📄 Texte de loi
LE GOUVERNEMENT
DU GRAND-DUCHÉ DE LUXEMBOURG
Ministère d'État
Le Ministre aux Relations avec le Parlement
Madame la Présidente
du Conseil d'État
Luxembourg
Personne en charge du dossier:
Luxembourg, le 4 avril 2019
Jean-Luc Schleich
lit 247 - 82954
SCL : L 5593 / L 5594 — 470 / nb
V/réf. 53.290 / 53.291
Doc. parl. 7450 / 7451
Objet : 1. Projet de loi concernant le budget des recettes et des dépenses de l'État pour l'exercice
2019 et modifiant :
10 le Code de la sécurité sociale ;
2° le Code du travail ;
3° la loi générale des impôts modifiée du 22 mai 1931 (« Abgabenordnung ») ;
4° la loi modifiée du 30 juin 1947 portant organisation du Corps diplomatique ;
5° la loi modifiée du 4 décembre 1967 concernant l'impôt sur le revenu ;
6° la loi modifiée du 12 février 1979 concernant la taxe sur la valeur ajoutée ;
7° la loi modifiée du 10 décembre 1998 portant création de l'établissement public
dénommé « Fonds d'assainissement de la Cité Syrdall » ;
8° la loi modifiée du 8 juin 1999 sur le budget, la comptabilité et la trésorerie de l'État ;
9° la loi modifiée du 24 décembre 1999 concernant le budget des recettes et des dépenses
de l'État pour l'exercice 2000 ;
10° la loi modifiée du 22 décembre 2006 concernant le budget des recettes et des dépenses
de l'État pour l'exercice 2007 ;
110 la loi modifiée du 14 décembre 2016 portant création d'un Fonds de dotation globale
des communes.
2.
Projet de loi relatif à la programmation financière pluriannuelle pour la période 2018-2022.
Madame la Présidente,
Comme suite à mes lettres respectives du 5 mars 2019, j'ai l'honneur de vous faire parvenir en annexe
l'avis de la Chambre de commerce sur les deux projets de loi sous rubrique.
Veuillez agréer, Madame la Présidente, l'assurance de ma haute considération.
Pour le Ministre aux Relations
avec le Parlement
JK-7
Jean-Luc Schleich
Gestionnaire dirigeant
43, boulevard F.-D. Roosevelt
L-2450 Luxembourg
Tél. (+352) 247-82952
Fax (+352) 46 74 58
scl@scl.etat.lu
www.legilux.lu
www.gouvernement.lu
www.luxembourg.lu
CHAMBRE DE
COMMERCE
LUXEMBOURG
Ce que le budget ne vous dit pas
Avis de la Chambre de Commerce
2 avril 2019
Projet de loi nc7450 concernant le budget
des recettes et des dépenses de l'Etat
pour l'exercice 2019
Projet de loi n°7451 relatif à la
programmation financière pluriannuelle
pour la période 2019-2022
già
111
Projet de loi n°7450 concernant le budget des recettes et des
dépenses de l'Etat pour l'exercice 2019 (5253C0H/BMU)
Projet de loi n°7451 relatif à la programmation financière
pluriannuelle pour la période 2019-2022 (5254BMU/CCH)
AVIS DE LA
CHAMBRE DE COMMERCE
Ce que le budget ne vous dit pas...
2 avril 2019
3
Résumé exécutif
Budget 2019 — Des marges de manœuvre insuffisantes
Le projet de budget 2019 constitue le premier « paquet budgétaire » de la législature actuelle,
comprenant le projet de budget pour 2019 au sens strict ainsi que le projet de loi de
programmation financière pluriannuelle (PLPFP) couvrant les années 2018 à 2022. Ce
« paquet » a été présenté à la Chambre des Députés le mardi 5 mars 2019, laissant peu de
temps à la Chambre de Commerce pour formuler son avis.
Le projet sous revue est novateur à divers égards, dont une nouvelle présentation comptable,
mais d'autres aspects laissent davantage à désirer. Si la Chambre de Commerce salue
l'important surplus budgétaire des Administrations publiques en 2018, qui a atteint 2,6% du
PIB, elle constate dans le même temps que ce résultat reflète dans une large mesure une
sensible montée en puissance des impôts payés par les sociétés en 2017 et en 2018. Or il est
à craindre qu'un certain ressac, difficile à chiffrer pour l'instant, suive cette véritable explosion
des recettes.
Le Gouvernement a certes fait preuve de prudence dans l'estimation des recettes en 2019,
avec par exemple l'estimation d'une réduction de 11% du produit de l'impôt sur le revenu des
collectivités cette année, après une hausse de ce même produit de quelque 20,5% en 2017 et
de 17,1% en 2018. De nombreuses incertitudes, internationales (Brexit, tensions
commerciales, ralentissement dans la zone euro, etc.) ou nationales (question de l'éventuel
« dégonflement » des arriérés d'impôt ou de la non concrétisation du ralentissement prévu de
la hausse des dépenses, qui coûterait 1,5 milliard EUR à l'horizon 2022 en cas de poursuite
d'une progression des dépenses courantes de 6,1% par an) font cependant craindre que cette
prudence s'avère insuffisante, d'autant que la progression soutenue de l'emploi, frontalier
notamment, pourrait générer des besoins additionnels d'investissements publics. Il aurait été
souhaitable, de se prémunir contre d'éventuelles « surprises » en prévoyant de plus
importantes marges budgétaires.
Plus généralement, une croissance forte est bien entendu souhaitable, mais elle doit
impérativement prendre un tour plus « qualitatif » (c'est-à-dire plus économe en ressources),
faute de quoi le Luxembourg sera confronté de manière croissance à divers « goulots
d'étranglement » — en lien avec la mobilité, le logement, la formation et une pénurie de maind'oeuvre suffisamment qualifiée, notamment — potentiellement très onéreux économiquement
et budgétairement parlant. D'où notamment la nécessité de générer à nouveau de substantiels
gains de productivité et de faire des efforts additionnels en matière de standardisation des
investissements publics. Le tout en renforçant une attractivité mise à mal par les mutations
fiscales internationales et par les relèvements incessants du salaire social minimum. La
compétitivité, fiscale notamment (y compris pour les Soparli, qui ont en 2017 généré environ
1,4 milliard EUR de recettes publiques, sans même considérer leurs retombées en termes de
cotisations sociales et d'impôts indirects), est primordiale pour une économie très ouverte
comme celle du Luxembourg.
La teneur du message de la Chambre de Commerce sur le projet de budget sous avis tient en
10 messages.
4
L'avis de la Chambre de Commerce en 10 messages
1. Un PIB de 72 milliards en 2022... ou une moins-value fiscale de 1 milliard ?
Selon les projections sur lesquelles se fonde le PLPFP 2018-2022, le PIB nominal passerait
de 55 milliards en 2017 à quelque 72 milliards en 2022. Ce dernier chiffre repose notamment
sur des projections macroéconomiques résolument optimistes en 2019 et en 2020, intégrant
un taux de croissance de respectivement 3,0% en 2019 et 3,8% en 2020. Or dans le contexte
national et international actuel, il est difficile d'expliquer une telle accélération de la croissance
en 2020. Un autre signal incitant à la prudence est la première estimation de l'évolution du PIB
en 2018, avec une croissance de 2,6% au lieu de 3,0% selon le projet de budget.
Les prévisions de croissance de la Commission européenne paraissent plus réalistes dans ce
contexte, avec une progression du PIB réel limitée à 2,5% en 2019 et à 2,6% l'année suivante.
Sur base de ces chiffres, le PIB se monterait à tout au plus 70 milliards EUR environ en 2022.
Avec à la clef une moins-value fiscale pouvant atteindre 1 milliard EUR à cet horizon.
2. Des dépenses publiques en lévitation
Par rapport au tout premier PLPFP, déposé en octobre 2014, les dépenses de l'Administration
centrale intégrées pour l'année 2018 dans le PLPFP sous avis (mars 2019) sont littéralement
en lévitation. En d'autres termes, la bonne tenue des finances publiques en 2018 est due à
des recettes survoltées et non à la maîtrise des dépenses. Alors que pour cette même année
2018 les dépenses totales étaient censées atteindre 17.580 millions EUR selon la
programmation pluriannuelle d'octobre 2014, elles sont actuellement chiffrées à 18.540
millions EUR — soit une dérive de près de 1 milliard EUR. L'effet de composition est lui aussi
malencontreux. La rémunération des salariés (+600 millions EUR par rapport à l'estimation
pour 2018 faite en 2014) et la consommation intermédiaire (+180 millions EUR) connaissent
en effet une brusque dérive. En revanche, la formation de capital et les transferts en capital
(visant souvent à contribuer au financement d'investissements communaux) subissent une
nette dérive à la baisse, de 300 millions EUR environ pour ces deux postes confondus.
Autre motif d'inquiétude, au niveau de l'ensemble des Administrations publiques cette fois : le
PLPFP sous avis projette une décélération marquée de la progression des dépenses
courantes de 2019 à 2022 (+4,7% l'an en moyenne), par rapport à l'évolution moyenne
enregistrée de 2000 à 2017 (soit +6,1% par an). La Chambre de Commerce salue cette
ambition, mais elle note en parallèle que si les dépenses courantes devaient en définitive
continuer sur leur lancée « naturelle » de +6,1% l'an, elles subiraient un dérapage de quelque
500 millions en 2020, de 1 milliard EUR en 2021 et de 1,5 milliard EUR en 2022. Il en résulterait
un effondrement ou même une disparition des surplus budgétaires actuellement escomptés
par le PLPFP.
3. Une minimisation de l'ampleur des dépenses liées à la rémunération des salariés
Les soldes budgétaires ne peuvent demeurer durablement équilibrés, voire en surplus, faute
d'une véritable maîtrise des dépenses — les recettes ne pouvant manifester éternellement la
même vigueur qu'au cours des années récentes.
Mais cette tendance ne pourra se matérialiser spontanément, au vu du caractère rigide et
difficilement réversible de nombreuses dépenses courantes. La rémunération des salariés de
l'Etat (voire les dépenses sociales et familiales) sont les exemples les plus saisissants. En
5
2019, la rémunération des agents de l'Etat progressera de 7,5% par rapport à 2018. Elle
représente 23,4% des dépenses totales de l'Administration centrale et 7,5% du PIB. Ce poste
a augmenté de quelque 50% entre 2010 et 2018, passant de 2,8 à 4,3 milliards EUR. Enfin,
sur l'horizon 2019 à 2022 couvert par le PLPFP, l'augmentation annuelle moyenne de la
rémunération des salariés de l'Etat serait de 5,6%. Ces évolutions accentuent la rigidité des
dépenses publiques, ce qui pourrait s'avérer très dommageable en cas de ralentissement
économique futur. Dans ces conditions, les marges de manœuvre pour mener une politique
volontariste se rétrécissent en effet chaque année, les dépenses récurrentes laissant de moins
en moins de place à des moyens budgétaires ciblant des actions plus proactives.
4. Baisse de l'IRC, un soulagement pour les entreprises ?
Le projet de budget propose, parmi d'autres mesures fiscales, une réduction de 1 point de
pourcentage, de 18 à 17%, du taux de l'impôt sur le revenu des collectivités (IRC). En
considérant l'impôt commercial communal (ICC) prévalant sur le territoire de Luxembourg-Ville
et le prélèvement Fonds pour l'Emploi, le taux global nominal s'établit à 24,94%, contre 26,01%
actuellement. S'ajouterait à cette mesure un élargissement de la tranche à laquelle s'applique
le taux minimal de l'IRC de 15%.
La Chambre de Commerce salue ces nouvelles dispositions. Or, deux considérations incitent
à une certaine réserve. En premier lieu, le taux standard d'affiche, de près de 25%,
demeurerait nettement supérieur au taux médian de taxation des entreprises au sein de l'Union
européenne, soit 21% - et ce dans un contexte international de plus en plus propice à la
compétition par les taux sur la toile de fond d'une tendance à l'élargissement et à
l'harmonisation progressive des bases imposables. En deuxième lieu, la Chambre de
Commerce observe que sur l'horizon 2019-2022, les changements annoncés ne se traduiront
a priori pas par une réduction de la charge fiscale des entreprises. Elle craint dès lors que
dans les faits, les changements annoncés ne soient intégralement compensés par
l'élargissement de la base imposable résultant de diverses évolutions internationales. Enfin,
au-delà d'une baisse assez timide de l'IRC, la Chambre de Commerce aurait souhaité des
avancées significatives dans d'autres volets fiscaux, à savoir la suppression (ou du moins la
diminution) de la taxe d'abonnement pour les fonds d'investissement, de la retenue à la source
sur dividendes sortants et de l'impôt sur la fortune.
5. Une très brève éclaircie pour le solde de l'Administration centrale
Selon les documents budgétaires, l'Administration centrale aurait enregistré un excédent de
121 millions EUR en 2018. C'est cependant le fruit d'une hausse exceptionnelle, largement
non récurrente, des recettes — on songe en particulier à l'IRC, à l'impôt sur la fortune ou encore
à l'impôt retenu sur les revenus de capitaux, dont le produit a en 2018 augmenté de
respectivement 17%, 31% et 36% par rapport à 2017. Cette éclaircie serait néanmoins bien
éphémère, puisque dès 2019 l'Administration centrale renouerait avec un déficit, de plus de
600 millions EUR, « effet ciseau » (croissance des dépenses excédant celle des recettes)
effectuant son grand retour. L'impasse budgétaire se réduirait certes par la suite, avec un
rétablissement spectaculaire des comptes en 2022, la toute dernière année couverte par le
PLPFP.
La Chambre de Commerce estime que cette trajectoire budgétaire est relativement peu
ambitieuse, ce que manifeste la présence de l'effet ciseau sur l'ensemble de période couverte
par le PLPFP. L'accord de coalition pour la législature 2018-2023 peut d'ailleurs être qualifié
6
de généreux en termes d'intentions de nouvelles dépenses publiques et nombre de ces
mesures ne semblent pas encore avoir été budgétisées (la gratuité des maisons relais,
notamment).
6. Le nouvel objectif budgétaire à moyen terme (OMT) : les +0,5% sont de retour
Les autorités ont retenu un objectif de solde structurel à moyen terme des Administrations
publiques (I'« OMT ». qui donne le ton au niveau européen) plus exigeant, puisqu'il passe de
-0,5% du PIB à +0,5% pour les années 2020 à 2022. C'est là une première traduction du
gonflement prévisible des futures dépenses de pension. C'est aussi une confirmation de la
ligne de la Chambre de Commerce, qui avait dès avril 2016, avait mis en garde contre le choix
d'un OMT moins exigeant pour les trois années 2017, 2018 et 2019. Le maintien durant cette
période d'un objectif de +0,5% du PIB aurait permis de mieux souligner la stabilité budgétaire
du Luxembourg, en évitant d'envoyer vers l'extérieur un signal de relâchement budgétaire.
La Chambre de Commerce note par ailleurs que cet objectif officiel, cet ancrage de la politique
budgétaire, repose sur l'hypothèse d'une convergence graduelle du ratio d'endettement vers
60% et sur un préfinancement d'un tiers seulement des dépenses futures liées au
vieillissement démographique et au départ progressif à la retraite de nombreux travailleurs
non-résidents. Le choix d'un objectif d'endettement compatible avec l'objectif gouvernemental
(dette à tout moment en-dessous de 30% du PIB) donnerait lieu à un OMT de +1,7% du PIB.
Si le préfinancement du coût du vieillissement devait en outre passer à 50%, l'OMT grimperait
à +3,2% du PIB...
7. Les risques sont légion...
Un objectif budgétaire ambitieux s'imposerait d'autant plus que l'actuel contexte économique
se caractérise par de multiples incertitudes. L'analyse de sensibilité effectuée dans les
documents budgétaire est bienvenue et a déjà permis de baliser le champ des risques et
incertitudes (tensions commerciales et Brexit, en particulier), mais d'autres risques plus
spécifiques déjà largement identifiées en novembre 2018 par la Comité économique et
financier national (CEFN) devraient également être considérés. On citera en vrac le coût exact
des indemnités de chômage allouées aux non-résidents, la pression qu'exerceront les
évolutions démographiques en termes de dépenses d'infrastructures, des pertes de
compétitivité en matière de fiscalité des entreprises, les engagements climatiques et le
possible étiolement du « Tanktourismus » ou encore la forte exposition du Luxembourg au
secteur financier (à la volatilité des marchés boursiers, notamment). Il ne s'agit ici que d'une
liste exemplative, donc nullement limitative...
8. Sécurité sociale : des problèmes plus rapprochés qu'on ne le dit...
Un autre risque majeur concerne bien entendu la sécurité sociale, confrontée au vieillissement
démographique. Le Groupe de travail sur le vieillissement au niveau européen et le Groupe
de travail Pensions au niveau luxembourgeois ont bien mis en évidence les difficultés de
financement à long terme, des pensions en particulier — la Chambre ne va pas y revenir ici.
Mais divers problèmes se sont déjà cristallisés ces dernières années. En témoigne le fait
qu'avant même 2025, le solde opérationnel du régime général de pension pourrait devenir
négatif selon l'IGSS, ou encore la dégradation graduelle, bel et bien enregistrée depuis 2000,
du solde des Administrations de sécurité sociale — qui est passé de 2,5% du PIB environ en
2000 à 1,6% actuellement. Selon le PLPFP, cet excédent de 1,6% perdurerait jusqu'en 2022,
7
mais ce résultat dépend largement du fort ralentissement supposé de la progression des
prestations sociales de 2019 à 2022.
9. Certains accents politiques louables, d'autres moins...
L'importance de mettre en œuvre une stratégie de transformation numérique a été bien saisie
dans les documents budgétaires, mais la hausse continue des effectifs dans l'Administration
montre que l'accroissement de la productivité du facteur de production travail n'est pas à
l'agenda. Une autre condition allant dans le sens d'une croissance plus qualitative est
l'aménagement de nouvelles zones d'activités économiques, priorité reconnue par le
Gouvernement qui annonce son intention d'investir dans l'acquisition de terrains afin de
réaliser de nouvelles zones d'activités nationales et régionales.
Le Gouvernement a par ailleurs annoncé une hausse du salaire social minimum (SSM) net,
en partie à charge des entreprises — ce que la Chambre de Commerce regrette profondément
dans un contexte de dérive de la compétitivité coût depuis 2000 — et par ailleurs via un nouveau
crédit d'impôt SSM. A noter également un rehaussement des accises dont l'effet sur la base
est difficile à appréhender et diverses mesures fiscales commentées en détail dans l'avis de
la Chambre.
10. Pour le « Zukunftspak », les années passent mais les conclusions restent
Quelques chiffres suffisent à résumer la situation : le programme gouvernemental de la fin
2013 mentionnait des mesures d'économie de 1.500 millions EUR à l'horizon 2018. Par contre,
le PLPFP sous avis ne mentionne plus que 567 millions EUR, dont 70% concernant le seul
relèvement de certains taux de TVA...
* * * * *
La Chambre de Commerce considère que tout budget doit s'inscrire dans une stratégie
d'ensemble, dont deux piliers seraient d'une part un renforcement des marges de manœuvre
budgétaires, qui paraissent actuellement insuffisantes face à la multiplication des risques et
incertitudes (la Chambre de Commerce propose à cette fin des mesures de consolidation de
quelque 1,5 milliard EUR), et un vaste réagencement des dépenses (« expenditure shift »)
visant un véritable saut qualitatif de l'économie luxembourgeoise. L'accent doit être mis
davantage sur une éducation performante et la formation, compte tenu des difficultés
croissante de recrutement qu'éprouvent les entreprises, sur la recherche et développement et
une meilleure articulation de cette dernière avec les entreprises, sur des infrastructures plus
performantes de transport, de télécommunication et de logement. Le tout permettrait de sortir
la croissance de notre productivité de l'ornière dans laquelle elle se trouve actuellement
(comme l'atteste notamment le déclin accéléré de la productivité totale des facteurs grandducal, mise en évidence notamment par la Commission européenne). Ces accents ne sont
pas du tout absents du projet de budget 2019, avec notamment une volonté de stimuler la
transformation digitale de l'économie, les zones d'activité ou le spatial et de continuer à
soutenir la R&D, mais il convient de les renforcer.
L'avis qui suit comporte quatre parties distinctes : une première partie consacrée à un aperçu
sommaire des grands équilibres, une deuxième qui constitue le cœur de l'analyse puisqu'il
s'agit des 10 grands messages de la Chambre de Commerce, une troisième partie qui récence
quelques recommandations et, enfin, une annexe qui commente des dispositions fiscales
techniques.
8
9
TABLE DES MATIERES
Partie I : La situation des Administrations publiques en quelques grands chiffres
13
1
Administration centrale
1.1
Les dépenses de l'Administration centrale
14
14
1.2
Les recettes de l'Administration centrale
16
1.3
Le solde de l'Administration centrale
18
2
Administrations de sécurité sociale
2.1
Les dépenses des Administrations de sécurité sociale
20
20
2.2
Les recettes des Administrations de sécurité sociale
21
2.3
Le solde des Administrations de sécurité sociale
22
3 Administrations locales
4 Administration publique
5 Dette publique
23
25
28
Partie II : Les 10 messages à retenir
30
1 Un PIB de 72 milliards en 2022... ou une moins-value fiscale de 1 milliard ?
2 Des dépenses publiques en lévitation
3 Une minimisation de l'ampleur des dépenses liées à la rémunération des salariés
4 Baisse de l'IRC : un soulagement pour les entreprises?
5 Une très brève éclaircie pour le solde de l'Administration centrale
6 Le nouvel objectif à moyen terme (« OMT ») : les +0,5% sont de retour
7 Les risques sont légion
8 Sécurité sociale : des problèmes plus rapprochés qu'on ne le dit
9 Certains accents politiques louables, et d'autres moins
10 Pour le « Zukunftspak », les années passent mais les conclusions restent
31
34
38
41
43
52
55
60
64
71
Partie III : Les recommandations de la Chambre de Commerce
75
Annexe
79
Annexe 1 : Commentaire de certaines mesures fiscales
80
10
SOMMAIRE DES TABLEAUX
Tableau 1 : Dépenses 2018 et 2019 de l'Administration centrale
14
Tableau 2 : Evolution pluriannuelle des dépenses de l'Administration centrale
16
Tableau 3 : Recettes 2018 et 2019 de l'Administration centrale
17
Tableau 4 : Evolution pluriannuelle des recettes de l'Administration centrale
17
Tableau 5 : Evolution pluriannuelle du solde de l'Administration centrale
18
Tableau 6 : Dépenses 2018 et 2019 des Administrations de sécurité sociale
20
Tableau 7 : Evolution pluriannuelle des dépenses des Administrations de sécurité sociale 21
Tableau 8 : Recettes 2018 et 2019 des Administrations de sécurité sociale
21
Tableau 9 : Evolution pluriannuelle des recettes des Administrations de sécurité sociale 22
Tableau 10 : Evolution pluriannuelle du solde des Administrations de sécurité sociale
23
Tableau 11 : Evolution pluriannuelle des dépenses des Administrations locales
24
Tableau 12 : Evolution pluriannuelle des recettes des Administrations locales
25
Tableau 13 : Evolution pluriannuelle des soldes des Administrations locales
25
Tableau 14 : Evolution pluriannuelle des recettes, des dépenses et des soldes des
Administrations publiques
26
Tableau 15 : Evolution pluriannuelle des soldes des Administrations publique, centrale, locales
et de sécurité sociale
26
Tableau 16 : Evolution des agrégats de l'Administration centrale estimés pour la même année
2018 dans les PLPFP successifs
34
Tableau 17 : Dépenses de rémunération des salariés de l'Administration centrale en 2018 et
2019
38
Tableau 18 : Evolution pluriannuelle des dépenses de rémunération des salariés de
l'Administration centrale
39
Tableau 19 : Evolution pluriannuelle des dépenses de rémunération des salariés des
Administrations publiques
39
Tableau 20 : Evolution pluriannuelle des recettes issues des impôts sur le revenu des
entreprises
42
Tableau 21 : Evolution pluriannuelle des recettes issues des impôts sur le revenu des
collectivités
44
Tableau 22 : Recettes issues des impôts sur le revenu des collectivités
44
Tableau 23 : Calcul de l'OMT sous divers scénarios alternatifs
54
11
SOMMAIRE DES GRAPHIQUES
Graphique 1 : Evolution pluriannuelle des soldes des Administrations publique, centrale,
27
locales et de sécurité sociale
28
Graphique 2 : Evolution de la dette publique
31
Graphique 3 : Evolution des recettes totales des Administrations publiques
33
Graphique 4 : Evolution du PIB nominal sous trois scénarios
36
Graphique 5 : Variation des dépenses de 2018 estimées dans les PLPFP successifs
Graphique 6 : Coûts budgétaires additionnels (par rapport à la PLPFP) en l'absence d'une
37
décélération des dépenses courantes
Graphique 7 : Capacité (+) ou besoin (-) de financement de l'Administration centrale
43
45
Graphique 8 : Evolution pluriannuelle du solde de l'Administration centrale
Graphique 9 : Effet ciseau des recettes et des dépenses de l'Administration centrale
45
Graphique 10 : Part des Soparfi et des autres secteurs dans l'IRC, l'ICC et l'IF en 2017
47
Graphique 11 : Montant total de l'IRC, de l'ICC et de l'IF payé par les Soparfi
48
Graphique 12 : Analyse de sensibilité — impact de la « guerre commerciale » et du « hard
Brexit » sur le niveau du PIB réel et sur le solde des Administrations publiques
56
57
Graphique 13 : Impact potentiel du Brexit (scénarios de l'OMC)
Graphique 14 : Evolution de la prime de répartition pure
61
Graphique 15 : Evolution des soldes de la sécurité sociale de 1995 à 2022
61
Graphique 16 : Richesse de pension en multiples du revenu moyen
63
Graphique 17 : Evolution des coûts salariaux unitaires
65
Graphique 18 : Salaires minimums annuels en comparaison internationale
65
SOMMAIRE DES ENCADRES
19
Encadré 1 : La nouvelle présentation budgétaire
47
Encadré 2 : L'importance des Soparfi pour les finances publiques
Encadré 3 : Les principales recommandations de la Chambre de Commerce en matière de
62
pensions
12
13
PARTIE I
La situation des Administrations
publiques en quelques grands
chiffres
14
1
Administration centrale
1.1 Les dépenses de l'Administration centrale
D'après le projet de budget 2019, les dépenses totales de l'Administration centrale (soit 19.611
millions EUR) augmenteraient, en 2019, de :
- 7,8% par rapport au budget voté au titre de l'année 2018 (2e colonne dans le tableau
1) ,
- 5,8% par rapport aux dernières prévisions, pour 2018, établies par le projet de budget
2019 sous avis (3e colonne dans le tableau 1).
Les dépenses ont été revues significativement à la hausse dans les prévisions pour 2018 par
rapport au budget établi pour la même année, de 351 millions EUR (soit +1,9%), laissant
apparaitre un rythme de croissance des dépenses entre 2018 et 2019 proche des évolutions
historiques (environ 6% sur la période 2000-2016).
Tableau 1 : Dépenses 2018 et 2019 de l'Administration centrale
En millions EUR et taux de progression en pourcentage
2018
selon budget
2018
selon prévisions
2019
selon projet de
budget
Variation projet budget 2019 /
prévi sions 2018
Variation projet de budget 2019 /
budget 2018
en millions EUR
en millions EUR
en millions EUR
en millions EUR
en millions EUR
en %
en %
Dépenses totales
18190
18541
19611
1070
5,8%
1421
7,8%
Consommation intermédiaire
1435
1449
1579
130
9,0%
144
10,0%
Formation de capital
1514
1467
1596
129
8,8%
82
5,4%
Rémunération des salariés
4152
4263
4584
321
7,5%
433
10,4%
Subventions
729
714
701
-13
-1,8%
-28
-3,9%
Intérêts de la dette publique
181
190
161
-29
-15,3%
-20
-10,9%
Prestations sociales en espèces
1585
1676
1738
62
3,7%
154
9,7%
Prestations sociales en nature
62
71
60
-11
-15,5%
-2
-2,8%
Autres transferts courants
7661
7891
8201
310
3,9%
541
7,1%
Transferts en capital
852
756
962
206
27,2%
111
13,0%
Autres dépenses
21
63
31
-32
-50,8%
10
48,3%
Sources : Projet de loi concernant le budget des recettes et des dépenses de l'Etat pour l'exercice 201 8 ; Projet de
loi concernant le budget des recettes et des dépenses de l'Etat pour l'exercice 2019.
15
En particulier, dans le budget de l'Etat centre, les postes de dépenses qui, selon les
prévisions, connaîtront les plus fortes progressions entre 2018 et 2019 sont .
Rémunération des agents de l'Etat
+250,0 millions
Participation dans le financement de l'assurance pension
Alimentation du fonds de dotation globale des communes (dotation complémentaire)
+116,8 millions
+82,0 millions
Congé parental
+71,5 millions
Participation dans le financement de l'assurance maladie
Versement au fonds pour l'emploi des produits des impôts de solidarité
+67,6 millions
+64,9 millions
Réaffectation à l'établissement public Corps grand-ducal d'incendie et de secours du
produit de la hausse de la TVA opérée en 2015
+42,6 millions
Participation dans le cadre du chèque-service accueil et éducation plurilingue
+38,7 millions
Remboursement en capital des crédits du site Belval-Ouest
+35,9 millions
Participation au financement de l'assurance dépendance
Alimentation du fonds d'investissements publics administratifs
+30,6 millions
+30,0 millions
Services publics d'autobus assurés par des entreprises privées
+25,5 millions
Alimentation du fonds de l'innovation
+25,0 millions
Alimentation du fonds des routes
Contributions au profit des Centres de recherche publics et de l'Université du
Luxembourg
+25,0 millions
+23,9 millions
Encadrement des demandeurs de protection intemationale ; aides au retour
+21,8 millions
Alimentation du fonds d'investissements publics scolaires
Aide à la construction d'ensembles : Communes, SNHBM, et Fonds du Logement
+20,0 millions
Acquisition auprès du secteur privé d'immeubles
+17,0 millions
+18,9 millions
Services publics d'autobus et ferroviaire assurés par les CFL
+15,6 millions
Alimentation du fonds pour la gestion de l'eau
+15,5 millions
Dotation du fonds d'équipement militaire
+15,0 millions
Dotation dans l'intérêt du fonctionnement du CTIE
+15,0 millions
TOTAL
+1.068,8 millions
Source : Projet de loi concernant le budget des recettes et des dépenses de l'Etat pour l'exercice 2019.
Sur l'horizon couvert par le projet de loi de programmation financière pluriannuelle (PLPFP),
c'est-à-dire la période 2019-2022, la progression des dépenses totales de l'Administration
centrale, définies en conformité avec le système comptable européen SEC 2010, ne devraient
pas subir de franche décélération, comme le montre le tableau 2. En effet, la progression
moyenne annuelle devrait d'établir à 4,8% entre 2019 et 2022, soit une progression totale de
plus de 14% sur 4 ans seulement. Ceci constituerait cependant un freinage du rythme de
progression des dépenses, qui était de l'ordre de 6,9% entre 2007 et 2017. L'atteinte de ce
niveau de progression moindre requerra une exécution rigoureuse (à rebours par exemple de
l'année 2018 où les prévisions dépassant les budgets votés de 1,9%) des documents
budgétaires.
1 Outre les recettes et les dépenses des Ministères, Administrations et services de l'Etat renseignés dans le budget
de l'Etat central tel qu'établi conformément à la législation sur la comptabilité de l'Etat, l'Administration centrale
comprend également les recettes et les dépenses réelles des fonds spéciaux de l'Etat (au-delà des simples
dotations budgétaires de l'Etat à ces fonds), des établissements publics qui font partie de son périmètre, des
fondations et de certains GIE, des institutions de l'Etat ainsi que des services de l'Etat à gestion séparée.
16
Tableau 2 : Evolution pluriannuelle des dépenses de l'Administration centrale
En millions EUR et taux de progression en pourcentage
Consommation intermédiaire
Formation de capital
(Invest. direct)
Rémunération des salariés
Subventions à payer
Revenus de la propriété
(dont intérêts de la dette)
Prestations sociales en espèces
Autres transferts courants
Transferts en capital à payer
(Invest. indirect)
Dépenses totales
2019
2020
2021
2022
Projet de budget
Prévisions
Prévisions
Prévisions
1579
1618
1649
1715
9,0%
2,5%
1,9%
4,0%
1596
1665
1965
1908
8,8%
4,3%
18,0%
-2,9%
4584
4838
5052
5294
7,5%
5,6%
4,4%
4,8%
701
718
706
721
-1,9%
2,4%
-1,6%
2,0%
161
161
128
130
-15,1%
0,0%
-20,9%
1,6%
1738
1795
1840
1904
3,7%
3,3%
2,5%
3,5%
8201
8646
9130
9511
3,9%
5,4%
5,6%
4,2%
962
1008
1118
1141
27,2%
4,8%
10,9%
2,1%
19 611,0
88%
20 530,0
4,7%
21 671,0
86%
22 394,0
3,3%
Taux de croissance
annuel moyen
entre 2019 et 2022
Taux de croissance
total
entre 2019 et 2022
Taux de croissance
annuel moyen
entre 2007 et 2017
4,3%
8,6%
8,2%
7,1%
19,5%
5,9%
5,6%
15,5%
7,0%
0.2%
2,9%
5,5%
-8,6%
-19,3%
10,2%
3,2%
9,6%
7,8%
4,8%
16,0%
7,1%
11,3%
18,6%
2,7%
4,8%
14,2%
6,9%
Source : Projet de loi de programmation financière pluriannuelle 2019-2022 ; Calculs de la Chambre de Commerce
Remarques : Les postes « Variation sur actifs non financiers non produits » (en raison de sa forte volatilité) ains"
que « Prestations sociales en nature » (en raison de sa moindre importance en termes de montants) n'ont pas été
repris dans le tableau
1.2
Les recettes de l'Administration centrale
D'après le projet de budget 2019, les recettes de l'Administration centrale (soit 18.962 millions
EUR) augmenteront, en 2019, de :
-
9,6% par rapport au budget voté au titre de l'année 2018 (2e colonne dans le tableau
3) ,
-
1,6% par rapport aux dernières prévisions, pour 2018, établies par le projet de budget
2019 sous avis (3e colonne dans le tableau 3).
La Chambre de Commerce reviendra par la suite sur le caractère exceptionnel, et non
récurrent, du montant 2018 des recettes, dans son message n°5.
17
Tableau 3 : Recettes 2018 et 2019 de l'Administration centrale
En millions EUR et taux de progression en pourcentage
2018
selon budget
2018
selon prévisions
2019
selon projet de
budget
Variation projet budget 2019 / Variation projet de budget 2019 /
prévisions 2018
budget 2018
en millions EUR
en millions EUR
en millions EUR
en millions EUR
Recettes totales
en %
en millions EUR
en %
17300
18662
18962
300
1,6%
1 662
9,6%
Production marchande
169
137
131
-6
-4,4%
-38
-22,4%
Production pour usage final propre
265
282
300
18
6,4%
35
13,2%
Paiements au titre de l'autre production
non marchande
478
668
670
2
0,3%
192
40,2%
Impôts sur la production et les
importations
6891
7038
7172
'134
1,90/à
281
4,1%
Revenus de la propriété
327
289
311
22
7,6%
-16
-4,8%
Impôts courants sur le revenu, le
patrimoine, etc.
7963
8876
8974
98
1,1%
1 011
12,7%
Cotisations sociales
893
931
984
53
5,7%
91
10,2%
Autres transferts courants
178
182
215
33
18,1%
37
20,6%
Transferts en capital à recevoir
136
257
206
-51
-19,8%
70
51,2%
Sources : Projet de loi concernant le budget des recettes et des dépenses de l'Etat pour l'exercice 201 8 ; Projet de
loi concernant le budget des recettes et des dépenses de l'Etat pour l'exercice 2019.
S'agissant de leur évolution escomptée au cours de la période 2019-2022, les recettes totales
de l'Administration centrale progresseraient en moyenne de 4,6% l'an, soit une hausse de près
de 18% entre 2019 et 2022. L'année 2018 étant toutefois exceptionnelle, le taux de
progression des recettes entre 2018 et 2019 ne s'élève qu'à 1,6%, ce qui induit à la baisse la
moyenne de la période du PLPFP. Exception faite de l'année 2019, la croissance moyenne
annuelle des recettes entre 2020 et 2022 s'établit en effet à 5,6%, soit légèrement moins que
la croissance annuelle moyenne entre 2007 et 2017, qui s'élève à 5,8%.
Tableau 4 : Evolution pluriannuelle des recettes de l'Administration centrale
En millions EUR et taux de progression en pourcentage
2019
Production marcha nde
Production pour usage final propre
2020
2021
2022
Projet de budget
Prévisions
Prévisions
Prévisions
131
137
136
143
4,4%
4, 6%
-0, 7%
5,7%
300
320
340
360
6,4%
6,7%
6,3%
5,9%
Paiements pour autre production non
670
655
713
668
marchande
0,3%
-2,2%
8,9%
-6,3%
7172
7567
7998
8438
1,9%
5,5%
5,7%
5,5%
311
318
325
332
impôts sur la production et les importations
Revenus de la propriété
impôts courants sur le revenu, le patrimoine,
etc.
Cotisations sociales
Autres transferts courants
Transferts en capital à recevoir
Recettes totales
7,6%
2 3%
2,2%
22%
8974
9557
10174
10874
1,1%
6,5%
6,5%
6, 9%
984
1036
1080
1127
5,7%
5,3%
4,2%
4,4%
215
216
223
228
18,1%
0,5%
3,2%
2, 2%
206
209
200
181
-19, 8%
1,5%
-4,3%
-9,5%
18 962
20 014
21 189
22 350
1,6%
5,5%
5,9%
5,5%
Taux de croissance
annuel moyen
entre 2019 et 2022
Taux de croissance toMl
entre 2019 et 2022
Taux de croissance annuel
moyen
entre 2007 et 2017
1,2%
9,2%
3,6%
6,3%
20,0%
20.9%
0,2%
-0,3%
5,5%
4,7%
17,7%
3,7%
3.6%
6,8%
1,7%
5,2%
21,2%
7,8%
4,9%
14,5%
7,3%
6,0%
6.0%
-2,4%
-8,0%
-121 %
27,4%
4,6%
17,9%
5,8%
Source : Projet de loi de programmation financiere pluriannuelle 2019-2022 ; Calculs de la Chambre de Commerce
La Chambre de Commerce rappelle que des incertitudes planent sur les rendements des
recettes, en général, et des recettes fiscales en particulier, surtout dans le contexte actuel, en
raison du rendement extrêmement élevé del'IRC / ICC, puisqu'ils sont influencés directement
18
par la conjoncture, qui par nature reste volatile, et encore davantage dans une économie
comme le Luxembourg, comme le précise d'ailleurs l'exposé des motifs du projet de budget
2019, mais également en raison du caractère exceptionnel des recettes en 2017 et 2018 (voir
à ce sujet le message n°5). Un décrochage du PIB, risque explicitement mentionné dans le
projet de budget, ou un « dégonflement » brutal de certaines recettes, peut impacter de
manière substantielle le solde budgétaire. Pour ces raisons, le volet « recettes » du budget se
doit d'être élaboré avec d'autant plus de prudence et le volet « dépenses » doit être adapté en
conséquence. Les autorités budgétaires ne semblent toutefois pas encore avoir totalement
implémenté cette recommandation de longue date de la Chambre de Commerce.
1.3 Le solde de l'Administration centrale
Fait assez rare que pour être relevé, le solde nominal de l'Administration centrale serait en
excédent en 2018, à hauteur de 121 millions EUR (0,2% du PIB), grâce toutefois à des recettes
exceptionnelles et non récurrentes.
Mais cette situation favorable ne durera pas. L'Administration centrale vivra de nouveau audessus de ses moyens en 2019. Il ressort de ce qui précède que les dépenses de
l'Administration centrale (+5,8%) surpassent ses recettes (+1,6%), ce qui induit, selon les
prévisions, un solde déficitaire en 2019. Une dégradation substantielle du solde de 771 millions
EUR en un an seulement porte le déficit à 650 millions EUR en 2019, soit 1,1% du PIB.
Selon le PLPFP, « Ales années 2019-2022 sont caractérisées par une amélioration graduelle
et significative de la situation financière de l'Administration centrale », le solde atteignant un
déficit de 44 millions ou 0,1% du PIB, en 2022. La Chambre de Commerce ne pourrait que se
réjouir de la matérialisation de cette prévision. Toutefois, elle appelle à une certaine prudence
car comme l'anticipe très justement l'exposé des motifs, « N'évolution de la situation des
finances publiques au cours de cette période (2018-2022) est tributaire d'un certain nombre
de facteurs déterminants : une dynamique soutenue des recettes [...] grâce à la persistance
de conditions macroéconomiques favorables au cours de toute la période ; une croissance
des dépenses publiques soutenue, mais inférieure aux recettes [...] ». Or, comme la Chambre
de Commerce y reviendra par la suite, les risques sont bien présents et leurs conséquences
non négligeables.
Tableau 5 : Evolution pluriannuelle du solde de l'Administration centrale
En millions EUR et en pourcentage du PIB
2018
2019
2020
2021
2022
Dépenses
18 541
19 611
20 530
21 671
22 394
Recettes
18 662
18 962
20 014
21 189
22 350
121
-650
-515
-482
-44
0,2%
-1,1%
-0,8%
-0,7%
-0,1%
Solde en millions EUR
Solde en % du PIB
Source : Projet de loi de programmation financière pluriannuelle 2019-2022 ; Calculs de la Chambre de Commerce.
19
Encadré 1 : La nouvelle présentation budgétaire
Le projet de budget intègre une nouvelle présentation comptable, présentée de manière
transparente dans les documents budgétaires. Reposant notamment sur un enregistrement
plus complet, dans le budget proprement dit, de la TVA et des recettes propres des fonds
spéciaux, elle permet de rapprocher substantiellement la comptabilité budgétaire
« traditionnelle » à la luxembourgeoise (résultant de la loi de juin 1999, qui est pour l'essentiel
une comptabilité de caisse) de la comptabilité européenne standardisée servant de référence
sur le plan européen (comptabilité dite SEC 2010, dont la logique est plus économique).
La nouvelle pratique consiste, sur le versant des dépenses, à enregistrer diverses recettes de
manière brute. La TVA est particulièrement emblématique (elle explique à elle seule les deux
tiers de la hausse des recettes et dépenses résultant de la nouvelle présentation) : auparavant,
seules les recettes nettes de TVA, c'est-à-dire après transferts d'une quote-part aux
communes et à l'Union européenne, étaient enregistrées dans le budget de l'Etat proprement
dit (le reste passant par le budget pour ordre). Désormais, sont intégrées au projet de budget
l'ensemble des recettes de TVA (donc le montant brut, soit 3 888,5 millions EUR (bruts) pour
2019 contre 3 179,3 (nets) dans l'ancienne présentation ; + 709 millions EUR), les transferts
aux communes via le Fonds de dotation globale (+353 millions EUR d'une présentation à
l'autre) et à l'UE (+356 millions EUR) figurant désormais dans le volet « dépenses » du projet
de budget sensu stricto. L'impact sur le solde de l'Administration centrale est bien entendu
strictement nul (+709 en recettes, +353+356=+709 en dépenses), avec des recettes de TVA
comptablement rehaussées mais contrebalancées par l'enregistrement au budget (et non plus
seulement dans le budget pour ordre) des transferts aux communes et à l'UE. Un traitement
similaire est appliqué à d'autres recettes (et dépenses) moins importantes, par exemple la taxe
sur les véhicules automoteurs (40 millions EUR en 2019), la taxe de consommation sur l'alcool
(41 million), la contribution sociale sur la carburants (129 millions) ou encore la contribution
changement climatique perçue sur les carburants également (85 millions).
Le Chambre de Commerce salue cette innovation. Il existe certes toujours une dichotomie
marquée entre les deux comptabilités, mais ce n'est plus tout à fait le « grand écart » observé
jusqu'alors. Pour l'année 2019 et selon des calculs de la Chambre basés sur le PLPFP, l'écart
entre d'une part les dotations aux fonds, institutions de l'Etat services à gestion séparée et
établissements publics et d'autre part les dépenses de ces mêmes entités est passé de 2.709
millions EUR dans le cadre du projet de budget 2018 à 1.949 millions EUR dans les documents
budgétaires sous avis — une diminution de 28%, donc. L'écart reste donc fort important, mais
il diminue significativement. L'écart entre les dépenses budgétaires de l'Etat et celles de
l'Administration centrale (concept plus large regroupant les entités précitées dont les fonds
spéciaux et certains établissements publics) recule un peu plus, à raison de 33%. Un tiers du
chemin a été parcouru, en quelque sorte.
La Chambre de Commerce espère vivement que d'autres avancées — notamment des
plafonds de dépenses, une poursuite de la réduction de l'écart entre les deux comptabilités et
la budgétisation par objectifs — viendront opportunément compléter ces progrès — avec
idéalement d'importantes avancées à l'occasion du dépôt en octobre 2019 du prochain projet
de budget.
20
2 Administrations de sécurité sociale
2.1 Les dépenses des Administrations de sécurité sociale
D'après le projet de budget, les dépenses des Administrations de sécurité sociale s'élèveront
à 10.947 millions EUR en 2019, ce qui représente une progression de 5,4% par rapport aux
prévisions les plus récentes pour 2018.
Si en raison des réserves existantes et des excédents actuels, l'accroissement des dépenses
n'est pas actuellement le problème le plus important auquel le Gouvernement est confronté, il
pourrait vite le devenir dans le contexte de vieillissement démographique, qui plus est si le
marché du travail ne conserve pas son dynamisme, avec à la clef une hausse des dépenses
sans accroissements concomitants des recettes. En effet, la caractéristique marquante sur le
versant des dépenses de la sécurité sociale est la domination sans partage, certes attendue,
des prestations sociales qui représentent plus de 96% des dépenses totales. Il s'agit d'une
part de prestations en nature — des dépenses de santé ou d'assurance dépendance pour
l'essentiel — et d'autre part de prestations en espèces, avec un poids déterminant des pensions
du régime général et des prestations familiales.
Tableau 6 : Dépenses 2018 et 2019 des Administrations de sécurité sociale
En millions EUR et taux de progression en pourcentage
2018
selon prévisions
2019
selon projet de budget
en millions EUR
en millions EUR
Variation projet budget 2019 /
prévisions 2018
en millions EUR
en %
Dépenses totales
10 391
10 947
556
5,4%
Prestations sociales en espèces
7 281
7 648
367
5,0%
Prestations sociales en nature
2 646
2 858
212
8,0%
464
441
-23
-5,0%
Autres dépenses
Source : Projet de loi de programmation financière pluriannuelle 2019-2022
Les dépenses totales des Administrations de sécurité sociale devraient, selon le PLPFP,
augmenter à raison de 4,8% l'an en moyenne sur la période 2019-2022. Mais une décélération
du rythme de progression est prévue, tant au niveau des prestations sociales en espèces
qu'en nature. Reste à vérifier la réalisation de cette dernière.
21
Tableau 7 : Evolution pluriannuelle des dépenses des Administrations de sécurité
sociale
En millions EUR et taux de progression en pourcentage
2019
2020
2021
2022
Projet de budget
Prévisions
Prévisions
Prévisions
7 648
8 095
8 449
8 849
5, 0%
5, 8%
4.4%
4,7%
2 858
3 006
3 142
3 275
8, 0%
5,2%
4,5%
4,2%
Prestations sociales en espèce
Prestations sociales en nature
441
439
452
421
-5,0%
-0,5%
3, 0%
-6, 9%
10 947
11 540
12 043
12 545
5,4%
5,4%
4,4%
4,2%
Taux de croissance
annuel moyen
entre 2019 et 2022
Taux de
croissance total
entre 2019 et 2022
5,0%
15,7%
5,5%
14,6%
-2,3%
-4,5%
4,8%
14,6%
Autres dépenses
Dépenses totales
Source : Projet de loi de programmation financière pluriannuelle 2019-2022 ; Calculs de la Chambre de Commerce
2.2 Les recettes des Administrations de sécurité sociale
D'après le projet de budget, les recettes des Administrations de sécurité sociale s'élèveront à
11.943 millions EUR en 2019, ce qui représente une progression de 4,3% par rapport aux
prévisions les plus récentes pour 2018.
Ces recettes totales se composent de transferts de revenus en provenance de l'Administration
centrale s'établissant à plus de 4,7 milliards EUR, ainsi que de cotisations sociales pour près
de 6,6 milliards EUR (soit un partage 40% / 60% relativement stable depuis 2000). Il s'agit là,
et de loin, des deux ressources majeures de la sécurité sociale, représentant de concert 96%
de l'ensemble des recettes engrangées par ce sous-secteur en 2019. Les 4% restants
consistent principalement en revenus de la propriété, liés pour l'essentiel au rendement de la
réserve du Fonds de compensation du régime général de pension. L'évolution globale des
recettes est donc largement dépendante de l'évolution de l'emploi et de la conjoncture
économiq ue.
Tableau 8 : Recettes 2018 et 2019 des Administrations de sécurité sociale
En millions EUR et taux de progression en pourcentage
2018
selon prévisions
2019
selon projet de budget
en millions EUR
en millions EUR
Variation projet budget 2019 /
prévisions 2018
en millions EUR
en %
11 451
11 943
492
4,3%
409
446
37
9,0%
Cotisations sociales
6 369
6 659
290
4,6%
Autres transferts courants
4 609
4 775
166
3,6%
64
63
-1
-1,6%
Recettes totales
Revenus de la propriété
Autres recettes
Source : Projet de loi de programmation financière pluriannuelle 2019-2022.
Entre 2019 et 2022, les cotisations sociales enregistreraient une progression annuelle
moyenne de 5,0%. Ce taux semble globalement en ligne avec la croissance de la rémunération
totale des salariés (+5,6%), soit la variable macroéconomique qui présente la plus grande
22
proximité avec la base cotisable. Cependant, si la masse salariale devait être révisée à la
baisse, les cotisations sociales fléchiraient par rapport aux montants absolus estimés.
Tableau 9 : Evolution pluriannuelle des recettes des Administrations de sécurité sociale
En millions EUR et taux de progression en pourcentage
2019
2020
2021
2022
Projet de budget
Prévisions
Prévisions
Prévisions
446
476
499
524
9,0%
6,7%
4,8%
5,0%
Revenus de la propriété
6659
7060
7388
7742
4,6%
6,0%
4,6%
4,8%
4775
4992
5184
5363
3,6%
4,5%
3,8%
3,5%
63
63
63
74
-1,6%
0,0%
0,0%
17,5%
11943
12591
13134
13703
4,3%
5,4%
4,3%
4,3%
Cotisations sociales
Autres transferts courants
Autres recettes
Recettes totales
Taux de croissance
annuel moyen
entre 2019 et 2022
Taux de
croissance total
entre 2019 et 2022
6,4%
17,5%
5,0%
16,3%
3,9%
12,3%
4,0%
17,5%
4,6%
14,7%
Source : Projet de loi de programmation financière pluriannuelle 201 9-2022 ; Calculs de la Chambre de Commerce
Les transferts courants en provenance de l'Administration centrale constituent pour la sécurité
sociale la deuxième recette par ordre d'importance. Selon le PLPFP (« autres transferts
courants »), ces transferts connaîtraient une croissance 3,9% par année en moyenne sur
l'horizon 2019-2022.
Enfin, les revenus de la propriété connaîtraient une augmentation marquée, puisqu'ils
s'accroîtraient au total de plus de 78 millions EUR sur la période 2019 à 2022 (+17,5% en 4
ans). Il convient cependant de rappeler que les revenus du patrimoine sont tributaires
notamment de l'évolution de la situation boursière, dans un contexte global marqué par une
grande incertitude et par des accès de volatilité fréquents de la part des marchés financiers.
La Chambre de Commerce tient pas ailleurs à attirer l'attention sur le fait que les revenus de
la propriété, tels qu'ils sont enregistrés dans les comptes nationaux et dans les documents
budgétaires en conformité avec la comptabilité européenne harmonisée SEC 2010,
représentent une part toujours plus importante du surplus de la sécurité sociale. Cette
proportion s'établissait en effet à 33% en 2000, à 37% en 2007 et 40% en 2016. Elle
continuerait à croître, et le ratio en question atteindrait, en 2022, 45% de l'excédent total des
administrations de sécurité sociale. Le fléchissement parallèle du surplus
cotisations/dépenses est le témoin de la dégradation intrinsèque du régime de pension.
2.3 Le solde des Administrations de sécurité sociale
Tout au long de la période sous revue dans le PLPFP, les recettes des Administrations de
sécurité sociale surpassent les dépenses, induisant un solde excédentaire entre 2019 et 2022.
Si en termes absolus, les excédents augmentent, ils restent stables en pourcentage du PIB, à
1,6%.
23
Tableau 10 : Evolution pluriannuelle du solde des Administrations de sécurité sociale
En millions EUR et en pourcentage du PIB
2018
2019
2020
2021
2022
Recettes
11451
11943
12591
13134
13703
Dépenses
10391
10947
11540
12043
12545
Solde en millions EUR
1 059
997
1 051
1 091
1 158
Solde en % du PlB
1,8%
1,6%
1,6%
1,6%
1,6%
Source : Projet de loi de programmation financière pluriannuelle 2019-2022 ; Calculs de la Chambre de Commerce.
Il est toutefois à noter que le surplus de la sécurité sociale se compose de revenus de la
propriété — principalement issus du Fonds de compensation du régime général de pension —
à raison de 45% environ sur l'horizon couvert par le PLPFP. Or la réserve de compensation
exprimée en pourcentage du PIB devrait s'étioler au cours des prochaines décennies. Elle
disparaîtrait même vers 2040 selon le scénario de base de l'IGSS2.
3 Administrations locales
En application des normes comptables européennes SEC 2010, les Administrations locales
se composent au Luxembourg de :
- 102 communes ;
68 syndicats de communes en activité. 55 de ces syndicats sont considérés comme
appartenant au secteur non marchand ;
- 36 établissements publics placés sous la surveillance des communes, dont 30 offices
sociaux.
La loi communale modifiée du 13 décembre 1988 prévoyait l'établissement, par chaque
commune, d'un plan pluriannuel de financement (PPF) appelé à servir de base à
l'établissement de prévisions consolidées au sujet de l'évolution des finances communales, à
présenter pour le 15 février de chaque année, ainsi qu'une mise à jour, à présenter
annuellement pour le 31 juillet. Toutefois, aux échéances précitées, un nombre appréciable
d'entités communales, mais non la totalité, avaient présenté leur plan pluriannuel de
financement.
Alors que le projet de loi budgétaire 2017 prévoyait, pour le projet de loi budgétaire 2018, une
amélioration sensible des prévisions au sujet de l'évolution de la situation financière du secteur
communal par la prise en compte des plans pluriannuels de financement grâce à une
adaptation des tableaux récapitulatifs transmis au Ministère de l'Intérieur et visant à permettre
leur intégration dans la programmation financière pluriannuelle de l'Administration publique, il
n'en est rien. En effet, « les adaptations du programme de traitement actuel des données se
sont avérées plus complexes que pensé », selon l'exposé des motifs du projet de budget 2019.
Par conséquent, pour 2019, les prévisions pour le secteur communal ont été établies, comme
par le passé, sur la base d'une projection des données globales ventilées par codes SEC ainsi
que sur la base des paramètres actualisés en matière de revenus des communes.
2
Bilan technique de décembre 2016 du régime général de pension.
24
Si le sous-secteur est plus restreint en termes de volume, ses dépenses restent matérielles
puisqu'elles s'élèvent à 2.943 millions EUR (soit 4,8% du PIB) en 2019 et devraient dépasser
les 3.300 millions EUR en 2022 (4,7% du PIB), ce qui représente un taux de croissance annuel
moyen de 4,8%.
Il convient de signaler l'importance des Administrations locales en termes de formation brute
de capital (« investissements publics »). Ainsi, en 2019, avec 978 millions EUR, les dépenses
des Administrations locales ne représentant pas moins de 37% de ce poste cruciai pour
l'économie luxembourgeoise. La Chambre de Commerce appelle les Administrations locales
à poursuivre une politique ambitieuse en matière d'investissements3 afin d'adapter en
permanence les infrastructures locales aux besoins socio-économiques, et ce en lieu et place
d'une simple affectation des fonds aux budgets courants. Le rôle des communes est
fondamental dans l'aboutissement d'une politique d'investissements publics ambitieuse et
contributrice au développement socio-économique de l'ensemble du pays, mais l'absence de
données rend l'évaluation des inputs et des outputs malaisée. La Chambre de Commerce
constate que les investissements des communes s'établiraient, selon le PLPFP, à 1,6% du
PIB en 2022. Il s'agit là du même niveau qu'en 2017. Mesuré à cette aune, l'effort
d'investissement des pouvoirs locaux paraît cependant bien moindre qu'au début des années
2000 (1,75% en moyenne de 2000 à 2005), alors que les défis pour les communes ne
paraissent certainement pas d'une moindre acuité actuellement, en matière de transport et de
logements notamment. La Chambre de Commerce tient également à souligner l'importance
des synergies et synchronisations entre communes dans le domaine des investissements
publics, tels que les équipements sportifs et culturels, notamment. Il convient en clair d'éviter
toute duplication inutile des investissements, soit la mise en œuvre d'investissements
similaires entre des communes situées à un faible distance l'une de l'autre. Cette duplication
multiplie les coûts non seulement de construction, mais également d'entretien.
Tableau 11 : Evolution pluriannuelle des dépenses des Administrations locales
En millions EUR et taux de progression en pourcentage
2018
2019
2020
2021
2022
Prévisions
Projet de budget
Prévisions
Prévisions
Prévisions
641
670
702
734
769
6,3%
4,5%
4,8%
4,6%
4, 8%
Consommation intermédiaire
Formation de capital (Invest.
direct)
935
978
1 017
1 077
1 140
4,9%
4,6%
4,0%
5, 9%
5, 8%
1 003
1 057
1 098
1 142
1 186
6, 7%
5,4%
3,9%
4,0%
3,9%
Rémunération des salariés
122
142
154
156
164
22,0%
16,4%
8, 5%
1,3%
5,1%
2 793
2 943
3 074
3 213
3 375
5,3%
5,4%
4,5%
4,5%
5,0%
Autres transferts courants
Dépenses totales
Taux de croissance
Taux de
annuel moyen
croissance total
entre 2019 et 2022 entre 2019 et 2022
4,7%
14,8%
5,1%
16,6%
4,3%
12,2%
7,8%
15,5%
4,8%
14,7%
Source : Proiet de loi de programmation financière pluriannuelle 2019-2022 : Calcul s de la Chambre de Commerce
Remarque : Seuls les postes dont les montants dépassent les 50 millions EUR ont été inclus dans le tableau.
3 La Chambre de Commerce renvoie à sa publication Actualité & tendances n°17 « Des investissements publics
efficaces : une formidable opportunité de redressement », disponible sur son site Internet www.cc.lu.
25
Avec des recettes s'élevant à 3.229 millions EUR (5,3% du PIB) en 2019 et 3.710 millions
EUR (5,2% du PIB) en 2022, une hausse légèrement inférieure à celle des dépenses est
enregistrée pour les recettes, à savoir +4,4%.
Tableau 12 : Evolution pluriannuelle des recettes des Administrations locales
En millions EUR et taux de progression en pourcentage
2018
2019
2020
2021
2022
Prévisions Projet de budget
Prévisions
Prévisions
Prévisions
288
296
305
315
324
0, 3%
2, 8%
3,0%
3, 3%
2, 9%
Taux de croissance
annuel moyen
entre 2019 et 2022
Taux de croissance
total
entre 2019 et 2022
3,0%
9,5%
5,1%
16.0%
1,7%
10,2%
7,6%
23,1%
-1,3%
-2,4%
4,4%
14,9%
Production marchande
Paiements pour autre
production non
marchande
Impôts courants sur le
revenu
196
206
217
227
239
18,8%
5,1%
5, 3%
4,6%
5, 3%
1 006
976
1 016
1 046
1 076
24,5%
-3,0%
4,1%
3,0%
2, 9%
1 289
1 405
1 521
1 621
1 729
10,6%
9,0%
8, 3%
6,6%
6,7%
Autres transferts courants
Transferts en capital à
recevoir
270
254
263
304
248
22,2%
-5,9%
3,5%
15,6%
-18,4%
3 127
3 229
3 414
3 606
3 710
14,3%
3,3%
5,7%
5,6%
2,9%
Recettes totales
Source : Projet de loi de programmation financière pluriannuelle 2019-2022 ; Calculs de la Chambre de Commerce
Remarque : Seuls les postes dont les montants dépassent les 65 millions EUR ont été inclus dans le tableau.
Les soldes des Administrations locales restent stables en pourcentage du PIB, en passant de
285 millions EUR en 2019 à 335 millions EUR en 2022. La Chambre de Commerce s'inquiète
toutefois de ce manque de réinvestissement des marges de manœuvre dégagées.
Tableau 13 : Evolution pluriannuelle des soldes des Administrations locales
En millions EUR et en pourcentage du PIB
2018
2019
2020
2021
2022
en millions EUR
334
285
340
393
335
en % du PIB
0,6%
0,5%
0,5%
0,6%
0,5%
Source : Projet de loi de programmation financière pluriannuelle 2019-2022.
4 Administration publique
D'après le Protocole sur la procédure des déficits excessifs, annexé au Traité sur l'Union
européenne, le déficit - ou excédent - public est défini comme étant le besoin - ou la capacité
- de financement de l'ensemble de l'Administration publique. Sous ce terme générique, il y a
lieu de comprendre la juxtaposition des trois sous-secteurs précédemment passés en revue,
à savoir l'Administration centrale (laquelle constitue déjà une notion plus large que le concept
d' « Etat central » sous-jacent à la comptabilité budgétaire luxembourgeoise), la sécurité
sociale, ainsi que les Administrations locales.
26
Tableau 14 : Evolution pluriannuelle des recettes, des dépenses et des soldes des
Administrations publiques
En millions EUR et taux de progression en pourcentage
2018
2019
2021
2020
2022
Dépenses
25 456
26 883
28 229
29 688
30 848
Recettes
26 971
27 515
29 106
30 690
32 297
Solde en millions EUR
1 514
632
876
1 002
1 449
Solde en % du PIB
2,6%
1,0%
1,4%
1,5%
2,0%
Source : Projet de loi de programmation financiere pluriannuelle 2019-2022.
Le « cumul » enjolive la situation des finances publiques luxembourgeoises. Le résultat agrégé
de l'Administration publique, soit la somme des trois soldes partiels susmentionnés, fait état
d'un surplus, pour 2019, de 632 millions EUR, correspondant à 1% du PIB. C'est l'excédent
au niveau de la sécurité sociale (997 millions EUR, 1,6% du PIB) qui permet de « compenser »
le déficit qu'accusera l'Administration centrale de 650 millions EUR ou 1,1% du PIB en 2019.
En raison de cette agrégation, le solde de l'Administration publiq …
Explication IA à partir du texte officiel de la loi. Indicatif, ne remplace pas un conseil juridique.