📄 Texte de loi
Projet de loi n°8080 concernant le budget des recettes et des
dépenses de l'Etat pour l'exercice 2023 (6188CCH/BMU)
Projet de loi n°8081 relative à la programmation financière
pluriannuelle pour la période 2022-2026 (6189BMU/CCH)
AVIS DE LA
CHAMBRE DE COMMERCE SUR LE PROJET DE BUDGET
DE L'ETAT
Les défi(cit)s s'accumulent
23 novembre 2022
3
Résumé exécutif
Le projet de budget 2023 s'inscrit dans un environnement caractérisé à la fois par
l'accroissement des déficits et par l'accumulation de défis, reflet de multiples « polycrises » qui
affectent le Luxembourg, l'Europe et le monde, et de problèmes structurels trop longtemps
restés sans réponses globales.
Des déficits croissants
Dans la foulée d'une véritable cascade de chocs (géopolitique, sanitaire, énergétique) laissant
peu de répit aux acteurs économiques, suite également à un encadrement toujours insuffisant
des défis structurels, le déficit de l'Administration centrale accuserait une franche dégradation
en 2023. Il atteindrait 2,8 milliards d'euros, soit un record pour le Luxembourg - l'année 2020,
pour le moins singulière, mise à part. Ce solde ne se redresserait que très graduellement à
partir de 2024 selon le projet de budget, ce qui laisserait peu de marges de manœuvre
budgétaires sachant que ce n'est pas moins de 10 milliards d'euros de déficits qui
s'accumulent sur la période 2021-2026. Le même constat vaut pour les Administrations
publiques dans leur ensemble qui accuseraient une impasse budgétaire de quelque 1,8
milliard d'euros, toujours en 2023.
Les Administrations publiques enregistrent une meilleure situation que la seule Administration
centrale à la faveur de ce puissant amortisseur qu'est la sécurité sociale, qui dégagerait un
excédent en 2023. Ce stabilisateur ne peut cependant que s'étioler dans les années à venir,
sauf augmentation très vive, mais improbable, de l'activité. Le net déclin tendanciel des surplus
de la sécurité sociale, qui passe de 1.216 millions d'euros en 2019 à 679 millions d'euros à
l'horizon 2026, constitue déjà un signal d'alarme bien concret. Le bilan technique du régime
général de pension publié par l'IGSS en avril 2022 laisse quant à lui augurer des perspectives
à plus long terme encore (bien) plus préoccupantes.
L'accumulation de déficits induit mécaniquement une dérive de la dette publique. Le projet de
budget table sur un ratio d'endettement de quelque 29,5% du PIB en 2026, à un souffle donc
de la limite gouvernementale des 30%. Selon une analyse de sensibilité intégrée aux
documents budgétaires, une croissance économique moindre à raison de 0,5 point de
pourcentage par an seulement de 2023 à 2026 suffirait par ailleurs à propulser ta dette
publique bien au-delà de ce seuil, à 33,4% du PIB en 2026. Une situation menaçante pour la
notation AAA, primordiale pour l'économie luxembourgeoise.
La Chambre de Commerce tient à attirer l'attention sur la grande exigence de prudence dans
le présent contexte, dans un environnement général très incertain et face à la nécessité de
marges de sécurité budgétaires importantes - qui se sont avérées décisives depuis mars
2020. L'intégration au projet de budget de deux scénarios inflationnistes radicalement
différents illustre l'épais brouillard ambiant. Ainsi, un premier scénario 1 (postulant un choc
énergétique transitoire) se traduit en 2024 par une inflation de 2,5% et une tranche
d'indexation, tandis que l'autre (choc énergétique permanent) induit toujours pour 2024 un
1
C'est le scénario qui a été retenu comme base de chiffrage du projet de budget 2023, même si« le STATEC n'est aujourd'hui
pas en mesure de juger lequel des deux scénarios revêt la plus grande probabilité de réalisation, trop nombreuses étant les
incertitudes».
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renchérissement des prix de 8,4% et trois tranches d'indexation - ce qui serait une catastrophe
pour nos entreprises. Une visibilité réduite, alors que les obstacles s'accumulent.
Le défi énergétique
L'énergie est au cœur des préoccupations en cet automne 2022. Les mesures adoptées dans
le cadre de I'« Energiedësch » et des deux« Solidaritéitspak » ont coûté 2,5 milliards d'euros.
Elles permettent de parer au plus pressé, mais ne sont que des dispositions défensives et
transitoires. Il importe de trouver des solutions plus structurelles et durables au défi
énergétique, dans le cadre d'une transition énergétique ordonnée, qui soit à même d'assurer
plus de prévisibilité et stabilité aux ménages et aux entreprises.
Le projet de budget clame certes la nécessité de développer les énergies renouvelables, mais
la Chambre souhaiterait un calendrier de mise en œuvre de ces accents et une plus grande
visibilité, les crédits budgétaires associés paraissant éparpillés entre les différents Ministères
et Fonds spéciaux, sans identification d'éléments aussi cruciaux que la main-d'œuvre requise.
Un regroupement par objectifs s'imposerait.
Au surplus, les moyens identifiables sont loin de connaître l'évolution que justifierait le présent
contexte. A titre d'exemple, les dépenses du Fonds climat et énergie n'augmenteraient que de
manière limitée sur l'horizon 2022-2026 et par rapport aux deux projets de budget précédents,
après une notable révision à la baisse en 2021. Dans la foulée d'une hausse en 2023 due aux
récentes mesures, les dépenses de la section « Energie » du Ministère de l'Energie et de
l'Aménagement du territoire reviendraient dès 2024 à un niveau proche de celui de 2022.
Enfin, la Chambre de Commerce regrette que le mécanisme de « de-risking » pour l'industrie
annoncé pour la période 2021-2030 dans la version du Plan national intégré en matière
d'énergie et de climat (PNEC) ne se soit à ce jour traduit par aucune action concrète. Il
s'imposerait par ailleurs d'inciter davantage aux économies d'énergie. La Chambre de
Commerce renvoie à la proposition de la FEDIL d'instituer un socle de 80% de prix
énergétiques subventionnés assorti d'une consommation marginale au prix du marché.
Le défi environnemental
Le discours sur l'état de la Nation ainsi que les déclarations ayant accompagné le projet de
budget ont confirmé les engagements ambitieux des autorités en matière de transition
environnementale et climatique. Le projet de budget affiche quant à lui les quatre priorités que
sont l'action climat, la lutte contre la perte de biodiversité, la gestion durable des ressources
et le plan d'action zéro pollution.
Le projet en question renferme en outre une significative révision à la hausse des dépenses
liées au PNEC par rapport au projet de budget de l'année dernière, tandis que les
investissements environnementaux et climatiques cumulés sur la période 2022 à 2024
passeraient de 2,6 milliards d'euros prévus dans le projet de budget 2022 à 3,4 milliards dans
le projet sous avis.
Si la Chambre de Commerce salue ces avancées, elle recommande une plus grande
transparence statistique (les investissements précités gagneraient à être ventilés de manière
5
bien plus fine) et elle regrette l'absence d'éléments concrets concernant des mesures pourtant
annoncées bien avant le dépôt du projet de budget, comme l'adaptation des aides aux
entreprises en vue de la décarbonation (évoquée dans le récent discours sur l'état de la
Nation). Par ailleurs, le projet de budget sous avis ne définit pas la trajectoire pluriannuelle de
la taxe CO2 au-delà de 2023, ce qui aggrave le manque de prévisibilité affectant déjà
gravement les entreprises à l'heure actuelle.
Le défi du logement
Le logement est selon diverses déclarations une priorité absolue pour le Gouvernement, à très
juste titre d'ailleurs car ce problème récurrent mine gravement la cohésion sociale, de même
que l'attractivité du Luxembourg dans un contexte de manque endémique et croissant de
main-d'œuvre. Cette priorité a trouvé sa traduction dans les projets de budget successifs, y
compris le projet sous avis. Ainsi, les dépenses du Ministère du Logement progresseraient de
manière soutenue, sous l'effet notamment des mesures adoptées en 2022. De surcroît, les
investissements publics en faveur du logement passeraient de 0,26% du PIB en 2022 à 0,36%
en 2023 et 0,41 % en moyenne de 2024 à 2026, tandis que le Fonds spécial de soutien au
développement du logement bénéficierait chaque année d'une dotation de l'Etat de l'ordre de
300 millions d'euros.
Des moyens importants sont donc mobilisés - même si les « aides à la pierre » (liées à la
programmation de constructions d'ensembles) sont en retrait et si les dépenses budgétisées
dans le cadre du Pacte logement 2.0 sont fortement revues à la baisse.
Ces moyens globalement assez abondants tardent cependant à déboucher sur des effets
concrets sur le marché du logement. Par ailleurs, le nécessaire partenariat stratégique entre
les promoteurs publics et privés reste dans les limbes et les nouvelles restrictions à l'égard de
l'amortissement accéléré devraient peser sur un marché locatif déjà sous tension, avec à la
clef de dramatiques conséquences sociales.
Le défi de la mobilité et de l'aménagement du territoire
La question du développement territorial est essentielle, car elle déterminera in fine la capacité
du Luxembourg à assurer (ou non) une croissance économique appropriée dans les décennies
à venir- une question non seulement économique, mais aussi (et surtout) sociale. La réponse
correspondante doit se décliner en propositions concrètes, en matière de mobilité notamment
où de nombreuses insuffisances se manifestent depuis de nombreuses années (les
embouteillages, notamment).
A en juger par les moyens budgétaires octroyés, les autorités sont pleinement conscientes
des défis associés. En témoigne notamment l'importance des dépenses d'investissement en
faveur du réseau de tramway ou de la mobilité électrique, ainsi que la prolongation du
« Klimabonus fueren ». Le projet de budget propose en outre d'appliquer un taux de TVA réduit
de 8% (7% compte tenu de l'accord tripartite de septembre) à la vente, la location et la
réparation de bicyclettes. Enfin, les dépenses ajustées du Fonds des routes et du Fonds du
rail se monteraient à respectivement 280 et 567 millions d'euros en 2023.
6
Comme l'indique l'avis du Conseil économique et social sur la coopération transfrontalière, un
aménagement du territoire durable au Luxembourg exige également une meilleure
coopération entre le Luxembourg et les territoires voisins, de même qu'une coordination
accrue au sein même des autorités nationales.
Le défi des talents
Attirer plus de talents au Luxembourg est primordial voire même stratégique dans un contexte
de manque criant et croissant de main-d'œuvre qualifiée. Le Gouvernement en est
indiscutablement conscient, comme l'attestent deux mesures fiscales ponctuelles annoncées
dans le cadre du projet de budget 2023 concernant d'une part le seuil de rémunération
annuelle minimal pour accéder au régime d'impatriés et d'autre part le périmètre de calcul de
la prime participative. Si ces deux mesures méritent d'être saluées, elles restent néanmoins
assez timides. La Chambre de Commerce invite également à s'interroger sur des mesures
additionnelles, visant à faciliter l'immigration non européenne de personnes hautement
qualifiées, dans un contexte où le recours aux travailleurs européens en général et de la
Grande Région en particulier ne semble plus suffire. Cet effort s'impose d'autant plus que les
compétences requises sont souvent très pointues, dans le domaine de l'informatique
notamment, mais également bien au-delà ce qui nécessite une mise à jour régulière de la liste
« officielle» des emplois considérés comme étant en pénurie au Luxembourg.
Cet effort d'attractivité doit aller de pair avec un effort conséquent en matière d'infrastructures
d'accueil, notamment le logement, la mobilité, l'accueil des enfants, l'éducation et la formation
ou encore les infrastructures numériques et l'accès à l'administration.
Le défi de la digitalisation
La digitalisation (y compris l'instauration d'une « data-driven economy ») est un défi
transversal et déterminant pour le futur économique du Luxembourg , qui a été mis en lumière
par une crise sanitaire ayant imprimé un véritable « saut quantique » en la matière - en mettant
en exergue dans la même foulée diverses lacunes. Le projet de budget sous avis n'est guère
de nature à atténuer ces dernières, car de nombreux projets annoncés ne sont dans une large
mesure que des redites et la coordination des divers acteurs publics concernés est largement
perfectible - les initiatives digitales paraissent en effet assez « éclatées » entre ministères, en
dépit des efforts du CTIE et du Ministère de la Digitalisation.
Le projet de budget semble prometteur en termes de moyens, avec une forte progression
nominale de 2022 à 2023 et par rapport au projet de budget de l'année dernière tant pour le
CTIE que pour le Ministère de la Digitalisation . Cependant, une analyse plus fine montre que
cet accroissement repose largement sur une augmentation marquée des dépenses de
rémunération et de fonctionnement. Or le Luxembourg a désespérément besoin de réelles
avancées en la matière. Selon le plus récent Baromètre de l'économie, 44% des entreprises
ont indiqué parmi les priorités « Faciliter, simplifier et accélérer les procédures
administratives » et une étude de la Chambre de Commerce publiée en août 2022 montre
qu'une transformation numérique aboutie du secteur public permettrait d'économiser jusqu'à
11 milliards d'euros de masse salariale d'ici 2030, tout en stabilisant les effectifs publics dans
un contexte de pénurie de main-d'œuvre.
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La Chambre de Commerce se félicite par ailleurs des annonces récentes de modernisation de
la bonification d'impôt, visant à favoriser les investissements dans la transition digitale,
énergétique ou écologique, qui rejoint en partie la proposition de super-déduction fiscale de la
Chambre de Commerce.
Le défi de la diversification et de l'attractivité
Le Luxembourg doit impérativement devenir un terreau fertile pour des branches d'activité à
haute valeur ajoutée, permettant de maintenir une croissance soutenue (indispensable au
maintien du modèle social) tout en assurant une maîtrise de la consommation de ressources
et d'inputs de production. Le tout doit s'opérer en pleine complémentarité avec les secteurs
d'activité historiques, dépositaires d'une irremplaçable expérience. La Chambre de Commerce
se réjouit du fait que la digitalisation et la finance durable soient considérées comme des axes
de développement prioritaires par les autorités pour la place financière. Elle constate
cependant que les montants alloués dans le projet de budget sous avis sont en retrait de ces
louables objectifs.
La diversification nécessite un environnement général attractif. L'indexation des salaires sous
sa forme actuelle ne concourt assurément pas à favoriser un tel environnement, de même que
l'étroitesse du marché du logement, pour ne citer que ces deux obstacles.
Les crédits budgétaires concernés par la diversification n'augmenteraient par ailleurs que de
manière mesurée de 2022 à 2026 et les dépenses allouées à une « Medical Valley » restent
fort limitées, tandis que les moyens consacrés à la digitalisation du système de santé stagnent
sur la même période. En outre, les dotations accordées au Fonds spécial pour la promotion
de la recherche, du développement et de l'innovation dans le secteur privé n'augmenteraient
que de 8% de 2022 à 2026, alors que la recherche privée est encore trop peu présente au
Luxembourg.
Les efforts consentis semblent heureusement plus fournis en ce qui concerne le domaine
toujours plus crucial de la cyberdéfense, sans compter la nette montée en puissance des
dépenses du Fonds d'équipement militaire de 2021 à 2026 (qui passent de 128 à 385 millions
d'euros).
Le défi de la fiscalité
La Chambre de Commerce salue diverses dispositions fiscales du projet de budget - qui
gagneraient certes à être plus décisives. Il s'agit notamment du rehaussement du seuil de
revenu du travailleur impatrié et de l'extension du périmètre de la prime participative, qui
permettront de renforcer l'attractivité du Luxembourg pour les talents. La Chambre de
Commerce salue également les nouvelles mesures clairement ciblées vers les personnes
économiquement les plus fragiles, de même que les adaptations, certes assez ponctuelles, de
certains taux de TVA permettant de soutenir la transition énergétique et l'économie circulaire.
Enfin, l'extension du délai de dépôt des déclarations d'impôt constitue un progrès toujours
modeste mais bienvenu vers l'indispensable simplification administrative.
D'autres mesures fiscales sont cependant moins louables. Il s'agit en particulier de la
modification de l'amortissement accéléré, mesure qui ne peut que renforcer la pression à la
8
hausse sur les loyers et pénaliser l'offre de logements. Cette disposition doit être reconsidérée,
d'autant qu'elle s'inscrit dans un contexte déjà fort dommageable à l'offre locative.
Au-delà de ces mesures ponctuelles et face à une compétition fiscale internationale toujours
bien présente, la Chambre de Commerce avance un « paquet fiscal » reposant sur deux
piliers, d'une part des mesures ponctuelles présentant un impact budgétaire limité (elles sont
décrites plus avant dans l'avis), et d'autre part des mesures transversales d'envergure
destinées à être annoncées sous la forme d'une feuille de route pluriannuelle, à savoir (i) la
convergence du taux global d'affiche à l'impôt des sociétés (soit près de 25%) vers la médiane
au sein de l'Union européenne (qui est de l'ordre de 21%); (ii) l'introduction progressive d'un
mécanisme de super-déduction pour supporter fiscalement les entreprises établies au
Luxembourg investissant dans des domaines clés tels que notamment l'innovation et la
recherche et développement, la transformation énergétique et environnementale et la
transition digitale et technologique et (iii) une refonte de la taxe d'abonnement et de l'impôt sur
la fortune, deux « onéreuses singularités » grevant considérablement la compétitivité du
« Standuert Lëtzebuerg ».
En conclusion, une remise à plat de nos finances publiques s'impose (en termes de dépenses
courantes en particulier), afin de générer une marge de manœuvre permettant de faire face à
de nombreux défis - actuellement identifiés ou susceptibles de survenir à l'avenir. C'est en
tout cas une stratégie rigoureuse par le passé qui a permis au Luxembourg de réagir
promptement à la pandémie et à la crise énergétique sans mettre en danger (pour l'instant du
moins) la notation triple AAA. La Chambre de Commerce se met à la disposition de la société
luxembourgeoise pour aider à résoudre cette « quadrature du cercle ».
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Table des matières
PARTIE I Une conjoncture économique qui plie, mais ne rompt pas (encore) .............. 11
1
Une économie mondiale affaiblie par des chocs en cascade ......................................... 12
2
L'économie luxembourgeoise n'est pas à l'abri d'une récession .................... ................ 13
PARTIE Il Des agrégats budgétaires qui reposent sur des fondations fragiles ............. 15
1
Des hypothèses et des scénarii qui conditionnent les prévisions ................................... 16
Deux scénarii concernant l'évolution des prix ............................................................. ...... 16
Deux scénarii concernant l'impact du contexte international ............................................. 18
2
Les finances de l'Administration centrale plongent .. . ................................................. 19
Du côté des dépenses ...................................................................................................... 19
Du côté des recettes .......................................................... ... ........ .................................... 22
Du côté du solde ...............................................................................................................23
3
... et entraînent avec elles celles de l'Administration publique ....................................... 24
Du côté des dépenses et des recettes ...................................................................... ........ 24
Du côté du solde nominal ......... .. .......... ........... .................................................................25
Du côté du solde structurel ............................................................................................... 26
4
Administrations de sécurité sociale: un équilibre de plus en plus précaire .................... 27
5
Une dette publique record .............................................................................................29
PARTIE Ill Les défi(cit)s au cœur de la programmation budgétaire ............................... 32
1
Le défi énergétique ............................................................................................. ........... 33
2
Le défi environnemental et climatique ...........................................................................36
3
Le défi du logement ...................................................................................................... .40
4
Le défi de la mobilité et de l'aménagement du territoire ................................................ .45
5
Le défi des talents ........................................................................................................ .49
6
Le défi de la digitalisation ..............................................................................................51
7
Le défi de la diversification et de l'attractivité .................................................................56
8
Le défi fiscal ..................................................................................................................59
10
Sommaire ries tableaux
Tableau 1 : Prévisions d'évolution du PIB en volume selon les institutions internationales ... 13
Tableau 2: Comparaison des croissances du PIB luxembourgeois selon les projets de budget
déposés en octobre 2021 et 2022 ... ...... ........... ..... .... ............ ......... ............ ........ ........... ... .... 16
Tableau 3 : Prévisions d'inflation selon les deux scénarii ..... ..... ...... .... ........... ...... ... .... ..... .... 17
Tableau 4: Comparaison des croissances du PIB de la Zone euro selon les projets de budget
déposés en octobre 2021 et 2022 ... .. ....... ...... .... ........ .... ... .. ...... ....... ......... .. ... ........ .. ...... .. ... . 18
Tableau 5 : Evolution des dépenses de l'Administration centrale .. ...... .. ... ..... .. .. .. ......... .... ....20
Tableau 6 : Evolution des recettes de l'Administration centrale .. .... .. .. ... ... .... ........................ 23
Tableau 7 : Evolution des dépenses et des recettes de l'Administration publique ................ 25
Tableau 8 : Evolution du solde structurel de l'Administration publique .... ...... ........................ 27
Tableau 9: Comparaison des dépenses du Fonds climat et énergie entre les projets de budget
déposés en octobre 2021 et 2022 ......... ........... ... .. .......................... .............. ................. ..... .34
Tableau 10: Evolution des dépenses de la section« Energie» du Ministère de l'Energie et de
l'Aménagement du territoire ...... .. .. ......... ..... ........ ..... ... ... ...... .. ...... ................ ..... .. ........ ... ...... 35
Tableau 11 : Evolution des dépenses du PNEC ... .......... .... .. .. ... .. ......... .... ..... .. ........... .. ........ 36
Tableau 12 : Comparaison des investissements environnementaux et climatiques entre les
projets de budget déposés en octobre 2021 et 2022 ........... .. .... ........... .... ... ...... ..... ..... ..... .... 37
Tableau 13 : Comparaison des dépenses du PNEC entre les projets de budget déposés en
octobre 2021 et 2022 .. ... ..................... ....... ........ .. .. ....................... ....... ....... .... .. ................... 39
Tableau 14: Investissements directs et indirects de l'Administration centrale dans le logement
·················· ·· ·· ··· · ··· ·· ···· · · ···················· ··········· · · · ··· ···· · ······················ · · · · · · ···· ·· · ··· ······················ · ·41
Tableau 15 : Comparaison des dépenses du Fonds spécial de soutien au développement du
logement - Aides à la pierre pour construction d'ensembles ... .. .... ......... .. .. .. ......... ... ........ ... .42
Tableau 16 : Comparaison des dépenses du Fonds spécial de soutien au développement du
logement - Pacte logement 2.0 ........ ... ..... ..... .... ....... .. ....... .... ...... ... ... ... ... .... ......... ........ ..... .. .43
Tableau 17 : Comparaison des dépenses du Fonds du rail et du Fonds des routes entre les
projets de budget déposés en octobre 2021 et 2022 ....... ..... ......... ................... .... ....... ......... 46
Tableau 18 : Evolution des dépenses du Fonds pour l'emploi .... ... ........... .... .... .............. ...... 50
Tableau 19: Comparaison des dépenses du Ministère de la Digitalisation et du CTIE entre les
projets de budgets déposés en octobre 2021 et 2022 ....................... .. ......... ........................ 53
Tableau 20 : Regroupement comptable des dépenses du Ministère de la Digitalisation .. ... ..53
Tableau 21 : Evolution des dépenses du CTIE ...... .. .... ......... .......... ..... ..... ... ... .... ................ ..54
Tableau 22 : Evolution des dépenses en lien avec les différents secteurs de diversification
économique ... .. ......... ... .. .... ..... ....... .............. .... .. .... ....... ..... ........ .... ....... .. .. .... ... ...... .. .... .. ..... .. 57
Sommaire des graphiques
Graphique 1 : Evolution du PIB et de l'IPCN selon les différents scénarii ............................. 19
Graphique 2 : Evolution du solde de l'Administration centrale .... ........... .... ... ........................ 24
Graphique 3 : Evolution du solde nominal de l'Administration publique ... ...... ....................... 26
Graphique 4 : Evolution du solde des Administrations de sécurité sociale ... .... .. ................. .. 28
Graphique 5 : Evolution de la dette publique ...... .... ....... .... ........... ........ .... ....... ... .... ... ... .. ... ... 30
Graphique 6 : Evolution de la dette publique en cas de choc sur la croissance ...... ... ..... .. .. .. 31
Graphique 7 : Taux nominaux globaux et standards d'imposition des sociétés dans l'UE en
2022 ....... ... .... .......... ... ...... ...... ...... ... .... ... ........... ... .. ... .. ... .. ..... ... ...... ........... .. .... ... ... ... ..... ....... 63
11
PARTIE 1
Une conjoncture économique qui
plie, mais ne rompt pas (encore)
12
L'économie mondiale traverse une période sombre. Alors qu'elle ne s'est pas totalement
remise de la pandémie de Covid-19, elle est maintenant confrontée à une série de chocs
additionnels qui la déstabilisent davantage. L'invasion de l'Ukraine par la Russie entraîne une
explosion des prix de l'énergie, qui rogne le niveau de vie des ménages et la rentabilité des
entreprises, tout en freinant leur activité (le prix du gaz en Europe a été multiplié par plus de
quatre depuis 2021). Suite à la forte réduction des importations de gaz russe, l'Europe craint
des pénuries pour l'hiver à venir. De plus, le blocus des ports ukrainiens par la flotte russe en
février 2022 et les aléas climatiques ont provoqué une augmentation significative des prix des
denrées alimentaires sur les marchés. Illustrateur d'un regain de tensions, le nouveau blocage
des ports ukrainiens par la Russie depuis fin octobre fragilise une nouvelle fois les exportations
de céréales et plus largement, la sécurité alimentaire mondiale. Aux conséquences de la
guerre en Ukraine s'ajoutent celles du durcissement des politiques monétaires et financières,
dans le but de lutter contre les pressions inflationnistes, inégalées depuis les années 1980.
Malgré la remontée rapide des taux d'intérêt directeurs au niveau mondial, en vue de ralentir
la demande, l'inflation demeure élevée et devrait rester à un haut niveau plus longtemps
qu'initialement prévu (le Fonds monétaire international (FMI) anticipe un pic d'inflation
mondiale à 8,8% en 2022, avant de redescendre à 4, 1% en 2024). La croissance mondiale
souffre également des mesures drastiques prises par le Gouvernement chinois dans le cadre
de sa politique« zéro Covid », qui exige de fermer des mégapoles entières dès que quelques
cas sont recensés.
L'année 2023 s'annonce difficile, et le sera d'autant plus si le conflit en Ukraine est amené à
perdurer et les tensions géopolitiques à s'attiser. Les prévisions d'évolution du PIB pour 2023
de l'ensemble des organisations internationales sont revues à la baisse. Le FMI, la
Commission européenne et l'OCDE projettent un recul de l'activité économique de l'économie
mondiale de respectivement 0,5, 0,6 et 0,8 point entre 2022 et 2023. Les prévisions de baisse
sont particulièrement marquées pour les pays européens, accentuées notamment par
l'appréciation du dollar - à son plus haut niveau depuis le début des années 2000 - qui
intensifie la pression sur les prix des produits importés et renforce le coût de la vie. Le FMI
prévoit une contraction du PIB de la Zone euro de 2,6 points entre 2022 et 2023. Le PIB du
Royaume-Uni chuterait de 3,3 points pour atteindre +0,3% en 2023 tandis que les évolutions
prévues aux Etats-Unis (recul de 0,6 point) et particulièrement au Japon (dont le faible taux de
croissance en 2022 n'évolue quasiment pas entre 2022 et 2023 (-0, 1 point)) sont peu
encourageantes. En Europe, la Belgique connaitrait un recul de 2 points de pourcentage de
son PIB entre ces deux années, à peine plus marqué que la France et l'Allemagne, qui
enregistreraient chacune une contraction de 1,8 point de pourcentage. Tant pour le FMI que
pour la Commission européenne et l'OCDE, l'évolution du PIB allemand entrerait en territoire
négatif en 2023. Comparativement à ses pays voisins, le Luxembourg s'en sortirait mieux,
avec un taux de croissance qui passerait de + 1,6% en 2022 à + 1, 1% en 2023 selon le FMI et
de 1,5 à 1,0% selon la Commission européenne, reculant dans les scénarios de 0,5 point.
13
Tableau 1 : Prévisions d'évolution du PIB en volume selon les institutions
internationales
En%
DATE DE
PUBLICATION
FMI
COMMISSION
EUROPÉENNE
OCDE
10/2022
11/2022
09/2022
2022
2023
2022
2023
2022
2023
MONDE
3,2
2,7
3, 1
2,5
3,0
2,2
ÉTATS-UNIS
1,6
1,0
1,8
0,7
1,5
0,5
CHINE
3,2
4,4
3,4
4,5
3,2
4,7
JAPON
1,7
1,6
1,7
1,6
1,6
1,4
ROYAUME-UNI
3,6
0,3
4,2
-0,9
3,4
0,0
ZONE EURO
3, 1
0,5
3,2
0,3
3, 1
0,3
ALLEMAGNE
1,5
-0,3
1,6
-0,6
1,2
-0,7
BELGIQUE
2,4
0,4
2,8
0,2
·-
-
FRANCE
2,5
0,7
2,6
0,4
2,6
0,6
LUXEMBOURG
1,6
1,1
1,5
1,0
-
-
Sources - FMI, Perspectives de l'économie mondiale, octobre 2022 : Commission européenne, Perspectives
européennes, novembre 2022 ; OCDE, Perspectives économiques, Rapport intermédiaire, septembre 2022.
2
L 'économie luxembourgeoise_n'est PJ:IS à l 'abri d'une récession
Si, comparativement à d'autres pays européens, le Luxembourg semble moins impacté par le
ralentissement de l'économie mondiale, il ne faut pas se réjouir trop vite. Comme souligné par
le STATEC, la tendance récessive se confirme, dans un contexte européen globalement
morose. L'évolution annuelle du PIB est revue à la baisse: +2,7% au lieu des +4% attendus
précédemment pour le premier trimestre 2022. Le pourcentage de variation, à la baisse, au
2ème trimestre par rapport au trimestre précédent est le plus important au niveau de la
construction (-8,7%) et de l'industrie (-8,6%), suivis par les activités d'information et de
communication (-5,0%). Si le secteur financier affiche une reprise de sa valeur ajoutée dans
la seconde moitié 2022, celui-ci n'est pas à l'abri d'un recul de performance, comme l'indique
le recul de -3,7% au premier trimestre 2022 (par rapport au quatrième trimestre 2021). 2 Par
ailleurs, la diffusion de l'envolée des prix de l'énergie à l'ensemble de l'économie et la
dépréciation plus durable dans le temps de l'euro face au dollar entraînent une hausse des
prévisions d'inflation par rapport aux estimations contenues dans les documents budgétaires,
2
STATEC, Statnews, PIB en volume pour le 2• trimestre 2022: -0,5% par rapport au trimestre précédent. n'46, 7 octobre 2022.
14
qui atteindraient 6,4% en 2022 et 3,4% en 2023 (comparées aux prévisions de respectivement
6,2% et 2,8%). 3
La seconde édition 2022 du Baromètre de l'Economie de la Chambre de Commerce confirme
que les entreprises sont plus pessimistes ce semestre-ci, par rapport à la première moitié de
l'année, 78% d'entre elles prévoyant une baisse ou une stagnation de leur activité au cours
des 6 prochains moins (contre 68% au semestre précédent). Au niveau sectoriel, les
perspectives sont particulièrement ternes dans les secteurs du commerce et de l'industrie,
dont près d'1/3 des dirigeants d'entreprises sondés s'attendent à une baisse de leur activité.
Si l'activité des services financiers se porte mieux entre le premier et second semestre 2022,
le différentiel entre la part des entreprises dont les activités sont en hausse et la part des
entreprises dont les activités baissent est de 12%, bien loin derrière les +43% enregistrés au
premier semestre 2021 et en baisse continue depuis. 4 L'inquiétude transparaît parmi les
acteurs de la finance, qui notent une détérioration de la compétitivité du Luxembourg par
rapport à d'autres pays, notamment l'Irlande, et le besoin de mener des mesures structurelles
pour y remédier. Par ailleurs, si les effets peuvent être espacés dans le temps, la dégradation
de l'économie réelle risque d'affecter le secteur financier tôt ou tard, notamment si le
ralentissement de l'économie se prolonge sur le long terme.
3
STATEC, Statnews, Prévisions d'inflation, n°52, 7 novembre 2022 (https://statistiques.public.lu/fr/actualites/2022/stn52previsions-inflation-10-22.html)
• Baromètre de l'Economie de la Chambre de Commerce, 2• semestre 2022 (https://www.cc.lu/toutelinformation/actualites/detail/barometre-de-leconomie-2/2022)
15
PARTIE Il
Des agrégats budgétaires qui
reposent sur des fondations fragiles
16
1
Q~~ hyP._qth~~e-~_~t
c!~.§ ~c_énarii gui conditiq.rJ_n~nt les P-révisions
Alors que le budget pour l'année 2021 devait être exceptionnel en raison de la pandémie,
l'exception semble devenir la règle au vu des crises qui s'enchaînent et qui impactent chacune
à leur tour les finances publiques du pays. La durée, l'intensité et les retombées de la crise
énergétique que le monde traverse actuellement étant à l'heure de la rédaction de cet avis
méconnue, c'est une grande prudence qui sera adoptée par la Chambre de Commerce dans
l'interprétation des agrégats budgétaires, et d'autant plus pour les projections pluriannuelles,
des révisions conséquentes n'étant pas à exclure en cas de choc économique ou de poursuite
de la situation actuelle. Leur évolution dépendra fortement de celle de la crise et de son impact
sur l'économie luxembourgeoise. La Chambre de Commerce se penchera donc davantage sur
les accents du projet de budget que sur les chiffres détaillés perse.
En raison des grandes incertitudes qui prévalent actuellement, les hypothèses choisies pour
la confection des documents budgétaires et les scénarii en découlant jouent plus que jamais
un rôle prépondérant, car de leur survenue effective dépend la justesse des prévisions.
Deux scénarii concernant l'évolution des prix
Dans le cadre des documents budgétaires, le STATEC anticipe, pour l'année 2023, une
croissance du PIB de seulement 2%, ensuite une légère reprise en 2024, avec un PIB qui
progresserait de 2,4%, mais avec une croissance qui se stabiliserait à 2, 1% au cours des
années 2025 et 2026. Des prévisions nettement revues à la baisse par rapport à celles
contenues dans les documents budgétaires déposés en octobre 2021.
Tableau 2: Comparaison des croissances du PIB luxembourgeois selon les projets de
budget déposés en octobre 2021 et 2022
Taux en pourcentage
2021
2022
2023
2024
2025
2026
Croissance du PIB selon projet de budget
2022 déposé en octobre 2021
6,0%
3,5%
2,7%
2,6%
2,6%
I
Croissance du PIB selon projet de budget
2023 déposé en octobre 2022
5,1%
2,5%
2,0%
2,4%
2,1%
2,1%
••
-1.,•
-li7'rt
-D.1%
'
.,.....
---
Sources : Projet de loi concernant le budget des recettes et des dépenses de l'Etat pour l'exercice 2022 ; Projet de
loi concernant le budget des recettes et des dépenses de l'Etat pour l'exercice 2023 ; Calculs de la Chambre de
Commerce.
Concernant l'évolution des prix, mesurée à l'aide de l'indice des prix à la consommation
(IPCN), c'est une hausse de 2,8% qui est attendue pour 2023, une inflation bien moindre que
les précédentes prévisions grâce notamment aux mesures issues de l'accord tripartite du 28
septembre 2022, le« Solidaritéitspak 2.0 », selon l'exposé des motifs.
Au vu des incertitudes qui prévalent, le STATEC a établi, pour la période 2024-2026, rJ
scénarii concernant l'évolution de l'inflation et donc de l'échelle mobile.
J
17
Le premier scénario, dit de « choc des prix de l'énergie transitoire » consiste à maintenir,
en 2024, les prix de l'électricité et du gaz de 2023 5 . Selon le STATEC, dans ce scénario, une
seule tranche indiciaire serait déclenchée par année (2024-T1 ; 2025-T3; 2026-T4).
Quant au second scénario, qui constitue à matérialiser un « choc des prix de l'énergie
permanent», il prévoit que les mêmes hausses des prix prévues pour l'hiver 2022-2023 avant
l'annonce du« Preisdeckel » seront appliquées à partir du 1er janvier 2024 6 . Dans ce scénario,
trois tranches indiciaires seraient déclenchées en 2024 (deux tranches au 1er trimestre et une
tranche au 2e trimestre).
Tableau 3 : Prévisions d'inflation selon les deux scénarii
Taux en pourcentage
1995-2021
2020
2021
2022
2023
2024
2025
2026
Evolution en % (ou spécifé différemment)
Scénario "choc des prix de l'énergie transitoire" '
Indice des prix à la consommation (IPCN)
Echelle mobile des salaires
Coût salarial moyen
1.8
1.8
2.9
0.8
2.5
1.2
2.5
0.6
6.0
6.2
3.8
6.4
2.8
4.4
5.7
2.5
3.1
3.9
1.5
1.7
2.0
1.7
1.7
1.6
1.8
1.8
2.9
0.8
2.5
1.2
2.5
0.6
6.0
6.2
3.8
6.4
2.8
4.4
5.7
8.4
7.0
7.9
1.2
3.3
3.6
1.7
1.7
1.6
Scénario "choc des prix de l'énergie permanent" '
Indice des prix à la consommation (IPCN)
Echelle mobile des salaires
Coût salarial moyen
Source _ Projet de loi concernant le budget des recettes et des dépenses de l'Etat pour l'exercice 2023.
Selon l'aveu même de l'exposé des motifs, « [/Je STA TEC n'est aujourd'hui pas en mesure de
juger lequel des deux scénarios (d'inflation) revêt la plus grande probabilité de réalisation, trop
nombreuses étant les incertitudes[. ..J » et donc qu' « [àJ législation constante, Je Ministère des
Finances considère [/Je premier scénario (« hausse transitoire ») comme étant l'approche la
plus prudente d'un point de vue strictement budgétaire, étant donné que le deuxième scénario
(« hausse permanente ») induit mécaniquement une révision à la hausse plus élevée des
recettes fiscales que des dépenses publiques, et parlant un solde budgétaire a priori plus
favorable».
Si la Chambre de Commerce ne peut que se réjouir que ce soit l'approche la plus prudente
qui est privilégiée, elle estime toutefois que les risques de dérapage budgétaire sont loin d'être
négligeables, le Luxembourg n'étant en effet pas à l'abri d'une dégradation substantielle des
conditions macro-économiques mondiales. Le moindre choc économique ou même le simple
maintien de la situation actuelle des marchés de l'énergie risquerait de faire tendre le
Luxembourg vers le 2e scénario dans lequel c'est une inflation de pas moins de 8,4% qui est
anticipée pour 2024, soit plus de trois fois le pourcentage prévu en cas de hausse seulement
transitoire (2,5% en 2024). Car si « [/]es deux scénarii sont à considérer avec la plus grande
5
Selon le STATEC, dans ce scénario, le prix du gaz n'augmenterait que de 16% au 1•• janvier 2024, ce qui correspond à la fin
de la prise en charge des frais de réseaux par l'Etat (hausse symétrique à la baisse observée en mai 2022 lors de la mise en
place de ladite mesure). L'arrivée à son terme de la mesure visant une baisse temporaire de la TVA, comme décidé dans le cadre
de l'accord tripartite du mois de septembre 2022, se traduirait par une hausse générale des prix concernés par cette mesure.
6
Selon le STATEC, dans ce scénario, après la fin du gel de prix décidé, le prix du gaz augmenterait de 166% (dont le retour des
frais de réseau) et le prix de l'électricité de 46%. Comme dans le cas du 1"' scénario, l'arrivée à son terme de la mesure visant
une baisse temporaire de la TVA engendrerait une hausse générale des prix concernés par cette mesure.
18
prudence, car étant de nature purement technique et i/lustrative », c'est bien un de ces deux
scénarii qui sous-tend l'ensemble des projections budgétaires.
Deux scénarii concernant l'impact du contexte international
Les incertitudes ne plombent pas que le ciel luxembourgeois, les prévisions
macroéconomiques internationales sont également revues à la baisse à intervalles réguliers
ces derniers mois.
Tableau 4: Comparaison des croissances du PIS de la Zone euro selon les projets de
budget déposés en octobre 2021 et 2022
Taux en pourcentage"
2021
2022
2023
2024
2025
2026
Croissance du PIB selon projet de budget
2022 déposé en octobre 2021
4,1%
4,8%
2.2%
1,4%
1,4%
I
Croissance du PIB selon projet de budget
2023 déposé en octobre 2022
5,3%
2,7%
11%
1.5%
1.1%
1, 1%
Différence
1,2%
-2,1%
-1,1%
0,1%
-0,3%
Sources : Projet de loi concernant le budget des recettes et des dépenses de l'Etat pour l'exercice 2022 : Projet de
loi concernant le budget des recettes et des dépenses de l'Etat pour l'exercice 2023 . Calculs de la Chambre de
Commerce
Le scénario dit « de base » utilisé dans le cadre des prévisions budgétaires table donc sur
une faible croissance de la Zone euro, de 1, 1% pour 2023, et ce en raison de la baisse
probable de l'activité en hiver. A nouveau, ce scénario a été choisi car jugé le plus probable,
mais il suppose une guerre en Ukraine « courte » et des livraisons de gaz naturel russe
ralenties, mais pas stoppées. Il postule également un ralentissement limité à 2023 en se
basant sur des éléments positifs comme la résistance du marché du travail.
üeux scenarn alternat, s sont toutefois présentés par le STATEC.
Tout d'abord, un scénario de « guerre disruptive », dans lequel la guerre est plus longue et
la perturbation du marché de l'énergie plus grave (approvisionnements réduits) avec, pour
conséquence, des prix énergétiques qui s'envolent. La croissance de la Zone euro perdrait au
total 4 points sur les deux années 2023 et 2024. La probabilité de ce scénario a été jugée à
20% par Oxford Economies en juillet 2022.
Le second scénario prévoit une récession dans les pays avancés, en raison de la poursuite
des perturbations des chaînes d'approvisionnement qui maintiennent des pressions
inflationnistes. Les dépenses de consommation et d'investissement s'affaibliraient. L'impact
sur la croissance de la Zone euro serait toutefois moindre, avec une baisse de 2,5 points de
croissance au cours des deux années 2023 et 2024. La probabilité de ce scénario a été jugée
de 10%.
19
Ces deux scénarii alternatifs au scénario de base impacteraient négativement la situation
économique du Luxembourg, avec notamment une croissance en net décrochage par rapport
au scénario central, plus encore en cas de guerre disruptive que de récession dans les pays
avancés. Au niveau de l'inflation, l'impact des deux scénarii divergent. Sachant que la
consommation chute dans le cas d'une récession dans les pays avancés, l'IPCN serait plus
faible que dans le scénario de base. La guerre disruptive, quant elle, doublerait l'inflation.
Graphique 1 : Evolution du PIB et de l'IPCN selon les différents scénarii
Taux en pourcentage
IPCN
••
Sources : Projet de loi concernant le budget des recettes et des dépenses de l'Etat pour l'exercice 2023.
C'est donc pas moins de 5 scénarii qui sont présentés dans les documents budgétaires,
démontrant l'incertitude qui entoure l'établissement des budgets pour les années à venir, et
donc la prudence qui doit être de mise lors de leur analyse.
2
Les finances de l'Administration centrale plongent ...
Du côté des dépenses
Qui dit crise et intervention de l'Etat dit hausse conséquente des dépenses, et c'est bien ce
qui se constate au niveau des dépenses totales de l'Administration centrale pour les années
2022 et 2023, qui chacune enregistrerait des taux de croissance autour de 10%. Par rapport
au budget voté pour l'année 2022, c'est même une hausse de 16% qui se manifesterait. Entre
le budget voté et les prévisions les plus récentes pour l'année 2022, une hausse de 1,2 milliard
d'euros est anticipée (+5%).
A partir de 2024, les dépenses devraient connaître un ralentissement notable qu'il s'imposera
de concrétiser. Le caractère rigide et difficilement réversible de nombreuses dépenses
courantes est en effet mis en évidence de façon récurrente par la Chambre de Commerce.
Rappelons également que ces prévisions se basent sur des scénarii relativement optimistes
quant à la longueur du conflit ukrainien et à l'évolution des coûts de l'énergie, et donc sur un
taux d'inflation de 2,5%. Sachant que le scénario de choc plus long sur les prix, non
sélectionné pour les prévisions, table pour sa part sur une inflation de 8,4% en 2024.
20
Tableau 5: Evolution des dépenses de l'Administration centrale
En millions EUR et taux en pourcentage
22 291
2023
2022
2021
budget voté
prévisions
23 483
24 637
10,5%
2025
2026
28 018
29 095
29 973
2,6%
3,8%
3,0%
1
27 310
par rapport à
5,3%
2024
2022 budget voté
par rapport à
2022 prévisions
16,3%
10,8%
Sources : Projet de loi concernant le budget des recettes et des dépenses de l'Etat pour l'exercice 2022 ; Projet de
loi concernant le budget des recettes et des dépenses de l'Etat pour l'exercice 2023 ; Projet de loi de programmation
financière pluriannuelle 2022-2026 ; Calculs de la Chambre de Commerce.
Mais à nouvelle crise, nouvelles mesures. L'envolée des dépenses est donc largement
imputable aux mesures prises en charge par l'Etat pour limiter l'impact de la crise énergétique
sur les ménages et les entreprises.
En premier lieu, I'« Energiedësch », convoquée au mois de février 2022, a abouti à des
premières mesures de l'ordre de 65 millions d'euros pour atténuer la facture énergétique des
ménages, dont les effets budgétaires seront constatés sur les années 2022 et 2023 :
1 en millions d'euros
I en % du PIB 1
Paquet de mesures « Enercied~sch »
65
<0,1%
Prime énergie pour ménages à faible revenu
15
<0,1%
Stabilisation des prix de l'électricité
15
<0,1%
Subvention des frais de réseau de QaZ
35
<O 1%
Sources _ Projet de loi concernant le budget des recettes et des dépenses de l'Etat pour l'exercice 2023.
En raison de la dégradation de la situation socio-économique et de la hausse continue et très
soutenue des prix de l'énergie, et donc de l'inflation, le Comité de coordination tripartite a été
convoqué en mars 2022. Les discussions ont abouti à un paquet dit « Solidaritéitspak », de
1,3 milliard d'euros (847 millions d'euros pour les mesures et 500 millions d'euros sous forme
de garanties en ce qui concerne l'impact budgétaire en 2022 et 2023), et au report de
l'application de la tranche indiciaire échue avant l'été 2022 à avril 2023,
21
tout en maintenant celle prévue en avril 2022 :
en millions d'euros
Paquet de m e - • Solldarltélllpak 1.0 • et mesures prlNt . . -
de r-.i final Tripartite
147
en% du Piel
1.1"
Introduction d'un crédit d'impôt énergie
495
0,6%
Aides pour entreprises impactées par pri• énergétiques
225
0,3%
Réduction de 7,5 cts/1 de carburant et de combustible (y compris prolongation jusqu'au 31 .08 )
77
<0,1%
Adaptation de la su bvention de loyer
s
<0,1%
Augmentation des aides financières pour études supérieures
10
<0,1%
Equivalent crédit d'impôt versé aux bénéficiaires REVIS et RPGH
8
<0,1%
Adaptation de la • Prime House »
2
<0,1%
Mise en place du programme d'aide• Fit4Sustainability •
2.5
<0,1%
Prise en charge du voucher pour des conseils en énergie
5
<0,1%
Indexation des allocations fam iliales
18
<0,1 %
Régime d 'aides sous forme de garanties du • Sol1doriréitspak •
500
0,6%
Sources : Projet de loi concernant le budget des recettes et des dépenses de l'Etat pour l'exercice 2023.
En raison de nouvelles projections pessimistes quant à l'évolution des prix, le Comité de
coordination tripartite a de nouveau été convoqué mi-septembre 2022 et les négociations ont
abouti à la signature, le 28 septembre 2022, d'un « Solidaritéitspak 2.0 », dont l'impact
budgétaire sur les années 2022 et 2023 est estimé à plus de 1, 1 milliard d'euros, soit 1,5% du
PIB :
22
en million~ d'ewos
P•quet de mesures• Solidaritéitspak 2.0 •
en% du PIB 1
1162
1,5%
470
0,6%
dont , subvention des frais de reseau
80
0,1~
dont : stabilisation des prix
390
0,59'
Lim itation de la hausse des prix de gaz à +15% pour les ménages
Stabilisation du pnx de l'électricité pour les ménages
110
0, 1%
Subvertion du pr ix eu gasoil ut ilise comme combustible pour les ménages
35
<0,1%
Saisse tempora ire d'u"' point de pourceritage des taux de TVA (taux normal, intermed iaire et
réduit)
317
0,4%
Etude sur une subvention po1..1r le gaz de pëtrole ;:>our les ménages
-
Adaptat îœ, du sala ire soc ial m inimum a l'évolution du salaire moyeri
-
-
Reconduct ion de la prime énergie en 2023
7
<0,1%
Participation au fmaricement de la hausse des fra is d'énerg :e des 5tructures d'hebergement
8
<0,1%
25
<0,1%
Modification du regime d'a ides aux entreprises touchées par la causse des prix de l'energie (loi
15/07/22)
11. ouvelle aide en matière energétique pour les entreprises
Modernisation de la bonification d'impôts pour investissements
Amendement du projet de lo , transposant la directive Work Ufe Balance
-
150
0,2%
0
0,0%
~
<0, 1%
Promotion de l'autoconsommation d'electrrcite photovolta qce aupres des entrepr ,ses
30
<O,l~"O
Soutien aux entreprises dans le cadre des contrats de fourniture d'électr'c ,tè a long terme (PPA )
.
-
Aboli tion de l'acompte sur cotrsations de securité soc iale
-
-
3,7
·O, H,
l
-
M ise en place d'une mesure pour atténuer les hausses des prix de pellets pour les ménages
1
<0,1%
Compensation d'une even t uelle troisième tranche indiciaire en 2023
-
..
Augmentation des aides " Klimabonus "
Application du taux de TVA reduit de 3% aux nouvelles irstallations photovolta rques
-
Suspension de la dègression des rémunérations des no"velles installations photovoltaïques
,
Sources - Projet de loi concernant le budget des recettes et des dépenses de l'Etat pour l'exercice 2023 .
Figure notamment dans cet accord, la compensation, par le Gouvernement, de l'impact sur
les salaires des entreprises d'une possible 3e tranche indiciaire en 2023. Si la Chambre de
Commerce se réjouit que cette intention soit reprise dans l'exposé des motifs du projet de
budget 2023, elle constate que cette mesure ne fait pas l'objet d'une évaluation budgétaire.
Au total , l'enveloppe budgétaire est estimée, pour les années 2022 et 2023, à 2,5 milliards
d'euros (3,3% du PIB) , avec prise en compte des garanties (qui ne seront peut-être pas
mobilisées)
en millions d 'euros
Total /sam ga,anties/
Reqime d'aides sous forme de garanties du " Salidar ireitsµaA "
Total (avec garanties/
en% du PIB 1
2.074
2,7%
:,1~1(1
0,6"_
2.S74
3,3%
Sources '. Projet de loi concernant le budget des recettes et des dépenses de l'Etat pour l'exercice 2023 .
Du côté des recettes
Les recettes totales de l'Administration centrale semblent être les grandes gagnantes de la
crise et devraient connaître des augmentations importantes au cours des années 2022 et
2023 : pas moins de 10% en 2023 par rapport au budget voté pour l'année 2022 (24,5 milliards
d'euros en 2023 contre 22,3 milliards d'euros en 2022) et même encore +6,4% par rapport aux
23
prevIsIons pour 2022 déjà largement en hausse (+1 milliard entre le budget voté et les
prévisions les plus récentes). Malgré un scénario macro-économique de base qui postule un
ralentissement marqué de l'inflation en 2024 (2,5%), les recettes conserveraient une vigueur
importante, identique à celle de 2022, année au cours de laquelle l'inflation était de 6,2%.
Tableau 6: Evolution des recettes de l'Administration centrale
En millions EUR et taux en pourcentage
2022
2021
21 882
2023
budget yotj
prtvlsions
22 253
23 278
1,7%
6,4%
2024
2025
202I
26 038
27 226
28436
6,4%
4,6%
4,4%
1
24 474
par rapport à
2022 budget voté
par rapport à
2022 prévisions
10,0%
5, 1%
Sources · Projet de loi concernant le budget des recettes et des dépenses de l'Etat pour l'exercice 2022 ; Projet de
loi concernant le budget des recettes et des dépenses de l'Etat pour l'exercice 2023 ; Projet de loi de programmation
financière pluriannuelle 2022-2026 ; Calculs de la Chambre de Commerce.
Deux éléments concomitants participent à expliquer ces hausses : un marché du travail
dynamique porté par des entreprises qui tentent de résister et, en parallèle, une inflation élevée
qui gonfle (artificiellement) les prix et revenus. Sachant que les barèmes fiscaux n'ont pas fait
l'objet d'une adaptation (ce qui coûterait 600 millions d'euros à l'Etat selon le discours de la
Ministre des Finances lors du dépôt des documents budgétaires à la Chambre des Députés le
12 octobre) , les recettes fiscales augmentent mécaniquement. Ainsi , les recettes issues de
l'impôt retenu sur les traitements et salaires augmenteraient de 15,7% entre 2022 et 2023 .
Dans leur ensemble, les impôts courants sur le revenu, le patrimoine, etc. (impôts directs :
11,8 milliards d'euros en 2023) connaîtront une croissance moyenne de 7,4% et les impôts
sur la production (impôts indirects: 9,3 milliards d'euros en 2023) de 7,1% sur la période 20212026. A noter que de leur côté, les recettes issues de la taxe d'abonnement sur les titres de
sociétés devraient diminuer de 3, 7% en 2023.
Sachant que les recettes issues des impôts directs représentent 46% de l'ensemble des
recettes de l'Administration centrale, un choc sur le marché du travail, par exemple un
phénomène de grande démission comme celui observé dans de nombreux autres pays,
pourrait déstabiliser cet agrégat. La disparation d'entreprises en raison de charges en matière
d'énergie devenues insoutenables pourrait également contribuer à fragiliser le marché du
travail.
Du côté du solde
Alors qu'entre la loi de programmation de financière pluriannuelle (LPFP) 2021-2025 et le
projet de loi de programmation financière pluriannuelle (PLPFP) 2022-2026 , le déficit anticipé
de l'Administration centrale pour l'année 2022 est relativement stable, la donne change pour
les années suivantes. Le déficit de l'Administration centrale plonge à 2,8 milliards d'euros en
2023 (contre 1,2 milliard d'euros anticipé l'année dernière), soit près de 3,4% du PIB. Ce déficit
24
de l'Administration centrale prévu pour l'année 2023 est le 2e plus important de l'histoire du
Luxembourg, seul le déficit de l'année 2020 (-3, 1 milliards d'euros) le surpasse.
Si une amélioration est anticipée à partir de 2024, elle reste modeste et surtout conditionnée
à des hypothèses relativement optimistes. Sa matérialisation semble donc relativement
incertaine à ce jour.
Graphique 2: Evolution du solde de l'Administration centrale
En millions EUR et taux en pourcentage
0.09'
0
-0.5"
-500
-1.0!6
-1000
., -1.5"
iii:
il-2.0!6
-,.
{1500 .,...--------
li.25"
li
--r,
-2000 + - - -- --
-3.0!6 + - -•~- ----3.5"
-2 500 - - -- - ----r
+---------==------- -
-4.0!6 -'-----2021
2022
-3000 .:..
I _ __ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ I
2023
■ LPFP 2021-2025
2024
2025
2021
2026
• PLPFP 2022-2026
2021
2022
■ LPFP 2021-2025
2023
2024
2025
2026
• PLPFP 2022-2026
2022
2023
2024
2025
2026
en millions EUR
-409,0
-1 359,0
-2 836,0
-1 980,0
-1 869,0
-1 537,0
en% du PIB
-0,6%
-1,7%
-3,4%
-2,3%
-2,1%
-1,7%
Source '. Projet de loi de programmation financière pluriannuelle 2022-2026.
3
... et entraînent avec elles celles de l'Administration publique
Du côté des dépenses et des recettes
L'Administration publique - qui englobe l'Administration centrale, les Administrations locales
et de sécurité sociale - suit logiquement les mêmes tendances budgétaires que ses soussecteurs : les recettes augmentent, mais les dépenses encore plus.
Tant les dépenses que les recettes sont en effet revues à la hausse pour l'année 2022, elles
connaissent ensuite un dynamisme soutenu en 2023, et encore davantage si ce sont les
montants anticipés dans le budget voté pour 2022 qui sont pris comme référence. Pour l'année
2024, les dépenses freinent considérablement, tandis que les recettes restent sur leur lancée.
Un scénario qui reste toutefois à matérialiser, car apparaissant comme optimiste.
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Tableau 7: Evolution des dépenses et des recettes de l'Administration publique
En millions EUR et taux en pourcentage
2022
!Dépenses
!Recettes
budget voté
prévisions
32 440
33 948
32 297
1
2023
2024
2025
2026
38 612
40288
41 820
3,3%
4,3%
3,8%
37 642
39 306
41 021
5,9%
4,4%
4,4%
1
37 366
par rapport à
2022 budget voté
par rapport à
2022 prévisions
15,2%
10, 1%
35 554
33 626
1
par rapport à
2021 budget voté
par rapport à
2021 prévisions
10, 1%
5,7%
Sources : Projet de loi concernant le budget des recettes et des dépenses de l'Etat pour l'exercice 2022 ; Projet de
loi concernant le budget des recettes et des dépenses de l'Etat pour l'exercice 2023 ; Projet de loi de programmation
financière pluriannuelle 2022-2026 ; Calculs de la Chambre de Commerce.
Du côté du solde nominal
Alors que la LPFP 2021-2025 prévoyait le retour à un solde nominal positif en 2024, les
finances publiques du Luxembourg ont connu en 2021 une embellie qualifiée de
«remarquable» dans l'exposé des motifs, passant d'une prévision de -416 millions d'euros à
un solde de +650 millions d'euros, après un déficit historique de -2,2 milliards d'euros en 2020.
Cette bonne surprise n'est toutefois que de très courte durée, la crise énergétique ne
permettant pas une consolidation de l'excédent, bien au contraire. Dès 2022, le solde repart
en territoire négatif et en 2023 c'est 1, 7 milliard d'euros qui vient s'ajouter au déficit prévu il y
a un an, ce dernier atteignant 1,8 milliard d'euros, 2e « score » historique en 3 ans.
26
Graphique 3: Evolution du solde nominal de l'Administration publique
En millions EUR et taux en pourcentage
1.0'/4
1 000 . . - - - - -
0.5%
500
0.0'/4
0
Ill)
li:
-6
~
-1.0'/4 + - - - - - - t
~
C
..
-1.5% + - - - - - - - 1 1
· l 000 + - - - - -----11
-2.0'/4
-1500 + - - - -..........i;
-2.5%
-2 000
■ LPFP 2021-2025
1 PLPFP 2022-2026
2021
2022
■ LPFP 2021-2025
2023
2024
" PLPFP 2022-2026
2025
2026
en millions EUR
650,0
-292,0
-1 813,0
-970,0
-982,0
-799,0
en% du PIB
0,9%
-0,4%
-2,2%
-1,1%
-1,1%
-0,9%
Source ~ Projet de loi de programmation financière pluriannuelle 2022-2026.
A partir de 2024, la trajectoire se rétablit quelque peu, mais les déficits restent proches du
milliard d'euros, laissant peu de marge de manœuvre pour une intervention étatique en cas
de nouveau choc, sans risque de mettre en danger le triple A luxembourgeois.
Du côté du solde structurel
Dans le cadre de la surveillance budgétaire au niveau européen, c'est le solde structurel de
l'Administration publique qui est utilisé, et qui correspond au solde nominal corrigé de l'impact
du cycle conjoncturel et de certains effets ponctuels et temporaires. L'objectif à moyen terme
(OMT) est le solde minimal qui doit être atteint au niveau du solde structurel.
En raison de la crise liée au Covid-19, la Commission européenne a invoqué, en 2020, la
clause pour récession économique sévère ( « general escape clause ») du Pacte de stabilité
et de croissance, qui permet la suspension de l'exigence d'atteindre ou de converger vers
l'OMT et de respecter le seuil de déficit de Maastricht, et ce afin de donner toute la marge de
manœuvre nécessaire aux pays européens afin de mobiliser les ressources requises pour
pallier les effets de la crise. Cette clause s'appliquait initialement aux années 2020, 2021 et
2022.
Alors que la clause dérogat …
Explication IA à partir du texte officiel de la loi. Indicatif, ne remplace pas un conseil juridique.