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Conseil d'État, 2ème chambre, 416575

Vu la procédure suivante : Par une requête, enregistrée le 14 décembre 2017 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. A...B...demande au Conseil d'Etat d'annuler pour excès de pouvoir la décision du 17 novembre 2017 par laquelle le ministre d'Etat, ministre de l'intérieur a refusé de modifier le décret du 12 octobre 2016 lui accordant la nationalité française pour y porter le nom de son enfant Eli. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code civil ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Dominique Bertinotti, conseiller d'Etat, - les conclusions de M. Guillaume Odinet, rapporteur public ;

  1. Considérant qu'aux termes de l'article 22-1 du code civil : " L'enfant mineur dont l'un des deux parents acquiert la nationalité française, devient français de plein droit s'il a la même résidence habituelle que ce parent ou s'il réside alternativement avec ce parent dans le cas de séparation ou divorce./ Les dispositions du présent article ne sont pas applicables à l'enfant d'une personne qui acquiert la nationalité française par décision de l'autorité publique ou par déclaration de nationalité que si son nom est mentionné dans le décret ou dans la déclaration " ;
  2. Considérant qu'il résulte de ces dispositions qu'un enfant mineur ne peut devenir français de plein droit par l'effet du décret qui confère la nationalité française à l'un de ses parents qu'à condition, d'une part, que ce parent ait porté son existence, sauf impossibilité ou force majeure, à la connaissance de l'administration chargée d'instruire la demande préalablement à la signature du décret et, d'autre part, qu'il ait, à la date du décret, résidé avec ce parent de manière stable et durable sous réserve, le cas échéant, d'une résidence en alternance avec l'autre parent en cas de séparation ou de divorce ;
  3. Considérant que M. B...a acquis la nationalité française par l'effet du décret du 12 octobre 2016 ; qu'il a demandé la modification de ce décret pour faire bénéficier son enfant Eli, né le 7 novembre 2015, de la nationalité française en conséquence de sa naturalisation ; qu'il demande au Conseil d'Etat l'annulation pour excès de pouvoir de la décision du 17 novembre 2017 par laquelle le ministre d'Etat, ministre de l'intérieur a refusé la modification du décret du 12 octobre 2016 pour y porter mention du nom de son enfant ;
  4. Considérant que si M. B...allègue avoir porté à la connaissance de l'administration chargée d'instruire sa demande de naturalisation la naissance de son fils avant l'intervention du décret qui lui a accordé la nationalité française par l'envoi de courriers électroniques et lors d'un déplacement à la sous-préfecture de Saint-Germain-en-Laye, aucune pièce versée au dossier ne permet de corroborer cette allégation et d'établir qu'il aurait effectivement informé l'administration de la naissance de son fils avant l'intervention du décret du 12 octobre 2016 lui accordant la nationalité française ;
  5. Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. B...n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 17 novembre 2017 par laquelle le ministre d'Etat, ministre de l'intérieur a refusé de modifier le décret du 12 octobre 2016 prononçant sa naturalisation afin d'y faire figurer le nom de son fils Eli ; D E C I D E : -------------- Article 1er : La requête de M. B...est rejetée. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A...B...et au ministre de l'intérieur.

Explication IA à partir du texte officiel de la loi. Indicatif, ne remplace pas un conseil juridique.