur place, le principe d’impliquer les enfants
et les jeunes dans le processus de décision et pas seulement dans la réalisation demeure une
caractéristique fondamentale de l’éducation non formelle.
Les enfants et les jeunes sont vus comme des participants à leurs processus éducatifs, au sens
de co-constructeurs de celui-ci. La création d’espaces libres, le transfert de responsabilité, la
transparence des décisions et le fait de les interroger régulièrement sur leurs envies et leurs
propositions génère l’apparition d’une forme quotidienne de participation qui permet aux enfants
et aux jeunes de se confronter activement à eux-mêmes, à leurs intérêts et envies et à leur
environnement et ainsi, seulement, à un processus éducatif actif.
Orientation vers la personne
Les méthodes et objectifs de l’éducation non formelle sont déterminés en fonction des enfants
et jeunes et adaptés dans la mesure du possible à leurs besoins et intérêts. Cette adaptation
peut entraîner divers changements non seulement dans la planification, mais également dans le
déroulement de la journée, dans le sens que de nouvelles priorités sont établies. Les processus
éducatifs dans le travail avec les enfants et les jeunes se caractérisent en ce qu’ils «se fondent
sur les expériences des enfants et des jeunes eux-mêmes. Ils renvoient de façon plus nette à
une pratique réelle, dans le cadre de laquelle les enfants et les jeunes deviennent des
coproducteurs décisifs de leur propre parcours éducatif. Ainsi, ils aménagent eux-mêmes leur
vie et leurs sujets quotidiens et contribuent également en quelque sorte à écrire le scénario de
leur vie»(54).
Toutes sortes d’occasions et de points d’intérêt sont exploités afin de soutenir les processus
éducatifs. La pédagogie de l’éducation non formelle se base sur le quotidien et l’environnement
des enfants et des jeunes et s’emploie à donner des impulsions éducatives pertinentes tant au
niveau de leur parcours que dudit environnement(55): «Le fait de valoriser les schémas favorisant
les processus d’apprentissage moins formalisés, qui contribuent à l’éducation des enfants et des
jeunes, vient renforcer le principe …
Explication IA à partir du texte officiel de la loi. Indicatif, ne remplace pas un conseil juridique.