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En bref

Cette loi est un recueil d'avis et d'arrêtés grand-ducaux concernant diverses nominations, l'ouverture de cabines téléphoniques, la publication d'un rapport commercial, la vacance d'une bourse d'études et des informations sur les chemins de fer et les assurances.

Ce qu'elle réglemente

Qui elle concerne

Points clés

📄 Texte de loi
709 MÉMORIAL Memorial DU des Grand-Duché de Luxembourg. Großherzogthums Luxemburg. Mardi, 4 décembre 1894. N° 57. Avis. — Justice. Par arrêté grand-ducal en date de ce jour, M. Joseph Thilges, président du tribunal d'arrondissement de Luxembourg; et conseiller honoraire, a été nommé conseiller à la Cour supérieure de justice. Luxembourg, le 4 décembre 1894. Le Ministre d'État, Président du Gouvernement, EYSCHEN. Dinstag, 4 . Dezember 1894. Bekanntmachung. — J u s t i z . Durch Großh. Beschluß vom heutigen Tage ist Hr. Jos. Thilges, Ehren-Obergerichtsrath und Präsident des Bezirksgerichtes zu Luxemburg, zum Obergerichtsrath ernannt worden. Luxemburg, den 4. Dezember 1894. Der Staatsminister, Präsident der Regierung, Eyschen. Avis. — Télégraphes et téléphones. Bekanntmachung. — Telegraphen- u Telephonwesen. Il est porté à la connaissance du public qu'une cabine téléphonique est établie à Harlange et qu'elle est ouverte, tant pour le service téléphonique que pour le service télégraphique, pendant les jours de la semaine, de 8 heures du matin à midi et de 2 à 7 heures du soir, et pendant les dimanches et jours légalement fériés, de 8 à 9 heures du matin et de 5 à 6 heures du soir. Es wird hiermit zur öffentlichen Kenntniß gebracht, daß eine öffentliche Fernsprechstelle in Harlingen errichtet und dieselbe sowohl für den Telephon- wie für den Telegraphendienst an den Wochentagen von 8 Uhr Morgens bis Mittag und von 2 bis 7 Uhr Abends, an den Sonn- und gesetzlichen Feiertagen von 8 bis 9 Uhr Morgens und von 5 bis 6 Uhr Abends geöffnet ist. Luxembourg, le 26 novembre 1894. Le Directeur général des finances, M. MONGENAST. Avis, — Administration communale. Par arrêté en date de ce jour ont été nommés échevins de la commune de Mompach, MM. Pierre Beck-Hansen, cultivateur à Mœrsdorf, et Michel Pletschet, cultivateur à Herborn. Luxembourg, le 29 novembre 1894. Le Directeur général de l'intérieur, H. KIRPACH. Luxemburg, den 26. November 1894. Der General-Director der Finanzen, M. M o n g e n a s t . Bekanntmachung. — Gemeindeverwaltung. Durch Beschluß vom heutigen Tage sind die HH. Peter Beck-Hansen, Landwirth zu Mörsdorf, und Michel Pletschet, Landwirth zu Herborn, zu Schöffen der Gemeinde Mompach ernannt worden. Luxemburg, den 29. November 1894. Der General-Director des Innern, H. Kirpach. 710 Arrêté concernant la publication du rapport géné- Beschluß, die Veröffentlichung des allgemeinen Gerichtes der Handelskammer für das Jahr ral de la Chambre de commerce pour Cannée 1893 betreffend. 1893. Der Staatsminister, Präsident L E MINISTRE D'ÉTAT, PRÉSIDENT der Regierung; BU GOUVERNEMENT ; Vu le rapport général de la Chambre de commerce sur la situation du commerce et de l'industrie dans le Grand-Duché pendant l'année 1893; Arrête : Le rapport prémentionné sera publié comme annexe au Mémorial de la présente année. Luxembourg, le 17 novembre 1894. Le Ministre d'État, Président du Gouvernement, EYSCHEN, . Avis. — Télégraphes et téléphones. Il est porté à la connaissance du public qu'une cabine téléphonique est établie à Kœrich et qu'elle est ouverte tant pour le service téléphonique que pour le service télégraphique, pendant les jours de la semaine, de 8 heures du matin à midi et de 2 à 7 heures du soir, et pendant les dimanches et jours légalement fériés, de 8 à 9 heures du matin et de 5 à 6 heures du soir. Luxembourg, le 3 décembre 1894. Le Directeur général de l'intérieur, H. KIRPACH. Avis. — Bourses d'études. La bourse d'études Huss sera vacante à partir du 1er janvier prochain. Les prétendants à la jouissance de cette bourse sont invités à me faire parvenir leurs demandes, accompagnées des pièces justificatives de leurs .droits, pour la fin du mois de décembre prochain au plus tard. Luxembourg, le 26 novembre 1894. Le Directeur général des finances, M . MONGENAST. Nach Einsicht des allgemeinen Berichtes der Handelskammer über die Lage des Handels und der Industrie des Großherzogthums während des Jahres 1893; Beschließt: Erwähnter Bericht soll als Beilage zum „Memorial" laufenden Jahres veröffentlicht worden. Luxemburg, den 17. November 1894. Der Staatsminister, Präsident der Regierung, Eyschen. Bekanntmachung. — Telegraphen- u. Telephonwesen. Es wird hiermit zur öffentlichen Kenntniß gebracht, daß eine öffentliche Fernsprechstelle in Körich errichtet und dieselbe sowohl für den Telephon- wie für den Telegraphendienst an den Wochentagen von 8 Uhr Morgens bis Mittag und von 2 bis 7 Uhr Abends, und an den Sonnund gesetzlichen Feiertagen von 8 bis 9 Uhr Morgens und von 5 bis 6 Uhr Abends geöffnet ist. Luxemburg, den 3. Dezember 1834. Der General-Director des Innern, H. Kirpach. Bekanntmachung. — Studienbörsen. Die Studienbörse H u ß ist vom 1. Januar 1895 ab fällig. Bewerber um den Genuß dieser Börse sind gebeten, ihre desfallsigen Gesuche nebst Belegstücken für spätestens Ende Dezember k. anher gelangen zu lassen. Luxemburg, den 26. November 1894. Der General-Director der Finanzen, M. Mongenast. 711 Assurances. — Relevé des personnes qui ont été agréées comme agents d'assurance dans le courant du mois de novembre 1894. Nos Noms et domicile des agents. Qualités. 1 Geib, huissier à Cap. Agent. 2 5 Walin-Els, négociant à Ettelbruck. Jean-Pierre dit Michel Ries, clerc de notaire à Capellen. id. id. Compagnie d'assurances. Date de l'agréation. Magdeburger Feuer-Versicherungs- 15 novembre 1894. Gesellschast. id. 23 id. Vaterlandische Feuer-Versicherungs- 23 id. Actien-Gesellscbaft à Elberfeld. Luxembourg, le 1er décembre 1894. Le Directeur général des finances, M . MONGENAST, Chemins de fer Guillaume-Luxembourg, — Recettes des lignes du Grand-Duché: 170 kilom.*) RECETTES. Voyageurs. Marchandises. fr. 125,000 00 386,250 00 fr. 698,750 00 1,101,230 00 fr. 68,730 00 386,250 00 fr. 892.300 00 3,073,750 00 Du 1er janvier au 31 juillet . . . 1894 fr. 711,230 00 11893 673,000 00 fr. 4,800,000 00 4,558,750 00 fr. 153,000 00 400,000 00 fr. 5,966,250,00 3,633,750 00 •541,230 00 53,000 00 332,500 00 Du 1er au 31 juillet... Du 1er janvier au 30 juin . . . . Différence en faveur de . . . . . . 1894 1894 1893 36,250 00 Recettes diverses. Recettes totales. 1894 fr. 00,163 87. 1893 fr. 50,811 09 *) Les produits des embranchements de Bettembourg-Dudelange et du bassin de Rumelange, ainsi que ceux des lignes d'Esch-Redange et de Trois-Vierges-St.-Vith, pour les sections de ces lignes qui sont situées dans le GrandDuché, ne sont pas compris dans les recettes. Produit kilométrique correspondant à i Chemins de fer Prince-Henri. — Recettes des lignes. (1er et 2e réseau.) Longueur en exploitation : 107 kilomètres. Voyageurs. Marchandises. Recettes diverses. Recettes totales. 30,589 80 173,980 53 fr. 308,210 16 1,766,923 17 fr. 1,103 39 7,981 73 fr. 339,903 35 1,948,885 43 1894 fr. 204,570 33 203,023 98 1893 fr.3,073,133 33 1,727,769 79 fr. 9,085 12 8,147 88 fr. 2,288,788 78 1,938,941 65 1,546 33 347,363 54 937 24 349,847 13 RECETTES. Du 1er au 31 Du 1er janvier au 30 juillet... 1894 juin... Du 1er janvier au 31 juillet... Différence en faveur de .. s 1894 1893 fr. Produit kilométrique correspondant à 1894 fr. 23,596 41, soit par jour-kilomètre fr. 64,65. fr. 54,77. 1893 19,989 66, 712 Chemins de fer secondaires. — Lignes de Luxembourg-Mondorf-Remich et de Cruchten-Larochette. Longueur en exploitation : 41 kilomètres. RECETTES. Marchandises, Voyageurs. Bu 1er au 31 juillet... Du 1er janvier au. 30 juin.... Recettes diverses. Recettes totales. 1894 fr. 10,936 35 49.089 20 fr. 4,916 00 22,403 65 fr. 381 30 2,226 30 fr. 16,233 65 73,719 15 Du 1er janvier au 31 j u i l l e t . . . . 1894 1893 1894 Différence en faveur de... 1893 fr. 60,025 55 59,037 95 987 00 fr. 27,319 65 31,755 55 fr. 2,607 60 2,607 60 fr. 89,952 80 93,401 10 4,435 90 1894 fr. 3,761 09. Produit Kilométrique correspondant à 1893 fr. 3,905 27. 5,448 30 Chemins de fer cantonaux. — Lignes de Nœrdange-Martelange et Diekirch-Vianden: 44 kilom. RECETTES. Marchandises. Voyageurs. Recettes diverses. Recettes totales. Du 1er au 31 juillet... Du 1er janvier au 30 juin... 1894 fr. 3.078 40 16,812 21 fr. 4,581 30 26.888 55 fr. 327 45 1,726 45 fr. 7,987 15 45,427 21 1894 1893 fr. 19.890 61 10,563 78 fr. 31.469 85 30,578 70 fr. 2,053 90 1,804 15 fr. 53,414 36 51,946 63 326 83 . . . 891 15 Du 1er janvier au31juillet. Différence en faveur de... 1894 1893 Produit kilométrique correspondant à 249 75 1894 fr. 2,081 08. 1893 fr. 2,026 17. LUXBG IMP Lib d. l. C. V. Bück; L . Bück, Succ 1,467 73 1 MÉMORIAL Memorial DU des Grand-Duché de Luxembourg. Großherzogthums Luxemburg. ANNEXE au N° 57 de 1894. RAPPORT GÉNÉRAL SUR LA Situation de l'Industrie et du Commerce pendant l'année 1893. La Chambre de commerce a l'honneur de présenter son rapport sur la situation du commerce et de l'industrie dans le Grand-Duché pendant l'année 1893. La marche normale des affaires est indiquée aux rubriques afférentes des différentes branches de commerce et de l'industrie. Il importe, cependant, à la Chambre de commerce, de relever les efforts faits par le Gouvernement pour la propagation des sciences commerciales et professionnelles dans notre pays. Si nous remontons à la création de l'Ecole industrielle de l'Athénée telle qu'elle avait été organisée en vertu des lois de 1818 et de 1869, nous devons constater que cet établissement ne tenait qu'imparfaitement compte les besoins des carrières pratiques. A la suite de l'essor considérable que l'industrie et le commerce ont pris dans les derniers temps, l'École industrielle s'était sensiblement attardée sur les établissements similaires des autres pays, qui, eux, avaient suivi les progrès de l'époque. La conséquence en fut qu'à l'étranger nos élèves se trouvaient vis-à-vis de leurs condisciples sortis des établissements similaires de la France, de l'Allemagne, de la Belgique, dans une position d'infériorité telle qu'il ne leur était guère possible de concourir avec eux. Il y a plus, les étrangers viennent même disputer à nos jeunes nationaux, dans leur propre pays, les meilleurs emplois dans le commerce, la banque, la grande et la petite industrie. Cet état des choses, dû au manque d'une instruction professionnelle à la hauteur de l'époque, empêchait jusqu'ici notre jeunesse de faire valoir les grands avantages que lui procure la situation géographique et politique du Grand-Duché, avantages qui consistent notamment dans la connaissance simultanée des langues allemande et française et la dispense du service militaire obligatoire. 2 Justement préoccupé de ce fâcheux état des choses, le Gouvernement, dans son projet de réforme de notre enseignement supérieur et moyen, élaboré en 1884 déjà, avait prévu, entre autres, la création d'un enseignement commercial à l'école industrielle, proposition qui fut vivement appuyée par la Chambre de commerce, dans son rapport de juillet 1890. La loi du 28 mars 1892, sur l'organisation de l'école industrielle, permit enfin de mettre l'enseignement de cet établissement à la hauteur de l'époque. La lettre de M . le Directeur général Mongenast au Conseil d'État, en date du 28 juillet 1892, ainsi que le projet de plan d'études de la nouvelle école industrielle et commerciale, soumis par le Gouvernement à l'avis de la commission spéciale instituée à cet effet par arrêté ministériel du 12 août 1892, nous renseignent sur l'orientation donnée à l'enseignement de l'école industrielle réorganisée : «L'école industrielle formera, avec ses six années d'études (VI e , V e , IV e , I I I e , I I e et I re ) deux divisions : 1° une division inférieure avec trois classes (VI e , Ve et I V e , et 2° une division supérieure qui se scindera en deux sections parallèles : une section industrielle, également avec trois classes (III e , IIe et I re ), et une section commerciale, comprenant deux et le cas échéant trois années d'études. » L'enseignement des trois classes inférieures formera un ensemble relativement complet et arrondi, préparant à certaines carrières pratiques : emplois subalternes dans les administrations publiques et privées ou dans le négoce, clercs d'avoué ou de notaire, artisans, etc. Le centre de gravité des études résidera dans l'enseignement des langues (allemand, français, anglais) ; la lexicologie sera traitée d'une manière plus ou moins détaillée en V I e et V e ; quant à la syntaxe, on se bornera à passer en revue en IV e les règles les plus importantes et les plus indispensables ; l'enseignement prendra avant tout des allures pratiques ; l'arithmétique raisonnée cédera la place a l'arithmétique usuelle ; en IV e , les élèves qui désirent continuer leurs études industrielles, aborderont l'algèbre et la géométrie, alors que ceux qui se destinent aux études commerciales ou bien se proposent de quitter l'établissement après la IV e , se livreront à l'étude des mathématiques pratiques ; une vue générale de l'histoire et de la géographie, des notions de zoologie, de botanique, de physique et de chimie, la comptabilité, le dessin et la calligraphie viendront compléter le cercle des connaissances nécessaires pour exercer ces emplois.» » La division supérieure, section industrielle, devra se plier davantage aux besoins des diverses carrières industrielles, en ne se préoccupant pas pour ainsi dire exclusivement des futurs ingénieurs ; elle doit avoir également pour mission de former aux carrières techniques qui n'exigent pas de hautes études, ainsi que de fournir au recrutement du personnel de l'administration des bureaux publics, des mines, du service agricole, du cadastre, des chemins de fer, etc. Dans cet ordre d'idées, il est posé en principe que l'école industrielle doit préparer directement aux écoles spéciales de Belgique et à la deuxième année préparatoire à l'école centrale de Paris et offrir au surplus aux jeunes gens désirant entrer dans nos carrières techniques, tous les cours dont ils ont besoin pour pouvoir se présenter à nos examens.» Quant à la section commerciale, M. le Directeur-général appuie sur la nécessité de donner à l'enseignement commercial une orientation pratique. Le tableau suivant indique le plan d'études de l'école industrielle, arrêté conformément aux points de vue établis plus haut. 3 École industrielle et commerciale A. — Division inférieure. VI e Doctrine chrétienne 2 Langue allemande Id. française 6 4 Id. anglaise Arithmétique usuelle 3 Mathématiques élémentaires Id. pratiques Histoire 1 Géographie Zoologie Botanique Sciences physiques et naturelles élémentaires. Comptabilité 3 Dessin 2 Calligraphie 1 (c.f) Chant 1 Gymnastique Ve IVe 2 2 5 6 3 6 3 4 2 1 1 2 2 4 3 2 2 École industrielle et commerciale. Division supérieure. — Section industrielle. IIe IIIe Doctrine chrétienne Langue allemande Id. française Id. anglaise Mathématiques élémentaires Géométrie analytique Id. descriptive Arithmétique raisonnée Algèbre supérieure Levé des plans Histoire Géographie Physique Chimie Dessin Sténographie 2 5 5 3 5 Ie 2 3 3 2 2 3 3 3 5 3 3 1 2 2 1 3 4 2 2 1 3 3 4 2 2 3 3 4 1) Pour les élèves qui continueront leurs études en III e industrielle. 2) Pour les élèves qui suivront l'enseignement commercial ou qui quitteront l'Établissement après la IVe. 4 École industrielle et commerciale. Division 'supérieure. — Section commerciale. 1re ANN. 2 e ANN. 3 e ANN. Doctrine chrétienne Langue allemande Id. française Id. anglaise Id. italienne Id. espagnole Arithmétique commerciale Histoire Géographie Sciences commerciales Correspondance commerciale Droit commercial Économie politique Mercéologie Sténographie Calligraphie 3 2 3 3 3 2 3 3 2 3 2 1 4 3 2 1 4 5 2 2 2 2 2 2 2 1 1 2 2 4 4 2 1 4 3 2 2 1 La Chambre de commerce applaudit à la création de la section commerciale annexée à l'école industrielle. Par cette mesure, nous n'avons fait qu'imiter l'exemple des autres pays pour nous mettre de niveau avec eux. C'est ainsi que l'Allemagne, p. ex., possède 80 établissements d'instruction commerciale avec une population d'environ 10,000 élèves ; en Autriche, nous comptons 302 écoles et cours de commerce avec environ 40,000 élèves ou auditeurs ; en Belgique, il y a l'institut de commerce d'Anvers, établissement de l'État, à côté duquel est venu s'établir, en 1852, un institut de commerce privé, comptant au-delà de 300 élèves ; de plus, la Belgique possède un établissement d'enseignement commercial privé à Melle ; enfin, il ne faut pas oublier que le programme des Athénées belges ainsi que celui des écoles industrielles du Bassin houiller comprennent tous l'enseignement commercial. Nous ne vivons plus à une époque où le Commerce et l'industrie exigent seulement quelques connaissances pratiques, acquises rapidement pendant un apprentissage et un stage plus ou moins court. Les plaintes de nos commerçants sur l'insuffisance des apprentis clans la comptabilité et les sciences commerciales sont la pour le démontrer. Elles sont assez nombreuses et assez fondées pour que l'obligation de faire quelque chose pour l'enseignement commercial se soit imposée sérieusement à ceux qui ont la tâche de veiller aux intérêts de cette classe de la Société. En dehors de la section commerciale de l'École industrielle , le Gouvernement a encore créé des cours de comptabilité et de sciences commerciales du soir pour adultes. Cet enseignement est destiné aux jeunes gens qui, pour un motif ou l'autre, ne sont pas en situation de suivre les cours de l'école industrielle et commerciale de l'Athénée. Ces cours répondent également à un besoin vivement senti. 5 L'organisation de l'enseignement commercial aux différents degrés est un véritable bienfait pour notre jeunesse et pour le pays. il est du devoir de nos négociants — la Chambre de commerce aime à insister sur ce point — d'aider le Gouvernement dans l'accomplissement de la tâche qu'il s'est imposée. Ils le feront d'abord en conseillant aux jeunes gens qui choisissent la carrière du commerce, de suivre l'enseignement qu'on vient de créer pour eux ; ils le feront ensuite — et en cela ils travailleront dans leur propre intérêt — en donnant, dans leurs engagements la préférence aux apprentis qui ont suivi un enseignement commercial. L'École industrielle, depuis sa réorganisation, a pris un développement notable De 228, qu'il était pendant l'année scolaire 4891—1892, le nombre des élèves s'est élevé l'année ensuite — première année de la réorganisation — à 303, et l'année suivante, à 329. Nous y voyons une preuve évidente du fait que l'école industrielle, dans son organisation actuelle, répond aux besoins de l'époque. Pendant l'année scolaire 4893—1894, la section commerciale comptait en III e 18 et en e I I il élèves. R e l a t i o n s extérieures. MM. H. Vannerus, chargé d'affaires du Grand-Duché à Paris. H. de Villers, chargé d'affaires du Grand-Duché à Berlin. Comte d'Ansembourg, chargé d'affaires du Grand-Duché à Bruxelles. Eug. Bastin, consul général du Grand-Duché à Paris, rue Bizet, 6, avenue Marceau. G. de Laveleye, consul général du Grand-Duché à Bruxelles, place de Louvain, 21. G. Schneider, consul général du Grand-Duché à Vienne, I , Bartensteinstrasse, 9. En outre, les Agents néerlandais sont chargés de la représentation diplomatique et consulaire du Grand-Duché à l'étranger, partout où celui-ci n'a pas d'agents spécialement accrédités (arrangement du 6-7 janvier 1880). Déjà en 4873, M. le Ministre d'État du Grand-Duché avait demandé l'avis de la Chambre de commerce sur le point de savoir s'il y avait utilité pour le Grand-Duché d'établir un consulat luxembourgeois à Anvers ? La Chambre de commerce, à maintes reprises, s'est prononcée en faveur de cette proposition, dont elle recommande encore aujourd'hui la prise en considération. Corps diplomatique accrédité à Luxembourg. 24 juillet 1894. Autriche-Hongrie : Baron de Walterskirchen, Envoyé extraordinaire et Ministre plénipotentiaire à La Haye. — 30 janvier 1891. *) Pays-Bas : Baron J.-L.-H.-A. Gericke de Herwynen, Envoyé extraordinaire et Ministre plénipotentiaire à Bruxelles. — 4 mars 4891. *) Remplacé par M. Alex. d'Okoliesânyi, nommé le 26 octobre 1894 6 Russie : Prince Ourousoff Envoyé extraordinaire et Ministre plénipotentiaire à Bruxelles. — 7 mars 4894. Grande-Bretagne : Sir Horace Rumbold, Envoyé extraordinaire et Ministre plénipotentiaire à La Haye.— 8 juin 1894. Saint-Siège : Mgr. Lorenzelli, Internonce apostolique à La Haye. — 23 juin 4893. Italie : Albert de Gerbaix Comte de Sonnaz, Envoyé extraordinaire et Ministre plénipotentiaire à La Haye. — 7 décembre 4893. Portugal : Comte de Tovar, Envoyé extraordinaire et Ministre plénipotentiaire à La Haye. — juillet 1894. Allemagne : de Bulow, Ministre Résident à Luxembourg. — 8 juillet 1893. France : Philippe Crozier, Ministre Résident à Luxembourg. — 45 juillet 1893. Belgique : Hoorickx, Ministre plénipotentiaire, Chargé d'affaires. — 49 juillet 1893. Espagne : Don Arturo de Baguer, Ministre Résident à La Haye. — 6 juin 1894. Corps consulaire. Italie : Joseph Weber, Consul à Luxembourg. — 6 février 1893. Pays-Bas : Chevalier E.-J. de Stuers, Consul à Luxembourg. — 18 juin 1894. États-Unis d'Amérique : Georges Murphy, Vice-Commercial Agent. — 30 juin 1893. Population. Suivant le dernier recensement (décembre 4890), la population du Grand-Duché s'élevait à 211,088 âmes ; celle de la ville de Luxembourg était, à la fin de 4893, de 49,444 âmes. Contributions. — Année 1893. Montant pour tout le pays. Contribution foncière fr. 964,425 74 mobilière 776,688 83 patentes 42,883 50 sur les mines (loi de 4889) . 28,300 67 personnelle 85,170 sur les mines (redevances). 74,982 82 Dont pour la ville de Luxembourg. 67,082 83 390,664 91 3,669 7,996 7 Caisse d'épargne du Grand-Duché de Luxembourg. (Ouverte le 25 septembre 1859.) Taux d'intérêt bonifié aux déposants: 3 pCt. — Maximum du livret, fr. 1000. — 1 bureau annexe et 27 bureaux auxiliaires. Résumé des opérations et de la situation des années 1892 et 1893. 1893. 1892. Exercices 1. Nombre de livrets existants au 31 décembre 1892 » » délivrés en 1893 2. » » soldés en 1893 3. » » existants au 31 décembre 1893 4. Avoir total des déposants en principal et intérêts à la fin 5. de l'exercice 12525 3196 1718 14003 6,369,813 01 508 57 6. Avoir moyen par déposant Nombre 7. Versements. 8. Moyenne des versements par déposant Somme Nombre Somme 9. Remboursements. 10. Moyenne des remboursements par déposant 11. Rapport du nombre des déposants à celui des habitants du pays 12. Excédant des versements sur les remboursements . . . 13. Intérêts bonifiés aux déposants dans le courant de l'exercice sur les livrets remboursés pour solde 7,256,115 08 18 11477 12307 1*701,389 79 1,942,941 54 148 25 157 87 6780 6984 1,271,293 48 1,251,697 86 187 51 179 22 1/17 1/15 430,096 31 691,243 68 9,734 83 9,273 58 14. Intérêts bonifiés aux déposants à lafinde l'exercice. — 185,782 81 164,039 98 (Intérêts capitalisés) Évaluation d'après les cours au 31 décembre 6,479,869 80 7,224,921 07 valeur nominale 7,523,839 99 8,416,426 29 15. Portefeuille. 404,937 12 343,774 67 16. Fonds de réserve 17. Immeuble, l'hôtel pour la Caisse d'épargne en construction, 64,569 88 32,175 00 à compte 18. Caisse d'épargne scolaire, fondée en 1874 et fonctionnant dans les communes de Luxembourg, Hamm, Itzig, Rollingergrund, Walferdange et Ettelbruck. 22178 24014 Nombre total des dépôts depuis 1874 161,802 85 151,263 75 Montant total des dépôts Actif. Situation financière au 31 décembre 1893. Fr. Ct. Passif. 38,670 09 1. Avoir des déposants 2. Frais d'administration 28,916 79 3. Réescompte comptables du pays et divers 3. Disponible à la Banque Inter4. Fonds de réserve, après déduction du solde des diffénationale 269,574 49 rences de cours, au 31 dé39,345 07 4. Intérêts à recevoir cembre 7,224,921 07 5. Portefeuille 64,569 88 6. Immeuble, en construction Total. 7,665,997 39 Total 1. Numéraire en caisse 2. Disponible chez les agents Fr. Ct. 7,256,115 08 25,666 29 85 81 384,130 21 7,665,997 39 8 Sociétés de secours m u t u e l s . Liste des Sociétés de secours mutuels existant dans le Grand-Duché, légalement reconnues et dont les statuts ont été approuvés par le Gouvernement grand-ducal. 1° Société de secours mutuels des instituteurs du Grand-Duché. 2° Société dite « Luxemburger Sterbekassen-Verein ». 3° Société caisse de secours des ouvriers de la commune de Differdange. 4° Société des secrétaires communaux du Grand-Duché. 5° Société des institutrices. 6° Société des ouvriers gantiers de Luxembourg-Bonnevoie. 7° Société des ouvriers artisans de Rodange. 8° Société italienne de secours mutuels à Esch-sur-l'Alzette. 9° Société des cantonniers du Grand-Duché. 40° Société « Escher Handwerker-Unterstützungs-Verein» à Esch-sur-l'Alzette. 11° Société des anciens sous-officiers du Grand-Duché. 12° Société « Allgemeiner Luxemburger Ex-Militär-Verband ». 13° Société des prêtres du diocèse de Luxembourg. 14° Société des ouvriers de l'usine de Wecker. 15° Société Caisses de secours des surveillants et ouvriers des forges d'Eich, Metz & Cie. 16° Société « Arbeiter-Unterstützungs-Verein Esch-sur-l'Alzette». Association ouvrière de secours à Luxembourg. Cette société fut fondée en 1849. Elle comptait, pendant l'année 1893, 233 membres actifs, 87 membres honoraires. Les recettes de cette société étaient de 5,523 fr. 60 y compris une subvention de L'État par 456 fr. et d'une autre de la ville par 125 fr. Les dépenses ont été de 4,903 fr. 94 91 ouvriers malades ont été secourus pendant 2,448 jours, à raison d'un franc par jour* Le service médical a été fait gratuitement par MM. les docteurs Koch et Fonck et d'autres médecins de la ville. Sur les médicaments, les pharmaciens ont subi un rabais de 20 pCt. La société possède en capitaux placés 1900 fr. Taxes communales d'octroi à Luxembourg. L'octroi a produit en 1892 en 1893: 1° Sur les boissons et liquides fr. 41,583 37 50,760 32 2° Sur les comestibles 95,014 99 107,799 11 3° Sur les fourrages 14,633 35 11,318 41 4° Sur les combustibles 39,865 13 42,447 25 5° Sur les matériaux de construction 35,349 82 33,360 60 6° Sur les droits d'expédition 4,110 80 3,810 25 7° Droits d'accise sur les bières fabriquées dans l'int. de la ville. 14,328 12 13,418 93 Totaux. . . fr. 244,585 03 263,215 42 9 Abattoir communal à Luxembourg. Bétail abattu : Agneaux, porcelets au-dessous de 25 kilos Moutons et chèvres Porcs Veaux Vaches et génisses Bœufs et taureaux Nombre de têtes de bétail Poids Droits d'abattage et recettes diverses en frs. 1892 — 5,622 4,404 7,494 894 725 49,227 1,212,421 kilos 38,370 en 1893, 1,104 6,815 4,552 7,975 1,328 824 21,628 4,366,614 43,593 65 Foires de la ville de Luxembourg. Aux treize foires aux bestiaux, pendant l'année 1893, furent exposés en vente : 2,000 chevaux de la valeur moyenne de fr. 400-700 7,450 bêtes à cornes 420—480 2,300 veaux 40 — 60 4,100 bêtes à laine 45 — 35 20 — 30 218 chèvres 45 — 30 23,050 porcs, porcelets Prix des porcs gras, le kilogr. fr. 1 20—1 50. Les foires aux bestiaux de la ville étaient bien fréquentées, Luxembourg formant, pour ainsi dire, le centre pour le commerce de bétail du pays et des pays voisins. Foires aux cuirs. Aux deux foires aux cuirs (au printemps et en automne) étaient exposés : cuir fort, 3,072 kilogr. ; cuir d'empeigne, 4,500 kilogr. ; cuir de vache, 3,143 kilogr. ; cuir de mouton, 4,567 kilogr. ; peaux de veau, 332 kilogr. Le nombre des exposants et des acheteurs étrangers, de même que les quantités de marchandises mises en vente, étaient moindres que les années précédentes ; plus de trois quarts des marchandises exposées furent vendues. Banque Internationale à Luxembourg. Le dividende que cet établissement a distribué pour l'exercice 1893 s'élève à 6.60 pCt. II est sensiblement inférieur à celui de l'exercice 1892, qui était de 7 ¼ pCt. Dans son rapport aux actionnaires, la direction de la Banque explique que ce résultat est dû exclusivement à la dépréciation qu'avaient subi au 31 décembre 4893 les effets publics, notamment les titres Italiens, et à la circonstance que pendant l'exercice 1893 le bénéfice résultant, d'émissions avait été réduit à un minimum. Toutes les autres branches d'activité de la Banque ont donné des résultats favorables. 2 10 L'escompte des effets de commerce à Luxembourg et à la succursale de Metz s'est élevé à fr. 61,083,283 90. Voici un extrait des principaux articles du bilan au 31 décembre 1893 : Au Passif. A l'Actif. fr. 20,000,000 Capital-actions 1,613,000 fr. Caisse Circulation 5,085,000 1,114,000 Portefeuille Comptes courants créditeurs 6,837,000 18,798,000 Effets publics Dépôts 9,154,000 429,000 Reports 609,000 Réserve 6,200,000 Caisse hypothécaire Compte de prévision 1,000,000 13,995,000 Commandites Traites à payer 14,227,000 2,700,000 Comptes courants débiteurs Signalons encore le passage suivant du rapport aux actionnaires : Sur la base des statuts revisés, nous avons signalé par des publications que la Banque était autorisée à faire des prêts sur hypothèque jusqu'à concurrence de trois millions de francs. Nos efforts dans ce sens ont produit peu de résultats, quoique les conditions de la caisse hypothécaire de la Banque soient avantageuses pour les emprunteurs. Brasserie. L'année 1893 a été encore bien propice à cette industrie, quoique le chiffre du malt employé à la fabrication ait subi une légère diminution sur celui de l'année précédente. Ce chiffre qui a été de 2,927,900 kil. en 1892, n'a été que de 2,865,150 kil. en 1893. Cette différence, assez minime du reste, est à attribuer à l'abondante récolte viticole de 1893, fait qui a exercé une influence sensible sur la consommation de bière des trois derniers mois de cette année. Comme nous venons de le dire, il a été employé à la fabrication de bière 2,865,150 kil. de malt d'orge pur, ce qui correspond à une production de 114,606 hectolitres de bière. Les droits d'accise payés de ce chef ont été de fr. 144,756. Commerce de c h e v a u x . Malgré les sages mesures du Gouvernement, nous ne pouvons pas dire que le commerce de chevaux se soit amélioré dans le Grand-Duché. Par la raison que l'État vend lui-même les chevaux aux cultivateurs, les marchands de chevaux du pays, payant fortes patentes et contributions, sont obligés de faire leurs affaires en Belgique. On ne veut pas insinuer que le Gouvernement cesse ses ventes de chevaux ; mais on voudrait qu'il suivît un autre moyen, profitable à la fois au commerce luxembourgeois et au Gouvernement. Ce moyen consisterait à prévenir tous les commerçants de chevaux du Grand-Duché, que le Gouvernement achètera, à jour fixe, des juments belges, propres à la reproduction et qu'il invitera ces marchands à présenter les chevaux qu'ils ont achetés à cette fin. Les marchands amèneraient des chevaux aussi convenables que ceux acquis par la commission instituée par le Gouvernement, vu qu'ils les achètent aux mêmes sources que la 11 commission, c'est-à-dire, aux marchés belges. — La commission du Gouvernement choisirait, lors de la vente, les sujets qu'elle jugerait capables et aptes à la reproduction et les vendrait ensuite, comme par le passé, en vente publique. Ce moyen, qui ferait un mouvement bienfaisant dans le commerce de chevaux, attirerait en même temps des marchands étrangers, qui, avec grand plaisir, rachèteraient les chevaux refusés par la commission d'achat. Distillerie. État des matières employées à la distillation des eaux-de-vie dans le-Grand-Duché pendant l'exercice -1893. Matières farineuses déclarées : 89,435 hectolitres, au droit de fr. 0,35 par hectolitre . . . . . fr 31,302 25 360,763 fr. 0,29 . . . 104,621 27 Fruits à pépins, marcs de fruits à pépins, fruits à haies de toutes espèces de lie de vin : 82,015 hectolitres, au droit de fr. 0,63 par hectolitre. . . 51,669 45 Marcs de raisins : 16,086 hectolitres, au droit de fr. 0,42 par h e c t o l i t r e . . . 6,756 12 Vin, cidre, poiré et fruits à noyaux : 39,619 hectolitres, au droit de fr. 1,25 par hectolitre. . . 37,023 75 fr. 231,372 84 Le nombre des distilleries existantes et en activité a été de 1269 ; — il y a donc une diminution sur celui de l'année "dernière de 120 distilleries. Des 1269 distilleries, 826 ont travaillé des matières farineuses ; 443, des fruits. Mondorf-les-Bains. Pour la première fois, nous parlons, dans notre rapport, de la station thermale de Mondorf, qui a pris, dans les derniers temps, un développement assez notable pour que nous lui assignions une place parmi les entreprises industrielles du pays. La nouveauté du sujet nous oblige de le traiter, aujourd'hui, avec un peu plus d'ampleur et de faire ressortir ainsi l'avenir qui paraît être réservé à notre unique station balnéaire dans le régime économique du Grand-Duché. Les bains de Mondorf ont été acquis par l'État luxembourgeois, en 1886. Ils sont exploités par régie. Ses eaux sont classées parmi les eaux chlorurées sodiques, iodo-bromurées fortes. Un litre contient : . . . . 8,6774 grammes. Chlorure de sodium potassium. . . 0,1999 calcium . . . 3,2323 magnésium . . . 0,4095 12 Lithium magnésium . . Bromure de Magnésium . lodure de magnésium. . Sulfate de chaux . . . de strontiane . . Bicarbonate de chaux. . de magnésie. de f e r . . . Acide silicique . . . . Acide arsénieux . . . 0,0077 grammes 04409 0,00005 1,4669 0,0986 0,0974 0,0026 0,0118 0,0087 0,00007 14,34482 grammes. Total. . 30,8 cent. cube. Acide carbonique. . . Gaz absorbés dans 29,4 Azote... un litre d'eau Production gazeuse en vingt-quatre heures environ 250,000 litres. Débit de la source en vingt-quatre heures . . . 860,000 25 centigrades. Température. . . L'eau de Mondorf appartient, comme on voit, aux eaux minérales les plus actives, grâce à sa grande concentration, et au caractère parfaitement physiologique de ses substances minérales. Elle renferme, en effet, dans un litre, près de 15 grammes de sels appartenant à la catégorie des sels physiologiques ou nutritifs, c'est-à-dire.de ceux qui entrent dans la composition, du sang et de nos humeurs, tels que les chlorures alcalins, la chaux, le fer, etc. Elle est également et surtout remarquable par sa richesse extraordinaire en brome. Cet énergique agent thérapeutique, précieux par ses propriétés résolutives pour les exsudats, s'y trouve à la dose de 14 ctgr. par litre, proportion exceptionnelle qui assigne à l'eau de Mondorf un des premiers rangs parmi ses congénères. Il importe aussi de relever sa richesse en sels de calcium (par litre 3.23 gr. de chlorure et 1.47 gr. de sulfate) qui doivent être mis en cause pour expliquer les effets toniques si remarquables de cette eau. . L'eau de Mondorf est reconnue comme un laxatif tonifiant par excellence, qui n'astreint à aucun régime particulier, n'engendre aucun malaise, excite au contraire régulièrement l'appétit ; une demi-heure après la production de son effet, elle permet de reprendre la nourriture ordinaire. Prise en doses moins fortes et à des intervalles plus grands, on obtient un effet tonique et fortifiant précieux dans les cas d'anémie, de manque d'appétit, de faiblesse native ou acquise, de convalescence difficile, etc. On l'emploie beaucoup dans les affections chroniques „de l'enfance, où elle remplace avantageusement l'huile de foie de morue. Ce sont ces qualités remarquables qui ont valu à l'eau de Mondorf la médaille d'argent, à l'Exposition de Paris (1878) ; la médaille d'or, à l'Exposition d'Amsterdam (1883) ; la médaille d'or, à l'Exposition d'Anvers (1885); la médaille d'argent, à l'Exposition de Paris:(1889); et, enfin, la plus haute récompense., le Grand-Prix, à l'Exposition internationale d'alimentation, à Bruxelles, en 1893. La vente de l'eau de Mondorf,, insignifiante encore i l y a une dizaine d'années, a pris, dans les derniers temps, un développement rapide. Elle est exportée en France, en Allemagne, en Belgique, dans les Pays-Bas et en Lorraine. La prix de détail en est de fr 0 55 13 le flacon dun litre, sur place, verre et emballage compris; pour les pharmaciens et les dépositaires, le prix est de fr. 0,40. Les Bains de Mondorf sont réputés pour leur efficacité remarquable dans les troubles chroniques de l'appareil digestif, de l'estomac, de l'intestin et, notamment, dans les congestions et les engorgements du foie. On y obtient également de beaux résultats lorsque l'organisme est dans un état de langueur, de débilité chronique, qu'il s'agisse soit d'une convalescence prolongée chez les adultes, soit d'une débilité de l'enfance. Mondorf guérit, de plus, la nervosité et la fatigue du système nerveux qui sont le résultat si fréquent de la vie sociale et politique des grands centres. Enfin, les eaux de Mondorf passent pour être un véritable spécifique contre !a goutte. Le nombre des baigneurs qui, avant la reprise de rétablissement parl'État, n'était que de 200 environ, suit, depuis, une marche ascendante ; il est aujourd'hui d'approchant 800 baigneurs, qui se répartissent entre les nationalités suivantes: Français, Belges, Lorrains, Hollandais, Allemands, etc. Il y a peu de stations balnéaires qui présentent tant de moyens curatifs que Mondorf. D'abord l'eau minérale dans ses nombreuses applications : usage interne, inhalations à l'état de pulvérisation, bains, douches ; ensuite l'inhalation de gaz azote qui se dégage en grande quantité du puits et constitue une ressource précieuse pour combattre la toux dans les maladies de poitrine ; de plus, l'aérothérapie, l'électrothérapie, le massage, la cure de raisin, la cure de lait, etc. ; enfin, l'institut hydrothérapique, qui a été créé par le savant docteur français L . Fleury, le père de l'hydrothérapie scientifique; cet établissement est considéré aujourd'hui encore comme un modèle du genre. Faire une cure à Mondorf, c'est se faire soigner sérieusement à la campagne, profiter des ressources d'un climat doux et agréable, d'un air pur et sain, de distractions champêtres pour recouvrer la santé. Le Gouvernement, en écartant dans l'exploitation des bains toute coopération étrangère qui pourrait s'inspirer d'un esprit de lucre, a pu sauvegarder le but éminemment philantropique et humanitaire qui a présidé à l'entreprise et qui se traduit par la gratuité ou, du moins, par certaines facilités accordées aux baigneurs indigents ou peu aisés, par rétablissement d'une colonie thermale pour enfants et d'autres mesures de ce genre. La gratuité du traitement thermal se pratique à Mondorf sur une large échelle. Elle représente sur les neuf années de l'exploitation par l'État une somme de 104,873 fr. La colonie thermale gratuite pour enfants chétifs (anémiques, chlorotiques, lymphatiques, rachitiques) que l'État axait entretenus jusqu'ici à la ferme de Daundorf, a été transférée, cette année, dans le vaste asile que les sœurs de Sainte-Élisabeth ont nouvellement construit à Mondorf pour y recevoir les baigneurs malades, impotents ou autres dont l'état réclame des soins particuliers qu'ils ne peuvent recevoir dans les hôtels. Depuis 1886 jusqu'à 1894, il a été admis à la colonie thermale de Mondorf 834 enfants. L'établissement de Mondorf constitue enfin une ressource assez appréciable sous le rapport économique. Si l'on considère que bon an, mal an, au-delà de 500 baigneurs étrangers viennent passer trois à quatre semaines à Mondorf et y dépensent chacun quelque chose comme 400 à 500 fr. en moyenne, on arrive à une dépense totale de 200,000 à 250,000 fr. par an. dont, profitent l'endroit de Mondorf et ses environs en premier lieu et le pays en 14 Source minérale — Bel-Val. Les dernières années ont vu s'éclore et se développer dans le canton d'Esch s A., déjà si bien doté sous le rapport industriel, une industrie nouvelle, inconnue jusqu'ici dans le GrandDuché. Nous entendons parler de l'Établissement de la source minérale de Bel-Val. L'importance actuelle de cet établissement et, surtout, le grand développement que font présager les résultats acquis à ce jour et que permettent de réaliser les nouvelles installations que Ton y fait en ce moment, en vue d'une exploitation en grand, nous obligent de lui consacrer quelques lignes. Historique. — Captage. — Le voyageur, se rendant par chemin de fer d'Esch à Belvaux, voit tout à coup, après avoir dépassé le bois de Claire-Chênes, émerger à droite, dans un vallon verdoyant, au milieu d'un parc de création récente, un groupe de bâtiments frais et coquets, reliés par une petite voie Décauville à la ligne du chemin de fer Prince-Henri. C'est l'Établissement de Bel-Val. Le pavillon, au fond, avec haute tour octogone, sert spécialement à la mise en bouteilles. La tour elle-même abrite le puits de captage de la source. Les bâtiments plus à gauche forment caves, hangar, atelier, magasin et enfin habitation du contre-maître. Il y a vingt-cinq ans environ que la source a été mise à nu. Mais ce n'était pas, paraît-il, une découverte proprement dite. Les vieilles gens du pays racontent, en effet, que cette source était connue depuis des temps immémoriaux et que les malades arrivaient de loin pour y chercher la guérison de leurs maux, spécialement de ceux dus à un appauvrissement du sang. Un indice sérieux à l'appui de cette version semble fourni par la qualité ferrugineuse de l'eau, qui est très prononcée et dont l'application contre l'anémie est généralement connue, même par les gens de la campagne. Dans cette hypothèse, il faudra admettre que l'action des eaux ambiantes et surtout celle du voisinage immédiat d'un ruisseau, devenant torrent bourbeux pendant la mauvaise saison, ont fini, peu à peu, par ensevelir l'émergeance de la source. Quoi qu'il en soit, il paraît certain que l'observateur attentif devait toujours remarquer la présence d'une source à l'état d'une mare qui ne se desséchait jamais, même au plus fort de l'été, alors que les sources du ruisseau avaient tari depuis longtemps. Et cette circonstance guida sans doute la main du tenancier de la ferme, qui était à la recherche d'un abreuvoir pour son bétail, mais qui ne se doutait pas de la valeur de la découverte qu'il allait faire. Ce ne fut, toutefois, qu'assez longtemps après la mise à jour de la source que les dépôts ferrugineux et autres qu'elle formait aux bords de l'émergeance firent soupçonner au propriétaire la nature minérale de l'eau. Vers 1887, M. Emile d'Huart, docteur ès-sciences physiques et mathématiques, préposé au laboratoire de l'État à Luxembourg, dont les ouvrages lui ont fait depuis une réputation bien méritée dans les questions des eaux alimentaires, a commencé l'étude chimique et bactériologique de la source, tandis que M. le D r L. van Werveke, géologue de l'État à Strasbourg, et feu M . Jos. Heuskin, ingénieur à Petange, prêtèrent leur concours pour l'étude de la question d'origine géologique,1) au point de vue du captage. Grâce aux indications fournies par ces études diverses, l'opération de captage, si délicate 1) S'appuyant sur les données géologiques, sur le mode d'émergeance de la source et enfin sur des sondages pratiqués à quelques mètres de cette émergeance, sans rencontrer de l'eau, ces Messieurs concluent à une source remontant des profondeurs de la terre, à travers les couches imperméables, par une espèce de 15 quelquefois, lut tentée avec plein succès en 1890. Exécutée suivant les préceptes les plus modernes de l'art, avec des matériaux de premier choix et sous la direction et la surveillance d'hommes compétents,1) elle présente toutes les garanties désirables c o n t r e l'nfiltration des eaux douces ambiantes, sans considérer qu'avec le niveau d'écoulement actuel, toutes infiltrations se trouvent refoulées par la seule pression de la colonne d'eau contenue dans le puits de captage. Analyses. — Le captage une fois effectué, M. d'Huart procéda à une nouvelle analyse avec les soins les plus minutieux, sur des échantillons absolument purs, prélevés avec les précautions et sous les formalités usitées. Et ce sont les résultats de cette analyse que nous faisons suivre ci-après, en les empruntant, avec d'autres indications, à Touvrage si apprécié de M . d'Huart sur la source Bel-Val, 2 ) et en les complétant par les résultats de l'analyse bactériologique, publiée plus tard incidemment dans un ouvrage du même auteur sur l'eau alimentaire de la ville de Luxembourg. 3 ) Les analyses chimiques et bactériologiques de M. d'Huart ont été confirmées dans la suite, en tous points, par celles de M. Albert Bergé, agrégé à l'université de Bruxelles, et celles de MM. Jorissen et Malwoz, professeurs à l'université de Liège. Voici la traduction de ces analyses : Résultats des analyses chimiques et bacteriologiques faites par MM.D''Haart,Bergé,Jorissen et Malwoz. Examen bactéorologique : Germes de bactéries Néant. Analyse chimique par 1000 gr. : Silicate d ' A l u m i n i u m . . . . . . 0,002 Acide carbonique libre . . . gr. 0,250 0,723 Bicarbonate de Calcium. . . Silice . . . . . . . . . . 0,014 0,040 Id.. Magnésium. . Matières bitumineuses 0,052 Id. Sodium. 0,049 Pertes et divers . 0,030 Ammoniaque Id. Potassium . . 0,021 Acide azoteux... néant 0,002 Id. Lithium. . . Acide azotique... 0,086 Id. Fer . . . . 0,001 Id. Manganèse. . Total de l a minéralisation . . . . 2,347 0,759 Sulfate de Calcium . . . . Acide carbonique libre . . . . . . 0,230 0,171 Id Magnésium . Id combiné. . . . 0,566 0,058 Id. Sodium . . . . Total du Gaz carbonique . . . . 0,818 Chlorure de S o d i u m . . . . 0,067 0,002 Phosphate de Calcium. . . . Qualités de l'eau de Bel-Val — L'eau de Bel-Val est mise en vente a un double une . A. Comme Eau de Table. B. Comme Eau Thérapeutique. 1) MM. Klensch, ingénieur à Luxembourg, et Heuskin, ingénieur à Pétange. 2) Paru dans les « Publications de l'Institut grand-ducal de Luxembourg, section des sciences naturelles et mathématiques , année 1892—1893. 3) Paru dans le « Programme de l'École industrielle et commerciale de Luxembourg, année 1892-1893 et tiré à part sur la demande de l'administration municipale de Luxembourg. 16 Ces deux espèces d'eau se différencient essentiellement en ce que, sur l'avis de spécialistes distingués, le for et le bitume, si précieux en thérapeutique, 1) se trouvent éliminés de l'Eau de table proprement dite, dans le but d'en augmenter la digestibilité et la finesse de goût, et de lui conserver indéfiniment sa limpidité cristalline. Il dépasserait notre cadre de nous arrêter aux diverses propriétés qui caractérisent l'eau de Bel-Val, au double point de vue sous lequel elle est livrée au commerce. Nous nous bornons donc à donner en note quelques indications sommaires, empruntées soit à. l'ouvrage de M. d'Huart, sur l'eau de Bel-Val,2) soit aux prospectus de l'établissement, rédigés avec la collaboration d'un spécialiste eminent.3) Deux points méritent pourtant de fixer tout particulièrement notre attention, au point de vue commercial : C'est d'abord l'absence complète de germes de bactéries et de substances d'origine azotée, alors que, d'une part, il est universellement admis aujourd'hui que les eaux contaminées sont le véhicule le plus puissant des maladies contagieuses et épidémiques, et que, d'autre part, il est constant que tant de sources minérales qu'on croyait pures, n'ont pu résister aux investigations de la science. C'est ensuite que le fer, d'une application si fréquente en thérapeutique, se rencontre dans l'Eau de Bel-Val à un degré aussi élevé que dans les sources ferrugineuses les plus réputées, avec cette circonstance heureuse en plus, qu'il s'y trouve accompagné d'un grand nombre d'autres principes actifs qui en augmentent considérablement l'activité thérapeutique. Ces deux points qui paraissent incontestablement établis par des analyses dont on ne saurait méconnaître l'autorité, semblent d'une portée considérable pour l'avenir commercial de l'entreprise. 1) Voir la note 2 ci-après sub II et III. 2) Au point de vue thérapeutique, l'eau de Bel-Val prête principalement à trois ordres d'applications qui, bien qu'empruntant tous de l'ensemble de la minéralisation de l'eau, se réfèrent cependant chacun plus particulièrement à certains de ses principes minéralisateurs, à savoir : I. D'après ses principes dominants, contre la goutte, le rhumatisme nerveux, la gastralgie, la dyspepsie irritative et très spécialement contre la gravelle et les catarrhes rénal et vésical. II. D'après son principe manganoso-ferrugineux, contre la chlorose, l'anémie, les états névropathiques, etc., etc. III. D'après son principe bitumineux, contre les maladies et notamment les catarrhes de l'appareil respiratoire. 3) A un autre point de vue, l'eau de Bel-Val réunit à un degré rare toutes les conditions, soit essentielles, soit secondaires seulement, qu'on peut exiger d'une Eau de tabla de premier ordre : Une minéralisation légère, variée et des mieux proportionnées, lui assure une digestibilité parfaite, en même temps qu'elle lui prête un .goût irréprochable, légèrement piquant et acidule. Elle n'est que fort peu alcalescente,de façon qu'elle n'exerce pas sur le suc gastrique et les acides contenus dans les mets, sauces et fruits, cette action neutralisante très inopportune, qui adhère à tant d'autres eaux de table qu'on se plaît à vanter pour leur riche minéralisation. Loin de décomposer les vins auxquels elle se trouve mélangée, elle leur laisse même le goût naturel, plus que toute autre eau minérale. Enfin elle conserve indéfiniment sa limpidité cristalline aussi bien que ses qualités intrinsèques, pourvu qu'on'ait soin de tenir la bouteille couchée dans un endroit frais.. 17 Installations. — Ecoulement des produits. — Société d'exploitation. — Soucieux d'une exploitation rationnelle et économique, l'Établissement de Bel-Val a fait usage, dès le début, des installations, procédés et appareils les plus perfectionnés qui soient connus jusqu'à ce jour : un outillage particulier pour le transport et le maniement des bouteilles pendant les diverses manipulations auxquelles elles sont soumises jusqu'à leur mise en cave ; une installation spéciale pour opérer un rinçage aussi facile et pariait que possible ; des appareils d'un système nouveau pour la mise en bouteilles sous pression d'acide carbonique, etc. Ce dernier point est d'une importance capitale pour l'eau thérapeutique, à laquelle il importe de conserver intactes toutes ses qualités natives et, notamment, son fer qui s'oxyde et se précipite si facilement au contact de l'air atmosphérique. A cette tin, l'eau destinée à un usage médicinal est mise et maintenue, depuis sa sortie de terre jusqu'au bouchage, sous une pression de gaz carbonique qui a pour effet, non seulement de la préserver de tout contact avec l'air, ambiant, mais encore d'extirper l'air se trouvant soit dans l'eau elle-même, soit dans la bouteille, à remplir. L'établissement de Bel-Val était donc bien outillé pour entrer en campagne. Cela était sans doute pour quelque chose dans son succès. Bien que l'eau fut lancée un peu tard dans la saison de 1893, c'est-à-dire en juillet seulement, le concessionnaire arriva à placer dès la première année, 30,000 bouteilles environ. En décembre de la môme année, elle aborda le marché de Bruxelles, sur lequel elle a su conquérir depuis une place très marquée Des récompenses lui furent décernées aux dernières expositions de Luxembourg (1893), de Bruxelles (1893) et d'Anvers (1894). A cet égard, relevons surtout qu'à la susdite Exposition Internationale d'alimentation de Bruxelles, où le jury comptait parmi ses membres des sommités de l'Université de Bruxelles, l'Eau de Bel-Val a remporté la médaille d'or, bien qu'elle fût entrée en lice pour la première fois, dans un concours international, et qu'elle se fût trouvée en concurrence avec les eaux minérales les plus réputées de l'Europe. Ces succès devaient attirer l'attention. Aussi des propositions furent-elles faites bientôt de diverses parts en vue d'une exploitation sur une vaste échelle. Et c'est ainsi qu'au mois d'août dernier, se constitua la Société fermière des Eaux Minérales de Bel-Val, avec siège social à Bruxelles et avec concession, pendant trente ans, du droit exclusif à la mise en bouteilles, du monopole de la vente dans le Grand-Duché, en Belgique et en Hollande, et de la faculté d'acquérir le même monopole dans d'autres pays. La nouvelle société ne perdit pas de temps pour mettre à exécution son programme, qui commandait avant tout des constructions et installations nouvelles, en rapport avec les besoins d'une exploitation en grand, tels que : le raccordement de l'Établissement par une voie à petite section avec la ligne du chemin de fer Prince-Henri ; la construction de nouvelles caves ; l'augmentation du matériel et, surtout, l'établissement d'un moteur mécanique pour faire manœuvrer les rinceuses, les pompes et les appareils à acide carbonique. Tous ces travaux sont, terminés en ce moment, ou sur le point de l'être. D'autre part, la société créa à Bruxelles un grand dépôt, agencé de façon à desservir non seulement la capitale, mais encore toutes les autres localités n'ayant pas de dépôt propre. D'autres dépôts ont été créés à Anvers, Liège, -Namur, Gand, Charleroi, Arlon, etc. etc. et l'intention est d'en établir successivement dans toutes les localités quelque peu importantes des divers pays compris bu à comprendre dans le monopole de la société. 3 18 Le laps de temps assez court qui s'est écoulé depuis la constitution de la société, ne lui •a pas encore permis de s'occuper de l'exportation dans les pays d'outre-mer. Mais celleci est dans son programme, et i l importe de faire remarquer ici qu'au point de vue des tarifs de transport, aucun autre établissement d'eau minérale, méritant ce nom, n'est situé aussi avantageusement pour l'exportation par Anvers que la source de Bel-Val. Les prix de vente sont fixés pour toute la Belgique à fr. 0,40 le litre et à fr. 0,30 le demilitre, avec livraison à domicile, et avec reprise du verre vide, à domicile également, à raison de fr. 0,07 et resp. fr. 0,05. Aucune autre eau, à minéralisation véritable, n'est vendue à des conditions aussi avantageuses pour l'acheteur. La société a employé jusqu'ici un contre-maître et six ouvriers, en moyenne, par jour, et il est probable que les besoins d'une exploitation plus étendue exigeront un chiffre double et peut-être triple dès la saison prochaine. Les salaires quotidiens ne sont en moyenne que de 2 fr. par ouvrier. C'est que la facilité de certaines manipulations, comme p. ex. du rinçage et de l'apposition du fil de fer, permet d'employer des enfants de l u à 16 ans, et même certains infirmes, et d'utiliser ainsi des forces qui ne pourraient plus ou pas encore être employées dans d'autres industries. Ce point ne sera pas sans importance pour la population ouvrière des environs, quand une fois l'exploitation aura pris un plus grand développement. En résumé, l'Établissement de Bel-Val possède tous les éléments de la réussite et, s'il peut obtenir une partie seulement du succès qui est échu à d'autres sources d'une minéralisation analogue, il formera bientôt un facteur important dans notre industrie nationale. A ce titre i l appelait notre attention, et mérite que nous suivions de près son développement ultérieur. Expositions. Exposition du Travail à Luxembourg. Notre prochain rapport énumérera les résultats obtenus par l'exposition du travail organisée par le Gouvernement grand-ducal pour les mois d'août et de septembre 1894. Si nous en parlons aujourd'hui, c'est que, dans le courant de 1893, M. le Ministre d'État nous avait déjà communiqué, à diverses reprises, ses vues à l'égard de cette exposition appelée, d'un côté, à mettre sous les yeux des ouvriers, des artisans et des industriels, les outils les plus perfectionnés, employés dans les pays qui nous environnent (comme les petits moteurs a gaz, au pétrole et à l'électricité), et, de l'autre, à offrir aux ouvriers, artisans et producteurs l'occasion de faire connaître au pays et à l'étranger leur travail, leur fabrication ainsi que le produit brut et travaillé de la richesse que le Grand-Duché possède en pierres, en bois et en fer. L'idée de cette exposition est due à l'heureuse initiative de M. le Ministre d'État, président du Gouvernement. Aussi la Chambre de commerce s'est-elle fait un agréable devoir de soutenir vivement une entreprise destinée à remplir le but utilitaire y attaché. En effet, l'essor extraordinaire que le système des machines a pris en général et l'étonnant perfectionnement dont les outilsmachines ont été l'objet, ont exercé une influence défavorable sur le métier et, en divers endroits, sur le petit commerce. 19 Le métier comme aussi la petite industrie se sont vus forcés d'abandonner la fabrication de beaucoup de produits industriels, dont s'étaient emparées les grandes fabriques travaillant à bon marché. Le travail individuel et la main-d'œuvre furent supplantés sur beaucoup de points par la fabrication en masse, de façon que la situation fut déplacée au grand détriment de la petite industrie. Étant donnée la grande importance qu'ont l'État et les communes dans la conservation du métier et de la petite industrie pour le perfectionnement professionnel, pour la culture de l'art et pour une production saine et morale, il est urgent d'encourager et de soutenir, par tous les moyens, la petite industrie dans sa concurrence avec la grande industrie. Ce but peut être obtenu en partie, en protégeant l'éducation professionnelle de la Jeunesse ouvrière d'aujourd'hui et, sous ce rapport, le plus vif intérêt se fait jour dans tous les pays. L'État et les communes ont créé partout, au prix de grands sacrifices, des écoles professionnelles et de dessin, à l'effet de permettre à la jeunesse ouvrière de se former et de se perfectionner, et ont obtenu, sur ce terrain, des résultats excellents. Par toutes ces considérations, l'idée préconisée par M. le Ministre d'État a reçu l'assentiment de la Chambre de commerce. Exposition internationale d'alimentation à Bruxelles. (Décembre 1893 — Janvier 1894.) Liste des récompenses décernées aux exposants luxembourgeois. 1° État grand-ducal, pour l'eau de Mondorf : un diplôme de grand-prix. 2° Mousel frères, à Luxembourg, pour bières : un diplôme d'honneur. 3° Henri Funck, à Neudorf, pour bières : un diplôme de médaille d'or. 4° Galles-Fromes, à Weymerskirch, pour liqueurs : un diplôme de médaille d'or. 5° Heymes, à Luxembourg, pour l'eau de Bel-Val : un diplôme de médaille d'or. 6° Lente frères, à Luxembourg, pour confitures ; un diplôme de médaille d'or. 7° Weiter, à Luxembourg, pour eaux de seltz et limonades : un diplôme de médaille d'or. 8° Elter frères, à Luxembourg, pour vins de Moselle : un diplôme de médaille d'argent. 9° Ewen, à Beaufort, pour eau-de-vie : un diplôme de médaille de bronze. Faïencerie de Septfontaines. La marche générale de la faïencerie de Septfontaines a été à peu près la même qu'en 1892 Le personnel employé s'est maintenu à 209 personnes. Les transports par chemin de fer ont atteint les chiffres suivants : . . 2,300,000 kil. Matières diverses arrivées . . . . 2,790,000 Houille . , . 5,090,000 Total. . . . 1,491,557 Produits expédiés. . . . . 20 Fabrication de poterie commune à Nospelt (commune de Kehlen). Un progrès assez sensible se t'ait sentir depuis les dernières années dans cette branche d'industrie. En 1893, il y avait cinq poteries en activité, qui ont consommé à peu près 400 stères de bois de chauffage, leurs fourneaux n'étant point réglés pour le charbon. Les circonstances ne permettent pas de donner une plus grande extension à cette industrie. Le personnel employé est de dix ouvriers qui peuvent gagner en moyenne 2 fr. par jour. Ces cinq poteries fournissaient en 1893 : Différentes sortes d'ustensiles de cuisine, savoir : 106,140 pièces au poids de 99,064 kilogr. 8,843 douzaines ou 2,608,980 1,147,941 217,415 pots à fleurs 22,500 briques ordinaires 15,000 c) 15,000 1,269,505 kilogr. 2.730,120 Le poids de la matière brute s'élève à 1,270,000 kilogr., doit i l résuite que la marchandise cuite ne perd presque rien pendant l'opération de la cuisson. Ganterie. Le commencement de l'année 1893 a été satisfaisant pour la ganterie. Dans les ÉtatsUnis, le parti démocratique avait obtenu une majorité si grande qu'on considérait l'abolition du Mac-Kinley-Bill non seulement comme sûre, mais encore comme imminente. Les prix de la réco …

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