← Luxembourg

En bref

Ce document est un avis de la Chambre des fonctionnaires et employés publics, daté du 15 novembre 2022, concernant les projets de lois relatifs au budget de l'État pour 2023 et à la programmation financière pluriannuelle 2022-2026, ainsi que les règlements grand-ducaux d'exécution. Il analyse le contexte économique international, européen et national dans lequel ces projets s'inscrivent.

Ce qu'il réglemente

Qui il concerne

Points clés

📄 Texte de loi
CHFEP A-3780/22-72 Doc. pari. n-8' et ~ Chambre des fonctionnaires et employés publics L _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _......._ _ _ _ _ _ _- _ _ _ _ _ _ _W.iillllli:aii.- A V][§ du 15 novembre 2022 sur le projet de loi concernant le budget des recettes et des dépenses de l'État pour l'exercice 2023; le projet de loi relatif à la programmation financière pluriannuelle pour la période 2022-2026; les projets de règlements grand-ducaux d'exécution y relatifs S. 0 .M.. M ..A. I.. R ..E I. L'environnement économique .................................................................................. 1 1. Prévisions économiques internationales ................................................................ . 2. Prévisions économiques européennes .................................................................... 4 3. Prévisions économiques nationales ......................................................................... 7 II. L'état de l'économie nationale ............................................................................... 11 1. La situation des finances publiques ...................................................................... 11 2. La soutenabilité des finances publiques ............................................................... 13 3. La dette publique ..................................................................................................... 15 4. La programmation financière pluriannuelle ........................................................ 20 III. Le projet de budget de l'État pour l'exercice 2023 ........................................... 25 1. Les grandes lignes budgétaires pour 2023 et au-delà ......................................... 25 2. Les mesures principales du projet de budget ....................................................... 28 a) La politique fiscale .............................................................................................. 29 b) Les mesures dans les domaines social et familial ........................................... 32 c) Les efforts en matière de logement ................................................................... 34 d) Les investissements pour l'environnement et la transition énergétique ....... 3 6 e) L'accélération de la digitalisation ..................................................................... 3 8 t) Les investissements dans l'économie et les infrastructures publiques ......... 39 g) Le déploiement de la défense ............................................................................ 40 3. Les investissements dans la fonction publique .................................................... 41 a) Les mesures principales projetées ..................................................................... 41 b) La nécessité de disposer d'une fonction publique forte ................................. 41 IV. Des réformes importantes à entamer .................................................................... 42 1. La nécessité de réorienter la politique .................................................................. 43 a) Les contradictions en matière énergétique et alimentaire .............................. 43 b) Le détachement politique de la population ...................................................... 48 c) Le démantèlement de la liberté syndicale ........................................................ 52 d) Pour une réorientation de la politique budgétaire au niveau national .......... 53 2. La nécessité de lutter contre les inégalités sociales ............................................ 56 a) L'accroissement des inégalités sociales ........................................................... 56 b) Des mesures pour contrarier les inégalités et maintenir le pouvoir d'achat . 63 V. Synthèse ........................................................................................................................ 68 Par neuf dépêches du 12 octobre 2022, Madame la Ministre des Finances a demandé l'avis de la Chambre des fonctionnaires et employés publics sur les projets de lois et de règlements grand-ducaux spécifiés à l'intitulé. Ces textes appellent les remarques suivantes de la part de la Chambre. I. L'environnement économique 1. Prévisions économiques internationales Le projet de budget de l'État pour l'exercice 2023 doit être adopté dans un contexte très difficile. En effet, non seulement l'impact de la pandémie Covid-19, dont les effets n'ont toujours pas tout à fait cessé, mais également, et surtout, les conséquences de la guerre en Ukraine et le phénomène de l'inflation au niveau mondial laissent planer la plus grande incertitude sur les perspectives économiques internationales. Au niveau international, les prévisions économiques continuent d'être revues à la baisse. En juillet 2022, le Fonds monétaire international (FMI) 1 a dénoté« un horizon sombre et plus incertain». Ainsi, il relève qu'une« reprise timide en 2021 a été suivie d'épisodes de plus en plus sombres en 2022 alors que des risques commençaient à se matérialiser». En effet, la production mondiale a diminué au deuxième trimestre de 2022, entre autres en raison de la décélération de l'activité économique en Chine et en Russie. Ensuite, certains évènements intervenus au cours del' année ont impacté l' économie mondiale qui est toujours affaiblie par la pandémie Covid-19, à savoir notamment les conséquences négatives de la guerre en Ukraine ainsi qu'une inflation importante au niveau mondial pesant sur les modalités de financement, surtout dans les pays les plus forts économiquement, comme les États-Unis et les États européens. D'après le FMI, la croissance de l'économie mondiale devrait ralentir en passant de 6,1 % pour l'année 2021 à 3,2% pour 2022, et l'inflation mondiale devrait progresser en raison de la hausse des prix des denrées alimentaires et del' énergie ainsi que du fait des déséquilibres subsistants de l'offre et de la demande. L'inflation devrait atteindre 6,6% dans les pays avancés et 9,5% dans les pays émergents et les pays en développement en 2022. L'inflation globale au niveau mondial devrait atteindre 8,3% en 2022. 1 FMI, Perspectives de l'économie mondiale,juillet 2022, https: //www.im f.orglfr/Publica tions/ WEO/1ssues/2022/07/26/world-econom ic-outlook-update-j u ly-2022 ■ -2- Pour 2023, le FMI estime que« la politique monétaire désinflationniste devrait faire sentir ses effets, et la production mondiale augmenter de seulement 2,9% ». Toutefois, il est possible que« la fragmentation géopolitique risque d'entraver la coopération et les échanges à l'échelle mondiale». Pour les cas où les risques susmentionnés se concrétiseraient, le FMI indique que l'inflation devrait s'accroître encore et la croissance économique mondiale serait alors ramenée à 2,6% pour 2022 et à 2,0% environ pour 2023. Concernant l'Europe, la baisse de la croissance économiques' explique, selon le FMI, « par les retombées de la guerre en Ukraine et le resserrement de la politique monétaire». En juillet 2022, le FMI mettait par ailleurs en garde contre une interruption brutale des importations européennes de gaz russe du fait de la guerre en Ukraine. Au moment du dépôt à la Chambre des députés des projets de lois sous avis, le FMI a procédé à une légère révision de sa publication de juillet 2022 2 , en estimant dorénavant que « l'activité économique mondiale subit un ralentissement généralisé et plus marqué qu 'attendu, avec une inflation qui atteint des niveaux jamais vus depuis plusieurs décennies». Selon le FMI, la croissance mondiale devrait ralentir à 3,2% en 2022 et à 2,7% en 2023. L'inflation mondiale quant à elle devrait atteindre 8,8% en 2022 et diminuer à 6,5% en 2023 et à 4,1 % en 2024. 2 FMI, Perspectives de l'économie mondiale,octobre 2022, https: //ww\\ .im f.oœ(fr/Publica tions/WEO/l ssues/2022/ I 0/ 11 /world-econom ic-outlook-october-2022 ■ L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) 3 note que la guerre en Ukraine est l'élément principal ralentissant la reprise de l'économie mondiale, cette guerre ayant provoqué, d'une part, une crise humanitaire avec des milliers de morts et des millions de réfugiés et, d'autre part, une crise du coût de la vie affectant les populations dans le monde entier. S'y ajoute, selon l'OCDE, que la guerre en Ukraine a conduit, ensemble avec la politique« zéro Covid » menée en Chine, à une hausse de l'inflation-en raison de l'augmentation drastique des prix des aliments, des matières premières et de l'énergie-ceci d'une telle façon que l'on se trouve dans« une situation inédite depuis les années 1970 ». Cette situation engendre des problèmes sérieux, non seulement pour les personnes à faible revenu, mais aussi pour la sécurité alimentaire des pays pauvres. Si, avant la guerre en Ukraine, l'économie mondiale était en train de se redresser ( dans certains pays la croissance était même très solide) et d'endiguer les effets de la pandémie Covid-19, il n'en est malheureusement plus ainsi. Selon les projections de juin 2022 de l'OCDE, la croissance du PIB mondial devrait ralentir fortement en 2022 et s'établir autour de 3 %. La croissance économique devrait par ailleurs continuer dans ce sens en 2023. Parmi les pays les plus touchés par cette évolution figureraient les États européens, puisque ceux-ci seraient plus fortement exposés aux effets de la guerre en Ukraine. 3 OCDE, Perspectives économiques,juin 2022, https: / /w,V\, ,oecd,org/perspectives-econom jqµes/ ■ -4- Dans ses prévisions de septembre 20224, l'OCDE constate que le ralentissement de l'économie mondiale est plus fort qu' initialement prévu et elle revoit à la baisse ses projections de juin 2022. Du fait du« retournement du cycle économique mondial et des effets de plus en plus tangibles du resserrement de la politique monétaire opéré par la plupart des grandes banques centrales »,l'organisation prédit que« l'inflation globale devrait culminer ce trimestre dans la plupart des grandes économies avant de refluer au dernier trimestre de 2022 et tout au long de 2023 dans la majorité des pays du G20 ». La croissance mondiale devrait rester plutôt stable au second semestre 2022, avant de diminuer en 2023 pour arriver à un niveau de croissance annuelle de 2,2%. 2. Prévisions économiques européennes D'après les projections du FMI, le PIB devrait seulement progresser de 3, 1% en 2022 dans la zone euro (selon les prévisions d'octobre 2022), alors que, au cours de lapériode d'avant-guerre, le taux de croissance était encore estimé à 4,3% pour cette année. Le durcissement de la politique monétaire européenne pour lutter contre l'inflation contribuera probablement, selon le FMI, au ralentissement de la croissance. Le FMI attire en outre l'attention sur les risques liés à un arrêt total des exportations de gaz russe vers les pays européens en 2022. Un tel arrêt pourrait en effet non seulement augmenter encore plus l'inflation dans le monde entier en raison de la hausse conséquente des prix énergétiques, mais également conduire à des décisions supplémentaires de rationnement d'énergie en Europe, ce qui pèserait alors notamment« sur les grands secteurs industriels, et réduirait fortement la croissance dans la zone euro en 2022 et 2023, avec des effets de contagion transfrontaliers négatifs». L'OCDE estime que, en raison des effets de la guerre en Ukraine notamment, la croissance économique dans la zone euro devrait nettement diminuer et le PIB devrait ainsi progresser de 2,6% en 2022 (et de 1,6% en 2023).De plus,l'inflationdans la zone euro devrait continuer à augmenter, ceci même jusqu'à un taux de 7% pour cette année. L'OCDE relève en outre que« l'augmentation des prix du pétrole due à l'embargo sur le pétrole russe ralentira la reprise en 2023 » et que « les risques à la baisse pour l'activité économique restent prépondérants», en notant que« de sérieuses difficultés d'approvisionnement énergétique, notamment en gaz, porteraient un coup à la croissance en Europe tout en alimentant encore l'inflation». Les projections de la Commission européenne 5 sont proches de celles du FMI et de l'OCDE. En effet, la Commission table sur une croissance économique de 2,6% en 2022 et de 1,4% en 2023 pour la zone euro, ainsi que de 2,7% en 2022 et de 1,5% en 2023 pour l'ensemble de l'Union européenne. 4 OCDE, Perspectives économiques,septembre 2022, https: / / wW\\ .oecd.org/perspecti, es-econom igues/septem bre-2022/ 5 Commission européenne, Prévisions économiques de l'été 2022, h ttps: / / eco nom, -fin ance.ec .euro pa .eu/ economic-foreca st-an d-su rve>·sieconomic-fo reca sts/ sum mer-2 0 2 2econom ic-foreca st-ru ssia s-\\a M, o rsens-o ut look fr, https: //ec.europa .eu/comm ission /presscorner/detail/fr/ip 22 4511 ■ ■ -5- D'après la Commission, « l'économie de l'UE reste particulièrement vulnérable à l'évolution des marchés de l'énergie en raison de sa forte dépendance à l'égard des combustibles fossiles russes». Quant à l'inflation, elle devrait atteindre un niveau historiquement élevé en 2022, de 7,6% dans la zone euro et de 8,3% dans l'ensemble de l'Union européenne.À noter que, dans la zone euro, le taux d'inflation annuel a déjà atteint 9,1 % en août 2022 6 : Taux d'inflation annuel (en % ) dans la zone euro, août 2022 0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 24 26 28 30 32 34 36 38 40 42 Én rgie 1 ec.eurcpa.eu/eurostat• En 2023, l'inflation devrait cependant ralentir et passer à 4,3% dans la zone euro et à 4,6% dans l'Union européenne. Ces projections de la Commission sont donc plus pessimistes que celles du FMI et de l'OCDE. La Commission estime finalement que,« dans l'ensemble, l'économie de l'UE devrait continuer à croître, mais à un rythme nettement plus lent que prévu dans les prévisions du printemps 2022 ». Toutefois, en cas de rupture des approvisionnements en gaz, une récession n'est pas à exclure. S'y ajoute que l'euro a perdu de valeur face au dollar américain, ceci de manière conséquente pour la première fois depuis vingt années. Economie Forecast - Summer 2022 JO • JOll • 1011 • 1013 Source: Commission européenne / Inflation 6 Eurostat, Euro-indicateur 96/2022, 31 août 2022, https:/ / ec.europa .eu/eu rostat/fr/web/main/news/euro-ind ica tors ■ ■ -6- La Banque centrale européenne (BCE) 7 note que« les perspectives concernant l 'activité dans la zone euro sont entourées d'une grande incertitude, liée à l'évolution de la guerre en Ukraine », et que « l'éventualité de perturbations graves del' approvisionnement énergétique en Europe représente un risque important, qui entraînerait de nouvelles flambées des prix del 'énergie et réductions de la production». Comme toujours, la BCE a établi plusieurs scénarios pour déterminer les perspectives économiques en Europe, dont un« scénario de référence » et un« scénario baissier», alternatif au premier et fondé sur une aggravation des perturbations liées à la guerre et l'impact négatif conséquent sur l'évolution de l'activité économique: Projections macroéconomiques pour la zone euro 8 (variations annuelles en pourcentage; pourcentage de la population active) .................. _, _, •M lt22 .............. _, 2.1 1.3 •1.7 1.7 7.1 1.3 2.1 1.0 .... 1.9 2.3 u 3.2 2.0 1112 Pa en volume 2.1 2.1 Taux oe chomage c1,- I• population active) u u u u 3.5 2.1 IPCH IPCH t,or~ ene<g1e et prodUtt$ ahmen1a1re,s, IOM ... 3.0 Par comparaison avec les projections de référence, le « scénario baissier» tient compte de l'éventualité de chocs encore plus négatifs sur l'activité économique en Europe. À court terme, l'inflation serait ainsi plus élevée, alors qu'à moyen terme, elle serait cependant plus faible. Au mois de septembre 2022 9 , la BCE note que la croissance économique a été meilleure que le pronostic établi au premiersemestre2022,mais que« la guerre en Ukraine continue d'avoir des conséquences économiques qui assombrissent les perspectives de l'économie de la zone euro tout en accentuant encore les tensions inflationnistes». Selon la BCE, « l'incertitude entourant les perspectives tant à court terme qu'à moyen terme reste très forte». Les perturbations en matière d'approvisionnement en gaz naturel ainsi que la hausse exorbitante des prix du gaz et de l'électricité ont augmenté l'incertitude en question. La situation devrait mener à une stagnation de l'économie de la zone euro depuis le deuxième semestre 2022 et jusqu'au premier trimestre 2023 inclus. 7 Banque centrale européenne, Projections macroéconomiques,juin 2022, https://www.ecb.europa.eu/pu b/projections/htm 1/ecb.proj ections202206 euro system sta ff- 2299e41 f1 e.fr.html#toc2 8 Banque centrale européenne, Ibid. 9 Banque centrale européenne, Projections macroéconomiques, septembre 2022, https://www.ecb.europa.eu/pub/projections/htm l t.:ch.projections202209 ecbstaff~3eafaaee la.fr.htm 1 ■ -7- D'après le projet de loi budgétaire sous examen, trois facteurs principaux freinent l' activité et la relance en Europe: la hausse des prix de l'énergie, la hausse des taux d'intérêt et l'essoufflement des effets de rattrapage post-Covid en raison del 'inflation notamment. Le marché de l'emploi résiste cependant bien dans tous les pays développés. 3. Prévisions économiques nationales Pour le Luxembourg, l'OCDE 10 estime que la croissance économique au niveau national devrait ralentir pour s'établir aux alentours de 2,9% en 2022 et de 2, 1% en 2023. D'après l'OCDE,« la guerre en Ukraine pèsera sur la confiance des consommateurs et la consommation, mais l'investissement, notamment la construction résidentielle, soutiendra la croissance en parallèle à la dépense publique». L'inflation sera aggravée notamment en raison de l'augmentation des prix des biens intermédiaires. La montée de l'inflation fragilise la confiance des consommateurs Indice Janvier 2017 = 100 104 % 10 102 8 100 6 98 4 96 2 94 92 - . 0 consommateurs +- Confiance des entrepns lnllabon globale (IPCH) lnllabon globale nationale (IPCN) 90 2017 2018 2019 2020 -2 . 2021 2022 -4 Source: OCDE, Luxembourg- Indicateurs sur le marché de l'emploi et sur l'inflation, juin 2022 Selon l'OCDE, « le Luxembourg est relativement protégé des conséquences directes de la guerre en Ukraine ou des sanctions adoptées contre la Russie, puisque son exposition totale au commerce extérieur avec ces pays est minime », mais « l'embargo del 'Union européenne sur le pétrole russe en 2023 fera augmenter davantage les prix de l'énergie, ce qui se répercutera sur les prix del' électricité, du transport et des denrées alimentaires, ainsi que sur ceux des biens intermédiaires». 10 OCDE, Ibid. ■ 1 -8- Au niveau national, le STATEC tablait au mois de juin sur une croissance du PIB de 2% pour 2022 et de 4% pour 2023 11 , ces prévisions étant toutefois marquées par une grande incertitude liée au contexte actuel du conflit en Ukraine. De ce fait, le STA TEC a estimé que « les risques de révisions à la baisse de la croissance, pour cette année et l'année prochaine, sont actuellement dominants». Au moment du dépôt à la Chambre des députés des projets de lois sous examen, le STATEC tablait sur une croissance économique de 2% au niveau national pour 2023 12 • Si, au début de l'année 2022, l'activité économique a encore progressé favorablement au Luxembourg, celle-ci a été impactée négativement depuis le début de la guerre en Ukraine. Les effets négatifs touchent particulièrement les consommateurs, mais également le commerce et l'industrie 13 • Les perspectives économiques nationales sont ainsi beaucoup moins favorables pour le deuxième semestre de l'année 2022 14 • Selon le projet de loi budgétaire pour l'année 2023, le PIB a reculé de 0,5% sur un trimestre au deuxième trimestre 2022, après une augmentation de 0,7% au premier trimestre. L'acquis de croissance pour 2022 devrait s'élever à 1,6% (dans l'hypothèse où le PIB se stabiliserait au niveau du deuxième trimestre pour le restant de l'année) 15 • ÉVOLUTION DU PIB AU LUXEMBOURG 120 - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - 115 D D 110 Il 105 ri ri f- 0) ri (/) Q) u "O C ------ __ _ ,, ~ '.: =--~~------~ 100 + -1!!1!!~~~ ----------- -------------------- 95 90 85 80 T ri N f- f- f- f- ri N ~ f- f- f- M N ~ f- f- 0) OJ OJ OJ D D ri ri ri ri D ri ri D ri ri f- ~ ~ ru f- ru ru • Conso. ménages FBCF (Investissements) Importations ~ ru ru f- ru ru ~ ru ri f- ru ru Conso. publique - - - • Exportations - PIB Source STATEC (comptes nationaux. données désalsonnalisées) 11 STATEC, Note de conjoncturen° 1-22,juin 2022, h ttps: / / sta tist igues.pub lie .lu/ fr/ a ctualites/ economie-fin an ces/ con jon cture/2022/06/20220607 .h tml 12 Ministère des Finances, Présentation du projet de budget de l'État pour 2023, 12 octobre 2022, https://m fin .gouvemem ent.lu/fr/actua lites.gouvemem ent%2B fr%2Ba ctua lites%2B toutes actua lites%2Bcomm unigues%2B2022%2B 1O-octobre%2B 12-backes-presentation-budget.html 13 STATEC, ConjonctureFlash,juin 2022, https: //statistigues.public.lu/fr/publications/series/conjoncture-tlash/2022/06-22-conjflash.html 14 STATEC, Conjoncture Flash, août 2022, https: //statistigues.public.lu ifr/publicationsiseries/conjoncture-tlash/2022/08-22-conjflash.html 15 Projet de loi concernant le budget des recettes et des dépenses de l'État pour l'exercice 2023,page 15* ■ 1 -9- D'après les prévisions d'inflation qui étaient publiées par le STATEC en août 2022 16 , l'inflation au niveau national devrait atteindre 6,6% pour l'année en cours et 5 ,3 % pour 2023. Ces prévisions étaient toutefois accompagnées d'incertitudes majeures, à savoir notamment du risque d'une dépréciation supplémentaire del' euro parrapport au dollar américain ainsi que du risque croissant d'une pénurie de gaz en Europe. D'autres facteurs pourraient avoir un effet positif sur l'inflation, comme par exemple l'assouplissement de la stratégie « zéro Covid » en Chine ou encore la « normalisation » de la politique monétaire en Europe suite aux décisions de la BCE. Au vu des projections d'inflation publiées au mois d'août 2022, le STATEC avait évoqué le déclenchement éventuel d'une nouvelle tranche indiciaire au quatrième trimestre 2022. Selon l'exposé des motifs accompagnant le projet de loi budgétaire sous avis (page 19*), « il y a un risque réel que l'évolution des derniers mois vienne contrarier la dynamique constatée jusqu'au premier trimestre inclus». L'inflation a atteint des niveaux qui n'ont plus été constatés depuis le début des années 80. Au Luxembourg, l'inflation correspond à 6,8% sur un an aux mois de juillet et août 2022 (par rapport à environ 9% dans la zone euro sur la même période). Mais elle devrait atteindre 6,2% pour l'année 2022 (au lieu de 6,6%, comme projeté en août 2022) et diminuer à 2,8% en 2023 17 . Le déclenchement de la prochaine tranche indiciaire serait dans ce cas reporté au premier trimestre 2023. À noter que l'inflationestplus faible au Luxembourg que dans d'autres pays de la zone euro 18 : 18% 16% ~ 14% ~ 12% w ::, "'6 10% ;; ; 8% C :ë 6% X ::, {J. 4% 2% - 0% N N N N N N > ~ ~ ':' > ':' C ;. !:l. ':' ':' "' E "' Allemagne Belgique Pays-Bas N è a E - t .uxembourg - N N ïii '.:;.' :[ N N ~ N ,::, 0 "' i., . ·France - Sio\M'ce; STATEC, EUIIOSTAT Nota : lndiù!, de prhl à Il COn50rNN\IOl"I n ■tior,al (l?CN) pou, le Luumbour1 • 1 ondk.s de prllt pour a.s aut!'fl pays ou tone consadtf'5 zone euro à,. (Ol"l50 mm&t,Ofl h1rrn on!Y's IIPCHJ 16 STATEC, Statnews n° 36, Prévisions d'inflation, août 2022, https://sta tistigues.public.lu/fr/a ctualites/2022/stn36-pre\ i~ions-in flation-07-22 .htm 1 17 Projet de loi concernant le budget des recettes et des dépenses de l'État pour l'exercice 2023, pages 16* et 31 * 18 STATEC, Impact des mesures de l'accord tripartite sur l'inflation et le pouvoir d'achat, 14octobre2022, https:/ /sta t ist igues.public .lu/fr/a ct ualites/2 022 /tripa rtite-septem bre-su ite- l 4octobre.html ■ ■ - 10 - Plusieurs éléments vont avoir un impact sur l'évolution future de l'inflationauLuxembourg, dont notamment la transmission effective aux consommateurs de la réduction temporaire des taux de TVA à partir du 1er janvier 2023, ce qui a été retenu dans l'accord tripartite du 28 septembre 2022, ainsi quel' augmentation des taux d'intérêt directeurs. Au mois d'octobre 19, le STATEC note par ailleurs que,« au deuxième trimestre 2022, l'évolution du PIB en volume a été de -0,5% par rapport au trimestre précédent et de 1,6% par rapport au deuxième trimestre de 2021 ». Les évolutions annuelles du PIB sont révisées à 2, 7% au lieu de 4,0% pour le premier trimestre 2022, à 4, 1% au lieu de 4,9% pour le quatrième trimestre 2021 et à 2,0% au lieu de 5,1 % pour le troisième trimestre 2021. L'évolution annuelle du PIB pour l'année 2021 est aussi revue à la baisse à 5,1 % au lieu de 6,9% (calculée sur la base des estimations trimestrielles en mars 2022). Concernant l'impact des évènements au niveau international (guerre disruptive, récession dans les pays avancés) sur l'économie nationale, l'exposé des motifs joint au projet de loi budgétaire (page 22 *) énonce que « peu d'impact est à prévoir encore en 2022 mais une légère récession devrait advenir en 2023 ( ... ), d'une ampleur proche de celle de 2020 lors de la crise de la Covid-19 (-1 à -2% pour le PIB en vol.) ». Début novembre 2022 20 , le STATEC relève que,« depuis les prévisions d'inflation de septembre 2022, les perspectives économiques se sont encore dégradées» et qu' « il est désormais anticipé quel 'économie mondiale ralentira tandis quel 'injlation restera élevé en 2023 ». Pour le Luxembourg, l'institutpréditainsi un taux d'inflation de 6,4% pour l'année 2022 et de 3,4% pour 2023. Selon le STATEC, le déclenchement d'une prochaine tranche indiciaire devrait intervenir au premier trimestre 2023, à côté de celle reportée de juin 2022 à avril 2023 par l'accord tripartite du 31 mars 2022. En outre, une tranche supplémentaire devrait être déclenchée soit au troisième trimestre 2023, soit au quatrième trimestre 2023. 19 STATEC, Statnews n° 46, 7 octobre 2022, https: / /sta tistig ues.public.lu/fr/actualites/2022/stn4(rçom ptes-trim .htm 1 20 STATEC, Statnews n° 52, 7 novembre 2022, https: //sta tistigues.public.lu/fr/a ctualites/2022/stn 52-prev isions-in fla t ion-1 0-22 .htm 1 ■ ■ - 11 - II. L'état de l'économie nationale 1. La situation des finances publiques Comme chaque année, le Conseil national des finances publiques (CNFP) a publié en juin 2022 une évaluation des finances publiques du Luxembourg. Dans son« évaluation des finances publiques à l'occasion du Programme de stabilité et de croissancepourlapériodede 2022 à 2026 »21 , le CNFP fait remarquer que« l'inflation élevée et le climat économique actuellement hautement incertain pèsent lourdement sur l'évolution économique du Luxembourg, dont la croissance est estimée à 1,4% en 2022, après une forte reprise économique enregistrée en 2021 (6,9%) ». Il note que« l'économie luxembourgeoise semble donc aujourd'hui davantage impactée que la zone euro (3,0% de croissance en 2022 selon le PSC 2022), au vu notamment du fait que les marchés financiers, qui jouent un rôle particulièrement important pour l'économie du Luxembourg, ont réagi de manière sensible aux incertitudes actuelles ». Toutefois, malgré les incertitudes découlant notamment de la guerre en Ukraine, des décisions à intervenir en matière de politique monétaire européenne ainsi que de l' évolution de l'inflation,« l'activité économique du Luxembourg devrait rebondir de 2,90/4 en 2023 avant d'osciller autour de 2, 7% à moyen terme (2024-2026) et serait donc proche des prévisions établies dans la loi de programmation budgétaire pluriannuelle (LPFP) 2021-2025 (établie avant le déclenchement de la guerre en Ukraine) ». Concernant le solde nominal des administrations publiques, le CNFP dénote uniquement une« légère dégradation» (d'environ 50 millions d'euros en moyenne sur la période 2021-2025) par rapport aux estimations budgétaires dans le cadre de la LPFP 2021-2025, alors surtout que« ces estimations ne prenaient pas encore en compte l 'invasion del 'Ukraine par la Russie ». Le Ministère des Finances a publié le 18 juillet 2022 quelques chiffres plus concrets quant à la situation financière del 'État au premier semestre 2022 22 • Selon le Ministère, les dépenses de l'administration centrale se sont chiffrées au 30 juin 2022 à 11, 1 milliards d'euros, ce qui correspond à une légère augmentation de 1,9% (203 millions d'euros) par rapport à l'année passée. Il a cependant précisé à cet égard que la « stabilité relative des dépenses en comparaison annuelles 'explique notamment par la dissipation progressive des dépenses liées aux aides Covid-19 ». En outre, il a été précisé que la tendance à la haussedesdépensesdevraitêtrerenforcée au cours des mois prochains, entre autres du fait des mesures d'aides qui seront 21 Conseil national des finances publiques, https: / /en fp.public.lu /fr/ev a luations/2022/evaluation-j uin2022 .htm 1 22 Ministère des Finances, Présentation de la situation des finances publiques au 30 juin 2022, 18 juillet 2022, https://m fin .gouverncment.lu/fr/actua litcs.gouvernem ent%2B fr%2Bactua lites%2B toutes actua litcs%2Bcom m unigues%2B2022%2B07-juillet%2B 18-backes-finances.htm 1 ■ ■ - 12 - décidées par le gouvernement afin de lutter contre l'inflation. et surtout contre la hausse des prix de l'énergie. Au niveau des recettes de l'État, le Ministère a préciséque,au 30 juin 2022, les recettes totales del' administration centrale se chiffraient à 12,2 milliards d'euros et les recettes des administrations fiscales s'élevaient à 10,3 milliards d'euros, ce qui correspond à une progression de+ 10,3% par rapport à l'année 2021. Si cette évolution des recettes est positive, le Ministère a attiré cependant l'attention sur les faits, d'une part, que les recettes progressent plus lentement qu'en 2021 et, d'autre part, que « la tendance positive devrait être largement réduite au cours du second semestre suite à l'entrée en vigueur du crédit d'impôt énergie (CIE) à partir du Jer juillet 2022, diminuant significativement les rentrées fiscales au titre de la RTS ». Concernant le solde des finances publiques, le Ministère a indiqué que le développement positif des recettes et la stabilité des dépenses dans leur ensemble conduisent à une situation excédentaire pour le premier semestre de l'année en cours, le soldes' élevant en effet à 1, 1 milliard d'euros selon les normes comptables européennes SEC2010 (et à 209,1 millions d'euros selon les règles de la comptabilité nationale). Lors de la réunion organisée le 18 juillet 2022 par la Commission des finances et du budget et de la Commission du contrôle de l'exécution budgétaire de la Chambre des députés dans le cadre de la présentation de la situation financière de l'État au 30 juin 2022, Madame la Ministre des Finances avait donné les explications suivantes concernant l'état des finances publiques 2 3 : « La situation financière de l'État à la fin du premier semestre de cette année est moins grave quel 'on aurait pu craindre il y a encore quelque (sic!) mois, avec des recettes qui affichent une certaine progression, des dépenses globalement stables et un solde qui demeure à l'heure actuelle positif. Ce résultat à mi-chemin del 'année 2022 m'inspire confiance quant à la résilience de nos finances publiques, mais il est à nuancer à deux égards: les recettes progressent beaucoup moins rapidement qu'en 2021 et des dépenses importantes sont attendues dans les prochains mois, et ce dans un contexte économique moins porteur, marqué par des tensions inflationnistes importantes.( ... ) Au vu de la situation globale toujours aussi tendue et volatile, la détérioration continue de la conjoncture internationale, l'inflation élevée et le contexte géopolitique incertain constituent des défis de taille pour nos finances publiques. Au regard de ces éléments, il faut s'attendre à une dégradation de la situation financière del 'État sur les mois à venir. Si la prudence et la rigueur restent donc de mise, je ne me réjouis pas moins que l'évolution actuelle se présente moins grave que prévue à l'occasion du Programme de stabilité et de croissance 2022, ce qui nous permet d'envisager des allègements ciblés de la charge fiscale de ceux qui en ont le plus besoin, en ligne avec mon engagement pris lors du débat à la Chambre des députés 23 Ministère des Finances, Ibid. ■ ■ - 13 - en date du 14 juillet dernier. En tout état de cause,je continuerai à veiller à une gestion responsable et prévoyante de nos finances publiques, surtout en vue de la préparation du projet de budget pour 2023. » Le 26 septembre 2022 24 , le Ministère des Finances a présenté la situation financière au 31 août 2022. À cette date, les dépenses de l'administration centrale se chiffraient à 14,8 milliards d'euros (soit une hausse de +2% ou 292 millions d'euros par rapport à l'année passée) et les recettes se sont chiffrées à 15, 7 milliards d'euros (soit une augmentation de +9 ,6% par rapport à l'année précédente). Au 31 août 2022, on avait ainsi toujours une situation financière excédentaire, avec un solde de +969 millions d'euros (selon les règles européennes). Madame la Ministre des Finances avait précisé ce qui suit dans ce contexte: « Si la situation actuelle des finances publiques se présente plus favorablement que prévue, il ne faut pas perdre de vue qu'une nette détériorations'annonce dans les mois à venir et les défis liés à la guerre en Ukraine et à la flambée des prix de l'énergie ne manqueront pas de laisser leur trace.L'accord trouvé par la tripartite aura quant à lui un coût budgétaire important, mais - couplé aux mesures décidées au printemps dernier-je suis convaincue que les conséquences del 'inflation seront atténuées aussi bien pour les ménages que pour les entreprises, et sans remettre en cause la solidité de nos finances publiques.» À noter que, selon le projet de loi budgétaire, les mesures décidées dans le cadre de l' « Energiedësch » en février 2022 et des accords tripartites des 31 mars et 28 septembre 2022 auront un impact de plus de 2,5 milliards d'euros sur les finances publiques en 2022 et 2023. 2. La soutenabilité des finances publiques Dans son avis n° A-3600 du 8 novembre 2021 sur le projet de loin° 7878 concernant le budget des recettes et des dépenses de l'État pour l'exercice 2022, la Chambre des fonctionnaires et employés publics avait relevé que,« face à la pandémie Covid-19 et aux turbulences financières et économiques en dérivant qui persistent en Europe et dans le monde, ils 'impose encore plus quejamais d'adopter une perspective de moyen et long terme, et donc de durabilité, en matière de finances publiques et d'orientation générale des économies nationales, ceci au-delà des aléas quotidiens et conjoncturels, pour pouvoir réagir et surmonter efficacement les conséquences néfastes de situations imprévues telles qu'une crise sanitaire ». 24 Ministère des Finances, Présentation de la situation des finances publiques au 31 août 2022, 26 septembre 2022, https: / lm fin .gouvemem ent.lu/ fr/actua lites.gouvemem ent%2B fr%2Bactua lites%2Btoutes açtua lites%2Bcom munigues%282022%2809-septembre%2826-backes-finaces-publigues.html ■ ■ - 14 - Au vu des évènements ayant actuellement lieu au monde. cette position est toujours valable. Dans le Programme de stabilité et de croissance (PSC) du Grand-Duché de Luxembourg pour 2022, il est précisé que le pays « dispose des capacités nécessaires pour relever les défis émanant de cette nouvelle crise (issue de la guerre en Ukraine), grâce à des fondamentaux économiques solides et une situationfinancière globalement saine ( ... )»et que« le pays a fait preuve de résilience tout au long de la pandémie de la Covid-19 et le tissu productifdu pays a réussi à s'adapter aux nouvelles circonstances, tout en renouant avec les tendances économiques et budgétaires que le Luxembourg connaissait avant la pandémie». Le 18 juillet 2022, Madame la Ministre des Finances avait relevé la « résilience » des finances publiques du Luxembourg ainsi que la nécessité d' « une gestion responsable et prévoyante » de celles-ci. La Chambre soutient cet objectif. En effet, le Luxembourg est bien avisé de suivre une politique budgétaire durable, à long terme. La bonne tenue des finances publiques au Grand-Duché a récemment été confirmée par l'octroi de la notation AAA au Luxembourg par l'agence Fitch Ratings 25 • L'attribution de cette meilleure notation possible s'explique selon l'agence par un revenu élevé par habitant, de bons indicateurs de gouvernance et des finances publiques solides, en dépit du contexte économique difficile.L'agence soulève par ailleurs la bonne tenue des finances publiques dans le cadre de la pandémie Covid-19. Elle prédit cependant une décélération de la croissance économique, qui sera uniquement de 2,3% pour l'année 2022. Si, selon l'agence, les mesures adoptées par le gouvernement afin de lutter contre l'inflation, et la hausse des prix del' énergie surtout, pourraient mener à un déficit au niveau des finances publiques, le pays devrait pouvoir revenir à moyen terme à une situation d'équilibre en suivant une politique budgétaire prudente. L'agence Fitch a constaté en outre que le taux d'endettement public du Grand-Duché est faible, et même le plus faible parmi tous les pays ayant obtenu la notation AAA. En effet, la dette publique correspondait fin 2021 à 24,4% du PIB. Elle pourrait augmenter à 24,6% du PIB à la fin de l'année 2022, mais elle devrait se stabiliser à environ 25% en 2024 avant de diminuer progressivement. La notation AAA du Luxembourg a également été confirmée de nouveau par l'agence DBRS Morningstar, qui souligne les perspectives stables des finances publiques malgré le contexte difficile, ceci au vu de la situation solide des finances, d'une économie nationale compétitive et prospère et des institutions politiques stables. L'agence Standard & Poor's dénote aussi une perspective stable pour le Luxembourg 26 • 25 Communiqué du Ministère des Finances, 16 juillet 2022, https://m fin .go u v emem ent.lu/fr/ actua lites.go u v emem ent%2B fr%2Ba ctua lites%2B toutes a ctua lites%2 Bcom m unigues%2B2022%2807-juillet%2B 16-fitch-aaa.html 26 Communiqué du Ministère des Finances, 30 juillet 2022 (voir aussi le communiqué du 12 novembre 2022), https: //m fin .gou, emement.lu/fr/actua lites.gouvemement%2B fr%2Bactua lites%2 B toutes a ctua lites%2Bcomm unigues%282022%2B07-j uillet%2B30-dbrs-aaa.htm l ■ ■ - 15 - En dépit du contexte économique difficile dans le monde entier, le Luxembourg a dès lors pu affirmer sa bonne réputation économique au niveau international. Le STATEC avait d'ailleurs aussi estimé en juin 2022 que,« malgré la dégradation du contexte conjoncturel, les finances publiques devraient résister » 27 • Dans le cadre de la présentation de la situation des finances publiques au 31 août 2022, Madame la Ministre des Finances avait confirmé que« l'évolution des finances publiques( ... ) témoigne de la résilience de l'économie luxembourgeoise »28 . 3. La dette publique La dette publique du Luxembourg se présente comme suit au 30 septembre 2022: Caractéristiques de la dette de l 'État 29 Ratio dette/PIB: 21,63% (PIB: 75,3 milliards€, selon les prévisions pour2022) Dette publique: 16,3 milliards€ Dette par habitant: 25.221 € (population: 645.397 habitants) Taux moyen pondéré: 0,82% Durée de vie moyenne: 6 ans et 258 jours À titre de comparaison, elle se présentait de la façon suivante au 30 septembre 2021: Ratio dette/PIB: 21,55% (PIB: 69,3 milliards€, selon les prévisions pour202 l) Dette publique: 14,9 milliards€ Dette par habitant: 23.543 € (population: 634.730 habitants) Taux moyen pondéré: 0,49% Durée de vie moyenne: 6 ans et 25 jours Le montant de la dette a donc augmenté de 1,4 milliard d'euros pour atteindre 16,3 milliards d'euros au 30 septembre 2022. Si cette somme semble importante à première vue, il y a cependant lieu de relever que le ratio d'endettement du Luxembourg (21,63% du PIB) est resté toujours très faible par rapport à celui des autres pays de la zone euro et qu'il est largement au-dessous du seuil de 30% du PIB prévu par l'accord de coalition en vue de la formation d'un nouveau gouvernement pour la période 2018 à 2023 et même très largement au-dessous de la limite de 60% du PIB fixée par les règles européennes. 27 STATEC, Note de conjoncturen° 1-22,juin 2022, https://sta tistigues.public.lu 'rr a et u~ lites/economie-finance, conjoncture/2022/06/20220607 .html 28 Ministère des Finances. Présentation de la situation des finances publiques au 31 août 2022, 26 septembre 2022, https: //mfin.gouvemement.lu/fr/actualites.gouvemement%2Bfr%2Bactualites%2Btoutes actualites%2Bcomm un ig ues%2 B2 022%2 B09-septembre%2 B26-backes-finaces-publig ues.h tm 1 29 Trésorerie de l'État, https: //te.public.lu/fr/dette publigue/Caracteristigues dette Etat.html 1 ■ - 16 - Cela malgré le fait que l'augmentation de la dette publique est exponentielle depuis 2008. 1Ernlutlou de la dette de l'admluhlratiou ceurrale 1 Source: Trésorerie de l'État À noter que la dette a récemment encore augmenté pour atteindre 24,6% du PIB au moment du dépôt à la Chambre des députés du projet de loi budgétaire. D'après les chiffres publiés par Eurostat, le ratio d'endettement s'élève à 95,6% du PIB dans la zone euro et à 87 ,8% du PIB dans l'Union européenne au premier trimestre 2022 30 • Au deuxième trimestre 2022, le ratio de la dette publique au niveau européen est en baisse: il correspond à 94,2% du PIB dans la zone euro et à 86,4% du PIB dans l'Union européenne 31 . Or, le ratio dette/Pm du Luxembourg correspond à l'heure actuelle seulement à 24,6%. La situation d'endettement du Luxembourg est en outre meilleure que celle de la plupart des autres pays de la zone euro. Ainsi, à la fin du deuxième trimestre 2022, la Belgique avait par exemple un ratio d'endettement de 108,3%, la France de 113,1 % et l'Italie de 150,2%. 30 Eurostat, Euro-indicateur 83/2022, 21 juillet 2022, https: // ec .europa .eu/eu rostat/fr/web/main /news/ euro-in dica tors 31 Eurostat,Euro-indicateur 119/2022,21 octobre 2022, h ttps:// ec.eu ropa .eu/eu rostat/ fr/web/main /news/ euro-in d ica tors ■ - 17 - Ratio dette publique/PIS, 2022T1 en pourcentage 200 150 ec europa eu/8\.l'OStat • Ratio dette publique/PIS, 2022T2 en pourcentage 100 160 160 140 120 100 80 60 40 ]0 0 ourostat• Par rapport au quatrième trimestre 2021, le Luxembourg a même enregistré une baisse de son ratio de la dette publique par rapport au PIB à la fin du premier trimestre 2022, avant d'enregistrer de nouveau une hausse vers la fin du deuxième trimestre 2022: Variations du ratio dette publique/PIS, 2022T1 par rapport à 2021T4, en points de pourcentage 2,0 1,5 1,0 o,s 0,0 -0,S -1,0 -1,S -2,0 -2,5 -3,0 -3,5 -4,0 ■ 1 ■ - 18 - Variations du ratio dette publique/Pl 8, 2022T2 par rapport à 2022T1, en points de pourcentage 4 l 0 -2 -4 -6 -8 ~..f'..~~./,~~l _ /_ ,.l~/ ./~, l . .~-l'f'..I ./$ .f-~, /.,l .;t,,ojl ,_lj t .,l ./4:/ . .,I i ' ~t .;-· '-~~ .l c#._ ~ ~ ~ V Le niveau de la dette publique luxembourgeoise n'est cependant toujours pas préoccupant par rapport à ceux d'autres pays de la zone euro. En raison des dépenses publiques nécessaires pour soutenir l' économie et la population dans le cadre de la pandémie et de la crise de l'énergie, la dette publique va encore augmenter dans les prochainesannées,de 24,6%du PIB actuellementà26,3% en 2023, pour atteindre même 29,5% en 2026. . , Evolution de la dette publique ...... Niveau de dett9 publlQue hou mesures - f 27,7% 28,8% ( 1. source Trésorerie. MinFin Tota l 22,4% 24,5% 24,5% 24,6% 26,3% 29,5% Selon le Ministère des Finances, le Luxembourg continuera à respecter toujours le seuil de 30% du PIB fixé au programme gouvernemental. Il précise en outre que, en dehors du financement des mesures pour faire face aux crises de la Covid- 19 et de l'énergie ■ ■ - 19 - qui ont été décidées au cours del' année 2022, l'endettement public du Luxembourg se situerait seulement à 19,7% du PIB en 2023 et à 23,5% en 2026 32 • La Chambre des fonctionnaires et employés publics fait remarquer que, même si le taux d'endettement du Luxembourg reste faible par rapport à celui de la plupart des autres pays européens, il faudra rester vigilant en matière d'endettement public, surtout au vu de l'augmentation notoire de la dette au cours des années passées. Il faudra en effet éviter de créer une calamité dans le domaine des finances publiques, affectant la population dans son ensemble et qui serait léguée aux générations futures. Cela dit, la Chambre relève, comme elle l'a toujours fait dans le passé, qu'un déficit public éphémère et une hausse momentanée de la dette publique peuvent parfaitement être justifiés, cela notamment pour permettre à l'État de sortir d'une situation de crise. À cet effet, l'engagement de dépenses importantes et un endettement éventuel qui en résulte peuvent être nécessaires dans l'intérêt du pays et de la population. De plus, un endettement raisonnable peut également être justifié en cas de situation saine des finances publiques, ceci pour maintenir un niveau élevé d'investissements dans les infrastructures publiques du pays au profit de la population. De ce point de vue, la dette publique luxembourgeoise n'est donc pas à considérer purement comme un fléau. Par ailleurs, il y a lieu de relever dans ce contexte que, pour pouvoir apprécier l'étendue réelle de la dette publique, il faut tenir compte des contreparties de celle-ci. En effet, les engagements de l'État sont largement contrebalancés, entre autres par des actifs financiers conséquents. Or, la dette publique brute au sens des règles européennes ne tient pas compte de ces contreparties. Un endettement ayant pour finalité d'investir dans l'économie nationale et dans l' intérêt des habitants du pays est certainementjustifié. C'est d'ailleurs à travers le maintien d'un niveau d'investissement élevé et continu durant la pandémie Covid-19 que le Grand-Duché a réussi à réactiver la croissance économique plus rapidement que d'autres pays suite à la récession causée par cette pandémie. Malheureusement, la guerre en Ukraine et les conséquences qui en découlent actuellement pour l'Europe et pour le monde entier, notamment la crise énergétique qui en résulte, constituent un nouveau choc pour l'économie nationale, freinant la reprise. Le projet de budget sous avis prévoit une « autorisation d'émission d'emprunts à moyen et long terme » pour pouvoir émettre, en cas de besoin, un ou plusieurs emprunts nouveaux (venant augmenter le niveau de la dette publique) pour un montant total pouvant aller le cas échéant jusqu'à 6 milliards d'euros. Ce montant exorbitant (pour rappel: le projet de loi budgétaire pour l'année 2022 prévoyait« seulement» 1,2 milliard d'euros) est prévu, d'après le commentaire de la disposition en question, afin de faire face« au déficit prévisible del 'administration centrale ainsi qu'au besoin de rejinancement de la dette à moyen et long terme venant à échéance au cours des années 2023 et 2024, tout en prévoyant une marge pour parer à des situations imprévues». Le 32 https: //budget.pu blic.lu/lb/budget2023 /eis-scholden .htm 1 ■ 1 ■ - 20 - commentaire précise par ailleurs que le montant projeté« ne présente aucune indication quant au besoin de financement effectif ou prévisible au cours des exercices en question» (à savoir les exercices 2023 et 2024 ). Dans ce contexte, la Chambre rappelle qu'elle soutient sans ambages toutes les initiatives visant à maintenir un haut niveau d'investissements publics afin de soutenir un développement pérenne des infrastructures du pays et pour conférer un support ferme aux acteurs de l'économie réelle, en particulier face à la crise actuelle. Comme toujours, elle tient cependant à réitérer la nécessité de ne pas faire peser sur la seule masse salariale le poids de la dette contractée en vue de tels investissements. 4. La programmation financière pluriannuelle En principe, les limites d'endettement et les objectifs de croissance imposés par le Pacte de stabilité et de croissance au niveau européen obligent les États membres de l'Union européenne à se cantonner à des projections à court ou moyen terme au détriment des investissements à long terme, qui sont cependant indispensables au développement durable. Afin de permettre aux États membres de limiter l'impact négatif de la pandémie Covid19 sur les finances publiques, la Commission européenne avait décidé en 2020 d' activer la clause dérogatoire générale des règles essentielles du Pacte de stabilité et de croissance, clause qui permet aux États membres de s'écarter temporairement de la trajectoire d'ajustement (c'est-à-dire des progrès à réaliser) en vue d'atteindre leur objectif budgétaire à moyen terme (OMT) pour les exercices budgétaires visés. Une telle clause pour circonstances exceptionnelles est également prévue en droit national à l' article 6, paragraphe 1er, de la loi modifiée du 12 juillet 2014 relative à la coordination et à la gouvernance des finances publiques. Si la Commission européenne avait d'abord annoncé que les règles du Pacte de stabilité et de croissance devraient de nouveau être applicables à partir del' exercice budgétaire 2023, elle a procédé en mai 2022 à un revirement de sa position 33 , en considérant que « les conditions d'un maintien de la clause dérogatoire générale du Pacte de stabilité et de croissance en 2023 et de sa désactivation en 2024 sont remplies». En effet, la Commission estime que la hausse des incertitudes et des risques pesant sur les perspectives économiques en raison de la guerre en Ukraine et l'augmentation sans précédent des prix de l'énergie justifient le prolongement de la clause dérogatoire générale jusqu'à la fin de l'année 2023. Elle relève que« le maintien de cette clause en 2023 laissera aux politiques budgétaires nationales la marge nécessaire pour réagir rapidement en cas de besoin, tout en assurant une transition sans heurts entre le soutien généralisé apporté à l'économie pendant la pandémie et un recentrage sur des mesures temporaires et ciblées et sur la prudence budgétaire requise pour garantir la viabilité à moyen terme des finances publiques». 33 Commission européenne,Semestre européen,Communiquédepresse, 23 mai 2022, https://ec.europa .eu/comm ission/presscorncr/detaiVfr/1P 22 3 182 - 21 - En application de la clause dérogatoire, le gouvernement luxembourgeois peut donc, tout comme les deux années précédentes, s'écarter encore une fois du carcan budgétaire européen qui, auparavant, limitait ses possibilités en matière d'investissements publics à long terme. Dans son évaluationdesfinancespubliquesdejuin2022,le CNFP 34 a noté que,« selon les prévisions du PSC 2022, qui se trouvent confortées par les prévisions du STATEC dans sa récente Note de conjoncture 1-2022, à partir de l'année 2021, soit l'OMT serait respecté malgré tout, soit le solde structurel ne présenterait pas un écart important par rapport à l'OMT (ceci n'est pas le cas pour les autres pays de la zone euro)». Selon l'exposé des motifs accompagnant le projet de loi budgétaire sous avis (page 39*, section 6.2), la « clause dérogatoire générale» restera effectivement encore en vigueur pour l'exercice budgétaire 2023. Or, même si les règles budgétaires européennes sont toujours suspendues, la dette publique du Luxembourg reste actuellement au-dessous du seuil de 30% du Pm qui est déterminé dans l'accord de coalition en vue de la formation d'un nouveau gouvernement pour la période2018 à 2023 (projet de loi budgétaire, page 28*), et largement au-dessous de la limite de 60% du Pm fixée par les règles européennes. Dans le cadre du Semestre européen 2022, la Commission européenne a adopté le plan REPowerEU 35 , visant à réduire rapidement la dépendance de l'Union européenne à l'égard des combustibles fossiles russes et à accélérer la transition écologique. Elle a avancé quatre« dimensions» pour la durabilité compétitive de l'Union européenne: la productivité, l'équité, la stabilité macroéconomique et la durabilité environnementale. Ces « dimensions » devront orienter les mesures futures prises aux niveaux européen et national. Comme chaque année, les lignes directrices générales adoptées dans le cadre du Semestre européen et destinées à l'ensemble des États membres sont accompagnées de recommandations spécifiques pour chaque État. Pour le Luxembourg, le Conseil de l'Union européenne a notamment émis les recommandations suivantes 36 : • en 2023, veiller à ce que la croissance des dépenses courantes financées au niveau national soit conforme à une orientation politique globalement neutre, compte tenu du maintien d'un soutien temporaire et ciblé en faveur des ménages et des entreprises les plus vulnérables aux hausses des prix de l'énergie et des 34 Conseil national des finances publiques, https://cn fp .public.lu/fr/eva luations/2022/ev aluation-j uin2022 .htrn 1 18 mai2022, https: //ec.europa.eu/commission/presscomer/detajl/fr/ip 22 3131 36 Recommandation du Conseil de l'Union européenne concernant le programme national de réforme du Luxembourg pour 2022 et portant avis du Conseil sur le programme de stabilité du Luxembourg pour 2022, 23 mai 2022. https: //eur-lex.europa .eu/ lega l-content/FR/TXT/?uri=CELEX:520220C06 J8 35 Commission européenne,REPowerEU, - 22 - • • personnes fuyant l'Ukraine; se tenir prêt à adapter les dépenses courantes à l' évolution de la situation; accroître les investissements publics en faveur de la transition écologique et numérique et de la sécurité énergétique, notamment en recourant à la FRR (facilité pour la reprise et la résilience), à REPowerEU et à d'autres fonds de l'Union européenne; pour la période postérieure à 2023, mener une politique budgétaire visant à parvenir à des positions budgétaires à moyen terme prudentes. Concernant la trajectoire des finances publiques à l'horizon 2026, le projet de loi relatif à la programmation financière pluriannuelle pour la période 2022-2026 revoit à la baisse - sur la base de l'actuel environnement économique - la presque totalité des prévisions pour les prochaines années par rapport à ce qui était prévu au projet de loi relatif à la programmation financière pluriannuelle pour la période 2021-2025: Trajectoire des recettes et dépenses des administrations publiques 2021-2025 2021 en millions en% duPIB 2022 en millions en% du PIB 2024 2023 en millions en% du PIB en millions en% du PIB 2025 en millicns en% du PIB 1) :iolde nominal: Administration centrale -1.370 +169 Administrations locales Sécurité sociale +785 Administration publique -416 12) Solde structurel: Administration publique 13) ~~12ullligl!!:: 17.910 Administration centrale 17.109 Administrations locales 876 Sécurité sociale -75 -2,0% -1.230 +0,2% +234 +1,1% +853 -0,6% -143 -1,7% -1.191 -1,6% +0,3% +245 +0,3% +1,2% +846 +1,1% -0,2% -101 -0,1% -939 -1,2% +255 +0,3% +781 +l,0% +96 +o,1% -712 -0,9% +262 +o,3% +700 +o,9% +250 +o.3% +o,1% 25,8% 19.223 18340 876 7 +o,3% +o,6% +o,5% +o,6% 26,6% 20.315 27.0% 21.329 27.2% 22.1141 26,9% 19.347 20361 21.073 876 876 876 92 92 92 Trajectoire des recettes et dépenses des administrations publiques 2022-2026 2022 en millioos 1) :iolde nominal: Administration centrale -1.359 +26 Administrations locales Sécurité sociale +1.040 Administration publique -292 2) S2l~e structurel: Administration publique 3) Dette lll!llligl!!:· 19.195 Administration centrale 18291 Administrations locales 934 Sécurité sociale -30 2023 2024 -1,7% -2.836 +0,0% +35 +1,3% +988 -0,4% -1.813 -3,4% -1.980 -2,3% -1.869 -2,1% -1.537 +58 +o,0% +61 +0,1% +67 +0,1% +1,2% +949 +1,1% +820 +0,9% +679 -2,2% -982 -1,1% -799 -970 -1,1% -1,7% +o,1% +o,7% -0,9% -0,2% 24.6% 21.840 20.874 934 32 -2,0% -0,9% -1,0% -0,8% 26.3% 23.820 27,7% 25.689 28.11% 27.226 29.5% 22.854 24.723 26260 934 934 934 32 32 32 en% du PIB en% du PIB en mi Iliens 2026 en% du PIB en millions en millions 2025 en mi Iliens en °o du PIB en% du PIB ■ 1 ■ - 23 - Evolution des recettes et dépenses des Administrations publiques Capacité de financement des Administrations publiques 40000 500 35 000 .,, 0 C ~ Ë . ,g C -500 ., C -1 000 -1500 -2 000 -- 45 000 1000 ~ - - - - - - - - - - -- - 30 000 25 000 - ----- È 20 000 C Il 15000 10 000 5000 0 - Dépenses - Recettes ' ' ' 2021 2022 2023 2024 2025 2026 Source: projet de loi relatif à la programmation financière pluriannuelle pour la période 2022-2026 Comme il est expliqué dans le dossier sous examen, les prévisions actuelles dénotent une détérioration conséquente par comparaison avec les prévisions qui étaient établies l'année passée dans le cadre de la loi relative à la programmation financière pluriannuelle pour la période 2021-2025. Ainsi,« pour l'ensemble des exercices 2023-2025, le solde des administrations publiques est inférieur au solde encore prévu en octobre 2021 ». Le déficit de l'administration centrale et celui de l'administration publique (comprenant l'administration centrale, les administration locales et la sécurité sociale) se chiffreront respectivement à-2,8 milliards d'euros et à -1,8 milliard d'euros en 2023 (d'après les normes comptables européennes SEC2010). Toutefois, même s'il ressort des tableaux ci-avant que, à partir de 2022, les soldes nominaux de l'administration centrale et de l'administration publique se détériorent après la reprise constatée en 2021- détérioration qui devrait encore s'aggraver en 2023 - une amélioration progressive est attendue pour les années qui suivent. L'exposé des motifs accompagnant le projet de loi relatif à la programmation financière pluriannuelle pour la période 2022-2026 explique cette situation comme suit: « Cette évolution est la résultante de plusieurs facteurs. Les mesures prises lors des réunions tripartites et del'« Energiedësch » pour lutter contre la crise énergétique provoquée par la guerre en Ukraine se font sentir côté dépenses et côté recettes pendant l'exercice 2022 et surtout pendant l'exercice 2023. De même, le niveau d'investissement de l'administration centrale augmente considérablement sur les premières années de prévision. De ce fait, les dépenses des administrations publiques connaissent une croissance de+ 10% en 2023. Cette croissances 'atténuera à nouveau à partir de 2024 (3,8% en moyenne annuelle sur la période 2024-2026). D'après les prévisions de la programmationfinancière pluriannuelle, le solde de l'Administration publiques'améliore d'année en année. Le solde annuel moyen des ■ 1 -■ - 24 - exercices 2023-2026 se chiffreà-1,1 milliard d'euros et atteindra enfin de période de prévision -799 millions d'euros, soit-0,9% du PIB. » Dans ce contexte, la Chambre rappelle que, dans les années passés, le budget de l'État a systématiquement montré un meilleur résultat que les prévisions, entre autres grâce au maintien d'un niveau d'investissements publics élevé. À noter par ailleurs que, selon les tableaux ci-dessus, le niveau de l'endettement public restera toujours inférieur au seuil de 30% du PIB. L'exposé des motifs joint au projet de loi budgétaire sous avis énonce que « le projet de budget pour 2023 a été élaboré conformément à la volonté du gouvernement de favoriser une reprise soutenable et un retour rapide à une croissance qualitative et créatrice d'emplois par des investissements importants, en ligne avec ses objectifs environnementaux et climatiques» (page 39*) et que,« au cours des prochaines années, le gouvernement poursuivra activement ses efforts en vue du développement des investissements productifs et du renforcement des structures essentielles, sans oublier l'entretien des infrastructures existantes» (page 42*). La Chambre soutient de façon générale les ambitions et l'orientation politique affichées par le gouvernement afin de maintenir des investissements publics élevés pour les années à venir, au lieu de peindre le diable sur la muraille et d'introduire des mesures d'austérité et antisociales au détriment de la population et de l'économie nationale. ■ 1 - 25 - III. Le proiet de budget de l'État pour l'exercice 2023 1. Les grandes li …

🔗 Vers la source officielle

Explication IA à partir du texte officiel de la loi. Indicatif, ne remplace pas un conseil juridique.