id="page_main" x-ms-format-detection="none"> Imprimer cette page Taille d'impression S M L XL Nouvelle recherche JUPORTAL Fermer l'onglet Conseil d'État Jugement/arrêt du 21 janvier 2026 No ECLI: ECLI:BE:RVSCE:2026:ARR.265.505 No Rôle: A. 246780/VI-23616 Affaire: Arrêt 265505 - Marchés publics - 21/01/2026 Domaine juridique: Droit administratif Date d'introduction: 2026-01-21 Consultations: 194 - dernière vue 2026-06-18 06:24 Fiche Arrêt no 265.505 du 21 janvier 2026 Marchés et travaux publics - Marchés publics Décision : Rejet Thésaurus Cassation: CONSEIL D'ETAT Thésaurus UTU: DROIT PUBLIC ET ADMINISTRATIF - CONSEIL D'ÉTAT - Arrêts (Conseil d'État) Texte de la décision ERROR JUPORTARobotRecordLienECLI WARNING ECLI:BE:RVSCE:2026:ARR.265.505 no lien 287241 identiques CONSEIL D’ÉTAT, SECTION DU CONTENTIEUX ADMINISTRATIF LA PRÉSIDENTE F.F. DE LA VIe CHAMBRE SIÉGEANT EN RÉFÉRÉ no 265.505 du 21 janvier 2026 A. 246.780/VI-23.616 En cause : la société à responsabilité limitée LUX GREEN, ayant élu domicile chez Mes Christian BOULANGE et Pierre-Jean PICARD, avocats, boulevard Frère Orban 15 4000 Liège, contre : la société wallonne de financement complémentaire des infrastructures, en abrégé SOFICO, ayant élu domicile chez Mes Veronique CHRISTIAENS, Brice ANSELME et Mathieu DEKLEERMAKER, avocats, avenue de la Couronne 340 1050 Bruxelles. ------------------------------------------------------------------------------------------------------ I. Objet de la requête Par une requête introduite le 17 décembre 2025, la partie requérante demande, d’une part, la suspension, selon la procédure d’extrême urgence, de l’exécution de « la décision de la partie adverse datée du 28.11.2025 attribuant à la SA A2 le marché de services (accord-cadre) “Bail autoroutier de propreté – District autoroutier Centre-Luxembourg (D22)”, après avoir considéré comme irrégulière – du chef de prix prétendument anormaux – sa propre offre » et, d’autre part, l’annulation de cette décision. II. Procédure Par une ordonnance du 19 décembre 2025, le calendrier de la procédure a été déterminé et l’affaire a été fixée à l’audience du 8 janvier 2026. La note d’observations et le dossier administratif ont été déposés dans le respect du calendrier de la procédure. VIexturg - 23.616 - 1/16 La contribution et le droit visés respectivement aux articles 66, 6°, et 70 de l’arrêté du Régent du 23 août 1948 déterminant la procédure devant la section du contentieux administratif du Conseil d’État ont été acquittés. Mme Florence Piret, conseillère d’État, présidente f.f., a exposé son rapport. Me Charles Boulange, loco Mes Christian Boulange et Pierre-Jean Picard, avocat, comparaissant pour la partie requérante, et Mes Brice Anselme et Mathieu Dekleermaker, avocats, comparaissant pour la partie adverse, ont été entendus en leurs observations. M. Christian Amelynck, premier auditeur chef de section au Conseil d’État, a été entendu en son avis conforme. Il est fait application des dispositions relatives à l’emploi des langues, inscrites au titre VI, chapitre II, des lois sur le Conseil d’État, coordonnées le 12 janvier 1973. III. Faits utiles à l’examen de la demande 1. Le 6 décembre 2024, la partie adverse lance un avis de marché de services, prenant la forme d’un accord-cadre mono-adjudicataire, intitulé « Bail autoroutier de propreté - district autoroutier Centre-Luxembourg (D22) ». Le marché est passé par procédure ouverte. Il est attribué sur la seule base du critère du prix. Il est conclu pour quatre périodes d’un an se succédant sans interruption. Les services comprennent notamment des entretiens préventifs, conditionnels et curatifs. Parmi les entretiens préventifs figurent des opérations de ramassages sélectifs de déchets, organisés par tronçons à des fréquences annuelles définies (12x/an dans les terre-pleins latéraux, 3x/an dans les terre-pleins centraux, 24x/an dans les bretelles d’entrée et de sortie et dans les échangeurs autoroutiers, etc.). Pour effectuer ces prestations, il est prévu ce qui suit dans la partie « exécution du marché » du cahier des charges : « Chaque équipe doit être constituée au minimum de 2 ouvriers qui participent activement au travail, d’1 camionnette ou d’un camion avec le matériel nécessaire et de deux chauffeurs avec véhicules pour la signalisation de chantier, le cas échéant ». VIexturg - 23.616 - 2/16 Dans les « clauses techniques » du cahier, il est indiqué, au point M.1.6.1. « Ramassage de détritus », ceci : « Ramassage des déchets en bord latéral de voirie et en berme centrale en vue d’une évacuation Description L’opération consiste à ramasser de manière sélective tous les objets étrangers tels que pierres, fers, bétons, papiers, plastiques et caoutchouc de tout genre dans les zones engazonnées, les plantations, les fossés, les drains en pierrailles des accotements et terre-plein. Un type d’opération est prévue pour : - le bord latéral incluant les talus : le ramassage sélectif s’effectue sur l’emprise totale du bord droit du tronçon - un autre pour les bermes centrales : le ramassage sélectif s’effectue sur l’emprise totale du bord gauche du tronçon - une autre pour les entrées et sorties : le ramassage sélectif s’effectue sur l’emprise totale des bords gauche et droit des entrées et sorties du tronçon - et un autre pour les échangeurs : le ramassage sélectif s’effectue sur l’emprise totale des bords gauche et droit des bretelles des échangeurs. Par emprise totale, on entend BAU, F-E ou bande de contrebutage, devant, sous et derrière le dispositif de sécurité, derrière panneaux antibruit, sur terre-plein latéral, talus, fossés, zones boisées, … Une opération est prévue pour le bord latéral incluant les talus et une opération pour les bermes centrales. Ces opérations sont prévues dans des postes séparés, car les fréquences ne sont pas les mêmes. Néanmoins, l’opération en berme centrale doit être concomitante avec celle en bord latéral. Clauses techniques Le ramassage de détritus est sélectif. Le tri à effectuer lors du ramassage est décrit comme suit. Les PMC sont ramassés dans des sacs bleu type PMC. Les autres déchets sont ramassés dans des sacs oranges marqués “SPW”. Les sacs remplis de détritus sont soit chargés directement sur le véhicule, soit disposés à un endroit où ils ne peuvent occasionner une gêne quelconque pour la circulation ou pour l’arrêt des véhicules. […] Vérification Le contrôle porte sur l’absence d’objets étrangers sur les surfaces traitées. […] Déchets Les sacs sont évacués en fin de journée et sont mis en dépôt de manière séparée dans les conteneurs prévus à cet effet. Le lieu de dépôt est prévu dans les documents du présent CSC. La mise en dépôt est comprise dans le prix des postes de ramassage. L’évacuation des sacs mis en dépôt vers la CTA se fait via les postes de la série D9000. Le transport du dépôt vers le lieu d’évacuation est inclus dans les postes de la série D9000 ». VIexturg - 23.616 - 3/16 2. À la date limite de réception des offres, fixée au 17 janvier 2025, sept soumissionnaires déposent offre, dont la requérante et la SA A2. 3. Le 13 octobre 2025, un rapport d’analyse des offres est établi. 4. Le 28 novembre 2025, le président et la vice-présidente de la Sofico décident d’écarter l’offre de la requérante pour irrégularité substantielle et d’attribuer l’accord-cadre à la SA A2 « qui a déposé l’offre régulière économiquement la plus avantageuse ». Cette décision indique qu’après correction des erreurs et rectifications, les montants des offres des six soumissionnaires, toujours en lice à ce stade, sont les suivants : La décision d’écarter l’offre de la requérante pour irrégularité substantielle est motivée comme suit : « 2.6. Vérification des prix 2.6.1. Vérification des prix unitaires Considérant que seuls les prix unitaires des deux premiers soumissionnaires sélectionnés ont été examinés ; le caractère normal des prix n’a pas été vérifié chez les autres soumissionnaires parce qu’ils n’étaient pas classés en ordre utile pour l’attribution du marché. Considérant que le Bureau des Prix a été interrogé en date du 16/01/2025 et a répondu en date du 29/01/2025 qu’il ne lui est pas possible de remettre un avis, étant donné le caractère particulier des postes de ce marché, faute de pouvoir les comparer à des moyennes statistiques existantes. Considérant que la vérification des prix a été faite en interne par la Direction territoriale sur une série de postes répondant aux 2 critères suivants : VIexturg - 23.616 - 4/16 • ils sont considérés comme non négligeables : ont été retenus comme tels tous les postes, par ordre décroissant de valeur (en prix de soumission), jusqu’à atteindre un montant cumulé égal à 90 % du montant total de l’offre (il est précisé que, dans le cas d’espèce, en application de ce critère, les postes non retenus représentent individuellement maximum 1 % de chaque offre considérée) ; • ils s’écartent de plus de 20 % de l’estimation de l’Administration Considérant qu’en application de l’article 36 de l’A.R. du 18/04/17 et compte tenu de ce qui précède, une demande de justification du prix remis pour les postes n° 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 11, 41, 42 et 47 a été adressée en date du 27/01/2025 au soumissionnaire SRL LUX GREEN. Celui-ci a répondu le 07/02/2025. Considérant qu’après analyse des justifications fournies (voir infra, analyse par poste), le soumissionnaire SRL LUX GREEN a été invité à préciser et expliquer le processus et le rendement prévus pour les postes 3, 5, 7, 9 et 11 par courrier du 10/03/2025. Celui-ci a répondu le 19/03/2025. Considérant qu’après analyse des éléments de justification reçus de la SRL LUX GREEN, il apparaît que les prix des postes n° 3, 5, 7, 9 et 11 sont considérés comme anormaux sur base des constatations suivantes : • Poste n° 3, M1672-01* : Supplément pour ramassage général sélectif des déchets de l’emprise du tronçon 1, en vue d’une mise en dépôt. Paiement à l’opération Les travaux de […] ce poste concernent le ramassage des déchets au-delà de la zone de 4 m mesurée à partir du filet d’eau. Les 4 premiers mètres sont traités mensuellement via un autre poste ; le présent poste correspond donc à un ramassage complémentaire une fois par an. Ceci concerne le tronçon n° 1 long de 76,180 km. Il y a donc 2x76,180 km = 152,360 km à ramasser. La décomposition de prix fournie par le soumissionnaire se limite à deux hommes sans matériel. Contrôle arithmétique du montant total journalier : OK. Par rapport aux statistiques disponibles, le tarif horaire de la main-d’œuvre se situe juste un peu en dessous et est donc, en soi, acceptable. Cependant, la décomposition fournie pose un problème : le travail s’effectue uniquement avec deux hommes, sans camionnette. Pour cette opération, une camionnette est nécessaire pour suivre les hommes, transporter le petit matériel et récupérer / transporter les sacs de déchets (voir CSC, p. 37, sous “constitution des équipes” et p. 53 “clauses techniques”, ce qui est en outre conforme au CSC -type Qualiroute pour les postes de la même série – voir n° M. 1.6.1.2.). Dans le complément d’information reçu à la suite de la 2e demande, la SRL LUX GREEN indique que l’équipe se compose de 2 hommes + 1 camionnette + sacs et 1 pince. Le coût de la camionnette n’est donc pas pris en compte par le soumissionnaire dans la décomposition du prix fournie initialement (et ne saurait l’être “implicitement” compte tenu du tarif horaire annoncé, lui-même déjà inférieur au prix de soumission pour travaux en régie). En raison de ces problèmes, le prix du soumissionnaire pour le poste M1672-01* est considéré comme anormal. VIexturg - 23.616 - 5/16 • Poste n° 5, M1673-02* : Ramassage sélectif des déchets en berme centrale du tronçon 2, dans les deux sens, en vue d’une mise en dépôt. BC en herbe. Y compris entre les glissières et la voie rapide. Paiement à l’opération • Poste n° 7, M1673-03* : Ramassage sélectif des déchets en berme centrale du tronçon 3, dans les deux sens, en vue d’une mise en dépôt. Entre les New Jersey. Y compris entre la glissière béton et la voie rapide. Paiement à l’opération • Poste n° 9, M1674-CH04* : Ramassage sélectif des déchets dans les échangeurs (côtés droit et gauche) + E&S, en vue d’une mise en dépôt. Tronçon 4 (échangeurs 25 à 29). Paiement à l’opération • Poste n° 11, M1674-CH05* : Ramassage sélectif des déchets dans les échangeurs (côtés droit et gauche) + E&S, en vue d’une mise en dépôt. Tronçon 5 (échangeurs E411 de 30 à 33 + A28). Paiement à l’opération Les mêmes problèmes qu’au poste n° 3 (décomposition incorrecte) se retrouvent dans les justifications des postes 5, 7, 9 et 11, de sorte que les prix du soumissionnaire pour ces postes sont considérés comme anormaux. En outre, on note pour le poste n° 7 que le rendement annoncé est inatteignable et n’est absolument pas réaliste. Si les hommes se déplacent à pied, cela est physiquement impossible. S’ils se déplacent en camionnette et s’arrêtent seulement quand ils aperçoivent des déchets (chose impossible puisque le ramassage doit s’effectuer entre les new-jerseys de la berme centrale), outre le fait que le prix de soumission est établi sans tenir compte du coût de la camionnette et est de facto anormal, cela ne permet pas de garantir un travail de qualité conforme à ce qui est exigé. Conclusion Les prix unitaires remis par le soumissionnaire LUX GREEN SRL anormaux et inacceptables. Son offre est irrégulière et il est écarté de la procédure ». La décision attaquée indique qu’une demande de justification de prix unitaires pour plusieurs postes a également été adressée, le 6 mars 2025, à la SA A2 qui y a répondu le 18 mars 2025. La décision précise qu’« après analyse des éléments de justification reçus de la Sa A2 », il apparaît que les prix des postes visés sont considérés comme normaux ». Concernant les postes 3, 5, 7, 9 et 11, il est mentionné ce qui suit : « Les travaux de ces postes concernent le ramassage des déchets dans diverses zones. Il ressort de la décomposition de prix fournie par le soumissionnaire que tous les éléments nécessaires pour la composition du prix des postes ont été pris en compte (camionnette avec chauffeur et 2 ouvriers). Contrôle arithmétique du montant total : OK. Par rapport aux statistiques disponibles, les prix détaillés se situent un peu en dessous, mais restent valables comme expliqué ci-après : - le prix de la camionnette avec chauffeur est complètement détaillé par le soumissionnaire (prix d’achat, durée d’amortissement, consommables, VIexturg - 23.616 - 6/16 carburant, entretien, frais et bénéfice) ; cette décomposition est complète, exhaustive et justifie parfaitement le prix proposé pour cet élément ; - les coûts de personnel sont plus bas que les statistiques de prix disponibles. Ils sont concurrentiels, mais sont considérés comme normaux. Pour arriver au coût de chaque opération, le soumissionnaire fournit les durées qu’il estime nécessaires sur chaque tronçon. Après analyse de ces durées, il apparaît qu’elles sont bien en adéquation avec le travail à effectuer. Les prix du soumissionnaire pour ces différents postes de ramassage de déchets peuvent être considérés comme normaux ». La décision attaquée relève encore, quant à la « vérification du prix total », que le « montant total de l’offre de la A2 SA est inférieur à 15 % de la moyenne des soumissions calculées conformément à l’article 36, § 4, de l’arrêté royal du 18 avril 2017 ». IV. Deuxième moyen IV.1. Thèse de la partie requérante La requérante prend un deuxième moyen « de la violation des articles 83 et 84 de la loi du 17.06.201[6] relative aux marchés publics, des articles 33, 35 et 36 de l’arrêté royal du 18.04.2017 relatif à la passation des marchés publics dans les secteurs classiques, des dispositions du cahier spécial des charges n° SOF-MI- 08.08.02-24-3871, des principes d’égalité, de non-discrimination et de proportionnalité, du principe de la confiance légitime, du principe de bonne administration, du devoir de minutie et de l’erreur manifeste d’appréciation ». Elle résume le moyen en ces termes : « Les 5 prix unitaires considérés, après justifications, comme anormaux ne pouvaient raisonnablement pas l’être ni laisser craindre un travail non conforme en qualité, dès lors que ces prix étaient validés à la fois par des éléments internes (prix d’autres postes) et externes (prix acceptés du précédent marché) à la soumission et par le montant de l’offre de l’adjudicataire provisoire désigné, supérieure de seulement 557,00 € à l’offre de la partie requérante ». IV.2. Appréciation du Conseil d’État L’article 84 de la loi du 17 juin 2016 relative aux marchés publics impose au pouvoir adjudicateur de procéder à la vérification des prix et des coûts des offres introduites et permet de demander aux soumissionnaires les indications nécessaires à cette fin. VIexturg - 23.616 - 7/16 L’objectif de la réglementation sur le contrôle des prix est double : d’une part, protéger le pouvoir adjudicateur en lui permettant de s’assurer que les prix proposés garantissent une exécution du marché conforme aux exigences édictées par les documents du marché et aux prestations proposées par les soumissionnaires et exclure toute spéculation au détriment des intérêts fondamentaux du pouvoir adjudicateur et des deniers publics ; d’autre part, protéger les exigences d’une saine concurrence en évitant que le pouvoir adjudicateur avalise des comportements qui y sont contraires et que des marchés publics soient finalement attribués à des soumissionnaires ayant remis des prix fantaisistes qui faussent, de ce fait, le jeu normal de la concurrence. Les articles 33, 35 et 36 de l’arrêté royal du 18 avril 2017 relatif à la passation des marchés publics dans les secteurs classiques précisent la manière dont la vérification des prix et des coûts doit s’opérer. Le contrôle se déroule en deux étapes. Suivant l’article 33, « […] le pouvoir adjudicateur procède à une vérification des prix ou des coûts de l’offre conformément à l’article 35 et, en cas de suspicion de prix ou de coûts anormalement bas ou élevés, il procède à un examen des prix et des coûts tel que visé à l’article 36 ». La première étape est obligatoire ; il s’agit de vérifier tant les montants globaux des offres que les prix et coûts unitaires qu’elles contiennent, poste par poste. Il n’est procédé au contrôle des prix visé à l’article 36 (deuxième étape) que si la vérification préalable, effectuée comme le prescrit l’article 35, révèle, aux yeux du pouvoir adjudicateur, des prix ou des coûts apparemment anormalement bas ou élevés. L’article 36 de l’arrêté royal du 18 avril 2017 dispose comme suit : « § 1er. Lorsque les prix ou les coûts semblent anormalement bas ou élevés lors de la vérification des prix ou des coûts effectuée conformément à l’article 35, le pouvoir adjudicateur procède à un examen de ces derniers […] § 2. Lors de l’examen des prix ou des coûts, le pouvoir adjudicateur invite le soumissionnaire à fournir les justifications écrites nécessaires relatives à la composition du prix ou du coût considéré comme anormal dans un délai de douze jours, à moins que l’invitation ne détermine un délai plus long […]. La charge de la preuve de l’envoi des justifications incombe au soumissionnaire. Les justifications concernent notamment : 1° l’économie du procédé de construction, du procédé de fabrication des produits ou de la prestation des services ; 2° les solutions techniques choisies ou les conditions exceptionnellement favorables dont dispose le soumissionnaire pour exécuter les travaux, pour fournir les produits ou les services ; 3° l’originalité des travaux, des fournitures ou des services proposés par le soumissionnaire ; 4° l’obtention éventuelle par le soumissionnaire d’une aide publique octroyée légalement. Lors de l’examen des prix ou des coûts visé à l’alinéa 1er, le pouvoir adjudicateur invite le soumissionnaire à fournir des justifications écrites concernant le respect des obligations visées à l’article 7, alinéa 1er, de la loi, applicables dans les ECLI:BE:RVSCE:2026:ARR.265.505 VIexturg - 23.616 - 8/16 domaines du droit environnemental, social et du travail en ce compris les obligations applicables en matière de bien-être, de salaires et de sécurité sociale. Le pouvoir adjudicateur n’est toutefois pas tenu de demander des justifications des prix de postes négligeables. Si nécessaire, le pouvoir adjudicateur interroge à nouveau le soumissionnaire par écrit. Dans ce cas, le délai de douze jours peut être réduit. § 3. Le pouvoir adjudicateur apprécie les justifications reçues et : 1° soit constate que le montant d’un ou de plusieurs poste(
Explication IA à partir du texte officiel de la loi. Indicatif, ne remplace pas un conseil juridique.