445 Memorial MEMORIAL des DU Großherzogthums Luxemburg. Zweiter Theil. Oeffentliche Acte verschiedener Art und nichtamtliche Mittheilungen. GRAND-DUCHÉDELUXEMBOURG N°
- ACTES PUBLICS DIVERS ET PUBLICATIONS NON OFFICIELLES. Donnerstag, 20 November
- Beschluß, die Veröffentlichung des Berichtes der Handelskammer vom
- October 1862 betreffend. Der Staatsminister, Regierung; Präsident der Nach Einsicht des allgemeinen Berichtes der Handelskammer vom
- October d . I . über die Lage des Handels und der Industrie im Großherzogthum; Beschließt: Einziger Artikel. Vorerwähnter Bericht soll ins «Memorial» eingerückt werden. Luxemburg den
- November
- Der Staatsminister, Präsident der Regierung, Baron V. de Tornaco. Bekanntmachung — Oeffentliche Belobung. Aus dem mir heute zugegangenen officiellen Berichte über die zu Körich am
- October letzthin ausgebrochene Feuersbrunft geht hervor, daß sich dabei durch Eifer und Muth besonders aus- II SECONDE PARTIE. JEUDI, 20 novembre
- Arrêté concernant la publication du rapport de la Chambre de commerce du 28 octobre
- LE MINISTRE D'ÉTAT , PRÉSIDENT DU GOUVERNEMENT; Vu le rapport général de la Chambre de commerce du 28 octobre dernier, sur la situation du commerce et de l'industrie dans le Grand-Duché; Arrête : Article unique. Le rapport susvisé sera inséré au Mémorial Luxembourg, le 7 novembre
- Le Ministre d'État, Président du Gouvernement, Baron V. DE TORNACO. Avis. — Actes de dévouement. Il résulte du rapport officiel que j'ai reçu aujourd'hui au sujet de l'incendie qui a éctaté à Kœrich le 8 octobre dernier, que les sieurs Henri Kesseler, journalier, Dominique Kremer, char- 49 446 gezeichnet und dadurch dem Brande Einhalt gethan haben: Heinrich Kesseler, Taglöhner, Dominik Kremer, Zimmermann, Dominik F i deler, Schlosser, Nikolas F l a m m a n g , Ackerer, Peter W e y l a n d , Taglöhner, Barth. T h i l g e s , Michel Decker, von Körich, Peter H a m e s , von Simmern, und Johann Bapt. Schätgen, von Steinfurt. Luxemburg den
- November
- Der General-Director des Innern und der Justiz, M. Jonas. pentier, Dominique Fideler, serrurier, Nicolas Flammanq, laboureur, Pierre Weyland, journalier, Bartholomé Thilges, Michel Decker, de Kœrich, Pierre Hames de Sept-Fontaines, et Jean-Baptiste Schœlgen de Steinfort, se sont particulièrement distingués par leur zèle et leur courage. Je crois devoir signaler au public le dévouement dont ils ont fait preuve, et qui a arrêté les progrès du feu. Luxembourg, le 10 novembre
- Le Directeur-général de l'intérieur et de la justice, M. JONAS. Bekanntmachung. — Studienbörse. Avis. — Bourses d' études. Die durch den verstorbenen Pfarrer N a u e r t für den Primär-Unterricht zu Gunsten von M i t gliedern seiner Familie gestiftete Börse ist vom
- October ab erledigt. Die Bewerber um den Genuß besagter Börse werden hiermit aufgefordert ihre Gesuche nebst Belegstücken vor dem nachstfünstigen
- December an den Hrn. Verwalter und Einnehmer der Studienbörsen zu Luxemburg gelangen zu lassen. La bourse instituée par feu le curé Nauert, en faveur de l'instruction primaire de membres de sa famille, est vacante à partir du 1 e r octobre dernier. Les prétendants à la jouissance de cette bourse sont invités à adresser, avant le 10 décembre prochain, leur demande avec les pièces justificatives de leurs droits à cette jouissance, à M. l'administrateur-receveur des bourses d'études à Luxembourg. Luxemburg den
- November
- Der Staatsminister, Präsident der Regierung, Baron V. d e T o r n a c o . Bekanntmachung. — Studienbörse. Die Börse der Stiftung T y n n e r ist vom
- October ab erledigt. Die Bewerber um den Genuß besagter Börse werden hiermit aufgefordert ihre Gesuche nebst Belegstücken vor dem nächsttünftigen
- December an die HH. Bürgermeister und ersten Schössen der Stadt Luxemburg, als Collatoren, gelangen zu lassen. Luxemburg, den
- November 1862, Der Staatsminister, Präsident der Regierung , Baron V. de Tornaco. Luxembourg, le 7 novembre
- Le Ministre d'État, Président du Gouvernement, Baron V. DE TORNACO, Avis. — Bourses d'études. La bourse de la fondation Tynner étant vacante à partir du 1er octobre dernier, les prétendants à la jouissance de celte bourse sont invités à adresser, avant le 10 décembre prochain, leur demande avec les pièces justificatives de leurs droits, à MM. les bourgmestre et premier, échevin de la ville de Luxembourg, qui en sont les collateurs provisoires. Luxembourg, le 7 novembre
- Le Ministre d'État, Président du Gouvernement, Baron V. DE TORNACO. 447 Bekanntmachung. - Ackerbau-Commission. Die ordentliche Jahresversammlung der Ackerbau-Commission des Grohheizogthums wird Donnerstag den
- December 1862, um 10 Uhr Vormittags, zu Luxemburg stattfinden. Diejenigen Landwirthe und andere Personen, welche ihr etwa Mittheilungen oder Vorschläge zu machen hätten, werden ersucht dieselben vor erwähntem Tage an sie gelangen zu lassen. Luxemburg den
- November
- Der Präsident der Ackerbau-Commission, E. Fischer. Gesehen um ins „Memorial" eingerückt zu werden, Luxemburg den
- November
- Der Staatsminister, Präsident der Regierung, Baron V. de Tornaco. Avis. — Réunion de la Commission d'agriculture. La réunion annuelle ordinaire de la Commission d'agriculture du Grand-Duché aura lieu à Luxembourg, le jeudi, 11 décembre 1862, à 10 heures du matin. Les cultivateurs et autres personnes qui auraient des communications ou des propositions à lui faire, sont priés de les lui adresser avant cette époque. Luxembourg, le 6 novembre
- Le président de ta Commission d'agriculture, E. FISCHER. Vu pour être inséré au Mémorial. Luxembourg, le 12 novembre
- le Ministre d'État, Président du Gouvernement, Baron V. DE T O R N A C O . Avis. — Domicile. Par arrêté royal grand-ducal du 11 novembre Durch Königl.-Großh. Beschluß vom
- Nocourant, le sieur Pierre Berscheid, natif de Rovember c. ist Fr. Peter Verscheid, gebürtig dershausen, journalier à Vianden, a été autorisé aus Rodershausen, Taglöhner zu Vianden, erà établir son domicile dans le Grand-Duché. Bekanntmachung.. — Wohnfitz. mächligt worden seinen Wohnsitz im Grohherzogthum zu nehmen. Luxemburg den
- November
- Der General-Direclor des Innern und der Justiz, M. J o n a s . Bekanntmachung — Indigenat. Aus einer bei der Communal-Behörde von Wiltz den
- Juli 1862 abgegebenen Erklärung geht hervor, daß Hr. Karl Eugen Heiderscheidt, wohnhaft zu Wiltz, geboren zu Lierre, Belgien, den
- Juli 1834, Sohn von Peter Heiderscheidt, Professor, gebürtig aus Säul, Großher- Luxembourg, le 14 novembre
- Le Directeur-général de l'intérieur et de la justice, M. JONAS. Avis. — Indigénat. Il résulte d'une déclaration reçue le 12 juillet 1862 par l'administration communale de Wiltz, que le sieur Charles-Eugène Heiderscheidt, domicilié à Wiltz, et né a Lierre, Belgique, le 14 juillet 1834, fils de Pierre Heiderscheidt, professeur, natif de Sæul, Grand-Duché de Lu- 448 zogthum Luxemburg, allein Belgier geworden in xembourg, mais devenu belge en suite de la déFolge der im Jahr 1842 auf Grund des bel- claration faite en 1842, en conformité de la loi stischen Gesetzes vom
- Juni 1839 abgegebenen belge do 4 juin 1839, et de Françoise van SchouErklärung, und von Francisca van Schoubroeck, brœck, née à Vorst, Belgique, conjoints domigebürtig aus Vorft, Belgien, Eheleute, wohnhaft ciliés à Liége, a rempli les formalités prescrites zu Lüttich, die durch Art. 10 des Civilgesetzbuches par l'art. 10 du Code civil, pour recouvrer la zur Wiedererlangung der Eigenschaft eines Luxem- qualité de Luxembourgeois. burgers vorgeschriebenen Formalitäten erfüllt hat. Luxembourg, le 17 novembre
- Luxemburg den
- November
- Der General-Director des Innern und der Justiz, M. Jonas. Bekanntmachung. — Versicherungsagenten. Die Herren J . N . Gentges, CommunalSecretär zu Eschdorf, und B. L u d i v i g , Eigenthümer zu Burscheid, sind als Unter-Agenten der Versicherungsgesellschaft Les Propriétaires réunis bestätigt worden. Luxemburg den
- November
- Le Directeur-général de l'intérieur et de la justice, M . JONAS. Avis. — Agents d'assurances. Les sieurs J. N . Centges, secrétaire communal à Eschdorf, et B. Ludivig, propriétaire à Bourscheid, ont été agréés comme sous-agents de la Compagnie d'assurances «.Les Propriétaires réunis. » Luxembourg, le 14 novembre
- Der General-Director der Finanzen, Ulveling. Le Directeur-général des finances, ULVELING. Bekanntmachung. — Zollwesen. Die Legilimationsscheinstelle in Tüntingen wird vom
- d. Mts. ab aufgehoben werden. Luxemburg den
- November
- Der General-Director der Finanzen, Ulveling. Luxemburg. — Druck von V. Bück. RAPPORT GENERAL DE LA CHAMBRE DE COMMERCE du 28 octobre 1862 SUR LA SITUATION DU COMMERCE ET DE L'INDUSTRIE DANS LE GRAND-DUCHÉ DE LUXEMBOURG. I . Situation générale. Si la Chambre de commerce s'est abstenue de faire un rapport sur la situation du commerce et do l'industrie du Grand-Duché, depuis celui qu'elle a eu l'honneur de présenter au Gouvernement sous la date du 17 décembre 1857, la cause en doit être attribuée principalement à l'état de t r a n sition dans lequel le pays s'est trouvé pendant la construction des chemins de fer. Aujourd'hui, grâce à la persistante volonté de l'illustre maison d'Orange, le principal obstacle signalé dans notre dernier rapport, comme arrêtant le développement de la prospérité du pays, est écarté; le réseau de nos chemins de fer, en grande partie achevé et exploité, commence à justifier toutes les espérances que sa création avait fait naître, et les résultais déjà acquis permettent d'en augurer pour le Grand-Duché, avec certitude, une augmentation progressive de bienêtre matériel et intellectuel; la dénomination de «Guillaume-Luxembourg» donnée à la Société, rappellera encore aux générations futures la reconnaissance que les Luxembourgeois doivent pour cette grande œuvre à notre glorieux Souverain et à son auguste Représentant. L'espoir de la reprise des affaires, que nous exprimions dans notre dernier rapport, a été r e m pli ; depuis cette époque aucune perturbation n'est venue arrêter l'essor général. La guerre civile d'Amérique n'a pas pour le Grand-Duché les conséquences pernicieuses dont souffrent les nations les plus industrieuses de l'Europe, mais les calamités qu'en éprouvent nos voisins ne laissent pas que d'entraver un plus grand développement de nos affaires. A peine les travaux des chemins de for furent-ils commencés, que l'on ressentit partout l'influence d'une meilleure rétribution des bras, dont une grande partie étaient restés insuffisamment occupés jusqu'alors. Le prix de la main d'œuvre devint très-élevé et mit la classe ouvrière dans u n e position qu'elle n'avait jamais espérée; par suite tous les objets de consommation, produits d u pays, atteignirent à peu près les prix des grands centres de consommation; le prix des loyers d e v i n t même exorbitant partout où les circonstances appelèrent une concentration des travailleurs ; déjà maintenant il s'exporte du pays de nombreux produits qui auparavant avaient peu de v a l e u r ou dont la valeur était diminuée eu raison directe des frais plus élevés ou des difficultés du t r a n s p o r t , et les produits étrangers nous arrivent de môme dans des conditions plus favorables; les calamités Annexe au 'Mémorial 1862, IIe partie. a 2 dont pouvait nous faire souffrir le défaut de communications sont devenues impossibles; les anciens établissements se transforment, s'étendent; de nouvelles industries se créent et mettent en valeur les richesses naturelles du pays; enfin, le Luxembourg acquiert l'importance que lui assignent ses ressources et sa situation au centre de plusieurs grandes nations. Le développement de la prospérité générale est visible par l'accroissement rapide de la population et principalement du nombre des commerçants, par l'augmentation des dépenses de luxe dans toutes les classes de la société, par les chiffres plus élevés qu'atteignent toutes les branches des revenus de l'État. Cependant une transformation aussi radicale n'a pu se réaliser sans que quelques intérêts en fussent froissés, et des communes entières et des particuliers souffrent du déplacement opéré dans les voies de communication ; mais il n'est pas douteux que le complément du réseau de nos routes, leur raccordement avec les chemins de fer, la suppression des barrières ne tarderont pas à réparer un mal passager. Pendant les dernières années le prix de la main-d'œuvre atteignit un taux très-élevé à cause de la nécessité d'imprimer aux travaux l'activité nécessaire pour entrer promptement dans la jouissance des chemins de fer. Ce prix laissait aux ouvriers un excédant sur les besoins réels et on voit, avec satisfaction, que ce surplus a été mis à profit par un grand nombre, et avec douleur, qu'il a été prodigué en folles dépenses par beaucoup d'autres. Trop peu d'ouvriers ont trouvé le chemin de la caisse d'épargne créée principalement pour leur classé, et l'association de secours mutuels dans la capitale commence à peine à voir augmenter le nombre de ses membres, nonobstant l'accroissement de ses fonds de réserve. La rétribution du travail corporel tend à rentrer dans des limites plus normales, mais en rapport avec les besoins croissants des ouvriers qui se trouveront heureux d'en jouir dans cette proportion, si, par l'abondance du travail, elle peut être maintenue. — Le travail dans les prisons, pour autant qu'il fait concurrence à l'industrie privée, a été récemment l'objet d'une plainte de la part d'un industriel, plainte qui pouvait être fondée à l'égard de plusieurs petites industries. Par suite de l'avis émis par la Chambre de commerce, le Gouvernement a ordonné une enquête, qui le mettra à même de juger si les plaintes qui se sont fait jour sont réellement fondées. Nos artisans manquent souvent des fonds nécessaires pour faire de petites entreprises, surtout pour se procurer les matières à ouvrer, sans conditions trop onéreuses ; il serait fort à désirer qu'il pût être venu à leur secours. Une institution analogue à celles que M . Schultze-Delitsch a popularisées en Allemagne, serait de la plus haute utilité, et nous sommes persuadés que nos artisans sauraient l'apprécier. Une caisse d'avances pourrait probablement être combinée avec la caisse d'épargne, dans le cas où de petits capitaux particuliers ne seraient pas à trouver. En présence de l'opposition que rencontre l'admission du traité de commerce conclu entre la Prusse et. la France de la part de plusieurs États du Zollverein, nous ne nous permettrons pas d'en préjuger les effets. Vis-à-vis des avantages généraux qui en découleront, viennent se poser la différence de l'assiette, des droits d'entrée et la faveur accordée à la France sur l'introduction en Allemagne d'articles d'une fabrication plus précieuse, mesures qui ont amené un tel dissentiment dans les États allemands, que la continuation du traité d'Union douanière en est menacée. 3 Heureusement que les trois années qui nous séparent encore du terme de ce traité permettent d'espérer qu'un rapprochement pourra avoir lieu, lequel rendra de plus en plus indissoluble la création la plus avantageuse des temps modernes. La réforme de l'organisation du Zollverein qui a fait l'objet de démarches de la part de la diète commerciale de Heidelberg auprès des gouvernements qui font partie de l'Union et qui ont donné lieu à notre rapport du 5 août 1861, rassurerait plus complétement les immenses capitaux qui ont été employés dans l'industrie sur la foi des traités internationaux, ainsi que les débouchés des produits, en même temps que les moyens de se procurer les matières premières pourraient être facilités. Les expositions de produits de l'industrie nous paraissent avoir fait leur temps, si nous en exceptons les expositions universelles qui ont lieu dans les capitales de grands pays. Cinq industries seulement du Grand-Duché ont pris part à l'exposition actuelle de Londres; (*) la ganterie y a reçu une nouvelle distinction. II. Situation financière et affaires de banque. La situation financière du pays est, on peut le dire, exceptionnellement favorable. L'exportation des produits de l'agriculture et de l'industrie, ainsi que les grands travaux d'utilité publique, payés en majeure partie par des fonds étrangers, de même que les sommes considérables versées dans la circulation par la garnison fédérale, continuent à augmenter le capital roulant du pays et à le maintenir dans une abondance relative, — Les banques, le commerce et l'industrie, en général libres d'engagements envers l'étranger, n'ont pas été touchés, pour ainsi dire, par les crises financières des dernières années, et le crédit n'en a pas été affecté d'une manière sensible. Les établissements de banque existants, par leur capital propre et en recueillant les sommes disponibles, pour les rendre à la circulation, ont p u , sans secours étranger, satisfaire amplement à tous les besoins sans imposer au commerce et à l'industrie des conditions trop onéreuses. La banque internationale continue à rendre les services que comporte son organisation. Les obstacles, signalés dans notre précédent rapport, qui ont empêché cette institution d'atteindre le développement que ses fondateurs avaient en vue, ne sont pas encore écartés. Mais si le cercle d'action de l'établissement est devenu moins vaste, au moins son capital actuel, réduit à des proportions normales, trouve un emploi utile tant dans le pays môme que dans les établissements fondés et commandités par la banque a Amsterdam et à Francfort s/M, et pourra facilement être reporté à un chiffre plus élevé si l'extension des opérations le réclame. (*) Ce sont :
- La société des mines de Stolzembourg, cuivre, métal et mine ;
- La société des mines de Gœsdorf, antimoine, métal et mine ;
- M. Edm. de la Fontaine à Remich, albàtre, chaux et pavés;
- MM. Aug. Charles et Comp. à Luxembourg, gants et cuirs préparés;
- M. Neuen-Therer , lits en fer. 4 III. Chemins de fer. Les sections des chemins de fer Guillaume-Luxembourg livrées à l'exploitation jusqu'à la dato du 21 juillet 1862 étaient : Celle de Luxembourg à la frontière de France ouverte le 11 août 1859 belge 15 septembre 1859 Bettembourg à Esch-sur-l'AIzette 23 avril 1860 à Rumlange 1er juin 1860 Luxembourg à Wasserbillig 29 août 1861 auxquelles est venue s'ajouter le 22 juillet de cette année la section de Luxembourg à Colmar-Ettelbruck 35 kil. 17 kil. 37 kil. 31 kil. 120 kil. L'exploitation a procuré à la Société les recettes brutes suivantes : (*) En 1861 du 1 er janvier au 2 septembre 52 kil fr. 411752 91 du 3 septembre au 31 décembre 89 kil. fr. 409100 44 1862 du 1er janvier au 22 juillet 89 kil. fr. 836695 06 Recettes équivalant à un produit brut kilométrique annuel de respectivement : fr. 11877 pour la 1re période ci-dessus, 13790 2e 3e 15002 Ces chiffres, quoique modestes encore,, si on les compare aux recettes kilométriques d'autres chemins plus anciens, suffisent cependant à démontrer pour nos lignes un développement régulier et constant du mouvement, augmentant à mesure que de nouveaux chaînons viennent compléter le réseau. La section de Luxembourg à Colmar-Ettelbruck, ouverte le 21 juillet 1862, et la prochaine ouverture de la section de Diekirch ne manqueront pas d'apporter aux recettes un contingent considérable. Mais c'est surtout l'achèvement de la ligne du Nord qui est appelé à donner à nos chemins de fer leur véritable valeur, et à en faire un ensemble complet destiné à servir de trait d'union a de grandes voies internationales et à leur assurer ainsi un transit considérable, en même temps qu'il facilitera à nos richesses minérales l'écoulement vers le bassin de la Meuse et le Bas-Rhin. La Société des chemins de fer, sans doute par la raison que l'exploitation n'est pas encore complète, n'a pas publié jusqu'ici de compte-rendu détaillé permettant d'apprécier la répartition des recettes relativement au trafic intérieur, au mouvement du transit et aux diverses catégories des marchandises transportées; il est cependant permis d'admettre dès à présent que les transports de minerais et de combustibles ont la plus large part dans les recettes. — D'après les bulletins de semaine publiés, les recettes de 1861 se décomposaient comme suit : Chiffres non officiels. 163089 voyageurs. Bagages, articles de messageries Petite vitesse, marchandises, bestiaux 5 fr. Total fr. 191963 82 16626 22 612263 31 820853 35 er et la décomposition pour la période du 1 janvier au 22 juillet 1862 donne: 111627 voyageurs fr. 138737 02 Bagages, articles de messageries 13673 85 Petite vitesse, marchandises, bestiaux 684284 19 Total fr. . 836695 06 Par un traité en date du 6 juin 1857 l'exploitation des chemins de fer Guillaume-Luxembourg est confiée à la compagnie française des chemins de fer de l'Est. Suivant l'art. 5 de ce traité Ja compagnie française a non seulement voix délibérative égale avec la société Guillaume-Luxembourg, mais l'initiative lui est exclusivement réservée « sur toutes les questions relatives à l'exploitation, telles que établissement et modification de tarifs, traités de toutes sortes; enfin tout ce qui est de nature à exercer une influence quelconque sur les résultats de l'exploitation ! Les lignes du Guillaume-Luxembourg sont jusqu'à on certain point concurrentes des lignes desservies par la compagnie de l'Est. En effet les communications de la Belgique et des ports de la mer du Nord avec le Haut-Rhin qui avant l'établissement de notre voie atteignaient le réseau de l'Est à Paris ou à Laon et empruntaient ses lignes sur un parcours de plus de 300 kilomètres, sont devenues plus directes par les lignes belges et celles grand-ducales. Une concurrence analogue existe pour les communications du Grand-Duché avec Sarrebruck, lesquelles, par la voie de Contz, évitent entièrement la ligne de l'Est, tandis qu'en passant par Thionville elles ne se servent de nos lignes que sur un faible parcours et qu'elles empruntent le chemin de fer de l'Est sur un trajet de 130 kilomètres. En présence de cet état de choses, la clause sus-relatée du traité d'exploitation, outre qu'elle réduit notre Société à l'état de simple vassale de la compagnie française et qu'elle enraye son activité individuelle, paraît encore présenter de grands inconvénients au point de vue des intérêts mômes et de l'avenir de notre propre réseau de chemins de fer, l'initiative et la décision sur toutes les questions relatives à son exploitation étant déférées à un concurrent dont les intérêts propres et divergents l'emportent de beaucoup sur l'intérêt indirect qu'il a dans l'entreprise Guillaume-Luxembourg, et les intérêts directs et majeurs de la compagnie de l'Est pouvant lui faire une loi de combiner les tarifs et les parcours des trains de manière à conserver le transit de voyageurs et de marchandises que nos lignes seraient dans le cas de lui enlever si les choses avaient leur cours naturel ; le parcours sur nos propres lignes serait ainsi considérablement diminué. — L'avenir du pays étant désormais intimement lié à celui de notre chemin de fer et l'État étant directement associé lui-même à cette entreprise, il semble donc désirable que le traité en question, qui engagerait cet avenir pour une période de 50 années, ne soit pas homologué par le Gouvernement et il paraîtrait plus naturel que l'exploitation de nos lignes fût confiée à des sociétés, dont les intérêts ne soient pas en opposition avec ceux du Guillaume-Luxembourg. Dans tous les cas 6 les traités définitifs à intervenir réclameront toute l'attention du Gouvernement, et il paraîtra utile de sauvegarder autant que possible l'initiative à notre propre Société. IV. Voies navigables, raccordements des routes. I,a diète commerciale qui a siégé à Berlin au commencement de l'année dernière a porté son attention spéciale sur l'extension des voies de communication navigables, et dans un mémoire qu'elle a adressé aux gouvernements allemands, elle a fait ressortir les avantages qui en étaient résultés pour l'industrie et le commerce des pays étrangers où ces voies avaient reçu le plus d'extension et où elles complétaient le système des transports dont le prix élevé par les railways ne permettait pas toujours le mouvement des matières pondéreuses. La Chambre de commerce en eut une nouvelle occasion d'exprimer au gouvernement grandducal les vœux du pays pour l'amélioration de la navigation de la Sûre, comme route devant relier les cantons que cette rivière parcourt à la gare et au port de Wasserbillig, et procurer un écoulement aux richesses minérales qui pourraient y être exploitées. L'utilité de l'établissement d'une estacade à Wasserbillig se fait déjà vivement sentir dans l'intérêt de la navigation de la Moselle, presqu'entièrement abandonnée aujourd'hui, et deviendra d'une nécessité absolue pour l'industrie et la prospérité des chemins de fer de notre pays. — C'est à Wasserbillig aussi, point extrême de la frontière grand-ducale et lieu où aboutiront les produits d'une partie de nos Ardennes et du canton d'Echternach, que devrait être placée la gare de jonction de notre chemin de fer avec la Prusse. La continuation du chemin de fer d'Oetrange par Remich sur Merzig sera entreprise un jour; mais, en attendant, le redressement entrepris de la route de Remich facilitera les transports des produits du bassin de la Moselle y aboutissant, et la construction d'un pont à Remich ferait naître de nouvelles transactions avec la population de la rive prussienne, avantageuses non seulement à celte ville, mais aussi à une grande partie des cantons qui l'environnent. V. Postes et Télégraphes. L'art. 22 de la convention postale austro-allemande porte que les lettres chargées ne sont admises qu'affranchies; celte disposition a été révoquée dans les pays de l'union postale à l'exception du Grand-Duché. Il résulte de cette nouvelle mesure que notre commerce est obligé de supporter le port des lettres chargées qui lui sont adressées et de celles qu'il expédie; sous ce rapport il y aurait lieu d'introduire la réciprocité (*). L'envoi des valeurs et des petits paquets est sujet dans beaucoup de cas à une double taxe qui serait à économiser si l'administration des postes grand-ducales était, comme l'administration des postes prussiennes, chargée du transport des valeurs et petits paquets; il nous semble que ce mode d'expédition pourrait être changé maintenant dans le sens de l'art. 5 du traité d'union à ladite convention et le commerce être déchargé de la double taxe à laquelle ces objets sont assujettis maintenant (**). (*) Depuis la rédaction de cette partie du rapport, la disposition en question a également été révoquée pour le Grand-Duché. (**) Ainsi, par exemple, pour un envoi de Th. 13,000, expédié de Trêves à Luxembourg, l'administration prussienne, eu conformité des dispositions contenues dans le n° 25 du « Amts-Blatt des K. Preuss. Post-Departe- 7 Depuis la convention de poste conclue avec la France, le port des lettres dans l'intérieur de la France a été réduit de 30 à 20 centimes; il semble de toute justice que ladite convention soit modifiée dans ce sens, tout aussi bien que l'on est parvenu à faire rembourser la valeur des timbrespostes cassés comme insuffisants. La Chambre de commerce a aussi signalé récemment au Gouvernement quelques inconvénients résultant de l'inexécution de la loi du 1 e r août 1861 sur l'établissement de lignes télégraphiques pour compte de l'État. Il n'est pas douteux que la liaison télégraphique plus directe avec la France et la Belgique, et la transmission plus économique des dépêches, qui en résulteront, ne procure un revenu à l'État et des facilités au public. VI. Juridiction commerciale. Nous croyons utile de reproduire ici les tableaux annuels de la situation des affaires commerciales portées devant les deux tribunaux d'arrondissement. Nombre des affaires ayant figuré au rôle. Luxembourg. Nombre d'affaires terminées. Nombre des affaires restant à juger. Diekirch. Luxembourg. Diekirch. Luxembourg. 38 34 83 47 Diekirch. 23 du 29 juillet 1859 au 29 1860 232 61 198 du 29 juillet 1860 au 29 1861 280 106 233 23 58 139 24
- 266 324 du 29 juillet 1861 au 29 1862 Dans le nombre des affaires non terminées il en est d'introduites depuis plusieurs années et qui entraînent des frais disproportionnés avec la valeur du procès. Les tribunaux consulaires institués dans le temps en France, en Belgique et dans plusieurs villes de la Prusse rhénane, ont rendu des services qui ont engagé d'autres gouvernements allemands à les introduire dans leurs pays à l'occasion de l'adoption du Code de commerce allemand et de la récente suppression des jurandes et maîtrises. — Beaucoup de commerçants notables s'étaient adressés au Gouvernement grand-ducal pour le prier de doter Je Luxembourg d'une institution qui présente des avantages de promptitude et d'économie, de temps et d'argent sur les tri166 Sgr. ments prélève pour taxe de Trèves à Luxembourg et en outre, le sieur Wirtgen, pour le transport de la gare à la ville, prélève d'abord une taxe de 713/4 Sgr. 93 4 Sgr. plus un factage de 15 c. par coli faisant pour le cas spécial ci-dessus En tout 2471/2Sgr. de manière que le transport de la gare à la ville coûte près de 50 0,0 de la taxe principale. 8 bunaux ordinaires, et par son rapport du 20 novembre 1858 la Chambre de commere appuya cette demande q u i , à notre connaissance, n'a pas encore reçu de solution. Le tribunal de Luxembourg n'eut lieu de déclarer qu'une seule faillite en 1860, et une autre en 1861 qui fut levée par arrêt de la Cour. Le tribunal de Diekirch n'a pas eu occasion de déclarer de faillite en 1861 ; deux faillites ont été déclarées dans le courant de l'année
- Cette rareté de sinistres commerciaux ne devrait toutefois pas dispenser la législature d'introduire dans la procédure des faillites des mesures plus sommaires et tendant à ne pas diminuer le gage qui reste aux créanciers des faillis, par la surabondance des frais de justice; l'énormité de ces frais empêche même souvent les créanciers de faire déclarer la faillite du débiteur et les frustre ainsi du bénéfice d'une procédure régulière. — Il est vivement désiré que notre législation soit améliorée sous ce rapport ainsi qu'il en a été fait chez tous nos voisins. Par la loi du 17 novembre 1860 les sociétés anonymes françaises sont autorisées à ester en justice et à exercer tous leurs droits dans le Grand-Duché, de même que par une loi française de la môme époque, les sociétés luxembourgeoises sont autorisées à exercer leurs droits en France. Il serait extrêmement désirable de voir régulariser d'une manière analogue la position de nos sociétés anonymes relativement aux droits qu'elles peuvent avoir à exercer en Belgique, attendu que dans l'état de choses actuel il n'est pas même donné aux sociétés du Grand-Duché de pouvoir poursuivre un débiteur belge devant les tribunaux de son pays. Le gouvernement belge étant autorisé par la loi du 14 mars 1855 à accorder des droits de l'espèce a tous les pays, moyennant réciprocité, il semble qu'une réclamation de ce chef du Gouvernement grand-ducal ne doive pas rencontrer de difficultés. V U . Compagnies d'assurances. La Chambre de commerce a toujours émis des avis favorables sur les demandes qu'ont formées les compagnies d'assurances d'étendre leurs opérations dans le Grand-Duché; elle désirait laisser toute latitude aux particuliers qui leur accordaient confiance et maintenir parmi les compagnies la modération des primes. Les avantages de certaines assurances ne sont pas encore appréciés dans notre pays; mais quelques compagnies ont pu augmenter le chiffre de leurs affaires ; le règlement des sinistres ne peut pas toujours se faire à l'amiable et est souvent soumis à la procédure longue et coûteuse des tribunaux. La Chambre de commerce a proposé au Gouvernement des mesures tendant à surveiller la rédaction des polices d'assurances, à intervenir dans le règlement des sinistres et à faire exécuter sévèrement les dispositions de la loi sur le cautionnement à fournir par les compagnies. VIII. Brevets d'invention. Les brevets d'invention, de perfectionnement ou d'importation que le Gouvernement a accordés ne sont pas tous exploités dans le Luxembourg. — I I serait peut-être opportun de faire publier la liste de ceux q u i , par ce fait, sont devenus du domaine public, de même que la liste des brevets, dont le privilége a fait son temps. La loi du 25 janvier 1817 n'est plus en rapport avec les besoins de notre époque et à défau 9 d'une législation uniforme pour les États du Zollverein, il conviendrait de faire pour le GrandDuché une loi provisoire d'après les bases de la législation française. IX. Richesses minérales. Le Grand-Duché possède en grande abondance des minéraux exploitables et que les chemins de fer, en facilitant les transports, commencent seulement à mettre en valeur. Le sol des Ardennes n'est encore, il est vrai, qu'insuffisamment exploré, mais les matières commerciales contenues dans la partie Sud du pays sont en grande partie connues. Outre les gisements extraordinairement riches de minerais de fer, nous possédons des bancs presque incommensurables de chaux, de pierres de taille, de plâtre, dont l'exploitation n'était jusqu'ici que locale. Les voies ferrées ouvrent à toutes ces exploitations un vaste horizon en même temps qu'ils assurent à l'entreprise des chemins de fer pour une longue série d'années des transports, qui actuellement, quoique à leur début, leur fournissent déjà un certain revenu et finiront par procurer au chemin de fer une rente considérable, en même temps que la fortune du pays en sera augmentée dans une proportion qu'il est maintenant impossible de déterminer, même approximativement. Les compagnies de chemins de fer, en abaissant leurs tarifs, actuellement trop élevés, contribueraient à hâter le développement de cette branche importante de la richesse nationale. X . Minerais de fer. On peut diviser en trois catégories les minerais de fer gisants dans le Grand-Duché de L u xembourg : 1° Les minerais oolithiques ou minettes; 2° Les minerais d'alluvion de qualité tendre ou 3° Les minerais d'alluvion de fer fort. 1° MINERAIS OOLIT Les gisements de ce minerai s'étendent depuis sur une superficie de huit mille hectares environ Ce minerai se rencontre le plus souvent en cou riant, tant par la couleur que par la richesse des Ainsi, à partir de Dudelange jusqu'à Esch-sur-l'Alzette, les affleurements annoncent presque partout deux couches, l'une de couleur grise ou verte, l'autre de couleur rouge. La puissance de la couche verte varie de trois à quatre mètres, et son produit au haut-fourneau est de 15 à 32 pCt. ; elle prend naissance au sommet du plateau du côté du levant et s'incline vers Je couchant jusqu'à la frontière française, où elle disparaît sous terre. Jusqu'à présent, excepté sur le point d'Ottange, on n'a rencontré cette espèce de minerai dans aucune des exploitations de la Moselle ou de la Meurthe. A cette couche verte se trouve superposée une autre couche de minerai oolithique, rouge, assez horizontale et d'un rendement de 25 à 35 pCt. On peut faire cette remarque, qu'en général, plus la minette verte est riche, moins la couche superposée a de rendement. b 10 Les gisements qui sont sur le territoire de Belvaux, n'ayant pas encore été exploités, les drainées manquent pour indiquer avec quelque précision et leur importance et leur richesse. Sur certains points de la commune de Differdange, on rencontre des couches assez riches, sur d'autres et en plus grande étendue, le rendement est de beaucoup inférieur, mais les couches sont d'autant plus puissantes. La moyenne des gisements sur les sections de Pétange et Lamadelaine est analogue à ce qui a pu être apprécié jusqu'à présent dans la commune de Differdange. La section de Rodange se présente tout autrement; là, on retrouve deux couches ayant un rendement de 30 à 35 pCt. ; celle du dessous ayant une épaisseur de 2 mètres 30 centimètres, se trouve mélangée d'une certaine quantité de silice, tandis que la couche supérieure est pure on alliée à la chaux. En résumé, on peut admettre en moyenne sur les 8000 hectares une couche de 2m 50 cent., avec un rendement de 30 à 35 pCt., plus une autre couche de 4 mètres , pouvant produire de 15 à 30 pCt. Telles sont les ressources en. minerai oolithique; une faible partie seulement, un huitième env i r o n , se. trouve exploitable à ciel ouvert et par conséquent à volonté; le reste ne peut s'exploiter que par galeries ; la loi réserve au Gouvernement le droit de concession , question grave, sur laquelle il ne s'est point encore prononcé, et qui ne peut être agitée dans ce rapport. 2° MINERAIS D'ALLUVION , TENDRES ET MÉTIS. Ce minerai se rencontre sur une très-grande superficie dans le Grand-Duché : 1° à Mersch, en couches et puits, qualité mélisse d'une réduction assez difficile, à cause du quartz qui s'y trouve mélangé dans de fortes proportions; aujourd'hui o n est parvenu à traiter ce minerai plus facilement en l'alliant aux minettes calcaires de Rumelange, rendement de 35 pCt. environ, peu propres aux moulages; 2" à Marner, en couches et puits, exploitation facile, qualité tendre, rendement de 37 pCt., peu propre aux moulages; 3° à Kahler, Steinfort et environs, minerai alumineux, par conséquent très-propre aux fontes de moulages, d'un rendement de 30 à 35 pCt., généralement par couches; 4° à Clemency, Pétange, Bascharage et Schouweiler; ces communes donnent du minerai d'alluvion de même nature, produisant 40 pCt., mais impropre aux fontes de moulage à cause de la trop forte proportion de silice combinée ; 5° à Hesperange, Bettembourg et environs. Ces minerais ont beaucoup d'analogie avec ceux de Kahler, un peu moins alumineux, leur rendement ne dépasse guère 30 pCt. à cause des corps étrangers qui s'y trouvent mélangés. 3° MINERAIS D'ALLUVION , FER FORT. A. Differdange, minerai d'un rapport de 38 pCt., gisant sur les plateaux par couches et puits, d'une exploitation très-couteuse, tant par leur éloignement des lavoirs que par la pauvreté des 11 terres à mine; il se trouve aujourd'hui plus qu'à moitié épuisé, les parties les plus riches sont enlevées. Cette même qualité de raine se rencontre aussi sur les hauteurs d'Esch-sur-l'Alzette et de Kayl, niais peu abondante et d'une exploitation tout aussi coûteuse. COMMERCE ET EXPORTATION. La majeure partie des raines exploitées en ce moment dans le Grand-Duché de L u x e m b o u r g sont destinées à l'exportation en Prusse, en Belgique et même en France, en passant par la Belgique; le tableau ci-après indique l'importance de ces exportations. Le propriétaire y trouve un revenu convenable et l'ouvrier a son travail bien rétribué; c'est aussi une des principales recettes pour les chemins de fer. EXPORTATION PAR JOUR. BELGIQUE. Minerai oolithique. Minerai d'alluvion. Tonnes Usines de La Providence Châtelet Autres 100 25 75 TONNES tonnes 200 Usines de La Providence Châtelet Autres Acoz Forêt Monceau. 25 25 50 50 25 50 tonnes 225 PRUSSE. Usines d e La Neunkirchen 40 St-Imbert 4 0 Dilling 30 Burbach. 200 Autres 100 Quint 100 50 510 Burbach Autres 25 25 FRANCE. Haumont Maubeuge 100 20 120 GRAND-DUCHÉ DE LUXEMBOURG, Eich 2 5 Hollerich 1 0 Steinfort 5 Lasauvage 1 5 55 Tonnes 885 Eich Hollerich 10 Steinfort Lasauvage 15 5 15 \ Tonnes 45 320 XI. Industrie du fer. Production de la fonte brute. — Pourquoi celte immense exportation de minerai? Pourquoi, ce qui serait plus naturel, ne le consomme-t-on pas dans le Grand-Duché? La réponse à ces deux questions est toute naturelle : les voies de communications et surtout de communications à bon marché nous font défaut; les tarifs d'entrée du combustible surtout sont trop élevés. 12 Sous ce rapport nous nous trouvons bien en arrière de la Belgique et même de la France, où tous les efforts du Gouvernement tendent à favoriser Ja production et à arriver ainsi à des prix de revient qui permettent de lutter contre toute production étrangère, et par conséquent, d'empêcher les effets tant redoutés du traité de commerce avec l'Angleterre; aussi les usines de ce pays, loin de chômer, tendent chaque jour à se développer davantage ; et pourtant, quel pays présente plus de ressources que le Grand-Duché? assis sur les minerais de toute nature, placé entre deux gisements importants de combustible minéral, la Prusse d'un côté et ta Belgique de l'autre, l'industrie sidérurgique est naturellement appelée à s'y développer s u r de larges bases. Par sa position, le Luxembourg se trouve à portée de consommer les cokes belges de préférence aux cokes prussiens, défalcation faite des droits d'entrée. Le bassin de Liége, par le chemin de fer du Nord, doit fournir aux usines situées entre la ville de Luxembourg et la frontière belge; celles plus rapprochées de la ligne du Grand-Luxembourg s'approvisionnent plus facilement à Charleroi ; mais un droit de trois francs par mille kilogrammes vient paralyser l'avantage de ces ressources; ne serait-il pas possible d'arriver à la suppression de ce droit, ou tout au moins de le réduire dans de fortes proportions? On remarque bien les facilités, les réductions de tarifs accordées p o u r l'exportation de nos minerais; mais les cokes que nous recevons, les fontes que nous expédions, restent toujours soumis à des taxes élevées, et cela est si vrai que, par chemin de fer sur Sarrebrück, le transport coûte au moins aussi cher qu'alors que les expéditions étaient faites par le roulage et la navigation. A moins de circonstances imprévues la production de la fonte au bois ne pourra plus avoir lieu que dans de faibles proportions, la fonte au coke étant suffisante à la fabrication du fer en général; si une qualité supérieure est exigée, le fer est soumis à une double et même à une triple opération et l'on parvient à obtenir la qualité exigée. Ce n'est que pour des qualités extra et de peu d'importance que la fonte au bois peut encore être employée; aussi voyons-nous presque tous les hauts-fourneaux au b o i s éteints dans le GrandDuché et quelques-uns au coke s'allumer. Naturellement, cet état de choses a produit successivement, et depuis plusieurs années une réduction sensible sur le prix des bois à charbon; cette baisse n'a pas encore atteint ses dernières limites, il s'en faut de beaucoup. Aujourd'hui l'on ne pourrait pas produire de la fonte métisse, au bois, au-dessous de 100 fr. par mille kilogrammes, tandis que malgré les tarifs élevés de douane et des chemins de fer, on peut fabriquer de la fonte au coke à des conditions infiniment meilleures. Les consommateurs peuvent bien encore donner la préférence aux fontes aux bois, mais ils n'admettent pas une différence aussi sensible. Pour que la production de la fonte au coke dans le grand-duché de Luxembourg puisse acquérir l'importance que semblent l u i réserver ses grands gisements de minerai, il faudrait lui faire une position telle que la concurrence lui fût possible avec les établissements similaires situés sur les houillières; or, si les mines coûtent moins cher i c i , nous avons par c o n t r e à faire arriver le combustible de loin et à expédier au loin nos produits; la balance n'est pas en notre faveur. 13 Les usines à fer actuellement en activité sont : 3 hauts-fourneaux au bois; 3 hauts-fourneaux au coke; 1 feu d'affinerie. 1 atelier de moulage et de construction en grand, et plusieurs autres petits ateliers s'occupant plus spécialement de pièces de mécaniques. Les renseignements nous font défaut sur le nombre d'ateliers s'occupant de la sous-fabrication. Les trois hauts-fourneaux en activité au bois sont : a Steinfort, commune de ce nom; à Eich, à Lasauvage, commune de Differdange. Chacun de ces hauts-fourneaux produit journellement 3500 kilogrammes et occupe a l'intérieur 12 ouvriers et à l'extérieur pour facon de mines et charbons 25 ouvriers, plus 30 chevaux pour le transport de ces mines, de ces charbons et des produits. Les trois hauts-fourneaux au coke se trouvent: le 1er à Eich, commune de ce nom ; le 2e à Hollerich, Le 3e à Lasauvage, commune de Differdange. La quantité de fonte produite varie suivant la force motrice et la dimension des fourneaux. Dans l'état actuel des choses, Eich peut produire 10000 kilogrammes par jour, Hollerich 6000 Lasauvage 10000 Chacun de ces hauts-fourneaux occupe 25 ouvriers a l'intérieur et autant à l'extérieur p o u r la préparation des mines. . MM. A. Metz et Comp. possèdent à Eich un atelier de construction de wagons pour chemin de fer etc. occupant 50 ouvriers, plus un atelier de moulages dans lequel se trouvent occupés au moins 40 ouvriers. Un feu d'affinerie reste seuil en activité à Dommeldange, commune d'Eich. La quantité produite annuellement peut varier de 100 à 150 mille kilogrammes. Les ouvriers occupés sont au nombre de dix. Les cokes venant de l'étranger nous arrivent tout préparés; Liége et Charleroi produisent du coke de qualité à peu près identique. Le coke de Sarrebruck donne plus de cendres, est plus friable et par conséquent de qualité moindre. 14 A Luxembourg, dans l'étal actuel des choses, on peut consommer indifféremment et dans les mêmes conditions les cokes belges et les cokes de Sarrebruck. PRIX PAR MILLE KILOGRAMMES. Cokes belges. Achat s u r place Transport Droits d'entrée Déchet de 4 fr. 18 10 3 pCt. 1 20 fr. 32 20 Cokes prussiens. Achat sur place fr. 18 Transport 6 50 Déchet de 20 pCt. . 5 Consommation en plus de 10 pCt. à cause des cendres 3 fr. 32 50 X I I . Carrières de grès. Les carrières de pierre de taille sont nombreuses et forment une des richesses principales du pays; on peut les diviser en trois catégories selon la nature des terrains où elles se trouvent : {• La formation oolithique, à la frontière-française, entre Dudelange et Rodange, renferme des bancs de pierre de taille très-estimés; cette pierre, carbonate de chaux oolithique, à grains assez gros, ne cède ni au froid ni à l'eau; en général la couche de bonne pierre de taille exploitable, a de trois à quatre mètres de puissance. Les bancs qui s'étendent sur 12 a 15 hectares de la commune de Differdange ont été exploités de temps immémorial et se trouvent aux trois quarts épuisés. Partout dans les vieilles exploitations on est arrivé à de très-grandes profondeurs.. Une certaine étendue, de 12 à 15 hectares dans les bois de Niedercorn et dans des terrains particuliers peut encore être exploitée. Le prix de cette pierre de taille qui n'était que de 15 francs par mètre cube, il y a une dizaine d'années, se trouve porté aujourd'hui à 24 francs et tend à hausser encore. On trouve de ces mêmes pierres dans les communes d'Esch et de Kayl, de qualité un peu moins bonne. Depuis l'ouverture du chemin de fer i l s'exporte des quantités considérables de ces pierres en Belgique. 2° Les grès de la formation du Keuper forment dans le canton de Redange et les environs des bancs assez puissants, fendus verticalement en gros cubes; c'est une très-bonne pierre de construction. Les carrières de Berg et surtout de Niedermertzig fournissent une pierre très-estimée pour l'architecture et la sculpture. Le commerce de ces exploitations dont nous n'avons cité que les principales, est assez considérable; toutefois des renseignements plus complets nous font défaut. 3° Les carrières de grès de la Sûre, appartenant au grès bigarré, sont les plus importantes. Ces grès ont une grande réputation due aux bonnes qualités qui les rendent aptes à une foule d'emplois aussi bien dans l'architecture que dans l'industrie. Les bancs sont pour ainsi dire inépuisables; on en extrait des blocs de quelque dimension qu'on les-désire, les bancs étant compacts et parfaitement homogènes. Le long de la Sûre une trentaine de carrières sont en exploitation ; les plus estimées sont celles de Dillingen, Girst et Born. Le commerce de ces pierres, déjà très-considérable, prendrait promptement un grand développement, si les transports étaient rendus plus faciles par la construction d'un embranchement du chemin de fer ou une bonne canalisation de la Sûre. Les prix varient de quinze à vingt francs par mètre cube de pierre brute; 15 les dalles se payent de fr. 1 25 à 2 francs le mètre carré. Les pierres s'expédient en blocs de toute grandeur vers le Bas-Rhin, la Belgique et même plus loin. Un grand avenir est réservé à ces exploitations. XIII. Pierres à chaux. Sauf dans les Ardennes, les calcaires se trouvent partout dans le pays en très-grande abondance. Nous empruntons à un travail de M. Reuter, professeur à l'Athénée, l'énumération des principaux gisements et, nous disons avec lui : les calcaires sont pour BOUS une richesse inappréciable, et la nature, en nous dotant de ces immenses dépôts de roches calcarifères, nous a donné un trésor bien précieux. Le calcaire coquillier, appartenant à la formation du trias, longe la Moselle depuis Remich jusqu'à Wasserbillig et y atteint parfois une puissance de 70 mètres. De Wasserballig jusqu'à Echternach il forme des couches de 5 à 6000 mètres de largeur. — De Dillingen jusqu'aux environs de Bettendorf on le voit sur les deux rives de la Sûre, et de ce dernier endroit il suit les sinuosités du grès bigarré jusqu'à la limite du Grand-Duché, où toutefois l'épaisseur des couches est comparativement beaucoup plus faible. Le calcaire du Keuper forme des bandes d'une faible épaisseur dans les marnes irisées. Sa puissance est ordinairement de-6 à 7 centimètres et dépasse rarement 50 à 60 centimètres. Le calcaire infraliasique se trouve sous le grès de Luxembourg. Son épaisseur moyenne est de 3 à 7 mètres; cependant dans la vallée de la Marner, près de la Neumax-Mühle, on le trouve de 18 à 20 mètres d'élévation. Le calcaire à gryphées est très-répandu dans le pays. Entre Steinfort et Keispelt il constitue des dépôts qui s'allongent, en traversant le pays, jusqu'au territoire français. Il atteint sa plus grande puissance entre Mondorf, Welfrange, Hellange, Elvange et la frontière française. Dans ces localités elle dépasse peut-être 20 mètres, tandis que dans les environs de Strassen et de Bertrange, elle se réduit parfois à 45 ou 50 centimètres. La chaux, n'ayant qu'une valeur faible, comparativement à son poids, l'exploitation commerciale en est naturellement subordonnée aux conditions des prix de transport. Aussi des exploitations sur une grande échelle n'ont-elles jusqu'ici existé que sur la Moselle et la Sûre. Le commerce de la chaux sur la Moselle n'a même plus l'importance qu'il avait il y a une d i x a i n e d'années, où de grandes quantités de cette matière étaient exportées sur la Basse-Moselle et le Rhin; aujourd'hui ces contrées prennent en échange des quantités considérables de pierres calcaires. Les progrès constants de l'agriculture sont d'un autre côté la cause d'une consommation considérable et croissante de la chaux employée comme amendement des terres, et le chemin de fer du Nord ouvrira pour cette matière de nouveaux débouchés à nos carrières en facilitant le transport de la chaux dans l'Ardenne. Le commerce de la chaux appartient' en grande partie aux maîtres de forges, qui en font une production accessoire de leurs hauts-fourneaux, en utilisant à la calcination les gaz perdus, et le reste se divise entre une foule de petites exploitations locales répandues sur tout le pays. XIV. Tuf calcaire. Outre la pierre à chaux, il s'exploite aux environs d'Echternach. un banc de tuf calcaire. Cette 16 roche peut se tailler et scier selon toutes les dimensions; en raison de sa grande légèreté et de ses qualités hygrométriques elle est recherchée pour les voûtes d'église et la construction de cloisons. Les meilleures qualités, calcinées, donnent un blanc très-estirné pour le badigeonnage. Le commerce de ce tuf calcaire a acquis une certaine importance et ne pourra que s'accroître lorsque les voies de communication de la Sûre seront améliorées. XV. Schistes bitumineux. Sur beaucoup de points du pays on trouve des dépôts de schistes bitumineux. Certains de ces dépôts donnent par la calcination dans des fours spéciaux un excellent ciment, ce qui fait la base d'une industrie nouvelle. Le ciment fabriqué aux environs de Luxembourg a été employé, à l'exclusion de toute autre espèce, pour la construction de nos viaducs et s'est trouvé de qualités au moins égales à celles d'autres ciments dont les prix sont considérablement plus élevés; il a ainsi fait ses preuves et nul doute que cette industrie n'ait de l'avenir. XVI. Plâtre. Les plâtres également sont très-abondants dans la partie Sud du Grand-Duché. Outre ceux de qualité inférieure qu'on trouve en bancs compacts et parfois continus le long de la Sûre depuis Diekirch jusqu'à l'embouchure, des plâtres de qualité presque pure se rencontrent dans les couches supérieures des marnes" irisées à Remich et Schengen, dans la vallée de Trintange, à Montfort, à Steinsel etc. — Ce dernier plâtre se rencontre en blocs et roches plus ou moins grands enveloppé dans les marnes; souvent il est d'une blancheur et d'une compacité cristalline pouvant rivaliser avec celles des albâtres d'Italie et qui permet de le travailler au tour et au burin tout aussi bien que celui-ci. Le commerce et l'exportation du plâtre, quoiqu'ayant déjà pris quelque développement depuis l'ouverture des chemins de fer, est encore bien loin d'atteindre l'extension qu'il comporte. Les plâtres que nous possédons s'extraient à des prix qui leur rendraient facile de concourir avec ceux de Monmartre, les seuls à peu près, qui jusqu'ici fournissent le marché de la Belgique ; mais ici comme pour les autres matières pondéreuses et à bon marché, les prix trop élevés des transports entravent le développement des exploitations. XVII. Meunerie. Les mauvaises conditions (signalées dans notre rapport de 1857) dans lesquelles travaille l'industrie de la meunerie, existent toujours. La forte concurrence intérieure, provenant du nombre disproportionné des moulins et du manque d'exportation, se maintient; la concurrence étrangère, notamment de la France, est devenue plus facile et plus sensible depuis l'établissement de nos chemins de fer. Le département de la Moselle a une production exceptionnelle de froment; la France importe en outre par ses ports de Marseille et du Havre des quantités très-considérables de blés, ce qui permet très-souvent à ce pays de nous fournir des grains à des prix inférieurs aux nôtres (ce qui a encore eu lieu cet automne) et de livrer des farines avec un droit d'entrée de fr. 3 75 par 100 kilogr. XVIII. Huilerie. Le Grand-Duché ne produit pas les graines oléagineuses en quantité suffisante pour les besoins de ses huileries qui sont, pour la majeure partie de leur approvisionnement, tributaires de la France et surtout de la Belgique: Ce dernier pays, tant par sa production si étendue que par ses 17 grandes facilités d'importation par eau, des graines oléagineuses, a donné à la fabrication des huiles un très-grand développement; aussi la ville de Termonde est-elle un des principaux marchés régulateurs des huiles du continent. C'est ainsi que la Belgique importe chaque année des huiles dans notre pays à des prix trèspréjudiciables à nos fabricants. Dans ces conditions, un de nos fabricants a trouvé préférable, pour la campagne de cette année, de restreindre sa fabrication et d'acheter des huiles, et un autre n'a pas activé du tout son établissement. Une autre grande entrave pour nos huileries, c'est la difficulté de la vente des tourteaux, nos cultivateurs n'engraissant que peu de bétail et n'employant pas du tout les tourteaux, pour l'amendement des terres. Une grande partie de ce produit des huileries doit, pour trouver son placement, regagner le lieu de sa provenance, ce qui occasionne pour le même article un double transport d'autant plus onéreux qu'il a lieu à d'assez grandes distances sur un produit q u i , pour un grand poids, représente une valeur relativement minime. Ces frais, pour les tourteaux, varient de 14 à 17 p. 100 de la valeur; pour les graines de 6 à 8 p.
- XIX. Brasserie. L'industrie de la brasserie est généralement dans de bonnes conditions, surtout à Luxembourg où elle continue à étendre sa production. Nos brasseurs doivent cet état prospère de leurs affaires à l'adoption des bons procédés de fabrication usités en Bavière; aussi nos bières sont très-estimées en France et en Belgique où elles ne cèdent guère le pas aux produits similaires de la Bavière. L'exportation se dirige de préférence vers la Belgique, où nos bières trouvent un bon placement quoique supérieures en prix à celles de ce pays. Notre Gouvernement pourrait beaucoup contribuer à l'essor de cette industrie, en accordant pour la perception des droits d'accise les mêmes facilités que ta Prusse concède, à savoir l'adoption d'un chiffre fixe de droits annuels pour une série d'années, au lieu du contrôle de tous les jours et de la contrainte de l'heure du travail qui occasionnent à nos brasseurs des pertes de temps et des frais considérables, sans grand avantage pour le fisc. En 1861 cette industrie a consommé 1,056,255 kilogrammes de matières farineuses, soit un dixième de plus que la moyenne des trois années antérieures, sans pouvoir satisfaire à la consommation, à laquelle la production de 1862 cherche à suffire. L'introduction de la bière de Bavière, en apportant de la concurrence, a eu pour effet une amélioration du produit de nos brasseries, qui est arrivé au point d'être demandé du dehors, ainsi qu'il est indiqué plus haut. XX. Vin indigène. D'après les relevés officiels de la production viticole, la moyenne de 23 années (1839 à 1861) est de 42,327 hectolitres; la moyenne des dix années de 1851 à 1861 n'est que de 39,574 hectolitres, à laquelle la soustraction des années 1854 et 1858, respectivement la plus forte et la plus faible, n'apporte que peu de modifications. Le rapprochement des produits de deux années successives pendant la dernière période décenAnnexe au Mémorial 1862, IIe partie. c 18 nale est assez curieux; on remarque pour les années 1852 — 38,573 hectolitres; 1853 36,705 1855 17,449 1856 21,150 1857 70,850 1858 73,407 1860 26,126 1861 26,327 Sans attacher d'importance à ces chiffres, l'avenir nous dira s'ils sont uniquement l'effet du hasard, ou bien si la température seule favorise ou contrarie les soins plus rationnels qui sont donnés à la culture, quant à la quantité des produits, la qualité étant par suite de celte dernière raison devenue très-supérieure à ce qu'elle était autrefois. On reconnaît avec satisfaction que les prévisions funestes que l'on craignait pour cette branche de nos produits, lorsqu'il fut question de notre entrée au Zollverein, ne se sont pas réalisées, mais que cette grande mesure a eu un résultat très-favorable à nos vignerons. La Belgique n'introduit chez elle que les vins dont la loi, dite de faveur, permet l'entrée en franchise de droits. Les quantités qu'elle reçoit ainsi ne sont pas très-considérables et n'ont atteint en 1860 que 264 hectolitres. La France et l'Allemagne sont devenues consommateurs de nos vins; les prix n'ont pas cessé d'être rémunérateurs (*). XXI. Foires et marchés. Il y a dans le Grand-Duché 133 foires, dont 13 à Luxembourg et à Echternach, 12 à Eltelbrück et à Wiltz, 6 à Grevenmacher et à Remich. — Les foires principales aux bestiaux sont devenues très-considérables; d'autres foires, dont on avait tenté de fixer la tenue en évitant la coïncidence entre elles et avec les jours fériés par les Israélites, n'ont de l'importance que pour autant qu'elles acquièrent peu à peu de meilleurs moyens de communication. La foire aux étoffes de laine instituée à Luxembourg a acquis à peu près toute l'importance dont elle est susceptible dans l'état actuel de celte industrie. Il y a été exposé en vente en 1861 en 1862 en 1860 de Wiltz, par 26 fabricants 886 pièc. ; par 28 fabr. 767 pièc. ; par 30 fabr. 859 pièc. 15 349 12 347 d'Esch s. S. 15 442 32 811 35 913 de Larochette 35 711 2019 pièc. 2027 pièc. 2039 pièc. La valeur moyenne des pièces était de 63 francs. Les deux tiers de ces quantités ont été vendus en foire. Larochette y a vendu en outre environ 500 kilogr. de fil de laine à tricoter au prix moyen de 7 francs. Cette foire menaçait de dégénérer en commerce en détail; l'administration communale de Luxembourg a pris à cet égard des mesures dans l'intérêt des marchands en détail de la ville et des fabricants mêmes sous le rapport du maintien de ce mode de vente avantageux à ces derniers. (*) Les renseignements sur la distillerie se trouvent dans le rapport de la commission d'agriculture pour
- 19 La foire aux laines qui devait se tenir pendant le mois de juillet, également à L u x e m b o u r g , n'a pas eu lieu faute d'étaleurs. L'établissement de marchés hebdomadaires semble devoir être encouragé dans l'intérêt des localités populeuses. X X I I . Commerce de chevaux et bestiaux. Le Rapport général présenté par la Commission d'agriculture sur la situation agricole du GrandDuché, contenant d'intéressants détails sur cette branche importante de l'industrie du pays, nous nous bornons à reproduire la comparaison des relevés des recensements officiels des c h e v a u x et bestiaux de 1857 et
- Le nombre de porcs, qui en 1859 avait été de 70867, est descendu en 1860 à 6 0 9 5 7 et a encore diminué en 1861 de 12708; ce résultat doit, dit-on, être en partie attribué à l'introduction de porcs étrangers pour la boucherie. Races. Nombre d'animaux domestiques récensés en 1857 1861 Chevaline 20022 21594 Bovine 90098 90485 Ovine 55910 73569 Porcine 50323 48249 Asine 65 61 Mulets 2 3 Caprine 11853 14435 XXIII. Fayencerie et poterie. Les manufactures de poterie et de poterie fine dans le Grand-Duché doivent leur origine au bas prix que le bois y avait jadis. Mais ce prix s'élevant toujours, on a dû abandonner ce combustible pour le remplacer par la houille. Malgré l'économie faite par ce changement, nos manufactures se trouvent dans une fausse position comparativement aux nombreux établissements, créés plus tard et qui se sont rapprochés autant que possible des houillères. Le moyen principal d e rendre cette position moins défavorable, serait donc de raccourcir autant que possible les voies qui nous amènent le combustible minéral (chemin de fer Luxembourg-Remich-Merzig) et d ' e n g a g e r la société qui exploite nos chemins de fer, à réduire les prix de transport aux taux adoptés e n Belgique 20 et en Prusse. Dans le moment, le rapport du prix de transport dans le Grand-Duché, la Belgique et la Prusse est de 2½, 2 et11/1— 1¼. La fayencerie de Septfontaines occupe actuellement 122 ouvriers et 22 garçons-apprentis. Le prix de la main-d'œuvre varie entre fr. 1 25 à 2 30 par jour, selon l'emploi des manœuvres. Les fayenciers (tourneurs, tournasseurs et mouleurs) et les décorateurs gagnent de fr. 800 à 1500 par an. La somme totale payée aux ouvriers approche de fr. 70,
- La production s'élève approximativement à fr. 250,000 par an, et les produits trouvent leur débouché dans le Grand-Duché, en Allemagne, en Belgique, en Suisse et en Amérique. Les matières premières viennent pour une grande partie des pays avoisinants et sont amenées presqu'exclusivement par les chemins de fer. Une partie des marchandises produites s'écoule par les mêmes voies dans le commerce, et le poids total des matériaux (houille comprise) et des produits transportés par chemin de fer dépasse 2,000,000 kilogrammes. La manufacture d'Echternach, qui avait interrompu ses travaux pendant quelque temps, vient de prendre, après être reconstruite en grande partie, un nouvel élan. Dans ce moment, la production s'élève à peu près à un quart des chiffres, cités pour Septfontaines, mais il n'est pas à douter que l'extension de ses affaires n'aille s'accroître bientôt. Ses produits se vendent tant dans le pays qu'en, Belgique. La mise à exécution du nouveau tarif entre le Zollverein et la France ouvrirait un nouveau marché à ces deux établissements. La fabrication de poterie grossière se trouve représentée à Echternach et à Nospelt. Les établissements sont peu importants et la production totale ne surpasse guère fr. 15,000 par an; les produits se vendent dans le pays. XXIV. Draperie. La fabrication d'étoffes de laine est généralement prospère-; l'importance des produits de Wiltz, Larochette et Esch-s.-S. est indiquée, en partie, au paragraphe des foires; la fabrique de Schleifmühl vend pour au delà d'un million de francs ; dans l'établissement sont occupés environ 300 ouvriers. Des données plus amples sur la draperie nous font celte fois défaut. X X V . Tisseranderie. Cette industrie a diminué de beaucoup dans le pays depuis 1857; une grande partie des ouvriers tisseurs ont abandonné leurs métiers, pour aller travailler aux travaux de la fortification ou à ceux des chemins de fer, où ils ont trouvé des gains plus en rapport avec leurs besoins que dans leur état de tisseur. 120 ouvriers ont cependant continué à tisser depuis 1857 jusqu'en 1861 et ont pu gagner chacun en moyenne de 650 à 700 fr. par année. Le tissage des toiles se fait toujours sur la même échelle que par le passé, sauf que la plupart des tisserands de la, campagne ne trouvent à s'occuper que pour la clientèle et pendant la bonne saison seulement; dans la ville et aux environs, où il y a une trentaine de tisserands, la moitié travaille également pour Ie commerce, Les ouvriers tisserands de la campagne, s'ils trouvent de l'occupation pendant neuf mois de l'année, peuvent gagner de 400 à 450 fr. ; ceux qui travaillent pour le commerce gagnent de 600 à 650 fr. I l a été question à d'autres occasions du tort que le travail dans les prisons fait surtout à cette industrie. 21 Une tisseranderie s'est fondée à Remich depuis quelques années ; elle fabrique des tissus de coton, de laine et de demi-laine ; on y emploie des métiers mécaniques mus par la vapeur. X X V I . Teinturerie et Blanchisserie. Les teintureries en fil et en pièces occupent 40 ouvriers, dont les gains en moyenne sont de 700 francs par an. Il y a une blanchisserie dans le pays qui occupe 25 à 30 ouvriers, dont le gain en moyenne est de 600 francs. Depuis quelque temps on a joint à celle branche la confection de blouses et de chemises, pour laquelle on occupe 50 couturières gagnant en moyenne 300 fr. par an ; c'est une branche qui promet de bien prendre dans le pays, mais qui momentanément souffre à cause de la crise c o t o n n i è r e , comme tontes celles qui s'y rattachent. XXVII. Tricots circulaires. Il existe dans tout le Grand-Duché % fabriques de tricots sur métiers circulaires au nombre de 40, qui emploient à peu près 20 hommes tant pour mettre les métiers en mouvement que mécaniciens, dégraisseurs et fileurs et qui peuvent gagner fr. 2 50 par jour, soit ensemble fr. 15,
- 140 couturières gagnent en moyenne fr. 0 75 à 1 fr. par jour, soit 40 à 42,000 fr. 25 métiers ont été en mouvement pendant les années 1859 à 1861 et môme pendant une partie de 1862, mais la hausse extraordinaire des colons n'a plus permis aux fabricants de r e n o u v e l e r leurs provisions ; le chiffre de 25 métiers se trouve réduit actuellement à 10 ou 12, qui, à peu d'exception, ne travaillent plus que la laine. La valeur des tricots de laine qui se fabriquent annuellement dans le pays peut s'évaluer de 250,000 à 300,000 fr. par un poids total de 10 à 12000 kilogrammes de laine fine et de quelques milliers de kilogrammes de laine ordinaire. Nos tricots t a n t laine que coton jouissent d'une très-bonne réputation dans toute l ' A l l e m a g n e . XXVIII. Confection d'habillements. Dans les derniers temps il s'est créé une autre industrie, qui ne pourra manquer d e prendre du développement. C'est la confection pour hommes et pour dames; mais elle n'est encore qu'à sa naissance. X X I X . Fabrication de matériel et d'ustensiles. Les besoins du service du chemin de fer ont donné naissance à l'atelier de c o n s t r u c t i o n de MM. A . Metz et Comp. à Eich, mentionné déjà plus haut. M. J. Michel à Eich c o n s t r u i t d e trèsbons moteurs hydrauliques et d'autres machines. La fabrication d'instruments agricoles est florissante ; l'usine royale de Berg s'est appliquée spécialement à produire de ces instruments et à les populariser dans les campagnes; le mérite de ces produits a été distingué dans plusieurs expositions; les ateliers de MM. Dondelinger à Bonnevoie, Keller-Steichen à Bergem et b e a u c o u p d'autres qui occupent des spécialités de cette branche, sont prospères et contribuent à faire connaître à l'étranger l'industrie du Luxembourg grand-ducal. 22 M. Kuntgen-Fox à Luxembourg use environ 100,000 kilogr. de fil de fer par an à la fabrication de pointes sur neuf machines cloutières et qui suffisent à peu près à la consommation du pays. M. Aschmann à Bous fabrique avec succès des ustensiles de ménage en fer, des étrilles, des ferrements etc.; il occupe dix-huit ouvriers, qui font environ pour 1000 fr. de produits par semaine, dont la valeur consiste principalement en main-d'œuvre. Des ouvriers français sont venus établir près de notre capitale une fabrique de voitures suspendues sur ressorts; leur récente construction d'ateliers propres à leur industrie fait augurer favorablement du succès de cette industrie, qui d'ailleurs était exercée ici avant eux sur une moindre échelle. XXX. Ganterie. Depuis 1857, époque du dernier rapport, le nombre des fabriques, alors de cinq, s'est réduit à deux, celles de MM. Charles et Comp. et celle de M . G. Mayer; les autres ont liquidé par diverses causes. Le développement de la fabrication, assez marquant pendant les années de 1858 à 1860, s'est depuis lors un peu ralenti dans sa marche ascendante. Les crises commerciales des dernières années, la guerre civile d'Amérique, où nos fabriques avaient un grand débouché, le renchérissement extraordinaire des salaires et, par suite, un prix de vente plus élevé, ont contribué à ce résultat. D'un autre côté l'insuffisance du nombre des couturières est une entrave an développement dont celle importante industrie serait susceptible, car l'AIlemagne et surtout Cologne, profilant de l'école faite si chèrement par les fabricants qui ont introduit cette industrie dans le Grand-Duché, viennent aujourd'hui occuper nos ouvriers, en concurrence avec les fabriques du pays. Si cela est une entrave pour nos fabricants, au moins il en résulte un salaire plus élevé pour les nombreuses ouvrières occupées à la couture. Les fabricants font des efforts incessants pour remédier à cet inconvénient, efforts qui profitent surtout à la classe peu aisée de nos concitoyens et au succès desquels le Gouvernement pourrait venir en aide par des mesures appropriées aux circonstances; la ganterie étant pour le GrandDuché une industrie extrêmement importante, ce côté de la question mérite de la part du Gouvernement une attention sérieuse. En effet, deux et même trois mille personnes, selon les saisons, trouvent leur existence dans la ganterie; ce sont en majeure partie des femmes, qui travaillent à domicile et peuvent ainsi en même temps surveiller leur ménage et soigner leurs enfants. Pour les autres ouvriers, tels que mégissiers, coupeurs, teinturiers etc., le Luxembourg peut soutenir la lutte avec l'Allemagne. Les deux fabriques occupent en mégissiers et ouvreurs teinturiers coupeurs emballeurs et manœuvres couturières au moins 70 hommes. 45 65 25 1800 femmes ensemble 2005 personnes. 23 La moindre partie des ouvrières habitent la ville, le plus grand nombre demeurent aux environs, d'autres, plus éloignées habitent les cantons de Remich , de Capellen et même celui de Wiltz. Les travaux des campagnes ont naturellement une grande influence sur le nombre des ouvrières; en hiver le nombre est double de celui de l'été. Le salaire des ouvriers ne peut pas être estimé à moins de fr. 300,000 à 375,
- Le produit total des deux fabriques peut être évalué à 30.000 douzaines paires de gants, valant fr. 900,000 70,000 et à 10,000 douzaines peaux de chevreaux, valant fr. 970,000 Les produits s'expédient en Allemagne, en Russie, en Hollande, en Amérique et en Australie. La Belgique et la France, nous sont fermées par des droits d'entrée prohibitifs. Le bon goût de la coupe, la solidité des couleurs, la bonne couture, la force et la souplesse du cuir, valent à nos gants une renommée bien établie et les ont fait distinguer aux expositions de 1 8 5 1 , de 1861 et
- MM. Charles et Comp. ont obtenu la grande médaille aux trois expositions, à L o n d r e s , à Metz et à Paris. M. Mayer la première médaille à celle do Metz en
- XXXI. Tannerie. L'état de malaise, qui pendant les dernières années a affecté la plupart des industries, et surtout la baisse dans le prix du produit fabriqué auraient pu avoir une influence directe sur la quantité de cuirs que l'on travaille annuellement à Wiltz et aux environs, mais les réserves antérieures de fonds, la perspective ou plutôt l'espérance d'une reprise dans les affaires, et enfin la baisse de la matière première ont permis à nos tanneurs de faire leurs achats habituels. Les chiffres suivants présentent la moyenne de la fabrication annuelle des cuirs: 1861 —
- Nombre Lieux. des cuirs. Valeur actuelle Poids des cuirs fabriqués 35 livres, moyenne par cuir. à fr. 1.80 p a r . Wiltz 28,000 980,000 1,764,000 Clervaux 10,000 350,000 630,000 4,000 140,000 252,000 2,000 70,000 126,000 Enscherange Wilwerwiltz etc Schimpach et environs de Wiltz 1,540,000 2,772,000 44,000 demi kilo. ] francs. cuirs. Ces chiffres, à peu d'exception près, sont les mêmes que ceux donnés dans le précédent rapport. Total. 24 Mais, si la quantité des produits est restée la même, la valeur en a changé. Il y a depuis 1860 une baisse de 0.35 à 0.40 par demi-kilo de cuir fabriqué. Pour faire apprécier les fluctuations du prix de cet article, nous donnerons ci-après le tableau des prix moyens obtenus ces dernières années : On a réalisé, Thalers de convention en moyenne en a environ 3.21 centimes. Septembre 1855 40 Avril 1856 51 Septembre 1856 55 Novembre 1856 60 Avril 1857 72 Septembre 1857 85 Avril 1858 65 Septembre 1859 67 — 68 Avril 1860 73 — 75 Septembre 1860 70 Avril 1861 67 — 68 Septembre 1861 par100(...) Zoll-Gew. ou 50 kilo. 64 Avril 1862 60 Juin 1862 58 Septembre 1862 60 Le tannage est une préparation qui a pour but de produire une combinaison du tannin avec la substance du cuir et les fibrilles qui en forment le tissu; on a essayé diverses méthodes pour parvenir à ce résultat. Les uns épargnent du temps et consomment plus d'écorces, d'autres emploient les jusées etc. ; aucune n'équivaut pour la qualité du produit à l'ancienne méthode que les tanneurs de Wiltz et des environs ont conservée, et qui consiste à mettre sur chaque peau, après l'avoir fait préalablement gonfler, l'écorce moulue, à peu près sèche. Pour que l'effet désiré se produise bien, il faut renouveler la mise en fosses par trois fois, à dix ou douze mois d'intervalle et saupoudrer chaque fois les peaux de nouvelle écorce. 25 On aura donc, d'une manière approximative, le nombre total des cuirs en fosses dans les tanneries mentionnées au tableau donné plus haut, en multipliant par 2½ environ le nombre des cuirs renseigné pour la fabrication annuelle. Nombre des fosses. — On peut admettre que le tanneur, qui travaille chaque année mille cuirs, a besoin de 50 à 55 fosses, i l lui faut de plus des cuves pour les écorces aigres, et pour faire gonfler les peaux (20 — 25) ; prenant le chiffre de 55 pour base, on a : Pour Wiltz 1540 fosses, réparties entre 18 tanneries, dont 11 grandes. Clervaux 550 6 4 2 Enscherange etc. 220 2 n Schimpach etc. 110 3 1 grande. 2420 29 de plus, les autres cuves à écorces. On évalue le nombre des ouvriers à raison de dix par mille cuirs fabriqués; a ce taux Wiltz a par conséquent — 280 ouvriers tanneurs: Clervaux 100 Enscherange 40 Schimpach etc. 20 Ensemble 440 ouvriers tanneurs. Il est toutefois à remarquer que ce nombre d'ouvriers n'est employé que pendant six mois de l'année en moyenne, savoir : depuis octobre — novembre à avril — mai. Pour la période d'été il faut déduire les 3/4 du nombre d'ouvriers employés en hiver. Pendant l'hiver les ouvriers travaillent 8 heures par jour et gagnent de 1 franc à fr. 1 .
- Pendant l'été le travail est d ' e n v i r o n 10 heures et le salaire de fr. 1.25 par jour. La plupart des ouvriers tanneurs sont encore ou maçons, charpentiers, plafonneurs etc., de manière que pendant l'été ils ont ordinairement un emploi de leur travail et gagnent d e plus grands salaires, soit de fr.
- 75 à 2 fr. par jour, d'autres vont augmenter les bras dont ont besoin nos agriculteurs, pour l'enlèvement des écorces et pour la moisson. Cette demande d'ouvriers est quelquefois si grande que les tanneurs ont beaucoup de peine a les conserver a. l a tannerie jusqu'à terminaison de l'ouvrage. Ce qui reste se compose d'ouvriers sans autre état, âgés, infirmes, ou d'enfants. Lorsque l'hiver arrive, lorsque les bâtisses sont achevées, alors l'ouvrier rentre au foyer et reprend s o n ancienne occupation. Le plus grand nombre ont une habitation, un petit jardin et une vache. Jusqu'à ce jour, le seul débouché pour les cuirs tannés est le Zoll-Verein, Las foires de Francfort s / M . , Cassel, Brunswick, Leipzig, facilitent les transactions en gros. Toute concurrence avec les industries similaires en France et en Belgique était i m p o s s i b l e par suite des droits prohibitifs qui grèvaient nos produits à l'entrée dans ces pays. Le traité de commerce projeté entre la France et le Zollverein établit pour les cuirs un droit réciproque de fr. 7.50 par 50 kilo. Si le traité est adopté, ce sera un grand pas de fait; mais les désirs de la plupart Annexe au Mémorial 1862, Il partie. d 26 de nos tanneurs allaient plus loin : ils auraient voulu la libre entrée sur les deux territoires, la honté de nos produits n'ayant pas de concurrence sérieuse à redouter ni de France, ni de Belgique. Les tanneries activées dans le canton de Luxembourg sont au nombre de dix-sept et les fosses continuellement employées de cent septante-huit. — 54 ouvriers y sont occupés et touchent un salaire de fr. 1.75 à fr. 2.50 par jour, gradué selon leur aptitude à faire tous les ouvrages de la fabrication des différentes espèces et qualités de cuirs et de peaux ; il est à remarquer aussi que ces salaires sont payés pour des journées de neuf et demie heures. La quantité de cuirs tannés annuellement est de 20,900, dont 5,900 cuir fort pour semelles, 6,000 cuir de pays dont 4000 pour empeigne et 2000 pour vache lissée, 3,500 Calcutta et Java pour empeigne, 5,500 peaux de veaux. 20,900 Les rognures de cuir se vendent au prix de 20 francs les 50 kilos, et s'écoulent vers l'Allemagne et la France ; la vente annuelle peut produire une somme de 8000 francs environ. Les renseignements précis nous manquent quant aux tanneries des autres parties du pays et seront compris dans les rapports subséquents. XXXII. Colle forte. Une seule maison à Wiltz s'occupe de la fabrication de la colle forte. En position de faire ses achats de matière première sur la place même, elle peut produire une qualité excellente et très appréciée; elle la fabrique presqu'uniquement de rognures provenant des cuirs Buénos-Ayres travaillés à Wiltz. La quantité de rognures employée est de 50 à 60 mille livres, produisant environ 25 à 35 mille livres de colle forte d'une valeur de 20 à 23 mille francs. La colle est fabriquée en feuillets ou plaques carrées, les bords en sont recroque villés, onduleux; elle est assez claire et d'une adhérence très-énergique. Les débouchés, outre le pays, sont la Belgique et l'Allemagne. XXXIII. Haies à écorces. D'après !es derniers relevés du cadastre, le Grand-Duché possède 21,183 hectares de haies à écorces. — Le nombre de bottes d'écorces, à 25 kilos, que donne en moyenne un hectare par année peut sans exagération être estimé à 12, ce qui donnerait pour le produit annuel de tout le pays environ 254,196 bottes à 25 kilos, ou 6,354,900 kilos, soit à raison d'un prix moyen de 3 fr. par 25 kilos, une valeur de fr. 762,
- La plus grande partie est employée dans les tanneries du pays; le reste s'exporte vers St.-Vith, Malmedy, Trèves, la Sarre, le Rhin et quelque peu en Belgique. XXXIV. Tabac. En général, la fabrication de cet article n'a pas augmenté ; elle occupe à Luxembourg 40 ouvriers adultes ayant un salaire de fr. 1 .75 à fr. 2.50 par jour et 40 enfants gagnant de 40 cent à 1 franc; dans le reste du pays 25 ouvriers de tout âge qui ensemble travaillent environ 27 4000 quintaux métriques de tabac du Palatinat, 1250 tabac de Hesse (Beilchen). tabac d'Amérique 300 donnant une valeur de 350 à 400,000 francs. X X X V . Commerce de denrées coloniales, articles manufacturés etc. Le commerce de denrées coloniales, articles manufacturés etc., s'est grandement ressenti de l'accroissement d'aisance signalé à l'entrée du rapport; la consommation de toute espèce de ces marchandises a augmenté d'une manière notable. Les transactions dans ces articles sont essentielment locales, c'est-à-dire, qu'elles ne s'étendent guère au delà des frontières du Grand-Duché; les commerçants de la capitale ont à lutter contre la concurrence de Cologne et d'autres villes intermédiaires. Toutefois la situation créée au commerce par l'établissement des chemins de fer, en abaissant considérablement les prix de transport de Hollande, d'Anvers et de l'Allemagne intérieure, rend aujourd'hui cette concurrence moins redoutable et semble même de nature à permettre l'extension du trafic en certains articles vers les régions circonvoisines de l'Eifel, de la Moselle supérieure et de la Sarre. XXXVI. Papeterie. Nous n'avons rien à ajouter au rapport de 1857, la situation de cette industrie étant restée ce qu'elle était à cette époque. XXXVII. Cartonnerie. Il y a, à W i l t z , un établissement qui s'occupe de cette fabrication et qui produit annuellement pour une somme de 50 à 60,000 francs. Ce sont des cartons lustrés à presser les draps. — Les débouchés sont: Aix-la-Chapelle, l'Allemagne Verviers et quelquefois la Russie. Il emploie, pendant toute l'année, 20 ouvriers, dont 8 hommes et 12 femmes. Le salaire des hommes est de fr. 1.50 à 2 fr. par jour; celui des femmes est de fr. 0.
- — Le nouveau traité avec la France qui réduit les droits à l'entrée de cet article en France dans une très-forte proportion pourra ainsi lui créer de nouveaux débouches. Il existait d'autres cartonneries dans le pays, qui paraissent avoir renoncé à la fabrication. XXXVIII. Librairie. Imprimerie. La marche de l'imprimerie et de la librairie a été, depuis 1857, constamment progressive dans le Grand-Duché. Ce résultat favorable peut être uniquement imputé à l'instruction et à l'éducation, qui se répandent chaque jour davantage parmi toutes les classes de la population. Il existe actuellement dans le Grand-Duché neuf imprimeries, dont 6 à Luxembourg, 2 à Diekirch, 1 à Echternach. Elles occupent ensemble environ 56 ouvriers compositeurs et imprimeurs, plus 13 apprentis, et possèdent 28 4 presses mécaniques et 9 presses a. la main. Le salaire peut être évalué, en moyenne, par ouvrier et par jour, à fr. 2.
- Les produits de la presse luxembourgeoise sont assez importants quant aux livres de classe et principalement de ceux à l'usage des écoles primaires; les autres ouvrages publiés chez nous ne sont imprimés d'ordinaire qu'à un nombre d'exemplaires assez restreint, soit de 200 à 300 exemplaires. Les administrations publiques se fournissent exclusivement chez nos imprimeurs. Il est publié dans le Grand-Duché 7 journaux, dont 5 politiques et 2 agricoles. De ces journaux il en parait, par semaine, 2 six fois, 1 quatre fois, 1 trois fois, 1 deux fois, 2 une fois. En 1857 le Luxembourg comptait 7 imprimeries, qui occupaient environ 48 ouvriers et 8 apprentis, 1 presse mécanique et 10 presses à bras. Le salaire, à celte époque, pouvait être de fr. 2 à 2.25 en moyenne par jour. La librairie a, pour s'alimenter, outre les livres imprimés dans le pays, les produits de l'Allemagne, de la France et de la Belgique. Elle ne fait presque pas d'exportation ; encore est-elle toujours gênée par les restrictions douanières de la France pour le peu qu'elle importe dans cet empire. Les droits d'entrée en Belgique sont aussi très-élevés. Depuis la conclusion de la convention littéraire entre la France et la Belgique, les fournitures que nous faisait celte dernière ont été réduites à un cinquième; par contre nos relations avec la France ont pris beaucoup d'extension; mais c'est particulièrement avec l'Allemagne, grâce à son système d'envois en commission et à l'absence de toute ligne douanière, qu'il se traite des affaires assez considérables. Il existe dans le Grand-Duché 5 librairies, contre 4 en 1857, qui entretiennent des relations avec l'étranger. XXXIX. Ateliers de reliure. La marche de l'imprimerie et de la librairie influe fortement chez nous sur la reliure. Les nombreux relieurs de la ville de Luxembourg, qui comptent parmi eux des ouvriers très-intelligents et capables, connaissant à fond leur profession, ne travaillent que pour le Grand-Duché. Quelques localités du plat-pays possèdent des relieurs en petit nombre. X L . Conclusion. Les attributions principales de la Chambre de commerce sont : a. de présenter au Gouvernement ses vues sur les moyens d'accroître la prospérité du commerce et de l'industrie ; b. de faire connaître les causes qui en arrêtent les progrès. 29 Si, en croyant remplir cette partie de sa mission, la Chambre a pu errer dans les appréciations présentes ou dans les propositions dont antérieurement elle a pris l'initiative ou bien dans les avis qu'elle a été appelée à émettre, c'est que des renseignements suffisants lui faisaient d é f a u t . La publication des questions qui sont mises à l'ordre du jour de ses séances aiderait puissamment à faire converger davantage vers elle les renseignements touchant les intérêts qu'elle est dans le cas d'élucider. L'attribution d'un local attitré convenable comme lieu de réunion et pour le dépôt des archives, ne pourrait que contribuer à augmenter l'attachement de la Chambre de commerce pour sa mission et servirait notamment à donner à ce corps une position publique mieux en rapport a v e c l'importance des intérêts qu'il est chargé de représenter. Le commerce et l'industrie ont acquis dans le Grand-Duché une importance qui r é c l a m e la sollicitude permanente du Gouvernement; ils sont, avec l'agriculture, le puissant levier de la prospérité nationale; c'est par eux qu'une grande partie du peuple trouve à augmenter son b i e n - ê t r e , base de son amélioration morale; les intérêts que les membres de la Chambre se sont e n g a g é s à servir, sont ceux d'une foule de citoyens qui, par leur activité et leur intelligence, savent p r o c u r e r à nos produits territoriaux une augmentation de valeur et qui répandent au loin le produit du travail, capital éminemment productif et source abondante et croissante des revenus de l'Etat. Les mesures à prendre pour le développement de ces branches de là prospérité p u b l i q u e ne devraient plus être traitées accessoirement, mais être confiées à une division spéciale du Gouvernement, avec laquelle la Chambre de commercé entretiendrait des relations suivies pour arriver à une appréciation plus complète des moyens propres à favoriser l'extension des affaires à laquelle le pays peut prétendre. Luxembourg, le 28 octobre
- La Chambre de commerce, FERD. SCHAEFER, président. J.-P. KUBORN, secrétaire. TABLE DES MATIÈRES. !. Situation générale page
- Situation financière et affaires de banque.
- Chemins de fer
- Voies navigables, raccordem ts des routes.
- Postes et télégraphes
- Juridiction commerciale
- Compagnies d'assurances
- Brevets d'invention
- Richesses minérales.
- Minerais de fer
- Industrie du fer
- Carrières de grès
- Pierres à chaux
- Tuf calcaire
- Schistes bitumineux.
- Plâtre
- Meunerie
- Huilerie
- Brasserie
- Vin indigène
- Foires et marchés 1 3 4 6 6 7 8 8 9 9 11 14 15 15 16 16 16 16 17 17 18
- Commerce de chevaux et bestiaux
- Faïencerie et poterie
- Draperie
- Tisseranderie
- Teinturerie et blanchisserie
- Tricot circulaire
- Confection d'habillements
- Fabrication de matériel et d'ustensiles .
- Ganterie
- Tannerie
- Colle-forte
- Haies à écorces
- Tabac
- Commerce de denrées coloniales, articles manufacturés, etc.
- Papeterie
- Cartonnerie
- Librairie. Imprimerie
- Ateliers de reliure
- Conclusion 19 19 20 20 21 21 21 21 22 23 26 26 26 27 27 27 27 27 27
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