📄 Texte de loi
Avis sur le projet de Budget de l'Etat
concernant l'exercice 2022
Un Budget trop frileux pour échauffer
l'Artisanat
CHAMBRE
DES METIERS
12 novembre 2021
RESUME DE L'AVIS
Un appel aux actes pour soutenir l'Artisanat
La pandémie a laissé des traces sur les finances publiques au Luxembourg. Deux
éléments viennent appuyer ce constat. Le déficit de l'Administration centrale
enregistré en 2020 est environ quatre fois plus élevé qu'au plus fort de la crise
financière de 2008. Aussi, la dette publique devrait selon les prévisions doubler en
termes absolus sur les prochaines années, en passant en l'espace de 10 ans de 10
à 20 milliards d'euros, même si cette hausse n'est évidemment pas entièrement
imputable à la crise sanitaire. Après le « choc » subi en 2020, le déficit au niveau de
l'Administration publique devrait, selon le ministère des Finances être résorbé en
2024. Toutefois, le solde négatif enregistré au niveau de l'Administration centrale ne
se résorbera pas si rapidement. A défaut de réserves suffisantes, le déficit devra être
financé grâce à la dette.
Un budget sans surprise
Le projet de budget 2022 ne révèle aucune véritable nouveauté par rapport à la copie
remise en 2021. Les principales priorités politiques restent inchangées, avec des
accents particuliers en faveur du climat et de l'énergie, du logement et du social. On
constate toutefois de fortes disproportions entre ces domaines. En ce qui concerne
le volet « climat », le fonds « climat et énergie » et la mobilité - des leviers importants
dans la lutte contre le changement climatique - rien qu'en considérant le fonds du
rail et le projet d'extension du tram généreront des dépenses d'investissements
prévisionnelles de 610 millions d'euros. En parallèle, alors qu'on ne cesse de parler
de crise du logement, le fonds spécial y dédié ne prévoit que 255 millions d'euros de
dépenses.
Concernant les dépenses à engager dans le cadre du Plan national intégré de
l'énergie et du climat (PNEC), qui s'élèvent à 1,9 milliard d'euros en 2022, Chambre
des Métiers demande pour le projet de budget 2023 plus de transparence en la
matière, à savoir une ventilation des dépenses globales en fonction des différents
domaines couverts et une évaluation de l'efficience des investissements réalisés en
amont.
Autre point critique, aucune réforme structurelle, à commencer par le financement
des pensions, ne sont abordées. Aujourd'hui, le financement à long terme des
retraites est basé sur une croissance continue et prononcée de l'emploi. Or, cette
croissance est incompatible avec les notions de développement durable et de
croissance qualitative réclamés par la société.
Compte tenu de ce qui précède, l'appréciation de la Chambre des Métiers de la
politique de finances publiques est très nuancée. Bien sûr, elle soutient le recours à
la dette pour couvrir des besoins liés à des événements exceptionnels comme la
pandémie. Cette mesure permet de ne pas étouffer la relance et de financer les effets
de la crise sanitaire. Aussi, fidèle à sa position, elle ne peut que féliciter le
Gouvernement pour le maintien des investissements à un niveau élevé, et ce malgré
la crise. Par ailleurs, elle se réjouit qu'aucune hausse généralisée des impôts ne soit
à l'ordre du jour.
Avis sur le Budget de l'Etat - Exercice 2022
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Un appel au courage politique
Toutefois, la Chambre des Métiers est bien consciente qu'il sera nécessaire de
consolider les finances publiques à moyen terme. Cet assainissement se réalisera en
partie de manière mécanique, et ce à travers les stabilisateurs automatiques. En
clair, avec la reprise économique les recettes fiscales augmenteront et certaines
dépenses, notamment celles en relation avec le chômage, se réduiront. Ces
mouvements donneront lieu à une amélioration du solde de l'Administration centrale.
Toutefois, ce mécanisme sera insuffisant pour rétablir l'équilibre. C'est pour cette
raison que la Chambre des Métiers plaide en faveur de mesures adaptées et
courageuses, et ce à différents niveaux.
Un des premiers leviers à prendre en compte consisterait à freiner la hausse des frais
de fonctionnement de l'Etat, notamment en ayant recours à une digitalisation accrue
des services afin d'accroître leur efficience et diminuer les besoins en personnel. Une
autre proposition consisterait à réviser les salaires d'entrée à la fonction publique en
se rapprochant de ceux payés dans le secteur privé. Cela aurait pour conséquence
d'introduire une concurrence plus saine entre ces deux secteurs.
Par ailleurs, sur le plan social, la priorité politique devrait se situer au niveau de la
création de logements abordables notamment via des partenariats public-privé.
Cette solution permettrait d'accroître l'offre d'habitations locatives à coût modéré en
engageant un minimum de deniers publics. Enfin, la Chambre des Métiers appelle à
un meilleur ciblage des transferts sociaux qui doivent, en priorité, réduire le risque
de pauvreté et profiter aux plus démunis.
Pas de neutralité climatique sans l'Artisanat
La transition énergétique, relevée comme une priorité par le Premier ministre lors de
son discours sur l'Etat de la Nation du 13 octobre 2021, ne pourra se faire sans les
entreprises artisanales qui ont d'ores et déjà acquis une expertise certaine dans le
domaine des énergies renouvelables, de la mobilité électrique, de l'efficacité
énergétique et de la construction passive.
L'Artisanat agit proactivement pour mettre à niveau son personnel via des formations
continues. Ainsi, la Chambre des Métiers, l'Institut de Formation Sectoriel du
Bâtiment (IFSB) et les Centres de Compétences délivrent un large éventail de
formations de qualité et élargissent constamment leur offre. A ce propos, la Chambre
des Métiers salue l'engagement du Gouvernement envers le secteur, notamment par
un soutien conséquent à la réforme du Brevet de Maîtrise, qui vise à intégrer les
compétences liées à la transition énergétique, à la digitalisation et au développement
durable. Il importe qu'un soutien accru soit garanti via le cofinancement au niveau
de la formation continue dans les années à venir, afin de donner la possibilité aux
entreprises artisanales d'adapter leurs compétences par rapport aux nouvelles
technologies émergentes.
L'Artisanat revendique le rôle d'acteur de premier plan dans la lutte contre le
changement climatique. Il y voit une occasion sans précédent de redorer son image
et d'attirer plus de jeunes talents dans ses métiers. Par leurs travaux d'exécution de
qualité, les entreprises pourront davantage se démarquer de leurs concurrents et
acquérir une position forte sur les marchés étrangers, notamment en Grande Région.
Là encore, un Artisanat fort, compétitif et durable constitue un garant d'emplois
régionaux et stables, dont les activités ne peuvent être délocalisées vers des pays
hors UE.
CdM/ND/nf/Avis 21-224 et Avis 21-214 Budget de l'Etat 2022.docx/12.11.2021
Avis sur le Budget de l'Etat - Exercice 2022
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Au-delà du discours, des aides concrètes
Toutefois, le tissu économique luxembourgeois est dominé par des micro-entreprises
et par des petites entreprises qui n'ont pas toujours les moyens financiers et humains
nécessaires pour entamer la transition, décarboniser leur propre fonctionnement,
dont leurs processus de production. Dans certains cas, il n'existe pas encore de
technologies ou d'équipements alternatifs à faible émission garantissant un
rendement et une qualité acceptable. Aussi, les deux plus grandes menaces qui
peuvent mettre en péril une mise en œuvre rapide de la transition énergétique sont
indiscutablement le manque de main-d'œuvre qualifiée et l'accès à un logement
abordable.
Si la Chambre des Métiers se félicite du fait que le Gouvernement a annoncé la mise
en place d'un pacte climat PME, les détails concernant son implémentation font
encore défaut. De la même manière, il est temps que le Gouvernement définisse un
plan d'exécution concret du PNEC. Si l'on en connaît les objectifs, personne ne sait à
ce jour comment les atteindre. On ne peut que constater le manque d'ambitions
concrètes de l'Etat pour aider les entreprises à améliorer leur efficacité énergétique.
Dans ce contexte, la Chambre des Métiers réitère sa demande de mettre en place un
instrument fort qui permettra aux entreprises de contribuer activement à la
décarbonisation de l'économie (e.a. réalisation d'un état des lieux en termes
d'efficacité énergétique avec des analyses sectorielles ; promotion accrue de
« réseaux d'entreprises » ; définition d'un régime d'aides spécifique afin d'augmenter
l'efficacité énergétique dans les entreprises).
Un soutien attendu à la digitalisation
L'autre grand défi qui attend l'Artisanat dans les années à venir concerne sa
digitalisation. Celle-ci doit permettre aux artisans d'être plus compétitifs et d'assurer
la transition vers une économie plus circulaire. Selon l'analyse menée par la Chambre
des Métiers, cette digitalisation est source de nombreuses opportunités. Mais, là
encore, elle nécessite un réel engagement de l'Etat à accompagner cette transition,
surtout pour les entreprises de taille réduite. Il est notamment indispensable
d'améliorer le niveau de qualification ou de compétences digitales de la maind'œuvre, tant au niveau de la formation initiale que continue. Dès lors, un
élargissement du soutien aux PME dans le cadre des aides « formation continue »
s'avère indispensable.
La Chambre des Métiers demande en outre un élargissement du soutien étatique,
notamment par un étoffement du programme Fit4Digital Packages, largement
adopté par les petites entreprises, et de son service ehandwierk. Aussi, pourquoi ne
pas imaginer un instrument destiné à pousser les investissements d'envergure
adapté aux besoins des PME dans le chef de la Société Nationale de Crédit et
d'Investissement (SNCI). L'Etat pourrait offrir aux PME des prêts à taux zéro ou se
porter garant de leur prêt.
Enfin, la Chambre des Métiers en appelle à ce que l'émergence de plateformes
Internet offrant des services « artisanaux » soit strictement encadrée par le
législateur, afin d'éviter les dérives, notamment des situations de concurrence
déloyale.
CdM/ND/nf/Avis 21-224 et Avis 21-214 Budget de l'Etat 2022.docx/12.11.2021
Avis sur le Budget de l'Etat - Exercice 2022
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Promouvoir l'entrepreneuriat, c'est soutenir les PME de l'Artisanat
La Chambre des Métiers estime plus que jamais nécessaire de stimuler l'esprit
d'entreprise. Malheureusement, face à l'alternative sécurisante du secteur public, il
devient de plus en plus difficile de le promouvoir, notamment auprès des plus jeunes.
En juillet 2021, la Chambre des Métiers et la Chambre de Commerce ont transmis
au Gouvernement leur proposition de six mesures en faveur d'une meilleure
protection sociale de l'indépendant. Elles ont ainsi proposé une revalorisation du
statut de l'indépendant qui passe par une atténuation des inégalités entre ce statut
et celui du salarié, notamment concernant les « risques sociaux », qui sont à l'origine
de pertes de revenus, provisoires ou définitives. Cette problématique touche à la fois
le domaine de la « sécurité sociale » (cumul d'une pension anticipée et d'un revenu ;
valorisation du conjoint aidant ; affiliation à la Mutualité des Employeurs) que celui
du « droit du travail » (revenu de remplacement - soumis à des conditions strictes via un accès aux différentes formes de chômages partiels ; chômage complet ;
reclassement).
Pour la Chambre des Métiers, la promotion de l'entrepreneuriat passe aussi par
l'adaptation des mécanismes d'aides étatiques du « régime PME » dont certains
critères d'attribution devraient être ajustés et dont sont exclues certaines entreprises
ou activités. Dans ce contexte, une extension future des dispositifs s'avère
importante et ce dans un esprit d'optimisation, notamment en faveur des « premiers
et
en
matière
(créateurs/repreneurs
d'entreprises)
établissements »
d'investissements spécialisés du domaine « sécurité et qualité des denrées
alimentaires ». Elle invite par ailleurs le Gouvernement à accélérer les procédures
d'autorisation et réduire systématiquement les charges administratives, au lieu de
miser uniquement sur une politique de digitalisation et de facto une simplification
« au ralenti ».
Il est un fait que face aux nombreux défis relevés, l'Artisanat ne pourra pas se
développer de façon dynamique sans terrains disponibles pour implanter son
activité. Selon une étude réalisée en 2020, environ 200 entreprises artisanales
occupant plus de 5.000 personnes sont à la recherche d'un nouveau site, la majorité
relevant du secteur de la construction (67%) et de celui de la mécanique (24%). Ces
besoins en terrains s'élèvent à 73 hectares, or les données les plus récentes
montrent que les surfaces disponibles ne sont que de 10 hectares. Selon la Chambre
des Métiers, il faut agir au plus vite en augmentant l'offre et en revoyant les critères
concernant la gestion des zones d'activités, souvent trop restrictifs.
Enfin, la Chambre des Métiers relève l'importance d'une promotion durable des
compétences et talents dans l'Artisanat, vu le besoin constant en main-d'œuvre
qualifiée. Le « Skillsdësch » devrait tenir compte de la problématique du manque de
personnel du secteur et définir des instruments de veille et de support. A côté d'une
revalorisation du cofinancement de la formation continue (surtout en direction des
petites structures et de la transition énergétique et digitale), il importera, d'une part,
d'évaluer le congé individuel de formation, au lieu d'introduire un « droit individuel à
la formation » nouveau, et, d'autre part, de promouvoir l'attractivité de la formation
initiale, surtout par une orientation positive des jeunes et non par une orientation
« par l'échec ».
CdM/ND/nf/Avis 21-224 et Avis 21-214 Budget de l'Etat 2022.docx/12.11.2021
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Avis sur le Budget de l'Etat - Exercice 2022
Table des matières
1. Analyse du projet de budget 2022 et du projet de loi de programmation
financière pluriannuelle (PLPFP) 2021-2025
1.1.
8
La crise sanitaire ne doit pas mettre en péril une planification budgétaire apte à
relever les défis futurs
8
111.
Impact de la pandémie sur les finances publiques
8
112.
Administration centrale
10
/13. Le volume prévu pour les mesures de soutien n'a pas été intégralement
déboursé 13
114.
1/.5.
116.
1.17.
Les investissements dopés par la crise
14
Les recettes se rattrapent plus vite que prévu
Sécurité sociale
/5
16
Administrations locales
16
1.2.
La crise sanitaire et ses effets secondaires maintiennent un climat d'insécurité
en 2022
17
1.3.
2021-2025 : un lent retour à la
28
1.4.
normale » ? - budgétisation trop prudente?
28
1.3.1.
Administration publique
1.3.2.
Administration centrale
29
1.3.3.
Une politique d'investissement ambitieuse
38
1.3.4.
Sécurité sociale
40
1.3.5. Administrations locales
41
1.3.6.
42
Dette publique
Conclusions
44
2. Le chemin vers la neutralité climatique - booster l'efficience énergétique
46
dans et avec les entreprises artisanales
2.1. Analyse SWOT du tissu économique artisanal par rapport à la transition
énergétique
3. Soutenir l'entrepreneuriat par une politique PME adéquate
46
52
3.1. Préparer l'économie de demain - Promouvoir la digitalisation dans l'Artisanat
52
3.2. Promouvoir l'entreprenariat c'est soutenir les classes moyennes
55
3.2.1. Valoriser le statut de l'indépendant - 6 propositions à l'adresse du
Gouvernement
55
3.2.2. Adapter les mécanismes d'aides
62
3.2.3. Réaliser une accélération des procédures et une réduction réelle des
charges administratives au lieu d'une politique de simplification
« au ralenti »
3.2.4. Mettre à disposition des terrains dans les zones d'activités
64
69
3.2.5. Promouvoir les compétences et talents afin de donner une réponse aux
besoins constants en main-d'ceuvre qualifiée
71
CdM/ND/nf/Avis 21.-224 et Avis 21-214 Budget de l'Etat 2022.docx/12.11.2021
Avis sur le Budget de l'Etat - Exercice 2022
8
1. Analyse du projet de budget 2022 et du projet de loi de programmation
financière pluriannuelle (PLPFP) 2021-2025
1.1. La crise sanitaire ne doit pas mettre en péril une planification budgétaire
apte à relever les défis futurs
1.1.1. Impact de la pandémie sur les finances publiques
Le projet de budget de l'État pour l'exercice 2022 reste très marqué par la crise
sanitaire COVID-19. Pendant les derniers 19 mois, le pays - entreprises et citoyens a dû s'adapter de manière continue à l'évolution du virus. Récemment, des effets
secondaires inattendus, pesant sur l'activité de l'économie nationale, ont apparu. Il
s'agit notamment des problèmes d'approvisionnement et de l'explosion du prix de
certains matériaux et marchandises, ceux-ci ayant un impact non-négligeable sur la
confiance des chefs d'entreprises. Par conséquent, il faut rester prudent pour établir
des prévisions à court ou moyen terme.
Avant de plonger dans les chiffres-clés du projet de budget de l'Etat concernant
l'exercice 2022, la Chambre des Métiers propose d'analyser d'abord l'impact que la
pandémie a eu sur les finances publiques pendant les années 2020 et 2021.
Dans ce contexte, il faut noter que le projet de budget de l'année en cours a été établi
dans une période d'incertitude majeure pendant laquelle les prévisions établies
présentaient nécessairement une marge d'erreur significative. Ainsi, beaucoup
d'informations importantes en vue d'estimer les évolutions futures ont été soit
inexistantes, soit lacunaires, lors de l'élaboration du projet de budget de l'exercice
2021 (p.ex. date de la commercialisation d'un vaccin contre la COVID-19, émergence
de nouvelles vagues ou de nouvelles souches du virus). Ce fait a eu des impacts très
variés sur l'économie et par ricochet, sur les finances publiques. Aujourd'hui, le virus
et sa propagation semblent mieux maîtrisés que c'était encore le cas il y a un an ;
pourtant, une fin définitive de la pandémie n'est pas encore en vue et beaucoup
d'incertitudes persistent.
Si le STATEC tablait encore sur une diminution du PIB (en volume) de l'ordre de 6%
pour l'année 2020 lors de sa prévision pour le budget 2021 (en octobre 2020),
aujourd'hui, l'institut ne part « que » d'une récession de 1.8% pour l'exercice 2020.
Le Luxembourg a visiblement limité la casse grâce notamment à une économie
globalement résiliente, avec un secteur financier qui avait largement recours au
télétravail pour assurer la continuité de ses activités. Les entreprises touchées par la
crise ont pu bénéficier d'un arsenal d'aides étatiques mis en place par le
Gouvernement. Nonobstant ce qui précède, la crise a également montré des lacunes
dans ce filet de sécurité, comme le statut de l'indépendant qui a révélé sa précarité
face à celui de salarié. C'est la raison pour laquelle la Chambre des Métiers
revendique un alignement de ces deux régimes afin d'éliminer ou d'atténuer au
maximum ces inégalités (cf. chapitre 3.2.1.).
Pour l'année 2021, le STATEC tablait sur une croissance de 6%.
La révision à la hausse du PIB pour l'année 2020 se traduira évidemment par une
nette amélioration des finances publiques. Selon le projet de budget de l'État, le
solde de l'Administration publique est revu à la hausse de plus de 2 milliards d'euros.
Au lieu d'un déficit prévisionnel de 4,4 milliards d'euros, l'exercice 2020 clôture avec
un déficit de 2,3 milliards d'euros. Il faut toutefois noter que depuis 1995, le solde
n'a été négatif que sur quatre années, à savoir 2004, 2005, 2009 et 2010 et que le
CdM/N1D/nf/Avis 21.-224 et Avis 21-214 Budget de l'Etat 2022.docx/12.11.2021
Avis sur le Budget de l'Etat - Exercice 2022
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déficit n'a jamais dépassé 1,5% du PIB. En 2020 en revanche, il a franchi la barre
des 3% du PIB, malgré l'amélioration du solde.
En raison de la crise COVID-19, les Ministres des Finances de l'Union européenne ont
décidé au printemps 2020 d'activer la « clause pour récession économique sévère »,
prévue au Pacte de stabilité et de croissance. Elle permet aux États membres de
prendre toutes les mesures nécessaires pour faire face à la crise sans que les
déviations par rapport aux valeurs de référence qui en résulteraient ne soient
considérées comme des infractions au Pacte. La Commission a d'ailleurs proposé de
prolonger cette mesure exceptionnelle jusqu'en 2021. Par conséquent, le
Gouvernement n'est pas tenu de respecter l'objectif budgétaire à moyen terme ni en
2020 ni en 2021.
Ceci donne plus de flexibilité aux différents Gouvernements afin de contrer les effets
de la crise avec des stimuli fiscaux et budgétaires adaptés à l'intensité avec laquelle
la crise a touché les différents pays. Pour simplifier, le Gouvernement peut opter soit
pour une politique d'assainissement afin de freiner l'évolution des dépenses
publiques et de limiter le déficit, soit pour une politique budgétaire expansionniste
(hausse des dépenses) pour soutenir l'activité économique et accélérer la relance.
Le Luxembourg, comme beaucoup d'autres pays, a opté pour la deuxième solution,
et il existe une panoplie d'arguments qui soutiennent ce choix. Il faut cependant noter
que cette politique a un inconvénient majeur : l'augmentation du déficit et, en
l'absence de réserves suffisantes, un accroissement de la dette publique (cf. chapitre
1.3.6.).
Au moment du dépôt du projet de budget pour l'année 2020 (publié en octobre
2019), le coronavirus était inconnu du grand public, alors qu'il devait frapper de plein
fouet le Luxembourg quelques mois plus tard. Ainsi, avec l'apparition de la pandémie,
le Ministère des Finances a dû s'adapter à cette nouvelle réalité. Les estimations des
recettes et dépenses de l'année 2020 établies en octobre 2020 pour la loi de
programmation financière pluriannuelle (LPFP) 2019-2023 ont montré une première
appréciation de l'envergure de la crise. Le graphique ci-dessous affiche le solde de
l'Administration publique tel que repris dans les trois (projets de) loi de
programmation financière pluriannuelle consécutifs publiés en 2019 (LPFP 20192023), 2020 (LPFP 2020-2024) et 2021 (PLPFP 2021-2025). Le premier constat est
que le solde pour l'année 2020 devait dans un premier temps se creuser de plus de
5,1 millards d'euros en passant d'un excédent de 757 millions d'euros à un déficit
de 4,4 millards d'euros ; finalement ce dernier s'est établi au niveau de 2,3 millards
d'euros (comptes provisoires).
Pour l'année 2021, les différents documents précités ont montré une évolution
similaire : au début, le solde a été estimé à un excédent de 942 millions d'euros pour
donner lieu, dans une estimation publiée une année après, à un déficit de 1,8
milliards d'euros ; en fin de compte le solde s'est retrouvé entre les deux, affichant
un déficit de 416 millions d'euros (dernière prévision).
CdM/ND/nf/Avis 21-224 et Avis 21-214 Budget de l'Etat 2022.docx/12.11.2021
10
Avis sur le Budget de l'Etat - Exercice 2022
Administration publique - solde
2018
2019
2020
2021
2022
2023
2024
2025
2000
1000
0
-1000
-2000
-3000
-4000
-5000
PLPFP 2019-2023 — PLPFP 2020-2024 — PPLPFP 2021-2025
Cette nette amélioration du solde de l'Administration publique pour les années 2020
et 2021 peut masquer des évolutions divergentes au niveau des différentes
administrations qui la composent. Ainsi, la Chambre des Métiers propose d'analyser
le solde, ainsi que les dépenses et les recettes tels que présentés dans les projets
de budget de l'année 2020 (LPFP 2019-2023), 2021 (LPFP 2020-2024), et 2022
(PLPFP 2021-2025).
Comparaison entre les prévisions et les comptes provisoires pour 2020
Unité : millions d'euros
LPFP
2019-2023
LPFP
2020-2024
PLPFP
2021-2025
Variation
budget 20-21
Variation
budget 20-22
Administration centrale
- Solde
- Dépenses
-640
20.935
-5.077
22.925
-3.199
22.126
-4.437
1.990
-2.559
1.191
- Recettes
20.295
17.847
18.927
-2.448
-1.369
1.056
11.635
12.691
895
12.188
13.082
880
12.322
13.200
-161
553
991
-176
687
511
-213
3.309
3.096
42
3.177
3.219
-554
181
-373
-300
49
-250
Sécurité sociale
- Solde
- Dépenses
- Recettes
Administrations locales
- Solde
- Dépenses
- Recettes
341
3.128
3.469
Source : Ministère des Finances ; calculs : Chambre des Métiers
1.1.2. Administration centrale
En comparant les prévisions faites dans le cadre de la LPFP 2020-2024 pour
l'exercice 2020 (tableau ci-dessus) aux prévisions du PLPFP 2021-2025, il apparaît
que le déficit de l'Administration centrale a été moins élevé que prévu. En effet, entre
la prévision établie dans le cadre du dernier projet de budget (2021) et les comptes
provisoires, le solde s'est amélioré de 1,9 milliards d'euros, passant d'un solde de 5 milliards à -3,2 milliards d'euros. Cette nette amélioration s'explique d'un côté par
une sous-estimation des recettes (+1,1 milliards d'euros) et d'un autre côté d'une
surestimation des dépenses (-800 millions d'euros).
CdM/ND/nf/Avis 21-224 et Avis 21-214 Budget de l'Etat 2022.docx/12.11.2021
Avis sur le Budget de l'Etat - Exercice 2022
11
Le solde de l'exercice 2021 (tableau ci-dessous) a aussi été revu à la hausse en
s'améliorant de l'ordre de 1,1 milliards d'euros. Si le projet de budget déposé l'année
passée (LPFP 2020-2024) estimait le déficit à 2,5 milliards d'euros, le projet de
budget sous avis ne prévoit qu'un déficit de 1,4 milliards d'euros. En revanche, cette
fois-ci, les dépenses ont été sous-estimées d'un montant de 912 millions d'euros. En
effet, il semblerait que le Ministère des Finances ait été trop optimiste quant à la
durée de la crise sanitaire lors de sa prévision établie il y a un an. Malgré les
incertitudes, le Ministère avait prévu, en octobre 2020 une baisse des dépenses d'un
montant de 11 millions euros seulement pour l'année 2021. Dans ce contexte, le
STATEC note que : « dans la prévision précédente, les dépenses pour 2021 avaient
été établies sous l'hypothèse que les mesures engagées pour combattre la crise se
termineraient fin 2020 (le volume d'aides prévu pour 2021 était donc nul) »'. Côté
recettes, le Ministère a été très prudent. Celles-ci ont été sous-estimées d'un montant
de 2,1 milliards d'euros (différence entre octobre 2020 et octobre 2021).
Comparaison entre les prévisions et les comptes provisoires pour 2021
Unité : millions d'euros
LPFP
2019-2023
LPFP
2020-2024
PLPFP
2021-2025
Variation
Variation
budget 20-21 budget 20-22
-2.511
21.793
-1.370
22.705
-2.110
-11
-969
901
19.282
21.335
-2.121
-68
755
785
12.686
13.470
-296
207
-62
-239
430
190
Administration centrale
- Solde
- Dépenses
- Recettes
-401
21.804
21.403
Sécurité sociale
- Solde
- Dépenses
1.024
12.256
- Recettes
13.280
12.463
13.218
Administrations locales
- Solde
- Dépenses
- Recettes
318
2
3.256
169
3.270
-316
-17
-149
3.273
3.592
3.258
3.439
-334
-153
-3
Source : Ministère des Finances ; calculs : Chambre des Métiers
Pour analyser l'impact provisoire de la crise sanitaire sur l'Administration centrale, il
est plus opportun de comparer les comptes provisoires aux prévisions établies avant
la crise sanitaire lors de la LPFP 2019-2023.
Le déficit de l'exercice 2020 s'explique donc par un effet ciseaux, où les recettes ont
accusé une baisse (-1,4 milliards d'euros) et les dépenses ont affiché une hausse
(+1,2 milliards d'euros) par rapport à la prévision avant-crise. Le solde provisoire
accuse donc une dégradation de 2,6 milliards d'euros, passant d'un solde de -640
millions à -3,2 milliards d'euros. Le tableau ci-dessous compare plus en détail les
dépenses et les recettes de l'Administration centrale pour l'année 2020. Au niveau
des dépenses, on constate que la plus grande différence s'affiche au niveau des
prestations sociales en espèces. Ceci s'explique en partie par les coûts en lien avec
la crise. Ainsi, une part de 306 millions d'euros de la hausse globale de 720 millions
d'euros est due entre autres au chômage partiel. (cf. infra). D'autres hausses peuvent
être relevées au niveau de la formation de capital (dont presque la totalité est due à
des investissements liés à la crise) et de la rémunération des salariés. La Chambre
1 Source : STATEC, Note de conjoncture 01-2021, p.58
CdM/ND/nf/Avis 21-224 et Avis 21-214 Budget de l'Etat 2022.docx/12.11.2021
12
Avis sur le Budget de l'Etat - Exercice 2022
des Métiers ne peut toutefois que difficilement apprécier l'augmentation de cette
dernière catégorie de dépenses. D'un côté, il existe un effet crise estimé à 28 millions
d'euros. Mais, d'un autre côté, ce différentiel s'explique par une « forte hausse de
l'emploi observée dans les Administrations publiques en 2020 (+6.2%) »2. La
Chambre de Métiers est bien consciente que la gestion de la crise a nécessité des
effectifs supplémentaires. De surcroît, une fonction publique offrant des services de
qualité à un nombre croissant d'habitants et d'entreprises rencontre, toutes autres
choses restant égales par ailleurs, un besoin accru en main-d'œuvre. Cependant, elle
s'interroge plus généralement sur la politique de recrutement de l'Etat, alors que la
digitalisation qui est en train d'être mise en place devrait conduire à des gains
d'efficience, notamment pour des tâches plus administratives. Ainsi, les
administrations visées devraient pouvoir garantir le même service avec un effectif
plus restreint. Il est donc nécessaire d'avoir une gestion appropriée en proposant des
passerelles professionnelles (reskilling) ou des formations continues (upskilling) pour
optimiser l'efficience de la fonction publique.
Prévision des dépenses et recettes de l'Administration centrale en 2020
LPFP
2019-2023
Unité : millions d'euros
Variation (dont
PLPFP
2021-2025 mesures COVID3)
-10 (77)
1.725
Consommation intermédiaire
1.735
Formation de capital
1.801
1.932
131 (125)
Rémunération des salariés
4.886
4.983
97 (28)
Prestations sociales en espèces
1.829
2.549
720 (306)
Autres transferts courants
8.701
8.794
93
Transferts en capital à payer
1.015
997
-18
Dépenses totales
20.935
22.126
1.191 (610)
7.572
6.889
-683
9.786
9.237
-549
20.295
18.927
-1.369
Impôts sur la production et les
importations
Impôts courants sur le revenu, le
patrimoine, etc.
Recettes totales
Source : Ministère des Finances ; calculs : Chambre des Métiers
Il est assez étonnant qu'au niveau des recettes, les effets de la crise sembleraient
beaucoup moins affecter l'année 2021. Par rapport à la prévision du LPFP 20192023, les recettes de l'année 2021 n'ont été sous-estimées que de 68 millions
d'euros (ou de 0,3%).
2 Source : STATEC, Note de conjoncture 01-2021, p.59
3 Source : STATEC, Note de conjoncture 01-2021, p. 57
CdM/ND/nf/Avis 21-224 et Avis 21-214 Budget de l'Etat 2022.docx/12.11.2021
Avis sur le Budget de l'Etat - Exercice 2022
13
A contrario, au niveau des dépenses, il existe un différentiel entre les dépenses
prévues avant la crise et le compte provisoire de 901 millions d'euros. Selon les
chiffres du STATEC, 610 millions d'euros sont dues à la crise sanitaire, dont
notamment les prestations sociales en espèces (+306). Les investissements directs
et indirects de l'Administration centrale sont aussi plus élevés que prévus (formation
de capital : +114, transferts en capital à payer : +168) ce qui est partiellement lié à
la crise. Même si la rémunération des salariés a augmenté moins vite qu'escompter
(-276), la consommation intermédiaire s'est accrue de manière exceptionnelle
(+12% p. r. à la LPFP 2019-2023 ainsi que +12% par rapport aux dépenses de 2020).
Qui plus est, la variation de ces deux postes n'est guère liée à la crise.
Quelques postes de dépenses, notamment ceux relatifs aux aides étatiques et aux
investissements, ainsi que de recettes sont analysés plus en détail ci-après.
Prévision des dépenses et recettes de l'Administration centrale en 2021
LPFP
2019-2023
Unité : millions d'euros
PLPFP
Variation (dont
2021-2025
mesures COVID1)
Consommation intermédiaire
1.726
1.940
214 (16)
Formation de capital
1.766
1.880
114 (70)
Rémunération des salariés
5.454
5.178
-276 (2)
Prestations sociales en espèces
1.896
2.281
385 (306)
Autres transferts courants
9.197
8.998
-199
Transferts en capital à payer
1.066
1.234
168
Dépenses totales
21.804
22.705
901 (610)
7.977
8.387
410
10.332
9.810
-522
21.403
21.335
-68
Impôts sur la production et les
importations
Impôts courants sur le revenu, le
patrimoine, etc.
Recettes totales
Source : Ministère des Finances ; calculs : Chambre des Métiers
1.1.3. Le volume prévu pour les mesures de soutien n'a pas été intégralement
déboursé
Malgré de nombreuses modifications au niveau des mesures d'aides étatiques
(régime COVID-19) - toujours dans le but d'augmenter leur efficacité - les budgets
annoncés n'ont pas été épuisés. Dans la dernière note de conjoncture, on lit que4 :
« le STATEC a intégré dans ses prévisions un montant total d'aides de quelque 1,7
milliards EUR pour 2020 (soit 2,7% du MB) et de 610 millions EUR pour 2021 (1,0%
du PO). [...] le gouffre entre ces montants et les près de 11 Mia EUR d'aides
annoncées pour les seuls paquets "Stabilisation" et "Neistart" s'explique d'un côté
par la non-prise en compte des reports d'impôts (à part des impôts directs) ainsi que
des prêts (avances remboursables) et des garanties (4,6 milliards EUR étaient
allouées aux reports d'impôts et de cotisations sociales et 2,7 milliards aux
garanties) car ils ne jouent pas sur le solde public. » Ainsi, seulement 21% de
l'enveloppe annoncée pèsera en 2020 et 2021 sur les finances publiques.
4
STATEC, note de conjoncture 01-21, p.70
CdM/ND/nf/Avis 21-224 et Avis 21-214 Budget de l'Etat 2022.docW12.11.2021
14
Avis sur le Budget de l'Etat — Exercice 2022
En 2020, l'Etat a financé 629 millions d'euros au titre du chômage partiel, 238
millions d'euros pour le congé pour raisons familiales, 221 millions d'euros pour les
mesures sanitaires et liées à la gestion de la crise et 146 millions d'euros pour les
indemnités pécuniaires de maladie. Face à ces montants, la somme de 181 millions
d'euros dépensée en faveur des entreprises elles-mêmes apparaît moins élevée
qu'annoncée. Dans ce montant, on retrouve notamment 105 millions d'euros d'aides
directes en faveur des entreprises et 53 millions d'euros du Fonds de relance et de
solidarité (cf. tableau ci-dessous).
La Chambre des Métiers ne commente pas les montants déboursés en 2021, parce
que les chiffres du STATEC datent du 31 mars 2021. Cependant, le constat qui a été
établi ci-dessus ne devrait pas changer fondamentalement, même pour des données
plus récentes, non publiées à ce jour.
Tableau A
Dépenses directes — aides annoncées et payées jusqu'au 31.3.2021 (Mio EUR)
2020
2021
Annoncé Déboursé
Annoncé Déboursé
Catégorie (SEC)
221
86
10
FRU
240 -
125
70
7
Cons. interméd.
77
16
3
Autres transi. cour.
2
(1) Mesures unitaires et liées à la gestion de la crise
dont:
17
Rémunérations
47
2
Rémunérations
11
2
Prest. sociales
36
30
(2) Mesures en faveur de réducation
dont:
(3) Mesures en faveur de l'emploi khOmage partielr
Prest- sociales
931O
629 ,
275
52
(4) CPRF extraordinaire (COVID-19) et congé pour soutien familial—
Prest. sociales ,
250;
238
24
24
50 ,
41
(5) Aides sociales
0
40
Prest. sociales
dont:
1
Autres transf. cour.
0
(6) Indemnités pécuniaires de maladie**
Prest. sociales
160
146
7
(7) Aides directes en faveur des entreprises
Transf. en cap.
300J
105,
20
(8) Fonds de relance et de solidarité
Transf. en cap.
200
52 ï•
145.
(9) Mesures pour soutenir les investissements
Transf. en cap.
30
2
35
40
21
14
(10) Différentes aides sectorielles
Transf. en cap.
11
Subventions
8
Autres transf. cour.
2
dont:
(11) Relance économique verte et durabk
Transf. en cap.tSubv.
TOTAL Dépenses directes
(12) Avances remboursables en faveur des entreprises***
Prêts à LT Lkr.„.
20
1
2 630
1 503
400
152
7
37
14
606
132
1
Sources: Ministère de Finances, STATEC
• Il s'agit des montants déboursés nets (déboursement-recouvrement).
— Adaptation par le STATEC des montants annoncés pour 2021 par le Ministère des nnances pour tenir compte des
déboursements jusqu'au 31.3.21.
••• Dans roptique SEC, l'avance remboursabk n'impacte pas directement les dépenses et le solde publics.
1.1.4. Les investissements dopés par la crise
La Chambre des Métiers s'intéresse plus particulièrement à la question si l'ensemble
des investissements prévus ont été effectivement réalisés. En analysant les données
pour l'exercice 2020, elle se rend compte que les investissements réalisés
dépassent de 4% les investissement prévus. Ce résultat très surprenant s'explique
notamment par les investissements liés à la crise sanitaire.
Néanmoins, en ce qui concerne les investissements dans le rail, la route et le tram,
le taux de réalisation est moins impressionnant. Seulement 83% des investissements
prévus ont effectivement été réalisés au cours de l'exercice 2020.
Cd M/ND/nf/Avis 21-224 et Avis 21-214 Budget de l'Etat 2022.docx/12.11.2021
Avis sur le Budget de l'Etat - Exercice 2022
15
Écart entre les investissements prévus et réalisés en 2020
Unité : millions d'euros si oas s écifié autrement
Taux de
Investissements Investissements Variation
en euros
réalisation
prévus
réalisés
Investissements directs
1.801
1.932
131
107%
Investissements
indirects
1.015
997
-18
98%
Total
2.816
2.930
114
104%
540
451
-89
83%
Dont : Investissements
dans le rail, la route et le
tram5
Sources : Projets de budget 2020 et 2022, comptes genérales 2020 ; calculs Chambre des Métiers
1.1.5. Les recettes se rattrapent plus vite que prévu
Graphique 5,1
Les teuelks fiscales repassent au-dessus des niveaux pré-crise
fatdeau
Les Impôts sur les ménages et les cotisations sociales
ont amorti la baisse des recettes publiques l'an dernier
2019
2020
Taxes du type TVA
3 948
3 843
-105
1 500 -
Impôts sur les ménages
5 865
6 235
370
6.3
1 400 -
Impôts sur les sociétés
3 921
3 036
-885
-22.6
Taxe d'abonnement
1 036
1 050
14
1.3
Droits d'accise
1 604
1 439
-165
-10.3
1 200 -
Autres
1 640
1 604
-36
-2.2
1 100 -
Recettes fiscales
totales'.
18 015
17 208
-807
-4.5
Cotisations sociales**
7 715
8 116
401
5.2
Mio EUR
1 700 -
Évolution
2020/2019
En Mio EUR
1 600 -
1 300 -
1 000
s
s
co
cc
m
>:
.
r.
i
i
.
,
2,
>,
g
m
C'
N
''c 4>
g
'-à.
Ri
>:
.
—r.,
Données désaisonnalisées, moyenne mobile sur 3 mois
Sources: Administrations fiscales, STATEC
En (No
-2.7
Sources: Administration des contributions directes (ACD),
Administration de l'enregistrement et des domaines (AM),
Administration des douanes et accises (ADA),
Inspection générale de la sécurité sociale (IGSS)
• Données en base caisse, différentes des données des comptes
nationaux
— Données trimestrielles produites selon l'optique SEC2010,
celle des comptes nationaux.
Pendant l'année 2020, les recettes de
l'Administration centrale ont diminué de 2% par rapport à 2019. Selon le STATEC, les
encaissements d'impôts se sont repliés de 4,5%, principalement à cause d'un fort
recul au 2ème trimestre. « [Ceci] reflète d'un côté la dégradation des bases fiscales
lors du confinement, mais également l'allongement des délais de paiement. Les
rentrées d'impôts sont ensuite reparties à la hausse et sont encore très dynamiques
[en début de l'année 2021], dépassant leurs niveaux d'avant-crise »6 (cf. graphique
au-dessus).
Le STATEC note par ailleurs que les impôts à charge des ménages ont le mieux résisté
en 2020 (+370 millions d'euros par rapport à 2019, cf. tableaux ci-dessus),
bénéficiant des mesures de stabilisation publiques (notamment le chômage partiel).
« lis se sont comparativement peu repliés au printemps 2020 et affichent une
trajectoire fortement ascendante depuis. À l'opposé, les impôts sur les sociétés ont
fortement plombé le résultat en 2020 (-890 Mio EUR sur un an), ce qui s'explique
notamment par le niveau très élevé des recettes en 2019 et des reports
d'encaissements au-delà de 2020. Les rentrées d'accises ont également largement
5 La Chambre des Métiers se réfère aux investissements indiqués dans le tableau repris sous le chapitre 1.3.3.
STATEC, note de conjoncture 1-2021, p. 52
CdM/ND/nf/Avis 21-224 et Avis 21.-214 Budget de l'Etat 2022.docx/12.11.2021
Avis sur le Budget de l'Etat - Exercice 2022
16
souffert en 2020 et restent pénalisées au début de l'année 2021. par la modération
des ventes de carburants. »7
« L'effondrement des impôts sur les sociétés de 23% en 2020 ne reflète pas
vraiment l'empreinte de la crise sur les bénéfices des sociétés. En raison de rentrées
fortement gonflées sur les années antérieures, en lien surtout avec l'accélération de
l'encaissement grâce à l'imposition automatique et la déclaration électronique, le
STATEC avait déjà anticipé leur repli avant l'émergence de la crise. » Malgré cet effet
de base, la Chambre des Métiers constate que la crise a eu un impact nonnégligeable sur les bénéfices et la situation de trésorerie des entreprises.
1.1.6. Sécurité sociale
La forte révision à la hausse des dépenses de la Sécurité sociale au titre de l'exercice
2020 (+6% p. r. à la LPFP 2019-2023), était nécessaire pour couvrir l'introduction
de certaines mesures implémentées par la Caisse nationale de santé (CNS) dans le
contexte COVID 19, par exemple le congé pour raisons familiales, la prise en charge
par l'assurance maladie dès le ler jour des indemnités pécuniaires de maladie, etc.
En 2021, les dépenses ont été de 4% supérieures à la prévision de la LPFP 20192023. A noter qu'en 2021, certaines mesures, tel que le congé pour raisons
familiales étendu aux cas de quarantaine ou d'isolement d'un enfant, sont
actuellement toujours en vigueur.
En 2020, les recettes de la Sécurité sociale sont aussi revues à la hausse (+4% p. r.
à la LPFP 2019-2023). Celle-ci est notamment due à une évolution favorable de la
masse cotisable. Par ailleurs, l'Administration centrale prend en charge certaines
mesures exceptionnelles par le biais d'une dotation exceptionnelle en faveur de
l'assurance maladie-maternité pour un total de 200 millions d'euros en 2020 et de
62 millions en 2021 et 2022. Pour l'exercice 2021, les recettes devront augmenter
légèrement par rapport à la LPFP 2019-2023.
Ainsi, vu la hausse plus marquée des dépenses que des recettes, le solde diminue
par rapport aux prévisions. En 2020, le solde a diminué de 1.059 à 880 millions
d'euros. Pour l'exercice 2021, il devrait décroître de 1.024 à 785 millions d'euros.
La Chambre des Métiers constate que malgré une évolution favorable de la masse
cotisable, ainsi que du revenu cotisable moyen, le solde de la Sécurité sociale
diminue.
1.1.7. Administrations locales
Pour l'année 2020, les Administrations locales ont vu leurs recettes diminuer de 7%
par rapport à la LPFP 2019-2023, une baisse moins marquée que celle prévue dans
le dernier budget. Pour l'exercice 2021, elles devraient augmenter de 7% par rapport
à l'année précédente, pour rester néanmoins 4% en dessous du niveau prévu lors de
la LPFP 2019-2023. Il faut rappeler que les recettes communales sont largement
marquées par l'évolution de la conjoncture économique parce que le Fonds de
dotation globale des communes est alimenté par le produit de 3 impôts de l'État, à
savoir : 18% du produit de l'impôt prélevé sur le revenu des personnes physiques,
10% de la TVA et 20% de la taxe sur les véhicules automoteurs. Par ailleurs, les
recettes perçues au titre de l'impôt commercial communal évoluent en fonction de
l'activité économique.
7
STATEC, note de conjoncture 1-2021, p. 52
CdM/ND/nf/Avis 21-224 et Avis 21-214 Budget de l'Etat 2022.docx/12.11.2021
Avis sur le Budget de l'Etat - Exercice 2022
17
Les dépenses communales pour l'année 2020, quant à elles, ont connu une
augmentation par rapport à la LPFP 2019-2023, due « au maintien d'un niveau
d'investissement important en 2020. »8 . En 2021, les dépenses sont en ligne avec
les prévisions.
La Chambre des Métiers espère que ces investissements sont effectivement réalisés,
de par leur effet sur la demande adressée à l'Artisanat.
En diminuant de 341 millions à 42 millions d'euros, le solde des Administrations
locales n'est donc pas devenu négatif en 2020 comme prévu lors du dernier budget.
En 2021, il devrait augmenter à 169 millions d'euros, s'établissant ainsi au milieu
des deux prévisions précédentes (318 millions d'euros en 2019 et 2 millions d'euros
en 2020).
1.2. La crise sanitaire et ses effets secondaires maintiennent un climat
d'insécurité en 2022
Le fait que l'ampleur des répercussions de la crise sur les finances publiques a été
largement surestimée montre que les prévisions ont été réalisées dans une période
d'incertitude majeure pendant laquelle celles-ci présentent une marge d'erreur
significative. Ce constat reste d'actualité en ce qui concerne l'établissement de la
planification budgétaire pour les années à venir.
Malgré cette révision à la hausse des prévisions, il est évident que la crise sanitaire
a frappé de plein fouet les finances publiques. Partant des hypothèses du Ministère
des Finances, les répercussions de la crise ne cesseront d'impacter ces dernières au
cours des années à venir. Dès lors, pour l'année 2022, le Gouvernement estime que
le solde de l'Administration publique s'améliorera de 273 millions d'euros pour
atteindre un déficit de 143 millions d'euros. Ainsi, malgré cette deuxième
amélioration consécutive du solde (après une embellie de l'ordre de 1,9 milliards
d'euros en 2021), l'Administration publique devrait clôturer l'exercice en déficit (0,2% du PIB). Il faut noter que vu la situation actuelle, le Ministère des Finances est
toujours confronté à plusieurs incertitudes quant à l'évolution future de la pandémie
ainsi que les effets secondaires liés à la crise. Les derniers résultats des indicateurs
de confiance dessinent un « contexte conjoncturel encore favorable pour l'économie
grand-ducale au 2e semestre 2021, même si certains domaines d'activité devraient
demeurer affectés par les conséquences de la pandémie. »
Soldes de l'Administration publique et des sous-entités (+ : excédent ; - : déficit)
Unité : millions d'euros
Variation Variation Variation
19-20
20-21
21-22
2019
2020
2021
2022
Administration
publique
1.423
-2.277
-416
-143
-3.701
1.861
273
- Administration
centrale
-77
-3.199
-1.370
-1.230
-3.122
1.829
140
- Administration
locale
299
42
169
234
-257
128
65
- Sécurité sociale
1.202
880
785
853
-322
-95
68
Source : Ministère des Finances ; calculs : Chambre des Métiers
8 Projet de budget 2021
CdM/ND/nf/Avis 21-224 et Avis 21-214 Budget de l'Etat 2022.docx/12.11.2021
18
Avis sur le Budget de l'Etat - Exercice 2022
Comme déjà mentionné dans le chapitre 1.1.1., les recettes de l'Etat ont tendance à
reprendre plus vite que prévu. Dans la dernière note de conjoncture, le STATEC a
établi un scénario plus favorable, dans lequel les recettes pourront augmenter de
manière plus soutenue, ramenant le solde public à près de 2% du PIB en 2022
(cf. graphique en dessous)9.
Des recettes publiques très dynamiques dans tous ks scénarios
Dans k meilkur des cas, k solde public pourrait atteindre set°
en 2022
Évolution en %
En % du PII3
4
3
2
1
0
-1
-2 -3 -4 -
10
8 6 42 0 -
-6 -7
-2
2019
2020
2021
2022
Recettes publiques - scénario central
— Idem, scénario bas
— Idem, scénario haut
Source: STATEC (2021-2022: prévisions)
2018
2019
2020
2021
2022
Solde public - scénario central
— Idem, scénario bas
-- Idem, scénario haut
Source: STATEC (2021-2022: prévisions)
Pour rappel, l'Administration publique est composée de l'Administration centrale, des
Administrations locales et de la Sécurité sociale.
Avec un solde positif de 785 millions d'euros en 2021 et 853 millions d'euros en
2022, la Sécurité sociale semble avoir réussi à « limiter les dégâts ». Cependant,
même en l'absence d'une pandémie, la Chambre des Métiers est d'avis que le
système n'est pas soutenable à plus long terme, notamment en raison du
vieillissement de la population et qu'il devrait pour cette raison être réformé le plus
vite possible.
Dans ce contexte, le Conseil de l'Union européenne recommande au Luxembourg,
entre autres :
« D'accorder une attention particulière à la composition des finances publiques, sur
le plan tant des recettes que des dépenses, [...] de donner la priorité aux réformes
structurelles budgétaires qui concourront au financement des priorités des politiques
publiques et contribueront à la viabilité à long terme des finances publiques,
notamment, le cas échéant, en renforçant la couverture, l'adéquation et la viabilité
des systèmes de santé et de protection sociale pour tous. »10
Les Administrations locales, comprenant les 102 communes ainsi que 55 syndicats
communaux et 36 établissements publics placés sous la surveillance des
communes, ont-elles aussi vu leur situation financière se dégrader en 2020 avec la
crise de la COVID-19. Il faut cependant noter qu'elles s'en sortaient mieux que prévu
(cf. chapitre 1.1.7.). Ainsi, les prévisions du Ministère des Finances indiquent que le
budget des Administrations locales devrait s'améliorer de 128 millions d'euros en
2021, affichant ainsi un excédent de 169 millions d'euros. Par ailleurs, la situation
devrait se détendre encore davantage en 2022. La Chambre des Métiers se réjouit
de cette évolution, sachant que les communes devront également prendre, à côté de
l'Etat, leur part de responsabilité afin de trouver des solutions aux défis structurels
9
STATEC, note de conjoncture 2021-1, p.60
,0 Ministère des Finances, Budget de l'Etat 2022, p. 29*
CdM/ND/nf/Avis 21-224 et Avis 21-214 Budget de l'Etat 2022.docx/12.11.2021
Avis sur le Budget de l'Etat - Exercice 2022
19
du pays (logement, mobilité/infrastructure, zones d'activités). Ceci nécessite un
effort collectif de toutes les administrations et la Chambre des Métiers est d'avis que
la situation financière actuelle devrait le permettre. Le budget de l'État prévoit pour
l'année 2022 une hausse des dépenses de 140 millions d'euros par rapport à
l'année 2021. Les postes « formation de capital » et « transfert en capital à payer »,
comprenant les investissements directs et indirects des Administrations locales,
augmentent de 73 millions d'euros en 2022. Qui plus est, la Chambre des Métiers
estime que la digitalisation des procédures administratives est une réelle opportunité
pour les communes et leurs entités affiliées afin d'améliorer leur efficacité avec le
but ultime d'atténuer la progression de leurs coûts de fonctionnement (en % des
dépenses globales).
Néanmoins, il faut noter que le déficit de l'Administration publique est surtout
influencé par l'Administration centrale. Après une chute historique du solde en 2020,
s'établissant à un niveau de -3,2 milliards euros, elle devrait clôturer l'année 2021
avec un nouveau déficit de près de 1,4 milliard d'euros. En 2022, le projet de budget
sous avis ne prévoit qu'un lent retour « à la normale » du solde de l'Administration
centrale. En effet, l'année prochaine, le déficit devrait toujours s'établir à plus de 1,2
milliard d'euros. La situation financière de l'Administration centrale est analysée plus
en détail ci-après.
CdM/ND/nf/Avis 21-224 et Avis 21-214 Budget de l'Etat 2022.docx/12.11.2021
20
Avis sur le Budget de l'Etat - Exercice 2022
Tableau: projections à moyen terme 2021-2025
1995-2020
2020
2021
2023
2024
2025
Évokrtion en % (ou spécifé cifféremmend
Environnement international
PB zone euro (vol.)
Ireece boursier européen EuroStoe
Prix PB zone euro
Prix pétroliers (USD/bari)
Taie de chalge (USD/EUR)
Taie diMérét cote ternie EtR
Taux d'htérêt long terme EUR
2022
1_2
3.5
1.5
54.6
120
2.2
17
4.8
1.7
1.9
65.2
1.22
-0.4
0.5
22
0.7
1.7
60.7
1.23
-04
0.8
1.4
0.7
1.8
60.8
124
-0.3
1.1
1.4
0.7
1.8
62.8
1.25
0.1
1.5
-6.8
-4.7
1.5
41.8
1.14
-0.4
0.1
4.1
18.4
12
69.3
1.20
-0.5
0.1
69.34
8.0
46.17
1_8
7240
4.4
47_61
3.1
75.34
4.1
49.62
42
78.52
42
5124
3.3
81.82
4.2
52.91
3.3
2.7
-0.1
2.6
0.0
2.6
0.1
0.1
Évolution en % (ou spécrié différemment)
Principaux agrégats macroéconomiques
PB vaietr (mis EUR)
tem, évolution en %
FiN8 (mia RIR)
Idem, évolution en %
4.8*
6422
2.4
45.35
9.3
PB potentiel (vol.)1
Ecart de production (en % du PB pot.)
3.2
-0.3
2.4
-4.0
2.7
-0.8
5.9"
2.7
PIB (en vol.)
3.1
-1.8
6.0
3.5
2.7
2.6
2.6
Emploi total intérieur2
Taux de chômage (% de ta pop. acthe, dét. ADEM)
3.2
4.5
1.9
6.4
2.5
6.5
2.5
6.3
2.4
6.4
2.2
6.6
2.2
6.9
Indice des cilx à la conscinmalion (IPCN)
Echelle mobile des satires (1.1.1948.100)
bern, évolution en %
Coût salarial ncininal moyen, évolution en %
1.0
0.8
834.76
2.5
0.4
2.2
839.98
0.6
2.3
1.7
855.62
1.9
4.1
1.6
866.32
1.2
2.3
1.7
877.01
1.2
2.3
1.8
898.93
2.5
2.3
1.8
2.9
Niveaux (1000 pers.) et tsux de croissance
Populaffon marché du travaï
Population totale (1000 pers. )3
Idem, évolution en %
1.;
634.7
1_4
646.3
1.8
659.5
2.1
671.6
1.8
683.7
1.8
696.0
1.8
Emploi total intérieur (1000 pers.)
Idem, évolution en %
32
4722
1.9
484.1
2.5
496.0
2.5
507.8
2.4
518.8
22
530.1
22
Emploi résiderd (1000 pers.)
idem, évolution en %
2.0.
274.9
1.5
279.5
1.7
284.4
1.8
288.2
1.3
292.3
1.4
296.5
1.4
Emploi frontalier (1000 pers.)
Mern, évolution en %
5.4
210.5
2.3
218.3
3.7
225.4
3.3
233.7
3.7
240.8
3.0
248.1
3.0
Population active (1000 pers.)
Idem, évolution en %
2.1
293.6
2.6
298.8
1.8
303.6
1.6
307.7
1.4
313.1
1.8
318.4
1.7
Nombre de chômais (1000 pers.)
Idem, évolution en %
5.9.
18.7
21.4
19.3
3.5
192
-0.7
19.6
2.0
20.8
6.4
21.9
5.3
Source: STAllEC (195.2CM <Ironies observées OJ estimées: 2421-2025: previsicrls du STATEC el trek:tore &marks)
'PB pcientelbasi sur la nillsode %te(
'coixiept comptes natortaux
'Au 31 décembre
Comme l'indique le STATEC dans ses projections à moyen terme couvrant la période
2021-2025 et reprises dans le tableau ci-dessus, le PIB réel (en volume) n'aurait
diminué que de 1,8% en 2020 avant de s'accroître de 6% en 2021. Ce scénario
central prévoit des augmentations successives de 3,5% du PIB en 2022 et entre
2,6% et 2,7% pour les années 2023 à 2025.
Ainsi, pour les années « 2021 et 2022, le STATEC maintient ses prévisions de hausse
de respectivement 6% et 3,5%, publiées dans la Note de conjoncture 1-2021. Rien
ne justifie aujourd'hui, du point de vue économique, de mettre cette trajectoire en
doute. Néanmoins, sur base des plus récentes données trimestrielles s'arrêtant en
T2-2021, les 6% prévus pour 2021 pourraient s'avérer quelques peu prudents. »11
11
Projet de Budget 2022, p.21*
CdM/ND/nf/Avis 21-224 et Avis 21-214 Budget de l'Etat 2022.docx/12.11.2021
Avis sur le Budget de l'Etat - Exercice 2022
21
Par conséquent, la Chambre des Métiers estime que les recettes de l'Etat pour les
années 2021 et 2022 pourraient être sous-estimées et que de ce fait le solde
pourrait s'améliorer davantage.
Face à toutes ces incertitudes, le STATEC a déterminé les répercussions de scénarios
alternatifs.
Le scénario défavorable part des hypothèses « que les marchés financiers et
l'économie réelle sont bouleversés par une détérioration marquée des perspectives
d'inflation. » et que « Ies prix à la consommation s'envolent sous l'effet de la hausse
des prix des matières premières, des anticipations d'inflation plus élevées et une
reprise décevante du taux d'activité des travailleurs. »12
Dans ce scénario défavorable, le PIB réel augmenterait de 5,7% en 2021 et de 2,2%
en 2021. Même pendant les années subséquentes, ce scénario tablerait sur une
progression moins prononcée que prévue dans le scénario de référence.
Alternativement, le STATEC a établi un scénario favorable, « où les consommateurs
épuisent une grande partie des économies accumulées pendant la pandémie. Ainsi,
le sentiment économique des ménages, entreprises et investisseurs s'améliore
largement et tire la croissance du PIB vers le haut. »12
Dans ce cas-ci, le PIB réel augmenterait de 6,5% en 2021 et de 5,2% en 2022. Lors
des années suivantes, ce scénario s'alignerait sur le scénario central.
« Sur base des dernières données mensuelles, le STATEC semble même avoir été en
juin un peu trop prudent pour l'emploi : la hausse annuelle de l'emploi intérieur
pourrait même approcher les 3% en 2021. Ce constat de prudence se confirme aussi
pour le chômage. Pour le moment, sur base de la prévision de la Note de conjoncture
1-2021, le STATEC prévoit encore un taux de chômage en légère hausse en 2021, à
6,5%, mais les dernières données mensuelles plaideraient plutôt pour un taux
annuel moyen légèrement inférieur à 6%. »13 Ainsi, les dépenses publiques liées au
chômage risqueront d'être surestimées, alors qu'une création d'emplois plus
vigoureuse que prévue aurait un effet favorable sur les recettes fiscales, notamment
celles au titre de l'impôt sur le revenu des personnes physiques.
Au niveau de l'inflation, en revanche, « le STATEC s'attend ainsi à 2,2% pour 2021 et
1,7% pour 2022 (IPCN). A moyen terme, l'inflation resterait comprise entre 1,5% et
2% au Luxembourg. Une tranche indiciaire est tombée le l
er octobre 2021 et la
prochaine devrait tomber au 2e trimestre 2023, selon les prévisions du STATEC »14 ,
datant d'août. Néanmoins, la Chambre des Métiers voudrait rappeler que les
nouvelles prévisions du STATEC, émises en novembre, tableraient plutôt sur une
inflation de 2,5% en 2021 et 2022. La prochaine indexation des salaires pourrait
donc déjà intervenir au 4e trimestre 2022 (ou même au 3e trimestre 2022 selon le
scénario haut). Cette accélération de l'inflation n'entraîne pas seulement une hausse
des dépenses (rémunération des salariés, prix des acquisitions, etc.) mais aussi des
recettes de l'Etat (impôt sur le revenu, TVA, etc.).
En principe, la Chambre des Métiers ne peut qu'approuver l'objectif suivant formulé
par le Ministère des Finances : « la nature et l'envergure de la crise actuelle liée à la
COVID-19 appellent dans tous les cas à une vigilance accrue et le Luxembourg réitère
son engagement à assurer durablement des finances publiques saines et
12 Projet de budget 2022, p. 24*
13 Projet de Budget 2022, p.22*
14 Projet de Budget 2022, p.22*
CdM/ND/nf/Avis 21-224 et Avis 21-214 Budget de l'Etat 2022.docx/12.11.2021
Avis sur le Budget de l'Etat - Exercice 2022
22
équilibrées. En même temps, le Gouvernement met tout en œuvre pour favoriser un
retour rapide à une croissance qualitative et créatrice d'emplois, en ligne avec ses
objectifs environnementaux et climatiques et garant du succès économique et social
qu'a connu le pays au cours des dernières années. »15
Il faut rappeler que, dans ce contexte, l'Artisanat joue un rôle majeur en ce qu'il crée
des emplois stab1es16 et s'engage de façon active à ce que le Luxembourg atteigne
ses objectifs climatiques, par exemple sur le plan de la rénovation des bâtiments ou
de l'électrification de la mobilité. Cependant, ce secteur est également confronté à
des risques et menaces qui sont analysés plus en détail dans le chapitre 2.1 de cet
avis.
Selon la Chambre des Métiers, il s'avère important de favoriser au cours des années
prochaines une économie plus digitalisée et plus écologique, sachant
qu'actuellement la priorité numéro un doit consister en la stabilisation de la situation
économique dans un contexte de relance. lmpactées par la crise, les entreprises
doivent par ailleurs investir davantage dans la digitalisation et l'efficacité
énergétique. La Chambre des Métiers proposera dans la suite quelques pistes
d'amélioration des régimes d'aides (hors COVID-19) disponibles pour stimuler
l'investissement privé.
Dans ce contexte, le Conseil de l'Union européenne recommande au Luxembourg :
• « 1. En 2022, de suivre une orientation budgétaire propre à soutenir l'activité
économique, incluant notamment l'impulsion fournie par la facilité pour la reprise
et la résilience, et de préserver les investissements financés au niveau national ;
• 2. [...]
• 3. D'accorder une attention particulière à la composition des finances publiques,
sur le plan tant des recettes que des dépenses, et à la qualité des mesures
budgétaires, afin de garantir une reprise durable et inclusive ; de donner la priorité
aux investissements durables et propices à la croissance, en particulier aux
investissements qui favorisent la transition écologique et numérique [...]. »1 7
15 Ministère des Finances, Projet de Budget 2022, p.25*
16 Chambre des Métiers. Chiffres-clés de l'Artisanat, www.cdmiu/artisanat/chiffres-et-statistiques
17 Ministère des Finances, Projet de Budget 2022, p.29*
CdM/ND/nf/Avis 21-224 et Avis 21-214 Budget de l'Etat 2022.docx/12.11.2021
Avis sur le Budget de l'Etat - Exe …
Explication IA à partir du texte officiel de la loi. Indicatif, ne remplace pas un conseil juridique.