Vu la procédure suivante : Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 15 et 28 décembre 2015 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, la chambre de commerce et d'industrie d'Alençon et le département de l'Orne demandent au juge des référés du Conseil d'Etat, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : 1°) d'ordonner la suspension de l'exécution du décret n° 2015-1641 du 11 décembre 2015 portant création de la chambre de commerce et d'industrie territoriale Portes de Normandie ; 2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Ils soutiennent que : - la condition d'urgence est remplie, dès lors que le décret litigieux prive le département de l'Orne d'une représentation consulaire des entreprises et méconnaît le principe d'unicité du territoire départemental ; - il existe un doute sérieux quant à la légalité du décret contesté dès lors qu'il méconnaît l'article L. 711-1 du code du commerce en prévoyant la fusion de deux chambres de commerce et d'industrie territoriales contre leur volonté ; - le décret est entaché d'irrégularité, dès lors qu'il omet de viser la délibération de la chambre de commerce et d'industrie d'Alençon du 28 septembre 2015 ; - il est entaché d'un détournement de pouvoir et de procédure ; - il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors que l'ancrage territorial de la chambre de commerce et d'industrie territoriale Portes de Normandie préjudicie à l'égale représentation des intérêts des entreprises du territoire ; - l'ordonnance n°2015-1540 du 26 novembre 2015 ne peut constituer la base légale du décret contesté et a, en tout état de cause, méconnu le champ de l'habilitation législative qui en est le fondement. Par un mémoire en défense, enregistré le 28 décembre 2015, le ministre de l'économie, de l'industrie et du numérique conclut au rejet de la requête. Il soutient que la condition d'urgence n'est pas remplie et que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés. En outre, il soutient que le président de la chambre de commerce et d'industrie territoriale d'Alençon, dont l'élection à la fonction de président est entachée d'illégalité, est dans l'incapacité d'intenter une action en justice au nom de cette chambre et que le département de l'Orne n'a pas intérêt à agir. Le Premier ministre n'a pas produit de mémoire de défense. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code du commerce ; - la loi n° 2015-991 du 7 août 2015, notamment son article 4 dans la rédaction issue de l'ordonnance n° 2015-1540 du 26 novembre 2015 ; - le code de justice administrative ; Après avoir convoqué à une audience publique, d'une part, la chambre de commerce et d'industrie d'Alençon et le département de l'Orne et, d'autre part, le Premier ministre et le ministre de l'économie, de l'industrie et du numérique ; Vu le procès-verbal de l'audience publique du 29 décembre 2015 à 10 heures au cours de laquelle ont été entendus : - Me Froger, avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, avocat de la chambre de commerce et d'industrie d'Alençon et du département de l'Orne ; - le représentant de la chambre de commerce et d'industrie d'Alençon ; - la représentante du ministre de l'économie, de l'industrie et du numérique ; et à l'issue de laquelle le juge des référés a clos l'instruction ;
Explication IA à partir du texte officiel de la loi. Indicatif, ne remplace pas un conseil juridique.