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Arrêté grand-ducal du 1er juin 1922 portant modification de l'arrêté grand-ducal du 28 octobre 1920, en exécution de la loi du même jour destinée à en

597 Mémorial Memorial du des Grand-Duché de Luxembourg. Großherzogtums Luxemburg. Samedi, 3 juin

  1. Samstag,
  2. Juni
  3. Arrêté grand-ducal du 1er juin 1922 portant modification de l'arrêté grand-ducal du 28 octobre 1920, en exécution de la loi du même jour destinée à endiguer l'affluence exagérée d'étrangers sur le territoire du Grand-Duché. Großh. Beschluß vom
  4. Juni 1922, betreffend Umänderung des Großh. Beschlusses vom
  5. Oktober 1920, in Ausführung des Gesetzes vom selben Tage zwecks Eindämmung des übermäßigen Zustroms von Fremden in das Großherzogtum. Nous CHARLOTTE, par la grâce de Dieu, Grande-Duchesse de Luxembourg, Duchesse de Nassau, etc., etc., etc.; Vu la loi du 28 octobre 1920, destinée à endiguer l'affluence exagérée d'étrangers sur le territoire du Grand-Duché; Revu Notre arrêté du même jour pris en exécution de la loi précitée; Wir Charlotte, von Gottes Gnaden, Großherzogin von Luxemburg, Herzogin zu Nassau, Vu l'art. 27 de la loi du 16 janvier 1866, portant organisation du, Conseil d'État, et attendu qu'il y a urgence; Sur le rapport de Notre Ministère d'État, Président du Gouvernement, et de Notre Directeur général de la justice et des travaux publics; Après délibération du Conseil; Gouvernement en u., u., u.; Nach Einsicht des Gesetzes vom
  6. Oktober 1920,. über die Eindämmung des übermäßigen Zustroms von Fremden in das Großherzogtum; Nach Wiedereinsicht Unseres Beschlusses desselben Tages, betreffend die Ausführung des vorerwähnten Gesetzes; Nach Einsicht des Art. 27 des Gesetzes vom
  7. Januar 1866, die Organisation des Staatsrates betreffend, und in Anbetracht der Dringlichkeit; Auf den Bericht Unseres Staatsministers, Präsidenten der Regierung, und Unseres General-Direktors der Justiz und der öffentlichen Arbeiten; Nach Beratung der Regierung im Konseil; Avons arrêté et arrêtons: Haben beschlossen und beschließen: Art. 1er. Les art. 8 et 10 de Notre arrêté du 28 octobre 1920, pris en exécution de la loi du même jour destinée à endiguer l'affluence exagérée d'étrangers sur le territoire du GrandDuché, sont rapportés. Art.
  8. Die Art. 8 und 10 Unseres Beschlusses vom
  9. Oktober 1920, betreffend die Ausführung des Gesetzes desselben Tages, über die Eindämmung des übermäßigen Zustroms von Fremden in das Großherzogtum, sind aufgehoben. 598 Art.
  10. L'art. 9 du même arrêté est modifié comme suit: « L'autorité locale, auprès de laquelle la déclaration de l'étranger doit être faite dans le délai de cinq resp. de trois jours, exigera des étrangers la remise de leurs photographies en quadruple exemplaire. Celles-ci seront jointes, l'une à l'original de la déclaration d'arrivée, et les trois autres respectivement aux trois copies dont mention à l'article 2 du règlement du 15 février 1911 et qui porteront également la signature du déclarant. Les étrangers devront o b t e m p é r e r à cette injonction dans les trois jours de l'invitation leur faite à cet effet.» Art.
  11. Notre Ministre d'État, Président du Gouvernement, et Notre Directeur général de la justice et des travaux publics, sont chargés de l'exécution du présent arrêté. Château de Berg, le 1 er juin
  12. Art.
  13. Der Art. 9 desselben Beschlusses ist umgeändert wie folgt: « Die Ortsbehörde, bei welcher die Anmeldung des Ausländers innerhalb funf Tagen bezw. drei Tagen abgegeben werden soll, hat von den Ausländern die Einhändigung deren Photographie in vierfachem Exemplar zu verlangen. Von diesen wird eines dem Original der Ankunftserklärung, und die drei anderen je den drei Abschriften beigefugt, von denen in Art. 2 des Reglementes vom
  14. Februar 1911 die Rede ist und die ebenfalls die Unterschrift des Fremden tragen. Die Ausländer müssen dieser Aufforderung innerhalb drei Tagen von dem Tage an, an dem sie ergangen ist, Folge leisten." Art.
  15. Unser Staatsminister, Präsident der Regierung, und Unser General-Direktor der Justiz und der öffentlichen Arbeiten, sind mit der Ausführung dieses Beschlusses beauftragt. Luxemburg, den
  16. Juni
  17. Charlotte. CHARLOTTE. Le Ministre d'Etat, Président du Gouvernement, E. REUTER. Le Directeur général de la justice et des travaux publics, G. LEIDENBACH. Avis. — Timbre. Il résulte d'une quittance délivrée par le receveur de l'enregistrement des actes civils à Luxembourg le 26 mai 1922, vol. 63 art. 110, que la société anonyme « Newsbury» avec siège social à Luxembourg a acquitté le droit de timbre à raison de cent actions de 1000 fr. chacune, portant les n° 1 à 100 inclusivement. La présente déclaration est destinée à satisfaire à l'art. 5 de la loi du 25 janvier
  18. Luxembourg, le 30 mai 1922, Le Directeur général des finances, A. NEYENS. Der Staatsminister, Präsident der Regierung, E. R e u t e r . Der General-Direktor der Justiz und der öffentlichen Arbeiten, W. L e i d e n b a c h . Bekanntmachung.—Stempel. Aus einer vom Enregistrementseinnehmer der Zivilalten zu Luxemburg am
  19. Mai 1922, Band 63, Art. 110, ausgestellten Quittung erhellt, daß die anonyme Gesellschaft „Newbury" mit Sitz in Luxemburg, die Stempelgebühr für 100 Aktien zu je 1000 Fr., tragend die Nr. 1 bis 100, entrichtet hat. Diese Bekanntmachung soll der Bestimmung des Art. 5 des Gesetzes vom
  20. J a n u a r 1872 Genüge leisten. Luxemburg, den
  21. Mai
  22. Der General-Direktor der Finanzen, A. N e y e n s . 599 Avis. — Enseignement supérieur et moyen. Par arrêté grand-ducal du 24 mai 1922 Melle Marguerite Biever, docteur en philosophie et lettres, a été nommée répétitrice au lycée de jeunes filles d'Esch-s.-Alz. Luxembourg, le 26 mai
  23. Le Directeur général de l'intérieur et de l'instruction publique, Jos. BECH. Avis. — Administration communale. Par arrêté du soussigné en date de ce jour, M. Jean-Pierre Pletschet, cultivateur à Eschweiler, a été nommé échevin de la commune d'Eschweiler. Luxembourg, le 27 mai
  24. Bekanntmachung. — Höherer und mittlerer Unterricht. Durch Großh. Beschluß vom
  25. Mai 1922 ist Frl. Margareta Biever, Doktor der Philosophie und Philologie, zur Repetentin an das Mädchenlyzeum zu Esch a. d. Alzette ernannt worden. Luxemburg, den
  26. Mai
  27. Der General-Direktor des Innern und des öffentlichen Unterrichts, Jos Bech. Bekanntmachung. — Gemeindeverwaltung. Durch Beschluß des Unterzeichneten vom heutigen Tage ist Hr. Johann Peter P l e t s c h e t , Landwirt, zu Eschweiler, zum Schöffen der Gemeinde Eschweiler ernannt worden. Luxemburg, den
  28. Mai
  29. Le Directeur général de l'intérieur et de l'instruction publique. Jos. BECH. Der General-Direktor des Innern und des öffentlichen Unterrichts, Avis. — Justice. Par arrêté grand-ducal du 30 mai 1922, M. Jean-Pierre Zeimet, commis au parquet de Luxembourg, a été comme secrétaire-adjoint près le même parquet. Bekanntmachung. — Justiz. Durch Großh. Beschluß vom
  30. Mai 1922, ist Hr. Johann Peter Zeimet, Kommis der Staatsanwaltschaft zu Luxemburg, zum Hilfssekretar derselben Staatsanwaltschaft ernannt worden. Luxembourg, le 31 mai
  31. Le Directeur général de la justice et de travaux publics, G. LEIDENBACH. Avis. — Union économique. Par arrêté grand-ducal du 1er juin 1922, M. Ernest Hamélius, Conseiller d'État à Luxembourg, a été nommé membre-suppléant du «Conseil supérieur de l'Union.» Luxemburg, den
  32. Mai
  33. Der General-Direktor der Justiz, und der öffentlichen Arbeiten, W. L e i d e n b a c h . Bekanntmachung. — Wirtschaftsvertrag. Durch Großh. Beschluß vom
  34. Juni 1922 ist Hr. Ernest Hamelius, Staatsrat zu Luxemburg zum Ergänzungs mitglied des „ Höheren Bundnisrates" ernannt worden. Luxemburg, den
  35. Juni
  36. Luxembourg, le 2 juin
  37. Le Ministre d'État, Président du Gouvernement, E. Jos. Bech. REUTER. Der Staatsminister, Präsident der Regierung, E. R e u t e r . 600 Arrêté du 27 mai 1922, concernant la publication du rapport général de la Chambre de Commerce, pour l'année
  38. Beschluß vom
  39. Mai 1922, betreffend die Veröffentlichung des allgemeinen Berichtes der Handelskammer für das Jahr
  40. LE DIRECTEUR GÉNÉRAL D E L'AGRICULTURE, DE L'INDUSTRIE ET DE LA PRÉVOYANCE SOCIALE; Der G e n e r a l - D i r e k t o r des Ackerbaus, der Industrie u. der sozialen Fürsorge Vu le rapport de la Chambre de commerce sur la situation du commerce et de l'industrie dans le Grand-Duché pendant l'année 1921 ; Nach Einsicht des allgemeinen Berichtes der Handelskammer über die Lage des Handels und der Industrie des Großherzogtums während des Jahres 1921; Arrête: Article unique. Le rapport prémentionné sera publié comme annexe au Mémorial Luxembourg, le 27 mai
  41. Le Directeur général de l'agriculture, de l'industrie et de la prévoyance sociale, R. DE WAHA. Beschließt: Einziger Artikel. Erwähnter Bericht soll als Beilage zum „Memorial" veröffentlicht werden. Luxemburg, den
  42. M a i
  43. Der General-Direktor des Ackerbaus, der Industrie und der sozialen Fürsorge, R. de Waha. Avis. — Association syndicale. Bekanntmachung. — Syndikatsgenossenschaft. Conformément à l'art. 2 de la loi du 27 mars 1900, la société locale agricole de Biwer a déposé au secrétariat communal de Biwer l'un des doubles de l'acte d'association sous seing privé dûment enregistré ainsi qu'une liste indiquant les noms, professions et domiciles des administrateurs et de tous les associés. Gemäß Art. 2 des Gesetzes vom
  44. März 1900 hat der landwirtschaftliche Lokalverein von Biwer auf dem Gemeindesekretariat von Biwer ein Duplikat der gehörig einregistrierten Privaturkunde betreffs des Genossenschaftsaktes nebst einem Verzeichnis hinterlegt, das Namen, Stand und Wohnort der Verwaltungsräte sowie sämtlicher Mitglieder angibt. Luxembourg, le 28 mai
  45. Le Directeur général de l'agriculture, de l'industrie et de la prévoyance sociale, R. DE WAHA. Luxemburg, den
  46. M a i
  47. Der General-Direktor des Ackerbaus, der Industrie und der sozialen Fürsorge, R. de W a h a . Caisse d'Épargne. — A la date du 16 mai 1922, les livrets nos 71609, 81797, 174033, 252621, 252622 et 255156 ont été déclarés perdus. Les porteurs des dits livrets sont invités à les présenter dans la quinzaine à partir de ce jour, soit au bureau central, soit à un bureau auxiliaire quelconque de la Caisse d'épargne et à faire valoir leurs droits. Faute par les porteurs de ce faire dans le dit délai, les livrets ou question seront déclarés annulés et remplacés par des nouveaux. Luxembourg, le 29 mai
  48. Victor Bück, LUXEMBOURG. 1 Mémorial Memorial du des Grand-DuchédeLuxembourg. Großherzogtums Luxemburg Annexe au N° 43 de
  49. RAPPORT GÉNÉRAL SUR LA Situation de l'Industrie et du Commerce PENDANT L'ANNEE
  50. Considérations générales. L'année 1921 ne laisse nul regret. Si, dans le passé, il y a eu sans doute des moments de tension plus forte et des crises plus aiguës à surmonter, on n'a pas gardé le souvenir d'une année où les difficultés à vaincre aient été plus constantes et plus variées et où l'état général du commerce ait présenté un aspect plus inquiétant. Sur les marchés d'exportation régnait un désarroi voisin du chaos. Une grande partie de l'Europe formait virtuellement un marché fermé. Les incertitudes continuelles sur la politique internationale ainsi que les violentes fluctuations du change augmentaient les troubles et les perplexités du commerce. On estime, à l'heure actuelle, que le volume total des échanges internationaux ne dépasse pas la moitié de ce qu'il fut avant la guerre. Au printemps 1920 le baromètre commercial commençait à descendre. La baisse, en gagnant toujours en ampleur, arrivait à la fin de l'année à un niveau qu'on croyait ne pouvoir être dépassé. Contrairement à toute attente, la diminution des affaires a continué sans interruption pendant une grande partie de l'année
  51. La situation, depuis l'automne, n'a pas empiré cependant. Le fond de la dépression était visiblement atteint: une légère reprise se dessinait dans une série de branches. 2 Un concours de circonstances adverses paralysait toute espèce d'activité commerciale. La diminution du pouvoir d'achat d'une partie importante de la population mondiale a eu pour effet de diminuer le pouvoir d'achat du monde entier. Cela est d'ailleurs dans l'ordre naturel des choses. Il n'est pas possible de diviser le monde industriel en compartiments étanches, la prospérité régnant dans un domaine tandis que l'autre reste dans le dénûment. Toute interruption de la continuité de la production ou de la consommation désorganise la machine entière. Ces difficultés intrinsèques du marché mondial s'exaspéraient par le retour au système des prohibitions, un des plus funestes héritages que nous ait laissés la guerre, et par le relèvement inconsidéré des barrières douanières. Les prohibitions franches ou occultes, la multiplicité et l'incohérence des tarifs douaniers empêchaient le rétablissement des courants commerciaux naturels. L'interdépendance des marchés, conséquence nécessaire des contiguïtés géographiques, de la variété des ressources du sol, de la division spontanée du travail entre les diverses régions, était radicalement détruite. Le protectionnisme a pris en Europe les proportions d'une calamité publique. La solidarité qui unit la production et la consommation est abandonnée. Un protectionnisme outrancier, aveugle sévit, aussi funeste que la guerre, car entre les deux maux, la guerre par les armes et la guerre par les monopoles, s'il existe quelque différence, elle n'est certainement pas en faveur de la protection, et les engins de guerre les plus redoutables n'ont pas la puissance destructive d'un tarif douanier. La constatation des ravages exercés par ce retour brusque autant que violent au régime protectionniste a amené la sous-commission économique de la Conférence de Gênes à vider le texte suivant: « Quelle que soit la valeur des raisons d'ordre économique ou financier que certains États font valoir dans les circonstances exceptionnelles où ils se trouvent pour maintenir ou instituer des prohibitions ou restrictions à l'importation ou à l'exportation, on reconnaît que ces mesures constituent un des obstacles les plus graves qui s'opposent à l'heure présente au commerce international. Il conviendrait, en conséquence, de ne rien épargner pour les réduire le plus tôt possible au strict minimum.» Concurremment avec les entraves protectionnistes, les brusques et continuels soubresauts du change, en enlevant toute base stable aux transactions, ont constitué un grave obstacle au développement du commerce international. La crise des changes effrayait par son acuité et sa généralité: c'est elle qui forme encore aujourd'hui le problème le plus grave et le plus complexe qui se pose devant le monde. Tous les pays industriels ont subi les effets fâcheux des exportations forcées de l'Allemagne; tous les marchés ont été troublés par la dépréciation catastrophale du mark. Pour assurer une production peu coûteuse, l'Allemagne doit payer des salaires moins élevés que les autres nations pour un même travail : elle y arrive en dépréciant le mark sur le marché étranger, de façon à maintenir sa valeur intérieure supérieure à sa valeur extérieure. Tant que cette différence de valeur existe, il y a une prime sur les exportations allemandes, et comme la pression en vue d'obtenir paiement des réparations continue, la dépréciation progressive du mark ne peut être empêchée. Aujourd'hui, la situation économique dans son ensemble, est certainement meilleure qu'il y a un an. Les prix se sont tassés et les stocks qui encombraient le marché ont été liquidés. Le 3 travail, moins rétif, est plus disposé à s'adapter aux conditions nouvelles. La collaboration entre le capital et le travail est plus confiante, les bénéfices et les salaires reposent en général sur une base économique plus ferme. Sur notre marché national si restreint nous retrouvons, atténuées ou accentuées, toutes les caractéristiques du marché mondial, avec un élément en plus: l'isolement économique. L'activité industrielle et commerciale était dominée par cet isolement qui, en entretenant un état d'instabilité et d'incertitude, pesait sur les transactions et paralysait les initiatives. Toutes nos industries, à de rares exceptions près, vivent d'exportation. L'exiguïté de notre territoire suffirait pour expliquer ce fait: l'intensité des échanges extérieurs d'une entité économique est nécessairement en raison inverse de son étendue. Le marché intérieur du Grand-Duché, fortement concurrencé encore par l'étranger, contre lequel il n'était qu'insuffisamment protégé jusqu'à la mise en vigueur anticipée du tarif belge, n'offrait que des ressources très précaires, extrêmement limitées. Les marchés étrangers, par contre, à l'abri de leurs droits d'entrée, souvent prohibitifs, se dérobaient de plus en plus. Le relèvement considérable des droits de douane en France surtout portait un coup sensible à nos exportations. Nos industries étaient dans l'impossibilité de travailler, dans la mesure de leurs moyens de production, ce marché qui semblait offrir un vaste champ à leur activité pour la reconstruction des régions dévastées. Si les industries des terres et des pierres ont continué à placer un fort contingent de leur production en France, les expéditions en produits métallurgiques ont beaucoup diminué après le relèvement des coefficients de majoration. Le marché belge, plus restreint et protégé également par des droits d'entrée assez élevés, se montrait assez réservé. Quant au marché allemand, les avantages que l'art. 268 c du traité de paix accorde à l'importation des produits originaires et en provenance du Grand-Duché devenaient illusoires à la suite de l'effondrement du mark. Le mouvement des exportations vers l'Allemagne, assez actif au début du nouveau régime, baissait parallèlement avec le cours du change. Les demandes allemandes portaient de préférence sur les produits non-ouvrés, les produits finis étant plutôt délaissés. L'incertitude au sujet de nos destinées économiques a mis nos industries dans l'obligation de rechercher des marchés plus lointains où elles se heurtaient généralement à la concurrence des pays à change avarié. Depuis l'armistice, elles poursuivent résolument, à travers des difficultés sans nombre, leur travail d'adaptation aux nouveaux courants du commerce mondial. Dans la métallurgie, qui résume à elle seule une grande partie de l'activité nationale, nous constatons une augmentation, paradoxale en apparence, de la production: 1913 1920 1921 970.336 t . 2.547.861 t. 692.935 t. 750.974 » 569.545 » 1.182.227 » Cette situation trouve son explication dans les facilités qu'offrait le marché du coke à la suite de la diminution de la production dans les centres métallurgiques voisins. Nos usines ont saisi cette occasion pour étendre leur production et diminuer ainsi le prix de revient par la répartition des frais généraux sur un plus fort tonnage. Toutefois, les bilans de nos sociétés métallurgiques ne sont rien moins que favorables. Fonte Acier 4 Les autres industries ont été influencées, à un degré très variable, par les répercussions de la conjoncture mondiale et par l'isolement économique du pays. Leurs résultats financiers, à, peu d'exceptions près, ont été assez médiocres. Le marché du travail, après le violent spasme du mois de mars, qui a conduit à la suppression des conseils d'usines, a retrouvé son calme. Néanmoins, l'activité industrielle continue à se ressentir des effets de la limitation de la durée du travail. La journée de huit heures, brusquement introduite par une sorte d'improvisation gouvernementale, a profondément bouleversé les conditions de la production industrielle et de l'activité commerciale. Ses répercussions sur les frais de main-d'œuvre qui se trouvent à la base du relèvement du prix de revient et par conséquent des prix de vente ont été multiples. La réglementation trop rigide, souvent excessive dans ses applications, devrait faire place à une compréhension plus saine des nécessités du moment, à une adaptation plus raisonnable de la durée du travail à l'organisation industrielle. Le commerce de détail, vers la fin de l'année surtout, a cruellement souffert de la concurrence allemande favorisée par le bas cours du mark. Alors que l'Allemagne se vidait, le commerce de détail luxembourgeois était complètement délaissé. Pendant un long temps, le centre commercial du Grand-Duché lut à Trèves où des théories interminables d'acheteurs luxembourgeois allaient s'approvisionner chaque jour de vêtements, de chaussures, d'articles de ménage, de coutellerie, de maroquinerie, de bimbeloterie, de papeterie et, d'une manière générale, de tout ce qui était à vendre, jusqu'aux choses les plus futiles et les plus inutiles. Notre change ne s'est point amélioré durant l'année écoulée ainsi que le démontre suffisamment le tableau ci-après des cours moyens approximatifs des francs français et belges à Luxembourg: Francs français Janvier Février Mars Avril Mai Juin Juillet 5 101 /8 104½ 1073/8 106¼ 1053/1 109 106½ Francs belges 1063/1 1071/8 109 1011/1 106¼ 105¼ 107 Août 103½ Septembre 1065/8 105 Octobre 1051/1 107 Novembre 109 1051/1 3 1027/8 Décembre 106 /1 L avenir, sous ce rapport, se présentera, il est vrai, sous un jour plus favorable. L'échange monétaire prévu par l'accord conclu avec la Belgique, nous procurera bientôt des billets belge Quant aux 200 millions de marks allemands provenant du retrait de la circulation allemande, ils suivront le sort des milliards détenus par la Belgique, et il y a peu de chance pour le pays de pouvoir escompter une solution favorable à ses intérêts, l'Allemagne ne paraissant guère disposée à reprendre au pair ces milliards. 5 Notre situation financière s'est encore aggravée considérablement et nos pouvoirs ne semblent pas se rendre compte, malheureusement, des lourdes responsabilités qu'ils encourent en n'adaptant pas une politique financière saine et raisonnable ayant pour effet principal de comprimer énergiquement les dépenses et de modifier dans un sens équitable les lois fiscales draconiennes menaçant si gravement nos intérêts économiques les plus légitimes. Il est vrai que le Grand-Duché n'est pas seul à souffrir de l'exagération des dépenses et de l'accroissement inquiétant du travail improductif. La compression des dépenses publiques, tant de l'État que des communes, figure, dans la plupart des pays, au premier plan des revendications politiques. C'est en effet l'exagération des dépenses publiques qui, par répercussion, grève la production; c'est la pléthore des emplois et des employés publics qui alourdit le jeu de l'administration et détourne une forte partie du travail humain de son véritable but, la production des richesses, et augmente le travail improductif dans des proportions inquiétantes. Les nombres-indices établis par l'Office de statistique renseignent pour 1921 une augmentation progressive du coût de la vie qui a atteint son point culminant vers la fin d'octobre. Une légère détente se manifeste à cette époque. La courbe descend rapidement. Vers le 1er mars 1922 l'indice tombe déjà au-dessous du niveau atteint le 1er juin 1921 pour accuser dans la suite sa tendance à l'amélioration: Juin 1921 388 Juillet 384 Août 383 Septembre 404 Octobre 422 Novembre 426 Décembre 398 Janvier 1922 399 396 février Mars 377 364 Avril 361 Mai Un événement d'une portée considérable pour l'avenir de l'industrie et du commerce du Grand-Duché vient de se produire: la réalisation de l'union économique avec la Belgique qui est entrée en vigueur le 1er mai 1922 et qui devra être complétée par des accords spéciaux avec la France. Cette date mémorable clôt définitivement la période des tâtonnements et des hésitations qui s'est ouverte avec l'armistice. Si certaines clauses de la convention prêtent à la critique, elle forme dans son ensemble un instrument de progrès, le point de départ d'une longue ère de stabilité commerciale. Elle ouvre la voie aux longs espoirs et aux vastes pensées. Le goût des entreprises, refoulé par la trop longue période d'attente, se réveillera plus vigoureux, l'industrie et le commerce, une fois l'étape de transition franchie, reprendront une plus grande aisance dans leur développement qui leur permettra de tirer profil de leur énergie innée. Dans son alliance économique avec la laborieuse et loyale .Belgique, à 6 laquelle l'unissent des liens d'affection séculaires qui ont résisté à 80 années de séparation, le GrandDuché trouvera des stimulants nouveaux, une force d'expansion nouvelle. La Chambre de commerce lait volontiers siennes les excellentes paroles que S. A. R. Madame la Grande-Duchesse, répondant au discours de S. M. le Roi des Belges, a prononcées le 15 mai à Bruxelles: « Grâce à l'entente économique que viennent de conclure nos deux pays, unis désormais par un idéal commun de progrès et de liberté, la Belgique et le Luxembourg marcheront, dans la plénitude de leurs souvenirs d'indépendance, la main dans la main, vers un avenir de prospérité matérielle et morale.» Travaux de la Chambre de Commerce. Parmi les questions que la Chambre de commerce a traitées en 1921, nous signalons particulièrement celles qui suivent: Protection de l'industrie nationale. A la date du 24 février, la Chambre a soumis au Gouvernement les desiderata ci-après: Alors que les autres pays multiplient les mesures destinées à protéger l'industrie nationale — nous citerons l'exemple de la France qui examine en ce moment les mesures qu'il y aurait lieu de prendre « pour rendre plus rapides les augmentations de droits de douane devenues nécessaires» — l'industrie luxembourgeoise est livrée sans protection aucune à la concurrence étrangère. Aux revendications de diverses petites industries qui sollicitent depuis quelque temps des droits d'entrée pour leurs produits, on oppose volontiers que nous traversons une période d'attente de courte durée et que, d'ailleurs, les droits d'entrée provoqueraient un renchérissement de ces produits sur le marché intérieur. La Chambre de commerce ne veut pas croire à un renchérissement appréciable, car c'est un fait reconnu que les intermédiaires sont seuls à profiter de la situation actuelle. Elle propose l'introduction des tarifs belges afférents pour toute la durée de la période d'attente, ce qui serait anticiper en quelque sorte sur l'union économique à conclure. A cette occasion, la Chambre revient encore sur la question de l'impôt sur le chiffre d'affaires. Elle croit de son devoir de mettre les pouvoirs en garde contre la taxation des produits industriels à l'exportation. La situation déjà si difficile de l'industrie luxembourgeoise s'en trouverait sérieusement aggravée. Notre industrie est avant tout une industrie d'exportation. Le marché intérieur n'offre que peu de ressources. A titre d'exemple la Chambre croit devoir citer la ganterie. Cette industrie se fournit à l'étranger de toutes les matières premières qu'elle consomme; sa production totale est écoulée dans les pays d'outre-mer. Le bénéfice sur la fabrication reste au pays même. Les autres industries se trouvent dans une situation plus ou moins analogue. Comment justifier alors la double imposition: des matières premières à l'entrée et des mêmes matières fabriquées, dans lesquelles sont incorporées les salaires, à la sortie, alors que dans les pays voisins les exportations sont exonérées. L'impôt qu'on projette est d'ailleurs en contradic- 7 tion formelle avec la politique suivie par tous les États à industrie développée, qui tend à favoriser et à encourager l'industrie par tous les moyens. La logique économique exige que l'industrie luxembourgeoise ne soit pas plus mal traitée sous ce rapport que l'industrie étrangère contre laquelle elle doit soutenu la concurrence sur le marché mondial. Il est inadmissible que, dans un pays qui vit d'exportation, les pouvoirs ne tiennent pas compte de la logique des faits industriels. Toutefois, le problème qui domine de tout son poids notre politique industrielle c'est sans doute l'esseulement économique dans lequel nous nous éternisons. Le pays est enserré entre des barrières douanières. L'angoissante incertitude au sujet de notre avenir économique paralyse le goût des entreprises et peso sur le développement des affaires en général. L'industrie court à sa ruine. Un établissement après l'autre ferme ses portes. La Chambre prie donc instamment le Gouvernement de bien vouloir aviser à la prompte réalisation de l'union économique avec la Belgique. Droits d'entrée sur les travaux d'impression. A la date du 3 octobre 1020, la Chambre avait signalé au Gouvernement que depuis un certain temps beaucoup de consommateurs luxembourgeois, profitant du bas cours du mark, placent leurs commandes de travaux d'impression en Allemagne. Comme les imprimeries indigènes, insuffisamment pourvues d'ordres, souffrent de cet état de choses, la Chambre de commerce était d'avis qu'il Faudrait accorder à cette branche la même protection dont elle jouit en France et en Belgique où les imprimés sont soumis à un droit d'entrée: elle avait proposé un droit intermédiaire entre le droit français et le droit belge, soit 50 fr. par % kg. La Chambre a renouvelé cette proposition le 26 janvier en y appelant l'attention toute particulière du Gouvernement. Régime des exportations en France. Dans une requête du 14 juillet, la Chambre a appelé l'attention toute spéciale du Gouvernement sur la situation extrêmement grave que le relèvement des coefficients de douane en France venait de créer à notre industrie en général, qui est essentiellement une industrie d'exportation. Divers pays sont, à l'heure actuelle, en instance pour obtenir l'abandon des nouveaux coefficients français qui sont absolument prohibitifs. La Chambre donne à considérer alors au Gouvernement s'il ne semble pas indiqué d'entamer d'urgence des négociations avec le Gouvernement français en vue d'obtenir un traitement plus favorable pour les produits luxembourgeois. Notre position dans le débat serait particulièrement forte; nous ne percevons des droits d'entrée que sur deux articles susceptibles d'intéresser la France, les vins et les alcools, alors que tous les produits manufacturés sont libres. Si nous ne pouvons demander évidemment la réciprocité intégrale, nous serions toujours en droit de prétendre à un traitement tenant compte dans la mesure du possible des facilités que les produits français trouvent dans le Grand-Duché. Défenses d'importation. Sur la demande du Gouvernement, la Chambre a examiné la question de la levée de la défense d'importation pour les ciments et les matériaux de construction. Après un examen appro- 8 fondi des requêtes présentées à ce sujet par la Société luxembourgeoise pour le commerce des matériaux de construction, sur lesquelles la Chambre a appelé l'attention toute particulière du Gouvernement, elle lui a soumis les desiderata suivants: Le tableau comparatif des prix établi par cette Société montre que, si quelques prix sont plus élevés en Luxembourg, d'autres sont plus bas qu'en France et en Belgique. La moyenne ne dépasse pas celle de ces deux pays. Au demeurant, ainsi que la Chambre croit savoir, le syndical envisage en ce moment même pour les prix plus élevés une réduction qui les ramènerait au niveau des prix étrangers, ce qui aurait pour effet d'abaisser la moyenne luxembourgeoise au-dessous des moyennes française et belge. La levée de la défense d'importation, en présence du cours actuel du mark, laisserait le champ libre à la concurrence allemande, et les ouvriers indigènes, qui travaillent aujourd'hui dans des conditions peu enviables, en seraient réduits à cesser le travail. Le nombre déjà si inquiétant des chômeurs se grossirait des 500 ouvriers occupés dans les industries qui travaillent pour le bâtiment. Il ne faut pas perdre de vue surtout que les ouvriers qualifiés se dispenseront, passeront à d'autres branches ou chercheront à se caser à l'étranger, et que, la situation venant à s'améliorer, il serait extrêmement difficile d'organiser une production régulière, rémunératrice, avec un personnel recruté au hasard. Autorisations de commerce. Consultée par le Gouvernement sur la question de savoir si le moment ne semblait pas venu de rapporter le régime des autorisations de commerce instituté par l'arrêté du 30 août 1918, la Chambre s'est prononcée comme suit : Le régime en question répondait incontestablement à une nécessité économique. Il a rendu d'ailleurs des services très réels et généralement appréciés. Vers la fin de la guerre le commerce était sous la menace d'être submergé par le flot envahissant des personnes d'une moralité douteuse et sans expérience des affaires qui se pressaient vers les carrières commerciales. Un contrôle officiel s'imposait. La situation a changé depuis. Ainsi que le Gouvernement veut bien le reconnaître, cette réglementation semble avoir perdu son cachet, d'actualité et d'opportunité. Le besoin de la continuer ne se fait plus guère sentir. Elle ne forme plus qu'une entrave au libre développement du commerce, une gêne qui a fait son temps. Pour le beurre, le lait et les œufs au contraire, le maintien du régime actuel, comme le Gouvernement le propose, est vivement souhaité. La Chambre se demande même s'il n'y avait pas lieu de renforcer encore le contrôle de ces articles en présence de l'effervescence des prix ainsi que des manœuvres illicites qui s'y donnent libre cours. Le Gouvernement ayant demandé dans la suite l'avis de la Chambre de commerce sur la question de la remise en vigueur des autorisations de commerce soulevée à l'assemblée des délégués de la Fédération générale des commerçants, elle confirme sou avis antérieur. Depuis ce temps, l'amélioration a fait de nouveaux-progrès, les approvisionnements sont devenus plus abondants. La Chambre estime que rien ne justifierait alors le retour à la réglemen- 9 tation du commerce. Elle croit devoir recommander néanmoins une surveillance plus étroite des éléments étrangers indésirables ainsi que du colportage. Limitation des bénéfices dans le commerce de détail. - Affichage des prix dam les vitrines. Sur les deux questions: Retour éventuel à la limitation des bénéfices dans le commerce de détail et suppression éventuelle de l'obligation à l'affichage des prix dans les vitrines, que le Gouvernement lui avait soumises, la Chambre a présenté le 20 novembre l'avis suivant: a) Limitation des bénéfices. La Chambre ne croit pas que les plaintes au sujet des bénéfices exagérés que prélèverait le commerce soient réellement fondées. Ces plaintes semblent procéder essentiellement d'une conception erronée de la pratique commerciale. Il est évident que le commerce de détail ne peut s'adapter à tous les caprices du marché et aux brusques fluctuations du change. Si p. ex. une conjoncture de change inouïe, comme celle du subit effondrement du mark à laquelle nous assistons, crée dans notre voisinage des conditions tout à l'ait anormales, mais éphémères, pour l'acheteur luxembourgeois, le commet ce indigène, qui a fait ses assortiments par une conjoncture infiniment moins favorable, ne pourra descendre évidemment au même niveau. Ses prix suivront plutôt une ligne intermédiaire entre les alternances continuelles de hausse et de baisse. La meilleure preuve que ses bénéfices ne sont pas exagérés est donnée par les coopératives qui, à qualité égale, ne vendent guère meilleur marché que le commerce, et l'on comprendrait difficilement que le public continuât à se fournil dans les magasins de détail. Les années de guerre nous ont prouvé surabondamment l'inanité de la réglementation officielle des bénéfices. Aujourd'hui, les approvisionnements en marchandises de toute nature étant largement suffisants, la concurrence, ce grand régulateur du commerce, se charge de maintenir les prix à un niveau raisonnable. b) Affichage des prix dans les vitrines. En principe, le commerce n'est pas opposé au maintien de l'obligation à l'affichage des prix dans les vitrines. Cette obligation ne peut porter nul préjudice au commerce solide. Il est entendu toutefois que l'ai fichage obligatoire devra rester limité aux articles de première nécessité et de grande consommation. Elle ne se justifierait guère pour les autres articles, et il ne paraît pas que, pour ces articles, le consommation y attache un intérêt réel. La Chambre saisit cette occasion pour exprimer encore le désir que les organes chargés de l'exécution de cette mesure s'en acquittent avec tact et discernement afin d'éviter des rigueurs inutiles et purement vexatoires. Création d'un Office des devises. Sur la question de la création d'un Office central des devises, qui lui avait été soumise, la Chambre a présenté le 25 mai les desiderata suivants: La Chambre craint que les mesures proposées, outre que la surveillance des exportations serait fort difficile et dispendieuse, ne viennent créer de sérieux embarras à nos exportations. Le Gouvernement ne doit pas ignorer que, par le temps de crise que nous traversons, la position des vendeurs est nécessairement très faible. L'industrie doit courir après les acheteurs qui se dé2 10 robent: elle ne saurait charger les marchés déjà si difficiles à conclure de conditions de paiement assez gênantes. Le nombre des devises disponibles serait d'ailleurs très limité. L'industrie doit régler avec la majeure partie du produit des exportations les achats de cokes et de matières premières, et ce ne sont à proprement parler que les salaires qui soient payés en argent luxembourgeois. Toutes les acquisitions, à de rares exceptions près, sont à régler en monnaie étrangère. Le franc luxembourgeois n'a pas de marché proprement dit, et il est difficile de concevoir qu'il puisse se faire une place sur le marché international. La création d'un Office national des devises, institution abandonnée aujourd'hui par les autres pays, ne saurait alors être envisagée sérieusement. Cette question, de l'avis unanime de la Chambre, se réglera automatiquement avec la réalisation de l'union économique que nous négocions avec la Belgique, et il est à prévoir qu'avant qu'une telle institution serait en mesure de fonctionner, cette union sera définitive. Il y a lieu de faire remarquer ensuite que notre change s'est ressaisi depuis peu: la perte sur le franc français et belge n'est plus de 5 à 6 %. Le cours du franc luxembourgeois serait fort probablement moins désavantageux si des inquiétudes au sujet de nos bons de caisse n'étaient survenues. Ces bons seront-ils échangés au pair ou au-dessous du pair? Il est notoire que le bruit que l'échange contre des billets belges pourrait se faire au-dessous du pair a influencé défavorablement notre change. Une déclaration du Gouvernement y relative rassurerait le public et raffermirait le cours de notre franc. A cette occasion, la Chambre exprime encore le désir que l'échange des bous de caisse se fasse au pair dans l'intérêt bien compris de nos finances et de notre situation économique en général. Cours des billets luxembourgeois. La Chambre de commerce a été amenée, dans sa séance du 20 décembre, à examiner le rôle que les billets luxembourgeois seront appelés à jouer après l'introduction du papier belge. L'art. 22 de la convention d'union économique, qui règle l'échange de nos bons de caisse, autorise le Gouvernement à laisser en circulation dans les limites du territoire grand-ducal des coupures d'un import ne dépassant pas 10 fr. jusqu'à concurrence de 25 millions. A cette somme vient s'ajouter l'émission actuelle de billets de la Banque internationale pour une somme de 6¼ millions, portant à 31¼ millions le montant total des billets luxembourgeois en circulation. Ces billets sont destinés — ou mieux condamnés — à circuler à l'intérieur du Grand-Duché. Et comme, d'après la loi connue de Gresham, la mauvaise monnaie chasse la bonne, notre papier — la mauvaise monnaie qui n'est pas cotée sur le marché international et n'a qu'un rayon de circulation très restreint — chassera de la circulation la bonne monnaie, le papier belge. Nos billets finiront ainsi par encombrer les transactions intérieures. Il est même à craindre qu'ils ne soient considérés comme un instrument de payement inférieur au papier belge et ne donnent lieu à une perte qui, même très minime, serait toujours fort gênante et nuisible aux affaires. En conséquence, la Chambre a prié le Gouvernement de bien vouloir aviser eu temps utile aux mesures à prendre pour éviter un désagio sur nos billets nationaux. Problèmes d'électrification. Dans sa séance du 17 novembre, la Chambre de commerce, a examiné la question de la distribution du courant électrique qui mérite de fixer tout particulièrement l'attention des pouvoirs. 11 La Chambre est d'avis qu'il importe de concentrer cette industrie, qui aujourd'hui s'éparpille en une infinité de petites entreprises travaillant généralement dans des conditions peu économiques. Il paraît indispensable de coordonner les efforts et de rechercher une solution uniforme d'une large envergure. Pour atteindre ce but, il faut que les communes, conseillées et guidées par le Gouvernement, se mettent d'accord et confient l'exécution de leurs projets à des hommes compétents. En tout cas, l'orientation future du pays semble exiger une réalisation prompte et rationnelle des problèmes d'électrification qui viennent se poser, toujours plus impérieux. Chemins de fer. Etiquettes. Le 23 février la Chambre de commerce a présenté la requête suivante concernant les étiquettes exigées pour wagons complets: Depuis quelque temps les chemins de fer d'Alsace et de Lorraine emploient des étiquettes pour wagons complets qui doivent porter le nom et l'adresse du destinataire. Ces étiquettes étant collées sur les wagons, les noms des clients de l'expéditeur sont livrés au public qui peut en prendre connaissance à son aise. Comme le commerce attache du prix à ne pas divulguer sa clientèle, la Chambre prie le Gouvernement de bien vouloir intervenir auprès de l'administration des chemins de fer en vue de la suppression de cet étiquetage. Taxes de chômage. — Colis par exprès. A la date du 19 avril, elle a présenté deux desiderata concernant le relèvement des taxes de chômage et la suppression éventuelle des colis par exprès. Le relèvement des laxes de chômage sur les chemins de fer Guillaume-Luxembourg mis on vigueur peu de temps après l'armistice, avait été motivé par la pénurie de matériel roulant qui existait à cette époque. Les chemins de fer voulaient amener, par des amendes très fortes, onéreuses même, les intéressés à procéder le plus rapidement possible au chargement et au déchargement des wagons. La Chambre de commerce se demande si, à l'heure actuelle où le matériel vide encombre les gares, celte mesure d'exception, qui a suscité de très nombreuses réclamations de la part de nos industriels et commerçants, se justifie encore. Elle estime que le moment semble venu de ramener ces taxes à leurs anciens niveaux. La Chambre croit savoir ensuite que les chemins de fer d'Alsace et de Lorraine envisagent la suppression du régime des colis par exprès. Cette mesure serait déplorée vivement par le commerce de détail. Certaines branches, entre autres le commerce des journaux et des livres, en seraient sérieusement affectées. La Chambre a donc prié le Gouvernement de bien vouloir n'employer énergiquement auprès de l'administration des chemins de fer en faveur du maintien de ce service. Organisation du trafic sur la ligne de Wasserbillig. La Chambre a présenté le 18 octobre la requête suivante concernant la ligne de Wasserbillig: L'organisation du trafic sur la ligne de Luxembourg à Wasserbillig donne lieu depuis quelque temps à d'incessantes réclamations de la part de nos industriels et commerçants. 12 La ligne de Wasserbillig dessert la région enserrée entre le vicinal Luxembourg-Echternach, la Sûre, la Moselle et la vallée de Trintange, très intéressante au point de vue industriel et agricole, et assure, à elle-seule, les relations si importantes avec l'Allemagne. Une série d'industries, l'industrie vinicole d'abord, les établissements céramiques de Wasserbillig, les usines de Wecker, les carrières de Mensdorf, etc., dépendent eu une certaine mesure du bon fonctionnement de cette ligne. Le nombre des ouvriers qui s'en servent, soit pour se diriger vers ces industries, soir pour aller travailler dans les usines de l'agglomération luxembourgeoise, est très considérable. En 1919, le trafic, comparé à celui de l'avant-guerre avait doublé; on peut affirmer qu'il a triplé aujourd'hui. Malgré ce développement prodigieux, la ligne de Wasserbillig est négligée depuis l'armistice d'une façon regrettable et qu'on a de la peine à s'expliquer. Alors qu'on 1914 elle était desservie par 16 trains circulant dans les deux directions, dont deux rapides, elle ne l'est plus aujourd'hui que par 10 trains, circulant encore d'après un horaire défectueux. Pour se rendre à Luxembourg on ne dispose dans la matinée que de 3 trains arrivant à 5 h. 40, 7 h. 25 et 12 h.
  52. Il faudrait évidemment, pour répondre aux besoins de communication, un train arrivant à Luxembourg vers 10 heures et qui trouverait sa contre-partie dans un train partant en sens inverse vers midi. Le dernier train du soir quitte Luxembourg à 19 h.
  53. Ce départ est fixé trop tard pour les ouvriers travaillant jusqu'à 6 heures, et trop tôt, pour les voyageurs arrivant par la ligne du Nord ou du bassin minier. Une situation à peu près analogue est à constater dans la direction inverse. La diminution du nombre des trains a pour corollaire une réduction des correspondances postales. Il est aujourd'hui presque impossible de recevoir le même jour une lettre remise à poste le matin à Esch-s.-Alzette. Enfin, l'affluence extraordinaire des acheteurs luxembourgeois vers Trêves à laquelle nous assistons depuis l'effondrement du mark a mis l'administration des douanes dans l'impossibilité de garantir le départ régulier des trains à Wasserbillig. Depuis des semaines les trains du soir arrivent avec des retards de deux, trois, jusqu'à quatre heures. Cet état de choses ne peut durer évidemment et les violentes critiques dont la presse se l'ait l'écho traduisent la gravité de la situation. La Chambre a donc appelé l'attention toute spéciale du Gouvernement sur un état de choses qui crée de sérieux embarras à la vie économique de toute une région. Chambres professionnelles : Réforme de la Chambre de commerce. Dans sa séance du 20 décembre, la Chambre de commerce a adopté l'avis suivant concernant sa réforme dans le cadre du projet de loi sur les chambres professionnelles élaboré par le Conseil d'État: a) Composition de la Chambre de commerce. La Chambre de commerce devant traduire le plus fidèlement possible la physionomie économique du pays, il paraît indispensable d'accorder aux diverses branches de l'activité industrielle et commerciale une représentation correspondant à leur importance économique. (Je principe» 13 qui réalise les aspirations de l'industrie et du commerce, a trouvé son expression dans le projet de loi élaboré par le Conseil d'État. Toutefois, notre Chambre se demande s'il est opportun de fixer définitivement dans une loi, la répartition des sièges entre les diverses branches. Les industries se transforment au gré des conjonctures économiques, politiques et sociales: telle industrie, florissante aujourd'hui, disparaîtra dans quelques années, telle autre prendra un développement insoupçonné, des industries nouvelles viendront se substituer aux branches disparues. Une répartition adaptée à la situation actuelle deviendra nécessairement un anachronisme après un certain temps où elle ne correspondra plus à la physionomie économique du pays. Ainsi, sur l'initiative même de notre Chambre, diverses modifications ont été faites dans la répartition des sièges telle que l'avait fixée l'arrêté organique de
  54. Au sentiment de la Chambre, cette répartition devra être abandonnée à la réglementation, plus souple que la législation. Soucieuse d'assurer à toutes les branches intéressantes une représentation adéquate, la Chambre propose encore de porter à 24 le nombre des sièges. L'art. 33 du projet serait alors à modifier dans le sens suivant : La Chambre de commerce comprendrait 24 membres effectifs et 24 membres suppléants, dont 12 pour l'industrie et 12 pour les différentes branches du commerce. Les sièges seraient répartis entre les industries ou groupes d'industries et les commerces ou groupes de professions commerciales suivant leur importance économique. Un règlement d'administration publique fixerait cette répartition tous les six ans sur les propositions de la Chambre de commerce. Cette formule résume les dispositions afférentes de la loi française du 19 février
  55. La répartit ion des sièges d'après la physionomie économique actuelle du pays, en prenant soin de diversifier le plus possible la représentation, serait la suivante: Industrie (12 sièges): Métallurgie

(2), Petite métallurgie et ateliers de construction
(1), Industries extractives
(1), Bâtiment et industries des pierres s'y rattachant
(1), industrie des peaux et cuirs
(1), Industrie textile ( I ) , Industrie des tabacs
(1), Brasserie
(1), Minoterie (I), Imprimerie (I), Industries non dénommées
(1). Commerce (12 sièges): Banque
(1), Assurances
(1), Transports
(1), Branche hôtelière et commerce des boissons ( I ) , Commerce de gros
(3), Commerce de détail
(4), Représentants de commerce
(1),
  1. b)Régime électoral. Le projet du Conseil d'État consacre le suffrage universel de tous les commerçants inscrits. Ce principe, dans ses, ultimes conséquences, ne donnerait pas les garanties nécessaires pour assurer aux divers intérêts économiques une représentation équitable. Ainsi, la représentation d'une industrie qui occupe des milliers d'ouvriers et résume presque tous les intérêts d'une localité, d'une région entière, mais disposant de quelques voix seulement, serait livrée aux caprices de groupes disposant d'un nombre considérable de voix, indifférents ou même hostiles. Un tel régime serait inadmissible, il pourrait donner lieu à de graves abus. Il demeure donc entendu que chaque branche nommera son représentant en parfaite indépendance des autres groupes. Comme le projet n'envisage pas ce point, la Chambre propose d'y insérer la disposition afférente de la loi française, qui stipule à ce sujet: « L'élection aux sièges d'une catégorie sera faite 14 exclusivement par les électeurs de celle catégorie. Nul ne pourra être électeur que dans sa catégorie. » La Chambre a jugé à propos d'examiner à cette occasion la question des négociants retirés des affaires et ne remplissant plus, par conséquent, les conditions d'éligibilité. Des exemples très nombreux de négociants qui, après s'être retirés des affaires, oui tenu une place prépondérante dans Ja vie publique et pris une large part dans la solution des questions économiques, démontrent que leur exclusion ne se justifierait guère Beaucoup de chambres de commerce ont rendu un hommage mérité à l'impartialité des anciens négociants et à leur jugement sûr, mûri. Notre Chambre ne saurait donc admettre l'exclusion des anciens négociants: elle attache, au contraire, du prix à ce que leur collaboration justement appréciée lui reste acquise. Un petit pays offre d'ailleurs, au point de vue du recrutement d'une représentation économique, une marge très restreinte qu'il serait dangereux de restreindre encore. La Chambre s'est préoccupée aussi de la question de la nationalité des membres. La nationalité luxembourgeoise doit-elle être exigée formellement ? Un pays tout en lisière comme le Grand-Duché, où existent beaucoup d'établissements étrangers doit se montrer moins exclusiviste sous ce rapport que les grands pays où l'industrie est nécessairement moins cosmopolite. Aussi notre Chambre ne verrait-elle nul inconvénient dans l'éligibilité des étrangers honorables habitant le Grand-Duché.
  2. c)Autres desiderata. L'art. 7 charge les administrations communales de rétablissement des listes électorales. Il serait difficile cependant, sinon impossible, de mettre celte disposition en concordance avec les données qui se trouvent à la base de la Chambre de commet ce. Les listes électorales doivent être évidemment extraites des registres aux firmes qui sont tenus auprès des deux tribunaux d'arrondissement de Luxembourg et de Diekirch. Une intervention des diverses administrations communales ne peut se concevoir alors. La seule solution pratique consisterait à charger un autre organisme de la confection des listes, soit la Chambre de commerce, qui vient se présenter tout naturellement, à moins que le Gouvernement ne préfère en charger un autre organisme à ce qualifié. La délimitation entre la Chambre de commerce et la Chambre d'artisans est laissée dans le vague. Qui est artisan ? Ni la loi ni la science économique n'ont fourni jusqu'ici une définition nette de cette profession. Sa signification reste flottante. Il est des artisans qui sont à proprement parler de petits industriels, d'autres se confondent avec les commerçants, d'autres enfin sont plutôt des ouvriers. La plupart des artisans sont commerçants aux ternies de l'art. 1er du Code de commerce et inscrits sur le registre aux firmes. Si leur situation est nettement définie au point de vue du Code de commerce, elle l'est moins au point de vue de la représentation de leurs intérêts professionnels et économiques. La loi doit établir alors une règle sûre et précise, définir la qualité d'artisan. Enfin la Chambre de commerce ne désire nullement abandonner la tradition qu'elle a toujours suivie dans la publicité de ses travaux; elle attache du prix à rester en contact permanent 15 avec l'industrie et le commerce dont elle est la représentation officielle. Comme les dispositions générales semblent vouloir écarter la publication des comptes-rendus réguliers des séances, il y a lieu de relever encore ce point. Conclusions : En conséquence, la Chambre de commerce propose de modifier les art. 33 et 34 comme suit: Art. 33. — La Chambre de commerce comprend 24 membres effectifs et 24 membres suppléants. Les sièges sont attribués en nombre égal aux deux groupes Industrie et Commerce, ce dernier étant formé par les industries plus spécialement commerciales, comme la banque, les assurances, les transports, la branche hôtelière, le commerce de gros et de détail. Un règlement d'administration publique fixera tous les six ans la répartition des sièges entre les diverses branches de l'industrie et du commerce suivant leur importance économique, la Chambre de commerce entendue. La proportion des membres suppléants pour les divers sièges sera la même que celle fixée pour les membres effectifs. Le pays forme une seule circonscription électorale. L'élection aux sièges d'une branche sera faite exclusivement par les électeurs de cette branche. La Chambre donnera à ses travaux la publicité qu'elle jugera convenir. Art. 34. — Sont électeurs pour la Chambre de commerce tous les commerçants de nationalité luxembourgeoise sans distinction de sexe âgés de 21 ans, inscrits sur les registres aux firmes. Les sociétés commerciales ayant un siège dans le Grand-Duché se l'ont représenter au vote par des délégués. La qualité d'électeur confère l'éligibilité. Sont en outre éligibles les anciens négociants inscrits pendant cinq ans sur les registres aux firmes ainsi que les étrangers remplissant la même condition. Minières. La statistique de production établie par l'Administration des Mines (voir pages 20 et 21) renseigne pour 1921 : Bassin de Rumel.-Dudel. Bassin d'Esch. Bassin de Differd.-Pétange. Totaux. 3359 1087 Nombre des ouvriers occupés. 988 1284 3.031.626 1.004.005 1.129.932 Production totale t. 897.689 La production moyenne par ouvrier ressort à 902538 tonnes d' une valeur de 7877,50 fr. environ. La comparaison avec les chiffres de la production de l'année précédente donne les résultats suivants: Nombre des ouvriers occupés Production totale Valeur de la production Prix moyen par tonne Salaires et traitements payés 1. fr. » « Année 1920 Année 1921 3890 3.704.390 37.997.000 10.20 27.4.03.903 3359 3.031.626 '26.461.773 8. 73 23.227.670 16 Les premiers mois de l'année 1921 ont vu se continuer la crise qui avait commencé à se dessiner dès l'été 1920. La situation n'a fait qu'empirer depuis ce temps, les demandes pour les minerais devenant de plus en plus rares et les prix obtenus descendant à 9 fr. la tonne pour minerais calcareux de 30 % et minerais silicieux de 34 % de fer. Pendant le mois de mars, par suite des grèves, la production, qui avait été de 323.726 tonnes pour le mois correspondant de l'année 1920, tombe à 107.465 tonnes. Pour toute la période qui s'étend du commencement du mois de mai à fin octobre, la production reste très sensiblement inférieure à celle de 1920; pour les deux derniers mois, elle atteint le niveau de l'année précédente. Le marché français était complètement fermé aux minettes luxembourgeoises, les usines belges ne prenaient que des quantités absolument faibles et les expéditions pour les usines lorraines et sarroises étaient considérablement réduites. Les usines allemandes en pays occupé et dans le bassin de la Ruhr demeuraient, comme en 1920, les clients des plus importants, mais malheureusement les expéditions ont subi des arrêts très fréquents et prolongés par suite des grèves des ouvriers et des difficultés de transport. Ces arrêts ont causé de grands préjudices à un certain nombre d'exploitants qui n'avaient d'autres débouchés que les usines allemandes. Après la grève du mois de mars les salaires ont pu être réduits de 10 à 20%. Celte réduction ajoutée à celle qui s'est produite sur diverses matières nécessaires à l'exploitation, comme bois de mines, carbure, explosifs, huiles, charbons, etc., a permis de continuer l'exploitation qui, autrement, aurait dû être suspendue. Les minerais de Lorraine ainsi que ceux du bassin de Briey concurrencent fortement nos minerais auxquels ils sont supérieurs en qualité. Il n'est guère possible d'écouler encore maintenant des minerais dosant moins de 30 % de fer, alors que les années antérieures des minerais de 27 à 29 % composaient une très grande partie de nos exportations. A la fin de l'année le Gouvernement a introduit, sans avoir consulté ni averti les exploitants des augmentations de transport de 30 %, alors que nos voisins de Lorraine continuaient à bénéficier des anciens tarifs réduits. Après de nombreuses démarches le tarif fut ramené à l'ancienne échelle, le 12 janvier 1922, mais nos voisins de Lorraine et de Meurthe-et-Moselle, grâce au tarif réduit, avaient enlevé les marchés pour 1922. La courbe du rendement s'est développée comme suit depuis la dernière année normale: Production moyenne 1913 1914 1915 1916 1917 19,18 1919 1920 1921 t. 1 . 2 6 2 . 3 2 8 » 1.140.391 » 1.392.703 » 1.446.485 » 1.077.217 » 894. 4 8 6 » 855.400 » 952.280 » 902.538 Valeur fr. 3. 782,64 » 3.604.40 » 4.420,30 » 4.932,33 » 4.491,99 » 3.772,41 » 6.930.80 » 9.767.86 » 7.877,50 17 Jusqu'en 1913, le rendement par ouvrier et par an a constamment augmenté par suite des perfectionnements introduits dans l'abatage et le transport par les grandes exploitations minières, notamment par l'emploi du marteau perforateur. Pendant cette période toutes les exploitations étaient productives. A partir de 1916, et surtout pendant la période qui a suivi l'armistice, nombre d'exploitations furent obligées de chômer faute de commandes ou de moyens de transports. Néanmoins il fallait occuper des ouvriers à l'entretien des galeries et à d'autres travaux de secours dans les exploitations non productives, et ces ouvriras, englobés dans le nombre total des ouvriers occupés, devaient réduire nécessairement la moyenne du rendement en minerais. C'est ainsi que pour la période à partir de 1918 le rendement par ouvrier et par an se trouve être inférieur à celui de 1903 à 1913 où toutes les exploitations étaient productives. En éléminant pour 1921 les exploitations non productives, c'est-à-dire en retranchant du nombre total des ouvriers occupés ceux qui furent employés uniquement à l'entretien des exploitations chômantes, nous arrivons, malgré la grève du mois de mars, à un rendement moyen de 1038,1 tonnes. Janvier Février Mars Avril Mai Juin Juillet Août Septembre Octobre Novembre Décembre Production Nombre d'ouvriers Rendement par ouvrier 1. 308.442 »263.845 »107.466 »266.870 »236.934 »261.786 »253.156 »248.731 »240.839 »257.206 »275.181 »300.024 3596 3501 3163 3018 3104 3122 3064 2934 2849 2905 2158 2308 t. 85,8 » 75,3 » 30,72 » 88,5 » 76,3 » 83,75 » 82,5 » 84,8 « 84,6 » 88,4 » 127,5 » 130 t. 1038,1 Il en résulte que le rendement intrinsèque par ouvrier, qui s'elève à 1038,1 tonnes, est allé nettement en augmentant pendant l'année 1921, bien qu'il reste encore au-dessous des dernières années normalen de l'avant-guerre. La moindre-production imposée par le syndicat en juillet et août 1920 a été abandonnée par les ouvriers mineurs à la suite de la réduction des salaires introduite en 1921. Comme les mineurs travaillaient à la tâche, ils cherchaient à rattraper leur ancien gain en faisant des journées pleines. Les exportations sont fortement en recul: de 2.042.889 tonnes elles sont descendues à 1.668.582 tonnes. Les expéditions pour l'Allemagne occupée sont tombées de 475.061 à 444.781 tonnes, pour l'Allemagne non-occupée, de 827.602 à 698.998 tonnes, pour la Belgique, de 551.768 à 357.776 tonnes. 3 18 Les importations de minerais français sont en légère avance: de 965.124 tonnes elles ont passé à 1.054.447 tonnes. Le tableau ci-après donne le mouvement qu'a suivi la valeur de la production des minières depuis 1909: Production . t. 5.793.875 » 6.263.385 » 6.059.797 » 6.533.930 » 7.333.372 » 5.007.457 » 6.139.434 » 6.752.207 » 4.276.550 » 3.131.400 » 3.112.472 » 3.704.390 » 3.031.626 1909 1910 1911 1912. 1913 1914 1915 1916 1917 1918 1919 1920 1921 fr. » » » » » » » » » » » » Valeur totale Prix de lu tonne 15.850.966 17.747.017 18.647.326 19.427.508 21.965.818 15.826.514 19.485.064 23.024.145 17.833.214 14.995.635 25.366.646 37.997.000 26.461.773 fr. 2,73 » 2,83 » 3,07 » 2,97 » 2,99 » 3,16 » 3,17 » 3,41 » 4,17 » 4,51 » 8,15 » 10,26 » 8,73 Rappel de la production des minières depuis 1868. Années Tonnes Années Tonnes Années Tonnes 1868 1869 1870 1871 1872 1873 1874 1875 1876 1877 1878 1879 1880 1881 1882 1883 1884 1885 772.039 924.382 911.695 990.499 1.174.334 1.331.743 1.442.668 1.090.845 1.196.729 1.262.825 1.407.617 1.613.392 2.173.463 2.161.881 2.539.295 2.551.090 2.447.634 2.648.449 1886 1887 1888 1889 1890 1891 1892 1893 1894 1895 1896 1897 1898 1899 1900 1901 1902 1903 2.361.372 2.649.710 3.261.925 3.102.753 3.359.413 3.102.050 3.370.352 3.351.938 3.958.280 3.913.076 4.758.741 5.349.009 5.348.951 6.014.394 6.171.229 4.455.179 5.130.069 6.010.012 1904 1905 1906 1907 1908 1909 1910 1911 1912 1913 1914 1915 1916 1917 1918 1919 1920 1921 6.347.781 6.595.860 7.229.385 7.492.870 5.800.868 5.793.875 6.263.385 6.059.797 6.533.930 7.333.372 5.007.457 6.139.434 6.752.207 4.276.550 3.131.400 3.112.472 3.704.390 3.031.626 19 Production des Minières. 20 Bassins. Salaires et traitements payes (en francs). 1921 Differdange-Pétange 1087 7.284.164 1920 1921 1275 Esch-s.-Alz 988 1920 1921 Rumelange-Dudelange 1920 1921 1920 7.206.370 1035 7.684.339 1284 8.737.136 1580 Totaux 8.718.880 3359 3890 11 050.684 23.227.670 27.453.903 Différence de 1920 Nombre de tonnes. 531 4.226.233 Teneur moyenne à 100" en fer en %. Valeur du minerai sur wagon par tonne. fr. minette 836.389 33,7 9,50 0,66 calcaire 167.616 23 7,00 0,55 minette 1.038.262 33 11 0,70 calcaire 175.356 23 6,65 0,59 minette 885.311 27,5 8,85 0,57 calcaire 12.378 22 6,50 0,38 minette 901.371 28,5 11,50 0,60 minette 1.128.179 28 8,35 0,58 calcaire 1.753 19 4 0,49 minette 1.575.629 27,5 9,50 0,62 calcaire 13.772 22 5,50 minette ,et calcaire 30 8,90 3.031.626 0,60 21,5 5,80 0,47 minette et calcaire 29,5 10 65 3.704.390 0,64 22,5 5,35 0,59 0,5 minette et calcaire 1921 en faveur Désignation du minerai. en % Années. Production de minerai de fer. Nombre moyen d'ouvriers occupés. Teneur en phosphore Statistique minette et calcaire 0,45 1,75 672.764 1,0 0,04 0,12 21 Minière pour 1921. Quantité vendue ou consommée dans le Grand-Duché Quantité exportée en Quantité Allemagne Quantité importée de France. mise en dépôt prise du dépôt de 1920. France. Belgique. Total. to. to. to. to. to. to. 141.320 167.031 234.762 712.065 424.955 7.620 143.180 180.270 138.063 188.030 338.098 844.461 601.154 69.821 47.345 843.548 120 24.490 52.170 76.780 421.085 4.028 26 667 795.841 3.893 23.967 9.950 37.810 289.735 68.823 1.103 399. 840 275.709 533.184 70.844 879.737 208.407 5.205 154.850 280.667 290.898 665.572 428 203.720 1.160.618 74.235 207.047 58.931 1.670.888 444.781 698.994 167.031 357.776 1.668.582 1.054.447 16 853 324.697 1.423.189 475.061 827.602 188.458 551.768 2.042.889 965.124 345.691 107.379 territoire occupe. territoire non-occupé to. to. to. 427.500 168.952 346.681 217.318 89.323 247.699 30.280 128.608 21 .427 193.992 374. 307 328.838 22 Métallurgie. La situation franchement mauvaise du marché métallurgique que noua avons constatée à la fin de l'année précédente s'est continuée pendant 1921 en s'accentuant toujours sous l'influence déprimante du marasme général des affaires. L'affaissement des prix marchait de pair avec l'atonie du marché mondial. Cette situation trouve son expression dans les bilans des sociétés métallurgiques qui, sans exception, offrent un aspect peu réconfortant. On s'attendait, la paix revenue, à un prompt retour à la liberté du commerce. Cet espoir a été cruellement déçu. Partout nous constatons le retour à un régime de restrictions, de prohibitions, de relèvements des tarifs douaniers. Une vague protectionniste semble passer sur l'Europe meurtrie, avide pourtant de travail assuré, d'échanges actifs, de bien-être. On conçoit que cette situation devait se répercuter tout particulièrement sur la métallurgie du Grand-Duché qui, n'ayant pas de marché intérieur, dépend essentiellement du marché international. Si le marché français pouvait être travaillé avec quelque chance de succès, les autres débouchés traditionnels se dérobaient toujours davantage. Encore le marché Français, par suite du relèvement considérable des coefficients de majoration, devenait-il de plus eu plus impraticable. La Belgique, très fortement industrialisée aussi, n'offre en général qu'un débouché assez restreint. En Allemagne, les prix pratiqués étaient trop peu rémunérateurs. La métallurgie luxembourgeoise n'était pas en mesure de lutter avec succès sur ce marché, naturellement protégé par le prix de revient si avantageux que lui assure le bas prix du coke et de la main-d'œuvre indigène. Après l'armistice, nos usines s'étaient résolument mises à l'œuvre pour s'adapter à la situation nouvelle engendrée par la guerre mondiale: elles cherchaient à se créer des débouchés nouveaux, plus lointains. Comme le marché intérieur n'offre nulle ressource et que les débouchés européens étaient perdus en grande partie, elle abordait les marchés exotiques: le Brésil, l'Argentine, les Indes anglaises, le Japon. Les comptoirs de vente organisés dans ces pays ont été développés.. Tout en travaillant avec perte, le Luxembourg, grâce à ces circonstances a peut-être moins souffert que les pays voisins en donnant même du développement à sa production. Toutefois, dans la lutte sur le marché mondial, nos usines sont en très sérieuse intériorité vis-à-vis de la concurrence par le fait que certains grands pays consentent des avances à d'autres pays à finances obérées à condition que ceux-ci leur passent des commandes. L'industrie nationale est stimulée ainsi par le jeu de combinaisons financières et politiques. Comme le Luxembourg n'est pas de taille à se livrer à des opérations d'aussi puissante envergure, notre industrie doit renoncer à ces avantages: elle est réduite à ses propres forces. La dépression générale du marché mondial du fer avait pour conséquence un desserrement sur le marché des cokes où les facilités augmentaient en raison directe de la diminution des demandes de la métallurgie. En diminuant leur production, les usines des pays voisins laissaient de fortes quantités de cokes disponibles. Et si, en 1920, la production luxembourgeoise était limitée par les arrivages insuffisants de combustibles, elle fut, en 1921, sous l'exclusive dépendance de la conjoncture mondiale du fer. Alors que la production marque un recul dans les pays voisins, elle a augmenté dans le GrandDuché: de 692.935 tonnes elle a passé à 970.336 tonnes. Nos usines ont mis à profit, les facilités 23 qu'offrait le marché du coke pour donner plus d'extension à leur production, voulant, d'une part, arriver ainsi à une diminution du prix de revient, et éviter, d'autre part, les répercussions regrettables au point de vue social des chômages étendus dans l'industrie principale du pays. Le coke de provenance allemande dont s'alimentaient en majeure partie nos usines, était fourni par l'intermédiaire de la Commission des réparations. La défense d'exportation ayant été levée eu Belgique où l'allure réduite des hauts fourneaux laissait de fortes disponibilités, plusieurs usines ont pu n'approvisionner également de coke belge, concurremment avec du coke hollandais et anglais livré de nouveau à des prix abordables. Le fond de la baisse a été atteint vers le mois d'octobre où le marché témoignait d'une tendance à se raffermir. Depuis le commencement de l'année 1922, il donne des signes incontestables de relèvement. Si les prix sont très lents à s'améliorer, la demande dans toutes les catégories de produits métallurgiques est en réel progrès. L'Allemagne montre un certain intérêt pour les produits bruts. On envisage la réglementation internationale pour certains produits: une convention des rails l'ait depuis quelque temps l'objet de pourparlers entre métallurgistes. Le développement progressif de la production, en permettant un abaissement correspondant du prix de revient, laisse entrevoir de nouveau une faillie marge de bénéfice. Depuis les grèves de mars, avec leur cortège d'événements si regrettables qui amenèrent la suppression des conseils d'usines, la question des salaires est entrée dans des voies normales. Le recul des salaires, en concordance avec le coût de la vie, est de 10 à 12 % en moyenne. Les chômeurs ont été réintégrés dans la suite. Aujourd'hui les usines occupent de nouveau un fort contingent d'ouvriers étrangers, spécialement des Italiens, qui sont revenus nombreux. Dans certaines catégories d'ouvriers spécialistes on constate une pénurie incontestable. Un sujet de graves préoccupations est la tendance à l'exagération des charges fiscales dont la grande industrie est accablée déjà. Pour rester viable, il faut évidemment que notre industrie, au point de vue de la fiscalité, ne soit pas handicapée plus fortement que les industries contre lesquelles elle doit soutenir la concurrence sur le marché mondial. En toute hypothèse, elle est en droit de demander que ces charges ne soient pas plus élevées qu'en Belgique. Si l'union économique avec la Belgique, heureusement consommée aujourd'hui, n'ouvre pas un débouché sérieux à nos produits métallurgiques, les usines escomptaient toujours des facilités de transport via Anvers par l'octroi du même tarif dont jouissent les usines belges. Elles s'attendaient à voir coïncider des tarifs avec la mise en vigueur de la convention. Le règlement de cette question reste toujours eu suspens. La commission paritaire qui devra rechercher «un juste équilibre dans les conditions d'approvisionnement en matières premières et d'écoulement de la production», lequel pourra être formulé en des mesures tarifaires, a donné au dernier moment une interprétation s'écartant de celle des usines luxembourgeoises. Elle croit ne pas devoir abandonner les différences existant actuellement pour le maintien du juste équilibre. La question devra être tranchée alors par un arbitrage. 24 Statistique de production,
  3. a)Hauts Fourneaux. Année 1920 Année 1919 47 47 Nombre des fours existants 17—19 20 Nombre des fours à feu 685 730 Nombre des semaines de travail 4007 4244 Nombre des ouvriers occupés fr. 24.514.288 fr. 17.520.941 Montant des salaires payés 1.764.608 t. 2.055.651 indigènes t. Consommation de minerais 433.866 exotiques 62.436 910.011 839.590 t. t. Consommation de cokes Production: 62.204 93.648 t. t. fonte de moulage 630.161 523.287 fonte Thomas 570 487 fonte d'affinage ensemble Valeur de la production: fonte de moulage fonte Thomas fonte d'affinage Année 1921 47 18—23 1867 3237 fr. 20.243 566 t. 2.561.368 480.067 t. 1.199.995 t. 79.223 890.438 675 t. 617.422 t. 692.935 t. 970.336 fr. 24.013.448 133.743.374 113.960 fr. 32.798.260 349.057.679 253.662 fr. 21.283.746 217.822.287 151.491 239.257.324 fr. 157.870.782 fr. 382.109.601 Le tableau ci-après donne le mouvement et la valeur de la production de la foule pendant les dix dernières années: Production Valeur totale Prix moyen de la tonne t. 2.252.229 fr. fr. 135.788.759 60,29 1912 1913 163.359.161 64,11 2.547.861 1914 1.827.270 113.170.161 60,60 1915 1.590.773 113.892.183 71,59 1916 105,54 1.950.514 205.794.142 1.528.865 1917 231.845.055 151,73 1918 1.266.671 254.590.396 201,10 1919 617.422 157.870.782 255,69 1920 692.935 382.109.601 551,03 1921 970.336 239.257.324 246,57 Nombre des aciéries Nombre des ouvriers occupés Montant des salaires payés
  4. b)Aciéries. Année 1919 7 1360 fr. 5.832.630 Année 1920 7 1800 fr. 9.976.1 17 Année 1921 7 1213 fr. 7.055.195 25 Année 1919 Consommation de matières premières: fontes t. mitrailles chaux et dolomies Production: acier brut (lingots) t. acier coulé et au four électrique scories de déphosphoration. autres scories Année 1920 Année 1921 407.458 11.116 63.875 t. 623.341 38.101 99.313 t. 829.927 13.647 125.859 366.231 4.564 89.850 7.961 t. 569.545 15.423 137.719 9.770 t. 750.974 3.098 179.403 9.553 Valeur de la production: acier brut (lingots) fr. 133.882.768 fr. 430.216.030 fr. 219.836.385 acier coulé et au four électrique 4.039.703 16.096.843 3.955.250 scories de déphosphoration 35.055.767 36.839.391 9.426.817 » autres scories 462.204 133.642 343.698 Le tableau ci-après donne le mouvement et la valeur de la production de l'acier brut (lingots) pendant les huit dernières années: Production Prix de la tonne Valeur totale t. 1.128.791 1914 fr. 68,35 fr. 77.097.187 1915 967.821 125,70 121.553.064 150,51 1916 195.060.772 1.296.407 1.053.596 196,62 207.045.891 1917 232,61 1918 857.937 199.573.806 366.231 133.882.768 384,00 1919 569.545 430.216.030 755,37 1920 292,73 750.974 219.836.385 1921 L'acier coulé et au four électrique renseigne pour la même période: Valeur totale Production 3.093.750 fr. t. 7.704 1914 3.411.757 12.563 1915 3.574.135 15.155 1916 9.653.635 33.126 1917 11.274.961 1918 29.712 3.345.000 3.185 1919 16.096.843 15.423 1920 3.955.250 3.098 1921 Nombre des laminoirs Nombre des ouvriers occupés Montant des salaires payés Consommation de lingots
  5. c)Laminoirs. Année 1919 5 4467 fr. 17.144.967 361.120 t. Année 4920 5 3557 fr. 21.356.817 567.574 t. fr. t. Année 1921 5 2536 16.667.980 738.856 4 26 Production : demi-produits matériel fixe de voie poutrelles et gros profilés barres et petites profilés ±il machine bandages tôles palplanches chutes Valeur de la production: demi-produits matériel fixe de voie poutrelles et gros profilés barres et petits profilés fil machine bandages tôles palplanches chutes 108.027 31.495 58.120 83.513 7.834 14.028 7.834 1.420 30.045 t. fr. 44.917.831 17.399.220 30.338.934 43.047.042 4.357.670 8.907.780 4.758.500 942.880 5.090.165 Année 1921 Année 4920 Année 1910 t. t. 231.212 99.189 102.058 112.286 51.819 11.585 6.917 527 84.425 fr. 20.181.056 4.975.631 7.202.482 77.228.234 42.615.649 44.211.566 47.104.620 23.610.750 5.213.255 6.083.406 353.363 12.371.327 A n n é e 1920 Année 1921 107.670 25.510 103.875 141.790 36.206 17.651 3.980 45.662 fr. 133.346.722 25.474.590 97.065.869 138.527.961 39.616.505
  6. d)Fonderies. A n n é e 1919 Nombre des fonderies en activité Nombre des ouvriers occupés Montant des salaires payés fr. Consommation de matières premières: fontes t. mitrailles Production: poterie t. tuyaux machines » acier coulé fonte pour bâtiments fontes spéciales diverses 9 738 2.581.713 soit ensemble Valeur de la production 11.969 9.135.879 t. fr. fr. 9 763 3.986.041 10 714 fr. 3.808.355 9.206 6.074 t. 10.440 9.355 t. 9.244 8.574 407 56 6.874 972 245 3.415 t. 466 26 t. 191 72 2.920 1.226 109 11.579 16.849 t. fr. 24.035.792 fr. 16.097 15.353.700 1.841 2.518 113 11.885 t. 27 Rappel de la production sidérurgique depuis 1872. Années 1872 1873 1874 1875 1876 1877 1878 1879 1880 1881 1882 1883 1884 1885 1886 1887 1888 1889 1890 1891 1892 1893 1894 1895 1896 1897 1898 1899 1900 1901 1902 1903 1904 1905 1906 1907 1908 1909 1910 1911 1912 1913 1914 1915 1916 1917 1918 1919 1920 1921 Nombre des hauts fourneaux 16 18 19 21 21 20 19 17 18 18 18 18 18 21 21 21 21 21 21 21 22 23 23 23 25 27 28 28 28 23 27 27 28 32 33 33 31 34 34 38 43 45 47 47 47 47 47 47 47 47 Production des hauts fourneaux Tonnes Production des aciéries Tonnes 1.615 1.413 1.310 1.341 1.370 1.269 1.394 1.205 1.701 1.579 1.726 1.827 1.670 1.440 184.573 256 349 246.600 270.377 230.500 215.388 248.377 261.236 260.666 293.615 376.587 344.688 365.997 419.610 300.644 492.038 523.776 561.733 559.912 544.944 586.515 558.289 679.816 694.812 898.898 870.373 954.867 982.929 970.885 916.403 1.080.305 1.217.830 1.198.002 1.368.252 1.460.105 1.485.272 1.299.918 1.552.590 1.682.519 1.728.973 2 252.229 2.547.861 1.827.270 1.590.773 1.950.514 1.528.865 1.266.671 617.422 692.935 970.336 Production des fonderies Tonnes 20.554 57.345 69.739 97.000 97.4 62 110.920 103.310 129.123 131.220 134.812 136.955 143.692 170.153 166.206 184.714 257.055 31/1.930 371.979 366.302 397.942 435.285 444.268 460.570 535.202 598.310 716.194 947.184 1.182.227 1.136.495 980.384 1.296.407 1.053.596 857.937 366.231 569.545 750.974 2.585 3.644 4.615 4 .642 5.909 7.062 6.281 7.764 8.328 8.747 9.307 9.874 9.358 11.154 11.293 9.984 9.658 11.119 13.437 13.628 16.877 18.054 16.382 15.442 17.217 16.002 20.893 26.513 22.954 16.649 24.571 23.609 19.968 11.969 16.849 16.097 28 I — Production de la Fonte 29 II — Répartition de la Production ci-contre. 30 III. — Production de l'Acier. 31 IV. — Production des Fonderies. 32 Ateliers de construction et petite métallurgie. L'année 1921 était caractérisée dans sa première partie par une dégringolade rapide des prix des matières premières nécessaires aux ateliers et fonderies qui ne s'arrêta que vers le mois de juin. Les prix pratiqués ont traversé successivement les étapes suivantes : (les % kg., départ usine) Janvier 1921 Juillet 1911 Juillet 1921 Janvier 1922 245 210 420 fr. 75 — 80 Fonte de moulage III 420 370 665 112 Hématite 465 460 670 130 Poutrelles 73 90 158 31 Coke Vers la fin de l'année, une légère hausse se dessinait surtout dans les accessoires spéciaux pour lesquels nous sommes tributaires de l'étranger, les tarifs de transport ainsi que les droits de douane ayant subi des majorations importantes que les faibles réductions accordées par les fournisseurs ne purent compenser. Ces circonstances ont particulièrement influé sur nos rapports avec l'Allemagne. Le réveil du marché qu'on s'attendait à se voir produire comme conséquence logique de la baisse se faisait toujours attendre. La baisse ne parvenait pas à ranimer la demande, dépassée considérablement d'ailleurs par une offre exagérée, partant non seulement des établissements indigènes mais aussi de la concurrence étrangère qui souffrait de la même situation. La production totale de la fonderie n'a guère varié par l'apport à l'année précédente : 16.097 tonnes contre 16.849 tonnes en 1920, mais sa valeur commerciale est descendue de 24 millions à 15,4 millions de francs. Les prix de vente des produits fabriqués montrent approximativement et en dépendance des prix unitaires les variations suivantes : Fin 1920 Fin 1921 fr. 1.30 à 1.55 Pièces brutes en fontes mécanique 0 . 7 2 à 0,96 1,00 à 1,50 Pièces brutes en acier coulé 2,80 à 3,00 5.50 à 6.00 Pièces brutes en bronze 3,80 à 4,20 Machines complètes 4,60 à 6,20 1,65 à 3,10 Durant le premier trimestre plusieurs ateliers bénéficiaient encore d'un stock de commandes en carnet, mais qui ne tardait pas à s'épuiser par suite de l'abstention complète de la clientèle étrangère, de la clientèle française surtout. Le ralentissement de la marche des ateliers, le chômage partiel, l'arrêt complet chez quelques-uns eu furent la conséquence dans la seconde moitié de l'année. Fendant les derniers mois l'âpreté de la concurrence forçait certains ateliers, qui cherchaient, à occuper leur personnel par tous les moyens, à un avilissement regrettable des prix. Il est vrai que les fonderies annexées aux grandes usines métallurgiques, qui, en temps ordinaire, ne s'occupent que de grosses pièces ou de travaux urgents pour le compte de leurs services d'entretien, se sont vu forcées d'empiéter sur le domaine des petites et moyennes fonderies et de leur faire une concurrence contre laquelle celles-ci n'étaient pas de taille à lutter. La clientèle profitait de cette situation pour rabattre autant que possible des prix. Les conditions de paiement tendent malheureusement à se rapprocher de plus en plus de celles de l'avant-guerre, immobilisant de forts capitaux qui sont détournés ainsi de leur rôle productif. 33 L'allure languissante des grandes usines ajoutée à la concurrence acharnée des établissements belges et allemands enlevait presque tout intérêt au marché indigène. La Belgique, et surtout la France, qui souillaient elles-aussi du marasme des affaires, n'offraient plus guère de ressources malgré les efforts les plus obstinés et l'importance des sacrifices faits par nos établissements. Le bas cours du mark rendait impossibles les exportations en Allemagne. Par contre, les pays du Nord reparaissaient de nouveau comme acheteurs de certains articles spéciaux. Les pays d'outre-mer, notamment les grandes républiques sud-américaines, limitaient louis commandes au strict minimum. L'agitation qui secouait les masses ouvrières au lendemain de la guerre et qui renaissait encore par moments au commencement de l'année a fait place au calme. L a réduction ou suppression des primes de pain adoptée sur l'initiative de la Fédération des Industriels en concordance avec l'abaissement du coût de la farine n'a guère trouvé d'opposition. Le développement des moyennes industries ne marque qu'un faible progrès malgré les efforts tenaces des fondeurs et constructeurs, inlassablement occupés à moderniser et à étendre leurs moyens de fabrication et à améliorer l'organisation commerciale de leurs établissements et à élargir leur rayon d'action. Cet état de choses est dû évidemment au manque de protection que trouvent les industries transformatrices. Sœur cadette de la grande métallurgie, la moyenne industrie devrait être appelée dans une plus forte mesure à remplir les intéressantes fonctions économiques qui consistent à transformer et à multiplier les richesses en minerai de notre sous-sol au bénéfice de notre activité nationale. Meubles en fer. La situation dans l'industrie des meubles en fer ne s'est pas sensiblement modifiée par rapport à l'année précédente. Les conjonctures économiques si défavorables n'ont permis ni un travail rationnel ni une production rémunératrice. Les ventes à l'exportation se l'ont toujours plus difficiles à cause des droits élevés dont s'entourent les pays voisins. Si le marché français est encore acheteur pour les articles qui forment la spécialité de rétablissement, Berl et C ie , les expéditions ne sont possibles qu'en livrant franco frontière française. Ainsi cette industrie doit supporter les charges énormes des frais de transport et de douane et des frais accessoires qui absorbent presque complètement les bénéfices déjà si modestes. Si rétablissement a réussi à développer sa production, il ne l u i a pas été possible de la porter à son ancien niveau. Au lieu de la réduction des droits d'entrée en France qu'on espérait, les coefficients de majoration ont été relevés vers le milieu de l'année. Cette industrie attend avec impatience la réalisation des accords spéciaux avec la France qui, par des tarifs plus abordables pour les produits luxembourgeois, lui permettront d'envisager l'avenir avec moins d'appréhension. 5 34 Clouterie. La crise qui avait commencée vers la tin de l'année précédente n'a fait que n'accentuer dans le courant de l'année 1921, à tel point qu'au mois de juin l'usine de Bissen a été forcée d'arrêter presque complètement sa fabrication, de congédier une vingtaine d'ouvriers et deux employés et de réduire de 10 % le salaire du personnel restant. La situation s'est aggravée à mesure que l'isolement économique se prolongeait : les coefficients de majoration ayant été portés au double en France, les droits d'entrée sont devenus en quelque sorte prohibitifs, de sorte que le marché alsacien-lorrain se dérobait complètement. Ce n'est que vers la fin de l'année que l'exportation pour la pointe de Paris a commencé à reprendre un peu et a permis à l'établissement d'embaucher de nouveau la majeure partie de ses anciens ouvriers. Le nombre des ouvriers, hommes et femmes, occupés par les usines de Bisses a été de 60; il était descendu à 40 pendant l'époque de l'arrêt partiel. Les prix de vente ont été continuellement en baisse pendant toute l'année. Pour quelques articles ils sont descendus au-dessous du prix de revient. Si les prix du fil machine et des principales matières premières, comme charbon, acides, etc., ont suivi un mouvement analogue, celuici a été moins rapide que la baisse des prix de vente. La fabrication, par suite d'un arrêt forcé, n'a atteint que la moitié de celle de l'année précédente. La diminution a été de 361 tonnes. En résumé, l'année 1921 laissera un souvenir fâcheux dans les annales de la clouterie. Industrie du bâtiment. D'une manière générale, les aspects généraux de cette industrie ne se sont pas sensiblement modifiés en 1921 où le bâtiment continuait d'obéir aux influences contraires qui le sollicitent depuis l'armistice. Alors que la crise des logements conservait toute son acuité, semblait s'exaspérer même par moments, l'initiative privée s'est montrée hésitante et la spéculation n'est pas sortie de sa réserve. Cette situation absolument anormale, et qu'on craignait voir prendre un aspect réellement inquiétant, trouve son explication dans le prix de revient extravagant des constructions ainsi que dans les entraves dont s'entoure le libre usage de la propriété bâtie. Le prix de revient des nouvelles constructions atteint en moyenne le quadruple des prix de l'avant-guerre. Alors que les salaires des ouvriers et artisans ont au moins quadruplé, la durée du travail a diminué et la main-d'œuvre se montre moins consciente. Pour les différentes catégories d'ouvriers du bâtiment les salaires s'établissent comme suit : Terrassiers et journaliers 2.00—2.50 fr. Maçons 3.00—3.50 Tailleurs de pierres 3.50—4.00 Charpentiers 3 00 Couvreurs 3.00—4.00 Peintres 3.00—3.50 35 II s'est produit on 1921 une baisse indéniable sur les matériaux de construction. Les prix des fers ont fortement diminué, les bois s'obtenaient dans de meilleures conditions, mais les autres matériaux, s'ils ont suivi le mouvement de baisse, se tenaient à des niveaux relativement élevés. L'augmentation continue des frais de transport d'un côté, les charges fiscales de l'autre, ont compensé les avantages que le bâtiment se disposait à tirer de la baisse des matériaux de construction. Indépendamment du prix de revient si élevé des constructions, la spéculation est rebutée par les est fictions du libre usage de la propriété bâtie. La réglementation officielle des loyers et des congés qui s'inspire d'un but humanitaire que nous n'entendons pas discuter ici, forme, à notre sentiment, un autre obstacle, et peut-être le principal, qui s'oppose à la reprise dans le bâtiment. Comme l'initiative privée n'entrevoit aucune rémunération équitable de son capital et de ses efforts, elle reste dans l'expectative. Toutefois, à examiner le problème si ardu et apparemment insoluble de la crise des logements à la seule lumière des faits, débarrassé des considérations sociales qui le faussent et le déplacent on doit se rendre à l'évidence qu'il n'y a qu'un remède à la solution : construire, éviter surtout de décourager l'initiative privée. Le problème est, au fond, purement économique. Et tant que la demande se présentera, armée des chicanes de la réglementation officielle, l'offre restera méfiante. Des conventions franches, d'une parfaite loyauté économique, favoriseraient le retour à une situation saine et normale. Une activité réelle du bâtiment en concordance avec les besoins réels de la population ne se laisse envisager qu'avec la disparition des entraves réglementaires qui la gênent et la découragent. Il a été construit en 1921 nous les auspices de l'État, des communes et des grandes sociétés industrielles plusieurs groupes de maisons familiales. Ainsi la crise des logements a pu être conjurée en une certaine mesure. Toutefois ces constructions portent essentiellement le caractère d'entreprises de prévoyance sociale. Des indices sérieux d'une reprise vigoureuse se manifestent depuis le début de l'année 1922. L'État et les communes, abandonnant l'éternelle erreur interventionniste, cherchent à encourager limitative privée, et si les entraves qui restreignent encore le libre usage des immeubles venaient à disparaître, nous verrions probablement un essor très réel se dessiner dans cette branche. Nombre des exploitations Carrières. La production des différents groupes de carrières du Grand-Duché pour l'exercice 1921 est résumée dans les tableaux statistiques ci-après, dressés par l'Administration des Mines : Nombre des ouvriers occupes sous terre au jour QUANTITÉS PRODUCTION Spécification Quantités en m Prix (fr.) employées dans le Grand-Duché exportées à I étranger A. Carrières de calcaire à polypier. 9 24 Communes de Differdange, Pétage, Rumelange. 318 100.00 —130.00 pierres de taille pierres à bâtir 4036 5.00 — 8.00 157 2552 161 1484 Nombre des exploitations 36 Nombre des ouvriers occupes sous terre au jour QUANTITÉS PRODUCTION Spécification Quantités en m 3 employées dans le Grand-Duché Prix (fr.) exportées à l'étranger B. Déblais de mines. Commune de Differdange, Pc fange. pierres à bâtir 2200 3.00 — 4.00 2 2200 C. Terre glaise. 1 30 briques Commune de Bettembourg. 100.00 2854 ‰ ‰ 2064 ½ ‰ 789 ½‰ D. Carrières de grés Musique. 31 19 26 2 15 1° Communes de Contern, Hesperange, Luxembourg, Mondorf-les-Bains, Schuttrange. 100.00 14 pierres de taille 14 95 10.00 moellons 200 200 15083 4.00 — 10.00 15083 pierres à bâtir 150.00 — 400.00 282 ‰ pavés 302 ‰ 20 ‰ 9245 9045 pierrailles 6.00— 10.00 200 5187 5187 sable 6.00 — 15.00 2° Communes de Bertrange, Hobscheid, Kehlen, Karich, Mamer, Steinfort pierres à bâtir 9900 4.00 — 6.00 86 9200 700 321 700 651 ‰ 80.00 — 190.00 pavés 329 300 pierrailles 5325 6.00 — 10.00 5325 sable 4.00 — 7.50 12842 3045 15887 3° Communes de Beaufort, Bech, Berdorf, Consdorf, Waldbillig. dalles 31 20 m 2 15 20 m2 pierres de taille 58 75.00 —100.00 38 pierres à bâtir 3.00 — 5.00 689 689 pavés 50.00 — 150.00 33 ‰ 33 ‰ pierraille 2949 6.00 — 7.50 2949 sable 493 4.00 — 7 . 5 0 493 20 4° Communes de Medernach, Reisdorf. pierres de taille 399 140.00 —150.00 pierres à bâtir 1465 6.00 7.00 parements 215 25.00 pierraille 450 5.00 — 5.50 sable 3 10.00 307 1465 215 450 3 20 92 5° Communes de Betzdorf, Flaxweiler, Junglinster, Niederanven, Rodenbourg. 83 pierres à bâtir 2380 4.00 — 5.00 2380 pavés 748 ‰ 100.00—500.00 497 ‰ 251 pierrailles 2805 6.00 — 10.00 2805 sable 486 3.00 — 5.00 486 ‰ Nombre des exploitations 37 Nombre des ouvriers occupes sous terre QUANTITÉS PRODUCTION au jour Specification Quantités en m 3 Prix (fr.) employées dans le Grand-Duche exportées à l'etranger 6° Communes de Fischbach, Heffingen, Larochette, Lintgen, Mersch, Nommern, Tuntange. Walferdange. 36 131 24 pierres de taille 109 240 50.00—200.00 pierres à bâtir 766 766 5.00— 10.00 pavés 62.50 —175.00 15 ‰ 15 ‰ pierrailles 2516 2516 6.00 — 10.00 391 sable 391 4.00— 12.00 3 17 7° Communes de Beckerich, Saeul. 40 pierrailles 40 8.00 350 sable 350 pierres à bâtir 75 75 4.00 — 8.00 E. Carrières de grés coquillier supérieur. Communes de Bettborn, Feulen, Mertzig, Schieren, Vichten. 73 250.000 pierres de taille 73 9 280 4.00— 10.00 pierres à bâtir 280 200.00 pavés 1‰ 1‰ 994 7.00— 13.00 994 pierrailles 150 4.00— 7.00 150 sable 2 1 3 2 3 4 1 4 33 F. Carrières de grés bigarré. Commune de Rosport. 120.00 — 150.00 45 pierres de taille pierres à bâtir 250 8.00 G. Carrières de grés de Bonr. Communes de Mompach, Rosport. 150.00 — 180.00 35 pierres de faille 8.00 50 pierres à bâtir 125.00 pavés 3‰ II. Carrières de calcaires keuprique. Communes de Binnen, Barvange-s.-Allert. 7.50 150 pierrailles 12.50 40 gravier I. Carrières de grés coquillier. Communes de Bellendorf, Ermsdorf. 10.00 250 m 2 dalles 145.00 — 300.00 410 ni erres de taille 5.00 300 pierres à bâtir 440 ‰ 300.00 — 400.00 pavés 5.00— 6.00 700 pierrailles 45 250 35 50 3‰ 150 40 230 405 300 410 ‰ 700 20 5 30 ‰ Nombre des exploitations 38 Nombre des ouvriers occupés sous terre au jour QUANTITÉS PRODUCTION Spécification Quantités en m 3 Prix (fr.) K. Carrières de sehiste dévonien et de employées dans le Graud-Duché exportées à l'étranger quatzite. 1° Communes d'Asselborn, Basbellain, Bœvange, Clervaux, Consthum, Hachiville, Heinerscheid, Hosingen, Munshausen, Weiswampach. 3.00 — 5.00 1020 pierres à bâtir 1020 31 29 6.50 — 12.50 4790 4790 pierrailles 2° Communes de Boulaide, Eschweiler, Gœdorf, Harlange, Heiderscheid, Kautenbach, Mecher, Oberwampach, Wiltz, Winseler. 1280 1280 6.00 8.00 40 pierres à bâtir 109 17.50 — 2.50 28.613 pierraille (concassée) 28.613 130 3.00 130 sable ou gravier 3° Communes d'Arsdorf, Bigonville, Ell, Perlé, Wahl. 5.00 pierres à bâtir 202 262 pierraille (concassée) 20.00 817 817 sable ou gravier 50 3.00 50 12 12 5 4° Communes de Bastendorf,Boursch,Bourcheid,Erpeldange, Hoscheid. pierres à bâtir 400 4.00 9 400 pierraille (concassée) 14.50 —22.50 2300 2800 5 13 7 21 4 10 6 5° Communes de, Putscheid, Vianden. pierres à bâtir 155 5.00 pierraille (concassée) 901 22.50 L. Carrières du pierres à chaux. 1° Commune d'Echternach. dalles 21 m2 10.00 pierres à bâtir 280 7.00 pierraille (concassée) 340 16.50 —18.50 chaux vive 661 60.00 — 65.00 tuf calcaire 50 15.00 21 m 2 55 340 651 50 2° Communes de Diekirch, Ellelbruck, Redange. pierres à chaux 750 5.00 — 6.00 750 155 901 225 10 M. Carrières de pierres à chaux et de dolomie. Communes de Biver, Grevenmacher, Manternach, Mertert, Remich, Wormeldange 68 dolomie 40 11.542 20.00 28 11.514 pierres à bâtir 1006 6.00 1006 pierraille 640 7.50 —10.00 640 chaux vive 3600 60.00 — 65.00 450 3150 pierres à chaux 17.120 5.00 10.000 7120 Nombre des exploitations 39 Nombre des ouvriers occupes sous terre au jour PRODUCTION Spécification Quantités en m 3 QUANTITÉS Prix (fr.) employées dans le Crand-Duche exportées à l'étranger IV. Carrières de chaux hydraulique. 1° Communes de Bertrange, Contern, Luxembourg, Weiler-la-Tour. 8360 12 chaux vive 60.00 — 65.00 5560 2° Communes de Kehlen, Mamer. 4 chaux vive 1700 1600 60.00 — 65.00 3° Communes de Burmerange, Remich chaux vive 350 60.00— 65.00| 350 4 2 2800 100 O. Plâtrières. 2 10 7 Communes plâtre brut de Bous 8182 Reisdorf, 15.00 — 20.00 8182 P. Sablières. Rosport, Walferda nge. Communes de Grevenmacher, Mertert. 11 sable ou gravier 3960 2 3960 12.50 — 25.00 Communes de Bettendorf, Diekirch, Etleibruch, Mertzig, Schieren. sable ou gravier 751 751 1 5.00— 8.00| 1 Communes de Bellborn, Ell, Folschelle, Grosbous sable ou gravier. 3 330 330 8.00— 11.00 4 L'industrie d'extraction de la pierre, très florissante pendant les années qui précédaient l a guerre, tend à sortir de la torpeur à laquelle l'avaient condamnée les événements. Comme c'est elle qui fournit les matériaux de nos maisons et fabriques, la crise du bâtiment avait comme conséquence celle don industries d'extraction. Les 470 carrières qui étaient on exploitation en 1913 occupaient 1300 ouvriers. En 1921, 800 ouvriers carriers travaillaient dans 290 carrières, dont une dizaine occupaient à elles seules 300 hommes. Les ardoisières, qui no sont pan comprises dans ces chiffres, occupaient 377 ouvriers, dont 95 au fond, pour faire 11 millions d'ardoises. Une quarantaine d'ouvriers travaillaient encore en galerie à côté de35ouvriers à jour pour l'extraction du plâtre et deladolomie. Les briqueteries, qui chômaient encore en 1920, faute de commandes, ont repris l a fabrication avec 30 hommes, produisant, en 1921, 2854 mille briques. En 1913, 11 millions de briques avaient été cuites dans trois briqueteries du pays. La production de la pierraille pour chaussées a légèrement progressé sur celle de l'année 1920 : elle a été de 23.000 m3. Cette stagnation, en quoique sorte, peut être attribuée au lait qu'une concurrence lui eut surgie dans les matériaux plus résistants provenant de l'étranger. La circulation de plus en plus lourde en même temps que plus en plus rapide et intense sur nos chaussées, mange celles-ci à vue d'oeil. Quoi de plus naturel que l'administration des travaux publics cherche 40 à obvier à cette usure rapide, même au prix de sacrifices importants de premier établissement. Elle a fait des essais avec des quartzites de la Sarre, des diorites et des basaltes du Rhin pour diminuer les fastidieux et fréquents rechargements des routes avec cylindrage encombrant et coûteux. Même notre beau pavé de grès blanc a dû céder, en certaines carrefours, la place au dur granit des Vosges. Nous avons encore constaté en 1921 une production d'environ 1800 mille pavés dont le coût était en moyenne de 186 francs le mille. Toutefois le tieis de ces pavés était demandé à l'étranger, où son bel aspect le fait rechercher. Le recul dans la fabrication de la dolomie de la Moselle peut s'expliquer par la crise dans laquelle se débat la métallurgie. Toutefois les combinaisons en cours pour la mise on valeur du produit de notre richesse en pierre calcaire dolomitique fait augurer d'une reprise générale de cette industrie si prospère avant la guerre. Demême, le plâtre luxembourgeois est encore beaucoup demandé. Il s'exploite, pour la plupart en galerie, dans le conchylien moyen et dans les assises des marnes irisées. Quant à l'industrie de la chaux hydraulique, extraite dans les marnes à gryphées arquées, les exploitations avaient constitué en 1920 de très fortes provisions de pierres qui furent cuites avec la campagne de 1921. Les statistiques constatent donc une baisse de 23 % comparée à la production de 1920. Années Nombre des exploitations Ardoisières. La statistique de production, établie par l'Administration des Mines ,renseigne les chiffres suivants pour les deux dernières années : Nombre des ouvriers occupés sous terre au jour 1920 5 69 252 1921 4 95 282 PRODUCTION QUANTITÉS Spécification Quantités Prix (
  7. fr)ardoises 1 ) éviers 2) dalles 3 ) ardoises éviers dalles 10.079 163 2450 11.882 149 2020 225.00 300.00 48.00 30.00 200.00— 270.00 48.00 30.00 vendues employées à dans le Grand- Duché l'etranger 2048 161 222 2184 115 103 8031 2 2228 9689 34 1917 L'augmentation de la production, supérieure pour les ardoises de 1803 mille à celle de l'année précédente, est due à l'augmentation du personnel. Si elle n'y est pas proportionnelle, il faut en 1 ) En mille —2) En pièces. —3) En mètres carrés. 41 chercher la cause dans la mauvaise marche des affaires. Pour ne pas accumuler des stocks sur les chantiers, les ardoisières de Haut-Martelange ont dû réduire le travail dans une certaine mesure pendant les mois de mai et de juin. En même temps la réduction de la journée à huit heures a continué à exercer une influence très désavantageuse sur la production. Alors que le prix de revient n'a pas varié comparativement à l'année précédente, les prix de vente, ont dû subir de fortes baisses pour permettre l'écoulement des produits. Ces baisses de prix sont la conséquence de la crise générale qui s'est fait sentir surtout dans l'industrie du bâtiment et qui explique les stocks assez importants restés sur chantier à la fin de l'année. La vente dans les pays de l'ancien «Zollverein» qui constituaient jusqu'à fin 1914 le débouché naturel de cette industrie et qui absorbaient les 9/10 de sa production, est devenue impossible par suite de l'élévation des frais de transport et du bas cours du mark à la faveur duquel les ardoisières du Rhin et de la Moselle parviennent à fournir leurs ardoises franco lieu de destination à des prix inférieurs à notre prix de revient. Cependant notre schiste, par sa structure, se prête surtout à la fabrication des ardoises du modèle «Ecaille» employé presqu'exclusivement en Allemagne. Mais pour les motifs que nous venons d'exposer nos ardoisières ont dû arrêter la fabrication des ardoises de ce modèle et s'orienter pour leur vente vers les pays de l'Ouest. La fabrication forcée des modèles employés dans ces pays pèse naturellement sur la production en augmentant par là même assez sensiblement le prix de revient. Comme, de plus, l'accord économique avec la Belgique n'est pas encore définitif, les ardoises luxembourgeoises ne pouvaient être admises dans ce pays pour les constructions de l'État et des communes. Après son entrée en vigueur, cette difficulté disparaîtra, ce qui facilitera beaucoup la vente à l'intérieur de l'union. Il y a lieu d'envisager cependant que, après quelques années, la reconstruction étant terminée, la production réunie de la Belgique et du Grand-Duché dépassera de beaucoup les besoins de la consommation et il est à prévoir que l'industrie ardoisière dans les deux pays passera alors par une très mauvaise période, si, dans l'entretemps, le cours du mark ne se sera pas amélioré suffisamment pour permettre la vente avec bénéfice en Allemagne. La France ne pourra pas, après la reconstruction des régions dévastées, servir de débouché aux produits ardoisiers de l'union belgo-luxembourgeoise. Diverses raisons s'y opposent. La plus grande fissilité du schiste, les charges sociales beaucoup plus réduites, le travail des femmes dans les ardoisières et les frais de transport moins élevés assurent aux ardoisières françaises un prix de revient très favorable et lui permettent un prix de \ente contre lequel nous ne pourrons jamais soutenir la concurrence. D'ailleurs la France aussi a une production de beaucoup supérieure à sa consommation normale et elle exportait avant la guerre de fortes quantités. Comme par suite des baisses continuelles, les prix de vente n'étaient plus en rapport avec le prix de revient, l'industrie ardoisière a été forcée de réduire les salaires des ouvriers à partir du mois de juillet en concordance avec les réductions opérées dans les autres industries du pays. Au mois d'octobre cependant, à la suite d'une grève, une augmentation fut accordée aux ouvriers qui compensait presque la réduction faite en juillet. Le recrutement des ouvriers, et surtout des ouvriers au pic du fond, présente toujours de sé6 42 rieuses difficultés et ceci surtout par le fait qu'il s'agit dans cette industrie d'ouvriers spécialistes et que les jeunes gens de la région ne se décident pas facilement à apprendre ce travail. La libre entrée des ardoises Luxembourgeoises en Allemagne, garantie par le traité de Versailles pour une période de cinq ans, est rendue illusoire par le coins défavorable du mark et l'élévation des frais de transport. Une amélioration du change est donc vivement désirée par cette industrie. La production des ardoisières luxembourgeoises renseigne les chiffres suivants pour les huit dernières années: 2 1913 1914 1915 1916 1917 1918 1919 1920 1921 Ardoises (mille) Éviers (pièces) Dalles (m ) 28.072 14.010 12.339 7.803 8.488 7.329 9.630 10.079 11.882 807 355 193 195 200 258 185 163 149 7054 3520 1166 1299 1810 1873 1958 2450 2020 Faïencerie. La production a été inférieure de 100 tonnes environ à celle de l'année précédente. Le coût de la production n'a commencé à fléchir légèrement que vers la fin de l'année, mais sans que la réduction des irais de revient ait été proportionnelle à la réduction des prix de vente. Les ventes ont été irrégulières et mauvaises. La majeure partie de la production a été exportée en France aux prix et conditions du Comptoir Céramique. Le droit d'entrée presque prohibitil de 15 % de la valeur des marchandises ne laissait, dans bien des cas, pas même un modeste bénéfice. L'exportation vers les autres pays du continent, hormis l'Allemagne, et les pays d'outre-mer notamment, est en reprise, main pour la dernière période de l'année seulement. Le nombre des ouvriers, grâce à des sacrifices, a pu être maintenu pendant toute l'année à 230 on moyenne. Les salaires ont subi une réduction vers le mois d'août. Si le recrutement de la main-d'œuvre n'a pas été trop difficile, la préparation et en général la qualité des ouvriers laissaient à désirer. Mosaïques et dallages céramiques. La situation commerciale de cette industrie, peu satisfaisante depuis quelque temps, ne s'est pas modifiée par rapport aux années précédentes. La production de l'usine de Wasserbillig, manufacture de carrelages mosaïques en grés cérame, la seule usine du pays fabriquant les carreaux céramiques vitrifiés, est en légère augmentation, quoiqu'elle reste encore bien en-dessous de la production normale. Les prix de production et de vente ont été moins élevés que ceux de 1920, mais la diminution a été proportionnellement plus 43 forte pour ces derniers. Pour la vente il fallait continuer à nouer de nouvelles relations, surtout à l'étranger. Les prix des matières premières que cette industrie doit importer en grande partie d'Allemagne gardent une tendance ascendante, à cause surtout des sanctions qui ont amené la fixation de prix maxima pour l'exportation en francs français. En 1921, l'usine occupait régulièrement en moyenne 160 à 200 ouvriers. Des modifications ne se sont pas produites dans les prix de la main-d'œuvre. L'usine a repris pendant cette année le travail à la tâche qui a en quelque sorte favorisé la fabrication. Cette industrie éprouve de grandes difficultés à recruter un nombre suffisant d'ouvrières. La population des environs préfère le travail des champs et des vignes. Quant aux ouvriers de la région limitrophe, l'industrie se trouve en présence de la défense d'occuper des étrangers et des difficultés des passeports. Elle a réussi partiellement à vaincre ces obstacles, mais il importe qu'elle obtienne encore plus de facilités sous ce rapport. Industrie des ciments. La production des usines d'Esch-s.-Alz. et de Dommeldange renseigne pour 1921 45.000 tonnes de ciment et 5.400.000 briques de laitier : alors que la production du ciment est restée au-dessous de celle de l'année précédente, le nombre des briques de laitier a été sensiblement le même. L'usine d'Esch a occupé en moyen 159, celle de Dommeldange, 68 ouvriers. La diminution de la production est due à la crise dont les premiers effets sur l'activité dans l'industrie des ciments se faisaient sentit en novembre 1920 et qui, pendant le courant de l'année 1921, s'est accentuée progressivement. La fabrication du ciment à l'usine de Rumelange a dû être arrêtée à partit de décembre 1920; elle n'a pas été reprise depuis. La crise n'a donc permis à cette industrie que d'utiliser fort incomplètement ses installations qui sont capables de produire annuellement jusque 100.000 tonnes de ciment. Les difficultés nées de la situation générale des affaires ont été aggravées, en ce qui concerne spécialement l'industrie des ciments, par l'isolement économique du pays. Elle a perdu, en effet, une partie importante de ses anciens débouchés naturels et, sur son propre marché, elle a dû subir et subit toujours actuellement la concurrence des usines loi raines, qui, protégées par des droits d'entrée prohibitifs, viennent pratiques dans le Grand-Duché un véritable dumping. Les négociations qui vont s'engager entre l'Union belgo-luxembourgeoise et la France seront pour l'industrie du ciment d'une importance vitale. Il dépendra des décisions qui seront prises si l'orientation nouvelle créera pour elle une situation tolérable du moins, lui permettant une activité normale. Briqueterie mécanique. L'année 1921 n'a pas été plus prospère que l'exercice précédent. Si, d'un côté, le tonnage des expéditions a été en augmentation, les prix ont baissé par suite du marasme des affaires. Les espoirs nés des besoins de la reconstitution des territoires dévastés ont été bien vite déçus 44 et le maintien des tarifs douaniers entre le Luxembourg et la France n'est pas de nature à faciliter les exportations. Par ailleurs, la menace de la concurrence allemande et sarroise, provisoirement écartée par suite du cartel des fabricants, en vigueur jusqu'au 31 décembre 1922, ne saurait à la longue être atténuée que par rétablissement de droits de douane. Cette mesure serait d'autant plus légitime que les briques luxembourgeoises paient des droits considérables à leur entrée en France. Les expéditions qui, en 1920, étaient de 1.792.000 briques, ont été, en 1921, de 2.988.000 pour les briqueteries de Bettembourg. Ces établissements expédiaient avant la guerre une moyenne de 5 millions de briques par an. De plus, les autres briqueteries du pays, celles de Mersch et d'Eschs.-Alz., n'ont pas travaillé, de sorte que, contre une production annuelle d'avant-guerre de 10 millions de briques, on n'a pas même atteint 3 millions. Industrie des explosifs. L'année 1921 est caractérisée par le fait que tous les pays dans lesquels la Poudrerie de Luxembourg aurait pu trouver un débouché pour ses produits ont défendu l'importation d'explosifs. La France a étendu son monopole sur l'Alsace-Lorraine, interdisant strictement l'importation dans les provinces qui constituaient autrefois notre débouché principal. Quant aux autres pays, la Belgique, les Pays-Bas, la Suisse, etc., les mesures de protection étaient devenues nécessaires par suite du danger de l'invasion allemande. Les produits chimiques nécessaires à la fabrication des explosifs, notamment les produits azotés, sont fabriqués synthétiquement en Allemagne, et les prix du marché intérieur atteignaient en 1921 à peine un tiers des prix du marché mondial. Cependant ces mêmes matières premières ne peuvent être exportées d'Allemagne qu'à des prix légèrement inférieurs aux prix mondiaux alors que les produits finis, comme les explosifs, dont le prix n'atteint pas en Allemagne la moitié des prix mondiaux peuvent être exportés avec une majoration de 10% seulement. Le but de ce, système, qui était la ruine de l'industrie chimique des pays limitrophes, a été vite compris par les Gouvernements de ces pays, et la conséquence en fut, soit une défense absolue d'importation, comme pour les explosifs, soit des droits d'entrée prohibitifs. La Confédération Suisse a aboli le 19 juillet 1921 la défense d'importation des explosifs pour la remettre en vigueur déjà le 16 septembre. Les considérations qui ont dicté cette mesure s'imposent à notre attention: «Par arrêté fédéral du 19 juillet 1921 la défense d'importation des explosifs et des artifices existant depuis le 7 décembre 1918 avait été rapportée, La conséquence immédiate de cette mesure est l'inondation de notre pays par des explosifs étrangers et par là l'arrêt des fabriques d'explosifs suisses. L'étranger (soit l'Allemagne) est à même de fournir des explosifs en Suisse à des prix inférieurs de 50 % au prix de revient des fabricants nationaux. Mais ce ne sont non seulement 120 à 130 ouvriers et employés occupés dans les 4 fabriques suisses qui sont menacés de chômage, mais ce sont également les producteurs suisses de sodium, chlorate et glycérine qui ont un intérêt vital au maintien de la fabrication des explosifs, de sorte que l'arrêt imminent des fabriques d'explosifs entraînerait un manque de travail considérable dans l'industrie chimique. » 45 En rendant libre l'importation des explosifs, le Gouvernement a livré cette industrie pieds et poings liés à la concurrence allemande. Les conséquences étaient à prévoir. De fortes quantités d'explosifs allemands ont été importées. Notre production nationale est devenue insignifiante et a été vendue avec perle. Il aurait mieux valu pour l'établissement de Kockelscheuer de fermer. Mais l'entretien des machines et des installations exige le maintien d'une fabrication, quelque restreinte qu'elle soit, et surtout l'établissement n'a pu se décider à congédier des ouvriers qu'il occupe depuis plus de 20 ans. La réalisation de l'union économique avec la Belgique permet à cette industrie d'envisager l'avenir avec plus de confiance. Tannerie. La crise aiguë sur laquelle se terminait l'année 1920 s'est prolongée sans interruption pendant une grande partie de l'année 1921. Une légère reprise commençait à se dessiner vers le mois d'août et s'est maintenue depuis, mais sans donner une poussée vigoureuse aux affaires. Les exportations vers la France et la Belgique n'étaient possibles qu'en prenant à sa charge les droits d'entrée, lesquels, venant s'ajouter aux autres faux frais, portaient le prix de revient à un niveau qui ne permettait pas à nos tanneries de soutenir la concurrence. Les affaires avec l'Allemagne devenaient toujours plus difficiles à mesure, que le mark s'avilissait. En 1920, l'Allemagne fut encore acheteur de produits finis: elle devenait fournisseur de ces mêmes produits dans la suite. Si l'année 1920 nous avait apporté les prix les plus élevés, l'année 1921 nous valut les prix les plus bas et qui se rapprochaient de ceux de l'avant-guerre. Les prix de 1921 ont passé par les étapes suivantes: janvier Mai Décembre 12.50 16.00 le kg. Croupons lissés fr. 17.10 20.00 — Cuit industriel » 23.00 17.50 Sur le marché des matières premières nous constatons un développement analogue. Les cuirs verts, par suite de la crise qui affectait les produits finis, montraient peu d'entrain. Leurs cours renseignent les fluctuations suivantes: Gros cuirs indigènes Cuirs de veaux fr. » Janvier Août 3.00 7.00 2.70 6.00 Décembre 3.50 le kg. 7.60 — L'année 1920 avait laissé une forte partie d'écorces invendues que nous avons évaluée dans notre dernier rapport à 350 400.000 kg., et à laquelle venait s'ajouter la récolte nouvelle. La demande étant faible par suite de l'allure réduite des tanneries, la vente des écorces restait difficile pendant toute l'année à des prix variant entre 14 et 18 les % kg. Les expéditions étaient entravées par les fiais de transport, si élevés. De faibles quantités ont été placées en Alsace-Lorraine. Les extraits tannants sont de nouveau employés couramment : aux prix actuels ils sont encore plus avantageux que les écorces de chêne qui ne peuvent se vendre alors à un prix plus élevé. Les prix des extraits se sont développés comme suit: 46 Janvier Juin Décembre 77.50 les % kg. 72.50 fr. 110.00 Extrait de châtaignier 111.00 110.00 » 155.00 Extrait de Quebracho L'orientation nouvelle que la tannerie est forcée de donner à ses exportations la met en face d'un problème assez difficile. Cette industrie étant très développée en Belgique, le marché intérieur de l'Union belgo-Luxembourgeoise n'offre que des ressources très insuffisantes pour alimenter nos établissements. Et comme le marché allemand présente aujourd'hui de gros aléas, il est vivement à désirer que l'accord spécial à négocier avec la France vienne lui assurer bientôt des compensations sur le marché français. Industrie de la chaussure. La production de la Fabrique luxembourgeoise de chaussures « Falux» varie entre 100 et 125 paires de chaussures par jour. En mai 1921, les nouvelles installations ont été terminées, mettant l'établissement en mesure de porter sa production quotidienne à 300 paires. Les prix de production et de vente ont été moins élevés qu'en 1920 par suite de la baisse générale des matières premières. Les ventes conservaient une allure courante jusqu'au mois de novembre où les consommateurs luxembourgeois, vivement sollicités par le bas cours du mark, allaient s'approvisionner en Allemagne. Nos magasins de chaussures, délaissés par la clientèle, ne pouvaient plus acheter. Ne voulant pas renvoyer sou personnel, l'établissement a travaillé en stock. Son stock s'élève actuellement à 6000 paires. Cette industrie a occupé régulièrement 60 ouvriers, à l'exception de la période du 15 décembre, au 8 février 1922 où les commandes faisaient défaut. Le recrutement de la main-d'œuvre est assez difficile, la préparation d'un bon ouvrier demandant environ trois ans. Le seul débouché de l'industrie de la chaussure est le marché intérieur auquel viendra ne joindre le marché belge. L'Alsace-Lorraine, qui demande justement le genre de chaussure fabriqué à Luxembourg, nous est fermée actuellement par des droits d'entrée très élevés. Un accord spécial avec la France qui nous ouvrirait ce marché, permettrait à l'industrie de la chaussure d'augmenter sa production annuelle de 60.000 paires au moins. Ganterie. La situation de la ganterie, si déplorable en 1920 déjà, a abouti au marasme. Pendant le premier semestre de l'année 1921 le chômage était complet ; pendant le deuxième semestre, la production atteignait à peine 30 % de celle de l'avant-guerre. La concurrence de l'Allemagne et de la Tchéco-Slovaquie rend les affaires impossibles, De tout temps, la ganterie du Grand-Duché se fournissait régulièrement en Allemagne et en Tchéco-Slovaquie de quantités considérables de peaux de chevreaux qui y abondent. Dans les dernières années les Gouvernements de ces deux pays, sous la pression des fabricants de gants et des mégissiers indigènes, ont défendu l'exportation de cet article. En évinçant ainsi la concurrence des acheteurs étrangers, les fabricants de gants et mégissiers de ces deux pays peuvent dicter 47 les prix aux marchands de peaux et se procurer à des prix excessivement bon marché la principale matière première nécessaire à la fabrication, alors que la ganterie luxembourgeoise est obligée d'acheter les peaux en France, en Italie et en Espagne à des prix plus élevés de 75 %. A cela viennent s'ajouter les différences énormes dans le coût de la main-d'œuvre qui sont absolument fantastiques: elles vont jusqu'à 500 % à cause de la dépréciation du mark et de la couronne tchéco-slovaque. Pour comble de malheur, la consommation du gant de cuir a fortement diminué, les dames ayant puis goût d'aller sans gants aux soirées, aux bals et au théâtre. Si cet état de choses devait se prolonger, la ruine de la ganterie luxembourgeoise serait irrémédiable. Brasserie. Nous pouvons constater avec satisfaction que, malgré la concurrence si acharnée, la brasserie luxembourgeoise continue sa marche ascendante. La comparaison des deux derniers exercices renseigne: pour 1920, une production de 175.000 hl., soit 56 %. pour 1921, une production de 211.955 hl., soit 6 7 % de la production normale, c'est-à-dire de la production moyenne des exercices 1913 et 1914, qui s'élevait à 3 15.000 hl. Le chiffre des quantités de malt employées par la brasserie est monté de 3200 tonnes à 3660 tonnes, et les droits d'accise acquittés se sont élevés à 1.059.000 fr., dépassant ainsi de 198.000 fr. ceux de l'exercice précédent. Les exportations vers la Belgique sont également en légère augmentation. Toutefois les résultats financiers de la brasserie ont été médiocres par suite de la cherté excessive des matières premières et de tous les articles de brasserie ainsi que de la hausse persistante de la main-d'œuvre. La réalisai ion de l'union économique avec la Belgique lui permettra de renouer d'abord avec sa clientèle belge les relations interrompues depuis 1914, et ensuite, de se créer de nouveaux débouchés. Distillerie. Le nombre des distilleries en activité eu 1921 était de 1188, dont 240 ayant distillé des matières farineuses, et 943, ayant distillé des fruits. Il a été produit ensemble 258.100 litres d'alcool pur, dont 205.981 1. provenant de la distillai ion de matières farineuses, savoir:

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