CETATEXT000032528888 J1_L_2016_05_000001400545 CETAT texte/juri/admin/CETA/TEXT/00/00/32/52/88/CETATEXT000032528888.xml Texte CAA de PARIS, 1ère chambre , 12/05/2016, 14PA00545, Inédit au recueil Lebon 2016-05-12 CAA de PARIS 14PA00545 1ère chambre excès de pouvoir C Mme PELLISSIER SELARL RAPHAELE CHARLIER M. Stéphane DIEMERT M. ROMNICIANU Vu la procédure suivante : Procédure contentieuse antérieure : L'association Ensemble pour la planète a demandé au tribunal administratif de Nouvelle-Calédonie d'annuler la décision implicite née du silence gardé par le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie sur sa demande, en date du 24 mai 2012, tendant à ce que soit rendue obligatoire, dans tous les lieux de vente, l'apposition de recommandations relatives à la consommation d'espèces de poissons à risque pour divers publics et d'enjoindre au président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie de rendre obligatoire l'apposition desdites recommandations. Par un jugement n° 1200299 du 10 octobre 2013, le tribunal administratif de Nouvelle-Calédonie a rejeté sa demande. Procédure devant la Cour : Par une requête enregistrée le 6 février 2014, l'association Ensemble pour la planète, représentée par MeA..., demande à la Cour : 1°) d'annuler le jugement n° 1200299 du 10 octobre 2013 du tribunal administratif de Nouvelle-Calédonie ; 2°) d'annuler la décision implicite née du silence gardé par le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie sur sa demande, en date du 24 mai 2012, tendant à ce que soit rendue obligatoire, dans tous les lieux de vente, l'apposition de recommandations relatives à la consommation d'espèces de poissons à risque pour divers publics ; 3°) de mettre à la charge de la Nouvelle-Calédonie le versement de la somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Elle soutient que : - son intérêt pour agir est certain, dès lors que son objet social vise la défense et la protection de l'environnement et de la santé humaine ; - le délai d'appel de quatre mois a été respecté ; - en vertu de l'article 22 de la loi organique du 19 mars 1999, la Nouvelle-Calédonie est compétente en matière d'hygiène et de santé publique ; son gouvernement l'est donc pour édicter les mesures de police afférentes ; - la carence d'une autorité de police à mettre en oeuvre ses pouvoirs peut entraîner l'annulation de ce refus d'agir, lorsqu'existe un péril grave pour l'ordre public ; - le risque sanitaire ici en cause, lié à la présence de mercure, présente un caractère mondial et fait d'ailleurs l'objet de réglementations européennes ; - les procédés d'information du consommateur mis en oeuvre en Nouvelle-Calédonie sont insuffisants au regard des spécificités locales. La requête a été communiquée au gouvernement de la Nouvelle-Calédonie qui n'a pas présenté d'observations. Les parties ont été informées le 2 mars 2016, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que la formation de jugement était susceptible de rejeter les conclusions de la requête sur le fondement d'un moyen soulevé d'office, tiré de ce que le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie n'avait pas compétence pour prendre les mesures sollicitées par l'association requérante. Par un mémoire enregistré le 31 mars 2016, l'association Ensemble pour la planète a présenté des observations en réponse à cette communication. Elle fait valoir que : - le droit à la santé et la prévention des atteintes à la santé publique sont des obligations constitutionnelles pesant sur l'Etat en vertu de l'alinéa 11 du Préambule de 1946 et de l'aticle 1er de la charte de l'environnement ; - la Nouvelle-Calédonie est compétente en matière de protection de la santé publique et tenue de prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé humaine. Vu les autres pièces du dossier. Vu : - la loi organique n° 99-209 du 19 mars 1999 relative à la Nouvelle-Calédonie ; - le code de justice administrative. Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique : - le rapport de M. Diémert, - les conclusions de M. Romnicianu, rapporteur public.
Explication IA à partir du texte officiel de la loi. Indicatif, ne remplace pas un conseil juridique.