A-3743/22-79 Doc. parl. n° 8052 AVIS du 12 décembre 2022 sur - le projet de loi portant modification: 1° de la loi communale modifiée du 13 décembre 1988; 2° du Code pénal; 3° de la loi modifiée du 19 juillet 2004 sur l’aménagement communal et le développement urbain; - le projet de règlement grand-ducal fixant la composition, l’organisation, le fonctionnement et les jetons de présence du comité de déontologie du conseiller communal et le contenu de la déclaration d’intérêts et de la déclaration du patrimoine immobilier des conseillers communaux; - le projet de règlement grand-ducal portant modification du règlement grand-ducal modifié du 6 décembre 1989 concernant le congé politique des bourgmestres, échevins et conseillers communaux Par dépêche du 18 juillet 2022, Madame la Ministre de l’Intérieur a demandé l’avis de la Chambre des fonctionnaires et employés publics sur les projets de loi et de règlements grand-ducaux spécifiés à l’intitulé. Il ressort de l’exposé des motifs accompagnant le projet de loi sous avis que celui-ci s’inscrit dans le cadre de la refonte de la loi communale de 1988, énoncée dans l’accord de coalition en vue de la formation d’un nouveau gouvernement pour la période 2018 à 2023. À travers cette réforme, le gouvernement envisage d’accroître l’autonomie communale (notamment par le biais de l’allègement de la tutelle administrative), de renforcer celle-ci et de la réaffirmer, « tout en misant sur une responsabilisation accrue des communes dans le cadre de l’exercice de leurs missions ». Les objets principaux de ladite refonte sont donc ceux de simplifier les procédés de surveillance de la gestion communale par l’État, procédés qui ne répondent plus aux exigences actuelles, et de moderniser l’organisation communale administrative, la participation citoyenne dans le système juridique et politique du pays ainsi que les droits et devoirs des élus locaux. Il s’agit précisément de ce dernier domaine que traite le projet de loi sous avis, dans le but de pallier la législation lacunaire en la matière. Les adaptations prévues par le projet de loi concernent quatre sujets principaux: - l’instauration de principes déontologiques pour les élus locaux; - l’adaptation des cas d’incompatibilités avec le mandat de conseiller communal; - la suppression de l’immunité pénale des communes, des syndicats de communes et des établissements publics placés sous la surveillance des communes, et - la modernisation des dispositions relatives au congé politique dont bénéficient les élus locaux. Les deux projets de règlements grand-ducaux joints au projet de loi comprennent des mesures d’exécution de ce dernier. Ils visent entre autres à déterminer les modalités du congé politique réformé ainsi que l’organisation et le fonctionnement du nouveau comité de déontologie qui sera mis en place et investi d’une mission de conseil et de contrôle concernant les règles déontologiques applicables aux élus communaux. Les textes soumis pour avis à la Chambre des fonctionnaires et employés publics appellent les observations suivantes. -2Remarques préliminaires La Chambre approuve le projet de modernisation de la législation applicable aux élus locaux, notamment « dans l’objectif de renforcer la démocratie locale et la transparence dans l’exercice de la politique et de l’administration locale ». Sur certains points importants, la loi actuellement en vigueur comporte en effet des lacunes et des imprécisions qu’il faudra redresser. Les textes sous examen étant en grande partie de nature technique, la Chambre ne se prononcera pas dans tous les détails sur ceux-ci dans le présent avis. Cela vaut particulièrement pour les deux projets de règlements grand-ducaux d’exécution. Concernant ceux-ci, la Chambre note seulement que l’article 6 du projet de règlement grand-ducal traitant du comité de déontologie du conseiller communal dispose que, « pour chaque participation à une réunion du comité, les membres et le secrétaire bénéficient d’un jeton de présence de 100 euros ». Elle recommande de modifier le montant de base du jeton de présence et de l’exprimer en points indiciaires, sinon de le fixer au n.i. 100, comme il est généralement d’usage pour permettre l’adaptation automatique aux variations du coût de la vie. * * * Dans le contexte de la présente refonte, la Chambre des fonctionnaires et employés publics profite de l’occasion pour formuler quelques réflexions relatives à la réforme structurelle des communes et syndicats de communes. Ainsi, la Chambre déplore que, en dehors des sujets traités par les projets sous avis, les pourparlers en vue d’une telle réforme structurelle des communes et syndicats des communes n’aient abouti à aucune fin. En effet, pour ce qui est du fonctionnement, surtout administratif, des communes, la Chambre est informée de l’inertie quasiment totale du Ministère de l’Intérieur et des divers responsables des communes pour se mettre autour d’une table afin de discuter la problématique afférente en profondeur, ce qui est inacceptable. Il revient à la Chambre qu’une seule initiative non officielle a été entamée par le Ministère, portant introduction d’un « chef d’administration » auprès des communes. Cette initiative serait due à une analogie douteuse évoquée par rapport au fonctionnement de l’État. Cette même initiative aurait aboli la fonction du secrétaire communal, sans pour autant être pensée et travaillée en profondeur. Ce sont les responsables politiques des communes réunis au sein du SYVICOL ainsi que les représentants nationaux du personnel communal qui se retrouveraient déçus par les services du Ministère de l’Intérieur, ceci parce qu’aucune consultation préalable -3à un dossier tellement important pour le fonctionnement des communes n’aurait eu lieu. La Chambre des fonctionnaires et employés publics reste pourtant d’avis que des réformes concernant le fonctionnement interne des communes restent de rigueur. Selon les informations à sa disposition, les causes pour l’échec partiel de ces réformes sont à rechercher sur plusieurs niveaux des intervenants des secteur communal. La Chambre relève que la réforme de l’organisation interne des communes est d’une complexité politique assidue, le dossier restant épineux et peu attractif, même pour les futurs défis politiques d’un quelconque ministre du ressort. Ainsi, la Chambre craint que les réformes urgentes et nécessaires en la matière soient une nouvelle fois renvoyées aux calendes grecques. S’y ajoute que la situation actuelle et non acceptable des directeurs des syndicats intercommunaux, surtout à vocation technique, n’est pas réglée. Bien que les revendications de la représentation du personnel concerné soient reconnues par toutes les parties en cause, aucune initiative politique ne vient épauler ces chefs, teneurs de grandes responsabilités. Examen du projet de loi Ad articles 1er et 2 Les articles 1er et 2 visent à introduire des règles déontologiques pour les élus locaux. Selon l’exposé des motifs, lesdites règles seraient inspirées du « cadre déontologique tel qu’il existe pour les députés luxembourgeois ». Si la Chambre des fonctionnaires et employés publics approuve a priori la mise en place de telles normes comportementales à l’égard des élus locaux – permettant à ces derniers d’exercer leurs missions en toute transparence ainsi que dans le respect de l’intérêt général, en augmentant de ce fait la confiance des citoyens dans la politique communale – elle met néanmoins en garde contre des règles portant atteinte à la vie privée des élus. Le nouvel article 4quinquies, introduit par l’article 2 du projet de loi, prévoit en son paragraphe
Explication IA à partir du texte officiel de la loi. Indicatif, ne remplace pas un conseil juridique.