CONSEIL D’ÉTAT =============== N° CE : 60.600 N° dossier parl. : 7801 Projet de loi portant modification de la loi du 19 décembre 2020 concernant le budget des recettes et des dépenses de l’État pour l’exercice 2021 Avis du Conseil d’État (11 mai 2021) Par dépêche du 2 avril 2021, le Premier ministre, ministre d’État, a soumis à l’avis du Conseil d’État le projet de loi sous rubrique, élaboré par le ministre des Finances. Au texte du projet de loi étaient joints un exposé des motifs, un commentaire des articles, une fiche d’évaluation d’impact, une fiche financière ainsi que la version coordonnée par extraits de la loi du 19 décembre 2020 concernant le budget des recettes et des dépenses de l’État pour l’exercice 2021, que le projet de loi tend à modifier. L’avis de la Chambre de commerce a été communiqué au Conseil d’État par dépêche du 30 avril 2021. Les avis de la Chambre des salariés, de la Chambre de l’agriculture et de la Chambre des fonctionnaires et employés publics, demandés selon la lettre de saisine, ne sont pas encore parvenus au Conseil d’État au jour de l’adoption du présent avis. Considérations générales Le projet de loi sous avis a pour objet de modifier l’article 5 de la loi du 19 décembre 2020 concernant le budget des recettes et des dépenses de l’État pour l’exercice 2021, portant l’intitulé « Introduction d’un abattement pour réductions de loyer accordées ». Les auteurs du projet de loi expliquent qu’il convient d’étendre pour l’année civile 2021 l’application de l’abattement fiscal pour réductions de loyers accordées, consistant à faire bénéficier aux propriétaires, louant tout ou partie de leurs immeubles dans le cadre de contrats de baux commerciaux, d’un abattement fiscal correspondant à deux fois le montant de la réduction de loyer accordée jusqu’à hauteur de 15 000 euros. Selon les auteurs du projet de loi, cette mesure reste, comme d’autres mesures prises dans le cadre du paquet dénommé « Neistart Lëtzebuerg » et visant à contrer les effets économiques de la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19, pertinente en raison de l’impact prolongé des mesures sanitaires prises sur la situation économique des locataires exerçant dans les lieux qu’ils louent une activité commerciale, industrielle ou artisanale. La prolongation de la mesure devrait, selon les auteurs du projet de loi, bénéficier notamment au secteur Horeca, en permettant de pallier les problèmes de trésorerie. Le Conseil d’État prend note de l’intention des auteurs du projet de loi de prolonger une mesure fiscale temporaire, mais s’interroge toutefois quant à la méthode choisie pour formaliser cette prolongation. Dans son avis relatif à la loi précitée 19 décembre 2020 en projet 1, le Conseil d’État avait regretté que les mesures fiscales n’aient pas été reprises dans un acte législatif autonome. Le choix de l’inscription de ces mesures fiscales dans la loi précitée du 19 décembre 2020 était alors justifié par une perspective budgétaire, ces mesures fiscales étant liées à d’autres mesures du paquet « Neistart Lëtzebuerg », pour lequel une enveloppe globale de 700 à 800 millions d’euros était prévue 2. La fiche financière jointe au projet de loi sous examen précise que la prolongation de la seule mesure d’abattement devrait engendrer une moinsvalue fiscale annuelle se situant entre 5 millions et 10 millions d’euros pour les années budgétaires 2022 et 2023. Le Conseil d’État estime précisément que l’inscription du dispositif dans la durée, au-delà de la période de validité de la loi budgétaire, plaide à plus forte raison en faveur de sa formalisation par un acte législatif autonome. Avis du Conseil d’État no 60.395 du 20 novembre 2020 relatif au projet de loi concernant le budget des recettes et des dépenses de l’État pour l’exercice 2021 et modifiant : 1° la loi modifiée du 7 août 1920 portant majoration des droits d’enregistrement, de timbre, de succession, etc. ; 2° la loi générale des impôts modifiée du 22 mai 1931 (« Abgabenordnung ») ; 3° la loi modifiée du 27 novembre 1933 concernant le recouvrement des contributions directes, des droits d’accise sur l’eau-de-vie et des cotisations d’assurance sociale ; 4° la loi modifiée du 9 juillet 1937 sur l’impôt sur les assurances ; 5° la loi modifiée du 1er février 1939 sur l’impôt dans l’intérêt du service d’incendie ; 6° la loi modifiée du 28 janvier 1948 tendant à assurer la juste et exacte perception des droits d’enregistrement et de succession ; 7° la loi modifiée du 22 juin 1963 fixant le régime des traitements des fonctionnaires de l’État ; 8° la loi modifiée du 4 décembre 1967 concernant l’impôt sur le revenu ; 9° la loi modifiée du 12 février 1979 concernant la taxe sur la valeur ajoutée ; 10° la loi modifiée du 25 février 1979 concernant l’aide au logement ; 11° la loi modifiée du 14 mai 1997 relative à la participation à des institutions financières internationales ; 12° la loi modifiée du 27 juillet 1997 sur le contrat d’assurance ; 13° la loi modifiée du 28 avril 1998 portant
Explication IA à partir du texte officiel de la loi. Indicatif, ne remplace pas un conseil juridique.