📄 Texte de loi
CHAMBEITI
I OF COMMERCE
I— LUXEMBOURG
POWERING BUSINESS
Avis de la
Chambre de Commerce
Budget de PEtat :
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Projet de loi n°7878
concernant le budget des
recettes et des dépenses
..'cle l'Etat pour l'exercice 2022
(5911CCH/BMU)
Projet de loi n°7879
relative à la programmation
financière pluriannuelle
pour la période 2021-2025
(5912BMWCCH)
18 novembre 2021
Projet de loi n°7878 concernant le budget des recettes et des
dépenses de l'Etat pour l'exercice 2022 (5911CCH/BMU)
Projet de loi n°7879 relative à la programmation financière
pluriannuelle pour la période 2021-2025 (5912BMU/CCH)
AVIS DE LA
CHAMBRE DE COMMERCE SUR LE PROJET DE BUDGET
DE L'ETAT
En quête de stabilité dans un
environnement tourmenté
18 novembre 2021
3
Résumé exécutif
L'avis de la Chambre de Commerce de cette année s'inscrit dans un contexte toujours très
atypique. Les économies mondiale et européenne sont en phase de convalescence, avec une
croissance pouvant certes paraître très soutenue en 2021, mais qui ne constitue dans une
large mesure qu'un rebond mécanique par rapport au « creux » de 2020. L'Europe et le
Luxembourg sont par ailleurs toujours éloignés d'un retour à la normale, dans un contexte qui
reste extrêmement mouvant et entaché de nombreux risques et incertitudes, en ce qui
concerne les prix plus capricieux que jamais de l'énergie et des matières premières, la
pérennité des diverses ruptures des chaînes de valeur (problèmes logistiques et pénuries), le
processus de « normalisation » de la politique monétaire, la « sortie de crise » des finances
publiques alors que de nombreux pays ont vu leur dette publique littéralement exploser, ou
encore les risques (géo)politiques et sociaux dans un environnement portant les stigmates
d'un véritable « tremblement de terre » épidémiologique.
A première vue, le Luxembourg est parvenu à limiter les dégâts, avec un PIB renouant plus
rapidement qu'anticipé avec sa trajectoire pré-crise et ne déclinant « que » de 1,8% en 2020
contre une chute de 6,5% dans la Zone euro, un emploi qui a continué à croître au cœur même
de la crise sanitaire et des finances publiques affichant une détérioration moins manifeste que
dans le reste de l'Union européenne, alors que la situation de départ du Luxembourg était déjà
comparativement favorable avant la crise. Cette traditionnelle solidité des comptes publics
explique d'ailleurs dans une grande mesure la bonne résistance de l'économie
luxembourgeoise — une leçon à méditer. Elle a rendu possible une prompte réaction des
pouvoirs publics, qui a permis de contenir autant que possible les nombreux stigmates
potentiels de la crise, sur le plan social ou économique (les faillites ayant jusqu'ici été
endiguées). Par ailleurs, les autorités luxembourgeoises ont pu compter sur des entreprises
dynamiques, qui ont bénéficié du soutien sans faille de la Chambre de Commerce et de sa
House of Entrepreneurship.
Les cheres clefs du budget
La situation des Administrations publiques luxembourgeoises demeure a priori favorable
malgré la crise, comme l'atteste un déficit qui se limiterait à 0,2% du Pl B en 2022, avec même
un léger surplus structurel. La dette publique oscillerait quant à elle autour de 27% du PIB tout
au long de l'horizon couvert par le projet de budget pluriannuel et demeurerait par conséquent
sagement tapie en deçà du seuil gouvernemental des 30% du PIB, même si son niveau atteint
des records en valeur absolue. Bien que la dette publique semble limitée par rapport à d'autres
pays européens, le modèle économique luxembourgeois est très sensible en la matière et
n'aura que peu de marge de manœuvre si les taux d'intérêts augmentent fortement, ce qui
risque à terme de devoir être compensé par une hausse des impôts, à l'impact néfaste sur la
compétitivité.
La Chambre de Commerce salue cette situation comparativement favorable peu de temps
après la survenance de la crise sanitaire, en formulant cependant deux réserves de taille.
En premier lieu, la situation des Administrations publiques ne constitue que la partie émergée
de l'iceberg. Du fait d'un surplus des Administrations de sécurité sociale, elle masque en effet
la persistance d'un substantiel déficit de l'Administration centrale, qui se monterait à 1.230
4
millions d'euros en 2022 et toujours à un peu plus de 700 millions d'euros en 2025, même
sous l'hypothèse d'une progression des dépenses ramenée à 4% l'an de 2023 à 2025 (contre
+5,5% en moyenne au cours des 10 dernières années), ce qui dans une perspective historique
reste très élevé. La Chambre de Commerce juge très louable un tel objectif, mais elle note par
ailleurs que les dépenses publiques devraient être durablement affectées par les plans de
recrutement des administrations gouvernementales et services étatiques. Le caractère rigide
et difficilement réversible de ces dépenses courantes est mis en évidence de façon récurrente
par la Chambre de Commerce. Les besoins en main-d'œuvre (2.300 nouveaux postes prévus
pour l'exercice 2022) dans la fonction publique résultent logiquement de la hausse
démographique continue, mais les plans de recrutement devraient comporter en parallèle des
efforts de l'Etat visant à accroître la productivité et l'efficience au niveau des services publics
via une digitalisation accélérée, la simplification des procédures et une formation continue plus
poussée.
En second lieu, cet atout apparent que constitue actuellement l'excédent de la sécurité sociale,
ou plus précisément des pensions du régime général, constitue en fait le talon d'Achille des
finances publiques luxembourgeoises. Selon le Groupe de travail européen sur le
vieillissement démographique, ce dernier va particulièrement affecter le Luxembourg, où les
dépenses totales de pension devraient passer de 9% du PIB actuellement à 14% en 2045 et
quelque 18% (soit le double du présent montant) en 2070. Il s'agirait là, et de loin, de la hausse
la plus prononcée au sein de l'Union européenne.
La dégradation des comptes sociaux est d'ailleurs d'ores et déjà très tangible au Luxembourg.
En 2020, les Administrations de sécurité sociale engrangeraient en effet un excédent de 1,4%
du PIB. Or selon le projet de budget, ce surplus se limiterait à 1,1% en 2021, avant de se
réduire à 0,9% du PIB en 2025.
Le Luxembourg à l'heure des transitions
Il existe des risques inhérents aux finances publiques du Luxembourg dont l'économie et les
recettes fiscales sont largement tributaires du secteur financier, exposé aux évolutions
internationales, et des défis socio-économiques. Si ces derniers constituent autant de défis
pouvant à terme s'avérer très prometteurs pour la société grand-ducale, ils vont nécessiter la
mobilisation de l'énergie de tous et de conséquents moyens financiers. La Chambre de
Commerce a pour cette raison scruté le projet de budget sous l'angle de trois transitions, celle
devant nous mener à une économie plus diversifiée, la « révolution numérique » et la transition
environnementale et énergétique.
La transition vers une économie plus diversifiée
Le maintien d'une croissance économique relativement soutenue est une nécessité pour
le Luxembourg sur le long terme, ne fût-ce que pour assurer le financement de la sécurité
sociale en général et des pensions en particulier, et afin de garantir la cohésion sociale. En
l'absence de mesures nouvelles, le taux de croissance annuel du PIB en volume permettant
d'assurer la stabilité des dépenses de pension par rapport au PIB s'établirait selon divers
experts à quelque 5%. Or s'ils ne sont pas pris à bras le corps, de nombreux obstacles sont
susceptibles de contrarier une telle croissance (ou même une croissance plus modeste, de
l'ordre de 3% l'an), à savoir une pénurie de main-d'œuvre manifeste dès maintenant, l'érosion
5
de l'attractivité du « Standuert Lëtzebuerg » ou les problèmes — d'ores et déjà sensibles — de
mobilité et de logement.
Une politique de diversification active s'impose particulièrement dans un tel contexte, comme
la Chambre de Commerce a déjà pu le soulever à maintes reprises. Elle passe notamment
par un cadre général plus favorable, s'étayant sur une fiscalité suffisamment attractive alors
que l'évolution récente et prévisible de la fiscalité internationale devrait rapidement constituer
un défi d'envergure pour le Luxembourg. Il est dès lors de la plus haute importance que le
Luxembourg propose, dans les meilleurs délais, notamment une feuille de route prévoyant la
convergence graduelle de son taux standard d'affiche de l'impôt des sociétés (de l'ordre de
25%, comprenant l'impôt sur le revenu des collectivités (« IRC ») et le prélèvement « Fonds
pour l'emploi » associé ainsi que l'impôt commercial communal) vers le taux médian prévalant
au sein de l'Union européenne, à savoir 21%. Le coût budgétaire d'une telle mesure ne peut
être apprécié de manière statique, car il s'ensuivrait un effet d'entraînement de l'activité
économique (« effet de retour ») et par ailleurs cette stratégie se déploierait sur un horizon de
temps relativement étendu. La Chambre de Commerce demande en parallèle la mise en
oeuvre de 10 « quick fixes », qui permettraient d'améliorer grandement le climat des affaires
au Luxembourg pour un coût budgétaire nul ou du moins extrêmement circonscrit. Ces
mesures s'articulent autour de trois axes stratégiques que sont (i) la temporalité de la charge
fiscale (via le report en arrière de pertes ; le report de l'impôt sur la fortune (« IF ») sur l'IRC
en cas de pertes sans réserve antérieure ; la compensation automatique tout impôt confondu
au sein d'un dossier fiscal digital unique), (ii) le renforcement des droits du contribuable
(indication des pertes dans le bulletin d'imposition et droit de recours ; suspensivité —
éventuellement partielle — du paiement de la dette d'impôt en cas de contestation du montant
réclamé et de l'appel en garantie ; raccourcissement des délais de prescription ; réciprocité
des procédures entre l'Administration et les contribuables) et (iii) la cohérence des textes
(application uniforme des circulaires administratives ; recul du délai de dépôt des déclarations
fiscales de l'impôt sur le revenu par rapport au délai d'approbation des comptes ; alignement
de la durée de « recapture » sur la durée de la disponibilité des pertes reportées). Une stratégie
complète de diversification présuppose également, toujours dans une perspective
d'attractivité, une réglementation suffisamment « agile », en ce qui concerne le droit des
faillites par exemple.
La Chambre de Commerce souligne également l'importance d'investissements en
infrastructures demeurant élevés (voire même accrus), et enfin sur la nécessité d'inlassables
efforts en matière de formation et de recherche, développement & innovation (RDI). A cette
stratégie d'ensemble devrait s'ajouter le ciblage de « secteurs à haut potentiel d'avenir », sur
la base des avantages comparatifs existants du Luxembourg et sans pour autant tomber dans
les travers d'une diversification par la planification.
Le logement doit être l'un des bénéficiaires privilégiés de la montée en puissance des
investissements publics. Une politique innovante doit sans tarder être développée dans ce
domaine, ce qui permettrait de désamorcer une véritable « bombe à retardement » susceptible
d'enrayer les principaux rouages de l'économie luxembourgeoise (pouvoir d'achat réellement
disponible, aptitude à attirer des « talents » et de maintenir une immigration nette qui soit en
rapport avec les besoins d'embauche, cohésion sociale, etc.). L'emballement du marché
immobilier ces dernières années, plus manifeste encore depuis la survenance de la crise
sanitaire, requiert de toute urgence une progression de l'offre de logements et d'espaces de
6
bureau, avec des solutions innovantes impliquant également le secteur privé. Pour des
entreprises souhaitant s'engager dans la mise à disposition de logements à leurs
collaborateurs, la Chambre de Commerce invite les autorités à considérer la création d'un
cadre fiscal attractif pour des acteurs privés qui désireraient explorer concrètement une telle
piste dans leur quête d'attraction de main-d'œuvre. Une réévaluation globale de toutes les
dispositions, fiscales notamment, concernant directement ou indirectement l'immobilier
s'impose également dans un tel contexte.
La Chambre de Commerce constate que mesurés à cette aune « holistique » (attaquant de
front les infrastructures, le logement, les qualifications, la RDI, les axes de diversification ou
encore l'attractivité et la fiscalité), les efforts de diversification du Luxembourg paraissent
encore trop timides malgré certains efforts dans le cadre du projet de budget. Ainsi, aucune
évolution notable n'est notée (en matière fiscale ou de gestion des « talents » par exemple)
afin de renforcer l'attractivité du Luxembourg. En outre, les crédits budgétaires alloués à la
formation, la RDI et au « ciblage » de secteurs d'avenir se caractérisent soit par une
stagnation, soit par une augmentation mesurée, et en tout cas inférieure à celle du PIB. A ce
titre, la diversification économique figure parmi les « parents pauvres » du projet de budget.
Sur la période couverte par le budget pluriannuel (soit d'ici 2025), les dépenses de
rémunération et les transferts sociaux connaissent une croissance autrement plus prononcée.
En outre, si les investissements publics annoncés se situent à un niveau élevé, ils n'atteignent
pas non plus des niveaux exceptionnels (avec une moyenne de 4,7% du PIB de 2022 à 2025,
contre 4,2% de 2000 à 2019) et ce dans un pays où un effort particulièrement soutenu
s'impose en la matière — ne fût-ce qu'en raison d'une croissance potentielle plus élevée que
dans les pays environnants et d'une forte progression tendancielle de la population.
La transition digitale
La transition digitale est par excellence une stratégie transversale, touchant l'essentiel des
domaines de l'action publique sinon tous, et constituant pour les entreprises tant un défi qu'une
opportunité. Alors que l'actuel programme gouvernemental a confirmé comme priorité majeure
la digitalisation du pays, la création d'un Ministère afférent, ayant pour vocation de coordonner
les différentes initiatives en la matière et d'assurer leur juste implémentation, fut une étape
importante dans la mise en œuvre au Luxembourg d'une réelle stratégie commune de
transformation digitale du pays.
La stratégie « Gouvernance électronique 2021-2025 », élaborée avec le Centre des
technologies de l'information de l'Etat (CTIE), a été adoptée en février 2021. Elle s'inscrit dans
la volonté de l'Etat de développer le « eGovernment ». Un groupe de travail interministériel
coordonné par le Ministère de la Digitalisation a été mis en place en 2019 afin de faire l'état
des lieux des actions gouvernementales en cours. Début octobre fut présenté le plan d'action
national pour l'inclusion numérique, qui vise à augmenter la motivation et susciter la confiance
numérique, à faciliter l'accès au numérique et à développer les compétences numériques. Au
total, ce plan d'action comporte 40 initiatives réparties sur les 3 leviers stratégiques identifiés.
La Chambre de Commerce salue également l'initiative « Digital Luxembourg », lancée en 2014
et dont le Ministère d'Etat assure la gestion. De nombreuses autres initiatives peuvent par
ailleurs être citées, en matière d'économie des données, d'éducation, de robotique,
d'intelligence artificielle, de reconversion professionnelle, d'e-Santé, d'accompagnement des
PME (par Luxinnovation, notamment) — pour ne mentionner que quelques domaines couverts.
7
Dans le même temps, la Chambre de Commerce constate que seuls 38% des agents de l'Etat
sont couverts par un accès VPN et les données sur les ordinateurs portables, smartphones et
tablettes mis à leur disposition soulignent également l'existence d'une vaste marge
d'amélioration. En ce qui concerne les citoyens, seul un tiers des accédants potentiels ont un
compte privé sur MyGuichet.lu. Et surtout, en 2020, 15 millions de pages imprimées et 11
millions d'enveloppes ont été transmises aux citoyens, contre 5,9 millions de copies digitales.
Par ailleurs, le nombre de projets portés par la CTIE est de 397 pour 456 agents et salariés,
tandis qu'un grand morcellement est de mise au niveau des infrastructures, avec 3.200
systèmes d'exploitation actuellement utilisés.
Or, les dépenses courantes du Ministère de la Digitalisation, qui servent surtout à financer le
CTIE (95% du total), dépassent à peine 1% du total des dépenses de l'Etat. Leur progression
sera en outre atone d'ici 2025, certes dans la foulée d'une hausse soutenue en 2022. En
d'autres termes, les crédits en faveur de la digitalisation paraissent faibles, concentrés et ne
progresseront que modestement sur l'horizon couvert par le projet de budget pluriannuel et ce
en dépit de la montée en puissance générale du numérique. D'autres ministères s'occupent
certes également de digitalisation, mais les crédits correspondants restent en définitive limités,
donc peu susceptibles de permettre au Luxembourg de consolider ses points forts (la
connectivité et le capital humain) tout en éradiquant ses points faibles — à savoir l'intégration
de la technologie numérique et les services publics numériques. Il convient de poursuivre et
d'accélérer la digitalisation de ces derniers, tout en simplifiant les procédures. La facturation
est un exemple type de procédure pouvant bénéficier d'une simplification administrative via sa
digitalisation, tout en apportant un avantage financier aux entreprises. En effet, selon une
étude belge, l'envoi d'une facture papier d'une entreprise à une autre coûte 4,4 euros, contre
1,2 euro pour une facture électronique.
La numérisation va également révolutionner le monde du travail : selon certaines études, 85%
des emplois de 2030 n'existent pas encore. Le Luxembourg doit se préparer à une telle
(r)évolution, avec à la clef un considérable effort de « requalification ». Le Grand-Duché doit
ainsi établir un « Observatoire des compétences », qui soit à même d'identifier et d'anticiper
les besoins futurs des entreprises.
La transition environnementale et énergétique
Tant le discours sur l'Etat de la Nation que la présentation du projet de budget le 13 octobre
ont confirmé que la lutte contre le réchauffement climatique se place au tout premier rang des
priorités gouvernementales du Grand-Duché. Face au défi du siècle, les autorités ont ainsi
annoncé leur ambition d'œuvrer en faveur d'une accélération additionnelle de la transition
environnementale et énergétique au Luxembourg.
La Chambre de Commerce constate avec satisfaction que les travaux programmés des
ministères concernés pour 2022 s'inscriront dans le renforcement de la dynamique de relance
verte, qui a été initiée pour répondre à la crise sanitaro-économique. La transition
environnementale, en particulier dans les domaines de la gestion durable des ressources
(actions visant l'économie circulaire, réformes visant le cadre légal relatif aux déchets) et de
l'eau (plans de gestion pour les districts hydrographiques et les risques d'inondation), ainsi
que de la protection de la nature et de la biodiversité (3e plan national de la protection de la
8
nature, stratégie nationale biodiversité), constitue ainsi un accent fort des orientations, comme
en témoignent les nombreuses annonces du projet de budget 2022.
Après l'adoption définitive des objectifs climatiques sectoriels, les priorités en matière de
transition climatique et énergétique seraient, quant à elles, accordées aux travaux de
préparation des différentes initiatives à mener au niveau des secteurs concernés. La Chambre
de Cornmerce se félicite que la mise en œuvre du PNEC se poursuit en parallèle par la mise
en place de nouveaux régimes d'aides et surtout la prolongation de régimes existants pour
promouvoir la durabilité dans les domaines du logement et des véhicules routiers. Elle salue
par ailleurs le fait que l'action climat du Gouvernement se mènera en coopération avec le
niveau communal (Pacte climat) et qu'elle s'inscrira dans l'exploration de nouvelles mesures
de coopération possibles avec les acteurs régionaux transfrontaliers, sans oublier les
engagements sur le plan international, où le Grand-Duché ambitionne de traduire dans les
faits sa stratégie du financement climatique international 2021-2025. A noter que le projet de
budget vise aussi à s'attaquer aux phénomènes de congestion et à favoriser la
décarbonisation du secteur du transport, ce en prévoyant des moyens conséquents pour
renforcer la multimodalité dans l'ensemble de ses facettes.
Les ambitions d'accélération du rythme de la transition climatique se manifestent également à
travers les moyens qui sont alloués par le projet de budget 2022. Environ 765 millions d'euros
en faveur d'investissements environnementaux et climatiques sont ainsi budgétisés pour 2022,
de même qu'un montant de 1,8 milliard de dépenses liées à la mise en œuvre du PNEC, deux
enveloppes qui connaîtraient par ailleurs une évolution dynamique sur la période couverte par
le PLPFP 2021-2025.
Alors que la Chambre de Commerce salue la hausse projetée des moyens budgétaires qui
seront dédiés à l'atteinte des objectifs climatiques, elle regrette cependant que les documents
budgétaires ne présentent pas une ventilation plus détaillée et désagrégée des
investissements environnementaux et climatiques ainsi que des dépenses pour la mise en
œuvre du PNEC. Une présentation de la composition effective des montants agrégés
d'investissements et de dépenses, de même que les proportions dans lesquelles leur
exécution se repartira entre l'Administration centrale et les Administrations locales, n'ont ainsi
pas été fournies. De telles informations auraient permis de faire plus concrètement le lien avec
certaines annonces et initiatives du Gouvernement dans le cadre de sa politique
environnementale et climatique.
La Chambre de Commerce identifie également l'absence d'annonces concrètes par rapport à
certaines mesures dans le projet de budget 2022. Dans le domaine de l'énergie, elle déplore
ainsi d'abord que le projet de budget reste relativement muet par rapport à la flambée récente
et persistante des prix de l'énergie et des matières premières et qu'il n'annonce nullement des
mesures de soutien aux entreprises et aux PME, alors que l'inflation de ces prix constituera
bien un des principaux défis pour les acteurs privés en 2022. De plus, après la présentation
de la stratégie hydrogène du Luxembourg au 2e semestre 2021, la Chambre de Commerce
s'étonne que le projet de budget ne contienne pas d'annonces sur l'impact budgétaire qui
résultera de la poursuite de cette stratégie, ni sur la concrétisation d'un pacte climatique pour
les entreprises et d'un fonds de préfinancement et de gestion des risques (« de-risking ») pour
des projets en lien avec la transition énergétique du secteur industriel.
9
Un dernier regret de la Chambre de Commerce concerne finalement la taxe CO2. Cette
dernière constitue à ses yeux le « grand absent » du projet de budget, les autorités ne
prévoyant pas d'adaptations en la matière en vue de compléter le volet punitif de la taxe par
une véritable dimension incitative. En outre, elle constate avec étonnement que le projet de
budget ne contient (à ce stade) pas d'annonces par rapport à la future trajectoire de la taxe
CO2 au-delà de 2023. Pour éviter que les entreprises naviguent à vue, la Chambre de
Commerce invite dès lors le Gouvernement à proposer une trajectoire pour l'évolution future
de la taxe carbone dans les meilleurs délais, après concertation étroite avec l'ensemble des
parties prenantes des secteurs concernés.
****
En conclusion, la Chambre de Commerce se félicite de la bonne résistance à la crise du
Luxembourg, qui a moins souffert que les économies comparables en termes de PIB, d'emploi
et de finances publiques, grâce à l'action résolue de ses autorités et à la mobilisation de ses
« forces vives », dont les entreprises.
Des vulnérabilités affleurent cependant d'ores et déjà, en ce qui concerne la situation de
certaines branches d'activité fragilisées par la crise et l'évolution future des dépenses
publiques, notamment des transferts sociaux ou de la rémunération des agents publics. Par
ailleurs, si les investissements publics devraient demeurer à un niveau élevé dans les années
qui viennent, ils ne paraissent pas exceptionnels par rapport aux vingt années précédentes.
Enfin, la Chambre de Commerce note que les dépenses de formation, de RDI et les crédits
directement affectés à la diversification ne progresseront que modestement sur l'horizon
couvert par le projet de budget pluriannuel, tandis que la transition numérique gagnerait à être
accélérée. L'indispensable transition énergétique et climatique constitue un autre défi
d'envergure pour le Grand-Duché.
Il est essentiel que le Luxembourg veille plus que jamais à la « qualité » des dépenses
publiques et à une certaine sélectivité sociale afin d'aborder dans les meilleures conditions
possibles ces défis multiples, largement simultanés et souvent imbriqués. Ils constituent autant
de redoutables épreuves, tout en étant porteurs de maintes opportunités, en direction d'une
société plus moderne, plus verte et plus résiliente.
10
11
Table des matières
PARTIE I Un environnement conjoncturel paradoxal, entre dynamisme et incertitudes .
15
1
La reprise est là mais sur fond d'incertitudes
16
2
La relance de l'économie luxembourgeoise s'accompagne également de risques
17
PARTIE II Quelques chiffres pour illustrer la situation des Administrations publiques21
1
2
3
Administration centrale
22
Du côté des dépenses
22
Du côté des recettes
23
Du côté du solde
25
Administrations de sécurité sociale
26
Du côté des dépenses
26
Du côté des recettes
27
Du côté du solde
28
Administrations locales
31
4 Administration publique
32
Du côté des dépenses
32
Du coté des recettes
33
Du côté du solde nominal
34
Du côté du solde structurel
35
5
Dette publique
35
PARTIE Ill Le Luxembourg à l'heure des transitions
37
1
La transition vers une économie plus diversifiée
38
2
La transition digitale
71
3
La transition environnementale et énergétique
79
12
Sommaire des tableaux
Tableau 1 : Prévisions d'évolution du PIB en volume selon les institutions internationales 17
Tableau 2 : Evolution pluriannuelle des dépenses de l'Administration centrale
22
Tableau 3 : Evolution des dépenses de l'Administration centrale selon la LPFP 2020-2024 et
le PLPFP 2021-2025
23
Tableau 4 : Evolution pluriannuelle des recettes de l'Administration centrale
24
Tableau 5 : Evolution des recettes de l'Administration centrale selon la LPFP 2020-2024 et le
PLPFP 2021-2025
24
Tableau 6 : Evolution pluriannuelle des dépenses des Administrations de sécurité sociale 27
Tableau 7 : Evolution pluriannuelle des recettes des Administrations de sécurité sociale 28
Tableau 8 : Evolution pluriannuelle du solde des Administrations de sécurité sociale
28
Tableau 9 : Evolution des agrégats des Administrations locales selon la LPFP 2020-2024 et le
PLPFP 2021-2025
31
Tableau 10 : Evolution pluriannuelle des dépenses, des recettes et des soldes des
Administrations locales
31
Tableau 11 : Evolution pluriannuelle des dépenses de l'Administration publique
32
Tableau 12 : Evolution des dépenses de l'Administration publique selon la LPFP 2020-2024
et le PLPFP 2021-2025
33
Tableau 13 : Evolution pluriannuelle des recettes de l'Administration publique
33
Tableau 14 : Evolution des recettes de l'Administration publique selon la LPFP 2020-2024 et
le PLPFP 2021-2025
34
Tableau 15 : Comparaison des programmes de dépenses du fonds spécial de soutien au
développement du logement — Pacte Logement 2.0 (PLPFP 2020-2024 — PLPFP 2021-2025)
45
Tableau 16 : Comparaison des programmes de dépenses du fonds spécial de soutien au
développement du logement - Aides à la pierre pour construction d'ensembles (PLPFP 20202024 — PLPFP 2021-2025)
46
Tableau 17 : Evolution des dépenses de formation dans le PLPFP 2021-2025
50
Tableau 18 : Evolution des dépenses de RDI dans le PLPFP 2021-2025
52
Tableau 19 : Evolution des dépenses en lien avec les axes de diversification dans le PLPFP
2021-2025
54
Tableau 20 : Evolution des dépenses courantes de l'Etat ainsi que du Ministère de la
Digitalisation
74
Tableau 21 : Evolution des dépenses courantes du Ministère de la Digitalisation, section
Digitalisation, selon le type de dépenses
75
Tableau 22 : Evolution des dépenses courantes du Ministère de la Digitalisation, section CTIE,
selon le type de dépenses
76
Tableau 23 : Coût d'une facture en fonction du support utilisé et économies potentielles 78
Tableau 24 : Comparaison des évolutions prévues pour les investissements
environnementaux et climatiques selon les projets de budget 2021 et 2022
84
Tableau 25 : Comparaison des évolutions prévues pour les dépenses en lien avec le PNEC
selon les projets de budget 2021 et 2022
85
Sommaire des graphiques
Graphique 1 : Facteurs pesant sur l'activité industrielle au Luxembourg
18
Graphique 2 : Évolution des prix des produits pétroliers au Luxembourg
19
Graphique 3 : Evolution pluriannuelle du solde de l'Administration centrale selon les budgets
2021 et 2022
25
Graphique 4 : Evolution pluriannuelle du solde de l'Administration centrale
26
Graphique 5 : Evolution du solde des Administrations de sécurité sociale
29
13
Graphique 6 : Evolution des dépenses sociales de 2019 à 2070 selon l' « Ageing Working
Group »
30
Graphique 7 : Evolution pluriannuelle du solde de l'Administration publique
34
Graphique 8 : Evolution des recettes de l'Administration publique selon la LPFP 2020-2024 et
le PLPFP 2021-2025
35
Graphique 9 : Evolution de la dette publique
36
Graphique 10 : Incidence de la trajectoire optimale CO2 sur l'emploi dans l'Union européenne
41
Graphique 11 : Evolution des investissements publics des Administrations publiques
44
Graphique 12 : Evolution du produit de l'impôt foncier au Luxembourg
48
Graphique 13 : Scores PISA et dépenses d'enseignement par résident
51
Graphique 14 : Taux nominaux globaux et standards d'imposition des sociétés dans l'UE en
2020
67
14
15
PARTIE I
Un environnement conjoncturel
paradoxal, entre dynamisme et
incertitudes
16
L'économie mondiale s'est redressée en 2021, le PIB étant supérieur à son niveau d'avant la
pandémie. Tant pour l'Europe que pour les États-Unis, les projections pour 2021 et 2022 des
institutions internationales indiquent une reprise dynamique, portée par le maintien de
programmes d'aides aux entreprises, des taux de vaccination en hausse et l'augmentation de
la consommation des ménages. Le Fonds monétaire international (FMI) anticipe une hausse
du PIB mondial de 5,9% en 2021 et de 4,9% en 2022, alors que l'Organisation de coopération
et de développement économiques (OCDE) table, respectivement, sur +5,7% et +4,5%. Les
projections des deux organisations sur l'activité du Royaume-Uni en 2021 indiquent un rebond
(suite à un recul frisant les 10% en 2020). Les résultats de la Chine demeurent excellents
(malgré une progression de 0,2% de son PIB au 3e trimestre 2021, contre 1,2% au trimestre
précédent). Au sein de la Zone euro, le FMI et le Commission européenne annoncent un
acquis de croissance autour de 5% pour l'ensemble de l'année 2021 et le STATEC, de 5,7%.
Cela étant, la reprise mondiale reste incertaine et inégale, alors que les taux d'infection au
variant Delta augmentent. Si la dégradation sanitaire impacte jusqu'à présent majoritairement
les économies des pays les moins avancés, dont le taux de vaccination et les aides publiques
sont faibles, l'économie mondiale dans son ensemble connaît de fortes tensions sur les
chaînes de valeur internationales du fait de la reprise économique. Poussée par
l'augmentation des prix des matières premières et des coûts de transport maritime (la « course
aux containers »), l'inflation est particulièrement marquée aux Etats-Unis (le FMI projette une
hausse des prix à la consommation de 4,3% en 2021, comparé au 1,2% de 2020) mais reste
jusqu'à présent contenue dans la Zone euro (2,2% en 2021 par rapport à un taux
particulièrement bas de 0,3% en 2020).
De manière générale, l'incertitude demeure sur les possibles effets du nouveau variant, plus
contagieux, sur le déséquilibre actuel entre offre et demande de matériaux et ce faisant, sur
les perspectives de résorptions des poussées inflationnistes, accentuées par la hausse des
prix de l'énergie. En outre, la suppression des mesures de soutien et d'aide mises en œuvre
durant le plus fort de la crise sanitaire (chômage partiel, TVA réduite dans certains pays, etc.)
risque d'impacter le dynamisme de la croissance. Dans ce contexte, le FMI a revu ses
prévisions de croissance mondiale à la baisse pour 2021 (de 0,1 point de pourcentage) par
rapport à celles du mois de juillet 20211.
1 FMI, Perspectives de l'économie mondiale, juillet 2021 :
https://www.imf.orq/en/Publications/WEO/Issues/2021/07/27/world-economic-outlook-update-julv-2021
17
Tableau 1 : Prévisions d'évolution du PIB en volume selon les institutions
internationales
En %
DA TE DE
PUBLICA TION
FMI
COMMISSION
EUROPÉENNE
OCDE
10/2021
11/2021
09/2021
2021
2022
2021
2022
2021
2022
MONDE
5,9
4,9
-
-
5,7
4,5
ÉTATS-UNIS
6,0
5,2
-
6
3,9
CHINE
8,0
5,6
-
-
8,5
5,8
JAPON
2,4
3,2
-
2,5
2,1
ROYAUME-UNI
6,8
5,0
-
»
6,7
5,2
ZONE EURO
5,0
4,3
5,0
4,3
5,3
4,6
ALLEMAGNE
3,1
4,6
2,7
4,6
2,9
4,6
BELGIQUE
5,6
3,1
6,0
2,6
-
-
FRANCE
6,3
3,9
6,5
3,8
6,3
4,0
LUXEMBOURG
5,5
3,8
5,8
3,7
-
-
Sources : FMI, Perspectives de l'économie mondiale, octobre 2021 ; Commission européenne, Prévisions
économiques, novembre 2021 ; OCDE, Perspectives économiques, Rapport intermédiaire, septembre 2021.
Alors même que de nombreux secteurs souffrent encore des restrictions sanitaires, la
croissance actuelle de l'activité luxembourgeoise repose surtout sur la demande intérieure,
c'est-à-dire la consommation privée et les investissements.
Moins affectée que ses voisins européens par la crise du Covid-19 en 2020 (recul de 1,8% du
Pl B, contre -6,5% pour la Zone euro), le Luxembourg devrait connaitre une croissance de son
PIB de 6% en 2021 selon le projet de budget 2022. A l'issue du 2eme trimestre 2021, le PIB
luxembourgeois se situait 3,6% au-dessus de son niveau d'avant-crise, c'est-à-dire au cours
du 4e trimestre 2019, alors que celui de la Zone euro est encore inférieur de 3% à celui-ci. En
supposant que le Pl B trimestriel reste aux 3eme et 4enie trimestres au même niveau2 qu'au 2ème,
le PIB en volume en 2021 sera 5,7% plus élevé que le PIB total de 2020.
3 Si le PIB ne
2 C'est-à-dire 15.732,7 millions d'euros.
3 63.004 millions d'euros en 2021 contre 59.586 millions d'euros en 2020.
18
progresse même que de +0,5% au cours des 3ème et 4ème trimestres, l'acquis de croissance
serait de +6,1% pour l'ensemble de 2021, sauf révisions importantes des comptes annuels.
Toutefois, l'économie luxembourgeoise n'en demeure pas moins impactée par les tensions
actuelles sur l'appareil productif à l'échelle mondiale. Comme indiqué par le STATEC4, les
difficultés d'approvisionnement, dues au manque de matériaux et à la formation de goulets
d'étranglement dans les chaînes logistiques internationales, touchent en particulier le secteur
industriel, dont les prix à la production des produits ont augmenté de 5,2% en un an sur les 8
premiers mois de 2021 (contre -2% en 2020).
En % des entrepnses interwgées
Graphique 1 : Facteurs pesant sur l'activité industrielle au Luxembourg
0
-
..-1
h-
C.%
-'
P
0
n..1
rfl
F-
F-
ç
m•
I-
cr) cra cy)
1-1
.-4
,-1
1
Ir
I
r
r
0
H
CLI
CI
Mr-i
et,1
IIé-II.ICI C> CM CI ri H
ni
cu
ru
cm
cm
(II
Manque de main-d'oeuvre
insuffisance de l'équipement
—Insuffisance c12. a demande (ech. droite)
Source : STATEC (enquêtes de conjoncture — données lissées sur 3 trimestres), extrait du Conjoncture Flash,
octobre 2021.
Le secteur de la construction, également impacté, connaît une augmentation des prix de vente
et un allongement des délais de livraison du fait d'une pénurie de matériaux et de
marchandises.
Par ailleurs, la hausse des prix de l'énergie accentue le phénomène inflationniste qui, s'il
s'inscrivait dans la durée, pourrait mener à un recul des perspectives de croissance du pays.
Selon les données du STATEC, sur les 2,7% d'inflation sur un an en septembre 2021, plus de
la moitié (1,4 point de pourcentage) est due à la hausse des prix de l'énergie, particulièrement
des produits pétroliers. L'introduction de la taxe CO2 au lerjanvier 2021, qui renchérit le coût
du diesel, de l'essence, du mazout et du gaz, contribue également à une pression sur les prix.
4 STATEC, Conjoncture Flash, Une reprise sous tension(s), octobre 2021 :
https://statistiques.public.lu/fr/actualites/economie-finances/conioncture/2021/10/202110264/index.html
19
Graphique 2 : Evolution des prix des produits pétroliers au Luxembourg
1,4 €
1,2 €
1,0 €
0,8 €
0,6 €
0,4 €
0,2 €
0,0 €
2015
2016
2017
-Essence super 95 (1 l)
Source : STATEC
2018
2019
- Gasoil chauffage (1 l)
2020
2021
Diesel (1 l)
20
21
PARTIE 11
Quelques chiffres pour illustrer la
situation des Administrations
publiques
22
dUUI
LL;iiL
Du côté des dépenses
+720 millions d'euros
D'après le projet de budget 2022, les dépenses totales de l'Administration centrale
s'élèveraient en 2021 à 22.705 millions d'euros,
de plus que le montant
budgétisé de 21.985 millions d'euros, soit une hausse de 3,3%, comme le montre le tableau
2.
Prises dans leur ensemble (et de manière certes extensive), les enveloppes en faveur des
aides, soutiens et autres garanties dans le cadre de la stabilisation et de la relance de
l'économie suite à la crise du Covid-19, se sont élevées au total à 11 milliards d'euros, soit
environ 18% du FIS. Les inondations des 14 et 15 juillet 2021 ont également eu un impact sur
les dépenses puisque en raison de leur reconnaissance en tant que « catastrophe naturelle »,
une enveloppe de 100 millions d'euros a été débloquée à ce titre. Selon le projet de budget
2022, le coût des aides en faveur du secteur des petites et moyennes entreprises, dont
principalement des entreprises de l'Horeca (restaurants et campings) et du commerce, devrait
se chiffrer à environ 12 millions d'euros pour 2021 et à 8 millions d'euros pour 2022.
De par leur caractère anticyclique, ces dépenses, bien qu'en hausse, contribueront à un retour
plus rapide à un niveau d'activité fort et à une relance économique durable.
En 2022, en atteignant les 23,5 milliards d'euros, les dépenses poursuivent leur croissance,
tant par rapport aux prévisions pour 2021 (+3,4%), établies dans le projet de budget 2022, que
par rapport au budget voté pour l'année 2021 (+6,8%)
Tableau 2 : Evolution pluriannuelle des dépenses de l'Administration centrale
En millions EUR et taux de progression en pourcentage
2021
2020
22 126
2022
budget voté
prévisions
21 985
22 705
-0, eh
2,6%
2023
2024
2025
24 612
25 506
26 439
I
23 483
par rapport à
2021 budget voté
par rapport à
2021 prévisions
6, eh
3,4%
Taux de croissance
annuel moyen
entre 2010 et 2020
5,5%
4, eh
3,6%
3,7%
Sources : Projet de loi concernant le budget des recettes et des dépenses de l'Etat pour l'exercice 2021 ; Projet de
loi de programmation financière p uriannuelle 2021-2025 ; Calculs de la Chambre de Commerce.
Au niveau de l'Etat centraI5, la rémunération des agents de l'Etat, l'alimentation du Fonds de
dotation globale des communes, la participation dans le financement de l'assurance pension
ou encore de l'assurance maladie sont les principaux postes qui expliquent la hausse des
dépenses en 2022.
5 Au sens de la loi modifiée du 8 juin 1999 sur le budget, la comptabilité et la trésorerie de l'Etat.
23
Sur l'horizon couvert par le projet de loi de programmation financière pluriannuelle (PLPFP),
c'est-à-dire les trois années allant de 2023 à 2025, la progression des dépenses totales de
l'Administration centrale, définies en conformité avec le système comptable européen SEC
2010, devrait atteindre une moyenne annuelle de
. Ce chiffre appelle deux commentaires.
Tout d'abord, comme il apparaît dans le tableau 2, il est la principale conséquence de taux
relativement faibles de progression pour 2024 et 2025, autour de 3,5%. Or des montants moins
élevés étaient prévus par la loi de programmation financière pluriannuelle (LPFP) 2020-2024,
mais ont fait l'objet d'une revue à la hausse de 5,4% pour 2023 et de 5,9% pour 2024, comme
il ressort du tableau 3. De telles adaptations dans les années à venir ne sont donc pas à
exclure, de l'aveu même des auteurs pour qui « [I]es estimations budgétaires [...] doivent être
appréciées avec la plus grande prudence ». En second lieu, le taux de progression des
dépenses au cours des 10 dernières années étant de 5,5%. Une moyenne annuelle de 4% est
un objectif certes très louable, mais qu'il s'imposera de concrétiser. Le caractère rigide et
difficilement réversible de nombreuses dépenses courantes est en effet mis en évidence de
façon récurrente par la Chambre de Commerce.
Tableau 3 : Evolution des dépenses de l'Administration centrale selon la LPFP 20202024 et le PLPFP 2021-2025
En millions EUR et taux de progression en pourcentage
2022
2021
Administration centrale
Dépenses
variations budget 2021-2022
2023
LPFP
20202024
PLPFP
20212025
LPFP
20202024
PLPFP
20212025
LPFP
20202024
PLPFP
20212025
2024
LPFP
PLPFP
202020212024
2025
2025
PLPFP
20212025
21.985
22.705
22.718
23.483
23.359
24.612
24.090
26.439
+3,3%
+3,4%
+5,4%
25.506
+5,9%
Source : Projet de loi de programmation financière pluriannuelle 2021-2025.
Du côté des recettes
+2,1 milliards d'euros
En 2021, d'après le projet de budget 2022, les recettes totales de l'Administration centrale
, us (
atteindraient 21.335 millions d'euros, soit près de
que le montant
voté pour 2021, de 19.282 millions d'euros, une hausse considérable de 10,6%, comme le
montre le tableau 4.
Diverses raisons expliquent ce véritable bond : les principales recettes fiscales ont connu des
hausses importantes entre le budget voté et les prévisions. Du côté des impôts directs, +300
millions d'euros sont à mentionner pour les impôts retenus sur les revenus de capitaux (+86%
de rendement) ; +255 millions d'euros pour les impôts retenus sur les traitements et salaires
(+6%) et +105 millions d'euros pour les impôts sur le revenu des personnes physiques fixé par
voie d'assiette (+13%). En ce qui concerne les impôts indirects, la révision la plus importante
a été enregistrée au niveau de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), avec +549 millions d'euros,
soit 14% de hausse.
24
22,3 milliards d'euros
En 2022, les recettes devraient poursuivre leur ascension et atteindre
soit une hausse spectaculaire de 15% par rapport au budget voté pour l'année 2021. Les
prévisions en termes de recettes pour l'année 2021 ayant toutefois été revues à la hausse
depuis lors, une hausse plus modérée, et réaliste, de 4,3% est attendue. Ces 918 millions
d'euros de recettes supplémentaires proviendraient notamment d'une hausse attendue de 440
millions d'euros des recettes issues de l'impôt retenu sur les traitements et salaires, de 251
millions d'euros du rendement sur l'impôt général sur le revenu, et de 218 millions d'euros de
TVA supplémentaires. La matérialisation de ces anticipations reste toutefois la grande
inconnue actuellement.
Tableau 4 : Evolution pluriannuelle des recettes de l'Administration centrale
En millions EUR et taux de progression en pourcentage
2020
2021
2022
budget voté
prévisions
19 282
21 335
2023
2024
2025
23 421
24 566
25 727
i
18 927
1,9%
22 253
par rapport à
2021 budget voté
par rapport à
2021 prévisions
15,4%
4,3%
12,7%
Taux de croissance
annuel moyen
entre 2010 et 2020
4,6%
5,2%
4,9%
4,7%
Sources : Projet de loi concernant le budget des recettes et des dépenses de l'Etat pour l'exercice 2021 ; Projet de
loi de programmation financière pluriannuelle 2021-2025 ; Calculs de la Chambre de Commerce.
S'agissant de leur évolution escomptée au cours de la période 2023-2025, les recettes totales
de l'Administration centrale progresseraient, en moyenne, de
l'an, ce qui reste ambitieux
et en tout cas supérieur à la croissance annuelle moyenne enregistrée entre 2010 et 2020, de
4,6%.
Les différences entre les prévisions émanant de la LPFP 2020-2024 et celles du PLPFP 20212025 sont de l'ordre de
pour les années 2023 et 2024, mettant ainsi en évidence des
prévisions empreintes d'un grand optimisme et tributaires d'une reprise dynamique et durable,
ce que la Chambre de Commerce ne peut qu'espérer.
Tableau 5 : Evolution des recettes de l'Administration centrale selon la LPFP 2020-2024
et le PLPFP 2021-2025
En millions EUR et taux de progression en pourcentage
2021
Administration centrale
Recettes
LPFP
20202024
2022
PLPFP
20212025
LPFP
20202024
2023
PLPFP
20212025
LPFP
20202024
PLPFP
20212025
2024
PLPFP
202020212024
2025
LPFP
2025
PLPFP
20212025
19.282 21.335 20.469 22.253 21.698 23.421 22.784 24.566 25.727
variations budget 2021-2022
+10,6%
+8,7%
Source : Projet de loi de programmation financière pluriannuelle 2021-2025.
+7,9%
+7,8%
25
Du côté du solde
3 milliards d'euros
A la faveur de recettes plus importantes et de dépenses plus faibles, tant le déficit de
l'Administration centrale de l'année 2020, que celui de l'année 2021, sera moindre
qu'escompté dans le budget voté fin de l'année 2020, comme le montre le graphique 3.
Budgétisé à un niveau historique de -5.079 millions d'euros (-8,6% du PIB), le solde pour
l'année 2020 ne devrait atteindre « que » -3.199 millions d'euros (-5,0% du PIB) (soit une
amélioration substantielle de 1,9 milliard d eurc»-), ce qui dans une perspective historique reste
très élevé. En 2021, cette tendance se poursuit, le solde anticipé passant de -2.511 millions
d'euros (-4,2% du PIB) selon le budget 2021 à -1.370 millions d'euros (-2,0% du PIB) selon
les prévisions les plus récentes. Soit une amélioration cumulée de
11111(.11Lib t-LIILY, sur deux
ans.
-1.230 millions d'euroPour 2022, le déficit se réduirait de presque moitié par rapport au montant prévu dans le
budget de l'année dernière, pour avoisiner les
---, soit -3,9% du PIB.
Graphique 3 : Evolution pluriannuelle du solde de l'Administration centrale selon les
budgets 2021 et 2022
En millions EUR
-712
-77
Évolution du solde de
l'Administration centrale
source IGF/MinFin
Budget 2022
moi mmmm Budget uoté 2021
Source : Document distribué lors du discours de Pierre Gramegna devant la Chambre des Députés, le 13 octobre
2021.
-0,9%
Selon le PLPFP, entre 2023 et 2025, la situation financière de l'Administration centrale devrait
aller en s'améliorant, le solde s'améliorant chaque année au cours de la période sous-revue
et atteignant
du PIB en 2025. La Chambre de Commerce ne pourrait que se réjouir de
la matérialisation de cette prévision, mais regrette que le projet de budget ne soit pas plus
précis concernant la stratégie de « sortie à moyen terme des déficits » de l'Administration
centrale.
26
Graphique 4 : Evolution pluriannuelle du solde de l'Administration centrale
En millions EUR
2017 2021 2022 2023 2024 2025
500 11111
1 000
=-1 500 -r
*..-2 000 1
en mIllions EUR
2020
-3 199,3
2021
-1 370,3
2022
-1 230,0
2023
-1 191,4
2024
-939,4
2025
-712,0
en % du PIB
-5,0%
-2,0%
-1,7%
1,6%
-1,2%
-0,9%
-2 500
-3 000
LPFP 2020-2024
PLPFP 2021-2025
Source : Projet de loi de programmation financière pluriannuelle 2021-2025.
Adifluustraticmb
Du côté des dépenses
+223 millions d'euros
D'après le projet de budget 2022, les dépenses des Administrations de sécurité sociale
s'élèveraient à 12.686 millions d'euros en 2021, soit une progression de 1,8%
par rapport au montant budgétisé de 12.463 millions d'euros.
+3%, mais
Si les dépenses des Administrations de sécurité sociale ne devraient croître en 2021 que de
par rapport aux dépenses de 2020, il est à rappeler un effet de base important. L'année
2020 s'est en effet caractérisée par une importance croissance des dépenses, à hauteur de
+10,7%, en raison notamment des mesures d'urgence mises en œuvre par la Caisse nationale
de santé (CNS) sur demande du Gouvernement, comme le congé pour raisons familiales, la
prise en charge par l'assurance maladie dès le 1 er jour des indemnités pécuniaires de maladie,
etc. Ainsi, comme le précise le PLPFP, « les taux de croissance sont à considérer avec
prudence, étant donné que ces croissances se font par rapport à l'année 2020 impactée par
la crise ».
A noter toutefois que le PLPFP précise qu'« [ers financement des mesures d'urgence, la
croissance des dépenses aurait été de +7,2% en 2020 », soit une revue à la hausse de 1%
de la croissance des dépenses « hors Covid » estimée à +6,2% en 2020 dans l'exercice
budgétaire de l'année passée.
27
En 2022, les dépenses devraient poursuivre leur tendance haussière, à un rythme soutenu de
, et ce malgré l'envolée des niveaux de dépenses des deux années antérieures.
Tableau 6 : Evolution pluriannuelle des dépenses des Administrations de sécurité
sociale
En millions EUR et taux de progression en pourcentage
2021
2020
12 322
budget voté
prévisions
12 463
12 686
1,1%
3,0%
2022
2023
2024
2025
13 290
13 950
14 600
15 522
par rapport à
2021 budget voté
par rapport à
2021 prévisions
6,6%
4,8%
Taux de croissance
annuel moyen
entre 2010 et 2020
5,2%
5,0%
4,7%
6,3%
Sources : Projet de loi concernant le budget des recettes et des dépenses de l'Etat pour l'exercice 2021 ; Projet de
loi de programmation financière pluriannuelle 2021-2025 ; Calculs Chambre de Commerce.
+5,2%
Les dépenses totales des Administrations de sécurité sociale devraient, selon le PLPFP,
augmenter de 5,2% l'an en moyenne sur la période 2022-2025, ce qui s'avère équivalent à la
moyenne historique au cours des 10 dernières années, qui prend en compte 2020 également.
Une forte accélération du rythme de progression est prévue en 2025. Les dépenses de
l'assurance pension, de l'assurance maladie-maternité et de l'assurance dépendance
expliqueraient en grande partie ces évolutions.
Du côté des recettes
Alors que le budget voté pour l'année 2021 prévoyait des recettes des Administrations de
sécurité sociale à hauteur de 13.218 millions d'euros, le projet de budget 2022 les estime à
13.470 millions d'euros, soit une hausse de près de
(+252 millions d'euros) entre les deux
prévisions. Sachant que la plus grande partie des recettes est constituée par les cotisations
sociales ainsi que par les contributions de l'Etat aux assurances maladie et pension, fixées en
fonction des cotisations, l'évolution globale des recettes est largement marquée par l'évolution
de l'emploi et de la conjoncture économique, qui s'est avérée plus favorable qu'initialement
prévu.
En 2022, la progression des recettes devrait atteindre leur moyenne historique constatée au
cours des 10 dernières années, de
, sous l'effet d'une économie porteuse qui se traduit
en une dynamique d'emploi vigoureuse, qu'il conviendra de consolider face au défi que
représente le manque de main-d'œuvre qualifiée.
28
Tableau 7 : Evolution pluriannuelle des recettes des Administrations de sécurité sociale
En millions EUR et taux de progression en pourcentage
2021
2020
prévisions
budget voté
13 202
2022
13 218
2,0%
2024
2025
14 796
15 381
16 223
1
14 144
13 470
01%
2023
par rapport à
2021 budget voté
par rapport à
2021 prévisions
7,0%
5,0%
Taux de croissance
annuel moyen
entre 2010 et 2020
5,0%
4,6%
4,0%
5,5%
Sources : Projet de loi concernant le budget des recettes et des dépenses de l'Eta pour l'exercice 2021 ; Projet de
loi de programmation financière pluriannuelle 2021-2025 ; Calculs Chambre de Commerce.
+4,d/o
Entre 2022 et 2025, les recettes des Administrations de sécurité sociale enregistreraient une
progression annuelle moyenne de 4,8%, équivalente à la moyenne historique. Rythme qu'il
conviendra de maintenir afin de compenser un tant soit peu la vigueur des dépenses sur la
période en question.
Du côté du solde
ne 880 millions à 700 millions d'euro,
Le solde des Administrations de sécurité sociale se dégrade progressivement à partir de 2020,
passant de 80 millions d'euros à 700 millions deuros en 2025, soit moins de 1% du PIB. Si
les dotations exceptionnelles permettent de limiter la chute du solde en 2020, c'est près de
100 millions que ce dernier perd en une seule année, en 2021.
Sachant que ce solde est dû pour l'essentiel à l'excédent annuel du régime général de pension,
l'impact graduel du vieillissement démographique devra être considéré au plus vite, le statu
quo n'étant plus une option, comme la Chambre de Commerce le montre dans l'encadré qui
suit. Car même si les prévisions actuelles sont plus encourageantes que celles contenues
dans la LPFP 2020-2024, ce n'est qu'à la faveur d'un scénario macroéconomique plus
favorable qu'escompté, et non à une réelle volonté de réforme.
Tableau 8 : Evolution pluriannuelle du solde des Administrations de sécurité sociale
En millions EUR
en millions EUR
en % du P1B
2020
880
2021
785
2022
853
2023
846
2024
781
2025
700
1,4%
1,1%
1,2%
1,1%
1,0%
0,9%
Source : Projet de loi de programmation financière pluriannuelle 2021-2025.
29
Situation des finances publiques : attention à la démographie
La situation des finances publiques semble favorable à court terme, comme l'atteste un solde
des Administrations publiques proche de l'équilibre en 2022 selon le projet de budget (-0,2%
du PIB). Ce résultat a priori positif repose cependant de manière démesurée sur l'excédent de
la sécurité sociale, ou plus exactement du régime général des pensions. Si on en croît le
PLPFP 2021-2025, ce surplus se monterait à 1,2% du PIB en 2022, mais il devrait
continuellement décliner dans les années à venir, de sorte qu'il se limiterait à 0,9% du Pl B en
2025 — il s'agirait de loin du solde de la sécurité sociale le plus défavorable sur l'horizon 19952020 (au cours duquel les statistiques ont été compilées conformément au système européen
standardisé SEC 2010).
De 2000 à 2019, l'excédent des Administrations de sécurité sociale a d'ailleurs manifesté une
tendance nettement décroissante comme l'illustre le graphique suivant. Cette tendance
baissière devrait se confirmer sur l'horizon temporel couvert par le PLPFP.
Graphique 5 : Evolution du solde des Administrations de sécurité sociale
En % du PIB
er
ee
0Nr
e
\t
b
(1
,
Sources : STATEC ; Projet de loi de programmation financière pluriannuelle 2021-2025.
Cette tendance devrait se poursuivre voire même se renforcer à plus long terme, selon le
Groupe de travail européen sur le vieillissement démographique6 qui, pour le Luxembourg, a
tablé sur un scénario démographique débouchant sur une population résidente de 800.000
habitants en 2070. Ce scénario comporterait une forte augmentation de la proportion des
personnes âgées et par voie de conséquence des coefficients de dépendance
démographiques et économiques s'accroissant sensiblement. Ainsi, le coefficient de
dépendance démographique' passerait de 22,6% en 2019 à 56,1% en 2070, tandis que
l'équivalent « économique »8 s'établirait à 30,6% en 2019 et à 74,6% en 2070.
Dans ces conditions, les dépenses liées à la sécurité sociale enregistreraient au Luxembourg
la plus forte progression parmi l'ensemble des pays de l'Union européenne, comme l'illustre
le graphique suivant, sous l'impulsion des pensions principalement.
6 Voir "The 2021 Ageing Report — Economic & Budgetaty Projections for the EU Member States (2019-2070)",
European Economy, lnstitutional paper 148, mai 2021, https://ec.europa.eu/info/sites/default/filesleconomyfinance/ip148 en.pdf.
7 Population de 65 ans et plus sur population d'âge actif (soit 20-64 ans par convention)
8 Personnes inactives de 65 ans et plus sur la population employée de 20 à 64 ans
30
Graphique 6 : Evolution des dépenses sociales de 2019 à 2070 selon l' « Ageing
Working Group »
En % du PIB
[
Luxembourg
Svaque
Sbvénie
Mate
-7=111
8 et igue
Mande
Hongrie
Paumai ie
Pays-Bas
Tcheou-é
ende
Po ogne
ALtrVzhe
Chypre
•emagne
Suède
Butarie
Danemark
Lituanie
tee
Espagne
France
Croatie
Portuga
Letton É
Estonie
Grèce
1
111111111110111111.1
re-eamar
Agam
immeamumumt7.A.
i=mmuimalime
===seememinp
11.11.17
111111.11.1.
...:—.
111111111111111
1•11.11116Z
1111111M111=1.111111111
-4
-2
0
4
2
Pens oins
Satté
6
6
10
12
ASA' rance- dépend ance
Source : Groupe de travail européen sur le vieillissement démographique, 2021 Ageing Report — Economic &
Budgetary Projections for the EU Member States (2019-2070)
Ce résultat signifie que toutes autres choses égales par ailleurs, les actuels excédents de la
sécurité sociale de même que la réserve de compensation du régime général de pensions, qui
s'est élevée à 35,7% du PIB à la fin de 2020, seraient littéralement « balayés » sur le moyen
terme. A politique inchangée, les régimes de pension seraient en effet susceptibles d'accuser
un déficit de l'ordre de 1% du PIB en 2030 et de 4,5% du PIB en 2050.
Il convient par ailleurs de prendre en compte le coût futur de l'assurance dépendance et des
soins de santé (d'importantes hausses de dépenses étant à prévoir à ce double titre selon le
groupe de travail européen sur le vieillissement démographique), de même que l'incidence
budgétaire de la transition énergétique et climatique et de l'indispensable numérisation de
l'économie grand-ducale.
31
3 Administrations locales
A l'instar des autres sous-secteurs de l'Administration publique, les Administrations locales ont
été impactées par la crise en 2020, mais font état d'une reprise en 2021, en particulier au
niveau des recettes, qui sur toute la période sous-revue, et en particulier à partir de 2022,
affichent des prévisions largement plus optimistes que celles contenues dans la dernière LPFP
2020-2024, autour de
. Les dépenses ont, elles aussi, été sous-estimées, mais dans une
moindre mesure, les corrections tournant autour de 1,3% entre 2022 et 2024.
Tableau 9 : Evolution des agrégats des Administrations locales selon la LPFP 2020-2024
et le PLPFP 2021-2025
En millions EUR et taux de progression en pourcentage
Administrations locales
Recettes
variations budget 2021-2022
Dépenses
variations budget 2021-2022
Solde
2021
LPFP
PLPFP
202020212024
2025
3.258
3.439
5,6%
3.256
3.270
0,4%
2
169
2022
LPFP
PLPFP
202020212024
2025
3.376
3.644
7,9%
3.368
3.410
1,2%
8
234
2023
LPFP
PLPFP
202120202025
2024
3.545
3.830
8,1%
3.536
3.586
1,4%
9
245
2024
LPFP
PLPFP
202020212024
2025
3.675
3.966
+7,9%
3.663
3.711
1,3%
12
255
2025
PLPFP
20212025
4.125
3.863
262
Source Projet de loi de programmation financière pluriannuelle 2021-2025.
+169 millions d'euros
Sachant que la revue à la hausse des recettes est plus importante que celle des dépenses,
les soldes s'améliorent mécaniquement, passant d'un quasi-équilibre de 2 millions d'euros
(selon la LPFP 2020-2024) à
«-- pour l'année 2021.
Dès 2022, les exercices sont à nouveau caractérisés par des soldes excédentaires, qui restent
toutefois légèrement inférieurs à ceux prévus avant la crise sanitaire et économique.
Tableau 10 : Evolution pluriannuelle des dépenses, des recettes et des soldes des
Administrations locales
En millions EUR et taux de progression en pourcentage
2020
2021
2022
2023
2024
2025
en millions EUR
3 177
3 270
3 410
3 586
3 711
3 863
variation
4,9%
2,9%
4,3%
5,2%
3,5%
4,1%
en millions EUR
3 219
3 439
3 644
3 830
3 966
4 125
variation
-3,3%
6,8%
5 9%
,
5,1%
3,6%
4,0%
42
169
234
245
255
262
Dépenses
Recettes
Solde
en millions EUR
Source : Projet de loi de programmation financière pluriannuelle 2021-2025.
32
4 Administration publiduc
Du côté des dépenses
+3,3%
Les dépenses totales de l'Administration publique9 s'élèveraient en 2021 à 31.286 millions
d'euros, soit 682 millions d'euros de plus que le montant budgétisé en 2020 de 30.604 millions
d'euros. Une adaptation de 2% certes bien moindre que celles connues lors du précédent
exercice budgétaire, mais qui vient toutefois s'ajouter à des dépenses 2020 déjà très
qui est à nouveau enregistrée sur
importantes. Ce n'en est pas moins qu'une hausse de
base des nouvelles prévisions.
Tableau 11 : Evolution pluriannuelle des dépenses de l'Administration publique
En millions EUR et taux de progression …
Explication IA à partir du texte officiel de la loi. Indicatif, ne remplace pas un conseil juridique.