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Projet de loi portant modification de la loi modifiée du 4 décembre 1967 concernant l’impôt sur le revenu Projet de règlement grand-ducal portant publ

CHAMBRE DES SALARIÉS LUXEMBOURG AVIS Avis lll/87/2023 8 décembre 2023 Imposition des personnes physiques relatif aux Projet de loi portant modification de la loi modifiée du 4 décembre 1967 concernant l’impôt sur le revenu Projet de règlement grand-ducal portant publication des barèmes de la retenue d’impôt sur les salaires et précisant les modalités de la retenue d’impôt Projet de règlement grand-ducal portant publication des barèmes de la retenue d’impôt sur les pensions et précisant les modalités de la retenue d’impôt YOU’LL NEVER CHAMBRE DES SALARIES • 18 RUE AUGUSTE LUMIERE • L-1950 LUXEMBOURG • T +352 27 494 200 W O R K B.P. 1263 • L-1012 LUXEMBOURG • CSL@CSL.LU • WWW.CSL.LU ALONE Par lettres du 28 novembre 2023, le ministre des Finances a saisi notre Chambre pour avis sur les projets à la fois de loi portant modification de la loi modifiée du 4 décembre 1967 concernant l’impôt sur le revenu (LIR) et de règlement grand-ducal portant publication des barèmes de la retenue d'impôt à la fois sur les salaires et sur les pensions et précisant les modalités de la retenue d'impôt.

  1. Le projet de loi sous rubrique supplée l’Accord du Comité de coordination tripartite du 3 mars 2023 transposé par la loi du 5 juillet 2023 portant notamment modification de la LIR
  2. Cette loi consacre dès 2024 une adaptation du barème d’imposition du revenu des personnes physiques (IRPP) à concurrence de 2,5 tranches indiciaires (soit à une inflation de quelque 6,4% par rapport au tarif de 2017) Compte tenu de « l’évolution récente de la situation économique », cette adaptation est augmentée de 1,5 tranche indiciaire additionnelle (pour un total d’inflation de 10,38%) par le biais du présent projet.
  3. Dès lors, le tarif suivant prend place à l’article LIR-118 à partir de l’année d’imposition
  4. Taux applicable 0% 8% 9% 10% 11% 12% 14% 16% 18% 20% 22% 24% 26% 28% 30% 32% 34% 36% 38% 39% 40% 41% 42% 2,5 tranches à p. de 2024 - 4 tranches 2017-2023 Limite inférieure Limite supérieure Limite inférieure Limite supérieure Limite inférieure Limite supérieure 0 11 265 0 11 982 0 12 438 11 265 13 137 11 982 13 971 12 438 14 508 13 137 15 009 13 971 15 960 14 508 16 578 15 009 16 881 15 960 17 949 16 578 18 648 16 881 18 753 19 938 18 648 17 949 20 718 18 753 20 625 19 938 21 927 20 718 22 788 20 625 22 569 21 927 23 997 22 788 24 939 22 569 24 513 26 067 24 939 23 997 27 090 24 513 26 457 26 067 28 137 27 090 29 241 26 457 28 401 28 137 30 207 29 241 31 392 28 401 30 345 30 207 32 277 31 392 33 543 30 345 32 289 34 347 33 543 35 694 32 277 32 289 34 233 36 417 35 694 37 845 34 347 34 233 36 177 38 487 37 845 36 417 39 996 36 177 38 121 38 487 40 557 39 996 42 147 38 121 40 065 40 557 42 627 42 147 44 298 40 065 42 009 42 627 44 697 44 298 46 449 42 009 43 953 46 767 46 449 44 697 48 600 43 953 45 897 46 767 48 837 48 600 50 751 45 897 100 002 48 837 106 383 50 751 110 403 100 002 150 000 106 383 159 564 110 403 165 600 150 000 200 004 159 564 212 745 165 600 220 788 200 004 inf 212 745 inf 220 788 inf Note : le facteur de conversion est en principe de 1,1038 (soit 10,38%). Cependant, pour garantir une divisibilité de tous les barèmes dérivés par 12 (mois) et 300 (jours), le facteur effectif retenu dévie pour certaines tranches.
  5. Les montants prévus à l’article 120bis relatifs à la classe d’impôt 1a qui vise à y déterminer la modération de la progressivité de l’impôt sont également ajustés à hauteur de 10,38% au lieu de 6,4% comme prévu dans ladite loi du 5 juillet
  6. La CSL s’étonne et regrette que le tarif de la classe 1a ne soit pas modifié au-delà du simple ajustement indiciaire, alors que le programme gouvernemental annonce que « Transitoirement, le traitement fiscal des personnes appartenant à la classe d’impôt 1a sera revu dans le sens d'un allègement fiscal. », dans l’attente d’un nouveau régime fiscal unique à partir de
  7. Modification 1°de la loi modifiée du 4 décembre 1967 concernant l’impôt sur le revenu ; 2°de la loi modifiée du 12 mai 2022 instaurant une compensation financière permettant la réduction temporaire du prix de vente de certains produits pétroliers. 1 Page 1 de 5
  8. Les auteurs du projet estiment que cette mesure fiscale d’ajustement engendre un déchet fiscal additionnel de 180 millions d’euros par rapport à la fiche financière de ladite loi du 5 juillet 2023, pour un total de 480 millions d’euros, soit 120 millions d’euros par tranche.
  9. La Chambre des salariés (CSL) salue globalement cette adaptation indiciaire qui prend la bonne direction. En effet, qu’il soit une fois encore rappelé ici que l’indexation des salaires sur l’inflation sans que le tarif fiscal n’y soit lui-même adapté revient à prélever davantage d’impôt sans coup férir (« à froid »), cette dérive fiscale réduisant ainsi le pouvoir monétaire des salaires. Dès lors, la présente adaptation du tarif à l’évolution de l’échelle mobile est en fait préfinancée par les ménages. C’est pourquoi, notre Chambre réclame de longue date cet allègement fiscal. La dernière adaptation officielle du barème à l’inflation fut opérée en 2009, avant la suppression du mécanisme d’ajustement automatique du tarif contenu dans la LIR (article 125). La dernière réforme du tarif en 2017 a eu pour incidence un allègement de l’imposition qui peut être partiellement assimilé à un ajustement à l’inflation. Il convient cependant de noter que huit tranches indiciaires ont été payées depuis 2017, correspondant à quelque 22% d’inflation, inflation qui s’élève à 35% depuis
  10. Il reste dès lors une marge certaine avant que l’inflation ne soit complètement neutralisée sur le plan de l’IRPP. Selon nos calculs, pour une adaptation de 8 tranches, un contribuable en classe d’imposition 1, rémunéré à hauteur de 5 000 euros bruts par mois (60 000€/an) paierait un impôt inférieur d’environ 99 euros par mois (1.193€/an) par rapport à l’adaptation retenue dans le cadre du présent projet (4 tranches). L’annexe au présent avis donne plus de détails. Adaptation du barème d’imposition Baisse fiscale pour un brut de 5.000 euros par mois en classe d’imposition 1 par rapport au barème 2023 : Baisse fiscale pour un salaire minimum de 2.571 euros par mois en classe d’imposition 1 par rapport au barème 2023 : Mensuel Annuel Mensuel Annuel

(1)4 tranches -98 -1.172 -26 -310
(2)8 tranches -197 -2.365 -48 -578
(2)
(1)-99€ -1.193€ -22€ -268€ Note : considéré ici le seul effet barémique, impôt de solidarité compris et hors crédits d’impôt. Grâce à la réforme prévue du tarif, la personne physique paiera 98 euros d’impôt en moins qu’en 2023, mais il en aurait payé encore 99 euros de moins si celui-ci était adapté à concurrence de 8 tranches. Le fait que le travailleur célibataire en classe 1 touchant 5.000 euros par mois bénéficie d’un allègement d’impôt plus important (1.193 euros annuels) que celui émargeant au salaire minimum (268 euros annuels) est somme toute logique : en vertu de la progressivité fiscale, le premier contribuable paie davantage d’impôts que le second et, de ce fait, le premier se fait donc rembourser davantage que le second en cas d’allègement linéaire et proportionnel des contributions fiscales. Proportionnellement, cependant, cette mesure bénéficie davantage aux petits revenus.
  1. La CSL prend note du commentaire des auteurs du projet qui indiquent que cette mesure constitue une première étape d’un allégement général des contributions fiscales par le biais d’une neutralisation progressive de la progression à froid (afin de relancer l’économie en stimulant la consommation et l’investissement privé). Ils se conforment ainsi à l’accord de coalition gouvernementale qui prévoit que, à moins d’une trajectoire budgétaire ne l’y autorisant pas, « les autres tranches indiciaires échues depuis le 1er janvier 2017 ou à échoir seront neutralisées dans le barème au courant de la présente législature. Parallèlement, le Gouvernement s’engagera pour réduire la charge fiscale des petits et moyens revenus ». Elle encourage par conséquent le législateur à poursuivre sur cette voie et souscrit aux déclarations Page 2 de 5 du nouveau ministre des Finances, Gilles Roth, à la radio 100,7 en date du 27 novembre 2023 à propos d’un retour à une adaptation automatique du barème d’imposition à l’inflation : « Je pense que c’est une direction vers laquelle on peut aller ».
  2. Par ailleurs, la CSL a récemment commenté sur la nécessité d’adapter les niveaux des différentes mesures de tempérament fiscal dont nombre d’entre elles n’ont jamais été revalorisées depuis leur création, parfois il y a plus de 30 ans. En somme, toute nonrevalorisation de ces montants déductibles équivaut à une baisse réelle des déductions fiscales et, par conséquent, une hausse réelle de la charge de l’impôt ! L’inaction en la matière réduit tout autant le pouvoir d’achat des ménages ; adapter ces montants serait une manière plus complète de relancer la demande intérieure et de stimuler ainsi l’économie nationale, selon les vœux des auteurs. Cette réalité s’applique pareillement aux divers crédits d’impôt existants. Outre la perte de la valeur des crédits d’impôt, la non-adaptation des seuils de revenu permettant de profiter des CI représente un autre problème majeur : si l’on n’adapte pas (automatiquement) les seuils d’éligibilité aux CI, l’on réduit de facto le nombre de potentiels bénéficiaires en raison de l’inflation. Se pose donc, à travers le point spécifique du crédit d’impôt (et des mesures de tempérament en général), la question de la neutralité fiscale face à l’inflation : adapter le niveau du crédit d’impôt, sans adapter les seuils d’éligibilité à l’inflation permet, certes, de maintenir un niveau réel constant de crédit d’impôt, mais le cercle des bénéficiaires en est réduit. En adaptant les seuils d’éligibilité des crédits d’impôts, sans pour autant revaloriser leur montant, le cercle de bénéficiaires comparativement au niveau réel du salaire est maintenu constant, mais le niveau réel du crédit d’impôt baisse. Seule une adaptation simultanée et automatique du niveau des crédits d’impôt ainsi que de leurs seuils d’accessibilité peut garantir la neutralité fiscale Nous renvoyons, pour plus de détails sur ces questions, à l’avis de la Chambre des salariés portant sur le projet de loi relatif au budget provisoire pour la période du 1er janvier au 30 avril 2024 en instance. Il y est expliqué que depuis 2017, 10% de salariés ont perdu le bénéfice du CIS à cause de ce phénomène. Pour beaucoup d’autres, le montant qu’ils touchent s’est réduit !
  3. De manière générale, notre Chambre souhaite, pour conclure, mettre en exergue l’importance de l’imposition comme outil central de réduction des inégalités sociales. Pour ce faire, il importe que la taxation soit juste et efficace. Si cette imposition doit tenir compte, certes, de l’évolution des prix et de l’inflation, d’autres éléments structurels jouent un rôle important. Si la CSL salue la première étape d’ajustement du barème fiscal à l’inflation, il convient aussi de rendre celui-ci plus équitable, notamment en défiscalisant le salaire social minimum (qui, en vertu du nouveau barème et du réagencement des crédits d’impôt à partir de 2024 paiera toujours 70 euros par an), en aplatissant la bosse des couches moyennes d’imposition (« Mëttelstandsbockel ») et en imposant davantage les hauts revenus. Notre Chambre plaide également en faveur d’un rééquilibrage des contributions fiscales entre personnes physiques et entreprises, largement avantagées par rapport aux premières, mais aussi entre revenus du travail et revenus du capital, largement favorisées relativement aux premiers. Luxembourg, le 8 décembre 2023 Pour la Chambre des salariés, Sylvain HOFFMANN Directeur Nora BACK Présidente L'avis a été adopté à l'unanimité. Page 3 de 5 ANNEXE 0 Baisse d'impôt en euros par an - 500 30 851 57 000 84 000 111 000 138 000 165 000 192 000 219 000 246 000 273 000 300 000 327 000 354 000 381 000 408 000 435 000 462 000 489 000 516 000 543 000 570 000 597 000 624 000 651 000 678 000 705 000 732 000 759 000 786 000 813 000 840 000 867 000 894 000 921 000 948 000 975 000 1002 000 Baisse annuelle d'impôt due à l'adapation du tarif en 2024 (en euros) -1 000 -1 500 -2 000 -2 500 -3 000 -3 500 Revenu brut annuel Classe 1 Classe 1a Classe 2 - 2 revenus Note : effet barémique pur, impôt de solidarité compris. Contribuables salariés appartenant à la classe d'impôt 1 Salaire annuel : Salaire brut annuel Revenu imposable ajusté annuel Impôt dû suivant barème 2023* Impôt dû 2023* avec crédit d'impôt conjoncture Impôt dû suivant barème 2024* Effet barème en € Effet barème en % Effet avec application du CIC 2023 37.000 € 31.891 € 3.046 € 2.787 € 2.598 € 39.008 € 5.066 € 4.689 € 4.369 € 50.000 € 43.455 € 6.586 € 6.135 € 5.710 € 60.000 € 52.350 € 10.023 € 9.495 € 8.928 € 75.000 € 65.692 € 15.210 € 14.682 € 14.115 € 100.000 € 87.930 € 23.887 € 23.359 € 22.793 € 125.000 € 110.168 € 32.666 € 32.090 € 31.470 € 150.000 € 132.526 € 41.606 € 41.030 € 40.408€ -14,7 -13,8 -13,3 -10,9 -7,2 -4,6 -3,7 -2,9 -189 € 45.000 € -448 € -697 € -876 € -1.095 € -1.095 € -1.094 € -1.196 € -1.198 € -320 € -425 € -567 € -567 € -566 € -620 € -662 € ‘compte non tenu du fonds pour l’emploi Page 4 de 5 Contribuables salariés appartenant à la classe d'impôt I A Salaire annuel : Salaire brut annuel Revenu imposable ajusté annuel Impôt dû suivant barème 2023* Impôt dû 2023* avec crédit d'impôt conjoncture Impôt dû suivant barème 2024* Effet barème en € Effet barème en % Effet avec application du CIC 2023 37.000 € 31.891 € 1.650 € 1.391 € 1.050 € 39.008 € 4.109 € 3.732 € 2.990 € 50.000 € 43.455 € 5.844 € 5.393 € 4.684 € 60.000 € 52.350 € 9.315 € 8.787 € 8.155 € 75.000 € 65.692 € 14.502 € 13,974 € 13.342 € 100.000 € 87.930 € 23.180 € 22.652 € 22.019 € 125.000 € 110.168 € 31.959 € 31.383 € 30.697 € -36,4 -27,2 -19,8 -12,5 -8 -5 -3,9 -341 € 45.000 € 150.000 € 132.526 € 40.899 € 40.323 € 39.634 € -600 € -1.119 € -1.160 € -1.160 € -1.160 € -1.161 € -1.262 € -1.265 € -742 € -709 € -632 € -632 € -633 € -686 € -3,1 -689 € ‘compte non tenu du fonds pour l’emploi Contribuables imposables collectivement en classe d'impôt 2 touchant chacun un salaire (répartition 2/3 et 1/3) Salaire annuel : Salaire brut annuel Revenu imposable ajusté annuel Impôt dû suivant barème 2023* Impôt dû 2023* avec crédit d'impôt conjoncture Impôt dû suivant barème 2024* Effet barème en € Effet barème en % Effet avec application du CIC 2023 50.000 € 37.935 € 1.470 € 1.212 € 1.184 € 60.173 € 5.252 € 4.718 € 4.468 € 90.000 € 73.515 € 8.747 € 8.064 € 7.523 € 100.000 € 82.410 € 11.586 € 10.854 € 10.019 € 125.000 € 104.648 € 20.007 € 19.151 € 17.818 € 150.000 € 126.885 € 28.685 € 27.706 € 26.496 € 175.000 € 149.123 € 37.362 € 36.281 € 35.173 € -19,5 -14,9 -14,0 -13,5 -10,9 -7,6 -5,9 -28 € 75.000 € -286 € -784 € -1.224 € -1.567 € -2.189 € -2.189 € -2.189 € -250 € -541 € -835 € -1.333 € -1 210 € -1.108 € ‘compte non tenu du fonds pour l’emploi Source : gouvernement.lu Page 5 de 5

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