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En bref

Ce texte est un ensemble d'avis et d'arrêtés officiels du Grand-Duché de Luxembourg, datant de mai et juin 1913, concernant diverses affaires administratives et économiques. Il inclut également un rapport général sur la situation de l'industrie et du commerce pour l'année 1912.

Ce qu'il réglemente

  • La célébration de l'anniversaire de la Grande-Duchesse.
  • La publication du rapport général de la Chambre de commerce pour l'année 1912.
  • Des nominations et classements au sein de l'Administration des Contributions directes et Accises.
  • L'approbation de modifications aux statuts d'une caisse de maladie et l'autorisation d'associations syndicales.
  • Des règlements communaux et le paiement de droits de timbre par une société anonyme.

Qui il concerne

  • Les autorités, fonctionnaires et employés du Grand-Duché de Luxembourg.
  • Les collèges des bourgmestre et échevins des villes et communes.
  • La Chambre de commerce, l'Administration des Contributions directes et Accises, et la société anonyme des chemins de fer et minières Prince-Henri.
  • Les associations syndicales et les caisses de maladie.

Points clés

  • Un Te Deum solennel doit être chanté le samedi 14 juin 1913 à 11h à Luxembourg, et le dimanche 15 juin dans les églises paroissiales de la campagne.
  • Le rapport général de la Chambre de commerce sur l'année 1912 sera publié comme annexe au Mémorial.
  • M. Paul Schlesser a été nommé receveur des Contributions à Roodt-s.-S., et le bureau de Roodt-s.-S. a été classé en 7ème classe.
  • Les cotisations à la caisse de maladie sont fixées à 3% du salaire réel (ne dépassant pas 5 francs par jour ouvrable), dont 1% est versé par le patron et 2% par les assurés.
Texte de loi
Texte de loi

517 Mémorial Memorial du des Grand-Duché de Luxembourg. Großherzogtums Luxemburg. Jeudi, 5 Juin 1913. N° 35. Avis. — Fête anniversaire de la GrandeDuchesse. Pour célébrer l'anniversaire de la naissance de S. A. R. Madame la Grande-Duchesse, un Te Deum solonnel sera chanté le samedi, 14 juin ct., à Luxembourg, en l'église cathédrale, à 11 heures du matin, dans les églises paroissiales des autres villes à l'heure convenue, et dans les églises paroissiales de la campagne, le dimanche, 15 juin, immédiatement après la grand'messe. Toutes les autorités, tous les fonctionnaires et employés sont invités à assister à cette solennité religieuse. Les collèges des bourgmestre et échevins des villes et communes sont chargés de régler le programme de la dite fête publique. Ils me feront parvenir leurs rapports y relatifs par l'intermédiaire de MM. les commissaires de district; le rapport de la ville de Luxembourg me sera envoyé directement. Luxembourg, le 2 juin 1913. Le Ministre d'Etat, Président du Gouvernement, EYSCHEN. Donnerstag, 5. Juni 1913. Bekanntmachung. — Geburtstag der Großherzogin. Zur Feier des Geburtstages J. K. H. der Großherzogin wird am Samstag, den 14. Juni ct., zu Luxemburg in der Kathedralkirche, um 11 Uhr morgens, in den Pfarrkirchen der anderen Städte zur abgeredeten Stunde, und in den übrigen Pfarrtirchen des Landes am Sonntag, den 15. Juni, unmittelbar nach dem Hochamte, ein feierliches Te Deum abgehalten werden. Alle Behörden, Beamten und Angestellten werden ersucht, dieser religiösen Feierlichkeit beizuwohnen. Die Schöffenkollegien der Städte und Gemeinden werden das Programm dieser öffentlichen Feier anordnen und mir über dessen Verlauf durch die Vermittlung der HH. Distrikskommissare berichten; der Bericht der Stadt Luxemburg wird mir unmittelbar zugehen. Luxemburg, den 2. Juni 1913. Der Staatsminister, Präsident der Regierung, Eyschen. Arrêté du 16 mai 1913, concernant la publication Beschluß vom 16. Mai 1913, die Veröffentlichung des allgemeinen Berichtes der Handelskammer au rapport général de la Chambre de commerce für das Jahr 1912 betreffend. pur l'année 1912. LE MINISTRE D'ETAT, PRÉSIDENT DU GOUVERNEMENT ; Der Staatsminister, Präsident der Regierung; Vu le rapport général de la Chambre de commerce sur la situation du commerce et de l'in- Nach Einsicht des allgemeinen Berichtes der Handelskammer über die Lage des Handels 518 dustrie dans le Grand-Duché pendant l'année 1912; und der Industrie des Großherzogtums während des Jahres 1912; Beschließt: Arrête: Article unique.- Le rapport prémentionné sera publié comme annexe au Mémorial Luxembourg, le 16 mai 1913. Einziger Artikel. Erwähnter Bericht soll als Beilage zum „Memorial" veröffentlicht werden. Luxemburg, den 16. Mai 1913. Le Ministre d'État, Président du Gouvernement, Der Staatsminister, Präsident der Regierung, EYSCHEN. Eyschen. Avis. — Administration des Contributions directes et Accises. Par arrêté grand-ducal du 21 mai ct., le M. Paul Schlesser, commis de 1re classe à la Direction des Contributions à Luxembourg, a été nommé receveur des Contributions à Roodt-s.-S. Par le même arrêté le bureau de Roodt-s.-S, a été rangé dans la 7 m e classe. Luxembourg, le 31 mai 1913. Le Directeur général des finances, M . MONGENAST. Bekanntmachung. — Steuer- und Akzisenverwaltung. Durch Großh. Beschluß vom 21. Mai ct., ist Hr. Paul Schlesser, Kommis 1. Klasse der Steuerdirektion zu Luxemburg, zum Steuereinnehmer zu Roodt a, d. S. ernannt worden. Durch denselben Beschluß ist die Einnahmestelle zu Roodt in die 7. Klasse eingereiht worden. Luxemburg, den 31. Mai 1913. Der General-Direktor der Finanzen, M. Mongenast. Avis. — Caisse de maladie. Bekanntmachung. — Krankenkasse. Par arrêté du soussigné en date de ce jour la modification apportée à l'art. 17 des statuts de la caisse de maladie de la «Société anonyme, des chemins de fer cantonaux luxembourgeois» à Diekirch, par décision de l'assemblée générale du 24 avril 1913, a été approuvée. Durch Beschluß des Unterzeichneten vom heutigen Tage ist die von der Generalversammlung vom 24. April 1913, an Art 17 des Statuts der Krankenkasse der „Luxemburger Kantonalbahnen" zu Diekirch vorgenommene Änderung genehmigt worden. Le premier alinéa de l'art. 17 sera remplacé par la disposition suivante: Art. 17. — Les cotisations sont fixées à 3 % du salaire réel déterminée conformément à l'art, 6 Il en tant que ce salaire ne dépasse pas cinq francs par jour ouvrable; 1 % de ces cotisations est à verser par le patron et 2 % seront à verser par les assurés. Luxembourg, le 30 mai 1913. Luxemburg, den 30. Mai 1913. Der Staatsminister, Le Ministre d'Etat, Präsident der Regierung, Président du Gouvernement, Eyschen. EYSCHEN. 419 Avis. — Associations syndicales. Par arrêtés du soussigné en date de ce jour, les associations syndicales pour l'établissement de chemins d'exploitations: 1° à Heisdorf, aux lieux dits «In den Hombuchen», «Im Brill» ; 2° à Mullendorf, aux lieux dits « In Romesch», «In den Kirten»; 3° à Dillingen, aux lieux dits «Auf den Æssen», «Auf Thenäcker», etc., ont été autorisées. Ces arrêtés ainsi qu'un double des actes d'association sont déposés au Gouvernement et aux secrétariats communaux de Steinsel et de Beaufort. Luxembourg. le 30 mai 1913. Bekanntmachung. — Syndikatsgenossenschaften. Durch Beschluß des Unterzeichneten vom heutigen Tage sind die Genossenschaften für Anlage von Feldwegen: 1. zu Heisdorf, Orte genannt „ I n den Hombuchen", „Im Brill"; 2. zu Müllendorf, Orte genannt „In Romesch", „In den Kirten"; 3. zu Dillingen, Orte genannt „Auf den Ässen", „Auf den Thenäcker", usw., ermächtigt worden. Diese Beschlüsse sowie ein Duplikat der Genossenschastsatten sind auf der Regierung und den Gemeindesekretanaten von Steinsel und Befort hinterlegt. Luxemburg, den 30. Mai 1913. Le Ministre d'Etat, Président du Gouvernement. EYSCHEN. Avis. — Association syndicale. Par arrêté du soussigné en date du 31 mai ct., l'association syndicale pour la construction d'un chemin d'exploitation aux lieux dits «Im Allerbornerpad », etc., à Troine, dans la commune de Bœvange, a été autorisée. Cet arrêté ainsi qu'un double de l'acte d'association sont déposés au Gouvernement et au secrétariat communal de Bœvange. Der Staatsminister, Präsident der Regierung, Eyschen. Bekanntmachung. — Syndikatsgenossenschaft. Durch Beschluß des Unterzeichneten vom 31. Mai ct., ist die Syndikatsgenossenschaft für Anlage eines Feldweges, Orte genannt „ I m Allerbornerpad" usw. zu Trotten, Gemeinde Bögen, genehmigt worden. Dieser Beschluß sowie ein Duplikat des Gemossenschaftsaktes find auf der Regierung und dem Gemeindesekretariate von Bögen hinterlegt. Luxemburg, den 31. Mai 1913. Luxembourg, le 31 mai 1913. Le Ministre d'Etat, Président du Gouvernement, EYSCHEN. Avis. — Associations syndicales. Conformément à l'art. 2 de la loi du 27 mars 1900, la société locale agricole de Berbourg a déposé au secrétariat communal de Manternach l'un des doubles de l'acte d'association sous seing privé, dûment enregistré, ainsi qu'une liste indiquant les noms, professions et domicile des administrateurs et de tous les associés. Der Staatsminister, Präsident der Regierung, Eyschen. Bekanntmachung. — Syndikatsgenossenschaften. Gemäß Art. 2 des Gesetzes vom 27. März 1900, hat der landwirtschaftliche Lokalverein von Berburg auf dem Gemeindesekretariat von Manternach, ein Duplikat der einregistrierten Privaturkunde, betreffs des Genossenschaftsaktes, nebst einem Verzeichnis hinterlegt, das Namen, Stand und Wohnort der Verwaltungsräte, sowie sämtlicher Mitglieder angibt. Luxemburg, den 2. Juni 1913. Luxembourg, le 2 juin 1913. Le Ministre d'Etat, Président du Gouvernement, Der Staatsminister, Präsident der Regierung, EYSCHEN. Eyschen. 520 Avis. — Règlement communal En séance du 22 mars 1913, le conseil communal de la ville d'Esch-s.-Alz. a édicté un règlement sur le colportage dans cette commune. — Le dit règlement a été dûment approuvé et publié. Luxembourg, le 29 mai 1913. Le Directeur général de l'intérieur, BRAUN. Avis. — Règlement communal. Dans leurs séances des 5 janvier 1913, resp. 24 janvier et 19 avril 1913, le conseil de fabrique d'église de Nœrtrange et le conseil communal de Winseler ont arrêté, d'accord avec le bureau des marguilliers et le curé de la paroisse de Nœrtrange, un règlement de police sur le jubé de l'église paroissiale de Nœrtrange. — Le dit règlement a été dûment publié. Luxembourg, le 31 mai 1913, Le Directeur général de l'intérieur, BRAUN. Avis. — Timbre. Il résulte d'une quittance délivrée par le receveur de l'enregistrement des actes civils à Luxembourg, le 30 mai 1913, vol. 58, n° 42, que la société anonyme luxembourgeoise des chemins de fer et minières Prince-Henri a acquitté le droit de timbre, à raison de soixantequinze mille actions, portant les nos 1 à 75000, d'une valeur de 500 fr. chacune, en remplacement d'autant «d'actions émises antérieurement, de même valeur et portant les mêmes numéros. L'a présente publication est destinée à satisfaire à l'art 5 de la loi du 25 janvier 1872. Luxembourg, le 31 mai 1913. Le Directeur général des finances, M. MONGENAST. Bekanntmachung. — Gemeindereglement. In seiner Sitzung vom 22. März 1913hatder Gemeinderat von Esch a. d. Alz. ein Reglement über den Hausierhandel in dieser Gemeinde erlassen. — Besagtes Reglement ist vorschriftsmäßig genehmigt und veröffentlicht worden. Luxemburg, den 29. Mai 1913. Der General-Direktor des Innern. Braun. Bekanntmachung. — Gemeindereglement. In seiner Sitzung vom 5. Januar 1913 bezw. 24. Januar und 19. April 1913 hat der Kirchenfabrikrat von Nörtringen und der Gemeinderat von Winseler, im Einvernehmen mit der Kirchmeisterstube und dem Pfarrer von Nörtringen ein Polizeireglement über die Emporbühne der Pfarrkirche von Nörtringen erlassen. — Besagtes Reglement ist vorschriftsmäßig veröffentlicht worden. Luxemburg, den 31. Mai 1913. Der General'Direktor des Innern, Braun. Bekanntmachung. — Stempel. Zufolge einer untern: 30. Mai 1913, Band 58, Nr. 503 vom Einregistrierungseinnehmer der Zivilakten zu Luxemburg ausgestellten Quittung hat die Anonyme Prinz-Heinrich-Eisenbahn- und Erzgrubengesellschaft die Stempelgebühr entrichtet für 75.000 Aktien mit den Nrn. 1 bis 75.000 von je 500 Fr. in Ersetzung ebensovieler, früher verausgabter Aktien, von gleichem Wert und mit denselben Nummern. Gegenwärtige Bekanntmachung soll dem Art. 5 des Gesetzes vom 25. Januar 1872 Genüge leisten. Luxemburg, den 31. Mai 1913. Der General-Direktor des Finanzen, M. M o n g e n a s t . V. BÜCK. IMPRIMEUR DE LA COUR. LUXEMBOURG. 1 Mémorial Memorial du des Grand-Duché de Luxembourg. GroßherzogtumsLuxemburg. Annexe au N° 35,1913. RAPPORT GÉNÉRAL SUR LA SITUATION DE L'INDUSTRIE ET DU COMMERCE PENDANT L'ANNÉE 1912. Aperçu le la situation économique. Au point de vue industriel et commercial l'année 1912 apparaît comme nettement favorable. Une activité générale et sans précédent n'a cessé de régner dans toutes les branches de l'industrie, le mouvement des échanges a atteint une ampleur tout à fait remarquable et les résultats financiers, pris dans leur ensemble, ont été très satisfaisants. La réserve dont témoignait encore le marché au début de l'année, et qui avait sa cause dans les inquiétudes qu'avait fait naître la guerre italo-turque, disparut aussitôt quand on acquit la certitude que les hostilités resteraient limitées aux deux pays en présence. Dès les premiers mois on pouvait constater un retour de faveur des capitaux vers les valeurs industrielles. Les placements en titres à revenu fixe, arrivés à leur période de saturation, étaient délaissés. L'épargne cherchait un emploi d'un autre côté. Ce revirement ne manqua pas d'exercer une heureuse influence sur le développement de l'industrie et le brusque déchaînement de la guerre balkanique ne parvenait pas à ébranler la confiance dans l'avenir. La puissance du mouvement économique était telle que l'aspect inquiétant de la situation politique internationale ne put arrêter l'admirable essor pris par l'industrie dans les neuf premiers mois de l'année. Les chiffres du commerce extérieur du Zollverein réflètent cette marche irrésistible en avant. Les importations se sont élevées à 10.292 millions de marks, supérieures de 586 millions à l'année précédente; les exportations ont atteint 8.888 millions de marks, dépassant de 182 millions le chiffre de 1911, L'excédent des importations sur les exportations a été de 1404 millions contre. 2 1600 millions en 1911. La courbe du commerce extérieur s'est développée comme suit pendant a dernière période quinquennale: (en millions de marks) Importations. Exportations. 6.481,7 8.077,1 1908 6.858,9 8.860,4 1909 7.644,2 9.305,8 1900 8.219,9 9.811,6 1911 8.888 10.292 1912 Comme conséquence naturelle de l'essor extraordinaire de l'industrie et de commerce, nous avons à signaler un renchérissement continu de l'argent. De nouvelles entreprises, surgissant de tous les côtés, absorbèrent des capitaux considérables. D'autre part, les retraits de fonds auprès des établissements de banque et des caisses d'épargne dans les pays de l'Union douanière, qui ont été effectués surtout pendant les derniers mois de l'année 1912 à la suite des complications politiques toujours plus menaçantes, provoquèrent un rétrécissement fort gênant sur le marché monétaire, de telle sorte que la Banque de l'Empire d'Allemagne, qui est pour notre pays la principale banque régularisatrice, s'est vu obligée d'élever le taux d'escompte à 6 % dès le mois de novembre. Alors que le taux moyen de cet établissement était de 4,35 on 1911, il s'est élevé en 1911 à 4,93. On peut d'ailleurs constater la môme élévation pour le taux d'escompte des autres pays voisins: France. Belgique. Hollande. Angleterre. 3,45 3,47 4,38 1911 3,13 3,13 1912 4,00 1912 3,38 5,15 4,00 3,76 3,76 Le cours du taux officiel de l'escompte en Allemagne pendant l'année 1912 offre les variations suivantes: 5% jusqu'au 11 juin, 4½% 4½% jusqu'au 24 octobre, novembre, 5% 5% jusqu'au 14 novembre;, 6% jusqu'à la fin de l'année. Les index numbers (de M. Sauerbeck), qui jouissent d'une considération reconnue, font ressortir un relèvement très significatif des prix. Ils s'établissent pour les différents mois comme suit: janvier 81,8 mai janvier 81,8 85,0 septembre 86,7 février 82,9 juin 85,5 octobre 85,8 mars 84,4 juillet 86,5 novembre 85,3 avril avril 85,0 août 85,9 décembre 86,4 Le relèvement s'est poursuivi d'une façon rapide et discontinue jusqu'au mois de septembre qui marque le sommet de la courbe; une baisse se produit à cette époque, mais cette baisse n'a été ni fort longue ni très prononcée, et l'année finit sur une nouvelle hausse des prix indicateurs. Si nous tirons les moyennes des nombres indicateurs des années précédentes, nous obtenons 80 pour l'année 1907, 73 pour 1908, 74 pour 1909, 78 pour 1910, 80 pour 1911 et 85 pour 1912. Le 4,00 3 relèvement, des prix pour l'année dernière apparaît donc comme particulièrement brusque et violent. Nous n'entendons pas tirer des conclusions définitives de ces nombres. Il y a certes une grande part d'arbitraire dans les procédés qui servent, à établir les tableaux des nombres indicateurs et ceux-ci ne peuvent fournir que des résultats approximatifs. Pour que la moyenne de ces nombres lût exacte, elle devrait comprendre l'ensemble des transactions faites à une même époque et s'inspirer de tous les produits et du volume des transactions sur chaque produit de manière à affecter les prix de coefficients proportionnels au rôle que chacun a joué dans le mouvement des affaires. Mais ces statistiques, tout imparfaites qu'elles soient, permettent de suivre les variations qui se produisent dans l'évolution économique. Le renchérissement de la vie est resté encore au premier plan des préoccupations de l'industrie et du commerce. Quoique le problème de la vie chère soit éternel, les plaintes au sujet de la rapide augmentation des dépenses familiales sont devenues particulièrement vives au cours des dernières années. Le prix moyen de la vie n'est évidemment pas en rapport mathématique avec les résultats de la récolte de 1912, qui fut excellente, et les conditions actuelles de la production : dans l'ensemble si varié des phénomènes qui constituent la vie chère, les habitudes nouvelles des consommateurs et le besoin plus général de bien-être doivent être envisagés surtout. C'est la hausse ininterrompue de la viande qui suscite le plus de plaintes et qui a sa cause dans l'augmentation constante de la consommation. La nourriture carnée tend à prendre une place de plus en plus importante dans l'alimentation du peuple: ainsi s'accentue la disproportion entre l'offre de bétail de boucherie et la demande de la viande. Le 5e Congrès international des Chambres de commerce, qui s'est tenu à Boston du 24 au 27 septembre 1912, a examiné cette question. Il a approuvé la proposition de réunir une Conférence internationale qui s'occupera de l'augmentation du prix des choses nécessaires à la vie, de ses causes, des effets qui en résultent, et qui recherchera les mesures pouvant améliorer cette situation. Au point de vue de la politique commerciale et douanière du Zollverein, il n'y a guère de progrès très appréciables à signaler. L'absence d'un traité de commerce avec le Canada se fait toujours sentir. Par contre, les dispositions si rigoureuses sur la nouvelle tarification des marchandises à leur entrée en France ont été heureusement atténuées. On fonde aussi quelque espoir sur le revirement politique aux Etats-Unis, qui apportera certainement un tempérament aux tendances ultra-protectionnistes et aura comme conséquence une augmentation des échanges internationaux. Quoique l'échéance des traités de commerce existants soit encore assez lointaine, les milieux industriels s'occupent déjà de la préparation des nouveaux tarifs douaniers. Les conditions de production se sont modifiées depuis l'entrée en vigueur du tarif actuel et le degré de protection que méritent les différentes branches a certainement changé depuis. A côté de ce mouvement nous voyons apparaître la demande d'un tarif « intégral» qui prévoit des droits sur les produits agricoles aujourd'hui libres et surtout sur les principales matières premières nécessaires à l'industrie. Nous ne saurions assez insister sur les dangers que cachent ces aspirations. Un tarif intégral créerait des embarras nouveaux à l'industrie: l'augmentation des droits d'entrée sur les produits 4 agricoles élèverait le coût de la vie et, par répercussion, le prix de revient de tous les produits. L'exportation, trop fortement grevée, aurait de sérieuses difficultés à soutenir la concurrence. L'année 1913 s'est ouverte au milieu du fracas des armes. Si les perspectives sont demeurées satisfaisantes, leur développement est intimement lié à la situation politique. Il faut espérer notamment qu'une se produira rien de grave qui puisse irrémédiablement compromettre les progrès réalisés dans le courant de l'année passée. Au commencement de 1913, les affaires n'attendaient plus qu'une éclaircie dans la situation extérieure pour reprendre leur entrain. La marche des affaires dans notre région montre toutes les caractéristiques de la situation que nous venons d'examiner au point de vue général. Les rapports qui ont été adressés à la Chambre de commerce font ressortir une augmentation considérable du volume de la production et des échanges; ils signalent, de plus, l'orientation continue de matières premières et des salaires vers une hausse que les prix de vente ne peuvent suivre qu'avec prudence. Pour les desiderata formulés par certaines branches nous renvoyons aux aperçus spéciaux. L'extraction du minerai de fer, stimulée par la forte demande des hauts-fourneaux du pays, est en sérieux progrès: de 6.059.797 tonnes elle a passé à 6.553.930 tonnes, soit une augmentation de 8,3 % comparativement à l'année précédente qui avait apporté un recul sensible. A relever que l'allure des expéditions de minerais vers les régions industrielles tributaires du bassin minier, notamment vers la Belgique, s'est encore ralentie par suite de la concurrence toujours plus redoutable des minerais de Briey. La légère amélioration des prix de vente des minettes qui s'était dessinée vers la fin de l'année 1911, s'est maintenue en n'affirmant même. Mais c'est la métallurgie qui a pris l'essor le plus remarquable. La production de la fonte a passé de 1.728.973 tonnes à 2.252.229 tonnes, celle de l'acier de 716.194 tonnes à 947.184 tonnes, alors que les fonderies ont porté leur production de 16.002 tonnes à 20.893 tonnes. Le marché des fontes a été vivement sollicité aussi bien par la consommation à l'intérieur que par les demandes à l'exportation. Le « Roheisenverband», auquel les usines lorraines-luxembourgeoises ont adhéré définitivement vers la fin de l'année 1911, n'a pas laissé que d'imprimer à ce marché une force nouvelle ainsi qu'une régularité des plus fécondes. Le « Stahlverband», après des négociations longues et difficiles, a été renouvelé pour une nouvelle période de cinq ans, mais seulement pour les produits A, les produits B échappant désormais à son action. Les résultats financiers ont donné entière satisfaction aux usines métallurgiques. Le bâtiment a montré une allure plutôt réservée à Luxembourg et dans les localités suburbaines, alors que l'activité tout à fait remarquable que nous signalons depuis une série d'années dans le bassin minier, où les agrandissements des grandes usines ont créé des besoins nouveaux, continue d'ouvrir de belles perspectives à cette industrie. Les industries des terres et pierres, notamment la briqueterie, répercutent cette situation. La lente et progressive élimination des petits établissements se poursuit dans la tannerie. La ganterie a travaillé à pleine allure, mais les commandes, très nombreuses, sont allées en grande partie aux qualités bon marché et l'accaparement des peaux brutes par les marchands de peaux a fait hausser les prix de revient. Pour les différentes branches de l'industrie textile on renseigne un degré d'occupation très satisfaisant. 5 Dans les industries de consommation et d'alimentation, la situation varie avec les branches. La meunerie s'est trouvée dans des conditions certainement meilleures qu'en 1911, quoique la production soit restée à peu près stationnaire. L'industrie des tabacs a été occupée régulièrement durant toute l'année et le nombre des ouvriers a été renforcé; la production a légèrement augmenté pour les principaux articles. La brasserie, par suite d'un été maussade, montre un recul: la production de la bière est descendue de 326.546 hl. à 297.986 hl., mais elle est toujours en léger progrès sur l'année 1910. Pour enrayer la hausse du prix de la viande, le Gouvernement, par arrêté du 8 novembre 1912, a autorisé les administrations communales de Luxembourg, de Hollerich et d'Esch-s.-Alz. d'importer par voie ferrée, à destination directe des abattoirs des dites localités, un contingent total hebdomadaire de 80 têtes de gros bétail de boucherie de provenance hollandaise. Cependant les généreuses initiatives de ce genre, si elles apportent un soulagement passager à un mal, qui a peut-être atteint son maximum d'intensité dans le Zollverein, mais dont les autres pays commencent à souffrir à leur tour, quoique dans une mesure moindre, n'apportent aucun remède a une situation qui est, en somme, le résultat de l'offre et de la demande et qui menace de s'exaspérer encore à l'avenir. Sur le marché du travail, la forte demande de main-d'œuvre a été entretenue par les besoins croissants de la métallurgie. Alors que la bourse de travail d'Esch renseigne 4.912 demandes contre 6.127 offres, celle de Luxembourg renseigne 2.787 demandes contre 5.615 offres. Travaux de la Chambre de commerce. Parmi les questions que la Chambre de commerce a traitées en 1912, nous signalons particulièrement celles qui suivent: Frappe de monnaies nationales d'argent. Consultée par le Gouvernement sur la question de la frappe de monnaies nationales d'argent de 2 fr., 1 fr., et 0,50 fr. pour une somme de 2,5 millions, la Chambre a répondu par l'avis suivant: Au point de vue monétaire, le Grand-Duché occupe une situation assez bizarre: on y compte en francs alors que les payements se font exclusivement en marks. Chaque opération de caisse nécessite ainsi un certain travail arithmétique: la conversion des marks en francs et réciproquement, travail qui ne va pas sans quelques petites erreurs ou pertes accidentelles qui pourraient être évitées si les pièces métalliques en circulation correspondaient à la monnaie de compte, c'est-àdire si le franc existait en fait au lieu de rester à l'état d'unité monétaire fictive. Il n'y a donc pas lieu de prévoir que la mise en circulation de monnaies divisionnaires d'argent de 2 fr., 1 fr. et 0,50 fr. suscite des difficultés quelconques dans les transactions ou vienne créer des troubles dans le fonctionnement de l'appareil monétaire. La Chambre est persuadée, au contraire, que le public luxembourgeois fera un bon accueil à la nouvelle monnaie nationale qui serait appelée à simplifier en une certaine mesure les transactions au comptant. Une condition essentielle pour que les monnaies nationales d'argent ne causent pas d'embarras dans la circulation est cependant que leur quantité soit proportionnelle au chiffre de la population de façon que les petites transactions puissent s'effectuer facilement, mais que cette monnaie 6 ne puisse pas devenir surabondante, excédant ce qui est nécessaire aux besoins quotidiens du commerce de détail. La question se pose donc si le Grand-Duché est susceptible d'absorber 2,5 millions d'argent. L'exemple des pays voisins nous fournit à ce sujet de précieuses indications. Les pays de l'Union latine avaient fixé en 1885 leur contingent de. monnaies divisionnaires d'argent à 6 fr. par tête d'habitant. Plus tard, ayant reconnu l'insuffisance des monnaies divisionnaires dans la circulation, insuffisance due, entre autres causes, à la disparition d'un grand nombre de ces monnaies et au développement constant des petites transactions, les cinq gouvernements intéressés, par la convention de 1897, portèrent en principe de 6 à 7 fr. par tête' d'habitant la proportion des frappes divisionnaires. Au cours des années suivantes le contingent fut encore reconnu insuffisant. L'Union se vit forcée d'élever sa frappe à 16 fr. par tête d'habitant à atteindre en 15 années par des frappes annuelles de 0,60 fr. par tête d'habitant. M. Leroy-Beaulieu estime d'ailleurs que « si les écus de 5 fr. étaient réduits au rôle de monnaie d'appoint, on pourrait fixer de 20 à 25 fr., au maximum à une quarantaine de francs par tête d'habitant, la quantité de toutes les monnaies à conserver». L'Allemagne, en 1873, avait arrêté sa frappe à 10 mk. par tête d'habitant pour lès monnaies divisionnaires d'argent; en 1900 elle étendait cette frappe jusqu'à 15 mk. en s'interdisant de dépasser ce chiffre. Il ne paraît, donc pas qu'une quantité de 10 fr. par tête d'habitant soit exagérée, même, quand on considère que l'argent allemand continuera à circuler dans le Grand-Duché concurremment avec les pièces nationales, comme c'est le cas aujourd'hui pour le nickel. Peut-on conclure cependant du fait que les monnaies étrangères s'infiltrent dans le GrandDuché qu'il est à prévoir que notre monnaie se répandra en partie dans les pays frontières où elle serait tolérée par la force des choses ? La Chambre hésite à partager cette manière de voir. L'empressement avec lequel on accepte ici les pièces de l'Union latine s'explique très facilement par le bénéfice qu'on réalise sur le change. Le public reçoit ces pièces de préférence aux pièces allemandes, nationalisées en quelque sorte. Aucune caisse ne fait des difficultés pour les recevoir. Mais pouvons-nous espérer la réciprocité? Evidemment non. Nous ne pouvons pas attendre le même accueil on France et en Belgique pour le franc luxembourgeois, qui, sous une étiquette rappelant les monnaies de l'Union latine, constitue bel et bien une monnaie allemande donnant une perte au change. Les caisses publiques de ces deux pays n'accepteront pas nos pièces qui seront rangées parmi les pièces à refuser. Dans la région frontière française ou belge nos francs se heurteront aux mêmes difficultés que les marks. Reste l'Allemagne, qui, à titre de réciprocité, devrait accepter en quelque sorte nos francs. Ce seraient des pièces rentrant dans l'édifice monétaire allemand et elles pourraient y être reçues au pair, sans bénéfice ni perte au change. L'expérience n'est pas là pour nous guider, mais il est très probable que l'étiquette étrangère fasse hésiter le public allemand, nécessairement plus exclusif que le public français ou belge, lequel, par suite des arrangements de l'Union latine, est habitué à une circulation internationale. De l'avis de la Chambre i l n'y a pas lieu de compter sur une circulation active de nos pièces dans les régions limitrophes, quoiqu'il soit toujours possible qu'une certaine quantité prenne le 7 chemin de l'étranger, comme nous l'avons pu observer dans le temps pour les sous et gros sous en billon. A ces considérations la Chambre croit devoir ajouter encore qu'il paraît désirable, dans l'intérêt des transactions, que l'aspect des nouvelles pièces ne permette pas de les confondre facilement avec les monnaies allemandes. Chemins de fer. — Correspondances Bruxelles-Luxembourg. A la date du 1 novembre 1910, la Chambre avait signalé à l'attention du Gouvernement les avantages très réels que le rétablissement du train direct Bruxelles-Luxembourg (départ de Bruxelles Quartier Léopold à 16 h. 41, arrivée à Luxembourg à 10 h. du soir), qui avait été organisé pendant l'Exposition de Bruxelles, serait appelé à rendre. Depuis, elle a été informée par M. le Ministre de Belgique à Luxembourg que l'administration des chemins de fer de l'Etat belge, s'étant occupée de cette proposition, estimait que le rétablissement du train en question « entraînerait des dépenses considérables hors de toute proportion avec l'augmentation présumée des recettes ». La Chambre ne partage nullement cette manière de voir. Si, comme elle suppose, les recettes ont, été peu encourageantes, il faut en chercher la cause dans la circonstance que ce train n'avait pas été porté à la connaissance du public et ne figurait même pas sur l'Indicateur officiel belge. Elle est persuadée que, dans des conditions ordinaires, les recettes justifieront sa création. Les arguments qu'elle a invoqués antérieurement pour demander le rétablissement de ce train, subsistent dans toute leur force. Los nombreux Luxembourgeois qui se rendent à Bruxelles pour affaires n'ont aucun train entre 10 h. 20 du matin et 6 h. 35 du soir, leur permettant de rentrer à Luxembourg aussitôt leurs affaires terminées. Le train qui a été supprimé après une courte existence répondait à ce besoin. Par sa lettre du 6 avril 1912, la Chambre a donc prié le Gouvernement de bien vouloir donner à cette proposition son entier appui, surtout que les améliorations sur la ligne Bruxelles-Luxembourg sont lentes à se faire comparativement aux lignes vers l'Allemagne. Ayant été informée depuis par le Gouvernement que les démarches successives en vue du rétablissement du train direct Bruxelles-Luxembourg se heurtaient à un refus net de la part l'Etat Belge et qu'un résultat plus favorable n'était pas à espérer pour le moment, elle a repris cette question, dans sa séance du 13 juin, mais en modifiant ses anciennes propositions. Nos négociants réclament une correspondance directe Bruxelles-Luxembourg, dont le départ de Bruxelles serait fixé entre 14 et 16 heures et l'arrivée à Luxembourg entre 8 et 10 heures du soir, c'est-à-dire leur permettant de rentrer à Luxembourg aussitôt leurs affaires terminées, sans devoir attendre le trainn(…)2 (départ de Bruxelles à 18 h. 35). Entre le train n° 1234 (départ de Bruxelles à 12 h. 10), qui part trop tôt, et le train n° 2 il n'y a, actuellement, aucun départ pour Luxembourg, Persuadées que l'organisation d'une correspondance dans le sens indiqué répondrait à un besoin impérieux, la Chambre a été amenée à s'occuper du train n° 1284 (départ de Bruxelles à 14h. 21), qui arrive à Arlon à 18 h. 32. Elle s'est demandé notamment si ce train ne pourrait pas être continué jusqu'à Luxembourg pour y arriver vers 8 heures du soir. Si le départ de ce train pouvait être retardé d'une heure, il rendrait les mêmes services que l'ancien train de 16h. 41 dont elle avait demandé le rétablissement. er 8 La Chambre a donc sollicité l'appui du Gouvernement pour cette nouvelle proposition. Elle a décidé encore d'associer à ses démarches les Chambres de commerce de Trèves et de Metz que la question doit intéresser directement à cause des correspondances. Correspondances sur la ligne de Trèves. Dans sa lettre du 6 avril 1911, la Chambre avait soumis au Gouvernement les desiderata suivants au sujet de la correspondance que Luxembourg possède pour le train n° 154 CologneLuxembourg. « L'itinéraire Cologne-Luxembourg se décompose actuellement comme suit: Cologne départ 7 h. 10, Trèves arrivée 10 h. 32, Trèves départ 11 h. 08, Luxembourg arrivée 1.2 h. 27. Au sentiment de la Chambre de commerce, cette correspondance est susceptible de très sérieuses améliorations. L'arrêt de 36 minutes à Trèves, qui ne se justifie guère, pourrait être réduit à quelques minutes, et le train n° 460, qui s'arrête aujourd'hui à Trèves-Sud, Karthaus, Igel, Wasserbillig, Wecker, Roodt et Oetrange, transformé en un train rapide. Ces diverses améliorations permettraient d'arriver à Luxembourg une heure plus tôt, c'est-à-dire vers 11 h. 30. Depuis, notre Chambre a été saisie de la part de la Chambre de commerce de Mülheim-s.-Rhin d'une requête concernant l'amélioration des correspondances Cologne-Luxembourg. Cette requête vise principalement le train n° 154. La Chambre de Mülheim regrette surtout que les voyageurs pour Luxembourg soient forcés d'attendre 36 minutes le départ de la correspondance pour Luxembourg à une. heure aussi avancée; de la nuit. Notre Chambre a été amenée ainsi à examiner de nouveau la correspondance si défectueuse que nous possédons pour ce train. Elle s'est demandé cependant si la solution qu'elle a proposée dans sa lettre du 6 avril 1911 ne susciterait pas des réclamations dans la région desservie par la ligne de Trêves qui ne posséderait plus de train de nuit après le n° 458 (départ de Trèves à 6 h. 24, arrivée à Luxembourg à 8 h. 03). Une autre proposition qu'elle a envisagée alors serait appelée à donner satisfaction à tous les intéressés. Cette proposition consiste à continuer le train rapide n° 154 directement jusqu'à Luxembourg, indépendamment du train n° 460 qui continuerait à marcher avec son horaire actuel. Le train n° 154 desservirait à souhait les intérêts internationaux alors que le train n" 460 continuerait à desservir les intérêts locaux. Trains ouvriers. A la date du 6 avril 1912, la Chambre a présenté au Gouvernement les desiderata suivants concernant l'organisation de trains ouvriers sur la ligne secondaire Luxembourg-Remich: Sur les diverses lignes du réseau Guillaume-Luxembourg circulent des trains ouvriers qui répondent à un besoin très réel et sont fort appréciés par les intéressés: industriels et ouvriers. Les chemins de fer secondaires qui desservent une région agricole où l'offre de la main-d'œuvre . dépasse la demande n'ont pas encore suivi cet exemple. Comme les industries de la banlieue de Luxembourg ont parfois des difficultés à se procurer la main-d'œuvre nécessaire, la Chambre 9 a décidé d'appeler l'attention du Gouvernement sur l'importance que présenterait l'organisation de trains ouvriers sur cette ligne. Un train ouvrier partant de Weiler ou Alzingen amènerait certainement à Luxembourg de nombreux ouvriers à qui l'état actuel des correspondances ne permet pas de chercher du travail dans les établissements industriels de la ville et des environs. Le Gouvernement, dans sa réponse, exprime l'espoir qu'avec les voitures automotrices benzoélectriques dont on fera l'essai prochainement, on arrivera à aplanir les difficultés actuelles et à satisfaire à ces desiderata dont la légitimité a été reconnue depuis longtemps par le service des chemins de fer. Tram électrique Luxembourg-Esch. Dans sa séance du 5 septembre 1912, la Chambre avait décidé d'appeler l'attention du Gouvernement sur la question d'un tram électrique Luxembourg-Esch, cette nouvelle ligne, outre qu'elle serait d'un rendement assuré, devant contribuer dans une forte mesure au développement des relations commerciales entre les deux localités. A la suite d'une requête de l'Association des commerçants d'Esch, la Chambre a été amenée à s'occuper de nouveau de cette question. L'Association met en doute la rentabilité de la ligne. La conformation du terrain ne permettant pas d'établir une communication plus rapide par la ligne projetée, celle-ci ne répondrait pas au but proposé. De plus, par suite de l'adjonction de cette nouvelle ligne, l'exécution des chemins de fer intercommunaux projetés dans le canton d'Esch serait retardée et rendue plus difficile. La création de quelques nouveaux trains rapides Luxembourg-Esch ou l'organisation d'un service de voitures automotrices répondrait mieux aux intérêts des deux localités. Les intérêts du commerce et de l'industrie exigent avant tout l'exécution aussi prompte que possible du réseau intercommunal. La Chambre est loin de partager les appréhensions qui se dégagent de ces arguments. 11 s'agit, d'après les informations qu'elle a recueillies, de deux projets bien distincts n'ayant aucun rapport ensemble et qui ne sauraient exercer d'influence l'un sur l'autre: des chemins de fer intercommunaux du canton d'Esch à construire avec le concours de l'Etat et d'un chemin de fer LuxembourgEsch qui est sorti de l'initiative privée. Ce dernier ne saurait donc en aucune façon retarder ou contrecarrer, comme on semble le croire, l'exécution des lignes projetées dans le bassin minier. Les deux lignes ne sont nullement concurrentes et complètement indépendantes l'une de l'autre. Une autre conception erronée est qu'une communication directe Luxembourg-Esch serait préjudiciable aux intérêts de cette dernière localité dont le commerce serait attiré en partie à Luxembourg. Cette appréhension ne ré.(…)iste pas à un examen sérieux. L'expérience a démontré, au ' contraire, que plus les communications se développent entre deux localités, distinctes par la nature de leur activité économique, plus les échanges se développent au profit de toutes les deux. Le gain économique est généralement égal des deux côtés. En conséquence, la Chambre a adopte dans sa séance du 14 novembre 1912 la résolution suivante, qui résume, on les conciliant, les intérêts des deux localités: d'inviter le Gouvernement à hâter la construction des chemina de fer projetés dans le canton d'Esch et à prendre les mesures nécessaires pour que la ligne Luxembourg-Esch soit construite dans le même délai. 2 10 Entrepôt à annexer à la nouvelle gare aux marchandises de Luxembourg. La Chambre de commerce constate avec satisfaction que la Direction des douanes reconnaît, à son tour, la nécessité de la création d'un entrepôt près de la nouvelle gare aux marchandises de Luxembourg qu'elle avait déjà relevée dans son avis du 10 août 1911. En présence du refus des chemins de fer alsaciens-lorrains de se charger de la construction de l'entrepôt, la Direction des douanes propose la construction par les soins de l'Etat. Dans son avis du 15 juin 1912, la Chambre fait remarquer qu'un entrepôt bien agencé et pourvu des installations nécessaires serait appelé à rendre des services considérables, car il est reconnu que les entrepôts en général impriment un vigoureux essor au commerce, stimulent le goût des affaires et forment une source très appréciable de bénéfices, alors que les consommateurs en retirent également des avantages sur lesquels il est inutile d'insister. Les commerçants évitent ainsi d'immobiliser le montant des droits d'entrée en attendant la vente ou la réexportation des marchandises. Le dédouanement s'y opère en présence du destinataire qui peut fournir aux agents tous les renseignements nécessaires et éviter des difficultés résultant de déclarations incomplètes ou erronées. Pour ce qui est de l'entrepôt actuel, il ne répond sous aucun rapport aux exigences du commerce tant à raison de sa situation éloignée de la gare que de son exiguité, de son agencement sommaire et de l'insuffisance de ses installations. D'ailleurs, il n'est guère utilisé par nos commerçants. La Chambre a donc vivement engagé le Gouvernement à hâter la solution de cette question dans le sens proposé par la Direction des douanes. Réduction des tarifs de transport sur les cokes et les minettes entre le bassin de la Ruhr et le bassin de la Moselle. D'après les déclarations que M. de Breitenbach, ministre des travaux publics, a lues à la Chambre des députés de Prusse dans la séance du 8 mars 1912, le Gouvernement prussien maintient le point de vue que la canalisation de la Moselle et de la Sarre n'est pas indiquée pour le moment, mais il s'est déclaré prêt à examiner la question d'accorder aux industrie., du Sud-Ouest une compensation sous une autre forme, c'est-à-dire sous forme d'une réduction des tarifs des chemins de fer. Pour ce qui concerne plus spécialement le Luxembourg, le ministre a ajouté que l'intérêt des échanges économiques entre l'Allemagne et le Grand-Duché serait très sérieusement servi par cette diminution des tarifs, et même dans une mesure telle que ce pays se désintéresserait presque complètement de la recherche d'autres voies de communications pour ses produits à expédier par eau. Ces réductions ont fait l'objet d'un projet élaboré par la Direction des chemins de fer prussiens sur lequel le comité du Bezirkseisenbahnrat de Cologne avait été appelé à donner son avis. Sur l'initiative de la Direction des chemins de fer de Cologne, notre Chambre nomma un délégué à cette réunion en la personne de son président, M. Léon Metz. L'attitude à prendre par le délégué luxembourgeois fut arrêtée d'accord avec les maîtres du forges du pays. Dans la réunion du 25 septembre, le comité du Bezirkseisenbahnrat de Cologne, sur la proposition du président de la direction des usines Krupp, d'Essen, se prononça en faveur d'une réduction plus forte sur les 11 minettes, mais, dans une réunion ultérieure, qui eut lieu le 30 octobre suivant, le Comité revenant sur sa première décision, adopta le projet dans la forme présentée par les chemins de fer prussiens Le projet prévoit, pour la distance moyenne de 350 km. entre le bassin de la Ruhr et le bassin de la Moselle, une réduction de 8 mk. par 10 tonnes de minette et de 12 mk. par 10 tonnes de coke Sur la base des tonnages expédiés en 1910, le bénéfice en résultant pour les diverses régions intéressées ressortirait comme suit: pour la région de la Ruhr à 2.583.400 mk. pour la région d'Aix-la-Chapelle à 64.400 pour la région de la Sarre à 1.032.100 pour la Lorraine et le Luxembourg à 4.834.700 soit ensemble à 8.514.800 mk. Ces économies devront compenser les avantages que l'industrie du fer aurait retirés de ta canalisation de la Moselle, évalués à 11,873.700 mk. ainsi que les avantages que l'industrie rhénanewestphalienne retirera du canal du Rhin à Herne. La Chambre de commerce a fait observer que ces réductions, si acceptables qu' elles soient, ne sauraient représenter l'équivalent des avantages que le canal aurait procurés à l'industrie luxembourgeoise. Ces compensations sont incomplètes d'abord: elles sont limitées aux cokes et aux minettes. Les demi-produits et les produits finis sont exclus. Notre région continuera ainsi à être désavantagée au point de vue du transport de tous les produits métallurgiques par rapport •à la région rhénaue-westphalienne, qui est située sur des voies navigables naturelles et artificielles et qui profitera eu plus de réductions très sérieuses sur les minerais. A cette considération vient s'en ajouter une autre, non moins importante. Le projet des chemins de fer prussiens est basé sur les expéditions de l'année 1910. Tout fait prévoir cependant que l'entrée en vigueur des nouveaux tarifs aura pour effet de modifier sensiblement l'allure des expéditions. d' une, part, les usines du Bas-Rhin et de la Westphalie, stimulées par les tarifs avantageux, se fourniront plus largement que par le passé de minettes de la région lorraine-luxembourgeoise ; d'autre part, les importations de minerais de Briey qui se font encore aujourd'hui sur une échelle relativement modeste, seront appelées à prendre un développement bien plus considérable. Si les réductions proposées peuvent donc être considérées comme acceptables et contribueront certainement à renforcer la position de notre grande industrie sur le marché mondial, leur valeur comme compensation pour l'abandon de la canalisation de la Moselle diminuera avec l'emploi plus avantageux et plus considérable de nos minettes par les usines rhénanes-westphaliennes, au point de devenir illusoire. Ce qui vient corroborer cette appréhension, c'est qu'après l'introduction des nouveaux tarifs les fontes luxembourgeoises pourront être produites par les usines rhénanes-westphaliennes à un prix pour le moins aussi bas qu'il sera possible aux usines de notre région de les livrer. Ainsi les frais de transport d'une tonne de coke de Ruhrort à Esch (324

  1. km)ressortirait à 6,25 mk., soit 6,25 x 1,1 = 6,88 mk. par tonne de fonte. Les frais de transport des fontes jusqu'à Ruhrort rassortiraient à 8,30 mk. Il s'ensuit que la tonne de fonte produite à Esch aura à supporter, livrée franco à Ruhrort, 6,88 + 8,30 = 15,18 mk. de frais de transport. 12 Une usine située à Ruhrort aurait à supporter sur les minerais provenant d'Algrange (339
  2. km)4,59 mk. par tonne, soit par tonne de fonte produite 3,3 x 4,59 =15,15 mk. L'usine de Ruhrort aurait donc à supporter des frais de transport légèrement inférieurs à ceux de l'usine d'Esch qui, aujourd'hui, possède une avance de 1 mk. en chiffre rond. Dans l'examen du projet il y a lieu d'envisager encore que les chemins de fer trouveront dans l'accroissement des transports de minerais et aussi dans la diminution du nombre des wagons à coke retournant vides une compensation partielle, sinon totale, pour la réduction des tarifs. Ainsi le sacrifice consenti par les chemins de fer apparaît bien plus modeste. Il demeure bien entendu que l'application des nouveaux tarifs devra se faire intégralement pour toutes les stations sans distinction, c'est-à-dire que le calcul de la réduction portera sur le nombre de kilomètres entre la gare de départ et la gare de destination de n'importe quel réseau. La Chambre a décidé d'appeler l'attention toute spéciale du Gouvernement sur ce point, afin que les usines desservies par le Prince-Henri retirent de la réduction le même bénéficie que les usines desservies par le Guillaume-Luxembourg. Régime des colis postaux. Une de nos usines métallurgiques avait appelé l'attention de la Chambre de commerce sur le régime des colis postaux entre l'Allemagne et le Grand-Duché. Ainsi un colis urgent remis à 5 heures du soir à Aix-la-Chapelle n'a été délivré que le lendemain à 3 heures du soir à Esch-s.-Alz. A une réclamation de l'expéditeur la poste allemande a répondu que le colis avait été expédié conformément aux prescriptions règlementaires et qu'une expédition plus prompte était impossible, les colis postaux n'étant pas acceptés par tous les trains qui transportent les dépêches. Il paraît que le retard que subissent les colis venant d'Allemagne provient surtout de leur réexpédition à Trèves. La Chambre s'est demandé alors si cette opération, cause principale des retards, ne pouvait être supprimée ou modifiée de façon à faire bénéficier les colis du même régime que les lettres. Il serait vivement à désirer ensuite que les colis postaux, les colis urgents ou par exprès en particulier, fussent acceptés par tous les trains qui transportent les dépêches. Une réforme du régime actuel des colis postaux dans le sens indiqué étant certainement dans l'intérêt des commerçants et industriels, la Chambre a recommandé cette question au bienveillant examen du Gouvernement. Taxes téléphoniques avec la région frontière. La Chambre s'est occupée dans sa séance du 13 juin d'une requête de la Chambre de commerce du Luxembourg, à Arlon, relative à la réduction des taxes téléphoniques. La requête vise un tarif spécial de 0,50 fr. la communication avec le Grand-Duché et la création d'avis d'appel à 0,35 fr. entre les deux pays dans une région frontière de 60 km. On ne saurait nier que le prix actuel des communications téléphoniques n'est guère favorable au commerce des localités frontières ou situées à pou de distance de la frontière. L'abaissement des tarifs ne manquerait pas d'exercer une répercussion sur les relations de voisinage et de commerce qui existent entre les deux pays et qui sont gênées dans leur développement. La Chambre a donc prié le Gouvernement d'accueillir favorablement les propositions qui lui seraient faites dans ce 13 sens par le Gouvernement belge. Elle est persuadée que la réduction proposée par la Chambre d'Arlon serait accueillie avec une vive satisfaction par les. habitants de la zone frontière. La Chambre a saisi cette occasion pour signaler encore au Gouvernement l'intérêt que présenterait l'extension de cette mesure à nos frontières indistinctement. Il est hors de doute que les habitants de la région frontière allemande ou française attacheraient du prix à la réduction des taxes téléphoniques dans un rayon déterminé comme elle est proposée par la Chambre de commerce d'Arlon. Minières. La statistique de production pour l'année 1912 renseigne les résultats ci-après : Nombre des sièges d'exploitation 88 86 Production totale t. 6.059.796838 t. 6.533.930 Valeur de la production fr. 18.647.325,83 fr. 19.427.507,82 Prix moyen par tonne 3,07 2,97 Nombre des ouvriers occupés sous terre 3.540 3.692 à ciel ouvert 1.710 1.655 ensemble 5.250 5.347 La production moyenne par ouvrier ressort à 6.533.929 / 5.347 =1.221 180 tonnes d'une valeur de 19.427.508/5.347=3.662.12fr Ces chiffres se répartissent comme suit sur nos trois bassins : Nombre des exploitations. PRODUCTION. VALEUR. Ouvriers employés sous terre. Nombre Population total oudes à ciel ouvriers vrière. ouvert. t. 1.851.496 fr. 5.684.092,72 1.235 332 1.567 1.655 2.344.851 7.034.522,70 1.338 632 1 970 2.122 2.337.583 6.708.862,40 1.119 671 1.790 1.925 t. 6.533.930 fr. 19.427.507,82 3.692 1655 5.347 5.702 L'extraction du minerai de fer a regagné en 1912 le terrain perdu pendant 1 année précédente : de 6.959.797 tonnes elle a passé à 6.533.930 tonnes, soit une augmentation de 474.133 tonnes ou de 8,3%. Si la consommation sur place a fortement augmenté, le mouvement des expéditions vers les autres régions industrielles qui s'approvisionnent dans le bassin minier luxembourgeois est resté stationnaire dans son ensemble. L'orientation nouvelle que nous remarquons dans nos exportationsdeluimineraisdepuis 1907 s'accentue d'une année à l'autre et quoique les besoins de ces régions se soient prodigieusement développés au cours des dernières années, le relèvement de la courbe de production en .1912 est dû exclusivement à l'augmentation de la consommation des usines du pays. Notre principal débouché à l'extérieur, la Belgique, a encore diminué le volume de ses impor- Esch Dudelange-Rumelange Differdange-Petange 18 36 32 86 14 tations de notre région. Les importations de minerais en Belgique pendant les cinq dernières années donnent les contingents suivants pour les trois pays qui se partagent le bassin des minettes: 1912 1911 1910 1909 1908 191.700 t. 143.100 t. 242.300 t. 80.700 t. Allemagne 137.000 t. 1.644.300 1.635.600 1.437.500 1.365.800 Gr.-D. de Luxb. 1.697.000 2.910.000 2.273.700 3.465.500 4.395.900 France 1.192.000 Comme la Belgique a porté en 1912 ses importations de minerais de 5.678.000 tonnes à 6.415.000 tonnes, la part du Grand-Duché dans l'approvisionnement du marché belge, qui était encore de 55 % on 1907 pour tomber ensuite à 51 % en 1908, à 37% % en 1909, à 31% % en 1910 et à 27 % en 1911, ne représente plus que 21,3 % des importations totales pour l'année 1912. Le recul de la Lorraine est plus considérable encore. D'autre part, la France a augmenté le chiffre de ses importations de près d'un million de tonnes. La cause de ce revirement que nous constatons depuis cinq ans est dans la préférence que les hauts-fourneaux belges accordent aux minerais de Briey. C'est particulièrement en Franco que la métallurgie belge a assuré son avenir. La supériorité quantitative et qualitative du gisement de Briey donne à celui-ci une situation exceptionnellement favorable que les tarifs avantageux de la Compagnie de l'Est contribuent à mettre en évidence, et le minerai de Briey tend à se substituer de plus en plus à nos minerais dans la sidérurgie belge. A part quelques variations dues aux fluctuations du marché métallurgique, la production du bassin minier luxembourgeois piétine sur place, contrairement à ce qui se passe dans les autres régions du bassin des minettes qui montrent une rapide évolution. Le développement que l'extraction a prise dans les trois pays qui se partagent le bassin des minettes a été le suivant: Luxembourg. Lorraine. Meurthe-et-Moselle. Bassin de Briey. ( 1.646.505 t.) 1904 5.845.096 t. 11.171.880 t. 6.347.781 t. 1905 6.595.860 ( 2.352.848 11.967.725 6.302.1.1.9 1906 3.11.4.120 7.398.929 13.834.485 7.229.385 4.110.755 1907 8.821.953 7.492.870 14.107.5.17 1908 5.800.868 ( 4.607.000 13.281.589 8.749.837 1909 10.648.398 ( 6.339.045 5.793.875 14.442.911 ( 8.507.293 1910 16.653.968 13.204.818 6.263.385 1911 (10.477.343 6.059.797 14.858.000 17.734.576 1912 17.235.125 (12.717.127 6.553.930 20.050.245 Faut-il voir dans cette stagnation un bien ou un mal ? S'il s'agissait d'une industrie manufacturière, nous n'hésiterions pas à y voir un mal, toute industrie! devant se développer nécessairement sous peine de dépérir. Mais il s'agit ici de l'exploitation d'un gîte minier, c'est-à-dire de lu consommation lente d'une richesse du sous-sol, limitée à un nombre déterminé de tonnes et dont nous pouvons entrevoir la fin. Il est évident que la portion de bénéfice actuel résultant pour le concessionnaire d'une exploitation plus considérable qui s'incorpore dans l'ensemble des gains industriels, commerciaux, financiers et agricoles du pays, était supprimée, le gain total se trouve diminué d'autant. D'où perte momentanée. En se plaçant à un point, de vue plus élevé, la question change d'aspect, Ces mines constituent une réserve pour l'avenir auquel elles seront peut-être plus utiles qu'elles ne le seraient au présent. Cette richesse naturelle, une fois consommée, ne se reconstitue plus. Pro- 15 duire le plus possible serait alors dangereux et, si dans le domaine économique on dit se garder de voir trop loin, il ne faut pas perdre de vue que le temps est proche où les réserves de notre industrie métallurgique seront épuisées. Stimulés par la demande plus active, les prix de vente des minettes ont continué à se raffermir sur les niveaux légèrement plus élevés qu'avaient fait ressortir les marchés conclus pour l'année 1912. Les marchés pour 1913 ont consacré un nouveau raffermissement des prix. Les perspectives pour l'année 1913 sont assez rassurantes: l'allure de la demande continue d'être active et les prix demeurent solidement établis. Le mouvement de nos importations du bassin de Briey s'est fortement accentué: de 281.000 tonnes en 1908 l'importation a monté successivement à 389.000 en 1909 et à 447.000 tonnes en 1910 pour redescendre à 349.000 tonnes en 1911 et passer subitement à 689.755 tonnes en 1912. Les exportations de minettes et de scories Thomas à destination des pays qui ne font pas partie du Zollverein renseignent, pour les dix dernières années, les chiffres ci-après: Minettes. Scories Thomas moulues. 1903 t. 2.233.969 t. 27.160 2.389.251 1904 25.441 14.272 2.440.450 1905 62.350 2.308.150 1906 165 2.806.294 1907 836 2.213.886 1908 1.977 1.784.522 1909 4.220 2.001.758 1910 3.571 1.751.819 1911 6.025 1.768.964 1912 Les importations de minorais de manganèse au total de 132.340 tonnes se repartissent comme suit sur les différents pays d'origine: Indes anglaises 40.248 t., Russie 88.634 t., Brésil 3.065 t., Grèce 393 t. La courbe du rendement par ouvrier s'établit comme suit pour les cinq dernières années: Production moyenne. Valeur. Production des minières. Consommation des hauts-fourneaux (sans distinction de provenance). fr. 3.070,24 t. 1.066.728 1908 771 2.989,62 1.092. 1909 2.358,63 1.185.351 1910 247 3.551,87 1.154. 1911 980 3.662,12 1.221. 1912 Le rapport entre la production des minières et la consommation des hauts-fourneaux s'établit comme suit pour les dix dernières années: 1903 1904 1905 1906 t. 6.010.012 6.347.904 6.595.860 7.229.385 t. 3.757.565 3.873.900 4.349.201 4.688.919 16 Production des minières. Consommation des hauts-fournaux (sans distinction de provenance.) 7.492.870 4.757.364 1907 5.800.868 4.120.410 1908 5.793.875 5.054.550 1909 6.263.385 5.550.926 1910 6.059.797 5.785.143 1911 6.533.930 7.489.215 1912 Le tableau ci-après donne le mouvement qu'a suivi la valeur de la production des minières depuis 1901: Valeur totale. Prix de la tonne. Production. fr. 11.770.046 t. 4.455.179 Fr. 2,63 1901 14.527.891 5.130.069 2,84 1902 6.010.012 15.278.923 2,54 1903 16.458.904 6.347.78.1 2,59 1904 16.514.630 6.595.860 2,50 1905 17.979.108 7.229.385 2,49 1906 21.997.404 7.492.870 2,93 1907 5.800.868 .16.696.005 2,88 1908 15.850.966 5.798.875 2,73 1909 6.263.385 2,83 17.747.017 1910 6.059.797 3,07 18.647.826 1911 6.533.930 2,97 1912 19.427.508 Le tableau statistique suivant donne la production des minières du Grand-Duché depuis 1868; le tableau graphique ci-contre donne la même production depuis 1884. Années. Tonnes. Années. Tonnes. Années. Tonnes. 1868 1869 1870 1871 1872 1873 1874 1875 1876 1877 1878 1879 1880 1881 1882 722.039 924.382 911.695 990.499 1.174.334 1.331.743 1.4.42.668 1.090.845 1.196.729 1.262.825 1.407.617 1.613.392 2.173.463 2.161.881 2.539.295 1883 1884 1885 1886 1887 1888 1889 1890 1891 1892 1893 1894 1895 1896 1897 2.551.090 2.447.634 2.648.449 2.361.372 2.649.710 3.261.925 3.102.753 3.359.413 3.102.050 3.370.352 3.351.938 3.958.280 3.913.076 4.758.741 5.349.009 1898 1899 1900 1901 1902 1903 1904 1905 1906 1907 1908 1909 1910 1911 1912 5.348.951 6.014.394 6.171.229 4.455.179 5.130.069 6.010.012 6.347.781 6.595.860 7.229.385 7.492.870 5.800.868 5.793.875 6.263.385 6.059.797 6.533.930 17 Tonnes. TABLEAU GRAPHIQUE de la Production des Minières depuis 1884. 3 18 Métallurgie. L'évolution de la métallurgie a été vraiment remarquable pendant l'année 1912. Avec une production de 17.852.571 tonnes, supérieure de 1.704.459 tonnes à celle de l'année précédente, la production du Zollverein a établi un nouveau record; elle laisse derrière elle la production anglaise et prend ainsi la deuxième place sur le marché mondial. Les résultats des expéditions du Stahlwerksvervand font ressortir une progression rapide pour les trois dernières années. Les expéditions totales, qui ont atteint le chiffre de 6.440.850 tonnes en 1912 contre 5.818.949 tonnes respectivement 5.252.348 tonnes pendant les deux années précédentes, se répartissent comme suit sur les trois catégories de produits A: Demi-produits. Matériel de chem. de fer. Fers profilés. 1.883.315 t. 1.544.222 t. 1.814.811 t. 1910 2.090.828 1.745.163 1911 1.982.958 2.344.507 1.914.201 2.181.912 1912 Pendant tout le courant de l'année les grandes usines ont été occupées jusqu'à leur entière capacité de production et, à la fin de l'exercice, les ordres inscrits sur leurs carnets de commandes ont été considérablement supérieurs à ceux inscrits à la fin de l'exercice précédent. Néanmoins, à tout prendre, l'année n'a été franchement favorable que dans sa seconde moitié. Ce n'est, en effet, qu'à partir du mois de juillet que le mouvement en avant des prix qui, depuis, caractérise le marché métallurgique, a pris naissance. L'année 1912 est devenue ensuite exceptionnelle, moins peut-être au point de vue des prix, qui, bien qu'ayant monté sensiblement, sont restés mesurés, qu'à celui des ventes, car les débouchés ont été considérablement élargis, absorbant le total de la production tout à fait extraordinaire. Comparativement aux cours de l'année précédente, l'augmentation est particulièrement sensible pour les fontes dont les prix se rapprochent d'assez près de la période de 1906—1907. Par contre, les cotations des prix des produits finis sont restées fort éloignées de celles de fin 1906. On peut donc dire, en résumé, que les prix des fontes ont atteint des cours fort élevés, alors que les prix des produits finis n'ont pas suivi le même mouvement. A la fin de l'année les affaires demeuraient actives en toutes sortes de fontes tant à l'intérieur qu'à l'exportation. Les transformateurs avaient couvert en majeure partie leurs besoins pour tout le premier semestre 1913; ils avaient acheté des quantitiés plus considérables que celles traitées pour l'année écoulée et les ventes dépassaient les chiffres de la participation. La demande demeurait également fort active à l'exportation, principalement en fontes phosphoreuses, et ne pouvait être satisfaite qu'en partie. Au commencement de janvier 1913, le syndicat des fontes dut prévenir ses clients que le disponible était fort restreint et que, notamment en fontes luxembourgeoises, il ne pourrait plus fournir que par petites quantités. La question du renouvellement du « Stahlwerksverband » s'est définitivement posée dès le commencement de l'année 1912, mais les incertitudes qui régnaient à ce sujet et les tiraillements au sein de l'Union ne troublèrent guère l'aspect favorable de la situation. Grâce aux efforts perse- 19 vérants des intéressés, on arriva, après une série de négociations laborieuses et particulièrement difficiles, à la prorogation de l'Union. Encore l'entente ne s'est-elle faite que pour les produits A: les demi-produits, le matériel des chemins de fer et les profilés. Au sujet des produits B: barres, cornières, verges, rods, tôles et tuyaux, l'entente n'a pu se faire, les uns voulant syndiquer la distribution et les prix, et d'autres, voulant seulement, comme par le passé, fixer les tonnages à répartir en laissant libre la cotation des prix. Mais ce renouvellement partiel de l'Union n'a pas laissé que d'exercer une influence considérable sur la marche de la sidérurgie. Il ne faut pas perdre de vue, en effet, que la situation du marché métallurgique est, par le fait, raffermie non seulement sur ses marchés intérieurs, mais aussi au point de vue de ses relations internationales. C'est le Stahlwerksverband qui forme en quelque sorte le pivot du marché mondial. L'influence de cette Union régente en une certaine mesure l'exportation des produits du Zollverein et prévient un trop grand avilissement sur le marché international. A son sort est liée encore l'existence de nombreux syndicats spéciaux, dont la prolongation ou la reconstitution s'est faite sans difficulté. Ceux-ci ayant été reconstitués, l'année 1912 n'a certes pas eu à constater un affaiblissement de l'idée syndicale. Notre région a participé dans une large mesure à cet essor prodigieux par suite de la mise en marche de nouvelles unités de production. La production du Grand-Duché s'établit comme suit: Hauts fourneaux. Aciéries. Fonderies.. 1912 2.252.229 t. 947.184 t. 20.893 t. 1911 1.728.973 716.194 16.002 Différence +523.256 t. +230.990 t. +4.891 t. Le développement si rapide, la transformation continuelle et l'internationalisation de nos sociétés métallurgiques, obéissant à une énergique poussée de concentration, présentent un intérêt incontestable. Dans notre précédent rapport nous avons déjà signalé la communauté d'intérêts conclue entre Deutsch-Luxemburg et Rumelange-St Ingbert ainsi que la fusion qui s'est accomplie entre la Société des Mines du Luxembourg et des Forges de Sarrebruck la Société des Forges d'Eich Le Gallais Metz & Cie et les Hauts-Fourneaux et Forges de Dudelange. Deutsch-Luxemburg, dans la suite, a porté son capital-actions de 100 à 130 millions de marks en vue d'un vaste programme d'agrandissement. A signaler aussi la transformation de la société en commandite par actions J. Collart & C ie en une société anonyme sous la raison de Hauts-Fourneaux et Aciéries de Steinfort. Le début de l'année 1913 a vu s'accomplir la communauté d'intérêts des Aciéries réunies de Burbach-Eich-Dudelange avec le Eschweiler Bergwerksverein. Afin de se rendre indépendantes pour l'avenir au point de vue de leurs approvisionnements en cokes, les Aciéries réunies entrèrent en pourparlers avec Eschweiler en vue d'examiner la possibilité d'arriver à une entente entre les deux sociétés sous forme de fusion ou autre, qui ont conduit à une communauté d'intérêts, chaque société conservant son autonomie et sa personnalité juridique. La communauté est établie sur la base d'une garantie d'intérêts de la part des Aciéries réunies, laquelle sera de 10 % pour les quatre premières années, de 12 % pour les quatre années suivantes et de 14 % pendant les 22 années suivantes, du capital nominal d'Eschweiler qui se monte à 38 millions de marks. Au bout de cette 20 période de 30 ans, les Aciéries réunies ont la faculté de prolonger la communauté pour une nouvelle période de 30 ans aux mêmes conditions, mais avec une garantie de dividende de 8 % seulement, ou de racheter les actions d'Eschweiler à 250 % de leur valeur nominale. L'organisme sorti de la fusion de Burbach, Eich et Dudelange était puissant, mais incomplet. La communauté d'intérêts avec Eschweiler lui permettra de prendre place au tout premier rang des grandes sociétés métallurgiques européennes: i l sera autoproducteur de toutes ses matières premières et, par les années de crise, il sera à même de délier la concurrence la plus acharnée. Statistique de production.
  3. a)Hauts-Fourneaux. Année 1911. Année 1912. 38 43 Le nombre des fours existants a été de 38 à feu a été de 43 1774 semaines ayant marché 2094 semaines La production ressort à : t. 46.206250 t. 23.431 1° fonte d'affinage 1.477.349880 2.052.379 2° fonte Thomas 205.416750 176.419 3 fonte de moulage 880 t. 1.728.972 t. 2.252.229 soit une production totale de représentant : fr. 2. .546.747,09 1° pour la fonte d'affinage fr. 1.289.786,25 87.563.915,87 123.740.737,50 2° pour la fonte Thomas 10.758.235,00 12.054.904,17 3° pour la fonte de moulage fr. 135.788.758,75 fr. 102.165.567,13 soit une valeur totale de fr. 60,29 fr. 59,09 Prix de la tonne t. 7.489.215 t. 5.785.143 Minerai consommé 5.035 4.804 Nombre des ouvriers occupés Le tableau ci-après donne le mouvement qu'a suivi la valeur de la production de la fonte pendant les dix dernières années: Production. 1903 1904 1905 1906 1907 1908 1909 1910 1911 1912 t. 1.217.830 1.198.002 1.368.252 1.460.105 1.484.872 1.299.918 1.552.590 1.682.519 1.728.973 2.252.229 Valeur totale. fr. 67.847.046 66.350.738 82.338.600 91.345.435 103.642.207 86.775.116 91.755.518 100.777.962 102.165.567 135.788.759 Prix de la tonne. fr. 55.71 55,39 60,17 62,56 69,80 66,75 59.23 59.89 59,09 60.29 21
  4. b)Fonderies. Année 1911. Nombre des fonderies en activité La production ressort à: 1° poterie 2° tuyaux 3 machines et divers Année 1912. 10 soit une production totale de représentant: 1° pour la poterie 2° pour les tuyaux 3 pour les machines et divers fr. 10 392 825 364 525 15.244 958 t. 662700 31 700 20.198994 16.002 308 t. 20.892794 134.552,50 83.585,00 2.141.932,50 fr. 234.125,00 8.050,00 2.804.129,07 soit une valeur totale de . . . . fr. 2.360.070,00 fr. 3.046.304,07 145,82 Prix moyen de la tonne 147,48 Matières premières consommées t. 22.537 18.376 319 Nombre des ouvriers occupés 327 Le tableau ci-après donne le mouvement et la valeur de la production des fonderies pour les dix dernières années: Production. 1903 1904 1905 1906 1907 1908 1909 1910 1911 1912 t. 11.119 13.437 13.628 16.877 18.054 16.382 15.442 17.218 16.002 20.199 Prix de la tonne. Valeur totale. fr. fr. 1.424.341 1.638.517 2.077.409 2.407.915 2.829.084 2.738.811 2.506.826 2.711.987 2.360.070 3.046.304 128,10 121,95 152.44 142,70 156,70 167,18 162,34 157,58 147.48 145,82
  5. c)Aciéries. Année 1912. Année 1911. Nombre des aciéries La production ressort à: 1° lingots 2° demi-produits (blooms, billettes, platines, etc.) destinés à la vente 3 produits finis: 5 7.760 278.637140 6 t. 7.144 913 376.330 270 22 Année 1912. Année 1911.
  6. a)rails et éclisses t.
  7. b)traverses
  8. c)fers marchands et divers
  9. d)fers laminés
  10. e)machines 26.153 010 8.863 t. 23.874 670 20.166 020 334.999860 44.238040 15.452 803 t. 446.220740 54.039 120 19.408699 soit une. production totale de représentant: 1° pour les lingots 2° pour les demi-produits 3° pour les produits finis: 429.796683 t. 716.193823 t. t. 563.709249 . t. 947.184432 fr. 1.477.109,37 fr. 1.074.221,97 29.929.773,75 43.142.827,67 Année 1912. Année 1911.
  11. a)rails et éclisses fr. 3.791.710,00
  12. b)traverses 1.185.426,25
  13. c)fers marchands et divers 43.492.455,00
  14. d)fils laminés 5.529.751,25
  15. e)machines 3.833.011,25 fr. 3.521.513,84 2.747.620,12 64.977.962,76 6.754.890,00 3.262.004,11 57.832.353,75 81.263.990,39 fr. 89.239.236,87 fr.125.481.040,57 t. 875.516 t. 1.232.786 5.672 3.405 soit une valeur totale de Consommation des fontes Nombre des ouvriers occupés Le tableau ci-après indique la nature et la valeur de la production des aciéries pendant les dix dernières années: 1903 1904 1905 1906 1907 1908 1909 1910 1911 1912 Lingots. Demi-produits. t. t. 15.474 17.070 40.490 11.135 6.291 21.443 2.109 9.417 7.760 7.145 220.806 149.505 142.841 163.673 169.038 172.114 217.723 212.882 278.637 376.330 Produits finis. t. 135.699 199.727 214.612 260.477 268.939 267.319 315.370 376.011 429.797 563.709 Valeur. Production totale t. 371.979 366.302 397.943 435.285 444.268 460.576 535.202 598.310 716.194 947.184 fr. 38.346.699,00 40.145.173,75 40.725.780,62 48.198.481,75 51.343.214,37 60.191.596,70 66.543.354,67 74.951.554,50 89.239.236,87 125.481.040,57 23 Rappel de la production sidérurgique depuis 1868. Années. 1868 1869 1870 1871 1872 1873 1874 1875 1876 1877 1878 1879 1880 1881 1882 1883 1884 1885 1886 1887 1888 1889 1890 1891 1892 1893 1894 1895 1895 1896 1897 1898 1899 1900 1900 1901 1902 1903 1903 1904 1905 1906 1907 1908 1909 1910 1911 1912 Nombre des hauts-fourneaux. 15 14 14 14 16 18 19 21 21 20 19 17 18 18 18 18 18 21 21 21 21 20 21 21 21 22 23 23 23 23 27 28 28 28 23 27 27 28 60 30—32 33 33 31 33—34 34 38 43 Production des hauts-fourneaux. Tonnes. 93.408 122.554 128.300 142.897 184.573 256.349 246.600 270.377 230.500 215.388 248.377 261.236 260.666 293.615 376.587 334.688 365.997 419.610 400.644 492.038 523.776 561.733 558.912 544.994 586.515 558.289 679.816 694 812 898.898 870.373 945 867 982.929 970 885 916.403 1.080.305 1.217.830 1 198 002 1 368 252 1 460. 105 1 485. 272 1 299 918 1 552 590 1 682. 519 1.682.519 1 728 973 1.728.973 2.252.229 Production des aciéries. Tonnes. Production des fonderies. Tonnes. 20.554 57.345 69.739 97.900 97.462 110.920 103.310 129.123 131.220 134.539 136.955 143.692 170.153 166.206 184.714 257.055 314.930 371.979 366.302 397.942 435.285 444.268 460.576 535.202 598.310 716.194 947.184 1.200 1.011 1.041 1.536 1.615 1.413 1.310 1.341 1.370 1.269 1.394 1.205 1.701 1.579 1.726 1.827 1.670 1.440 2.585 3.644 4.615 4.642 5.909 7.062 6.281 7.764 8.328 8.747 9.307 9.874 9.358 11.154 11.293 9.981 9.658 11.119 13.437 13.628 16.877 18.054 16.382 15.442 17.217 16.002 20.893 24 1. FONTE Tonnes. Production des Hauts-Fourneaux. 25 H. REPARTITION Tonnes de la Production ci-contre 26 M.PRODUCTION des FONDERIES Tonnes. 27 Tonnes. IV. Production de l'Acier Thomas. 28 Ateliers de construction. La situation dans les ateliers de construction n'a guère subi de variations bien appréciables par rapport à l'année 1911, mais les influences que nous avons signalées pour l'année dernière se sont encore précisées: les salaires ont accentué fortement leur mouvement à la hausse et les matières premières se sont orientées dans le même sens, alors que les prix des produits finis ont été à peine satisfaisants. L'ampleur des affaires n'a donc pu se traduire par une augmentation sensible des résultats financiers. Depuis, la demande s'est maintenue au même niveau. Il n'y a aucun indice qui permette d'entrevoir une diminution du volume des affaires. Comme le mouvement à la hausse s'est arrêté pour les salaires aussi bien que pour les matières premières, l'année 1913 promet d'être plus féconde en bénéfices. L'assurance contre l'invalidité et la vieillesse, qui est entrée en vigueur le 1er janvier 1912, a été bien accueillie par les ouvriers. Le bon ouvrier industriel est à même d'apprécier les bienfaits de la législation sociale; il a encore la conscience qu'au fond c'est le patron qui en supporte toutes les charges. Comme l'édifice de la prévoyance sociale se trouve être complet depuis l'introduction de l'assurance contre l'invalidité et la vieillesse, il serait désirable que le législateur portât désormais son attention sur la prévoyance sociale que nous appellerons indirecte. Il est à regretter qu'aujourd'hui encore les moindres contraventions qui pourraient être réglées par une peine de police, prononcée dans la forme si simple qui est usitée en Allemagne, doivent être jugées par le juge de paix en présence du contrevenant ou de son père ou tuteur. Les frais qui en résultent pour les contrevenants dépassent le plus souvent très considérablement l'amende. A signaler encore, dans le même ordre d'idées, l'élévation des frais de justice pour les affaires de moindre importance, qui impose des charges très sensibles à nos classes laborieuses. Il ne faut pas oublier surtout que ce ne sont pas toujours les mauvais ouvriers qui pâtissent de cette situation. Mines de Stolzembourg. Les travaux de recherches entrepris par les maisons de banque qui s'étaient fait donner une option par les anciens concessionnaires des mines n'ont pas encore conduit à des résultats concluants et définitifs, leur permettant de prendre une décision. Ces maisons ont obtenu des anciens concessionnaires une prolongation du délai d'option pour une nouvelle période de 18 mois. Pendant ce temps les travaux de recherches seront continués. Industrie du bâtiment. L'allure du bâtiment, modérée dans son ensemble, a varié suivant les régions. Sauf dans le bassin minier, où une activité fort intense et de bon aloi ne cesse de régner, la période de calme que nous signalons depuis quelque temps s'est encore accentuée pendant l'année passée. Il est à remarquer que la construction des petites maisons familiales, qui, il y a trois ans, avait pris un essor inquiétant à Luxembourg et dans les localités suburbaines, a considérablement diminué. Le nombre des nouvelles maisons est insignifiant. A part quelques maisons de commerce 29 qui ont été construites à l'intérieur de la ville, il n'y a pas de constructions d'une certaine importance à signaler. Dans les autres régions, ce sont, comme nous l'avons déjà fait observer les conceptions nouvelles de l'hygiène et du bien-être qui alimentent cette industrie par l'établissement de nouvelles conduites d'eau et de canalisations. A travers le bassin minier, à Esch surtout, le bâtiment a témoigné d'une activité remarquable Les prodigieux agrandissements des usines métallurgiques ont accentué encore les besoins si importants qui existaient déjà, stimulant vivement le goût des entreprises. Indépendamment des maisons ouvrières, la construction des maisons d'habitation et de commerce a pris une certaine envergure. Ce mouvement a été moins intense à Differdange et à Dudelange, quoiqu'une activité très sérieuse s'y soit manifestée pendant toute l'année. L'année 1913 n'apportera pas de changement dans cette situation. Le calme et la réserve dont témoigne le bâtiment, tant à Luxembourg que dans les localités suburbaines sont la conséquence de la surproduction des années antérieures qui avait détruit l'équilibre entre l'offre et la demande. La pénurie des logements dans le bassin minier finira, si le bâtiment conserve son allure actuelle, par faire place à une situation plus ou moins normale. Sous la poussée continue des salaires et des hausses sur les prix des matières premières le prix de revient des immeubles augmente d'année en année, alors que les loyers semblent s'orienter dans le sens inverse. Actuellement, les loyers des immeubles nouvellement construits dans l'agglomération luxembourgeoise se fixent à 4 % et ne dépassent certainement pas 5 % Les transactions en immeubles sont plutôt difficiles. La population de la ville reste stationnaire et la construction de nouveaux immeubles, si restreinte qu'elle soit, augmente toujours l'offre. Dans le bassin minier, où les loyers se fixent entre 7 et 8 %, les transactions en immeubles sont également assez rares. Les salaires payés dans le bâtiment sont de plus en plus élevés et la pénurie de bons ouvriers se fait toujours sentir. Le contingent fourni par les Italiens augmente d'une année à l'autre. En général, les industries et métiers tributaires du bâtiment ont été bien occupés. Les menuiseries de la région minière étaient débordées par la demande et la clientèle a dû se fournir en partie à l'étranger. Une situation analogue est signalée dans la serrurerie et la ferronnerie. Ardoisières. La statistique de production, établie par l'Administration des Mines, renseigne les chiffres suivants pour les deux dernières années: Années. 1911 1912 Nombre des Nombre ouvriers occupés des exploisous au tations. terre. jour. 4 4 191 196 1) par ‰. 2) par pièce. 305 356 3 QUANTITÉS PRODUCTION. Spécification. Quantités. Prix. ardoises éviers dalles ardoises éviers dalles 23,2851) l,150 2 ) 6.3503) 20.619 30 6 4—5 30 6 5 ) par mètre carré. 915 5.960 employées dans le Grand-Duché. exportées à l'étranger. 3,072 20.213 820 220 520 682 150 330 6.130 20.099 233 5.810 30 Cette statistique fait ressortir une diminution très sensible de la production des ardoises de couverture qui, de 23.285 mille, est descendue à 20.619 mille. La diminution est due à la circonstance que, par suite de difficultés au sujet des salaires, les exploitations des «Obermosel-Dachschiefer- und Plattenwerke» ont chômé en grande partie pendant les mois d'avril et de mai. L'exportation étant restée au même niveau, c'est la consommation à l'intérieur qui a supporté exclusivement cette diminution. Le prix de revient, nous mande cette firme, ont augmenté par suite de la hausse des salaires, des charges croissantes imposées par la législation sociale et ouvrière ainsi que des prix élevés des charbons. D'autre part, les prix de vente se sont légèrement améliorés comme conséquence d'une convention de prix, très vague il est vrai, mais leur niveau reste toujours assez bas, ce qui s'explique par la situation géographique de nos ardoisières qui est très désavantageuse pour l'écoulement des produits. La vente de la production s'est faite couramment. Les stocks ont diminué par rapport à l'année précédente; ils n'ont pas dépassé 350 wagons à la fin de l'exercice 1911-1912, chiffre absolument normal en comparaison de la production. Du côté des procédés d'exploitation il n'y a pas de changement à signaler. Le recrutement des ouvriers présente toujours certaines difficultés. Comme nous l'avons fait remarquer dans notre précédent rapport, il ne peut se développer proportionnellement avec les exigences de l'industrie ardoisière, ce qui paraît tenir à la circonstance que celle-ci a besoin de main-d'œuvre apprise. La question des tarifs des chemins de fer cantonaux n'a pas encore été réglée à la satisfaction des ardoisières, malgré l'intervention du Gouvernement. La production des ardoisières luxembourgeoises renseigne les chiffres suivants pour les dix dernières années: Dalles Ardoises Éviers. 1903 22.814 mille 1.051 pièces 787 m. carrés 1904 23.979 1.123 1.474 1905 25.047 2.947 487 1906 26.729 4.062 1.453 1907 25.293 7.712 1.554 1908 23.976 672 10.580 1909 21.108 803 11.900 1910 .23.499 12.200 905 1911 23.285 1.150 6.350 1912 20.619 915 5.960 Le tableau suivant renseigne les importations d'ardoises dans le Grand-Duché pendant la même période. Ardoises belges. 1902 1903 1904 1905 t. 3.003 2.828 2.924 2.934 Ardoises françaises. t. 283 243 336 289 Ardoises de provenances diverses. 31 Ardoises belges. Ardoises françaises. » » » » » » » » 3.264 » 3.318 » 4.019 » 4.719 » 6.278 » 5.859 » 7.297 1906 1907 1908 1909 1910 1911 1912 Ardoises de provenances diverses. 603 619 446 518 303 364 377 Nombre des exploitations. Carrières. La production des différents groupes de carrières du Grand-Duché pour l'année 1912 est résumée dans les tableaux statistiques ci-après, fournis par l'Administration des Mines. Nombre des ouvriers occupés. au sous jour. terre. PRODUCTION. QUANTITÉS Quantités en m3. Spécification. Prix. (fr.) employées dans le Grand-Duché. exportées à l'étranger. Carrières de calcaire à polypier. Communes de Differdange, Petange. 12 37 dalles 114 m 2 pierres de taille . 249 moellons 19.188 pierraille 5.599 3,75 28—30 1,60—2 2 114 m 2 183 4.815 66 14.373 5.599 Déblais de mine. Communes de Petange. Differdange, Rumelange, Kayl, Dudelange. 8 24 moellons 6.390 | 2—2,50 | 6.390 » Terre glaise. Communes de Differdange, Esch-sur-Alzette. 2 28 briques terre glaise 4 17 briques terre glaise 2.000 ‰ 1.800 30 1,25 1.700 ‰ 1,800 300‰ » Communes de Basbellain, Berdorf, Diekirch. 762½ ‰ 90 30—37,50 2 762½ ‰ 90 Carrières de grès liasique. Commune de Larochette. 3 38 53 parements pierres de taille. moellons pavés pierraille sable 370 m 2 1.066 1.283 93½ ‰ 377 44 3,50 50—55 2,50 50 1 1,25 370 m 2 1.009 1.283 93½‰ 57 377 44 Communes de Beaufort, Reisdorf, Echternach, Bech, Berdorf, Consdorf, Walbillig. Medernach Ermsdorf, Beckerich Saeul. 420 517 25—40 937 85 pierres de taille . 5.137 1,25—7 127 5.264 moellons 30—50 48 ‰ 48 ‰ pavés 1.782 1—2,50 1.782 pierraille 30 pièces 60 pierres à aiguiser 30 pièces Nombre des exploitations. 32 14 13 25 27 7 Nombre des ouvriers occupés. sous au terre. Jour. PRODUCTION. Spécification. Quantités en m 3 . QUANTITÉS Prix. employées dans exportées le Grand-Duché. à l'étranger. Communes de Betzdorf, Flaxweiler. Hesperange, Niederanven, Schuttrange, 20—30 94 pierres de taille . 25 25 moellons 6.451 1—2 ,50 6.451 40—140 pavés 8.997 ‰ 1.601 ‰ 801.3 ‰ pierraille 5.860 1—3 ,50 5.860 1.25—3 1.1.19 sable 1.119 Communes de Kœrich, Steinfort. 7.560 1—2 7.560 85 moellons 689 ‰ 40—60 pavés 622 ‰ 67%o pierraille 7.730 1.50—6 7.730 gravier 20.430 0,50—1,50 15.430 5.000 Communes de Contera, Eich, Hamm, Hollerich, Niederanven, Rollingergrund, Sandweiler 7.546 7.546 1,25—1,75 37 moellons 30—60 pavés 30½ ‰ 30½ ‰ 2.345 1,25—3 pierraille 2.345 2.195 1,50—2 sable 2.195 Carrières de grès bigarré. Communes de Feulen, Ettelbruck, Grosbous, Mertzig, Schieren, Useldange, Vichten. 306 306 65—75 50 pierres de taille . 1.588 1.588 1,50—3 moellons pavés 50 1‰ 1‰ 1.204 2 ,25—3 pierraille 1.204 Carrières de grès de Born. Communes de Mompach, Rosport. 981 40—50 39 pierres de taille . 224 757 1.145 1.145 moellons 3—5 Carrières de calcaire keuprique. Communes de Bissen, Bœvange. 6 6 moellons pierraille gravier 117 495 140 2 117 3—3,25 495 3,25 140 Carrières de grès coquillier. Commune de Bettendorf. 8 124 dalles 160 m 2 2,50—4 160 m 2 pierres de taille . 791. 100—115 686 105 moellons 1.310 1,25—1,50 1.310 pavés 435½ ‰ 80—100 400½ ‰ 35 ‰ Carrières de schiste et de quartzite, Communes d'Asselborn, Bœvange, Clervaux, Consthum, Heinerscheid, Hachiville, Hosingen, Munshausen, Troisvierges, Weiswampach, 62 107 moellons 3.382 3.382 1.50—3,75 pierraille 6.352 1,50—6,50 6.352 quartzite 40 40 7 Nombre des exploitations. 33 Nombre des ouvriers occupés. sous terre. au jour. PRODUCTION. Spécification. Quantités en m3. QUANTITÉS Prix. employées dans exportées le Grand-Duché. à l'étranger. Communes d'Alscheid, Boulaide, Esch-s.-Sûre, Eschweiler, Gœsdorf, Harlange, Heiderscheid, Mecher. Neunhausen, Oberwampach, Wiltz, Wilwerwiltz, Winseler. 135 67 moellons pierraille quartzite 3.709 6.246 14.100 1,25—5 1,50—6,25 6,50 3.709 6.246 14.100 Communes de Redange, Arsdorf, Bettborn, Bigonville, Folschette, Perlé, Wahl. 32 53 2.600 m 2 1.252 4.551 dalles moellons pierraille 3,75 1,50—2,50 1.25—5,25 1.200 m 2 o. st. 1.252 4.451 1.400 m 2 100 Communes de Bastendorf, Bourscheid, Erpeldange. 15 20 moellons pierraille 12 26 moellons pierraille 859 2.430 1,50—2 3,50—5 859 2.430 Communes de Vianden, Putscheid. 531 581 1,50—2 3,75—5,25 531 581 Carrières de pierres à chaux et dolomies. Communes de Beaufort, Echternach, Rosport. 18 7 pierre à chaux tuf 1.190 280 1,50—2 3—3,75 1.012 228 178 52 Communes de Diekirch, Ettelbruck, Feulen, Redange. 10 18 pierre à chaux. 3.171 1,25—3,50 3.171 Communes de Hollerich, Bertrange, Kehlen. 7 15 pierre à chaux.. pavés 5.343 3 1,50—3,75 ‰ 50 5.343 3‰ Communes de Grevenmacher, Biwer, Remich, Remerschen. 10 7 49 dolomie pierre à chaux 24.775 4.205 3,35—3,75 1,50—3,50 232 705 24.543 3.500 2.135 1.009 1.040 45 Platrières. Communes de Bous, Steinsel, Walferdange. 4 plâtre brut 13 3.144 6,50—7,50 Sablières. Communes de Mertert Grevenmacher, Remerschen. 6 10 sable 1.085 2—4 Communes de Diekirch, Bettendorf, Ettelbruck, Erpeldange, Mertzig, Reisdorf, Schieren. 13 14 17 19 sable 2.821 2—4 2.821 Communes de Beaufort, Bech, Berdorf, Consdorf, Rosport, Waldbillig. 1.339 1. 339 2—2,50 sable Communes de Bettborn. Ell. Folschette, Grosbous, Perlé, Redange, Saeul, Useldange, Vichten, Wahl. 4 27 sable et gravier . 1.829 1—5 1.829 5 34 L'industrie des terres et pierres est répandue sur toute l'étendue du Grand-Duché. Abstraction faite de l'exploitation minière et ardoisière, dont la première se fait à 86 sièges d'extraction différents avec 5.327 ouvriers et l'autre à 4 sièges d'extraction à 552 ouvriers, nous ne rencontrons nulle part des carrières occupant plus de 40 ouvriers. Le nombre des carrières en activité a été de 450 en 1912, occupant ensemble 1.300 ouvriers; 10 exploitations ont travaillé avec 20 à 40 ouvriers, 15 avec 10 à 20 et 25 avec 5 à 10 ouvriers. Les 400 autres carrières occupent de 1 à 5 hommes. La pierre de taille, le pavé, le sable et la pierre à chaux forment les produits les plus importants de nos carrières. Le calcaire à polypier, et surtout le grès qui se rencontre en excellente qualité, fournissent la pierre de taille, si appréciée dans le pays même et aussi à l'étranger, qui a absorbé en 1912 1.505 m 3 , soit 35 % de la production. Récemment l'exploitation de Merkholtz a mis en valeur l'excellent produit quartziteux de nos Ardennes. Sa production, qui renseigne pour 1912 14.100 m 3 , est en diminution de 1400 m 3 sur l'année précédente. Les autres petites carrières disséminées dans le dévonien ont fourni à peu près la même quantité de pierraille pour l'entretien des routes et chemins du pays. La valeur sur place de la production est d'environ 6,50 fr. le m 3 concassé. En considérant l'ensemble de la production de nos carrières, nous remarquons une diminution notable par rapport à l'année passée, laquelle avait déjà apporté une diminution. La cause en est dans l'emploi de plus en plus fréquent du ciment et du ciment armé dans les constructions civiles et industrielles. Ne va-t-on pas jusqu'à bannir entièrement la pierre ou le moellon des vastes halles d'usines ainsi que des grands magasins de commerce où l'on n'emploie que le fer et la scorie mariés avec l'universel liant, le ciment silicatant. L'imitation du granit, de la pierre de taille, de l'ardoise de couverture tout en ciment est d'un emploi courant et n'offre rien de surprenant pour les architectes-ingénieurs. Le ciment est la matière propre à tous les usages; le plaqué, l'artificiel dominent. Le monumental est réputé de luxe. Parfois l'écroulement désastreux des édifications bâtives et hasardées vient rappeler les constructeurs à la sage recommandation que le temps ne respecte pas ce qu'on fait sans lui. Les exploitations plâtrières, au nombre de 4, n'ont produit que le tiers de la quantité fournie en 1910. Faïencerie. La faïencerie de Septfontaines renseigne une production en augmentation, soit 2.083.580 kg. Les prix de production et de vente sont restés stationnaires ; il est à remarquer cependant que les matières premières poursuivent leur léger mouvement de hausse. La fabrication a été favorisée par de belles commandes de carreaux de revêtement et de pièces d'architecture, articles très demandés par l'Allemagne. Les ouvriers, au nombre de 305, ont toujours été bien occupés et les prix de la main-d'œuvre se sont maintenus. Leur recrutement s'est fait assez facilement. Une centrale électrique ainsi que d'autres machines et appareils ont été installés dans le courant de l'année. 35 Mosaïques et dallages céramiques. L'établissement de Wasserbillig renseigne pour l'année 1912 une production totale de 1.380 wagons, soit une légère diminution par rapport à l'année précédente. Les prix de revient ont été plus élevés en général à cause des hausses qui se sont produites sur les matières premières, alors que les prix de vente tendent à la baisse. Les soldes restés en magasin accusent une augmentation sur ceux de 1911. , Au point de vue de ses débouchés, cette industrie est réduite aux pays du Zollverein, mais ses produits y rencontrent de fréquentes difficultés par suite de leur provenance du Grand-Duché, c'est-à-dire d'un pays étranger, les diverses administrations de l'Etat et des communes de ces pays donnant la préférence aux produits indigènes. Pourquoi n'obtiendrait-elle pas alors, dans le GrandDuché, pour ses produits, des avantages analogues à ceux dont jouissent ses concurrents allemands dans leurs pays! Afin de faciliter les ventes dans les pays d'outre-mer et lui permettre ainsi d'écouler, par l'exportation, au moins une partie du trop-plein de sa production, notre industrie céramique devrait obtenir, de la part des chemins de fer luxembourgeois et belges, le bénéfice de tarifs de faveur pour ses expéditions vers Anvers. Les établissements belges, hollandais et allemands ont sur elle des avantages géographiques très considérables à tel point que seule une réduction sensible des frais de transport pourrait la mettre à même d'entreprendre la lutte avec quelque espoir de succès. Cette industrie a occupé 400 à 450 ouvriers qui ont travaillé régulièrement. Les prix de la main-d'œuvre montrent un renchérissement progressif. Industrie des ciments. La production et la vente des briques de laitier n'ont guère varié par rapport à l'année précédente. Par contre, la vente du ciment de laitier a été en augmentation, grâce à la forte consommation qui en est faite, spécialement par les importantes constructions des nouvelles usines du bassin minier. Les prix du ciment se sont maintenus au niveau de 1912 Le ciment armé se répand de plus en plus. Depuis quelque temps il en est fait usage dans les simples maisons d'habitation, écuries, remises etc. où il entre pour les hourdis et planchers, sans oublier les grands magasins dont la carcasse extérieure est faite couramment en ciment armé. H entre également dans les silos à minerai et à chaux, les réservoirs, bassins et massifs de machines des grandes usines. L'emploi toujours croissant du ciment armé a vivement stimulé la concurrence qui, par suite, est devenue plus vive, et les prix des travaux en ciment armé s'en sont ressentis en une certaine mesure. Alors que les matières premières et la main-d'œuvre augmentent, les prix des travaux en ciment armé s'acheminent vers la baisse. Comme la concurrence n'est pas toujours à la hauteur de sa tâche, elle est loin de s'exercer dans l'intérêt de cette branche. L'exécution doit en souffrir nécessairement. La fin de l'année écoulée a été particulièrement mouvementée pour l'industrie des ciments. 36 On avait cru, à un moment donné, que le syndicat rhénan-westphalien ne surmonterait pas les dernières difficultés qui s'opposaient à sa prolongation et l'on avait craint de revenir en 1913 aux années peu favorables de la libre concurrence. Ces craintes ne se sont pas réalisées. Les perspectives de la nouvelle année peuvent être considérées comme favorables. Malgré la dernière augmentation de 10 marks par 10 tonnes décidée par le syndicat rhénan-westphalien, la demande est restée assez active. Enfin l'entente avec le syndicat belge du ciment a pu être renouvelée en prévision de la prolongation du syndicat rhénan-wesphalien. Le syndicat de l'Allemagne du Sud a élevé ses prix de vente dès la prolongation du syndicat rhénan-westphalien. Briqueterie mécanique. Ainsi que nous l'avions prévu dans notre rapport de l'année passée, l'exercice 1912 n'a pas été aussi favorable à l'industrie de la briqueterie mécanique que les précédents. Le tonnage et la valeur des expéditions ont baissé dans la proportion de 10 % environ. Le syndicat de vente luxembourgeois a clos son troisième exercice le 1er mars 1913. Les résultats comparés à ceux des exercices précédents sont les suivants: Il a été expédié: en 1911—12 en 1912—13 par la briqueterie de Bettembourg, soc. an 4.021.000 briques 3.642.000 briques par la briqueterie de Mersch 1.553.000 » 1.200.000 » par la briqueterie de Zewen 449.000 » » » soit ensemble 6.023.000 briques 4.842.000 briques format normal et format belge. De plus, la briqueterie de Bettembourg a fourni 300.000 briques radiales. Les briqueteries se trouvant en dehors du syndicat ont vendu environ 3 millions de briques et les fabriques rhénanes et lorraines ont importé 2 millions de briques. Il est à regretter que les produits étrangers trouvent si facilement usage dans le pays, de préférence aux produits indigènes, car à l'étranger, en Alsace-Lorraine notamment, les administrations publiques n'admettent pas les produits luxembourgeois. Le syndicat de vente lorrain s'est reconstitué à partir du 1 e r mars 1913 et a été absorbé par le grand syndicat du Palatinat. Cet organisme, par les intérêts considérables qu'il représente, est devenu une puissance, et le syndicat de vente luxembourgeois est tout disposé à s'entendre avec son voisin, mais sans abdiquer une autonomie que les conditions du marché local rendent nécessaire. Malgré ces heureux symptômes d'union, l'année 1913 ne s'annonce pas comme devant être prospère. Les bruits de guerre arrêtent les constructions-et, d'autre part, la brique de laitier fait une concurrence acharnée à la brique cuite. C'est pourquoi l'industrie de la briqueterie mécanique a besoin de la bienveillance des pouvoirs publics et notamment les lois de prévoyance sociale devraient lui être appliquées avec mesure. Telle qu'elle est comprise actuellement, la loi sur les accidents du travail est pour la briqueterie mécanique une véritable loi d'expropriation. Après avoir été taxée au coefficient de risques 3, 37 27, 45, cette industrie figure actuellement sous la lettre L , ce qui implique le coefficient 70. Ce tarit dépasse les forces du contribuable. C'est ainsi qu'une briqueterie ayant eu en 1912 un chiffre d'affaires de 134.000 fr., a payé une contribution de 1.915,64 fr., soit 1,42 % du chiffre d'affaires total, ce qui est énorme. En 1913, en supposant toutes choses égales d'ailleurs, ce même établissement devra acquitter une taxe de 2.979,79 fr., soit 2,22 % ce qui est excessif. A ce tarif formidable il existe un remède: tout établissement industriel n'ayant eu au cours des trois dernières années d'exercice aucun accident de personnes susceptible d'indemnité, peut être dégrevé dans la proportion de 50 %. Or, la briqueterie en question n'a pas eu d'accident de ce genre depuis 1905, et pourtant, malgré les démarches les plus pressantes, toute diminution lui a été refusée. Par contre, l'Association ne se fait pas faute de majorer de 50 % la contribution des établissements où des accidents se sont produits. Si, d'une part, une loi sur l'assurance mutuelle ne sait tenir compte de toutes les réclamations individuelles, il n'est pas exagéré d'autre part cependant de réclamer le bénéfice des dispositions légales, surtout quand il s'agit d'une industrie aussi éprouvée que celle de la briqueterie mécanique. Cette industrie, pour soutenir une existence précaire, demande une somme d'efforts, de privations et de travail, devant laquelle bien des gens reculeraient. Elle ne jouit pas, en retour de la satisfaction que procurent les gains rapides et élevés. Il est de stricte justice qu'on lui applique sans lésiner les dispositions légales susceptibles de diminuer ses charges. Tannerie. L'année 1912 a vu les prix des cuirs en poils, l'indigène aussi bien que l'exotique, atteindre des niveaux élevés, inconnus jusqu'alors. L'impulsion, comme c'est le cas depuis nombre d'années, a été donnée par les Etats-Unis, dont l'influence s'est exercée sur tous les marchés. De plus, l'industrie en général consomme aujourd'hui beaucoup plus de cuirs qu'il y a une dizaine d'années. Néanmoins, et en dépit de cette circonstance, les fabricants ne parviennent pas à faire hausser les prix du tanné. Il faut faire remarquer encore que dans les pays exportateurs de cuirs, s'établissent des tanneries importantes, montées avec tous les perfectionnements de la technique moderne, de sorte que les importations de ces régions, qui nous approvisonnaient jadis, diminuent, en même temps qu'on exporte une grande partie de nos cuirs indigènes. Dans ces conditions, il n'y a plus que les grands établissements disposant de forts capitaux et pourvus d'un outillage perfect onné qui puissent prospérer en Europe. Ecorces à tan. Comme en 1911, le beau temps a favorisé la récolte des écorces à tan et la qualité a été excellente. Aussi, dès leur apparition, les écorces de première qualité furent-elles enlevées rapidement au prix de 2,45 fr. la botte de 25 kg. Mais, par suite de la hausse énorme des cuirs en poils, les tanneurs ont diminué leur fabrication, de sorte qu'une assez grande partie des écorces est restée invendue et les prix sont descendus à 2,30 fr. pour les écorces de première, et à 2,10 fr., pour les écorces de seconde qualité. 38 Ganterie. L'année 1912 a été très féconde pour l'industrie gantière au point de vue de l'ampleur des commandes et l'on travaillait à pleine allure pendant toute l'année, mais, malheureusement, ces commandes allaient en majeure partie aux qualités bon marché. Ensuite les marchands de peaux au courant des moindres détails de la situation, n'ont pas manqué, selon leur habitude, d'accaparer partout la peau brute pour arriver à pouvoir imposer aux fabricants des prix dépassant les limites du possible. D'un autre côté, la clientèle refusait la moindre augmentation de prix. Il en est résulté que les prix du produit fabriqué n'étaient pas en rapport avec les prix des matières premières, non compris les articles accessoires et les ingrédients nécessaires dans les trois branches de la fabrication, la mégisserie, la teinturerie et la ganterie proprement dite. Ces matières et substances ont subi, elles aussi, une augmentation de prix fort sensible. A toutes ces augmentations de prix est venue s'ajouter encore une augmentation générale des salaires. Un autre préjudice pour la ganterie résulte du fait que nombre de petits commerçants, tenant comme spécialité le gant de peau, disparaissent devant les grands magasins, qui, sans connaissance des particularités et de la différence de qualité de l'article, n'ont en vue, dans leurs achats, que la question de prix et cherchent à exercer la même pression sur tous les fabricants indistinctement contribuant ainsi à créer une situation malsaine. Aussi n'est-il pas rare de voir, dans les vitrines de ces magasins, des stocks entiers à des prix dérisoires, prix qui sont loin de représenter la maind'œuvre seulement, et qui, nécessairement, doivent laisser le fabricant en perte et abaisser le niveau général des prix. L'exportation des peaux mégissées et teintes vers les Etats-Unis est devenue très restreinte, la clientèle hésitant à placer de fortes commandes dans l'incertitude où elle se trouve par rapport au changement à la présidence, changement dont elle attend une modification des droits d'entrée. Dans ces circonstances et devant la possibilité d'une réduction des droits d'entrée que l'on espère pour la saison prochaine, la clientèle s'abstient de mettre des quantités de marchandises en stock et se borne à ne commander que le strict nécessaire, soit en peaux, soit en gants, et livrable de suite. L'exportation des peaux a diminué principalement à cause des grandes difficultés qu'elle rencontre à la douane. Les peaux sont soumises à un droit d'entrée de 20 % de leur valeur, mais les agents des douanes sont très prompts à frapper de fortes surtaxes les envois, sous prétexte que la valeur des peaux est supérieure au prix facturé et déclaré et que la marchandise est déclarée audessous de sa valeur réelle. Il en résulte de grands ennuis, des procès fort coûteux et, finalement, une stagnation des affaires. La mégisserie et la teinturerie ont produit à peu près le même chiffre que l'année précédente, soit 3.500.000 peaux, et la production de gants finis peut être évaluée à 75.000 douzaines de paires. Le nombre du personnel occupé n'a guère subi de changement et renseigne le même chiffre que pour l'année 1911, soit environ 770 ouvriers et 1500 ouvrières. Il convient d'ajouter que la production des gants pourrait atteindre un chiffre beaucoup plus élevé et occuper par conséquent un plus grand nombre d'ouvriers et d'ouvrières, si une regrettable 39 circonstance, que l'on ne rencontre nulle part ailleurs, ne s'y opposait. Contrairement à un usage suivi partout, les coupeurs n'admettent comme apprentis que ceux dont le père exerce ou a exercé le métier de coupeur-gantier. Il y a là une singulière anomalie. Les fils des coupeurs-gantiers n'entendent pas tous embrasser la profession de leur père et il y en a sans doute parmi eux qui réussiraient mieux dans un autre métier, alors que d'autres jeunes gens, se sentant du goût pour le métier de gantier, en sont impitoyablement exclus de par les statuts qui régissent l'Association des coupeurs-gantiers. C'est là une situation très préjudiciable à cette branche et qui s'oppose à l'extension de l'industrie gantière dans le Grand-Duché. Industrie textile. Dans la plupart des branches de l'industrie textile le mouvement des affaires a été assez intense. La production a été vivement sollicitée par une demande croissante, tant pour la draperie que pour la bonneterie. L'allure a continué d'être satisfaisante en articles laine et coton. Le marché des cotons, malgré les écarts de prix encore considérables, a présenté un aspect bien plus régulier que pendant l'année précédente et les soubresauts ont été moins violents. La récolte de 1911-12 dépassa toutes les espérances: l'Amérique donna 16 millions de balles, alors que l'Egypte approcha sensiblement de la précédente récolte, qui fut exceptionnelle. On pouvait donc s'attendre à une baisse générale des prix. En effet, le Middling American était coté, fin décembre 1911, 463/4 pf. sur la place de Brême, atteignant ainsi le niveau le plus bas que nous ayons vu au cours des dernières années. Mais déjà au moins de février la hausse commença à se dessiner sous la poussée des achats considérables des consommateurs, désireux de se couvrir aussi largement que possible; elle s'accentua, et, à la fin du mois de juin, d'étape en étape, le prix se fixa à 70½ p i , supérieur de 50 % au prix du début de l'année. Au mois d'octobre nous retrouvons les cotons à 58 pf., mais vers la fin de l'année, à 66 pf. La récolte de 1912-13 ouvre des perspectives rassurantes. En filés de coton, le mouvement des affaires n'a pas laissé que d'être très actif; cet article a répercuté les variations de prix des matières premières. A partir du printemps, le commerce des laines a témoigné d'une activité inconstestable et les prix se sont orientés vers la hausse. La disproportion entre l'allure de la consommation qui s'accroît sans cesse et les ressources assez précaires de la production donnent à réfléchir. La production de la laine n'augmente guère: l'Argentine, poussée vers la culture des céréales, restreint l'élevage du mouton ; l'Australie, d'autre part, semble avoir atteint l'extrême limite de sa production. Teinturerie et blanchissage des tissus. L'amélioration survenue à la fin de l'année 1911 dans l'industrie de la teinture des toiles de lin et de coton s'est maintenue pendant toute l'année 1912, provoquant une augmentation fort appréciable de la production. Cette année aurait été franchement bonne si les prix de teinture avaient pu être mis en rapport avec la cherté de la main-d'œuvre et les cours excessifs de la presque totalité des divers produits servant à la teinture ou à l'apprêt des toiles, et dont quelques-uns, 40 comme les fécules, amidons, dextrines, etc. avaient augmenté de 50-60 % par suite de la récolte déficitaire des pommes de terre et des blés en 1911. La demande en toiles est restée active pondant toute l'année et il n'y a pas de stocks à signaler les tissus s'enlevant aussitôt fabriqués. L'agrandissement des usines de notre bassin minier et de la Lorraine voisine, en provoquant un afflux considérable d'ouvriers, a stimulé la demande de vêtements d'ouvriers et, par répercussion, favorisé la teinturerie. Malgré l'abondance de la récolte de coton, les prix des tissus ont été non seulement soutenus, mais ils ont gagné des avances successives, allant jusqu'à 10 et 15 %, et la tendance à la hausse persiste toujours. Les prix des toiles de lin ont augmenté, à leur tour, de plus de 10 %. Le nombre des ouvriers occupés dans la teinturerie n'a guère varié au cours de l'année 1912. Il n'y a pas de chômage pour manque de travail à relever. Les bonnes dispositions du marché laissent entrevoir une certaine durée de la situation actuelle, qui est satisfaisante en somme, voire même un nouvel essor de la teinturerie, le danger de complications politiques une fois écarté. Il y a lieu de faire remarquer que les mesures prises par la douane sont contraires aux intérêts des maisons qui sont forcées de fabriquer les tissus écrus à l'étranger pour les terminer à l'intérieur du Zollverein. En effet, certaines toiles blanchies sont expédiées à l'étranger pour y être brodées; celles qui sont tissées et blanchies en Allemagne peuvent rentrer en franchise de droits après avoir été ouvragées, mais celles qui sont tissées à l'étranger et blanchies dans le Zollverein ne peuvent bénéficier de ce traitement, malgré qu'elles aient payé à leur entrée en écru les droits allemands et devraient par conséquent être traitées sur le même pied que celles tissées en Allemagne. Pour justifier cette mesure, l'administration prétexte que toutes les opérations concernant la fabrication des tissus doivent être faites en Allemagne, mais elle oublie que les fils employés à la confection de ces toiles sont en majeure partie filés en Belgique et en Irlande et que, par suite ces toiles ne sont pas non plus de pure fabrication allemande. En donnant une interprétation un peu large au règlement, on pourrait faire bénéficier ces toiles du même traitement de faveur à leur entrée. Industrie du vêtement. La production des vêtements de travail qui, jusque dans ces dernières années, provenait presque exclusivement de la confection faite a domicile par les ouvrières, ne peut plus guère s'obtenir maintenant qu'en ateliers organisés mécaniquement avec force motrice. L'installation et l'entretien coûteux de ces ateliers, la rareté et la cherté de la main-d'œuvre, rendent cette industrie de plus en plus difficile et de moins on moins rémunératrice pour les fabricants du pays qui doivent concourir avec ceux d'Allemagne où cette main-d'œuvre est plus abondante. Distillerie. Le nombre des distilleries on activité pendant la campagne 1911-1912 a été de 1042, dont 522 distilleries agricoles travaillant des matières farineuses, et 520 distilleries de fruits. Le nombre des distilleries en activité pendant la campagne précédente avait été de 1091. 41 Il a été employé à la distillation: matières tanneuses 4.007.900 kg. fruits à noyaux 3.366 M. fruits à pépins 3.582 lies de vin 1.104 marcs de raisins 18.026 Les droits payés par les distilleries se répartissent comme suit: droit de consommation 968.329 mk., droit d'exploitation 10.329 mk., soit ensemble 978.658 mk. L'Etat a donc perçu en droits d'accise 1.223.322,50 fr. contre 1.273.700 fr. pour la campagne précédente. Brasserie. L'exercice 1912 laisse aux brasseurs du Grand-Duché de bien mauvais souvenirs. Non seulement les prévisions pessimistes que nous avions exprimées dans notre dernier rapport, se sont réalisées, mais les résultats industriels ont encore été plus défavorables qu'on n'avait pu le supposer. C'est qu'au pronostic fâcheux fondé sur la cherté extraordinaire des matières premières, est venue s'ajouter, par surcroît de malheur, l'inclémence de toute la saison d'été 1912. Malgré la vaillance avec laquelle les industries indigènes continuaient à lutter contre la concurrence étrangère et l'importation de bières allemandes, le chiffre total de la production qui, les années précédentes, avait accusé un mouvement nettement ascensionnel, marque, pour 1912, une diminution d'environ 30.000 hectolitres. Il convient toutefois de relever que la consommation de cidre, assez forte dans certaines régions du pays et due à une récolte particulièrement abondante des pommes en 1911, n'a pas été sans exercer une certaine influence sur la marche des affaires de brasserie. Dans l'intérêt de la statistique. il suffira de retenir les données de comparaison ci-après: Exercice 1911. Exercice 1912. 5.475.345 kg. malt employé 5.417.932 kg. bière fabriquée 297.986 kl. 326.946 hl. 459.502 fr. 464.832 fr. droits d'accise 10.851 hl. bière exportée 13.246 kl. L'année 1913 s'annonce-t-elle sous de meilleurs auspices que sa devancière? Question assez délicate à résoudre à l'heure qu'il est. Si, d'une part, le prix du houblon, en général d'excellente qualité, est tombé de près des deux tiers, d'autre part, l'orge de 1912, quoique de qualité inférieure, continue à être cotée sensiblement aux mêmes prix. Si la fabrication paraît ainsi se faire dans des conditions plus avantageuses, il est également permis d'espérer qu'une saison d'été plus favorable viendra encourager la consommation en 1913. Industrie des tabacs. L'industrie des tabacs a suivi son développement normal en 1912: nos 14 fabriques ont été occupées régulièrement durant toute l'année et le nombre des ouvriers employés renseigne une légère augmentation. . 6 42 La production a quelque peu augmenté pour les principaux articles, tabacs à fumer et cigarettes; pour la filature et les cigares elle a plutôt diminué. Elle peut être évaluée à 1.450.000 kg, de tabacs à fumer, 4200 kg. de tabacs en rôles, à fumer et à mâcher, 75 millions de cigarettes et 4 millions de cigares. La consommation des cigarettes suit une marche ascendante au détriment de celle des cigarres qui est en baisse. La majeure partie de la production est placée et consommée dans le Grand-Duché et en Alsace-Lorraine. Les débouchés à l'étranger se rétrécissent de plus en plus sous l'effet des mesures douanières et l'exportation perd toujours du terrain, aussi bien en Europe que dans les pays d'outre-mer, par suite de l'augmentation des droits d'entrée. Si l'écoulement de la production a été facile, les conditions de fabrication et l'allure des prix de revient n'ont guère donné satisfaction aux fabricants. La matière première, les tabacs en feuilles de toutes provenances, se maintient depuis une série d'années à un niveau très élevé, la culture dans les divers centres de production ne pouvant suivre la demande croissante de la consommation par suite de l'insuffisance de la main-d'œuvre que cette culture exige pendant la période de la croissance de la plante et pendant la récolte. Des récoltes déficitaires ou de mauvaise qualité dans certains centres ont accentué cette situation. A ces prix élevés viennent s'ajouter les lourdes charges des impôts, des droits d'entrée, la «Wertsteuer», celle-ci proportionnellement plus forte sur les prix élevés, et la tendance croissante des salaires provoquée par le renchérissement de la vie, alors que l'âpre concurrence s'oppose à une amélioration correspondante du prix des produits. La charge des impôts et droits grevant les produits fabriqués se fait particulièrement sentir par suite de l'immobilisation de capitaux importants qui rentrent lentement parfois et des longs crédits exigés par la clientèle. Quelques bonnes récoltes successives seules pourraient améliorer la situation des fabricants en ramonant à des cours normaux les matières brutes et rendre l'industrie des tabacs plus satisfaisante et plus lucrative. En Allemagne cette industrie doit faire face à un péril qui la menace de la part du trust américain, lequel dispose d'énormes capitaux et englobe la majeure partie de la fabrication et du commerce des tabacs dans les Etats-Unis et en Angleterre. Ce trust a su acquérir sous main plusieurs grandes fabriques de cigarettes en Allemagne et paraît disposé à étendre son action de plus en plus. S'il réussissait dans ses tentatives, il finirait par ruiner, par sa puissante concurrence, les petits établissements qui ne peuvent lui opposer qu'une faible résistance et à dominer ensuite le marché. Il est à espérer que les efforts des fabricants allemands qui ont; fondé, à Francfort, pour la défense de leurs intérêts menacés, le «Verband zum Schute der deutschen Tabakindustrie», empêcheront ce monopole de se créer dans le Zollverein comme il existe virtuellement dans les EtatsUnis et en Angleterre. Si, contre toute attente, les projets du trust (lovaient se réaliser, l'industrie des tabacs du Grand-Duché aurait à on subir également les conséquences néfastes. Imprimerie. L'allure franchement favorable de l'imprimerie, alimentée par un courant d'ordres très suivi, s'est continuée pendant la plus grande partie de l'année. Des défaillances, assez anodines il est vrai, se sont produites pendant les derniers mois. L'industrie, qui est un des gros clients de l'imprimerie, commençait alors à témoigner d'une certaine réserve: les ordres, même ceux de moindre 43 importance, étaient généralement précédés de demandes de prix, et, par suite, les affaires devenaient plus difficiles. Depuis, les consommateurs ont réduit leurs ordres et les demandes de prix ont sollicité dans une forte mesure la concurrence étrangère. La situation des affaires en imprimerie, depuis le début de l'année 1913, a perdu non seulement au point de vue de l'ampleur des commandes, mais aussi à celui de la tenue des prix. La consommation s'est portée davantage sur les articles bon marché que les maisons exotiques accaparent très souvent. Des firmes étrangères qui sont liées à l'intérieur par des conventions de tarifs se livrent à un véritable «dumping» sur le marché luxembourgeois et contribuent ainsi à l'avilissement des prix. Le journal et le périodique étendent leur marché, alors que le livre se trouve limité par des débouchés trop restreints. L'annonce, qui transforme rapidement ses procédés et ses aspects, prend une importance sans cesse grandissante dans l'organisation commerciale moderne. Il y a lieu de faire remarquer cependant que le commerce luxembourgeois ne semble pas se rendre suffisamment compte de son efficacité; les commerçants montrent une certaine indifférence à l'égard de la publicité et ils sont lents à suivre l'exemple qui leur vient du dehors. Le colportage, qui s'exerce toujours ici sur une, vaste échelle, fait une concurrence désastreuse à la librairie et à certaines branches de l'imprimerie, notamment à travers le bassin minier. Comme nous avons déjà fait remarquer dans nos rapports antérieurs, le colportage n'assure aucun avantage sérieux au consommateur, mais les procédés commerciaux qu'il met en usage lui gagnent toujours une certaine clientèle qui se laisse prendre aux apparences d'un bon marché, trompeur le plus souvent, car il est reconnu qu'à conditions égales le colportage ne peut soutenir la concurrence contre les maisons luxembourgeoises. Les 40 imprimeries du pays ont occupé, en 1912, 250 ouvriers dont les salaires oscillent entre 30 et 50 fr. par semaine. L'outillage technique, qui s'est considérablement modernisé au cours des dernières années, comprend actuellement 16 machines à composer des différents systèmes, 4 machines rotatives, 58 presses typographiques et 47 presses à platine. Comme force motrice 22 établissements emploient l'électricité; 10 autres marchent avec des moteurs à gaz. Horticulture. La floriculture et la culture maraîchère, grâce aux efforts soutenus et intelligents de nos horticulteurs et jardiniers, sont toujours en progrès. Il serait à souhaiter pour l'art floral que l'étrange devise «ni fleurs ni couronnes», contre laquelle nos collègues français ont à lutter sans relâche, ne s'introduisît pas chez nous. L'année a été favorable aux cultures des pépiniéristes et des rosiéristes. Les arbres et arbustes ont trouvé acheteurs à des prix assez rémunérateurs. Les rosiers de production courante, au contraire, ont été offerts au printemps à des prix dérisoires. L'automne a vu se rétablir légèrement les prix. En décembre, ceux-ci ont de nouveau considérablement fléchi. Il est étrange et inconcevable que, dans cette branche, on s'obstine à pratiquer des cotes qui marchent toujours en raison inverse des frais de production. Il y a évidemment chez nous, et sur tout le marché, surproduction de ces articles. 44 La matière première a été chère. Nos rosiéristes ont toujours beaucoup de peine à s'approvisionner en églantiers des bois. Le stock de «caninas» de semis était considérable en août. Grâce, cependant, à l'entente des producteurs au moment de la conclusion des marchés, il a été traité à des prix élevés. Ceux-ci sont retombés lourdement vers la fin de l'année, alors que nos rosiéristes avaient, depuis longtemps, fait leurs approvionnements et ne pouvaient plus profiter des offres avantageuses. Notre commerce horticole serait en droit d'attendre, comme compensation aux multiples charges qui sont venues le grever, une réduction du tarif postal des imprimés avec la France et de celui des lettres avec l'Autriche. Il serait reconnaissant au Gouvernement si celui-ci arrivait à une entente avantageuse avec ces deux pays. Conserves de légumes. L'établissement de Beaufort renseigne une production de 160.000 litres-kilogrammes, supérieure de 40.000 litres-kilogrammes à celle de l'année précédente. Une partie plus importante de la production a été vendue dans le Grand-Duché où la consommation des conserves de légumes fait de rapides progrès, mais l'Allemagne reste toujours le principal débouché. Une légère amélioration des prix de vente s'est fait sentir en 1912. D'autre part, les matières premières, notamment les graines pour semences, les fers blancs, les charbons, etc. montrent des prix en hausse; seul le prix des caisses d'emballage est resté stationnaire. Le nombre des ouvriers et ouvrières a varié de 100 à 200. Les équipes régulières ont travaillé sans interruption: les prix de la main-d'œuvre continuent à s'orienter vers la hausse. Les ouvrièrescueilleuses sont recrutées, en partie, dans les Flandres, la main-d'œuvre indigène étant insuffisante. Meunerie. Si l'année 1.912 a été sans doute meilleure pour la meunerie luxembourgeoise que sa devancière, elle n'a pas laissé que de donner certaines déceptions au point de vue de ses résultats financiers. Par suite do l'insuffisance de la récolte de .1911, nos meuniers ont dû importer beaucoup de blés étrangers à des prix assez élevés, alors que la concurrence des grands établissements de la Prusse et de l'Alsace-Lorraine ne leur permettait pas de relever leur prix de vente en proportion avec celui des blés, et ce n'est qu'à la faveur des cours exceptionnels des sons et issues qu'elle a pu rétablir l'équilibre.

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