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Kurz gesagt

Dieses Gesetz regelt die Veröffentlichung von Berichten über den Zustand der Landwirtschaft, die Einberufung von Versammlungen zur Festlegung von Wegenutzungsgebühren und die Organisation von Prüfungen für das Medizinal-Kollegium. Es enthält auch Bekanntmachungen über einen Versicherungsagenten, eine Sparkasse und eine Enteignung.

Was es regelt

Wen es betrifft

Eckpunkte

📄 Texte de loi
383 Memorial MEMORIAL des DU Großherzogthums Luxemburg. GRAND-DUCHÉ DELUXEMBOURG. Zweiter Theil. SECONDE PARTIE. Oeffentliche Acte verschiedener Art und nichtamtliche Mittheilungen. N°. 42. Donnerstag, 26 September 1861. ACTES PUBLICS DIVERS ET PUBLICATIONS NON OFFICIELLES JEUDI, 26 septembre 1861. Beschluß betreffend die Veröffentlichung der Berichte der Ackerbau-Commission Arrêté concernant la publication des rapports de la Commission d'agriculture. Der Staatsminister, Präsident der Regierung; Nach Einsicht des allglemeinen Berichtes über den Zustand des Ackerbaues für jedes der Jahre 1858, 1859 und 1860; Nach Einsicht des Art. 12 des Königl.-Großh. Beschlusses vom 26. November 1857; LE MINISTRE D'ÉTAT, PRÉSIDENT DU GOUVERNEMENT ; Beschließt: Einziger Artikel. Die drei obenerwähnten allgemeinen Berichte werden in's «Memorial» eingerückt. *) Luxemburg den 30. Juli 1861. Der Staatsminister, Präsident der Regierung, Baron V. de Tornaco. Bekatnntmachung. — C a n t o n a l Versammlungen in Betreff der Gemeindewege. In Vollziehung des Art. 13 des Gesetzes vom 12. Juli 1844 ersuche ich die Abgeordneten der resp. Gemeinden, so die Cantonal-Versammlungen bilden, in der ersten Hälfte des Monats October *) Diese Berichte bilden Beilage zu dieser Nr. II. Vu le rapport général sur la situation de l'agriculture pour chacune des années 1858, 1859 et 1860; Vu l'art. 12 de l'arrêté royal grand-ducal du 28 novembre 1857 ; Arrête : Article unique. Les trois rapports généraux susmentionnés seront insérés au Mémorial, *) Luxembourg, le 30 juillet 1861. Le Ministre d'État, Président du Gouvernement, Baron V, DE TORNACO. Avis. — Assemblées cantonales en matière de chemins vicinaux. Aux termes de l'art. 13 de la loi du 12 juillet 1844, j'invite les assemblées cantonales, composées des délégués des communes respectives, à se réunir dans la première quinzaine du pro*) Ces rapports forment annexe au présent N°. 42 384 d. J., auf die Berufung der Districts-Commissäre, an den Cantons Hauptorten sich zu dem Zwecke zu versammeln, Vorschläge über die Verwendung des Ertrages der Wege-Steuerrollen von 1862 zu machen. Luxemburg den 24. September 1861. Der General-Director des Innern und der Justiz, M. Jonas. chain mois d'octobre, sur la convocation de MM. les commissaires de district, aux chefs-lieux des cantons, à l'effet de faire leurs propositions pour l'emploi du produit des rôles d'impositions en matière de chemins vicinaux de l'exercice 1862. Luxembourg, le 24 septembre 1861. Le Directeur-général de l'intérieur et de la justice, M. JONAS. Bekanntmachung — MedicinalEollegium. Die zweite General-Versammlung des Medicinal-Collegiums für das laufende Jahr wird am 21. October d. J., um 9 Uhr Morgens Statt finden. La seconde assemblée générale du collége médical pour l'année courante aura lieu le 21 octobre prochain, à 9 heures du matin. Die Personen welche sich im Laufe dieser Session zu den Prüfungen anmelden wollen, sind ersucht, ihre Papiere wenigstens acht Tage vorher an die General-Direction des Innern und der Justiz gelangen zu lassen, damit ihre Zulassung keinen Verzug leidet. Les personnes qui pendant celte session voudraient se présenter aux examens, sont priées de faire parvenir leurs pièces au moins huit jours d'avance à la Direction-générale de l'intérieur et de la justice, afin que leur admission ne souffre aucun retard. Luxemburg den 24. September, 1861. Der General-Director des Innern und der Justiz, M. Jonas. Avis. — Collège médical. Luxembourg, le 24 septembre 1861. Le Directeur-général de l'intérieur et de la justice, M . JONAS. Bekanntmachung. — Versicherungs- Agent. Avis. — Agent d'assurance. Herr J. Federspiel, Schullehrer zu Lintgen, ist als Unter-Agent der Versicherungs-Gesellschaft «Les Propriétaires réunis » genehmigt worden. Le sieur J. Federspiel, instituteur à Lintgen, a été agréé comme sous-agent de la Compagnie d'assurance « Les Propriétaires réunis. » Luxemburg den 28. September 1861. Der General-Director der Finanzen, Ulveling. Bekanntmachung — Sparkasse. I n Vollziehung des Art. 32 des Reglements vom 17. Februar 1859 wird hiermit zur öffentlichen Kenntniß gebracht, daß auf Ersuchen des Luxembourg, le 23 septembre 1861. Le Directeur-général des finances, ULVELING. Avis. — Caisse d'épargne. En exécution de l'art. 32 du règlement du 17 février 1859, il est porté à la connaissance du public que sur la demande du titulaire du livret 585 Titulars des Livrets N r . vier hundert sechs und N° quatre cent trente-six (436), et par suite de sa dreißig (436) und i n Folge der Erklärung, besagtes déclaration d'avoir perdu ce livret, il lui en a été Livret verloren zu haben, demselben ein Duplicat remis un duplicata. davon behändigt worden ist. Das ursprüngliche Livret wird demzufolge für werlhlos erklärt. Luxemburg den 22. September 1861. Par conséquent le livret primitif n'aura plus aucune valeur. Luxembourg, le 22 septembre 1861. Nichtamtliche Mittheilungen. — PUBLICATIONS NON OFFICIELLES. PUBLICATION fuite conformément nu § 5 de l'art. 24 de la loi du 17 décembre 1859 sur l'expropriation pour cause d'utilité publique. Il conste d'un exploit de l'huissier Wenger en date du 19 septembre 1861, enregistré, Qu'à la requête de l'État du Grand-Duché de Luxembourg, poursuites et diligences de la Société royale grand-ducale des chemins de fer Guillaume-Luxembourg, établie et domiciliée à Luxembourg, rue Guillaume n° 1, lesquels requérants font élection de domicile à l'effet de l'inscription ci-après, en l'étude de Me Léon Wurth, avocat-avoué, domicilié à Luxembourg, lequel est chargé d'occuper et se constitue pour eux, Et en vertu d'une ordonnance rendue sur requête par M . le juge Bourg, en remplacement de M. le Président du tribunal d'arrondissement de Luxembourg, en date du 18 septembre 1861, exécutoire sur minute et avant l'enregistrement, desquelles requête et ordonnance copie a été signifiée en tête dudit exploit, Assignation a été donnée a 1° Georges Schintgen, cultivateur, demeurant a Heisdorf; 2° Théodore Müller, et 3° son épouse Marie Schintgen, laboureurs, demeurant ensemble à Walferdange, A comparaître vendredi, 27 septembre 1861, à neuf heures du matin, à l'audience des vacations du tribunal d'arrondissement susdit, siégeant au palais de justice a Luxembourg, à l'effet de voir régler conformément à la loi les indemnités dues aux défendeurs du chef de l'expropriation pour cause d'utilité publique, des parcelles spécifiées ci-après, figurées au plan parcellaire annexé à l'arrêté de M. le Ministre d'État, en date du 2 avril 1861, situées sur le territoire de la commune de Walferdange et appartenant respectivement aux assignés, voir fixer aux sommes ci-dessous détaillées les indemnités provisoires dues de ce chef aux défendeurs et voir dire que moyennant consignation préalable de ces sommes, la compagnie requérante est autorisée à se mettre provisoirement, au nom de l'État, en possession desdites parcelles, à savoir : I. Propriété du défendeur Georges Schintgen : N° 8 du plan : Une parcelle de terre labourable d'une contenance de trois aces 80 centiares, emprise dans une pièce de terre située au lieu dit « in den Steinerstücken », entre Muller Théodore et Lentz Martin, section B ,N°230 du cadastre. 386 N° 44 du plan : Une parcelle de terre labourable d'une contenance de cinq ares 22 centiares, emprise dans une pièce de terre située au lieu dit «hinter Walferdingen », entre Mœtz Jean et ledit Müller, section B, N° 109 du cadastre. N° 16 du plan : Une parcelle de terre labourable d'une contenance de trois ares 90 centiares, ensemble les parties restant à droite et a gauche de la voie, d'une contenance de trois ares 57 centiares et respectivement trois ares 30 centiares, le tout empris dans une pièce de terre située au lieu dit « hinter Walferdingen », entre ledit Muller et Lamesch Guillaume, section B , N° 111 du cadastre. N° 90 du plan : Une parcelle de terre labourable d'une contenance de un are 45 centiares, ensemble la partie restant à gauche de la voie et celle à emprendre pour la construction d'un chemin latéral, d'une contenance de deux ares 30 centiares et respectivement 16 centiares, le tout empris dans une pièce de terre située au lieu dit « in Strachen », entre Lambert Urbain et Kintzelé Henri, section A , N° 178 du cadastre. N° 112 du plan : Une parcelle de terre labourable d'une contenance de dix-sept ares 30 centiares, ensemble les parties restant à droite et à gauche de la voie, d'une contenance de 70 centiares et respectivement cinq ares 50 centiares, le tout empris dans une pièce de terre située au lieu dit « in Dörchen », entre Huiler Nicolas et un inconnu, section A, N° 221/113 du cadastre. II. Propriété du défendeur Théodore Müller. N° 42 du plan : Une parcelle de terre labourable d'une contenance de 73 centiares, emprise dans une pièce de terre située au lieu dit « hinter Walferdingen », entre Madame Lagravière et l'école de Walferdange, section B, N° 84 du cadastre. 111. Propriété de la défenderesse Marie Schinlgen, épouse Muller. N° 7 du plan : Une parcelle de terre labourable d'une contenance de 28 centiares, emprise dans une pièce de terre située au lieu dit « In den Steinerstücker », entre Schintgen Georges et les héritiers Lentz, section B, N° 229 du cadastre. N° 17 du plan : Une parcelle de terre labourable d'une contenance de huit ares 28 centiares, ensemble la partie restant à droite de la voie, d'une contenance de un are 50 centiares, le tout empris dans une pièce de terre située au lieu dit «hinter Walferdingen», entre Georges Schintgen des deux côtés, section B, N° 110 du cadastre. N° 107 du plan: Une parcelle de terre labourable d'une contenance de trois ares 94 centiares, emprise dans une pièce de terre située au lieu dit « in Strachen», entre Bofferding Nicolas et Fonck Jean, section A, N° 196 du cadastre. Et que signification a été faite aux défendeurs que la Compagnie Guillaume-Luxembourg leur offre du chef des emprises en question les indemnités suivantes : I . Au défendeur Georges Schintgen : 1) Pour le N° 8 du plan, une indemnité de 50 francs par are, faisant pour les 3 ares 80 centiares a emprendre 190 francs; 2) Pour le N° 14 du plan, une indemnité de 75 francs par are, faisant pour les 5 ares 22 centres à emprendre 391 francs 50 centimes; 387 3) Pour le N° 16 du plan, une indemnité de 75 francs par are, faisant pour les 10 ares 77 centiares à emprendre 807 francs 75 centimes; 4) Pour le N° 90 du plan, une indemnité de 72 francs par are, faisant pour les 3 ares 91 centiares à emprendre 281 francs 52 centimes ; 5) Pour le N° 112 du plan, une indemnité de 70 francs par are, faisant pour les 23 ares 50 centiares à emprendre 1645 francs; II. Au défendeur Théodore Muller : Pour le N° 42 du plan, une indemnité de 80 francs par are, faisant pour les 73 centiares à emprendre 58 francs 40 centimes ; III. A la défenderesse Marie Schintgen, épouse Muller : 1) Pour le N° 7 du plan, une indemnité de 50 francs par are, faisant pour les 28 centiares à emprendre 14 francs; 2) Pour le N° 15 du plan, une indemnité de 75 francs par are, faisant pour les 9 ares 78 centiares à emprendre 733 francs 50 centimes; 3) Pour le N° 107 du plan, une indemnité de 72 francs par are, faisant pour les 3 ares 94 centiares à emprendre 283 francs 68 centimes. Pour extrait conforme, L'avocat-avoué des poursuivant l'expropriation, Léon WURTH. 588 Marktpreise. — 2te Hälfte des Monats Juli 1861. Mercuriales. — 2 e quinzaine du mois de juillet 1861. Weiten. — Froment Mengkorn. — Méteil Roggen. — Seigle Gerste. — Orge fr. ct. fr. ct. fr. Hectolitre 24 10 2 4 25 id. id. id. Echternach. Preise. Prix Mersch. Remich. Ettelbruck. DES DENREES. Poids et mesures. Wiltz. NATURE Mittel- PRIX MOYENS des denrées vendues sur les marchés de Diekirch. der Lebensmittel. Mittel-Preise der verkauften Lebensmittel auf den Märkten von Maße und Gewichte. Luxembourg. Bezeichnung moyens. ct. fr. ct. fr. ct. fr. et. fr. ct. fr. ct. 25 50 22 75 17 15 23 50 22 50 14 90 8 5 21 36 24 84 23 6 5 11 85 50 24 50 22 17 13 18 27 67 87 50 22 17 14 25 21 75 17 8 14 06 7 13 7 24 50 25 7 n 75 7 85 7 33 7 4 66 4 6 25 4 50 4 31 5 50 55 55 48 52 42 45 44 40 43 60 1 35 70 21 Gelchälte Gerste. - Orge mondé... Spelz. — Épeautre Buchweizen.— Sarrazin Hafer. — Avoine Erbsen. — Pois Linsen. — Lentilles Erdapfel. — Pommes de terre... id. id. id. id. id. id. id. 13 75 7 46 24 75 4 Weizen-Mehl. — Farine de froment . . . . 1 kilogr. Mengkorn-Mehl. — Fa- rine de méteil. . . id. Roggen-Mehl. —Farine de seigle... Butter. — Beurre Heu. — Foin Stroh. — Paille id. id. 100 Ml. id. 1 75 1 6 26 6 30 Stère. 1 50 Buchenholz. — Bois de hêtre ... Eichenholz. — Bois de chêne ... id. 1 8 35 65 90 35 80 1 69 7 13 6 40 8 65 10 35 10 8 50 8 1 72 1 8 4 60 1 17 589 Marktpreise. — 1te Hälfte des Monats August 1861. Mercuriales. — 1re quinzaine du mois d'août 1861, Echternach. Preise. Prix Mersch. Remich. Ettelbruck. DES DENRÉES. Poids et mesures. Wiltz. NATURE Mittel- PRIX MOYENS des denrées vendues sur les marchés de Diekirch. der Lebensmittel. Luxembourg. Bezeichnung Mittel-Preise der verkauften Lebensmittel auf den Märkten von Maße und Gewichte. fr. ct. fr. ct. fr. ct. fr. ct. fr. 68 24 82 22 22 25 23 22 ct. fr. 36 23 50 20 ct fr. 17 22 60 21 17 14 80 24 22 25 17 50 14 75 10 68 8 7 31 4 Weizen. — Froment Hectolitre 23 21 id. Mensskorn. — Méteil id. Roggen. — Seigle id. Gerste. — Orge Geschälte Gerste. -Orge mondé... id. id. Spelz. — Epeautre id. Buchweizen. — Sarrazin 7 id. Haler. — Avoine id. Erbsen. — Pois id. Linsen. — Lentilles Erdapfel. — Pommes 4 de terre... id. Weizen-Mehl. — Farine de froment . . . . 1 kilogr. Mengkorn-Mehl. —Faid. rine de méteil. . . Roggen-Mehl. —Farine de s e i g l e . . . id. 1 id. Butter. — Beurre 100 kil. 6 Heu. — Foin id. Stroh. — Paille Buchenholz. — Bois de hêtre ... Stère. 11 Eichenholz. — Bois de id. chêne... 91 14 6 75 5 80 50 1 18 ct. 80 23 21 17 13 34 64 50 31 8 14 7 50 21 13 5 4 60 28 80 5 6 78 3 78 80 88 48 48 50 42 48 40 40 42 80 1 35 78 1 30 98 1 04 1 8 80 ff, fr. 80 6 moyens. 8 Luxemburg. — Druck von V . Bück. 62 68 1 70 1 6 8 10 32 80 50 06 RAPPORT GÉNÉRAL présenté par la Commission d'agriculture SUR LA DU GRAND-DUCHÉ DE LUXEMBOURG EN 1858. La nécessité de l'institution d'un corps chargé de représenter les intérêts de l'agriculture dans un pays q u i , comme le Grand-Duché de Luxembourg, est essentiellement agricole, a été reconnue depuis longtemps. En instituant, par arrêté du 28 juin 1818, une commission d'agriculture, l'ancienne administration des Pays-Bas a donc satisfait à un besoin réel, en même temps qu'elle a introduit chez nous une institution qui fonctionnait depuis plus ou moins longtemps dans les pays environnants. Les événements politiques de 1830 vinrent, il est vrai, paralyser les efforts de cette commission, et même la laisser sans attribution ; mais il n'est pas moins vrai que les services qu'elle avait rendus pendant toute la durée de son existence, toute de dévouement, provoquèrent sa réorganisation, dès que le pays put en quelque sorte jouir de l'autonomie qui lui était dévolue depuis 1839. L'ordonnance royale grand-ducale du 19 juillet 1843 décréta donc la reconstitution de la commission d'agriculture, et vint ainsi de nouveau reconnaître la nécessité des services que ce corps était appelé à rendre au pays. Cette commission fonctionna depuis lors jusqu'en 1854, époque à laquelle un règlement du 17 janvier de la même année, sur l'exercice de ses fonctions, vint déterminer plus spécialement ses attributions. C'est en tenant compte de ce règlement et des besoins de l'époque, que la commission d'agriculture du Grand-Duché de Luxembourg fut organisée de nouveau par l'arrêté royal grand-ducal du 28 novembre 1857, et qu'elle fut reconstituée par disposition souveraine du 5 mai 1858, n° 374, portant nomination des membres de ce nouveau collége. Installé le 24 juin suivant, c'est de ce jour que date son entrée en fonctions et par suite le commencement de la mise en exécution de l'arrêté organique prévisé du 28 novembre 1857. A partir de cette installation jusqu'au 31 décembre 1858, la commission d'agriculture s'est réunie extraordinairement les 24 et 25 juin, les 27 et 28 septembre, et ordinairement, le 28 décembre 1858. Les travaux auxquels elle s'est livrée en cette occasion font l'objet du présent rapport, lequel donnera également les renseignements prescrits par l'art. 12, 2° alinéa, de l'arrêté royal grandducal prévisé du 28 novembre 1857. De plus, comme ce rapport est destiné à servir de base à l'appréciation de la situation agricole du Grand-Duché, il contiendra, en absence d'une statistique agricole officielle, différents détails Annexe au Mémorial 1861. IIe partie. a 2 généraux, indispensables à l'entente du sujet, et sur lesquels il ne sera revenu dans les travaux subséquents, que chaque fois qu'il y aura été apporté des compléments ou des mutations d'une importance majeure. CHAPITRE 1er. Administration agricole. §. 1er. Commission d'agriculture. La commission d'agriculture, telle qu'elle a été nommée par arrêté royal grand-ducal du 5 mai 1858, n° 374, se compose de M . Jos. PESCATORE, vice-président de la Cour supérieure de justice et propriétaire à Luxembourg, président; MM. DE COLNET-D'HUART, professeur de sciences naturelles et propriétaire à Luxembourg ; DELAPORTE, propriétaire à Weiler, canton de Clervaux; FABER, Ch., directeur de l'école d'agriculture de l'État à Echternach; FALLIS, bourgmestre et propriétaire à Heiderscheid; membres. GLODEN, propriétaire-viticulteur à Remerschen ; RISCH, agriculteur à Cap ; SERVAIS, Jos., propriétaire-agriculteur à Mersch; TSCHIDERER, négociant et propriétaire à Diekirch; Dr DE WACQUANT, propriétaire à Fœtz ; KNEPPER, vétérinaire du Gouvernement à Mersch, vétérinaire provisoire. KOLTZ, garde-général des forêts à Mersch, secrétaire provisoire. L'ordre de sortie de ces membres a été déterminé, pour les six premières années, par la voie du sort, conformément à l'arrêté du 28 novembre dernier. En suite de cette opération MM. De Colnet-d'Huart, Fallis et Delaporte composent la 1re série de sortie; MM. Faber, Tschiderer et de Wacquant appartiennent à la seconde, tandis que MM. Gloden, Risch et Servais font partie de la 3e série de sortie. §. 2. Comité permanent de la commission d'agriculture. Le comité permanent institué par l'art. 16 de l'arrêté royal grand-ducal du 28 novembre 1857, et qui a à s'occuper pendant l'intervalle des réunions, des affaires courantes, a été, après désignation par la commission même, composé comme suit : M. Jos. Pescatore, président de la commission d'agriculture, président; MM. de Colnet-d'Huart, Knepper, vétérinaire, membres ; et Koltz, secrétaire. Ce comité s'est réuni une seule fois, les réunions fréquentes de la commission ne lui ayant pas laissé beaucoup d'affaires à traiter. §. 3. Districts agricoles. Le district suivant a été assigné, conformément à l'art. 13 de l'arrêté organique du 28 novembre 1857, à chaque membre de la commission d'agriculture, à l'effet d'y remplir spécialement les attributions conférées au collége entier. 3 Canton de Capellen, à M . Risch, de Cap ; de Clervaux, et les communes de Alscheid, Eschweiler, Gœsdorf, Oberwampach, Wiltz, Wilwerwiltz et Winseler du canton de Wiltz, à M. Delaporte, de Weiler; de Diekirch, à M. Tschiderer, de Diekirch; d'Echternach, à M . Ch. Faber, d'Echternach; d'Esch-sur-l'Alzette, à M . de Wacquant, de Fœtz; de Grevenmacher, voir Remich; de Luxembourg, à M. de Colnet-d'Huart, de Luxembourg; de Mersch, à M . Servais, de Mersch ; de Redange, et les communes de Boulaide, Esch-sur-Sûre, Harlange, Heiderscheid, Mecher et Neunhausen du canton de Wiltz, à M . Fallis, de Heiderscheid; de Remich et Grevenmacher, à M . Gloden, de Remerschen ; Wiltz, voir Clervaux et Redange. Cette circonscription fait l'objet de l'arrêté de M. le Ministre d'État, Président du Gouvernement, du 28 octobre 1858, n° 3568—40/58. §. 4. Comices agricoles. L'art. 19 de l'arrêté royal grand-ducal du 28 novembre 1857, prévoit l'organisation par les soins des membres de la commission d'agriculture et des vétérinaires, de comices cantonaux d'agriculture. La commission d'agriculture s'est occupée dès sa première réunion de cette organisation, qui, parce qu'elle dépend de différentes questions d'argent et de temps, qu'il est impossible de résoudre pour le moment, a toutefois dû être ajournée. Elle a par conséquent laissé à ses membres le temps d'examiner à loisir les dispositions qu'il s'agirait d'arrêter à ce sujet. §. 5. Budget agricole. — Encouragements à l'agriculture. Au budget de l'État de l'exercice 1858 figurent dans l'intérêt de l'agriculture les sommes suivantes; 1,000 10,000 2,400 1,000 5° Primes dans l'intérêt de l'amélioration des races d'animaux domestiques. 9,000 6° Crédit pour primes aux petits cultivateurs ardennais, pour emploi de la chaux. 4,000 20,000 7° Achat d'animaux reproducteurs étrangers pour l'amélioration des races. 2,000 8° Encouragements aux communes pour boisement de terres vagues, etc. 4,000 9° Subsides pour drainage et irrigation. 10° Autres subsides, etc. 2,300 1° Commission d'agriculture 2° École agricole 3° Traitements des vétérinaires 4° Frais de voyages de ces derniers, etc. Total 55,700 soit 28 fr. 56 par 100 habitants. En Prusse, cette proportion est de 13 . 75. L'emploi de ces crédits pour autant qu'ils sont destinés à des encouragements directs à l'agriculture, a fait l'objet des délibérations de la commission d'agriculture. La fixation des bases à adopter à cette fin a toutefois dû être subordonnée à l'organisation des comices, et remise jusque là. 4 CHAPITRE II. Etendue du d o m a i n e a g r i c o l e . §. 1. L'étendue du territoire du Grand-Duché, telle qu'elle résulte de ses limites actuelles, a été déterminée lors de la révision du cadastre, commencée en 1842 et terminée en 1846. Elle se trouve TERRES CANTONS. JARDINS. VIGNES. LABOURABLES. TERRAINS plantés TERRES D'ARBRES SARTABLES. h. a. c. h. a. c. fruitiers. h. a. c. h. a. c. h. a. c. Capellen 9731 07 70 292 91 76 781 80 47 Clervaux 8424 95 02 177 44 91 13197 50 51 Diekirch 10576 19 88 302 82 69 30 41 42 202 39 94 3587 84 65 Echternach 9469 42 37 227 48 04 5 99 75 52 84 63 31 96 80 Esch-sur-l'Alzette 13629 80 48 395 10 13 Grevenmacher 11698 32 08 272 03 90 332 56 73 88 81 54 Luxembourg 12033 57 41 593 49 02 Mersch 10438 12 60 315 84 05 Redange 10097 80 38 270 97 30 Remich 7365 30 47 273 96 36 Wiltz 6256 83 34 213 77 23 Total en 1855 109721 41 73 3335 85 39 831 55 55 672 85 38 27878 25 02 — 108814 00 76 3288 67 45 837 06 80 681 98 28 28087 88 50 907 40 97 47 17 94 5 51 35 9 12 90 209 63 48 en 1849 Différence en plus en moins. 3 40 40 35 67 77 96 4375 72 79 462 22 65 328 79 27 5822 21 44 5 indiquée la première fois par genre de culture, dans l'exposé de la situation administrative du pays en 1846. Une deuxième publication dans laquelle il a été tenu compte des mutations survenues jusqu'alors a eu lieu en 1849. L'état suivant, par contre, contient les changements survenus jusqu'à l'année 1856, et n'a encore été ni publié ni complété ou rectifié depuis lors. BROUSTERRES PRAIRIES. VAINES HAIES SAILLES. SUPERFICIE ÉTENDUE À ÉCORCES. BATIE. TOTALE. h. a. c. h. a. c. h. a. c. BOIS. et PATURES. h. a. c. h. a. c. 2943 55 80 148 14 54 5415 19 77 23 60 65 80 63 55 19426 94 24 2969 22 40 291 52 32 3651 32 48 3363 27 13 284 80 18 77 98 03 32337 92 98 1794 07 24 286 82 56 5057 64 04 3746 53 40 299 93 56 91 66 76 25976 36 14 1201 31 39 695 29 23 6340 11 68 38 98 14 68 87 90 18127 30 93 4037 67 03 484 37 60 5057 73 27 20 88 25 94 11 91 23719 08 67 1501 07 34 668 12 39 5917 94 87 28 04 33 77 34 98 20584 28 16 189 93 45 771 13 95 310 45 59 186 46 57 223 96 40 7953 61 83 15 00 23 130 52 21 h. a. c. 2193 20 79 2018 67 47 2984 97 14 642 05 80 2594 43 02 673 04 29 45 68 53 83 00 21 21892 53 25 4694 52 87 3251 52 88 128 46 10 91 31 70 26205 76 75 3062 16 62 16 65 86 62 68 68 12400 32 28 3405 18 63 10029 70 29 202 52 61 80 44 37 28829 07 43 58192 66 39 21063 97 99 1104 59 44 933 60 30 252612 36 17 252283 45 18 21183 01 10 1094 64 51 9 94 93 32 77 46 167 78 70 23112 75 34 7478 89 19 24779 65 42 4256 24 70 58034 36 25 24746 87 96 4423 03 40 h. a. c. 158 30 14 119 03 11 324 90 98 6 Comparées entr'elles, on trouve que les différentes natures de cultures, telles qu'elles sont portées à l'état qui précède, sont à la contenance totale du Grand-Duché dans les proportions suivantes : Terres labourables … 43 4 3 % 1 31% Jardins… 0 32% Vignes… Vergers … 0 25% Terres sartables… 11 0 3 % 9 79% Prairies… Terres vaines et pâtures… 1 6 8 % Bois et terres boisées… 31 30% Broussailles… 0 422% Superficie bâtie… 0 37% Les terres arables des pays qui nous environnent, sont à la superficie totale comme suit : France (Moselle)… 58 40% 53 05% Belgique… 45 00% Prusse… de sorte que le Grand-Duché est moins avantagé sous ce rapport, lorsque le chiffre de comparaison se borne aux terres labourables proprement dites. Toutefois, lorsqu'on y ajoute les terres sartables, qui paraissent d'ailleurs être comprises dans les chiffres de la statistique étrangère, nous arrivons à la proportion respectable de 58 16% Les prairies, pâtures et jardins réunis sont à l'étendue du territoire dans la proportion suivante : Prusse… 17 16% Belgique… 15 84% Grand-Duché … 12 4 1 % France (Moselle)… 10 80% Ce dernier est donc encore ici, dans une position moins avantageuse que ses voisins. Et comme en 1849 il y avait 23 h. 69 de prairies par 100 h. de terres labourables, et qu'en 1855 cette proportion n'était plus que de 22 h . 58, i l s'ensuit que notre contenance en prairies tend à diminuer tous les jours, attendu qu'elle ne progresse pas dans la même proportion que l'augmentation des terres mises en culture. Quant aux terrains boisés, nous trouvons le rapport suivant à la superficie totale : Grand-Duché… 31 30% France (Moselle)… 23 40% 22 02% Prusse… 18 66% Belgique… Sous ce rapport nous ne sommes dépassés dans toute l'Allemagne que par la Hesse Électorale par… 40 04% le Grand-Duché de Hesse… 33 05% le Grand-Duché de Bade… 32 55% Le Wurtemberg vient après nous avec une proportion de… 31 02% Dans l'appréciation des résultats ci-dessus, il y a toutefois lieu de ne pas perdre de vue que la 7 production ne peut pas exclusivement être estimée d'après elle; la qualité du sol doit encore dans l'espèce être portée en ligne de compte, surtout pour les terres arables, dont la production augmente de plus, suivant l'intensivité de la culture à laquelle elles sont soumises. Ces données, malheureusement trop négligées dans la statistique, nous manquent également, et si nous y appelons l'attention, c'est pour faire ressortir le mérite relatif de spéculations q u i , comme au cas présent, sont basées sur des facteurs aussi peu concluants que ceux que l'on a admis jusqu'ici. §.2. Le chiffre de la population exerçant une influence majeure sur la pratique et le développement de l'agriculture d'une contrée, i l doit donc nécessairement entrer en ligne de compte dans son appréciation. D'après le recensement fait au 31 décembre 1857, le Grand-Duché compte 195,028 habitants. La superficie suivante peut donc être rapportée à 100 habitants : h. a. c. Totalité du domaine agricole… 129 00 00 Terres arables… 56 00 00 Jardins… 1 71 00 Vignes… 00 42 61 Vergers… 00 34 50 Terres sartables… 14 21 00 Prairies… 12 70 00 2 18 00 Terres vaines et pâtures… Terres boisées… 40 50 00 Par contre la population spécifique s'élevait par 100 hectares: En Belgique… 147 habitants. Dans le Grand-Duché… 77 5 La France… 67 La Prusse… 66 19 La superficie assignée à un habitant du Grand-Duché, comparée à celle dévolue dans les pays qui nous environnent, ne donne d'ailleurs non plus la mesure exacte de la production et de la consommation agricole dans ces pays, que pour autant que le rapport de la contenance mise en parallèle sera identique et comme quantité et comme qualité. Rapportée aux 38,500 ménages du pays, la contenance totale cultivée du Grand-Duché donne 6 h. 56 de terres par feu. 8 §.3. Le domaine agricole du Grand-Duché est distribué de la manière suivante : NOMBRE DE PROPRIÉTAIRES POSSÉDANT CANTONS. Capellen… Clervaux… Diekirch… Echternach… Esch-sur-l'Alzette… Grevenmacher… Luxembourg… Mersch… Redange… Remich… Wiltz… moins de 10 h. ou plus, 20 h. ou plus, 50 hectares mais moins 10 hectares. mais moins ou plus. de 50. de 20. 5264 5408 5827 4180 7453 5426 8069 3933 5327 6789 5644 166 370 207 112 240 137 171 125 275 87 253 104 258 156 85 154 124 90 97 180 37 216 41 95 94 63 36 64 57 75 78 22 104 63320 2143 1501 729 67,693 Ces chiffres comparés au résultat d'un recensement analogue fait en Belgique, présentent le résultat suivant: Grand-Duché. — Belgique. Exploitation au-dessous de 10 hectares… 93. 52% 91 99% 4 64% — de 10 h . à 20 — … 3 17% — de 20 h . à 50 — … 2 22% 2 44% 0 91% — de 50 h . et au-dessus… 1 09% Le nombre total des propriétaires étant de 67,693, il résulte que le lot moyen de chaque détenteur de terre est de 3 h. 73. Cette superficie bien exiguë déjà, n'est pas en un seul tenant, elle est généralement morcelée en un grand nombre de parcelles, disséminées sur tout le finage et à des distances plus ou moins grandes. Le tableau suivant est destiné à donner une idée de ce parcellage : 9 Nombre de parcelles. Moyenne en hectares. 58912 62959 053634 46293 83861 252107 56882 37605 64429 82014 59511 0 32 0 49 0 48 0 39 0 28 0 08 0 41 0 58 0 40 0 14 0 48 669587 Total… Moyenne générale du Grand-Duché… Moyenne générale en France (Moselle) 0 26 0 25 CANTONS. Capellen… Clervaux… Diekirch… Echternach… Esch-sur-l'Alzette… Grevenmacher… Luxembourg… Mersch… Redange… Remich… Wiltz… Ces moyennes ne présenteraient à la première vue pas encore celles atteintes dans différents pays, où la population massée est, comme chez nous, sous le régime de la disposition libre de la propriété, telle qu'elle résulte du Code civil; mais si l'on considère le nombre de nos grandes propriétés foncières, forestières et autres, on comprendra facilement combien cet état de choses porte des entraves à l'établissement d'un bon assolement, à l'économie de la culture par la diminution des frais généraux, aux travaux d'assainissement du sol, à l'emploi des machines, et en général à l'introduction de tous les perfectionnements apportés à la culture du sol, et qui doivent en amener la culture intensive. De ce qui précède, il résulte que les propriétés d'un seul tenant doivent être rares dans le pays. Ces dernières forment alors ordinairement des corps de fermes isolées des villages, dans quel cas ils appartiennent très souvent à des propriétaires qui font valoir par fermier. Nous allons en fournir le relevé : Fermes exploitées, par les propriétaires… 45 — louées à des cultivateurs indigènes… 75 — — belges… 40 — — français… 8 4 — — — allemands… 172 De sorte que pour 100 fermes, il y en a d'exploitées par des propriétaires… 26; par des fermiers… 74 Il est à remarquer, à l'occasion de ces chiffres, que ce sont ordinairement les propriétaires des fermes les moins importantes qui se livrent à leur culture, et que la grande majorité des grands propriétaires afferment leurs domaines ruraux. Annexe au Mémorial 1861. IIe partie. b 10 Ces domaines sont eux-mêmes, ainsi qu'il résulte des chiffres d'autre part, exploités par deux classes de cultivateurs, soit indigènes et étrangers. On compte pour 100 fermes : Fermiers indigènes… 58 0; — étrangers… 41 1. Ces derniers cultivent en général les domaines les plus étendus. CHAPITRE III. Produits agricoles. § 1. § 1. Le Grand-Duché présente une variation de culture, telle qu'il y a peu de pays de son étendue qui puissent lui être comparés sous ce rapport. Cette variété est d'ailleurs en relation avec la diversité de la composition géologique de son sol accidenté et montagneux et avec la multiplicité des expositions qui en résultent. La partie méridionale, sur les bords de la Moselle, depuis Schengen jusqu'à Wasserbillig, sur une étendue d'environ 50 kilomètres, est couverte de vignes et d'arbres fruitiers. Cette contrée offre l'aspect le plus riant pendant six mois de l'année. Sur les bords de la partie inférieure de la Sûre et par exception encore ailleurs, on se livre également à la double culture de la vigne et des arbres fruitiers, mais avec beaucoup moins de succès que sur les bords de la Moselle. Dans les autres parties du Grand-Duché, surtout dans celle appelée bon pays, on s'occupe principalement de la culture des céréales. On y rencontre aussi le trèfle, les pommes de terre et le colza. En Ardenne, il existe des contrées où l'éducation du bétail, à laquelle on se livre d'ailleurs dans tout le pays, est la principale branche d'industrie. Mais la distinction existant, sous le rapport agricole, entre les deux parties du Grand-Duché, devient de jour en jour moins marquante. Les tableaux suivants sur le produit de la récolte de 1858 et qui contiennent également des données sur les plantes cultivées chez nous, viennent, semble-t-il, à l'appui de cette assertion. § 2. Etat de la récolte en 1858. A ) CÉRÉALES ET FARINEUX. La culture des variétés d'été de froment et de seigle n'est qu'exceptionnelle; l'orge d'hiver, ou escourgeon, se rencontre plus souvent, mais pas encore en quantité suffisante pour pouvoir faire l'objet d'une rubrique spéciale. Aussi ces variétés ont-elles été comprises en une seule colonne. Il résulte du tableau qui va suivre, que la récolte du froment, du seigle, du méteil, de l'épeautre a dépassé la moyenne ordinaire, et que sa qualité a été bonne. Il n'en a pas été de même de celle de l'avoine, du trémis et du sarrasin, qui présente un déficit sur le rendement ordinaire et dont la qualité est en général médiocre. L'orge d'hiver a, par contre, donné un bon résultat, tandis que l'orge d'été a partagé le sort des autres marsages et ne s'est distinguée ni par le rendement ni par la qualité. Ces résultats sont dûs, pour ces derniers, en grande partie à l'absence d'humidité et à la température élevée du mois de juin, et ensuite à la pluie qui est survenue après la coupe des avoines et des orges. Quant à la récolte des durs grains, elle aurait été plus abondante, si le manque d'humidité et les chaleurs caniculaires de l'été n'étaient venus détruire les bons effets produits par la température exceptionnelle de l'automne et d'une partie du printemps. En effet, les semailles avaient bien supporté l'hiver, dont la douceur avait même favorisé la végétation à tel point, que les blés, qui 11 d'ordinaire ne tallent qu'en mars, avril ou m a i , l'étaient déjà en janvier. Il est vrai que février et mars furent exceptionnellement secs et rigoureux, mais cela n'empêcha pas le froment d'être en fleurs le 1er juin et de continuer à se développer sous l'influence des quelques pluies chaudes survenues en juillet. L a sécheresse anormale de l'année 1858 a également exercé une influence fâcheuse sur le rendement en paille, d'ailleurs constaté par le résumé suivant : Rendement Rendement Déficit moyen moyen en 1858 ordinaire par hect. par hectare. par hectare. Froment… Seigle… Avoine… Orge… Kos 2,200 2,400 1,400 1,000 K os . 1,700 2,000 . 800 1,000 Kos. 500 400 600 Quant au rendement en grains, par hectare, il fait l'objet de l'état récapitulatif suivant : 12 FROMENT. CANTONS. SEIGLE. MÉTEIL. Rendement Rendement Qualité. Rendement Qualité. Qualité. moyen en 1858 19 1 9 . 4 m o y e n n e . 18 19 11.7 moyenne. 1 3 . 7 12.1 id. 13.7 1 2 . 1 moyenne 13.7 12.3 bonne. 15.3 16.4 bonne. 14.6 15.3 bonne. Echternach… 11.1 10.3 id. 13.2 14 14 moyenne Esch-sur-l'Alzette… 13.7 15.9 id. 15.3 14.7 bonne. 14.3 21.7 bonne. Grevenmacher… 10.5 10.5 id. 12.5 14.4 id. 15 15 id. Luxembourg… 14 16 id. 13 13.6 id. 15 17.3 id. Mersch… 13.8 19 id. 13.3 14.3 id. 13.8 14 id. Redange… 14.4 1 5 . 2 moyenne. 17 17.8 id. 17.6 18.7 id. Remich… 13.1 13 bonne. 15 id. 15.7 15.3 id. Wiltz… 13.2 1 1 . 5 moyenne. 1 7 . 2 16.5 id. 15.6 14.3 id. 13.4 bonne. bonne. 15.2 moyen en 1858 Capellen… Hectolitres 1 6 . 5 18.2 Clervaux… 13.2 Diekirch… Rendement — moyen… de 1858… Différence dépassant la moyenne. — au-dessous de la moy. bonne. 15.6 moyen m o y e n n e . 14 15 en 1858 bonne. bonne. 13.9 15.3 16.9 5 3 1.7 13 ORGE. ÉPEAUTRE. Rendement Rendement Qualité Qualité Qualité en 1858 en 1858 moyen en 1858 2 4 . 6 2 0 . 6 moy. 26 23.5 moy. 27 23 bonne. 37.5 35 10 moy. 6.5 6.4 moy. id. moyen bonne. 11.5 id. 18.4 15 id. 10 id. 18.6 1 7 . 2 id. 1 3 . 9 11.5 id. 1 6 . 2 15.5 id. 18 id. 18.2 12.4 id. 26 16 bonne. 1 3 . 1 14.3 bonne. 1 7 . 3 1 5 . 6 id. 1 4 . 4 16. 9 id. id. 19.4 13 id. 19.5 14.6 id. 28 20 moy. 22 21.6 id. 16.6 15.2 id. 21 22 id. id. 4 3 . 4 12.4 id. 16 15 id. 47.6 1 7 . 1 id. id. 20 15.5 id. 19.3 19 id. 17.7 18.2 id. 16 id. 17 18 17 bonne. 1 3 . 6 1 3 . 2 10 8 moy. 18 12 16.5 16.5 bonne. 163 30 30 moy. 1 6 . 5 17.5 moy. 13 15 id. 15.3 15 16.6 18.3 bonne. 20 11.2 17.5 19.8 15.3 bonne. 24 1 5 . 4 13.7 moy. 17.5 Rendement moyen 13 bonne SARRASIN. en 1858 moyen 17.3 Rendement Rendement Qualité Qualité en moyen 1858 TREMIS (orge e t avoine). AVOINE. moy. 16.9 12 19.9 16.2 id. 19.4 moy. 11.5 id. 19 moy. 17.2 14.7 16.6 14.9 2.2 2.8 2.3 2 1 9 . 1 bonne. 21 18 14 Les céréales portées au tableau qui précède, ne sont pas cultivées dans toutes les localités du pays; c'est pourquoi nous donnons le tableau suivant d'après lequel on pourra juger de l'importance de la culture de l'une ou de l'autre des plantes chez nous. Total… Nomb. de communes où l'on cultive 3 14 112 101 25 12 114 1 2 1 126 4 122 4 10 1 Sarrasin. 1 1 2 5 Trémis. 1 10 11 10 5 12 5 14 2 10 10 12 Avoine. 1 5 Orge. 2 Épeautre. Méteil. Capellen… Clervaux… Diekirch… Echternach… Esch-sur-l'Alzette… Grevenmacher… Luxembourg… Mersch… Redange… Remich… Wiltz… Seigle. CANTONS. Froment. Nombre de communes où il n'a pas été cultivé en 1858 du 2 4 2 6 1 12 5 5 1 2 12 8 11 2 5 10 1 2 124 42 84 62 64 2 1 1 1 2 L'épeautre peut donc être considérée comme une culture exceptionnelle, et il est probable qu'elle conservera ce rang secondaire aussi longtemps qu'on se bornera à cultiver l'engrain. Dans la zône ardennaise du Luxembourg belge, l'assolement de l'épeautre est substitué avantageusement au seigle ; mais on y cultive le grand épeautre. Son introduction dans la culture du Nord du pays semble donc pouvoir être essayée avec fruit. B) LÉGUMINEUSES. Les légumineuses sont généralement cultivées pour les besoins de la ferme. C'est pourquoi elles n'entrent que dans une faible proportion dans la culture en grand, et qu'on s'en tient le plus souvent aux variétés communes. On fait, il est vrai, des vesces d'hiver, mais tout exceptionnellement et alors aussi, comme pour la variété commune, dans l'intention de les consommer en vert, la graine n'étant le plus souvent récoltée que pour les besoins de l'exploitation. Pour l'année 1858, le produit des légumineuses a été compromis par le temps sec et froid, même très-froid pour la saison, qui régna en mai et qui entrava la germination régulière, tandis que les pluies automnales en empêchèrent la rentrée dans des conditions favorables. Aussi la grande majorité des rapports présentés sont-ils d'accord sur le faible rendement et la mauvaise qualité de ces plantes. 15 Le rendement en paille a également laissé à désirer, d'après les chiffres qui nous sont parvenus et dont nous donnons ci-après la moyenne : RENDEMENT Féveroles… Vesces… MOYEN. 2000 4100 en 1858. 500 1500 DÉFICIT. 1500 2600 Quant aux fanes de pois, que l'on recherche également pour fourrage, nous regrettons de ne posséder aucuns renseignements à leur égard. On recherche également comme fourrage un mélange cultivé dans certaines localités pour être fourragé en vert, et dans la composition duquel il entre des pois, féveroles, vesces, etc., et sur lequel nous reviendrons plus tard. 16 CANTONS. Capellen HARICOTS. POIS. RENDEMENT LENTILLES. RENDEMENT moyen. en 1858. RENDEMENT moyen. en 1858. 18.6 16.7 moyen. 24 FÉVEROLES. RENDEMENT VESCES. RENDEMENT id. 6.2 mauv. 11.5 10. 4.4 id. 5. mauv. 16. 14. 68 id. 6.6 mauv. 13. 12.3 9. 23. moyen. 20.3 19.3 moyen. 2 5 . 1 5.1 6.7 id. id. id. 5. mauv. 24.5 moyen. moyen. en 1858. 14.5 8. id. 6.1 moyen. en 1858. 13.9 9. 12.8 5.5 mauvaise. 20.3 id. 11.5 id. 3.4 Diekirch 5.6 24.7 25.5 21.6 bonne. 15.8 id. Echternach 4.2 5.4 12.1 16.4 id. 14.1 15.6 mauv. id. Esch-sur-l'Alzette 3.7 id. 13.3 9.1 id. 10.7 id. 7.9 id. 9.2 10. 17.7 17.7 10.2 id. 6.5 bonne. 16.3 17.5 moyen. 11.5 11.2 bonne. 11. 15.8 Grevenmacher id. 13. id. 13.7 id. id. 13.8 10.5 10. 8.3 10. 13.9 7.4 mauv. id. 5.1 11.1 11.4 moyen. 12.8 12.7 bonne. 15. 9.1 10.6 Luxembourg 16.3 16.3 12. 7.7 4.7 bonne. 7.1 bonne. 5.7 bonne. mauv. 11.2 12.8 4.7 mauv. id. 15.9 6.4 8.4 12. mauv. mauv. 5.2 8.9 14.1 8.6 5.3 9.5 12. id. QUALITÉ. 8.7 QUALITÉ. 12.4 Mersch 11.5 bonne. 11.5 7.6 mauv. id. QUALITÉ. 16.1 12.3 mauv. Redange 14. 8. moyen. 12. moyen. 13.9 7.3 mauv. Remich 7.3 1,5 13,4 9.8 bonne. 10.8 Wiltz en 1858. 14.9 — — Différence au-dessus de la moyenne — au-dessous moyen. en 1858. 19.4 17.4 moyenne. QUALITÉ. Rendement m o y e n . Clervaux QUALITÉ. 17 Ainsi que nous l'avons fait remarquer ci-dessus, les haricots, pois, lentilles, féveroles et vesces ne sont pas d'une culture générale. La culture des haricots et des lentilles tend même à diminuer, tandis que celle des vesces et surtout des féveroles prend de jour en jour un plus grand développement. L'état ci-après est destiné à donner un aperçu des contrées qui s'adonnent le plus spécialement à la production de ces denrées. 3 5 3 9 2 1 1 1 6 9 vesces. 5 féveroles. 3 3 11 2 6 lentilles. Capellen Clervaux Diekirch Echternach Esch-sur-l'Alzette. Grevenmacher Luxembourg. Mersch Redange Remich Wiltz pois. CANTONS. haricots Nombre de communes où il n'a pas été cultivé en 1858 de 8 9 6 1 2 1 6 2 12 2 12 7 11 6 1 2 5 4 4 5 3 6 2 11 1 2 1 1 8 24 53 61 19 Total 51 Nombre de communes 102 73 65 75 107 où Ton cultive Il est à remarquer que dans ce tableau ne sont pas comprises les communes ayant moins de un hectare de champ emblavé de chacune de ces plantes et que toutes les plantations jardinières y ont été omises. C. PLANTES RACINES. De toutes les plantes appartenant à cette rubrique, la pomme de terre est le plus généralement cultivée. Vient ensuite la betterave, puis le navet, la carotte, le turneps et le topinambour. Ces dernières plantes ne sont toutefois pas encore introduites dans la grande culture, et si en 1858 il a été fait beaucoup de navet, c'était dans l'espoir de combler le déficit résultant du manque de fourrage. Quant aux turneps, ils sont surtout cultivés en Ardenne ; il en est de même du topinambour qui se propage de plus en plus dans l'agriculture de cette région, et qui y acquerrait bientôt une grande importance, s'il ne se reproduisait pas aussi opiniâtrement et ne contrariait ainsi les récoltes suivantes. En général la récolte de pommes de terre a été abondante et a produit des tubercules de qualité excellente. Les autres racines ont parfaitement réussi. Leur rendement moyen par hectare est indiqué ci-après, à l'exception de celui du turneps qui a été de 26,600 k., et celui des carottes et du topinambour, sur lequel il n'a été fourni aucun renseignement. c Annexes au Mémorial 1861. II. partie. 18 POMMES DE TERRE. BETTERAVES. NAVETS, RENDEMENT Hectol. 125 ordinaire. 81.3 Hectol. 125 1858. id. id. bonne. 30000 18687.5 32120 27965 K° ordinaire. 40000 30000 18737.5 30120 26830 K° 1858. id. id. id. bonne. 4980 3672.3 6350 9000 6125 moyenne. 25000 26830 15845 5680 3800 6350 7000 26830 id. id. moyenne. bonne. id. 3007.5 moyenne, 25000 bonne. mauvaise moyenne. RENDEMENT Capellen 99.5 118.5 id. 40000 9400 id. 16721 7665 id. RENDEMENT Clervaux 113.2 242 id. 12942.2 28051 id. 8000 5910 CANTONS. Diekirch 129.6 280.1 id. 28370 8827 id. 4565 id. Qualité. Echternach 150 155 id. 17295 10714 id. 3100 Qualité. Esch-sur-l'Alzette 170.8 157.2 id. 11587 14566 2500 Qualité. Grevenmacher 132 103 id. 14782 id. 1858. Luxembourg 90.4 157 id. 8616.6 ordinaire. Mersch 127 182 10134 bonne. Redange 105 id. 10026.1 moyenne. Remich 123.5 10340.3 117.5 id. Wiltz 20533 314.2 30305 150.4 26.8 9772 id. 123.6 de 1858 Rendement moyen — — Différence au-dessus de la moyenne — au-dessous 19 Pour les navets, les renseignements ci-dessus s'appliquent à leur récolte intercalée. Nous résumons dans le tableau qui va suivre, le nombre de communes de chaque canton dans lesquelles on s'est adonné, en 1858, à la culture des plantes racines. Capellen Clervaux Diekirch Echternach Esch-sur-l'Alzette. Grevenmacher Luxembourg Mersch Redange Remich Wiltz 2 4 1 1 2 1 6 navets. betteraves. de terre. CANTONS. pommes Nombre de communes où il n'a pas été cultivé, en 1858, de 6 10 8 6 10 3 9 5 10 3 11 17 81 Total Nombre de communes où 45 109 126 l'on cultive Dans cet état ne sont pas compris les produits cultivés dans les jardins ou les communes dont l'emblave était inférieure à 1 hectare. E ) PLANTES INDUSTRIELLES ET COMMERCIALES. La culture des plantes industrielles et commerciales n'est que d'une importance relative chez nous, et son extension est déterminée par le prix plus ou moins élevé des autres produits agricoles, et la possibilité qu'elle donne de procurer au cultivateur un produit supérieur sur la même surface de terrain, emblavée en céréales. Aussi sont-elles cultivées sur une assez large échelle, lorsque comme aujourd'hui les prix de ces derniers sont trop peu élevés. On rencontre parmi les plantes oléagineuses : 1° Le colza,surtout la variété d'hiver, dans la partie sud du pays; 2° la navette, généralement celle d'été dans les trois cantons nord ; 3° la caméline, un peu partout, surtout dans les terres trop pauvres en engrais pour la production des colzas. 4° le pavot ou œillette, dans les jardins de quelques cultivateurs, et généralement pour la consommation. Comme plantes textiles, nous produisons : 1° Le chanvre d'abord, qu'on ne cultive ordinairement que pour les besoins domestiques, et 20 2° le lin, semé également dans le même but, et ayant une prépondérance marquée sur le chanvre, dans les cultures des cantons de Clervaux et de Wiltz. Quant aux plantes commerciales proprement dites, on trouve : 1° Le houblon, dans les environs de Colmar, d'Ettelbruck et d'Echternach, mais en faible quantité ; 2° le tabac, dans les environs d'Echternach et de Pétange, mais plutôt comme culture d'essai. Les houblonnières donnèrent une récolte ordinaire et un produit de bonne qualité, tandis que le rendement en tabac a été médiocre. Il en a été de même de la caméline et du pavot, qui ne produisirent qu'une demi-récolte. Mais la faîne qui était assez abondante a fourni un appoint très heureux en huile de table et comme luminaire. Une quatrième catégorie de produits agricoles destinés plus spécialement au commerce sont la betterave à sucre et la graine de trèfle; La betterave à sucre a été rarement cultivée jusqu'ici et cela encore comme racine fourragère; c'est seulement depuis quelques années qu'elle trouve un emploi industriel, dans deux fabriques de sirop établies dans le district de Diekirch. Son rendement a été compris dans l'état C. Quant au trèfle pour semence, il fait depuis une vingtaine d'années l'objet d'un commerce très étendu avec l'étranger. Outre les spéculateurs indigènes, trois commerçants français et deux marchands de la Belgique entretiennent de nombreux courtiers dans le pays, de sorte que ce commerce chanceux est très bien organisé. Aussi, les transactions en cet article sont-elles très animées, et ont pour résultat d'encourager le cultivateur à produire de la graine. Nous fournissons à l'étranger de la semence de Trèfle rouge (triennal), — blanc, — hybride. Minette (trèfle fou). Luzerne, Sainfoin. Mais le rendement de l'année 1858 s'est traduit par un déficit considérable, ces fourrages artificiels ayant beaucoup souffert des fortes chaleurs et du manque de pluie. Par contre, ce produit n'a rien laissé à désirer sous le rapport de la qualité, ainsi qu'il conste d'ailleurs du relevé suivant : RENDEMENT Qualité. Trèfle rouge (ou de trois ans) — blanc — hybride Minette (trèfle fou) Luzerne Sainfoin k° bonne. id. id. moyenne. bonne. hect. id. Année ordinaire. en 1888. 620 620 400 600 900 21 225 225 100 400 950 30 DIFFÉRENCE en plus. en moins. 395 395 300 200 50 9 21 On a semé en 1858 une quantité relativement considérable de trèfle incarnat, mais il parait que la semence en a été tirée de l'étranger. On a fait cette année de la semence de trèfle dans les communes suivantes : NOMBRE des communes. CANTONS. Capellen. . Clervaux. . Diekirch. . Echternach. . Esch-sur-l'Alzette. . Grevenmacher. . Luxembourg. . Mersch. . Redange. . Remich. . . . . . . . . . . . Wiltz. . . Total des communes où l'on a fait de la semence de trèfle — l'on n'a pas fait — 5 8 4 7 7 6 10 6 10 4 10 77 49 126 Quant aux plantes oléagineuses et textiles de grande culture, le tableau ci-après donnera le résultat de la récolte par hectare : 22 CANTONS. COLZA D ' H I V E R . NAVETTE D'ÉTÉ. Qualité. id. Qualité. CHANVRE. en 1858 Rendement moyen LIN. en 1858 Rendement moyen Qualité. 295 id. id. mauvaise 117.7 id. moyenne. 445 209 347.7 577.6 517 id. 364 5.7 mauvaise 361.3 207.6 6.2 K°. K°. K°. H. K°. 5.7 moyenne. 627.5 592.5 bonne. 358 358 en 1858 Rendement moyen Rendement en 1858 Qualité. moyen H. 8.3 . H. . H. Capellen. moyenne. 6.4 . 11.5 id. id. 332.6 127.6 mauvaise 300 669 bonne. 12.5 10.3 moyenne. 357 id. 6 . . 19.9 19.4 9 Clervaux. . 245 514.1 189.6 moyenne. 20 id. . 17.9 24 id. 9.2 moyenne. 20 5 380.9 270.3 id. 270 230 id. id. id. mauvaise 604.3 18 308.9 1069.3 moyenne. 276.2 353.3 . 17.5 id. id. Echternach. Diekirch. . . . 13.7 12.2 12 Esch-sur-l'Alzette. . 14 id. 665.7 282 52 Grevenmacher. id. 10 id. 10 621.3 id. 575 . 15.2 15 id. 13.1 14 id. id. 250 . 15.5 14.5 . 19.1 19.5 . 500 id. id. 10 mauvaise 398.6 370 10 . 12 id. . . . 10 Luxembourg. Mersch. Redange. Remich. moyenne. 377.5 id. bonne. 342.5 239.7 moyenne. 448.3 452.2 3.9 142.8 234.7 251.2 106 10 2 9.9 id. 7 moyenne. 11.9 bonne. 9.7 1 13.9 9 Wiltz. . . en 1858. . . Rendement moyen. . . 14.9 — — Différence au-dessus de la moyenne — au-dessous 23 Enfin un dernier état donnera finalement une idée de la répartition dans les communes de la culture de nos principales plantes industrielles. Nombre des communes où l'on a cultivé en 1858 CANTONS. Colza d'hiver. Capellen. . Clervaux. . Diekirch. . Echternach. . Esch-sur-l'Alzette. . Grevenmacher. . Luxembourg. . Mersch. . Redange. . Remich. . Wiltz. . . . . . . . . . . . . Total. . . Nombre de communes où il n'a pas été cultivé Navette Chanvre. d'été. Lin. 5 9 11 8 5 5 7 9 6 3 3 2 9 4 3 1 1 2 2 6 1 5 10 9 13 8 11 8 12 10 11 9 10 10 5 9 6 6 10 10 8 10 69 36 114 89 57 90 12 37 10 E . PLANTES FOURRAGÈRES. La production fourragère du pays n'est pas limitées aux seuls terrains laissés en nature de prairies ou de pâturages. On y cultive aussi sur les terres arables des trèfles, de la minette, de la luzerne et du sainfoin, et autres plantes entrant dans la composition des prairies artificielles. Leur rendement en fourrage tant pour la première que pour la seconde coupe a été pour les unes comme pour les autres peu satisfaisant, et cela par suite du manque de pluie et des grandes chaleurs que nous avons déjà signalé à plusieurs reprises. Les pluies des mois d'août et de septembre sont toutefois venues quelque peu en aide à la seconde coupe des prairies, de sorte que le regain a été plus abondant de moitié qu'en 1857, mais cette augmentation était loin d'être suffisante pour couvrir le déficit constaté de toute part sur la récolte des substances servant ordinairement à l'alimentation du bétail. Aussi les cultivateurs cherchaient-ils à y suppléer par des cultures intercalaires, telles que celle du navet, du seigle pour être fourragé en vert; ils semèrent aussi d'autres plantes dans le même but, comme p. ex. le trèfle incarnat ou farouche, la navette, la moutarde, le maïs, le sorgho etc.; mais les résultats ne répondirent pas toujours à leur attente. Ces suppléments de fourrage, par cela même qu'ils étaient extraordinaires et qu'ils furent abandonnés dès que la cause qui les provoqua, vint à cesser, ne peuvent être compris dans le tableau suivant, donnant le résultat des principales cultures fourragères les plus en usage dans le Grand-Duché. 24 CANTONS. Rendemt. REGAIN. PRAIRIES NATURELLES. FOIN. Rendemt. en Qualité. 1858 LUZERNE (fourr. sec) SAINFOIN (fourr. sec) PRAIRIES ARTIFICIELLES. TRÈFLE (fourrage sec). en Qualité. 1858 Rendemt. Rendemt. en Qualité. 1858 Rendemt. en Qualité. 1858 Capellen. . . . 3233 1903 id. 1200 400 moyen. 2602 581 . 2739 1529 moyenne 1261 d°. 1500 480 id. 4392 1835 mauv. 3310 1587 moyen. 4915 2365 moyen. 3500 1660 mauv. 6600 5377 bonne. id. id. id. . 3264 1429 1616 615 id. 4120 2295 id. id. 4166 3500 bonne. 4100 2900 bonne. 4598 2746 mauv. 6275 5666 3539 1745 moyen. 5500 4500 bonne. 6250 5100 id. id. id. id. 2978 1537 4840 2320 1452 875 id. id. . 2879 1150 moyen. 1252 850 3223 1507 bonne. 4775 1084 bonne. 6150 5331 3320 2655 4800 2302 moyen.. id. 1290 723 moyen. 3628 907 3611 1050 mauv. Esch-sur-l'Alzette. 4414 1820 id. 2016 1052 . id. 39921476 moyen. 1269 425 id. 2551 1386 moyen. Mersch. . . 3097 1892 mauv. Redange. 33621831 bonne. 1497 935 . id. . . Différ. au-dessus delamoyenne. — au-dessous — 1761 781 1930 1685 1318 moyen. moyen. 4946 moyen. 4438 moyen. 1465 Rendement moyen 3399 moyen. 3368 3628 2753 — en 1858 1638 1438 681 Wiltz. . id. Grevenmacher. . . 3071 1207 id. 4066 1875 K°. K°. K°. K°. K°. K°. 729 bonne. 3562 1488 moyen. 5000 5000 bonne. 2000 2000 moyen. Clervaux. 1764 403 mauv. en Qualité. 1858 rdinaire. o Luxembourg. . . 3952 2611 3143 944 mauv. id. K°. ordinaire. Remich. Echternach. . 3293 1166 K°. ordinaire. . ordinaire. Diekirch. . ordinaire. 25 Sous la rubrique trèfle, se trouve le rendement du trèfle rouge seul, attendu que les autres variétés sont destinées à être pâturées en vert, et qu'on n'en fait de foin que lorsqu'on les cultive pour semence. Quant au trèfle incarnat, il a été en 1858 cultivé en plus forte proportion que les années antérieures. Le motif en est que son produit affouragé en vert, est destiné à suppléer au trèfle ordinaire à un moment de l'année où les autres fourrages font défaut. Son rendement moyen a été de 17,230 k. par hectare. Il reste maintenant à indiquer l'étendue de la culture des différents fourrages. Celle des prairies est déjà fixée par le cadastre, mais il n'en est pas de même du regain, qui ne se fait que dans les meilleures prairies, soit le plus souvent sur une superficie relativement restreinte, ainsi qu'il résulte suffisamment du relevé suivant : Superficie de regain récolté en 1858. CANTONS. Capellen. . . Clervaux. . Diekirch. . Echternach. . Esch-sur-l'Alzette. . Grevenmacher. . Luxembourg. . Mersch. . Redange. . Remich. . Wiltz. . h. . . . . . . . . . . 1416 123 510 271 3406 175 1289 1078 565 209 316 9358 D'après ces résultats, la moyenne du rendement serait : en foin, en regain, 13,710,470 84,127,220 dans une année ordinaire : k° 6,382,798 40,589,640 en 1858 : 7,327,672 43,537,580 Différence en moins Quant aux autres fourrages artificiels, ils sont cultivés dans le nombre de communes suivant : Annexes au Mémorial 1861. II. partie. d 26 Nombre de communes où l'on a cultivé en 1858 des CANTONS. Trèfles. Luzernes. Sainfoins. Capellen… Clervaux… Diekirch… Echternach… Esch-sur-l'Alzette… Grevenmacher… Luxembourg… Mersch… Redange… Remich… Wiltz… 10 10 13 8 11 9 13 11 13 10 13 1 2 7 4 4 8 4 10 5 7 7 4 3 7 7 9 5 8 Total… Communes q u i ne c u l t i vèrent pas… 121 50 52 5 76 74 126 126 126 Le trèfle incarnat a été cultivé dans 5 communes, tandis que des fourrages mélangés ou warals (féveroles, vesces et pois) l'ont été dans 13 communes. Nous devons forcément négliger bon nombre d'autres plantes servant à l'alimentation du bétail, sur lesquelles nous possédons peu ou point de renseignements, ainsi que la valeur du pâturage ; d'abord des terres réservées à cette fin, ensuite des prairies a l'automne, des trèflières, etc., et autres fourrages d'embouches, toutes ressources dont les cultivateurs se sont empressés de retirer le plus de fruit possible, et qui ont été un supplément recherché à la provision relativement minime destinée à l'alimentation du bétail. F ) PLANTES POTAGÈRES. — LÉGUMES. Dans le Grand-Duché, les jardins ont de l'importance, d'abord par les légumes qu'ils fournissent pour l'alimentation de la famille du cultivateur, et ensuite par la circonstance qu'ils produisent une certaine quantité de plantes destinées à l'alimentation du bétail. Sous ce dernier rapport nommément, une bonne partie de leur surface est réservée à la culture de la betterave et de la carotte, qui dans la grande majorité de nos exploitations rurales, ne se rencontrent malheureusement qu'en cet endroit. Il en est de même du chanvre et du lin, sur le rendement desquels il a déjà été référé ci-avant. Quant à celui des légumes, l'année 1858 ne lui a pas été des plus favorables. Les salades ont monté trop vite en graine, les fèves et les pois se sont desséchés avant le temps ou ont été attaqués de la rouille et de la grise. Les haricots par contre donnèrent davantage, mais les choux et surtout les cabus servant à la fabrication importante de la choucroute, ne donnèrent qu'une demirécolte. Il en a été généralement de même des autres légumes, dont la qualité laissait toutefois peu à désirer. 27 G) ARBRES FRUITIERS. Les arbres fruitiers se rencontrent dans les jardins, où l'on cultive généralement les espèces de choix pour la table, et dans les vergers et les champs, où l'on produit les fruits à cidre et à eaude-vie. Dans l'un et l'autre endroit, les fruits ont été d'excellente qualité en 1858, et beaucoup de variétés de choix, mais peu fertiles, ont donné des fruits excellents sous tous les rapports. Les poires ont surtout été remarquables quant à ce, mais les quetsches laissaient quelque peu à désirer. Le rendement en fruits rouges — fraises, framboises, groseilles, cerises —, a été abondant; il en a été de même des noisettes, noix, pommes et de plusieurs espèces de prunes. Les quetsches et les poires ont été moins abondantes, mais sous le rapport de la quantité, leur produit a toujours encore été assez satisfaisant, à en juger par la circonstance que, y compris les cerises, i l en a été distillé 40,725 hectolitres, outre les quantités relativement considérables converties en pruneaux, fruits séchés etc., et fabriqués tant pour l'exportation que pour les besoins du ménage. H) VIGNES. La vigne considérée comme plante fruitière, se trouve rangée à la place qui lui est assignée ici, et non parmi les cultures industrielles où elle pourrait figurer également. Son rendement a été abondant en 1858; les vendanges se sont bien faites, et la récolte en a été de bonne qualité, sans pourtant égaler celle du crû de 1857. Les vendanges produisirent : Canton de Diekirch… Echternach… Grevenmacher. Mersch… Remich… Produit en 1858… 1857… Excédant sur 1857… hect. 942 661 27,318 14 44,458 73,395 70,850 2,545 54 litres. 80 70 40 40 84 00 84 Cette récolte aurait encore été plus abondante, si la vigne n'avait été atteinte de la défoliation (Sang). Cette affection, qui commença dans les vignobles près de Schengen, s'étendit plus tard dans les environs et sévit avec le plus d'intensité aux alentours d'Ehnen et de Wormeldange. Les vignes entre Wasserbillig et Grevenmacher furent, par contre, épargnées ou à peu près. La pyrale occasionna également des dégâts assez appréciables dans certains vignobles. Les causes de l'un et de l'autre de ces ravages sont restées inconnues. I) BOIS. — HAIES A ÉCORCES. La détermination du rendement de bois en 1858 dépend de l'accroissement pris par le corps ligneux pendant cette période. Il n'y a pas de motif d'admettre que cet accroissement n'ait pas atteint la moyenne des autres années, c.-à-d. de 6 stères pour les forêts communales et de 5 stères pour les bois des particuliers, par hectare. Quoiqu'il soit reconnu que pour obtenir un revenu soutenu des bois, la quantité exploitée ne peut dépasser le taux de l'accroissement annuel, il peut être admis avec quelque vraisemblance, que …

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