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En bref

Cet avis concerne le projet de loi sur le budget de l'État pour l'année 2020, ainsi que des modifications apportées à plusieurs lois existantes. Il examine les aspects financiers et les impacts socio-économiques de ce budget.

Ce qu'il réglemente

  • Le budget des recettes et des dépenses de l'État pour l'exercice 2020.
  • Des modifications à la loi générale des impôts (Abgabenordnung).
  • Des ajustements à la loi sur l'impôt sur le revenu.
  • Des changements concernant la taxe sur la valeur ajoutée.

Qui il concerne

  • L'État luxembourgeois et ses administrations.
  • Les contribuables et les bénéficiaires de services publics au Luxembourg.

Points clés

  • Le projet de loi vise à établir le budget de l'État pour l'année 2020.
  • Il modifie plusieurs lois fiscales et financières, dont celles relatives aux impôts et à la TVA.
  • L'avis aborde également la programmation financière pluriannuelle pour la période 2019-2023.
  • Il contient une analyse du contexte socio-économique, de la situation budgétaire et des orientations politiques du budget.
Texte de loi
Texte de loi

111 CHAMBRE DES SALARIES LUXEMBOURG 20 novembre 2019 AVIS 111/29/2019 relatif au projet de loi concernant le budget des recettes et des dépenses de l'État pour l'exercice 2020 et modifiant : 1° la loi générale des impôts modifiée du 22 mai 1931 (Abgabenordnung) ; 2° la loi du 27 juillet 1938 portant création d'un fonds de réserve pour la crise ; 30 la loi modifiée du 4 décembre 1967 concernant l'impôt sur le revenu ; 4° la loi modifiée du 10 mars 1969 portant institution d'une inspection générale des finances ; 5° la loi modifiée du 12 février 1979 concernant la taxe sur la valeur ajoutée ; 6° la loi modifiée du 28 mars 1997 concernant l'exploitation des chemins de fer et 10 approuvant le protocole additionnel du 28 janvier 1997 portant modification de la Convention belgo-francoluxembourgeoise relative à l'exploitation des chemins de fer du Grand-Duché, signée à Luxembourg, le 17 avril 1946 ; 2° approuvant les statuts modifiés de la Société Nationale des Chemins de Fer Luxembourgeois (CFL) ; 3° concernant les interventions financières et la surveillance de l'État à l'égard des CFL et 4° portant modification de la loi du 10 mai 1995 relative à la gestion de l'infrastructure ferroviaire ; 7° la loi modifiée du 24 décembre 1996 portant introduction d'une bonification d'impôt sur le revenu en cas d'embauchage de chômeurs ; 8° la loi modifiée du 28 avril 1998 portant :

  1. a)harmonisation de l'enseignement musical dans le secteur communal ;
  2. b)modification de l'article 5 de la loi du 24 mai 1989 sur le contrat de travail ;
  3. c)modification de la loi modifiée du 22 juin 1963 fixant le régime des traitements des fonctionnaires ; 9° la loi modifiée du 17 décembre 2010 fixant les droits d'accise et les taxes assimilés sur les produits énergétiques, l'électricité, les produits de tabacs manufacturés, l'alcool et les boissons alcooliques ; 10° la loi modifiée du 29 avril 2014 concernant le budget des recettes et des dépenses de l'État pour l'exercice 2014 ; 11° la loi modifiée du 25 mars 2015 fixant le régime des traitements et les conditions et modalités d'avancement des fonctionnaires de l'État ; 12° la loi du 27 mars 2018 portant organisation de la sécurité civile ; 13° la loi du 10 août 2018 portant organisation de l'Administration de l'enregistrement, des domaines et de la TVA. relatif au projet de loi relatif à la programmation financière pluriannuelle pour la période 2019-2023 18 rue Auguste Lumière L-1950 Luxembourg B.P. 1263 L-1012 Luxembourg T. +352 27 494 200 F. +352 27 494 250 cslecs1.1u vvvvvv.cs1.1u 2/90 Table des matières 1 Le contexte socio-économique 9 1.1. Situation économique 9 1.1.1. PIB nominal, en volume, potentiel 9 1.1.2. Inflation 11 1.1.3. Productivité 12 1.1.4. Salaires 13 1.2. Escalade des inégalités et de la pauvreté 1.2.1. Le coefficient de Gini des inégalités 14 1.2.2. Un taux de risque de pauvreté qui peine à se réduire 15 1.2.3. Un taux de risque de pauvreté des salariés trop élevé au Luxembourg 16 1.2.4. Un taux de risque de pauvreté des chômeurs parmi les plus élevé de l'Union européenne 17 1.2.5. Un surendettement exceptionnellement élevé pour les moins nantis 18 1.2.6. Près d'une famille monoparentale sur deux en risque de pauvreté 20 1.2.7. Près d'un enfant sur cinq en risque de pauvreté ou d'exclusion sociale 20 1.3. inégalité des chances et pauvreté : la face cachée du Luxembourg 2. 3. 14 21 1.3.1. Les offices sociaux 21 1.3.2. La fréquentation des épiceries sociales 23 1.3.3. Les personnes sans abri 23 1.3.4. Ceux qui ont recours à Médecins du monde 25 1.4. Dépenses sociales : le Luxembourg peut mieux faire 25 La situation budgétaire 26 2.1. Les critères européens respectés 26 2.2. Une meilleure situation que prévue et la sous-estimation systématique du solde des Administrations publiques. 27 2.3. Comparaison internationale des soldes publics nominaux avant et après investissements 34 2.4. L'objectif à moyen terme respecté en termes de solde structurel 37 2.5. Recettes et dépenses 40 2.6. Évolution des budgets des différents ministères 44 2.7. La dette publique brute 47 2.8. Le coût lié au service de la dette publique brute en baisse 50 2.9. La dette nette 52 Les accents politiques du projet de budget pour 2020 54 3.1. Modifications en matière fiscale 54 3.2. Soutien à l'économie luxembourgeoise 57 3.3. Les politiques en matière familiale et d'intégration 57 3.4. Les efforts en faveur de l'innovation et de la recherche 62 3.5. La poursuite des efforts en matière de logements 66 3.6. Les efforts en faveur de l'environnement 66 3/90 3.7. Une politique d'investissement ambitieuse ? 71 3.7.1. Selon la loi budgétaire 72 3.7.2. Selon la comptabilité nationale 75 3.7.3. La situation des fonds spéciaux de l'État 77 3.8. Une politique d'investissement qui ne répond ni aux défis actuels, ni aux besoins futurs Conclusion 87 89 4/90 Sommaire des graphiques Graphique 1 : Évolution du PIB en volume et variation par rapport à l'année précédente, Luxembourg 10 Évolution du PIB nominale et variation par rapport à l'année précédente, Luxembourg 10 Graphique 3 : PIB en volume (aux prix 2010 et en indice 2010=100) 11 Graphique 4 : Évolution de l'indice des prix (2015=100) 11 Graphique 5 : Valeur ajoutée par emploi, en volume et en valeur 12 Graphique 6 : PIB par actif occupé, prix constant (2010=100) 12 Graphique 7 : Évolution des grandeurs macro-économiques utilisées dans le calcul de la productivité (2010=100) 13 Graphique 8 : Évolution des salaires réels 13 Graphique 9 : Évolution du coefficient de Gini après impôts et transferts, ensemble de la population 14 Graphique 2 : Graphique 10 : Coefficient de Gini du revenu disponible avant impôts et transferts puis après impôts et transferts, ensemble de la population, 2016 15 Graphique 11 : Taux risque de pauvreté, Luxembourg 15 Graphique 12 : Taux de risque de pauvreté des salariés, 18-64 ans 16 Graphique 13 : Évolution du taux de risque de pauvreté des salariés, 16-64 ans 16 Graphique 14 : Taux de risque de pauvreté des personnes au chômage, 18-64 ans 17 Graphique 15 : Parts des chômeurs indemnisés et non-indemnisés, Luxembourg 18 Graphique 16 : Proportion de chômeurs indemnisés selon le genre, Luxembourg 18 Graphique 17 : Part des ménages dont le ratio dette/revenu est supérieur à 300%, 2014 19 Graphique 18 : Nombre de logements pour mille habitants et poids des logements neufs dans le parc immobilier, 2015 19 Graphique 19 : Pauvreté des monoparentaux et des ménages 20 Graphique 20 : Enfants menacés de pauvreté ou d'exclusion sociale 21 Graphique 21 : Nombre de dossiers encodés 2012-2017 22 Graphique 22 : Fréquentation des épiceries sociales, nombre de personnes 23 Graphique 23 : Nombre de bénéficiaires de la Wanteraktioun 24 Graphique 24 : Poids des dépenses sociales dans le PIB 25 Graphique 25 : Répartition des dépenses sociales, Luxembourg, 2017 26 Graphique 26 : Déficit/surplus public en pourcentage du PIB nominal du Luxembourg et de l'Union européenne, 2009-2018 27 Graphique 27 : Évolution du solde des Administrations publiques, en millions, 2010-2023 28 Graphique 28 : Administrations publiques: écart entre les budgets votés et les comptes nationaux (% du PIB) 30 Graphique 29 : Administration centrale: écart entre les budgets votés et les comptes nationaux (% du PIB) 32 Graphique 30 : Solde public, 2017 et 2018 (besoin net ou capacité nette de financement du secteur consolidé des administrations publiques, en % du PIB) 34 Graphique 31 : Comparaison de différentes sources de données sur l'évolution du solde structurel 38 Graphique 32 : Estimations du solde structurel de l'année 2013 réalisées successivement par la Commission européenne, Luxembourg, pourcentage du PIB 39 5/90 Graphique 33 : Dépenses et recettes budgétaires hors opérations financières du budget de l'État suivant la législation sur la comptabilité de l'État, en millions, 2019*-2023 43 Graphique 34 : Dépenses et recettes de l'Administration centrale, au sens du Système Européen des Comptes SEC2010, en millions 43 Graphique 35 : Évolution du besoin/capacité de financement de l'Administration centrale, en millions, 2019*-2023 44 Graphique 36 : Évolution des budgets des ministères entre 2019 (budget voté) et 2020 (projet de budget), en milliards d'euros 45 Graphique 37 : Taux de variation des budgets entre 2019 (Budget 2019 voté) et 2020 (Projet de Budget 2020) par ministère, en % 46 Graphique 38 : L'évolution de la dette publique brute du Luxembourg, 2015-2023, en millions et en % du PIB 47 Graphique 39 : Évolution prévisible de la dette brute des administrations publiques entre 2015 et 2023 en millions et en % du PIB 48 Graphique 40 : Dette publique brute en % du PIB, 2007-2018 48 Graphique 41 : Dette brute consolidée des administrations publiques, en % du PIB, 2017 et 2018 49 Graphique 42 : Projections de la dette dans le scénario de référence, pourcentage du PIB 49 Graphique 43 : Évolution de la dette publique brute et du coût lié au service de la dette, en millions d'euros, 2018-2023 51 Graphique 44 : La marge de manoeuvre budgétaire 52 Graphique 45 : Montant absolu de la réserve de compensation au 31 décembre 2018 (en millions d'euros) 53 Graphique 46 : Dette publique et position nette, en % du PIB, 2010-2019 54 Graphique 47 : Évolution du nombre d'enfants bénéficiaires par groupe d'âge et des familles attributaires, 2008-2018, situation au 31 décembre (paiements courants) 58 Graphique 48 : Évolution du montant moyen dépensé par l'État par enfants par an pour les allocations familiales 60 Graphique 49 : Prêt cumulé par étudiant sur la durée totale de ses études (BAC+5) 64 Graphique 50 : Évolution des refus des aides aux études supérieures sous forme de bourses 65 67 Graphique 51 : Émissions de gaz à effet de serre et part des énergies renouvelables Graphique 52 : Consommations d'énergie primaire et finale 67 Graphique 53 : Évolution des investissements environnementaux et climatiques 68 Graphique 54 : Répartition des investissements environnementaux et climatiques en 2020 69 Graphique 55 : Écarts entre niveaux d'investissement (dépenses ajustées) annoncés et réalisés par le fonds du rail 74 Écarts entre niveaux d'investissement (dépenses ajustées) annoncés et réalisés par le fonds des routes 75 Graphique 57 : Écarts entre niveaux d'investissement directs et indirects annoncés et réalisés (comptabilité nationale ; administration centrale) 75 Graphique 58 : Investissements publics nets en % du PIB 76 Graphique 59 : Investissements publics bruts et nets (2001=100) 76 Graphique 60 : Décomposition des investissements publics et privés au Luxembourg ; en % du PIB 77 Graphique 61 : Comparaison des niveaux d'investissements publics et privés ; en % du PIB 77 Graphique 62 : Évolution des dépenses des fonds spéciaux de l'État 79 Graphique 56 : 6/90 Graphique 63 : Évolution des dépenses des fonds spéciaux de l'État 79 Graphique 64 : Évolution des recettes des fonds spéciaux de l'État 80 Graphique 65 : Évolution des recettes des fonds spéciaux de l'État 80 Graphique 66 : Recettes et dépenses des fonds spéciaux de l'État 81 Graphique 67 : Évolution des avoirs des fonds spéciaux de l'État 82 Graphique 68 : Évolution des avoirs des fonds spéciaux de l'État 82 Graphique 69 : Évolution des dépenses des fonds spéciaux de l'État 83 Graphique 70 : Évolution des recettes des fonds spéciaux de l'État 83 Graphique 71 : Évolution des avoirs des fonds spéciaux de l'État 84 Graphique 72 : Évolution des dépenses du fonds des routes 85 Graphique 73 : Évolution des recettes du fonds des routes 85 Graphique 74 : Évolution des dépenses du fonds du rail 86 Graphique 75 : Évolution des recettes du fonds du rail 86 7/90 Sommaire des tableaux Tableau 1 : Projections à moyen terme 2019-2023 Tableau 2 : Évolution de la fréquentation des foyers d'urgence de nuit, 2010 -2017 9 24 Tableau 3 : Soldes publics 2014-2020 en % du PIB 28 Tableau 4 : Soldes publics 2014-2020 en valeur absolue 28 Tableau 5 : Soldes publics 2019-2023 en % du PIB et en valeur absolue 28 Tableau 6 : Administrations publiques: écart entre les budgets votés et les comptes nationaux (% du P1B) 29 Tableau 7 : Administrations publiques : écart entre les budgets votés et les comptes nationaux (millions) 31 Tableau 8 : Administration centrale: écart entre les budgets votés et les comptes nationaux (% du P1B) 31 Tableau 9 : Administration centrale : écart entre les budgets votés et les comptes nationaux (millions) 33 Tableau 10 : Soldes nominaux des Administrations publiques au sein des États membres, en pourcentage du PIB 35 Tableau 11 : Soldes nominaux de l'Administration centrale au sein des États membres, en pourcentage du Pl B 36 Tableau 12 : Solde structurel du Luxembourg 38 Tableau 13 : Évolutions des recettes et des dépenses en 2020 par rapport au projet voté de 2019, en millions et en % 41 Tableau 14 : Recettes budgétaire, en millions d'euros, 2018-2020 42 Tableau 15 : Évolution du coût lié au service de la dette publique, en millions d'euros, 2018-2023 50 Tableau 16 : Montants des allocations familiales selon le nombre d'enfants en euros avant et après la réforme d'août 2016 58 Tableau 17 : Montants par enfant avant et après réforme 59 Tableau 18 : Montants par enfant avant et après réforme 60 Tableau 19 : Évolution des dépenses des allocations familiales et du boni pour enfant — en million d'euros 60 Tableau 20 : lre simulation : Études supérieures à l'Université du Luxembourg, montants à disposition des deux familles types pour financer, sans prêt, la scolarité des enfants. 63 Tableau 21 : 2e simulation : Études supérieures à Liège, montants à disposition de deux familles type pour financer, sans prêt, la scolarité des enfants 63 Tableau 22 : Montant en bourse alloué en 2018 aux familles 1 et 2 selon le lieu d'étude avec le budget annuel estimé. 64 Tableau 23 : Répartition des prévisions d'investissements environnementaux et climatiques en 2020 70 Tableau 24 : Évolution des prévisions d'investissements environnementaux et climatiques en 2020 70 Tableau 25 : Investissements directs et indirects de l'Etat 71 Tableau 26 : Soldes des budgets de l'État selon la loi du 8 juin 1999 sur le budget, la comptabilité et la trésorerie de l'État 73 Tableau 27 : Relevé des fonds spéciaux susceptibles d'être directement alimentés par des emprunts 81 8/90 9/90 Par lettres en date du 14 octobre 2019, M. Pierre Gramegna, ministre des Finances, a soumis à l'avis de la Chambre des salariés (CSL) les projets de loi sous rubrique. 1. Le contexte socio-économique Le tableau reprend les principales projections économiques sous-jacentes à l'établissement du projet de budget. Le tableau indique que, par le passé et selon les projections, la croissance économique luxembourgeoise mesurée par le PIB en volume est toujours plus ou moins le double de celle de la zone euro. Tableau 1 : Projections à moyen terme 2019-2023 1995-2018 2018 2019 2020 2021 2022 2023 1.3 1.2 Évolution en % (ou specifié différemment) Environnement international PIB zone euro (vol.) Principaux agrégats macroéconomiques 1.6 1.9 1.1 1.1 1.4 Évolution en % (ou specifié différemment) PIB valeur (mia EUR) Idem, évolution en % 6.0 PIB (en vol.), évolution en % Emploi total intérieur', évolution en % 3.2 Taux de chômage (% de la pop. active, 3.3 déf. ADEM Indice des prix à la consommation 1.9 (IPCN)2 Echelle mobile des salaires, évolution 1.8 en % Coût salarial nominal moyen, évolution 2.8 en % 60.05 5.7 3.1 3.8 62.35 3.8 2.4 3.7 65.30 4.7 2.4 3.2 68.77 5.3 3.5 3.0 72.37 5.2 3.0 2.6 75.70 4.6 2.5 2.0 5.5 5.4 5.5 5.3 5.2 5.5 1.5 1.9 1.7 1.6 1.8 1.7 1.0 1.9 2.1 1.0 1.7 2.3 3.3 3.1 1.9 1.6 2.5 2.5 (Source : projet de budget pour l'exercice 2020) 'Concept comptes nationaux 2 Évolution moyenne de 2000-2018 1.1. Situation économique La récente publication par le STATEC des comptes nationaux annuels met en lumière une relative embellie conjoncturelle au Luxembourg depuis 2013. La nouvelle notification d'octobre 2019 est encore favorable pour le Luxembourg 1.1.1. PIB nominal, en volume, potentiel Plus précisément, en ce qui concerne le PIB en volume, il s'est positionné à un rythme de croissance annuel de 3,1% en 2018, sur un rythme accéléré par rapport à 2017 (1,8%), mais à un niveau inférieur à celui amorcé lors de la reprise en 2013. De plus, cette progression de la croissance en 2018 est à un niveau inférieur par rapport à la progression moyenne enregistrée au cours des cinq années précédant la crise de 2008, mais largement supérieure à la moyenne de la zone euro. 10/90 Graphique 1 : Évolution du PIB en volume et variation par rapport à l'année précédente, Luxembourg 1/1 .2 55.000 8,4% 50.815 2 50.000 10% 8% 4,9% 45.000 • 40.000 lem PIB volume 35.000 30.000 Taux de variation, édd 25.000 20.000 15.000 00 00 0 0 0 0 0 0 0 0 d 0 0 0 0 0 0 Z 0 0 0 0 0 0 0 1, 1, 1, 1, 1, 1, 1, 1, 1, 1, 1, 1, 1, 1, 1, 1, Données : Statec (e2101) ; Note : édd - échelle de droite Du côté du PIB nominal qui est absolument essentiel en ce qui concerne l'analyse des finances publiques, on observe aussi que notre économie a réalisé de belles performances au cours des dernières années sous revue. La croissance en valeur s'est ainsi établie à 5,7% en 2018. Précisons que pour les finances publiques, il est important de se référer au PIB courant car les recettes fiscales en dépendent directement. Rappelons que la différence entre le PIB en volume et en valeur se caractérise par le fait que le PIB en volume fait abstraction des variations de prix car son objectif est de quantifier la création du « volume » c'est-à-dire de richesses hors effet prix. Le PIB exprimé en valeur tient quant à lui compte des évolutions des prix. Les graphiques ci-après témoignent d'évolutions divergentes entre le PIB en volume et en valeur. Graphique 2 : Évolution du PIB nominale et variation par rapport à l'année précédente, Luxembourg 12,6% 70.000 12,5% 60.000 50.000 5,6% 6,7% /*\* ••••• 8,7% * 7,4% 10,0% 7,2% 7,5% 40.000 5,0% 30.000 2,5% 20.000 0,0% met PIB en valeur édd 10.000 -2,5% -5,0% e e "19 e e e '19 '19 e '19 '19 '19 e '19 '19 e Données : Statec (e2100) ; Note : édd - échelle de droite Ceci n'est évidemment pas sans conséquence car bien que nombre d'indicateurs des finances publiques soient exprimés en fonction du PIB nominal, le raisonnement est basé sur des projections du PIB exprimées par convention en volume. De ce fait, les recettes fiscales dont on prévoit l'évolution dans les projets de budget selon un raisonnement à partir du Pl B réel risquent d'être sous-estimées ce qui peut influencer la prise de décisions concernant les finances publiques. 11/90 Graphique 3 : P1B en volume (aux prix 2010 et en indice 2010=100) 137,31 142 136 7% 6% 128,81 • 130 124 5% e op 4% IN ni. rsi 3% N 118 ad 116,26 112 106 100 2% 1% 0% 94 Luxembourg 88 82 76 ‘, rn Ln ooO o 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 rn [A 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 IN IN IN r4 r4 IN IN rsJ r4 r4 r4 r4 r4 co o", o 0 r4 0 0 r4 (NI 0 0 rn r4 0 ....Ji ni CO 4-1 0 IN al 0 ni ni dd er o o o o o IN PIB aux prix 2010 Union européenne al 0 r4 Variations annuelles Donnée : AMECO, Statec1 ; Note : les données à partir de 2019 sont provisoires ou sont des projections. Le graphique précédent illustre la croissance luxembourgeoise fortement supérieure à celle de la moyenne de l'Union européenne (UE). 1.1.2. Inflation Depuis 2011, le Luxembourg enregistre une inflation globalement en ligne avec celle affichée par l'Union européenne et chez ses voisins. L'économie n'apparaît donc pas comme une exception caractérisée par une inflation structurellement supérieure aux autres économies européennes et notre pays ne peut, à ce titre, être accusé de perdre de la compétitivité à cet égard. Cette évolution à la fois convergente et à la baisse depuis 2011 est d'ailleurs particulièrement préoccupante car désormais le Luxembourg se situe lui aussi comme la plupart des pays de la zone euro, très largement sous le seuil de 2,0% que la BCE2 souhaite voir « approché » par les États membres de sa zone monétaire. Graphique 4 : Évolution de l'indice des prix (2015=100) 112 110,2 110 • 107,9 108 4 106 • 107,2 • 106,4 BE 104 DE 102 FR 100 98 96 94 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 Données : AMECO I Working Paper n°105, Projections économiques à moyen terme 2019-2023 2 BCE : Banque centrale européenne. 2018 2019 2020 12/90 1.1.3. Productivité Depuis 2010, la productivité luxembourgeoise n'aurait absolument pas progressé voire même diminué, ceci en raison de l'évolution de la valeur ajoutée en volume correspondant presque exactement à celle de l'emploi. Mais, ce n'est pas le cas de la valeur ajoutée nominale qui, elle, a progressé de 15% depuis 2010, laissant ainsi aux entreprises une large marge de manœuvre concernant leurs niveaux de productivité et de marges. Graphique 5 : Valeur ajoutée par emploi, en volume et en valeur 120 115 110 VA Volume par emploi 105 VA Valeur par emploi 100 95 90 00 fs, r.1 m rsi r-f c‘i Données : Statec Est-il logiquement possible que le Luxembourg n'ait connu absolument aucun gain de productivité en 18 ans ? Durant cette période, de nombreux investissements ont été réalisés. Le niveau de la main d'œuvre a probablement très nettement progressé. Des progrès organisationnels ont certainement été mis en place... Et comparativement à la moyenne européenne, le Luxembourg s'en tire plutôt mal. Le PIB par actif occupé aurait chuté de près de 2% depuis 2010 quand celui de l'Union européenne aurait progressé de 6,5%. Est-il réellement possible qu'aucun gain de productivité n'ait été réalisé et qu'aujourd'hui un salarié, pourtant équipé de matériels nettement plus performants (ne pensons par exemple qu'à l'informatique), ne produise pas plus qu'un salarié de 2010 ? Graphique 6 : PIB par actif occupé, prix constant (2010=100) 108 106,5 106 104 Luxembourg 102 Union européenne 100 98,1 98 96 LO rV Données : Ocde rr‘i 13/90 La réponse est déjà connue et apparente sur le graphique suivant : l'emploi progresse plus vite que la valeur ajoutée en volume, ce qui techniquement fait chuter la productivité. Alors, est-ce les travailleurs qui ne sont pas productifs ou l'indicateur qui n'est pas adapté ou mal appréhendé ? La Chambre des salariés (CSL) a déjà à maintes reprises illustré les problèmes méthodologiques inhérents à ce calcul de la productivité et la non-fiabilité des données en volume. Graphique 7 : Évolution des grandeurs macro-économiques utilisées dans le calcul de la productivité (2010=100) 150 147,5 140 124,8 130 120 121,0 110 100 96,9 90 2009 2010 2011 VA Valeur 2013 2012 VA Volume 2014 2015 Emploi 2016 2017 2.018 VA Volume par emploi Données : Statec 1.1.4. Salaires Si l'on compare l'évolution des salaires réels moyens après la crise économique et financière aux neuf années précédant la crise, on remarque que les salaires réels ont augmenté beaucoup moins vite depuis la crise (à l'exception de l'Allemagne, de la Pologne et de la Bulgarie). Dans quatre autres pays3, les salaires réels ont même diminué depuis 2009. Ce renversement et ce ralentissement de la convergence salariale peuvent être principalement attribués à l'effet négatif de l'approche unique de gestion de crise de l'UE, fondée sur l'austérité, la déréglementation du marché du travail, la flexibilité et la modération des salaires. Graphique 8 : Évolution des salaires réels 6% 112000-2009 02009-2018 5% 4% 3% 2% 1% 0% e g e ji g e ii-L la—, III L.J i irridi iin r e m -1% e 0 rsi 00 -2% _ q u0 c'J — -3% DE BE IT AT NL LU FR ES PO Fl UK DK SE EL IE HU SK CZ EE Données AMECO 'Parmi ceux représentés 14/90 1.2. Escalade des inégalités et de la pauvreté Depuis la survenue de la crise de 2008, les principaux indicateurs décrivent l'émergence d'une frange de pauvreté ainsi que la montée des inégalités. Mais les origines sont encore plus profondes Le coefficient de Gini est l'indicateur phare de mesure du degré d'inégalité dans la distribution des revenus. Pour rappel, cet indicateur prend des valeurs qui vont de zéro, situation dans laquelle tous les individus ont un revenu strictement égal, à cent, ce qui signifie alors qu'une seule et unique personne détient tous les revenus et que les autres individus n'ont rien. 1.2.1. Le coefficient de Gini des inégalités L'évolution de cet indicateur au Luxembourg témoigne d'une véritable explosion des inégalités depuis 2011 comme en témoigne le graphique qui suit. Bien que les années 2014 et 2015 aient été marquées par une légère baisse de ce coefficient pour notre économie, cette diminution n'a pas permis de retrouver le niveau d'inégalités d'avant la dernière crise économique. Cette évolution est d'autant plus préoccupante qu'il y a quelques années, avant la survenue de la crise, le Luxembourg détenait la répartition des revenus la moins inégalitaire par rapport à ses pays voisins, ce qui n'est actuellement plus le cas. Plus encore, il dépasse largement la moyenne de l'UE27 depuis 2016. Ces remarques signifient que les politiques gouvernementales actuelles et passées n'ont pas vraiment permis de freiner cette tendance amorcée dès le début des années 2000. Graphique 9 : Évolution du coefficient de Gini après impôts et transferts, ensemble de la population 34 33,2 33 32 31 30 29 Luxembourg 28 27 27,2 26 ro 0 0 ,i- 0 0 r•I
  4. us)0 0 r-J
  5. ll)0 0 rq Données : Eurostat, itc dil2 r--0 0 r.,1 00 0 0 cg Cl 0 0 c 0 ,-I 0 r ,-1 ,--I 0 c-.1 r•I v-I 0 c-,1
  6. rr),-i 0 rN d' ,--! 0 N.I Ln ,-i 0 (-.4 LID ,-I 0 r.,J I-,-I 0 rq CO ,-I 0 NI 15/90 Graphique 10 : Coefficient de Gini du revenu disponible avant impôts et transferts puis après impôts et transferts, ensemble de la population, 2016 0,6 Cs1 Lfl cs o o o o 0 SK SI CZ Fl DK BE HU SE AT PO NL FR DE LU IE EE IT PT EL ES LT UK LT • après transferts I écart entre les deux coefficients de Gini 0 avant transferts Sources : Eurostat, OCDE 1.2.2. Un taux de risque de pauvreté qui peine à se réduire Du côté de l'analyse de la pauvreté, on observe également une dégradation de la situation globale qui va de pair avec celle des plus pauvres. L'évolution à la hausse du taux de risque de pauvreté au fil du temps montre que ce risque touche désormais près d'un résident sur six après transferts sociaux. Et s'il est vrai que sur les deux dernières années, le taux de pauvreté tend à se situer aux alentours de 18%, le graphique ci-dessous montre clairement que la condition des plus pauvres parmi les pauvres s'est fortement dégradée : leur taux de risque de pauvreté a plus que doublé en 9 ans et s'est accru de 17,2% entre 2017 et 2018. Cette situation rend plus que jamais nécessaire une réorientation des priorités vers les transferts sociaux en vue d'endiguer cette évolution intolérable qui va à contre-courant de la cohésion sociale. Graphique 11 : Taux risque de pauvreté, Luxembourg 20% 180% 18,3 18% 160% 16% 140% - 14% 120% 12% 100% 10% 80% 8% 60% 6% 40% - 40% 50% à 60% 4% 20% 2% 0% 0 o 0 0 0 r-i 0 0 ▪ O O 0 0 r-I 0 COO o ,-I O Source : Eurostat 16/90 1.2.3. Lin taux de risque de pauvreté des salariés trop élevé au Luxembourg Plus en détails, il convient ici de faire une parenthèse à propos de la situation des travailleurs afin de confirmer si les indicateurs du marché de l'emploi qui semblent pointer dans la direction d'un plein emploi se répercutent ou non au niveau des travailleurs ainsi que des chômeurs. Quand l'intérêt se porte sur le taux de risque de pauvreté des salariés, on remarque d'emblée que le Luxembourg a la pire situation par rapport à ses voisins et de très loin ; mais aussi qu'il n'est pas particulièrement bien situé par rapport aux autres États membres, avec en 2018 plus d'une personne salariée sur huit qui risque de sombrer dans la pauvreté en dépit du fait qu'elle travaille ! Graphique 12 : Taux de risque de pauvreté des salariés, 18-64 ans 24% 2017 m2018 Q. 00 20% 16% 12% oo 8% CS, o o -1 oo 06 a, od," h. N r•-• — 4% 0% Fl CZ NL BE MT DK SE SI IE FR SK PL AT DE HR UK EE ZE UE PT LT LV ES LU CY RO IT EL HU BG Données : Eurostat (llc_peps02) En termes d'évolution, le Luxembourg affiche depuis 2009 la plus forte croissance du taux de risque de pauvreté avec une hausse de 28,0% de l'indicateur en 9 ans alors que, pour la zone euro, l'évolution n'est que de 16,2%. Graphique 13 : Évolution du taux de risque de pauvreté des salariés, 16-64 ans Zone euro Luxembourg 13,2 12,8 • 9% 8% 7% • 6% 6,8 7,9 5% 4% 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 Données : Eurostat (itc Ii04) Ainsi le fait de posséder un emploi ne suffit pas toujours pour éviter la pauvreté ; il suffit d'une structure familiale composée par exemple de deux ou plusieurs personnes à charge et d'un seul travailleur, ou ne disposant que de faibles revenus en raison d'une série de problèmes liés au marché du travail tels qu'un chômage récurrent, l'incapacité à trouver un travail à temps plein ou la faiblesse des salaires pour donner corps à un problème qu'il est convenu d'appeler pauvreté au travail. 17/90 1.2.4. Un taux de risque de pauvreté des chômeurs parmi les plus élevé de l'Union européenne Du côté des personnes au chômage, leur risque de sombrer dans la pauvreté est tel que plus de sept chômeurs sur dix sont susceptibles de devenir pauvres en 2017 (plus précisément 72,1% alors que ce taux n'était que de 50,1% en 2013) Graphique 14 : Taux de risque de pauvreté des personnes au chômage, 18-64 ans 90% 80% 72,1 70% 60% 50% 40% 30% 20% 10% 0% 111111 1111111 11 Il1JI 111111 Fl CZ NL BE MT DK SE SI IE FR SK PL AT DE HR UK EE ZE UE PT LT LV ES LU CY RO IT EL HU BG Données Eurostat (11c_peps02) Dans ce contexte, l'absence de baisse franche et massive du taux de chômage de longue durée en dépit du redressement de la conjoncture laisse craindre une détérioration de cette situation au cours des années à venir. Il est ici aussi important de se poser la question de l'insertion des jeunes chômeurs qui sont pour plus de la moitié d'entre eux peu ou pas qualifiés4 et de savoir s'ils vont pouvoir éviter de tomber dans ce piège de pauvreté qui risque non seulement de les marginaliser mais aussi de générer une véritable fracture sociale au sein de la société à moyen terme. La part des chômeurs indemnisés connaît une hausse régulière entre 2000 et 2005, ce qui est le signe d'une absorption rapide des demandeurs d'emploi par le marché du travail. En effet, ceux-ci ne sont, sans doute, pas assez longtemps au chômage pour arriver en fin de droits. Cette part se stabilise ensuite aux alentours de 55 % jusqu'au milieu de l'année 2014. S'ensuit une nouvelle période qui voit un revirement de tendance. En effet, la part des chômeurs indemnisés diminue peu à peu, jusqu'à descendre sous la barre des 50 %. Depuis mars 2017, une légère amélioration se fait sentir et la proportion des chômeurs indemnisés redevient majoritaire en 2018. Selon les données de l'ADEM, les moins de 30 ans au chômage ont atteint pour 50,8 % au maximum le niveau secondaire inférieur, pour 35,2% le niveau le niveau secondaire supérieur et pour 14,6% le niveau supérieur. 18/90 Graphique 15 : Parts des chômeurs indemnisés et non-indemnisés, Luxembourg 100% 90% Chômeurs indemnisés 80% 70% 60% 50% 40% 30% 20% Chômeurs non indemnisés 10% 0% 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 Note : rupture de série à partir de juin 2006 Données ADEM, graphique CSL Si l'on se penche sur la question du genre, l'on constate que la situation des femmes est nettement plus inquiétante que celle des hommes. Les femmes au chômage sont moins souvent indemnisées que la gent masculine. Alors qu'en moyenne seules 47,1 % des femmes bénéficient du chômage indemnisé, sur la période 2009-2018, plus d'un homme sur deux est dans ce cas (58,8 %). Graphique 16 : Proportion de chômeurs indemnisés selon le genre, Luxembourg Hommes , 70% écart en pp Femmes 65% 60% 55% 50% 45% 40% 35% 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 Données ADEM, graphique CSL 1.2.5. Un surendettement exceptionnellement élevé pour les moins nantis Entre 2008 et 2018, les prix rée1s5 des logements ont augmenté de près de 40% au Luxembourg notamment sous l'effet de la croissance démographique, d'un manque de terrains disponibles à la construction et de la spéculation foncière. La croissance économique soutenue ainsi que la faiblesse des taux d'intérêt ont contribué à doper la demande de logements et, qui plus est, à la financer par l'endettement. Le ratio dette sur revenu s'y est alors envolé. Le graphique suivant se concentre sur l'un des indicateurs permettant d'identifier les ménages les plus vulnérables, ceux dont la dette correspond à plus de 3 ans de revenus. Si près de 40% des ménages sont dans ce cas, quand l'attention se porte sur ceux ayant le moins de patrimoine (les 20% les moins nantis), le taux d'endettement passe à près de 100%. Ces ménages pourraient se retrouver dans une situation délicate en cas de retournement du marché immobilier, de perte d'emploi ou de hausse des taux d'intérêt, la plupart des emprunts étant à taux variables6. 5 C'est-à-dire abstraction faite de l'inflation 6 Selon la BCL 19/90 Graphique 17 : Part des ménages dont le ratio dette/revenu est supérieur à 300%, 2014 97,4 • 100% Il Ensemble des ménages 90% • Ménages appartenant au quintile de patrimoine inférieur 80% 70% 59,0 60% 49,7 50% * 62,6 • • • A • . 4 * 40% 25,7 30% le, • 20% •• • . • • 27,8 13,2 16,7 I lovo 111111111111111 ll II II 0% IIIIIII 31 SK PO SI EE Fl LV HU DE BE FR IT EL IE NL ES PT AT LU Données OCDE En effet, des prix immobiliers élevés entraînent un recours à l'emprunt (hypothécaire) plus important, ce qui enclenche une nouvelle hausse des prix de l'immobilier exacerbée par la relative rareté des mises en chantier et la forte croissance démographique. En contrepartie, il est nécessaire de mettre en œuvre des solutions permettant aux plus démunis de réaliser leur projet d'acquisition, à l'instar du bail emphytéotique. Replàcé dans un contexte européen, le Luxembourg a, en 2015, un nombre de logements pour 1 000 habitants très faible au Luxembourg (413,5) juste derrière la Slovénie (409,8), la Pologne (363,2) et la Slovaquie (360,0), et loin de ses voisins7 : Allemagne (510,4) et France (546,4). En revanche, concernant le poids des nouveaux logements dans l'ensemble du parc de logements, il devance la plupart des pays représentés avec un taux de 1,16%, mais pour rattraper son retard sur le nombre de logements, il lui faut encore en accélérer la création. Graphique 18 : Nombre de logements pour mille habitants et poids des logements neufs dans le parc immobilier, 2015 • nouveaux logements / parc • Logements / 1000 hab. co 675 600 525 450 375 300 225 150 75 0 1,4 1,16 o 0 .. IG° iî 111111 0 IJ 0 0 00 0 1,2 1,0 0,8 0,60 0,11 II ° PT HU LV UK î CZ DK LT DE EE IE NL SI ES SK SE AT Fl PO LU FR CH IT EL Données OCDE 7 1,18 11 n'y a pas de données disponibles pour la Belgique 0,6 0,4 0,2 0,0 20/90 1.2.6. Près d'une famille monoparentale sur deux en risque de pauvreté Du côté des familles monoparentales, le Luxembourg ne fait guère meilleure figure et, si leur taux de risque de pauvreté a baissé plus fortement que le taux national entre 2017 et 2018 (au seuil de 60% du revenu médian équivalent (RME), ce n'est pas le cas pour les deux échelons concernant les plus pauvres parmi les pauvres (à 40% du RME, le taux augmente de 1,2 point de pourcentage, à 50% du RME, la hausse est de 0,3 point). Graphique 19 : Pauvreté des monoparentaux et des ménages e 40% RME 50% 50% RME IM 60% RME 45% 40% 35% 30% 25% 20% 15% 10% 5% 0% rq ro ci- Ln (D h 00 o rq ro • Ln (D h 00 0 1,1 Cr Ln (D r•-• oo m o O Ln (D h 00 • r-i 1-1 g-1 ri g-1 g-1 g-1 <-1 000000 • 000 000000000 000000000 000 00000 • 0 rq rq c b rsi rsi c.] rs: b c.., ni NI NI NI NI NI NJ b b 1, 1 NI NI 1,1 b c,1 rq NJ N/ NI NI NI cN rq Tous types de ménages confondus Personne seule avec enfants dépendants sans enfant dépendant avec enfants dépendants Ménages Données : Eurostat (itc_peps02) Et globalement, le taux de risque de pauvreté des ménages avec enfant(
  7. s)dépendants(
  8. s)est plus élevé que celui des ménages sans enfant dépendant, le taux des ménages avec enfants étant tiré vers le haut par les ménages monoparentaux. Ce qui conduit à s'interroger sur le risque de pauvreté des enfants et plus précisément sur l'indicateur « taux de risque de pauvreté ou d'exclusion sociale des enfants ». 1.2.7. Près d'un enfant sur cinq en risque de pauvreté ou d'exclusion sociale Si, dans la zone euro et en Allemagne, ce taux est sur une pente décroissante depuis 2010, il n'en est pas de même des autres voisins du Luxembourg qui connaissent des évolutions chaotiques sur une étendue allant de 19,6% à 23,3% et qui, en 2018, sont au-dessus de leur moyenne historique. Le Grand-Duché est aussi dans ce cas, mais l'amplitude des fluctuations est plus grande, allant d'un minimum de 20,9%

(2008)à un maximum de 26,4%
(2014), le taux observé en 2018 étant à mi-chemin entre ces deux limites. 21/90 Graphique 20 : Enfants menacés de pauvreté ou d'exclusion sociale 28% 26% • 24,8 24% 23,5 22% • 23,3 Zone euro Belgique 21,9 20% • 19,4 France Luxembourg 18% 17,3 16% CO t-I Cg CO g-1 r4 c.j hl r-1 Lfl L.D b CO hl Données : Eurostat (TESPM040) À ce propos, si la stratégie Europe 2020 promeut l'inclusion sociale, en particulier par la réduction de la pauvreté, le Luxembourg n'est pas particulièrement sur la bonne voie pour certains groupes de sa population, à l'instar du groupe des personnes seules avec enfant(s) à charge. Les transferts sociaux qu'elles reçoivent sont manifestement trop faibles pour les sortir de la pauvreté, qu'il s'agisse des prestations familiales, des indemnités de chômage, du niveau des pensions alimentaires, etc. Ces manques de revenu ne peuvent qu'engendrer, tant pour les adultes concernés que pour leurs enfants, des privations matérielles liées aux biens durables, au logement, à l'environnement de l'habitat, mais aussi des privations non-matérielles liées au manque d'estime de soi, un repli sur soi, etc. pouvant conduire à une exclusion sociale. 1.
  1. Inégalité des chances et pauvreté : la face cachée du Luxembourg Par rapport à cet axe, également illustré dans le tableau de bord social, il est nécessaire d'aborder le thème de la pauvreté au Luxembourg. Ici pas d'indicateur tel que voulu par la Commission européenne, mais des chiffres provenant d'association caritatives ou éléments tirés de rapports annuels divers qui permettent de façonner une vision plus large de la pauvreté. 1.3.
  2. Les offices sociaux En principe, toute personne séjournant légalement au Grand-Duché de Luxembourg a droit à l'aide sociale pour assurer l'accès aux biens et aux services adaptés à une situation particulière. De 2012 à 2016, les dossiers encodés par les offices sociaux ont fortement augmenté. Durant cette période le nombre de demandes d'aide aux 30 offices sociaux du pays est presque quintuplée. Toutefois, en 2017, une décrue de la demande s'amorce tout en restant élevée par rapport à
  3. 22/90 Graphique 21 : Nombre de dossiers encodés 2012-2017 47% 81 336 62 450 52 413 46 416 25% 32 127 2013 2014 2015 2016 2017 1 2012-16 2012-17 Dossiers encodés* Var. moy. par an 17 200 I I 111 2012 *Secours accordé ou notifié par le Conseil d'administration selon l'article 18 de la loi sur l'aide sociale. Source : Ministère de la Famille, de l'intégration et à la Grande Région Pourtant les offices sociaux ne sont pas les seuls à aider les personnes en difficultés et notamment les plus démunis des démunis. Il existe en fait un puzzle d'intervenants touchant plus ou moins des cibles spécifiques et leur offrant des services tout aussi spécifiques. C'est ce que tente de reproduire partiellement le graphique ci-dessous pour l'année
  4. Malheureusement, il ne nous est pas possible de connaître les interactions entre les différents éléments. Néanmoins le graphique montre qu'il y a des besoins assez importants à satisfaire, qu'il s'agisse de boire, manger, se loger, se soigner, etc. Épiceries sociales 67 957 passages BEI caisse Bistrot social : 7 316 passages Wanteraktioun : 20 972 repas Offices sociaux 52 413 secours Stemm vun der Stroos : 104 195 repas 441 consultations médicales Wanteraktioun 864 accueils de nuit Wanteraklioun . 1 792 accueils de jour Médecin du monde environ 600 consultations 8 Seules les possibilités d'aide les plus importants sont reprises. Ne sont notamment pas repris : les logements encadrés (94 personnes), les structures d'accueil (138 personnes), les aides du fonds de solidarité (231 personnes), les personnes logées par l'Agence immobilières sociales (1 643 dont 805 mineurs et les 3567 personnes sur liste d'attente) et ainsi de suite 23/90 1.3.
  5. La fréquentation des épiceries sociales L'objectif des épiceries sociales est de lutter contre l'exclusion en proposant aux personnes touchées par la pauvreté des produits alimentaires et d'hygiène à des prix jusqu'à 70% moins chers que ceux de la grande distribution. Développées au Luxembourg depuis 2009, elles se voulaient être une aide limitée dans le temps. Mais, dix ans plus tard, elles sont toujours présentes, se multipliant même et témoignant hélas de besoins grandissants. Gérées par Caritas Luxembourg et la Croix-Rouge luxembourgeoise, les rapports annuels de ces instituions font état d'un nombre croissant de bénéficiaires, passant de 4 182 personnes en 2014 à plus de 10 000 en 2018, soit une hausse de 25% par an, alors même que la population résidente majeure° ne croît que de 2,6% par an sur la même période. Graphique 22 : Fréquentation des épiceries sociales, nombre de personnes • Caritas Luxembourg le Croix Rouge lux. *Ensemble 9998 9099 7511 4182 Ak 2127 2014 3410 3928 4408 4669 2015 2016 2017 2018 Données : Califes Luxembourg ; Croix Rouge luxembourgeoise Les passages en caisse ont également augmenté entre 2014 et 201710, mais légèrement moins que le nombre de bénéficiaires (avec respectivement +32,6% et 33,7% en moyenne annuelle). C'est donc que de plus en plus de personnes ne disposent pas de revenus satisfaisants pour satisfaire leurs besoins primaires que sont l'alimentation et l'hygiène. 1.3.
  6. Les personnes sans abri La population des sans-abri est difficilement quantifiable, étant exclues des statistiques officielles. Toutefois, il existe des données concernant la fréquentation des diverses structures d'aide aux sansabri qui, si elles ne sont pas exhaustives, permettent de se faire une idée à minima de l'ampleur du problème. En 2017, l'a.s.b.l. Stëmm vun der Strooss a servi 104 195 repas, une augmentation de 4 065 repas par rapport à 2016 (+4,1%) ; L'Action Hiver (Wanteraktioun) se déroule chaque année, en général entre le ler décembre et le 31 mars. Elle garantit aux plus démunis un refuge le jour et la nuit et leur offre un repas chaud à midi. Il s'agit donc d'une prise en charge d'extrême urgence pour protéger les personnes sans domicile du froid hivernal. 9 À l'exclusion des personnes d'au moins 85 ans pour tenir compte des personnes en institution. ° Dernière année où les données sont disponibles. 1 24/90 Graphique 23 Nombre de bénéficiaires de la Wanteraktioun 20972 1792 19789 • Caritas - Nuit 1316 1147 1174 1045 958 18469 1118 957 • Croix-rouge Jour D Repas 1 1 I 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2016 2017 2018 Source Caritas Luxembourg ; Croix Rouge luxembourgeoise Le graphique ci-dessus montre un nombre de personnes fréquentant le foyer de nuit qui tend à diminuer depuis 2013 même si cette baisse n'est pas linéaire. En revanche, la fréquentation du foyer de jour tend à la hausse depuis 2014 et a connu une fréquentation exceptionnelle en
  7. Logiquement les repas chauds servis sont en hausse également avec la même année exceptionnelle que les foyers de jour. Les foyers d'urgence de nuit sont des structures ouvertes toutes les nuits de l'année. Ils ont pour vocation d'être des refuges de dépannage et non de longue durée. Tableau 2 Évolution de la fréquentation des foyers d'urgence de nuit, 2010 -2017 Année Nbre de clients Nbre de nuitées différents Taux moyen Durée moyenne d'occupation de séjour 2010 658 25399 83,84 38,6 jours 2011 601 26795 88,45 44,6 jours 70,2 jours 2012 407 28581 94,08 2013 372 28256 93,27 76 jours 2014 396 27816 92,93 70,2 jours 2015 405 28005 93,57 69,1 jours 2016 354 28721 95,96 81,1 jours 2017 377 28967 96,78 76,8 jours Source : Mifa — rapport d'activité 2017 Malgré un nombre de clients en baisse de plus de 40% entre 2010 et 2017, celui de nuitées s'élève de 14,0%, le taux moyen d'occupation s'approchant de l'unité. Ceci peut vouloir signifier que les séjours des clients s'allongeant (de 5,5 semaines en 2010 à 11 semaines en 2017), les foyers ne peuvent plus accueillir de nouveaux sans abri. La question qui se pose alors : où sont-ils allés ? C'est sans doute pour pallier ce problème que d'autre petites structures ont vu le jour ces trois dernières années. À titre d'exemple, le projet « Housing First » offre des logements à long terme à des sans-abri ; en 2017, 27 personnes ont pu y prendre part. De plus, une halte de nuit a ouvert ses portes en avril 2017 et 123 personnes y ont trouvé refuge. Les enfant et adolescents trouvent de plus en plus refuge dans des familles ou en logements encadrés à contrario de l'institutionnalisation qui a « tendance » à stagner, voire diminuer. 25/90 1.3.
  8. Ceux qui ont recours à Médecins du monde Selon le rapport annuel 2018 de l'association, les personnes soignées sont surtout des hommes (81%), mal logés — seuls 14% ayant un logement personnel — et vivant sous le seuil de pauvreté (93%). Esch-sur-Alzette, les femmes ont représenté 40% des personnes soignées. 35 enfants ont été pris en charge au cours de l'année
  9. 57% des bénéficiaires étaient originaires d'un pays européen. Une personne sur trois souffre de pathologies chroniques, telles que diabète, asthme, épilepsie, hypertension artérielle, pathologies psychiatriques, ainsi que toxicomanies et autres dépendantes. Parmi toutes les pathologies chroniques, 40% n'étaient pas connues de la personne migrante avant son arrivée en Europe. La migration pour raisons de santé ou tourisme médical est un mythe. Les barrières à l'accès aux soins empêchent les personnes démunies de se soigner de façon préventive et font qu'elles vont attendre que leur situation de santé se dégrade pour avoir accès à des soins en urgence. Il serait donc souhaitable qu'au Luxembourg les personnes pauvres ou sans adresse soient prises en charge par la mise en place d'une couverture universelle : pour tous, un logement pour tous, des soins médicaux, de la nourriture, etc. et ceci est d'autant plus urgent que le pays est à la traîne en matière de dépenses concernant ces besoins spécifiques, et ce, tant par rapport à ses voisins qu'au sein de l'Union européenne 1.
  10. Dépenses sociales : le Luxembourg peut mieux faire Au sein de l'Union européenne, en matière de dépenses sociales, le Luxembourg se comporte davantage comme un nouvel entrant qu'un membre fondateur. Avec 22,5% du PIB consacrés à ses dépenses sociales, le pays est près de 12 points en dessous de la France et environ 7 points sous la moyenne de la zone euro. Il faut aussi noter que le poids des dépenses publiques dans le PIB évolue assez peu, si peu qu'en 2017 il renoue avec ses niveaux de 2010 et 2015 Graphique 24 Poids des dépenses sociales dans le PIB • 2007 2017 35% 30% 25% 20% 15% 10% 5% 0% I I I 1111111 I1II11II LT SK CY CZ IE MT PO LU ES SI EL HU PT FI IT ZE NI BE DE AT SE DK FR Données Eurostat (TPS00098) Il en est de même de la structure des dépenses. De 2010 à, 2017 en moyenne annuelle, le poids des dépenses relatives à la vieillesse et la survie augmente de 1,1%, celui relatif à la maladie et l'invalidité diminue de 0,46%. Concernant le chômage et l'exclusion sociale, leurs parts respectives sont stables (5,3% et 2,2% des dépenses). 26/90 En revanche, la part consacrée aux familles et enfants baisse de 1,7% par an en moyenne alors que celle affectée au logement progresse de 3,7% passant de 1,3% à 1,8% en 8 ans (une hausse de 0,5 point de pourcentage des dépenses ; 0,1 point de PIB). Graphique 25 : Répartition des dépenses sociales, Luxembourg, 2017 Exclusion sociale; 2,2% Vieillesse et survie; 38,8% 4 Logement; 1,8% Autre; 10,7% Maladie et invalidite; 3,0% Chômage; 5,3% Famille/Enfants; 15,1% Fonctionnement; 1,3% Données : Eurostat (spr exp sum) Compte tenu des bons résultats constatés par ailleurs (conditionnant notamment le AAA) et de perspectives économiques positives, il serait souhaitable que le Luxembourg investisse davantage dans la construction de logement sociaux et sociaux+", mixant des populations (jeunes, retraités, avec ou sans enfants, etc.) et loués à des prix hors-marché, ce qui, combiné à des aides ciblées sur les familles avec enfant(s), pourrait rejaillir sur une baisse de l'exclusion sociale. Il ne faut surtout pas oublier que les investissements dans le social ne sont pas jetés dans un puits sans fond, mais sont des investissements pour les générations futures.
  11. La situation budgétaire 2.
  12. Les critères européens respectés Selon les textes européens, les déficits cumulés des pays de la zone euro sont considérés comme excessifs dès lors qu'ils sont en-dessous du seuil des -3% du PIB. Sur la période 2009-2018, à part des années 2009 et 2010 qui étaient marquées par la crise financière et économique, le solde de l'Administration publique était toujours positif et réalisait en moyenne un excédent de 0.9%. À la lumière du graphique ci-dessous, le Luxembourg — qui n'est pas en déficit — dispose toujours d'une certaine marge budgétaire, ce qui permettrait de dynamiser la croissance potentielle. En effet, si l'Union européenne dans son ensemble, en 2018, fait montre d'un léger déficit public (-0,6% du PIB), le Luxembourg est clairement en excédent, ses recettes étant supérieures à ses dépenses (+2.4% du PIB en 2018 selon les données d'Eurostat). D'après le compte provisoire du Gouvernement, cet excédent était même de +2,7% du PIB en 2018 et devrait être proche de +2% en
  13. En conséquence, le seuil de -3% du PIB est clairement respecté. Il faut même constater que le Gouvernement dispose d'une marge de manœuvre budgétaire considérable. Vue la situation économique, écologique et sociale actuelle — marquée par la crise climatique et une hausse inquiétante des inégalités — le Gouvernement devrait exploiter cette marge afin de générer le capital nécessaire pour financer la transition écologique ainsi que les infrastructures nécessaires pour assurer la croissance économique et une hausse de la qualité de vie. 11 Pour différents niveaux de revenu des ménages 27/90 Graphique 26 : Déficit/surplus public en pourcentage du P1B nominal du Luxembourg et de l'Union européenne, 2009-2018 2,4% 1,9% 1,0% 1,3% 1,4% 1,4% 2,0% 0,5% 0 3% , -0,7% -0,7% -0,6% -1,7% -2,3% -3,3% -2,9% -4,6% -6,6% -6,4% o o0 .•0 '\,"•,, r>,,'1, o o 1,o 1, I, o ,. o 1, ' o. .. o 1, <0 ', o <0 cb '. N,•\ o ,, ',.cb o o o .....Union européenne ..--- Luxembourg O 00 l, e cs cz,c, A e Données Eurostat Graphique CSL. Le projet de budget de 2020 sous avis prévoit un solde structurel positif de +0,9% pour 2020 et une légère hausse de la dette publique de 12.458 milliards à 12,898 milliards, ce qui correspond d'ailleurs en terme de pourcentage du PIB à une baisse de 0,2 point de pourcentage (pp.), de 20% à 19,8%12 . En conclusion, en 2020, le Luxembourg respecte également son objectif de moyen terme (OMT) au niveau du solde structurel (-0,5%) ainsi que les seuils européens de la dette publique (60%) et autoimposés par l'Accord de coalition (30%). 2.
  14. Une meilleure situation que prévue et la sous-estimation systématique du solde des Administrations publiques. Le tableau suivant montre que le solde des Administrations publiques est positif jusqu'en
  15. Cette situation perdure jusqu'en 2023, selon la loi de programmation pluriannuelle comme l'indique le tableau 3, tout en s'améliorant progressivement après un léger recul à +1,2% en
  16. Le projet de loi relatif à la programmation pluriannuelle pour la période 2018-2022, prévoyait pour le Luxembourg un solde des Administrations publiques de +1,0% en 2019 (-1,1% pour l'Administration centrale) et de +1,4 % en 2020 (-0.8 % pour l'Administration centrale) 1
  17. Or, d'après les nouvelles prévisions sur l'évolution du solde consolidé des 3 secteurs de l'Administration publique, telle qu'elle se présente en octobre 2019 - résultat des travaux budgétaires du Gouvernement pour l'exercice 2020 -, le solde prévisionnel des Administrations publiques en 2019 s'est fortement amélioré de 1,0 pp. à 2,0% du PIB (seulement -0,1% pour l'Administration centrale), mais a révisé toutefois les prévisions pour 2020 à +1,2% (-1,0% pour l'Administration centrale). 12 Gouvernement du GDL, « Projet de loi relatif à la programmation financière pluriannuelle pour la période 2019-2023 », Pub. L. No. 7501 (s. d.),
  18. 12 Gouvernement du GDL, « Projet de Budget 2020 », Pub. L. No. 7500 (s. d.),
  19. 28/90 Tableau 3 : Soldes publics 2014-2020 en % du PIB En 96 du PIB Administrations publiques Administration centrale Administrations locales Sécurité sociale 2014 1,3% -0,3% 0,3% 1,4% 2015 1,4% -0,4% 0,4% 1,5% 2016 1,8% -0,2% 0,2% 1,8% 2017 1,4% -0,5% 0,1% 1,7% 2018 2,7% 0,4% 0,4% 1,8% 2019 2,0% -0,1% 0,5% 1,7% 2020 1,2% -1,0% 0,5% 1,6% 2017 768 -298 76 990 2018 1 601 263 248 1 090 2019 1 264 -83 286 1 062 2020 757 -640 341 1 056 Données : Projet Budget 2020 ; Graphique : Projet Budget 2020.'4 Tableau 4 : Soldes publics 2014-2020 en valeur absolue En millions d'euros Administrations publiques Administration centrale Administrations locales Sécurité sociale 2014 656 -163 138 682 2015 728 -232 196 764 2016 983 -110 132 961 Données : Projet Budget 2020 Graphique : Projet Budget 2020.15 Tableau 5 Soldes publics 2019-2023 en % du PIB et en valeur absolue en mio 2019 en % du en mio 2020 en % du d'euros PIB en mio 2021 en % du d'euros en mio 2022 en % du d'euros P1B en olio P1B 2023 en % du d'euros PIB d'euros PIB Administration centrale Administrations locales -83 +286 -0,1% -640 -1,0% -401 -0,6% -108 -0,1% +158 +0,2% +0,5% +341 +0,5% +318 +0,5% +330 +0,5% +335 Sécurité sociale Administration publique 2) Solde structurel : +1264 +1,7% +2,0% +1 056 +757 +1,6% +1,2% +1.024 +942 +1,5% +1,4% +1 076 +1 297 +1,5% +1,8% +1 015 +1 508 +0,4% +1,3% +1,6% - +0,9% - +1,0% 1) Solde nominal : +1 062 Administration publique +1,6% +2,0% +1,9% Données : Projet Budget 2020 ; Graphique : Prciet Budget 2020.16 Graphique 27 : Évolution du solde des Administrations publiques, en millions, 2010-2023 1601 1264 2000 1298 983 1500 656 728 942 768 757 • 1508 454 1000 22 II1Sécurité sociale 500 0 . Adm. locales 151 Adm. centrale Adm. publiques -265 -500 -1000 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 Données : Projet Budget 2020 ; Graphique : Projet Budget 2020.17 Notons que les comptes provisoires laissent apparaître pour 2018 un excédent de 2,7% du PIB et pour 2019 un excédent de +2,0%, ce qui correspond, respectivement à 2,1 et 1 points de plus qu'initialement voté. En valeur absolue, cette sous-estimation du solde des Administrations publiques était de 1,268 milliards d'euros en 2018 et de 632 millions d'euros en
  20. 14 Gouvernement du GDL, « Projet de Budget 2019 », Pub. L. No. 7450 (s. d.),
  21. 15 Gouvernement du GDL,
  22. 16 Gouvernement du GDL, Projet de Budget 2020,
  23. 17 Gouvernement du GDL,
  24. 29/90 Concernant les Administrations publiques, la sous-estimation presque systématique déjà constatée à plusieurs reprises depuis 2007 - seule l'année 2009 faisant exception en raison de la survenue de la crise - se confirme ainsi encore une fois d'après les dernières prévisions du solde des Administrations publiques datant d'octobre
  25. En moyenne, les projets de budgets de 2007 à 2018 anticipaient un déficit moyen de 0,53% du PIB et ils étaient systématiquement déficitaires jusqu'en
  26. Or les comptes nationaux ne montrent que deux années de déficit en 2009 et 2010 avec seulement -0,7 point de PIB et en moyenne un solde positif de 1,38% du PIB. L'écart entre les projections du Gouvernement et la réalité des comptes nationaux représente en moyenne, de 2007 à 2018, 1,92% du PIB. Tableau 6 : Administrations publiques: écart entre les budgets votés et les comptes nationaux (% du PIB) PB 2007 à 2014 PB2015 PB 2016 PB 2017 PB 2018 PB 2019 PB 2020 Comptes nationaux Écart en % du PIB 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 -0,9 0,8 0,1 -4,4 -1,2 -0,7 -1,5 0,2 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 -0,2 0,6 0,5 0,9 0,5 0,3 0,7 0,4 0,6 0,9 2 0,7 1,3 0,8 1,2 1,7 1,1 1,4 1,8 1,8 1,3 1,4 1,8 1,4 1,5 0,8 0,3 0,6 2,6 2,7 Moy. 2007/2018 -0,533 4,2 3,4 -0,7 -0,7 0,5 0,3 1 1,3 1,4 1,8 1,4 2,7 1,383 5,1 2,6 -0,8 3,7 1,7 1 2,5 1,1 1,6 1,3 1,1 2,1 1,916 Données budgets votés et comptes nationaux Tableau CSL 30/90 Graphique 28 : Administrations publiques: écart entre les budgets votés et les comptes nationaux (% du PIB) 5 4,2 4 3 2 1 0 -1 -2 -0,9 -0,7 0,1 1,2 -1,5 -3 -4 -5 -4,4 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 Prévision dans PB Comptes nationaux Données : Budgets votés ; graphique : CSL. En valeur absolue, les chiffres sont sans doute plus parlants. Ainsi, même s'il s'agit d'euros courants, en moyenne, l'écart entre les projets de budgets et les comptes nationaux a été de 894,6 millions. En 2007, l'écart était même de 1,8 milliard, soit 5,1% du PIB ! De même en 2013, l'écart avec le budget voté a été de 1,1 milliard. Pour 2018, d'après les comptes provisoires, l'écart était de 1,27 milliard d'euros, ce qui correspond à 2,1% du PIB. 31/90 Tableau 7 : Administrations publiques : écart entre les budgets votés et les comptes nationaux (millions) 2007 PB 2007 à 2014 -310 PB2015 PB 2016 PB 2017 PB 2018 PB 2019 PB 2020 Comptes nationaux Écart (millions) 2008 2009 2010 338 1543 1266 1854 928 -250 -265 2011 2012 2013 2014 -521 -330 -385 100 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 -76 309 269 516 246 153 904 454 172 333 1514 408 276 382 632 474,7 847 876 1104 1002 1449 1601 1264 757 221 152 454 656 728 983 768 1601 743 482 1138 556 762 600 615 1268 Moy. 2007/2018 894,6 Données budgets votés et comptes nationaux • Tableau • CSL Le constat est identique pour l'Administration centrale avec un solde moyen prévu de -2,39% entre 2007 et 2018 contre -0,75% dans les comptes nationaux. L'écart moyen est de 1,63 point de PIB. 11 faut donc constater que la sous-estimation récurrente et substantielle du solde de l'Administration centrale en pourcentage du PIB est le facteur majeur à la base de la sous-estimation presque systématique du solde de l'Administration publique. Tableau 8 Administration centrale: écart entre les budgets votés et les comptes nationaux (% du PIB) 2007 PB 2007 à 2014 -2,9 PB2015 PB 2016 PB 2017 PB 2018 PB 2019 PB 2020 Comptes nationaux 1,4 Écart en % du PIB 4,3 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 -1,4 -2,3 -6,2 -3,4 -2,6 -2,8 -1,1 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 -1,6 -1 -1,2 -0,8 -1,3 -1,7 -0,2 -0,8 -1,5 -1,5 0,2 -0,8 -1,2 -1,3 -1,1 -0,8 -0,6 -0,8 -0,1 - , -0,1 0,4 -0,1 -1 -0 6 -0,1 Moy . 2007/2018 -2,391 0 -2,5 -2,4 -1,6 -2 -1 -0,3 -0,4 -0,2 -0,5 0,4 -0,758 1,4 -0,2 3,8 1,8 0,6 1,8 0,8 1,2 1 1,2 1,9 1,633 Données : budgets votés et comptes nationaux ; Tableau : CSL 32/90 Graphique 29 : Administration centrale: écart entre les budgets votés et les comptes nationaux (% du PlB) -6 -7 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 —••••••Prévision dans PB -- Comptes nationaux Données : Budgets votés ; Graphique : CSL Ici encore les données absolues sont parlantes ! En 2007, alors que le Gouvernement envisageait un déficit de près d'un milliard, l'exercice s'est finalement soldé par un excédent d'un demi-milliard. En moyenne, sur la période 2007-2018, en faisant exception des années de crise (2009 et 2010), le Gouvernement prévoyait un déficit de -926,7 millions, mais il n'a finalement fait qu'un déficit de -208,8 millions. Ainsi, on peut constater que l'écart tourne en moyenne autour de 717,9 millions. D'après les comptes provisoires pour l'année 2018, l'écart serait de 1,15 milliard. Alors que le Gouvernement tablait sur un déficit de près de 900 millions, il aurait finalement réalisé un excédent de 263 millions. 33/90 Tableau 9 Administration centrale écart entre les budgets votés et les comptes nationaux (millions) 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 PB 2007 1401 1143 1293 -545 à 2014 -993 -569 -817 -534 PB2015 -633 PB 2016 PB 2017 PB 2018 PB 2019 PB 2020 Comptes nationaux 519 19 Écart (millions) 1513 587 Moy. 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2007/2018 -438 -117 -711 -477 -487 -983 -944 -806 -571 -890 -820 -366 88,7 -926,7 121 -650 -515 -482 -44 -110 -298 263 -83 -640 -401 -108 -702 -889 -464 -164 -262 7110 -298 263_ -208,8 699 381 523 685 1153 717,9 254 Données budgets votés et comptes nationaux , Tableau . CSL 829 555 34/90 2.
  27. Comparaison internationale des soldes publics nominaux avant et après investissements Si tant est qu'il faille s'inquiéter de la situation financière des administrations publiques luxembourgeoises, une comparaison internationale suffit à se rassurer. Après un résultat qui était déjà excellent en 2017, comme le montre le graphique ci-dessous, la situation budgétaire s'est même améliorée en
  28. Ainsi, concernant les Administrations publiques, le Luxembourg se classe à la 1re place de l'Union européenne à la fois pour la part de l'épargne nette18 avec 5,2% du PIB (« seulement » 2e place avec 3,9% en 2017) et pour la capacité de financement après investissement avec 2,4% du PIB (« seulement » 5e place avec 1,4% en 2017). En outre, l'année 2018 est loin d'être une exception puisque, sur la période 2000-2017, le Luxembourg est également le pays qui affiche les soldes moyens les plus élevés avec une épargne nette de 4,6% du PIB et une capacité de financement de 1,6% du PIB. Ainsi, contrairement au résultat de 2017, les soldes des Administrations publiques observés en 2018, tant pour l'épargne nette que pour la capacité de financement après investissements, ne sont pas seulement les meilleurs de tous les États membres de l'Union européenne, mais ils égalisent, voire surpassent leur moyenne sur la période 2000-2017 (5,2% du PIB vs 4,6% pour l'épargne et 2,4% vs 1,6% pour la capacité de financement). Graphique 30 : Solde public, 2017 et 2018 (besoin net ou capacité nette de financement du secteur consolidé des administrations publiques, en % du PO) 4 111111111111k 7'111111 -2 Seuil -3 -5 gc, ▪ Îegâ • œ al e; re2
  29. (6 e •8 à f cc 21317 •2018 Données et graphique : Eurostat (code des données en ligne : tec00127) 18 C'est le solde de son compte courant, après les opérations courantes mais avant les opérations en capital (investissements). 35/90 Tableau 10 :Soldes nominaux des Administrations publiques au sein des États membres, en pourcentage du PIB Luxembourg Malta Croatia Cyprus German Sweden Netherlands Slovenia Denmark Estonia Bul.aria Poland Austria Ireland Hungary Czechia Lithuanie European Union - 28 countries area (19 Euro countries) United Kingdom Greece Latvia Finland Belgium Portugal Slovakia France Italy Romania Spain Capacité de financement (+) / Besoin Épargne nette (soldes) de financement (-) 2018 rang Moyenne 2000-2017 2018 rang Moyenne 2000-2017 1 4,6 5,2 2,4 1 1,6 3,4 2 -2,4 2,0 3 -3,0 -4,0 3,0 3 0,3 0,2 12 3,0 4 -0,7 -4,8 30 -2,9 26 5 -0,5 1,7 4 -1,4 2,6 6 1,5 0,9 8 0,5 2,0 7 -0,8 -1,7 1,5 5 1,9 8 -0,9 0,7 10 -3 6 1,8 9 1,2 11 0,7 0,6 10 1,5 2,9 -0,6 19 0,4 11 1,4 0,3 2,0 2 -0,5 12 15 -4,1 1,3 -2,5 -0 4 1,2 13 0,1 -0,5 13 -2,3 14 1,1 -1,1 0,0 14 -4,2 15 0,9 -3,3 -2,2 26 -4,6 16 0,8 -1,8 0,9 7 -2,8 17 -1,9 0,7 0,7 9 -2,6 0,3 18 -1,6 -0,6 18 -3,0 0,1 0,1 0,0 -0,1 -0,2 -0,4 -0,4 -1,4 -1,5 -1,7 -1,8 -2,5 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 -1,4 -2,4 -5,8 -2,7 1,5 -1,2 -4,4 -3,6 -2,3 -1,9 -0,2 -1,6 -0,5 -1,5 11 -1,0 -0,8 -0,7 -0,5 -0 7 -2,5 -2,1 -3,0 -2,5 16 24 6 23 22 20 17 21 28 25 29 27 -2,7 -4,2 -7,1 -2,4 0,9 -2,0 -5,3 -4,3 -3,7 -3,2 -3,2 -3,8 Donnée.s • Eurostat (gov 10a main) Tableau : CSL. Concernant l'Administration centrale (tableau ci-dessous), le Luxembourg n'est plus à la tête du classement, mais le résultat de 2018 fait tout de même preuve d'une situation budgétaire agréable, tant pour l'épargne nette que pour la capacité de financement. Notons d'abord que la situation de l'Administration centrale isolée ne constitue pas un critère applicable au niveau des procédures budgétaires européennes, cette situation dépendant évidemment de l'organisation administrative interne des États membres de l'UE. En comparaison avec 2017, les soldes se sont fortement améliorés dans les deux catégories. L'Administration centrale du Luxembourg se classe, en 2018, 3e de l'Union européenne pour la part de l'épargne nette avec 2,2% du PIB, ce qui est une forte progression par rapport à 2017 (9e avec 1,2%). Il est de même pour la capacité de financement où le Luxembourg se classe 1 Oe avec 0,1% contre un besoin de financement de -0,6% du PIB en 2017
(14e). 36/90 Comme pour les Administrations publiques, ce résultat de l'Administration centrale de 2018 est meilleur que la moyenne sur la période 2000-2017 (2,2% du PIB vs 2,0% pour l'épargne et +0,1% vs -0,5% pour la capacité de financement). Il est important de préciser que la situation beaucoup plus favorable de l'épargne nette par rapport à la capacité de financement de l'Administration centrale ne devrait pas du tout être interprétée comme une faiblesse budgétaire de celle-ci. Tout au contraire, les soldes font preuve d'une situation budgétaire agréable. Premièrement, l'épargne nette positive indique en fait que les recettes courantes de l'Administration centrale couvrent largement les dépenses courantes et deuxièmement, la situation plus favorable de l'épargne par rapport à la capacité de financement souligne les importants investissements réalisés par l'Administration centrale et qui peuvent, par après, stimuler la croissance économique et/ou augmenter la qualité de vie des citoyens luxembourgeois. Tableau 11 :Soldes nominaux de l'Administration centrale au sein des États membres, en pourcentage du PIB Epargne nette Malta Croatia Luxembourg Hungary Sweden Ireland Cyprus Netherlands Slovenia Denmark Germany Bulgaria Poland Austria United Kingdom Estonia Czechia Lithuania European Union - 28 countries Latvia Belgium Euro area (19 countries) Spain Portugal Slovakia Finland Greece Italy Romania France 2018 3,4 2,3 2,2 2,1 2,1 1,6 1,6 1,5 1,5 1,4 1,4 1,2 0,6 0,5 0,5 0,4 0,3 0,3 -0,1 -0,1 -0,2 -0,4 -0,8 -1,1 -1,3 -1,4 -1,9 -1,9 -2,3 -2,4 Capacité de financement (+) / Besoin de financement (-) Moyenne 2000rang 2017 2018 rang Moyenne 2000-2017 2,0 1 -2,5 1 -3,0 2 -0,7 0,1 9 -3,8 0,1 3 2,0 10 -0,5 4 -1,6 -2,3 25 -4,7 5 0,7 1,5 3 0,5 6 -0,1 0,0 11 -4,1 -6,1 29 7 -2,6 -4,7 0,7 5 -1,2 8 -0,2 9 -1,5 0,9 4 -3,5 10 1,1 0,5 6 0,6 11 -0,1 0,5 7 -0,9 12 1,3 1,8 2 -0,6 -2,9 13 -0,6 14 -3,8 14 -0,5 -0,2 13 -2,1 15 -2,1 -1,2 22 -3,9 -1,0 16 16 2,2 0,4 17 -1,1 0,2 8 -2,8 18 -0,3 -8,4 30 -1,9 -1,0 15 19 -1,5 -2,7 -1,1 20 20 -2,2 -2,1 21 -1,1 -0,2 12 -1,8 22 -1,4 -1,1 18 -2,4 23 -0,9 -1,4 23 -2,5 24 -4,3 -1,7 24 -5,6 25 -3,2 -1,0 17 -4,4 26 -1,2 -1,2 21 -1,4 -1,1 19 27 -6,1 -8,0 28 -2,1 -2,5 26 -3,1 -1,1 29 -3,3 28 -3,3 30 -3,1 27 -2,7 -3,5 Données : Eurostat (gov 10a_main) ; Tableau : CSL. Les soldes de 2019 étant seulement prévisionnels au moment de la rédaction de cet avis, l'analyse est basée sur les comptes provisoires de 2018 (données d'Eurostat). Or, d'après les prévisions pour 2019 établies lors de la préparation du projet de budget 2020 en octobre 2019, le solde de l'Administration 37/90 publique ainsi que celui de l'Administration centrale devraient être très proches de ceux de
  1. Vu cette évolution positive récente, il importe de rappeler que la situation budgétaire actuelle est tellement favorable que le Gouvernement aurait bien les moyens pour des investissements supplémentaires. Un solde légèrement négatif de l'Administration centrale au futur (besoin en financement) ne devrait pas du tout être interprété comme un danger budgétaire et ainsi empêcher la modernisation des infrastructures et l'expansion de l'État-providence, mais plutôt comme preuve des investissements faits pour assurer le développement économique, écologique et social futur (cf. aussi le chapitre sur la politique d'investissement). Vu la situation économique mondiale actuelle qui est marquée par les tensions commerciales, un recul de la croissance économique, et un fort besoin en investissements publiques pour stimuler la transition écologique, le dogme de la « Schwarze Null » est absolument à rejeter. 2.
  2. L'objectif à moyen terme respecté en termes de solde structurel Le solde structurel constitue, depuis son introduction en 2005, un volet important du pacte de stabilité et de croissance (PSC), notamment en matière de « déficits excessifs ». En effet, le niveau du solde public dépend fortement de la conjoncture économique. Quand les recettes publiques sont faibles, notamment en phase de récession ou de ralentissement de l'activité, le solde public constaté est négatif et inversement en cas de développement de l'activité. Ce solde public est alors corrigé pour obtenir le solde structurel ou « potentiel » qui aurait été réalisé en l'absence d'événements conjoncturels (et de mesures ponctuelles). Pour ce faire, il est nécessaire de connaître le PIB potentiel, et plus particulièrement sa croissance (croissance potentielle — voir supra). Le solde conjoncturel est calculé à partir des sensibilités moyennes des dépenses et recettes (coefficient de 0,462 dans la formule ci-dessous) à l'écart de production 19 ; le solde structurel est obtenu en retranchant le solde conjoncturel du solde public nominal. En d'autres termes et de façon schématique, on a : Solde structurel = solde nominal — solde conjoncturel ± mesures ponctuelles 20 ou encore : Solde structurel = solde nominal -0,462 * écart de production
  3. Ainsi défini, le solde conjoncturel représente maintenant environ 46% de l'écart de production. C'est un peu plus que dans les années antérieures (où il représentait 44,5%), montrant ainsi une sensibilité accrue aux variations c0nj0ncture11e
  4. Au final, le calcul du solde structurel dépend des estimations du PIB potentiel et du PIB en volume, estimations qui sont toujours sujettes à des révisions ultérieures. Il s'est élevé, selon la loi de programmation financière pluriannuelle. (LPFP) 2019-2023, à +2,6% en 2018, soit largement audessus de l'OMT de -0,5% du PIB. En ce qui concerne l'évaluation du respect de la règle budgétaire portant sur le solde structurel en 2018 et 2019, le Conseil national des finances publiques (CNFP) remarque que « en effet, le solde structurel se situe entre +2,4% et +2,9% du PIB en 2018 et entre +0,7% et +1,2% du PIB en 2019 pour les trois méthodes utilisées et se situe ainsi au-dessus de l'OMT de -0,5% ». 19 Plus précisément, on suppose que seuls les prélèvements obligatoires (dépenses structurelles) et les dépenses d'indemnisation du chômage (dépenses conjoncturelles) sont sensibles aux fluctuations de l'écart de production. Ainsi, à titre d'exemple, si l'évolution de l'emploi est mal estimée (elle est régulièrement sous-estimée au Luxembourg — cf. CNFP Évaluation de la fiabilité des prévisions macroéconomiques et budgétaires, juin 2018), les recettes de cotisations sociales et autres prélèvements obligatoires le seront, etc. et, au final, l'écart de production fera l'objet de fortes incertitudes et en conséquence il en sera de même pour le solde structurel. 29 Les mesures ponctuelles sont négligeables au Luxembourg 21 Si l'écart de production représente 2% du PI13, la composante conjoncturelle du solde est égale à 0,462*2 = 0,924 point de PI
  5. n Pour information, il est d'environ 55% en France, ce qui signifie que le pays est encore plus sensible que le Luxembourg à ces variations conjoncturelles. 38/90 Tableau 12 : Solde structurel du Luxembourg d -0,5% du PIB 1,4% 2,3% 0,7% 2,3% entre 1,7 et 2,5% entre 2,4 et 2,9% Données : CNFP Concernant le solde structurel projeté, le projet de budget 2020 fait apparaître des divergences sensibles avec les prévisions passées telles qu'elles apparaissent dans le graphique ci-dessous. Ce qui jette un discrédit sur la qualité des différentes informations. Graphique 31 : Comparaison de différentes sources de données sur l'évolution du solde structurel 2,75% 2,50% 2,25% De Budget 2019 2,00% - 19e Art PSC 1,75% Note au formateur 1,50% Raport pays - De Budget 2020 1,25% 1,00% • 0,75% 0,50% 2017 2018 2019 2020 2021 2022 Diverses sources Un solde structurel peu fiable Or, le solde structurel est un outil peu fiable. Ceci est d'autant plus vrai que la méthode de calcul se base sur la croissance potentielle, elle-même basée sur la croissance des années précédentes et sur des hypothèses de sensibilité moyenne. Et comme les données antérieures font l'objet de révisions périodiques, révisions qui peuvent être assez conséquentes, et conduire à modifier sensiblement l'appréciation de la situation des finances publiques, il semble totalement inconcevable de baser une politique budgétaire sur des résultats à attendre au niveau du solde structurel des années à venir. L'usage du solde structurel est par ailleurs soumis à de nombreuses controverses méthodologiques et, plus encore, les projections sont le plus souvent contredites par les faits. Le graphique suivant illustre la volatilité du solde structurel. Il a été réalisé par la Commission européenne jusqu'au printemps 2015 et prolongé ensuite par la CSL. On y voit un solde structurel, pour l'année 2013, qui fluctue entre -1,4% et +3,0% du PIB. Ramenée en euros courants, l'erreur de mesure est dans un intervalle compris entre un solde négatif de -651 millions d'euros et un solde positif de 1 394 millions d'euros, soit plus de 2 milliards d'euros d'écart (à comparer, à titre indicatif, aux 12 milliards d'euros environ de dette publique). Trois phénomènes jouent dans ces fluctuations : • les premières estimations sont des projections dont on sait qu'en économie, elles sont encore moins fiables que les prévisions météorologiques surtout à long terme ; 39/90 • les révisions des comptes nationaux mènent à des révisions du solde nominal et, par voie de conséquence, à des révisions du solde structurel ; • enfin, ces dernières révisions amènent à revoir l'estimation des cycles et donc du solde structurel, même une fois les comptes clôturés. Le graphique permet de constater que la situation du solde 2013 s'améliore au fil du temps, montrant ainsi une sous-estimation récurrente des données sous-jacentes, et il montre aussi qu'il faut au moins 4 ans pour avoir le « vrai » solde structurel ! Or c'est à un moment où ces données sont complètement incertaines qu'un projet de budget doit être voté, ceci donc, le cas échéant, sur base de données au niveau du solde structurel qui peuvent se révéler totalement erronées ! Graphique 32 : Estimations du solde structurel de l'année 2013 réalisées successivement par la Commission européenne, Luxemboung, pourcentage du PIB +3,0% +2,6% +2,5% +2,4% • +21% , +2,0% • • m • • +1,4% +2,6% +2,3% +1,0% +2,1% • +0,7% +0,2% +0,1% • • • -+0,2% • • -+0,9% rn • • - • • • -1,4% 1-1 N N ro • z ro ro rn ct z . cr ct t.o ul in ,..0 lD t.0 r--- N• •u_. ro -. -È ▪ r7 «C " CL' ▪ ,0 :a *Z.: Date de publication Données European Economic Forecast (http://ec.europa.eu/economy finance/publications/european economy). L'objectif budgétaire à moyen terme (OMT) est, tout comme le solde structurel, un élément clef du volet préventif23 du PSC. Il désigne le solde budgétaire structurel qui vise à assurer la soutenabilité des finances publiques à long terme (2060, voire 2070). Chaque État membre a pour obligation d'arrêter tous les trois ans la valeur de son OMT, en tenant compte de celui calculé par la Commission européenne
  6. La dernière fixation de l'OMT porte sur la période 2017-
  7. En effet, la Commission européenne calcule des valeurs de référence minimales, ce qui n'empêche pas qu'un État membre puisse fixer un OMT plus ambitieux. Pour le Luxembourg, la valeur minimale fixée par la Commission européenne était de -0,5% du PIB pour 2017-2019 et le Luxembourg a repris cette valeur en tant qu'OMT sans la fixer à un niveau encore plus restrictif. La prochaine valeur de l'OMT est fixée par le projet de loi de programmation financière pluriannuelle pour la période 2019-2023 à +0,5% du PIB. Le projet de loi de programmation financière pluriannuelle pour la période 2019-2023 prévoit en solde structurel de +0,9% en 2020, qui passera à +1,0% en 2021 pour atteindre 1,6% en 2022 et 1,9% en
  8. Ainsi, l'OMT de +0,5 % - amplement plus restrictif que celui de la période 2017-2019 - sera respecté sur l'intégralité de la période 2020-
  9. 25 La fixation à 0,5%, donc 1 point de pourcentage plus restrictif qu'auparavant, est très regrettable, mais 0,5% constitue le nouvel objectif minimal en termes d'OMT tel qu'imposé par la Commission européenne devant permettre le respect du seuil de 60% de la dette publique à l'horizon 2060 ; le gouvernement a choisi de ne pas se fixer un objectif encore plus restrictif (qui serait alors contraignant 23 11 vise à la mise en place de politiques budgétaires durables sur l'ensemble d'un cycle économique visant notamment à ce que le déficit budgétaire et la dette publique ne dépassent pas les valeurs de référence prévues dans le Traité (respectivement 3% et 60% du PIB). 24 L'OMT à atteindre est différent selon les États membres car il tient compte de leur développement économique, de leur situation budgétaire et de la soutenabilité des finances publiques. 25 Gouvernement du GDL, Projet de loi relatif à la programmation financière pluriannuelle pour la période 2019-2023, 33-
  10. 1 40/90 au niveau du droit européen) ce qui est hautement louable en raison de la problématique qui entoure le calcul du solde structurel (cf. infra). La fixation d'un OMT encore plus restrictif risque d'engendrer la non-réalisation d'investissements ou de dépenses sociales nécessaires pour assurer le développement économique, social et écologique futur. En effet, si l'objectif à moyen terme de -0,5% au titre de la période 2017-2019 était largement respecté, pour celui proposé dans le budget pour la période 2020-2023 (+0,5%), la marge de manœuvre est plus faible. Compte tenu des incertitudes sur la fiabilité du solde structurel, la CSL regrette ce passage à +0,5% (imposé par la Commission européenne) qui est plus contraignant, sans réelle justification économique à l'appui puisque le solde nominal des Administrations publiques est prévu comme positif sur l'ensemble de la période, de +1,2% en 2020 à +1,9 % en 2023, et que celui de l'Administration centrale, bien que prévu comme négatif en 2020, se réduit au fil du temps. 2.
  11. Recettes et dépenses Le chapitre suivant fait l'analyse des prévisions sur l'évolution des recettes et des dépenses budgétaires sur la période 2019-2023 et essaye de critiquer certaines des variations prévues par le projet de loi du budget
  12. Notons d'abord qu'il existe de fortes différences entre les diverses méthodes de calcul des recettes et des dépenses. Ainsi, les dépenses et recettes du budget de l'État sont généralement calculées suivant la législation sur la comptabilité de l'État, tandis que les recettes et dépenses des différents secteurs des Administrations publiques (p.ex. Administration centrale) ainsi que les prévisions sur l'ensemble de l'Administration publique sont calculées au sens du Système européen des comptes SEC
  13. Regardons d'abord l'évolution entre 2019 et 2020 des dépenses et des recettes budgétaires de l'État hors opérations financières. Il est important de noter que le projet de budget 2020 compare prioritairement ses prévisions avec celles du budget voté de 2019 pour calculer le taux de variation. Or, comme on l'a montré précédemment, les budgets votés ont tendance de systématiquement sousestimer l'évolution des recettes et par conséquent le solde budgétaire. Ainsi, dans le cadre de cet avis, les évaluations sont faites en tenant compte du compte prévisionnel de 2019, qui est amplement différent des prévisions du budget voté de 2019 et plus proche de l'évolution réelle des recettes. 26 Une démarche explicative sur le passage du solde administratif du budget de l'État au solde du sous-secteur de l'Administration centrale, d'après le SEC2010 est donnée par: Gouvernement du GDL, 24-
  14. 1 41/90 Tableau 13 : Évolutions des recettes et des dépenses en 2020 par rapport au projet voté de 2019, en millions et en % Variations 2018 Compte 2019 2020 Budget Projet en millions en % Budget courant Recettes 15 076,0 16 502,7 17 786,7 +1 284,0 +7,8% Dépenses 13 542,8 15 185,9 16 318,3 +1 132,5 +7,5% Excédents +1 533,2 +1 316,9 +1 468,4 102,0 98,7 98,9 +0,1 +0,2% +18,9 +0,8% Budget en capital Recettes Dépenses 1 966,7 2 230,8 2 249,6 Excédents -1 864,7 -2 132,0 -2 150,7 Recettes 15 178,0 16 601,5 17 885,6 +1 284,1 +7,7% Dépenses 15 509,5 17 416,6 18 568,0 +1 151,3 +6,6% Excédents -331,5 -815,2 -682,4 - Budget total - Données et Tableau Projet budget
  15. Le graphique ci-dessous illustre la prévision d'une croissance continue des recettes et des dépenses publiques au cours des prochains exercices. Le budget 2020 (tableau ci-dessus) prévoit pour l'exercice 2020 une croissance des recettes de 7,7% par rapport au budget voté de 2019 et constate que « la croissance des recettes (7 ,7%) est supérieure à la croissance des dépenses (6,6%) »
  16. Or, ceci n'est guère une comparaison valable, comme le budget 2019 a amplement sous-estimé les recettes budgétaires. Il vaut donc mieux de comparer les prévisions pour 2020 directement avec les comptes prévisionnels de
  17. Ainsi, le graphique ci-dessous montre que cette comparaison indique un taux de variation de seulement +3,14% pour les recettes et un taux amplement supérieur de +6,38% pour les dépenses. La Chambre des salariés est d'avis que cette hausse des recettes de seulement 3,14% par rapport au compte prévisionnel de 2019 semble assez pessimiste par rapport à la croissance moyenne des recettes connue pendant les dernières années et que celle-ci risque d'engendrer une fois de plus une sous-estimation systématique du budget disponible et donc une politique budgétaire trop prudente. Le projet de budget 2020 prévoit notamment une baisse importante des recettes de l'impôt sur le revenu des collectivités (IRC) de -13,5% par rapport au compte prévisionnel de 2019, en baissant de 2,6 milliards à 2,25 milliards. Or, une baisse comparable de -11% était déjà prévu par le projet de budget 2019 par rapport à 2018 (de 2302 à 2050 milliards). Cependant, contrairement à cette prévision de 2019, au lieu de diminuer de 250 millions, l'IRC a augmenté de 300 millions pendant l'exercice en question. Même si la croissance extraordinaire des recettes de l'IRC pendant les années 2018 et 2019 ne se reproduit pas en 2020, la prévision d'une telle baisse risque d'être une sous-estimation vu la croissance économique actuelle. Dans le cas où la baisse des recettes de l'IRC prévue par le budget 2020 n'attendrait pas une telle ampleur, on risque de freiner les investissements du Gouvernement à cause de cette sous-estimation des recettes budgétaires. 27 Gouvernement du GDL,
  18. 42/90 Tableau 14 . Recettes budgétaire, en millions d'euros, 2018-2020 2018 Compte 8 794,1 2019 Budget voté 8 901,7 Compte prévisionnel 9593,1 2020 Projet de budget 9 753,4 Variation en %1 +1,7% 766,0 2 302,9 810,0 2 050,0 810,0 2 600,0 845,0 2 250,0 +4,3% -13,5% Impôt retenu sur les traitements et salaires 3 899,1 4 265,0 4 265,0 4 765,0 +11,7% Impôt retenu sur les revenus de capitaux 509,1 445,0 445,0 470,0 +5,6% 682,2 173,3 670,0 154,3 770,0 195,7 700,0 169,4 -9,1% -13,5% 361,9 393,8 393,8 435,3 +10,5% 6 917,6 7 119,9 7 159,6 7 526,2 +5,1% 982,5 979,6 1002,8 1023.6 +2,1% 198,7 219,2 225,0 228,4 +1,5% 143,3 3 041,0 151,3 153,0 157,1 +2,7% 1 026,7 1 027,0 1 027,0 1 087,4 +5,9% 128,7 129,1 133,4 135,7 +1,7% 62,4 85,0 87,3 88,6 +1,5% 128,0 140,0 148,4 145,0 -2,3% Droits de succession 88,9 85,0 85,0 85,0 +0,0% Recettes budgétaires (courant et capital) Suivant nouvelle structure 2019 15 829,1 16 601,5 17 341,7 17 885,6 +3,1% Recettes budgétaires Impôts directs dont : Impôt fixé par voie d'assiette Impôt sur le revenu des collectivités Impôt sur la fortune Impôts de solidarité sur le revenu des collectivités Impôts de solidarité sur le revenu des personnes physiques Impôts indirects Taxe sur automoteurs les véhicules Part dans les recettes communes de l'UEBL Accises minérales autonomes huiles Accises autonomes cigarettes Taxe sur la valeur ajoutée Taxe d'abonnement sur les titres de sociétés Produit de la contribution sociale prélevée sur les carburants suivant nouvelle structure 2019 Produit de la contribution changement climatique prélevée suivant carburants sur les nouvelle structure 2019 Autres recettes provenant Recettes participations de l'État 26,8 1 266,3 de 16 326,9 43/90 Graphique 33 : Dépenses et recettes budgétaires hors opérations financières du budget de l'État suivant la législation sur la comptabilité de l'État, en millions, 2019*-2023 25000 6,38% 20000 15000 3,14% 10000 5000 0 2019* 2020 2021 2022 2023 Taux de variation 2019*2020 II Recettes budgétaires wi Dépenses budgétaires Note : * les données sur 2019 ne sont pas celles du budget voté de 2019, mais celles du compte prévisionnel de 2019 en date d'octobre
  19. Données : loi p1ur1annue11e28 ; graphique : CSL. Généralement, entre 2019 et 2022, les recettes restent légèrement inférieures aux dépenses, ce qui provoque une petite hausse de la dette publique brute en valeur absolue, mais correspond toutefois en terme de pourcentage du PIB à une légère baisse. En plus, ce déficit budgétaire n'est pas dû aux dépenses courantes, mais surtout aux investissements importants qui devraient bénéficier à la société à moyen terme. Il importe d'ailleurs de mentionner que d'après les prévisions à court terme, ce déficit budgétaire se réduira au cours du temps et se transformera même en un léger surplus en
  20. Si on regarde l'évolution des recettes et des dépenses de l'Administration centrale — pour laquelle le calcul est fait au sens du Système européen des comptes SEC2010 —, à partir des valeurs différentes en terme absolu, la conclusion reste la même. En 2020, les recettes seront légèrement inférieures aux dépenses, ce qui explique le déficit de 640 millions prévu pour l'Administration centrale. Or, sur la période 2020-2023, les recettes auront tendance à augmenter plus rapidement que les dépenses, et ainsi, l'Administration centrale devrait, selon les prévisions, devenir excédentaire en
  21. Graphique 34 : Dépenses et recettes de l'Administration centrale, au sens du Système européen des comptes SEC2010, en millions 25000 20000 15000 10000 5000 lllI 2019* 2020 1lllII 2021 2022 2023 z Recettes ii Dépenses Données : loi p1uri8nnue11e29 ; graphique : CSL. 28 Gouvernement du GDL, Projet de loi relatif à la programmation financière pluriannuelle pour la période 2019-2023, 26-
  22. 29 Gouvernement du GDL, 26-
  23. 44/90 En conséquence, le déficit de l'Administration centrale de 640 millions se transformera en un surplus budgétaire de 158 millions en 2023, ce qui induira également la première baisse de la dette publique brute en valeur absolue depuis la crise financière. Graphique 35 : Évolution du besoin/capacité de financement de l'Administration centrale, en millions, 2019*-2023 [1581 200 100 -100 -200 -300 -400 1 -108 2021 2022 -402 -500 -600 1 -700 j-640 2039' 2020 202 1'- , ft Besoin de financement Données : loi p1ur1annue11e30 ; Graphique : CSL. 2.
  24. Évolution des budgets des différents ministères Dans le cadre de l'analyse de la situation budgétaire en relation avec le budget de 2020, il est intéressant de comparer l'évolution des budgets des différents ministères avec ceux du budget voté de
  25. L'évolution des ressources des différents ministères entre 2019 et 2020 ne fait pas seulement augure des priorités politiques futures du Gouvernement, mais facilite également la visibilité des éventuelles failles du projet de budget 2020, vu la situation économique, sociale et écologique actuelle. Gouvernement du GDL, 26-27 45/90 Graphique 36 : Évolution des budgets des ministères entre 2019 (budget voté) et 2020 (projet de budget), en milliards d'euros 0 1 2 3 4 Ministère de la Protection des consommateurs Ministère de l'Energie et de l'Aménagement du...1 Ministère de l'Egalité enmtre les femmes et les...1 Ministère des Sports I Ministère de l'Agriculture, de la Viticulture et du... Ministère de la Culture Ministère de la Digitalisation 111 Ministère de la Justice Ministère de la Santé Ministère d'État Ministère du Logement Ministère de Sécurité Intérieure Ministère de l'Economie Ministère de l'Environnement., du Climat et du... MB Ministère de l'Enseign Ministère de la Fonction Publique "Mill Ministère des Aff. Étr Ministère du Travail, de l'Emploi et de l'Economie... Ministère des Finances Ministère de l'Intérieur Ministère de la Famille, de l'Intégration et à la... Ministère de la Mobilité et des Travaux publics Ministère de l'Education nationale. De l'Enfance... Ministère de la Sécurité sociale 1.1 0 P Projet de Budget 2020 111111.1111Plie' 1 2 lm Budget voté 2019 3 Données projet de budget 2020 graphique CSL. Or, comme les budgets des différents ministères sont parfois difficiles à comparer vu la différence importante en valeur absolue, l'analyse du taux de variation entre 2019 et 2020 peut donner une meilleure impression du développement des ressources ministérielles. Généralement, on peut observer que les budgets de tous les ministères ont connu une hausse ; la seule exception étant le Ministère des Finances, dont le budget a légèrement diminué de 0,6%. Toutefois, ces hausses sont d'envergures très différentes, s'étalant de +1,7% pour le Ministère de la Famille, jusqu'à +51,8% pour le Ministère de la Protection des consommateurs. L'évolution de certains ministères comme montré par le graphique ci-dessous peut toutefois étonner. Ainsi, avec une hausse du budget de seulement 2,7% entre 2019 et 2020, le Ministère du Logement se trouve presque à la fin de ce classement. Seule le Ministère des Finances (-0,6%), le Ministère de la Famille, de l'intégration et à la Grande Région (+1,7%) et le Ministère de l'Agriculture, de la Viticulture et du Développement rural (+2,3%) ont connu un taux de variation inférieur à celui du Ministère du Logement. Qui plus est, la hausse de son budget reste amplement en dessous du taux de variation moyen de l'ensemble des ministères, qui est de 9,2%. 1 46/90 Graphique 37 Taux de variation des budgets entre 2019 (Budget 2019 voté) et 2020 (Projet de Budget 2020) par ministère, en % Moyenne de tous les Ministères 9,2% Ministère des Finances -0,6% 1,7% Ministère de la Famille, de l'Intégration et à la Grande... Ministère de l'Agriculture, de la Viticulture et du.... 2,3% Ministère du Logement 2,7% Ministère de l'Economie 3,0% Ministère de l'Environnement., du Climat et du...3,8% Ministère de Sécurité Intérieure 4,1% Ministère de la Culture 4,2% Ministère de la Justice 4,5% Ministère de l'Energie et de l'Aménagement du territoire 5,2% Ministère d'État 5,7% Ministère de la Sécurité sociale 6,6% Ministère de l'Education nationale. De l'Enfance et de la... 7,1% Ministère de l'Intérieur 7,6% Ministère des Aff. Étr 7,6% Ministère de la Mobilité et des Travaux publics 8,1% Ministère du Travail, de l'Emploi et de l'Economie sociale... 8,1% Ministère de la Digitalisation 8,7% Ministère de la Santé 10,3% Ministère de l'Enseign 10,4% Ministère de l'Egalité enmtre les femmes et les hommes 11,5% Ministère de la Fonction Publique 22,4% Ministère des Sports 22,9% Ministère de la Protection des consommateurs -10,0% 0,0% 51,8% 10,0% 20,0% 30,0% 40,0% 50,0% Différence entres 2019 et 2020 par Ministère Données : Projet de Budget 202031 ; graphique : CSL. Abstraction faite du taux de variation important du budget du Ministère de la Protection des consommateurs (51,8%) - négligeable en valeur absolue en rapport avec le budget des autres ministères (6,1 millions) et risquant donc d'avoir un effet haussier injustifiable sur la moyenne qui pourrait falsifier les résultats de notre analyse - la conclusion reste toutefois la même. Le taux de variation moyen de tous les ministères hors Ministère de la Protection des consommateurs est de 7,3%, ce qui est toujours amplement supérieur aux gains de budget du Ministère du Logement qui sont de 2,7%. Or, vu la crise du droit au logement inquiétante et indéniable, qui risque de priver les ménages moins aisés d'un droit qui devrait être identifié comme fondamental, cette évolution décevante des ressources du Ministère du Logement est fortement regrettable. Dans le cadre de la poursuite des efforts en matière de logements, le Projet de Budget 2020 mentionne une nouvelle ligne budgétaire de 3 millions d'euros qui est « prévue pour soutenir, en relation avec le comité d'acquisition du Ministère des Finances, l'acquisition de terrains et d'accroître ainsi les réserves foncières de l'État »32, et ceci dans un « esprit de mobilisation de tous les moyens visant au développement de l'offre »
  26. Tandis que la CSL partage le constat du Gouvernement que les investissements dans l'augmentation des réserves foncières de l'État sont la condition sine qua non du développement de l'offre qui pourrait stimuler une baisse des prix immobiliers, notre Chambre est aussi d'avis que le montant de 3 millions est loin d'être suffisant pour avoir un effet réel sur l'évolution du marché immobilier. Tout au contraire, vu la crise profonde du droit fondamental au logement - qui est actuellement un des défis majeurs de notre pays -, tant au niveau social qu'au niveau économique et les amplitudes que la dérégulation du 31 Gouvernement du GDL, Projet de Budget 2020, 49-
  27. 32 Gouvernement du GDL,
  28. 33 Gouvernement du GDL,
  29. 60,0% 47/90 marché foncier et immobilier ont pris actuellement, cette somme semble plutôt négligeable et loin d'un « esprit de mobilisation de tous les moyens ». Or, comme l'a montré l'introduction dans la situation budgétaire actuelle ci-dessus, l'État dispose d'une marge budgétaire importante qui pourrait et devrait être mobilisée — évidemment couplée avec d'autres mesures législatives et fiscales qui augmentent l'intérêt des propriétaires à se débarrasser de leur foncier (p.ex. taxes sur le foncier vacant) — afin de contrecarrer la hausse flamboyante des prix immobiliers. Dans une étude récemment publiée, l'Observatoire de l'habitat a estimé la valeur du foncier disponible et destiné à l'habitat à 20,7 milliards d'euros, dont seulement 14,6% se trouvent actuellement dans les mains des entités pub1iques
  30. Ainsi, si on veut vraiment suivre une politique d'intervention étatique dans le développement du parc résidentiel afin de réduire la pression sur les prix immobiliers, des investissements à hauteur de 3 milliards, et non 3 millions, semblent être plus proches du capital nécessaire pour avoir un effet réel et visible de restructuration de la détention du potentiel foncier luxembourgeois. 2.
  31. La dette publique brute Notons tout d'abord que la dette des Administrations publiques, très faible en 2007, avec 2 867 millions d'euros, a augmenté en raison de la crise financière et économique de 2008 pour passer à 11 014 millions d'euros, soit 23,7% du PIB en
  32. Le projet de loi de programmation financière pluriannuelle pour la période 2019-2023 prévoit pour la fin de l'exercice une dette publique du Luxembourg qui devrait se chiffrer à 12,5 milliards d'euros, ce qui correspondrait à 20% du PIB. Graphique 38 : L'évolution de la dette publique brute du Luxembourg, 2015-2023, en millions et en % du PIB Dette publique brute 16 000 25.0% 14 000 20.0% 12 000 10 000 15.0% 8 000 10.0% 6 000 4 000 5.0% 2 000 0 2015 1 2016 2017 I 2018 1 2019 2020 0.0c,. 2021 2022 2023 en millions d'euros ammic/0 du P1B Données et graphique : Projet de loi de programmation tïnancière pluriannuelle 2019-2023' En valeur absolue, d'après les estimations du projet de loi 2019-2023, la dette publique brute diminuera légèrement de 177 millions jusqu'à la fin de l'exercice et suivra par après une trajectoire légèrement 34 L'Observatoire de l'habitat, « Le degré de concentration de la détention du potentiel foncier destiné à l'habitat en 2016 » (Luxembourg, 2019),
  33. 35 Gouvernement du GDL, Projet de loi relatif à la programmation financière pluriannuelle pour la période 2019-2023,
  34. 48/90 haussière jusqu'en 2022 pour atteindre 13,4 milliards d'euros. Dès 2023, la dette brute commencera à diminuer en valeur absolue. Or, en termes de pourcentage du PIB, la dette continuera la trajectoire baissière qu'elle a déjà connue depuis 2017 et tombera, en 2020, pour la première fois depuis la crise financière, en dessous de 20% du PIB. Après une baisse de 0,2 pp. en 2020 (de 20% à 19,8%), cette évolution s'accéléra par après pour aboutir en 2023 à 17,5% du PIB. Graphique 39 : Évolution prévisible de /a dette brute des administrations publiques entre 2015 et 2023 en millions et en % du PIB 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 Dette publique brute_ .... _. ......... 11.460 11.042 12.718 12.635 12.458 12.898 13.300 13.408 13_249 % du PlB 22,0% 20,1% 22,4% 21,0% 20,0% 19,8% 19,3% 18,5% 17,5% - Administration centrale ...... ........ 10.372 7.853 10.013 7_588 890 763 491 281 1.027 11.760 9.315 931 11.684 9.240 905 739 499 300 950 11.502 9.023 860 807 11.942 9463 860 807 12.344 9.864 12_452 9.973 12293 9.814 860 807 502 311 956 502 311 956 860 807 502 311 956 502 311 956 860 807 502 311 956 0 0 État centnal Établissements pubiics ........ PPP EFSF Autres - Administrations locales 960 800 487 272 1.086 730 495 290 956 - Sécurité sociale__ .... .._ ...... _____ 3 2 1 2 0 0 0 Note : Les chiffres de ce tableau sont exprimés en millions d'euros, saut indication contraire. Prévisions de dette publique établies de façon mécanique, à raide du déficit de l'Administration centrale. Les composantes autre que rEtat central sont maintenus à leur niveau de 2019 tout au long de la période 2020 à
  35. Source35 Graphique 40 : Dette publique brute en % du PIB, 2007-2018 120,0% 100,0% 85,1% 80,0% 80,... area (19 countries) -...--.-European Union - 28 countries -Belgium 60,0% Germany •France 40,0% 23,7%. 23,0% 22,7% 20,7% / 21,4% 2016 2017 2018 ( 20,0% 22;2% 0,0% 2012 2013 2014 Source : Eurostat; graphique : CSL. 36 Gouvernement du GDL,
  36. 2015 ....Luxembourg 49/90 Graphique 41 : Dette brute consolidée des administrations publiques, en % du PIB, 2017 et 2018 200 180 160 140 120 100 80 seud 60 40 0 . I 11,11,11,1,11 . 11 .1 .1 .1 . 111,1111.1 .
  37. 1 . il. Zone euro (ZE.1 9) 20 e -I ! F. Seœga w, Îlie .1 3 â f- 2017 2018 Données et graphique Eurostat (code des données en ligne : tsdde410). Pour conclure, la dette publique continue évidemment à se situer à un niveau nettement inférieur à la valeur de référence de 60% du PIB, ainsi que bien en dessous du seul de 30% du PIB que le Gouvernement s'est auto-imposé dans son Accord de coalition. Ainsi, le Luxembourg fait partie des États membres affichant les taux d'endettement les plus bas de la zone euro, largement en dessous de la moyenne de l'Union européenne (80,0 % du PIB en 2018) et de la zone euro (85,1 % du PIB en 2018). En fait, derrière l'Estonie (8,4%), le Luxembourg possède le deuxième taux d'endettement plus faible de l'UE en
  38. Le rapport pays de la Commission européenne conclut : "Over the medium term, Luxembourg is also deemed at low risk from a debt sustainability analysis (DSA) perspective. Luxembourg is considered at low risk in baseline medium-term debt projections. Under normal economic conditions, and a 'no-fiscal policy change' assumption, government debt would steadily decline throughout the projection period (t+10) to reach 8.9% of GDP in 2029". Graphique 42 : Projections de la dette dans le scénario de référence, pourcentage du PIB 25 23,0 23 21 19 17 15 13 11 9 7 5 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2025 2026 2027 2028 2029 Le « Fiscal Sustainability Report 2018 » de la Commission de janvier 2019 estime qu'à moyen terme aucun souci ne se présente sur base de l'indicateur S1 : « The analysis of the sustainability gap 50/90 indicator S1 points to low risk in the medium term. With a value of -4.8 pps. of GDP, no additional fiscal effort would be needed in the SPB over five years, relative to the baseline 'no-fiscal policy change'scenario, for the debt-to-GDP ratio to reach the reference value of 60% by
  39. On the contrary, the indicator's negative value suggests that under S1 assumptions in Luxembourg there would be some fiscal space. The S1 value is mainly related to the low level of govemment debt in the last forecast year (contribution of -3.2 pps. of GDP) and the favourable initial budgetary position (contribution of -2.4 pps. of GDP) ». 2.
  40. Le coût lié au service de la dette publique brute en baisse Contrairement à l'évolution de la dette publique brute en valeur absolue, le coût lié au service de la dette publique (c.-à-d. la charge d'intérêts) est constamment en baisse et, selon les prévisions, continuera à diminuer jusqu'en
  41. Ainsi, d'après les prévisions, le coût a fléchi de 185,9 millions à 160,5 millions d'euros entre 2018 et 2019, ce qui correspond à une variation importante de -13.7%. Tandis que la dette publique en valeur absolue stagnera, voire suivra une trajectoire légèrement haussière jusqu'en 2022, et ne commencera qu'à diminuer par après, le coût lié au service de la dette tombera amplement sur toute la période 2018-2023, l'exercice 2022 étant la seule exception. En moyenne, le coût lié au service de la dette en valeur absolue connaît une variation annuelle de 7,5% entre 2018 et
  42. Exprimé en pourcentage du PIB, le coût baissera de 0,3% du PIB en 2019 à 0,2% en 2020, tout en se rapprochant continuellement de 0,1% sur la période 2019-
  43. En pourcentage des dépenses totales des Administrations publiques, la baisse est encore plus marquée, en passant de 0,6% à 0,4%. Tableau 15 : Évolution du coût lié au service de la dette publique, en millions d'euros, 2018-2023 2018 2019 2020 2021 2022 2023 Administrations publiques 185,9 160,5 143,8 112,9 121,1 119,6 variation en %. -2,8% -13,7% -10,4% -21,4% +7,2% -1,2% en % des dépenses totales de l'Administration publique 0,7% 0,6% 0,5% 0,4% 0,4% 0,4% en % du Pl8 0,3% 0,3% 0,2% 0,2% 0,2% 0,2% Administration centrale 184,2 164,8 150,8 119,9 128,1 126,6 Variation moyenne 20182023 -7,5% Données et Tableau: Loi pluriannuelle 2019-2023.37 37 Gouvernement du GDL, « Projet de loi relatif à la programmation financière pluriannuelle pour la période 2019-2023 », Pub. L. No. 7501 (s. d.),
  44. 51/90 Graphique 43 : Évolution de la dette publique brute et du coût lié au service de la dette, en millions d'euros, 2018-2023 13600 200 13400 180 160 13200 140 13000 120 12800 100 12600 80 12400 60 12200 40 12000 20 11800 0 2018 2019 2020 2021 2022 2023 Dette publique brute (axe à la gauche) --Coût lié au service de la dette des Administrations publiques (axe à la droite) Données : Loi pluriannuelle 2019-202338 ; Graphique : CSL. On peut noter notamment une baisse spectaculaire du coût lié au service de la dette pour l'exercice 2021 de -21,4%. Tandis que la dette en valeur absolue augmentera de 12.898 à 13.300 millions d'euros, le coût lié au service de cette même dette tombera de 143,8 à 112,9 millions. Or, il est intéressant d'analyser les raisons qui sont à la base de cette évolution généralement contraire de la dette publique brute en valeur absolue et du coût lié au service de cette dette, montrée par le graphique se trouvant ci-dessus. On pourrait imaginer que cette baisse importante entre 2020 et 2021 est due au refinancement de la dette publique qui est prévu pour
  45. Ainsi, le projet de budget 2020 prévoit des produits d'emprunts pour refinancement de la dette publique à hauteur de 2.017 millions d'euros. Si ce refinancement de la dette se faisait avec des emprunts à un taux d'intérêt inférieur, celui-ci provoquerait automatiquement une baisse du coût lié au service de la dette. Le constat pour l'exercice 2020 est confirmé par l'analyse de la période intégrale de 2019 à
  46. Chaque fois que les produits d'emprunts pour refinancement de la dette dépassent les produits d'emprunts nouveaux, le coût lié au service de la dette diminue pour l'exercice suivant." Or, au moment de la rédaction de cet avis, il est encore impossible d'établir des prévisions certaines sur les taux d'intérêts que les investisseurs accepteront pour les nouveaux emprunts que le Gouvernement envisage de faire en
  47. Cependant, vu la situation actuelle sur les marchés financiers — marqués par la forte demande des investisseurs (surtout institutionnels) pour des obligations gouvernementales sûres, qui sont un refuge pour le capital en temps de tensions commerciales qui risquent de provoquer une récession globale et une chute des cours boursiers — les investisseurs ont de plus en plus tendance à accepter, même, des rendements négatifs sur leurs investissements. Ainsi, le 6 novembre 2019, le grand-duché de Luxembourg a pu placer avec succès un premier emprunt obligataire classique à taux d'intérêt négatif, à savoir -0,247%. L'emprunt de 1,7 milliard d'euros à une durée de 7 ans et vient à échéance en novembre
  48. Grâce au refinancement de la dette avec des nouveaux emprunts à taux d'intérêt inférieur, le Gouvernement peut amplement diminuer le coût lié au service de la dette, même si la dette publique brute ne diminuait pas. « Dans ce contexte il importe d'insister sur le fait que le Gouvernement s'est fixé pour ligne de conduite de maintenir le recours à l'endettement dans les limites les plus strictes »
  49. Cependant, la CSL trouve cette approche fortement regrettable. Vu les défis sociaux et écologiques majeurs qui nécessitent des investissements importants, de la part de l'État, dans les infrastructures, le logement et la recherche, et en tenant compte des conditions extrêmement favorables sous lesquelles le Luxembourg peut s'endetter actuellement, la CSL est d'avis que le Gouvernement devrait profiter de l'intégralité de la 38 Gouvernement du GDL, 61;
  50. 39 Gouvernement du GDL,
  51. Gouvernement du GDL,
  52. 52/90 marge budgétaire donnée par le pacte de stabilité et de croissance (PSC) pour investir dans la transition écologique et une société plus équitable. Cette revendication est d'ailleurs en ligne avec l'encouragement de la Commission européenne face aux « pays de la zone euro affichant un excédent important de leur balance courante." à investir davantage » 42 , afin de garantir des finances publiques saines à long terme ainsi que la croissance durable tout en préparant la transition écologique et numérique. L'OCDE, quant à elle, est arrivée à la même conclusion tout en se basant sur une méthode légèrement différente pour calculer la marge de manœuvre budgétaire de différents États sur la période 2016-
  53. Selon cette méthode, plus la différence moyenne entre le taux d'intérêt effectif sur la dette nette (r) et le taux de croissance du PIB nominal (g) est négative, plus la marge de manœuvre budgétaire est grande (formule r-g). Comme le Luxembourg possède une position nette largement positive43 — les actifs financiers des Administrations publiques du Luxembourg dépassant largement leurs engagements financiers — le taux d'intérêt effectif sur la dette nette est négatif. En déduisant de ce taux d'intérêt effectif négatif l'important taux de croissance du PIB nominal, on reçoit sur la période 20162018 en moyenne un coefficient r-g amplement négatif proche de -4%. Ainsi, d'après la méthode de l'OCDE, le Luxembourg dispose de la 3e plus grande marge de manœuvre budgétaire de tous les pays étudiés, ce qui confirme une fois de plus la revendication de la CSL de mobiliser davantage de moyens budgétaires pour investir dans le futur de l'économie et de la société luxembourgeoise. Graphique 44 La marge de manœuvre budgétaire r-g (taux d'intérêt moins taux de croissance du PIB) points de pourcentage 3 3 2 2 o 0 -1 -1 1 -2 -2 -3 -3 -4 -4 Plus grande marge de manœuvre budgétaire -.5 -5 -6 -6 -7 -7 -8 UJ X LàJ CC O ce Z iz a > Ln z a. cr> ca ,-- S () z > -8 Note : r-g est la différence moyenne entre le taux d'intérêt effectif sur la dette nette (r) et le taux de croissance du PIB nominal (g) pour la période 2016-
  54. La valeur r est la différence pondérée entre le taux d'intérêt débiteur implicite sur les engagements financiers des administrations publiques et le taux d'intérêt créditeur implicite sur les actifs financiers des administrations publiques, les coefficients de pondération utilisés étant la part des engagements financiers et celle des actifs financiers dans la dette, respectivement. Source : Études économiques de l'OCDE: Luxembourg 2019: Préserver et partager la prospérité, 19 juillet 2019 2.
  55. La dette nette Lorsque l'on parle d'endettement au sens des critères européens dits de Maastricht, on parle de dette brute rapportée au PIB, laquelle ne devrait pas dépasser 60% du PIB. Cependant, ce taux d'endettement est à juste titre qualifié de brut : il ne tient pas compte des avoirs financiers des États qui viennent contrebalancer leur dette. 41 Dont le Luxembourg fait partie avec la balance courante la plus excédentaire de toute la zone euro au niveau des Administrations publiques. 42 « Communication de la Commission européenne relative à l'Examen annuel de la croissance 2019 Pour une Europe plus forte dans un contexte d'incertitude à l'échelle mondiale » (Bruxelles, 21 novembre 2018),
  56. 43 La position nette du Luxembourg est traitée plus en détail dans le cadre du chapitre 2.
  57. 1 53/90 Au Luxembourg, la Sécurité sociale est structurellement excédentaire. En effet, les excédents du régime de pension sont affectés à une réserve appelée « Fonds de compensation » qui a été institué par la loi modifiée du 6 mai 2004 afin d'assurer le financement à venir des prestations sociales (notamment pensions). Au 31 décembre 2018, la réserve globale du régime général d'assurance pension a atteint 18,97 milliards d'euros et continue à se rapproche des 20 milliards, vu la structure excédentaire de la sécurité sociale. La réserve de pension à elle seule dépasse donc largement la dette brute des Administrations publiques. Graphique 45 • Montant absolu de la réserve de compensation au 31 décembre 2018 (en millions d'euros) 20 000 18 000 a 16 000 14 000 4 12 000 10 000 8 000 6 000 a 4 ODD 2 001:1 a- -* à .44 1•
  58. 0 14.4 471w 14.4 471«. 474 Source Fonds de compensation En pourcentage du PIB, le fonds de compensation est passé d'un peu moins de 20% durant la deuxième moitié des années 1990 à 32% en
  59. Afin de pouvoir mieux évaluer la situation patrimoniale du Luxembourg, il convient également de rappeler qu'au-delà de la réserve de pension, l'État luxembourgeois détient une série de participations dans des sociétés commerciales et non commerciales d'une valeur estimée à environ 10% du PIB et les avoirs du fonds souverain intergénérationnel à hauteur de 0,4% du PIB, ce qui implique que le Luxembourg détient des actifs pour un total de 44% du PIB qui dépassent donc les passifs de l'Administration publique. Comme le montre le graphique suivant, le Luxembourg possède la deuxième position nette la plus élevée de l'UE, avec un patrimoine financier équivalant à 48,3% du PIB (au T1 2019 d'après les données d'Eurostat). Autant dire que le Luxembourg ne léguera pas à ses générations futures une dette à rembourser, mais : • des investissements qui leurs apporteront un revenu supplémentaire • et un patrimoine financier qui dépasse largement les remboursements. Qui plus est, le Luxembourg est un des pays d'Europe qui leur léguera le plus gros patrimoine. La situation favorable des finances publiques luxembourgeoises peut être appréhendée au regard du graphique suivant. En effet, l'ensemble des avoirs, c'est-à-dire le patrimoine de l'État, représente, au T1 de 2019, 78,4% du PIB, de l'ordre de 46,5 milliards. En revanche, ses engagements sont, la même année, à hauteur de 30,1%, soit environ 17,9 milliards, dont 21,4% de dette publique. 54/90 Graphique 46 : Dette publique et position nette, en % du PIB, 2010-2019 lf) 90% 80% ,--1 Lri ,S • co .4▪ s ni ▪ s ci' co ci' co C co ct co oo co cri s ai' ai' Ce s N. h a, co ,r ‘..-, 0 ,r, cci s 70% 60% ,..., 50% . <2 o r- o , ,.e. .1, , 4- .:t .1, 40% , e, . „, ._,„ o ,tce 30% 20% e ,... 10% 0% .-i Il II e ,i, ,-. si e . ni 101 11011111/0" Ill 1 II I T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 2010 2011 2012 2014 2013 a Position nette 2015 l'Autre engagements 2016 2017 2018 Dette publique 2019Moy. 2010 -2018 Données Eurostat ; Graphique CSL.
  60. Les accents politiques du projet de budget pour 2020 Le Gouvernement met l'accent sur un certain nombre de priorités dans le projet de budget pour 2020, dont la Chambre des salariés en commente quelques-unes. 31 Modifications en matière fiscale Une première modification adapte les limites maximales du droit d'accise autonome sur le gasoil. Afin de se donner plus de flexibilité pour atteindre ses objectifs en matière environnementale, le Gouvernement adapte ainsi la marge des droits d'accise autonomes sur le gasoil. Partant, si cela devait s'avérer nécessaire, une hausse des droits d'accise pourrait être introduite ultérieurement par règlement grand-ducal. Pour le gasoil, le droit d'accise autonome sur les produits énergétiques par 1 000 litres à la température de 15 degrés Celsius passe de 100 euros à 130,4852 euros (actuellement 90,4852) le droit d'accise autonome additionnel dénommé « contribution sociale » par 1 000 litres passe de 50 euros à 51,20 euros (actuellement 31,20) et enfin, le droit d'accise autonome additionnel dénommé « contribution changement climatique » par 1 000 litres passe également de 50 euros à 55 euros (actuellement 35,00) . Jusqu'aux niveaux maxima, le Gouvernement peut procéder à des augmentations par règlement grandducal. Bien que la CSL souscrive entièrement aux engagements visant une décarbonisation de l'économie, nous ne pouvons pas accepter le transfert d'une imposition directe progressive vers une imposition indirecte proportionnelle non sélective sous prétexte de transition écologique. Il existe en effet d'autres moyens pour financer une telle transition. Une taxe sur les transactions financières, un prélèvement sur les mécanismes de flexibilité (permis d'émission négociables), une contribution financière du transport international, la suppression progressive des subventions qui nuisent à l'environnement sont autant de pistes pour générer des ressources financières additionnelles pour affronter les changements climatiques. 55/90 En outre, nous rappelons l'importance de la politique réglementaire qui peut, au niveau européen et au niveau national, imposer des normes ayant pour objectif de favoriser les technologies et comportements écologiques. En tout cas, pour éviter la rigueur sociale, une augmentation éventuelle de l'imposition indirecte devra obligatoirement être assortie d'une compensation en faveur des ménages à revenus faibles et moyens. Une méthode pourrait être la transformation de l'abattement pour frais de déplacement en un crédit d'impôt mobilité. Les frais de déplacement, qui sont des frais d'obtention, sont déduits des revenus provenant d'une occupation salariée pour en établir le revenu net. Les frais d'obtention sont des dépenses faites en vue d'acquérir, d'assurer et de conserver les recettes, dans notre cas, le salaire. Pour calculer les frais de déplacement forfaitaires, l'éloignement se mesure en unités d'éloignement à 99 euros par an, exprimant les distances kilométriques en ligne droite entre les diverses communes du domicile et du ou des lieux de travail, sans tenir compte du moyen de locomotion. Les 4 premières unités à 99 euros (396 euros au total) ne sont pas à prendre en compte pour déterminer l'impôt. La déduction forfaitaire maximale est égale à 26 unités d'éloignement à 99 euros ou 2 574 euros par an. Pour l'année 2012 comprise, une déduction forfaitaire de 396 euros était intégrée au tarif du barème sur les salaires et ce minimum n'était pas déduit du salaire brut pour le calcul de l'impôt retenu à la source suivant le barème sur les salaires. Ce minimum n'était donc pas visiblement inscrit sur une fiche de retenue d'impôt principale ou sur le certificat de salaire principal y relatif. La transformation des frais de déplacement, jusqu'à présent considérés comme frais d'obtention, en un crédit d'impôt mobilité peut être un instrument utile afin de contrebalancer les effets régressifs d'une hausse éventuelle des accises sur les carburants en vue de réduire les émissions de CO
  61. Il est en effet urgent de combiner progrès social et environnemental, surtout en raison du fait que le poids des dépenses énergétiques est certainement plus important dans le revenu des ménages du bas de l'échelle. Il convient par conséquent de réfléchir à comment combiner défense du climat et des personnes socialement moins bien lotis, condition sine qua non d'une réussite et de l'acceptation par le plus grand nombre. Un simple tax shift qui consisterait en une augmentation des taxes et autres impôts indirects au profit d'une réduction générale de l'imposition sur le revenu et sur les fortunes serait inacceptable d'un point de vue social. Un gouvernement peut utiliser différents types de mesures fiscales pour encourager certains comportements et modes de vie. Cependant, les effets de redistribution engendrés par les différents régimes fiscaux peuvent parfois varier profondément. Ainsi, les subventions à travers un paiement direct par l'État, soit en espèce (p.ex. crédit d'impôt), soit en nature (chèque service), et les subventions par déduction fiscale, agissent différemment d'un point de vue redistributif et les secondes provoquent souvent des résultats plus négatifs en matière d'équité sociale. Dans le cas de la subvention par paiement direct, chaque personne reçoit un montant fixe qui pourrait même encore être augmenté pour les ménages moins aisés en prenant en compte différents paramètres : capacité contributive, composition de ménage, nombre d'enfants, etc. L'ampleur d'une subvention par déduction fiscale, quant à elle, augmente parallèlement avec le taux marginal auquel est soumis le revenu de la personne recevant l'aide financière et risque par conséquent d'avoir un effet régressif. Ainsi, à travers le principe de déductibilité, un gouvernement donne indirectement des aides financières plus élevées aux personnes qui se situent dans une tranche d'imposition plus élevée (et donc imposées à un taux marginal plus élevé) par rapport aux personnes se retrouvant dans une tranche d'imposition inférieure. 1 56/90 Le « déchet fiscal » lié aux frais de déplacement a été évalué à 115 millions euros pour l'année 2016 par le Conseil économique et social (CES) dans son avis du 22 novembre 2018 sur l'analyse des données fiscales. À l'heure actuelle, un contribuable touchant un salaire annuel de 15 000 euros peut déjà pleinement bénéficier de l'abattement pour frais de déplacement, dans la mesure où il réduit sa cote d'impôt à 0 en raison de l'abattement maximum de 2 574 euros (classe 1). Toutefois, en raison du taux marginal assez bas, son gain fiscal est uniquement de 225 euros (hors impôt de solidarité). D'un autre côté, un contribuable salarié (classe 1) touchant un salaire imposable de 80 000 euros réalise un gain fiscal de 1 014 euros en raison de l'imposition au taux marginal de 39%. Pour le contribuable au salaire plus que confortable de 220 000 euros, le gain fiscal est de 1 092 euros. Ceci est d'ailleurs le montant le plus élevé que l'on peut économiser au titre de l'abattement pour frais de déplacement. Or, en face d'une augmentation éventuelle fu

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