CETATEXT000037674976 J3_L_2018_11_000001603892 CETAT texte/juri/admin/CETA/TEXT/00/00/37/67/49/CETATEXT000037674976.xml Texte CAA de BORDEAUX, 1ère chambre - formation à 3, 29/11/2018, 16BX03892, Inédit au recueil Lebon 2018-11-29 CAA de BORDEAUX 16BX03892 1ère chambre - formation à 3 plein contentieux C Mme GIRAULT SCP CHEVALLIER FILLASTRE Mme Nathalie GAY-SABOURDY Mme CABANNE Vu la procédure suivante : Procédure contentieuse antérieure : La commune de Gaudent a demandé au tribunal administratif de Pau de condamner solidairement, sur le fondement de la responsabilité décennale, la société anonyme à responsabilité limitée (Sarl) Bati'Déco, venant aux droits de l'entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (Eurl) Bati Pyrénées, et la compagnie d'assurances SMABTP à lui verser, au titre des travaux de reprise de la couverture et de la zinguerie de la chapelle du Plan d'Ilheu, une somme à déterminer après expertise, et de mettre à la charge solidaire de la Sarl Bati'Déco et de la compagnie d'assurances SMABTP la somme de 1 500 € au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Par un jugement n° 1501681 du 13 octobre 2016, le tribunal administratif de Pau a rejeté sa requête et a mis à sa charge le versement d'une somme de 1 000 euros à la Sarl Bati'Deco et à la compagnie d'assurances SMABTP. Procédure devant la cour : Par une requête enregistrée le 9 décembre 2016 et des mémoires enregistrés les 23 janvier 2017 (régularisé le 7 février 2017) et le 31 août 2017, la commune de Gaudent, représentée par la Scp Chevallier Fillastre, demande à la cour : 1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Pau du 13 octobre 2016 ; 2°) de condamner solidairement, sur le fondement de la responsabilité décennale, la société anonyme à responsabilité limitée (Sarl) Bati'Déco, venant aux droits de l'entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (Eurl) Bati Pyrénées, et la compagnie d'assurances SMABTP à lui verser, au titre des travaux de reprise de la couverture et de la zinguerie de la chapelle du Plan d'Ilheu, une somme à déterminer après expertise ; 3°) de condamner solidairement la Sarl Bati'Déco venant aux droits de I'Eurl Bâti Pyrénées et la SMABTP à lui verser la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Elle soutient que : - les travaux de réfection totale de la couverture et de la zinguerie de la chapelle du plan d'Ilheu, qui ont débuté en 2004, présentent de nombreux désordres, malfaçons, non façons, non conformités aux règles de l'art et compromettent la solidité de l'immeuble et le rendent impropre à sa destination ; dans la mesure où toutes les factures ont été réglées et où la commune a pris possession du bien, il y a réception tacite et la garantie décennale des constructeurs est à bon droit recherchée ; la Sarl Bati'Déco venant aux droits de l'Eurl Bati Pyrénées sera déclarée responsable du préjudice subi par la commune de Gaudent et solidairement condamnée avec sa compagnie d'assurances la SMABTP à en assurer réparation ; - elle demande d'ordonner une expertise en vue notamment de préciser les travaux nécessaires à la remise en état des lieux et à la réalisation d'un travail conforme aux règles de l'art, et d'en chiffrer le coût. Par des mémoires en défense, enregistrés le 16 juin 2017 et le 24 mai 2018, la société Bati'Déco et la SMABTP concluent au rejet de la requête et à la mise à la charge de la commune de Gaudent la somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Elles soutiennent que : - la commune de Gaudent est irrecevable à rechercher la responsabilité décennale dès lors que d'une part, elle est ambigüe quant à la question de la réception des travaux, et d'autre part, les travaux ont eu lieu entre le mois de novembre 2004, date de la première facture, et le mois de mai 2005, la dernière facture étant datée du 18 mai 2005, de sorte qu'à la date de l'enregistrement de la requête le 6 août 2015 devant le tribunal administratif de Pau, le délai de garantie décennal était expiré ; - à titre subsidiaire, aucun lien n'est établi entre les travaux réalisés par la société Bati'Déco en 2004 et les désordres signalés par M.C..., artisan charpentier et constatés par procès verbal du 27 août 2013 ; la commune de Gaudent a fait preuve d'inertie en attendant plusieurs années avant d'engager les travaux de reprise ; elle entend depuis faire supporter la charge de ces travaux aux concluantes, alors qu'elle ne formule aucune demande à l'encontre de M.C..., artisan qui intervenait dans le cadre de travaux de reprise, qu'elle n'a pas jugé utile d'appeler en cause. Cette démarche ne saurait aboutir et il conviendra donc de prononcer la mise hors de cause pure et simple de la SMABTP et de son assurée la société Bati'Déco ; - la commune de Gaudent n'établit pas le caractère utile de l'expertise. Dans l'hypothèse où une mesure d'instruction serait ordonnée, le technicien désigné serait amené à analyser un ouvrage achevé il y a plus de 13 années et sur lequel des interventions successives ont depuis été réalisées par des tiers. Par ordonnance du 30 janvier 2018, la clôture d'instruction a été fixée au 25 mai 2018 à 12 heures. Vu les autres pièces du dossier. Vu : - le code civil ; - le code des marchés publics ; - le code de justice administrative. Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique : - le rapport de MmeD..., - et les conclusions de Mme Cécile Cabanne, rapporteur public. Considérant ce qui suit :
Explication IA à partir du texte officiel de la loi. Indicatif, ne remplace pas un conseil juridique.