id="page_main" x-ms-format-detection="none"> Imprimer cette page Taille d'impression S M L XL Nouvelle recherche JUPORTAL Fermer l'onglet Conseil d'État Jugement/arrêt du 31 mai 2024 No ECLI: ECLI:BE:
, § 3, du CWATUP, alors applicable, dispose comme suit : « Pour autant que la demande soit préalablement soumise aux mesures particulières de publicité déterminées par le Gouvernement ainsi qu’à la consultation obligatoire visée à l’article 4, alinéa 1er, 3°, lorsqu’il s’agit d’actes et travaux visés au § 1er, alinéa 1er, 1°, 2°, 4°, 5°, 7° et 8°, et qui soit respectent, soit structurent, soit recomposent les lignes de force du paysage, le permis peut être accordé en s’écartant du plan de secteur, d’un plan communal d’aménagement, d’un règlement communal d’urbanisme ou d’un plan d’alignement ». Il est requis de l’autorité qui veut faire application de cette disposition de chercher d’abord à appliquer le plan qui demeure le principe de l’action, d’en rendre compte et de donner ensuite les motifs de bon aménagement du territoire qui l’ont convaincue de ne pas respecter l’affectation prévue par le plan dans un cas particulier où la dérogation est permise. Une application correcte de cette disposition requiert que l’autorité ait d’abord une perception exacte des lignes de force du paysage et qu’elle établisse ensuite la manière selon laquelle, à son sens, le projet respecte les lignes de force du paysage ou les structure ou encore les recompose. XIIIr - 9760 - 36/61
- Lorsqu’au cours de l’instruction d’une demande de permis, des observations précises sont formulées par des instances consultatives, dont l’exactitude et la pertinence sont corroborées par le dossier, la décision ne peut être considérée comme adéquatement motivée que si elle permet de comprendre les raisons pour lesquelles l’autorité passe outre, au moins partiellement, à ces observations. Autrement dit, l’autorité chargée de statuer sur la demande de permis peut s’écarter de l’avis émis à la condition de donner les motifs permettant de comprendre pourquoi elle s’en écarte. L’obligation de motivation varie selon la qualité et la nature de la motivation des avis exprimés.
- En l’espèce, l’étude d’incidences sur l’environnement de 2012 consacre une quarantaine de pages à l’évaluation des impacts du projet sur le paysage et le patrimoine, incluant des cartes et des photomontages, dont les passages suivants : « 4.6.5.8 Relation aux lignes de force du paysage Le rapport qu’entretient un projet éolien avec les lignes de force du paysage peut s’apprécier en référence aux termes de l’
§ 3du CWATUPE.
Ainsi, lorsqu’un parc éolien souligne ou prolonge une ligne de force principale du paysage (généralement une ligne de crête ou une infrastructure), on peut considérer qu’il exprime ou renforce la structure paysagère existante. Par contre, si le projet éolien imprime au paysage existant une nouvelle structure, géométrique ou organique selon sa configuration, il le recompose. Les lignes de force principales et dominantes dans un rayon de 5 km est la ligne de crête au nord et la vallée de la Sambre au sud du site. Le plateau étudié se positionne entre ces deux structures dominantes reliées entre elles par deux vallons. Localement, le paysage s’organise de part et d’autre de ces deux affluents de la Sambre d’orientation nord-sud et ceinturant le haut plateau étiré et sur lequel s’implante le parc. Le choix d’une configuration géométrique linéaire orientée dans une direction nord-sud s’harmonise avec les lignes de force naturelles associées au site. […] Figure 68 : Ligne de force du paysage 4.6.6 Conclusions Le projet de douze turbines de Merbes-le-Château et Lobbes se positionne sur une colline du bas-plateau sud-hennuyer. En termes de visibilité, alors que de nombreux obstacles visuels ne permettront pas leur visibilité (arc forestier, vallée encaissée, autres monts, urbanisation), les éoliennes seront visibles et émergeront “hors” du paysage depuis plusieurs points hauts. Alignées selon un axe nord-sud, la configuration du parc sera souvent lisible soit en une ligne plus ou moins régulière pour les points de vue est et ouest, soit suivant deux lignes convergentes en perspective pour les vues sud et nord. La lisibilité du parc depuis les points de vue nord-sud situés strictement dans l’axe des deux lignes est moins compréhensible. Néanmoins, la disposition adoptée en une double ligne reste compréhensible et recompose le paysage agricole local. XIIIr - 9760 - 37/61 En périphérie du site, la vallée de la Sambre anime le paysage de nombreux vallonnements de même que les vallées de la Thure et de la Hantes. La région est agrémentée d’une ligne de crête boisée au nord, de villages authentiques et d’un plateau au sud d’où les points de vue sont nombreux. Alors qu’aucun périmètre d’intérêt paysager ne sera réellement affecté par la présence des éoliennes, 3 points de vue remarquables seront modifiés (PVR1, LVR2 et LVR6) depuis la vallée de la Sambre et son versant opposé en direction de la vallée et du projet. Les éoliennes modifieront les vues en arrière-plan de la ligne d’horizon. La modification du paysage sera importante pour les villages proches : Sars-la- Buissière, Fontaine-Valmont, le hameau de Falimont ainsi que les périphéries de Merbes-Sainte-Marie, Labuissière et Bienne-lez-Happart. Pour ces entités, les éoliennes occuperont une position dominante et seront perceptibles depuis certains centres villageois. La localisation des points de vue dans le prolongement de la ligne d’éoliennes génère une perception confuse et peu structurée en raison du chevauchement de nombreux rotors. Au-delà de cette première couronne d’urbanisation, la modification du cadre paysager s’amenuise et les éoliennes participent plus passivement à la lecture du paysage. Au niveau patrimonial, alors que les éoliennes ne seront généralement pas visibles depuis les nombreux éléments reconnus du patrimoine, le cadre paysager de quatre édifices sera influencé par le projet. Les éoliennes seront visibles selon une configuration structurée et cohérente depuis la collégiale de Lobbes mais dont la vue principale sera préservée. Enfin, les éoliennes seront visibles depuis le Beffroi de Thuin et en covisibilité avec la tour classée de la ferme du Clocher. Enfin, le parc éolien sera visible depuis deux éléments du patrimoine monumental (la ferme et le château du Bois d’Angre à Merbes-Sainte-Marie) mais de manière non problématique. Enfin, le nombre restreint des parcs dans un rayon de 15 km ne génère pas de situations de covisibilité problématiques compte tenu des distances séparant les divers projets et sites étudié. Les situations observées sont ponctuelles et localement acceptables ». 4. Le complément d’étude d’incidences sur l’environnement de 2016 y consacre également des développements, comprenant plusieurs cartes et photomontages, dont les passages suivants : « 4.2.3.2 Relation aux lignes de force et lisibilité du projet Pour rappel, l’
§ 3
du CWATUPE stipule que “lorsqu’un parc éolien souligne ou prolonge une ligne de force principale du paysage (généralement une ligne de crête ou une infrastructure), on peut considérer qu’il exprime ou renforce la structure paysagère existante. Par contre, si le projet éolien imprime au paysage existant une nouvelle structure, géométrique ou organique selon sa configuration, il le recompose”. Dans un rayon de 5 km autour du site éolien, on note deux lignes de force dominantes : la vallée de la Sambre au sud et une ligne de crête au nord du site. Ces deux lignes de force sont reliées entre elles par deux vallons, dessinés par des affluents de la Sambre d’orientation nord-sud. En conséquence, l’implantation linéaire des 10 turbines selon un axe nord-sud s’harmonise avec les lignes de force naturelles associées au site et contribue à un renforcement de la structure paysagère existante. Concernant la lisibilité du projet, la variante va contribuer à un allègement visuel du parc en raison du retrait de deux éoliennes. Ce retrait ne génèrera pas de perte de lisibilité depuis la majorité des points de vue. XIIIr - 9760 - 38/61 ► Voir PHOTOMONTAGES (variante) n° 5, 7, 10 et 13 […] Conclusion La variante proposée engendre des impacts paysagers similaires ou inférieurs au projet initial de 12 éoliennes évalué dans l’étude d’incidences de janvier 2012. Étant donné la similitude d’implantation entre le projet initial et la variante étudiée sur une ligne de crête intermédiaire, les conditions d’intégration paysagère par rapport aux lignes de force et la condition de “contribution à la structuration du paysage” par renforcement de sa forme topographique, en référence aux termes de l’
§ 3
du CWATUPE, restent inchangées par rapport à ce qui a été analysé dans le rapport final de janvier
- À l’échelle du périmètre d’étude lointain, la suppression de deux éoliennes n’entraîne pas de modification significative de la visibilité du projet. C’est à une échelle plus locale qu’elle sera modifiée. Au sein du périmètre d’étude rapproché, l’implantation de 10 éoliennes va générer des incidences visuelles moindres que celles énoncées dans l’étude d’incidences de janvier 2012 et relatives au projet initial de 12 éoliennes. La suppression de l’éolienne 1 réduit les incidences visuelles sur le village de Merbes-Sainte-Marie puisque la limite de la zone d’habitat de cette entité se trouve à plus de 600 m de l’éolienne la plus proche (éolienne n° 2). La suppression de l’éolienne 11 est quant à elle visuellement bénéfique pour les trois habitations isolées du hameau de Falimont. Outre ces améliorations immédiates pour les plus proches riverains, cette configuration de 10 machines va réduire l’angle de vue horizontal occupé par le parc et éloigner les éoliennes des entités de Merbes-Sainte-Marie et de Merbes-le-Château. En outre, le retrait des machines 1 et 11 va limiter les chevauchements de rotor, notamment depuis les entités situées dans le prolongement des deux lignes d’éoliennes ».
- L’avis de la CRMSF, donné le 21 avril 2016, contient notamment les passages suivants : « Le projet de parc de 12 éoliennes sur les communes de Merbes-le-Château et Lobbes, soutenu par la société Electrabel, s’installerait sur une crête à cheval sur deux bassins visuels : celui de Merbes-le-Château à l’ouest et celui de Lobbes- Thuin à l’est (cf. carte 8c). Néanmoins, la hauteur des éoliennes dépasse les variations d’altitude observées et l’appréhension de l’incidence de ce projet sur le patrimoine classé et la qualité des paysages locaux doit s’appréhender plus largement : la limite de rayon de 5 km est un minimum pour l’étude de cet impact. Le patrimoine présent dans ce territoire (biens classés et PICHE) comprend différents types de biens : - le Patrimoine inscrit sur la liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO : le beffroi de Thuin est inclus dans cette liste de 56 beffrois de Belgique et de France adoptée en 1999 et
- Le principe d’une zone tampon autour de ces biens fait que l’impact du parc éolien de Merbes-Lobbes est à prendre en compte et n’est pas négligeable ; - le Patrimoine régional classé exceptionnel : la collégiale Saint-Ursmer de Lobbes, édifiée au IXe siècle par les moines de l’abbaye de Lobbes est la XIIIr - 9760 - 39/61 seule église belge datant, dans ses parties essentielles, de l’époque carolingienne. Répondant visuellement au beffroi de Thuin, elle domine le paysage: son portail ouest s’ouvre sur leur campagne, marqué sur le photomontage 18 par le projet de parc éolien. L’intérêt de ce monument et de son implantation a généré le classement de la portelette ainsi que des murailles d’enceinte et leurs abords, récemment réaménagés. Cet ensemble de biens exceptionnels (où il faudrait rajouter les jardins suspendus de Thuin) forme visuellement une entité forte surplombant de manière stratégique et symbolique le paysage environnant ; Au nord du parc, l’abbaye de Bonne-Espérance, patrimoine également exceptionnel, n’est malheureusement pas reprise dans les photomontages proposés. Elle se situe à 150 m d’altitude, la crête principale, au sud, est à 175 m soit l’altitude du parc éolien. Nous ne sommes qu’à 5 km du projet et il serait hautement dommageable que sa longue silhouette, vue du Nord, soit perturbée par un champ éolien ; - les biens régionaux classés situés dans ce territoire, l’église Saint-Martin de Merbes, qui marque le paysage environnant par son clocher à bulbe, est la plus proche du parc éolien. Ce clocher dont la tour date de 1570 est largement vu aux alentours, notamment de la route (N 561) qui permet d’accéder au centre-ville par le Sud. L’arrivée par cette route permet de comprendre graduellement l’implantation de la ville de Merbes sur le coteau de la Sambre et de la situer grâce à son église. Un parking a été construit sur la droite de cette route et permet de s’arrêter et de contempler ce paysage typique de la région créé par le cours sinueux de la rivière. Malheureusement, le parc éolien situé en arrière-plan va déséquilibrer complètement et gravement cette perception. Le photomontage 13, pris plus en amont, ne permet pas de comprendre l’impression qui se dégagera dans la descente de la route amenant graduellement du plateau au fond de la vallée, permettant de découvrir au fur et à mesure de la descente, l’implantation de la ville, la vallée et la Sambre, avant l’arrivée dans son centre ancien et ses ruelles typiques, largement repris dans un PICHE. Le parc éolien dévalorisera largement cette découverte et cette impression de paysage paisible et préservé ; - l’église de la Sainte-Vierge à Merbes-Sainte-Marie, non reprise dans les photomontages, sera elle aussi fortement marquée par le parc éolien situé à 1000 m derrière, ainsi que son tissu villageois aujourd’hui encore préservé. Enfin, le photomontage 12 montre clairement que la silhouette de l’ensemble de Solre-sur-Sambre, marquée par quatre monuments classés (église Saint- Médard, château-fort, ferme du Clocher, chapelle Saint-Antoine), ensemble qui permet de saisir là-aussi une grande cohérence d’implantation à la fois esthétique et pédagogique. - en matière de patrimoine inscrit à l’inventaire du Patrimoine monumental, le château d’Angre, sa ferme et sa vieille drève de tilleuls, dirigée exactement en direction du parc éolien, à 1000 m de la première éolienne, seront également directement sous l’impact visuel du parc éolien, en plein sud, donc sous un effet stroboscopique fort ; - en matière de milieux protégés, il est à noter la présence de la réserve naturelle de la Haute-Sambre et de l’ensemble des milieux humides de la vallée de la Sambre, traduisant de ce fait l’intérêt paysager de cette région. Les paysages : Les remarques qui précèdent indiquent déjà une forte liaison entre les paysages, la géomorphologie de la région et l’histoire. XIIIr - 9760 - 40/61 Que l’on vienne du sud (Fontaine-Valmont) ou du nord (Merbes-Sainte-Marie), de l’est (Lobbes) ou de l’ouest (Erquelinnes), les ouvertures paysagères sont nombreuses et marquées par le nombre très important de lignes de vue et de points de vue remarquables. Là aussi, le dimensionnement des éoliennes (dont certaines sont très proches par exemple de la N55) va perturber largement l’appréciation visuelle de ces paysages souples, caractérisés par des mouvements de relief subtils, des vallées discrètes et des boisements qui encadrent l’ensemble. Les implantations de villages, dont les toits sont souvent les premiers visibles, s’enchaînent dans les vallées : les différences d’échelles apportées par les éoliennes seront largement au détriment de cette perception ».
- Le complément d’étude d’incidences sur l’environnement de 2022 y consacre, lui aussi, des développements, dont des cartes et des photomontages, notamment destinés à rencontrer cet avis. S’agissant des arbres remarquables, ce complément contient les passages suivants : « Dans le périmètre d’étude immédiat (1 km), on retrouve 2 groupes d’arbres remarquables, situés dans ou en périphérie du village de Merbes-Sainte-Marie, au nord du projet éolien. Depuis les 2 tilleuls de Hollande (900 m), le bâti et la végétation proche limiteront la visibilité des éoliennes. Les arbres sont des éléments verticaux dominants, mais de visibilité relativement restreinte compte tenu de leur positionnement au sein d’une zone d’habitat et à l’intersection de deux rues. Le projet sera peu visible et ne remet pas en cause la valeur patrimoniale de ces arbres qui encadrent la petite chapelle Notre-Dame de la Salette. Compte tenu des obstacles locaux présents, la modification du cadre paysager sera limitée. Depuis la drève de 32 tilleuls de Hollande (815 m) en périphérie du village de Merbes-Sainte-Marie, les vues sont relativement ouvertes et dégagées vers le projet, qui sera visible malgré la présence d’une parcelle boisée en direction du sud-est. La modification du cadre paysager sera importante compte tenu de la proximité du projet et de sa visibilité. Dans les 2 cas relevés, l’intégrité des arbres sera maintenue même si une modification paysagère depuis ceux-ci est attendue. [carte] En conclusion, parmi les nouveaux éléments étudiés dans le cadre de ce complément, les incidences paysagères seront importantes depuis la drève de 32 tilleuls de Hollande près du village de Merbes-Sainte-Marie. Elles seront limitées depuis la ZPU de Merbes-le-Château et le groupe de 2 tilleuls de Hollande situés à 900 m. Elles seront limitées depuis le beffroi de Thuin (UNESCO) et de limitées à localement modérées depuis le RGBSR de Lobbes. Elles seront négligeables depuis le périmètre plus large autour des minières néolithiques de silex de Spiennes, le village à enceinte néolithique, les vestiges et témoins en surface de l’exploitation minière (patrimoine exceptionnel et UNESCO). L’implantation du projet ne remet pas en cause l’intérêt patrimonial de ces éléments. Leur valeur patrimoniale ne sera pas affectée ». XIIIr - 9760 - 41/61 Le complément d’étude d’incidences sur l’environnement de 2022 comporte encore les passages suivants : « Éléments patrimoniaux et bâtis Dans son avis du 22 avril 2016 (suite au complément d’incidences qui a été déposé en 2016), la Commission royale des Monuments, Sites et Fouilles (CRMSF) émet des remarques et soulève certains points d’attention, notamment concernant les incidences paysagères sur les éléments paysagers et patrimoniaux repris dans le tableau ci-dessous. […] XIIIr - 9760 - 42/61 XIIIr - 9760 - 43/61 XIIIr - 9760 - 44/61 XIIIr - 9760 - 45/61 […] ». Le complément d’étude d’incidences sur l’environnement de 2022 évalue ensuite la perception depuis la N55 et la N565l. Il examine également les situations de covisibilité et les effets d’encerclement avec les parcs existants et XIIIr - 9760 - 46/61 autorisés. À propos de la covisibilité avec le parc de Merbes-le-Château situé à 1,6 km du projet, il contient la figure et l’analyse suivantes : XIIIr - 9760 - 47/61 Il comporte la conclusion suivante : « 8.3 Conclusions Ce chapitre fait l’objet d’une actualisation dans le cadre de ce complément étant donné la prise en compte de nouveaux éléments suite à l’instruction du dossier et des évolutions méthodologiques. Tout comme à l’occasion de la réalisation du complément de 2016, trois habitations isolées se situent à moins de 600 m du projet. Le cadre paysager d’une d’entre elles sera modifié de manière importante. Les éoliennes du projet vont modifier le cadre paysager de certains édifices (château d’Angre et sa ferme et sa vieille drève de tilleuls, la collégiale Saint- Ursmer de Lobbes, la ferme du Clocher, …). Néanmoins, les incidences du projet sur les éléments patrimoniaux – en ce compris ceux nouvellement reconnus et étudiés dans le présent complément – ne remettent pas en cause leur qualité patrimoniale. Une analyse de covisibilité actualisée a été menée dans le cadre de ce complément eu égard du développement éolien de la région depuis
- Il en résulte des situations de covisibilité soutenues sur le territoire des communes de Merbes-le-Château, Lobbes et Erquelines. La covisibilité sera surtout importante localement en raison de l’autorisation du parc éolien de Merbes-le-Château, situé à 1,6 km. En effet, cette faible interdistance contribue à générer une emprise visuelle importante (nord ou sud) depuis les entités de Merbes-le-Château et Merbes-Sainte-Marie. Malgré la multiplication des parcs et projets, aucun effet d’encerclement effectif n’a été identifié par l’auteur d’étude dans le cadre de ce complément. Toutefois, la multiplication des parcs et projets dans la région et leur visibilité successive en perception dynamique dans des quadrants visuels différents contribueront à générer une pression visuelle et une perception d’omniprésence des éoliennes depuis la périphérie de ces villages ».
- Ce complément d’étude est suffisamment complet. Il a permis à l’autorité d’apprécier les incidences du projet autorisé sur le paysage et le patrimoine et, partant, de statuer en connaissance de cause à cet égard.
- Le nouvel avis de la CRMSF, donné le 4 avril 2022, contient les passages suivants : XIIIr - 9760 - 48/61 « Le 21 avril 2016, la Commission a émis un avis défavorable concernant ce projet au vu de son impact négatif sur le patrimoine présent dans ce territoire et sur les paysages. Or, le complément à la demande de permis unique de mars 2022 confirme que le projet va bel et bien modifier le cadre paysager de certains édifices. Contrairement à ce que l’étude d’incidences prétend, la modification de l’environnement de ces monuments met bel et bien à mal leur qualité patrimoniale, comme cela est décrit dans le précédent avis de la Commission de 2016 (voir annexe). De plus, le complément d’étude indique qu’il y aurait des situations de covisibilité soutenues sur le territoire avec une emprise visuelle importante depuis les entités de Merbes-le-Château et Merbes-Sainte-Marie : “la multiplication des parcs et projets dans la région et leur visibilité successive en perception dynamique dans des quadrants visuels différents contribueront à générer une pression visuelle et une perception d’omniprésence des éoliennes depuis la périphérie de ces villages” (p. 14). La Commission réitère son regret qu’il n’y ait pas d’approche globale et spatiale pour l’implantation des éoliennes en Wallonie afin d’éviter cette pression visuelle sur certains territoires ».
- L’avis du pôle aménagement du territoire, donné le 15 avril 2022, est libellé comme suit : « Tout en reconnaissant qu’il est localisé sur un site qui se caractérise par un bon potentiel venteux, le Pôle estime que le projet présente des incidences fortes sur le paysage local par sa forme linéaire perpendiculaire à la ligne de force principale du paysage. En outre, le Pôle note d’autres impacts importants du projet sur le paysage : - sa structure souligne une ligne de force secondaire, elle-même perpendiculaire au parc autorisé de Merbes-le-Château, ce qui induit une confusion ; - en conjugaison avec les autres projets, autorisés ou à l’instruction, il induit une pression visuelle importante sur la zone. Or cette zone est sensible, comme l’indique la présence de nombreux PIP et LVR-PVR ; et par ailleurs, la pression est d’autant plus notable que le projet comporte 10 éoliennes et qu’elles sont disposées en deux lignes sans lien avec la ligne de force principale du paysage ; - le cadre paysager d’une habitation isolée sera modifié de manière importante (on trouve 3 habitations isolées entre 400 et 600 m du projet) ; - on note également une modification importante du cadre paysager de la Ferme du château du Bois d’Angre et son allée des 32 Tilleuls de Hollande (patrimoine immobilier et culturel et arbres remarquables) à Merbes-Sainte- Marie ».
- L’acte attaqué comporte notamment les motifs suivants : « Impact sur les lieux de vie en zone d’habitat à caractère rural Considérant que, sans être rédhibitoire, les éoliennes engendreront une modification importante du paysage pour les villages les plus proches (Sars-la- Buissière, Fontaine-Valmont, le hameau de Falimont ainsi que les périphéries de ECLI:BE:RVSCE:2024:ARR.259.962 XIIIr - 9760 - 49/61 Merbes-Sainte-Marie, Labuissière et Bienne-lez-Happart) ; que les éoliennes y occuperont en effet parfois une position dominante et seront perceptibles depuis certains centres villageois; que la localisation des points de vue dans le prolongement de la ligne d’éoliennes pourrait générer une perception confuse et peu structurée en raison du chevauchement de nombreux rotors ; que toutefois, au-delà de cette première couronne d’urbanisation, la modification du cadre paysager s’amenuise et les éoliennes participent alors plus passivement à la lecture du paysage ; que l’impact paysager reste donc acceptable ; Considérant que depuis la plupart des lieux de vie situés entre 2,5 km et 5 km des éoliennes, les incidences paysagères du projet sont jugées globalement limitées ; Considérant que depuis la plupart des lieux de vie situés à plus de 5 km des éoliennes, les incidences paysagères du projet sont jugées globalement modérées à nulles ; Considérant que les incidences sur les lieux de vie sont acceptables ; […] Inscription dans le paysage existant Considérant que, selon l’Atlas des Paysages de Wallonie, le projet s’implante dans l’ensemble paysager de la plaine et du bas-plateau limoneux hennuyer; que plus spécifiquement, le site est situé au sud de la plaine de la Haine, les Hauts Pays et la Thudinie qui composent le bas-plateau limoneux hennuyer sud et qui présentent un relief faiblement et mollement ondulé; que les paysages y sont dominés par les labours ; que le projet est situé sur une ‘crête’ et est composé principalement de cultures industrielles de céréales ; Considérant que cet “openfield” présente une qualité paysagère intrinsèque sans intérêt majeur outre les vues indéniablement longues ; que toutefois son relief, même “doux” empêchera ou limitera les vues depuis les villages environnant souvent implantés dans les vallons ; Considérant que l’implantation d’éoliennes n’est pas incompatible avec les qualités paysagères intrinsèques de la plaine concernée par le projet ; qu’un parc éolien ne ferme pas les vues ; que les éoliennes modifieront inéluctablement la perception du cadre paysager; que toutefois par la perméabilité de leurs implantations, elles ne remettent pas en cause les vues vers le bois de Pincemaille et les villages qui bordent la plaine ; Considérant que le paysage visé par le projet n’est pas classé et ne présente pas de valeurs patrimoniales telles qu’un classement serait envisagé ; que s’il n’est pas classé, un paysage ne saurait-être “sanctuarisé” ; que le paysage wallon est le témoin des évolutions sociales, économiques ou environnementales ; que le développement éolien, est le témoin d’une production d’électricité “écoresponsable” ; Considérant que la production d’énergie éolienne est une des évolutions économiques et environnementales les plus marquantes de nos paysages ; que les parcs éoliens modifient temporairement mais ne masquent nullement le paysage existant ; que la production d’énergie renouvelable est par ailleurs préconisée par l’Union européenne ; que la production d’électricité n’est pas exempte d’impacts paysagers ; que toutefois l’implantation d’éoliennes sur la présente plaine ne conduit pas de facto à une dénaturation incompatible avec l’objectif de gestion ou d’aménagement du paysage concerné, au sens même de celui prescrit par le respect de la Convention de Florence ; XIIIr - 9760 - 50/61 Considérant que concernant le relief local, l’altitude du site est comprise entre 170 et 190 mètres et présente l’aspect d’un plateau laissant apparaître quelques faibles ondulations ; que le site présente une ligne de crête faiblement perceptible culminant à 186.50 mètres ; que les éoliennes du projet sont implantées entre 170 et 186 mètres d’altitude ; qu’au niveau local, le relief est modelé par 3 petits rus dont les dépressions topographiques sillonnent et animent le site d’implantation ; que la relative planéité du paysage, l’absence d’obstacles visuels permet globalement une lecture acceptable des points d’ancrage des éoliennes dans la plaine ; que la lisibilité de la configuration des implantations du parc en est facilitée ; que le relief est profondément entaillé par la Sambre au sud-est du site ; Considérant que concernant l’occupation du sol, le site du projet est majoritairement