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MEMORIAL
Memorial
DU
des
Grand-Duché de Luxembourg.
Großherzogthums Luxemburg.
Samedi, 11 Juillet 1908.
N° 41.
Samstag, 11. Juli 1908.
Arrêté grand-ducal du 9 juillet 1908, sur la procédure à suivre en cas de réclamation contre le
revenu cadastral des propriétés bâties
Großh. Beschluß vom 9. Juli 1908, das Ver
fahren bei Veschwerdeführung gegen den
Katasterertrag des bebauten Eigentums betreffend.
Nous GUILLAUME, par la grâce de Dieu,
Grand-Duc de Luxembourg, Duc de Nassau,
etc., etc , etc. ;
Notre Conseil d'État entendu ;
Vu l'ordonnance r. g.-d. du 25 septembre
1857, concernant l'organisation du service du
cadastre, et l'art. 9 de la loi du 16 mai 1904,
concernant la révision cadastrale et la perception de l'impôt foncier ;
Sur le rapport de Notre Directeur général des
finances et après délibération du Gouvernement
en conseil ;
Wir W i l h e l m , von Gottes Gnaden Großherzog von Luxemburg, Herzog zu Nassau,
u., u, u.;
Nach Anhörung Unseres Staatsrates;
Nach Einsicht der Kgl. Großh. Verordnung
vom 25. September 1857, die Organisation des
Katasters betreffend, sowie des Art. 9 des Gesetzes vom 16. Mai 1904, über die Katasterrevision und die Erhebung der Grundsteuer;
Auf den Bericht Unseres General-Direktors der
Finanzen und nach Beratung der Regierung im
Conseil;
Avons arrêté et arrêtons :
Art. 1 er . Les évaluations cadastrales des nouvelles constructions sont faites, chaque année,
par une commission dite d'évaluation des propriétés bâties et composée du contrôleur divisionnaire, du géomètre cantonal et du bourgmestre. Ce dernier pourra déléguer ses pouvoirs,
soit à un échevin ou conseiller communal, conformément à l'art. 18 de la loi communale du
24 février 1843, soit à un employé technique
supérieur de l'administration communale.
En cas de besoin, il pourra être adjoint à la
dite commission un ou plusieurs experts à désigner par le directeur des contributions.
Haben beschlossen und beschließen ;
Art. 1 . Die Katastereinschätzung der Neubauten
geschieht jedes Jahr durch eine Kommission, welche
den Titel „Veranlagungskommission des bebauten
Eigentums" trägt und aus dem Bezirkskontrolleur,
dem Kantonalgeometer und dem Bürgermeister
besteht. Letzterer kann in Gemäßheit des Art. 18
des Gemeindegesetzes vom 24. Februar 1843 sich
entweder durch einen Schöffen oder ein Gemeinderatsmitglied, oder auch durch einen hoheren technischen Beamten der Gemeinde-Verwaltung vertreten lassen.
Wenn nötig können besagter Commission sin
oder mehrere durch den Steuerdirektor zu bezeichnende Sachverständige beigegeben werden.
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Art. 2. Les réclamations contre le revenu cadastral des propriétés bâties sont de la compétence du Directeur général des finances, statuant
en première instance et, en degré d'appel, du
Conseil d'État statuant en dernière instance.
Elles doivent être présentées, sous peine de
forclusion, dans les trois mois de la publication
du rôle foncier de l'année et être appuyées, sous
peine de déchéance, de la quittance des termes
échus tant en principal qu'en additionnels.
Ces réclamations sont préalablement instruites
sur les lieux par la commission prédésignée,
assistée le cas échéant d'un ou de plusieurs experts. La commission consigne ses observations
dans un procès-verbal qu'elle adresse au directeur des contributions, qui à son tour le fait
parvenir avec ses propositions au Directeur général des finances compétent, après avoir pris
l'avis du géomètre en chef du cadastre.
Art. 3. Le recours contre la décision du Directeur général des finances doit être porté au
Conseil d'Etat, comité du contentieux, sous
peine de forclusion dans les trois mois de la date
de la notification de la décision attaquée et être
appuyé également, sous peine de déchéance,
de la quittance des termes échus.
Art. 2. Für die gegen den Katasterertrag des
bebauten Eigentums eingereichten Beschwerden ist
der General-Direktor der Finanzen in erster Instanz und als Verufungs- und höchste Instanz
der Staatsrat zuständig.
Die Beschwerden müssen, unter Strafe des
Rechtsausschlusses, innerhalb drei Monaten nach
der Veröffentlichung der Grundsteuerrolle des
betreffenden Jahres eingereicht werden und, bei
Verlust der Klage, von der Quittung der erfallenen Zwölftel, an Hauptsumme sowohl als an Zuschlagscentimen, begleitet sein.
Diese Beschwerden werden zuerst durch die Commission, welcher gegebenen Falls ein oder zwei
Sachverständige beigeordnet sind, an Ort und
Stelle geprüft. Die Commission legt ihre Bemerkungen in einem Protokoll nieder, welches der
Stenerdirektor seinerseits, nach Sinholung des Gutachtens des Ober-Geometers des Katasters, mit
seinen Vorschlägen an den zuständigen GeneralDirektor der Finanzen richtet.
Ces recours sont dispensés du ministère
d'avocat.
Art. 3. Der Rekurs gegen die Entscheidung des
General-Direktors der Finanzen muß unter strafe
des Rechtsausschlusses innerhalb drei Monaten
nach der Zustellung der angefochtenen Entscheidung an den Staatsrat, Ausschuß für Streitsachen,
gelangen und ebenfalls, bei Verlust der Klage,
von derQuittungdererfallenenTerminebegleitet sein.
Für diese Rekurse ist der Rechtsbeistand eines
Anwaltes nicht erfordert.
Art. 4. L'arrête royal grand-ducal du 29 janvier 1856 et toutes les dispositions contraires au
présent arrêté sont abrogés.
Art. 4. Der K g l . Großh. Beschluß vom 29.
Januar 1856 sowie alle gegenwärtigem Beschlusse
zuwiderlaufende Bestimmungen sind aufgehoben.
Art. 5. Notre Directeur général des finances
est chargé de l'exécution du présent arrêté, qui
sera inséré au Mémorial.
Art. 5. Unser General-Direktor der Finanzen
ist mit der Ausführung dieses Beschlusses, welcher
in's „Memorial" eingerückt werden soll, beauftragt.
Luxembourg, le 9 juillet 1908.
Pour le Grand-Duc :
Son Lieutenant-Représentant,
Luxemburg, den 9. Juli 1908.
Für den Großherzog:
Dessen Statthalterin
Maria-Anna.
Der General-Direktor der Finanzen,
M.
Mongenast.
MARIE-ANNE.
Le Directeur général des finances,
M. MONGENAST.
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Arrêté du 27 juin 1908, concernant la publication
du rapport général de la Chambre de com
merce pour l'année 1907.
L E MINISTRE D'ETAT, PRÉSIDENT
DU GOUVERNEMENT ;
Vu le rapport général de la Chambre de commerce sur la situation du commerce et de l'industrie dans le Grand-Duché pendant l'année
1907;
Arrête :
Beschluß vom 27. Juni 1908, die Veröffentlichung
des allgemeinen Berichtes der Handelskammer
über die Lage des Handels und der Industrie
für das Jahr 1907 betreffend.
Der Staatsminister, Präsident
der
Regierung;
Nach Einsicht des allgemeinen Berichtes der
Handelskammer über die Lage des Handels und
der Industrie des Großherzogtums während des
Jahres 1907;
Beschließt:
Le rapport prémentionné sera publié comme
Annexe au Mémorial.
Luxembourg, le 27 juin 1908.
Le Ministre d'Etat,
Président du Gouvernement,
EYSCHEN.
Erwähnter Bericht soll als Beilage zum „Memorial" veröffentlicht werden.
Luxemburg, den 27. Juni 1908.
Der Staatsminister, Präsident
der Regierung,
Eyschen.
Avis. — Convention de sucres.
Les ratifications de l'Italie concernant l'Acte
additionnel à la Convention du 5 mars 1902, sur
le régime des sucres, signé à Bruxelles le 28
août 1907, et le Protocole signé à Bruxelles le 19
décembre 1907 relatif à l'adhésion de la Russie
à la Convention des sucres (Mémorial 1908, p.
521 ss.), ont été déposés à Bruxelles le 30
juin 1908.
Le délai fixé pour l'accomplissement de cette
formalité avait été prorogé par les Gouvernements intéressés au 1 e r juillet 1908.
Luxembourg, le 8 juillet 1908.
Pour le Ministre d'État, Président
du Gouvernement:
Le Directeur général des finances,
M. MONGENAST.
Die Ratifikationsurkunden Italiens zu der
am 28. August 1907 in Brüssel unterzelchneten
Zusatzakte zu dem Vertrage vom 5. März 1902
über die Behandlung des Zuckers, sowie zu dem
am 19. Dezember 1907 in Brüssel unterzeichneten
Protokoll über den Beitritt Rußlands zum Zuckervertrage Memorial 1908, S. 521 ff.) sind am
30. Juni 1908 in Brüssel niedergelegt worden.
Der für die Erfüllung dieser Förmlichkeit festgesetzte Termin war von den beteiligten Regierungen ,bis zum 1. Juli 1908 verlängert worden.
Luxemburg, den 8. Juli 1908.
Für den Staatsminister, Präsidenten
der Regierung
Der General-Direktor der Finanzen.
M.
Mongenast.
Avis. — Service sanitaire.
Bekanntmachung. — Sanitätswesen.
Une place de chimiste chargé plus spécialement de l'inspection des viandes importées par
la frontière douanière est créée provisoirement
au Laboratoire pratique de bactériologie à partir
du 1 er août prochain. L'indemnité initiale est
fixée à 250 fr. par mois. Les candidats doivent
être porteurs du diplôme de maturité ou de capacité et avoir suivi pendant deux ans au moins
Am hiesigen bakteriologischen Staatslaboratorium ist die Stelle eines speziell mit der Untersuchung des in das Zollinland eingehenden Fleisches betrauten Chemikers vom 1. August künftig
an provisorisch zu besetzen. Als Anfangsvergütung
sind monatlich 250 Fr. vorgesehen. Die Bewerber
müssen Inhaber des Reife- oder Fähigkeitszeugnisses sein und während mindestens zwei Jahren
Bekanntmachung. — Zuckervertrag.
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des cours universitaires de chimie et d'analyse
chimique. La préférence sera donnée au candidat muni d'un diplôme d'expert chimiste des
denrées alimentaires, ou qui justifiera avoir fait
des études spéciales de chimie alimentaire.
Le
demandes des candidats devront me parvenir avant le 26 juillet prochain.
Luxembourg, le 7 juillet 1908.
Le Directeur général des travaux publics,
Ch. DE WAHA.
Universitätskurse über Chemie undchemischeAnalyse besucht haben. Bewerber, die Inhaber eines
Zeugnisses als Nahrungsmittelchemiker sind, oder
solche, die nachweislich besondere Studien über
Nahrungsmittelchemie betrieben haben, werden bevorzugt.
Die Gesuche der Bewerber sind mir vor dem
26. J u l i künftig einzureichen.
Luxemburg, den 7. Juli 1908.
Der General-Direktor der öffentlichen Arbeiten,
K.
de
Waha.
Avis. — Association syndicale.
Bekanntmachung. — Syndikatsgenossenschaft.
Par arrêté du soussigné en date du 4 ct.,
l'association syndicale pour la construction resp.
le redressement de chemins d'exploitation « Auf
Hoschette », « An der Gölt » à Folschette, dans
la commune de Folschette, a été autorisée.
Cet arrête ainsi qu'un double de l'acte d'association sont déposés au Gouvernement et au
secrétariat communal de Folschette.
Durch Beschluß des Unterzeichneten vom 4.
J u l i 1908, ist die, Syndikatsgenossenschaft für
Anlage resp. Nedressierung von Feldwegen „Auf
Hoschette" und „ A n der Gölt" zu Folschette, Gemeinde Folschette, genehmigt worden.
Dieser Beschluß, sowie ein Duplikat des Genossenschaftsaktes sind auf der Regierung und dem
Gemeindesekretariate von Folschette deponirt.
Luxembourg, le 4 juillet 1908.
Pour le Ministre d'Etat, Président
du Gouvernement :
Le Directeur général des travaux publics,
Luxemburg, den 4. Juli 1908.
Für den Staatsminister, Präsidenten
der Regierung,
Der General-Direktor der öffentlichen Arbeiten,
K. de Waha.
Ch. DE WAHA.
Bekanntmachung. — Zollwesen.
In
der Zollverwaltung werden künftig folgende Amtsbezeichnungen geführt:
Bisherige Amtsbezeichnung.
Künftige Amtsbezeichnung.
Zollexpedition a/B Luxemburg.
Zollamt I Luxemburg-Bahnhof.
Zollabfertigungsstelle Hollerich.
Zollamt I Hollerich.
Nebenzollämter I. Klasse zu Kleinbettingen, RoZollamt I Kleinbettingen usw.
dingen, Ulflingen und Wiltz.
Nebenzollämter II. Kl. zu Allerborn, Donkols,
Harlingen, Küntzig, Martelingen-Rombach, OberZollamt I I Allerborn usw.
pallen, Rodingen, Sägemühle, Schimpach, Schmiede,
Steinfort und Trotten.
Oberrevisor.
Oberzollrevisor.
Revisionsoberkontrolleure und ObergrenzkonOberzollkontrolleure.
trolleure
Revisionsaufseher und Grenzaufseher.
Zollanfseher.
Berittene Grenzaufseher.
Berittene Zollaufseher.
Luxemburg, den 9. Juli 1908.
Der General-Direktor der Finanzen,
M.
Mongenast.
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N°
d'ordre.
Avis. — Service sanitaire.
Tableau des maladies contagieuses observées dans les différents cantons du 20 juin au 4
juillet 1908.
CANTONS.
1
2
Luxembourg.
Esch s /Alz.
3
Merch.
4
5
Redange
Diekirch.
6
7
8
Clervaux.
Grevenmacher.
Remich.
LOCALITÉS.
Bonnevoie.
Burange.
Dudelange.
Rumelange.
Esch s./Alz.
Mersch.
Larochette.
Tuntange.
Redange.
Ettelbruck.
Diekirch.
Troisvierges.
Hosingen.
Hoffelt.
Hachiville.
Grevenmacher.
Machtum.
Canach.
Mondorf.
Total
Bekanntmachung. — Sanitätswesen.
Verzeichnis der in den verschiedenen Kantonen,
vom 20. Juni bis zum 4. Juli 1908 festgestellten
ansteckenden Krankheiten.
Fièrre Diphtyphoïde térie.
Coque- ScarlaAffections
Variole.
luche.
tine.
puerpérales
1
1
2
1
7
1
1
1
1
3
1
1
2
1
10
5
3
3
1
30
1
13
20
1
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Caisse d'épargne. — A la date du 9 juillet 1908, le livret n°119402a été déclaré perdu. Le porteur du dit
livret est invité à le présenter dans la quinzaine à partir de ce jour, soit au bureau central, soit à un bureau
auxiliaire quelconque de la Caisse d'Epargne, et à faire valoir ses droits. Faute par le porteur de ce faire dans
le dit délai, le livret en question sera déclaré annulé et remplacé par un nouveau.
Luxembourg, le 10 juillet 1908.
Caisse d'épargne. — A la date des 1er et 9 juillet 1908, les livrets nos 98529, 74777, 73651 et 124491 ont été
annulés et remplacés par des nouveaux.
Luxembourg, le 11 juillet 1908.
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Relevé des valeurs au porteur frappées d'opposition,
publié en exécution de l'art. 4 de la loi du 16 mai 1891.
NATURE DES VALEURS.
SÉRIE ET NUMÉROS DES TITRES.
Obligation de l'emprunt de la commune de Basbellain N° 29.
de 1877.
os
Obligations des chemins de fer Guillaume-Luxembourg. N 53867, 53868, 53869, 53870,53871, 53872,
53873, 53874, 53875, 53876, 53877.
os
Actions des hauts-fourneaux et forges de Dudelange. Nos 10514, 17297.
Obligations des chemins de fer Guillaume-Luxembourg. Nos 14141,26775, 26776.
Obligations de l'emprunt de la commune de Biver de N 61, 62, 63.
1888.
os
Obligations des chemins de fer Guillaume-Luxembourg. N 45058, 55391, 55388, 55389, 55390, 73573,
73574, 73575, 73576, 73577, 73578, 73747.
os
Actions de la Banque Internationale à Luxembourg. Série 1 Litt. A.N 9533, 9534, 9535, 9536,
20131, 20132, 20133. (Ces titres ont été
délivrés pro duplicata.)
os
Obligations des chemins de fer Guillaume-Luxembourg. Nos 40834, 100257, 107051.
N 1543, 1544,
2814.
id.
os
Obligations de l'emprunt de l'État grand-ducal de 1894. Litt. B. N 2762, 2763, 2764, 2765, 2766,
2767.
Obligations de l'emprunt de la commune de Mersch Série M. Nos 16, 17, 21, 22, 23, 24, 25, 26,
de 1882.
27, 28.
Obligations 4 pCt. de la société anonyme des hauts- Nos 16, 17, 18, 19, 20, 21.
Valeur
nominale
FR. de
chaque
500titre
500
500
500
100
500
250
500
500
1000
500
500
fourneaux de Differdange de 1898.
Obligations 3 pGt. de la société anonyme des chemins Nos 15683, 15684, 15695,15696, 15699, 15700,
500
de fer et minières Prince-Henri.
15801, 15802, 15803, 24115.
II Lit. B. N° 74856.
250
Actions de la Banque Internationale à Luxembourg. Série
os
500
Obligations des chemins de fer Guillaume-Luxembourg. Nos 79366 et. 79367.
N 72086, 72641, 120968, 123097, 135195.
500
id.
Action de la société anonyme des chemins de fer et Coupons de l'action N° 28056.
500
minières Prince Henri.
os
Actions de la société en commandite des forges d'Eich, Coupon N°36 des actions N 2240, 2241,
1000
établie à Eich sous la raison sociale « Le Gallais2242, 2385, 4901, 4902, 4903, 4904, 4905,
Metz & Cie ».
4906, 4907, 4908, 4909.
os
500
Obligations des chemins de fer Guillaume-Luxembourg. N 56228, 49097.
os
Obligations des chemins de fer Guillaume-Luxem- N 21532, 22302, 51158, 90546, 95513
bourg — coupons —.
500
Obligations 3 pCt. de la société anonyme des chemins
os
de fer et minières Prince-Henri — coupons —. N 6160, 6161, 12331.
500
Obligations de l'emprunt de l'Etat grand-ducal de
os
1894 — coupons —.
100
Lit. D. N 2125, 2126, 6750, 6782, 6783.
500
Obligations de la commune de Hollerich — coupons—. Lit. A. N°os51.
Lit. B. N 46 - 52 incl.
Obligations de la commune de Hesperange — coupons. Nos 291, 292, 293.
Actions de la société anonyme des chemins de fer et
minières Prince-Henri — coupons 27 à 35 —.
Nos 21421, 28555, 53050, 53051, 53052, 54613,
Obligations des chemins de fer Guillaume-Luxembourg — coupons —.
60851,74689.
Nos 8545, 12278, 12604, 18259, 56975, 56977,
64878, 65488, 71770, 72504, 75616, 75948,
76251, 76634, 76909, 78038, 78408, 81152,
81153, 81156, 86158, 86283, 91072,91074,
94632, 99966, 103882, 117782,119784,
125123,29323, 129333, 131056, 131057,
131058, 131059,131080,139231, 139232,
139233,139234, 139236, 139238, 139239,
143284,143285, 143286, 148968,148969,
148973, 148978, 148979,149221, 149222.
100
100
500
500
555
NATURE DES VALEURS.
SÉRIE ET NUMÉROS DES TITRES.
os
Obligations des chemins de fer N 4783, 7162, 11115, 13171, 14369, 14370, 14371, 14372, 14373,
Guillaume-Luxembourg.
15401, 16327, 17340, 17376, 18447, 18448, 18449, 18450, 18451,
18452, 18453, 18454, 18455, 18456, 20041, 22435, 27508, 31172,
31173, 50123, 57143, 58441, 58443, 60170, 61718, 61736, 61737,
61738, 61739, 61741, 62370, 67612, 67613, 67614, 67615, 67616,
67617, 67618, 67619, 67620, 67621, 67622, 67623, 68035, 68036,
72627, 74036, 77450, 78153, 78154, 78161, 78162, 78163, 78164,
80738, 80740, 8851(…), 91062, 91063, 91064, 99606, 99607, 99608,
99609, 99610, 99611, 99612, 99613, 99614, 99615, 99616, 99617,
99618, 99619, 99620, 99621, 99622, 99623, 99624, 99625, 99626,
99627, 99628, 99629, 99630, 99631, 99632, 99633, 99634, 99635,
99636, 99637, 99638, 99639, 99640, 99641, 99642, 99613, 99644,
99645, 99646, 99647, 99648, 99649, 99650, 99651, 99652, 99653,
99654, 99655, 99656, 99657, 99658, 99659, 99660, 99661, 99662,
99663, 99664, 99665, 99666, 99667, 99668, 99669, 99670, 99671,
99672, 99673, 99674, 99675, 99676, 99677, 99678, 99679, 99680,
99681, 99682, 99683, 99684, 99685, 99686, 99687, 99688, 99689,
99690, 99691, 99692, 99693, 99694, 99695, 99696, 99697, 99698,
99699, 99700, 99701, 99702, 99703, 99704, 99705, 99706, 99707,
99708, 99709, 99710, 99711, 99712, 99713, 99714, 99715, 99716,
99717, 99718, 99781, 99782, 99783, 99784, 99785, 99786, 99787,
126767,
126766,
99788, 99789, 99790, 126763, 126764, 126765,
126768, 126709, 126770, 126771, 126772, 126773, 126774, 126775,
126776, 126777, 126778, 126779, 126780, 126781, 126782, 126783,
126784, 126785, 126786, 126787, 126788, 126789, 126790, 126791,
126792, 126793, 126794, 126795, 126796, 126797, 126798.
Acrion de la société anonyme
des hauts-fourneaux et forges Coupons de l'action N° 9329.
de Dudelange.
Actions de la société anonyme
os
des chemins de fer et mi- N 14743, 22898, 23421, 28851, coupon N° 29.
nières Prince-Henri.
Actions de la société en Com- os
mandite des forges d'Eich N 1247, 1872, 3535, 4567, 4971, coupon de 1906/1907.
établie sous la raison sociale
de « Legallais,Metzet Cie. »
Actions des chemins de fer
Guillaume-Luxembourg.
Nos 11272, 11273, 26437/26440, 27879,
32566, 38121, 40469, 40841,
41348, coupons à l'échéance du 1er juillet 1908.
Luxembourg, le 29 juin 1908.
Valeur
nominale de
chaque titre.
500
500
500
1000
500
556
Relevé des agents d'assurances agréés pendant le mois de juin 1908.
N°
1
2
3
NOMS ET DOMICILE.
QUALITÉ.
de la Fontaine, Adrien, à Luxem- Agent général.
bourg.
Agent.
Weydert, Nic., menuisier, Oberanven.
id
Mousel, J.-B., cultivateur à Sandweiler.
4
Brandenbourger, Henri, cafetier et
agent d'affaires à Luxembourg.
id.
5
Schwinnen, Henri, receveur communal à Differdange.
id.
6
Deprez, Daniel, agent industriel à
Esch s/Alz.
id.
7
Engel, Ferdinand, employé d'usine
à Differdange.
id.
8
Jungers, Jacques, représentant de
commerce à Merl.
Raths, Pierre, marchand à Roodt
s|Sûre.
id.
9
Luxembourg, le 30 juin 1908
id.
COMPAGNIES D'ASSURANCES.
Agréation.
« L'Union« Compagnie d'assurance 3 juin.
sur la vie humaine à Paris.
Germania, Lebens - Versicherungs- 3
Actien-Gesellschaft à Stettin.
1) Gladbacher Feuer-Versicherungs- 3
Gesellschaft.
2) Magdeburger Hagel-Vers.-Gesellschaft.
3) Germania, Lebens-VersicherungsActien-Gesellschaft à Stettin.
La Confiance, Compagnie d'assu- 3
rance sur la vie et contre l'incendie.
1 ) Gladbacher Feuer-Versicherungs- 4
Gesellschaft.
2) Germania, Lebens-VersicherungsActien-Gesellschaft à Stettin.
1) Le Kosmos, Compagnie d'assu- 4
rances sur la vie à Zeist.
2) Compagnie de Bruxelles (incendie).
4) Gladbacher Feuer-Versicherungs- 18
Gesellschaft.
2) Germania (vie).
29
Victoria à Berlin.
1) Gladbacher Feuer-Vers.-Ges.
2) Magdeburger Hagel-Vers. Ges.
3) Germania (vie).
29
1
MEMORIAL
Memorial
DU
des
Grand-Duché de Luxembourg.
Großherzogthums Luxemburg.
Annexe au N° 41 de 1908.
RAPPORT GÉNÉRAL
SUR LA
SITUATION DE L'INDUSTRIE ET DU COMMERCE
pendant l'année 1907.
Considérations
générales.
L'année 1907 marque à la fois l'apogée de la période d'activité prodigieuse qui avait
commencée après la liquidation de la crise de 1900 et le début d'une période de ralentissement d'affaires, qui revêt plutôt le caractère d'une dépression économique que d'une véritable
crise.
Au point de vue du volume des transactions et des résultats financiers, le bilan de l'année
1907 se présente sous un aspect extrêmement favorable : l'industrie était largement
occupée par des stocks d'ordres provenant de l'année précédente, l'ampleur des transactions
dépassait encore celle des années les plus prospères.
La balance du commerce du Zollverein renseigne le mouvement suivant des importations
et des exportations pour les six dernières années :
Exportations.
Importations.
Mk. 4,812,8 millions.
1902
Mk. 5,805,8 millions.
»
5,130,3
»
» 6,321,1
»
1903
» 5,315,6 »
» 6,854,5
»
1904
» 5,841,8
»
1905
» 7,436,3
»
»
6,478,6
»
1906
» 8,438,6 »
» 7,120,7 »
1907
» 8,863,4
»
A une augmentation des importations de 428,8 millions, soit de 5 pCt., correspond une
augmentation des exportations de 642,1 millions, soit de 10 pCt. L'accroissement des demandes
à l'exportation compensait dans une mesure très remarquable les rares insuffisances de la
demande intérieure.
2
Les produits bruts, obéissant à des syndicats ou à des conventions de prix, gardaient
leurs positions, renchérissaient encore Parmi ces matières premières nous citerons particulièrement la houille. Malgré l'accroissement considérable de la production et des importations, les quantités disponibles ne suffisaient pas toujours aux besoins de la consommation
et l'industrie n'était pas seulement obligée de passer par les prix élevés, mais elle éprouvait
parfois des difficultés à obtenir l'exécution de ses spécifications. Les métaux, comme le cuivre,
le plomb, l'étain et le zinc, atteignaient des prix exorbitants jusqu'à la débâcle américaine,
Vers la fin de l'année, lorsque la baisse s'exerçait sur les produits fabriqués, les matières
premières et les demi produits gardaient encore leurs prix de la période de prospérité.
Si, pendant les premiers mois, l'intensité de la production et des échanges se continuait
sans interruption et sans signe de défaillance, de vagues pressentiments d'un revirement
prochain commençaient à ébranler la confiance du marché dans le courant de l'été. L'approche
d'une de ces liquidations périodiques s'annonçait. Il devenait de plus en plus évident que dans
l'entrain des affaires la mesure avait été dépassée. L'envergure même du développement
économique n'avait plus le don de séduire les consommateurs, dont le pouvoir d'achat se
trouvait diminué par suite des prix élevés. Vers le commencement de l'automne, la liquidation se dessinait nettement.
Le fait dominant de l'année est la tension extraordinaire du taux d'escompte des banques
régularisatrices. Parmi ces dernières, celle qui nous intéresse le plus, est la Banque de l'Empire d'Allemagne où le taux d'escompte a atteint un maximum de 7 ½ pCt. et un minimum de
5 ½ pCt., fait qui ne s'était pas encore produit depuis l'existence de cet établissement. C'est
dire que pendant l'année 1907 la crise monétaire a atteint des proportions extraordinaires.
Les variations dans le taux officiel de la Reichsbank ressortent comme suit :
du 1er janvier au 20 janvier
7%
6%
du 21 janvier au 22 avril
du 23 avril au 28 octobre
5%
du 29 octobre au 7 novembre
6%
7½%
du 8 novembre au 21 décembre
ce qui donne une moyenne de 6,03 pCt., contre une moyenne de 5,15 pCt. en 1906 et de
3,82 pCt. en 1905.
Ces chiffres nous expliquent que l'industrie et le commerce n'aient pu continuer à lutter
avec succès contre la cherté excessive de l'argent et que les affaires aient fini par se ralentir
considérablement vers la fin de l'année. Un développement anormal de la situation monétaire
a pu être constaté sur tous les marchés de l'Europe et de l'Amérique : c'est ainsi que la Banque
de France élevait son taux d'escompte jusqu'à 4 ½ pCt., ce qui ne s'était plus produit depuis
la crise de 1900 ; le maximum du taux d'escompte de la Banque d'Angleterre a été de 7 pCt.
et celui de la Banque Nationale de Belgique de 6 pCt.
Les causes de cette perturbation dans la vie économique des nations ont été les mêmes
partout : l'énorme augmentation de la production et de la consommation, l'élévation constante
du prix des matières fabriquées, le renchérissement des produits agricoles par suite des
mauvaises récoltes — et dans le Zollverein aussi par suite de la politique douanière et commerciale — ont été autant de facteurs qui ne pouvaient manquer d'exercer une néfaste
influence sur la marche du commerce et de l'industrie.
Un besoin de capitaux énormes, auxquels les seuls bénéfices étaient loin de pouvoir
3
faire face, en était la conséquence : le recours au crédit atteignait donc des proportions inouïes
et provoquait l'élévation constante et croissante du loyer de l'argent. On peut y ajouter la
panique qui s'est produite dans les Etats-Unis de l'Amérique du Nord, laquelle a eu pour
conséquence une lutte effrénée pour la protection des encaisses métalliques de la part des
banques régularisatrices du marché monétaire
Le problème de la cherté des vivres s'est encore posé dans toute sa force pendant l'année
1907. La prospérité économique même, selon une loi connue, a poussé les prix à la hausse
sans que les augmentations des salaires aient compensé réellement les augmentations des
dépenses. Sans doute, dans le cours de l'année, les prix du bétail et de la viande en gros
ont notablement baissé. Mais, outre que les petits intermédiaires n'ont pas fait profiter leurs
clients de toute la diminution intervenue, les prix du pain, du charbon, du pétrole etc. ont
considérablement augmenté et rendu plus difficile la vie ouvrière, plus chère la main-d'œuvre.
Le prix du blé augmentait dans des proportions alarmantes. L'augmentation des droits
d'entrée commençait à faire sentir ses effets vers la fin de l'année 1906 pour s'accentuer
encore en 1907. En novembre les prix atteignaient leur point culminant pour redescendre
lentement à la faveur de l'augmentation de l'offre. Vers la fin de l'année, le prix du froment
dépassait encore de 56 fr. et celui du seigle de 20 fr. environ les prix pratiqués au début de
l'année.
La hausse générale des prix qui s'est opérée graduellement, mais sans arrêt, depuis le
commencement du siècle, est devenue pour les classes ouvrières et la moyenne bourgeoisie
une cause de malaise croissant. En présence des progrès multiples qui agissent sans interruption pour abaisser, dans la plupart des industries, les frais de production, cette hausse
devient un fait difficile à expliquer. L'accaparement et la spéculation ne sauraient fournir
une explication suffisante de ce mouvement général. I l est hors de doute que l'augmentation
considérable de la production de l'or, qui a quadruplée depuis un quart de siècle, a diminué
très sensiblement le pouvoir d'achat de ce métal et exercé une part d'influence assez considérable sur la hausse des prix.
Une part d'influence autrement forte appartient à la guerre civile du capital et du travail
et à l'intervention philanthropique, protectionniste et fiscale de l'Etat dans la production. Les
charges que les Etats modernes font peser sur la généralité des branches d'industrie, la raréfaction et le renchérissement artificiel des capitaux causés par leurs emprunts de guerre,
absolument improductifs, et qui sont la graîne des emprunts futurs, ont considérablement
augmenté les frais que les progrès mécaniques, chimiques et autres avaient diminués au
bénéfice du consommateur.
Le marché du travail, où l'offre était loin de suffire pendant une grande partie de l'année,
a conservé une fermeté relative, malgré le ralentissement des affaires qui s'est marqué vers
la fin de l'année. A cette époque même, le fléchissement de la main-d'œuvre était moins considérable que de coutume.
L'action des trusts et syndicats, tout en se manifestant avec moins d'éclat que pendant les
années précédentes, n'en a pas été moins énergique : c'est elle qui, en somme, a empêché la
dépression économique, à laquelle nous assistons, de se transformer en crise. Il est à remarquer
cependant que le mouvement de l'industrie et du commerce vers la concentration a fait des
progrès moindres que pendant les cinq dernières années.
Il est encore difficile, à l'heure actuelle, de mesurer les effets que le nouveau tarif douanier,
4
mis en vigueur le 1er mars 1906, qui a augmenté les droits sur les blés, les matières premières
en général, les demi-fabricats et les fabricats, exercera fatalement sur le développement de
l'industrie. La prospérité économique au milieu de laquelle il a été introduit, n'a pas permis,
à cette époque, d'en sentir la répercussion. L'exode de certaines industries du Zollverein a été
assez important cependant pour être relevé.
Depuis le commencement de l'année 1908, la liquidation se poursuit lentement, sans trop
de difficultés ni de souffrances A la période d'activité fiévreuse a succédé une période
l'accalmie, de recueillement, de baisse des prix
Si l'on veut faire un rapprochement avec la crise de 1900, ou peut dire que cette dernière
fut soudaine et d'autant plus terrible, tandis qu'aujourd'hui nous nous trouvons en face d'une
situation prévue depuis un certain temps déjà, à laquelle on s'est préparé.
Travaux de la Chambre de commerce
Parmi les questions que la Chambre de commerce a traitées en 1906, nous signalerons
particulièrement celles qui suivent :
Réforme du protêt.
En vue de l'étude d'un avant-projet de loi chargeant les employés des postes du recouvrement d'effets commerciaux tirés sur des places où ne réside pas d'huissier, ainsi que de la
réduction des protêts en cas de refus d'acceptation ou de paiement, le Gouvernement, pour
répondre à un désir exprimé par le Conseil d'Etat, avait demandé l'avis de la Chambre de
commerce sur la question de savoir « si, dans la pratique, la législation actuelle a déjà présenté des inconvénients et si, notamment, il est déjà arrivé qu'un porteur d'un effet de commerce n'est pas parvenu à le faire protester en temps utile, faute d'avoir trouvé un officier
ministériel qui aurait pu procéder à ce devoir. »
Il n'est pas arrivé à la connaissance des membres de la Chambre que le porteur d'un
effet ne soit pas parvenu à le faire protester en temps utile, faute d'avoir trouvé un officier
ministériel qui aurait pu dresser le protêt. De l'avis unanime, l'inconvenient signalé par le
Conseil d'Etat ne semble pas exister.
D'ailleurs, la Chambre ne croit pas devoir engager le Gouvernement à modifier la législation
actuelle en ce sens que les employés des postes seraient chargés de la rédaction des protêts
en cas de refus d'acceptation ou de paiement La poste a de la peine à suffire aux exigences
croissantes de son service, qui se compliquerait encore par l'adjonction d'une branche nouvelle, dont le besoin ne se fait pas sentir. Elle serait forcée ainsi d'éparpiller son activité, ce
qui ne serait pas à l'avantage du commerce, intéressé à une bonne marche du service postal.
Par contre, nos industriels et commerçants désirent vivement une diminution des formalités dont le protêt est entouré, et surtout une diminution des frais de protêt. Le coût du
protêt est démesuré. La déclaration remplaçant le protêt, prévue par la loi du 6 mai 1874,
offre, il est vrai, une ressource très sérieuse aux porteurs d'effets de commerce désireux
d'éviter les frais élevés du protêt, mais elle présente l'inconvénient de ne pas pouvoir être
appliquée dans une série de cas.
Insuffisance des communications sur la ligne de Wiltz.
Plusieurs membres de la Chambre de commerce avaient signalé, dans la séance du
7 mars, l'insuffisance des communications par chemin de fer que possède la ville de Wiltz,
5
le nombre des trains, qui est de quatre par jour, ne paraissant pas en rapport avec les
besoins de la localité, dont l'industrie s'est considérablement développée au cours des dernières années.
La Chambre avait donc proposé au Gouvernement les modifications suivantes à l'horaire
en vigueur sur la ligne de Wiltz :
1° de transformer le train, qui part de Wiltz à 4 h. 15 les jours de marché seulement, en
une correspondance régulière, l'intervalle entre le troisième train du matin et l'unique train
du soir étant manifestement trop étendu ;
2° de transformer également le train, qui part de Kautenbach pour Wiltz à 10 h. 07 les
dimanches et jours fériés, en une correspondance régulière. Il semble indispensable, en
tout cas, que ce train soit mis en marche encore un jour de la semaine, p ex. le jeudi.
A la suite de cette réclamation, la Société du Prince-Henri a créé la deuxième correspondance proposée, sous la réserve expresse de la supprimer, si le produit ne la justifiait
pas ; celle de 4 h. 15 a été formellement refusée pour le motif que le besoin ne s'en faisait
pas sentir, et que, du reste, elle ne ferait jamais ses frais.
A ces arguments la Chambre de commerce a opposé, dans sa séance du 16 décembre,
entre autres, qu'à plusieurs reprises, la Société du Prince-Henri a fait des essais avec le train
de 8 h. 52 du soir, qui fut créé au cours d'une saison pour être supprimé plus tard, avant que
la majeure partie du public, et même les habitants de la localité, en eussent seulement soupçonné l'existence, mais que ce procédé ne permet pas de tirer des conclusions, car il est
évident qu'il faut laisser au public le temps de s'habituer aux nouvelles correspondances.
Sur la ligne de Wiltz à Kautenbach il n'existe plus aujourd'hui de train de voyageurs
proprement dit. Tous les trains dans les deux directions sont mixtes. Par suite du développement du trafic des marchandises, la Société se verra forcée de créer des trains spéciaux
de marchandises, et ce sera certainement le cas lors de la mise en exploitation par l'État des
carrières de Merkholtz, qui devront fournir la majeure partie de la pierraille pour les routes
de l'État.
En créant dès à présent le train de 4 h 15, la Société pourrait décharger les trains
mixtes qui circulent actuellement et écouler l'excédent des marchandises, mettre à couvert,
dans une large mesure, sa responsabilité relativement à la sécurité des voyageurs et donner
satisfaction au public. Ce train créerait les communications les plus commodes avec la Belgique et l'Allemagne. Il suffirait p. ex. de retarder le train Luxembourg-Trèves de 5 minutes
pour permettre aux voyageurs de Wiltz d'avoir la correspondance pour Trèves-Coblence.
A cette occasion il y a lieu de signaler encore l'insuffisance des quais de chargement et
de déchargement de la gare de Wiltz. Ces quais ne répondent plus aux besoins du service,
car il est impossible de charger ou de décharger un wagon sans être forcé de le déplacer
plusieurs fois pour permettre les manœuvres Les jours de foire et d'encombrement, il est
impossible de charger ou de décharger tranquillement et sans danger.
Création de nouveaux trains express vers le Bas-Rhin.
Le bourgmestre de Dusseldorf avait demandé l'appui de la Chambre de commerce de
Luxembourg dans la question de la création de nouveaux trains express entre les centres industriels de la Sarre et de la Ruhr par Dusseldorf.
La Chambre a jugé qu'il ne lui appartenait pas de prendre position dans une question
qui sort évidemment de sa sphère d'activité et ne semble présenter aucune importance au
6
point de vue des intérêts luxembourgeois. Elle a engagé néanmoins le Gouvernement —
pour le cas où les nouveaux trains express faisant l'objet de cette communication venaient à
être créés — de bien vouloir examiner la question des correspondances qui pourraient nous
être assurées par ces trains.
Colportage.
A la date du 9 août, la Chambre a soumis au Gouvernement un mémoire relatif aux abus
croissants de la concurrence qui lui avait été adressé par plusieurs photographes du pays.
Les maisons intéressées se plaignent en particulier des procédés illicites que la concurrence
étrangère, aidée par des colporteurs peu scrupuleux, met en usage pour obtenir des commandes pour agrandissements de photographies.
La Chambre a constaté que les abus signalés s'exercent ici, depuis quelques années,
sur une large échelle et causent un préjudice sérieux à l'industrie indigène Elle a donc prié
le Gouvernement de bien vouloir réagir énergiquement contre ces abus.
Centralisation du service postal dans le nouvel hôtel des postes.
La Chambre a examiné, dans sa séance du 26 décembre, la question de savoir si la
centralisation du service postal dans le nouvel hôtel des postes ne se ferait pas au désavantage
du quartier essentiellement industriel de Luxembourg-gare Hollerich.
Aux alentours de la gare centrale, il s'est créé des industries très considérables qui ont
un intérêt à être desservies promptement par la poste. Il paraît que, s'inspirant de cette
considération, le Gouvernement avait projeté d'installer la poste centrale dans les nouveaux
bâtiments de la gare, mais que ce projet a été abandonné depuis, à cause de l'insuffisance des
locaux qui auraient pu y être affectés. Le projet actuel, de centraliser le service postal à
l'intérieur de la ville, a fait naître certaines appréhensions. Plusieurs membres craignent
qu'il n'en résulte une complication du service entraînant un retard forcé dans la distribution
des correspondances pour le quartier Gare-Hollerich ; ils craignent surtout de voir réduire
le bureau des postes de la gare à un simple bureau de transit, n'offrant ni ressources ni commodité pour le public.
D'autres membres, par contre, estiment que ces craintes ne sont pas justifiées et que la
centralisation projetée aura pour effet de simplifier dans une mesure appréciable le service
postal au profit même de l'agglomération Gare-Hollerich.
Comme la Chambre n'a pas à sa disposition les documents indispensables pour se prononcer sur la valeur de ces arguments, elle se rallie à l'unanimité à la proposition suivante :
d'exprimer au Gouvernement le vœu que la centralisation du service postal dans le nouvel
hôtel des postes se fasse dans le sens d'une simplification de ce service et que celui ci soit
organisé de manière à ne pas léser les intérêts de l'agglomération industrielle Gare Hollerieh.
Création d'une chambre d'artisans.
La Chambre avait chargé une Commission, composée de MM. Duchscher, Mongenast et
Schrœll, de l'examen d'une proposition de loi relative à la création d'une chambre d'artisans
émanant de l'initiative parlementaire. L'avis proposé par cette Commission a été adopté dans
la teneur suivante par l'assemblée plénière du 7 mars :
Partout le métier cherche à s'organiser pour sortir de la situation difficile qui lui est faite
par le développement prodigieux de l'industrie. Mais, dans ses aspirations pour s'associer
au progrès, il lui manque le moyen de défendre ses intérêts, de faire entendre ses plaintes,
7
d'obtenir satisfaction pour ses besoins légitimes. Les efforts successifs qui ont été faits, ces
temps derniers, dans des assemblées ou des conférences, par certains groupes d'artisans, en
vue de rechercher les moyens propres à ramener le métier à un état normal, sont une preuve
évidente qu'il manque un point d'appui pour grouper ces énergies individuelles, éparpillées,
mal coordonnées.
Nos artisans ont aujourd'hui la conviction intime que, s'ils devaient continuer les anciens
errements, ils s'exposeraient aux conséquences les plus funestes. Ils sont persuadés que
l'organisation du métier sur une base moderne, tant au point de vue de l'effort professionnel
qu'à celui de la représentation dans toutes les questions économiques qui s'y rattachent, ne
saurait être différée plus longtemps. L'agriculture, l'industrie et le commerce sont secondés
par des représentations officielles, qui concentrent, groupent leurs efforts ; c'est donc à bon
droit que le métier réclame, à son tour, une représentation officielle, une chambre d'artisans.
Si utiles et féconds que puissent être les efforts de certains groupes d'artisans, si encourageante que soit la coopération en vue du but à atteindre, il est fort à redouter que, sans
la création d'un organisme spécial, d'une représentation officielle, recrutée parmi les capacités du métier lui-même et réglée par une loi, la question ne sortira jamais du domaine de
la théorie. Seule une chambre, munie des attributions nécessaires, composée d'hommes
sortis de la pratique, efficacement protégée et appuyée par les pouvoirs publics, sera à même
de s'occuper avec succès de la réorganisation du métier.
Un examen détaillé das questions dont cette chambre aura à s'occuper, nous mènerait
fort loin. Il appartient d'ailleurs, en première ligne, aux représentants autorisés du métier
eux-mêmes de tracer leur programme. Parmi ces questions, nous en signalerons cependant
trois, dignes de figurer en tête du programme d'une chambre d'artisans luxembourgeoise :
1° la règlementation de l'apprentissage;
2° la suppression de l'abus du crédit ;
3° la réforme de la routine actuelle dans les soumissions pour les travaux de l'État et
des communes.
Au sentiment de la Chambre, la réglementation de l'apprentissage forme un des points
essentiels de ce programme. Depuis l'abolition du système corporatif, la décadence de l'apprentissage s'est accentuée chez nous, surtout dans les grands centres industriels, ef c'est à
peine s'il en reste quelques vestiges dans les campagnes. L'apprenti est souvent considéré
aujourd'hui comme de la main-d'œuvre à bon marché. Parfois, l'apprentissage n'est qu'une
forme paternelle de l'exploitation.
Une cause de cette situation, c'est l'inorganisation, l'absence d'organisation sociale du
métier. Autrefois l'apprentissage était confié aux corporations qui le surveillaient avec un
soin jaloux : pour acquérir le droit de maîtrise, l'apprenti devait soumettre ses capacités à
des jurés. La Révolution française, en supprimant les corporations, laissait l'individualisme
le plus illimité entrer dans l'industrie ; l'apprentissage tombait en désuétude et les liens entre
patrons et apprentis se relâchaient.
De toutes parts, le sentiment des intérêts froissés a donc enfanté un mouvement de
retour très marqué vers le groupement des individus atteints par le dommage commun.
L'esprit d'association est partout. La représentation professionnelle et corporative est détruite,
mais l'idée corporative ou syndicale est bien vivante. Cette survivance inconsciente du vieil
esprit est plus que de l'atavisme : elle témoigne d'un besoin obscur du métier à s'organiser,
8
à se grouper pour la défense de ses intérêts communs. Il y a, clans cette conception, un
instinct juste, une vue d'avenir.
Nous abandonnons les anciennes corporations volontiers à la critique : créées pour protéger le travail, elles ont fini par l'asservir. Dans les Etats européens, elles appartiennent à
l'histoire ; les pays neufs ne les ont jamais connues. Suivant le mot de Turgot : « on avait
fini par considérer le droit de travailler comme un droit royal que le prince pouvait vendre
et que les sujets devaient acheter ». En les supprimant, la Révolution n'a pas distingue
cependant l'idée, qui était juste, de la forme, qui était vicieuse. De nouvelles associations
se sont formées depuis, qui répondent au même besoin que les anciennes, mais le principe
des unes et des autres est différent : les corporations d'autrefois étaient fondées sur le privilège, celles d'aujourd'hui sont fondées sur la liberté.
L'organisation du métier en Allemagne est basée sur le système corporatif; on y a remplacé les anciens « Zunfte » par les nouvelles « Innungen », qui sont aussi des associations
professionnelles, mais ni obligatoires, ni puissantes et forment plutôt une manière de décor.
Ce système ne saurait s'adapter à notre organisation sociale avec les traits constitutifs qui la
distinguent. Dans son unité organique, la corporation est bien morte.
C'est donc entre les mains de la chambre d'artisans qu'il faut placer l'organisation et la
surveillance de l'apprentissage. Cette tâche suffirait à elle-seule à justifier sa création La
Chambre estime même que, si la création d'une chambre d'artisans devait subir des retards, les
pouvoirs devraient s'occuper incessamment du règlement de l'apprentissage, en attendant qu'une
chambre d'artisans vienne leur prêter son concours.
L'obstacle le plus sérieux que, de nos jours, rencontre une organisation rationnelle de
l'éducation professionnelle des élèves du métier, consiste dans la spécialisation du travail.
Lorsque des apprentis sont admis dans des ateliers d'une certaine importance, on les y destine la plupart du temps à produire l'une ou l'autre spécialité et, généralement, ils restent
occupés à un seul genre de travail pendant toute la durée de leur période d'apprentissage.
Il est évident que, dans de telles conditions, il ne peut être question d'un apprentissage
sérieux du métier. Le spécialiste qui, pendant toute la durée de son apprentissage, n'aura
manié qu'une seule machine et ne connaîtra que celle-ci ou n'aura appris à faire qu'une
partie d'un produit, une pièce d'un ensemble, ne pourra, après avoir achevé son apprentissage, prétendre à aucune sorte d'habileté professionnelle Son éducation professionnelle ne
dépassera guère le niveau de celle d'un simple manœuvre.
S'inspirant de la nécessité absolue de fournir au métier, pour le renouvellement de ses
cadres, un contingent de jeunes gens vraiment aptes à la besogne, certains grands établissements industriels de l'étranger, et notamment ceux qui appartiennent à l'Etat, se sont décidés
à créer, pour la formation des apprentis, des sections spéciales placées sous la surveillance
de chefs-ouvriers capables, offrant les garanties voulues au point de vue des connaissances
théoriques et pratiques.
Dans la petite industrie, c'est-à-dire chez les petits patrons, on pêche au sujet de l'éducation professionnelle en tant que, pendant toute la durée de leur période d'apprentissage,
le temps des apprentis est généralement pris par des occupations qui n'ont aucun rapport
avec le métier. Il arrive en effet trop souvent qu'on les astreint à des travaux domestiques
ou agricoles.
Il est inutile d'insister sur l'influence néfaste qu'un pareil état de choses ne peut manquer
9
d'exercer sur un jeune ouvrier ; les mauvaises habitudes contractées pendant la jeunesse,
jointes au manque de connaissances professionnelles, en feront une recrue d'une valeur
douteuse.
Un moyen de remédier à l'abus qui, de l'avis unanime, est fait des apprentis, consisterait
dans l'introduction obligatoire d'un contrat d'apprentissage, définissant, d'une manière claire
et précise, les droits et devoirs du patron et de l'apprenti, dont la stricte et loyale observation
serait garantie par la signature du patron, des parents ou tuteurs de l'apprenti et de l'apprenti
lui-même. Ce contrat ne se bornerait pas à fixer la durée de l'apprentissage ; il devrait indiquer également de quelle manière l'éducation professionnelle de l'apprenti se fera. Il y
aurait lieu d'y insérer, en outre, la condition qu'une fois l'apprentissage terminé, les résultats
en seront constatés par un examen, dont le programme serait établi par la chambre d'artisans
à instituer et formerait l'une de ses principales préoccupations.
La Chambre est d'avis qu'un examen de ce genre serait de nature à exercer une influence
des plus salutaires sur les efforts tentés pour ramener le métier à la situation normale qu'on
est en droit de lui souhaiter. En tout cas, il aurait pour résultat de faire renaître l'intérêt
professionnel et l'amour du métier, et il est certain que le jour où le jeune artisan, après
avoir accompli son apprentissage, aurait passé son examen, resterait un des plus mémorables
de sa vie. Non seulement cette preuve de capacité lui indiquerait la voie à suivre pour l'avenir :
l'indépendance et la confiance rassurante dans sa position et l'amour de celle-ci en seraient
également les conséquences.
L'effet moral ne serait guère moindre. Le manque de caractère cèderait alors à la fermeté
qui était l'apanage de l'ancien métier. Il serait superflu d'insister sur l'importance qu'acquerrait une classe moyenne, moralement et économiquement saine, dans notre organisation
sociale actuelle.
Les chambres d'artisans fixeraient les conditions auxquelles les jeunes compagnons
devraient suffire au point de vue de leur habileté professionnelle et de leurs connaissances
théoriques. En tout cas, elles devraient établir une différence entre les apprentis des campagnes et ceux de la ville, où les écoles professionnelles fournissent de plus amples ressources
pour l'enseignement théorique.
Pour l'admission dans les administrations de l'État et dans certaines grandes entreprises
industrielles ou commerciales, les candidats doivent se soumettre à la formalité de l'examen.
Un candidat, intelligent ou non, qui voudrait s'y soustraire, diminuerait beaucoup ses chances
de réussite. Et du moment qu'on voit l'Administration des Postes imposer un examen même
aux candidats-facteurs, n'est-on pas en droit d'admettre l'utilité et même la nécessité d'un
pareil examen pour l'artisan ? D'ailleurs, cet examen ne serait pas uniquement la sanction
officielle de l'aptitude du jeune artisan ; il permettrait aussi — et ceci forme un point essentiel
— de se rendre compte si le patron a rempli consciencieusement les engagements pris à son
égard, et l'on arriverait ainsi peu à peu à ne confier l'enseignement professionnel de la
jeunesse qu'à de bons patrons, ayant fourni leurs preuves sous ce rapport. Le métier ne
pourrait qu'en profiter.
Au sujet de l'abus du crédit pratiqué dans le métier et dans la petite industrie, on est
unanime à reconnaître qu'il finira par conduire les petits producteurs vers la ruine.
En examinant de près l'influence que la vente au comptant exerce sur le développement
des grands magasins et bazars, on pourra se faire une idée exacte des conséquences fatales
2
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du crédit abusif. Nous citons ces établissements en première ligne parce que, au point de
vue du mouvement du capital, ils peuvent passer pour des modèles du genre. Ne vendre
qu'au comptant, même à bon marché, et faire le plus grand chiffre d'affaires possible, tel est
aujourd'hui le principe, non seulement des grands magasins et des bazars, mais de toutes
les entreprises qui veulent prospérer.
C'est dans le renouvellement rapide de son capital que le commerçant d'aujourd'hui doit
chercher son salut, car ce renouvellement seul peut le préserver des pertes d'intérêts et du
manque des fonds nécessaires à l'exploitation de son commerce. On sait, en effet, qu'il est
beaucoup plus dangereux et plus difficile de travailler avec de l'argent étranger qu'avec ses
propres fonds. Et cependant, parmi les artisans, les petits industriels et les petits commerçants, ils sont nombreux ceux dont le capital, bien que modeste, suffirait amplement a
assurer la bonne marche des affaires, s'ils savaient veiller à un renouvellement régulier de
ce capital. Plus d'un artisan pourrait travailler, satisfait de son métier, si son petit capital
n'était morcelé en de nombreuses parcelles et immobilisé chez des clients, où i l ne saurait
obtenir un règlement qu'en recourant aux voies de droit.
Très suggestive serait, pour l'artisan ou le petit commerçant, une comparaison entre sa
fortune placée à crédit dans les marchandises fournies et la valeur de l'argent prêté par les
banques. Cette comparaison, dans laquelle entrerait la somme des intérêts et commissions,
leur permettrait d'apprécier les perles qui résultent pour eux du crédit abusif, de se rendre
compte que ce qui constitue pour les prêteurs une source de bénéfice est pour eux une source
de perte, d'appauvrissement : nous parlons ici de l'intérêt.
La marchandise du banquier, l'argent, diffère en principe de la marchandise de l'artisan,
les produits bruts ou fabriqués, ses efforts physiques, son travail. Mais on aurait tort d'apprécier différemment le travail de l'artisan et celui du banquier. Celui-là a immobilisé ses
capitaux dans les marchandises qu'il fournit, dans son labeur professionnel. I l a donc un
droit égal de tirer profit du loyer de son capital que le prêteur, ou, ce qui en principe revient
au même, à la vente au comptant ou au paiement d'un intérêt, s'il doit accorder du crédit.
Nous n'ignorons pas que, parmi les artisans, les petits industriels et les petits commerçants, l'opinion erronée est très répandue que sans crédit il n'y a pas d'affaires. Ce mensonge
économique dérive d'une conception fausse des besoins du commerce. Une autre erreur
consiste à affirmer que la concurrence en est cause. Ces habitudes qui entraînent des pertes
d'argent doivent être extirpées sans merci. Ce n'est qu'alors qu'on pourra songer à ce qu'il y
a lieu de faire pour parer à la concurrence, et l'on arrivera à ce résultat que le meilleur
moyen est de servir ses clients loyalement. L'honnêteté et les soins intelligents restent rarement sans récompense.
Nous appelons donc de nouveau l'attention du Gouvernement sur une proposition antérieure de notre Chambre (Rapport du 17 nov. 1903) tendant à voir régler par voie législative
en faveur de notre petit commerce et de nos artisans la perception d'un intérêt, sans passer
au préalable par une convention particulière.
L'initiative privée ne saurait résoudre cette question. L'intérêt conventionnel n'est pas
réalisable dans la pratique de ces petites affaires et le petit commerçant aurait trop à souffrir
de la concurrence s'il se mettait à appliquer des conditions apparemment onéreuses, sans
être couvert dans son procédé par une mesure générale. En Allemagne, il est tenu compte
de cette situation ; la loi y autorise la perception de l'intérêt « vom Tage der falligen Forderung an ».
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Non moins urgente est la réforme du régime des soumissions qui ne cesse de faire des
victimes parmi les artisans et les petits industriels.
Tout objet d'une transaction commerciale quelconque comporte deux éléments bien distincts : 1° le prix de revient, 2° la somme revenant de droit au vendeur ou au producteur à
titre de bénéfice, le bénéfice de l'entrepreneur. Dans le prix de vente obtenu figurent donc
le prix de revient et le surplus, vulgairement appelé bénéfice.
Dans l'adjudication des travaux pour l'Etat ou les communes, c'est généralement l'administration elle-même qui fixe le prix de vente et le prix de revient de ces travaux. Dans les
devis figurent, mélangés, le prix de revient et le bénéfice de l'entrepreneur. Pour pouvoir se
rendre compte jusqu'où il lui est permis d'aller dans ses surenchères ou sousenchères, il doit,
par un travail comptable, scinder ces deux éléments. Il doit veiller avant tout à ce que, tout
en voulant travailler le meilleur marché possible, il n'opère en aucun cas au détriment de son
propre prix de revient.
Le mode de soumission encore en vigueur chez nous ne tient nul compte de ce principe.
Le devis officiel une fois connu, la concurrence s'exerce d'après le système des surenchères
et sousenchères en pourcentages, dont la portée échappe généralement à l'entrepreneur moins
instruit.
C'est dans cette ignorance qu'il faut chercher la plupart du temps la cause des pertes,
très sensibles parfois, sans que l'entrepreneur se rende compte, l'entreprise une fois achevée,
à quelle circonstance il doit les attribuer. Il se trouve en présence d'une énigme, dont il a un
sentiment vague déjà pendant l'exécution du travail, mais dont il cherche vainement la
solution.
Avant la date fixée pour l'adjudication on se contente d'habitude de s'informer de l'attitude de la concurrence et, sans y réfléchir autrement, on offre un rabais de 20 pCt. et même
au-delà, car on dit bien à tort que ce que l'un peut faire à ce prix, l'autre peut le faire également. On se fie d'ailleurs aux devis officiels, dont les chiffres sont supposés être suffisamment
élevés.
Nous expliquerons l'origine de ces pertes par un exemple. Supposons qu'il s'agisse d'un
objet figurant au devis pour 1000 fr. et admettons que, dans cette somme, le bénéfice de
l'entrepreneur figure pour 200 fr. Le prix de revient de l'objet ressort ainsi à 800 fr. Si, lors
de l'adjudication, il est fait un rabais de 25 pCt, le résultat s'établit comme suit :
200 fr.
25 pCt. de rabais sur le prix de revient, soit
25 pCt.
id.
bénéfice de l'entrepreneur soit . 50 »
250 fr.
soit ensemble
Ce simple calcul prouve qu'avec un rabais de 25 pCt., l'entrepreneur ne renonce pas
seulement à tout bénéfice, mais qu'il fait encore un sacrifice involontaire de 50 fr., sans parler
de la perte de temps, qui représente également une perte d'argent, et des frais généraux
imprévus.
La voie à suivre pour éviter des mécomptes est indiquée par la formule suivante, laquelle,
100 x 25 (rabais)
= 2500 : 75 = 33,33 pCt.
appliquée au cas qui nous intéresse, donnerait 100 — 25
à ajouter au prix de revient de 800 fr. ; 33,33 pCt. de 800 fr. = 266,64 fr. Pour ne pas rester
en perte sur le prix de revient, tout en renonçant à tout bénéfice, avec un rabais de 25 pCt.,
le devis aurait dû être établi à 1066,64 fr. (1066,64 — 266,64 = 800).
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Lorsqu'il s'agit de grandes entreprises, où le bénéfice de l'entrepreneur est généralement
fixé à un pourcentage peu élevé, le système des offres en pour cents peut offrir des dangers
réels.
Admettons un devis de 100,000 fr. et un bénéfice de 10,000 fr., qui fait ressortir le prix
de revient à 90,000 fr. Si, dans ce cas, l'entrepreneur ne se rend pas exactement compte du
la valeur des deux éléments précités, et qu'il soumissionne avec un rabais de 25 pCt., qui
donne 25,000 fr., ou même de 10 pCt , qui donne 10,000 fr., on peut se faire une idée exacte
des résultats de l'entreprise.
Les résultats des soumissions fournissent d'ailleurs la meilleure preuve des erreurs qui
peuvent se glisser dans les calculs des entrepreneurs. On constate, maintes fois, des différences
de prix énormes entre les différentes offres, ce qui démontre évidemment la fausseté du
système des pour cents en matière de soumissions.
L'excuse des administrations, que ceux qui ne savent pas calculer ne devraient pas se
mêler des entreprises, est sans valeur, puisque ces mêmes administrations ont en mains des
moyens sûrs pour éviter des surprises aussi douloureuses. Il serait d'ailleurs injuste de
vouloir exclure l'artisan ou entrepreneur moins instruit, qui, autrement, est très capable dans
son métier.
Qu'un abandonne le système des pour cents en matière de soumissions et qu'on indique
toutes les surenchères ou sousenchères en sommes fixes ! Qu'on explique, en outre, dans le
cahier des charges, quelle est la part qui a été admise comme prix de revient, ainsi que celle
qui doit être considérée comme bénéfice de l'entrepreneur, et toutes ces surprises désagréables disparaîtront aussitôt ! D'ailleurs, l'Etat et les communes n'ont aucun intérêt à adjuger
leurs travaux à des prix dérisoires. Au contraire, leur intérêt consiste surtout à veiller à une
bonne et honnête exécution de leurs travaux, qui n'est pas possible quand les prix sont avilis
L'art. 6 de la proposition de loi confère la qualité d'électeur pour la Chambre à tous les
patrons-artisans. Ici se pose la question : Qui est artisan ? Une définition n'existe pas dans
nos lois et la science économique a vainement cherché à l'établir. Tous les essais pour tracer
une ligne de démarcation entre l'industrie et le métier ont échoué. Les uns admettent comme
caractère distinctif la division du travail, les autres l'importance de l'exploitation, d'autres la
réunion de la production et de la vente dans une seule main. Au point de vue pratique, …
Explication IA à partir du texte officiel de la loi. Indicatif, ne remplace pas un conseil juridique.