CETATEXT000027664094 J3_L_2013_07_000001202942 CETAT texte/juri/admin/CETA/TEXT/00/00/27/66/40/CETATEXT000027664094.xml Texte Cour administrative d'appel, 3ème chambre (formation à 3), 01/07/2013, 12BX02942, Inédit au recueil Lebon 2013-07-01 Cour administrative d'appel 12BX02942 3ème chambre (formation à 3) excès de pouvoir C M. DE MALAFOSSE SIBERTIN-BLANC M. Aymard DE MALAFOSSE M. de la TAILLE LOLAINVILLE Vu la requête, enregistrée le 23 novembre 2012 par télécopie et régularisée le 27 novembre 2012, présentée pour Mlle A...B..., élisant domicile... ; Mlle B...demande à la cour : 1°) d'annuler le jugement n° 123092 du 6 juillet 2012 par lequel le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande tendant à l'annulation des décisions du 3 juillet 2012 par lesquelles le préfet de la Gironde l'a obligée à quitter sans délai le territoire, a fixé le pays de destination, a prononcé une interdiction de retour en France pendant une durée d'un an et l'a placée en rétention ; 2°) d'annuler les décisions contestées ; 3°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de lui délivrer un titre de séjour provisoire dès notification de l'arrêt et de procéder à l'effacement de son signalement dans le système d'information Schengen ; 4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ; ----------------------------------------------------------------------------------------------------- Vu les autres pièces du dossier ; Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; Vu l'accord entre la République française et le Royaume d'Espagne relatif à la réadmission des personnes en situation irrégulière, signé à Malaga le 26 novembre 2002 entré en vigueur le 21 décembre 2003 ; Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; Vu la loi n° 79-587 du 11 juillet 1979 modifiée ; Vu le code de justice administrative ; Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ; Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 28 mai 2013 : - le rapport de M. Aymard de Malafosse, président ; - les conclusions de M. C...de la Taille Lolainville, rapporteur public ; 1. Considérant que MlleB..., de nationalité marocaine, est entrée en France selon ses dires en 2009 via l'Espagne à l'âge de 17 ans ; qu'elle a été interpellée le 2 juillet 2012 à Bordeaux par les services de police pour un vol à l'étalage ; que Mlle B...relève appel du jugement du 6 juillet 2012 par lequel le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande tendant à l'annulation des décisions du 3 juillet 2012 par lesquelles le préfet de la Gironde l'a obligée à quitter sans délai le territoire français, a prononcé à son encontre une interdiction de retour en France pour une durée d'un an et l'a placée en rétention administrative ; Sur la légalité de l'obligation de quitter le territoire français : 2. Considérant, en premier lieu, qu'aux termes du I de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger à quitter le territoire français un étranger non ressortissant d'un Etat membre de l'Union européenne, d'un autre Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse et qui n'est pas membre de la famille d'un tel ressortissant au sens des 4° et 5° de l'article L. 121-1, lorsqu'il se trouve dans l'un des cas suivants : 1° Si l'étranger ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, à moins qu'il ne soit titulaire d'un titre de séjour en cours de validité (...) " ; 3. Considérant que le préfet a visé dans son arrêté l'article L. 511-1-I 1° précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et a relevé que Mlle B...était entrée en France en 2009 en provenance d'un Etat partie à la convention de Schengen sans être en possession des documents et visas exigés à l'article L. 211-1 dudit code ; qu'il a ainsi suffisamment motivé l'obligation de quitter le territoire français prise à l'encontre de l'intéressée ; 4. Considérant, en deuxième lieu, qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet se soit cru tenu d'obliger Mlle B...à quitter le territoire sans avoir à examiner sa situation personnelle ; que le moyen tiré de l'erreur de droit qui entacherait la décision contestée doit ainsi être écarté ; 5. Considérant, en troisième lieu, qu'aux termes de l'article L. 531-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation aux articles L. 213-2 et L. 213-3, L. 511-1 à L. 511-3, L. 512-1, L. 512-3, L. 512-4, L. 513-1 et L. 531-3, l'étranger non ressortissant d'un Etat membre de l'Union européenne qui a pénétré ou séjourné en France sans se conformer aux dispositions des articles L. 211-1, L. 211-2, L. 311-1 et L. 311-2 peut être remis aux autorités compétentes de l'Etat membre qui l'a admis à entrer ou à séjourner sur son territoire, ou dont il provient directement, en application des dispositions des conventions internationales conclues à cet effet avec les Etats membres de l'Union européenne (...) " ; 6. Considérant que la requérante soutient qu'ayant relevé dans son arrêté qu'elle était entrée en France en 2009 en provenance directe d'un Etat partie à la convention de Schengen, à savoir l'Espagne, le préfet n'a pu légalement prendre à son encontre une mesure d'éloignement sans demander préalablement à l'Espagne sa réadmission ; 7. Considérant, toutefois, que les stipulations de l'accord entre l'Espagne et la France relatif à la réadmission des personnes en situation irrégulière signé à Malaga le 26 novembre 2002 n'imposent pas aux autorités françaises de demander la réadmission en Espagne d'un étranger en situation irrégulière qui a précédemment séjourné dans ce pays ; que Mlle B...ne soutient pas détenir une autorisation de séjour en Espagne ; que, dans ces conditions, le préfet, qui n'a pas mis en oeuvre la procédure de réadmission prévue par cet accord, a pu légalement prendre à l'encontre de l'intéressée une mesure d'éloignement sans avoir préalablement à demander à l'Espagne sa réadmission ; 8. Considérant, en quatrième lieu, que si Melle B...fait valoir qu'elle a dû quitter le Maroc pour échapper à un mariage forcé et aux violences qu'exerçait sur elle son père, elle n'établit pas, en tout état de cause, la réalité de ces affirmations, au demeurant non conformes aux déclarations qu'elle a faites lors de son interpellation, en se bornant à produire une attestation peu circonstanciée d'une tante ; que le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation dont serait entachée la mesure d'éloignement litigieuse doit être écarté ; Sur la légalité du refus d'accorder un délai de départ volontaire : 9. Considérant qu'aux termes du II de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " (...) l'autorité administrative peut, par une décision motivée, décider que l'étranger est obligé de quitter sans délai le territoire français : (...) / 3° S'il existe un risque que l'étranger se soustraie à cette obligation. Ce risque est regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants: /
Explication IA à partir du texte officiel de la loi. Indicatif, ne remplace pas un conseil juridique.