LE GOUVERNEMENT DU GRAND-DUCHÉ DE LUXEMBOURG Ministère du Travail, de l'Emploi et de !'Économie sociale et solidaire Projet de loi portant modification de l'article L. 222-9 du Code du travail 1. EXPOSE DES MOTIFS 1. Base légale En application du paragraphe 1er de l'article L. 222-2 du Code du travail, le niveau du salaire social minimum est fixé par la loi. Le paragraphe 2 du même article oblige à cette fin le Gouvernement à soumettre à la Chambre des Députés, tous les deux ans, un rapport sur l'évolution des conditions économiques générales et des revenus, accompagné, le cas échéant, d'un projet de loi portant relèvement du niveau du salaire social minimum. Le Gouvernement a dès lors la faculté de proposer un relèvement du salaire social minimum ce qui ne comporte cependant aucune obligation juridique de relever l'ensemble de la grille des salaires dans les entreprises. Le présent projet de loi a pour objet l'adaptation des taux du salaire social minimum à l'évolution du salaire moyen pendant les années 2020 et 2021. L'indicateur déterminé conformément à la méthodologie retenue accusant une progression de 3,2%, l'augmentation du salaire social minimum sera de 3,2% au 1er janvier 2023. 1 2. Evolution économique Tableau 1: Economie luxembourgeoise, aperçu synoptique 2005-2010 2010-2015 2015-2020 2019 2020 2021 M:bEXJR PJB à pri< 001.lla!lts (n illbns de EXJR) i 49176 38656 60331 62374 64.781 72295 Tauxde vamt:bn en% t:,u spéc:iEë auban ent) PlBenmlnne 2,3 -0,8 0,7 2,3 -7,3 9,5 4,2 7,8 1,1 2/5 9,1 2,7 4,5 -3/5 0,2 S.A 6,7 2,7 5,7 -0.A 11,8 2,5 3,1 3,5 1,7 3P 1/5 1,5 1,7 1,2 1,3 2/, 2.A 2P 1/, 1,2 6P 4,8 6,5 5/, 5,4 6,4 · 5,7 2,8 2,1 2/, 2,2 2/1 2,4 2,7 3/, 3,7 4,8 4P 5,7 Ero pbihté:œurtotaf 3,1 llflat:bn t,éflateurin pli::œ de :a consom m at:bn prii,ée)" 1,7 Coûtsalilialm O}ell" Tauxde chômage ~EM ,en% de h popullt:bn actie) Consan m at:bn frial! des ménages Consan m at:bn frial! des adm :iriatiat:bns pub]i:Jues Fomt at:bn brute de oapialfbœ ~m var.stocks) Expoztat:bns de b.ians etsei.v:œs ln poztat:bns de b.ians etsei.v:œs i 1,8 5,1 9,7 :es péI:bdes qu:hquenna.:es. Vàeurm oi,enne pour " Établis sebn :am éthoclobg:e de :a oom ptabilœ nat:i::male. Sow:œs:S'I7!.TEC ,ADEM 2.1. Bilan économique de 2020 et 2021 Graphique 1: PIB - Luxembourg et zone euro 10 8 6 4 "ifl. liiQ) 2 'iii ::, 0 c:: c:: CO ..: -2 ~ -4 -6 -8 Il) CO 0 0 0 0 N N - ..... 0 0 N CIO 0 ~ 0 ....0 N N 0) 0 0 .... 0 N ~ .... .... N N N 0 Luxembourg - zone euro (différence arithmétique) C") 0 'St Il) 0 0 N - Luxembourg ......... ....CIO N N 0 0 N 0 N 0 - N 0 N Zoneeuro Sources: Eurostat, STAlEC 2 2.2. Activité économique Les années 2020 et 2021 ont été marquées par les conséquences de la crise pandémique liée au COVID-19. Le PIB en volume a reculé en 2020, ce qui n'était plus arrivé depuis la Grande Récession de 2008-2009. L'ampleur de la baisse a cependant été limitée au Luxembourg comparé aux autres pays européens, avec un repli en volume de seulement 0.8% (contre -6.2% dans l'ensemble de la zone euro). Cette bonne résistance de l'économie luxembourgeoise en 2020 s'explique par plusieurs facteurs. A commencer par la performance positive du secteur financier, qui représente environ un quart de l'activité totale au GrandDuché et qui a largement pu recourir au télétravail. D'une manière générale, la forte spécialisation du Luxembourg dans des activités de services où le travail à distance était possible a constitué un élément de soutien majeur. Les services de transports ont également bien résisté, grâce au domaine du fret aérien qui a bénéficié d'opportunités induites par la crise sanitaire. Enfin, le poids relativement faible de l'industrie et des activités liées au tourisme dans le tissu économique luxembourgeois a généré de leur part des contributions à la baisse limitées sur l'évolution du PIB. L'année 2021 voit le PIB en volume rebondir nettement (+5.1%, un chiffre proche des 5.2% relevés pour la zone euro), et ce de manière presque mécanique considérant la levée de nombreuses restrictions qui avaient pesé sur l'activité l'année précédente (en particulier au printemps 2020, avec l'arrêt des chantiers de construction, la fermeture de commerces jugés non essentiels, l'interdiction d'accueil du public dans les restaurants et cafés ou encore l'arrêt du trafic aérien de passagers). Par ailleurs, le secteur financier et les services de transports ont conservé une trajectoire dynamique en 2021. Les services de santé ont également apporté une contribution significative à la croissance de l'activité sous l'effet des dépenses induites par les campagnes de tests et de vaccination. Le PIB luxembourgeois en volume se situe ainsi en 2021 à 4% au-dessus de son niveau d'avant crise (celui de 2019), alors que celui de la zone euro demeure inférieur de 1% à ce niveau. L'année 2021 est également marquée par des difficultés croissantes d'approvisionnement en biens manufacturés et matériaux, liées à une reprise bien plus forte de la demande que de l'offre à l'échelle mondiale. Ce décalage entraîne des phénomènes de pénuries, de perturbations dans les chaînes de production et les chaînes logistiques, avec à la clé une hausse des prix à la production et une accélération de l'inflation. Tableau 2: PIB et composantes de l'optique dépenses (en volume) 2005-2010 2010-2015 2015-2020 2019 29 2, 2,1 02 3 .9 52 35 22 2'J 3'J 02 0.7 42 11 23 26 91 OB OB 48 O'J 52 2:7 -0.9 38 2:7 -12 42 45 23 56 5:1 30 6:7 5.9 5'J 21 7<1 -36 06 02 -112 41 -0 4 -9.9 3A 2B 21 lB 23 -OB 2020 2021 Va:ciatbn annuele en % Consom m atbn fuale natbnala des rn énages 1 Consom m atbn co1Ect:w des aàn .iùroatbas publques FOJm ati:n b::uœ de capialfiœ Variltbn de stDclœ etaj.,sœrn ents staœt:q.,es l%- du PE) E>ponat:bns a)B:èns b)Se<V±:es ]il poztat:bns
- a)B:ians b)Se<Vi:es PEauxpri<duma!Ché 40 o:, -73 1B 95 5<1 6:7 0.9 .9'J 7:1 101 llB lOJ. llB 51 "ycomp:œ h c:onsan m atbn colectiledesm énagespn,és sowœ,sm= 3 Tableau 3: Valeur ajoutée par branche (en volume) Naœ Paltdansh Rev.2 VAB en2021 2005-2010 2010-2015 2015-2020 2019 Ag:ti::uhne,syM::ul:ule etp&,he :tJ.dustœ A Canst:ruct:bn F G-I J K L M.J, 0-Q R-U Can m e,:œ, mmspoi:tetHon,œ lllblm at:bn etcx:m m tm±:at:bn Actiliés fnanc'èies etd !asswanœ Actir.i:és in m obil:êres Sav:i:Jes auxenllepriles etl:lcat:bn Adm :itistlat:bn publ:que, défènse,éducat:bn et santé Autœssezvi:es B-E Total 2020 2021 vamt:bn annuelle en %- En% 02 6.9 51 143 4.6 27.9 Bll 13.9 16.9 1:, 1.9 -Sil 41 52 145 11 lOOD -2:, 9il 23 51 2.6 32 Sil -3il 71 43 02 83 133 26 -o:, 4B -411 10.9 12.9 -0 .6 -Bil -11 35 4D -0 B 0.8 1:, 02 -2,1 05 1.7 71 311 03 2.9 23 l.8 2D 5D OD -36 -02 -91 -5.7 -10.9 55 -16 -21 33 -61 51 1.6 -01 32 lD 411 55 26 14 3D Saume :S'IATEC 2.3. Emploi et chômage Grâce aux mesures de maintien en emploi (chômage partiel, congé pour raisons familiales ... ), le marché du travail a bien résisté à la crise sanitaire en 2020 et 2021 tant au Luxembourg que dans l'ensemble de la zone euro. En 2020, le Grand-Duché est toutefois, avec Malte, le seul pays de la zone euro à avoir connu une progression de l'emploi (+1.7%, contre -1.5% dans l'ensemble de la zone euro). Mais, après le choc du 2e trimestre 2020 (chute de l'emploi et forte hausse du chômage), la situation s'est nettement améliorée sur les trimestres suivants. Une forte reprise de l'activité "post-covid" s'est mise en place et, à la mi-2021, l'emploi et le chômage de la zone euro ont renoué avec leur niveau d'avant crise. Sur les trimestres suivants, le taux d'emplois vacants atteint des niveaux records et le chômage baisse pour atteindre des niveaux historiquement faibles. Ce n'est que sur la deuxième moitié de 2022 que les effets de la guerre en Ukraine devraient freiner cette dynamique. 4 Tableau 4: Emploi et population active 1995 2000 2005 2010 2015 2019 2020 2021 En m .:iiœIE de pei:sonnes 1
- a)Em pbisalrrë lltèœur \Sur .e œn:tDJIE)
- b)FIDnt.œm enoants RèS:rlents soztan03 Nat:Dnal ileS l'èS:rleD.03) 13.-b+
- c)199 569 55511 8:769 169 660 245.730 87 D09 8 843 184 692 287181 117:754 10D67 197 B87 337 DOS 149272 11187 217 B44 380579 1691148 12234 243 .916 436323 200275 13550 271591 443 B16 204168 131137 275335 457 293 211:786 13564 281526 Em pb.inon salrrë 111:èœur \Sur .e œn:tDJIE) Nattinal t:1es :re.snent:
- s)171128 16B33 18 222 17128 20 343 18394 22D09 18 .921 24660 20 550 27155 21.993 27 .744 22250 28280 22A55 C)
- d)2
- a)dl Empbitntal 3
- a)
- d)llteœur \Sur.e œn:toJœ) a.a+ 2a) Nat:onal ileS œsI1ents) O.C1 + 2C1) 216.997 169 660 263 .951 184 692 307 523 197 887 359 D17 217B44 405239 243.916 4631177 271591 471560 275335 485573 281526 4 5 Chême.m;> Popwit:Iln aca,e \;lC1 + 4) 41188 174148 4517 189209 8A52 206 340 131173 231317 17 .767 261.683 15383 286 .974 18 673 294D08 17138 298 665 6 Tauxdechân age~%) (4/.5) 2p 2,4 4,1 5,8 6,8 5,4 6,4 5,7 1995-2000 2000-2005 2005-2010 2010-2015 2015-2020 2019 2020 2021 4,2 9 ,4 0 ,2 1,7 3,2 6 ,2 3,3 2,5 1,7 2/5 1,8 2,3 3 ,1 3,8 1.9 2;, 3/5 4.9 2,1 4,5 2;, 2,7 1.9 -0.8 3/J 3,7 1/1 0 .9 2,2 0 .9 0 ,3 2,2 1,4 2,3 1,7 2 ,4 015 2,8 2 ;l. 2,2 1,2 0 .9 3,1 1,9 2,5 2,3 215 3 r, 2,7 1,7 1,4 3/J 2,2 1 a} b}
- c)dl 2
- a)
- d)Em pbisalu::ë llteœur \Sur.e œn:tDJIE) FIDnt.œm entzants Rès:rlent:s sortants Nattinal t:1es:res:ctentsJ a-b+
- c)Em pb:inon saln:e lltÉl:Èur \Sur.e tElllrl:!œ) Nati:mal t:les :œs:lients) 2/5 1,4 1.9 lp 1/5 1,9 Empbitntal 3 a} d} llteœur \Sur .e œn:toJœ) o.a + 2a) Nat:bna.1. t:ies l'èsJlents) 0.d + 2d) 4/J 1,7 3,1 1,4 4 Chân eurs* 0,1 13,3 9,8 5,7 1,0 0 ,9 21/l -8,2 5 Pcpuàti:m actile Cld + 4} 1,7 1,7 2,3 2;, 2/l 2/5 215 lp 3 ,1 * ra séœ estccn:gée des ruptums de séœ .Elle a été :iecah.ll§e surbase des vamti:ms des anc:ennes séœs. Souroes:J::::SS/ÀDEM ,S17\.'.IEC Tableau 5: Emploi total par branches Naœ dempl:>isen Rev.2 2021 - - -En m :illiels 2000-2005 3,7 38,1. 51.,2 104,8 21p 51,2 5,3 -3,7 0,1. 3,9 2f, 86P 104,6 19f, 5P 485{, Agrl::ulJ.ue,sy1'b..!lim, etp€che :tldust:œ A Consbncti:ln F G-I J CCll1 me=, tlarupattetHoreca llJtmn at:bn etoom m uni:at:bn Acti1iés fi:lancbes etd las.9..uanœ Actidés :in m ab:iœres Sel.Vi:Jes aux entœpi::ises etl:x:ati:m Adm :ili3t:lati:mpubli:jue,déœnse,éducati:metsanté Auaes sei:vices Total B-E K L M.Jl 0-Q R-U 2005-2010 2010 -2015 2015-2020 2019 2020 2021 Vaz:àtbn annuelE en% -Of, -0,S 2f, -1,1. -0,2 l/1 l,9 3,4 1,5 5,7 4,1. 4,1. 3f, 2,2 6,1. 2f, 3f, 9,7 5,1. 2,7 5,7 6,4 3}, 3,7 2f, 3,1. 3,1. 2,5 .s -0/1 0,7 3,3 -0 0,8 2,2 3}, 3,9 2f, 5,9 5,1. 3,7 3,5 7,9 op l}, 3,7 1,7 -1,1. 3,4 0,2 1,3 1,3 2,9 1,1. 4,7 1,3 3,1. 3,5 1,7 3f, 3}, 4,2 0,5 -0/1 3,8 Of, 3,1. 2,7 0,9 5,1. 4,7 4,1. 3P SOUlOe :S'D\.TEC IDn ptesnati:maux) 5 2.4. Inflation et salaires Tableau 6: Prix et salaires 2005-2010 2010-2015 2015-2020 2019 2020 2021 vamti:men% 1.Pmà :a oons:,m m ati:m (IPC!
- il)-'Ibtal - Pm des p:iodu.ts péttolem - :nfati:m oous-jl.œnte 22 35 21 1B 03 19 12 -1.7 u 1.7 02 1B 2 .Pm i:Ldusb:EJs -'Ibtal - lldustœ hom s:i:l.éJI.ugÈ - S:i:iénngE 29 2!1 51 02 O!I -05 05 0.6 00 -19 01 -8B -19 -0 .6 -6B 113 4.6 38.4 3 .Pmà h a:mst:ru.ctbn - lld:be généJa.l 22 21 21 30 30 65 4 .Coûtsalu:hlnan :bal - Echele m obie des sakiœs - Coûtœhril.Jnom ila1m 0}6'1- éamcm :e tDta1:! 2 J. 29 1.7 24 15 20 - lA 19 25 12 0.6 ·60 5.PB ettelln esdelédJange - Pm des expo:dat:bns debÈilS etsei:v±:es - Pm des in po:dat:bns de bÈilS etsei:v±:es - Teml es de léchange - Défateurdu PB 41 30 11 41 3.6 33 03 1B 1.7 00 1B 2.7 33 -0 .6 1.4 12 -05 1.7 4:7 7B 65 12 62 5 .Emrnonnem entntematbnal -pmdubatil.depéttol:-blent USD) -Tauxde change USD/EOR 1,.ugm .; app:rec:ati:mde lewo) 79 13 -80 -3 5 -4 A -9.4 -52 -350 19 691 3 .7 2B 0 .6 OB -135 1.6 25 27.6 15 Sowce:STATEC 2.4.1. Inflation Au début de 2020, le taux d'inflation annuel au Luxembourg était en hausse et atteignait 1.9%. Ce niveau, 0.5 point de% au-dessus de la moyenne en zone euro, s'expliquait par une augmentation en glissement annuel du prix des produits énergétiques et des biens alimentaires. Néanmoins, dès le deuxième trimestre de l'année, les restrictions sanitaires exceptionnelles mises en place afin de limiter la propagation du COVID-19 ont contribué au ralentissement de la demande de certains biens et services, notamment des produits pétroliers. Ces derniers ont ainsi connu une baisse de prix de 13.5% par rapport à 2019. L'inflation sous-jacente s'est néanmoins stabilisé à 1.6%, soutenue notamment par les produits alimentaires, les boissons alcoolisées et tabacs. L'inflation au Luxembourg a ainsi atteint 0.8% sur l'ensemble de l'année 2020, bien au-dessus des 0.3% enregistrés en zone euro. Avec la levée des restrictions sanitaires et la normalisation de l'activité, l'inflation s'est accélérée en 2021 au Luxembourg et en zone euro. Au Grand-Duché, les produits pétroliers ont connu une hausse proche de 30% par rapport à 2020. L'inflation sous-jacente a gardé un rythme comparable à celui de 2020, progressant de 1.5% en 2021. La zone euro a connu un taux d'inflation hors produits énergétiques comparable au Luxembourg avec 1.5%, mais une évolution du prix des produits énergétiques moins soutenue avec +13% en 2021 par rapport à 2020. L'inflation au Luxembourg s'est ainsi élevée 2.5% sur l'ensemble de 2021, soit légèrement en-dessous des 2.6% en zone euro sur la même période. 6 Graphique 2: Prix du pétrole Graphique 3: Prix à la consommation 8 7 .,. 6 Q) e ;a, 90 fila, 5 Q) 70 ~C: 4 C. "C 16C: 3 ~ .c ::, "C X if ~ 2 50 ~ 1 30 0 +--r-tT#-i,.........--.,-r---.----.--.---.--,---,---.----,-t-,----,---.-1 - S:>urce: STAlEC IID - 8..R - Taux d'inflation - IPCN - Taux d'inflation sous-jacente S:>urœ: STAlEC 2.4.2. Salaires Après une progression de 1.2% en 2020, le coût salarial moyen (CSM) par tête a augmenté de 6.0% en 2021 au Luxembourg. La faible progression du CSM en 2020 s'explique surtout par le fait qu'une partie de la rémunération des salariés a été prise en charge par l'Etat en cas de chômage partiel ou de congé pour raisons familiales notamment. Abstraction faite de l'indexation automatique, qui apporte 2.5 points de % à la croissance des salaires en 2020 et 0.6 point en 2021, le coût salarial aurait baissé de 1.3% en 2020 et remonté de 5.4% en 2021. Sur les deux années 2020 et 2021, ce sont les activités immobilières, les transports (via une hausse à caractère isolé des primes et gratifications) et les services aux entreprises qui ont connu les hausses de salaire les plus importantes. A l'inverse, l'administration publique, les arts, spectacles et activités récréatives et l'enseignement ont connu les progressions les plus faibles, tandis que le CSM dans l'Horeca a baissé, dû surtout au chômage partiel payé par l'Etat (et qui concerne en 2021, en moyenne, toujours presque 20% du personnel de cette branche). En zone euro, la progression du CSM a été moindre sur cette période (+3.9% en 2021, après -0.6% en 2020). Seuls quelques pays de l'Europe de l'Est ont connu une hausse salariale plus élevé que le Grand-Duché sur ces deux années. Sa structure économique a permis un recours massif au télétravail qui a contribué à une meilleure résilience de l'activité économique luxembourgeoise pendant la crise sanitaire. Ainsi, au 2e trimestre 2020, plus de la moitié (52%) des salariés résidents ont pu travailler depuis leur domicile (cette proportion atteignait même alors 90% dans le secteur financier). 7 Graphique 4: Coût salarial moyen Graphique 5: Coût salarial moyen selon le secteur d'activité 7 6 ~ 0 14 12 5 C: ------ Ql Ql ~C: C: ni C: 0 4 -------------------------------------------------- 3 2 ~ j 0 -1 -4 -2 --------------11---------- -6 Contribution du salaire moyen (hors indexation) Cbntribution de l'indexation des salaires - -Qiût salarial moyen (CSM) ~~~~~~~~~~~~~~~~~~ ~~~~~~~~~~~~NNNN~~ Industrie Construction />i.Jtres services Commerce, transport, horeca A:lm. Pub., éducation et santé Services aux entreprises -Total Secteur financier - S:lurœ: STATEC (comptes nationaux) &>urce: STA1EC (comptes nationaux) Graphique 6: Coût salarial moyen et dates d'indexation 8 7 ~ C C: 6 Q) Q) 5 'ai :::, C: C: 4 C: 0 3 111 iï::: ;il 2 0 -1 I'- CX) O'l ..... O'l ..... O'l O'l O'l O'l O'l ..... 0 0 0 N ..... 0 0 N N 0 0 N (') 0 0 N 'St 0 0 N Il) 0 0 N CO 0 0 N I'- 0 0 N CX) 0 0 N rates d'application d'une indexation O'l 0 0 N ..... ..... N N N N - 0:>ût salarial moyen (série lissée) 0 ..... 0 0 ..... 0 ..... 0 (') N 'St 0N Il) 0N CO 0N I'..... 0 N CX) O'l 0N 0N 0 N 0 N N 0 N N N 0 N &>urœ: SfATEC (oomptes nationaux) 8 2.5. Salaire social minimum Tableau 7: Salaire social minimum Sa1m! sochlm hln um pourt:iavailetu:nan qualifié à pattir de 18 ans acrom plB Adaptatin due â llâ\olltim m o;eme MOÉP\nnée parmoÉ parhewe tntale due à lléchele m ab:œ dessawœs vamtbnen% EnEUR JuiilstOO 1220 .90 706 25 25 JamœrOl Avril.01 1258:75 129021 728 746 31 25 25 Juil02 1322 ,17 764 25 25 Jan:vier03 Aoüt03 1368.74 1402.96 7.91 811 35 25 25 Octobre 04 143801 831 25 25 Janviar05 Octobre05 1466.77 1503 <12 8,18 869 20 25 25 Dêœmb:œ06 154100 8.91 25 25 Jan:vier07 1570 28 908 1.9 Mais08 1609 53 930 25 25 Jan:vier09 Mais09 1641 .74 1682:76 9,19 9:73 20 25 25 31 35 20 19 20 Jumst2010 l 724 81 997 25 25 Janviar20ll Oct:cb:œ 2011 175756 180149 1016 1041 1.9 25 25 Octobre 2012 184651 10 67 25 25 Jan:vier2013 Octobre 2013 187419 192103 10.94 1110 15 25 15 25 Janviar2 o15 1922.96 1138 01 19 15 01 Jansœr2 o 17 199859 1139 3.9 25 Ao0t2018 2 04854 1184 25 25 Jan:vier2019 Jan:vier20l.9 0:,:
- is)2 07110 2 089:75 1184 1214 09 Jan:vier2020 2 14199 1225 25 Jan:vier2021 Octobre 2021 2 201.93 2 256 95 1255 12.90 2B 25 25 Avril.2022 2 313 38 1323 25 25 u 11 09 11 25 2B Sowœs :M n:isœie du Tlavail,STA'IEC 9 En 2020 et 2021, le salaire social minimum (SSM} a été relevé à trois occasions. D'abord au 1er janvier 2020, suite au déclenchement du mécanisme de l'indexation automatique (+2.5%), puis au 1er janvier 2021, avec la revalorisation du salaire social minimum en vertu du retard accumulé sur l'évolution générale des salaires de 2018 et de 2019 (+2.8%), puis encore une fois au 1er octobre 2021 suite au déclenchement du mécanisme de l'indexation automatique (+2.5%). Sur ces deux années, le SSM mensuel de base (c.-à-d. pour les travailleurs non qualifiés, âgés de 18 ans et plus) a ainsi augmenté de 167.20 EUR (de 2089.75 EUR depuis le 1er janvier 2019 à 2256.95 EUR sur la fin de l'année 2021}. Graphique 7: Salaire social minimum par rapport au coût salarial moyen 36 ID 35 34 33 - Salaire social minimum/ coût salarial moyen - - - l\i1oyenne 1995-2021 Sources: Minis:ère du Travail, SfAlEC(oomptesnationaux) 3. Evolution récente de la conjoncture L'année 2022 commençait sous de bons auspices. L'activité était bien orientée au 1er trimestre (hausse du PIB luxembourgeois de 0.7% sur un trimestre au 1er trimestre), la confiance des acteurs économiques demeurait à des niveaux élevés et la remontée de l'inflation était considérée comme temporaire. L'entrée en guerre de la Russie contre l'Ukraine est largement venue rebattre les cartes. Elle a entraîné une nette remontée des prix de l'énergie sur les marchés européens qui s'est progressivement transmise sur les prix à la consommation. 10 Par ailleurs, les confinements stricts ordonnés en Chine ont renforcés les difficultés d'approvisionnement déjà existantes avec pour corollaire le maintien de pressions haussières sur les prix de nombreux biens et matériaux. L'inflation est en 2022 au plus haut depuis le début des années 80, et ce aussi bien au Luxembourg que dans l'ensemble de la zone euro. Face à cette remontée de l'inflation plus durable qu'initialement prévu, les politiques monétaires des économies avancées se durcissent. La flambée des prix de l'énergie, la forte hausse de la plupart des prix des autres biens et services et la remontée des taux d'intérêt constituent un cocktail néfaste pour la consommation des ménages et l'investissement des entreprises. Même si la plupart des pays européens ont mis en place des mesures de soutien face à ces difficultés, les indicateurs de confiance des ménages et des entreprises, qui ont commencé à se dégrader depuis le printemps 2022, demeurent nettement orientés à la baisse à l'approche de l'automne. Cette chute de moral des acteurs économiques se constate au Luxembourg et dans l'ensemble de la zone euro, et laisse entrevoir une dynamique récessive (i.e. une baisse de l'activité) sur la deuxième partie de l'année. 4. Evolution des salaires Le présent point a pour objet d'analyser l'évolution du niveau moyen des salaires et traitements pendant les années 2020 et 2021. La méthode utilisée pour déterminer cette évolution a été élaborée en fonction du rapport final du 15 septembre 1994 du groupe de travail chargé entre autres d'examiner la méthode de constatation de l'évolution du niveau de vie à appliquer pour l'adaptation du salaire social minimum. 4.1. Description de la méthode de constatation de l'évolution du niveau de vie à appliquer pour l'ajustement 4.1.1. la population de référence La population de référence est la partie de la population active dont le revenu sert à déterminer l'indicateur. Cette population est constituée par tous les salariés de 20 à 65 ans affiliés à titre obligatoire auprès de la Caisse nationale d'assurance pension, ainsi que les salariés de 20 à 65 ans du secteur public. La population de référence ne comprend donc pas les catégories suivantes: - les travailleurs non-salariés; - les cotisants pour congé parental ; - les "inactifs": chômeurs, préretraités, bénéficiaires d'une indemnité de réemploi. 4.1.2. Revenus à considérer Les salaires, y compris toutes sortes de gratifications, sont considérés jusqu'au plafond de déclaration, c'est-à-dire jusqu'au septuple du salaire social minimum de référence. Les revenus de remplacement 11 liés directement au salaire (indemnité pécuniaire de maladie ou de maternité) sont considérés comme salaire. Afin d'éliminer l'influence d'une augmentation du salaire social minimum de référence au cours de la période d'observation des salaires, on procède à l'élimination de 20% des salaires les plus bas, ainsi que de 5% des salaires les plus élevés. De la sorte la population de référence est réduite à 75% de sa taille initiale et on se retrouve avec un ensemble de salaires qui ne sont pas directement liés au salaire social minimum. Cette élimination s'opère au niveau du salaire horaire qui est obtenu en divisant, pour chaque salarié, le salaire annuel par le nombre annuel d'heures de travail. 4.1.3. Calcul de l'indicateur L'indicateur est obtenu en divisant la masse des salaires de la population de référence par la somme des heures de travail de cette même population. On peut donc le considérer comme étant le salaire horaire moyen de la population retenue. L'évolution de cet indicateur au niveau 100 de l'indice des salaires sera en principe le taux à appliquer. Pour l'adaptation du salaire social minimum l'indicateur est considéré tel quel, tandis que pour l'ajustement des pensions on veille à éliminer l'influence d'un éventuel relèvement des cotisations pour l'assurance pension des travailleurs actifs. 4.1.4. Source des données Les salaires et traitements sont déclarés mensuellement auprès du centre commun de la sécurité sociale. A la fin d'un exercice, ces salaires sont repris dans un fichier annuel, servant d'étape intermédiaire au remplissage de la carrière d'assurance des affiliés du régime contributif. Outre les salaires et gratifications du régime contributif, ce fichier contient aussi les données relatives aux traitements des salariés du secteur public. C'est ce fichier intermédiaire qui sert de source au calcul de l'indicateur. A noter que depuis 2009, suite à l'introduction du statut unique, le calcul du coefficient d'ajustement se fait, pour des raisons techniques, sur base d'un nouveau fichier informatique. La méthodologie reste cependant inchangée. 4.1.S. Période d'observation Comme l'adaptation du salaire social minimum vient à échéance tous les deux ans, l'indicateur est calculé pour trois années et le taux à appliquer est obtenu par l'évolution de l'indicateur entre la première et la dernière année. Le dernier niveau des salaires disponible dans la deuxième moitié de l'année, est celui de l'année précédente. De la sorte chaque adaptation se fera nécessairement avec un retard d'au moins un an et demi. Ainsi en 2023 l'adaptation du salaire social minimum se fait au niveau des salaires et traitements de l'année 2021. 12 4.2. Evolution des principales composantes de l'indicateur et calcul du taux à appliquer 4.2.1. Population de référence La population de référence est constituée par tous les salariés, y compris ceux qui jouissent d'un statut public, et à l'exception des 20% des salariés qui touchent les salaires les plus faibles et des 5% des salariés qui touchent les salaires les plus élevés. Tableau 1 : Evolution de la population de référence (20 à 65 ans, 20% et 5% éliminés en bas respectivement en haut de l'échelle des salaires) ------ Année r. ~- l-l_!mm:riatioJ Age 1 Nombre r 201.i' 192 354 2014 i 196 258 201_5_r 2016 208 974 · r 2o2 Ï35 n n î27 1~~:_ --:~_-_:!_~_ ll. ~--!-_t _:_8_~~----' 40,91 4i,i4 e_ 41:;!_~ r 147.121 149 s12 , - Nomb~e Variation m;ve I -~!20 312 163 39,98 39,47 320 256 2,6% j 40,16 39,64 __329 ~7~.1~- ~ j,9% \_ 40~28 39,78 t' 340 505 : 3,3% 1 40,35 t.:~ i_~~~,-!~_~!--~--~1 -~!90 . 1 381 035 40,01 384 911 39,92 i,9% 1 moyen -~--:_--:f_-: i - - -~~,93 1 148 179 --~~0% 41,14 150119 1,3% Homl~~s ~t ~~mmre\g~ - Age 40,47 1 119 809 2,0% 1 40,60 j 123 998 3,5% j,O% 1 ~ !68 l 53à~~- ·-2:9% 3,4% 1 40,71 : 131531 , 3,1% 2019* 233.745 2020 1 2349-41 , .· o,s% ! r~~~gL~- -'"-r:riatio __moye~- : ~o-m br: 2011 i 216252 . 2-018 l _ 1 2019 i 232 856 1 1.4% 2020·-r 234 13sr- - o,8% 2-?5~~4 . i · 40;01 ~-q?J ~~J~?~ r-·--. - 380.866 i· 384 sÏ3 J J 2-g2~ -~:2% 1 _!5? 4Q:o8 , . ~'}! _6?._7 (*) Rupture de série liée à l'amélioration de la qualité des processus statistiques de l'IGSS 4_?:7_i~-~ 1; __}, 7%_I -4_9-,53 . 1,0% 40,12 40,53 1,0% ··- 3,3% 1 40,. 73 ~ 1 40, 73 1 Entre 2014 et 2020, le nombre de salariés repris dans la population de référence a augmenté en moyenne de 3,0% par année. Cette progression est plus forte chez les femmes(+ 3,3%) que chez les hommes (+2,9%). L'âge moyen augmente continuellement sur l'intervalle étudié (Tableau 1). A partir de 2020 une rupture de série est à observer. Cette rupture est liée à l'amélioration de la qualité des processus statistiques de l'IGSS. Sur base de ces nouvelles valeurs, la population de référence entre 2020 et 2021 a augmenté de 3,3%. 4.2.2. Les revenus pris en compte Le salaire pris en considération est le salaire annuel régulier y compris toutes les rémunérations accessoires telles les gratifications, pécules de vacances et autres. Le tableau suivant indique l'éventail des salaires retenus pour la population de référence de 2014 à 2021. 13 Tableau 2 : Eventail des salaires de la population de référence: Salaire horaire le plus bas considéré ( € ) 1 201!. Variation 13,30 13,57 13,60 ____ 13_,63 2015 2016 2017 2018 2019 2020 Salaire horaire le plus élevé considéré ( € ) n.i.100 --- 56,07 _ 57,69 58,80 59,36 0,1% ~:2%-t o.~ 0__,_7% - 1 - -- - _ 14,08 _ -~-'~ 14,77 15,06 1,6% -0,5% Variation n.i.100 ~.Q% 1,9% - - - r - - - -- - 1,0% ~J~z_ --1·--- j 63_,22 64,93 66,86 i 1,3% 1,2% -- ,- ÎÙ% ~4,8~ ~j/91 2019* 15,14 2020 __ 2021 15,66 68,~~ _ (*) R~p_!_u~ de série liée à l'amélioration de_!~qualité d~~ proce~~~~ st_~~~~~iques de l'IGSS ~.~_ L'indicateur défini plus haut, est obtenu en divisant la masse des salaires de la population de référence par la somme des heures de travail de cette même population (Tableau 3). De la sorte on obtient un salaire horaire moyen représentatif de la population de référence (Tableau 4). Tableau 3 : Evolution de la masse salariale et du volume horaire de travail Année 2013 -2014 2015 2016 Population de référence -1-- 312 163 -1 320 256 329 673 340 505 -1- - -r- 2017 I 353 239 2ô:is_ -_J __ 367 60~_ 2019 2020 Masse salariale(€ ) Taux de variation 13 964 214 389 1 14 638 4731971 4,8% 15154 983170 _j;5% 15 702 191898 3,6% 16 802 934 981 1 7,q~ _11 855 013 565 L _6,3% _ 19 014 411 925 1 6,5% ------------.---·20 046 943 669 , 5,4% 1 I __?,6% _ _?!9% 3,:3% ~?'ra ~.1_~ 3,7% 1,0% 381035 384 917 +- Taux de variation r---------Durée de travail (en heures) Taux de variation 555 968 439 569 137 075 2,4% l ~ i 1 - t - :j :E !~rn~ I_._ _647196 537 6% 670 656 209 -- __3,6% 682 128 222 1,7% J 2019* _j --- 380_866 _ !9104 082 ~82 _ ~69_971 ~92 2020 __l__ 384 813 ~1_ _!~0% __ _J_ 20 118 802 254 5,3% 681 721601 1 2021 ~7 ~?.? - ! . :3,~% - ?1 ~17~Q 97J ,__ 6,2% --704 ?_4_! 930 (*) Rupture de série liée à l'amélioration de la qualité des processus statistiques de l'IGSS 1 1 - ·t - -1,8% --- 3,3% Il 14 I Tableau 4 : Evolution de l'indicateur utilisé pour déterminer la revalorisation du SSM Année Salaire horaire moyen - indice courant 2013 2014 2015 2016 2017 - 2018 --2019 2020 25,1169 2019* 2020 2021 _ _28!5148 29.5118 30.3473 Taux de variation Nombre indice moyen Taux de variation 761,00 -~:lli:N J--;;: - ·- _794,~4 _ 802!g__ .?~!40 834,76 _ 814:'.~ 3,5% 8?~116 __ _.-3.t8% --- -~~!98 ·- ~,5% 1,0% ;,4% 2,5% L ___ 0!6% Salaire horaire moyen - réduit à l'indice 100 3,3005 1 j!3180 __l,346_!_ -3,3585 1 3,3857 Taux de variation i __ 0,5% ---- 7 --~!_4364-- -- r - 9.,~ 0,4% ·--- - - . 9,8% 1,5% ~.~~ 3,5206 ~!5013 ~.535~ __ 3,6129 -- J l 1,0% ___ i 2 ~ - - i' (~l..~~pture de série liée à l'amélioration de la qualité des _i:>_!ocessus statistiques de l'IGSS _ _ _ _ _ ___J L'indicateur étant le salaire horaire moyen réduit à l'indice 100 de l'échelle mobile des salaires, sa progression entre 2019 et 2021 s'élève à: (3,6129/3,5013} - 1 = 3,2% L'indicateur accuse donc une progression de 3,2%. Par la loi du 15 décembre 2020 modifiant l'article L. 222-9 du code du Travail en vue d'adapter le salaire social minimum, le salaire social minimum a été adapté pour tenir compte de l'évolution des salaires jusqu'en 2021. Comparé au niveau moyen des salaires et traitements en 2021, le salaire social minimum accuse donc un retard de 3,2%. 4.3. Salariés rémunérés au voisinage du salaire social minimum (SSM) 4.3.1. Le voisinage du salaire social minimum Selon la méthodologie utilisée par l'IGSS, une personne est dite rémunérée au voisinage du SSM au 31 mars d'une année donnée, si : • • son salaire horaire est inférieur ou égal à 102% du SSM mensuel pour travailleurs non qualifiés divisé par 173 (salaire social minimum horaire légal) ou si son salaire horaire est compris entre 100% et 102% du SSM mensuel pour travailleurs qualifiés divisé par 173. 15 A cette sélection sont ajoutées les personnes dont le salaire horaire est égal au SSM mensuel pour travailleurs non qualifiés (respectivement qualifiés) divisé par 184, 176 et 168. En effet, l'analyse de la distribution des salaires horaires, relative au mois de mars de l'année considérée, révèle systématiquement de fortes concentrations pour les salaires horaires associés à ces valeurs. A noter que ces dernières correspondent au nombre d'heures ouvrables qui, selon l'année, composent le mois de mars. Outre le filtre horaire décrit dans les paragraphes précédents, un filtre mensuel est également appliqué, afin de tenir compte d'une certaine incertitude sur les heures déclarées dans les fichiers administratifs. Ce filtre consiste à ajouter les personnes travaillant à temps plein dont le salaire mensuel est compris entre 100% et 102% du SSM mensuel pour travailleurs non qualifiés (respectivement qualifiés). Le seuil de 102% a pour but de capter les éventuels individus dont le contrat de travail prévoit une rémunération au SSM mais qui perçoivent des compléments de rémunération qui ne sont pas déclarés séparément du salaire de base. Ces individus ne peuvent, par conséquent, pas être identifiés dans les fichiers. Les compléments en question peuvent être des majorations de salaire (travail du dimanche, jours fériés, nuits ... ) ou des primes (allocation repas, déplacement, risque ... ) qui n'entrent pas dans les catégories « gratifications et compléments et accessoires » issues de la déclaration des salaires transmise par l'employeur au Centre commun de la sécurité sociale. 4.3.2. Evolution de la proportion de salariés rémunérés au voisinage du salaire social minimum Au 31 mars 2022, 65 905 salariés, soit 15,2% des salariés (fonctionnaires exclus) présents sur le marché de l'emploi étaient rémunérés au voisinage du SSM. Les salariés à temps plein rémunérés au voisinage du SSM étaient au nombre de 53 035, ce qui représente 80,5% de l'ensemble des salariés rémunérés au voisinage du SSM et 14,5% des salariés (fonctionnaires exclus) travaillant à temps partiel (Tableau 5). Tableau 5 : Proportion de salariés (hors fonctionnaires) rémunérés au voisinage du salaire social minimum au 31 mars de l'année considérée. . . - - Proportion de travailleurs (Temps plein et temps partiel) Ensemble Proportion de travailleurs à temps plein Au voisinage du SSM pour travailleurs qualifiés Au voisinage du SSM pour travailleurs non qualifiés Ensembl e Au voisinage du SSM pour travailleur ~_qualifiés Au voisinage du SSM pour travailleurs non qualifiés 5,5% 9,7% 9,8% 10,3% 9,5% 10,3% 9,7% 13,8% 14,5% - - - -15,9% - -______, 15,1% 16,0% 16,1% 5,3% 5,9% 6,7% 6,5% 6,7% 7,1% 8,6% _?_,7% 9,3% 8,6% 9,3% 9,1% ~!5% 6,3% 6,2% 6,4% 6,8% ____ 16 2015 2016 , 2017 2018 2019 2020 zozo * 2021 2022 1 15,8% 12,4% 15,4% 15,3% 16,5% 14,6% 5,6% 5,0% 5,8% 6,1% 6,7% 5,6% 10,2% 7,4% 9,6% 9,1% 9,7% 9,1% 14,6% 12,3% 14,6% 14,7% 15,9% 14,1% 5,7% 5,2% 6,0% 6,3% 7,0% 5,8% 8,9% 7,1% 8,6% 8,4% 8,9% 8,3% 15,3% 6,2% 9,1% 12,0% 5,1% 6,9% 15,3% 15,2% 6,4% 8,9% 9,0% 14,2% 14,5% 6,6% 6,5% 7,6% 8,0% 6,2% (*) Rupture de série liée à l'amélioration de la qualité des processus statistiques de l'IGSS Entre mars 2021 et mars 2022, la proportion de salariés rémunérés au voisinage du SSM est passée de 15,3% à 15,2% (Figure 1). Figure 1 :-Evolution de la proportion de salariés (hors foActionnaires) rémunérés au voisinage du salairesocial minimum depuis 2009 18.00% 16.70% 17.00% 16.00% 15.30t° 15.30% 15.00% 15.2 % 14.00% 13.00% 12.00% 12.40% 11.00% 10.00% 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2020* 2021 4.3.3. Evolution de la proportion et du nombre de salariés rémunérés au voisinage du salaire social minimum selon le secteur d'activité et selon le sexe Au 31 mars 2022, la proportion des salariés rémunérés au voisinage du SSM est la plus importante dans le secteur« Hébergement et restauration » (48,6%). Le secteur « Commerce » est celui qui en regroupe le plus grand nombre (16 346 salariés, soit 31,1% de l'ensemble de ceux qui sont rémunérés au voisinage du SSM). (Tableau 6). 17 2022 Tableau 6 : Nombre et proportion de salariés (fonctionnaires exclus) rémunérés au voisinage du salaire social minimum selon le secteur d'activité. Situation au 31 mars 2022 Situation au 31 mars 2021 Secteur d'activité Salariés rémunérés au voisinage du Proportion Salariés rémunérés au voisinage du (%) SSM Hébergement et restauration , Agriculture, sylviculture et pêche Commerce Non-déterminés Spectacles et loisirs, réparation d'articles domestiques et autres services Transport Immobilier Santé humaine et action sociale Activités de services administratifs et de soutien Construction Industrie Administration publique, enseignement Activités spécialisées, scientifiques et techniques Information et communication Activités financières et d'assurance Total Général i Proportion (%) SSM 7024 627 16723 351 36,5 39,8 32,4 28,1 10188 618 16 346 396 48,6 38,2 31,1 30,9 1 3 328 5 615 ! 600 6860 21,2 1 20,7 17,9 16,0 3501 1 5484 J 570 7096 21,8 19,4 16,3 15,8 3512 7195 4079 14,0 14,5 11,7 3 244 6 248 4285 12,3 12,2 12,0 3029 9,9 ' 2 986 9,5 2 616 1199 1192 63950 1 6,1 6,0 2,4 15,3 2 595 1123 1225 65905 5,6 5,5 2,4 15,2 Note de lecture: Au 31 mars 2022, 10 188 salariés appartenant au secteur « Hébergement et restauration », soit 48,6% de l'ensemble des salariés appartenant à ce secteur, étaient rémunérés au voisinage du salaire social minimum. La proportion de salariés rémunérés au voisinage du SSM dans les différents secteurs d'activité n'a pas beaucoup évolué entre 2021 et 2022. A l'exception du secteur de « !'Hébergement et de la Restauration » qui est passé de 36,5% à 48,2% (Figure 2). Figure 2 : Proportion de salariés (hors fonctionnaires) rémunérés au voisinage du salaire social minimum au 31 mars 2021 et au 31 mars 2022, selon le secteur d'activité 18 0.0% 10.0% 20.0% 30.0% 40.0% 12.0% 11.7% Industrie 12.2% 14.5% Construction 31.1% 32.4% Commerce 19.4% 20.7% Transport 48.6% Hébergement et restauration Activités financières et d'assurance 36.5% 5.5% 6.0% 2.4% 2.4% 16.3% 17.9% Immobilier Activités spécialisées, scientifiques et techniques 5.6% 6.1% 12.3% 14.0% Activités de services administratifs et de soutien 9.5% 9.9% Administration publique, enseignement 15.8% 16.0% Santé humaine et action sociale Spectacles et loisirs, réparation d'articles domestiques et autres services 21.8% 21.2% 30.9% 28.1% Non-déterminés ■ 2022 60.0% 38.2% 40% Agriculture, sylviculture et pêche Information et communication 50.0% 2021 19 En ce qui concerne les salariées femmes, la proportion des salariées rémunérées au voisinage du SSM est la plus importante dans le secteur « Hébergement et restauration » (56,5%). Le secteur « Commerce » est celui qui en regroupe le plus grand nombre (8 855 salariées, soit 38,6% de l'ensemble de celles qui sont rémunérées au voisinage du SSM) (Tableau 7). Tableau 7 : Nombre et proportion de salariées femmes (fonctionnaires exclues) rémunérées au voisinage du salaire social minimum selon le secteur d'activité. Situation au 31 mars 2021 Secteur d'activité ---------. Salariées Proportio rémunérées au n voisinage c!I:' SSM _40~~ 41,4 161 1 42,6 I 1. (~)_ __ Héb~~ement et restauration Agricul!~re! syl'!ic~1:1r~ et p~c!1e Commerce Non-déterminés Industrie Spectacles et loisirs, réparation d'articles domestiques et autres services Trê!nsp9!t Immobilier Construction Santé humaine et action sociale Activités de services administratifs et de soutien Administration publique, __ _______ _ _ enseignement Information et communication Activités spécialisées, scientifiques _________ et techniques Activités financières et d'assurance Total Général 8 812 1 180 1381 ~Jt5 2 621 22,1 _632---1 __1!,} Situation au 31 mars 2022 Salariées rémunérées au '!oisinag~ du SSM_ 6 010 164 8855 188 1523 Proportion (%) 56,~ 42,3 38,6 37,8 -~!1 '' 22,~ 19,2 ; 3201---~,5 694 ! !~,? 4 458 1 13,~ 2 692 744 287 665 4653 !847 1 1647 1~.!! 1 380, 399 -8,41 ---; 7,5 i 1276 - 564 1·· [__ ~t~ ---i Ï6,8 1 _______J 14,4 ! !~,? 1 1408 403 1 l ~& - 1332 j . ?,~- 7,9 547 . - - __?,4 28838 17,0 31047 1 En ce qui concerne les salariés hommes, c'est aussi dans le secteur« Hébergement et restauration » que l'on trouve proportionnellement le plus de travailleurs rémunérés au voisinage du SSM (40,5%). En termes d'effectif, le secteur qui en regroupe le plus grand nombre est le secteur« Commerce » (7 491 salariés, soit 25,2% de l'ensemble de ceux qui sont rémunérés au voisinage du SSM) (Tableau 8). 20 Tableau 8 : Nombre et proportion de salariés hommes (fonctionnaires exclus) rémunérés au voisinage du salaire social minimum selon le secteur d'activité. _ _J_ Secteur d'activité Hébergement et restauration ~griculture2 ylviculture et p1~he Non-déterminés ------Commerce Santé humaine et action sociale Spectacles et loisirs, réparation d'articles domestiques et autres services Transport Immobilier Activités de services administratifs et de soutien Construction - --Administration publique, ens~~nement Industrie . Activités spécialisées, scientifiques ~.! !!=!~hnlq~es .. _ ... _ Information et communication Activités financières et ~•~ssurance ~ Total Général 1 Situation au 31 mars 2021 Situation au 31 mars 2022 I Salariés rémunérés I Proportion Salar;és,émunérés Prop. ortie au voisinage du n au voisinage du j (%) 1 ____ SSM _ _ i_ _ _ __j _ SSM . __ (%)_ 2 982 l 31,4 4178 i 4~!~] 454 ~ ·· - --- r ····- ·- 36,9 ----- /1 208 1 26,5 r --t 7 911 1 27,1 7 491 25,2 [ J ï 443 22,Ô - - •---.--; -- __i~~ i- - ~:f __?_4Ô2 707 4983 280 22,6 1 809 1 --· 21,2 16,4 !-?,~ 1665 6 501 ~4!~ 1621 _1,1,~ 2 698 - ------ 9,4 1284 796 645 ~-~ ~ 2,3 35112 14,? 5,3 19,8 --- -- ~z.~_J__ _~ 1 9.4, - 283 I 15!8 1597 1 5 583 -- ___ _1_60_6- 1 2 762 i 13,8 --~ !?,9 1 10,? 1 94 : ---- r-· ----~-1 1319 ·,i 724 1 661 ] 34 858 ?,! 1 4,7 ~1!_j 13,6 ! 4.3.4. Proportion et nombre de salariés résidents rémunérés au voisinage du salaire social minimum selon le canton Parmi les salariés rémunérés au voisinage du SSM, 52,5% résident au Luxembourg, ce qui correspond à 36 289 salariés. La répartition par canton montre que les cantons Esch-sur-Alzette et Luxembourg sont les plus représentés: 35,5% de l'ensemble de ces salariés résident à Esch-sur-Alzette et 20,1% résident sur le territoire du canton de Luxembourg (ville et campagne) (Tableau 9). 21 Tableau 9 : Nombre et proportion de salariés résidents (fonctionnaires exclus) rémunérés au voisinage du salaire social minimum selon le canton au 31 mars 2022. Canton Salariés rémunérés au voisinage du SSM --1 l Proportion (%) Capellen 1 853 12,4 Clervaux 1 367 20,3 Diekirch 2 342 19,5 Echternach 1166 18,5 Luxembourg-Ville et Campagne ,;:~! ~~·!.1 Mersch 163~ 14,0 - Redange 923 13,9 Remich 1154 - -- Esch-sur-Alzette Grevenmacher I 19,2 11,1 15,5 1 Wiltz 1 250 19,0 -20,3 Manquant 2 784 1 26,3 Vianden Grand Total S. 358 36 289 16,0 Conclusions et proposition du Gouvernement 1. En ce qui concerne l'évolution du niveau moyen des rémunérations en 2020 et 2021 comparée au niveau du salaire social minimum, l'indicateur déterminé conformément à la méthodologie retenue et se définissant comme le salaire horaire moyen de la population de référence réduit à l'indice 100 de l'échelle mobile des salaires, accuse une progression de 3,2%. 2. Dans sa séance du , le Gouvernement en Conseil a estimé que les conditions économiques et sociales développées de manière détaillée dans le rapport biennal faisant partie intégrante de l'exposé des motifs permettent une augmentation du salaire social minimum de 3,2%. 3. li est donc proposé d'augmenter le salaire social minimum de 3,2% à partir du 1er janvier 2023. 22 6. Les nouveaux montants du salaire social minimum 6.1 Salaire sociale minimum mensuel (indexé) SSM mensuel actuel (indice 877,01) SSMmensuel proposé au 1er janvier 2023 (indice 877,01) 6.2. 100% 2.313,38 2.387,40 80% 1.850,70 1.909,92 75% 1.735.03 1.790,55 120% 2.776,05 2.864,88 Salaire social minimum horaire (indexé) SSM horaire actuel (indice 877,01) SSM horaire proposé au 1er janvier 2023 (indice 877,01) 100% 13,3721 13,8000 80% 10,6977 11,0400 75% 10,0291 10,3500 120% 16,0465 16,5600 23 7. Impact financier engendré par la réévaluation du salaire social minimum au 1er janvier 2023 7.1. Surcoût annuel total pour l'ensemble des entreprises luxembourgeoises Au 31 mars 2022, 65 905 salariés étaient rémunérés au voisinage du SSM. En faisant évoluer cette population jusqu'au 31 décembre 2022, selon les hypothèses de croissance de l'emploi établies par le STATEC en septembre 20221 dans le cadre de l'élaboration du budget de l'Etat 2023, la population concernée devrait s'élever à 67 530 individus (Tableau 10). Tableau 10 : Estimation du nombre de salariés (fonctionnaires exclus) rémunérés au voisinage du salaire social minimum au 31 décembré 2022 selon le temps dé travail. -,- SSM non qualifiés Temps plein Total SSM qualifiés 30101 ! 24241 54342 1 1 --~-----Temps partiel 9 707 1 3 481 13188 Total 39808 27 722 i 67 530 Au 1er janvier 2023, si le SSM passait de 2 313,38 euros 2 à 2 387,40 euros, la hausse du SSM mensuel serait de 74,02 euros et la hausse du SSM pour travailleurs qualifiés serait de 88,83 euros. La hausse annuelle des salaires des travailleurs non qualifiés (respectivement qualifiés) travaillant au SSM à temps plein serait égale à l'effectif de la population concernée multiplié par 74,02 (respectivement 88,83) puis par 12. Pour les travailleurs à temps partiel, le calcul serait le même, excepté le fait que le montant obtenu serait divisé par deux (la durée moyenne de travail des salariés à temps partiel correspondant à une occupation à mi-temps). 1 La croissance de l'emploi salarié du privé est estimée à 3,3% en 2022. 2 Valeur reposant sur l'hypothèse de non application d'une tranche indiciaire en décembre 2022 24 Tableau 11 : Evolution des salaires (en euros) engendrée par l'augmentation du salaire social minimum. SSM non qualifiés SSM qualifiés Total Temps plein 26 736 912 25 839 936 52 576 849 Temps partiel 4 311073 1855 303 ! 6166 376 27 695 240 58 743 225 1 31047 985 1 1 Total La hausse totale des salaires, engendrée par la réévaluation du SSM, est estimée à 58,7 millions d'euros (Tableau 11). La hausse de la part patronale des cotisations est, quant à elle, estimée à 15,8 millions d'euros. Elle résulte cfe deux composantes: · • La hausse des cotisations due à la hausse des salaires des personnes rémunérées au voisinage du SSM. • La hausse des cotisations due à l'évolution du plafond cotisable 3• Par conséquent, le surcoût annuel total pour l'ensemble des entreprises luxembourgeoises est estimé à 74,6 millions d'euros. 7 .2. Impact financier sur le Fonds pour l'emploi (par exercice budgétaire) 1 Mesures en faveur de l'emploi Chômage complet Impact financier résultant du relèvement du niveau du salaire social minimum 3.100.000,00 € Chômage partiel 200.000,00 € 1 Chômage involontaire dû aux intempéries/accidentel involontaire/technique involontaire 120.000,00 € Préretraite 1.100.000,00 € Reclassement professionnel 1.800.000,00 € Initiatives sociales en faveur de l'emploi 2.100.000,00 € Autres actions en faveur de l'emploi 850.000,00 € [ Formations 180.000,00 € Total 3 9.450.000,00 € Le plafond cotisable est égal au quintuple du SSM 25 8. Entrée en vigueur Les dispositions du présent projet doivent prendre effet le 1er janvier 2023. Il. TEXTE DU PROJET Art. 1er. A l'article L. 222-9, alinéa 1er, du Code du travail, le nombre « 2021 » est remplacé par le nombre« 2023 » et le nombre« 263,78 » est remplacé par le nombre« 272,22 ». Art. 2. Les dispositions de la présente loi entrent en vigueur le 1er janvier 2023. Ill. COMMENTAIRE DES ARTICLES Article 1er L'article premier fixe le montant du salaire social minimum mensuel pour salariés non-qualifiés à 272,22 euros au nombre 100 de l'indice pondéré du coût de la vie. A l'indice de 877,01, au 1er janvier 2023 (hausse du 1er avril 2022), ledit salaire social minimum mensuel sera de 2.387,40 euros. Le taux horaire correspondant sera de 13,8 euros (indice 877,01). Conformément à l'article L. 222-4 du Code du travail, le niveau du salaire social minimum pour salariés qualifiés, définis conformément à l'article en question, est majoré de vingt pour cent. Le montant mensuel correspondant du salaire social minimum pour salariés qualifiés sera de 326,66 euros (indice 100) respectivement de 2.864,88 euros (indice 877,01). A l'indice 877,01 les montants mensuels du salaire social minimum augmentent donc, respectivement de 74,02 euros (salaire social minimum non-qualifié) et de 88,83 euros (salaire social minimum qualifié). Le tableau complet des différents salaires minimaux se trouve inséré au point 6 de l'exposé des motifs ci-avant. Article 2 L'article 2 du projet fixe la date de prise d'effet de la revalorisation du salaire social minimum au 1er janvier 2023. 26 FICHE FINANCIERE (Conformément à l'article 79 de la loi modifiée du 8 juin 1999 sur le Budget, la Comptabilité et la Trésorerie de l'État) Impact financier sur le Fonds pour l'emploi (par exercice budgétaire) : L'impact financier, imputable au Fonds pour l'emploi, résultant du relèvement du niveau du salaire social minimum est estimé à 9.450.000 euro par exercice comptable. Mesures en faveur de l'emploi Chômage complet . - Impact financier résultant du relèvement du niveau du salaire social minimum 3.100.000,00 € Chômage partiel - ... . .. 200.000,00 € Chômage involontaire dû aux intempéries/accidentel involontaire/technique involontaire 120.000,00 € 1.100.000,00 € - .. . - . . 1.800.000,00 € Préretraite Reclassement professionnel - -- · --- --- ... Initiatives sociales en faveur de l'emploi Autres actions en faveur de l'emploi 2.100.000,00 € ·-- ,. 850.000,00 € 180.000,00 € Formations 9.450.000,00 € Total TEXTE COORDONNE Texte coordonné de l'article L. 222-9 du Code du travail "Art. L. 222-9. Sous réserve, s'il y a lieu, des adaptations prévues à l'article L.222-3, le taux mensuel du salaire social minimum d'un salarié non qualifié rémunéré au mois est fixé, à partir du 1er janvier~ 2023 et jusqu'à la prochaine adaptation à intervenir en application de l'article L. 222-2, à ~ 272,22 euros au nombre 100 de l'indice pondéré du coût de la vie au 1er janvier 1948. Le taux horaire correspondant au taux mensuel prévu à l'alinéa qui précède est obtenu par la division de ce taux mensuel par cent soixante-treize." 27 LE GOUVERNEMENT DU GRAND-DUCHÉ DE LUXEMBOURG FICHE D'ÉVALUATION D'IMPACT MESURES LÉGISLATIVES, RÉGLEMENTAIRES ET AUTRES Coordonnées du projet Intitulé du projet : Projet de loi portant modification de l'article L. 222-9 du Code du travail Ministère initiateur : Ministère du Travail, de l'Emploi et de l'Economie sociale et solidaire Auteur(
- s): Nadine Welter Téléphone : 1247-86315 Courriel: lnadine.welter@mt.etat.lu Objectif(
- s)du projet: En application du paragraphe 1er de l'article L. 222-2 du Code du travail, le niveau du salaire social minimum est fixé par la loi. Le paragraphe 2 du même article oblige à cette fin le Gouvernement à soumettre à la Chambre des Députés, tous les deux ans, un rapport sur l'évolution des conditions économiques générales et des revenus, accompagné, le cas échéant, d'un projet de loi portant relèvement du niveau du salaire social minimum. Le Gouvernement a dès lors la faculté de proposer un relèvement du salaire social minimum ce qui ne comporte cependant aucune obligation juridique de relever l'ensemble de la grille des salaires dans les entreprises. Le présent projet de loi a pour objet l'adaptation des taux du salaire social minimum à l'évolution du salaire moyen pendant les années 2020 et 2021. L'indicateur déterminé conformément à la méthodologie retenue accusant une progression de 3,2%, l'augmentation du salaire social minimum sera de 3,2% au 1er janvier 2023. Autre(
- s)Ministère(
- s)/ Organisme(
- s)/ Commune(
- s)impliqué(e)(
- s)Version 23.03.2012 1/6 LE GOUVERNEMENT DU GRAND-DUCHÉ DE LUXEMBOURG Date : Version 23.03.2012 14/11/2022 2/6 LE GOUVERNEMENT DU GRAND-DUCHÉ DE LUXEMBOURG Mieux légiférer GJ Partie(
- s)prenante(
- s)(organismes divers, citoyens, ... ) consultée(s): 0 Oui rgJ Non rgJ Oui rgJ Oui rgJ Oui □ Non □ Non □ Non □ Oui □ Non Si oui, laquelle / lesquelles : Remarques / Observations : GJ Destinataires du projet : - Entreprises / Professions libérales : - Citoyens: - Administrations : Le principe « Think small first » est-il respecté ? (c.-à-d. des exemptions ou dérogations sont-elles prévues suivant la taille de l'entreprise et/ou son secteur d'activité ?) Remarques / Observations : [gj N.a. 1 ~ - -- - - - -- - - - - - - - - - - - - - -- - - -- ~ 1 N.a. : non applicable. 0 Le projet est-il lisible et compréhensible pour le destinataire ? [gj Oui D Non Existe-t-il un texte coordonné ou un guide pratique, mis à jour et publié d'une façon régulière ? 0 Oui [gj Non 0 Oui rgJ Non Remarques / Observations : GJ Le projet a-t-il saisi l'opportunité pour supprimer ou simplifier des régimes d'autorisation et de déclaration existants, ou pour améliorer la qualité des procédures ? Remarques / Observations : \ Version 23.03.2012 316 LE GOUVERNEMENT DU GRAND-DUCHÉ DE LUXEMBOURG Le projet contient-il une charge administrative2 pour le(
- s)destinataire(
- s)? (un coût imposé pour satisfaire à une obligation d'information émanant du projet ?) □ Oui IZI Non Si oui, quel est le coût administratif3 approximatif total ? (nombre de destinataires x coût administratif par destinataire) 2 Il s'agit d'obligations et de formalités administratives imposées aux entreprises et aux citoyens, liées à l'exécution, l'application ou la mise en œuvre d'une loi, d'un règlement grand-ducal, d'une application administrative, d'un règlement ministériel, d'une circulaire, d'une directive, d'un règlement UE ou d'un accord international prévoyant un droit, une interdiction ou une obligation. 3 Coût auquel un destinataire est confronté lorsqu'il répond à une obligation d'information inscrite dans une loi ou un texte d'application de celleci (exemple : taxe, coût de salaire, perte de temps ou de congé, coût de déplacement physique, achat de mat~riel, etc.). Le projet prend-il recours à un échange de données interadministratif (national ou international) plutôt que de demander l'information au destinataire ? □ Oui D Non IZI N.a. □ Oui D Non IZI N.a. Si oui, de quelle(
- s)donnée(
- s)et/ou administration(
- s)s'agit-il?
- b)Le projet en question contient-il des dispositions spécifiques concernant la protection des personnes à l'égard du traitement des données à caractère personnel 4 ? Si oui, de quelle(
- s)donnée(
- s)et/ou administration(
- s)s'agit-il? 4 Loi modifiée du 2 août 2002 relative à la protection des personnes à l'égard du traitement des données à caractère personnel (www.cnpd.
- lu)Le projet prévoit-il : - une autorisation tacite en cas de non réponse de l'administration ? - des délais de réponse à respecter par l'administration ? - le principe que l'administration ne pourra demander des informations supplémentaires qu'une seule fois ? Y a-t-il une possibilité de regroupement de formalités et/ou de procédures (p.ex. prévues le cas échéant par un autre texte)? □ Oui □ Oui □ Oui □ Non □ Non □ Non IZI N.a. IZl N.a. IZl N.a. □ Oui D Non IZl N.a. □ Oui D Non IZI N.a. Si oui, laquelle : En cas de transposition de directives communautaires, le principe « la directive, rien que la directive » est-il respecté ? Version 23.03.2012 4/6 LE GOUVERNEMENT DU GRAND-DUCHÉ DE LUXEMBOURG Sinon, pourquoi ? Le projet contribue-t-il en général à une : 11
- a)simplification administrative, et/ou à une □ Oui ~ Non
- b)amélioration de la qualité réglementaire? □ Oui ~ Non Des heures d'ouverture de guichet, favorables et adaptées aux besoins du/des destinataire(s), seront-elles introduites ? □ Oui D Non Y a-t-il une nécessité d'adapter un système informatique auprès de l'Etat (e-Government ou application back-office) □ Oui ~ Non □ Oui D Non Remarques / Observations : ' 12 ·- 1 --, . 13 : ~ N.a. Si oui, quel est le délai pour disposer du nouveau système? 14 : Y a-t-il un besoin en formation du personnel de l'administration concernée? ~ N.a. Si oui, lequel? Remarques / Observations : Version 23 .03.2012 5/6 LE GOUVERNEMENT DU GRAND-DUCHÉ DE LUXEMBOURG Egalité des chances j~ Le projet est-il : ~ - principalement centré sur l'égalité des femmes et des hommes ? positif en matière d'égalité des femmes et des hommes ? 0 0 Oui 181 Non 181 Non 1Z] Oui D Non 0 Oui 1Z] Non 0 Oui D Non l8J N.a. 0 Oui D Non IZ] N.a. Oui Si oui, expliquez de quelle manière : neutre en matière d'égalité des femmes et des hommes ? Si oui, expliquez pourquoi : négatif en matière d'égalité des femmes et des hommes ? Si oui, expliquez de quelle manière : ! 16 1 Y a-t-il un impact financier différent sur les femmes et les hommes ? ~ Si oui, expliquez de quelle manière : Directive « services » Le projet introduit-il une exigence relative à la liberté d'établissement ~ soumise à évaluation ? 5 :___. Si oui, veuillez annexer le formulaire A, disponible au site Internet du Ministère de l'Economie et du Commerce extérieur : www eco.public.lu/attrjbutjons/dg2/d consommation/d march int rieur/SeNjces/jndex.html 5 Article 15 paragraphe 2 de la directive « services» (cf. Note explicative, p.10-11) 0 Le projet introduit-il une exigence relative à la libre prestation de services transfrontaliers 6 ? Oui D Non l8J N.a. Si oui, veuillez annexer le formulaire B, disponible au site Internet du Ministère de l'Economie et du Commerce extérieur : www.eco.oublic,lu/attrjbutions/dg2/d consommation/d march int rjeur/Servjces/index.html 6 Article 16, paragraphe 1, troisième alinéa et paragraphe 3. première phrase de la directive« services » (cf. Note explicative, p.10-11) Version 23.03.2012 6/6