CETATEXT000026925652 J5_L_2012_12_000001200644 CETAT texte/juri/admin/CETA/TEXT/00/00/26/92/56/CETATEXT000026925652.xml Texte Cour Administrative d'Appel de Nancy, 3ème chambre - formation à 3, 20/12/2012, 12NC00644, Inédit au recueil Lebon 2012-12-20 Cour Administrative d'Appel de Nancy 12NC00644 3ème chambre - formation à 3 excès de pouvoir C Mme HERBELIN SELARL GUITTON & GROSSET Mme Catherine FISCHER-HIRTZ M. COLLIER Vu la requête, enregistrée le 12 avril 2012, présentée pour Mme B...A..., demeurant..., par Me Grosset, avocat ; Mme A...demande à la Cour : 1°) d'annuler le jugement n° 1102452 du 13 mars 2012 par lequel le Tribunal administratif de Nancy a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet de Meurthe-et-Moselle du 5 décembre 2011 rejetant sa demande de titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français et fixant le pays à destination duquel elle pourra être éloignée ; 2°) d'annuler cet arrêté ; 3°) d'enjoindre au préfet de Meurthe-et-Moselle de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, une autorisation provisoire de séjour ; 4°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ; 5°) de surseoir à statuer dans l'attente de la décision du bureau d'aide juridictionnelle ; 6°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à verser à Me Grosset en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ; Elle soutient que : - le tribunal n'a pas répondu au moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté du 5 décembre 2011 ; En ce qui concerne la décision de refus de séjour : - la motivation de cette décision est stéréotypée ; - elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors qu'elle vit en France depuis six ans avec sa famille et ses enfants qui sont scolarisés et qu'elle présente de sérieuses garanties d'intégration ; - elle méconnaît l'autorité de la chose jugée, dès lors que le tribunal administratif a conclu à la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français : - elle n'est pas motivée conformément aux exigences de l'article 12 de la directive 2008/115/CE du 16 décembre 2008 ; - elle porte une atteinte disproportionnée à son droit à mener à une vie privée et familiale normale ; En ce qui concerne la décision accordant un délai de départ volontaire : - cette décision n'est pas motivée et méconnaît l'article 7 de la directive 2008/115/CE ; - l'article L. 511-1-I du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'est pas conforme aux articles 7, 8 et 14 de la directive susmentionnée dès lors qu'il prévoit un délai de départ automatique, ne tient pas compte de l'obligation de prolongation du délai de départ volontaire en cas de nécessité et en fonction de la situation personnelle de chaque intéressé ; - cette décision méconnaît les dispositions de l'article 24 de la loi du 12 avril 2000 et de l'article 41.2 de la charte des droits fondamentaux, dès lors qu'elle n'a pu présenter ses observations orales ; - le délai de départ volontaire est inapproprié eu égard à la scolarisation des enfants et à sa bonne intégration en France ; - l'obligation de se présenter au commissariat est illégale dès lors qu'elle n'est pas motivée ; elle est contraire aux dispositions supranationales mentionnées précédemment ; que le juge judiciaire est gardien des libertés individuelles ; qu'elle est contraire au droit à un procès équitable tel que garanti par la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; qu'elle vide de son sens le droit à un recours effectif et que la préfecture ne saurait contraindre un étranger à fournir un interprète pour comprendre ses propres droits ; En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination : - le préfet n'a pas motivé cette décision quant aux risques encourus en Arménie ; - la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation de sa situation personnelle dès lors que le préfet s'est contenté de faire siennes les réserves émises par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides puis par la Cour nationale du droit d'asile sur l'authenticité des pièces versée, et ne s'est pas livré à une appréciation sur les risques encourus en cas de retour dans son pays d'origine ; Vu le jugement et l'arrêté attaqués ; Vu le mémoire en défense, enregistré le 12 juillet 2012, présenté par le préfet de Meurthe-et-Moselle, qui conclut au rejet de la requête, et déclare s'en remettre à ses écrits de première instance ; Vu la décision du bureau d'aide juridictionnelle, en date du 10 mai 2012, admettant Mme A...au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ; Vu les autres pièces du dossier ; Vu la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ; Vu la directive n° 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 ; Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; Vu la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ; Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; Vu le code de justice administrative ; Vu la loi n° 79-587 du 11 juillet 1979 ; Vu la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ; Vu la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000 ; Vu le code de justice administrative ; Vu la décision du président de la formation de jugement de dispenser le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ; Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ; Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 29 novembre 2012 : - le rapport de Mme Fischer-Hirtz, président ; Sur la régularité du jugement :
Explication IA à partir du texte officiel de la loi. Indicatif, ne remplace pas un conseil juridique.