PARQUET GENERAL Luxembourg, le 8 mars 2022 DU GRAND-DUCHE de LUXEMBOURG Avis concernant le projet de loi relatif à l'accès et la formation des professions d'avocat à la Cour, de notaire et d'huissier de justice et modifiant : 1) la loi modifiée du 4 décembre 1990 portant organisation du service des huissiers de justice et 2) la loi modifiée du 10 août 1991 sur la profession d'avocat Par courrier du 18 janvier 2022, le Ministère de la Justice a transmis à Madame le Procureur général d'Etat le projet de loi sous rubrique pour le soumettre à l'avis des autorités judiciaires. Le projet de loi vise à adapter l'accès aux professions d'avocat à la Cour, de notaire et d'huissier de justice, notamment en réformant les Cours Complémentaires en Droit Luxembourgeois (ci-après CCDL) et en exigeant pour chacune des professions la réussite des CCDL et du stage judiciaire pour l'accès à la liste I du tableau d'un des Ordres des avocats. Le projet de loi uniformise l'accès aux professions d'avocat, de notaire et d'huissier de justice, en imposant que ces professionnels de la Justice soient tous avocats à la Cour. Concernant plus particulièrement les CCDL, le projet de loi préconise que l'accès aux CCDL sera uniquement réservé aux candidats ayant réussi un examen d'entrée. Au vu de l'affluence croissante des étudiants s'inscrivant chaque année aux CCDL (l'exposé des motifs du projet de loi renseigne 600 inscriptions par année), il est devenu indispensable de procéder à une sélection des candidats, d'autant plus que les étudiants touchent une indemnité pour la durée des cours complémentaires. La mise en place d'un examen d'entrée permettra non seulement de sélectionner les candidats aux CCDL sur base de critères objectifs mais assurera également un certain niveau intellectuel parmi les candidats sélectionnés. Le projet de loi ne renseigne pas quelles matières seront contrôlés lors de l'examen d'entrée mais le projet de règlement grand-ducal qui devrait être pris en exécution de la loi relative à l'accès et à la formation des avocats, notaires et huissiers de justice (annexé au projet de loi sous examen), précise que l'examen d'entrée portera sur les matières de droit civil, droit pénal, droit commercial, organisation de l'Etat et organisation judiciaire. A cet égard, il y a lieu de s'interroger sur le fait s'il est opportun d'examiner la connaissance des candidats relative à l'organisation de l'Etat et l'organisation judiciaire alors que les CCDL ont précisément pour finalité de familiariser les étudiants en Droit des particularités du système luxembourgeois. Peut-on au préalable exiger des candidats à l'examen d'entrée de maîtriser des matières spécifiques en droit luxembourgeois, tel l'organisation de l'Etat et l'organisation judiciaire, lesquelles seront seulement enseignées lors des cours des CCDL ? A noter encore que la formation des CCDL est validée par une session d'examens des matières enseignées. L'article 9
Explication IA à partir du texte officiel de la loi. Indicatif, ne remplace pas un conseil juridique.