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En bref

Ce document présente le projet de budget de l'État pour l'année 2025 et le budget pluriannuel pour la période 2024-2028, incluant des modifications à diverses lois existantes et l'abrogation de certaines autres. Il détaille les prévisions de recettes et de dépenses de l'État et aborde des sujets économiques et sociaux.

Ce qu'il réglemente

  • Le budget des recettes et des dépenses de l'État pour l'exercice 2025.
  • Le budget pluriannuel de l'État pour la période 2024-2028.
  • Des modifications à plusieurs lois existantes concernant l'impôt sur le revenu, les droits d'accise, le marché du logement, et la gestion budgétaire de l'État.
  • L'abrogation de lois relatives à des fonds de relance et de solidarité et à des contributions temporaires de l'État pour les entreprises.

Qui il concerne

  • L'État, ses administrations et services, ainsi que les établissements publics.
  • Les contribuables et les entreprises, en raison des modifications fiscales et des abrogations de lois d'aide.

Points clés

  • Le projet de loi concerne le budget des recettes et des dépenses de l'État pour l'exercice 2025.
  • Il modifie 15 lois existantes, notamment celles relatives à l'impôt sur le revenu et aux droits d'accise.
  • Il abroge 2 lois, dont celle visant à mettre en place un fonds de relance et de solidarité.
  • Le document inclut également un projet de loi relatif à la programmation financière pluriannuelle pour la période 2024-2028.
Texte de loi
Texte de loi

Avis lll/42/2024 14 novembre 2024 Projet de budget de l’Etat pour l’exercice 2025 Budget pluriannuel 2024-2028 Budget de l’État 2025 – règlements d’exécution relatif aux Projet de loi concernant le budget des recettes et des dépenses de l’État pour l’exercice 2025 et modifiant : 1° la loi modifiée du 4 décembre 1967 concernant l’impôt sur le revenu ; 2° la loi modifiée du 17 décembre 2010 fixant les droits d’accise et les taxes assimilées sur les produits énergétiques, l’électricité, les produits de tabacs manufacturés, l’alcool et les boissons alcooliques ; 3° la loi du 22 mai 2024 portant introduction d’un paquet de mesures en vue de la relance du marché du logement ; 4° la loi modifiée du 8 juin 1999 sur le budget, la comptabilité et la trésorerie de l’État ; 5° la loi modifiée du 14 décembre 2016 portant création d’un Fonds de dotation globale des communes ; 6° la loi modifiée du 21 décembre 1998 concernant le budget des recettes et des dépenses de l’État pour l’exercice 1999 ; 7° la loi modifiée du 29 avril 2014 concernant le budget des recettes et des dépenses de l’État pour l’exercice 2014 ; 8° la loi modifiée du 7 août 2023 relative au logement abordable ; 9° la loi modifiée du 19 décembre 2014 relative 1) aux mesures de soutien pour les artistes professionnels indépendants et pour les intermittents du spectacle 2) à la promotion de la création artistique ; 10° la loi modifiée du 28 juin 1976 portant réglementation de la pêche dans les eaux intérieures ; YOU’LL NEVER CHAMBRE DES SALARIES • 18 RUE AUGUSTE LUMIÈRE • L- 1950 LUXEMBOURG • B, P, 1263 • L-1012 LUXEMBOURG • CSL@CSL.LU • WWW.CSL.LU ALONE T *352 27 494 200 11° la loi modifiée du 21 novembre 1984 portant approbation de la Convention entre le GrandDuché de Luxembourg, d’une part, et les Länder de Rhénanie-Palatinat et de la Sarre de la République Fédérale de l’Allemagne, d’autre part, portant nouvelle réglementation de la pêche dans les eaux frontalières relevant de leur souveraineté commune, signée à Trèves, le 24 novembre 1975 ; 12° la loi modifiée du 19 décembre 2008 relative à l’eau ; 13° la loi modifiée du 27 mars 2018 portant organisation de la sécurité civile ; 14° la loi modifiée du 19 mars 1988 concernant la sécurité dans les administrations et services de l’État, dans les établissements publics et dans les écoles ; 15° la loi modifiée du 25 mars 2015 fixant le régime des traitements et les conditions et modalités d’avancement des fonctionnaires de l’État. et abrogeant : 1° la loi modifiée du 24 juillet 2020 visant à mettre en place un fonds de relance et de solidarité et un régime d’aides en faveur de certaines entreprises ; 2° la loi modifiée du 19 décembre 2020 ayant pour objet la mise en place d’une contribution temporaire de l’État aux coûts non couverts de certaines entreprises. Projet de loi relative à la programmation financière pluriannuelle pour la période 2024-2028 Projet de règlement grand-ducal modifiant le règlement grand-ducal modifié du 23 décembre 2013 portant fixation du droit d’accise autonome et dispositions diverses sur les tabacs manufacturés Projet de règlement grand-ducal modifiant le règlement grand-ducal modifié du 17 décembre 2010 fixant les taux applicables en matière de droits d’accise autonomes sur les produits énergétiques Sommaire 1. Situation économique actuelle et future ............................................................... 5 1.1. Points clés du chapitre .......................................................................................................... 5 1.2. Situation économique actuelle ................................................................................................ 6 1.2.1. 1.2.2. 1.2.3. 1.2.4. 1.2.5. L’activité économique ............................................................................................................. 6 L’activité économique par secteur au Luxembourg ...................................................................... 8 Enquête de conjoncture dans la construction et confiance des consommateurs ............................ 10 L’évolution des prix .............................................................................................................. 11 L’évolution des taux d’intérêt ................................................................................................. 13 1.3.1. 1.3.2. 1.3.3. L’Europe ............................................................................................................................. 17 Monde, Chine, États-Unis ...................................................................................................... 23 Focus sur les perspectives à moyen-terme au Luxembourg ....................................................... 24 1.4.1. 1.4.2. 1.4.3. 1.4.4. 1.4.5. Vue d’ensemble du marché du travail de la population résidente ................................................ 26 L’emploi national, les frontaliers et le chômage ........................................................................ 28 Profil des demandeurs d’emploi résidents ................................................................................ 30 Les demandeurs d’emploi avec statut spécifique ...................................................................... 34 Les offres d’emploi ............................................................................................................... 36 1.3. Contexte international et prévisions conjoncturelles .................................................................17 1.4. Situation du marché de l’emploi ............................................................................................26 1.5. Les faillites 37 2. Les finances publiques ........................................................................................ 39 2.1. 2.2. 2.3. 2.4. 2.5. 2.6. 2.7. 2.8. 3. 3.3. 3.4. 3.5. Solde budgétaire selon le SEC ............................................................................................... 40 Comparaison européenne ...................................................................................................... 41 Solde budgétaire selon la comptabilité d’État ........................................................................... 42 2.3.1. 2.3.2. 2.3.3. Niveau et évolution de la dette publique ................................................................................. 43 Comparaison européenne ...................................................................................................... 44 La position nette financière ................................................................................................... 45 2.6.1. 2.6.2. Les recettes publiques .......................................................................................................... 50 Les dépenses publiques ........................................................................................................ 52 2.7.1. 2.7.2. 2.7.3. 2.7.4. 2.7.5. La situation financière de la sécurité sociale ............................................................................ 55 L’importance des frais annexes .............................................................................................. 56 Zoom sur le régime général d’assurance pension ..................................................................... 57 La dotation au financement des prestations de maternité .......................................................... 58 Le financement de la mutualité des employeurs ....................................................................... 59 La dette publique ...............................................................................................................43 La pérennisation de l’objectif budgétaire à moyen terme : une contrainte budgétaire auto-imposée ....................................................................................................................46 Les révisions de comptes ....................................................................................................47 Les recettes et les dépenses publiques .................................................................................50 Focus sur la sécurité sociale ................................................................................................55 Le piège de Maastricht ........................................................................................................61 Points clés du chapitre ........................................................................................................62 Des prévisions de dépenses bien inférieures aux recettes et d’investissement surévaluées : un manque à gagner de croissance économique ? ......................................................................65 Dépenser plus et plus vite : le « new normal » ......................................................................67 Besoin de plus et pas de moins d’impôts sur les revenus du capital ..........................................70 Des mesures fiscales contrastées .........................................................................................73 Pauvreté et exclusion sociale au Luxembourg .................................................... 77 4.1. 4.2. 4.3. 4.4. 5. 2.2.1. 2.2.2. 2.2.3. La politique fiscale .............................................................................................. 62 3.1. 3.2. 4. Points clés du chapitre ........................................................................................................39 Situation et prévisions budgétaires.......................................................................................40 Points clés du chapitre ........................................................................................................77 Mesures annoncées dans le projet de budget 2025 .................................................................78 4.2.1. 4.2.2. Brève description ................................................................................................................. 78 État du budget ..................................................................................................................... 80 4.3.1. 4.3.2. Risque de pauvreté ou d’exclusion sociale ............................................................................... 82 Risque de pauvreté monétaire ............................................................................................... 83 État de l’exclusion sociale et de la pauvreté monétaire au Luxembourg .....................................82 Urgence de l’élaboration d’un plan d’action de lutte contre la pauvreté .....................................89 Les investissements publics ................................................................................ 92 5.1. 5.2. 5.3. 5.4. 5.5. 5.6. Points clés du chapitre ........................................................................................................92 Les investissements publics selon les règles de la comptabilité nationale...................................93 Les investissements publics selon la loi budgétaire .................................................................99 Les dépenses du fonds d’équipement militaire ..................................................................... 101 Les investissements en matière de santé ............................................................................ 103 Les investissements relatifs à la mobilité............................................................................. 104 Page 1 de 139 5.7. Les investissements en matière de formation ...................................................................... 108 5.7.1. 5.7.2. 6. La crise du logement ......................................................................................... 111 6.1. 6.2. 6.3. 6.4. 6.5. 7. 8. La formation professionnelle initiale ....................................................................................... 108 La formation continue et de reconversion professionnelle (Upskilling/Reskilling) .......................... 109 Points clés du chapitre ...................................................................................................... 111 Les dynamiques récentes sur le marché de l’immobilier résidentiel ......................................... 112 6.2.1. 6.2.2. La stabilisation du secteur de l’immobilier résidentiel au 2 ème trimestre 2024 .............................. 112 Une relance du segment des logements existants et un marché des VEFA atone ......................... 114 6.3.1. 6.3.2. 6.3.3. Les conditions et limites d’octroi de l’avantage fiscal temporaire ............................................... 115 L’impact de la mesure proposée ............................................................................................ 116 Les commentaires de la Chambre des salariés ........................................................................ 117 6.5.1. 6.5.2. L’évolution de la dotation du Fonds spécial pour le logement abordable ..................................... 120 Une révision à la baisse des investissements futurs dans le logement abordable ......................... 121 La réduction temporaire des droits d’enregistrement et de transcription.................................. 115 L’évolution du budget du ministère du Logement ................................................................. 117 Le Logement abordable .................................................................................................... 120 Pour une transition verte inclusive et socialement équitable ............................ 124 7.1. 7.2. 7.3. Points clés du chapitre ...................................................................................................... 124 Des objectifs écologiques sectoriels nécessitant des efforts supplémentaires ........................... 125 Le Fonds climat et énergie ................................................................................................ 128 7.4. Focus sur la décarbonation du bâtiment résidentiel .............................................................. 131 7.3.1. 7.3.2. L’alimentation du Fonds climat et énergie ............................................................................... 129 Le programme des dépenses du Fonds climat et énergie .......................................................... 129 7.4.1. 7.4.2. 7.4.3. 7.4.4. 7.4.5. Défi majeur et clé de voûte d’une transition inclusive et équitable ............................................. 131 Le régime des prêts climatiques ............................................................................................ 132 Le « Topup social » ............................................................................................................. 132 L’introduction d’un mécanisme de préfinancement .................................................................. 133 Promouvoir la rénovation « en bloc » de zones urbaines .......................................................... 133 Conclusion générale .......................................................................................... 134 Sommaire des graphiques Graphique 1 : Graphique 2 : Graphique 3 : Graphique 4 : Graphique 5 : Graphique 6 : Graphique 7 : Graphique 8 : Graphique 9 : Graphique 10 : Graphique 11 : Graphique 12 : Graphique 13 : Graphique 14 : Graphique 15 : Graphique 16 : Graphique 17 : Graphique 18 : Graphique 19 : Graphique 20 : Graphique 21 : Graphique 22 : Graphique 23 : Graphique 24 : Graphique 25 : Graphique 26 : Évolution du PIB en volume en glissement annuel (%) .............................................. 6 Évolution du PIB en valeur en glissement annuel (%) ............................................... 7 Valeur ajoutée brute en volume (Q4 2019 = 100) .................................................... 8 Valeur ajoutée brute en volume (Q4 2019 = 100) .................................................... 9 Enquête de conjoncture dans la construction .......................................................... 10 Indicateur de confiance des consommateurs ........................................................... 11 Taux d’inflation mensuel – Variation p.r. au même mois de l’année précédente (%) .... 12 Contribution au taux d’inflation annuel de la ZE ...................................................... 12 Taux d’intérêt directeurs et taux d’intérêt sur les dépôts des ménages (%) ................ 13 Taux d’intérêt directeurs et taux d’intérêt variables sur les crédits immobiliers (%) ..... 15 Marge sur intérêts des établissements de crédit (en millions de EUR) ........................ 16 Prévisions du taux de croissance du PIB, 2023-2029 ............................................... 17 Prévisions du taux d’inflation, 2023-2029 ............................................................... 19 Prévisions de l’emploi en termes de taux de croissance annuel, 2024-2025 ................ 21 Prévisions de l’emploi en termes de taux de croissance annuel, 2024-2028, STATEC ... 21 Prévisions du taux de chômage BIT, 2023-2029, FMI ............................................... 22 Prévisions du taux de chômage ADEM, 2024-2028, STATEC...................................... 22 Taux d’emploi par classe d’âge et niveau d’éducation atteint, 2ème trimestre 2023 et 2ème trimestre 2023 (En % de la population de chaque catégorie) ........................ 26 Population résidente au Luxembourg entre 20 et 64 ans selon le statut professionnel, 2009-2023 (En % de la population totale entre 20 et 64 ans) ................................... 28 Évolution de l’emploi national, des salariés entrants nets, du nombre de chômeurs résidents et du PIB (Q1 2019 = base 100) et évolution du taux de chômage– données désaisonnalisées..................................................................................... 29 Emploi intérieur par branche d’activité, 2ème trimestre 2024 (données corrigées des variations saisonnières) ....................................................................................... 29 Évolution de l’emploi intérieur par branche d’activité, Q1 2019-Q2 2024 (données corrigées des variations saisonnières) (Q1 2019=100) ............................................. 30 Personnes à l’emploi et dans la demande d’emploi par sexe et classe d’âge (En % du total de l’emploi/de la demande d’emploi) ................................................ 31 Évolution du nombre de résidents demandeurs d’emploi et du nombre de résidents à l’emploi par classe d’âge (Q1 2019=100), Q1 2019-Q2 2024 .................................... 31 Résidents à l’emploi et demandeurs d’emploi résidents (ADEM) avec ou sans statut spécifique........................................................................................................... 32 Évolution des demandeurs d’emploi selon le niveau de qualification 2019-2024 .......... 32 Page 2 de 139 Graphique 27 : Graphique 28 : Graphique 29 : Graphique 30 : Graphique 31 : Graphique 32 : Graphique 33 : Graphique 34 : Graphique 35 : Graphique 36 : Graphique 37 : Graphique 38 : Graphiques 39-40 : Graphique 41 : Graphique 42 : Graphique 43 : Graphique 44 : Graphique 45 : Graphique 46 : Graphique 47 : Graphique 48 : Graphique 49 : Graphique 50 : Graphique 51 : Graphique 52 : Graphique 53 : Graphique 54 : Graphique 55 : Graphique 56 : Graphique 57 : Graphique 58 : Graphique 59 : Graphique 60 : Graphique 61 : Graphique 62 : Graphique 63 : Graphique 64 : Graphique 65 : Graphique 66 : Graphique 67 : Graphique 68 : Graphique 69 : Graphique 70 : Graphique 71 : Graphique 72 : Graphique 73 : Graphique 74 : Graphique 75 : Graphique 76 : Graphique 77 : Les métiers de la demande d’emploi résidente, septembre 2024 ............................... 33 Demandeurs d’emploi par classe d’âge et durée d’inactivité, 2019-2024 .................... 34 Demandeurs d’emploi par classe d’âge et durée d’inactivité, septembre 2024 ............. 34 Demandeurs d’emploi par statut spécifique et bénéficiaires de l’indemnité professionnelle d’attente, 2019-septembre 2024 ..................................................... 36 Postes déclarés à l’ADEM par secteur d’activité, janvier – septembre 2019-2024 (2019=100) ....................................................................................................... 37 Nombre de faillites par branche d’activité économique (NACE Rév.2) - situation au 7 octobre 2024 ...................................................................................................... 38 Pertes d’emploi liées aux faillites depuis 2018 ......................................................... 38 Déficit des administrations publiques (en % du PIB) ................................................ 42 Évolution du taux d’endettement des administrations publiques (en % du PIB) ........... 44 Taux d’endettement des administrations publiques (en % du PIB) ............................. 45 Position nette financière (en % du PIB) .................................................................. 46 Évolution des projections du solde nominal des administrations publiques (en % du PIB) .................................................................................................... 48 Composition des dépenses de l’administration centrale en 2024 et en moyenne entre 2025 et 2028 ...................................................................................................... 54 Solde budgétaire de la sécurité sociale (en millions d’euros) ..................................... 55 Croissance des recettes et des dépenses de la sécurité sociale .................................. 55 Participation de l’État à la mutualité des employeurs ............................................... 60 Évolution historique du taux d’IRC et les effets sur les finances publiques et les trésoreries des entreprises ................................................................................... 71 Formation brute de capital fixe des sociétés financières et non financières (en % du PIB) .................................................................................................... 71 Contributions à la croissance du PIB : 2000-2022.................................................... 72 Contributions des ménages et des sociétés en % des recettes fiscales totales ............. 73 Répartition de l’augmentation des dépenses courantes par section budgétaire ............ 81 Composition de l’indicateur « Europe 2030 » de pauvreté ou d’exclusion sociale pour le Luxembourg en 2023 ................................................................................ 82 Taux de risque de pauvreté ou d’exclusion sociale (Europe 2030), en % .................... 83 Évolution du taux de risque de pauvreté par pays (%) ............................................. 83 Évolution du taux de risque de pauvreté des enfants et des jeunes adultes (%) .......... 85 L’intensité de la pauvreté est plus élevée parmi les personnes de plus de 65 ans ........ 86 Taux de risque de pauvreté selon le type de ménage (%) ........................................ 87 Taux de risque de pauvreté des ménages monoparentaux et avec enfants (%) – 2023 87 Taux de risque de pauvreté selon le statut d’occupation – 16 à 64 ans (%) ................ 88 Taux de risque de pauvreté des salariés (%) – Zone EURO 2003............................... 89 Comparaison du niveau de la pension minimum avec d’autres références minimales.... 90 Impact sur le salaire minimum des revalorisations proposées dans la directive européenne relative aux salaires minimaux adéquats............................................... 91 Formation de capital (investissements directs) et transferts en capital (investissements indirects) de l’administration centrale ; en milliards d’euros ............. 93 Investissements publics et privés par secteur institutionnel en pourcentage du PIB ; Luxembourg ....................................................................................................... 94 Comparaison entre les niveaux d’investissements publics et privées en pourcentage du PIB ............................................................................................. 94 Dépenses intérieures en recherche et développement en pourcentage du PIB : évolution (à gauche) et répartition par secteur de performance (à droite) .................. 95 Variation entre 2012 et 2022 du taux d’investissement brut et de la part des profits bruts des sociétés non-financières ......................................................................... 95 Investissements nets des administrations publiques en pourcentage du PIB ............... 96 Investissements bruts (Ib) en pourcentage du PIB et part d’investissements nets (%

  1. n)dans les investissements bruts des administrations publiques ........................... 97 Ventilation des investissements publics par domaine thématique............................... 97 Comparaison entre la ventilation des investissements publics par domaine thématique dans les projets de budget pluriannuel 2023-2027 et 2024-2028 ............. 98 Répartition en pourcentage du montant total des investissements publics par domaine thématique dans les projets de budget pluriannuel 2023-2027 et 2024-2028 ..................................................................................................... 98 Évolution des avoirs au 31 décembre de l’année des fonds spéciaux de l'État ............. 99 Évolution des recettes des fonds spéciaux de l'État ; Source : projets de budget pluriannuel et comptes généraux .......................................................................... 99 Évolution des dépenses ajustées des fonds spéciaux de l’État ................................. 100 Dépenses du fonds d’équipement militaire ............................................................ 101 ventilation des dépenses du fonds d’équipement militaire ....................................... 102 dépenses non ajustées du fonds pour le financement des infrastructures hospitalières ..................................................................................................... 103 détail des principaux postes de dépenses non ajustées du fonds pour le financement des infrastructures hospitalières ....................................................... 104 Évolution des dépenses ajustées du fonds des routes ............................................ 105 Page 3 de 139 Graphique 78 : Graphique 79 : Graphique 80 : Graphique 81 : Graphique 82 : Graphique 83 : Graphique 84 : Graphique 85 : Graphique 86 : Graphique 87 : Graphique 88 : Graphique 89 : Graphique 90 : Graphique 91 : Graphique 92 : Graphique 93 : Graphique 94 : Graphique 95 : Graphique 96 : Graphique 97 : Graphique 98 : Ventilation des dépenses non-ajustées du fonds des routes .................................... 105 Part des dépenses dédiées aux travaux récurrents, d'entretien et de réfection (somme des catégories C, L, N et O du programme de dépenses du fonds des routes) ....................................................................................................... 106 Évolution des dépenses ajustées du fonds du rail .................................................. 106 Écarts entre dépenses non-ajustées prévues dans les projets de budget pluriannuel 2024-2028 par rapport au projet de budget pluriannuel 2023-2027 ......................... 107 Ventilation des dépenses d'investissement prévues par le biais du fonds du rail ........ 107 la stabilisation/relance du secteur de l’immobilier résidentiel .................................. 112 une tendance qui s’est inversée au 2ème trimestre 2024 ....................................... 113 Une reprise notable de l’activité sur le marché des appartements existants .............. 114 La progression continue des dépenses courantes du Ministère du Logement pour aides individuelles (en milliers d’euros) ................................................................ 118 L’évolution du total des dépenses du Ministère du Logement selon les Pluriannuels 2023-2027 et 2024-2028 (en milliers d’euros) ...................................................... 119 L’évolution des dépenses en capital du Ministère du Logement (total de la section 44.00) selon les Pluriannuels 2023-2027 et 2024-2028 (en milliers d’euros) .. 119 La progression de la dotation annuelle du Fonds spécial pour le logement abordable selon les Pluriannuels 2023-2027 et 2024-228 (en milliers d’euros) ......................... 120 L’évolution des dépenses du Fonds spécial pour le logement abordable selon les Pluriannuels 2023-2027 et 2024-2028 (en milliers d’euros) .................................... 121 L’évolution des dépenses ajustées du Fonds spécial pour le logement abordable selon les différents Pluriannuels (en milliers d’euros) ............................................. 122 Dépenses annoncées contre dépenses réalisées du Fonds spécial pour le logement abordable pour les exercices 2022 et 2023 (en milliers d'euros) .............................. 123 Les objectifs sectoriels à respecter selon la loi climat ............................................. 126 La situation budgétaire du Fonds climat et énergie ................................................ 128 L’alimentation du Fonds climat et énergie à travers le ministère de l’Environnement, du climat et de la biodiversité (en milliers d’euros) ................................................ 129 Les dépenses du Fonds climat et énergie (en milliers d’euros)................................. 130 Les mesures internationales financées par le Fonds climat et énergie (en milliers d’euros) .......................................................................................... 130 L’évolution des dépenses du Ministère du Logement en relation avec le régime des prêts climatiques (en milliers d’euros) ............................................................ 132 Sommaire des tableaux Tableau 1 : Tableau 2 : Tableau 3 : Tableau 4 : Tableau 5 : Tableau 6 : Tableau 7 : Tableau 8 : Tableau 9 : Tableau 10 : Tableau 11 : Tableau 12 : Tableau 13 : Tableau 14 : Tableau 15 : Tableau 16 : Tableau 17 : Tableau 18 : Tableau 19 : Tableau 20 : Tableau 21 : Tableau 22 : Tableau 23 : Prévisions prix : STATEC ; Calculs : CSL ..................................................................... 20 Prévisions globales ................................................................................................... 25 Solde nominal en % du PIB ....................................................................................... 40 Solde structurel en % du PIB ..................................................................................... 41 Solde courant de l’État central selon la comptabilité d’État ............................................ 43 Solde du budget en capital de l’État central selon la comptabilité d’État .......................... 43 Recettes budgétaires (en millions d’euros) .................................................................. 52 Dépenses de l’administration centrale ......................................................................... 53 Dépenses de l’administration centrale ......................................................................... 65 Évolution des recettes et dépenses courantes de l’État ainsi que du PIB (2023 = 100) ...... 66 Investissements totaux de l’Administration centrale en % du PIB ................................... 66 10 et 40 – Ministère de la Famille, des Solidarités, du Vivre ensemble et de l’Accueil ........ 80 Taux de risque de pauvreté selon le genre (%) ............................................................ 84 Taux de risque de pauvreté selon l’âge (%) - 2003 ...................................................... 84 Taux de risque de pauvreté des personnes en emploi – 16 à 64 ans (%)......................... 88 Alimentation et dépenses des fonds spéciaux de l’État ................................................ 100 Solde net des aliments budgétaires et des dépenses effectuées ................................... 101 Mouvements des fonds spéciaux (en millions d’euros) ................................................ 101 Moins-values pour retards et aléas de chantier à appliquer pour les dépenses du fonds des routes 2024-2027 ............................................................................................ 105 Participation au coût de l’investissement dans la formation professionnelle continue sous forme d’aide directe aux entreprises.................................................................. 109 Congé individuel de formation : indemnités compensatoires ........................................ 110 Remboursement aux employeurs des rémunérations des salariés participant à des cours de langue luxembourgeoise (congé linguistique) ................................................ 110 Les résultats sectoriels du bilan provisoire des émissions de GES en 2023 ..................... 127 Page 4 de 139 1. Situation économique actuelle et future 1.1. Points clés du chapitre - Au deuxième trimestre 2024, l’activité économique s’est stabilisée après six trimestres consécutifs de baisse du PIB réel, et les taux d’inflation sont repassés sous la barre des 2%. - Il existe toutefois de grandes différences entre les secteurs (notamment entre le secteur des services d’une part et la construction, le commerce et l’industrie d’autre part). - Le soutien de l’activité par une politique de la demande s’avère crucial pour protéger l’emploi en période d’incertitude et de stagnation économique. - L’analyse de l’évolution des taux d’intérêts et le montant des dividendes distribués par les banques laisse supposer une redistribution des débiteurs vers les actionnaires. - Pour 2025, les prévisions de croissance économique sont moins optimistes pour l’Europe (+ 1,6 %) que pour les autres grandes régions du monde comme la Chine (+4,5 %) et les ÉtatsUnis (+2,2 %), toutes deux bénéficiaires de politiques budgétaires expansionnistes. Les performances à venir sont inégales entre pays européens : l'Allemagne devrait avoir un taux de croissance prévu tout juste positif en 2025 tandis que Malte, Chypre, la Croatie et le Luxembourg affichent de bien meilleures perspectives. Pour le Luxembourg, le STATEC prévoit un taux de croissance de +2,7 % en 2025. - Inflation en déclin mais coûts énergétiques à surveiller : L'inflation devrait baisser dans l’UE, atteignant environ 2 % d’ici 2029, grâce à la stabilisation des prix de l’énergie et des matières premières. En 2025, selon les prévisions du STATEC, l’inflation attendue au Luxembourg atteint encore 2,6 % (contre 2,3 % en 2024) mais devrait tendre à la baisse en 2026 (1,7 %). - Le taux de chômage devrait continuer d’augmenter pour atteindre 6,1 % en 2026 avant de diminuer. - Le taux d’emploi des 25-54 ans a reculé entre le deuxième trimestre 2023 et le deuxième trimestre 2024 (- 1,7 pp.) mais a augmenté parmi les 55-64 ans (+ 3,2 pp.) - Le secteur de la construction montre des difficultés sur plusieurs aspects : l’évolution de l’emploi est très faible par rapport à 2019, les pertes d’emploi consécutives à des faillites sont importantes et les offres d’emploi reculent. - L’emploi dans le secteur de l’administration et autres services publics ainsi que celui dans les activités spécialisées de service et de soutien a enregistré les meilleures progressions depuis 2019. - Depuis mi-2022, le chômage des diplômés de l’enseignement supérieur augmente plus rapidement que celui des personnes avec des niveaux d’éducation inférieurs. La demande d’emploi des 30-44 ans augmente plus que la demande d’emploi des 45 ans et plus qui, néanmoins, est surreprésentée dans le chômage de longue durée et parmi les demandeurs d’emploi avec un statut spécifique comme les personnes en capacité de travail réduite. - Entre janvier 2024 et septembre 2024, 28.617 postes ont été déclarés à l’ADEM (- 8% par rapport à la même période de 2023 et -24% par rapport à la même période de 2022). Les secteurs ayant déposé le plus d’offres à l’ADEM en 2024 sont les activités spécialisées, scientifiques et techniques, la santé humaine et action sociale, les activités de services administratifs et de soutien, les activités financières et d'assurance et, l'hébergement et la restauration. - Au premier semestre 2024, il y eu 1 703 pertes d’emploi consécutives à des faillites, + 27 % par rapport au premier semestre 2023. Le secteur de la construction compte, à lui seul, près de la moitié des pertes d’emploi (47 %). Page 5 de 139 1.2. Situation économique actuelle 1.2.1. L’activité économique Le produit intérieur brut (PIB) est le principal agrégat mesurant l’activité économique. Il correspond à la somme des valeurs ajoutées brutes nouvellement créées par les unités productrices résidentes pendant une année donnée. Ainsi, il donne une mesure des richesses nouvelles créées chaque année par le système productif et permet des comparaisons internationales. Graphique 1 : Évolution du PIB en volume en glissement annuel (%) Données : Eurostat L’activité économique a fortement ralentie, voire reculée depuis le début de l’année 2022, à la suite de l’évolution défavorable de l’environnement macroéconomique internationale (guerre, inflation, politique monétaire restrictive, mesures protectionnistes). L’évolution du PIB en volume montre que l’activité au Luxembourg était particulièrement affectée par ce nouvel environnement économique. Depuis le dernier trimestre 2022, le PIB en volume a reculé pendant six trimestres consécutifs en glissement annuel. Ce n’est qu’au deuxième trimestre 2024 que l’économie s’est redressée, quoique légèrement, et a enregistré une croissance de 0,3% en glissement annuel selon les dernières données trimestrielles provisoires disponibles. La récession technique au Luxembourg a pour grande partie été déclenchée par le secteur des activités financières et d’assurance (Nace K), qui pèse pour un quart dans la valeur ajoutée. Bien que l’activité en volume du secteur bancaire se soit effectivement fortement contractée à la suite de la hausse des taux d’intérêt, cela n’a pas eu d’impact négatif sur l’activité en valeur des banques, bien au contraire1. L’ensemble de l’économie de la zone euro (ZE) et de l’Union européenne (UE) semble résilient. Malgré la forte hausse des taux d’intérêt directeurs par la Banque centrale européenne (BCE ; voir partie 1.1.4 L’évolution des taux d’intérêt), la ZE et l’UE ne sont pas rentrées en récession. Après 1 À cet effet, la CSL renvoie à la partie 1.6. Concepts volume/valeur : le cas des banques dans son avis III/11/2024 sur le budget de l’État 2024 ainsi qu’à la partie 1.1.4. L’évolution des taux d’intérêt du présent avis. Page 6 de 139 une stagnation au troisième trimestre 2023, la ZE et l’UE ont à nouveau affiché des taux de croissance, bien qu’assez faibles entre 0,2% et 0,8%. Outre le caractère provisoire, il est important de noter que l’analyse en volume comporte toujours certaines incertitudes au niveau des données. En effet, le PIB en volume ne peut être réellement mesuré, mais il s’agit d’une estimation sur base d’autres données réellement mesurées, à savoir le PIB en valeur et l’évolution des coûts des facteurs de production. Concrètement, le PIB en volume est obtenu en divisant le PIB en valeur (qui est mesurable et mesuré) par le déflateur de PIB qui est estimé à partir des coûts de production. Graphique 2 : Évolution du PIB en valeur en glissement annuel (%) Évolution du PIB en valeur en glissement annuel (%) 25 20 15 10 5 0 -5 -10 -15 LU ZE UE BE FR DE Données : Eurostat Ainsi, afin de compléter l’analyse de l’activité économique, il s’avère indispensable de compléter l’analyse en volume par une analyse en valeur. Le PIB en valeur mesure la valeur totale des biens et services produits dans une économie, exprimée aux prix courants du marché, c’est-à-dire aux prix en vigueur pendant la période considérée. Non seulement, il mesure la richesse réelle créée (en valeur monétaire) qui sera partagée entre travail (part salariale) et capital (excédent brut d’exploitation), mais il est également déterminant pour les finances publiques. L’État taxe la valeur des biens et services vendus plutôt que leur volume. En analysant l’évolution du PIB en valeur en glissement annuel, il est possible d’observer que celleci, bien qu’elle ait ralenti depuis le quatrième trimestre 2023, a continué à croître. Depuis 2024, la croissance nominale au Luxembourg correspond à nouveau plus ou moins à la croissance dans nos pays voisins ainsi que dans l’ensemble de la ZE et de l’UE. Au premier trimestre et au deuxième trimestre 2024, la croissance économique en nominal était de 3,6%, respectivement 4,5%, par rapport à la même période de l’année précédente. Durant la même période, les prix, mesurés par l’indice des prix à la consommation national (IPCN), ont augmenté de 3,25%, respectivement 2,4%, par rapport à la même période de l’année précédente. Il en résulte que la richesse créée après inflation au Luxembourg a augmenté au premier semestre 2024. Page 7 de 139 1.2.2. L’activité économique par secteur au Luxembourg Analyser la situation conjoncturelle uniquement sur la base du PIB risque de cacher des différences sectorielles. Ainsi, si l’activité économique au Luxembourg en général est de nouveau sur une trajectoire légèrement croissante, les performances sectorielles divergent considérablement. Graphique 3 : Valeur ajoutée brute en volume (Q4 2019 = 100) Valeur ajoutée brute en volume (Q4 2019 = 100) 160 150 140 130 120 110 100 90 80 70 Industrie (B-E; 6,1%) Construction (F; 3,9%) Commerce (G-I; 12,9%) Information et communication (J; 7,7%) Activités financières et d'assurance (K; 25,4%) Données : STATEC (Comptabilité nationale) Note : Entre parenthèses sont indiqués les activités NACE regroupées dans les différents secteurs et leur poids dans la valeur ajoutée brute au deuxième trimestre 2024. L’industrie et le commerce ne s’étaient pas encore rétablis des différentes crises au deuxième trimestre 2024. Par rapport au quatrième trimestre 2019, l’activité en volume dans l’industrie et dans le commerce était de 6,4%, respectivement 9,2% plus faible. Surtout le secteur du commerce (NACE G-I) avec un poids de 12,9% dans l’ensemble de la valeur ajoutée brute au Luxembourg, tire le PIB vers le bas. Le secteur de la construction est de loin le secteur le plus touché. Au deuxième trimestre 2024, la valeur ajoutée brute en volume était inférieure de 24,4% par rapport au dernier trimestre avant Covid et la tendance est à la baisse. Comme le poids de la construction dans le total de la valeur ajoutée brute est plutôt faible (3,9%), cette évolution inquiétante ne se reflète pas de la même manière dans le PIB. Dans le secteur des services, la situation est différente. Après une forte baisse de l’activité en volume en 2023 dans le secteur des activités financières et d’assurance, la situation s’est stabilisée en 2024. Notons que l’activité n’a été plus faible qu’au quatrième trimestre 2023 par rapport au quatrième trimestre 2019, et ce de manière très marginale (-0,3%). Durant les prochains trimestres, les trois baisses des taux d’intérêt directeurs par la BCE en juin, septembre et octobre devraient soutenir l’activité dans le secteur bancaire. Vu le poids du secteur des activités financières et d’assurance dans l’économie luxembourgeoise (25,4%), la légère croissance au premier semestre 2024 a impacté positivement l’évolution du PIB. Le secteur de l’information et de communication enregistre de loin la meilleure performance. Au deuxième trimestre 2024, l’activité dans ce secteur était de 55,6% plus élevé par rapport au dernier trimestre 2019. Force est donc de constater que l’excellente performance dans le secteur de l’information et de la communication et la stabilisation dans le secteur des activités financières et d’assurance, Page 8 de 139 compensent, voire cachent la mauvaise évolution dans les secteurs de la construction, de l’industrie et du commerce au niveau du PIB. Le commerce étant un secteur fortement influencé par le pouvoir d’achat des ménages au Luxembourg, il s’avère intéressant d’analyser plus en détail l’évolution de l’activité de ses différents sous-secteurs, à savoir le secteur « Commerce, réparation d’automobiles et de motocycles », « Transports et entreposage » et « Hébergement et restauration ». Graphique 4 : Valeur ajoutée brute en volume (Q4 2019 = 100) Valeur ajoutée brute en volume (Q4 2019 = 100) 2024-Q2 2023-Q4 2023-Q2 2022-Q4 2022-Q2 2021-Q4 2021-Q2 2020-Q4 2020-Q2 2019-Q4 2024-Q2 2023-Q4 2023-Q2 2022-Q4 2022-Q2 2021-Q4 2021-Q2 2020-Q4 2020-Q2 2019-Q4 2024-Q2 2023-Q4 2023-Q2 2022-Q4 2022-Q2 2021-Q4 2021-Q2 2020-Q4 2020-Q2 2019-Q4 120 110 100 90 80 70 60 50 40 30 Commerce; réparation d'automobiles et de motocycles (G; 7,4%) Transports et entreposage (H; 4,2%) Hébergement et restauration (I; 1,4%) Données : STATEC (Comptabilité nationale) Le secteur de l’hébergement et de la restauration était fortement impacté par la crise Covid et la fermeture temporaire des restaurants et des hôtels. Les taux élevés d’inflation des denrées alimentaires en 2022 et 2023 ont continué à peser sur ses activités. Ainsi, au deuxième trimestre 2020, l’activité était inférieure de 67,9% par rapport au quatrième trimestre 2019. Depuis le deuxième trimestre 2022, l’activité a légèrement augmenté, mais ces derniers temps, elle stagne à un niveau inférieur de 12% à 15% à celui d’avant Covid. Afin de relancer le secteur de l’hébergement et de la restauration, il est important de soutenir le pouvoir d’achat des ménages, comme ce secteur dépend particulièrement de la demande intérieure. Ce constat vaut également pour l’économie totale. Afin de soutenir les différents secteurs, il est fortement déconseillé de mener une politique d’austérité. Notons que l’OCDE est également d’avis que la consommation privée sera le principal moteur de l’expansion économique en 2025 au Luxembourg. La hausse des salaires nominaux, notamment grâce à l’indexation automatique des salaires, et le recul de l’inflation soutiendront le revenu disponible réel des ménages et par conséquent l’activité économique.2 Bien que les deux autres sous-secteurs du commerce soient loin d’avoir été aussi touchés par la crise Covid, leur activité est en baisse depuis un certain temps. Au deuxième trimestre 2024, l’activité dans le sous-secteur « Commerce ; réparation d’automobiles et de motocycles » et dans le secteur « Transports et entreposage » était inférieure de 9,4%, respectivement 6,1% par rapport au dernier trimestre avant Covid. Le soutien de l’activité par une politique de la demande s’avère crucial pour protéger l’emploi en période d’incertitude et de stagnation économique. Ceci est particulièrement pertinent pour le 2 Perspectives économiques de l’OCDE, volume 1 2024. Page 9 de 139 secteur du commerce (G-I) qui, parmi les secteurs présentés dans le premier graphique, est de loin le plus important en termes d’emploi. Selon les données du STATEC, 108 763 des 488 729 salariés ayant travaillé au Luxembourg au deuxième trimestre 2024 étaient actifs dans le commerce. La part du commerce dans l’emploi salarié intérieur correspond donc à 22,3%3, ce qui est bien supérieur à sa part dans la valeur ajoutée brute (12,9%). 1.2.3. Enquête de conjoncture dans la construction et confiance des consommateurs Outre les indicateurs économiques objectifs, le STATEC publie également des indicateurs subjectifs, tels que les enquêtes de conjoncture. À travers ces enquêtes, les entreprises peuvent indiquer leur sentiment quant à la situation conjoncturelle récente et future. Cela permet donc de donner des indications précoces sur l’évolution du secteur. Graphique 5 : Enquête de conjoncture dans la construction Enquête de conjoncture dans la construction oct-24 janv-24 juil-22 avr-23 oct-21 janv-21 juil-19 avr-20 oct-18 avr-17 janv-18 juil-16 oct-15 avr-14 janv-15 juil-13 oct-12 janv-12 juil-10 avr-11 oct-09 -20 janv-09 -10 juil-07 3 avr-08 3,5 0 oct-06 10 avr-05 4 janv-06 20 juil-04 4,5 oct-03 5 30 janv-03 40 2,5 2 -30 1,5 -40 1 -50 0,5 -60 0 Indicateur de confiance Evolution de l'activité Etat du carnet de commandes Taux d'intérêt directeur (é.d.d. - en %) Données : STATEC ; BCE Note : L’échelle de gauche représente le solde des réponses positives et négatives. Pour le secteur de la construction, l’indicateur de confiance 4 a fortement reculé depuis juillet 2022. En comparant son évolution historique avec l’évolution du taux d’intérêt directeur de la BCE, on peut constater qu’une hausse du dernier se répercute toujours avec un certain retard au niveau de l’indicateur de confiance. Ainsi, à la suite des hausses des taux d’intérêt durant la période 2006 – 2008, l’indicateur de confiance dans le secteur de la construction a baissé durant la période 2009 – 2010. De même, la hausse des taux d’intérêt en 2011 a montré des effets au niveau de l’indicateur de confiance durant la période 2012 – 2014. La baisse de l'indicateur de confiance observée depuis la mi-2022 a sans doute été déclenchée par les pressions inflationnistes résultant de la reprise économique post-Covid et par des problèmes dans les chaînes d'approvisionnement. Les hausses brutales des taux directeurs ont ensuite pesé sur l'indicateur de confiance. Si le décalage historique entre la hausse des taux d'intérêt et la baisse de l'indicateur de confiance se vérifie, la situation critique du secteur de la construction devrait se prolonger bien au-delà de 2024. 3 La part de l’industrie, de la construction, de l’information et de la communication et des activités financières et d’assurance correspond à respectivement 7,8%, 10%, 4,4% et 11,4%. 4 Il s’agit d’un indicateur composé concernant le sentiment des entreprises quant à l’état de leur carnet de commandes et des perspectives d’évolution de l’emploi. Page 10 de 139 Graphique 6 : Indicateur de confiance des consommateurs Indicateur de confiance des consommateurs 10 5 janv-24 juil-22 avr-23 oct-21 janv-21 juil-19 avr-20 oct-18 janv-18 avr-17 juil-16 oct-15 avr-14 janv-15 juil-13 oct-12 avr-11 janv-12 juil-10 oct-09 avr-08 janv-09 juil-07 oct-06 avr-05 janv-06 juil-04 oct-03 -5 janv-03 0 -10 -15 -20 -25 -30 -35 Données : BCL Selon les données de la Banque centrale du Luxembourg (BCL), la confiance des consommateurs semble se rétablir graduellement depuis son niveau historiquement bas en septembre 2022. Les récentes baisses des taux d’intérêts directeurs, ainsi que les baisses probables en 2025 devraient davantage soutenir la confiance des consommateurs et par conséquent stimuler l’économie. 1.2.4. L’évolution des prix Au Luxembourg, en France, en Allemagne et dans l’ensemble de la ZE, l’inflation a reculé durant les derniers mois. Seulement en Belgique, l’évolution des prix montre une tendance à la hausse en 2024. Ceci est cependant lié aux faibles taux d’inflation en 2023 en Belgique. Comme l’évolution des prix est ici représentée en variation annuelle, cet effet de base contribue à des taux d’inflation particulièrement élevés en 2024. Au Luxembourg, le taux d’inflation, mesuré par l’indice des prix à la consommation nationale (IPCN), était à 1,28% en septembre 2024, un recul considérable par rapport au pic de 7,43% en juin 2022. Si l’on considère le taux d’inflation moyen de la période représentée, on constate qu’il était le plus bas au Luxembourg (3,2%), suivi par la France (3,4%), la Belgique (4,1%) et puis l’Allemagne (4,2%). En ZE, le taux d’inflation moyen a été de 3,9%. À part la Belgique, toutes les économies représentées ont affiché en septembre 2024 des taux d’inflation inférieurs à l’objectif à moyen terme de la BCE (2%). Page 11 de 139 Graphique 7 : Taux d’inflation mensuel – Variation p.r. au même mois de l’année précédente (%) Taux d'inflation mensuel - Variation p.r. au même mois de l'année précédente (%) 14 12 10 8 6 4 2 LU ZE LU - IPCN BE FR 2024-09 2024-07 2024-05 2024-03 2024-01 2023-11 2023-09 2023-07 2023-05 2023-03 2023-01 2022-11 2022-09 2022-07 2022-05 2022-03 2022-01 2021-11 2021-09 2021-07 2021-05 2021-03 2021-01 2020-11 2020-09 2020-07 2020-05 -4 2020-03 -2 2020-01 0 DE Données : Eurostat Le graphique suivant indique la contribution des différents agrégats dans le taux global d’inflation dans la ZE. Si, au début de la crise inflationniste, l’augmentation des prix était surtout déclenchée par les prix de l’énergie, c’étaient les prix alimentaires et les services qui ont maintenu l’inflation audessus de 4% jusqu’en septembre 2023. Récemment ce sont seulement les services qui contribuent substantiellement à l’augmentation des prix. En août 2024, les services étaient responsables de 1,88 point de pourcentage (pp.) de la hausse générale de prix de 2,16% dans la ZE. Graphique 8 : Contribution au taux d’inflation annuel de la ZE Contribution au taux d'inflation annuel de la ZE 12 10 8 6 4 2 Aliments incluant l'alcool et le tabac Biens industriels non-énergétiques Energie Services 2024-07 2024-05 2024-03 2024-01 2023-11 2023-09 2023-07 2023-05 2023-03 2023-01 2022-11 2022-09 2022-07 2022-05 2022-03 2022-01 2021-11 2021-09 2021-07 2021-05 2021-03 2021-01 2020-11 2020-09 2020-07 2020-05 2020-03 -2 2020-01 0 IPCH Données : Eurostat Page 12 de 139 1.2.5. L’évolution des taux d’intérêt Afin de faire baisser les taux d’inflation records depuis la reprise post-Covid et le début de la guerre en Ukraine, la BCE a brusquement augmenté ses trois taux d’intérêt directeurs.5 Si, depuis mars 2015, le taux des opérations principales de refinancement était fixé à 0%, la BCE l’a augmenté en dix étapes entre juillet 2022 et septembre 2023, jusqu’à 4,5%, son plus haut niveau depuis l’introduction de l’euro. Avec le recul de l’inflation et des taux autour de l’objectif à moyen terme de la BCE, celle-ci a, depuis juin 2024, commencer à baisser timidement les taux d’intérêt. L’efficacité de cet instrument dépend toutefois de la vitesse par laquelle les établissements de crédit répercutent les variations des taux d’intérêt sur leurs clients. Plus les banques attendent avant de répercuter une hausse des taux sur les comptes d’épargne de leurs clients, plus elles peuvent augmenter leur marge d’intérêts. Le même effet se produit en cas d’une baisse des taux d’intérêt directeurs qui n’est pas immédiatement répercutée sur les taux d’intérêt variables des crédits immobiliers. Sans compter que le bien-fondé des hausses de taux d’intérêt est très discutable au vu de la cause de l’inflation (choc de l’offre) et n’est pas en rapport avec les dommages économiques et sociaux qui en résultent, notre Chambre estime qu’il est nécessaire d’analyser plus en détail l’interaction entre les taux d’intérêt directeurs, les taux appliqués sur les comptes d’épargne des ménages et les taux d’intérêt appliqués sur les prêts immobiliers.6 Graphique 9 : Taux d’intérêt directeurs et taux d’intérêt sur les dépôts des ménages (%) 6 Taux d'intérêt directeurs et taux d'intérêt sur les dépôts des ménages (%) 5 4 3 2 1 -1 200301 200308 200403 200410 200505 200512 200607 200702 200709 200804 200811 200906 201001 201008 201103 201110 201205 201212 201307 201402 201409 201504 201511 201606 201701 201708 201803 201810 201905 201912 202007 202102 202109 202204 202211 202306 202401 202408 0 Dépôts à terme Facilité de dépôt Facilité de prêt marginal Dépôts à vue Opérations principales de refinancement Données : Banque centrale du Luxembourg ; Banque centrale européenne 5 Le taux d’intérêt des opérations principales de refinancement est celui que les banques paient lorsqu’elles empruntent de l’argent à la BCE pour une semaine. Le taux de la facilité de prêt marginal est celui que les banques, ayant un besoin urgent de liquidité, paient pour obtenir des crédits à 24 heures. Le taux de la facilité de dépôt est celui que les banques, ayant un excédent de liquidités, obtiennent en plaçant des dépôts à vue (24 heures) auprès de la BCE. 6 Les données de la BCL sur les taux d’intérêt des dépôts de ménages et des crédits immobiliers reposent sur une collecte de données effectuée auprès d’un échantillon d’établissements de crédit. Les taux d’intérêt correspondent à une moyenne pondérée qui est la somme des taux contractuels annualisés multipliée par les montants correspondants et divisée par le montant total. Page 13 de 139 Sur le long terme, le taux d’intérêt perçu par les ménages sur leurs dépôts à terme 7 a presque toujours été égal au taux principal de refinancement. Pendant près de vingt ans, le taux d’intérêt des dépôts à terme s’est donc situé dans le corridor formé par les trois taux directeurs de la BCE. Toutefois, depuis novembre 2022, ces derniers ont augmenté plus fortement. Ainsi, après la première baisse des taux d’intérêt directeurs de 0,25 points de pourcentage (
  2. pp)en juin 2024, le taux principal de refinancement était à 4,25%, tandis que les dépôts à terme étaient seulement rémunérés à hauteur de 3,19% en août 2024.8 En septembre 2023, l’écart entre ces deux taux était le plus élevé depuis au moins deux décennies. Le calcul de l’écart moyen montre dans quelle mesure l’évolution récente est exceptionnelle. Entre janvier 2003 et octobre 2022, la différence entre les deux taux d’intérêt correspondait en moyenne à 0,29 pp. Toutefois, entre novembre 2022 et août 2024, la différence moyenne s’élevait à 1,03 pp. Concernant le taux d’intérêt des dépôts à vue9, celui-ci correspondait plus ou moins au taux d’intérêt de la facilité de dépôt jusqu’à la crise financière de 2007-2008. Cela signifie que les banques répercutaient presque entièrement sur leurs clients les intérêts qu’elles recevaient de la banque centrale européenne sur leurs dépôts. Dans les années 2010, marquées par des taux d’intérêt extrêmement bas, le taux sur les dépôts à vue se situait au même niveau que celui des dépôts à terme, et donc dans le corridor des taux d’intérêt directeurs. Les banques n’ont pas été en mesure de répercuter les taux d’intérêt négatifs sur leurs clients. Ceci est logique, car sinon les clients auraient préféré garder leur argent chez eux plutôt que d’être financièrement pénalisés pour leurs dépôts bancaires. Comme pour les dépôts à terme, la rémunération des dépôts à vue n’a pas suivi dans la même mesure la récente hausse des taux d’intérêts directeurs. En août 2024, le taux de la facilité de dépôt était à 3,75%, tandis que celui sur les dépôts à vue était à 1,45%. Ici aussi, l’écart des derniers mois était le plus élevé depuis au moins deux décennies. Entre janvier 2003 et octobre 2022, l’écart entre les deux taux correspondait en moyenne à 0,41 pp. Entre novembre 2022 et août 2024, la différence moyenne s’élevait à 2,16 pp. 7 Les dépôts à terme sont les dépôts avec une échéance initiale inférieure ou égale à 2 ans. Sont présentés ici les taux d’intérêt appliqués à l’encours. 8 Deux autres baisses des taux d’intérêt directeurs de 0,25 pp. chacune ont suivi en septembre et en octobre. Afin d’harmoniser le graphique, celles-ci ne sont pas incluses, car les données les plus récentes de la BCL sur les taux d’intérêt des dépôts des ménages datent du mois d’août. 9 Contrairement aux dépôts à terme, les dépôts à vue peuvent être retirés à tout moment, en partie ou en totalité. Sont présentés ici les taux d’intérêt appliqués à l’encours. Page 14 de 139 Graphique 10 : Taux d’intérêt directeurs et taux d’intérêt variables sur les crédits immobiliers (%) Taux d'intérêt directeurs et taux d'intérêt variables sur les crédits immobiliers (%) 6 5 4 3 2 1 -1 200301 200308 200403 200410 200505 200512 200607 200702 200709 200804 200811 200906 201001 201008 201103 201110 201205 201212 201307 201402 201409 201504 201511 201606 201701 201708 201803 201810 201905 201912 202007 202102 202109 202204 202211 202306 202401 202408 0 Crédits immobiliers (taux variable) Facilité de dépôt Opérations principales de refinancement Facilité de prêt marginal Données : Banque centrale du Luxembourg ; Banque centrale européenne Pour les taux d’intérêt variables sur les crédits immobiliers, le constat est différent. Entre 2003 et 2012, les taux d’intérêt des crédits immobiliers ont suivi les taux de la facilité de prêt marginal. Cependant, depuis 2012, les banques n’ont pas entièrement répercuté les baisses de taux d’intérêt sur le coût des crédits immobiliers pour les ménages. Alors qu’entre janvier 2003 et décembre 2011, l’écart moyen entre les deux taux était de 0,31 pp, il était de 1,17 pp entre janvier 2012 et juin 2022. Pendant la période des taux d’intérêt négatifs, la différence entre les taux variables appliqués par les banques aux crédits immobiliers des ménages et les taux payés par les banques à la BCE pour prêter de l’argent pendant un jour, était donc en moyenne presque quatre fois plus élevée que pendant la période précédente. Contrairement à ce qui s’est passé pour les dépôts des ménages, les banques ont répercuté sans délai les récentes hausses des taux directeurs sur les prêts immobiliers. Cette combinaison d’une hausse sans tarder des taux d’intérêt des crédits immobiliers et d’une augmentation plus hésitante des taux d’intérêt des dépôts des ménages gonfle logiquement la marge d’intérêts des banques. Page 15 de 139 Graphique 11 : Marge sur intérêts des établissements de crédit (en millions de EUR) 12.000 Marge sur intérêts des établissements de crédit (en millions de EUR) 10.692 10.000 8.000 6.102 6.000 5.178 5.953 4.000 4.903 4.1714.0003.984 7.042 5.956 4.960 4.919 4.5254.352 5.381 4.677 4.7714.8784.987 5.2545.118 2.000 0 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 Données : Banque centrale du Luxembourg Les chiffres de la Banque centrale du Luxembourg confirment que le compte de la marge sur intérêts de l’ensemble des établissements de crédit au Luxembourg a explosé au cours des deux dernières années. La différence entre les produits d’intérêts et les charges d’intérêts en 2023 (10,7 milliards d’euros) était supérieur de 116% à la moyenne des années 2003 - 2021 (5 milliards d’euros). La performance historique du secteur bancaire semble se poursuivre en 2024. Les comptes trimestriels publiés par la BCL indiquent une marge sur intérêts de 5,6 milliards d’euros après le deuxième trimestre 2024, soit 500 millions d’euros de plus qu’après le deuxième trimestre 2023. En d’autres termes : Après le deuxième trimestre 2024, la marge sur intérêts des établissements de crédit au Luxembourg est déjà supérieure à celle de l’ensemble des années 2010 à 2021. Les banques luxembourgeoises ne sont pas les seules à avoir profité de l’évolution des taux d’intérêt. Des marges plus élevées sont quasiment synonymes de dividendes plus élevés. Ainsi, dans son rapport10, le gestionnaire d’actifs Janus Henderson a calculé que le montant des dividendes mondiaux versés par les entreprises en 2023 a augmenté de 5,6% sur une base annuelle pour atteindre un niveau record de 1,66 billions de dollars. Le secteur bancaire a également versé un montant record de dividendes en 2023, contribuant ainsi significativement à la croissance des dividendes dans le monde. Plus précisément, les dividendes mondiaux du secteur bancaire ont augmenté de plus que 13% sur une base annuelle pour atteindre 220 milliards de dollars en 2023. Par rapport à l’année 2021, la hausse était même de 28,6%. Ainsi, si l’on analyse l’évolution des taux d’intérêts et le montant des dividendes distribués par les banques, on observe une redistribution des débiteurs vers les actionnaires. 10 Janus Henderson Global Dividend Index – Édition 41, March 2024. Page 16 de 139 1.3. Contexte international et prévisions conjoncturelles 1.3.1. L’Europe • Croissance du PIB Malgré l’optimisme contenu de la Commission européenne lors des prévisions économiques1112 du printemps 2024, l’économie européenne, et en particulier de la zone euro, font pâle figure à côté de la Chine ou des États-Unis. Graphique 12 : Prévisions du taux de croissance du PIB, 2023-2029 Etas-Unis Japon Royaume-Uni Chine Canada M émerg/éc voie dev. Monde Economies avancées Italie Autriche Allemagne France Estonie Belgique Pays-Bas Grèce Rep Slovaque Espagne Finlande Lettonie Irelande Portugal Slovénie Lithuanie Croatie Luxembourg Malte Chypre Zone euro Union européenne 8 Source : FMI, World Economic Outlook Database Le taux de croissance13 du PIB de l’UE en 2023 est estimé à 0,6 %, à 1,1 % en 2024 et 1,6 % en 2025 et devrait se stabiliser autour de cette valeur entre 2026 et 2029, année à laquelle il serait de 1,5 % selon les dernières prévisions du FMI. La croissance demeure donc, bien que positive, relativement faible au niveau européen. Selon la Commission européenne, cela s’expliquerait par un contexte économique mondial incertain et une faible demande, en particulier sur les marchés internationaux. La croissance est néanmoins soutenue par un marché du travail solide et une consommation privée qui devrait repartir à la hausse, même si les investissements restent modérés. La croissance européenne s’est principalement reposée sur la dépense publique et a été freinée par la consommation privée. Le rebond du pouvoir d’achat devrait logiquement alimenter la consommation des ménages, mais ces derniers sont toujours plus enclins à épargner qu’à consommer. 11 Commission européenne; Spring 2024 Economic Forecast: A gradual expansion amid high geopolitical risks, mai 2024 et statistical annex 12 Commission européenne : Economic forecast for Luxembourg, mai 2024 13 Il est utile de mentionner que plusieurs années sont nécessaires pour stabiliser les chiffres, les données 2023 sont encore susceptibles d’être modifiées dans le futur. Page 17 de 139 Selon l’OFCE14, la crise énergétique qui a touché spécifiquement l’Europe, un soutien budgétaire moins important que dans d’autres zones et un resserrement monétaire visant à contrôler l’inflation ont prolongé les effets du ralentissement en 2024. Une amélioration en 2025 est attendue, notamment grâce à une stabilisation des politiques monétaires et un rattrapage des salaires. Pour Rexecode, l’Allemagne fait figure « d’homme malade » de la zone euro et les prévisions présage de la continuité de la baisse de l’investissement productif. Le manque d’investissement en Allemagne se fait déjà ressentir en termes de demande mais affectera aussi la compétitivité de demain, ce qui laisse place au pessimisme sur le plan économique. L’Allemagne a bel et bien perdu son principal débouché qu’était la Chine et les exportations vers les États-Unis ne compensent que partiellement. En réalité, le décrochage date de la crise de la dette dans la zone euro, depuis l’Europe sousconsomme et sous-investit. Plusieurs facteurs aggravent la situation comme la rigueur budgétaire des pays du Nord de l’Europe qui pèse sur la croissance européenne mais aussi une mauvaise gestion des fond européens en particulier ceux issus du NextGenEU qui augmente la défiance des pays du nord envers les pays du sud. La situation économique diffère fortement au sein de la zone euro ce qui complique la prise de décision politique. La France est de plus en plus détenue par le reste du monde alors que l’Allemagne renforce ses actifs. Au Luxembourg, la contraction de 1,1 % en 2023 est principalement expliquée par une baisse de la demande externe, en particulier liée aux exportations de services financiers et une contraction de l’investissement (notamment immobilier). Toutefois, le pays devrait mieux se porter dans le futur. Cette éclaircie serait due à une meilleure conjoncture européenne stimulant les investissements et à la contribution positive des exportations nettes, tandis que la consommation privée devrait se normaliser. • Inflation L’inflation mesurée par l’indice des prix à la consommation devrait continuer à baisser au cours de la période de prévision pour l’Union européenne comme pour la zone euro. Dans l’UE, elle devrait passer de 6,3 % en 2023 à 2,6 % en 2024 et 2,3 % en 2025, proche de son taux « cible15 ». Cette baisse est en grande partie due à la stabilisation des prix de l’énergie et des matières premières, après les hausses importantes observées en 2022-2023. À plus long terme, elle devrait continuer sa tendance à la baisse et atteindrait 2,1 % en 2029. Les prévisions dans la zone euro indiquent un taux inflation de 2,0 % en 2025 comme en 2029. 14 L’économie européenne 2025, OFCE

(2024)Le taux d’inflation cible de 2 % est une référence clé dans la politique monétaire de nombreuses banques centrales, y compris la Banque centrale européenne (BCE). Il provient de l’objectif de stabilité des prix défini par le Traité sur le fonctionneme nt de l’Union européenne (TFUE). 15 Page 18 de 139 Graphique 13 : Prévisions du taux d’inflation, 2023-2029 ■ 2023 «2024 «2025 « 2 0 2 6 « 2 0 2 7 « 2020 Japon Chine Royaume-Uni Canada Etas-Unis Monde Economies avancées M émerg/éc voie dev. France Irelande Espagne Finlande Chypre Estonie Portugal Allemagne Belgique Italie Grèce Lettonie Pays-Bas Lithuanie Malte Autriche Luxembourg Croatie Slovénie Rep Slovaque Zone euro Union européenne 12 2029 Source : FMI, World Economic Outlook Database Au Luxembourg, la même tendance est attendue. L’inflation globale était déjà tombée à 2,9 % en 2023, en raison de la baisse des prix de l’énergie et des biens et devrait baisser à 2,5 % en 2024 et à 2,6 % en 2025 en raison de la décélération des prix des biens industriels, de l’alimentation et des services. Après 2025, elle devrait continuer sa tendance à la baisse et atteindrait 2,1 % en 2029 selon le FMI. La légère augmentation du taux d’inflation au Luxembourg en 2025 est principalement due à la décision du Conseil de gouvernement du 5 juin 2024 de ne prendre en charge que la moitié de l’augmentation prévue de 60% du prix de l’électricité pour une consommation moyenne à partir du 1er janvier 2025 et de supprimer toutes les autres aides énergétiques, à savoir : - La prise en charge intégrale des frais de réseau de gaz ; - La limitation de la hausse du prix du gaz à +15% par rapport au niveau moyen de septembre 2022 ; - La réduction des prix des granulés de bois ; - La subvention de 15 cts/l ttc du prix du gasoil utilisé comme combustible. Selon les estimations du STATEC, le prix du gaz augmentera par conséquent de 17% pour une consommation moyenne à partir du 1er janvier 2025. La Chambre des salariés tient à souligner que cette décision risque d’engendrer des coûts supplémentaires importants pour les ménages à partir de 2025. Ainsi, pour un ménage disposant d’un chauffage au gaz et avec une consommation moyenne d’électricité et de gaz16, le coût total supplémentaire sera de 670€ en 2025. 16 Cette consommation moyenne correspond à 4 191 kWh d’électricité et à 2 426 m³ de gaz, retirée de la publication « STATNEWS N° 18 – Prévision d’inflation » du STATEC du 8 mai 2024. Page 19 de 139 Tableau 1 : Prévisions prix : STATEC ; Calculs : CSL Électricité 2024 2025 Coûts supplémentaires en 2025 Gaz Prix (€/kWh ttc) 0,217 Côut (€) 909,45 Prix (€/m³ ttc) 0,9706 Coût (€) 2354,68 0,2815 1179,77 1,1356 2754,97 270,32 400,29 Note : Calculs pour une consommation annuelle de 4 191 kWh d’électricité et de 2 426 m³ de gaz. En outre, la Chambre des salariés s'interroge sur l'impact de la nouvelle structure tarifaire des frais d’utilisation de réseau sur la facture d'électricité des ménages à partir du 1er janvier 2025. Selon l’Institut luxembourgeois de Régulation (ILR), ce changement n’aura peu d’impact pour la vaste majorité des consommateurs dans l’immédiat. L’ILR affirme cependant : « À moyen terme, cette adaptation invitera toutefois à une plus grande efficacité dans l’utilisation des réseaux, à une meilleure utilisation des réseaux existants dans leur ensemble, et contribuera, en dernier lieu, à la stabilité des tarifs d’utilisation du réseau. »17 Cela signifie-t-il donc que les ménages qui ne peuvent pas lisser leur consommation d'électricité, parce qu'ils ne possèdent pas d'appareils électroménagers programmables par exemple, seront financièrement désavantagés à moyen terme ? Il convient également de noter que l’adaptation du barème fiscal à hauteur de 2,5 tranches d’indexation en 2025 et la suppression des aides énergétiques risquent de constituer un jeu à somme nulle pour les ménages. Pour un salaire moyen annuel brut de 76 000 €18, le montant de l’impôt suivant barème baissera de 730 € en 2025 par rapport à 2024 en classe 1. En classe 2, la différence sera de 552 € pour ce cas-type. Seulement en classe 1a, la réduction d’impôt suivant barème sur un salaire moyen annuel brut de 76 000 € surcompensera la perte de pouvoir d’achat à la suite de la suppression progressive des aides énergétiques. Dans ce cas la baisse de l’impôt suivant barème sera de 2 277 €. Notons que cette baisse ne résulte cependant pas uniquement de l’indexation du barème d’imposition, mais d’une adaptation plus profonde des échelons de la classe 1a. L’OCDE partage cet avis. D’un point de vue du budget de l’État, l’organisation internationale affirme que la « suppression progressive et partielle des aides énergétiques compense largement la diminution de l’impôt sur le revenu des personnes physiques découlant de l’adaptation du barème d’imposition à l’inflation. »19 Si les deux mesures s’annulent au niveau du budget de l’État, voire si l’État réalise des épargnes, il doit nécessairement en être de même, voire l’inverse (surcoût), au niveau de l’ensemble des budgets de ménages. • Emploi Sur le plan international et européen, le Luxembourg devrait enregistrer une meilleure progression de l’emploi en 2025 qu’en 2024. En effet, la croissance attendue par rapport à l’année précédente est de 1 % en 2024 mais de 1,7 % en 2025 selon le FMI, cette croissance attendue de l’emploi au Luxembourg serait la troisième plus importante en 2025 par rapport aux autres pays européens pour lesquels les données sont disponibles. 17 Un nouveau tarif d'utilisation du réseau - MyILR Calculé sur base des données de la comptabilité nationale des comptes « Rémunération des salariés », « Salaires et traitements bruts » et « Emploi salarié » des années 2022 et 2023. 19 Perspectives économiques de l’OCDE, Volume 2024 numéro 1. 18 Page 20 de 139 Graphique 14 : Prévisions de l’emploi en termes de taux de croissance annuel, 2024-2025 4,0% Source : FMI, World Economic Outlook Database Pour 2024 et 2025, les prévisions du STATEC sont assez proches de celle du FMI avec un différentiel de 0,1 pp. en 2024 et 0,2 pp. en 2025. Pour 2026, le rythme de croissance annuel de l’emploi devrait rester équivalent à celui de 2025. Cependant, en 2027 et 2028, les prévisions tablent pour une augmentation de l’ordre de 2,2 % et 2,5 %. Graphique 15 : Prévisions de l’emploi en termes de taux de croissance annuel, 2024-2028, STATEC Source : Budget pluriannuel, 2025 – 2028, Volume 2 – STATEC • Chômage Selon le FMI, alors que le taux de chômage (BIT) de la zone euro tend à la baisse pour chaque année entre 2023 et 2026 pour se stabiliser à 6,3 % entre 2027 et 2029, au Luxembourg, le taux de chômage devrait atteindre son plus haut niveau en 2025 à savoir 5,9 %, pour redescendre à 5,3 % en 2029. À noter que le taux de chômage reflète les personnes disponibles recherchant activement un emploi mais certains pays enregistrent un nombre important de personnes disponibles, souhaitant travailler mais ne cherchant pas d’emploi. En effet, dans une vue plus large, la capacité excédentaire sur le marché du travail est composée non seulement des chômeurs mais aussi des personnes sous-employées travaillant à temps partiel, des personnes recherchant un emploi mais temporairement indisponibles et également des personnes disponibles pour travailler, qui le souhaitent mais qui ne recherchent pas d’emploi. Par exemple en Italie, les personnes disponibles mais qui ne recherchent pas d’emploi représentent 45 % de la capacité excédentaire sur le marché du travail, au Luxembourg, c’est 22% et seulement 6 Page 21 de 139 % en République tchèque. Le taux de chômage est donc un indicateur qui minimise les capacités excédentaires sur le marché du travail et doit être considéré avec prudence. Graphique 16 : Prévisions du taux de chômage BIT, 2023-2029, FMI 20 18 16 14 12 10 8 6 4 2 0 ■ 2023 «2024 «2025 «2026 «2027 «2028 >2029 Source : FMI, World Economic Outlook Database Selon les projections mises à disposition par le STATEC, le taux de chômage ADEM tendrait lui aussi à augmenter en 2024 (5,9 %), en 2025 (6,0 %) mais aussi en 2026 (6,1 %) pour enfin reculer à 5,8 % en 2027 et à 5,6 % en 2028. Dans ce cas également, cet indicateur doit être lu avec réserve. En effet, tout comme l’emploi et le chômage « BIT » ne sont pas des indicateurs miroirs, l’emploi et le chômage ADEM peuvent également ne pas aller de pair. En effet, le chômage non renseigné à l’ADEM peut augmenter ou diminuer en fonction de la situation économique et ne pas apparaitre dans l’indicateur officiel. D’ailleurs, c’est l’hypothèse que le STATEC formule lors de son conjoncture Flash de juillet 2024 face à la détérioration de l’emploi qui n’a pas été accompagnée d’une hausse importante du chômage ADEM début 2024 : « Ainsi, certains chômeurs découragés semblent être passés à l’inactivité (apparente), face à une expiration des droits aux indemnités et un manque de perspectives d’embauche ». Graphique 17 : Prévisions du taux de chômage ADEM, 2024-2028, STATEC 6,2 6,1 6 5,9 5,8 5,7 5,6 5,5 5,4 5,3 ■ 2024 >2025 ■ 2026 ■ 2027 «2028 Source : Budget pluriannuel, 2025 – 2028, Volume 2 – STATEC Page 22 de 139 1.3.2. Monde, Chine, États-Unis Selon le Fonds Monétaire International, la croissance mondiale devrait s’élever à 3,2 % en 2024 et en 2025. Les marchés émergents et les économies en voie de développement (avec une croissance attendue de plus de 4,2 % en 2024, 2025 et 2026) et les services contribuent bien plus à ces perspectives de croissance que les pays développés et l’industrie. Le commerce mondial augmente moins vite que le PIB et les mesures protectionnistes sont de plus en plus nombreuses depuis la crise sanitaire. En 2023, environ quatre fois plus de mesures protectionnistes que de mesures de libéralisation ont été adoptées. L’inflation devrait se stabiliser et refluer partout dans le monde grâce à la baisse des prix de l’énergie notamment du pétrole. Il y aurait aussi un impact de la baisse des taux de fret maritime des porte-conteneurs, ce qui engendrerait moins de pression et donc une baisse des prix mais l’effet pourrait ne pas être aussi net car de nombreuses routes maritimes restent difficilement praticables. Enfin, les marchés du travail se relâchent, il y a moins de tensions sur le marché du travail avec un nombre de chômeurs plus importants par rapport aux emplois disponibles. Même si les risques géopolitiques sont un facteur de grande incertitude, l’assouplissement monétaire et la reprise du commerce devrait générer une reprise de l’activité, principalement due au dynamisme des économies émergentes et ce, malgré le ralentissement chinois20. Dans les pays avancés, la croissance resterait dynamique aux États-Unis (2,8 % en 2024 et 2,2 % en 2025) et plus modérée en zone euro. Concernant la Chine et les États-Unis, ils ont en commun de partager une politique budgétaire expansionniste. Tous deux présentent un déficit supérieur à 7 % du PIB et n’hésitent pas à soutenir la demande de manière massive. • Chine En Chine, le déficit public pour 2022 atteint un record de 7,4 % du PIB avec une dette publique chinoise officielle de 51 % du PIB en 2022 (contre 38 % en 2019), tandis que la dette « élargie », estimée par le FMI en incluant les engagements hors bilan des gouvernements locaux, est passée de 86 % à 110 % du PIB. Au niveau social, les conséquences du ralentissement économique sur l’emploi, notamment pour les jeunes (dont le taux de chômage a atteint en juillet 2022 un record à 19,9 %), représente un défi pour les autorités21. Le rapport de prévisions de printemps 2024 de la Commission européenne, portant spécifiquement sur la Chine22, analyse la situation économique actuelle et ses perspectives pour l’année à venir. En 2023, l’économie chinoise a subi plusieurs difficultés, notamment une demande intérieure affaiblie, en particulier dans le secteur immobilier, et une faible performance des exportations due au manque de visibilité au niveau mondial. Pour 2024, la Chine devrait connaître une croissance modérée. Le gouvernement chinois prévoit de soutenir cette reprise à travers des mesures de relance budgétaire et un assouplissement monétaire pour stimuler l’investissement et la consommation et cela passera notamment un recours massif à l’endettement public par l’émission d’obligations spéciales pour recapitaliser les banques, lever des restrictions sur le marché de l’immobilier et soutenir financièrement les collectivités locales23. Suivant le FMI, les attentes en termes de taux de croissance du PIB sont de 4,8 % pour 2024, 4,5 % pour 2025 et 4,1 % pour 2026. Le rythme de cette croissance continuerait à diminuer jusqu’en 2019 (3,3 %). Selon Rexecode, la Chine a considérablement augmenté ses parts de marché à l’exportation, souvent au détriment de l’Europe. Cette croissance est principalement alimentée par trois secteurs clés : les voitures, les batteries et les panneaux solaires. La compétitivité chinoise est renforcée par un écart croissant entre ses prix de production et ceux des producteurs européens et américains. En outre, la Chine remplace de plus en plus les produits importés par des produits fabriqués localement. Cette offre domestique est largement subventionnée par le gouvernement chinois. Selon le FMI, la Chine 20 Direction générale du Trésor, Perspectives mondiales à l’automne 2024 : Entre assouplissement monétaire et tensions géopolitiques, septembre 2024 21 Direction générale du Trésor (France), Chine : indicateurs et conjoncture 22 Commission européenne : Special Issues - Spring 2024 China’s impressive rise and its structural slowdown ahead: implications for the global economy and the EU 23 Le Monde, La Chine prête à creuser ses déficits pour soutenir son économie, octobre 2024 Page 23 de 139 a mis en place 5400 mesures de subventions pour ses entreprises depuis 2009, ce qui représente environ deux tiers des subventions totales des pays du G20. Pour compenser la baisse de l’investissement résidentiel qu’elle espère enrayer dans le futur, la Chine mise sur l’investissement manufacturier. Cependant, ce modèle présente des limites, notamment une rentabilité souvent absente des entreprises industrielles. La Chine demeure un acteur central dans les chaînes d’approvisionnement mondiales, et tout changement dans son économie entraîne des répercussions globales. L’Union européenne, qui reste un partenaire commercial important, pourrait être impactée par cette reprise modérée. Les tensions géopolitiques actuelles amènent toutefois l’UE à diversifier ses dépendances commerciales. Enfin, bien que la croissance de la Chine soit moins forte, son rôle dans le commerce international reste crucial et selon le rapport de la Commission européenne, les entreprises européennes pourraient y trouver des opportunités, notamment dans des secteurs comme les technologies vertes et la transformation numérique24. Mais il parait certain, selon Rexecode, que les entreprises étrangères installées en Chine ont maintenant une certaine défiance vis-à-vis des autorités. Ces entreprises tendent à rapatrier les bénéfices réalisés sur le sol chinois dans les pays d’origine, ce qui a fait monter les réserves en cash de certaines sociétés européennes. • États-Unis Les États-Unis présentent un déficit total sur l’année civile 2023 de 8 % du PIB et la dette publique américaine est passée de 107,8 % du PIB en 2019 à 124 % en 2023. Mais ces indicateurs ne montrent pas vraiment une situation macroéconomique dégradée mais plutôt, une politique budgétaire expansionniste25 pour faire face aux enjeux commerciaux mondiaux. La croissance du PIB devrait ralentir mais néanmoins, se maintenir : 2,8 % en 2024 et 2,2 % en 2025 mais après 2025 le FMI prévoit un ralentissement vacillant entre 2,0 et 2,1 % sur la période 2026-2029. Selon les prévisions26, la croissance bénéficierait de l’assouplissement de la politique monétaire, les taux directeurs montrant une tendance à la baisse (4,8 % en 2024 et 3,5 % en 2025). Le marché du travail, bien que toujours robuste, montre des signes de ralentissement avec une baisse des créations d’emplois en août 2024 par rapport à la moyenne annuelle. Le taux de chômage a aussi augmenté de 3,4 % à 4,2 % entre avril et août 2024 et les salaires moyens horaires n’ont que faiblement progressé. L’inflation, après un pic de 9,1 % en juin 2022, est revenue à 2,5 % en août 2024. Cependant, l’inflation sous-jacente, excluant l’alimentation et l’énergie, reste élevée (3,2 %). Bien que le processus de désinflation soit bien engagé, certains facteurs persistent, notamment dans les services de logement. Enfin, l’administration Biden poursuit une politique budgétaire expansionniste, axée sur des investissements dans les infrastructures, les semi-conducteurs et la transition énergétique, soutenue par plusieurs lois majeures comme l’Infrastructure Investment and Jobs Act et l’Inflation Reduction Act. Toutefois, des incertitudes persistent concernant le budget pour la fin de 2024, avec un risque de shutdown en raison de blocages politiques au Congrès. Selon Rexecode, certains indicateurs comme le jugement des ménages sur leur situation actuelle indiqueraient une récession imminente mais les programmes économiques des démocrates comme des républicains devraient encore creuser le déficit public. Mécaniquement, cette politique budgétaire expansionniste crée ou soutient l’activité ce qui éloignerait, temporairement, le spectre d’une récession. 1.3.3. Focus sur les perspectives à moyen-terme au Luxembourg L’économie luxembourgeoise traverse une période d’ajustement à la suite de la récession mondiale de 2023. Le STATEC27 prévoit que le Luxembourg reviendra sur la voie de la croissance, mais à un 24 Commission européenne : Special Issues - Spring 2024 China’s impressive rise and its structural slowdown ahead: implications for the global economy and the EU 25 OFCE, Quand les finances publiques dérapent… aux États-Unis, avril 2024 26 DG Trésor, France, Situation économique aux États-Unis - septembre 2024 27 STATEC, Prévisions mises à jour pour 2024 et 2025 et projections à moyen terme, septembre 2024 Page 24 de 139 rythme modéré. L’année 2024 devrait enregistrer une hausse du PIB (en volume) de 1,5 % malgré un acquis de croissance faible pour l’ensemble de l’économie au premier semestre (+0,7 %) et négatif pour le seul secteur financier (-1,1 %). L’économie devrait donc connaitre une forte reprise au deuxième semestre pour arriver au taux de croissance prévu. En 2025, celui-ci devrait atteindre 2,7 %, ce qui marque un rebond par rapport à la stagnation antérieure. Entre 2026 et 2028, le taux de croissance devrait se maintenir à 2,7 % en moyenne. Cependant, comme déjà mentionné ci-dessus, le rythme de croissance de l’emploi devrait s’accélérer progressivement et de manière soutenue à partir de 2027 : les gains d’emploi seront limités avec +0,9 % en 2024, autour des +1,5 % en 2025 et 2026, et plus de 2 % en 2027 et 2028 et, le taux de chômage devrait atteindre 5,9 % en 2024, 6,0 % en 2025 et 5,6 % à la fin 2028, ce qui est bien supérieur à la moyenne sur la période 1995-2003 (4,6 %). Le ralentissement de l’inflation au Luxembourg se poursuit, avec une prévision de 2,3 % pour 2024 (contre 3,7 % en 2023) et de 2,6 % pour 2025, en partie en raison de la levée partielle des boucliers tarifaires sur l’électricité. À moyen terme, l’inflation devrait passer sous 2 %, tandis que les hausses salariales, soutenues par une meilleure productivité, dépasseraient l’inflation d’un point en moyenne. Les émissions de CO2 au Luxembourg sont en baisse depuis plusieurs années, principalement grâce à la diminution des ventes de carburants. Cette tendance s’est accentuée dernièrement avec la crise du Covid-19 et la hausse des prix de l’énergie, mais elle ralentit légèrement. En 2023, les ventes de carburants ont baissé de 2 %. À moyen terme, la transition vers les voitures électriques devrait renforcer cette baisse, impactant également les recettes fiscales liées aux carburants, jusqu’ici, l’effet « prix », dû à la hausse de la taxation, avait surcompensé l’effet « volume » à cause du recul des ventes. Les prévisions économiques du STATEC mettent aussi l’accent sur l’importance de l’ajustement des politiques fiscales et des investissements publics pour soutenir la croissance. Il estime que les mesures de politique économique relèveraient la croissance du PIB d’environ 1% mais que les effets disparaitraient à moyen terme et finiraient par ralentir la croissance de l’activité surtout en 2026 (0.9 point de % sur la croissance du PIB en vol.). En résumé, le Luxembourg connaît une reprise progressive avec des perspectives de croissance économique positives mais limitées. Toutefois, l’emploi et l’inflation resteront des points de vigilance, influencés par des politiques nationales et des dynamiques économiques internationales. Tableau 2 : Prévisions globales 2024 2025 2026 2027 2028 81,85 86,68 91,21 95,88 PIB en valeur (en %) 3,2 5,9 5,2 5,1 5,6 PIB en volume (en %) 1,5 2,7 2,0 3,2 3,0 PIB en valeur (mia EUR) 101,26 Emploi total intérieur 0,9 1,5 1,6 2,2 2,5 Taux de chômage (définition ADEM en %) 5,9 6,0 6,1 5,8 5,6 Indice des prix à la consommation (IPCN) 2,3 2,6 1,7 1,5 1,8 Écart de production (en %) -2,7 -2,4 -2,8 -2,0 -1,4 Notes : Les explications sur l'évolution macroéconomique se trouvent dans le chapitre A de l'exposé des motifs du projet de budget 2025. - Sauf indication contraire, les chiffres présentent des variations en %. Source : Budget pluriannuel, 2025 – 2028, Volume 2 – STATEC Page 25 de 139 1.4. Situation du marché de l’emploi 1.4.1. Vue d’ensemble du marché du travail de la population résidente Au deuxième trimestre 2024, 74,5 % des résidents luxembourgeois entre 20 et 64 ans ont un emploi28 contre 75,4 % un an auparavant, enregistrant un recul de 0,9 points de pourcentage – pp. en un an. Ce repli n’est pas observé pour toutes les catégories de travailleurs. En effet, le taux d’emploi des 25-54 ans s’est contracté de 1,7 pp. passant de 86,9 % à 85,2 % tandis que le taux d’emploi des 55–64 ans a progressé de + 3,2 pp. sur la même période. De même, l’évolution annuelle diffère selon le niveau d’éducation : les taux d’emploi des personnes entre 25 et 54 ans ayant atteint tout au plus le niveau du secondaire inférieur est passé de 82,5 % à 70,9 % (-11,6 pp.). Parmi les personnes entre 25 et 54 ans, le taux d’emploi recule aussi pour les personnes ayant atteint tout au plus l’enseignement secondaire supérieur (- 4,1 pp.) au deuxième trimestre 2024 par rapport au même trimestre de l’année précédente. Pour les 55-64 ans, le taux d’emploi a progressé pour les personnes ayant atteint au moins le niveau du secondaire supérieur (ou post-secondaire) (+ 6,9 pp.) ou de l’enseignement supérieur (+1,7 pp.). En revanche, les taux d’emploi des personnes âgées entre 55-64 ans avec un niveau d’éducation faible recule de 3,9 pp. Comme mentionné ci-dessus, la baisse du taux d’emploi peut se refléter dans l’augmentation de la demande d’emploi mais aussi dans celle de la population inactive. Graphique 18 : Taux d’emploi par classe d’âge et niveau d’éducation atteint, 2ème trimestre 2023 et 2ème trimestre 2023 (En % de la population de chaque catégorie) ■ De 25 à 54 ans Q2 2023 ■ De 25 à 54 ans Q2 2024 ■ De 55 à 64 ans Q2 2023 ■ De 55 à 64 ans Q2 2024 Source : Eurostat (lfsi_educ_q) Au deuxième trimestre 2024, le taux d’emploi, donc équivalent à 74,5 %, se décompose comme suit : 61,9 % de la population résidente travaillent à temps plein, 10,3 % travaillent à temps partiel et ne souhaitent pas travailler plus et 2,1 % travaillent à temps partiel et voudraient travailler plus. 28 Dans le cadre de l'Enquête des forces de travail, une personne à l’emploi est une personne qui, au cours de la semaine de référence, appartenait à l'une des catégories suivantes :
  1. a)les personnes qui, au cours de la semaine de référence, ont travaillé au moins 1 heure contre rémunération ou profit, y compris les travailleurs familiaux contribuant à l'entreprise ;
  2. b)les personnes ayant un emploi ou une entreprise qui n'étaient temporairement pas au travail au cours de la semaine de référence mais qui avaient un lien avec leur emploi, lorsque les groupes suivants ont un lien avec leur emploi : les personnes qui ne sont pas au travail en raison de vacances, d'aménagements du temps de travail, de congés de maladie, de congés de maternité ou de paternité ; les personnes en formation liée à l'emploi ; les personnes en congé parental, qui reçoivent et/ou ont droit à un revenu ou à des prestations liées à l'emploi, ou dont le congé parental devrait durer 3 mois ou moins ; les travailleurs saisonniers pendant la basse saison, lorsqu'ils continuent à effectuer régulièrement des tâches et des fonctions pour leur emploi ou leur entreprise, à l'exclusion de l'accomplissement d'obligations légales ou administratives ; les personnes temporairement absentes du travail pour d'autres raisons lorsque la durée prévue de l'absence est de 3 mois ou moins ;
  3. c)les personnes qui produisent des biens agricoles dont la majeure partie est destinée à la vente ou au troc. Cette définition suit les directives de l'Organisation internationale du travail (OIT). Page 26 de 139 Le chômage au sens du Bureau international du travail (BIT) regroupe l’ensemble des personnes qui n’ont pas d’emploi, qui sont disponibles pour travailler dans les deux semaines et qui ont recherché activement un emploi durant les quatre semaines précédentes. Au deuxième trimestre 2024, il concernait environ 19 000 personnes résidentes (4,5 % de l’ensemble de la population entre 20 et 64 ans). Toutefois, parmi les personnes considérées comme inactives, environ 14 000 personnes soit recherchent un emploi mais ne sont pas disponibles pour travailler immédiatement (1,4 % de la population), soit sont disponibles pour travailler et le souhaiteraient mais ne recherchent pas d’emploi (1,9 %). Enfin, 17,9 % des personnes entre 20 et 64 ans ne sont ni à l’emploi, ne recherchent pas d’emploi et n’expriment pas la volonté de travailler (p.ex. étudiants, retraités, personnes en invalidité, qui s’occupent de proches, etc.). Ces résultats montrent qu’en plus des personnes répondant strictement aux critères du chômage au sens du BIT, un nombre important de personnes ont un lien étroit avec le marché du travail. En effet, la main d’œuvre sous-utilisée ou la capacité excédentaire sur le marché du travail comme identifiée dans le graphique précédent représente 11,9 % de la population active étendue, celleci regroupant d’une part les personnes à l’emploi (en ce compris les personnes sous-employées travaillant à temps partiel) et d’autre part, la capacité excédentaire qui ne travaillent pas c’est-àdire les chômeurs au sens du BIT, les personnes qui recherchent un emploi mais ne sont pas disponibles et les personnes disponibles, qui souhaitent travailler mais ne recherchent pas activement un emploi. La capacité excédentaire représente 10,3 % de la population active étendue âgée entre 25 et 54 ans, et 10,9 % de celle âgée entre 55 et 64 ans. Des différences significatives apparaissent selon le niveau d’éducation des personnes entre 25 et 74 ans29 : les capacités excédentaires sur le marché du travail représentent au deuxième trimestre 2024, 18,6 % de la population active étendue ayant atteint tout au plus le niveau du secondaire inférieur (environ 8 600 personnes), 10,5 % de la population active étendue ayant atteint tout au plus le niveau du secondaire supérieur (ou post-secondaire) (environ 9 200 personnes ) et 8,5 % de la population active étendue ayant atteint un niveau de l’enseignement supérieur (environ 16 500 personnes). Par rapport au deuxième trimestre 2019, cette capacité excédentaire sur le marché du travail a augmenté de + 2,0 pp pour les personnes avec un niveau d’éducation faible, + 1,8 pp. pour celles avec un niveau d’éducation moyen et + 2,1 pp. pour celles avec un niveau d’éducation élevé. Tous niveaux d’éducation confondus, les capacités excédentaires des personnes entre 25 et 74 ans s’élevaient à 10,4 % au deuxième trimestre 2024 contre 9,0 % au même trimestre 2019. Par ailleurs, un autre constat intéressant est que, selon l’Enquête des forces de travail30, plus de la moitié des personnes au chômage entre 20 et 64 ans au sens du BIT depuis moins d’un an (53 %) et un tiers des personnes au chômage au sens du BIT depuis plus d’un an (36 %) en 202231 ne seraient pas inscrites à l’ADEM. Ces résultats suggèrent que certaines personnes non répertoriées par l’administration comme chômeuse pourraient et voudraient réintégrer le marché du travail. Il pourrait être utile de pouvoir les cibler ou de promouvoir l’inscription de ces personnes au Service public de l’emploi. 29 Cette classe d’âge est plus adaptée pour des comparaisons sur base du niveau d’éducation car elle permet de considérer la majorité des personnes ayant obtenu un diplôme de l’enseignement supérieur 30 Eurostat : lfsa_ugadra Page 27 de 139 Graphique 19 : Population résidente au Luxembourg entre 20 et 64 ans selon le statut professionnel, 20092023 (En % de la population totale entre 20 et 64 ans) 2024-02 0% 2024-Q1 0% 2023-Q4 10% 2023-Q3 10% 2023-Q2 20% 2023-Q1 20% 2022-Q4 30% 2022-Q3 30% 2022-Q2 40% 2022-Q1 40% 2021-Q4 50% 2021-Q3 50% 2021-Q2 60% 2021-Q1 60% 2020-Q4 70% 2020-Q3 70% 2020-Q2 80% 2020-Q1 80% 2019-Q4 90% 2019-Q3 90% 2019-Q2 100% 2019-Q1 100% ■ Personnes inactives (exclus a et
  4. b)■ Personnes disponibles pour travailler mais ne recherchant pas un emploi (
  5. b)- Cap exc Personnes recherchant un emploi mais temporairement indisponibles (
  6. a)- Cap exc ■ Chômage BIT - Cap exc ■Temps partiel (veut travailler plus) - Cap exc ■ Temps partiel (ne veut pas travailler plus) ■ Temps plein Note : Cap exc. = capacité excédentaire sur le marché du travail Source : Eurostat (lfsi_emp_q, lfsi_sla_q, lfsi_sup_q, lfsi_pt_q) 1.4.2. L’emploi national, les frontaliers et le chômage Le chômage tel que rapporté par l’ADEM diffère de la définition du Bureau international du travail. En effet, ce dernier se définit sur base de critères administratifs. Selon l’ADEM, un demandeur d’emploi résident disponible est une personne inscrite à l’ADEM qui réside sur le territoire luxembourgeois et qui à la date du relevé statistique n’est ni en emploi, ni affectée à une mesure pour l’emploi, ni en congé de maladie ou de maternité. En septembre 2024, il y avait 18.179 demandeurs d’emploi (en données corrigées des variation saisonnières) ce qui correspond à 5,8 % de taux de chômage. Le graphique ci-dessous montre les évolutions relatives par rapport à la situation au premier trimestre 2019 (Q1 2019=100). Visiblement, le nombre de chômeurs connait une tendance à la hausse retrouvant des niveaux historiques enregistrés lors de la crise de la dette en zone euro ou lors de la crise du COVID-19. L’emploi salarié des frontaliers « net » a augmenté de 17 % entre le premier trimestre 2019 et le 3ème trimestre 2024 contre + 10 % pour l’emploi salarié national (résident). Au total, l’emploi salarié intérieur a augmenté de 13 %. Entre le premier trimestre 2019 et le deuxième trimestre 2024, le PIB a lui augmenté de 12 %. Toutefois, il est important de rappeler qu’autant la théorie économique que les études empiriques32 montrent un décalage entre les cycles économique et l’emploi. Les entreprises ont tendance à ajuster leurs effectifs de manière plus lente que la production en raison des coûts liés à l’embauche et au licenciement, de l’incertitude quant à la pérennité de la reprise, et des délais pour observer une demande stable. L’ampleur du décalage entre croissance du PIB et emploi est courant et dépend de nombreux facteurs comme la nature de la croissance, les gains de productivité, et les conditions du marché du travail. Pour que la croissance économique se traduise en création d’emplois, il est souvent nécessaire que les conditions structurelles favorisent l’embauche et que les secteurs en croissance soient créateurs d’emplois. 32 BNB, La relation entre croissance économique et emploi, 2015 Page 28 de 139 Taux de chômage Graphique 20 : Évolution de l’emploi national, des salariés entrants nets, du nombre de chômeurs résidents et du PIB (Q1 2019 = base 100) et évolution du taux de chômage– données désaisonnalisées — Salariés frontaliers entrants NET (salariés entrants-salariés sortants) — Nombre de chômeurs — Emploi salarié national — PIB (volume) -•-Taux de chômage en fin de trimestre Note : les données emploi et chômage correspondent à la moyenne trimestrielle calculée sur base des données mensuelles désaisonnalisées – les données « PIB » correspondent Produit Intérieur Brut au prix du marché (B1*G) en volume aux prix de l’année précédente chaînés ; année de référence = 2015) (en millions EUR) – Dans le deuxième graphique le PIB est représenté par sa moyenne mobiles sur deux périodes (fin de période Q2 2024) Source : STATEC Au deuxième trimestre 2024, plus d’un travailleur sur cinq travaillait dans le commerce, le transport ou l’hébergement et la restauration (22 %), la même proportion dans le secteur de l’administration et autres services publics (22 %), 17 % dans les activités spécialisées et services de soutien et 11 % dans les activités financières et d’assurance. Ceci montre l’hyper-tertiarisation de l’économie luxembourgeoise. En effet, l’industrie et la construction compte moins d’une personne à l’emploi sur cinq au Luxembourg au deuxième trimestre 2024. Graphique 21 : Emploi intérieur par branche d’activité, 2ème trimestre 2024 (données corrigées des variations saisonnières) Industrie (extractive, manufacturiè re, énergie et déchets); 37.977 ; 8% Information et communication; 21.318 ; 4% Source : STATEC, calculs CSL Page 29 de 139 L’emploi ne suit pas la même évolution pour chacun des secteurs. En prenant le premier trimestre 2019 comme référence (base 100 = Q1 2019), c’est l’emploi dans l’administration et autres services publics qui a augmenté le plus sur la période Q1 2019-Q2 2024 (+23 %), suivi par celui des activités spécialisées et services de soutien (+ 16 %) et celui des activités financières et d’assurance (+ 14 %). L’emploi dans le secteur de la construction a fléchi en début d’année 2023 mais reste de peu supérieur au niveau enregistré au premier trimestre 2019 (+ 5 % sur toute la période). Graphique 22 : Évolution de l’emploi intérieur par branche d’activité, Q1 2019-Q2 2024 (données corrigées des variations saisonnières) (Q1 2019=100) 2024-Q2 2024-Q1 2023-Q4 2023-Q3 2023-Q2 2023-Q1 2022-Q4 2022-Q3 2022-Q2 2022-Q1 2021-Q4 2021-Q3 2021-Q2 2021-Q1 2020-Q4 2020-Q3 2020-Q2 2020-Q1 2019-Q4 2019-Q3 2019-Q2 2019-Q1 125 Total — Industrie (extractive, manufacturière, énergie et déchets) — Construction — Commerce, transport, hébergement et restauration — Information et communication — Activités financières et d'assurance — Activités spécialisées et services de soutien — Administration et autres services publics — Autres activités Source : STATEC, calculs CSL 1.4.3. Profil des demandeurs d’emploi résidents Selon l’ADEM, 17 733 demandeurs résidents étaient inscrits fin septembre 2024. ➔ Age Les plus de 45 ans représentent 41 % de la demande d’emploi contre 37 % de l’emploi résident (au deuxième trimestre 2024). Les personnes entre 30 et 44 ans sont, elles, proportionnellement plus nombreuses dans l’emploi (44 %) que dans la demande d’emploi (39 %). Pour les moins de 30 ans, l’écart n’est que de 1 pp. L’écart le plus important est observé chez les hommes entre 25 et 54 ans : ceux-ci représentent 23 % de l’emploi mais seulement 18 % de la demande d’emploi. Page 30 de 139 Graphique 23 : Personnes à l’emploi et dans la demande d’emploi par sexe et classe d’âge (En % du total de l’emploi/de la demande d’emploi) Emploi 10% 21% 17% Chômage ■ <30 Femmes ■ <30 Hommes ■ 30-44 Femmes « 3 0 - 4 4 Hommes ■ >45 Femmes ■ >45 Hommes Source : Eurostat, ADEM En prenant le premier trimestre 2019 en référence, l’évolution de la demande d’emploi est plus forte pour les 30-44 ans (+22 %) que pour les autres catégories (les 45 ans et + ont progressé de 12 % et les moins de 30 ans de 9 %) entre les premier trimestre 2019 et le troisième trimestre 2024. Les tendances ne sont toutefois pas les mêmes pour les personnes en emploi. Plus précisément, le nombre de personnes à l’emploi de plus de 45 ans a augmenté de 16 % tandis que les 30-44 ans de 15 % et les moins de 30 ans de 2 % sur la même période. Source : Eurostat, ADEM (pour la demande d’emploi, le trimestre est calculé comme moyennes des données mensuelles), rupture de série pour l’emploi en 2021. ➔ Niveau d’éducation Les qualifications sont un autre point essentiel à prendre en compte dans les mesures à destination des demandeurs d’emploi. Près d’un tiers des demandeurs d’emploi résidents inscrits à l’ADEM a un niveau de l’enseignement supérieur (30 % contre 58 % dans l’emploi- en rouge dans le graphique ci-dessous), un autre tiers a atteint tout au plus le secondaire supérieur (33 % contre 27 % dans l’emploi) et 37 % a atteint tout au plus l’enseignement secondaire inférieur (contre 14 % des personnes à l’emploi). De plus, la moitié des demandeurs d’emploi résidents (52 %) avec un statut spécifique a plus de 45 ans et a atteint au maximum un niveau du secondaire inférieur. Page 31 de 139 2024-02 2023-Q3 2023- Q4 2024- Q1 2023- Q1 2023-Q2 2022-Q2 2022-Q3 2022- Q4 2022- Q1 2021-Q2 2021-Q3 2021- Q4 2020- Q4 2021- Q1 2020-Q2 2020-Q3 2019-Q3 2019- Q4 2020- Q1 2019-Ql 2019-Q2 2024-Q2 2024-Q3 2019-Ql 2019-Q2 2019-Q3 2019- Q4 2020- Q1 2020-Q2 2020-Q3 2020- Q4 2021- Q1 2021-Q2 2021-Q3 2021- Q4 2022- Q1 2022-Q2 2022-Q3 2022- Q4 2023- Q1 2023-Q2 2023-Q3 2023- Q4 2024- Q1 Graphique 24 : Évolution du nombre de résidents demandeurs d’emploi et du nombre de résidents à l’emploi par classe d’âge (Q1 2019=100), Q1 2019-Q2 2024 Graphique 25 : Résidents à l’emploi et demandeurs d’emploi résidents (ADEM) avec ou sans statut spécifique 100% 90% H* 80% 70% 60% 50% 40% 30% 20% 10% 0% Avec statut spec (SH et/ou CTR) ■ Sec inf <30 • Sec inf 30-44 Sec inf >45 ■ Secsup<30 • Sec sup 30-44 Sec sup >45 ■ Supérieur <30 • Supérieur 30-44 Supérieur >45 Note : Données emploi : 2ème trimestre 2024, données chômage ADEM septembre 2024 Source : Eurostat, ADEM Depuis mi-2022, le nombre de demandeurs d’emploi diplômés de l’enseignement supérieur augmente plus vite que le nombre de demandeurs d’emploi ayant un niveau d’éducation inférieur. Entre septembre 2023 et septembre 2024, le nombre de demandeurs d’emploi de l’enseignement supérieur a augmenté de 30 % contre 16 % pour ceux diplômés du secondaire supérieur et 11 % pour ceux ayant atteint tout au plus l’enseignement du secondaire inférieur. Cette tendance vient confirmer ce qui avait déjà été observé entre septembre 2022 et septembre 2023 quand la demande d’emploi avait augmenté de respectivement 16 %, 7 % et 1 %. Graphique 26 : Évolution des demandeurs d’emploi selon le niveau de qualification 2019-2024 12.000 13S79 2019 11 1 3 5 7 9 11 1 3 5 7 9 2020 -----Secondaire inférieur 2021 11 1 3 5 7 9 2022 -----Secondaire supérieur 11 1 3 S 7 9 2023 11 1 3 5 7 9 2024 -----Supérieur Source : Adem Page 32 de 139 ➔ Concentration sur quelques métiers En septembre 2024, deux tiers des demandeurs d’emploi se concentrent dans quatre grandes catégories de métiers : les services à la personne et à la collectivité (22 %) ; le support à l’entreprise (22 %) ; le commerce, la vente et la grande distribution (10 %) ; et, l’hôtellerie, la restauration, le tourisme, les loisirs et l’animation (10 %). Dans une vue plus détaillée, 58 % des demandeurs d’emploi se sont positionnés sur les métiers suivants, qui comptent chacun plus de 500 demandeurs d’emploi : secrétariat et assistance (1.885), nettoyage et propreté industriels (1.554), production culinaire
(962), le personnel de conduite du transport routier
(925), l’aide à la vie quotidienne
(823), le commerce non alimentaire et de prestations de confort
(706), la sécurité privée
(630), le second œuvre
(615), comptabilité et gestion
(563), le service
(561), les espaces naturels et espaces verts
(525)et la grande distribution
(501). Graphique 27 : Les métiers de la demande d’emploi résidente, septembre 2024 B DONT ■Nettoyage a propreté induSrels ■ A d e à h vie quotidienne 1.554 1 823 I ■Sécunté privée ■ For maton initiale et continue 630 1 268 I Borot B A l o n sociale, æcio-éducati/e et 213 1 Bscco-cuturelle ■ Recherche 151 1 138 | Secrétariat et assistance Comptablité et gestion Systèmes d’information et de téléœmmm nation Stratégie commerça le, marketng et superviaon des ventes Orçanisaticn et études Ressources humaines COMMERCE, VENTE ET GRANDE DISTRIBUTION, 10% TRANSPORT ET LOGISTIQUE, 8% CONSTRUCTION, BÂTIMENT ET TRAVAUX PUBLICS, 8% AGRICULTURE ET PÊCHE, ESPACES NATURELS ET ESPACES VERTS, SOINS AUX ANIMAUX, 4% INDUSTRIE, 3% SERVICES A LA PERSONNE ET A LA COLLECTIVITE, 22% SUPPORT A L'ENTREPRISE, 22% HÔTELLERIERESTAURATION TOURISME LOISIRS ET ANIMATION, 10% INSTALLATION E MAINTENANCE. 2■H COMMUN1CATIMEO1AET SANTE, MULTIMEDIA, 1% BANQUE, ASSURANCE, IMMOBILIER, 3 % Non indiqué, 3% SPECTACLE,- | ARTS E... Source : ADEM ➔ Inactivité Le nombre de demandeurs d’emploi résidents et inactifs depuis moins de 6 mois a la particularité de fluctuer plus fortement par rapport à l’activité économique, peu importe la catégorie d’âge, ce qui reflète un besoin variable de main d’œuvre selon la période de l’année et la conjoncture. Depuis le deuxième trimestre 2022, le nombre de demandeurs d’emploi depuis 6 mois ou moins tend à croître, cette tendance à la hausse est particulièrement visible pour les moins de 45 ans (en bleu foncé dans le graphique ci-dessous). Cette tendance qui s’étale sur 10 trimestres s’explique par la situation économique morose de 2023, un redressement modéré attendu en 2024 et le décalage entre la croissance économique et le marché de l’emploi. Cette hausse jointe à l’incapacité du marché du travail à réintégrer les chômeurs dans l’emploi s’est directement répercutée sur le nombre de demandeurs d’emploi ayant plus de 6 mois d’inactivité, observée à partir du premier trimestre
  1. Page 33 de 139 Graphique 28 : Demandeurs d’emploi par classe d’âge et durée d’inactivité, 2019-2024 8.000 7.000 6.000 5.000 4.000 3.000 2.000 1.000 Q1 Q2 Q3 2019 Q4 Q1 Q2 Q3 2020 45 2 6 mois Q4 Q1 Q2 Q3 Q4 Q1 Q2 Q3 2021 2022 < 4 5 > 6 mois ----- 4 5 + 2 6 mois Q4 Q1 Q2 Q3 2023 >45- Q4 Q1 Q2 Q3 2024 6 mois Source : ADEM En septembre 2024, plus d’un quart des demandeurs d’emploi (28 %) sont inactifs depuis plus d’un an, majoritairement des personnes de plus de 45 ans. Cette situation s’explique par le fait que les chances de réinsertion dans l’emploi sont plus faibles que pour les plus jeunes. Graphique 29 : Demandeurs d’emploi par classe d’âge et durée d’inactivité, septembre 2024 60% 50% 40% 30% 20% 10% 0% Source : ADEM 1.4.
  2. Les demandeurs d’emploi avec statut spécifique En septembre 2024, 1.846 résidents et 2.068 non-résidents étaient inscrits comme demandeurs d’emploi en capacité de travail réduite33 (CTR), c’est-à-dire en procédure de reclassement externe. Autant parmi les résidents que les non-résidents, 83 % de ces demandeurs d‘emploi avaient 45 ans ou plus. Entre le début de l’année 2019 et la fin de l’année 2022, les demandeurs d’emploi résidents CTR de 45 ans et plus ont enregistré une tendance à la baisse assez significative. Cette diminution a également été observée pour les demandeurs d’emploi résidents bénéficiant de l’indemnité 33 Un demandeur d’emploi à capacité de travail réduite est une personne qui bénéficie d’une décision de reclassement externe en application des articles L.551-1 et suivants du Code du travail Page 34 de 139 professionnelle d’attente
  3. Mais depuis le début de l’année 2023, le nombre de demandeurs d’emploi résidents CTR est reparti à la hausse mais sans impact fort sur le nombre de bénéficiaires de l’indemnité professionnelle d’attente qui, lui, tend à être stable depuis début
  4. Pour les moins de 45 ans, le même phénomène apparait mais dans une moindre mesure. Les non-résidents CTR ne présentent pas tout à fait la même tendance. Entre 2019 et mi-2021, les non-résidents CTR de plus de 45 ans ont enregistré une très légère tendance à la baisse mais à partir de fin 2021, leur nombre a augmenté : +22 % entre septembre 2021 et septembre
  5. Les bénéficiaires de l’indemnité professionnelle d’attente de 45 ans ou plus avaient aussi amorcé une légère diminution entre 2019 et la mi-2022, mais leur nombre semble lui aussi repartir à la hausse atteignant 1.389 bénéficiaires en septembre
  6. Depuis le début 2024, le nombre de demandeurs d’emploi CTR non-résidents de moins de 45 ans progresse aussi (+ 29 % entre janvier et septembre). Toutefois, leur nombre est beaucoup plus faible (352 personnes) que celui des 45 ans et plus. Comme pour les résidents, les bénéficiaires non-résidents de l’indemnité professionnelle d’attente ayant moins de 45 ans ne montrent pas de tendance à la hausse soutenue. Par ailleurs, le nombre de salariés handicapés[2] de 45 ans ou plus diminue de manière continue sur toute la période 2019-2024 alors que pour les moins de 45 ans, il reste plus ou moins stable. 34 Indemnité octroyée aux personnes bénéficiant du statut de personne en reclassement professionnel arrivant au terme de leurs droits à l’indemnité chômage (y compris prolongation) et pouvant se prévaloir 1) d'une aptitude au dernier poste de travail avant le reclassement d’au moins 5 ans ou 2) d'une ancienneté de service d'au moins 5 ans dans l’entreprise ayant fait l’objet du reclassement professionnel externe. [2] Le Code du travail définit le salarié handicapé comme toute personne qui présente une diminution de sa capacité de travail de 30% au moins, survenue par suite, soit : • d’un accident de travail auprès d’une entreprise légalement établie sur le territoire luxembourgeois ; • d’événements de guerre ou de mesures de l’occupant ; • d’une déficience physique, mentale, sensorielle ou psychique et/ou en raison de difficultés psychosociales aggravant la déficience ; et qui est reconnue apte à exercer un emploi salarié sur le marché du travail ordinaire ou dans un atelier protégé. Page 35 de 139 Graphique 30 : Demandeurs d’emploi par statut spécifique et bénéficiaires de l’indemnité professionnelle d’attente, 2019-septembre 2024 2.000 0 123456789 2019 101112 1 2 3 4 5 6 7 8 9 2020 101112 1 2 3 4 5 6 7 8 9 101112 1 2 3 4 5 6 7 8 9 2021 2022 101112 1 2 3 4 5 6 7 8 9 2023 101112 1 2 3 4 5 6 7 8 9 2024 ..... Non-résident IPA <45 ••• Non-résident IPA 45+ — Résident CTR (incl. SH et CTR) <45 — Résident CTR (incl. SH et CTR) 45+ ..... Résident IPA <45 ••• Résident IPA 45+ — Non-résident CTR <45 — Non-résident CTR 45+ — Résident SH <45 — Résident SH 45+ Source : ADEM 1.4.
  7. Les offres d’emploi Entre janvier 2024 et septembre 2024, 28.617 postes ont été déclarés à l’ADEM, enregistrant une diminution de 8% par rapport à la même période de 2023 et de 24% par rapport à la même période de
  8. Les secteurs ayant déposé le plus d’offres à l’ADEM en 2024 sont les activités spécialisées, scientifiques et techniques (3 916), la santé humaine et action sociale (3 651), les activités de services administratifs et de soutien (2 929), les activités financières et d'assurance (2 511) et l'hébergement et la restauration (2 251). Comparé à 2019, les diminutions les plus importantes ont été observées dans le secteur des activités de services administratifs et de soutien (-40 %), du commerce ; réparation d'automobiles et de motocycles (- 30 %), de l’information et de la communication (-22%), et le secteur de la construction (- 18 %). Page 36 de 139 Graphique 31 : Postes déclarés à l’ADEM par secteur d’activité, janvier – septembre 2019-2024 (2019=100) M - activité» Q - santé N - activité» de K - activité» I G - commerce; F - construction J - information H - transport» O C - industrie spécialisées, humaine et services financières et hébergement réparation et et entreposage administration manufacturière scientifiques et acbon sociale administratifs d’assurance et restauration d'automobiles communication publique techniques et de soutien et de motocydes ■■2020 M2021 H2022 K2023 «2024 Autres Total général —2019 Source : ADEM 1.
  9. Les faillites Selon la définition utilisée par le STATEC, une faillite correspond à « un état dans lequel une unité légale, personne physique ou morale, a cessé ses paiements et n’arrive plus à se procurer du crédit auprès des banques, des fournisseurs ou créanciers. L’unité peut continuer d’exister après la clôture de la faillite, tandis qu’elle cesse définitivement d’exister en cas de dissolution ou de liquidation ». Le nombre de faillites correspond au nombre de décisions déclaratives de faillites (« ouverture et réouverture ») déduction faite du nombre de faillites rapportées (ou annulées). Sur les trois premiers trimestres 2024, 837 entreprises ont été déclarées en faillite, selon les données du ministère de la Justice et du STATEC. Le nombre de faillites a augmenté de 20 % par rapport à la même période de l’année précédente, et de 10 % pour l’économie réelle (c’est-à-dire hors holdings et fonds de placement). Considérant le premier semestre 202435 pour lequel les données détaillées sont disponibles, les faillites ont entraîné 1 703 pertes d’emplois (+ 27 % par rapport à l’année passée). Les faillites dans le secteur de la construction ont considérablement augmenté, atteignant le nombre de 147 entre janvier et septembre 2024, soit une hausse de 24% par rapport à la même période en
  10. Sur le premier semestre 2024, le secteur de la construction a enregistré 800 pertes d’emploi consécutives à des faillites, ce qui représente 47 % des pertes d’emploi totales à la suite de faillites. Le secteur du commerce a, lui, enregistré 125 faillites sur les trois premiers trimestres (- 12 % par rapport à la même période en 2023) et 204 pertes d’emploi sur le premier semestre. Dans le secteur de l’Horeca, les faillites ont également progressé de janvier en septembre 2024, passant à 90, soit 10 de plus par rapport à
  11. Les pertes d’emplois sur les six premiers mois dans le secteur de l’Horeca (324 pertes) égalisent celles dans le secteur des autres services financiers. 35 Selon le dernier communiqué du STATEC, sur les neuf premiers mois 2024, il y aurait eu 2 386 pertes d’emploi (+ 25 %) mais ces chiffres ne sont pas disponibles dans le dashboard Page 37 de 139 Graphique 32 : Nombre de faillites par branche d’activité économique (NACE Rév.2) - situation au 7 octobre 2024 1.400 1.400 2018 2019 2020 2021 2022 2023 Janv-sept 2023 Janv-sept 2024 Commerce; Réparation d automobiles et de motocydeso»Hébergement et restauration ■■Construction ■ Activités spécialisées, scientifiques et techniques ■■Activités de services administratifs et de soutien ■■Information et communication ■ Enseignement, santé et autres activités de services ■Autres Activités immobilières □Sociétés holding et fonds de placements -•-Total (sans sociétés holding et fonds de placements) -•-Total Source : STATEC Graphique 33 : Pertes d’emploi liées aux faillites depuis 2018 1.800 1.703 1.600 1.400 1.200 1.000 800 600 400 200 SI 2018 S2 2018 SI 2019 S2 2019 SI 2020 S2 2020 SI 2021 S2 2021 SI 2022 S2 2022 SI 2023 S2 2023 SI 2024 ■■Construction ■ Autres services non financiers ■ Horeca i—«Commerce ■ Autres -•-Total Source : STATEC Concernant les liquidations, leur nombre a fortement diminué passant en-dessous des niveaux de 2018 ou 2019 même pour l’économie réelle. En effet, 839 liquidations avaient été enregistrées en 2022 (400 dans l’éco

Explication IA à partir du texte officiel de la loi. Indicatif, ne remplace pas un conseil juridique.