id="page_main" x-ms-format-detection="none"> Imprimer cette page Taille d'impression S M L XL Nouvelle recherche JUPORTAL Fermer l'onglet Conseil d'État Jugement/arrêt du 24 décembre 2020 No ECLI: ECLI:BE:RVSCE:2020:ARR.249.333 No Rôle: A. 232545/XV-4633 Affaire: Arrêt 249333 - Fermetures d’établissements - 24/12/2020 Domaine juridique: Droit administratif Date d'introduction: 2020-12-24 Consultations: 79 - dernière vue 2026-06-20 00:56 Fiche Arrêt no 249.333 du 24 décembre 2020 Institutions, Intérieur et pouvoirs locaux - Fermetures d'établissements Décision : Rejet Thésaurus Cassation: CONSEIL D'ETAT Thésaurus UTU: DROIT PUBLIC ET ADMINISTRATIF - CONSEIL D'ÉTAT - Arrêts (Conseil d'État) Texte de la décision CONSEIL D’ÉTAT, SECTION DU CONTENTIEUX ADMINISTRATIF LE PRÉSIDENT DE LA XVe CHAMBRE SIÉGEANT EN RÉFÉRÉ no 249.333 du 24 décembre 2020 A. 232.545/XV-4633 En cause : l’association sans but lucratif UNITED PEOPLE, ayant élu domicile chez Me Louis DEHIN, avocat, Mont-St-Martin 68 4000 Liège, contre : 1. la commune de Court-Saint-Etienne, 2. le bourgmestre de la commune de Court-Saint-Etienne. ------------------------------------------------------------------------------------------------------ I. Objet de la requête Par une requête introduite par la voie électronique le 23 décembre 2020, l’ASBL United People demande, d’une part, la suspension selon la procédure d’extrême urgence de l’exécution de « l’arrêté adopté par le bourgmestre de la commune de Court-Saint-Étienne ce 21 décembre 2020, par lequel il interdit à Madame [D.K.], exploitante de l’établissement dénommé “La Ferme de Beaurieuxˮ, située rue de Saussaie 2 à 1490 Court-St-Etienne, de mettre son établissement en location et en conséquence d’en refuser l'accès à toute personne et ce durant une période de 5 jours prenant cours le 21 décembre 2020 et s’achevant le 25 décembre 2020 et arrête que : “ Durant la période fixée à l'article 1er, toute personne qui se trouvera à l'intérieur de l'établissement désigné au même article sera expulsé ˮ » et, d’autre part, l’annulation du même arrêté. II. Procédure Par une ordonnance du 23 décembre 2020, l’affaire a été fixée à l’audience du 23 décembre 2020. M. Marc Joassart, conseiller d’État, président f.f., a exposé son rapport. Me Louis Dehin, avocat, comparaissant pour la partie requérante a été entendu en ses observations. XV - 4633 - 1/10 M. Lionel Renders, premier auditeur au Conseil d’État, a été entendu en son avis conforme. Il est fait application des dispositions relatives à l’emploi des langues, inscrites au titre VI, chapitre II, des lois sur le Conseil d’État, coordonnées le 12 janvier 1973. III. Faits Les faits sont présentés comme suit dans la requête en annulation : « 1. La requérante a été constituée le 27 juillet 2020 par acte passé devant Maître Catherine Poncelet, Notaire suppléant Maître Pablo De Doncker, Notaire de résidence à Bruxelles. Elle a pour objet social notamment : “Assister toute personne en tous domaines, entre autres en matière de santé publique, économique, fiscale, géopolitique et défense en justice. Afin de réaliser ce but désintéressé, l’association a pour objet l'activité qui suit, tant en Belgique qu’à l'étranger pour compte propre ou compte de ses membres : […] - Mise en place de services médicaux, sociaux, de dépistage, de collaboration et d'analyse pour toute personne. - Mise en place au niveau national d’un réseau de médecins, d'infirmiers et d’ambulanciers, capables de prendre en charge les soins de santé de toute personne sans différenciation de statut. - Mise en place de pharmacies solidaires (avec la participation des pharmacies) permettant aux plus démunis l’accès aux médicaments (Sauver une vie) - Mise en place de véhicules dans lesquels seront réunis ambulanciers, médecins et infirmières, qui se déplaceront vers les personnes en état de besoin avec si nécessaire une collaboration avec les services d’ambulance de la région [...] ˮ. 2. Elle a été enregistrée auprès de l'Agence Fédérale des Médicaments et des Produits de Santé dès ce 4 novembre 2020 et ce sous le n° BE/CA01/1-72647. 3. L'ASBL, dans le cadre la mise en œuvre de son objet social, développe des dépistages (groupés) et ce via l’utilisation de tests antigéniques rapides, au contraire des grands hôpitaux, lesquels mettent en œuvre le système des tests PCR. À cette fin, elle utilise d’une part, le Biosynex covid-19 AG BSS et d'autre part, le Medakit. Ces deux tests ont fait l'objet d’une déclaration de conformité CE et ont encore été reconnus comme admissibles en Belgique par l’Agence Fédérale des Médicaments et des Produits de santé - DG Inspection, Unité spéciale d’enquête, cellule d’enquête, ce 3 décembre 20206. Ainsi, lors d’une audition de Madame G., membre de l’asbl, par la juge d’instruction E.G., le 18 décembre 2020, l’Agence s'est exprimée comme suit : “Souhaitez-vous ajouter quelque chose à vos déclarations : réponse : je vous montre un mail qui vous est adressé par Sébastien Vanderstock de la Ferme de Beaurieux. Nous souhaiterons pouvoir faire tester les gens qui iraient dans leur famille pour les fêtes de Noël et de Nouvel an. Nous souhaitons louer cet endroit pour pouvoir tester les gens avec présence d’infirmiers et de docteurs. À qui dois- je m'adresser pour avoir le feu-vert et ne pas être embêtée par la justice ? Sachant que je pourrais le faire avec le Biosynex et Medakit. À votre question, nous vous faisons remarquer que nous ne sommes pas compétents en la matière. Nous vous XV - 4633 - 2/10 confirmons que les tests Biosynex et Medakit sérologiques et antigéniques sont maintenant conformes. Ces tests sont d’ailleurs, depuis peu, remboursés par l’INAMIˮ. 4. À la fin de tester avec le système de tests antigéniques, l’ASBL a mis au point un protocole bien particulier. Celui-ci est le suivant (extrait des documents de travail de la requérante) : “Déroulement des dépistages. 1. Les personnes viennent avec leur propre véhicule au centre de dépistage 2. Arrivé au centre, notre personnel de sécurité les informe où ils peuvent se garer. 3. Le personnel de sécurité leur demande leur carte d'identité et leur donne un ticket avec un numéro (les citoyens restent dans leur voiture) 4. Les cartes d’identité sont encodées au bureau administratif (nom - Prénom - n° d'identification) 5. L’administration prépare pour chaque citoyen un document à son nom avec la date + numéro du véhicule 6. Le service de sécurité appelle chaque voiture individuellement, pour passer chez les infirmières (grâce au numéro le premier arrivé est le premier dépisté) 7. Avant de voir les infirmières le service de sécurité leur donne les papiers administratifs. 8. Ils passent chez les infirmières pour se faire dépister S’ils ont eu le covid - avec un test sérologique afin de déterminer qu'ils ne sont plus contaminants ou si en fonction du résultat S’ils n'ont pas fait le covid - avec un test antigénique pour savoir s'ils sont positifs ou pas. 9. Dans l'attente du résultat, ils attendent dans leur voiture (maximum 10 minutes) 10. Le service de sécurité rappelle par le même numéro, les voitures pour passer au bureau administratif pour récupérer leur carte d'identité — le résultat de leur test — et payer les tests + indiquer leur numéro de tel au cas de positivité. Une copie de ce test positif est donnée à notre médecin référent. 11. Les citoyens peuvent repartir avec leur véhicule. Cette procédure est applicable à Ghlin depuis le mois de juillet 2020, sans aucun problème si ce n’est celui de l'utilisation dans un premier temps, de Medakit qui ne comportait pas sur son emballage de marquage CE même s'il en remplissait toutes les conditions.ˮ 5. À l'approche de la fête de Noël et du Nouvel An et au vu des dernières mesures du gouvernement prises ces 28 octobre 2020 et 19 décembre 2020, il a été planifié, outre le centre de Ghlin fonctionnant depuis le mois de juillet 2020, d’ouvrir 2 centres complémentaires, l’un à Charleroi et l’autre à Court-St- Etienne, en vue de permettre de dépister la personne extérieure à la bulle familiale qui pourrait participer à la fête organisée (repas familial intime) et, ce, de telle manière à ce que cette personne, si elle vient d'un lieu qui impose de disposer de la preuve d’un test COVID-19 négatif ou inversement, qui impose à la famille qui reçoit de ne pas avoir de personne contaminée pour pouvoir recevoir la personne (hypothèse d'une personne âgée quittant un home), de réaliser le test sans devoir disposer d'une ordonnance médicale, ordonnance qui ne peut en théorie être délivrée que pour autant que la personne présente des symptômes de la maladie ou a eu des contacts rapprochés avec une personne contaminée ou revient d'une zone dite à risque (dite “rougeˮ). À cette fin, la requérante a pris des contacts avec la Ferme de Beaurieux, lieu habituel de réception pour louer une salle (une grange) et ce, afin de disposer d'un local permettant de réaliser les tests suivant la procédure reprise ci-avant. Pour ce faire, dès ce 15 décembre 2020, elle a adressé un mail au Bourgmestre de Court-Saint-Étienne afin de lui demander un espace adapté pour procéder aux tests envisagés et pris contact avec Monsieur V., gestionnaire de la Ferme de XV - 4633 - 3/10 Beaurieux, afin de lui donner toute assurance quant à la transparence de l'opération planifiée dans sa salle durant 4 jours. Elle a par ailleurs également communiqué le formulaire COVID Event Scan Risk Model permettant d’analyser et d’évaluer le risque que représente un événement au regard du risque sanitaire. L’analyse des données de l’évènement projeté concluait à un score de sécurité COVID “vertˮ (plus haut niveau de sécurité). En ce qui concerne ce formulaire et l’outil d’analyse en ligne COVID Event Scan, il convient de remarquer que celui-ci est le résultat d'une collaboration entre le secteur événementiel et le gouvernement flamand, à l'initiative de ce dernier. Ce système a été discuté et adopté par le Conseil National de Sécurité. 6. À la suite de ces contacts, la Ferme de Beaurieux a confirmé avoir fait une demande pour pouvoir accepter l’organisation du test COVID par la requérante à la Ferme de Beaurieux, le 17 décembre 2020. 7. Contre toute attente et sans avoir donné la possibilité à la requérante de faire valoir ses arguments pour démontrer que l’activité qu’elle projetait était autorisée, le Bourgmestre a pris l’acte attaqué. Celui-ci est le suivant : “Vu la Nouvelle Loi Communale, notamment l’article 134ter; Vu l’article 42 de la loi du 7 décembre 1998 organisant un service de police intégré, structuré à 2 niveaux, Vu l’Arrêté ministériel du 19 décembre 2020 modifiant l'arrêté ministériel du 28 Octobre 2020 portant des mesures d'urgence pour limiter la propagation du coronavirus COVID-19, notamment en son article 8, par. 1er, 4° ; Considérant l’urgence et le risque sanitaire que présente le coronavirus COVID- l9 pour la population belge ; Considérant que les communes ont pour mission de faire jouir les habitants des avantages d'une bonne police, notamment de la propreté, de la salubrité, de la sureté et de la tranquillité dans les rues, lieux et édifices publics ; que cette compétence concerne également les commerces et autres établissements publics ou privés dès lors que le risque de troubles touche potentiellement le public ; Considérant que le Bourgmestre peut décider, dans le cas où tout retard causerait un dommage sérieux, de prononcer une fermeture provisoire d'un établissement lorsque les conditions d'exploitation de ce dernier ne sont pas respectées ; Considérant que l'arrêté ministériel du 19 décembre 2020 dispose en son article 8 : ‘§ 1er. Les établissements ou les parties des établissements relevant des secteurs culturel, festif, sportif, récréatif et évènementiel sont fermés au public, en ce compris notamment : 4° les salles de réception et de fêtes ;’ Considérant que le Bourgmestre de Court-Saint-Étienne a été informé par mail du 21 décembre 2020 à 15h21 que la salle de réception sise rue de Saussale n° 2 à 1490 Court-Saint-Étienne a été louée pendant 4 jours ; Que le locataire est l'asbl UNITED PEOPLE qui entend pratiquer du testing Covid 19, sans qu'aucune autorisation n’ait été sollicitée ni, a fortiori, obtenue ; Considérant que selon la circulaire n° 40 du 15 décembre 2020 du Gouverneur du Brabant wallon, ‘les actions de cette asbl conduisent à des rassemblements... Les agissements de cette organisation sont donc susceptibles d’entraîner des troubles de l’ordre public’ ; Considérant que l’occupation de la salle de Beaurieux constitue une infraction à l'A.M. du 19 décembre 2020 ; Considérant par ailleurs le risque de dommage sérieux en cas de retard pour la santé des habitants de la commune en raison des rassemblements que la location incriminée risque inévitablement de provoquer ; Que par ailleurs, aucune autorisation préalable n’a été sollicitée ni obtenue ; XV - 4633 - 4/10 Considérant que ces motifs justifient que la fermeture temporaire de l’établissement soit prononcée par le Bourgmestre ; Vu l’urgence, ARRETE: Article 1er : Interdiction est faite à Mme [D.], exploitant(
Explication IA à partir du texte officiel de la loi. Indicatif, ne remplace pas un conseil juridique.