(1), garde du corps, metteuse en scène. ? Composé déverbal : lorsque le composé est construit à partir d'un verbe suivi d'un nom (prête-nom, porte-parole, sage-femme), le composé ne se modifie pas au féminin : une porte-parole, une garde-malade, une rabat-joie. Il en va de même pour sage-femme (étymologiquement « qui connait les femmes ») qui s'emploie au masculin et au féminin : un sage-femme, une sage-femme. Pour les noms dérivés à l'aide d'un préfixe, comme post-éditeur, téléacheteur ou sous-chef, le féminin se forme en suivant les règles des noms simples correspondants : post-éditrice, téléacheteuse ou sous-cheffe.
- Désigner un ensemble comportant des femmes et des hommes Sept techniques permettent de renvoyer à des ensembles mixtes comportant des femmes et des hommes.Certaines techniques ont pour effet de visibiliser les femmes dans les textes, tandis que d'autres ont pour effet de neutraliser l'opposition de genre. Les choix rédactionnels privilégiés sont guidés par la visée première du décret, à savoir la visibilisation des femmes. Cependant, pour le discours juridique et les actes administratifs complexes, une zone de tolérance permet de recourir prioritairement aux techniques de neutralisation de l'opposition de genre plutôt qu'aux techniques de visibilisation du féminin. Le recours aux termes épicènes ou aux noms non variables en genre est alors privilégié. Pour recourir à la forme masculine avec valeur générique, il faudra a minima que les définitions juridiques reprennent un doublet complet. 2.
- Les doublets Il s'agit d'une technique de visibilisation du féminin. Un doublet consiste à juxtaposer un nom masculin et le nom féminin correspondant : Mesdames et Messieurs, les auditeurs et auditrices, tous les garçons et toutes les filles de mon âge. Le doublet est utilisé lorsque la mixité du groupe auquel on réfère n'est pas établie d'après le contexte ou lorsqu'on souhaite attirer l'attention sur cette mixité. Les formules d'adresse, les définitions reprises dans les textes juridiques, les débuts de texte ou les titres sont des lieux où une attention particulière doit être portée à la visibilisation des femmes. Le féminin ne doit pas forcément précéder le masculin. Le traitement non discriminatoire des femmes dans les textes requiert un usage symétrique des termes. On ne dit pas les filles et les hommes pour désigner les membres de deux équipes sportives, mais les femmes et les hommes ou les filles et les garçons. On utilise également des expressions qui n'entretiennent pas de stéréotype de genre : le panier du ménage (et non le panier de la ménagère), agir en personne prudente et raisonnable (et non agir en bon père de famille). 2.
- Les termes épicènes Il s'agit d'une technique de neutralisation du genre des noms. Parce qu'ils ont la même forme au masculin et au féminin, les termes épicènes permettent de désigner des femmes ou des hommes. Lorsqu'on les emploie, on veille à les accompagner de déterminants non marqués en genre (les, des, ces...). Avec un déterminant marqué en genre comme un, une, le ou la, un terme épicène devient masculin ou féminin. Les noms épicènes Si la forme masculine se termine par -e (et plus rarement par -o ou -a), la forme féminine lui est identique et ces noms sont dits épicènes : un ou une analyste, un ou une psychologue, un ou une imprésario. Les noms épicènes se terminent majoritairement par -e. Certaines abréviations ont également une forme épicène : les profs, les métallos. Ayant la même forme au masculin et au féminin, ils permettent de renvoyer à des ensembles mixtes comprenant des femmes et des hommes : l'artiste, les psychologues, les scientifiques, les syndicalistes. Lorsque le nom épicène est précédé d'un déterminant marqué en genre, la visibilisation du féminin est effective : la dentiste vs le graphiste. Dans ce cas, le déterminant est dédoublé, afin de visibiliser les femmes et les hommes, ce qui ramène à la technique des doublets : un ou une athlète, chères et chers collègues. Il est possible de visibiliser les femmes dans le cas de l'usage des épicènes au pluriel ou avec l'article élidé en spécifiant « tant hommes que femmes » : les artistes, tant hommes que femmes. Les pronoms épicènes Les pronoms épicènes permettent de renvoyer à des référents masculins ou féminins : tu, on, nous, vous, quiconque, qui, etc. Par ailleurs, certaines locutions désignant des personnes fonctionnent de manière épicène : quelques sans-abris, des porte-paroles, les moins de vingt ans... 2.
- Les noms collectifs Il s'agit d'une technique de neutralisation du genre des noms. Les noms collectifs désignent un groupe de personnes (l'équipe belge de natation, le collectif de lutte pour la régularisation des sans-papiers, le personnel soignant) ou des personnes composant une institution (le gouvernement, le conseil de participation). Cette technique permet d'éviter les doublets (l'équipe belge de natation vs les nageurs et les nageuses belges), mais elle ne permet pas de visibiliser le féminin. Elle peut aussi avoir un effet dépersonnalisant (le parlement vs les députées et les députés). 2.
- Les noms non variables en genre désignant des personnes Il s'agit d'une technique de neutralisation du genre des noms. Certains noms non variables en genre sont utilisés pour désigner des personnes, quel que soit leur genre : un individu, une personne, une victime, une vedette, un bébé, un cas-contact, un nourrisson, des gens, une étoile, un être, une forte tête, un personnage, un parent. 2.
- Les formes passives Le recours aux formes passives a pour effet de neutraliser le genre des noms. Dans une formulation passive, le nom qui désigne l'agent de l'action décrite par le verbe peut être omis. Dans la phrase les convocations seront envoyées prochainement, on ne précise pas qui envoie les convocations. La formulation passive permet de neutraliser toute référence aux agents, et donc à leur genre. 2.
- Les doublets abrégés Il s'agit d'une technique de visibilisation du féminin. Le décret limite l'usage des doublets abrégés aux contextes écrits où l'espace disponible impose une abréviation, comme les tweets, les tableaux, les graphiques... On veillera à utiliser le point médian de manière parcimonieuse et à condition que la forme féminine diffère de la forme masculine par la présence d'un -e final (avec ou sans doublement de la consonne) : débutant?e, technicien?ne. Lorsque le doublet abrégé est utilisé au pluriel, on observe deux usages : avec deux points médians (les étudiant?e?s) ou avec un seul point médian (les étudiant?es). La première option présente le féminin comme plus autonome, la seconde est plus lisible. Plutôt que par les parenthèses, le tiret, le point ou la barre oblique qui ont déjà une fonction (élément explicatif, élément accessoire, jonction, barre de fonction, etc.), les doublets sont abrégés de préférence par l'utilisation du point médian. Le point médian permet de combiner les suffixes du masculin et du féminin dans une même unité graphique : professeur?e, lycéen?ne. Le point médian est une marque d'abréviation qui n'est pas destinée à être lue à voix haute. En tant que signe d'abréviation, il commande de rétablir oralement le doublet complet : le professeur ou la professeure. 2.
- L'emploi générique de la forme masculine Il s'agit d'une technique de neutralisation du genre des noms. Dans certains usages (un texte long, une norme juridique, un acte administratif complexe, lorsqu'il est évident que l'on se réfère à des groupes mixtes), il est fréquent que les locutrices et les locuteurs, pourtant soucieux de représenter de manière égale les femmes et les hommes, finissent par utiliser la forme masculine de certains noms avec valeur générique pour désigner des groupes mixtes : après avoir indiqué clairement par l'emploi de doublets que l'on s'adresse, par exemple, à des citoyens et à des citoyennes, un message pourra les désigner par des formes qui, bien que masculines en apparence, permettent de renvoyer à un ensemble mixte (ils, nos concitoyens, les Wallons et les Bruxellois, etc.). Pour recourir à la forme masculine avec valeur générique, il est recommandé de vérifier au préalable : ? Que le caractère mixte de l'ensemble des personnes visées est établi de manière claire par le contexte, le texte ou le discours ; ? Qu'il n'y a aucune ambigüité ou invisibilisation possible du genre ; ? Que ce recours est justifié par des raisons d'économie, d'allègement ou de lisibilité. Lorsque ces trois conditions ne sont pas remplies ou lorsqu'on souhaite exprimer qu'on évoque des personnes des deux genres, il s'agira de mettre en oeuvre les autres techniques prévues par l'arrêté. Si, dans un même texte, coexistent des formes doubles (les directeurs et directrices) et des formes utilisées de manière générique (les directeurs), il faut veiller à ne pas créer d'ambigüité entre les formes génériques et des formes masculines.
- Accorder avec les formes doubles Le nom est marqué en genre et peut transmettre cette caractéristique à d'autres mots (adjectifs, déterminants, participes) par le phénomène de l'accord.L'adjectif, le déterminant et le participe ne sont pourvus d'un genre que par transfert et accord, ce qui permet de tisser des réseaux de cohésion dans le discours. La formulation malheureuse de la règle selon laquelle le genre masculin l'emporte sur le féminin en cas d'accord avec un doublet ou avec un support double de genres différents a provoqué une forme de sentiment d'infériorisation des femmes et parfois une appréhension sexiste de la langue. Or la règle elle-même ne dit pas cela. Elle pose que lorsqu'il est nécessaire d'accorder un mot en genre et que ce mot est associé à deux formes de genres différents, on peut recourir de façon générique à la forme masculine. Cette règle n'empêche nullement de s'adresser explicitement à la fois aux personnes de sexes féminin et masculin (chères étudiantes, chers étudiants, vous êtes invités à la cérémonie). 3.
- L'accord des déterminants Que le déterminant varie en genre (certains, certaines ; tous, toutes) ou soit épicène (des, les, ces, ses, etc.), il est recommandé de le répéter devant chaque nom : certains hommes et certaines femmes, les sportifs et les sportives. 3.
- L'accord des adjectifs et des participes Lorsque l'adjectif suit un doublet ou un support double de genres différents, on recourt habituellement à la valeur générique de la forme masculine au pluriel : les acteurs et les actrices connus. Rapprocher le nom masculin de l'adjectif postposé à accorder permet d'atténuer la rupture de construction : les actrices et les acteurs connus, au lieu de les acteurs et les actrices connus. L'emploi d'un adjectif épicène avec une formulation double n'impose pas d'ordre particulier des doublets : les chercheurs et les chercheuses disponibles. Lorsque l'adjectif n'est pas épicène et qu'il précède le nom, il est recommandé de répéter l'adjectif : les meilleurs footballeurs et les meilleures footballeuses. Lorsque des termes à accorder se trouvent tant à gauche qu'à droite des noms, il est recommandé, lorsque le texte ne s'en trouve pas allourdi de manière excessive, de répéter les adjectifs et les déterminants : certaines femmes compétentes et certains hommes compétents.
- Pronoms à utiliser pour désigner des ensembles mixtes Dans un texte ou un discours, les pronoms peuvent remplir plusieurs fonctions, dont celles de reprise et de première mention.Un pronom de reprise permet par exemple de reprendre sous une forme courte une expression nominale évoquée précédemment : La chirurgienne a terminé son intervention et elle est sortie de la salle d'opération. Le pronom en première mention permet d'introduire un référent : quiconque souhaite participer peut s'inscrire. 4.
- Pronoms de reprise Lorsqu'un pronom reprend un doublet ou un support double de genres différents, la reprise se fait habituellement au masculin pluriel utilisé de façon générique : Les chanteuses et les chanteurs sont sortis de scène. Suite à la chaleur des applaudissements, ils sont venus saluer le public à plusieurs reprises. L'utilisation d'un doublet de pronoms est recommandée si l'on souhaite visibiliser les femmes (ils et elles). 4.
- Pronoms de première mention Les pronoms permettent d'introduire dans un texte des référents qui n'ont pas encore été mentionnés : Qui veut gagner des millions ? Lorsqu'ils sont épicènes (qui, quiconque, on, vous, etc.), les pronoms permettent de référer à des groupes composés de femmes et d'hommes ou de renvoyer à un individu masculin ou féminin. Les pronoms variables en genre (il, elle ; celui, celle ; chacun, chacune) s'utilisent de deux manières. Soit on utilise la forme masculine avec valeur générique (il, celui, chacun) pour renvoyer à un individu dont on ignore le genre ou à un ensemble mixte lorsque le caractère mixte du groupe évoqué est clairement établi par le contexte : C'est celui qui le dit qui l'est sera généralement interprété comme pouvant renvoyer à une personne quel que soit son genre. Soit on utilise le doublet de pronoms, ce qui est l'usage privilégié dès que l'on estime que la forme masculine à valeur générique risque d'être interprétée comme une forme masculine ou qu'il convient de visibiliser les femmes : Celles et ceux qui le souhaitent peuvent s'inscrire dès à présent. Dans ce cas, le recours à la périphrase la personne qui permet également de renvoyer à des individus des deux sexes : toute personne qui en fait la demande sera contactée par notre service. Lorsqu'on emploie le nom personne, l'accord se fait au féminin singulier. Vu pour être annexé à l'arrêté du Gouvernement de la Communauté française portant exécution du décret du 14 octobre 2021 relatif au renforcement de la féminisation des noms de métier, fonction, grade ou titre et aux bonnes pratiques non discriminatoires quant au genre dans le cadre des communications officielles ou formelles. Bruxelles, le 14 juillet
- Pour le Gouvernement de la Communauté française : Le Ministre-Président, P.-Y. JEHOLET La Ministre de l'Enfance, de la Santé, de la Culture, des Médias et des Droits des femmes, B. LINARD _______ Note