📄 Texte de loi
LE GOUVERNEMENT
DU GRAND-DUCHÉ DE LUXEMBOURG
Ministère d'État
Le Ministre aux Relations avec le Parlement
Monsieur le Président
du Conseil d'État
Luxembourg
Personne en charge du dossier:
Jean-luc Schleich
1d 247 - 82954
Luxembourg, le 6 octobre 2016
SCL : R 5512 1383 / ak
Objet : Projet de règlement grand-ducal déclarant zone protégée d'intérêt national sous forme de
réserve naturelle la zone humide « Kaleburn » sise sur le territoire de la commune de
Wincrange.
Monsieur le Président,
J'ai l'honneur de soumettre à l'avis du Conseil d'État le projet de règlement grand-ducal sous rubrique,
élaboré par la Ministre de l'Environnement.
Je joins en annexe le texte du projet, l'exposé des motifs, le commentaire des articles, la fiche
d'évaluation d'impact, la fiche financière ainsi que le dossier de classement élaboré par
l'Administration de la Nature et des Forêts, comprenant, entres autres, les avis du Conseil supérieur
pour la protection de la nature, de la Chambre d'agriculture, de la Commune de Wincrange et de
l'Administration de la Nature et des Forêts.
Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'assurance de ma haute considération.
Pour le Premier Ministre
Ministre d'État
Le Ministre aux Relations
avec le Parlement
Fernand Etgen
43, boulevard F.-D. Roosevelt
L-2450 Luxembourg
Tél.: (+352) 247-82952
Fax: (+352) 46 74 58
LE GOUVERNEMENT
DU GRAND-DUCHÉ DE LUXEMBOURG
Ministère du Développement durable
et des Infrastructures
Département de l'environnement
Note à l'attention du Conseil d'Etat
concernant la désignation de la zone « Kaleburn » sous forme de réserve naturelle
Objet et contenu du dossier :
Le projet de règlement grand-ducal avait été approuvé par le Conseil de Gouvernement en date du
26 février 2015.
Le projet a été présenté à la commune concernée et exposé lors d'une réunion d'information aux
exploitants agricoles concernés.
Ensuite le projet a été soumis conformément à la procédure prévue par l'article 42 de la loi modifiée
du 19 janvier 2004 concernant la protection de la nature et des ressources naturelles au public.
Suite aux observations du public et de la commune concernée, des amendements ont été formulés,
sur avis de l'Administration de la Nature et des Forêts.
Les présents amendements ont été effectués afin de tenir compte des certaines observations émises
lors de l'enquête publique et de ravis de la commune.
Exposé des motifs :
Le classement de la zone protégée « Kaleburn» s'inscrit pleinement dans la politique nationale en
matière de protection de la nature telle que fixée par le « Plan National pour la Protection de la
Nature ». La désignation de cette zone - anciennement appelée « Hoffelt - 'Kaleburn ZH 09 » - était
d'ailleurs envisagée depuis longue date et notamment reprise dans la « Déclaration d'intention
générale » de 1981.
La zone « Kaleburn » située à l'ouest de Hoffelt est une zone humide comportant des restes de basmarais acide, entouré de pâturages, hêtraies et pessières, et présentant des intérêts floristiques et
faunistiques évidents. La zone est caractérisée par la présence d'espèces remarquables liées aux
zones humides, herbages et milieux forestiers. Sa situation calme - car éloignée de toute grande
agglomération - et la proximité d'un massif forestier important renforcent sa valeur intrinsèque. II y a
lieu de protéger ce site contre toutes les influences nocives afin d'assurer ses fonctions comme
réserve biogénétique et comme lieu de refuge et de repos pour plusieurs espèces rares.
Les principaux biotopes et habitats des espèces à protéger dans la future réserve naturelle sont:
•
la boulaie à sphaigne (ou tourbière boisée), habitat prioritaire et protégé au niveau
européen, et extrêmement rare au Luxembourg ;
•
•
•
le réseau dense de mares, marais, sources, ruisseaux et autres zones humides;
les prairies humides, prés et autres herbages mésophiles ;
la hêtraie à Luzule blanche, éga lement très rare dans l'Oesling.
Le site se distingue également par la présence d'un certain nombre d'espèces d'amphibiens dont il
faut souligner la présence du Triton crêté. II s'agit de la population la plus septentrionale du pays, et
un des deux seuls sites de l'Oesling. Cette espèce de Triton est visée par l'annexe de la directive
« Habitats ». Egalement visé par l'annexe II de ladite directive, est le papillon appelé Cuivré des
marais, également extrêmement rare au Luxembourg et inféodé aux marais et herbages humides. Du
point de vue avifaunistique, la Cigogne noire y est constaté régulièrement, le Milan royal chasse dans
les herbages et le Pic noir est hébergé dans les hêtraies. Ces trois espèces d'oiseaux sont listées dans
l'annexe I de la directive « Oiseaux ».
4, Place de l'Europe
L-1499 Luxembourg
Tél. (+352) 247-86824
Fax (+352) 40 04 10
Adresse postale
L-2918 Luxembourg
www.emwelt.lu
www.gouvernementiu
1
Hors, la diversité biologique, la zone est également remarquable par ses aspects paysagers, culturels
et historiques. Une valeur culturelle certaine est la présence à l'est du site du Kaleburn de vestiges
des travaux du « canal de Bernistap »: il s'agit d'un vestige d'un grand projet fluvial entrepris au
début du XIXe siècle et consistait, pour des raisons économiques, à relier par le creusement d'un
canal les bassins de la Meuse et de la Moselle par leur affluents, l'Ourthe et la Woltz. Cependant, le
projet fut suspendu lorsque la Belgique devint indépendante (en 1830), puis définitivement
abandonné quelques années plus tard avec la scission de la province de Luxembourg en Belgique et
le Grand-Duché du Luxembourg, lui devenant indépendant à son tour (en 1839).
De plus amples informations quant à la valeur écologique de la zone « Kaleburn » figurent dans le
dossier de classement ci-joint.
2
LE GOUVERNEMENT
DU GRAND-DUCHÉ DE LUXEMBOURG
Ministère du Développement durable
et des Infrastructures
Département de Venvironnement
Projet de règlement grand-ducal déclarant zone protégée d'intérêt
national sous forme de réserve naturelle la zone humide
« Kaleburn » sise sur le territoire de la commune de Wincrange.
Nous HENRI, Grand-Duc de Luxembourg, Duc de Nassau,
Vu la loi du 19 janvier 2004 concernant la protection de la nature et des ressources
naturelles, et notamment ses articles 2 et 34 à 45;
Vu la décision du Gouvernement en Conseil du 11 mai 2007 relative au plan
national concernant la protection de la nature et ayant trait à sa première partie
intitulée Plan d'action national pour la protection de la nature;
Vu l'avis du Conseil supérieur pour la protection de la nature et des ressources
naturelles;
Vu l'avis de la Chambre d'agriculture;
Vu l'avis émis par le conseil communal de Wincrange après enquête publique;
Vu la fiche financière;
Notre Conseil d'Etat entendu;
Sur le rapport de Notre Ministre de l'Environnement et Notre Ministre des
Finances et après délibération du Gouvernement en conseil;
Arrêtons
Art. 1er. Est déclarée zone protégée d'intérêt national sous forme de réserve
naturelle la zone humide « Kaleburn » sise sur le territoire de la commune de
Wincrange, partie des zones protégées d'intérêt communautaire « Hoffelt —
Kaleburn » (LU0001042) et « Vallée de la Tretterbaach et affluents de la frontière
à Asselborn » (LU0002002).
Art. 2. La réserve naturelle « Kaleburn » d'une étendue totale de 81,43 ha, se
compose de deux parties:
1. la partie A, d'une étendue de 13,82 ha, formée par les parcelles cadastrales
suivantes:
4, Place de l'Europe
L-1499 Luxembourg
-NOtet'
à
Fax +352) 40 0410
grand-ducal'qneipeublique
www.gouvernement.lu
L- 91 u em urg 29 09 20revwernweitiu
1/4
commune de Wincrange, section HC de Hoffelt
1510/3271, 1511/2156, 1511/2807, 1512/3272, 1513, 1516/445 (partie),
1531/720 (partie), 1532, 1535/3267, 1535/3268, 1536, 1537/2482,
1537/2483, 1724/164, 1724/165, 1724/166, 1725, 1726, 1727, 1728/963,
1728/964, 1732/3355, 1733/3400, 1780/1484, 1780/2520, 1780/2521, 1781,
1782, 1785/2398 (partie), 1786/3402 (partie), 1787/740, 1790/2810 (partie),
1791/2808, 1793/3273, 1795/2185, 1795/3405, 1796/2186,
2. la partie B, d'une étendue de 67,61 ha, formée par les parcelles cadastrales
suivantes:
commune de Wincrange, section HC de Hoffelt
99/1818, 99/3069, 452 (partie), 454/611(partie), 455, 456, 457, 459/2496,
459/2497, 459/3070 (partie), 459/3627, 464/1546, 464/1679, 1479/2708
(partie), 1481/2709 (partie), 1502/2803, 1511/2504, 1514, 1516/445 (partie),
1517/2505, 1519/1808 (partie), 1519/1809 (partie), 1528/2182, 1529,
1531/719, 1531/720 (partie), 1538, 1539, 1539/2, 1540/931, 1541/804,
1541/805, 1541/806, 1542, 1543, 1544, 1545, 1546, 1547, 1547/2, 1548,
1549, 1550/1525, 1550/1526, 1550/1527, 1550/1528, 1682/2690, 1682/2726,
1682/2727, 1683, 1684/2489, 1684/2490, 1685/1074, 1688/1063, 1688/1064,
1689/922, 1689/1065, 1692/474, 1693/475, 1701/2885, 1701/2886,
1701/2887, 1702/542, 1702/2091, 1702/2092, 1702/2228, 1702/2229,
1703/480, 1704/1173, 1704/1174, 1706/482, 1707, 1715/2830, 1715/2831,
1715/3081, 1715/3103, 1715/3104, 1716/80, 1716/81, 1717/82, 1718/3143,
1718/3144, 1719/543, 1719/544, 1720, 1720/2, 1721, 1722/3167, 1730/3354,
1735/3401, 1736/1612, 1736/1613, 1736/736, 1738, 1739, 1740, 1741, 1742,
1743, 1745/2964, 1746/2965, 1747, 1748, 1749, 1750/1814, 1756/1815,
1756/1816, 1757/927, 1758/254, 1758/255, 1759, 1760, 1761, 1762/1463,
1763, 1764, 1767, 1768/929, 1768/2290, 1768/2291, 1768/3185, 1768/3186,
1771/2184, 1772, 1773, 1774/1283, 1774/1284, 1775/1213, 1775/1214, 1776,
1777/1413, 1777/1414, 1777/1614, 1777/1615, 1777/1616, 1777/1617,
1777/1619, 1777/2493, 1777/2494, 1777/2495, 1778/1 700, 1778/2230,
1778/2231, 1779/2519, 1780/1478, 1780/1479, 1780/1480, 1780/1481,
1780/1483, 1780/2113, 1780/2114, 1783, 1784/169, 1785/2398 (partie),
1785/3105, 1785/3106, 1786/3402 (partie), 1787/3403, 1787/3404, 1788,
1789/545, 1789/546, 1789/547, 1789/548, 1790/2810 (partie).
Sont également inclus tous les fonds et toutes les parcelles cadastrales ne portant
pas de numéros, tels que chemins et cours d'eau se trouvant à l'intérieur du
périmètre de la zone protégée d'intérêt national.
La délimitation des deux parties A et B est indiquée sur le plan annexé.
Art. 3. Dans la partie A sont interdits:
1. les fouilles, les sondages, les travaux de terrassement, l'enlèvement de terre
végétale, le remblayage, le déblayage, l'extraction de matériaux;
2. le dépôt de déchets et de matériaux;
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3. les travaux susceptibles de modifier le régime des eaux superficielles ou
souterraines, tels que le drainage, l'entretien des drainages, le curage, la
modification des berges, la modification des plans d'eau existants, le rejet
d'eaux usées;
4. toute construction ou reconstruction incorporée au sol ou non;
5. la mise en place d'installations de transport et de communication, de conduites
d'énergie, de liquide ou de gaz, de canalisations ou d'équipements assimilés ;
les interventions nécessaires à l'entretien des installations existantes restent
soumises à autorisation préalable du Ministre ayant la Protection de la nature
et des ressources naturelles dans ses attributions, dénommé ci-après « le
ministre »;
6. le changement d'affectation des sols, y compris la réduction, la destruction ou
la détérioration de biotopes tels que mares, étangs, sources, cours d'eau, haies,
arbres solitaires, rangées d'arbres, lisières de forêts, couvertures végétales
constituées par des roseaux ou des joncs, prairies humides ou friches, ainsi que
les habitats énumérés à l'annexe 1 et les habitats d'espèces énumérées aux
annexes 2, 3 et 6 de la loi modifiée du 19 janvier 2004 concemant la
protection de la nature et des ressources naturelles;
7. la circulation à l'aide de véhicules motorisés en dehors des voies munies d'un
revêtement à base de bitume, cette interdiction ne s'appliquant pas aux
propriétaires des terrains ni à leurs ayants droit;
8. la circulation à pied, à vélo ou à cheval en dehors des chemins et sentiers
existants, cette interdiction ne s'appliquant pas aux propriétaires des terrains ni
à leurs ayants droit;
9. la divagation d'animaux domestiques;
10. l'appâtage du gibier;
11. la capture, la destruction ou la perturbation d'animaux sauvages indigènes;
12. l'enlèvement, l'endommagement et la destruction de plantes sauvages; la lutte
mécanique ou thermique contre les adventices en agriculture est autorisée;
13. le retoumement des prairies permanentes et le sursemis;
14. l'emploi de pesticides et de fertilisants, ainsi que le chaulage;
15. la plantation de résineux.
Art. 4. Dans la partie B sont interdits:
1. les travaux de terrassement, notamment l'enlèvement de terre végétale, le
déblai, le remblai ou l'extraction de matériaux dépassant un volume de 50 m3;
2. le dépôt de déchets;
3. les travaux susceptibles de modifier le régime des eaux superficielles ou
souterraines, tels que le drainage, le curage, ainsi que le rejet d'eaux usées;
4. toute construction incorporée au sol ou non, à l'exception d'abris agricoles
sans impact significatif sur le site, la faune, la flore et le paysage, qui restent
soumis à autorisation du ministre;
5. la mise en place d'installations de transport et de communication, de conduites
d'énergie, de liquide ou de gaz, de canalisations ou d'équipements assimilés ;
les interventions nécessaires à l'entretien des installations existantes restent
soumises à autorisation préalable du ministre;
6. la réduction, la destruction ou la détérioration de biotopes tels que sources,
cours d'eau, couvertures végétales constituées par des roseaux ou des joncs,
prairies humides, ainsi que les habitats énumérés à l'annexe 1 et les habitats
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d'espèces énumérées aux annexes 2, 3 et 6 de la loi modifiée du 19 janvier
2004 concernant la protection de la nature et des ressources naturelles;
7. le retoumement des prairies permanentes et le sursemis; les réparations de
dégâts dans les prairies permanentes pouvant se faire selon les instructions de
l'administration de la nature et des forêts ;
8. l'emploi de rodenticides et d'insecticides;
9. la conversion de forêts feuillues en forêts résineuses.
Art. 5. Les dispositions énumérées aux articles 3 et 4 ne s' appliquent pas aux
mesures prises dans l'intérêt de la conservation et de la gestion de la zone
protégée d'intérêt national sous forme de réserve naturelle. Ces mesures sont
toutefois soumises à l'autorisation du ministre.
Art. 6. Notre Ministre de l'Environnement et Notre Ministre des Finances sont
chargés, chacun en ce qui le conceme, de l'exécution du présent règlement qui
sera publié au Mémorial.
La Ministre de l'Environnement
Le Ministre des Finances
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Ministère du Développement durable et des Infrastructures
Département de rEnvironnement
Administration de la nature et des forêts
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ZONE PROTÉGÉE KALEBURN
•
487
Partie A
I
0
125
250
Partie B
375
500
um
Fond de plan© Administration du Cadastre et de la Topographie Luxembourg
Commentaires des articles
Ad article ler. Cet article formule l'objectif du présent règlement grand-ducal qui est la
désignation d'une zone appelée « Kaleburn » en tant que zone protégée d'intérêt national
sous forme de réserve naturelle en vertu de la loi modifiée du 19 janvier 2004 concernant la
protection de la nature et des ressources naturelles. ll précise la situation géographique de
la zone en précisant la commune concernée. En plus, cet article inclique que la zone sous
question fait partie de deux zones protégées d'intérêt communautaire et en conséquence le
présent règlement grand-ducal est à interpréter en tant que mesure réglementaire desdites
zones d'intérêt communautaire.
Ad article 2 : Cet article indique la surface en hectares de la réserve naturelle proposée et
liste les numéros des parcelles cadastrales visées par la désignation de la zone protégée
d'intérêt national. Jl précise que certaines surfaces incluses dans la réserve naturelle ne
portent pas de numéro cadastral, cependant sont également visées par la désignation de la
zone protégée d'intérêt national. Finalement, cet article indique que la délimitation de la
réserve naturelle est précisée sur base d'un plan topographique annexé au règlement grandducal. N.B. le plan topographique a été légèrement adapté après l'enquête publique et sur
avis de la commune de Wincrange, et par conséquent les Indications relatives aux surfaces
de la zone et de la partie B ont été adaptées.
Ad article 3 : L'article 3 liste les différentes servitudes grevées aux fonds et interdictions
imposées aux propriétaires et exploitants dans la partie A de la zone.
e
Ad 1er à3 point : ces trois points interdisent les différents types d'activités de
mouvement de sol et de sous-sol, de dépôt ou d'enlèvement de matériaux ou encore
d'utilisation des eaux ou de changement du régime hydrique impactant ou risquant
d'impacter - directement ou indirectement - les biotopes, habitats d'espèces et
espèces, ainsi que la beauté du paysage.
Ad 4e point : il interdit les différentes constructions qui impactent ou risquent
d'impacter - directement ou indirectement - les biotopes, habitats d'espèces et
espèces, ainsi que la beauté du paysage.
e
Ad 5e point : à l'instar du 4 point, ce point interdit l'installation de moyens de
transport ou de communication, tout en prévoyant une exception pour les
installations déjà existantes, qui restent cependant soumis à autorisation.
6e
Ad
point : il interdit le changement d'affectation des sols tout en précisant que la
destruction, dégradation ou réduction de fonds présentant des biotopes en vertu de
ladite loi est interdite.
e
Ad 7 et 8e point : ces deux points réglementent la circulation dans la zone qui
impacterait ou risquerait d'impacter - directement ou indirectement - les biotopes,
habitats d'espèces et espèces ou qui risqueraient de perturber plus précisément la
faune. Différentes exceptions sont précisées visant notamment les propriétaires des
terrains de la zone et leurs ayants droit.
e
Ad 9 point : il interdit la divagation d'animaux domestiques ; le pâturage par le bétail
n'est pas visé par cette interdiction.
Ad 10e point : l'exercice de la chasse restant permis dans la zone, ce tiret règlemente
la chasse en interdisant l'appâtage du gibier qui consiste dans l'apport d'une
alimentation d'attrait non transformée en petites quantités dans le seul et unique
but d'un tir immédiat ou rapproché.
Ad lle point : il interdit toute capture - temporaire ou définitive — destruction ou
perturbation de tout animal non classé comme gibier dans la réserve naturelle.
Ad 12e point : il interdit toute atteinte aux plantes sauvages. Une exception est
prévue sur les quelques surfaces agricoles afin de respecter la conditionnalité dans le
cadre de l'exploitation agricole.
Ad 13e point : réglemente l'exploitation agricole en interdisant le labourage des
prairies permanentes (habitats des espèces protégées), même temporaire, et interdit
également la plantation d'espèces d'herbes compétitives et concurrentielles,
impactant d'autres espèces rares de la flore.
Ad 14e point : il interdit l'utilisation de différentes substances nocives pour les
biotopes, les habitats d'espèces et les espèces. La fertilisation risque d'homogénéiser
la flore en donnant un avantage aux plantes ubiquistes et généralistes. Les pesticides
impactent directement voire indirectement les espèces protégées : les herbicides
portent atteinte à la flore, les insecticides détruisent les insectes et impactent les
autres animaux insectivores et les fongicides sont connus d'impacter indirectement
différentes espèces d'insectes. Le chaulage impacte directement notamment les basmarais acides et les zones humides.
Ad 15e point : il réglemente l'exploitation forestière en interdisant la plantation de
résineux qui risqueraient d'impacter ou dégrader les différents habitats forestiers
telles les hêtraies, boulaies à sphaigne ou autres feuillus présentes dans la zone.
Ad article 4 : L'article 4 liste les différentes servitudes grevées aux fonds et interdictions
imposées aux propriétaires et exploitants dans la partie B de la zone.
Ad 1er à 2e point : ces deux points interdisent les différents types d'activités de
mouvement de sol et de sous-sol, de dépôt ou d'enlèvement de matériaux ou encore
d'utilisation des eaux ou de changement du régime hydrique impactant ou risquant
d'impacter - directement ou indirectement - les biotopes, habitats d'espèces et
espèces, ainsi que la beauté du paysage. Cependant, ces interdictions sont plus
modulables respectivement sont moins strictes que les interdictions de la partie A de
la zone.
Ad 3e point : de la même manière que le 3e point de l'article 3 concernant la partie A
de la zone, ce point interdit tout changement du régime hydrique impactant ou
risquant d'impacter directement les biotopes, les habitats d'espèces et les espèces,
aussi bien de la partie B de la zone que ceux de la partie A de la zone qui risqueraient
fortement d'être impactés. N.B. l'interdiction concernant l'entretien des drainages
figurant dans le projet de règlement grand-ducal initial a été rayé après l'enquête
publique et sur avis de la commune de Wincrange.
Ad 4e point : il interdit les différentes constructions qui impacteraient ou risqueraient
d'impacter - directement ou indirectement - les biotopes, habitats d'espèces et
espèces, ainsi que la beauté du paysage. Cependant, par rapport aux interdictions à
la partie A de la zone, des abris agricoles peuvent être autorisés.
e
Ad 5e point : de la même manière que le 5 point de l'article 3 concernant la zone A,
ce point interdit l'installation de moyens de transport ou de communication, tout en
2
prévoyant une exception pour les installations déjà existantes, qui restent cependant
soumis à autorisation.
Ad 6e point : de la même manière que le 6e point de l'article 3 concernant la zone A, il
interdit le changement d'affectation des sols tout en précisant que la destruction,
dégradation ou réduction de fonds présentant des biotopes en vertu de ladite loi est
interdite.
Ad 7e point : de la même manière que le point 13 de l'article 3 concernant la partie A
de la zone, il réglemente l'exploitation agricole en interdisant le labourage des
prairies permanentes (habitats des espèces protégées), même temporaire, et interdit
également Ia plantation d'espèces d'herbes compétitives et concurrentielles,
impactant d'autres espèces rares de la flore. N.B. une certaine flexibilité a été
introduite après l'enquête publique et sur avis de la commune de Wincrange
concernant la réparation des dégâts qui peuvent être réparés comme prévu dans
une instruction de l'Administration de la nature et des forêts qui eapplique aux
contrats de biodiversité, biotopes et réserves naturelles.
Ad 8e point : 11 interdit l'utilisation de substances nocives pour les rongeurs
(rodenticidies) et les insectes (insecticides). Les insecticides détruisent directement
les insectes et impactent les autres animaux insectivores. Les rodenticides sont
connus d'impacter indirectement différentes espèces de rapaces se nourrissant de
rongeurs, tels le Milan royal, par bio-accumulation de substances nocives.
Ad 9e point : il réglemente l'exploitation forestière en interdisant la conversion de
forêts feuillues en forêts résineuses. L'exploitation et la plantation des résineux dans
les forêts résineuses existantes dans la zone restent permises.
Ad. article 5 : Cet article prévoit la possibilité de déroger aux servitudes, interdictions et
réglementations disposées par les articles 3 et 4 s'il s'agit de mesures de conservation et de
gestion prises dans l'intérêt de la zone.
Ad. articie 6 : Cet article comporte la formule exécutoire.
3
FICIIE FINANCIERE
Intitulé du projet: Projet de règlement grand-ducal déclarant zone protégée d'intérêt national sous
forme de réserve naturelle, la zone « Kaleburn » sise sur le territoire de Ia commune de Wincrange.
Ministère initiateur: Ministère du Développement durable et des Infrastructures — Département de
l'Environnement
Suivi du projet par: Monsieur Gilles Biver
Tél: 2478-6834
Courriel: gilles.biver@mev.etatiu
1) restauration et mesures de conservation de la tourbière boisée : 10.000 €,
2) restauration et création de biotopes, notamment zones humides : 20.000 €,
3) contrats de biodiversité : 8000 €,
4) enlèvement des peuplements de résineux : 5000 €,
5) suivi scientifique : 1000 €.
LE GOUVERNEMENT
DU GRAND-DUCHÉ DE LUXEMBOURG
FICHE D'ÉVALUATION D'IMPACT
MESURES LÉGISLATIVES, RÉGLEMENTAIRES ET AUTRES
Coordonnées du projet
Intitulé du projet :
Projet de règlement grand-ducal déclarant zone protégée d'intérêt national sous
forme de réserve naturelle la zone humide « Kaleburn » sise sur le territoire de la
commune de Wincrange.
Ministère initiateur :
Ministère Développement durable et des Infrastructures
Département Environnement
Auteur(s) :
Gilles Biver
Téléphone :
+352 247-86834
Courriel :
gilles.biver@mev.etat.lu
Objectif(s) du projet :
Désignation de la zone « Kaleburn » sise sur le territoire de la commune de
Wincrange en tant que zone protégée d'intérêt national sous forme de réserve
naturelle en vertu de la loi rnodifiée du 19 janvier 2004 concernant la protection de
la nature et des ressources naturelles
Autre(s) Ministère(s) /
Organisme(s) / Commune(s)
impliqué(e)(s)
Ministère des Finances
Date :
31/03/2016
Version 23.03.2012
1 /5
LE GOUVERNEMENT
DU GRAND-DUCHÉ DE LUXEMBOURG
Mieux légiférer
LiÏ
Partie(s) prenante(s) (organismes divers, citoyens,...) consultée(s) :
Oui
n Non
Si oui, laquelle / lesquelles : Administration de la Nature et des Forêts, Conseil Supérieur Protection de la
Nature, Chambre d'Agriculture, Administration communale de Wincrange,
citoyens concernés
Remarques / Observations :
2
3
Destinataires du projet :
- Entreprises / Professions libérales :
oui
n Non
- Citoyens :
Oui
n Non
- Administrations :
Oui
EI Non
oui
n Non
Oui
El Non
El oui
Esi Non
El oui
E Non
Le principe « Think small first » est-il respecté ?
(c.-à-d. des exemptions ou dérogations sont-elles prévues suivant la
taille de l'entreprise et/ou son secteur d'activité ?)
Ei N.a.
Remarques / Observations
1 N.a. : non applicable.
4
Le projet est-il lisible et compréhensible pour le destinataire ?
Existe-t-il un texte coordonné ou un guide pratique, mis à jour et
publié d'une façon régulière ?
Remarques / Observations :
5
Le projet a-t-il saisi l'opportunité pour supprimer ou simplifier des
régimes d'autorisation et de déclaration existants, ou pour améliorer
la qualité des procédures ?
Remarques / Observations :
Version 23.03.2012
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LE GOUVERNEMENT
DU GRAND-DUCHÉ DE LUXEMBOURG
6
Le projet contient-il une charge administrative 2 pour le(s)
destinataire(s) ? (un coût imposé pour satisfaire à une obligation
d'information émanant du projet ?)
EJ Oui
Non
Si oui, quel est le coût administratif3
approximatif total ?
(nombre de destinataires x
coût administratif par destinataire)
2 11 s'agit d'obligations et de formalités administratives imposées aux entreprises et aux citoyens, liées à l'exécution, l'application ou la mise en
ceuvre d'une loi, d'un règlement grand-ducal, d'une application administrative, d'un règlement ministér iel, d'une circulaire, d'une directive, d'un
règlement UE ou d'un accord international prévoyant un droit, une interdiction ou une obligation.
3 Coût auquel un destinataire est confronté lorsqu'il répond à une obligation crinformation inscrite dans une loi ou un texte d'application de celleci (exemple : taxe, coût de salaire, perte de temps ou de congé, coût de déplacement physique, achat de matériel, etc.).
E Oui
E Non
JJ N.a.
E Oui
Ei
Non
N.a.
a) Le projet prend-il recours à un échange de données interadministratif (national ou international) plutôt que de demander
l'information au destinataire ?
7
Si oui, de quelle(s)
donnée(s) et/ou
administration(s)
s'agit-il ?
b) Le projet en question contient-il des dispositions spécifiques
concernant la protection des personnes à l'égard du traitement
des données à caractère personnel 4 ?
Si oui, de quelle(s)
donnée(s) et/ou
administration(s)
s'agit-il ?
4 Loi modifiée du 2 août 2002 relative à la protection des personnes à l'égard du traitement des données à caractère personnel (www.cnpd.lu)
Le projet prévoit-il :
8
- une autorisation tacite en cas de non réponse de l'administration ?
Ej
Oui
[1]
- des délais de réponse à respecter par l'administration ?
[11
Oui
E Non
E]
Ou i
EJ Non
• N.a.
• N.a.
• N.a.
E Oui
[] Non
N.a.
•
E Non
E N.a.
- le principe que l'administration ne pourra demander des
informations supplémentaires qu'une seule fois ?
Y a-t-il une possibilité de regroupement de formalités et/ou de
procédures (p.ex. prévues le cas échéant par un autre texte) ?
9
Non
Si oui, laquelle :
10
_
En cas de transposition de directives communautaires,
le principe « la directive, rien que la directive » est-il respecté ?
Version 23.03.2012
Oui
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LE GOUVERNEMENT
DU GRAND-DUCHÉ DE LUXEMBOURG
Sinon, pourquoi ?
11
Le projet contribue-t-il en général à une :
a) simplification administrative, et/ou à une
b) amélioration de la qualité réglementaire ?
Oui
1 Non
n Oui E Non
Remarques / Observations :
12
Des heures d'ouverture de guichet, favorables et adaptées
aux besoins du/des destinataire(s), seront-elles introduites ?
• oui
n Non
13
Y a-t-il une nécessité d'adapter un système informatique
auprès de l'Etat (e-Government ou application back-office)
E oui
EI Non
n
E Non
N.a.
Si oui, quel est le délai
pour disposer du nouveau
système ?
14
Y a-t-il un besoin en formation du personnel de l'administration
I concernée ?
Oui
L N.a.
Si oui, lequel ?
Remarques / Observations :
Version 23.03.2012
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LE GOUVERNEMENT
DU GRAND-DUCHÉ DE LUXEMBOURG
Egalité des chances
15
Le projet est-il :
principalement centré sur l'égalité des femmes et des hommes ?
floui
positif en matière d'égalité des femmes et des hommes ?
E oui
IS Non
E Non
Oui
n Non
Si oui, expliquez
de quelle manière :
neutre en matière d'égalité des femmes et des hommes ?
Si oui, expliquez pourquoi :
Le présent projet vise tous les citoens concernés, indépendamment de leur
sexe
négatif en matière d'égalité des femmes et des hommes ?
oui
[si Non
E Oui
fl Non
EI N.a.
fl Oui
n Non
E N.a.
Si oui, expliquez
de quelle manière :
16
Y a-t-il un impact financier différent sur les femmes et les hommes ?
Si oui, expliquez
de quelle manière :
Directive « services »
17
Le projet introduit-il une exigence relative à la liberté d'établissement
soumise à évaluation 5 ?
Si oui, veuillez annexer le formulaire A, disponible au site Internet du
Ministère de l'Economie et du Commerce extérieur :
www.eco.public.lu/attributions/dg2/d_consommation/d march
int rieur/Services/index.html
5 Article 15 paragraphe 2 de la directive « services » (cf. Note explicative, p.10-11)
18
E oui
Le projet introduit-il une exigence relative à la libre prestation de
services transfrontaliers ?
111 Non
Z N.a.
Si oui, veuillez annexer le formulaire B, disponible au site Internet du
Ministère de l'Economie et du Commerce extérieur :
www.eco.public.lu/attributions/dg2/d_consommation/d march
int rieur/Services/index.html
Article 16, paragraphe 1, troisième alinéa et paragraphe 3, première phrase de la directive « services » (cf. Note explicative, p.10-11)
Version 23.03.2012
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Dossier de classement
2015
«Hoffelt-Kaleburn» zone humide
RN ZH 09
LE GOUVERNEMENT
DU GRAND-DUCHÉ DE LUXEMBOURG
Administration de la nature et des foréts
Dossier de classernent
«Hoffelt -Kaleburn»
Administration de la nature et des forêts
Service de la nature
81 avenue de la gare,
L- 9233 Diekirch
www.emwelt.lu
Personne responsable du suivi du dossier:
Jan HERR
40 22 01 528
jan.herr@anf.etat.lu
LE GOUVERNEMENT
DU GRAND-DUCHÉ DE LUXEMBOURG
Ministère du Développement durable
et des Infrastructures
Administration de la nature et des forêts
Le présent dossier de classement a été réalisé par le Service de la Nature de
l'Administration de la Nature et des Forêts du Ministère du Développement
durable et des Infrastructures, Département de l'Environnement. II comprend les
données de base pour le classement officiel en zone protégée d'intérêt national sous
forme de réserve naturelle de la zone humide « HoffeltiKaleburn ». La site figure
dans l'Annexe A du Plan national pour la Protection de la Nature qui reprend les sites
prioritaires en vue d'un classement en tant que réserve naturelle. Le site figure
également sur la liste nationale relative à la directive « Habitats » (Zone Spéciale de
Conservation : Code LU0001042) et fait partie de la Zone de Protection Spéciale
(Code LU0002002) intitulée « Vallée de la Tretterbaach et affluents de la frontière à
Asselborn » relative à la directive « Oiseaux ».
Remerciements
Nous remercions :
Monsieur Guy Colling du Service Biologie des Populations et Banque de Données du
Musée National d'Histoire Naturelle pour la mise à disposition de données
scientifiques des banques de données « Luxnat » et « Recorder »,
Les membres de l'« AG Feldornithologie » et la Centrale Ornithologique de la
« Lëtzebuerger Natur- a Vulleschutzliga » (LNVL) pour la mise à disposition de
données scientifiques concernant l'avifaune.
11
1. INTRODUCTION
V
1.1. Introduction générale
V
1.2. Les zones humides des hauts-plateaux de l'Oesling
V
1.3. Aspects juridiques de la protection des zones humides
Vl
2. RECHERCHE, ACTUALISATION ET TRAITEMENT DES DONNÉES
1
2.1. Délimitation
2.1.1. Situation géographique et administrative
2.1.2. Carte topographique
2.1.3. Situation juridique du site
1
1
1
3
2.2. Analyse écologique
2.2.1. Facteurs écologiques de la région
2.2.2. Occupation du sol
2.2.3. Carte des habitats
2.2.4. Liste d'espèces de la faune et de la flore
2.2.4.1. Avifaune
2.2.4.2. Autres animaux
2.2.4.2.1. Vers plats
2.2.4.2.2. Mollusques bivalves
2.2.4.2.3. Entomofaune
2.2.4.2.3.1. Orthoptères
2.2.4.2.3.2. Hétéroptères
2.2.4.2.3.3. Coléoptères :
2.2.4.2.3.4. Hyménoptères
2.2.4.2.3.5. Trichoptères •
2.2.4.2.3.6. Lépidoptères•
2.2.4.2.3.7. Diptères
2.2.4.2.4. Crustacés
2.2.4.2.5. Herpétofaune •
2.2.4.2.6. Mammifères
2.2.4.3. Plantes
2.2.4.3.1. Bryophytes
2.2.4.3.2. Plantes vasculaires
2.2.4.3.2.1. Ptéridophytes (lycopodes, prêles et fougères)
2.2.4.3.2.2. Plantes supérieures
2.2.5. intérêt du site sous l'angle de la législation en matière de conservation de la nature
2.2.5.1. Conservation des habitats naturels
2.2.5.2. Conservation des espèces et de leurs habitats
2.2.5.3. Protection des oiseaux
3
3
11
12
14
14
18
18
18
18
18
19
19
19
19
19
20
21
22
24
25
25
27
27
28
40
40
42
44
2.3. Valeurs culturelles et historiques
45
2.4. Agriculture et sylviculture
2.4.1. Carte des propriétaires des terrains agricoles
2.4.2. Carte des exploitants des terrains agricoles
2.4.3. Relevé des parcelles cadastrales, de leur surface et de leurs propriétaires et exploitants
2.4.4. Modes d'exploitation
2.2.5. Perspectives de collaboration
47
47
47
47
47
48
2.5. Chasse
2.5.1. Carte des lots de chasse
2.5.2. Relevé des locataires des lots de chasse
49
49
49
2.6. Dommages et menaces
2.6.1. Menaces générales
2.6.2. Menaces particulières
50
50
55
3. ELABORATION DU PLAN DE GESTION
3.1. Proposition d'aménagement et de mesures de gestion
57
57
111
3.1.1. Objectifs généraux
3.1.2. Objectifs particuliers
57
66
4. Accompagnement de l'étude
71
5. CONCLUSIONS
71
6. LISTE DES RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
72
7. ANNEXES
76
7.1. Délimitation proposée par le bureau d'étude ECAU
76
7.2. Délimitation de la zone protégée d'intérêt national « Hoffelt-Xaleburn »
77
7.3. Photo aérienne
78
7.4. Liste des biotopes d'après OBS 99 et d'après la « cartographie des biotopes »
79
7.5. Carte des habitats
90
7.6. Photos des habitats
91
7.7. Carte de repérage
104
7.8. Surface des habitats recensés
105
7.9. Le canal Meuse-Moselle (canal de Bernistap)
105
7.10. Relevé des parcelles cadastrales, de leur surface et de leurs propriétaires et exploitants
108
7.11. Hectares de terres agricoles par propriétaire
118
7.12. Hectares de terres agricoles par exploitant
118
7.13. Relevé des locataires du lot de chasse N° 29 (fin du bail : 31.07.2012)
119
7.14. Les systèmes d'abreuvement envisageables dans le Kaleburn'
119
7.15. Carte des menaces et mesures de gestion
120
IV
1. Introduction
1.1. Introduction générale
L'industrialisation de notre société a apporté confort, prospérité et suffisance. Le revers de la
médaille est que le patrimoine naturel a subi des agressions importantes. La diversité de la faune et
de la flore a connu ces dernières décennies un déclin extrême et rapide. Des interventions de nature
diverse telles que l'urbanisation, l'agriculture et la sylviculture, le développement des transports et des
infrastructures, les activités de loisirs en sont directement ou indirectement responsables.
L'Europe dispose d'un patrimoine naturel d'une richesse remarquable. Deux directives
essentielles pour la protection de ce patrimoine ont été adoptées au niveau européen au cours des
dernières décennies :
o La directive 79/409/CEE du Conseil du 2 avril 1979 concernant la conservation des oiseaux
sauvages (dite Directive « Oiseaux »),
o La directive 92/43/CEE du Conseil du 21 mai 1992 concernant la conservation des habitats
naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvages (dite Directive « Habitats » ou « FauneFlore-Habitats »).
Ces deux directives, transposées en législation nationale par la loi modifiée du 19 janvier 2004
concernant la protection de la nature et des ressources naturelles, posent les conditions
fondamentales pour la protection d'importants types d'habitats et d'espèces animales et végétales
menacées en Europe par l'intermédiaire d'un réseau européen de zones à protéger (Réseau Natura
2000).
1.2. Les zones humides des hauts-plateaux de l'Oesling
Les zones humides présentent un intérêt biologique remarquable. La végétation de ces milieux
comprend des espèces strictement aquatiques, des espèces amphibies, des espèces hygrophiles,
voire des milieux assez frais. Les zones humides accueillent également une faune très diversifiée :
mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, crustacés, insectes, mollusques, etc. Ces
espèces utilisent les zones humides à des fins multiples : gîte, alimentation, reproduction, repos,
Les zones humides figurent parmi les écosystèmes les plus menacés de la terre. Au
Luxembourg 82% des zones humides ont disparues entre 1962 et 1999. Ce phénomène s'explique
principalement par l'abandon des pratiques agricoles extensives, suivi d'une exploitation de plus en
plus intensive des terres. Les zones humides, considérées comme marginales et peu productives, ont
été valorisées en les asséchant. Les remblaiements, les drainages et les canalisations des rivières
avec correction des cours d'eau ont entraîné une diminution de la quantité d'eau disponible. Ensuite
une modification de la qualité des eaux a eu lieu l'application d'intrants tels que produits
phytosanitaires et fertilisants ainsi que les dépôts atmosphériques sont responsables de
l'eutrophisation, de l'acidification et de la pollution des milieux. Les eaux oligotrophes, étant les plus
intéressantes du point de vue de la biodiversité, ont quasiment disparues. Des espèces végétales
nitrophiles banales s'installent et se développent aux dépens des végétaux beaucoup plus rares.
(Verhaegen & Dendal, 1988 ; Cahiers d'habitas Natura 2000, Habitats humides, 2002).
V
L'Oesling1, présente de nombreux hauts-plateaux traversés par des vallées étroites et fortement
entaillées. Les hauts-plateaux de l'Oesling situés au nord de la ligne Niederwampach-Weiswampach
sont une des régions les plus riches en zones humides du pays (Carte 1). Cette zone constitue le
prolongement méridional des Hautes Fagnes belges et était jadis un paysage ouvert de landes à
callune et à genêt, parsemé de zones marécageuses. Les lieux-dits tels que « Rittefenn », « Deckt
Fenn », « Holler Fenn », « Dischfenn » et « Conzefenn »2 témoignent encore de l'existence de
grandes zones humides dans la région. La surface de ces zones a fortement diminuée depuis que
l'agriculture et la sylviculture se sont appropriées ces terrains grâce au drainage, au remblayage et à
l'enrésinement. Avec la disparition des biotopes humides, les espèces liées aux sols pauvres et
humides de l'Oesling comme Vaccinium oxycoccus, Eriophorum angustifolium et Viola palustris se
font de plus en plus rares de nos jours. Aujourd'hui environ 200 ha de zones humides intéressantes
du point de vue de la conservation subsistent encore en Oesling (Heidt, 1990).
Ces éléments suggèrent qu'un statut de protection prévoyant des mesures de gestion doit être
accordé aux zones humides des hauts-plateaux de l'Oesling. En l'absence de toute intervention, on
peut craindre que la succession naturelle ou la pression d'exploitation exercée sur ces terres entraîne
une rapide altération de cette valeur. II s'en suivrait une perte irréversible du patrimoine naturel du
nord du Fagnes de Luxembourg. Au contraire, une gestion appropriée pourrait accroître les diversités
faunistique et floristique des milieux. II est rappelé que seul la conservation d'un réseau de fonds de
vallées humides permettra la protection des espèces végétales et animales qui dépendent de ces
milieux. II est donc indispensable que les autorités responsables de la conservation de la nature, soit
directement, soit par l'intermédiaire de diverses associations, participent à cet effort de protection.
Ce dossier de classement se situe dans le cadre de l'étude et de la conservation des zones
humides des hauts-plateaux de l'Oesling. II se penche particulièrement sur le sort de la réserve
naturelle-zone humide N° 09 « Hoffelt2Kaleburn » et permet de montrer clairement que ce site mérite
d'être conservé.
1.3. Aspects juridiques de la protection des zones humides
La loi modifiée du 19 janvier 2004 concernant la protection de la nature et des ressources
naturelles déclare qu'« il est interdit de réduire, de détruire ou de changer les biotopes tels que mares,
marécages, marais, sources, [...j, landes, tourbières, couvertures végétales constituées par des
roseaux ou des joncs [...] » (Art 17). Cette mesure de protection générale n'est toutefois pas
suffisante pour assurer la protection efficace des zones humides.
La « Déclaration d'Intention Générale » (D.I.G.3) de 1981 liste toutes les réserves naturelles du
Fagnes de Luxembourg dignes d'un statut de protection. Malheureusement, le statut de réserve
naturelle n'assure pas de protection ni de gestion efficace du site, vu que les « bonnes intentions » de
1L'Oesling correspond à l'Ardenne luxembourgeoise. Etymologie : terre inculte.
2
Fenn (Fr : fagne) désigne un marais tourbeux situé sur une hauteur. Le mot français « fagne » provient du
francique (langue des Francs) fanja signifiant boue.
Deasion du Gouvernement en Conseil du 24 avril 1981 relatif au plan d'aménagement partiel concernant
l'environnement naturel et ayant trait à sa première partie intitulée Déclaration d'Intention Générale.
la D.I.G. n'ont pas été mises en oeuvre de façon systématique. Seulernent +/- 2.000 ha ont été
classés en zones protégées sur les 23.030 ha prévus par la D.I.G.
Une réserve naturelle est définie dans la loi modifiée du 19 janvier 2004 concernant la
protection de la nature et des ressources naturelles comme « un site qui nécessite une protection
particulière en raison de la richesse de ses ressources naturelles, de la diversité, de la spécificité et de
la beauté de son aspect paysager ou de sa fonction récréative et de détente » (Art. 3, b)).
On peut imposer au propriétaire ou au possesseur immobilier des charges, respectivement
grever les fonds de servitudes uniquement si la réserve naturelle est déclarée « zone protégée
d'intérêt national ». La procédure à suivre pour obtenir ce statut est organisée par l'article 41 de la loi
du 19 janvier 2004 « La création de zones protégées d'intérêt national est proposée par le Ministre
[ayant la protection de l'environnement dans ses attributions], de l'accord du conseil de
Gouvernement, le Conseil Supérieur pour la Protection de la Nature et des Ressources Naturelles
entendu en son avis ». Le Ministre ordonne rétablissernent d'un « dossier de classement » dont le
contenu est fixé par l'Art. 41, al.2. Le dossier est ensuite soumis à enquête publique (Art.42). La
déclaration de « zone protégée d'intérêt national » se fait par règlement grand-ducal après que le
Conseil d'Etat ait donné son avis (Art. 43).
Le présent dossier de classement constitue donc l'application directe de la législation
luxembourgeoise en matière de conservation de la nature. Par ailleurs, le classement du site en tant
que réserve naturelle est à considérer comme mesure réglementaire en vue de l'atteinte des objectifs
de conservation de la zone de conservation spéciale LU0001042, telle que prévue dans les articles
37 et 39 de la loi.
Carte 1 : Extrait du schéma « Les zones humides dignes d'un statut de protection selon la DIG4. Les hautsplateaux de l'Oesling situés au nord de la ligne Niederwampach-Weiswampach (indiquée en pointillés)
sont une des régions les plus riches en zones humides du pays. Le site 'Kaleburn correspond au
chiffre 9.
Deasion du Gouvernement en Conseil du 24 avril 1989 relatif au plan d'aménagement partiel concernant
l'environnement naturel et ayant trait à sa première partie intitulée « Déclaration d'Intention Générale ».
2. Recherche, actualisation et traitement des données
2.1. Délimitation
2.1.1. Situation géographique et administrative
La réserve naturelle Kaleburn (Syn. : Kalburere, 'In Kahlenburn', Kalebur' 5) est située sur le
territoire de la commune de Wincrange, section cadastrale HC de Hoffelt. A côté du lieu-dit
`Kaleburen', elle comprend les lieux-dits 'Alebesch' (Syn. : 'ale Boesch', 'Im alten Busch'),
`Jongebesch' (Syn. : Jongeboesch', 'Im Jungenbüsch')„ln der obersten Alheck' (Syn. : 'In der
obersten Ahlheck')„Im Bopperr„Hinter dem Boppert, 'In d's Herrenbüsch', Ueverdall'. A l'est, le
`Kaleburn' touche le village de Hoffelt et à l'ouest, il longe la frontière belgo-luxembourgeoise
(Photo 1). Les coordonnées du centre du site sont 129,3N et 61,0E (système Gauss-Krüger).
Photo 1 : Borne en fonte indiquant la frontière belgo-luxembourgeoise.
2.1.2. Carte topographique
Le bureau d'étude ECAU propose en 1989 (mise à jour en 1992) une première délimitation de la
zone humide et y définit une réserve naturelle proprement dite (zone noyau) et une zone tampon
(fiche descriptive de la RN-ZH 09) (cf. point 7.1. et 7.2.). C'est cette délimitation qui est maintenue
dans le cadre de la proposition des sites du réseau Natura 2000 (fiche descriptive du site « habitats »
LU 0001042 ; cf. annexe point 7.3.). Elle nous semble pourtant présenter quelques insuffisances, c'est
pourquoi nous en proposons une nouvelle.
La délimitation exacte de la future zone protégée d'intérêt nationale, telle qu'on la propose, est
indiquée sur la carte topographique (cf. annexe point 7.4.) et sur la carte cadastrale (cf. recueil de
cartes). Suite aux petites modifications détaillées ci-dessous, la future zone protégée Kaleburn' aura
une superficie de 83,8 ha.
L'article 44 de la loi du 19 janvier 2004 concernant la protection de la nature et des ressources
naturelles (...) prévoit qu'une zone protégée peut se composer d'une réserve naturelle (zone à statut
juridique plus sévère) et d'un paysage protégé (zone à statut juridique moins sévère). La loi énonce
les restrictions susceptibles d'être imposées pour chacune des deux catégories de zones. Dans le cas
de la future zone protégée 'Kaleburn', les restrictions prévues par la loi pour le paysage protégé ne
5
« Kal », « kale » signifient froid ou dégagé et « buren », « bur » signifient puits en luxembourgeois.
1
nous paraissent pas suffisantes pour la zone désignée comme « zone tarnpon » par ECAU. La future
zone protégée devrait donc correspondre dans son entièreté à la définition de « réserve naturelle » de
l'article 44, ceci pour pouvoir choisir parmi l'ensemble des restrictions prévues dans la loi. Pour
permettre malgré tout la distinction entre une zone à statut juridique plus sévère et une zone à statut
juridique moins sévère, les dénominations « partie A » et « partie B » seront préférées aux termes
« réserve naturelle » et « zone tampon ».
Les parcelles cadastrales appartenant à la partie A et à la partie B sont reprises dans le tableau
35 et 36. La partie A renferme 13 ha 82 ar, alors que la partie B formée par le bassin versant direct de
la partie A fait 69 ha 99 a.
Nous délimitons la zone protégée d'intérêt national sur base de critères scientifiques en
respectant les limites des parcelles cadastrales, afin de clarifier quel propriétaire/exploitant est
concerné par les éventuelles restrictions imposées. Nous essayons ainsi d'éviter au maximum qu'une
parcelle soit divisée en deux pour éviter tout risque de création de « limites floues ».
En ce qui concerne la délimitation de la partie B6, nous proposons d'enlever de la zone toutes
les parcelles du périmètre constructible du village de Hoffelt. Les parcelles cadastrales 97/3116,
99/3067, 99/3068, 442/3057, 459/316, 459/3070 (partie), 459/3231, 459/3337 sont retirées du
périmètre. Les trois silos construits en bordure de chemin dans la partie centrale sud du site sont
également retirés. II s'agit des parcelles cadastrales suivantes 442/3057, 1524, 1525, 1526 (Photos
13 et 14). Les terres agricoles autour de ces silos sont également retiré de la partie B, il s'agit des
parcelles suivantes : 1527/1602, 1527/1603, 1527/239, 1520 , 1523/3079, 1523/3080, 451, 450, 449 ,
448 , 447/127, 446/3233. Cette modification devrait aider à éviter les conflits d'intérêt entre protection
de la nature et urbanisation respectivement agriculture. A quelques exceptions près (notamment dans
la partie est du site), les limites de la partie B longent un chemin rural existant et sont donc facilement
repérables sur le terrain.
En ce qui concerne la délimitation de la partie A, nous proposons de ramener sa limite dans la
partie nord jusqu'au chemin rural. Les modifications concernent essentiellement les parcelles
1511/2807, 1510/3271, 1790/2810 (partie), 1791/2808. Ceci afin d'inclure dans la partie A la mare
abritant une population du Triton crêté (Triturus cristatus). En effet, cette mare (Photos 46 et 47),
n'était pas incluse dans la partie A de la zone « Habitats » ce qui est totalement contraire aux objectifs
de consewation prônés par la directive « Habitats » (Art. 3, §1). Pour pouvoir profiter pleinement de la
protection instaurée, la mare a donc été incluse dans la partie A par la nouvelle délimitation. Cette
modification sera également profitable aux parcelles 1512/3272 et 1793/3273 qui abritent une mare
entourée par une magnocariçaie respectivement par une prairie humide du Filipendulion.
La boulaie à sphaignes (Photo 56) et la bande d'épicéas présentant un tapis de sphaignes en
sous-bois (Photo 3) ne nous semblait pas être assez protégée. Nous proposons donc d'élargir la
partie A également vers le sud. Les modifications concernent essentiellement les parcelles 1535/3268,
1536, 1537/2482, 1537/2483. La nouvelle limite sud de la partie A suit sur une large partie le chemin
rural traversant le site d'est en ouest. Les terres agricoles de la partie A sont transférées de la partie A
6Vu que les modifications proposées pour la partie A sont essentiellement basées sur des critères scientifiques
concernant les habitats naturels et les espèces y étant inféodées, les arguments énoncés ici se clarifieront (au
cas où des problèmes de compréhension persisteraient) après lecture du point 2.2.
2
vers la partie B, à savoir les parcelles 1735/3401, 1736/736, 1736/1612, 1736/1613, 1730/3354,
1528/2182, 1529, 1531/719 (en partie)
Cette modification devrait aider à éviter les conflits d'intérêt entre protection de la nature et
urbanisation respectivement agriculture
2.1.3. Situation juridique du site
Le site Hoffelt-'1<aleburn a été retenu comme Réserve Naturelle - Zone Humide 09 (RN ZH 09)
dans la « Déclaration d'Intention Générale » (D.I.G.)7 de 1982.
Le site Hoffelt-Kaleburn' figure sur la liste nationale relative à la directive « Habitats » (Zone
Spéciale de Conservation ; Code LU0001042). Le site se situe également dans le périmètre de la
Zone de Protection Spéciale intitulée « Vallée de la Tretterbaach et affluents de la frontière à
Asselborn » (Code LU0002002) relative à la directive « Oiseaux » (loi du 19 janvier 2004 concernant
la protection de la nature et des ressources naturelles (...) (Annexes 4 et 5) (Carte 2).
La loi du 19 janvier 2004 concernant la protection de la nature et des ressources naturelles [...]
prévoit dans son article 39 que « les zones d'intérêt communautaire8 (...) peuvent être déclarées, tout
ou en partie, zone protégée d'intérêt national et comme tel être grevées de servitudes et de charges
définies à l'article 44 ». Le site est donc une « zone protégée d'intérêt national » potentielle.
2.2. Analvse écoloqique
2.2.1. Facteurs écoloqiques de la réqion
Le Kaleburn' est situé dans le « domaine écologique de l'Oesling » et dans le « secteur
écologique des hauts-plateaux de l'Oesling septentrional » (Carte 3) selon la classification de
l'ouvrage 'Territoires écologiques du Luxembourg'9.
Facteurs topoqraphiques
Le site se trouve sur un haut-plateau ardennais et présente une altitude comprise entre 445 et
505m au dessus du niveau de la mer. Le Kaleburn' a une morphologie de type vallon à pentes très
douces, le vallon étant ouvert vers l'est. Les versants sont peu encalssés en moyenne (2-5%), mais
localement on trouve des pentes assez raides (notamment dans l'ancienne tranchée d'accès au
chantier du canal Meuse-Moselle).
Decision du Gouvernement en Conseil du 24 avril 1989 relatif au plan d'aménagement partiel concernant
l'environnement naturel et ayant trait à sa première partie intitulée « Déclaration d'Intention Générale ».
•
811 s'agrt du réseau « Natura 2000 » c.-à-d. les zones spéciales de conservation et les zones de protection
spéciale désignées par l'Etat luxembourgeois dans le cadre de la directive « Habitats » respectivement de la
directive « Oiseaux ».
Admintstration des Eaux et Forêts, 2002. Ministère de l'Environnement, Ministère de l'Agriculture, de la
Viticulture et du Développement Rural.
3
Facteurs qéologiques
La partie est du site est formée de couches de schistes compacts grossiers et mal stratifiés
avec de rares bancs de grès argileux du Siegenien supérieur (Sg3). A l'ouest du site, le long de la
frontière avec la Belgique, affleurent des couches de grès et schistes gréseux compacts du Siegenien
moyen (Sg2) (Carte 4) (Carte géologique du Grand-Duché de Luxembourg, 1949).
Carte 3 : Domaines et secteurs écologiques du Grand-Duché de Luxembourg. Le domaine de l'Oesling
correspond aux coloris bleuâtres et les hauts-plateaux de l'Oesling septentrional correspondent au
chiffre 1. Le site étudié est indiqué par une flèche.
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3.3
•
Carte 4 :
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Extrait de la Carte géologique du Grand-Duché de Luxembourg (1949).
Les couches Sg3 sont reprises en gris, les couches Sg2 en vert.
Facteurs édaphiques
L'altération des roches schisteuses de l'Oesling produit généralement des sols à texture limonocaillouteuse, froids et lourds. Ces sols sont constitués de 30% de sables et de 70% d'éléments fins,
dont 50% de limons et 20% d'argiles (Herbauts, 2002). Par ailleurs, ils sont acides (pH compris entre
4 et 6,5) et ont souvent une profondeur utile inférieure à 40-80cm. Les sols sont pauvres en éléments
nutritifs (spécialement en calcium et en phosphore) du fait de leur teneur élevée en éléments siliceux
(Lucius, 1950 ; Territoires écologiques du Luxembourg, 2002).
Carte 5 :
Extrait de la carte des sols du Grand-Duché de Luxembourg.
Le site en question présente les sols suivants (Carte 5) :
• Sols des pentes et des plateaux :
5
■ Sols limoneux peu caillouteux :
Code
Type de sol
Gbb
Sols limoneux peu caillouteux, à horizon B structural
Sols limoneux peu caillouteux, faiblement ou modérément gleyifiés, à horizon B
GDb
structural
Sols limoneux peu caillouteux, fortement ou très fortement gleyifiés, à
Glx
développement de profil non défini
•
Type de sol
Gbbfi
Sols limoneux à charge schisto-phylladeuse, à horizon B structural
Gbbr
la carte
Orange pâle
Orange vif
Bleu ciel
Sols limoneux caillouteux :
Code
GDbfi
Couleur sur
Sols limoneux à charge schisto-phylladeuse, faiblement ou modérément gleyifiés,
à horizon B structural
Sols limoneux à charge schisto-gréseuse, à horizon B structural
Couleur sur
la carte
Bleu pâle
Vert vif
Rose
• Sols des vallées et des dépressions :
Code
GDp
Type de sol
Sols faiblement ou modérément gleyifiés, sur matériaux limoneux peu
caillouteux
Couleur sur
la carte
Vert-gris
Suite à des conditions stationnelles particulières (plateau présentant une légère dépression
entraînant l'accumulation des eaux pluviales, pluviométrie élevée, températures moyennes annuelles
faibles...), les « sols lessivés » (sols à horizon structural (syn. sols à horizon textural)) du 'Kaleburn'
évoluent vers des « sols lessivés hydromorphes » puis vers des « pseudo-gleys » (All. :
« Staunâssegley » ; Système de classification FA01° : « Stagnic Gleysole »).
Le processus débute par l'illuviation (voir flèches Figure 1) des argiles de l'horizon éluvial
(horizon E) qui s'accumulent dans la porosité fissurale de l'horizon illuvial (horizon Bt). La
macroporosité de l'horizon Bt étant de plus en plus colmatée, cet horizon présente un drainage
insuffisant. En hiver, l'horizon dit « Bt colmaté » ou horizon illuvial gleyifié (Bg) engendre une « nappe
perchée éclipsée » (syn. « nappe perchée temporaire » ; All. : « zeitweilige Staunâsse ») : à partir
d'octobre jusqu'en mars, l'eau pluviale s'accumule au-dessus de l'horizon Bt (dans l'horizon E) (voir
vagues Figure 1), puis au printemps l'eau s'évapore. Ces sols présentent donc un cycle annuel
d'engorgement-assèchement. Les conséquences pédogénétiques d'une nappe saturante sont
nombreuses : conditions d'anaérobiose, effets défavorables sur l'activité microbienne et donc sur la
minéralisation des substances organiques, influence sur la géochimie des éléments qui sont
10 FAO= « Food and Agriculture Organisation ».
6
susceptibles de changer d'étage d'oxydation, phénomènes de réduction du Fe3+ en Fe 2+... Les
horizons Eg et Bg des pseudo-gleys sont facilement repérables par la présence dans le profil de taches
de rouille formant une marmorisation (Figure 2).
Le drainage insuffisant de ces sols en hiver ainsi que le fort dessèchement de ceux-ci en été,
fait que ceux-ci sont peu productifs et difficilement exploitables par des méthodes modernes. Ils ont
donc été délaissés par l'agriculture intensive, permettant ainsi le maintien d'une végétation typique
des milieux humides ardennais (Schmit, (1988) ; Scheffer & Schachtschabel, (1998), Herbauts,
(2002).
Ah
E
Bt
C
R
Figure 1 :
Profil d'un « sol lessivé » (figure de gauche) et d'un « pseudo-gley » (figure de droite) (Adapté selon
Herbauts, (2002).
Ah = horizon humifère (mélange de matières organiques et de la fraction minérale du sol),
E = horizon éluvial ; Eg = horizon éluvial gleyifié,
Bt = horizon illuvial ; Bg = horizon illuvial gleyifié,
C = matériau parent meuble,
R = roche mère.
+
Illuviation des argiles de l'horizon E vers l'horizon Bt
/VVV\ Nappe perchée éclipsée
7
A
B9
Figure 2 :
Profil d'un pseudo-gley11
Facteurs hydroloqiques
La ligne de partage des eaux entre le bassin rhénan et le bassin mosan longe la frontière belgoluxembourgeoise à hauteur de la limite ouest de la partie B (Carte 6).
Le Kaleburn présente en son centre une zone humide. On considère comme zone humide « des
espaces où la nappe est située à proximité de la surface du sol, au-dessus ou au-dessous de celui-ci,
avec une végétation adaptée à un engorgement plus ou moins permanent ».
Une zone humide se développe dan …
Explication IA à partir du texte officiel de la loi. Indicatif, ne remplace pas un conseil juridique.