📄 Texte de loi
111
CHAMBRE DES SALARIES
LUXEMBOURG
20 novembre 2019
AVIS 111/29/2019
relatif au projet de loi concernant le budget des recettes et des dépenses de l'État pour l'exercice 2020
et modifiant :
1° la loi générale des impôts modifiée du 22 mai 1931 (Abgabenordnung) ;
2° la loi du 27 juillet 1938 portant création d'un fonds de réserve pour la crise ;
30 la loi modifiée du 4 décembre 1967 concernant l'impôt sur le revenu ;
4° la loi modifiée du 10 mars 1969 portant institution d'une inspection générale des finances ;
5° la loi modifiée du 12 février 1979 concernant la taxe sur la valeur ajoutée ;
6° la loi modifiée du 28 mars 1997 concernant l'exploitation des chemins de fer et
10 approuvant le protocole additionnel du 28 janvier 1997 portant modification de la Convention belgo-francoluxembourgeoise relative à l'exploitation des chemins de fer du Grand-Duché, signée à Luxembourg, le
17 avril 1946 ;
2° approuvant les statuts modifiés de la Société Nationale des Chemins de Fer Luxembourgeois (CFL) ;
3° concernant les interventions financières et la surveillance de l'État à l'égard des CFL et
4° portant modification de la loi du 10 mai 1995 relative à la gestion de l'infrastructure ferroviaire ;
7° la loi modifiée du 24 décembre 1996 portant introduction d'une bonification d'impôt sur le revenu
en cas d'embauchage de chômeurs ;
8° la loi modifiée du 28 avril 1998 portant :
a) harmonisation de l'enseignement musical dans le secteur communal ;
b) modification de l'article 5 de la loi du 24 mai 1989 sur le contrat de travail ;
c) modification de la loi modifiée du 22 juin 1963 fixant le régime des traitements des fonctionnaires ;
9°
la loi modifiée du 17 décembre 2010 fixant les droits d'accise et les taxes assimilés sur les produits
énergétiques, l'électricité, les produits de tabacs manufacturés, l'alcool et les boissons
alcooliques ;
10° la loi modifiée du 29 avril 2014 concernant le budget des recettes et des dépenses de l'État pour
l'exercice 2014 ;
11° la loi modifiée du 25 mars 2015 fixant le régime des traitements et les conditions et modalités
d'avancement des fonctionnaires de l'État ;
12° la loi du 27 mars 2018 portant organisation de la sécurité civile ;
13° la loi du 10 août 2018 portant organisation de l'Administration de l'enregistrement, des domaines
et de la TVA.
relatif au projet de loi relatif à la programmation financière pluriannuelle pour la période 2019-2023
18 rue Auguste Lumière L-1950 Luxembourg
B.P. 1263 L-1012 Luxembourg
T. +352 27 494 200 F. +352 27 494 250
cslecs1.1u vvvvvv.cs1.1u
2/90
Table des matières
1
Le contexte socio-économique
9
1.1. Situation économique
9
1.1.1. PIB nominal, en volume, potentiel
9
1.1.2. Inflation
11
1.1.3. Productivité
12
1.1.4. Salaires
13
1.2. Escalade des inégalités et de la pauvreté
1.2.1. Le coefficient de Gini des inégalités
14
1.2.2. Un taux de risque de pauvreté qui peine à se réduire
15
1.2.3. Un taux de risque de pauvreté des salariés trop élevé au Luxembourg
16
1.2.4. Un taux de risque de pauvreté des chômeurs parmi les plus élevé de
l'Union européenne
17
1.2.5. Un surendettement exceptionnellement élevé pour les moins nantis
18
1.2.6. Près d'une famille monoparentale sur deux en risque de pauvreté
20
1.2.7. Près d'un enfant sur cinq en risque de pauvreté ou d'exclusion sociale
20
1.3. inégalité des chances et pauvreté : la face cachée du Luxembourg
2.
3.
14
21
1.3.1. Les offices sociaux
21
1.3.2. La fréquentation des épiceries sociales
23
1.3.3. Les personnes sans abri
23
1.3.4. Ceux qui ont recours à Médecins du monde
25
1.4. Dépenses sociales : le Luxembourg peut mieux faire
25
La situation budgétaire
26
2.1. Les critères européens respectés
26
2.2. Une meilleure situation que prévue et la sous-estimation systématique du
solde des Administrations publiques.
27
2.3. Comparaison internationale des soldes publics nominaux avant
et après investissements
34
2.4. L'objectif à moyen terme respecté en termes de solde structurel
37
2.5. Recettes et dépenses
40
2.6. Évolution des budgets des différents ministères
44
2.7. La dette publique brute
47
2.8. Le coût lié au service de la dette publique brute en baisse
50
2.9. La dette nette
52
Les accents politiques du projet de budget pour 2020
54
3.1. Modifications en matière fiscale
54
3.2. Soutien à l'économie luxembourgeoise
57
3.3. Les politiques en matière familiale et d'intégration
57
3.4. Les efforts en faveur de l'innovation et de la recherche
62
3.5. La poursuite des efforts en matière de logements
66
3.6. Les efforts en faveur de l'environnement
66
3/90
3.7. Une politique d'investissement ambitieuse ?
71
3.7.1. Selon la loi budgétaire
72
3.7.2. Selon la comptabilité nationale
75
3.7.3. La situation des fonds spéciaux de l'État
77
3.8. Une politique d'investissement qui ne répond ni aux défis actuels, ni aux
besoins futurs
Conclusion
87
89
4/90
Sommaire des graphiques
Graphique 1 :
Évolution du PIB en volume et variation par rapport à l'année
précédente, Luxembourg
10
Évolution du PIB nominale et variation par rapport à l'année précédente,
Luxembourg
10
Graphique 3 :
PIB en volume (aux prix 2010 et en indice 2010=100)
11
Graphique 4 :
Évolution de l'indice des prix (2015=100)
11
Graphique 5 :
Valeur ajoutée par emploi, en volume et en valeur
12
Graphique 6 :
PIB par actif occupé, prix constant (2010=100)
12
Graphique 7 :
Évolution des grandeurs macro-économiques utilisées dans le
calcul de la productivité (2010=100)
13
Graphique 8 :
Évolution des salaires réels
13
Graphique 9 :
Évolution du coefficient de Gini après impôts et transferts, ensemble
de la population
14
Graphique 2 :
Graphique 10 : Coefficient de Gini du revenu disponible avant impôts et transferts puis
après impôts et transferts, ensemble de la population, 2016
15
Graphique 11 : Taux risque de pauvreté, Luxembourg
15
Graphique 12 : Taux de risque de pauvreté des salariés, 18-64 ans
16
Graphique 13 : Évolution du taux de risque de pauvreté des salariés, 16-64 ans
16
Graphique 14 : Taux de risque de pauvreté des personnes au chômage, 18-64 ans
17
Graphique 15 : Parts des chômeurs indemnisés et non-indemnisés, Luxembourg
18
Graphique 16 : Proportion de chômeurs indemnisés selon le genre, Luxembourg
18
Graphique 17 : Part des ménages dont le ratio dette/revenu est supérieur à 300%, 2014
19
Graphique 18 : Nombre de logements pour mille habitants et poids des logements neufs
dans le parc immobilier, 2015
19
Graphique 19 : Pauvreté des monoparentaux et des ménages
20
Graphique 20 : Enfants menacés de pauvreté ou d'exclusion sociale
21
Graphique 21 : Nombre de dossiers encodés 2012-2017
22
Graphique 22 : Fréquentation des épiceries sociales, nombre de personnes
23
Graphique 23 : Nombre de bénéficiaires de la Wanteraktioun
24
Graphique 24 : Poids des dépenses sociales dans le PIB
25
Graphique 25 : Répartition des dépenses sociales, Luxembourg, 2017
26
Graphique 26 : Déficit/surplus public en pourcentage du PIB nominal du Luxembourg et
de l'Union européenne, 2009-2018
27
Graphique 27 : Évolution du solde des Administrations publiques, en millions, 2010-2023
28
Graphique 28 : Administrations publiques: écart entre les budgets votés et les comptes
nationaux (% du PIB)
30
Graphique 29 : Administration centrale: écart entre les budgets votés et les comptes nationaux
(% du PIB)
32
Graphique 30 : Solde public, 2017 et 2018 (besoin net ou capacité nette de financement
du secteur consolidé des administrations publiques, en % du PIB)
34
Graphique 31 : Comparaison de différentes sources de données sur l'évolution du solde
structurel
38
Graphique 32 : Estimations du solde structurel de l'année 2013 réalisées successivement
par la Commission européenne, Luxembourg, pourcentage du PIB
39
5/90
Graphique 33 : Dépenses et recettes budgétaires hors opérations financières du budget
de l'État suivant la législation sur la comptabilité de l'État, en millions,
2019*-2023
43
Graphique 34 : Dépenses et recettes de l'Administration centrale, au sens du Système
Européen des Comptes SEC2010, en millions
43
Graphique 35 : Évolution du besoin/capacité de financement de l'Administration centrale,
en millions, 2019*-2023
44
Graphique 36 : Évolution des budgets des ministères entre 2019 (budget voté) et 2020
(projet de budget), en milliards d'euros
45
Graphique 37 : Taux de variation des budgets entre 2019 (Budget 2019 voté) et 2020
(Projet de Budget 2020) par ministère, en %
46
Graphique 38 :
L'évolution de la dette publique brute du Luxembourg, 2015-2023,
en millions et en % du PIB
47
Graphique 39 : Évolution prévisible de la dette brute des administrations publiques
entre 2015 et 2023 en millions et en % du PIB
48
Graphique 40 :
Dette publique brute en % du PIB, 2007-2018
48
Graphique 41 :
Dette brute consolidée des administrations publiques, en % du PIB,
2017 et 2018
49
Graphique 42 :
Projections de la dette dans le scénario de référence, pourcentage du PIB
49
Graphique 43 :
Évolution de la dette publique brute et du coût lié au service de la dette,
en millions d'euros, 2018-2023
51
Graphique 44 :
La marge de manoeuvre budgétaire
52
Graphique 45 :
Montant absolu de la réserve de compensation au 31 décembre 2018
(en millions d'euros)
53
Graphique 46 :
Dette publique et position nette, en % du PIB, 2010-2019
54
Graphique 47 :
Évolution du nombre d'enfants bénéficiaires par groupe d'âge et des
familles attributaires, 2008-2018, situation au 31 décembre (paiements courants) 58
Graphique 48 :
Évolution du montant moyen dépensé par l'État par enfants par an
pour les allocations familiales
60
Graphique 49 :
Prêt cumulé par étudiant sur la durée totale de ses études (BAC+5)
64
Graphique 50 :
Évolution des refus des aides aux études supérieures sous forme de bourses
65
67
Graphique 51 :
Émissions de gaz à effet de serre et part des énergies renouvelables
Graphique 52 :
Consommations d'énergie primaire et finale
67
Graphique 53 :
Évolution des investissements environnementaux et climatiques
68
Graphique 54 :
Répartition des investissements environnementaux et climatiques en 2020
69
Graphique 55 :
Écarts entre niveaux d'investissement (dépenses ajustées) annoncés et
réalisés par le fonds du rail
74
Écarts entre niveaux d'investissement (dépenses ajustées) annoncés et
réalisés par le fonds des routes
75
Graphique 57 :
Écarts entre niveaux d'investissement directs et indirects annoncés
et réalisés (comptabilité nationale ; administration centrale)
75
Graphique 58 :
Investissements publics nets en % du PIB
76
Graphique 59 :
Investissements publics bruts et nets (2001=100)
76
Graphique 60 :
Décomposition des investissements publics et privés au Luxembourg ;
en % du PIB
77
Graphique 61 :
Comparaison des niveaux d'investissements publics et privés ; en % du PIB
77
Graphique 62 :
Évolution des dépenses des fonds spéciaux de l'État
79
Graphique 56 :
6/90
Graphique 63 :
Évolution des dépenses des fonds spéciaux de l'État
79
Graphique 64 :
Évolution des recettes des fonds spéciaux de l'État
80
Graphique 65 :
Évolution des recettes des fonds spéciaux de l'État
80
Graphique 66 :
Recettes et dépenses des fonds spéciaux de l'État
81
Graphique 67 :
Évolution des avoirs des fonds spéciaux de l'État
82
Graphique 68 :
Évolution des avoirs des fonds spéciaux de l'État
82
Graphique 69 :
Évolution des dépenses des fonds spéciaux de l'État
83
Graphique 70 :
Évolution des recettes des fonds spéciaux de l'État
83
Graphique 71 :
Évolution des avoirs des fonds spéciaux de l'État
84
Graphique 72 :
Évolution des dépenses du fonds des routes
85
Graphique 73 :
Évolution des recettes du fonds des routes
85
Graphique 74 :
Évolution des dépenses du fonds du rail
86
Graphique 75 :
Évolution des recettes du fonds du rail
86
7/90
Sommaire des tableaux
Tableau 1 : Projections à moyen terme 2019-2023
Tableau 2 :
Évolution de la fréquentation des foyers d'urgence de nuit, 2010 -2017
9
24
Tableau 3 : Soldes publics 2014-2020 en % du PIB
28
Tableau 4 : Soldes publics 2014-2020 en valeur absolue
28
Tableau 5 : Soldes publics 2019-2023 en % du PIB et en valeur absolue
28
Tableau 6 : Administrations publiques: écart entre les budgets votés et les comptes nationaux
(% du P1B)
29
Tableau 7 : Administrations publiques : écart entre les budgets votés et les comptes
nationaux (millions)
31
Tableau 8 : Administration centrale: écart entre les budgets votés et les comptes nationaux
(% du P1B)
31
Tableau 9 : Administration centrale : écart entre les budgets votés et les comptes nationaux
(millions)
33
Tableau 10 : Soldes nominaux des Administrations publiques au sein des États membres,
en pourcentage du PIB
35
Tableau 11 : Soldes nominaux de l'Administration centrale au sein des États membres,
en pourcentage du Pl B
36
Tableau 12 : Solde structurel du Luxembourg
38
Tableau 13 : Évolutions des recettes et des dépenses en 2020 par rapport au projet voté de
2019, en millions et en %
41
Tableau 14 : Recettes budgétaire, en millions d'euros, 2018-2020
42
Tableau 15 : Évolution du coût lié au service de la dette publique, en millions d'euros,
2018-2023
50
Tableau 16 : Montants des allocations familiales selon le nombre d'enfants en euros avant
et après la réforme d'août 2016
58
Tableau 17 : Montants par enfant avant et après réforme
59
Tableau 18 : Montants par enfant avant et après réforme
60
Tableau 19 : Évolution des dépenses des allocations familiales et du boni pour enfant —
en million d'euros
60
Tableau 20 : lre simulation : Études supérieures à l'Université du Luxembourg, montants à
disposition des deux familles types pour financer, sans prêt, la scolarité des
enfants.
63
Tableau 21 : 2e simulation : Études supérieures à Liège, montants à disposition de deux
familles type pour financer, sans prêt, la scolarité des enfants
63
Tableau 22 : Montant en bourse alloué en 2018 aux familles 1 et 2 selon le lieu d'étude avec
le budget annuel estimé.
64
Tableau 23 : Répartition des prévisions d'investissements environnementaux et climatiques
en 2020
70
Tableau 24 : Évolution des prévisions d'investissements environnementaux et climatiques
en 2020
70
Tableau 25 : Investissements directs et indirects de l'Etat
71
Tableau 26 : Soldes des budgets de l'État selon la loi du 8 juin 1999 sur le budget, la
comptabilité et la trésorerie de l'État
73
Tableau 27 : Relevé des fonds spéciaux susceptibles d'être directement alimentés par des
emprunts
81
8/90
9/90
Par lettres en date du 14 octobre 2019, M. Pierre Gramegna, ministre des Finances, a soumis à l'avis
de la Chambre des salariés (CSL) les projets de loi sous rubrique.
1. Le contexte socio-économique
Le tableau reprend les principales projections économiques sous-jacentes à l'établissement du projet
de budget. Le tableau indique que, par le passé et selon les projections, la croissance économique
luxembourgeoise mesurée par le PIB en volume est toujours plus ou moins le double de celle de la
zone euro.
Tableau 1 : Projections à moyen terme 2019-2023
1995-2018
2018
2019
2020
2021
2022
2023
1.3
1.2
Évolution en % (ou specifié différemment)
Environnement international
PIB zone euro (vol.)
Principaux agrégats
macroéconomiques
1.6
1.9
1.1
1.1
1.4
Évolution en % (ou specifié différemment)
PIB valeur (mia EUR)
Idem, évolution en %
6.0
PIB (en vol.), évolution en %
Emploi total intérieur', évolution en %
3.2
Taux de chômage (% de la pop. active,
3.3
déf. ADEM
Indice des prix à la consommation 1.9
(IPCN)2
Echelle mobile des salaires, évolution 1.8
en %
Coût salarial nominal moyen, évolution 2.8
en %
60.05
5.7
3.1
3.8
62.35
3.8
2.4
3.7
65.30
4.7
2.4
3.2
68.77
5.3
3.5
3.0
72.37
5.2
3.0
2.6
75.70
4.6
2.5
2.0
5.5
5.4
5.5
5.3
5.2
5.5
1.5
1.9
1.7
1.6
1.8
1.7
1.0
1.9
2.1
1.0
1.7
2.3
3.3
3.1
1.9
1.6
2.5
2.5
(Source : projet de budget pour l'exercice 2020)
'Concept comptes nationaux
2 Évolution moyenne de 2000-2018
1.1.
Situation économique
La récente publication par le STATEC des comptes nationaux annuels met en lumière une relative
embellie conjoncturelle au Luxembourg depuis 2013. La nouvelle notification d'octobre 2019 est encore
favorable pour le Luxembourg
1.1.1. PIB nominal, en volume, potentiel
Plus précisément, en ce qui concerne le PIB en volume, il s'est positionné à un rythme de croissance
annuel de 3,1% en 2018, sur un rythme accéléré par rapport à 2017 (1,8%), mais à un niveau inférieur
à celui amorcé lors de la reprise en 2013. De plus, cette progression de la croissance en 2018 est à un
niveau inférieur par rapport à la progression moyenne enregistrée au cours des cinq années précédant
la crise de 2008, mais largement supérieure à la moyenne de la zone euro.
10/90
Graphique 1 : Évolution du PIB en volume et variation par rapport à l'année précédente, Luxembourg
1/1
.2 55.000
8,4%
50.815
2 50.000
10%
8%
4,9%
45.000
•
40.000
lem PIB
volume
35.000
30.000
Taux de
variation,
édd
25.000
20.000
15.000
00
00
0 0
0 0
0 0
0 0
d 0
0 0
0 0 0 Z 0 0 0 0 0 0
0
1,
1, 1,
1, 1,
1, 1,
1, 1,
1, 1, 1, 1, 1, 1,
1,
Données : Statec (e2101) ; Note : édd - échelle de droite
Du côté du PIB nominal qui est absolument essentiel en ce qui concerne l'analyse des finances
publiques, on observe aussi que notre économie a réalisé de belles performances au cours des
dernières années sous revue. La croissance en valeur s'est ainsi établie à 5,7% en 2018. Précisons
que pour les finances publiques, il est important de se référer au PIB courant car les recettes fiscales
en dépendent directement.
Rappelons que la différence entre le PIB en volume et en valeur se caractérise par le fait que le PIB en
volume fait abstraction des variations de prix car son objectif est de quantifier la création du « volume »
c'est-à-dire de richesses hors effet prix. Le PIB exprimé en valeur tient quant à lui compte des évolutions
des prix. Les graphiques ci-après témoignent d'évolutions divergentes entre le PIB en volume et en
valeur.
Graphique 2 :
Évolution du PIB nominale et variation par rapport à l'année précédente, Luxembourg
12,6%
70.000
12,5%
60.000
50.000
5,6%
6,7% /*\*
•••••
8,7%
* 7,4%
10,0%
7,2%
7,5%
40.000
5,0%
30.000
2,5%
20.000
0,0%
met PIB en
valeur
édd
10.000
-2,5%
-5,0%
e e "19 e e
e '19 '19 e '19 '19 '19 e '19 '19 e
Données : Statec (e2100) ; Note : édd - échelle de droite
Ceci n'est évidemment pas sans conséquence car bien que nombre d'indicateurs des finances
publiques soient exprimés en fonction du PIB nominal, le raisonnement est basé sur des projections du
PIB exprimées par convention en volume. De ce fait, les recettes fiscales dont on prévoit l'évolution
dans les projets de budget selon un raisonnement à partir du Pl B réel risquent d'être sous-estimées ce
qui peut influencer la prise de décisions concernant les finances publiques.
11/90
Graphique 3 : P1B en volume (aux prix 2010 et en indice 2010=100)
137,31
142
136
7%
6%
128,81 •
130
124
5%
e
op 4%
IN ni.
rsi
3%
N
118
ad
116,26
112
106
100
2%
1%
0%
94
Luxembourg
88
82
76
‘,
rn
Ln
ooO o
0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
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[A
0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
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r4
r4 IN IN rsJ r4 r4 r4 r4
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0
IN
al
0
ni ni
dd
er
o
o
o o o
IN
PIB aux prix 2010
Union
européenne
al
0
r4
Variations
annuelles
Donnée : AMECO, Statec1 ; Note : les données à partir de 2019 sont provisoires ou sont des projections.
Le graphique précédent illustre la croissance luxembourgeoise fortement supérieure à celle de la
moyenne de l'Union européenne (UE).
1.1.2. Inflation
Depuis 2011, le Luxembourg enregistre une inflation globalement en ligne avec celle affichée par
l'Union européenne et chez ses voisins. L'économie n'apparaît donc pas comme une exception
caractérisée par une inflation structurellement supérieure aux autres économies européennes et notre
pays ne peut, à ce titre, être accusé de perdre de la compétitivité à cet égard.
Cette évolution à la fois convergente et à la baisse depuis 2011 est d'ailleurs particulièrement
préoccupante car désormais le Luxembourg se situe lui aussi comme la plupart des pays de la zone
euro, très largement sous le seuil de 2,0% que la BCE2 souhaite voir « approché » par les États
membres de sa zone monétaire.
Graphique 4 : Évolution de l'indice des prix (2015=100)
112
110,2
110
•
107,9
108
4
106
• 107,2
•
106,4
BE
104
DE
102
FR
100
98
96
94
2011
2012
2013
2014
2015
2016
2017
Données : AMECO
I Working Paper n°105, Projections économiques à moyen terme 2019-2023
2 BCE : Banque centrale européenne.
2018
2019
2020
12/90
1.1.3. Productivité
Depuis 2010, la productivité luxembourgeoise n'aurait absolument pas progressé voire même diminué,
ceci en raison de l'évolution de la valeur ajoutée en volume correspondant presque exactement à celle
de l'emploi. Mais, ce n'est pas le cas de la valeur ajoutée nominale qui, elle, a progressé de 15% depuis
2010, laissant ainsi aux entreprises une large marge de manœuvre concernant leurs niveaux de
productivité et de marges.
Graphique 5 : Valeur ajoutée par emploi, en volume et en valeur
120
115
110
VA Volume par
emploi
105
VA Valeur par
emploi
100
95
90
00
fs,
r.1
m
rsi
r-f
c‘i
Données : Statec
Est-il logiquement possible que le Luxembourg n'ait connu absolument aucun gain de
productivité en 18 ans ? Durant cette période, de nombreux investissements ont été réalisés. Le
niveau de la main d'œuvre a probablement très nettement progressé. Des progrès organisationnels ont
certainement été mis en place...
Et comparativement à la moyenne européenne, le Luxembourg s'en tire plutôt mal. Le PIB par actif
occupé aurait chuté de près de 2% depuis 2010 quand celui de l'Union européenne aurait progressé
de 6,5%. Est-il réellement possible qu'aucun gain de productivité n'ait été réalisé et
qu'aujourd'hui un salarié, pourtant équipé de matériels nettement plus performants (ne pensons
par exemple qu'à l'informatique), ne produise pas plus qu'un salarié de 2010 ?
Graphique 6 : PIB par actif occupé, prix constant (2010=100)
108
106,5
106
104
Luxembourg
102
Union européenne
100
98,1
98
96
LO
rV
Données : Ocde
rr‘i
13/90
La réponse est déjà connue et apparente sur le graphique suivant : l'emploi progresse plus vite que la
valeur ajoutée en volume, ce qui techniquement fait chuter la productivité. Alors, est-ce les travailleurs
qui ne sont pas productifs ou l'indicateur qui n'est pas adapté ou mal appréhendé ?
La Chambre des salariés (CSL) a déjà à maintes reprises illustré les problèmes méthodologiques
inhérents à ce calcul de la productivité et la non-fiabilité des données en volume.
Graphique 7 : Évolution des grandeurs macro-économiques utilisées dans le calcul de la productivité
(2010=100)
150
147,5
140
124,8
130
120
121,0
110
100
96,9
90
2009
2010
2011
VA Valeur
2013
2012
VA Volume
2014
2015
Emploi
2016
2017
2.018
VA Volume par emploi
Données : Statec
1.1.4. Salaires
Si l'on compare l'évolution des salaires réels moyens après la crise économique et financière aux neuf
années précédant la crise, on remarque que les salaires réels ont augmenté beaucoup moins vite
depuis la crise (à l'exception de l'Allemagne, de la Pologne et de la Bulgarie). Dans quatre autres pays3,
les salaires réels ont même diminué depuis 2009. Ce renversement et ce ralentissement de la
convergence salariale peuvent être principalement attribués à l'effet négatif de l'approche unique de
gestion de crise de l'UE, fondée sur l'austérité, la déréglementation du marché du travail, la flexibilité
et la modération des salaires.
Graphique 8 : Évolution des salaires réels
6%
112000-2009 02009-2018
5%
4%
3%
2%
1%
0%
e
g e
ji g
e
ii-L
la—, III
L.J
i irridi iin r
e
m
-1%
e
0
rsi
00
-2%
_
q
u0
c'J
—
-3%
DE BE IT AT NL LU FR ES PO Fl UK DK SE EL IE HU SK CZ EE
Données AMECO
'Parmi ceux représentés
14/90
1.2.
Escalade des inégalités et de la pauvreté
Depuis la survenue de la crise de 2008, les principaux indicateurs décrivent l'émergence d'une frange
de pauvreté ainsi que la montée des inégalités. Mais les origines sont encore plus profondes Le
coefficient de Gini est l'indicateur phare de mesure du degré d'inégalité dans la distribution des revenus.
Pour rappel, cet indicateur prend des valeurs qui vont de zéro, situation dans laquelle tous les individus
ont un revenu strictement égal, à cent, ce qui signifie alors qu'une seule et unique personne détient
tous les revenus et que les autres individus n'ont rien.
1.2.1. Le coefficient de Gini des inégalités
L'évolution de cet indicateur au Luxembourg témoigne d'une véritable explosion des inégalités depuis
2011 comme en témoigne le graphique qui suit. Bien que les années 2014 et 2015 aient été marquées
par une légère baisse de ce coefficient pour notre économie, cette diminution n'a pas permis de
retrouver le niveau d'inégalités d'avant la dernière crise économique. Cette évolution est d'autant plus
préoccupante qu'il y a quelques années, avant la survenue de la crise, le Luxembourg détenait la
répartition des revenus la moins inégalitaire par rapport à ses pays voisins, ce qui n'est actuellement
plus le cas. Plus encore, il dépasse largement la moyenne de l'UE27 depuis 2016.
Ces remarques signifient que les politiques gouvernementales actuelles et passées n'ont pas vraiment
permis de freiner cette tendance amorcée dès le début des années 2000.
Graphique 9 : Évolution du coefficient de Gini après impôts et transferts, ensemble de la population
34
33,2
33
32
31
30
29
Luxembourg
28
27
27,2
26
ro
0
0
,i-
0
0
r•I
us)
0
0
r-J
ll)
0
0
rq
Données : Eurostat, itc dil2
r--0
0
r.,1
00
0
0
cg
Cl
0
0
c
0
,-I
0
r
,-1
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0
c-.1
r•I
v-I
0
c-,1
rr)
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0
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0
N.I
Ln
,-i
0
(-.4
LID
,-I
0
r.,J
I-,-I
0
rq
CO
,-I
0
NI
15/90
Graphique 10 : Coefficient de Gini du revenu disponible avant impôts et transferts puis après impôts et
transferts, ensemble de la population, 2016
0,6
Cs1
Lfl
cs
o
o
o
o
0
SK SI CZ Fl DK BE HU SE AT PO NL FR DE LU IE EE IT PT EL ES LT UK LT
• après transferts I écart entre les deux coefficients de Gini 0 avant transferts
Sources : Eurostat, OCDE
1.2.2. Un taux de risque de pauvreté qui peine à se réduire
Du côté de l'analyse de la pauvreté, on observe également une dégradation de la situation globale qui
va de pair avec celle des plus pauvres. L'évolution à la hausse du taux de risque de pauvreté au fil du
temps montre que ce risque touche désormais près d'un résident sur six après transferts sociaux.
Et s'il est vrai que sur les deux dernières années, le taux de pauvreté tend à se situer aux alentours de
18%, le graphique ci-dessous montre clairement que la condition des plus pauvres parmi les pauvres
s'est fortement dégradée : leur taux de risque de pauvreté a plus que doublé en 9 ans et s'est accru de
17,2% entre 2017 et 2018. Cette situation rend plus que jamais nécessaire une réorientation des
priorités vers les transferts sociaux en vue d'endiguer cette évolution intolérable qui va à contre-courant
de la cohésion sociale.
Graphique 11 : Taux risque de pauvreté, Luxembourg
20%
180%
18,3
18%
160%
16%
140% -
14%
120%
12%
100%
10%
80%
8%
60%
6%
40%
-
40%
50%
à 60%
4%
20%
2%
0%
0
o
0
0
0
r-i
0
0
▪
O
O
0
0
r-I
0
COO
o ,-I
O
Source : Eurostat
16/90
1.2.3. Lin taux de risque de pauvreté des salariés trop élevé au Luxembourg
Plus en détails, il convient ici de faire une parenthèse à propos de la situation des travailleurs afin de
confirmer si les indicateurs du marché de l'emploi qui semblent pointer dans la direction d'un plein
emploi se répercutent ou non au niveau des travailleurs ainsi que des chômeurs. Quand l'intérêt se
porte sur le taux de risque de pauvreté des salariés, on remarque d'emblée que le Luxembourg a la
pire situation par rapport à ses voisins et de très loin ; mais aussi qu'il n'est pas particulièrement bien
situé par rapport aux autres États membres, avec en 2018 plus d'une personne salariée sur huit qui
risque de sombrer dans la pauvreté en dépit du fait qu'elle travaille !
Graphique 12 : Taux de risque de pauvreté des salariés, 18-64 ans
24%
2017 m2018
Q.
00
20%
16%
12%
oo
8%
CS,
o
o
-1
oo
06 a,
od,"
h.
N
r•-•
—
4%
0%
Fl CZ NL BE MT DK SE SI IE FR SK PL AT DE HR UK EE ZE UE PT LT LV ES LU CY RO IT EL HU BG
Données : Eurostat (llc_peps02)
En termes d'évolution, le Luxembourg affiche depuis 2009 la plus forte croissance du taux de risque de
pauvreté avec une hausse de 28,0% de l'indicateur en 9 ans alors que, pour la zone euro, l'évolution
n'est que de 16,2%.
Graphique 13 : Évolution du taux de risque de pauvreté des salariés, 16-64 ans
Zone euro
Luxembourg
13,2
12,8
•
9%
8%
7%
•
6%
6,8
7,9
5%
4%
2009
2010
2011
2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018
Données : Eurostat (itc Ii04)
Ainsi le fait de posséder un emploi ne suffit pas toujours pour éviter la pauvreté ; il suffit d'une structure
familiale composée par exemple de deux ou plusieurs personnes à charge et d'un seul travailleur, ou
ne disposant que de faibles revenus en raison d'une série de problèmes liés au marché du travail tels
qu'un chômage récurrent, l'incapacité à trouver un travail à temps plein ou la faiblesse des salaires
pour donner corps à un problème qu'il est convenu d'appeler pauvreté au travail.
17/90
1.2.4. Un taux de risque de pauvreté des chômeurs parmi les plus élevé de l'Union
européenne
Du côté des personnes au chômage, leur risque de sombrer dans la pauvreté est tel que plus de sept
chômeurs sur dix sont susceptibles de devenir pauvres en 2017 (plus précisément 72,1% alors que ce
taux n'était que de 50,1% en 2013)
Graphique 14 : Taux de risque de pauvreté des personnes au chômage, 18-64 ans
90%
80%
72,1
70%
60%
50%
40%
30%
20%
10%
0%
111111 1111111 11 Il1JI 111111
Fl CZ NL BE MT DK SE SI IE FR SK PL AT DE HR UK EE ZE UE PT LT LV ES LU CY RO IT EL HU BG
Données Eurostat (11c_peps02)
Dans ce contexte, l'absence de baisse franche et massive du taux de chômage de longue durée en
dépit du redressement de la conjoncture laisse craindre une détérioration de cette situation au cours
des années à venir. Il est ici aussi important de se poser la question de l'insertion des jeunes chômeurs
qui sont pour plus de la moitié d'entre eux peu ou pas qualifiés4 et de savoir s'ils vont pouvoir éviter de
tomber dans ce piège de pauvreté qui risque non seulement de les marginaliser mais aussi de générer
une véritable fracture sociale au sein de la société à moyen terme.
La part des chômeurs indemnisés connaît une hausse régulière entre 2000 et 2005, ce qui est le signe
d'une absorption rapide des demandeurs d'emploi par le marché du travail. En effet, ceux-ci ne sont,
sans doute, pas assez longtemps au chômage pour arriver en fin de droits. Cette part se stabilise
ensuite aux alentours de 55 % jusqu'au milieu de l'année 2014. S'ensuit une nouvelle période qui voit
un revirement de tendance. En effet, la part des chômeurs indemnisés diminue peu à peu, jusqu'à
descendre sous la barre des 50 %. Depuis mars 2017, une légère amélioration se fait sentir et la
proportion des chômeurs indemnisés redevient majoritaire en 2018.
Selon les données de l'ADEM, les moins de 30 ans au chômage ont atteint pour 50,8 % au maximum le niveau secondaire
inférieur, pour 35,2% le niveau le niveau secondaire supérieur et pour 14,6% le niveau supérieur.
18/90
Graphique 15 : Parts des chômeurs indemnisés et non-indemnisés, Luxembourg
100%
90%
Chômeurs indemnisés
80%
70%
60%
50%
40%
30%
20%
Chômeurs non
indemnisés
10%
0%
2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018
Note : rupture de série à partir de juin 2006
Données ADEM, graphique CSL
Si l'on se penche sur la question du genre, l'on constate que la situation des femmes est nettement
plus inquiétante que celle des hommes. Les femmes au chômage sont moins souvent indemnisées que
la gent masculine. Alors qu'en moyenne seules 47,1 % des femmes bénéficient du chômage indemnisé,
sur la période 2009-2018, plus d'un homme sur deux est dans ce cas (58,8 %).
Graphique 16 : Proportion de chômeurs indemnisés selon le genre, Luxembourg
Hommes
,
70%
écart en pp
Femmes
65%
60%
55%
50%
45%
40%
35%
2009
2010
2011
2012
2013
2014
2015
2016
2017
2018
Données ADEM, graphique CSL
1.2.5. Un surendettement exceptionnellement élevé pour les moins nantis
Entre 2008 et 2018, les prix rée1s5 des logements ont augmenté de près de 40% au Luxembourg
notamment sous l'effet de la croissance démographique, d'un manque de terrains disponibles à la
construction et de la spéculation foncière. La croissance économique soutenue ainsi que la faiblesse
des taux d'intérêt ont contribué à doper la demande de logements et, qui plus est, à la financer par
l'endettement. Le ratio dette sur revenu s'y est alors envolé.
Le graphique suivant se concentre sur l'un des indicateurs permettant d'identifier les ménages les plus
vulnérables, ceux dont la dette correspond à plus de 3 ans de revenus. Si près de 40% des ménages
sont dans ce cas, quand l'attention se porte sur ceux ayant le moins de patrimoine (les 20% les moins
nantis), le taux d'endettement passe à près de 100%. Ces ménages pourraient se retrouver dans une
situation délicate en cas de retournement du marché immobilier, de perte d'emploi ou de hausse des
taux d'intérêt, la plupart des emprunts étant à taux variables6.
5 C'est-à-dire abstraction faite de l'inflation
6 Selon la BCL
19/90
Graphique 17 : Part des ménages dont le ratio dette/revenu est supérieur à 300%, 2014
97,4
•
100%
Il Ensemble des ménages
90%
• Ménages appartenant au quintile de patrimoine inférieur
80%
70%
59,0
60%
49,7
50%
*
62,6
•
•
•
A
•
.
4
*
40%
25,7
30%
le, •
20%
•• • .
•
•
27,8
13,2
16,7 I
lovo
111111111111111 ll II II
0%
IIIIIII
31
SK PO SI EE Fl LV HU DE BE FR IT EL IE NL ES PT AT LU
Données OCDE
En effet, des prix immobiliers élevés entraînent un recours à l'emprunt (hypothécaire) plus important,
ce qui enclenche une nouvelle hausse des prix de l'immobilier exacerbée par la relative rareté des
mises en chantier et la forte croissance démographique. En contrepartie, il est nécessaire de mettre en
œuvre des solutions permettant aux plus démunis de réaliser leur projet d'acquisition, à l'instar du bail
emphytéotique.
Replàcé dans un contexte européen, le Luxembourg a, en 2015, un nombre de logements pour 1 000
habitants très faible au Luxembourg (413,5) juste derrière la Slovénie (409,8), la Pologne (363,2) et la
Slovaquie (360,0), et loin de ses voisins7 : Allemagne (510,4) et France (546,4).
En revanche, concernant le poids des nouveaux logements dans l'ensemble du parc de logements, il
devance la plupart des pays représentés avec un taux de 1,16%, mais pour rattraper son retard sur le
nombre de logements, il lui faut encore en accélérer la création.
Graphique 18 : Nombre de logements pour mille habitants et poids des logements neufs dans le parc
immobilier, 2015
• nouveaux logements / parc
• Logements / 1000 hab.
co
675
600
525
450
375
300
225
150
75
0
1,4
1,16
o
0
.. IG° iî 111111
0
IJ
0
0
00 0
1,2
1,0
0,8
0,60
0,11
II
°
PT HU LV
UK
î
CZ DK LT DE EE IE NL SI ES SK SE AT Fl PO LU FR CH IT EL
Données OCDE
7
1,18
11 n'y a pas de données disponibles pour la Belgique
0,6
0,4
0,2
0,0
20/90
1.2.6. Près d'une famille monoparentale sur deux en risque de pauvreté
Du côté des familles monoparentales, le Luxembourg ne fait guère meilleure figure et, si leur taux de
risque de pauvreté a baissé plus fortement que le taux national entre 2017 et 2018 (au seuil de 60%
du revenu médian équivalent (RME), ce n'est pas le cas pour les deux échelons concernant les plus
pauvres parmi les pauvres (à 40% du RME, le taux augmente de 1,2 point de pourcentage, à 50% du
RME, la hausse est de 0,3 point).
Graphique 19 : Pauvreté des monoparentaux et des ménages
e 40% RME
50%
50% RME IM 60% RME
45%
40%
35%
30%
25%
20%
15%
10%
5%
0%
rq ro ci- Ln (D h 00
o
rq ro • Ln (D h 00
0
1,1
Cr Ln (D r•-• oo
m
o
O
Ln (D h 00
• r-i
1-1
g-1 ri
g-1 g-1 g-1
<-1
000000
• 000 000000000 000000000 000 00000
• 0
rq rq c b rsi rsi c.] rs: b
c.., ni NI NI NI NI NI NJ b
b 1,
1 NI NI 1,1 b c,1 rq
NJ N/ NI NI NI cN rq
Tous types de
ménages confondus
Personne seule
avec enfants dépendants
sans enfant dépendant
avec enfants dépendants
Ménages
Données : Eurostat (itc_peps02)
Et globalement, le taux de risque de pauvreté des ménages avec enfant(s) dépendants(s) est plus
élevé que celui des ménages sans enfant dépendant, le taux des ménages avec enfants étant tiré vers
le haut par les ménages monoparentaux. Ce qui conduit à s'interroger sur le risque de pauvreté des
enfants et plus précisément sur l'indicateur « taux de risque de pauvreté ou d'exclusion sociale des
enfants ».
1.2.7. Près d'un enfant sur cinq en risque de pauvreté ou d'exclusion sociale
Si, dans la zone euro et en Allemagne, ce taux est sur une pente décroissante depuis 2010, il n'en est
pas de même des autres voisins du Luxembourg qui connaissent des évolutions chaotiques sur une
étendue allant de 19,6% à 23,3% et qui, en 2018, sont au-dessus de leur moyenne historique. Le
Grand-Duché est aussi dans ce cas, mais l'amplitude des fluctuations est plus grande, allant d'un
minimum de 20,9% (2008) à un maximum de 26,4% (2014), le taux observé en 2018 étant à mi-chemin
entre ces deux limites.
21/90
Graphique 20 : Enfants menacés de pauvreté ou d'exclusion sociale
28%
26%
• 24,8
24%
23,5
22%
• 23,3
Zone euro
Belgique
21,9
20%
• 19,4
France
Luxembourg
18%
17,3
16%
CO
t-I
Cg
CO
g-1
r4
c.j
hl
r-1
Lfl
L.D
b
CO
hl
Données : Eurostat (TESPM040)
À ce propos, si la stratégie Europe 2020 promeut l'inclusion sociale, en particulier par la réduction de
la pauvreté, le Luxembourg n'est pas particulièrement sur la bonne voie pour certains groupes de sa
population, à l'instar du groupe des personnes seules avec enfant(s) à charge. Les transferts sociaux
qu'elles reçoivent sont manifestement trop faibles pour les sortir de la pauvreté, qu'il s'agisse des
prestations familiales, des indemnités de chômage, du niveau des pensions alimentaires, etc. Ces
manques de revenu ne peuvent qu'engendrer, tant pour les adultes concernés que pour leurs enfants,
des privations matérielles liées aux biens durables, au logement, à l'environnement de l'habitat, mais
aussi des privations non-matérielles liées au manque d'estime de soi, un repli sur soi, etc. pouvant
conduire à une exclusion sociale.
1.3.
Inégalité des chances et pauvreté : la face cachée du Luxembourg
Par rapport à cet axe, également illustré dans le tableau de bord social, il est nécessaire d'aborder le
thème de la pauvreté au Luxembourg. Ici pas d'indicateur tel que voulu par la Commission européenne,
mais des chiffres provenant d'association caritatives ou éléments tirés de rapports annuels divers qui
permettent de façonner une vision plus large de la pauvreté.
1.3.1. Les offices sociaux
En principe, toute personne séjournant légalement au Grand-Duché de Luxembourg a droit à l'aide
sociale pour assurer l'accès aux biens et aux services adaptés à une situation particulière.
De 2012 à 2016, les dossiers encodés par les offices sociaux ont fortement augmenté. Durant cette
période le nombre de demandes d'aide aux 30 offices sociaux du pays est presque quintuplée.
Toutefois, en 2017, une décrue de la demande s'amorce tout en restant élevée par rapport à 2012.
22/90
Graphique 21 : Nombre de dossiers encodés 2012-2017
47%
81 336
62 450
52 413
46 416
25%
32 127
2013 2014 2015 2016 2017
1
2012-16 2012-17
Dossiers encodés*
Var. moy. par an
17 200 I
I
111
2012
*Secours accordé ou notifié par le Conseil d'administration selon l'article 18 de la loi sur l'aide
sociale.
Source : Ministère de la Famille, de l'intégration et à la Grande Région
Pourtant les offices sociaux ne sont pas les seuls à aider les personnes en difficultés et notamment les
plus démunis des démunis. Il existe en fait un puzzle d'intervenants touchant plus ou moins des cibles
spécifiques et leur offrant des services tout aussi spécifiques. C'est ce que tente de reproduire
partiellement le graphique ci-dessous pour l'année 20178. Malheureusement, il ne nous est pas
possible de connaître les interactions entre les différents éléments. Néanmoins le graphique montre
qu'il y a des besoins assez importants à satisfaire, qu'il s'agisse de boire, manger, se loger, se soigner,
etc.
Épiceries
sociales
67 957
passages BEI
caisse
Bistrot social :
7 316
passages
Wanteraktioun :
20 972 repas
Offices sociaux
52 413 secours
Stemm vun der Stroos :
104 195 repas
441 consultations médicales
Wanteraktioun
864 accueils de
nuit
Wanteraklioun .
1 792 accueils de
jour
Médecin du
monde environ
600 consultations
8 Seules les possibilités d'aide les plus importants sont reprises. Ne sont notamment pas repris : les logements encadrés (94
personnes), les structures d'accueil (138 personnes), les aides du fonds de solidarité (231 personnes), les personnes logées
par l'Agence immobilières sociales (1 643 dont 805 mineurs et les 3567 personnes sur liste d'attente) et ainsi de suite
23/90
1.3.2. La fréquentation des épiceries sociales
L'objectif des épiceries sociales est de lutter contre l'exclusion en proposant aux personnes touchées
par la pauvreté des produits alimentaires et d'hygiène à des prix jusqu'à 70% moins chers que ceux de
la grande distribution. Développées au Luxembourg depuis 2009, elles se voulaient être une aide
limitée dans le temps. Mais, dix ans plus tard, elles sont toujours présentes, se multipliant même et
témoignant hélas de besoins grandissants.
Gérées par Caritas Luxembourg et la Croix-Rouge luxembourgeoise, les rapports annuels de ces
instituions font état d'un nombre croissant de bénéficiaires, passant de 4 182 personnes en 2014 à plus
de 10 000 en 2018, soit une hausse de 25% par an, alors même que la population résidente majeure°
ne croît que de 2,6% par an sur la même période.
Graphique 22 : Fréquentation des épiceries sociales, nombre de personnes
• Caritas Luxembourg
le Croix Rouge lux. *Ensemble
9998
9099
7511
4182
Ak
2127
2014
3410
3928
4408
4669
2015
2016
2017
2018
Données : Califes Luxembourg ; Croix Rouge luxembourgeoise
Les passages en caisse ont également augmenté entre 2014 et 201710, mais légèrement moins que le
nombre de bénéficiaires (avec respectivement +32,6% et 33,7% en moyenne annuelle). C'est donc que
de plus en plus de personnes ne disposent pas de revenus satisfaisants pour satisfaire leurs besoins
primaires que sont l'alimentation et l'hygiène.
1.3.3. Les personnes sans abri
La population des sans-abri est difficilement quantifiable, étant exclues des statistiques officielles.
Toutefois, il existe des données concernant la fréquentation des diverses structures d'aide aux sansabri qui, si elles ne sont pas exhaustives, permettent de se faire une idée à minima de l'ampleur du
problème.
En 2017, l'a.s.b.l. Stëmm vun der Strooss a servi 104 195 repas, une augmentation de 4 065 repas par
rapport à 2016 (+4,1%) ;
L'Action Hiver (Wanteraktioun) se déroule chaque année, en général entre le ler décembre et le
31 mars. Elle garantit aux plus démunis un refuge le jour et la nuit et leur offre un repas chaud à midi.
Il s'agit donc d'une prise en charge d'extrême urgence pour protéger les personnes sans domicile du
froid hivernal.
9
À l'exclusion des personnes d'au moins 85 ans pour tenir compte des personnes en institution.
° Dernière année où les données sont disponibles.
1
24/90
Graphique 23 Nombre de bénéficiaires de la Wanteraktioun
20972
1792
19789
• Caritas - Nuit
1316
1147 1174
1045
958
18469
1118
957
• Croix-rouge Jour
D Repas
1
1
I
2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018
2016 2017 2018
Source Caritas Luxembourg ; Croix Rouge luxembourgeoise
Le graphique ci-dessus montre un nombre de personnes fréquentant le foyer de nuit qui tend à diminuer
depuis 2013 même si cette baisse n'est pas linéaire. En revanche, la fréquentation du foyer de jour
tend à la hausse depuis 2014 et a connu une fréquentation exceptionnelle en 2017. Logiquement les
repas chauds servis sont en hausse également avec la même année exceptionnelle que les foyers de
jour.
Les foyers d'urgence de nuit sont des structures ouvertes toutes les nuits de l'année. Ils ont pour
vocation d'être des refuges de dépannage et non de longue durée.
Tableau 2 Évolution de la fréquentation des foyers d'urgence de nuit, 2010 -2017
Année
Nbre de clients
Nbre de nuitées
différents
Taux moyen
Durée moyenne
d'occupation
de séjour
2010
658
25399
83,84
38,6 jours
2011
601
26795
88,45
44,6 jours
70,2 jours
2012
407
28581
94,08
2013
372
28256
93,27
76 jours
2014
396
27816
92,93
70,2 jours
2015
405
28005
93,57
69,1 jours
2016
354
28721
95,96
81,1 jours
2017
377
28967
96,78
76,8 jours
Source : Mifa — rapport d'activité 2017
Malgré un nombre de clients en baisse de plus de 40% entre 2010 et 2017, celui de nuitées s'élève de
14,0%, le taux moyen d'occupation s'approchant de l'unité. Ceci peut vouloir signifier que les séjours
des clients s'allongeant (de 5,5 semaines en 2010 à 11 semaines en 2017), les foyers ne peuvent plus
accueillir de nouveaux sans abri. La question qui se pose alors : où sont-ils allés ?
C'est sans doute pour pallier ce problème que d'autre petites structures ont vu le jour ces trois dernières
années. À titre d'exemple, le projet « Housing First » offre des logements à long terme à des sans-abri ;
en 2017, 27 personnes ont pu y prendre part. De plus, une halte de nuit a ouvert ses portes en avril
2017 et 123 personnes y ont trouvé refuge.
Les enfant et adolescents trouvent de plus en plus refuge dans des familles ou en logements encadrés
à contrario de l'institutionnalisation qui a « tendance » à stagner, voire diminuer.
25/90
1.3.4. Ceux qui ont recours à Médecins du monde
Selon le rapport annuel 2018 de l'association, les personnes soignées sont surtout des hommes (81%),
mal logés — seuls 14% ayant un logement personnel — et vivant sous le seuil de pauvreté (93%).
Esch-sur-Alzette, les femmes ont représenté 40% des personnes soignées. 35 enfants ont été pris en
charge au cours de l'année 2018. 57% des bénéficiaires étaient originaires d'un pays européen.
Une personne sur trois souffre de pathologies chroniques, telles que diabète, asthme, épilepsie,
hypertension artérielle, pathologies psychiatriques, ainsi que toxicomanies et autres dépendantes.
Parmi toutes les pathologies chroniques, 40% n'étaient pas connues de la personne migrante avant
son arrivée en Europe. La migration pour raisons de santé ou tourisme médical est un mythe.
Les barrières à l'accès aux soins empêchent les personnes démunies de se soigner de façon préventive
et font qu'elles vont attendre que leur situation de santé se dégrade pour avoir accès à des soins en
urgence.
Il serait donc souhaitable qu'au Luxembourg les personnes pauvres ou sans adresse soient prises en
charge par la mise en place d'une couverture universelle : pour tous, un logement pour tous, des soins
médicaux, de la nourriture, etc. et ceci est d'autant plus urgent que le pays est à la traîne en matière
de dépenses concernant ces besoins spécifiques, et ce, tant par rapport à ses voisins qu'au sein de
l'Union européenne
1.4.
Dépenses sociales : le Luxembourg peut mieux faire
Au sein de l'Union européenne, en matière de dépenses sociales, le Luxembourg se comporte
davantage comme un nouvel entrant qu'un membre fondateur. Avec 22,5% du PIB consacrés à ses
dépenses sociales, le pays est près de 12 points en dessous de la France et environ 7 points sous la
moyenne de la zone euro.
Il faut aussi noter que le poids des dépenses publiques dans le PIB évolue assez peu, si peu qu'en
2017 il renoue avec ses niveaux de 2010 et 2015
Graphique 24 Poids des dépenses sociales dans le PIB
• 2007
2017
35%
30%
25%
20%
15%
10%
5%
0%
I I I 1111111
I1II11II
LT SK CY CZ IE MT PO LU ES SI EL HU PT FI IT ZE NI BE DE AT SE DK FR
Données Eurostat (TPS00098)
Il en est de même de la structure des dépenses. De 2010 à, 2017 en moyenne annuelle, le poids des
dépenses relatives à la vieillesse et la survie augmente de 1,1%, celui relatif à la maladie et l'invalidité
diminue de 0,46%.
Concernant le chômage et l'exclusion sociale, leurs parts respectives sont stables (5,3% et 2,2% des
dépenses).
26/90
En revanche, la part consacrée aux familles et enfants baisse de 1,7% par an en moyenne alors que
celle affectée au logement progresse de 3,7% passant de 1,3% à 1,8% en 8 ans (une hausse de 0,5
point de pourcentage des dépenses ; 0,1 point de PIB).
Graphique 25 : Répartition des dépenses sociales, Luxembourg, 2017
Exclusion sociale;
2,2%
Vieillesse et
survie; 38,8%
4
Logement; 1,8%
Autre; 10,7%
Maladie et
invalidite; 3,0%
Chômage; 5,3%
Famille/Enfants;
15,1%
Fonctionnement;
1,3%
Données : Eurostat (spr exp sum)
Compte tenu des bons résultats constatés par ailleurs (conditionnant notamment le AAA) et de
perspectives économiques positives, il serait souhaitable que le Luxembourg investisse davantage
dans la construction de logement sociaux et sociaux+", mixant des populations (jeunes, retraités, avec
ou sans enfants, etc.) et loués à des prix hors-marché, ce qui, combiné à des aides ciblées sur les
familles avec enfant(s), pourrait rejaillir sur une baisse de l'exclusion sociale.
Il ne faut surtout pas oublier que les investissements dans le social ne sont pas jetés dans un puits
sans fond, mais sont des investissements pour les générations futures.
2. La situation budgétaire
2.1.
Les critères européens respectés
Selon les textes européens, les déficits cumulés des pays de la zone euro sont considérés comme
excessifs dès lors qu'ils sont en-dessous du seuil des -3% du PIB.
Sur la période 2009-2018, à part des années 2009 et 2010 qui étaient marquées par la crise financière
et économique, le solde de l'Administration publique était toujours positif et réalisait en moyenne un
excédent de 0.9%. À la lumière du graphique ci-dessous, le Luxembourg — qui n'est pas en déficit —
dispose toujours d'une certaine marge budgétaire, ce qui permettrait de dynamiser la croissance
potentielle. En effet, si l'Union européenne dans son ensemble, en 2018, fait montre d'un léger déficit
public (-0,6% du PIB), le Luxembourg est clairement en excédent, ses recettes étant supérieures à ses
dépenses (+2.4% du PIB en 2018 selon les données d'Eurostat). D'après le compte provisoire du
Gouvernement, cet excédent était même de +2,7% du PIB en 2018 et devrait être proche de +2% en
2019.
En conséquence, le seuil de -3% du PIB est clairement respecté. Il faut même constater que le
Gouvernement dispose d'une marge de manœuvre budgétaire considérable. Vue la situation
économique, écologique et sociale actuelle — marquée par la crise climatique et une hausse inquiétante
des inégalités — le Gouvernement devrait exploiter cette marge afin de générer le capital nécessaire
pour financer la transition écologique ainsi que les infrastructures nécessaires pour assurer la
croissance économique et une hausse de la qualité de vie.
11
Pour différents niveaux de revenu des ménages
27/90
Graphique 26 : Déficit/surplus public en pourcentage du P1B nominal du Luxembourg et de l'Union
européenne, 2009-2018
2,4%
1,9%
1,0% 1,3% 1,4%
1,4%
2,0%
0,5% 0 3%
,
-0,7% -0,7%
-0,6%
-1,7%
-2,3%
-3,3% -2,9%
-4,6%
-6,6% -6,4%
o
o0
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o
o
1,o 1,
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o
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o
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o
o
o
.....Union européenne ..--- Luxembourg
O
00
l,
e
cs
cz,c,
A
e
Données Eurostat Graphique CSL.
Le projet de budget de 2020 sous avis prévoit un solde structurel positif de +0,9% pour 2020 et une
légère hausse de la dette publique de 12.458 milliards à 12,898 milliards, ce qui correspond d'ailleurs
en terme de pourcentage du PIB à une baisse de 0,2 point de pourcentage (pp.), de 20% à 19,8%12 .
En conclusion, en 2020, le Luxembourg respecte également son objectif de moyen terme (OMT) au
niveau du solde structurel (-0,5%) ainsi que les seuils européens de la dette publique (60%) et autoimposés par l'Accord de coalition (30%).
2.2.
Une meilleure situation que prévue et la sous-estimation systématique du
solde des Administrations publiques.
Le tableau suivant montre que le solde des Administrations publiques est positif jusqu'en 2020. Cette
situation perdure jusqu'en 2023, selon la loi de programmation pluriannuelle comme l'indique le tableau
3, tout en s'améliorant progressivement après un léger recul à +1,2% en 2019.
Le projet de loi relatif à la programmation pluriannuelle pour la période 2018-2022, prévoyait pour le
Luxembourg un solde des Administrations publiques de +1,0% en 2019 (-1,1% pour l'Administration
centrale) et de +1,4 % en 2020 (-0.8 % pour l'Administration centrale) 1 3.
Or, d'après les nouvelles prévisions sur l'évolution du solde consolidé des 3 secteurs de l'Administration
publique, telle qu'elle se présente en octobre 2019 - résultat des travaux budgétaires du Gouvernement
pour l'exercice 2020 -, le solde prévisionnel des Administrations publiques en 2019 s'est fortement
amélioré de 1,0 pp. à 2,0% du PIB (seulement -0,1% pour l'Administration centrale), mais a révisé
toutefois les prévisions pour 2020 à +1,2% (-1,0% pour l'Administration centrale).
12 Gouvernement du GDL, « Projet de loi relatif à la programmation financière pluriannuelle pour la période 2019-2023 », Pub. L.
No. 7501 (s. d.), 434.
12
Gouvernement du GDL, « Projet de Budget 2020 », Pub. L. No. 7500 (s. d.), 31.
28/90
Tableau 3 : Soldes publics 2014-2020 en % du PIB
En 96 du PIB
Administrations publiques
Administration centrale
Administrations locales
Sécurité sociale
2014
1,3%
-0,3%
0,3%
1,4%
2015
1,4%
-0,4%
0,4%
1,5%
2016
1,8%
-0,2%
0,2%
1,8%
2017
1,4%
-0,5%
0,1%
1,7%
2018
2,7%
0,4%
0,4%
1,8%
2019
2,0%
-0,1%
0,5%
1,7%
2020
1,2%
-1,0%
0,5%
1,6%
2017
768
-298
76
990
2018
1 601
263
248
1 090
2019
1 264
-83
286
1 062
2020
757
-640
341
1 056
Données : Projet Budget 2020 ; Graphique : Projet Budget 2020.'4
Tableau 4 : Soldes publics 2014-2020 en valeur absolue
En millions d'euros
Administrations publiques
Administration centrale
Administrations locales
Sécurité sociale
2014
656
-163
138
682
2015
728
-232
196
764
2016
983
-110
132
961
Données : Projet Budget 2020 Graphique : Projet Budget 2020.15
Tableau 5 Soldes publics 2019-2023 en % du PIB et en valeur absolue
en mio
2019
en % du
en mio
2020
en % du
d'euros
PIB
en mio
2021
en % du
d'euros
en mio
2022
en % du
d'euros
P1B
en olio
P1B
2023
en % du
d'euros
PIB
d'euros
PIB
Administration centrale
Administrations locales
-83
+286
-0,1%
-640
-1,0%
-401
-0,6%
-108
-0,1%
+158
+0,2%
+0,5%
+341
+0,5%
+318
+0,5%
+330
+0,5%
+335
Sécurité sociale
Administration publique
2) Solde structurel :
+1264
+1,7%
+2,0%
+1 056
+757
+1,6%
+1,2%
+1.024
+942
+1,5%
+1,4%
+1 076
+1 297
+1,5%
+1,8%
+1 015
+1 508
+0,4%
+1,3%
+1,6%
-
+0,9%
-
+1,0%
1) Solde nominal :
+1 062
Administration publique
+1,6%
+2,0%
+1,9%
Données : Projet Budget 2020 ; Graphique : Prciet Budget 2020.16
Graphique 27 : Évolution du solde des Administrations publiques, en millions, 2010-2023
1601 1264
2000
1298
983
1500
656
728
942
768
757
•
1508
454
1000
22
II1Sécurité sociale
500
0
. Adm. locales
151
Adm. centrale
Adm. publiques
-265
-500
-1000
2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
Données : Projet Budget 2020 ; Graphique : Projet Budget 2020.17
Notons que les comptes provisoires laissent apparaître pour 2018 un excédent de 2,7% du PIB et pour
2019 un excédent de +2,0%, ce qui correspond, respectivement à 2,1 et 1 points de plus qu'initialement
voté. En valeur absolue, cette sous-estimation du solde des Administrations publiques était de 1,268
milliards d'euros en 2018 et de 632 millions d'euros en 2019.
14 Gouvernement du GDL, « Projet de Budget 2019 », Pub. L. No. 7450 (s. d.), 31.
15 Gouvernement du GDL, 31.
16 Gouvernement du GDL, Projet de Budget 2020, 33.
17 Gouvernement du GDL, 33.
29/90
Concernant les Administrations publiques, la sous-estimation presque systématique déjà constatée à plusieurs reprises depuis 2007 - seule l'année 2009
faisant exception en raison de la survenue de la crise - se confirme ainsi encore une fois d'après les dernières prévisions du solde des Administrations publiques
datant d'octobre 2019.
En moyenne, les projets de budgets de 2007 à 2018 anticipaient un déficit moyen de 0,53% du PIB et ils étaient systématiquement déficitaires jusqu'en 2015.
Or les comptes nationaux ne montrent que deux années de déficit en 2009 et 2010 avec seulement -0,7 point de PIB et en moyenne un solde positif de 1,38%
du PIB. L'écart entre les projections du Gouvernement et la réalité des comptes nationaux représente en moyenne, de 2007 à 2018, 1,92% du PIB.
Tableau 6 : Administrations publiques: écart entre les budgets votés et les comptes nationaux (% du PIB)
PB 2007
à 2014
PB2015
PB 2016
PB 2017
PB 2018
PB 2019
PB 2020
Comptes
nationaux
Écart en
% du PIB
2007
2008
2009
2010
2011
2012
2013
2014
-0,9
0,8
0,1
-4,4
-1,2
-0,7
-1,5
0,2
2015
2016
2017
2018
2019
2020
2021
2022
-0,2
0,6
0,5
0,9
0,5
0,3
0,7
0,4
0,6
0,9
2
0,7
1,3
0,8
1,2
1,7
1,1
1,4
1,8
1,8
1,3
1,4
1,8
1,4
1,5
0,8
0,3
0,6
2,6
2,7
Moy.
2007/2018
-0,533
4,2
3,4
-0,7
-0,7
0,5
0,3
1
1,3
1,4
1,8
1,4
2,7
1,383
5,1
2,6
-0,8
3,7
1,7
1
2,5
1,1
1,6
1,3
1,1
2,1
1,916
Données budgets votés et comptes nationaux Tableau CSL
30/90
Graphique 28 : Administrations publiques: écart entre les budgets votés et les comptes nationaux (%
du PIB)
5
4,2
4
3
2
1
0
-1
-2
-0,9
-0,7
0,1
1,2
-1,5
-3
-4
-5
-4,4
2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018
Prévision dans PB
Comptes nationaux
Données : Budgets votés ; graphique : CSL.
En valeur absolue, les chiffres sont sans doute plus parlants. Ainsi, même s'il s'agit d'euros courants,
en moyenne, l'écart entre les projets de budgets et les comptes nationaux a été de 894,6 millions. En
2007, l'écart était même de 1,8 milliard, soit 5,1% du PIB ! De même en 2013, l'écart avec le budget
voté a été de 1,1 milliard. Pour 2018, d'après les comptes provisoires, l'écart était de 1,27 milliard
d'euros, ce qui correspond à 2,1% du PIB.
31/90
Tableau 7 : Administrations publiques : écart entre les budgets votés et les comptes nationaux (millions)
2007
PB 2007 à
2014
-310
PB2015
PB 2016
PB 2017
PB 2018
PB 2019
PB 2020
Comptes
nationaux
Écart
(millions)
2008
2009
2010
338
1543
1266
1854
928
-250
-265
2011
2012
2013
2014
-521
-330
-385
100
2015
2016
2017
2018
2019
2020
2021
2022
-76
309
269
516
246
153
904
454
172
333
1514
408
276
382
632
474,7
847
876
1104
1002
1449
1601
1264
757
221
152
454
656
728
983
768
1601
743
482
1138
556
762
600
615
1268
Moy.
2007/2018
894,6
Données budgets votés et comptes nationaux • Tableau • CSL
Le constat est identique pour l'Administration centrale avec un solde moyen prévu de -2,39% entre 2007 et 2018 contre -0,75% dans les comptes nationaux.
L'écart moyen est de 1,63 point de PIB. 11 faut donc constater que la sous-estimation récurrente et substantielle du solde de l'Administration centrale en
pourcentage du PIB est le facteur majeur à la base de la sous-estimation presque systématique du solde de l'Administration publique.
Tableau 8 Administration centrale: écart entre les budgets votés et les comptes nationaux (% du PIB)
2007
PB 2007 à
2014
-2,9
PB2015
PB 2016
PB 2017
PB 2018
PB 2019
PB 2020
Comptes
nationaux 1,4
Écart en %
du PIB
4,3
2008
2009
2010
2011
2012
2013
2014
-1,4
-2,3
-6,2
-3,4
-2,6
-2,8
-1,1
2015
2016
2017
2018
2019
2020
2021
2022
-1,6
-1
-1,2
-0,8
-1,3
-1,7
-0,2
-0,8
-1,5
-1,5
0,2
-0,8
-1,2
-1,3
-1,1
-0,8
-0,6
-0,8
-0,1
- ,
-0,1
0,4
-0,1
-1
-0 6
-0,1
Moy .
2007/2018
-2,391
0
-2,5
-2,4
-1,6
-2
-1
-0,3
-0,4
-0,2
-0,5
0,4
-0,758
1,4
-0,2
3,8
1,8
0,6
1,8
0,8
1,2
1
1,2
1,9
1,633
Données : budgets votés et comptes nationaux ; Tableau : CSL
32/90
Graphique 29 : Administration centrale: écart entre les budgets votés et les comptes nationaux (% du
PlB)
-6
-7
2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018
—••••••Prévision dans PB
-- Comptes nationaux
Données : Budgets votés ; Graphique : CSL
Ici encore les données absolues sont parlantes ! En 2007, alors que le Gouvernement envisageait un
déficit de près d'un milliard, l'exercice s'est finalement soldé par un excédent d'un demi-milliard. En
moyenne, sur la période 2007-2018, en faisant exception des années de crise (2009 et 2010), le
Gouvernement prévoyait un déficit de -926,7 millions, mais il n'a finalement fait qu'un déficit de -208,8
millions. Ainsi, on peut constater que l'écart tourne en moyenne autour de 717,9 millions. D'après les
comptes provisoires pour l'année 2018, l'éc …
Explication IA à partir du texte officiel de la loi. Indicatif, ne remplace pas un conseil juridique.