Cour Administrative d'Appel de Nantes, 5ème chambre, 14/06/2013, 13NT00483
CETATEXT000027826317 J4_L_2013_06_000001300483 CETAT texte/juri/admin/CETA/TEXT/00/00/27/82/63/CETATEXT000027826317.xml Texte Cour Administrative d'Appel de Nantes, 5ème chambre, 14/06/2013, 13NT00483, Inédit au recueil Lebon 2013-06-14 Cour Administrative d'Appel de Nantes 13NT00483 5ème chambre excès de pouvoir C M. ISELIN RUFFEL M. Jean-Frédéric MILLET Mme GRENIER Vu la requête, enregistrée le 13 février 2013, présentée pour M. B... A..., demeurant..., par Me Ruffel, avocat au barreau de Montpellier ; M. A... demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement n° 1105126 en date du 13 décembre 2012 par lequel le tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision du 5 avril 2011 par laquelle le ministre de l'intérieur, de l'outre-mer, des collectivités territoriales et de l'immigration a rejeté sa demande de naturalisation ;
2°) d'annuler ladite décision pour excès de pouvoir ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui accorder la nationalité française, subsidiairement de réexaminer sa demande de naturalisation, dans un délai de deux mois, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 196 euros TTC à verser à son conseil, en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de la renonciation de ce dernier à demander le versement de la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle ;
Il soutient que la décision du 5 avril 2011 fait état d'une condamnation pour des faits de conduite sous l'empire d'un état alcoolique datant du 26 août 1997 ; que s'il a été condamné pour ces faits par le tribunal correctionnel le 19 février 1998 à un mois d'emprisonnement avec sursis et 14 mois de suspension de permis de conduire, il a été réhabilité de plein droit le 20 avril 2004, en application de l'article 133-13 2° du code pénal, pour n'avoir commis aucune nouvelle infraction à cette date ; qu'en rappelant l'existence de cette condamnation, pour établir son " comportement récidiviste ", la décision a méconnu les dispositions des articles 133-16 et 133-11 du code pénal ; qu'il lui est reproché d'avoir conduit un véhicule en état alcoolique le 5 avril 2006 ; qu'il a été puni pour ces faits d'une peine de suspension de permis de 6 mois, et d'une amende de 400 euros qu'il a immédiatement payée, par simple ordonnance pénale ; que ces faits ne sont ni récents, ni suffisamment graves pour justifier, sur ce seul fondement, un rejet de naturalisation ; que la décision contestée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ; qu'il s'est marié en 1993 avec une ressortissante française, atteinte de sclérose en plaque, qui lui a donné quatre enfants, tous de nationalité française ; que, titulaire d'une carte de résident jusqu'en 2015, il a monté une entreprise de carrelage en 2009 et emploie plusieurs salariés ; que son activité lui procure des revenus suffisants pour loger et nourrir sa famille ;
Vu le jugement attaqué ;
Vu le mémoire en défense, enregistré le 25 mars 2013, présenté par le ministre de l'intérieur, qui conclut au rejet de la requête ;
Il soutient que le requérant invoque en vain la réhabilitation de plein droit de la condamnation pour conduite, le 26 août 1997, sous l'empire d'un état alcoolique, alors que l'acte entrepris ne mentionne que le fait imputé à l'intéressé et que l'autorité absolue de chose jugée dont est revêtu le jugement pénal du 19 février 1998 s'oppose à ce que la matérialité des faits soit discutée devant le juge administratif ; que M. A... ne peut utilement soutenir que la qualification de " comportement récidiviste " serait inappropriée, en cas de répétition, après une première mesure d'ajournement, du même type de fait délictueux ; qu'en estimant que les faits commis en 2006 étaient récents et suffisamment graves pour justifier un refus de naturalisation, il n'a pas entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation ;
Vu la décision du 21 février 2013 par laquelle le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal de grande instance de Nantes a accordé à M. A... le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ;
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code civil ;
Vu le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française ;
Vu le code de justice administrative ;
Vu la décision du président de la formation de jugement de dispenser le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 24 mai 2013 :
Sur les conclusions à fin d'annulation :
Sur les conclusions à fin d'injonction :
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. B... A...et au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 24 mai 2013, à laquelle siégeaient :
Lu en audience publique le 14 juin 2013.
Le rapporteur, J-F. MILLETLe président, B. ISELIN Le greffier, F. PERSEHAYE La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision. '' '' '' '' 2 N° 13NT00483