📄 Texte de loi
517
Mémorial
Memorial
du
des
Grand-Duché de Luxembourg.
Großherzogtums Luxemburg.
Jeudi, 5 Juin 1913.
N° 35.
Avis. — Fête anniversaire de la GrandeDuchesse.
Pour célébrer l'anniversaire de la naissance
de S. A. R. Madame la Grande-Duchesse, un
Te Deum solonnel sera chanté le samedi,
14 juin ct., à Luxembourg, en l'église cathédrale, à 11 heures du matin, dans les
églises paroissiales des autres villes à l'heure
convenue, et dans les églises paroissiales de
la campagne, le dimanche, 15 juin, immédiatement après la grand'messe.
Toutes les autorités, tous les fonctionnaires
et employés sont invités à assister à cette
solennité religieuse.
Les collèges des bourgmestre et échevins
des villes et communes sont chargés de régler
le programme de la dite fête publique. Ils me
feront parvenir leurs rapports y relatifs par
l'intermédiaire de MM. les commissaires de
district; le rapport de la ville de Luxembourg
me sera envoyé directement.
Luxembourg, le 2 juin 1913.
Le Ministre d'Etat,
Président du Gouvernement,
EYSCHEN.
Donnerstag, 5. Juni 1913.
Bekanntmachung. — Geburtstag der Großherzogin.
Zur Feier des Geburtstages J. K. H. der
Großherzogin wird am Samstag, den 14. Juni ct.,
zu Luxemburg in der Kathedralkirche, um 11 Uhr
morgens, in den Pfarrkirchen der anderen Städte
zur abgeredeten Stunde, und in den übrigen
Pfarrtirchen des Landes am Sonntag, den
15. Juni, unmittelbar nach dem Hochamte, ein
feierliches Te Deum abgehalten werden.
Alle Behörden, Beamten und Angestellten
werden ersucht, dieser religiösen Feierlichkeit
beizuwohnen.
Die Schöffenkollegien der Städte und Gemeinden werden das Programm dieser öffentlichen Feier anordnen und mir über dessen
Verlauf durch die Vermittlung der HH. Distrikskommissare berichten; der Bericht der Stadt
Luxemburg wird mir unmittelbar zugehen.
Luxemburg, den 2. Juni 1913.
Der Staatsminister,
Präsident der Regierung,
Eyschen.
Arrêté du 16 mai 1913, concernant la publication Beschluß vom 16. Mai 1913, die Veröffentlichung
des allgemeinen Berichtes der Handelskammer
au rapport général de la Chambre de commerce
für das Jahr 1912 betreffend.
pur l'année 1912.
LE MINISTRE D'ETAT,
PRÉSIDENT DU GOUVERNEMENT ;
Der Staatsminister,
Präsident
der
Regierung;
Vu le rapport général de la Chambre de commerce sur la situation du commerce et de l'in-
Nach Einsicht des allgemeinen Berichtes der
Handelskammer über die Lage des Handels
518
dustrie dans le Grand-Duché pendant l'année
1912;
und der Industrie des Großherzogtums während
des Jahres 1912;
Beschließt:
Arrête:
Article unique.- Le rapport prémentionné
sera publié comme annexe au Mémorial
Luxembourg, le 16 mai 1913.
Einziger Artikel. Erwähnter Bericht soll als
Beilage zum „Memorial" veröffentlicht werden.
Luxemburg, den 16. Mai 1913.
Le Ministre d'État,
Président du Gouvernement,
Der Staatsminister,
Präsident der Regierung,
EYSCHEN.
Eyschen.
Avis.
— Administration des Contributions
directes et Accises.
Par arrêté grand-ducal du 21 mai ct., le
M. Paul Schlesser, commis de 1re classe à
la Direction des Contributions à Luxembourg,
a été nommé receveur des Contributions à
Roodt-s.-S.
Par le même arrêté le bureau de Roodt-s.-S,
a été rangé dans la 7 m e classe.
Luxembourg, le 31 mai 1913.
Le Directeur général des finances,
M . MONGENAST.
Bekanntmachung. — Steuer- und Akzisenverwaltung.
Durch Großh. Beschluß vom 21. Mai ct.,
ist Hr. Paul Schlesser, Kommis 1. Klasse
der Steuerdirektion zu Luxemburg, zum Steuereinnehmer zu Roodt a, d. S. ernannt worden.
Durch denselben Beschluß ist die Einnahmestelle zu Roodt in die 7. Klasse eingereiht
worden.
Luxemburg, den 31. Mai 1913.
Der General-Direktor der Finanzen,
M. Mongenast.
Avis. — Caisse de maladie.
Bekanntmachung. — Krankenkasse.
Par arrêté du soussigné en date de ce jour
la modification apportée à l'art. 17 des statuts
de la caisse de maladie de la «Société anonyme, des chemins de fer cantonaux luxembourgeois» à Diekirch, par décision de l'assemblée
générale du 24 avril 1913, a été approuvée.
Durch Beschluß des Unterzeichneten vom heutigen Tage ist die von der Generalversammlung
vom 24. April 1913, an Art 17 des Statuts
der Krankenkasse der „Luxemburger Kantonalbahnen" zu Diekirch vorgenommene Änderung
genehmigt worden.
Le premier alinéa de l'art. 17 sera remplacé par la disposition suivante:
Art. 17. — Les cotisations sont fixées à 3 % du salaire réel déterminée conformément à l'art, 6 Il en
tant que ce salaire ne dépasse pas cinq francs par jour ouvrable; 1 % de ces cotisations est à verser
par le patron et 2 % seront à verser par les assurés.
Luxembourg, le 30 mai 1913.
Luxemburg, den 30. Mai 1913.
Der Staatsminister,
Le Ministre d'Etat,
Präsident der Regierung,
Président du Gouvernement,
Eyschen.
EYSCHEN.
419
Avis. — Associations syndicales.
Par arrêtés du soussigné en date de ce
jour, les associations syndicales pour l'établissement de chemins d'exploitations: 1° à Heisdorf, aux lieux dits «In den Hombuchen», «Im
Brill» ; 2° à Mullendorf, aux lieux dits « In
Romesch», «In den Kirten»; 3° à Dillingen,
aux lieux dits «Auf den Æssen», «Auf Thenäcker», etc., ont été autorisées.
Ces arrêtés ainsi qu'un double des actes
d'association sont déposés au Gouvernement
et aux secrétariats communaux de Steinsel et
de Beaufort.
Luxembourg. le 30 mai 1913.
Bekanntmachung. — Syndikatsgenossenschaften.
Durch Beschluß des Unterzeichneten vom
heutigen Tage sind die Genossenschaften für
Anlage von Feldwegen: 1. zu Heisdorf, Orte
genannt „ I n den Hombuchen", „Im Brill";
2. zu Müllendorf, Orte genannt „In Romesch",
„In den Kirten"; 3. zu Dillingen, Orte genannt „Auf den Ässen", „Auf den Thenäcker",
usw., ermächtigt worden.
Diese Beschlüsse sowie ein Duplikat der
Genossenschastsatten sind auf der Regierung
und den Gemeindesekretanaten von Steinsel
und Befort hinterlegt.
Luxemburg, den 30. Mai 1913.
Le Ministre d'Etat,
Président du Gouvernement.
EYSCHEN.
Avis. — Association syndicale.
Par arrêté du soussigné en date du 31 mai ct.,
l'association syndicale pour la construction
d'un chemin d'exploitation aux lieux dits
«Im Allerbornerpad », etc., à Troine, dans la
commune de Bœvange, a été autorisée.
Cet arrêté ainsi qu'un double de l'acte d'association sont déposés au Gouvernement et au
secrétariat communal de Bœvange.
Der Staatsminister,
Präsident der Regierung,
Eyschen.
Bekanntmachung. — Syndikatsgenossenschaft.
Durch Beschluß des Unterzeichneten vom 31.
Mai ct., ist die Syndikatsgenossenschaft für
Anlage eines Feldweges, Orte genannt „ I m Allerbornerpad" usw. zu Trotten, Gemeinde Bögen,
genehmigt worden.
Dieser Beschluß sowie ein Duplikat des Gemossenschaftsaktes find auf der Regierung und
dem Gemeindesekretariate von Bögen hinterlegt.
Luxemburg, den 31. Mai 1913.
Luxembourg, le 31 mai 1913.
Le Ministre d'Etat,
Président du Gouvernement,
EYSCHEN.
Avis. — Associations syndicales.
Conformément à l'art. 2 de la loi du 27 mars
1900, la société locale agricole de Berbourg a
déposé au secrétariat communal de Manternach
l'un des doubles de l'acte d'association sous
seing privé, dûment enregistré, ainsi qu'une
liste indiquant les noms, professions et domicile des administrateurs et de tous les associés.
Der Staatsminister,
Präsident der Regierung,
Eyschen.
Bekanntmachung. — Syndikatsgenossenschaften.
Gemäß Art. 2 des Gesetzes vom 27. März 1900,
hat der landwirtschaftliche Lokalverein von Berburg auf dem Gemeindesekretariat von Manternach, ein Duplikat der einregistrierten Privaturkunde, betreffs des Genossenschaftsaktes, nebst
einem Verzeichnis hinterlegt, das Namen, Stand
und Wohnort der Verwaltungsräte, sowie sämtlicher Mitglieder angibt.
Luxemburg, den 2. Juni 1913.
Luxembourg, le 2 juin 1913.
Le Ministre d'Etat,
Président du Gouvernement,
Der Staatsminister,
Präsident der Regierung,
EYSCHEN.
Eyschen.
520
Avis. — Règlement communal
En séance du 22 mars 1913, le conseil communal de la ville d'Esch-s.-Alz. a édicté un
règlement sur le colportage dans cette commune. — Le dit règlement a été dûment approuvé et publié.
Luxembourg, le 29 mai 1913.
Le Directeur général de l'intérieur,
BRAUN.
Avis. — Règlement communal.
Dans leurs séances des 5 janvier 1913, resp.
24 janvier et 19 avril 1913, le conseil de fabrique
d'église de Nœrtrange et le conseil communal
de Winseler ont arrêté, d'accord avec le bureau
des marguilliers et le curé de la paroisse de
Nœrtrange, un règlement de police sur le jubé
de l'église paroissiale de Nœrtrange. — Le dit
règlement a été dûment publié.
Luxembourg, le 31 mai 1913,
Le Directeur général de l'intérieur,
BRAUN.
Avis. — Timbre.
Il résulte d'une quittance délivrée par le
receveur de l'enregistrement des actes civils
à Luxembourg, le 30 mai 1913, vol. 58, n° 42,
que la société anonyme luxembourgeoise des
chemins de fer et minières Prince-Henri a
acquitté le droit de timbre, à raison de soixantequinze mille actions, portant les nos 1 à 75000,
d'une valeur de 500 fr. chacune, en remplacement d'autant «d'actions émises antérieurement, de même valeur et portant les mêmes
numéros.
L'a présente publication est destinée à satisfaire à l'art 5 de la loi du 25 janvier 1872.
Luxembourg, le 31 mai 1913.
Le Directeur général des finances,
M. MONGENAST.
Bekanntmachung. — Gemeindereglement.
In seiner Sitzung vom 22. März 1913hatder
Gemeinderat von Esch a. d. Alz. ein Reglement
über den Hausierhandel in dieser Gemeinde erlassen. — Besagtes Reglement ist vorschriftsmäßig
genehmigt und veröffentlicht worden.
Luxemburg, den 29. Mai 1913.
Der General-Direktor des Innern.
Braun.
Bekanntmachung. — Gemeindereglement.
In seiner Sitzung vom 5. Januar 1913 bezw.
24. Januar und 19. April 1913 hat der Kirchenfabrikrat von Nörtringen und der Gemeinderat
von Winseler, im Einvernehmen mit der Kirchmeisterstube und dem Pfarrer von Nörtringen
ein Polizeireglement über die Emporbühne der
Pfarrkirche von Nörtringen erlassen. — Besagtes
Reglement ist vorschriftsmäßig veröffentlicht
worden.
Luxemburg, den 31. Mai 1913.
Der General'Direktor des Innern,
Braun.
Bekanntmachung. — Stempel.
Zufolge einer untern: 30. Mai 1913, Band 58,
Nr. 503 vom Einregistrierungseinnehmer der Zivilakten zu Luxemburg ausgestellten Quittung
hat die Anonyme Prinz-Heinrich-Eisenbahn- und
Erzgrubengesellschaft die Stempelgebühr entrichtet für 75.000 Aktien mit den Nrn. 1 bis
75.000 von je 500 Fr. in Ersetzung ebensovieler,
früher verausgabter Aktien, von gleichem Wert
und mit denselben Nummern.
Gegenwärtige Bekanntmachung soll dem Art. 5
des Gesetzes vom 25. Januar 1872 Genüge leisten.
Luxemburg, den 31. Mai 1913.
Der General-Direktor des Finanzen,
M. M o n g e n a s t .
V. BÜCK. IMPRIMEUR DE LA COUR. LUXEMBOURG.
1
Mémorial
Memorial
du
des
Grand-Duché de Luxembourg.
GroßherzogtumsLuxemburg.
Annexe au N° 35,1913.
RAPPORT GÉNÉRAL
SUR LA
SITUATION DE L'INDUSTRIE ET DU COMMERCE
PENDANT L'ANNÉE 1912.
Aperçu le la situation économique.
Au point de vue industriel et commercial l'année 1912 apparaît comme nettement favorable.
Une activité générale et sans précédent n'a cessé de régner dans toutes les branches de l'industrie,
le mouvement des échanges a atteint une ampleur tout à fait remarquable et les résultats financiers,
pris dans leur ensemble, ont été très satisfaisants.
La réserve dont témoignait encore le marché au début de l'année, et qui avait sa cause dans
les inquiétudes qu'avait fait naître la guerre italo-turque, disparut aussitôt quand on acquit la
certitude que les hostilités resteraient limitées aux deux pays en présence. Dès les premiers mois
on pouvait constater un retour de faveur des capitaux vers les valeurs industrielles. Les placements
en titres à revenu fixe, arrivés à leur période de saturation, étaient délaissés. L'épargne cherchait
un emploi d'un autre côté. Ce revirement ne manqua pas d'exercer une heureuse influence sur
le développement de l'industrie et le brusque déchaînement de la guerre balkanique ne parvenait
pas à ébranler la confiance dans l'avenir. La puissance du mouvement économique était telle
que l'aspect inquiétant de la situation politique internationale ne put arrêter l'admirable essor
pris par l'industrie dans les neuf premiers mois de l'année.
Les chiffres du commerce extérieur du Zollverein réflètent cette marche irrésistible en avant.
Les importations se sont élevées à 10.292 millions de marks, supérieures de 586 millions à l'année
précédente; les exportations ont atteint 8.888 millions de marks, dépassant de 182 millions le
chiffre de 1911, L'excédent des importations sur les exportations a été de 1404 millions contre.
2
1600 millions en 1911. La courbe du commerce extérieur s'est développée comme suit pendant
a dernière période quinquennale:
(en millions de marks)
Importations.
Exportations.
6.481,7
8.077,1
1908
6.858,9
8.860,4
1909
7.644,2
9.305,8
1900
8.219,9
9.811,6
1911
8.888
10.292
1912
Comme conséquence naturelle de l'essor extraordinaire de l'industrie et de commerce, nous
avons à signaler un renchérissement continu de l'argent. De nouvelles entreprises, surgissant de
tous les côtés, absorbèrent des capitaux considérables. D'autre part, les retraits de fonds auprès
des établissements de banque et des caisses d'épargne dans les pays de l'Union douanière, qui ont
été effectués surtout pendant les derniers mois de l'année 1912 à la suite des complications politiques toujours plus menaçantes, provoquèrent un rétrécissement fort gênant sur le marché
monétaire, de telle sorte que la Banque de l'Empire d'Allemagne, qui est pour notre pays la principale banque régularisatrice, s'est vu obligée d'élever le taux d'escompte à 6 % dès le mois de
novembre. Alors que le taux moyen de cet établissement était de 4,35 on 1911, il s'est élevé en
1911 à 4,93. On peut d'ailleurs constater la môme élévation pour le taux d'escompte des autres
pays voisins:
France.
Belgique.
Hollande.
Angleterre.
3,45
3,47
4,38
1911
3,13 3,13
1912
4,00
1912
3,38
5,15
4,00
3,76
3,76
Le cours du taux officiel de l'escompte en Allemagne pendant l'année 1912 offre les variations
suivantes:
5% jusqu'au 11 juin,
4½%
4½% jusqu'au 24 octobre,
novembre,
5%
5% jusqu'au 14 novembre;,
6% jusqu'à la fin de l'année.
Les index numbers (de M. Sauerbeck), qui jouissent d'une considération reconnue, font ressortir un relèvement très significatif des prix. Ils s'établissent pour les différents mois comme
suit:
janvier
81,8
mai
janvier
81,8
85,0
septembre 86,7
février
82,9
juin
85,5
octobre
85,8
mars
84,4
juillet
86,5
novembre 85,3
avril
avril
85,0
août
85,9
décembre
86,4
Le relèvement s'est poursuivi d'une façon rapide et discontinue jusqu'au mois de septembre
qui marque le sommet de la courbe; une baisse se produit à cette époque, mais cette baisse n'a
été ni fort longue ni très prononcée, et l'année finit sur une nouvelle hausse des prix indicateurs.
Si nous tirons les moyennes des nombres indicateurs des années précédentes, nous obtenons 80
pour l'année 1907, 73 pour 1908, 74 pour 1909, 78 pour 1910, 80 pour 1911 et 85 pour 1912. Le
4,00
3
relèvement, des prix pour l'année dernière apparaît donc comme particulièrement brusque et
violent.
Nous n'entendons pas tirer des conclusions définitives de ces nombres. Il y a certes une grande
part d'arbitraire dans les procédés qui servent, à établir les tableaux des nombres indicateurs et
ceux-ci ne peuvent fournir que des résultats approximatifs. Pour que la moyenne de ces nombres
lût exacte, elle devrait comprendre l'ensemble des transactions faites à une même époque et
s'inspirer de tous les produits et du volume des transactions sur chaque produit de manière à
affecter les prix de coefficients proportionnels au rôle que chacun a joué dans le mouvement des
affaires. Mais ces statistiques, tout imparfaites qu'elles soient, permettent de suivre les variations
qui se produisent dans l'évolution économique.
Le renchérissement de la vie est resté encore au premier plan des préoccupations de l'industrie
et du commerce. Quoique le problème de la vie chère soit éternel, les plaintes au sujet de la rapide
augmentation des dépenses familiales sont devenues particulièrement vives au cours des dernières années. Le prix moyen de la vie n'est évidemment pas en rapport mathématique avec les
résultats de la récolte de 1912, qui fut excellente, et les conditions actuelles de la production :
dans l'ensemble si varié des phénomènes qui constituent la vie chère, les habitudes nouvelles des
consommateurs et le besoin plus général de bien-être doivent être envisagés surtout. C'est la hausse
ininterrompue de la viande qui suscite le plus de plaintes et qui a sa cause dans l'augmentation
constante de la consommation. La nourriture carnée tend à prendre une place de plus en plus
importante dans l'alimentation du peuple: ainsi s'accentue la disproportion entre l'offre de bétail
de boucherie et la demande de la viande.
Le 5e Congrès international des Chambres de commerce, qui s'est tenu à Boston du 24 au
27 septembre 1912, a examiné cette question. Il a approuvé la proposition de réunir une Conférence internationale qui s'occupera de l'augmentation du prix des choses nécessaires à la vie, de
ses causes, des effets qui en résultent, et qui recherchera les mesures pouvant améliorer cette situation.
Au point de vue de la politique commerciale et douanière du Zollverein, il n'y a guère de progrès
très appréciables à signaler. L'absence d'un traité de commerce avec le Canada se fait toujours
sentir. Par contre, les dispositions si rigoureuses sur la nouvelle tarification des marchandises
à leur entrée en France ont été heureusement atténuées. On fonde aussi quelque espoir sur le
revirement politique aux Etats-Unis, qui apportera certainement un tempérament aux tendances
ultra-protectionnistes et aura comme conséquence une augmentation des échanges internationaux.
Quoique l'échéance des traités de commerce existants soit encore assez lointaine, les milieux
industriels s'occupent déjà de la préparation des nouveaux tarifs douaniers. Les conditions de
production se sont modifiées depuis l'entrée en vigueur du tarif actuel et le degré de protection
que méritent les différentes branches a certainement changé depuis. A côté de ce mouvement
nous voyons apparaître la demande d'un tarif « intégral» qui prévoit des droits sur les produits
agricoles aujourd'hui libres et surtout sur les principales matières premières nécessaires à l'industrie. Nous ne saurions assez insister sur les dangers que cachent ces aspirations. Un tarif intégral
créerait des embarras nouveaux à l'industrie: l'augmentation des droits d'entrée sur les produits
4
agricoles élèverait le coût de la vie et, par répercussion, le prix de revient de tous les produits.
L'exportation, trop fortement grevée, aurait de sérieuses difficultés à soutenir la concurrence.
L'année 1913 s'est ouverte au milieu du fracas des armes. Si les perspectives sont demeurées
satisfaisantes, leur développement est intimement lié à la situation politique. Il faut espérer
notamment qu'une se produira rien de grave qui puisse irrémédiablement compromettre les progrès
réalisés dans le courant de l'année passée. Au commencement de 1913, les affaires n'attendaient
plus qu'une éclaircie dans la situation extérieure pour reprendre leur entrain.
La marche des affaires dans notre région montre toutes les caractéristiques de la situation
que nous venons d'examiner au point de vue général. Les rapports qui ont été adressés à la Chambre
de commerce font ressortir une augmentation considérable du volume de la production et des
échanges; ils signalent, de plus, l'orientation continue de matières premières et des salaires vers
une hausse que les prix de vente ne peuvent suivre qu'avec prudence. Pour les desiderata formulés par certaines branches nous renvoyons aux aperçus spéciaux.
L'extraction du minerai de fer, stimulée par la forte demande des hauts-fourneaux du pays,
est en sérieux progrès: de 6.059.797 tonnes elle a passé à 6.553.930 tonnes, soit une augmentation
de 8,3 % comparativement à l'année précédente qui avait apporté un recul sensible. A relever
que l'allure des expéditions de minerais vers les régions industrielles tributaires du bassin minier,
notamment vers la Belgique, s'est encore ralentie par suite de la concurrence toujours plus redoutable des minerais de Briey. La légère amélioration des prix de vente des minettes qui s'était
dessinée vers la fin de l'année 1911, s'est maintenue en n'affirmant même.
Mais c'est la métallurgie qui a pris l'essor le plus remarquable. La production de la fonte a
passé de 1.728.973 tonnes à 2.252.229 tonnes, celle de l'acier de 716.194 tonnes à 947.184 tonnes,
alors que les fonderies ont porté leur production de 16.002 tonnes à 20.893 tonnes. Le marché
des fontes a été vivement sollicité aussi bien par la consommation à l'intérieur que par les demandes
à l'exportation. Le « Roheisenverband», auquel les usines lorraines-luxembourgeoises ont adhéré
définitivement vers la fin de l'année 1911, n'a pas laissé que d'imprimer à ce marché une force
nouvelle ainsi qu'une régularité des plus fécondes. Le « Stahlverband», après des négociations
longues et difficiles, a été renouvelé pour une nouvelle période de cinq ans, mais seulement pour
les produits A, les produits B échappant désormais à son action. Les résultats financiers ont donné
entière satisfaction aux usines métallurgiques.
Le bâtiment a montré une allure plutôt réservée à Luxembourg et dans les localités suburbaines, alors que l'activité tout à fait remarquable que nous signalons depuis une série d'années
dans le bassin minier, où les agrandissements des grandes usines ont créé des besoins nouveaux,
continue d'ouvrir de belles perspectives à cette industrie. Les industries des terres et pierres, notamment la briqueterie, répercutent cette situation.
La lente et progressive élimination des petits établissements se poursuit dans la tannerie.
La ganterie a travaillé à pleine allure, mais les commandes, très nombreuses, sont allées en grande
partie aux qualités bon marché et l'accaparement des peaux brutes par les marchands de peaux
a fait hausser les prix de revient. Pour les différentes branches de l'industrie textile on renseigne
un degré d'occupation très satisfaisant.
5
Dans les industries de consommation et d'alimentation, la situation varie avec les branches.
La meunerie s'est trouvée dans des conditions certainement meilleures qu'en 1911, quoique la
production soit restée à peu près stationnaire. L'industrie des tabacs a été occupée régulièrement
durant toute l'année et le nombre des ouvriers a été renforcé; la production a légèrement augmenté
pour les principaux articles. La brasserie, par suite d'un été maussade, montre un recul: la production de la bière est descendue de 326.546 hl. à 297.986 hl., mais elle est toujours en léger progrès
sur l'année 1910.
Pour enrayer la hausse du prix de la viande, le Gouvernement, par arrêté du 8 novembre
1912, a autorisé les administrations communales de Luxembourg, de Hollerich et d'Esch-s.-Alz.
d'importer par voie ferrée, à destination directe des abattoirs des dites localités, un contingent
total hebdomadaire de 80 têtes de gros bétail de boucherie de provenance hollandaise. Cependant
les généreuses initiatives de ce genre, si elles apportent un soulagement passager à un mal, qui a
peut-être atteint son maximum d'intensité dans le Zollverein, mais dont les autres pays commencent à souffrir à leur tour, quoique dans une mesure moindre, n'apportent aucun remède
a une situation qui est, en somme, le résultat de l'offre et de la demande et qui menace de s'exaspérer encore à l'avenir.
Sur le marché du travail, la forte demande de main-d'œuvre a été entretenue par les besoins
croissants de la métallurgie. Alors que la bourse de travail d'Esch renseigne 4.912 demandes contre
6.127 offres, celle de Luxembourg renseigne 2.787 demandes contre 5.615 offres.
Travaux de la Chambre de commerce.
Parmi les questions que la Chambre de commerce a traitées en 1912, nous signalons particulièrement celles qui suivent:
Frappe de monnaies nationales d'argent.
Consultée par le Gouvernement sur la question de la frappe de monnaies nationales d'argent
de 2 fr., 1 fr., et 0,50 fr. pour une somme de 2,5 millions, la Chambre a répondu par l'avis suivant:
Au point de vue monétaire, le Grand-Duché occupe une situation assez bizarre: on y compte
en francs alors que les payements se font exclusivement en marks. Chaque opération de caisse
nécessite ainsi un certain travail arithmétique: la conversion des marks en francs et réciproquement,
travail qui ne va pas sans quelques petites erreurs ou pertes accidentelles qui pourraient être
évitées si les pièces métalliques en circulation correspondaient à la monnaie de compte, c'est-àdire si le franc existait en fait au lieu de rester à l'état d'unité monétaire fictive.
Il n'y a donc pas lieu de prévoir que la mise en circulation de monnaies divisionnaires d'argent
de 2 fr., 1 fr. et 0,50 fr. suscite des difficultés quelconques dans les transactions ou vienne créer
des troubles dans le fonctionnement de l'appareil monétaire. La Chambre est persuadée, au contraire, que le public luxembourgeois fera un bon accueil à la nouvelle monnaie nationale qui serait
appelée à simplifier en une certaine mesure les transactions au comptant.
Une condition essentielle pour que les monnaies nationales d'argent ne causent pas d'embarras
dans la circulation est cependant que leur quantité soit proportionnelle au chiffre de la population de façon que les petites transactions puissent s'effectuer facilement, mais que cette monnaie
6
ne puisse pas devenir surabondante, excédant ce qui est nécessaire aux besoins quotidiens du
commerce de détail.
La question se pose donc si le Grand-Duché est susceptible d'absorber 2,5 millions d'argent.
L'exemple des pays voisins nous fournit à ce sujet de précieuses indications. Les pays de l'Union
latine avaient fixé en 1885 leur contingent de. monnaies divisionnaires d'argent à 6 fr. par tête
d'habitant. Plus tard, ayant reconnu l'insuffisance des monnaies divisionnaires dans la circulation, insuffisance due, entre autres causes, à la disparition d'un grand nombre de ces monnaies
et au développement constant des petites transactions, les cinq gouvernements intéressés, par
la convention de 1897, portèrent en principe de 6 à 7 fr. par tête' d'habitant la proportion des
frappes divisionnaires. Au cours des années suivantes le contingent fut encore reconnu insuffisant.
L'Union se vit forcée d'élever sa frappe à 16 fr. par tête d'habitant à atteindre en 15 années par
des frappes annuelles de 0,60 fr. par tête d'habitant. M. Leroy-Beaulieu estime d'ailleurs que
« si les écus de 5 fr. étaient réduits au rôle de monnaie d'appoint, on pourrait fixer de 20 à 25 fr.,
au maximum à une quarantaine de francs par tête d'habitant, la quantité de toutes les monnaies
à conserver». L'Allemagne, en 1873, avait arrêté sa frappe à 10 mk. par tête d'habitant pour lès
monnaies divisionnaires d'argent; en 1900 elle étendait cette frappe jusqu'à 15 mk. en s'interdisant
de dépasser ce chiffre.
Il ne paraît, donc pas qu'une quantité de 10 fr. par tête d'habitant soit exagérée, même, quand
on considère que l'argent allemand continuera à circuler dans le Grand-Duché concurremment
avec les pièces nationales, comme c'est le cas aujourd'hui pour le nickel.
Peut-on conclure cependant du fait que les monnaies étrangères s'infiltrent dans le GrandDuché qu'il est à prévoir que notre monnaie se répandra en partie dans les pays frontières où
elle serait tolérée par la force des choses ? La Chambre hésite à partager cette manière de voir.
L'empressement avec lequel on accepte ici les pièces de l'Union latine s'explique très facilement
par le bénéfice qu'on réalise sur le change. Le public reçoit ces pièces de préférence aux pièces
allemandes, nationalisées en quelque sorte. Aucune caisse ne fait des difficultés pour les recevoir.
Mais pouvons-nous espérer la réciprocité? Evidemment non. Nous ne pouvons pas attendre le
même accueil on France et en Belgique pour le franc luxembourgeois, qui, sous une étiquette rappelant les monnaies de l'Union latine, constitue bel et bien une monnaie allemande donnant une
perte au change. Les caisses publiques de ces deux pays n'accepteront pas nos pièces qui seront
rangées parmi les pièces à refuser. Dans la région frontière française ou belge nos francs se heurteront
aux mêmes difficultés que les marks.
Reste l'Allemagne, qui, à titre de réciprocité, devrait accepter en quelque sorte nos francs.
Ce seraient des pièces rentrant dans l'édifice monétaire allemand et elles pourraient y être reçues
au pair, sans bénéfice ni perte au change. L'expérience n'est pas là pour nous guider, mais il est
très probable que l'étiquette étrangère fasse hésiter le public allemand, nécessairement plus exclusif que le public français ou belge, lequel, par suite des arrangements de l'Union latine, est
habitué à une circulation internationale.
De l'avis de la Chambre i l n'y a pas lieu de compter sur une circulation active de nos pièces
dans les régions limitrophes, quoiqu'il soit toujours possible qu'une certaine quantité prenne le
7
chemin de l'étranger, comme nous l'avons pu observer dans le temps pour les sous et gros sous
en billon.
A ces considérations la Chambre croit devoir ajouter encore qu'il paraît désirable, dans l'intérêt des transactions, que l'aspect des nouvelles pièces ne permette pas de les confondre facilement avec les monnaies allemandes.
Chemins de fer. — Correspondances Bruxelles-Luxembourg.
A la date du 1 novembre 1910, la Chambre avait signalé à l'attention du Gouvernement
les avantages très réels que le rétablissement du train direct Bruxelles-Luxembourg (départ de
Bruxelles Quartier Léopold à 16 h. 41, arrivée à Luxembourg à 10 h. du soir), qui avait été organisé
pendant l'Exposition de Bruxelles, serait appelé à rendre.
Depuis, elle a été informée par M. le Ministre de Belgique à Luxembourg que l'administration
des chemins de fer de l'Etat belge, s'étant occupée de cette proposition, estimait que le rétablissement du train en question « entraînerait des dépenses considérables hors de toute proportion avec
l'augmentation présumée des recettes ».
La Chambre ne partage nullement cette manière de voir. Si, comme elle suppose, les recettes
ont, été peu encourageantes, il faut en chercher la cause dans la circonstance que ce train n'avait
pas été porté à la connaissance du public et ne figurait même pas sur l'Indicateur officiel belge.
Elle est persuadée que, dans des conditions ordinaires, les recettes justifieront sa création.
Les arguments qu'elle a invoqués antérieurement pour demander le rétablissement de ce
train, subsistent dans toute leur force. Los nombreux Luxembourgeois qui se rendent à Bruxelles
pour affaires n'ont aucun train entre 10 h. 20 du matin et 6 h. 35 du soir, leur permettant de rentrer
à Luxembourg aussitôt leurs affaires terminées. Le train qui a été supprimé après une courte
existence répondait à ce besoin.
Par sa lettre du 6 avril 1912, la Chambre a donc prié le Gouvernement de bien vouloir donner
à cette proposition son entier appui, surtout que les améliorations sur la ligne Bruxelles-Luxembourg sont lentes à se faire comparativement aux lignes vers l'Allemagne. Ayant été informée
depuis par le Gouvernement que les démarches successives en vue du rétablissement du train
direct Bruxelles-Luxembourg se heurtaient à un refus net de la part l'Etat Belge et qu'un
résultat plus favorable n'était pas à espérer pour le moment, elle a repris cette question, dans sa
séance du 13 juin, mais en modifiant ses anciennes propositions.
Nos négociants réclament une correspondance directe Bruxelles-Luxembourg, dont le départ
de Bruxelles serait fixé entre 14 et 16 heures et l'arrivée à Luxembourg entre 8 et 10 heures du soir,
c'est-à-dire leur permettant de rentrer à Luxembourg aussitôt leurs affaires terminées, sans devoir
attendre le trainn(…)2 (départ de Bruxelles à 18 h. 35). Entre le train n° 1234 (départ de Bruxelles
à 12 h. 10), qui part trop tôt, et le train n° 2 il n'y a, actuellement, aucun départ pour Luxembourg,
Persuadées que l'organisation d'une correspondance dans le sens indiqué répondrait à un besoin
impérieux, la Chambre a été amenée à s'occuper du train n° 1284 (départ de Bruxelles à 14h. 21),
qui arrive à Arlon à 18 h. 32. Elle s'est demandé notamment si ce train ne pourrait pas être
continué jusqu'à Luxembourg pour y arriver vers 8 heures du soir. Si le départ de ce train pouvait
être retardé d'une heure, il rendrait les mêmes services que l'ancien train de 16h. 41 dont elle
avait demandé le rétablissement.
er
8
La Chambre a donc sollicité l'appui du Gouvernement pour cette nouvelle proposition. Elle
a décidé encore d'associer à ses démarches les Chambres de commerce de Trèves et de Metz que la
question doit intéresser directement à cause des correspondances.
Correspondances sur la ligne de Trèves.
Dans sa lettre du 6 avril 1911, la Chambre avait soumis au Gouvernement les desiderata
suivants au sujet de la correspondance que Luxembourg possède pour le train n° 154 CologneLuxembourg.
« L'itinéraire Cologne-Luxembourg se décompose actuellement comme suit:
Cologne départ 7 h. 10,
Trèves arrivée 10 h. 32,
Trèves départ 11 h. 08,
Luxembourg arrivée 1.2 h. 27.
Au sentiment de la Chambre de commerce, cette correspondance est susceptible de très
sérieuses améliorations. L'arrêt de 36 minutes à Trèves, qui ne se justifie guère, pourrait être
réduit à quelques minutes, et le train n° 460, qui s'arrête aujourd'hui à Trèves-Sud, Karthaus,
Igel, Wasserbillig, Wecker, Roodt et Oetrange, transformé en un train rapide. Ces diverses améliorations permettraient d'arriver à Luxembourg une heure plus tôt, c'est-à-dire vers 11 h. 30.
Depuis, notre Chambre a été saisie de la part de la Chambre de commerce de Mülheim-s.-Rhin
d'une requête concernant l'amélioration des correspondances Cologne-Luxembourg. Cette requête
vise principalement le train n° 154. La Chambre de Mülheim regrette surtout que les voyageurs
pour Luxembourg soient forcés d'attendre 36 minutes le départ de la correspondance pour Luxembourg à une. heure aussi avancée; de la nuit.
Notre Chambre a été amenée ainsi à examiner de nouveau la correspondance si défectueuse
que nous possédons pour ce train. Elle s'est demandé cependant si la solution qu'elle a proposée
dans sa lettre du 6 avril 1911 ne susciterait pas des réclamations dans la région desservie par la
ligne de Trêves qui ne posséderait plus de train de nuit après le n° 458 (départ de Trèves à 6 h. 24,
arrivée à Luxembourg à 8 h. 03).
Une autre proposition qu'elle a envisagée alors serait appelée à donner satisfaction à tous
les intéressés. Cette proposition consiste à continuer le train rapide n° 154 directement jusqu'à
Luxembourg, indépendamment du train n° 460 qui continuerait à marcher avec son horaire actuel.
Le train n° 154 desservirait à souhait les intérêts internationaux alors que le train n" 460 continuerait à desservir les intérêts locaux.
Trains ouvriers.
A la date du 6 avril 1912, la Chambre a présenté au Gouvernement les desiderata suivants
concernant l'organisation de trains ouvriers sur la ligne secondaire Luxembourg-Remich:
Sur les diverses lignes du réseau Guillaume-Luxembourg circulent des trains ouvriers qui
répondent à un besoin très réel et sont fort appréciés par les intéressés: industriels et ouvriers.
Les chemins de fer secondaires qui desservent une région agricole où l'offre de la main-d'œuvre
. dépasse la demande n'ont pas encore suivi cet exemple. Comme les industries de la banlieue de
Luxembourg ont parfois des difficultés à se procurer la main-d'œuvre nécessaire, la Chambre
9
a décidé d'appeler l'attention du Gouvernement sur l'importance que présenterait l'organisation
de trains ouvriers sur cette ligne. Un train ouvrier partant de Weiler ou Alzingen amènerait certainement à Luxembourg de nombreux ouvriers à qui l'état actuel des correspondances ne permet
pas de chercher du travail dans les établissements industriels de la ville et des environs.
Le Gouvernement, dans sa réponse, exprime l'espoir qu'avec les voitures automotrices benzoélectriques dont on fera l'essai prochainement, on arrivera à aplanir les difficultés actuelles et à
satisfaire à ces desiderata dont la légitimité a été reconnue depuis longtemps par le service des
chemins de fer.
Tram électrique Luxembourg-Esch.
Dans sa séance du 5 septembre 1912, la Chambre avait décidé d'appeler l'attention du Gouvernement sur la question d'un tram électrique Luxembourg-Esch, cette nouvelle ligne, outre
qu'elle serait d'un rendement assuré, devant contribuer dans une forte mesure au développement
des relations commerciales entre les deux localités.
A la suite d'une requête de l'Association des commerçants d'Esch, la Chambre a été amenée
à s'occuper de nouveau de cette question. L'Association met en doute la rentabilité de la ligne.
La conformation du terrain ne permettant pas d'établir une communication plus rapide par la ligne
projetée, celle-ci ne répondrait pas au but proposé. De plus, par suite de l'adjonction de cette
nouvelle ligne, l'exécution des chemins de fer intercommunaux projetés dans le canton d'Esch
serait retardée et rendue plus difficile. La création de quelques nouveaux trains rapides Luxembourg-Esch ou l'organisation d'un service de voitures automotrices répondrait mieux aux intérêts
des deux localités. Les intérêts du commerce et de l'industrie exigent avant tout l'exécution aussi
prompte que possible du réseau intercommunal.
La Chambre est loin de partager les appréhensions qui se dégagent de ces arguments. 11 s'agit,
d'après les informations qu'elle a recueillies, de deux projets bien distincts n'ayant aucun rapport
ensemble et qui ne sauraient exercer d'influence l'un sur l'autre: des chemins de fer intercommunaux
du canton d'Esch à construire avec le concours de l'Etat et d'un chemin de fer LuxembourgEsch qui est sorti de l'initiative privée. Ce dernier ne saurait donc en aucune façon retarder ou
contrecarrer, comme on semble le croire, l'exécution des lignes projetées dans le bassin minier. Les
deux lignes ne sont nullement concurrentes et complètement indépendantes l'une de l'autre.
Une autre conception erronée est qu'une communication directe Luxembourg-Esch serait
préjudiciable aux intérêts de cette dernière localité dont le commerce serait attiré en partie à
Luxembourg. Cette appréhension ne ré.(…)iste pas à un examen sérieux. L'expérience a démontré,
au ' contraire, que plus les communications se développent entre deux localités, distinctes par la
nature de leur activité économique, plus les échanges se développent au profit de toutes les deux.
Le gain économique est généralement égal des deux côtés.
En conséquence, la Chambre a adopte dans sa séance du 14 novembre 1912 la résolution
suivante, qui résume, on les conciliant, les intérêts des deux localités:
d'inviter le Gouvernement à hâter la construction des chemina de fer projetés dans le canton
d'Esch et à prendre les mesures nécessaires pour que la ligne Luxembourg-Esch soit construite
dans le même délai.
2
10
Entrepôt à annexer à la nouvelle gare aux marchandises de Luxembourg.
La Chambre de commerce constate avec satisfaction que la Direction des douanes reconnaît,
à son tour, la nécessité de la création d'un entrepôt près de la nouvelle gare aux marchandises
de Luxembourg qu'elle avait déjà relevée dans son avis du 10 août 1911. En présence du refus
des chemins de fer alsaciens-lorrains de se charger de la construction de l'entrepôt, la Direction
des douanes propose la construction par les soins de l'Etat.
Dans son avis du 15 juin 1912, la Chambre fait remarquer qu'un entrepôt bien agencé et pourvu
des installations nécessaires serait appelé à rendre des services considérables, car il est reconnu que
les entrepôts en général impriment un vigoureux essor au commerce, stimulent le goût des affaires
et forment une source très appréciable de bénéfices, alors que les consommateurs en retirent également des avantages sur lesquels il est inutile d'insister. Les commerçants évitent ainsi d'immobiliser le montant des droits d'entrée en attendant la vente ou la réexportation des marchandises.
Le dédouanement s'y opère en présence du destinataire qui peut fournir aux agents tous les renseignements nécessaires et éviter des difficultés résultant de déclarations incomplètes ou erronées.
Pour ce qui est de l'entrepôt actuel, il ne répond sous aucun rapport aux exigences du commerce tant à raison de sa situation éloignée de la gare que de son exiguité, de son agencement
sommaire et de l'insuffisance de ses installations. D'ailleurs, il n'est guère utilisé par nos commerçants.
La Chambre a donc vivement engagé le Gouvernement à hâter la solution de cette question
dans le sens proposé par la Direction des douanes.
Réduction des tarifs de transport sur les cokes et les minettes entre le bassin de la Ruhr et le bassin
de la Moselle.
D'après les déclarations que M. de Breitenbach, ministre des travaux publics, a lues à la
Chambre des députés de Prusse dans la séance du 8 mars 1912, le Gouvernement prussien maintient le point de vue que la canalisation de la Moselle et de la Sarre n'est pas indiquée pour le moment,
mais il s'est déclaré prêt à examiner la question d'accorder aux industrie., du Sud-Ouest une compensation sous une autre forme, c'est-à-dire sous forme d'une réduction des tarifs des chemins de fer.
Pour ce qui concerne plus spécialement le Luxembourg, le ministre a ajouté que l'intérêt des
échanges économiques entre l'Allemagne et le Grand-Duché serait très sérieusement servi par
cette diminution des tarifs, et même dans une mesure telle que ce pays se désintéresserait presque
complètement de la recherche d'autres voies de communications pour ses produits à expédier
par eau.
Ces réductions ont fait l'objet d'un projet élaboré par la Direction des chemins de fer prussiens sur lequel le comité du Bezirkseisenbahnrat de Cologne avait été appelé à donner son avis.
Sur l'initiative de la Direction des chemins de fer de Cologne, notre Chambre nomma un délégué
à cette réunion en la personne de son président, M. Léon Metz. L'attitude à prendre par le délégué
luxembourgeois fut arrêtée d'accord avec les maîtres du forges du pays. Dans la réunion du 25
septembre, le comité du Bezirkseisenbahnrat de Cologne, sur la proposition du président de la
direction des usines Krupp, d'Essen, se prononça en faveur d'une réduction plus forte sur les
11
minettes, mais, dans une réunion ultérieure, qui eut lieu le 30 octobre suivant, le Comité revenant
sur sa première décision, adopta le projet dans la forme présentée par les chemins de fer prussiens
Le projet prévoit, pour la distance moyenne de 350 km. entre le bassin de la Ruhr et le bassin
de la Moselle, une réduction de 8 mk. par 10 tonnes de minette et de 12 mk. par 10 tonnes de coke
Sur la base des tonnages expédiés en 1910, le bénéfice en résultant pour les diverses régions intéressées ressortirait comme suit:
pour la région de la Ruhr à
2.583.400 mk.
pour la région d'Aix-la-Chapelle à
64.400
pour la région de la Sarre à
1.032.100
pour la Lorraine et le Luxembourg à
4.834.700
soit ensemble à
8.514.800 mk.
Ces économies devront compenser les avantages que l'industrie du fer aurait retirés de ta
canalisation de la Moselle, évalués à 11,873.700 mk. ainsi que les avantages que l'industrie rhénanewestphalienne retirera du canal du Rhin à Herne.
La Chambre de commerce a fait observer que ces réductions, si acceptables qu' elles soient,
ne sauraient représenter l'équivalent des avantages que le canal aurait procurés à l'industrie
luxembourgeoise. Ces compensations sont incomplètes d'abord: elles sont limitées aux cokes et
aux minettes. Les demi-produits et les produits finis sont exclus. Notre région continuera ainsi
à être désavantagée au point de vue du transport de tous les produits métallurgiques par rapport
•à la région rhénaue-westphalienne, qui est située sur des voies navigables naturelles et artificielles
et qui profitera eu plus de réductions très sérieuses sur les minerais.
A cette considération vient s'en ajouter une autre, non moins importante. Le projet des chemins de fer prussiens est basé sur les expéditions de l'année 1910. Tout fait prévoir cependant que
l'entrée en vigueur des nouveaux tarifs aura pour effet de modifier sensiblement l'allure des expéditions. d' une, part, les usines du Bas-Rhin et de la Westphalie, stimulées par les tarifs avantageux,
se fourniront plus largement que par le passé de minettes de la région lorraine-luxembourgeoise ;
d'autre part, les importations de minerais de Briey qui se font encore aujourd'hui sur une échelle
relativement modeste, seront appelées à prendre un développement bien plus considérable. Si les
réductions proposées peuvent donc être considérées comme acceptables et contribueront certainement à renforcer la position de notre grande industrie sur le marché mondial, leur valeur comme
compensation pour l'abandon de la canalisation de la Moselle diminuera avec l'emploi plus avantageux et plus considérable de nos minettes par les usines rhénanes-westphaliennes, au point de
devenir illusoire.
Ce qui vient corroborer cette appréhension, c'est qu'après l'introduction des nouveaux tarifs
les fontes luxembourgeoises pourront être produites par les usines rhénanes-westphaliennes à
un prix pour le moins aussi bas qu'il sera possible aux usines de notre région de les livrer. Ainsi
les frais de transport d'une tonne de coke de Ruhrort à Esch (324 km) ressortirait à 6,25 mk., soit
6,25 x 1,1 = 6,88 mk. par tonne de fonte. Les frais de transport des fontes jusqu'à Ruhrort rassortiraient à 8,30 mk. Il s'ensuit que la tonne de fonte produite à Esch aura à supporter, livrée franco
à Ruhrort, 6,88 + 8,30 = 15,18 mk. de frais de transport.
12
Une usine située à Ruhrort aurait à supporter sur les minerais provenant d'Algrange (339 km)
4,59 mk. par tonne, soit par tonne de fonte produite 3,3 x 4,59 =15,15 mk. L'usine de Ruhrort
aurait donc à supporter des frais de transport légèrement inférieurs à ceux de l'usine d'Esch qui,
aujourd'hui, possède une avance de 1 mk. en chiffre rond.
Dans l'examen du projet il y a lieu d'envisager encore que les chemins de fer trouveront dans
l'accroissement des transports de minerais et aussi dans la diminution du nombre des wagons
à coke retournant vides une compensation partielle, sinon totale, pour la réduction des tarifs.
Ainsi le sacrifice consenti par les chemins de fer apparaît bien plus modeste.
Il demeure bien entendu que l'application des nouveaux tarifs devra se faire intégralement
pour toutes les stations sans distinction, c'est-à-dire que le calcul de la réduction portera sur le
nombre de kilomètres entre la gare de départ et la gare de destination de n'importe quel réseau.
La Chambre a décidé d'appeler l'attention toute spéciale du Gouvernement sur ce point, afin que
les usines desservies par le Prince-Henri retirent de la réduction le même bénéficie que les usines
desservies par le Guillaume-Luxembourg.
Régime des colis postaux.
Une de nos usines métallurgiques avait appelé l'attention de la Chambre de commerce sur
le régime des colis postaux entre l'Allemagne et le Grand-Duché. Ainsi un colis urgent remis à
5 heures du soir à Aix-la-Chapelle n'a été délivré que le lendemain à 3 heures du soir à Esch-s.-Alz.
A une réclamation de l'expéditeur la poste allemande a répondu que le colis avait été expédié conformément aux prescriptions règlementaires et qu'une expédition plus prompte était impossible,
les colis postaux n'étant pas acceptés par tous les trains qui transportent les dépêches.
Il paraît que le retard que subissent les colis venant d'Allemagne provient surtout
de leur réexpédition à Trèves. La Chambre s'est demandé alors si cette opération, cause principale
des retards, ne pouvait être supprimée ou modifiée de façon à faire bénéficier les colis du même
régime que les lettres. Il serait vivement à désirer ensuite que les colis postaux, les colis urgents
ou par exprès en particulier, fussent acceptés par tous les trains qui transportent les dépêches.
Une réforme du régime actuel des colis postaux dans le sens indiqué étant certainement dans
l'intérêt des commerçants et industriels, la Chambre a recommandé cette question au bienveillant
examen du Gouvernement.
Taxes téléphoniques avec la région frontière.
La Chambre s'est occupée dans sa séance du 13 juin d'une requête de la Chambre de commerce
du Luxembourg, à Arlon, relative à la réduction des taxes téléphoniques. La requête vise un tarif
spécial de 0,50 fr. la communication avec le Grand-Duché et la création d'avis d'appel à 0,35 fr.
entre les deux pays dans une région frontière de 60 km.
On ne saurait nier que le prix actuel des communications téléphoniques n'est guère favorable
au commerce des localités frontières ou situées à pou de distance de la frontière. L'abaissement
des tarifs ne manquerait pas d'exercer une répercussion sur les relations de voisinage et de commerce
qui existent entre les deux pays et qui sont gênées dans leur développement. La Chambre a donc
prié le Gouvernement d'accueillir favorablement les propositions qui lui seraient faites dans ce
13
sens par le Gouvernement belge. Elle est persuadée que la réduction proposée par la Chambre
d'Arlon serait accueillie avec une vive satisfaction par les. habitants de la zone frontière.
La Chambre a saisi cette occasion pour signaler encore au Gouvernement l'intérêt que présenterait l'extension de cette mesure à nos frontières indistinctement. Il est hors de doute que les
habitants de la région frontière allemande ou française attacheraient du prix à la réduction des
taxes téléphoniques dans un rayon déterminé comme elle est proposée par la Chambre de commerce d'Arlon.
Minières.
La statistique de production pour l'année 1912 renseigne les résultats ci-après :
Nombre des sièges d'exploitation
88
86
Production totale
t.
6.059.796838
t. 6.533.930
Valeur de la production
fr. 18.647.325,83
fr. 19.427.507,82
Prix moyen par tonne
3,07
2,97
Nombre des ouvriers occupés sous terre
3.540
3.692
à ciel ouvert
1.710
1.655
ensemble
5.250
5.347
La production moyenne par ouvrier ressort à 6.533.929 / 5.347 =1.221 180 tonnes d'une valeur de
19.427.508/5.347=3.662.12fr
Ces chiffres se répartissent comme suit sur nos trois bassins :
Nombre
des exploitations. PRODUCTION.
VALEUR.
Ouvriers employés
sous
terre.
Nombre Population
total
oudes
à ciel ouvriers vrière.
ouvert.
t. 1.851.496 fr. 5.684.092,72 1.235 332 1.567 1.655
2.344.851
7.034.522,70 1.338 632 1 970 2.122
2.337.583
6.708.862,40 1.119 671 1.790 1.925
t. 6.533.930 fr. 19.427.507,82 3.692 1655 5.347 5.702
L'extraction du minerai de fer a regagné en 1912 le terrain perdu pendant 1 année précédente :
de 6.959.797 tonnes elle a passé à 6.533.930 tonnes, soit une augmentation de 474.133 tonnes ou
de 8,3%.
Si la consommation sur place a fortement augmenté, le mouvement des expéditions vers les
autres régions industrielles qui s'approvisionnent dans le bassin minier luxembourgeois est resté
stationnaire dans son ensemble. L'orientation nouvelle que nous remarquons dans nos exportationsdeluimineraisdepuis 1907 s'accentue d'une année à l'autre et quoique les besoins de ces régions
se soient prodigieusement développés au cours des dernières années, le relèvement de la courbe
de production en .1912 est dû exclusivement à l'augmentation de la consommation des usines du
pays.
Notre principal débouché à l'extérieur, la Belgique, a encore diminué le volume de ses impor-
Esch
Dudelange-Rumelange
Differdange-Petange
18
36
32
86
14
tations de notre région. Les importations de minerais en Belgique pendant les cinq dernières années
donnent les contingents suivants pour les trois pays qui se partagent le bassin des minettes:
1912
1911
1910
1909
1908
191.700 t.
143.100 t.
242.300 t.
80.700 t.
Allemagne
137.000 t.
1.644.300
1.635.600
1.437.500
1.365.800
Gr.-D. de Luxb.
1.697.000
2.910.000
2.273.700
3.465.500
4.395.900
France
1.192.000
Comme la Belgique a porté en 1912 ses importations de minerais de 5.678.000 tonnes à 6.415.000
tonnes, la part du Grand-Duché dans l'approvisionnement du marché belge, qui était encore de
55 % on 1907 pour tomber ensuite à 51 % en 1908, à 37% % en 1909, à 31% % en 1910 et à 27 %
en 1911, ne représente plus que 21,3 % des importations totales pour l'année 1912. Le recul de
la Lorraine est plus considérable encore. D'autre part, la France a augmenté le chiffre de ses importations de près d'un million de tonnes.
La cause de ce revirement que nous constatons depuis cinq ans est dans la préférence que
les hauts-fourneaux belges accordent aux minerais de Briey. C'est particulièrement en Franco
que la métallurgie belge a assuré son avenir. La supériorité quantitative et qualitative du
gisement de Briey donne à celui-ci une situation exceptionnellement favorable que les tarifs
avantageux de la Compagnie de l'Est contribuent à mettre en évidence, et le minerai de Briey tend à
se substituer de plus en plus à nos minerais dans la sidérurgie belge.
A part quelques variations dues aux fluctuations du marché métallurgique, la production
du bassin minier luxembourgeois piétine sur place, contrairement à ce qui se passe dans les autres
régions du bassin des minettes qui montrent une rapide évolution. Le développement que l'extraction a prise dans les trois pays qui se partagent le bassin des minettes a été le suivant:
Luxembourg.
Lorraine.
Meurthe-et-Moselle.
Bassin de Briey.
( 1.646.505 t.)
1904
5.845.096 t.
11.171.880 t.
6.347.781 t.
1905
6.595.860
( 2.352.848
11.967.725
6.302.1.1.9
1906
3.11.4.120
7.398.929
13.834.485
7.229.385
4.110.755
1907
8.821.953
7.492.870
14.107.5.17
1908
5.800.868
( 4.607.000
13.281.589
8.749.837
1909
10.648.398
( 6.339.045
5.793.875
14.442.911
( 8.507.293
1910
16.653.968
13.204.818
6.263.385
1911
(10.477.343
6.059.797
14.858.000
17.734.576
1912
17.235.125
(12.717.127
6.553.930
20.050.245
Faut-il voir dans cette stagnation un bien ou un mal ? S'il s'agissait d'une industrie manufacturière, nous n'hésiterions pas à y voir un mal, toute industrie! devant se développer nécessairement sous peine de dépérir. Mais il s'agit ici de l'exploitation d'un gîte minier, c'est-à-dire de lu
consommation lente d'une richesse du sous-sol, limitée à un nombre déterminé de tonnes et dont
nous pouvons entrevoir la fin.
Il est évident que la portion de bénéfice actuel résultant pour le concessionnaire d'une exploitation plus considérable qui s'incorpore dans l'ensemble des gains industriels, commerciaux,
financiers et agricoles du pays, était supprimée, le gain total se trouve diminué d'autant. D'où
perte momentanée. En se plaçant à un point, de vue plus élevé, la question change d'aspect, Ces
mines constituent une réserve pour l'avenir auquel elles seront peut-être plus utiles qu'elles ne
le seraient au présent. Cette richesse naturelle, une fois consommée, ne se reconstitue plus. Pro-
15
duire le plus possible serait alors dangereux et, si dans le domaine économique on dit se garder
de voir trop loin, il ne faut pas perdre de vue que le temps est proche où les réserves de notre industrie métallurgique seront épuisées.
Stimulés par la demande plus active, les prix de vente des minettes ont continué à se raffermir
sur les niveaux légèrement plus élevés qu'avaient fait ressortir les marchés conclus pour l'année
1912. Les marchés pour 1913 ont consacré un nouveau raffermissement des prix.
Les perspectives pour l'année 1913 sont assez rassurantes: l'allure de la demande continue
d'être active et les prix demeurent solidement établis.
Le mouvement de nos importations du bassin de Briey s'est fortement accentué: de 281.000
tonnes en 1908 l'importation a monté successivement à 389.000 en 1909 et à 447.000 tonnes en
1910 pour redescendre à 349.000 tonnes en 1911 et passer subitement à 689.755 tonnes en 1912.
Les exportations de minettes et de scories Thomas à destination des pays qui ne font pas
partie du Zollverein renseignent, pour les dix dernières années, les chiffres ci-après:
Minettes.
Scories Thomas moulues.
1903
t. 2.233.969
t. 27.160
2.389.251
1904
25.441
14.272
2.440.450
1905
62.350
2.308.150
1906
165
2.806.294
1907
836
2.213.886
1908
1.977
1.784.522
1909
4.220
2.001.758
1910
3.571
1.751.819
1911
6.025
1.768.964
1912
Les importations de minorais de manganèse au total de 132.340 tonnes se repartissent comme
suit sur les différents pays d'origine: Indes anglaises 40.248 t., Russie 88.634 t., Brésil 3.065 t.,
Grèce 393 t.
La courbe du rendement par ouvrier s'établit comme suit pour les cinq dernières années:
Production moyenne.
Valeur.
Production des
minières.
Consommation des hauts-fourneaux
(sans distinction de provenance).
fr. 3.070,24
t. 1.066.728
1908
771
2.989,62
1.092.
1909
2.358,63
1.185.351
1910
247
3.551,87
1.154.
1911
980
3.662,12
1.221.
1912
Le rapport entre la production des minières et la consommation des hauts-fourneaux s'établit
comme suit pour les dix dernières années:
1903
1904
1905
1906
t. 6.010.012
6.347.904
6.595.860
7.229.385
t.
3.757.565
3.873.900
4.349.201
4.688.919
16
Production des
minières.
Consommation des hauts-fournaux
(sans distinction de provenance.)
7.492.870
4.757.364
1907
5.800.868
4.120.410
1908
5.793.875
5.054.550
1909
6.263.385
5.550.926
1910
6.059.797
5.785.143
1911
6.533.930
7.489.215
1912
Le tableau ci-après donne le mouvement qu'a suivi la valeur de la production des minières
depuis 1901:
Valeur totale.
Prix de la tonne.
Production.
fr. 11.770.046
t. 4.455.179
Fr. 2,63
1901
14.527.891
5.130.069
2,84
1902
6.010.012
15.278.923
2,54
1903
16.458.904
6.347.78.1
2,59
1904
16.514.630
6.595.860
2,50
1905
17.979.108
7.229.385
2,49
1906
21.997.404
7.492.870
2,93
1907
5.800.868
.16.696.005
2,88
1908
15.850.966
5.798.875
2,73
1909
6.263.385
2,83
17.747.017
1910
6.059.797
3,07
18.647.826
1911
6.533.930
2,97
1912
19.427.508
Le tableau statistique suivant donne la production des minières du Grand-Duché depuis
1868; le tableau graphique ci-contre donne la même production depuis 1884.
Années.
Tonnes.
Années.
Tonnes.
Années.
Tonnes.
1868
1869
1870
1871
1872
1873
1874
1875
1876
1877
1878
1879
1880
1881
1882
722.039
924.382
911.695
990.499
1.174.334
1.331.743
1.4.42.668
1.090.845
1.196.729
1.262.825
1.407.617
1.613.392
2.173.463
2.161.881
2.539.295
1883
1884
1885
1886
1887
1888
1889
1890
1891
1892
1893
1894
1895
1896
1897
2.551.090
2.447.634
2.648.449
2.361.372
2.649.710
3.261.925
3.102.753
3.359.413
3.102.050
3.370.352
3.351.938
3.958.280
3.913.076
4.758.741
5.349.009
1898
1899
1900
1901
1902
1903
1904
1905
1906
1907
1908
1909
1910
1911
1912
5.348.951
6.014.394
6.171.229
4.455.179
5.130.069
6.010.012
6.347.781
6.595.860
7.229.385
7.492.870
5.800.868
5.793.875
6.263.385
6.059.797
6.533.930
17
Tonnes.
TABLEAU GRAPHIQUE
de la Production des Minières depuis 1884.
3
18
Métallurgie.
L'évolution de la métallurgie a été vraiment remarquable pendant l'année 1912. Avec une
production de 17.852.571 tonnes, supérieure de 1.704.459 tonnes à celle de l'année précédente,
la production du Zollverein a établi un nouveau record; elle laisse derrière elle la production anglaise et prend ainsi la deuxième place sur le marché mondial.
Les résultats des expéditions du Stahlwerksvervand font ressortir une progression rapide pour
les trois dernières années. Les expéditions totales, qui ont atteint le chiffre de 6.440.850 tonnes
en 1912 contre 5.818.949 tonnes respectivement 5.252.348 tonnes pendant les deux années précédentes, se répartissent comme suit sur les trois catégories de produits A:
Demi-produits.
Matériel de chem. de fer.
Fers profilés.
1.883.315 t.
1.544.222 t.
1.814.811 t.
1910
2.090.828
1.745.163
1911
1.982.958
2.344.507
1.914.201
2.181.912
1912
Pendant tout le courant de l'année les grandes usines ont été occupées jusqu'à leur entière
capacité de production et, à la fin de l'exercice, les ordres inscrits sur leurs carnets de commandes
ont été considérablement supérieurs à ceux inscrits à la fin de l'exercice précédent.
Néanmoins, à tout prendre, l'année n'a été franchement favorable que dans sa seconde moitié.
Ce n'est, en effe …
Explication IA à partir du texte officiel de la loi. Indicatif, ne remplace pas un conseil juridique.