Vu la procédure suivante : Mme A...B...a demandé au tribunal administratif de Nantes d'annuler la décision du 10 juillet 2015 par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté la demande qu'elle avait présentée afin d'être autorisée à perdre la qualité de française. Par un jugement n° 1509875 du 16 janvier 2018, le tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande. Par une ordonnance n° 18NT01957 du 27 septembre 2018, le président de la 2ème chambre de la cour administrative d'appel de Nantes a rejeté l'appel formé par Mme B... contre ce jugement. Par un pourvoi enregistré le 17 octobre 2018 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, Mme B...demande au Conseil d'Etat : 1°) d'annuler cette ordonnance ; 2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 6 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Bertrand Mathieu, conseiller d'Etat en service extraordinaire, - les conclusions de M. Guillaume Odinet, rapporteur public, La parole ayant été donnée, avant et après les conclusions, à la SCP Piwnica, Molinié, avocat de Mme B...; Considérant ce qui suit :
- L'article R. 811-2 du code de justice administrative dispose que " sauf disposition contraire, le délai d'appel est de deux mois ". Selon l'article R. 811-5 du même code " les délais supplémentaires de distance prévus à l'article R. 421-7 s'ajoutent aux délais normalement impartis ". Enfin, aux termes du troisième alinéa de l'article R. 421-7 du code de justice administrative, le délai accordé pour saisir le juge administratif " est augmenté de deux mois pour les personnes qui demeurent ...".
- Il résulte de ces dispositions que MmeB..., domiciliée ...où le jugement du tribunal administratif de Nantes du 16 janvier 2018 rejetant sa demande lui a été notifié, disposait d'un délai de quatre mois pour en faire appel.
- Dans ces conditions, en jugeant que la requête dirigée contre ce jugement, notifié le 5 février 2018, " enregistrée au greffe de la cour le 16 mai 2018, soit après l'expiration le vendredi 6 avril 2018, du délai de deux mois que l'article R. 811-2 précité impartit pour former appel " était tardive, la cour administrative d'appel de Nantes a commis une erreur de droit. Mme B...est, par suite, fondée à en demander l'annulation sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de son pourvoi.
- Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de l'Etat le versement à Mme B...d'une somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. D E C I D E : -------------- Article 1er : L'ordonnance du président de la 2ème chambre de la cour administrative d'appel de Nantes du 27 septembre 2018 est annulée. Article 2 : L'affaire est renvoyée à la cour administrative d'appel de Nantes. Article 3 : L'Etat versera à Mme B...la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Article 4 : La présente décision sera notifiée à Mme A...B...et au ministre de l'intérieur.