CHAMBRE DES METIERS CdM/10/10/2019 19-074 Projets de règlements grand-ducaux concernant la composition et l'organisation des commissions de suivi des plans directeurs sectoriels « logement », « zones d'activités économiques », « tra nsports » et « paysages ». Avis de la Chambre des Métiers Résumé structuré Les quatre projets de règlements grand-ducaux ont pour objet de prévoir l'institution d'une commission de suivi spécifique à chacun des quatre plans directeurs sectoriels et de déterminer leur composition et leur organisation. La Chambre des Métiers déplore que le secteur privé ne soit pas représenté au sein des commissions de suivi relatives aux plans directeurs sectoriels « logement » et « zones d'activités économiques ». Une démarche participative, impliquant toutes les parties prenantes, assurerait que la mise en œuvre desdits plans soit mieux adaptée aux besoins réels de l'économie et surtout que le plan directeur sectoriel « logement » pourrait être accéléré à travers une collaboration plus étroite entre le secteur public et le secteur de la construction. La Chambre des Métiers estime par ailleurs que les projets de règlement grandducaux doivent déterminer les missions exactes des différentes commissions, afin de leur conférer l'ensemble des moyens nécessaires pour pouvoir pleinement atteindre les objectifs leur dévolus. Par sa lettre du 16 juillet 2019, Monsieur le Ministre de l'Energie et de l'Aménagement du territoire a bien voulu demander l'avis de la Chambre des Métiers au sujet des projets de règlements grand-ducaux repris sous rubrique. Les présents projets ont pour objet de prévoir l'institution d'une commission de suivi spécifique pour les quatre plans directeurs sectoriels (PS) et de déterminer leur composition et leur organisation. Les PS constituant des documents de planification qui partent de la situation existante, des modifications pourraient s'imposer pour les adapter à l'évolution réelle. Si la Chambre des Métiers approuve l'institution des prédites commissions de suivi quant à son principe, les projets sous avis soulèvent toutefois certaines critiques de sa part. 2, Circuit de la Foire Internationate L-1347 Luxembourg-Kirchberg • B.P 1604 L-1016 Luxembourg T:1+352) 42 67 67-1 F. 4352142 67 87 • contaa8cdm.tu www.cdm.tu Chambre des Métiers du Grand•Duché de Luxembourg page 2 de 2
(01m)27,11 Erpeldange-sur-Sûreelekirch Zentrale Achse Nordstad (ZAN) 34,5 32,8 Leudelange 27,65 Esch-sur-Alzette Crassier et Lentille Terres Rouges 42,5 42,5 Lorentzweller 14,24 Kayl Toussaintsmillen 28,7 28,2 Luxembourg (Kirchberg) 63,38 Lorentzweller Lorentzweiler 14,2 14,2 Luxembourg (Cessange) 35,94 Luxembourg Cessange 61,3 61,3 Lux.-Hesperange 22,05 Luxembourg Kuebebierg - Kirchberg 58,0 58,0 Mondorf 27,18 Luxembourg Porte de Hollerich 48,3 41,7 9,9 Redange 18,12 Luxembourg Kennedy Sud - Kirchberg 10,5 Roeser (Berchem) 21,56 Lux.-Hesperange Midfield 9,4 9,4 Sanem (Soleuvre) 38,21 Mamer Mamer 8,6 8,6 Steinfort 3,39 Mersch Cepal/Verband 23,8 23,0 Eurosider 10,4 10,4 Roeser Roeser 21,3 21,3 Stelnfort Wlftz Steinfort - Sauertrech Wunnen mat der Wooltz 9,5 9,5 40,2 33,0 Pétange TOTAL 466,89 TOTAL 510,8 481,2 Moyenne 29, 18 _ Moyenne 25,54 24,06 Si le nombre de projets a augmenté de 16 en 2014 à 20 en 2018/2019, la surface moyenne des sites a progressivement diminué en passant de 29 ha en 2014, à 26 ha en 2018 et 24 ha en
- Sur le territoire de la Ville de Luxembourg, deux projets avaient été rajoutés en 2018 : « Porte de Hollerich » et « Kennedy Sud ». Ainsi, la surface totale prévue pour le logement dans la capitale augmente de 99 ha (PSL 2014) à 171 ha (PSL 2019), ce qui correspond à une progression de 72%. Pour les projets qui figurent dans les trois PSL (2014, 2018 et 2019), il y a parfois des variations de surface importantes. Par exemple, le site à Kayl a été réduit de 42 ha, passant de 70 à 28 ha. 2.2.
- Un PSL qui respecte mieux les principes de l'aménagement du territoire La Chambre des Métiers constate que la localisation des nouveaux sites est plus conforme aux principes de l'aménagement du territoire, consistant à développer prioritairement les centres de développement et d'attraction (CDA) et les centres régionaux tels que définis par le Programme directeur, que ceux prévus par le PSL
- En effet, à l'époque, seulement 6 projets sur 16 devaient été réalisés dans des prédits centres. Par conséquent, beaucoup plus de sites que ce n'était le cas dans la première version du plan sectoriel sont localisés dans les CDA et les centres régionaux qu'il s'agit de développer en priorité, alors qu'il convient d'éviter des extensions urbaines désordonnées. Enfin, ces centres disposent des infrastructures nécessaires (transport, écoles, crèches, services de proximité...) pour assurer une qualité de vie appropriée. En analysant l'évolution de la population du Luxembourg, la Chambre des Métiers constate une augmentation de 41% sur les 20 dernières années. Surtout les cantons de Luxembourg et d'Esch-sur-Alzette ont connu d'importantes hausses de leur population (en chiffres absolus), mais celui de Capellen se développe également CdM/D0/nf/Avis_19-073_plans-sectoriels.docx/10.10.2019 Avis de la Chambre des Métiers concernant les plans directeurs sectoriels 2019 17 rapidement. Les projets du PSL consistant à réserver des sites essentiellement dans les cantons de Luxembourg et d'Esch-sur-Alzette sont donc en ligne avec les principes de l'aménagement du territoire dont question ci-avant. Le tableau reproduit ci-dessous représente l'évolution de la population par canton entre 2000 et
- Evolution de la population par canton entre 2000 et 2019 Canton Luxembourg Esch Capellen Mersch Grevenmacher Diekirch Remich Clervaux Wiltz Redange Echternach Vianden 2000 128 821 130 809 36 687 22 660 21 279 25 279 16 025 12 116 11 317 13 569 13 422 3 495 Variation en 2019 chiffres abs. 57 712 186 533 180 275 49 466 49 066 12 379 32 725 10 065 30 361 9 082 33 216 7 937 22 806 6 781 18 436 6 320 17 148 5 831 19 096 5 527 18 944 5 522 5 288 1 793 Total 435 479 613 894 178 415 45% 38% 34% 44% 43% 31% 42% 52% 52% 41% 41% 51% 41% Source: STATEC; calculs Chambre des Métiers Cependant, en analysant l'évolution de la population au niveau communal en termes relatifs, on constate que les communes rurales se développent de manière plus dynamique que les agglomérations importantes. Par conséquent, les données montrent que sur le plan de l'organisation spatiale, la tendance observée par le passé n'était pas vraiment en phase avec les principes préconisés par la politique d'aménagement du territoire. Selon la Chambre des Métiers, il convient toutefois de s'interroger sur les raisons de ce mouvement au lieu de se borner à déplorer les répercussions défavorables de cette évolution sur le plan de l'organisation spatiale. CdM/DO/nf/Avis_19-073_plans-sectoriels.docx/10.10.2019 18 Avis de la Chambre des Métiers concernant les plans directeurs sectoriels 2019 Les 20 communes ayant connu le taux de croissance le plus élevé de leur population entre 2000 et 2019 Commune Fischbach Beaufort Boulaide Winseler Saeul Weiler-la-Tour EH Waldbillig Weiswampach Betzdorf Heffingen Esch-sur-Sûre Manternach Reisdorf Frisange Feulen Parc Hosingen Vichten Lenningen Clervaux 2000 609 1 406 708 744 463 1 353 763 1 025 1 092 2 289 840 1 572 1 267 734 2 817 1 313 2 194 802 1 204 3 315 2019 1239 2 802 1 307 1 365 844 2 400 1 350 1 803 1 912 4 002 1 468 2 715 2 163 1 234 4 682 2 164 3 591 1 309 1 941 5 340 Variation en chiffres abs. 630 103% 1 396 99% 599 85% 621 83% 381 82% 1 047 77% 587 77% 778 76% 820 75% 1 713 75% 628 75% 1 143 73% 71% 896 500 68% 1 865 66% 851 65% 64% 1 397 507 63% 737 61% 2 025 61% Source: STATEC; calculs Chambre des Métiers Une des causes pourrait être recherchée dans la préférence d'une partie significative de la population pour la maison unifamiliale, soit un type de logement plus fréquent et plus abordable dans les communes rurales. Or, la principale raison semble résider dans la différence de prix entre la capitale et le reste du pays. Si le Luxembourg se caractérise par une hausse généralisée des prix du logement, cette augmentation est cependant autrement plus prononcée sur le territoire de la Ville de Luxembourg où se concentre une partie importante des activités économiques. De ce fait, les ménages à revenus plus modestes sont souvent contraints de s'éloigner géographiquement de la capitale pour trouver un logement à la hauteur de leurs moyens financiers. Pour la Chambre des Métiers, il est par conséquent clair qu'il faudra prendre en matière de logement des mesures supplémentaires pour accroître l'offre d'habitations abordables. A cet effet, elle renvoie aux pistes qu'elle avait proposées.' Parallèlement, il faut veiller à une plus grande décentralisation des activités économiques. Par ailleurs, le PSL 2018/2019, contrairement au plan précédent, s'efforce à réduire la consommation de sols en prévoyant un certain nombre de projets de logements sur des friches industrielles. Tel est notamment le cas des projets situés à Esch-sur- 6 10 pistes pour améliorer l'accès au logement (10 mars 2016) ; Chambre des Métiers CdM/DO/nf/Avis_19-073_plans-sectoriels.docx/10.10.2019 Avis de la Chambre des Métiers concernant les plans directeurs sectoriels 2019 19 Alzette, Dudelange, Mersch et Wiltz. Ces sites offrent, en outre, l'avantage d'être d'ores et déjà intégrés dans le tissu urbain existant. 2.2.
- Beaucoup de sites sont d'ores et déjà repris dans les PAG comme zone d'habitation 11 est important de noter que beaucoup de sites parmi les projets retenus par le PSL sont d'ores et déjà repris comme zone d'habitation ou zone mixte, soit entièrement, soit partiellement dans le PAG des communes concernées', p. ex. : LuxembourgKuebebierg, Bertrange, Dudelange, Mamer, Mersch, Pétange, Steinfort et Wiltz. Si le public non averti pourrait penser que les projets de logements annoncés dans le cadre du PSL soient nouveaux, tel n'est manifestement pas le cas. Comme il fut relevé ci-avant, un grand nombre de sites est dans l'état actuel des choses prévu au niveau du PAG. Par ailleurs, d'autres sont depuis des années en planification. Ainsi, le masterplan du projet « Wunnen mat der Wooltz » (et celui adjacent, appelé « Haargarten ») fut déjà présenté en 20168 et, suivant les informations relayées par la presse « le Plan d'aménagement général et quatre des six Plans d'aménagement particuliers sont prêts et ont déjà passé toutes les instances communales. »
- Concernant le projet « Nei Schmelz » à Dudelange 4 PAP ont été exposés lors d'une séance d'information en date du 19 juin
- La Chambre des Métiers est d'avis que l'instrument du PSL devrait être utilisé pour promouvoir et idéalement accélérer la mise en œuvre de nouveaux projets de logements, sur des sites non encore prévus par le PAG, en accord avec les principes de l'aménagement du territoire. Ainsi, le PSL pourrait prévoir des sites à viabiliser dans le cadre des contrats d'aménagement (« Baulandvertrag »)". Puisque la démarche décrite ci-avant se reflète insuffisamment dans le plan sectoriel logement, elle juge que ce dernier manque d'ambitions. Des aides étatiques à l'attention des communes pour les infrastructures publiques et la réalisation de logements (sociaux / à coût modéré) pourraient être octroyées dans le cadre de la révision du pacte logement. 2.2.
- Logement à coût modéré : un manque d'encadrement L'article 7 du PSL prévoit ce qui suit : « À l'intérieur des zones prioritaires d'habitation qui sont énumérées à l'annexe 1 et représentées graphiquement à l'annexe 2, l'article 11, paragraphe 2, point 9 de la loi du 17 avril 2018 concernant l'aménagement du territoire est applicable et concerne uniquement la surface construite brute destinée au logement. » Le prédit article 11 de la loi du 17 avril 2018 auquel il est fait référence dispose que : ‘, Art.
- Contenu [des plans directeurs sectoriels] Pour son analyse, la Chambre des Métiers s'est basée sur la documentation du PSL 2018, en l'occurrence celle relative à la SUP (Annexe 2 « Steckbriefe »). 8 Strategische Umweltprüfung für den Plan Directeur Sectoriel « Logement », Anlage 2 : Steckbriefe,
- Beschreibung, Soraussichtliche Entwicklung der Umwelt bei Nichtdurchführung der Planung", p.3-156 9 Source : « Le logement après l'industrie : la friche de Wiltz » ; Lëtzebuerger Land ; N°33 du 16 août 2019 10 Source : https://ww.dudelange.lu/fr/projets-urbains/projet-neischmelz 11 Ces contrats sont prévus par le Projet de loi N° 7139 portant modification de la loi modifiée du 19 juillet 2004 concernant l'aménagement communal et le développement urbain CdM/DO/nf/Avis_19-073_plans-sectoriels.docx/10.10.2019 20 Avis de la Chambre des Métiers concernant les plans directeurs sectoriels 2019
(2)Le plan directeur sectoriel peut : [...] 9° imposer que, par exception à l'article 29, paragraphe 2, alinéa 4 de la loi précitée du 19 juillet 2004, chaque plan d'aménagement particulier (< nouveau quartier » qui prévoit un nombre de logements supérieur à 25 unités et qui exécute une zone destinée à être urbanisée affectée principalement ou accessoirement au logement et mise en oeuvre dans le cadre d'une zone superposée découlant d'un plan dans le cas prévu à l'article ler, paragraphe 2, points 20° et 21°, dédie au moins 30% de la surface construite brute :
- a)à la réalisation de logements à coût modéré, destinés à des personnes répondant aux conditions d'octroi des primes de construction ou d'acquisition prévues par la loi modifiée du 25 février 1979 concernant l'aide au logement, et
- b)à des logements locatifs visés par les articles 27 à 30ter de ladite loi précitée du 25 février 1979. » Si le plan sectoriel, en se référant à l'article 11, paragraphe 2, point 9 de la loi du 17 avril 2018 concernant l'aménagement du territoire, fixe donc un objectif de 30% pour la création de logements à coût modéré ou de logements locatifs « sociaux », il s'abstient par contre d'encadrer cette mesure. Ainsi, il laisse ouvert un certain nombre de questions : • • • • Quel sera le prix de vente de ces logements (par rapport au prix du marché) ? S'agira-t-il ou non de baux emphytéotiques ? Les acquéreurs devront-ils occuper le logement pendant une période minimale ? Pourront-ils céder leur bien au prix du marché après la prédite période ou prendrat-on soin que l'habitation garde son statut de logement à coût modéré ? 2.2.7. Des questions sur la plus-value du PSL Dans le cadre du « nouveau » PSL 2018/19, il n'est plus exigé de mettre en œuvre les projets prévus par le PSL au niveau du PAG endéans une certaine période de référence, un délai de 6 ans ayant été prévu en 2014. Comme beaucoup de sites que le PSL 2018/19 entend réserver à la réalisation de projets de logements sont déjà prévus dans les PAG communaux en tant que zone d'habitation, la Chambre des Métiers se demande quelle est finalement la plus-value du PSL. Ainsi, même en l'absence du PSL, ces sites pourront dans un avenir plus ou moins proche être affectés à la réalisation de nouveaux logements. Par ailleurs, la Chambre des Métiers s'interroge sur l'absence d'une stratégie gouvernementale intégrée en matière d'aménagement du territoire, la démarche adoptée revêtant plutôt un aspect partiel. Ainsi, contrairement à l'approche mise en œuvre dans le domaine du transport avec la publication de la stratégie MODU 2.0, une telle démarche fait défaut en matière de logement. Or, une stratégie logement est d'autant plus indispensable que les problématiques du logement et de la mobilité sont intimement liées, le lieu de résidence et l'organisation du transport exerçant une influence mutuelle l'une sur l'autre. CdM/DO/nf/Avis_19-073_plans-sectoriels.doc)V10.10.2019 Avis de la Chambre des Métiers concernant les plans directeurs sectoriels 2019 21 2.2.8. Le PSL s'attaque-t-il de manière efficace à la problématique de la pénurie de logements abordables ? Une des principales déficiences du PSL réside, d'après la Chambre des Métiers, dans l'absence de phasage des projets y prévus. Ainsi, pour beaucoup de projets il n'est pas clair s'ils seront réalisés, s'ils le seront dans leur intégralité (sur l'ensemble des surfaces réservées) et sur quel horizon temporel ils seront développés. Or, le Luxembourg étant confronté à une pénurie de logements abordables au présent, la question quant à l'utilité du PSL pour résoudre, du moins en partie, ce problème dans un laps de temps rapproché se pose. De ce fait, il est incompréhensible que le PSL autorise également les communes à désigner des zones qu'il réserve « zones d'aménagement différé », en d'autres termes de les classer en tant que réserves foncières, sachant que ces dernières ne seront viabilisées qu'à long terme. L'ampleur du phénomène semble toujours être sous-estimée par les responsables politiques. La demande de nouveaux logements dépend d'une série de facteurs comme l'évolution démographique, la part des frontaliers dans l'emploi, la taille des ménages, etc. Selon les scénarii envisagés, le STATEC part d'un besoin annuel s'élevant entre 6.200 et 8.000 10gements12. En se basant sur les données de l'office statistique, la Chambre des Métiers estime que la demande cumulée sur l'horizon 2019-2030 varierait dans une fourchette de 74.000 à 97.000 unités. Or, il faut relever que ce chiffre ne tient pas compte d'un éventuel déficit de logements qui aurait été accumulé sur les dernières décennies. Du côté de l'offre, des études renseignent un potentiel constructible de l'ordre de 2.846 ha13. Le PSL 2019 quant à lui réserve 481 ha de terrains pour y accueillir des habitations. Or, comme beaucoup de ces sites sont d'ores et déjà identifiés en tant que zone d'habitation dans les PAG, il est probable que les terrains concernés font partie du prédit potentiel constructible'''. Comme la Chambre des Métiers ne dispose pas d'informations précises pour l'ensemble des projets du PSL elle part du potentiel précité de 2.846 ha. Pour simplifier, elle émet les hypothèses suivantes qui se basent sur les tendances observées ces dernières années : • densité résidentielle moyenne nette : 38,7 logements par hectare15, • consommation foncière : 63% des terrains consommés le sont par un bâtiment En considérant l'ensemble de ces paramètres, l'offre de logements sur les terrains disponibles à l'habitation se chiffrait à environ 69.000 unités. Or, il faut préciser que cette offre est largement surestimée, alors qu'on part de la prémisse que l'ensemble du potentiel sera viabilisé, et qu'il le sera jusqu'en 2030. En effet, l'étude précitée relative au potentiel spécifie clairement que « la collecte des données se base sur 12 Source : Projections des ménages et de la demande potentielle en logements : 2018-2060 ; Economie et statistiques N°106 ; STATEC ; avril 2019 13 Source : Le potentiel foncier destiné à l'habitat au Luxembourg en 2016 ; La Note 22 de l'Observatoire de l'Habitat ; février 2019 14 A défaut de données, la Chambre des Métiers se trouve dans l'impossibilité d'évaluer ce chiffre avec précision. 15 Source : La construction de logements, entre consommation foncière et reconstruction de terrains ; Observatoire de l'Habitat ; février 2019 16 Source : L'accès à un logement abordable ; Avis du Conseil économique et social (28 octobre 2013) CdM/DO/nf/Avis_19-073_plans-sectoriels.docx/10.10.2019 Avis de la Chambre des Métiers concernant les plans directeurs sectoriels 2019 22 l'observation et les données réglementaires objectives, sans pouvoir prendre en considération les dispositions des propriétaires à vendre ou à faire construire les terrains en question. 11 s'agit donc d'une disponibilité foncière purement théorique. » C'est à ce niveau qu'il faut d'après la Chambre des Métiers rechercher l'erreur des personnes qui affirment que le prédit potentiel foncier suffirait pour satisfaire la demande de logements. La réalité montre qu'une part importante de ces terrains n'est pas affectée à la construction d'habitations à défaut de la volonté de leur propriétaire de céder le foncier ou d'y faire ériger des logements. Offre et demande potentiels de logements Demande de logements PIB - 33% frontaliers PIB - 50% frontaliers PIB - 66% frontaliers 2019 2020-2024 2025-2029 7 020 7 838 8 407 7 020 7 310 6 951 7 020 6 813 5 581 Offre de logements 2030 Déficit Total 8 576 96 821 7 007 85 332 5 533 74 523 69 388 -27 433 69 388 -15 944 69 388 -5 135 Par conséquent, il se dégagerait un déficit qui atteindrait selon le scénario retenu entre 5.000 et 27.000 logements'', tout en partant de l'hypothèse irréaliste que l'ensemble du potentiel foncier puisse être utilisé à des fins de construction de logements à l'horizon 2030. Le PSL, dont on ignore si et dans quelle mesure les projets y prévus seront réalisés, ne suffit donc vraisemblablement pas à résoudre à court et moyen terme la pénurie de logements abordables. En ce sens, le PSL se caractérise par un manque d'ambition. 2.2.9. Conclusions En conclusion, la Chambre des Métiers approuve le fait que les plans du nouveau PSL 2018/19 soient plus précis et que les projets retenus soient plus conformes au programme directeur d'aménagement du territoire que ceux prévus par le PSL 2014. Cependant, elle regrette l'absence d'une stratégie de logement orientée sur les principes de l'aménagement du territoire, à l'instar de la stratégie MODU 2.0 dans le domaine du transport. Par ailleurs, une analyse du PSL conduit la Chambre des Métiers à s'interroger sur sa plus-value, et son ambition alors que beaucoup de sites sont d'ores et déjà identifiés comme zone d'habitation dans les PAG concernés et que plusieurs projets sont actuellement déjà en phase de planification (avancée). 17 Cf tableau reproduit ci-avant CdM/D0/nf/Avis_19-073_plans-sectoriels.docx/10.10.2019 Avis de la Chambre des Métiers concernant les plans directeurs sectoriels 2019 3. 23 Plan sectoriel Zones d'activités économiques » (PSZAE) En résumé : Aspects positifs pour l'Artisanat • Bonne situation géographique des nouvelles ZAE à proximité immédiate d'une autoroute • Suppression de la zone tampon d'une largeur min. de 300 m autour d'une ZAE Aspects négatifs pour l'Artisanat • Absence d'une stratégie nationale en matière de ZAE sur la base des principes de l'aménagement du territoire • Forte diminution de la surface totale réservée aux ZAE, incompréhensible sur la toile de fond d'une pénurie de terrains aux prix abordables et d'un modèle social luxembourgeois dépendant d'une croissance économique élevée et continue • Absence d'un plan de réalisation des nouvelles zones / extension des zones (phasage) • Suppression de l'éligibilité des activités artisanales dans les zones d'activités nationales (même si les activités industrielles y restent prioritaires) • Absence d'une réglementation claire et transparente d'exploitation d'une ZAE • Absence de représentants de l'Artisanat dans la commission de suivi et lors de l'élaboration de cahiers des charges pour les nouvelles zones 3.1. Les objectifs poursuivis par le PSZAE Le plan directeur sectoriel « zones d'activités économiques » a pour objectif de favoriser la réalisation de zones d'activités économiques nationales, spécifiques nationales et régionales, destinées prioritairement à l'implantation d'activités artisanales et industrielles, et de définir des terrains destinés à accueillir ces zones, tout en veillant à une utilisation rationnelle du sol et à un développement territorial aux endroits les plus appropriés du territoire national. Par ailleurs, les auteurs du PSZAE visent à inciter les communes à mettre en œuvre des stratégies intercommunales par une viabilisation et une gestion commune de zones d'activités économiques régionales en constituant des syndicats intercommunaux gestionnaires. Le PSZAE favorise la création de grandes zones d'activités économiques régionales et vise à entraver l'extension ou la désignation de nouvelles zones d'activités économiques communales, afin d'éviter une sorte de « prolifération sauvage » de ces zones, ce qui aura un effet négatif sur le développement urbanistique d'une commune. La Chambre des Métiers souscrit aux objectifs principaux du PSZAE, son principal souci étant celui d'assurer une augmentation de l'offre de terrains, surtout au bénéfice des entreprises artisanales. L'Artisanat déplore depuis des années une pénurie de terrains disponibles à des prix abordables ce qui a été corroboré par deux enquêtes qu'elle a menées auprès de ses ressortissants. La plus récente menée en 2016 a révélé un besoin imminent de 89 ha. Il faut toutefois signaler que la demande issue des entreprises artisanales est sous-estimée, alors qu'il est très probable que des entreprises à la recherche d'un nouveau site d'implantation n'ont, pour une raison ou une autre, pas toutes participé à l'enquête et il convient de relever que, de toute façon, les besoins en terrains des créateurs d'entreprises (potentiels) n'étaient pas (encore) connus. CdM/DO/nf/Avis_19-073_plans-sectoriels.docx/10.10.2019 24 Avis de la Chambre des Métiers concernant les plans directeurs sectoriels 2019 3.2. Appréciation de la Chambre des Métiers 3.2.1. Réduction des surfaces réservées : l'Artisanat reste sur sa faim ! Il faut constater que la surface totale réservée aux zones d'activités économiques a fortement diminué en 2019 par rapport à 2014, à savoir de 25 % ! En outre, la Chambre des Métiers doit malheureusement observer que même après la relance du projet de plans sectoriels en 2018, la surface se réduit encore davantage en 2019. Surfaces réservées aux ZAE par le PSZAE de 2014 à 2019 Type de zone Surface 2014 Surface 2018 Surface 2019 Différence ZAE nationales 164 ha 72 ha 72 ha [°/0] -56% ZAE régionales 440 ha 405 ha 384 ha -13% Total 604 ha 477 ha 456 ha -25% La Chambre des Métiers constate de plus que, selon le rapport d'activités du Ministère de l'Economie18, les surfaces disponibles dans les zones d'activités économiques régionales se chiffrent actuellement à hauteur de quelque 10 hectares pour l'ensemble du territoire nationaL Compte tenu des importants besoins en terrains de l'Artisanat tels que renseignés par l'enquête précitée, la Chambre des Métiers désapprouve formellement que la surface des zones d'activités économiques régionales, principalement destinées aux activités artisanales et industrielles légères, baisse de 13%, même si celle réservée aux zones d'activités économiques nationales recule bien davantage, à savoir de 56%. ZAE Régionales 460 440 420 400 380 360 340 2014 2018 2019 Le raisonnement sous-jacent à cette démarche est pour la Chambre des Métiers énigmatique, alors que le modèle social luxembourgeois dépend d'une croissance économique élevée et continue. Par ailleurs, l'objectif de la politique de diversification économique devrait consister à diminuer la dépendance du secteur financier et à promouvoir des branches qui en partie sont obligées de s'implanter 18 Source : Rapport d'activité 2018 - Ministère de l'Economie ; volume 1 (mars 2019) CdM/DO/nf/Avis_19-073_plans-sectorielmfocx/10.10.2019 Avis de la Chambre des Métiers concernant les plans directeurs sectoriels 2019 25 dans une zone d'activités économiques, ces dernières offrant des emplois plus « durables » que certains secteurs à potentiel, mais très volatiles. En conséquence, les surfaces réservées aux zones d'activités devraient donc tendanciellement augmenter. Dans ce contexte, il est regrettable que le PSZAE ne fournisse pas l'embryon d'une analyse des besoins sectoriels, qui devrait pourtant constituer le point de départ logique de tout plan sectoriel pour finalement proposer une offre en terrains satisfaisante. Ainsi, lors de la présentation des PSZAE en 2014, les auteurs avaient identifié un besoin en surfaces de 698 ha jusqu'à l'horizon 2030. Or, cette importante information fait défaut depuis la relance des plans en 2018. Afin de mieux pouvoir apprécier la qualité du nouveau PSZAE, il aurait été essentiel de disposer non seulement d'un inventaire des surfaces encore disponibles dans les zones d'activités économiques existantes, classées en fonction des types de zones d'activités, mais aussi d'une estimation des besoins futurs, et ce par secteur économique. Par ailleurs, la Chambre des Métiers exprime le souci que, suite à la réduction de plus de la moitié des surfaces réservées dans les zones nationales, les activités industrielles pourraient être privilégiées dans les zones d'activités économiques régionales au détriment des activités artisanales ; le concept d'« activités industrielles légères » revêtant un certain flou. Dans le même ordre d'idées, elle voudrait évoquer le cas d'une société relevant du secteur numérique qui a facilement pu acquérir 30 ha (!) de terrains à Bissen en vue d'y installer un datacenter, ce qui représente tout de même plus du triple des terrains actuellement disponibles dans les zones régionales. Ne mettant pas en doute le fait qu'un tel projet innovateur constitue un sérieux coup de pouce pour le développement économique et le positionnement international du pays dans des secteurs de pointe, la Chambre des Métiers demande cependant un certain « level playing field » entre les différentes branches économiques. 3.2.2. Répartition géographique des zones régionales La répartition géographique des zones d'activités économiques régionales est reprise au tableau ci-dessous qui compare en outre l'évolution des surfaces entre 2014 et 2019. Répartition géographique des ZAE régionales Région Surface 2014 Surface 2018 Surface 2019 Différence [%] Sud 44 ha 43 ha 41 ha -7% Centre-Sud 117 ha 94 ha 92 ha -21% Centre-Nord 72 ha 85 ha 85 ha +18% Est 117 ha 86 ha 86 ha -27% Ouest 39 ha 34 ha 32 ha -18% Nord 49 ha 63 ha 48 ha -2% Tout d'abord, il est à relever que la plupart des zones d'activités économiques régionales, et surtout celles d'une certaine envergure, se situent à proximité immédiate d'une autoroute, permettant notamment aux salariés des entreprises artisanales d'accomplir leurs missions journalières de façon efficace et sans pertes CdM/DO/nf/Avis_19-073_plans-sectoriels.docx/10.10.2019 26 Avis de la Chambre des Métiers concernant les plans directeurs sectoriels 2019 de temps excessives, à condition toutefois que les infrastructures routières et les transports en commun seront développés dans les années à venir et la mobilité améliorée dans sa globalité. La Chambre des Métiers suggère de prévoir d'ores et déjà une desserte optimale des ZAE par les transports publics pour éviter, dans la mesure du possible, des congestions aux heures de pointe. Ensuite, il ressort du PSZAE que presque la moitié des surfaces nouvellement réservées sont allouées au centre du pays. La Chambre des Métiers peut approuver cette démarche, alors qu'une grande partie de la population, et, par conséquent, des clients des entreprises artisanales se concentre dans cette région. De surcroît, le PSL comprend un nombre important de projets de logements sur ce territoire, ce qui, en tenant également compte d'autres initiatives au stade de planification, devrait avoir pour effet d'accroître significativement le nombre d'habitants de cette région. Par ailleurs, la Chambre de Métiers constate que la surface réservée aux ZAE a été fortement réduite au nord du pays par rapport à l'avant-projet PSZAE de 2018 (-15ha) pour des raisons de considérations paysagères. Elle est d'avis que ce raisonnement revêt un caractère assez flou, et demande que les auteurs du présent projet procèdent à un remplacement, et donc à la compensation de cette baisse de la surface par une augmentation des terrains à un autre endroit. Aux yeux de la Chambre des Métiers, ce serait le moment de saisir l'opportunité pour faire avancer en même temps la stratégie au niveau des décharges de déchets inertes, en viabilisant rapidement des sites à proximité des grandes régions de développement urbain, afin d'éviter une sorte de « tourisme » des déchets inertes à travers le pays. En conséquence, d'un côté les entreprises pourraient bénéficier de gains de productivité, ce qui aurait certes une répercussion favorable sur le coût de construction des logements, et d'un autre côté des émissions inutiles en CO2 pourraient être épargnées. 3.2.3. Eligibilité des activités économiques dans les différents types de zones : l'Artisanat moins bien loti qu'en 2014 ! Le règlement grand-ducal du 8 mars 2017 concernant le contenu du plan d'aménagement général d'une commune précise entre autres l'éligibilité des différentes activités économiques dans les zones définies. Dans ce contexte, la Chambre des Métiers exprime un certain nombre d'observations qui militent en faveur d'une modification du règlement grand-ducal précité du 8 mars 2017. ZAE nationales Le règlement grand-ducal en cause précise que les zones d'activités économiques nationales sont réservées essentiellement aux activités de nature industrielle et aux « activités de prestation de services ayant une influence motrice sur le développement économique national »19 . Toutefois, la définition d'une zone d'activité nationale dans le PSZAE de 2014 précisait encore que « les activités correspondant aux zones d'activités économiques régionales de type 120 [réservées entre autres aux activités artisanales ; ndr] sont 19 Article 4 du règlement grand-ducal du 8 mars 2017 concernant le contenu du plan d'aménagement général d'une commune 20 Définition des «zones d'activités économiques régionales type 1 [Eco-r1]»: zones réservées aux activités industrielles légères, artisanales, de commerce de gros, de transport ou de logistique qui, de par leur envergure ou leur caractère, ne sont pas compatibles avec les zones d'habitation et les zones mixtes. Le commerce de détail, limité à 2.000 m,de surface de vente par immeuble bâti, est directement lié aux activités artisanales exercées sur place. Y peuvent exceptionnellement être admis des CdM/D0/nf/Avis_19-073_plans-sectoriels.docx/10.10.2019 Avis de la Chambre des Métiers concernant les plans directeurs sectoriels 2019 27 admises [dans les zones d'activités nationales ; ndr] sous condition que les activités relevant des zones d'activités économiques nationales telles que définies ci-dessus restent prioritaires ».21 La Chambre des Métiers déplore de devoir constater que les auteurs du PSZAE de 2019 ont supprimé cette possibilité d'éligibilité des entreprises artisanales dans les zones nationales. Elle est d'avis que de grandes entreprises industrielles, qui soustraitent de nombreuses activités « artisanales » comme l'entretien de leurs installations et le dépannage en cas d'arrêt de la production à l'improviste, que ce soit de nature mécanique ou électrique, voire les travaux de génie civil, seraient favorables à ce que des entreprises artisanales de plus petite taille puissent s'établir dans leur zone, afin que celles-ci puissent intervenir avec leur équipement et main d'œuvre spécialisés, et ce à très court terme. Sur base de ce constat, la Chambre de Métiers propose qu'une certaine part dans les zones nationales soit d'office réservée aux activités artisanales en relation avec les activités industrielles implantées. En outre, s'il s'avérait que des surfaces de zones d'activités économiques nationales restaient inutilisées pendant une certaine période de référence, à défaut d'une demande suffisante de la part du secteur industriel, celles-ci devraient être mises à disposition aux entreprises artisanales. ZAE régionales Concernant les zones d'activités économiques régionales (ZAER), la principale modification réside dans la suppression de la subdivision des zones régionales en deux types. Désormais, il n'existe plus qu'un seul type de ZAER, au sein duquel les activités suivantes sont é1igib1es22 : • • • • • les activités industrielles légères, les activités artisanales, le commerce de gros, le transport et les activités logistiques, le commerce de détail restreint à une surface construite brute maximale de 2.000 m2 par immeuble bâti, lié aux activités artisanales exercées sur place (ou non lié si les particularités du site le permettent), • les activités de prestations de service commerciaux ou artisanaux limitées à une surface construite brute maximale de 3.500 m2 par immeuble bâti, liées aux activités principales de la zone (ou non liées si les particularités du site le permettent). Puisque les autorités ont déjà dédié des zones au secteur du transport et de la logistique, par le biais de zones d'activités spécifiques nationales - à titre d'exemple l'on peut citer les zones Eurohub-Sud et Scheleck IV à Bettembourg/Dudelange -, ces activités ne devraient plus être éligibles au niveau des ZAER. En observant une tendance croissante vers le phénomène du « multimarques » sur le marché des concessionnaires automobiles, la Chambre des Métiers est d'avis qu'il ne faut pas limiter la surface des « showrooms automobiles » à 2.000 m2, car cette limite sera rapidement atteinte dans le cas mentionné ci-avant. établissements de restauration et des prestations de services en relation directe avec les besoins de la zone concernée. » (PSZAE 201.4 ; article 2) 21 Article 2 du Projet de règlement grand-ducal déclarant obligatoire le plan directeur sectoriel «zones d'activités économiques» et portant modification du règlement grand-ducal du 28 juillet 2011 concernant le contenu du plan d'aménagement général d'une commune. 22 Article 13 du règlement grand-ducal du 8 mars 2017 concernant le contenu du plan d'aménagement général d'une commune CdM/DO/nf/Avis_19-073_plans-sectoriels.doc,V10.10.2019 28 Avis de la Chambre des Métiers concernant les plans directeurs sectoriels 2019 En matière d'activités de prestations de services commerciaux ou artisanaux, elle regrette que la formulation soit très vague. Il y aurait lieu de donner plus de précisions quant à la définition exacte de ces activités. Zones mixtes La Chambre des Métiers se permet de remettre en cause la logique derrière le fait que les activités artisanales ne soient éligibles que dans des zones d'habitation ou des zones mixtes villageoises, mais pas dans des zones mixtes urbaines centrales, urbaines ou rurales. A son avis, toutes les zones mixtes d'une commune devraient pouvoir accueillir des activités artisanales, en fonction du type de l'activité exercée et de la taille de l'entreprise concernée. En effet, certaines activités artisanales peuvent être qualifiées de services de proximité, qui de ce fait sont susceptibles d'améliorer la qualité de vie des habitants. 3.2.4. Les zones tampons : suppression d'une aberration du PSZAE de 2014 La Chambre des Métiers note avec satisfaction que les zones tampons d'une largeur minimale de 300 m autour d'une ZAE ne figurent plus dans le projet de règlement grand-ducal relatif au PSZAE de 2019. Il faut rappeler qu'elles présentaient, de par leur envergure excessive, un caractère irréaliste. 3.2.5. Zones d'activités économiques régionales : quelle est l'utilité du PSZAE ? L'exposé des motifs du projet de PSZAE précise que la viabilisation et la gestion des ZAER devraient être assurées à travers une coopération entre communes, par le biais de création de syndicats gestionnaires intercommunaux. Le projet reste cependant muet quant aux modalités concrètes de mise en œuvre et de gestion des zones, d'autant plus qu'aucun délai de réalisation, même approximatif, n'est indiqué. Il est seulement mentionné qu'il y a lieu de prioriser l'extension d'une zone par rapport à la création d'une nouvelle zone. Pour la Chambre des Métiers, le risque est donc bien réel que des projets ne seront pas réalisés ou alors dans une envergure moindre qu'initialement prévu et que la réalisation nécessitera une période de temps excessivement longue en raison d'une maîtrise insuffisante des terrains et de la longueur des procédures d'autorisation. Si ces risques se matérialisaient, le PSZAE n'apporterait pas de changement fondamental à la situation actuelle de pénurie de terrains abordables aux PME artisanales, de sorte que la plus-value du plan serait toute relative. De plus, une question de cohérence se pose quant à la nécessité de la création d'un syndicat intercommunal responsable de la gestion d'une zone régionale, dans le cas où une ZAER se trouvait entièrement sur le territoire d'une seule commune (exemple : ZAER Echternach-Schmatzuecht). CdM/DO/nf/Avis_19-073_plans-sectoriels.docV10.10.2019 Avis de la Chambre des Métiers concernant les plans directeurs sectoriels 2019 29 3.2.6. Zones régionales : l'Artisanat demande plus de pragmatisme Afin de donner aux entreprises une solide sécurité de planification, la Chambre des Métiers souhaite plus de pragmatisme lors de l'implémentation du PSZAE, en respectant les principes énoncés ci-dessous : • la mise en place d'un plan d'action concret avec des délais de réalisation prévisibles des différents projets d'extension et de création de zones d'activités économiques (phasage) ; • une réglementation claire et transparente d'exploitation et de gestion des ZAER, garantissant des chances équitables à toute entreprise déclarant un besoin en terrain : p.ex. la forme de mise à disposition des terrains, la possibilité et les conditions de sous-location, des règles précises en cas de transmission d'une entreprise ou lors de l'arrivée à terme d'un contrat de concession ; • le développement d'un concept clair et flexible concernant l'utilisation des surfaces à l'intérieur des ZAER, prévoyant par exemple des parcelles modulables suivant les besoins des entreprises ; • la mise en place d'une politique de prix de manière à ce que les terrains soient abordables également pour les petites entreprises ayant des moyens plus limités à leur disposition. Dans le contexte des nuisances pouvant être engendrées par la création, voire l'extension de certaines zones d'activités économiques, le Ministre de l'Aménagement du territoire et le Ministre de l'Economie se proposent d'élaborer avec d'autres ministères concernés un cahier des charges définissant les principes généraux pour la planification desdites z0nes23. La Chambre des Métiers déplore qu'il ne soit pas prévu de faire participer des représentants des secteurs directement touchés à ces travaux, d'autant plus que ceux-ci sont les principaux utilisateurs de ces zones. En conséquence, la Chambre des Métiers demande que l'Artisanat soit également associé à l'élaboration d'un tel cahier de charges. 3.2.7. La commission de suivi : revoir la composition et définir la mission exacte L'analyse du projet de règlement grand-ducal concernant la composition et l'organisation de la commission de suivi du plan directeur sectoriel « zones d'activités économiques » donne lieu à deux constats : 1) Composition Selon le projet de règlement grand-ducal, la commission sera composée de 11 membres ressortant exclusivement de divers ministères. La Chambre des Métiers déplore que le secteur privé ne soit pas représenté et elle réitère sa demande que la commission ne comprenne pas seulement des représentants de ministères, mais également des représentants des secteurs concernés, en l'occurrence de l'Artisanat. 23 Source : Rapport du ministre de l'Aménagement du territoire concernant les avis, observations et suggestions reçus dans le cadre des enquêtes publiques portant sur • les quatre projets de plans directeurs sectoriels (PDS) « zones d'activités économiques », « logement », « paysages » et « transports » et : • les incidences notables probables de la mise en oeuvre desdits projets de plans ainsi que les solutions de substitution raisonnables tenant compte des objectifs et du champ d'application géographiques desdits projets de plans, décrites dans les rapports sur les incidences environnementaux (RIE) relatifs aux projets de PDS. (18 juin 2019) CdM/DO/nf/Avis_19-073_plans-sectoriels.docx/10.10.2019 30 Avis de la Chambre des Métiers concernant les plans directeurs sectoriels 2019 Une démarche participative, impliquant toutes les parties prenantes à l'élaboration des règles, guides et autres instruments assurerait que la mise en œuvre du PSZAE soit mieux adaptée aux besoins réels de l'économie. 2) Mission de la commission Tandis que l'article 14 de la loi du 17 avril 2018 concernant l'aménagement du territoire constitue la base légale de ladite commission, définit vaguement ses principales missions et renvoie vers un règlement grand-ducal pour prévoir le « détail des missions des commissions de suivi », ce dernier reste étrangement muet à ce sujet. Il importe donc à la Chambre des Métiers de rajouter au règlement grand-ducal susmentionné les missions exactes de la commission, afin de lui donner tous les moyens pour faire avancer les dossiers en cause. CdM/DO/nf/Avis_19-073_plans-sectoriels.doc)V10.10.2019 Avis de la Chambre des Métiers concernant les plans directeurs sectoriels 2019 4. 31 Plan directeur sectoriel « paysages » (PSP) En résumé : Aspects positifs pour l'Artisanat • Définition claire des différentes zones à l'annexe • Réduction du nombre de zones mises en place par rapport au PSP 2014 Aspects négatifs pour l'Artisanat • Manque de cohérence avec la nouvelle loi sur la protection de la nature et des ressources naturelles • Multiplication d'instruments poursuivant le même objectif • Mise en place de nouvelles prescriptions légales à travers les coupures vertes 4.1. Les objectifs poursuivis par le PSP Le plan directeur sectoriel « paysages » (PSP) a pour objectif de créer un cadre en matière d'aménagement du territoire, afin de préserver et de développer les paysages en garantissant leur intégrité et en maintenant les fonctions agricoles, sylvicoles, viticoles, écologiques, récréatives et climatiques du territoire. Pour ce faire, le PSP définit trois catégories de zones superposées et prévoient des dispositions réglementaires y afférentes. Ces catégories comprennent : • sept zones de préservation des grands ensembles paysagers désignant des paysages cohérents et peu fragmentés riches en diversité biologique, • une zone verte interurbaine entre les agglomérations urbaines de Luxembourg Ville et de la Région Sud qui est menacée par une urbanisation expansive, • 48 coupures vertes qui sont réservées à la préservation d'un espace libre entre localités. 4.2. Appréciation de la Chambre des Métiers 4.2.1. PSP : une multiplication d'instruments poursuivant le même objectif Contrairement au PSP présenté en 2014, le nouveau plan sectoriel ne prévoit ni la création d'une zone pour la préservation d'un réseau écologique, ni des caractéristiques paysagères à intégrer dans les évaluations des incidences sur l'environnement. La Chambre des Métiers souscrit aux objectifs du présent projet de règlement grand-ducal et salue que les différentes zones instaurées par le présent plan sectoriel soient clairement définies à l'annexe 2. Elle se demande néanmoins si ces objectifs sont bien servis par la création d'un nouvel instrument, mettant en place de nouvelles zones de protection. N'aurait-il pas été opportun d'intégrer les objectifs et dispositions du plan directeur sectoriel « paysages » dans la nouvelle loi concernant la protection de la nature et des ressources naturelles ? CdM/DO/nf/Avis_19-073_plans-sectoriels.docx/10.10.2019 32 Avis de la Chambre des Métiers concernant les plans directeurs sectoriels 2019 Pour la Chambre des Métiers, ceci aurait permis de réunir toutes les prescriptions concernant la protection de la nature, des ressources naturelles et des paysages dans un seul document, évitant ainsi toute confusion éventuelle sur les différentes zones et les prescriptions y relatives. 4.2.2. Alignement sur la législation existante La Chambre des Métiers salue l'alignement de la plupart des définitions du projet de règlement grand-ducal sur la législation existante en la matière, notamment la loi du 18 juillet 2018 concernant la protection de la nature et des ressources naturelles. Cependant, la définition de « services écosystémiques » est différente dans les deux textes. Afin d'éviter toute contradiction entre ces derniers et de renforcer la sécurité juridique, la Chambre des Métiers propose d'adapter l'article 2 de la manière suivante : 5. « services écolosystémiques » : bénéfices retirés par l'homme des processus biologiques comprenant dcs services de prélèvement (nourriture, cmu, bois, fibre, services culturels (bénéfices récréatifs, esthétiques, spirituels, ctc.) ainsi que des services d'auto entretien (pédogenèse, photosynthèse, le cycle dc l'azote, etc.) ; 5. « services écosvstémiques » les contributions directes et indirectes des écosystèmes au bien-être humain ; ». Les zones de préservation des grands ensembles paysagers et la zone verte interurbaine : des clarifications sont nécessaires Les zones de préservation des grands ensembles paysagers désignent des paysages cohérents et peu fragmentés qui se démarquent à la fois par des patrimoines naturels et culturels riches, ainsi que par une grande diversité biologique. Le projet de règlement grand-ducal en prévoit sept : l'espace Haute-Sûre Kiischpelt, la vallée de l'Our, le Müllerthal, le Gréngewald, les vallées de l'Eisch et de la Mamer, les vallées de la Moselle et de la Sûre inférieure, ainsi que la côte du Dogger. Afin d'éviter une fragmentation supplémentaire, toute extension des zones urbanisées ou destinées à être urbanisées est interdite dans ces zones si elle contribue au développement tentaculaire des localités, à la création de nouveaux îlots urbanisés ou se trouve sur les plateaux exposés à la vue lointaine ou les espaces en pente moyenne supérieure à 36%. Qui plus est, toute fragmentation nouvelle par des installations linéaires est interdite dans les zones vertes qui se trouvent dans ces grands ensembles paysagers. L'article 6 énonce les exceptions à cette règle, sans cependant préciser quelle sera l'autorité compétente pour émettre cette autorisation, et quelle sera la procédure d'autorisation à suivre. Est-ce qu'il s'agit de la même procédure d'autorisation que celle prévue par le chapitre 12 de la loi du 18 juillet 2018 concernant la protection de la nature et des ressources naturelles ? CdM/DO/nf/Avis_19-073_plans-sectoriels.docx/10.10.2019 Avis de la Charnbre des Métiers concernant les plans directeurs sectoriels 2019 33 D'après la lecture faite par la Chambre des Métiers, les installations linéaires sont d'ores et déjà soumises à une autorisation relative à l'article 8 de la loi du 18 juillet 2018 concernant la protection de la nature et des ressources naturelles. La zone verte interurbaine désigne un paysage cohérent situé entre deux agglomérations et menacé par une urbanisation expansive. Le projet de règlement ne prévoit qu'une seule zone verte interurbaine entre les agglomérations urbaines de Luxembourg-Ville et de la Région Sud. Elle est soumise aux mêmes prescriptions que les zones de préservation des grands ensembles paysagers, à l'exception des restrictions sur les plateaux exposés à la vue lointaine ou les espaces en pente moyenne supérieure à 36%, à défaut d'une telle topologie dans la zone désignée. Vu les similitudes entre les deux types de zones, la Chambre des Métiers se permet de renvoyer à ses commentaires relatifs aux zones de préservation des grands ensembles paysagers. Les coupures vertes : mise en place de nouvelles prescriptions légales Les coupures vertes sont réservées à la préservation d'un espace libre entre localités. Dans les coupures vertes, seules des zones destinées à rester libres peuvent être désignées, donc des zones agricoles, forestières, viticoles, horticoles, de parc public et de verdure. Les coupures vertes sont soumises aux mêmes prescriptions que celles prévues pour les zones vertes par le biais de la nouvelle loi concernant la protection de la nature et des ressources naturelles. Les nouvelles constructions - à l'exception des constructions à réaliser en exécution du plan directeur sectoriel « transports » - ainsi que l'agrandissement des constructions existantes y sont cependant davantage limitées. Vu les prescriptions légales considérables que prévoit le présent projet dans les coupures vertes, allant au-delà de celles prévues par la nouvelle loi concernant la protection de la nature et des ressources naturelles pour les zones vertes, la Chambre des Métiers aurait préféré que les coupures vertes aient été mises en place par cette même loi. Cela aurait eu l'avantage de mieux distinguer les coupures vertes des zones vertes et d'éviter toute confusion à ce sujet. CdM/D0/nf/Avis_19-073_plans-sectoriels.docx/10.10.2019 34 5. Avis de la Chambre des Métiers concernant les plans directeurs sectoriels 2019 Plan sectoriel « Transport » (PST) En résumé : Aspects positifs pour l'Artisanat : • Existence d'une stratégie sectorielle cohérente et intégrée (MODU 2.0) qui est en ligne avec le Programme directeur de l'aménagement du territoire • Augmentation du nombre de projets retenus par le PST de 2018 / 2019 par rapport à celui de 2014 • Priorité accordée aux transports en commun • Priorisation des projets Aspects négatifs pour l'Artisanat : • Certaines incohérences entre la stratégie MODU 2.0 et le PST • Incertitudes concernant la réalisation de certains projets du PST 5.1. Les objectifs poursuivis par le PST Le plan directeur sectoriel « Transport » a pour objectif : • de garantir la réalisation et le réaménagement de projets d'infrastructure de transport, en superposant de plein droit aux projets et plans d'aménagement général des couloirs et zones destinés à les accueillir ; • de désigner les projets d'infrastructures de transport pouvant être déclarés d'utilité publique, ainsi que leur ordre de priorité respectif. Dans l'exposé des motifs, il est précisé que le PST permet « de conférer un cadre règlementaire aux documents de planification et faciliter la transposition de la stratégie MODU. Pour ce faire, le PST désigne des couloirs et zones destinés à accueillir des projets d'infrastructures de transport. » Au-delà, il est noté que la stratégie globale pour une mobilité durable (MODU) « fait référence au cadre d'orientation générale que constituent les principes du Programme directeur d'aménagement du territoire (PDAT) et l'IVL (lntegratives Verkehrs- und Landesentwicklungskonzept) et a vocation à être la charnière conceptuelle et stratégique entre ces documents et le projet de plan directeur sectoriel transports » (projet de PST)». D'un point de vue général, la Chambre des Métiers constate que l'objectif principal du PST consiste à réserver les couloirs et zones pour les projets d'infrastructures de transport, qui sont censés résoudre ou pour le moins alléger la problématique du trafic, et notamment la saturation des infrastructures routières aux heures de pointe. Selon l'exposé des motifs du projet de règlement grand-ducal rendant obligatoire le PST, cette problématique est dépeinte comme celle impactant probablement le plus la vie des résidents et des frontaliers. La Chambre des Métiers peut souscrire à cet objectif global. Cependant, elle se pose un certain nombre de questions et exprime quelques réserves quant à sa mise en œuvre concrète et à la capacité du PST à résoudre la problématique de la mobilité, ainsi qu'a l'implémentation concrète de certains projets du PST. CdM/DO/nf/Avis_19-073_plans-sectoriels.docx/10.10.2019 Avis de la Chambre des Métiers concernant les plans directeurs sectoriels 2019 35 Ainsi, le rapport du Ministre de l'Aménagement du territoire concernant les avis, observations et suggestions reçus dans le cadre des enquêtes pub1iques24 rappelle qu'une amélioration de la mobilité n'est réalisable que sous condition que tous les acteurs (privés et publics) agissent ensemble. Par ailleurs, ce rapport vise en particulier les communes pour élaborer un plan d'action en vue d'une mobilité multimodale. Dans ce contexte, la Chambre des Métiers voudrait mettre en exergue l'importance de la coordination/coopération entre le ministère compétent et les communes afin de garantir une cohérence entre les différents instruments (MODU, PST, PAG, plans d'action des communes) visant un seul et même objectif. Dans son avis, elle s'est limitée à analyser la cohérence du PST avec la politique de la mobilité (MODU 2.0) et à formuler des propositions tendant à pallier les déficiences constatées. 5.2. Analyse critique de la Chambre des Métiers 5.2.1. Point positif : priorité aux transports publics Le tableau reproduit ci-dessous compare le nombre de projets d'infrastructure prévus par les PST de 2014 et de 2019, en distinguant entre projets non modifiés, partiellement modifiés et nouveaux projets. Comparaison entre les PST 2014 et 2019 Projets du PST 2019 ... Nombre Pourcentage - inchangés par rapport à 2014 34 42 % - partiellement modifiés p. r. à 2014 5 6% 42 52 %
(32)(76 %) 81 100 % - nouveaux projets de 2019 (Dont : P&R et pistes cyclables) TOTAL Après évaluation du présent plan sectoriel, la Chambre des Métiers est d'avis que l'augmentation du nombre de projets du PST de 2019 (81 projets) par rapport à celui de 2014 (43 projets) est certainement positive. En analysant les nouveaux projets plus en détail, elle constate cependant que cet élargissement de la liste est largement imputable au fait que les projets de pistes cyclables, ainsi que les projets de P&R et pôles d'échanges n'étaient pas inclus dans le PST
- Ainsi, les projets de ces deux catégories représentent 32 des 42 nouveaux projets ou, exprimé en pourcentage, 76 %. 6 nouveaux projets sur 10 ont pour objectif de promouvoir le transport en commun, tandis que les 4 autres sont dédiés au trafic individuel motorisé. De ceci il ressort 24 Source : Rapport du ministre de l'Aménagement du territoire concernant les avis, observations et suggestions reçus dans le cadre des enquêtes publiques portant sur • les quatre projets de plans directeurs sectoriels (PDS) « zones d'activités économiques », « logement », « paysages » et « transports » et : • les incidences notables probables de la mise en oeuvre desdits projets de plans ainsi que les solutions de substitution raisonnables tenant compte des objectifs et du champ d'application géographiques desdits projets de plans, décrites dans les rapports sur les incidences environnementaux (RIE) relatifs aux projets de PDS. (18 juin 2019) CdM/D0/nf/Avis_19-073_plans-sectoriels.docx/10.10.2019 36 Avis de la Chambre des Métiers concernant les plans directeurs sectoriels 2019 que la politique consiste à privilégier le transport en commun, ce que la Chambre des Métiers approuve. La Chambre des Métiers apprécie la prise en compte des conséquences environnementales à un stade précoce du processus de planification. Ceci réduit entre autres le risque d'investir du temps et des deniers publics dans un projet qui ne pourra jamais être réalisé en raison de son impact environnemental. 5.2.
- Autre point positif : Suppression du droit de préemption Par rapport à l'avant-projet du PST de l'année 2018, le droit de préemption n'a pas été retenu dans le projet du PST de
- La Chambre des Métiers salue cette décision, comme la réalisation des projets du PST ne requiert dans la pratique qu'une acquisition partielle de la parcelle nécessaire. Or, la législation en vigueur ne permet la jouissance du droit de préemption que sur des parcelles entières. Cette particularité a théoriquement imposé dans l'avant-projet du PST la soumission d'importantes surfaces au droit de préemption. Par ailleurs, il existe d'autres moyens et instruments en vue de permettre la réalisation des projets du PST. 5.2.
- A vérifier : (In)Cohérence avec la stratégie MODU ? En principe, la Chambre des Métiers salue le fait que le Gouvernement se soit doté d'une stratégie globale pour une mobilité durable (MODU). La majorité des projets du PST sont d'ailleurs repris dans cette dernière. Par rapport à cette stratégie, qui fait référence aux pistes cyclables, projets de tramways et des pôles d'échanges, projets de P&R, projets ferroviaires et projets routiers le PST, comporte cependant plusieurs incohérences. En effet, entre les deux documents, il convient de mettre en évidence certaines différences, notamment les suivantes : • le site du P&R Bouillon est répertorié dans le Plan sectoriel du logement (PSL) pour accueillir des logements, alors qu'il est toujours inclus dans le programme MODU 2.0 en tant que P&R ; • le pôle d'échange Cloche d'Or avec son P&R n'est pas répertorié dans le PST ; • le MODU 2.0 envisage de supprimer 14 passages à niveau entre 2018 et 2024, pourtant, les tracés alternatifs ne sont pas repris dans les projets du PST. Dans son rapport concernant les avis, observations et suggestions reçus dans le cadre des enquêtes pub1iques25, le Ministre de l'Aménagement du territoire explique que le projet de PST ne constitue pas une liste exhaustive de tous les projets de transports prévus et en cours de planification puisqu'il peut notamment rester muet sur des projets dont les terrains fonciers nécessaires à leur réalisation ne courent pas le risque d'être classés de façon contraire aux objectifs du projet de PST dans le PAG d'une commune. Il reste à vérifier si ceci est le cas pour les projets énoncés ci-dessus. 25 Source : Rapport du ministre de l'Aménagement du territoire concernant les avis, observations et suggestions reçus dans le cadre des enquêtes publiques portant sur • les quatre projets de plans directeurs sectoriels (PDS) « zones d'activités économiques », « logement », « paysages » et « transports » et : • les incidences notables probables de la mise en oeuvre desdits projets de plans ainsi que les solutions de substitution raisonnables tenant compte des objectifs et du champ d'application géographiques desdits projets de plans, décrites dans les rapports sur les incidences environnementaux (RIE) relatifs aux projets de PDS. (18 juin 2019) CdM/DO/nf/Avis_19-073_plans-sectoriels.docx/10.10.2019 Avis de la Chambre des Métiers concernant les plans directeurs sectoriels 2019 37 Par ailleurs, le prédit rapport rappelle qu'un système de gestion des emplacements de parking sur le domaine privé n'a pas été ajouté au PST parce que le Conseil d'Etat s'est formellement opposé en 2014 au principe de la gestion de stationnement en raison notamment de l'incompatibilité avec le principe de l'autonomie communale. L'accord de coalition du Gouvernement 2018 - 2023 prévoit l'élaboration d'une stratégie nationale de stationnement visant la mise à disposition des décideurs politiques et privés des outils pour optimiser l'agencement et la gestion des surfaces destinées au stationnement des différents modes de transport routiers. La Chambre des Métiers salue l'introduction d'une telle stratégie nationale de stationnement, à condition qu'elle n'entrave pas le bon fonctionnement des entreprises artisanales. 5.2.
- Point à améliorer : Une bonne communication pour une meilleure acceptabilité des projets En raison de la faculté du Gouvernement de procéder à une procédure d'expropriation dans le cas où le projet revêt un caractère d'utilité publique, cet instrument constitue un outil puissant qui devrait faciliter la réalisation d'un projet. Comme 42 des 81 projets du PST sont concernés, la Chambre des Métiers est d'avis qu'une analyse de l'utilité des projets d'infrastructures et une communication efficace quant à leurs effets positifs sur la mobilité devraient aboutir à une meilleure acceptabilité auprès des propriétaires fonciers concernés et du grand public. Or, le PST ne fournit pas d'explication pour quelle raison le contournement d'Ettelbruck peut être déclaré d'utilité publique, alors que le contournement d'Alzingen n'est pas visé par cet instrument. Luxembourg, le 4 octobre 2019 CdM/DO/nf/Avis_19-073_plans-sectoriels.doc)V10.10.2019 I