id="page_main" x-ms-format-detection="none"> Imprimer cette page Taille d'impression S M L XL Nouvelle recherche JUPORTAL Fermer l'onglet Conseil d'État Jugement/arrêt du 30 juin 2010 No ECLI: ECLI:BE:RVSCE:2010:ARR.206.161 No Rôle: Affaire: Arrêt 206161 - Fonction publique locale - Recrutement et carrière - 30/06/2010 Domaine juridique: Droit administratif Date d'introduction: 2010-07-08 Consultations: 69 - dernière vue 2026-07-02 11:05 Fiche Arrêt no 206.161 du 30 juin 2010 Fonction publique - Fonction publique locale - Recrutement et carrière Décision : Rejet Jonction Non lieu à statuer Thésaurus Cassation: CONSEIL D'ETAT Thésaurus UTU: DROIT PUBLIC ET ADMINISTRATIF - CONSEIL D'ÉTAT - Arrêts (Conseil d'État) Texte de la décision CONSEIL D'ÉTAT, SECTION DU CONTENTIEUX ADMINISTRATIF no 206.161 du 30 juin 2010 A.196.268/VIII-7293 A.196.267/VIII-7294 En cause : BERTHOLOMÉ Gérard, HANQUET François, ayant élu domicile chez Me Gérald HORNE, avocat, rue Wettinck 6/21 4101 Jemeppe, contre : la commune de Beyne-Heusay. ----------------------------------------------------------------------------------------------------- -- LE PRÉSIDENT F.F. DE LA VIIIe CHAMBRE, Vu les requêtes uniques introduites le 12 avril 2010 par Gérard BERTHOLOMÉ et François HANQUET, tendant d'une part, à la suspension de l'exécution de la décision prise le 1er février 2010 par le collège communal de Beyne- Heusay qui retire les autorisations de travail accessoire qui leur avaient été accordées en date du 8 mars 2004 et du 23 mai 2005, et qui les autorisent à effectuer des travaux de maçonnerie ainsi que de vendre et de placer des monuments funéraires, en dehors des heures de service, pour leur propre compte à condition que ces travaux ne soient pas réalisés dans les cimetières de l'entité de Beyne-Heusay, et d'autre part, à l'annulation de cette décision; Vu les notes d'observations et le dossier administratif; Vu les rapports de Mme BOLLY, auditeur au Conseil d'État, rédigés sur la base de l'article 93 du règlement général de procédure; Vu les ordonnances du 2 juin 2010, convoquant les parties à comparaître le 29 juin 2010; VIII - 7293 - 1/11 Vu la notification de ces ordonnances et des rapports aux parties; Entendu, en son rapport, Mme VANDERNACHT, conseiller d'État; Entendu, en leurs observations, Me Gérald HORNE, avocat, comparaissant pour les requérants, et Me Martine VANKAN, avocat, comparaissant pour la partie adverse; Entendu, en son avis conforme, Mme BOLLY, auditeur; Vu le titre VI, chapitre II, des lois sur le Conseil d'État, coordonnées le 12 janvier 1973; Considérant que les faits utiles à l'examen des deux recours se présentent comme suit : 1. Gérard BERTHOLOMÉ, est ouvrier communal statutaire, fossoyeur, affecté aux cimetières du territoire de la commune de Beyne-Heusay. François HANQUET est également ouvrier communal, fossoyeur mais contractuel. 2. Par des délibérations du 8 mars 2004 et du 23 mai 2005, l'autorité communale a accordé aux requérants, respectivement, une dérogation pour leur permettre, en dehors de leurs heures de service et pour leur propre compte, d'effectuer des travaux de maçonnerie, de vendre et de placer des monuments funéraires. Sur la base de ces autorisations, les requérants ont développé chacun une activité professionnelle accessoire. 3. Par une lettre du 21 août 2008, l'ASBL Association royale des Maîtres Tailleurs de Pierres et Maîtres Marbriers de la Province de Liège s'est plainte, auprès de la commune de Beyne-Heusay, de la concurrence déloyale à laquelle se livraient les requérants vis-à-vis des autres entrepreneurs en caveaux et monuments funéraires, du fait de la promiscuité de leurs deux activités. 4. Le 11 septembre 2008, le bourgmestre, le secrétaire communal et le conducteur de travaux ont entendu Gérard BERTHOLOMÉ , François HANQUET étant absent, qui leur a indiqué que leurs activités ne se limitaient pas aux cimetières de Beyne-Heusay et qu'ils travaillaient également dans les cimetières de Robermont, Saint-Gilles, Ayeneux … VIII - 7293 - 2/11 Le compte rendu de cette audition a été communiqué aux requérants par un courrier du 16 septembre 2008 qui indiquait également ceci : " …Nous rappelons encore une fois que votre activité complémentaire – y compris les contacts téléphoniques – ne peut en aucun cas se dérouler pendant les heures de travail et que votre mission communale – entretien des cimetières, organisation des funérailles – ne peut en aucune façon être négligée du fait des activités complémentaires. A cet égard, il semble que des améliorations pourraient être apportées à l'entretien général...". 4. À la suite d'une nouvelle plainte émanant de l'ASBL précitée le 28 avril 2009, le collège échevinal a invité les requérants à être entendus sur la compatibilité de leurs activités complémentaires avec leur fonction principale au service de la commune. Cette audition a eu lieu le 16 juin 2009 et, à la suite de celle-ci, le collège a décidé de procéder à une "confrontation" entre ses deux agents et l'ASBL plaignante. Celle-ci a eu lieu le 12 octobre 2009. 5. Le 9 décembre 2009, le collège a, à nouveau, auditionné les er requérants et, le 1 février 2010, a pris la décision attaquée, motivée comme suit : " 1- Autorisations de travail accessoire Vu sa délibération du 8 mars 2004 autorisant Monsieur François Hanquet - ouvrier communal contractuel affecté aux cimetières - à effectuer, en dehors des heures de service, des travaux de maçonnerie pour son propre compte (dérogation à l'interdiction prévue par l'article 5 du statut administratif); Vu sa délibération du 23 mai 2005 autorisant Monsieur Gérard Bertholomé - ouvrier communal statutaire affecté aux cimetières à effectuer, en dehors des heures de service, des travaux de maçonnerie ainsi que des ventes et placements de monuments funéraires pour son propre compte (dérogation à l'interdiction prévue par l'article 5 du statut administratif); Attendu que c'est sur base de ces autorisations que Messieurs Bertholomé et Hanquet ont développé l'activité professionnelle qui fait l'objet de la plainte de l'association royale des maîtres tailleurs de pierre et maîtres marbriers de la Province de Liège; que, dans les plaintes qu'elle a introduites auprès de la commune de Beyne-Heusay, l'association estime que MM. Bertholomé et Hanquet exercent une concurrence déloyale à l'égard de ses membres; 2 - Première plainte de l'association des tailleurs de pierre Attendu que la première lettre de l'association date du 21 août 2008; qu'il y est indiqué que Messieurs Gérard Bertholomé et François Hanquet auraient acquis un monopole de fait sur les cimetières de l'entité de Beyne-Heusay, du fait de leur double qualité : ouvriers communaux d'une part, entrepreneurs indépendants spécialisés dans le placement de monuments funéraires d'autre part; Attendu que, suite à cette démarche, le bourgmestre et le secrétaire communal ont entendu Monsieur Gérard Bertholomé en date du 11 septembre 2008 (Monsieur Hanquet était à ce moment en congé pour cause de maladie); qu'à cette occasion, ils lui ont rappelé ses devoirs d'ouvrier communal; VIII - 7293 - 3/11 Attendu que tant Messieurs Bertholomé et Hanquet que l'association des tailleurs de pierre ont été tenus au courant de cette démarche, par lettre du 16 septembre 2008; Attendu que tous les documents dont il est fait mention dans la présente délibération se trouvent dans le dossier; 3 - Deuxième plainte de l'association des tailleurs de pierre Attendu que l'association des tailleurs de pierre a de nouveau interpellé la commune de Beyne-Heusay en date du 28 avril 2009; Attendu que, suite à cette nouvelle interpellation, le bourgmestre et le secrétaire communal se sont rendus, en date du 26 mai 2009, au siège de l'association des tailleurs de pierre; Attendu que Messieurs Bertholomé et Hanquet ont alors été conviés à une première audition devant le collège communal, en date du 16 juin 2009; qu'à cette occasion, il a été décidé d'organiser une confrontation entre les tailleurs de pierre et les deux ouvriers communaux; que le compte rendu de cette audition a été notifié aux ouvriers communaux et à l'association des tailleurs de pierre; Attendu que la confrontation a été organisée devant le collège en date du 12 octobre 2009; que Messieurs Bertholomé et Hanquet étaient assistés par Maître Gérald Horne, avocat; que le compte rendu de cette confrontation a été notifié à MM. Bertholomé et Hanquet, à Maître Gérald Horne et à l'association des tailleurs de pierre; Attendu que, dans sa conclusion, Monsieur le Bourgmestre a indiqué qu'il convenait que le collège prenne attitude; Attendu que les principes du débat contradictoire et des droits de la défense ont ainsi été scrupuleusement respectés à chacun des stades de la procédure; 4 - Les différentes possibilités qui s'offrent au collège Attendu que l'article 5 du statut administratif pose le principe de l'interdiction des fonctions accessoires mais prévoit que le collège peut accorder des dérogations lorsque l'emploi accessoire n'est manifestement pas de nature à nuire au bon exercice de la fonction communale ou à porter atteinte à la dignité de celle-ci; Attendu que l'article 5 du statut prévoit que les autorisations sont toujours révocables; qu'a fortiori, il faut considérer qu'elles sont toujours modifiables; que les autorisations accordées à MM. Bertholomé et Hanquet mentionnaient expressément cette possibilité de révocation; Attendu que les attitudes possibles sont les suivantes : - confirmer purement et simplement les autorisations de travail accessoire de 2004 et 2005, - les retirer purement et simplement, - les retreindre, notamment dans le sens plusieurs fois évoqué lors des auditions et confrontations, à savoir ne plus autoriser le travail que sur les cimetières extérieurs à l'entité de Beyne-Heusay; VIII - 7293 - 4/11 5 - Comparaison avec d'autres communes Attendu que renseignements ont été pris sur ce qui est prévu par les statuts et règlements d'autres communes; Attendu que l'article 6 du règlement de police de Liège, du 1er mars 2003, interdit aux membres du personnel, sous peine de sanctions disciplinaires « de s'immiscer directement ou indirectement dans toute entreprise ou fourniture concernant les funérailles et sépultures et de s 'occuper, directement ou par personne interposée, d'opérations commerciales ayant un rapport quelconque avec le service des sépultures ou avec l 'entretien ou 1 'ornementation des cimetières »; Attendu que l'article 12 du règlement relatif aux funérailles et sépultures de la ville de Herstal, du 30 octobre 2008 interdit aux membres du personnel « de s'immiscer directement ou indirectement dans l'entreprise, la construction, la fourniture des monuments, caveaux, pierres tombales, grillages, croix, cercueils et autres objets funéraires, ainsi que de fournir des prestations rémunérées par des tiers et relatives aux sépultures »; Attendu que des dispositions semblables existent dans les règlements des villes et communes suivantes Arlon, Chaudfontaine, Enghien, Esneux, Fléron, Herve, Pepinster, Verviers; que les documents sont déposés dans le dossier; Attendu qu'il résulte de cette comparaison que la commune de Beyne-Heusay a été particulièrement généreuse en ne prévoyant pas de restriction à l'activité accessoire de ses deux agents; 6 - Discussion Attendu que, selon les termes du statut administratif, l'autorisation de travail accessoire est accordée à la condition expresse qu'elle ne nuise pas au bon exercice de la fonction communale; Attendu que, en l'espèce, la « double casquette » des agents communaux pose problème par rapport aux tailleurs de pierre indépendants; qu'il a été plusieurs fois souligné, lors des auditions et confrontations, que les agents communaux, se trouvent sans cesse sur les cimetières, disposent d'une position privilégiée et donc d'un avantage concurrentiel par rapport aux autres entrepreneurs; Attendu que la situation est effectivement ambigüe dans la mesure où les deux agents communaux, par leur présence continue sur les cimetières, peuvent être considérés comme les délégués du bourgmestre, au sens des articles L 1232-1 et suivants du Code wallon de la démocratie locale ; que le bourgmestre et ses délégués sont chargés de veiller à l'application correcte des différents règlements dans les cimetières, par les particuliers comme par les entrepreneurs (pompes funèbres, tailleurs de pierre...); que les deux agents communaux sont par ailleurs entrepreneurs eux-mêmes; que cette situation pourrait entraîner des conflits d'intérêt; Attendu que la « double casquette » pose également problème par rapport au service des travaux et aux autorités de la commune, dans la mesure où on ne sait jamais très bien en quelle qualité - d'agents communaux ou d'entrepreneurs - MM. Bertholomé et Hanquet travaillent dans les cimetières de Beyne-Heusay; que le conducteur des travaux, présent lors de l'audition du 16 juin 2009, a confirmé le côté inconfortable de cette situation; VIII - 7293 - 5/11 Attendu qu'on peut par ailleurs se demander si les contacts « commerciaux » que MM. Bertholomé et Hanquet ont nécessairement sur les cimetières ne contreviennent pas à l'article 129 du Code communal de police de Beyne-Fléron Soumagne, qui interdit de «... vendre des objets quelconques dans l'enceinte des cimetières, d'y faire des offres de service »; qu'il est difficile d'imaginer que ces contacts « commerciaux » n'ont pas d'influence sur le temps consacré au travail strictement communal; Attendu que l'ensemble de ces considérations doit amener le collège à faire disparaître l'ambiguïté de la situation actuelle, qui pose manifestement des problèmes tant vis-à-vis des entrepreneurs extérieurs qu'à l'intérieur du service ou que vis-à-vis des dispositions du Code de police; Attendu que la ligne de conduite du collège a toujours été de ne pas s'opposer aux activités accessoires des agents qui ont le courage de les entreprendre et qui doivent dès lors en recueillir les fruits; qu'il ne peut dès lors être question de s'opposer aux travaux accessoires qui sont entrepris dans d'autres cimetières que ceux de l'entité de Beyne; PAR CES MOTIFS, A l'unanimité des membres présents, RETIRE les autorisations de travail accessoire accordées à Monsieur François Hanquet, en date du 8 mars 2004, et à Monsieur Gérard Bertholomé, en date du 23 mai 2005, et les remplace par le texte repris ci-dessous; ACCORDE à Monsieur Gérard Bertholomé - ouvrier communal statutaire affecté aux cimetières - l'autorisation d'effectuer des travaux de maçonnerie ainsi que de vendre et placer des monuments funéraires, en dehors des heures de service et pour son propre compte; PRÉCISE
Explication IA à partir du texte officiel de la loi. Indicatif, ne remplace pas un conseil juridique.