CETATEXT000034954549 J6_L_2017_05_000001601710 CETAT texte/juri/admin/CETA/TEXT/00/00/34/95/45/CETATEXT000034954549.xml Texte CAA de MARSEILLE, 1ère chambre - formation à 3, 12/05/2017, 16MA01710, Inédit au recueil Lebon 2017-05-12 CAA de MARSEILLE 16MA01710 1ère chambre - formation à 3 excès de pouvoir C M. POCHERON XOUAL Mme Isabelle GOUGOT Mme GIOCANTI Vu la procédure suivante : Procédure contentieuse antérieure : M. et Mme A... F...ont demandé au tribunal administratif de Marseille d'annuler l'arrêté du 2 juin 2014 par lequel le maire d'Allauch a refusé de leur délivrer un permis de construire pour l'édification d'une maison individuelle. Par un jugement n° 1405490 du 3 mars 2016, le tribunal administratif de Marseille a annulé cet arrêté. Procédure devant la Cour : Par une requête, enregistrée le 3 mai 2016, la commune d'Allauch, représentée par Me B..., demande à la Cour : 1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Marseille du 3 mars 2016 ; 2°) de rejeter la demande présentée par M. et Mme F...devant le tribunal administratif de Marseille ; 3°) de mettre à la charge de M. et Mme F... la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Elle soutient que : - le refus de permis de construire en litige ne méconnaît pas l'article L. 600-2 du code de l'urbanisme ; - la déclaration préalable du 24 août 2011 n'a pas crée de droits acquis à construire ; - le projet méconnaît l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme. Par un mémoire en défense, enregistré le 4 janvier 2017, M. et Mme F... concluent au rejet de la requête, demandent à la Cour d'enjoindre à la commune d'Allauch de réexaminer leur demande dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de mettre à la charge de la commune d'Allauch la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Ils font valoir qu'aucun moyen de la requête n'est fondé. Vu les autres pièces du dossier. Vu : - le code de l'urbanisme ; - le code de justice administrative. Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique : - le rapport de Mme Gougot, - les conclusions de Mme Giocanti, - et les observations de Me E..., représentant la commune d'Allauch, et de Me C..., représentant les épouxF....
- Considérant que, par un arrêté du 30 octobre 2012, le maire de la commune d'Allauch a refusé de délivrer un permis de construire à M. et Mme F... ; que leur demande, déposée en mairie le 21 août 2012, portait sur l'édification d'une maison individuelle sur un terrain cadastré AK n° 99 situé chemin de Tardinaou en zone UD du plan local d'urbanisme ; que, par un jugement du 15 mai 2014, le tribunal administratif de Marseille a annulé cet arrêté et a enjoint au maire de se prononcer à nouveau sur la demande de permis de construire de M. et Mme F... ; que le maire a, par arrêté du 2 juin 2014, de nouveau refusé d'accorder cette autorisation ; que la commune d'Allauch interjette appel du jugement n° 1405490 du tribunal administratif de Marseille du 3 mars 2016 qui, à la demande des épouxF..., en a prononcé l'annulation ; Sur le bien-fondé du jugement attaqué :
- Considérant que les premiers juges ont annulé la décision en litige au motif que les dispositions de l'article L. 442-14 du code de l'urbanisme, qui prévoient dans les lotissements une cristallisation pendant cinq ans après leur approbation des règles d'urbanisme, avaient été méconnues ; que l'autorisation de lotir la parcelle AK n° 99 en cause ayant été délivrée le 24 août 2011, les dispositions de l'article UD 4 du plan local d'urbanisme (PLU) approuvé le 22 mars 2013 n'étaient pas opposables par le maire à la demande de permis de construire ; que la commune d'Allauch ne conteste pas ce motif d'annulation en appel ;
- Considérant toutefois qu'en première instance la commune avait demandé que soit substitué au motif de la décision querellée celui tiré de l'atteinte portée à la salubrité publique par le dispositif d'assainissement non collectif prévu par les pétitionnaires en méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme qui dispose que : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. " ; que la requérante conteste le refus des premiers juges de faire droit à cette demande de substitution de motifs ; que la cristallisation des droits à construire dans un lotissement ne fait pas obstacle à ce qu'un permis de construire soit refusé sur le fondement de ces dispositions ; que, cependant, il est constant que le service public d'assainissement non collectif a émis le 17 avril 2012 un avis favorable au projet d'assainissement autonome en litige ; qu'en se bornant à invoquer à l'appui de sa demande de substitution un courrier de l'agence régionale de santé (ARS) faisant état du contenu de la carte d'aptitude des sols à l'assainissement, dressée à l'échelle de la commune pour la définition des zones d'assainissement, ainsi que l'avis du préfet des Bouches-du-Rhône du 5 octobre 2012 émis sur le projet de PLU arrêté le 29 juin 2012 et se réfèrant à cet avis de l'ARS, la commune d'Allauch n'établit pas que le dispositif d'assainissement prévu par le projet de M. et Mme F... présenterait un risque pour la salubrité publique ;
- Considérant que la commune d'Allauch ne peut, par ailleurs, utilement soutenir que la décision en litige ne méconnaîtrait pas les dispositions de l'article L. 600-2 du code de l'urbanisme dès lors que les premiers juges ne se sont pas fondés sur ces dispositions pour prononcer l'annulation contestée ;
- Considérant que si la commune soutient que les pétitionnaires ne peuvent " exciper des indications du plan de masse faisant apparaître des servitudes de canalisation d'épandage " de telles servitudes n'étant pas susceptibles de constituer des droits acquis, elle n'assortit pas ce moyen de précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé ;
- Considérant qu'il résulte de ce qui précède que la commune d'Allauch n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Marseille a annulé le refus de permis de construire opposé le 2 juin 2014 à M. et Mme F... et a enjoint à son maire de se prononcer à nouveau sur leur demande dans un délai d'un mois à compter de sa notification ; qu'il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction de l'astreinte de nouveau réclamée en appel ; Sur les conclusions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
- Considérant que les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions de la commune d'Allauch dirigées contre les époux F...qui ne sont pas, dans la présente instance, la partie perdante ; qu'il y a lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune d'Allauch la somme de 2 000 euros à verser à M. et Mme F... en application de ces dispositions ; D É C I D E : Article 1er : La requête de la commune d'Allauch est rejetée. Article 2 : La commune d'Allauch versera à M. et Mme F... une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à la commune d'Allauch et à M. et Mme A... et JoselineF.... Délibéré après l'audience du 27 avril 2017, où siégeaient : - M. Pocheron, président de chambre, - Mme D..., première conseillère, - Mme Gougot, première conseillère. Lu en audience publique, le 12 mai
- 2 N° 16MA01710 68-03-025-03 Urbanisme et aménagement du territoire. Permis de construire. Nature de la décision. Refus du permis. 68-03-03-01-02 Urbanisme et aménagement du territoire. Permis de construire. Légalité interne du permis de construire. Légalité au regard de la réglementation nationale. Règlement national d'urbanisme.