CETATEXT000023218639 J0_L_2010_11_000000900593 CETAT texte/juri/admin/CETA/TEXT/00/00/23/21/86/CETATEXT000023218639.xml Texte Cour Administrative d'Appel de Versailles, 1ère Chambre, 18/11/2010, 09VE00593, Inédit au recueil Lebon 2010-11-18 Cour Administrative d'Appel de Versailles 09VE00593 1ère Chambre excès de pouvoir C M. SOUMET LIPIETZ Mme Laurence BELLE VANDERCRUYSSEN M. DHERS Vu la requête, enregistrée le 22 janvier 2009 au greffe de la Cour administrative d'appel de Versailles, présentée pour M. Franck A B, demeurant chez M. C D ..., par Me Lipietz ; il demande à la Cour : 1°) d'annuler le jugement n° 0807100 en date du 4 novembre 2008 par lequel le Tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 29 avril 2008 par laquelle le préfet de l'Essonne a refusé de lui accorder un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français à destination de son pays d'origine ; 2°) d'annuler ledit arrêté ; 3°) à titre subsidiaire d'annuler la décision contenue dans l'arrêté qui porte pays de destination de l'éloignement ; 4°) à titre accessoire d'ordonner une expertise psychologique pour s'assurer que le retour au Congo ne nuirait pas à sa fille E et à ce que les investigations nécessaires soient diligentées ; 5°) d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois et de lui délivrer un titre de séjour et si le pays de destination est annulé que le préfet lui délivre une assignation à résidence ; 6°) de mettre à la charge du préfet de l'Essonne une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens ; Il soutient que l'intérêt supérieur de l'enfant, protégé par les stipulations de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant, a été méconnu dès lors qu'elle ne peut vivre au Congo et que l'article 9-1 de la même convention internationale a été également méconnu ; que sa fille est arrivée en France à l'âge de huit ans et a été scolarisée en France ; que la République démocratique du Congo ne scolarise que deux enfants sur trois et plutôt les garçons ; qu'il a fait montre de son intégration et de sa bonne connaissance des valeurs de la République ; qu'il est bien inséré en France, soutenu par de nombreuses pétitions et déclare ses impôts ; que le préfet a méconnu les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du code des étrangers et du droit d'asile ; qu'il a commis une erreur de fait puisqu'il mentionne qu'il n'apporte pas la preuve que sa femme est en France alors qu'il n'en a jamais fait état ; que l'absence d'examen de sa situation personnelle avant d'édicter la décision est constitutive d'une erreur de droit ; qu'il est entré en France en 2001 soit depuis sept ans et sa fille en 2004 ; qu'il n'a plus de liens avec son ex-femme qui a probablement refait sa vie ; que s'agissant de la décision fixant le Congo comme pays d'éloignement le préfet de l'Essonne n'a pas évalué les risques encourus puisqu'il ne les évoque pas dans son arrêté alors que la soeur de l'intéressé a obtenu le statut de réfugié politique ; que le préfet a méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; que s'agissant des risques encourus dans son pays d'origine le préfet n'a pas tenu compte de tous les documents ; qu'il a commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle et familiale de M. A ; ........................................................................................................................................................... Vu les autres pièces du dossier ; Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; Vu la convention internationale des droits de l'enfant ; Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; Vu le code de justice administrative ; Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ; Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 4 novembre 2010 : - le rapport de Mme Belle, premier conseiller, - les conclusions de M. Dhers, rapporteur public, - et les observations de Me Lipietz ; Sur la légalité de la décision de refus de séjour : Considérant qu'aux termes du I de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : L'autorité administrative qui refuse la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour à un étranger ou qui lui retire son titre de séjour, son récépissé de demande de carte de séjour ou son autorisation provisoire de séjour, pour un motif autre que l'existence d'une menace à l'ordre public, peut assortir sa décision d'une obligation de quitter le territoire français, laquelle fixe le pays à destination duquel l'étranger sera renvoyé s'il ne respecte pas le délai de départ volontaire prévu au troisième alinéa. (...) L'étranger dispose, pour satisfaire à l'obligation qui lui a été faite de quitter le territoire français, d'un délai d'un mois à compter de sa notification. Passé ce délai, cette obligation peut être exécutée d'office par l'administration. L'obligation de quitter le territoire n'a pas à faire l'objet d'une motivation. ; et qu'aux termes du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : Sauf si sa présence en France constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale est délivrée de plein droit : (...)A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 311-7 soit exigée ; qu'aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :
Explication IA à partir du texte officiel de la loi. Indicatif, ne remplace pas un conseil juridique.