CETATEXT000024910181 J0_L_2011_11_000001101007 CETAT texte/juri/admin/CETA/TEXT/00/00/24/91/01/CETATEXT000024910181.xml Texte Cour Administrative d'Appel de Versailles, 4ème Chambre, 22/11/2011, 11VE01007, Inédit au recueil Lebon 2011-11-22 Cour Administrative d'Appel de Versailles 11VE01007 4ème Chambre excès de pouvoir C M. BROTONS ROIZOT Mme Claire ROLLET-PERRAUD Mme RIBEIRO-MENGOLI Vu la requête, enregistrée le 17 mars 2011 au greffe de la Cour administrative d'appel de Versailles, présentée pour M. Bassirima A, demeurant ..., par Me Roizot, avocat ; M. A demande à la Cour : 1°) d'annuler le jugement n° 1003735 du 10 février 2011 par lequel le Tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté en date du 19 mars 2010 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays de destination ; 2°) d'annuler cet arrêté ; 3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale dans le délai de quinze jours suivant la notification de l'arrêt à intervenir ; 4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ; Il soutient que : - le jugement attaqué est irrégulier faute pour le tribunal administratif de l'avoir convoqué à l'audience publique ; - la décision refusant la délivrance du titre de séjour sollicité méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; qu'il vit en France de manière habituelle depuis 1998 et en maîtrise la langue ; que sa compagne y réside également depuis 2004 ; que leur enfant est né le 10 mars 2006 sur le territoire français et qu'il y est scolarisé depuis deux ans ; que l'ensemble de la famille réside donc en France et est intégrée à la société française ; qu'il n'a plus de liens avec la Côte d'Ivoire, ses parents étant décédés ; qu'il déclare ses revenus en France ; qu'il est locataire de son appartement depuis 2002 ; qu'il craint d'être persécuté en cas de retour en Côte d'Ivoire en raison de son appartenance à l'ethnie Dioula, d'autant que la situation politique dans ce pays s'est récemment dégradée ; - le préfet de la Seine-Saint-Denis a également commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision portant refus de séjour sur sa situation familiale et personnelle ; - l'arrêté litigieux porte atteinte à l'intérêt supérieur de son enfant garanti par les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ; que sa fille est née et scolarisée en France et y a ses seuls repères personnels et éducatifs ; qu'elle est donc parfaitement intégrée ; - le préfet de la Seine-Saint-Denis n'a pas, comme il en avait l'obligation, saisi la commission du titre de séjour conformément aux articles L. 313-14 et L. 312-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; - la décision portant obligation de quitter le territoire français est contraire aux stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et aux dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; qu'elle est également entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ; qu'elle doit être annulée en conséquence de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ; - la décision fixant le pays de destination est illégale compte tenu des risques qu'il encourt en cas de retour dans son pays d'origine ; .......................................................................................................... Vu les autres pièces du dossier ; Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; Vu la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 ; Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; Vu le code de justice administrative ; Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ; Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 8 novembre 2011 : - le rapport de Mme Rollet-Perraud, premier conseiller, - les conclusions de Mme Ribeiro-Mengoli, rapporteur public, - et les observations de Me Boamah, substituant Me Roizot, pour M. A ; Considérant que par un arrêté du 19 mars 2010, le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé à M. A la délivrance d'un titre de séjour au regard des dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que de celles du 7° de l'article L. 313-11 du même code et l'a obligé à quitter le territoire français ; que M. A, qui n'a pas obtenu des premiers juges l'annulation des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français, relève appel du jugement du Tribunal administratif de Montreuil en date du 10 février 2011 ; Sur la régularité du jugement attaqué : Considérant qu'aux termes de l'article R. 711-2 du code de justice administrative : Toute partie est avertie, par une notification faite par lettre recommandée avec demande d'avis de réception ou par la voie administrative mentionnée à l'article R. 611-4, du jour où l'affaire sera appelée à l'audience. (...) L'avertissement est donné sept jours au moins avant l'audience ; qu'aux termes de l'article R. 431-1 du même code : Lorsqu'une partie est représentée devant le tribunal administratif par un des mandataires mentionnés à l'article R. 431-2, les actes de procédure, à l'exception de la notification de la décision prévue aux articles R. 751-3 et suivants, ne sont accomplis qu'à l'égard de ce mandataire ; qu'il résulte de ces dispositions que l'avis d'audience est régulièrement notifié au seul avocat ; Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que l'avis d'audience daté du 27 décembre 2010 a été présenté au cabinet de Me Roizot le 29 décembre 2010 et que ce dernier a été avisé que le pli était à sa disposition au bureau de poste dont il relevait ; que toutefois, ledit pli n'a pas été réclamé ; que par suite, l'avis d'audience doit être regardé comme ayant été régulièrement notifié à Me Roizot ; que, dès lors et en tout état de cause, le moyen tiré du défaut de convocation de M. A à l'audience doit être écarté ; Sur les conclusions à fin d'annulation : En ce qui concerne la légalité de la décision de refus de titre de séjour : Considérant, en premier lieu, qu'aux termes de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : (...) L'autorité administrative est tenue de soumettre pour avis à la commission susmentionnée à l'article L. 312-1 la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par l'étranger qui justifie par tout moyen résider en France habituellement depuis plus de dix ans. ; que, si M. A soutient avoir vécu en France depuis plus de dix ans à la date de la décision attaquée, les pièces qu'il produit pour les années 2000 et 2001 sont constituées essentiellement d'une copie de carte consulaire datée du 2 mars 2000, d'une ordonnance médicale datée du 23 octobre 2000 et de deux courriers de la Poste, de juillet et septembre 2001, peu probants, qui ne sont pas de nature à justifier une résidence habituelle en France pour les années en cause ; que le requérant ne démontre donc pas que le préfet était tenu, en application des dispositions susrappelées, de consulter au sujet de sa demande la commission départementale du titre de séjour ; Considérant, en deuxième lieu, qu'aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :
Explication IA à partir du texte officiel de la loi. Indicatif, ne remplace pas un conseil juridique.