SERVICE PUBLIC FEDERAL INTERIEUR 29 MAI 2007. - Directive ministérielle MFO-2 relative au mécanisme de solidarité entre zones de police en matière de renforts pour des missions de police administrative A Mesdames et Messieurs les Gouverneurs de Province, A Madame le Gouverneur de l'Arrondissement administratif de Bruxelles-Capitale, A Mesdames et Messieurs les Bourgmestres, A Mesdames et Messieurs les Présidents des Collèges de Police, A Mesdames et Messieurs les Chefs de Corps de la police locale, A M. le Commissaire général de la police fédérale, A M. l'Inspecteur général de l'inspection générale de la police fédérale et de la police locale, Pour information : A M. le Directeur général de la Direction générale Politique de Sécurité et de Prévention, A M. le Président de la Commission permanente de la police locale, A Mesdames et Messieurs les Commissaires d'arrondissement, Madame, M. le Gouverneur, Madame, M. le Bourgmestre, Madame, M. le Président, Madame, M. le Chef de Corps, M. le Commissaire général, M. l'Inspecteur général, Mesdames et Messieurs, 1. Introduction La présente directive est diffusée en exécution des articles 61 à 64 de la loi du 07 décembre 1998Documents pertinents retrouvés type loi prom. 07/12/1998 pub. 05/01/1999 numac 1998021488 source services du premier ministre Loi organisant un service de police intégré, structuré à deux niveaux fermer organisant un service de police intégré, structuré à deux niveaux (LPI). Elle entend régler la mise à disposition par l'ensemble des zones de police du pays d'une partie de leur capacité opérationnelle au profit d'une autre zone de police confrontée à une mission de police administrative ponctuelle qu'elle ne peut assurer seule. Il s'agit d'un mécanisme de solidarité nationale, appelé « capacité hypothéquée » (HyCap), envisagé comme procédure contraignante aux côtés des autres procédures de renfort existantes, à savoir l'appui latéral (sur base d'accords conclus entre zones), la solidarité obligatoire des zones de l'arrondissement (ArroSol), la mise à disposition par la police fédérale de renforts, spécialisés ou non, centralisés ou déconcentrés, ou encore les procédures de réquisition. Une zone de police qui demande plus d'appui que ce qui est absolument nécessaire impose inutilement une charge aux autres zones de police, ce qui peut perturber l'exercice des autres fonctionnalités de la police de base. Une importante responsabilité incombe donc aux autorités locales, à savoir ne demander de l'appui que lorsque les propres moyens de la police locale sont vraiment insuffisants, et tenir compte de cet impact dans les conditions liées aux autorisations accordées pour les événements (choix du lieu, du moment, service d'ordre interne,...). De même, la procédure décrite dans la présente directive ne peut porter préjudice au devoir d'assistance mutuelle entre services de police tel que prévu à l'article 43 de la loi sur la fonction de police (LFP), notamment dans le cadre des plans d'urgence et d'intervention qui nécessitent l'engagement conséquent des renforts immédiatement disponibles. Le présent texte est à lire parallèlement aux autres directives contraignantes réglant l'exercice de certaines missions à caractère fédéral, notamment la MFO-5 du 23 décembre 2002 traitant des protections spéciales de personnes et de bâtiments. Par ailleurs, une information correcte et complète est indispensable à levaluation de la menace et conditionne en grande partie le volume de renfort nécessaire. Dès lors, il est capital que les mécanismes d'échange d'informations, tels qu'ils sont organisés par la directive contraignante MFO-3 du 14 juin 2002 relative à la gestion de l'information de police judiciaire et de police administrative, soient strictement appliqués. Les vecteurs qui doivent contribuer à une diminution de l'engagement de l'HyCap et de l'ArroSol sont : - L'engagement raisonné et concentrique des moyens avec le recours à l'HyCap en dernière instance; - La mise en place de la deuxième tranche du corps d'intervention. 2. Principes La capacité des réserves fédérales doit être utilisée de façon optimale, afin de réduire autant que faire se peut le recours à la capacité hypothéquée et à l'ArroSol, surtout pour les renforts peu ou non planifiés.Les polices locales seront de préférence engagées pour les événements récurrents et planifiables. Le principe général est que, pour un jour donné, la capacité disponible des réserves fédérales soit engagée complètement (y compris le CIK non spécialisé, provenant en principe de la province concernée). L'épuisement de cette capacité disponible des réserves fédérales est donc une condition préalable à un engagement justifié de la capacité hypothéquée. Ce principe n'exclut pas qu'une capacité opérationnelle soit réservée à la police fédérale (CIK et DAR) pour répondre à des demandes tardives d'appui spécialisé et/ou non spécialisé. Le système de solidarité interzonale repose sur un engagement concentrique des moyens disponibles, selon le schéma suivant : 1° La zone de police sur le territoire de laquelle se déroule un événement qui nécessite le déploiement de moyens policiers importants se doit de réaliser elle-même un effort suffisant d'engagement de son propre personnel avant de recourir à des renforts (c'est le principe du seuil de recevabilité des demandes).2° Si l'ampleur des dispositifs nécessaires est telle que l'effort propre de la zone de police n'est pas suffisant, la zone concernée pourra d'abord faire appel au CIK auprès du DirCo de la province, ensuite à la solidarité d'arrondissement et finalement à la police fédérale, selon les deux cas de figure suivants : Pour les événements récurrents et/ou planifiables : (un événement est planifiable lorsqu'il est connu au moins 48 heures d'avance) a.En premier lieu, il sera fait appel à l'appui non spécialisé du corps d'intervention de la province et à l'appui spécialisé de la police fédérale; b. En second lieu, la zone concernée fera appel, sans préjudice des accords de coopération (appui latéral), à la solidarité des autres zones du même arrondissement, et ce pour un pourcentage déterminé des effectifs de ces zones (c'est le principe de la solidarité d'arrondissement);c. En troisième lieu, il sera fait appel au corps d'intervention des autres provinces;d. Enfin, des renforts en moyens non spécialisés seront demandé à la police fédérale (DAR, éventuellement des aspirants de la DSE), compte tenu des principes d'engagement définis ci-dessus (c'est le principe de l'appui fédéral). Pour les événements non planifiables : Durant les premières heures, les effectifs nécessaires seront fournis, chacun dans sa spécialité, par : a. les services de la police locale et de la police fédérale présents sur le terrain et dont les missions peuvent être interrompues.. b. les polices locales voisines sur base de protocoles d'accord. On pourra en outre faire appel à la partie rappelable du corps d'intervention et de l'appui spécialisé de la police fédérale (commandement de peloton, équipage d'arroseuse, ...), ceci dans l'attente de la capacité qui pourra encore être mobilisée par la suite par la police intégrée. Le commissaire général rédigera une note de service concernant le fonctionnement de cette réserve d'intervention fédérale, qui doit être à même d'arriver sur place au maximum 4 heures après le rappel. 3° Si ces effectifs s'avèrent encore insuffisants, des renforts pourront être demandés aux autres zones de police (c'est le principe de la solidarité nationale ou de l'HyCap). Tant les effectifs mobilisables que le nombre d'heures à prester dans le cadre de l'appui sont fixés annuellement (ce sont les notions de « niveau de disponibilité » et de « ligne de prestation »). 3. Niveau de disponibilité et ligne de prestation Le niveau de disponibilité correspond à la mobilisation maximale du personnel d'une zone de police pouvant être fourni en renfort au profit d'une autre zone.Il se monte à 7 % maximum des effectifs réels de chaque zone. L'effectif disponible pour l'HyCap comprend les effectifs opérationnels réels de la zone de police en question, limité à la norme minimale telle que déterminée dans l'AR du 5 septembre 2001, M.B. du 12 octobre 2001, (y compris les agents de police), ainsi que le personnel y détaché (voir méthode de calcul en annexe A). Ce niveau de disponibilité sera augmenté, pour la zone hôte, du nombre de membres du personnel mis à sa disposition par le corps d'intervention. Par contre, le personnel en excédant par rapport à la norme minimale n'est pas pris en compte dans les calculs. Le niveau de disponibilité est révisé annuellement. Ces effectifs sont mobilisables moyennant un préavis de 24 heures. La ligne de prestation correspond à un nombre d'unités de prestations constituant une capacité « comptable » fictive de prestations annuelles pouvant être sollicitées sur base de la solidarité (1,2 % de la capacité annuelle de chaque zone de police). La ligne de prestation est calculée annuellement (voir annexe A) et n'est pas révisable en cours d'année. Cette ligne représente un des éléments d'appréciation pour pouvoir désigner les zones appelées en renfort. Pour ne pas pénaliser une zone déficitaire ayant des difficultés à remplir son cadre selon la norme minimale de l'AR du 5 septembre 2001, sa ligne de prestation « HyCap » sera recalculée annuellement par rapport à son effectif réel. Cependant, lorsqu'une zone s'abstient volontairement de remplir son cadre organique, le Ministre de l'Intérieur pourra décider de calculer la ligne de prestation par rapport à l'effectif mimimal prévu dans l'AR cité ci-dessus. 4. Engagement concentrique des moyens 4.1. Champ d'application L'engagement concentrique des moyens des polices locales porte sur le renfort à la gestion de tout événement ou opération de police administrative, de quelque nature que ce soit (ex. FIPA), y compris d'une opération menée sur décision du Ministre de l'Intérieur. Cet engagement de moyens peut impliquer toute forme d'appui opérationnel direct, et notamment la mise à disposition : - de personnel pour le maintien de l'ordre; - de personnel en appui de dispositifs de circulation; - d'équipes canines; - d'équipes d'information tactique. Un membre du cadre officier ou du cadre moyen de la zone de police venue en appui peut être intégré dans la cellule de commandement du service d'ordre, à titre d'officier de liaison, en particulier lorsque deux régions linguistiques sont concernées. 4.2. Seuil de recevabilité des demandes Le seuil de recevabilité des demandes correspond à l'engagement total par la zone concernée, parmi le personnel repris dans l'ordre d'opération et amené à gérer directement le ou les événements concernés, de minimum 12 % de son effectif disponible (augmenté, pour la zone hôte, du nombre de membres du personnel mis à sa disposition par le Corps d'intervention). Lors d'événements paisibles à caractère folklorique, historique ou sportif, on peut s'attendre à ce que la zone mette un maximum de ses moyens propres en oeuvre (et donc dépasse, même largement, le minimum de 12 %). Ce seuil de recevabilité doit être respecté indépendamment de la direction opérationnelle, qu'elle soit confiée au chef de Corps ou au DirCo. Le seuil de recevabilité est repris par zone de police dans le tableau en annexe B. 4.3. Solidarité d'arrondissement Sans préjudice de protocoles d'appui latéral spécifiques entre certaines zones de police (voir à ce sujet la circulaire PLP 27 du 4 novembre 2002), la solidarité d'arrondissement ici visée est fixée à 2 % de l'effectif disponible de chaque autre zone du même arrondissement (ce y compris les membres du personnel mis à sa disposition par le Corps d'intervention). Cette solidarité d'arrondissement correspond donc à une forme imposée d'appui latéral, pour laquelle aucune comptabilisation ne sera imputée sur la ligne de prestation des zones concernées. Par contre, si les nécessités opérationnelles imposent d'engager non pas 2 %, mais plus ou même la totalité du niveau de disponibilité (7 %), ces capacités supplémentaires seront comptabilisées. Le principe de la solidarité d'arrondissement étant posé, il est clair toutefois qu'il devra être tenu compte de la situation réelle de chaque zone de police voisine au jour donné, en fonction de la somme des activités et événements du jour. Ainsi, si deux zones de police du même arrondissement sont confrontées simultanément à des événements, la solidarité d'arrondissement ne sera exigée qu'une seule fois des autres zones. La solidarité d'arrondissement peut aussi être remplacée en dernière instance par un renfort fédéral si une capacité reste disponible et s'il n'y pas eu de demande de remplacement de l'HyCap, en concertation entre les DirCo et les Chefs de corps des zones de police concernés. Ce seuil est également révisé annuellement et est repris dans le tableau en annexe B. Par analogie avec les principes de la PLP 27, le système de solidarité d'arrondissement ici décrit donne lieu à compensation par les zones bénéficiaires des renforts fournis par les autres zones. Le type de compensation est laissé à la libre appréciation des zones. 4.4. Missions de longue durée non planifiées Lorsqu'une même mission se prolonge au-delà de 72 heures (principalement lors d'une grève des établissements pénitentiaires ou des menaces sur des personnes et/ou des institutions, ex. les ambassades), les seuils de recevabilité (12 %) et de solidarité d'arrondissement (2 %), pris dans leur ensemble, ne doivent plus être strictement respectés. Les renforts seront déterminés ponctuellement en fonction des disponibilités opérationnelles et des charges de travail respectives. Passé ce même délai de 72 heures, la totalité des renforts fournis par les autres zones de l'arrondissement concerné pourra être comptabilisée sur la ligne de prestation. La zone directement concernée par l'événement devra cependant toujours garantir l'encadrement. Il est par ailleurs souhaitable que des accords locaux soient pris dans le cadre de plans d'urgence et d'intervention préalablement établis. 4.5. Solidarité nationale (HyCap) La solidarité nationale a pour limite celle du niveau de disponibilité (7 %) des zones concernées. Pour la désignation de l'arrondissement amené à fournir le renfort, différents paramètres seront pris en considération, notamment le régime linguistique, la proximité géographique, la durée prévisible de la mission, la plus-value opérationnelle, l'état de « consommation » de la ligne de prestation ou la charge de travail de chaque arrondissement au moment donné. Une application de bon sens s'appuiera sur ces différents critères, et la motivation de la décision de DAO en la matière sera communiquée à la demande des zones concernées via le DirCo. Les renforts seront désignés de préférence au sein des arrondissements contigus. 5. Procédure 5.1. Description Conformément aux prescriptions énoncées ci-dessus, d'une part, et à celles notamment de la MFO-3, d'autre part, la procédure de demande et d'octroi de renforts suit le schéma suivant : - La demande de renfort est initiée par le service de police chargé de la direction opérationnelle du service d'ordre concerné, le plus tôt possible, auprès du DirCo. Le DirCo coordonne les demandes d'appui. - Sans s'immiscer dans la gestion et dans la responsabilité du Chef de Corps, le DirCo émet un avis quant aux dispositifs envisagés. Il peut, pour ce faire, demander un avis technique à la direction des opérations et de l'information en matière de police administrative de la police fédérale (DAO). - Le DirCo veille au respect des principes d'engagement et vérifie si le seuil de recevabilité (min 12 %) a été respecté par la zone demanderesse. - Il désigne la capacité disponible de corps d'intervention de la province et transmet à DAO la demande éventuelle d'appui spécialisé. - Ensuite, il porte à la connaissance des autres zones de l'arrondissement les besoins en solidarité d'arrondissement à concurrence de 2 % de leur effectif disponible, en tenant compte, le cas échéant, de la charge de travail de ces zones de police. - Il demande le cas échéant l'appui des CIK des provinces avoisinantes et transmet à DAO l'éventuelle demande complémentaire d'appui non spécialisé. - DAO désigne les DirCo des autres arrondissements comme fournisseurs des renforts. Tenant compte des principes de désignation repris au point 4.3 ci-dessus, les zones de police de l'arrondissement concerné par l'événement peuvent, sur indication de DAO, être désignées par le DirCo pour fournir plus de 2 %. 5.2. Rôle particulier du DirCo 5.2.1. Evaluation du dispositif nécessaire Afin de garantir un engagement rationnel et uniforme des moyens disponibles, un rôle particulier est confié au DirCo dans l'évaluation des dispositifs de sécurité envisagés lors d'un événement, lorsque des renforts sont sollicités. Pour réaliser cette évaluation : - le DirCo peut se faire communiquer la documentation nécessaire par le gestionnaire de l'événement; - il peut solliciter un avis technique à DAO; - il réalise une comparaison avec des événements antérieurs similaires. En cas de divergence de vue entre le DirCo et le gestionnaire de l'événement, une concertation est initiée par le DirCo afin d'obtenir un consensus sur les moyens nécessaires. Si aucun accord n'est atteint entre le DirCo et le gestionnaire de l'événement quant aux moyens à mettre en oeuvre, il existe trois possibilités :
Explication IA à partir du texte officiel de la loi. Indicatif, ne remplace pas un conseil juridique.