Luxembourg, le 8 mai 2025 Objet : Projet de loi n°85181 autorisant le Gouvernement à financier l’acquisition, l’hébergement et l’exploitation d’un supercalculateur optimisé pour l’intelligence artificielle ainsi que l’exploitation d’une AI Factory associée. (6838PSI) Saisine : Ministre de l’Economie (24 mars 2025) Le projet de loi sous avis (ci-après le « Projet ») a pour objet d’autoriser le Gouvernement à financer l’acquisition, l’hébergement et l’exploitation d’un supercalculateur optimisé pour l’intelligence artificielle (IA) ainsi que l’exploitation d’une AI Factory associée (ci-après « L-AIF). D’un point de vue européen, ce Projet s’inscrit dans le cadre général des missions confiées à l'Entreprise commune pour le calcul à haute performance européen Joint Undertaking (EuroHPC JU) par la Commission européenne. Au niveau national, ce Projet marque une avancée importante dans la mise en œuvre des ambitions du Luxembourg en matière de digitalisation de son économie et de souveraineté numérique. 1 Lien vers le projet de loi sur le site de la Chambre des Députés 2 En bref ➢ La Chambre de Commerce exprime son plein soutien à l’acquisition, l’intégration et l’exploitation d’un supercalculateur optimisé pour l’IA, intégré au réseau EuroHPC Joint Undertaking. Il s’agit d’une avancée majeure pour renforcer l’écosystème national d’IA et faire du Luxembourg un hub européen de l’IA de premier plan. ➢ S’agissant de la L-AIF, elle tient à rappeler l’importance d’adopter une vision stratégique partagée, ainsi qu’une répartition claire des rôles et responsabilités des différentes parties prenantes. ➢ Outre les quatre domaines prioritaires identifiés dans le cadre de la L-AIF, elle est d’avis que la défense et la santé doivent également figurer parmi les secteurs clés du Luxembourg. ➢ Au vu des besoins conséquents et croissants en électricité des activités d’IA, il est essentiel que le pays dispose d’une électricité décarbonée, sécurisée et à un coût compétitif. ➢ Le co-financement à hauteur de 50% par l’Union européenne étant limité dans le temps, il est impératif de prévoir dans le budget de l’État les montants nécessaires futurs (à partir de 2028 pour les coûts de fonctionnement de L-AIF et à partir de 2031 pour ceux de MeluXina AI). ➢ Après consultation de ses ressortissants, la Chambre de Commerce est en mesure d’approuver le projet de loi sous avis. Contexte Ce Projet a pour objet d’autoriser le Gouvernement à financer l’acquisition, l’hébergement et l’exploitation d’un supercalculateur optimisé pour les applications d’IA ainsi que l’exploitation d’une AI Factory nationale.2 Concrètement, il s’agit des dépenses à charge du budget national relatives : • • à l’acquisition, l’hébergement et l’exploitation sur 5 ans de MeluXina AI : 60 millions d’EUR ; aux coûts d’opérations sur 3 ans de la L-AIF, hors fonds propres de Luxinnovation. Une AI Factory est un centre d’excellence qui combine des superordinateurs optimisés pour l’IA, des plateformes expérimentales pour le développement et la validation de modèles d’IA et des services d’accompagnement (ex : accompagnement technique, accès à des ressources de calculs avancés). Ces centres sont conçus pour être accessibles aux start-ups, PME, chercheurs et institutions publiques, favorisant ainsi l'innovation et la collaboration à travers l'Europe. À ce jour, 13 sites à travers l'Europe ont été sélectionnés pour héberger des AI Factories. 2 3 Les AI Factories Priorité stratégique de la Commission européenne pour déployer un écosystème européen hautement compétitif et innovant en matière d’IA, les AI Factories complètent d’autres initiatives européennes telles que l’AI Office, les European Digital Innovation Hubs et la future stratégie IA européenne. Comme expliqué dans l’exposé des motifs, les AI Factories sont un one-stop-shop « fournissant des services de supercalcul dédiés à l’IA en s’articulant autour d’un superordinateur optimisé pour l’IA, de jeux de données associés, d’expertise technique et d’un ensemble de services spécialisés ». Elles sont ainsi intégrées au sein de l’EuroHPC JU. Cette intégration a été officialisée par l’amendement du règlement (UE) 2024/1732, adopté le 17 juin 2024 3, qui élargit le mandat de l’EuroHPC JU pour inclure le développement et l’exploitation de ces structures dédiées à l’IA. Si les supercalculateurs constituant le cœur des AI Factories seront opérationnels à partir de 2026, les premières AI Factories seront créées en 2025 (la L-AIF a été lancée en avril 2025). L’Entreprise commune pour le calcul à haute performance européen (EuroHPC) Créé par le règlement (UE) 2018/1488 du 28 septembre 2018 et basé au Luxembourg, l’EuroHPC JU est une initiative conjointe de l’UE, de pays européens et de partenaires privés, visant à faire de l'Europe un leader mondial dans le domaine du calcul à haute performance. Pour ce faire, l’EuroHPC JU a pour mission de : • • • • développer et maintenir en Europe une infrastructure de calcul de pointe (IA, quantique, données), sécurisée et interconnectée ; favoriser des systèmes de supercalcul innovants, compétitifs et adaptés aux besoins des utilisateurs, tout en renforçant la souveraineté technologique européenne ; étendre l’accès à ces ressources à un large éventail d’acteurs publics et privés, et développer les compétences clés en calcul de haute performance (ou high performance computing – HPC) ; mettre en place des AI Factories autour des supercalculateurs EuroHPC pour stimuler un écosystème européen d’IA compétitif et innovant. A ce jour, EuroHPC JU compte dix supercalculateurs, dont MeluXina au Luxembourg.4 Le plan d’action pour le continent de l’IA5, lancé en avril 2025, renforce les investissements de l’UE dans les AI Factories - 10 milliards entre 2021 et 2027 - et vise la mise en place d’au moins 13 AI Factories d’ici à 2026 dans le but d’aider les startups, l'industrie et les chercheurs à développer des modèles et des applications d'IA de pointe. Comme rappelé dans l’exposé des motifs, EuroHPC JU a lancé le 10 septembre 2024 un appel à manifestation d’intérêt6 portant sur 3 volets :
Explication IA à partir du texte officiel de la loi. Indicatif, ne remplace pas un conseil juridique.