Conseil d'État, 1ère - 6ème chambres réunies, 398048
Vu la procédure suivante :
Mme B... A...a demandé au tribunal administratif de Montpellier de condamner l'association interdépartementale et régionale pour le développement de l'insertion économique à lui verser la somme de 41 068,67 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de fautes commises dans la gestion de la procédure destinée à la faire bénéficier du dispositif dénommé " nouvel accompagnement à la création et à la reprise d'entreprise " lors de la création de son entreprise. Par un jugement n° 1203743 du 1er juillet 2014, le tribunal administratif de Montpellier a rejeté sa demande comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Par un arrêt n° 14MA03953 du 15 mars 2016, enregistré au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat le 17 mars 2016, la cour administrative d'appel de Marseille a transmis au Conseil d'Etat, en application de l'article R. 351-2 du code de justice administrative, le pourvoi, enregistré le 15 septembre 2014 au greffe de cette cour, présenté par Mme A...contre ce jugement.
Par ce pourvoi, ainsi que par un mémoire complémentaire et un mémoire en réplique, enregistrés les 15 juin et 2 novembre 2016 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, Mme A...demande au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Montpellier du 1er juillet 2014 ;
2°) réglant l'affaire au fond, de faire droit à sa demande ;
3°) de mettre à la charge de l'association interdépartementale et régionale pour le développement de l'insertion économique la somme de 1 500 euros, à verser à la SCP Lesourd, son avocat, au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
Après avoir entendu en séance publique :
La parole ayant été donnée, avant et après les conclusions, à la SCP Lesourd, avocat de Mme A...et à la SCP Foussard, Froger, avocat de l'association interdépartementale et régionale pour le développement de l'insertion économique.
Considérant ce qui suit :
A ce titre, l'article R. 5141-1 du même code dispose que : " Les aides destinées aux personnes qui créent ou reprennent une entreprise, ou qui entreprennent l'exercice d'une autre profession non salariée, prévues au présent chapitre, comprennent : / (...) 4° Le financement partiel par l'Etat des actions de conseil et d'accompagnement au bénéfice des créateurs ou repreneurs d'entreprises en application de l'article L. 5141-5 du code du travail " et l'article R. 5141-29 de ce code, dans sa rédaction alors applicable, que : " Les actions de conseil et d'accompagnement mentionnées au 4° de l'article R. 5141-1 sont réalisées par un opérateur avec lequel l'Etat passe à cet effet une convention. / Les actions sont réalisées dans le cadre d'un parcours comportant les trois phases suivantes : / 1° Une phase d'aide au montage, d'une durée maximum de quatre mois pour un projet de création et de six mois pour un projet de reprise d'entreprise ; / 2° Une phase d'aide à la structuration financière, d'une durée maximum de quatre mois pour un projet de création d'entreprise et de six mois pour un projet de reprise d'entreprise ; / 3° Une phase d'accompagnement du démarrage et du développement de l'activité de l'entreprise immatriculée ou bénéficiant d'une dispense d'immatriculation en application de l'article L. 123-1-1 du code de commerce, d'une durée fixe de trente-six mois. (...) ". L'article R. 5141-30 précise que : " Les personnes mentionnées à l'article L. 5141-5 peuvent solliciter auprès des opérateurs conventionnés de leur choix le bénéfice des actions de conseil et d'accompagnement prévues à l'article R. 5141-29. Elles peuvent demander à entrer dans le parcours à n'importe laquelle des phases prévues par cet article. Elles peuvent s'adresser pour chaque phase à un opérateur différent de celui qui les a accompagnées au cours de la phase précédente (...) ". Enfin, les articles R. 5141-31 et R. 5141-32 prévoient respectivement qu'" en cas d'acceptation de la demande, l'opérateur conclut avec la personne, par délégation de l'Etat, un contrat d'accompagnement " et que " les décisions de refus d'accompagnement et de résiliation du contrat d'accompagnement peuvent faire l'objet d'un recours hiérarchique devant le préfet de région ".
Le 8 septembre 2011, le comité des engagements de cette association, chargé d'examiner sa demande, a ajourné sa décision au motif qu'il convenait de vérifier la réalité de la rentabilité du projet et de procéder à une étude plus approfondie des conditions d'exploitation du local commercial retenu. Ce comité a, le 22 septembre 2011, de nouveau ajourné sa décision en estimant que les emprunts envisagés par Mme A...l'exposaient à un taux d'endettement trop élevé. Mme A...ayant alors conclu un bail commercial pour l'exploitation d'un local au loyer mensuel de 400 euros, le comité a, le 6 octobre 2011, donné son accord au prêt sollicité, pour une durée de soixante mois, ainsi qu'à une garantie partielle du groupe associatif France Active à un emprunt bancaire complémentaire de 8 000 euros.
D E C I D E : -------------- Article 1er : Le jugement du tribunal administratif de Montpellier du 1er juillet 2014 est annulé.
Article 2 : L'affaire est renvoyée au tribunal administratif de Montpellier.
Article 3 : L'association interdépartementale et régionale pour le développement de l'insertion économique versera à la SCP Lesourd une somme de 1 500 euros, en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que cette société renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Les conclusions de l'association interdépartementale et régionale pour le développement de l'insertion économique présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : La présente décision sera notifiée à Mme B...A...et à l'association interdépartementale et régionale pour le développement de l'insertion économique.
Copie en sera adressée à la ministre du travail.